GLOSSAIRE DATINOIS.
L->c.\>.d Mnli. el-Haddiul d'An^fib.
Yoii- p. 786; p. 782, p. 927 en bas et Dt. III p. 1788.
GLOSSAIRE DATINOIS
PAR
Le Comte de LANDBERG.
PREMIER yOLU3IE
5C2007
/. 5^
LIBRAIRIE ET IMPRIMERIE
CI-DEVANT
E. J. BRILL - Leide.
1920.
IMPRIMERIE ci-devant E. J. BRILL.
PRÉFACE.
Ce glossaire comprend :
1° tous les mots de quelque importance qui figurent dans
les trois volumes sur le dialecte datînois, qu'ils appar-
tiennent à ce dialecte ou à un autre ou même à la
langue littéraire;
2° quelques mots qui n'y figurent pas et qui m'ont paru
importants à être relevés ici à cette occasion.
Un chiffre non précédé de p. renvoie aux volumes
de Datînah. Un chiffre précédé de p. se rapporte à ce
Glossaire. Il faut donc constamment avoir recours à ces
trois volumes, car je répète rarement dans le Glossaire
les phrases et les exemples qui y figurent.
Ce Glossaire était originairement conçu sur un plan plus
vaste. Je voulais comparer non seulement les autres dialectes
arabes, mais aussi la langue littéraire. J'ai bien vite reconnu
qu'une telle entreprise prendrait trop de temps et serait au-
dessus de mes forces physiques; j'ai donc dû me restreindre
au juste nécessaire.
Ayant étudié, d'un bout à l'autre, la grammaire de Cari
Reinhardt, Em arabischer Bialekt gespr. in ''Oman und Zan-
zibar, avec mes hommes de Hadramoût et de Datînah, j'ai
pu me faire une idée à peu près exacte de ce qu'il y a de
commun et de différent entre ces dialectes. L'ouvrage de
Reinhardt est fort important pour la lexicographie. Ce n'est
VI PREFACE.
pas „la langue des fils du désert", comme le dit Reinhardt,
p. XII, 11 d'en bas, aussi peu que l'est celle que je donne
dans mes volumes de Datînah, mais celle des Hadar. Per-
sonne n'a encore relevé les parlers „des fils du désert" de
l'Arabie Méridionale, Hdr p. 457/8. J'ai choisi dans l'ouvrage
de R. les phrases et les mots qui ont aussi cours dans le
dialecte datînois, de même que j'en note la difî'érence. Les
exemples que je rapporte ici sans autre indication sont tirés
du dialecte datînois. Pour éviter tout malentendu, j'ajoute
quelquefois un Dt. Pour l'explication des Dt, Hdr, Harîb,
"Anazî, etc., qui suivent une phrase ou un mot, je renvoie
à ce que j'ai dit Hdr p. XIV en haut. Il m'est impossible
de localiser l'emploi d'un mot, comme l'a fait Mareais avec
tant de talent dans son Glossaire de TA T. Cela n'est fai-
sable que dans un milieu civilisé où l'on peut se renseigner
à gauche et à droite ; où. les communications sont faciles, et
les Arabes, par conséquent, plus mobiles que dans le Sud de
l'Arabie. Il faut donc prendre ces indications pour ce qu'elles
valent. Je n'ai pas un o^j à ma disposition pour parcourir
ces pays en quelques semaines en vue de confectionner un
Atlas linguistique, comme l'a fait Bergstrâsser pour son
miraculeux ,jSprachatlas'\ '
Je compare également les dialectes mehrites voulant prou-
ver par cela que le vocabulaire mehrite correspond en grande
partie à celui des dialectes arabes environnants, quoique la
morphologie en soit assez différente. Cette étude comparée
nous est à présent rendue assez facile, grâce aux travaux
si méritoires de feu le professeur Bittner, dont je déplore pro
fondement la mort précoce. Il s'est érigé un monument im
périssable. Le mehri contient aussi des mots qui ne se trou
vent dans aucun autre dialecte, p. e. fsû = sh. fée ou fiisi
dî?ier, p. 1 70, mais les mots dans la liste que donne Bittner
St. mehri IV p. 65, Charakter. ans dem reinen Mehri- Wort
schatze, comme étant caractéristiques du mehri, se trouvent
PREFACE. VII
en majeure partie, aussi dans les dialectes arabes du Sud,
soit tels quels, soit dans un sens modifié, tout en revêtant
un habitus mehrite, et dont la racine se rencontre aussi
en arabe, ainsi qu'on verra dans le courant de ce Glossaire.
Cependant, le mehrî, avec le qarawî et le soqotrî, con-
tient assez de mots non arabes et une morphologie sut ge-
neris pour en faire une langue sémitique à part. Je m'arroge
le mérite d'avoir ouvert la voie à l'étude de cette langue
par mon expédition dans l'Arabie méridionale, dont le but
principal était justement de relever le mehri. On a trop
vite oublié à Vienne ce que j'ai fait, car sans moi nous
n'aurions pas eu aujourd'hui les volumes de la SAE qui
constituent une des plus précieuses publications sur la lin-
guistique sémitique.
Dans le courant de ce Glossaire, on constatera ce que je
pense sur la formation des verbes en sémitique. Laissant
de côté le stade primaire d'une seule racine monosyllabique,
G V ou G V, et onomatopéique, tout en admettant qu'il y a
des lettres qui, en elles-mêmes, sont onoraatopéiques, telles
que p., (ji, et ^, je pars de la bilitéralité des verbes ').
L'onomatopée est le fond de la langue. Pour former la trilité-
ralité, on a ajouté au thème bilitère une troisième lettre. Gette
lettre n'est pas fortuite. J'ai tâché quelquefois de l'expliquer
par la contamination avec une autre racine de sens rapproché.
Nôldeke Beitrâge II p. 140 dit, à propos de la permutation
de r et n, comme III^ radicale : „Je ne saurais non plus
expliquer le changement ici (y'j et ^y^) -) ; je connais tout
aussi peu comment expliquer, dans les racines d'une proche
parenté, la diversité de la III^ radicale. Nous avons là le
secret de la trilitéralité que je laisse à deviner à d'autres
') Je crois que les langues indo-européennes ont aussi passé par
cette phase de la bilitéralité.
'-) Nôldeke n'admet ]»as la permutation des sonores en sémitique.
J'en donne 1759 et ss. une longue liste de 1 t< n et de 1 :^ r.
VIII PREFACE.
plus perspicaces et plus hardis". Mais le grand savant de
Strasbourg admet carrément et avec raison la primordialité
de la bilitéralité du sémitique, Beitrâge II p. 109. — Rùzicka '),
ZA 25 p. 114 et ss., a raison de dire que „le centre de
signification gît dans les deux premières radicales et que la
modification sémasiologique trouve son expression dans l'ad-
dition de la Ille radicale". Rien de plus juste. Seulement,
les exemples qu'il en donne ne sont pas toujours adéquats.
S'il fallait toujours esquiver les difficultés, on n'arriverait
jamais à un résultat. C'est pour cela que j'ai tâché de „ de-
viner" la raison d'être de la III^ radicale. Quelquefois, je
crois aussi l'avoir ,.devinée", mais le plus souvent on est
devant un x. Pour résoudre cette question , il faudrait re-
monter à l'époque de la formation de la trilitéralité. Cette
époque, nous la voyons dans un lointain vaporeux où notre
regard ne pénètre pas. Les lois de la sémantique sont mysté-
rieuses, si toutefois lois il y a. C'est là que nous trouverons la
raison d'être de la III^ lettre. Ne pouvant aller si loin, nous
nous contenterons des preuves encore distinguibles de cet or-
gane, ajouté par une conception qui nous demeurera dans la
plupart des cas „un secret". La racine lJo a donné K~^so
par contamination avec V'^, et ;,-^ô et vjiîo sont probable-
ment des variations consonantiques de %ij> ; à son tour , ^o
a donné iji.sc>,, permutation qui se rencontre en arabe. Mais
comment expliquer la III^ radicale de^ovhv? 'DeV'f? Ici
nous versons dans le vide. Et pourtant tous ces verbes ont à
peu près le même sens, avec des nuances qui n'entrent pas ici
en ligne de compte, ^jo vhv est aussi un élargissement de
K'oJ, oij la dernière radicale provient de l/"^o<j.o, cou-
vrir. La racine ^^ est un bon exemple d'une onomatopée.
') Que je prie de m'excuser si dans le courant de mon Glossaire je
n'agrémente pas son nom de ces trois signes diacritiques, en écrivant
simplement Ruzicka.
PREFACE. IX
Les deux lettres s et Ij sont en elles-mêmes onomatopéiques.
Ajj-o i^.^ est pisser '); en Syrie, ;.-ui seul est pisser.
La 1/^:,^, est élargie en v^"> P^i" contamination avec
V v^j q^ii désigne, comme :^ù. = ^Ji;^, un hruit^ vlivs.
;,^ se dit du bruit que fait le lait en jaillissant du
pis lorsqu'on trait, Hdr. p. 388, '^ :^^^2>^, produire du
cliquetis = ^:<^^~> , Hdr. Gl. sv. L Sîdah VII p. 43:
^r^'i Q^ -:.j3> îo! Lj-A^wiJ! oyo ;^xcJl : l\j .o qj! = L A I
p. 467, où la définition est la même que celle de mes Ha-
dramites et Datînois; je n'avais pas alors encore consulté
L Sîdah ni LA '-). Cf. r^ et^ p. 1013. ^^, u, est ensuite
traire, et ^-.aJs.^ est chaque jet de lait qui jaillit en trayant
et ensuite de tout liquide, Hdr. pp. 29, 389 et 618. Mais
v_A:s^.ci, a, u, est aussi couler à Jet de n'importe quoi,
ib. p. 388. Or, en sh. shof est boire, Bittner St. sh. II
p. S Anm. 2, et en mehri shôf est le lait qu'on trait
= arabe v^*Jb- ^^^)• En Syrie, il y a •..^.^Jt^ , jet de lait,
h > r, avec le verbe à infixation avec n, ^^ibLii, jaillir,
et ^_jybLii, jet de lait. Nous voyons donc comment de
cette onomatopée a.\x;, élargie en ^-^^^, se sont déve-
loppés d'autres sens qui s'y rapportent. Les Arabes du
Sud ont parfaitement la conscience que ^^i^w^i est une
o^o iLjlX:>. Les verbes 5^*5, qui se comptent par cen-
taines, non seulement dans la langue littéraire, mais
') Pisser est aussi une onomatopée, comme le sont aussi le nord-
allem. sechen, le bavarois soachen et le suisse seichcn, pisser, pour ne
pas oublir l'allemand dialectal schilfen, pisser, dont l'étymologie chez
Kluge, EWB sv., doit être écartée.
2) =1. es-Sikkit apud Haffner TAL p. 88.
ï) Mais >-jLi.;i = tUL -3j-U! Q->-iiî. LA I |)/491, 4, que cite Bitinor
est un autre mot.
X PREFACE.
surtout dans les dialectes, constituent la naeilleure preuve
de la primordialité de la bilitéralité sémitique '). Ces
verbes ont très souvent un correspondant yd, ^^^xh ou
Nous ne pouvons pas toujours savoir quelles sont les con-
ceptions sémasiologiques qui ont motivé l'adjonction d'une
troisième radicale, à l'époque de la formation de la nouvelle
racine trilitère. Cela se perd dans la nuit des temps. Ce n'est
pas uniquement en arabe, malgré l'exubérance de son vo-
cabulaire, plus ou moins conservé jusqu' à nous par le zèle
infatigable des grands lexicographes, qu'il faut chercher l'ori-
gine de cette radicale. Les autres langues sémitiques auront
aussi pu conserver t3es racines qui pourraient nous mettre
sur la bonne voie. Mais la pénurie des matériaux transmis
est un obstacle sérieux à ces recherches.
Ce sont toujours les dialectes arabes qui nous fourniront
le plus de points de repère pour élucider la formation de la
trilitéralité. Jusqu'à présentas ont été insuffisamment fouillés.
Les dialectes des tribus sauvages autour de Rub^ el-Halî
sont encore inconnus, et c'est vers elles qu'il faut diriger
nos études. Mais les difficultés sont à l'heure qu'il est in-
surmontables.
Il est fort probable que je ne publierai plus rien, ni la
continuation de ce Glossaire, ni les autres travaux prêts, an-
noncés à la fin de la Préface de ma LB^A.. Je suis pro-
fondément dégoûté de la situation faite par cette guerre et
ses conséquences à la science, aux savants et aux éditeurs.
Ceux-ci ne peuvent plus rien publier à leur frais ^), vu l'exi-
gence des ouvriers et la cherté de la vie. Notre vieille
Europe est vouée à la ruine, si la haine et la vengeance
') J'ai fait moi-même une. liste de quelques centaines de ces verbes
rien que pour la Syrie.
■-) Mes derniers travaux ont été publiés à mes frais.
t-REFACE. Xî
doivent régler toutes les actions. La Société des Natmis
n'est qu'un beau mot. Je ne vivrai pas assez longtemps
pour voir poindre une nouvelle aurore, oîi la science seule
présidera aux , destinées du monde; oià la religion et l'amour
du prochain seront le mot de ralliement de tous les êtres
humains ; o\x tous les savants, anciens ennemis et nouveaux
amis, seront réunis dans une conflaternelle agape sous l'égide
de la science toute-puissante. Je continuerai cependant à
travailler pour finir les ouvrages que j'ai sur la planche et
j'espère que le pronostic de Stumme ') ne ae vérifiera pas
de sitôt.
') Voir Dt. ni p. V.
Nice, le 1 Mai 1920. C. L.
ah, forme exclàmative en ult. : t— , 400; voir »t. Cf. Falk-Torp
Norweg.-dànisches Etymol. WB sub hurra.
a futural devant l'aoriste, 1289 n. 1; voir ici sub ^\>[i.
a initial faisant syllabe simple tombe. Bâkum < abâkum
11,16; ~ wLc<iGU 1600; - «^Li; <b^Ul <b^U], voir ^^^;
aussi en Mésopotamie Meissner NAGI p. 129, — Ji'<J.î'î,
1206 et s.; 1630,6 d'en bas; 1> < Jvî>! vhv; gîk < ^^^:>\
1631,9; - ^J < j^' 168,12; 170,5; 477 note; 499,6;
1890, 4 d'en bas; 1730; 1734; - tàfi < ^^Lil, 597. -
b <^Ji je veux, vhv, 117, 19; 1531; — K_jL> <'iLLsfi <
•U^l, 1379 et n. 3, ma Festgabe p. 39, I Sîdah II p. 129
en bas. — jJii^* < 0^:5^1 , 1601, 1.
â>ô 295 et ss; 1417. Brockelmann VGSS I p. 8 et p. 143
adopte l'avis de Praetorius, Z D M G 55 p. 370, qui veut que
ce changement de ITi primaire en ô et û soit dû à une habi-
tude phonétique de la population présémitique qui n'avait
pas l'a pur. Nous trouvons également cette opinion dans la
Histor. Gramm. der hebràischen Sprache des Alten Testa-
ments von H. Bauer und P. Leander pp. 16 et 29. Ce pas-
sage de â à ô est fort commun, non seulement dans plusieurs
dialectes arabes du Sud, mais encore davantage dans les
parlers mehrites, Bittner Studien mehri I §§ 5, 9 et 10, oii
c'est la règle. Qui pourra sérieusement soutenir, par des
■preuves irréfutables, que cela soit dû à une population an-
térieure non sémitique? Cette population aurait alors dû se
trouver en Cana^'an, dans les pays araméens et dans tout le
Sud de l'Arabie, à l'est du Yéman. Je ne vois pas non plus
que ce passage ait été motivé par une influence consonantique,
comme le pense Brockelmann ol. p. 142 c. Le nom de Ha-
dramût, vhv, < Hadramôt < Hadramât > Hadra-
mawt, 295, 332; 1562, est un très ancien exemple de â>
ô> aw (au), de même que niç'p^, qui est certainement pour
>
salaniawt = salamôt, oUl^, /'orcî<5, et nullement comme
l'explique J. Hehn dans son mémoire ad hoc, dans la Fest-
schrift Hommel II p. 79 et ss.
1 — > Ls» 495 en haut.
v', désirer; languir de, ^], to long for, 1302, v. sub 3=1.
^"^^j le père, voir _^L
^Ù<^1^, vhv, 395; 1425. Ethiop. Kno*, flactus, unda, Dill-
mann Lex. s. v. qui le compare déjà avec v_jU, XAI, le Nil
abyssin, ib. s. v.; amh. h(\Ji, il Nilo azzurro o,)"^! j>"., Guidi
'Nqq,. amarico p. 458. LA s. v. dit; wLac ^U! ujU, et I. Ginnî
ib. prétend que \Jo\ n'est pas pour v^j lïiais de v' = ^'>
ce qui est faux, mais il ne pouvait mieux savoir. La pro-
nonciation U\^}, avec l'affaiblissement du ^, est sudarabiquo
et comme telle intéressante dans ce mot. L'étymologie persane
de Cher, K. el-Alfâz el-fârisîeh p. 6, est à rejeter,
mais il donne aussi l'étymologie éthiopienne. C'est un des
plus anciens mots du fonds sémitique commun. Cf. v.>>jy
Diw. Qays b. el-Hatîm N° II v. 6.
Jol
ÎlXjî est dans tous les dialectes prononcé abadan, avec les
trois a purs et sonores. Ebeden qu'on voit si souvent dans
les livres européens est une prononciation exotique. Dans les
dialectes de Dt.et de Hdr, la nounation est souvent réduite
à l'a final: àbada, jamais abadâ"", comme en tigré, Broc-
kelmann o. 1. I p. 48, ma LA p. 27. Marçais Gr. Tl. p. 180
dit qu'en Tlemçenois le tanwîn ne s'est conservé que dans
le seul mot abadàn et que pour d'autres mots la voyelle
finale est seule restée. Exactement comme dans le Sud de
l'Arabie. A ma remarque, dans ma L A , que dans nos dialectes
méridionaux le tanwîn a disparu, Rhodokanakis, RD II p. XII,
objecte qu'il est fréquent dans ses textes de Dofâr. Cepen-
dant, ce n'est que dans les textes poétiques qu'on le trouve.
La raison en est sans doute que ces poésies proviennent d'un
temps où le tanwîn n'avait pas encore disparu, ou bien par
l'influence du Nord, par "^Omân.
RO § 144 (cf. ib. § 432) parle de quelques cas isolés où
le tanwîn est conservé. Dans les textes prosaïques, on ne le
trouve que p. 342, 3: bwughin ''abus, mais souvent dans
les sel al, ou chant de guerre = ^}y^ de Dt et de Hdr.
P.e. RO p'. 421 N° II v. 3 et 4; N° VI v. 3; N° VIII v. 3:
haiyin = N° XXVII v. 1= C:>; N° VIII v. lrN°XIIv. 2,
où V. 1 il faut lire s a 1 1 ê t e , mètre -^-- \-^-- \ -- ^ après
que feus prié; N° XIII v. 4, mètre en désordre; N° XVII
V. 1 où il faut lire sêhen; N°XX v. 2, où il a dû chanter
tâhe min|rumzil-fetêle, mètre --u-i----i--w-l-;
N° XXII V. 3; N° XXIII v. 2 ; N° XXVI v. 3; N° XXVIII
V. 2, où l'on aura chanté yâ hâliqin, et le vers 4: tid-
""i 1 - ^a ■ d û 1 w i m - 1 â y a - h î n , le mètre étant alors en ordre.
R. marque souvent dans ces selle comme longue une syl-
labe qui est métriquement brève; c'est sans doute pour
indiquer le rhytme du chant. Le mètre est souvent en
désordre, mais il est facile de le reconstituer, et lorsque je
faisais chanter ces selle par mes Çadramites et mes Datînois,
après les leur avoir récités et expliqués, ils les chantaient
4
presque toujours avec la justesse métrique. La nounation se
trouve également dans les proverbes Nos 14 et 189. Elle
est -in, plus rarement -en.
On n'entend jamais en Dt et en Hdr le nounation -in,
-an si commune au Nord du grand désert, ^J^^^ ^j^, voire
même -un, mais plus rarement. Les traces de Ti'^rab qu'on
rencontre à chaque pas dans les parlers des Bédouins du Nord,
de même que chez les Hadar du Negd septentrional, n'exis-
tent absolument pas dans les dialectes méridionaux. J'em-
ployais une fois l'adverbe dâiman en causant avec mon
haçlramite Sa'îd de Sibâm, et il me répondit ceci: ^3 icjxi!
(daim) j*jb J.^' 'Ji^ 'jAvLc ^cjlî L, ce mot-là n'est pas compris
chez nous; le juste est de dire daim, comme on y dit tou-
jours matai < bLix, si courant dans le Nord et un peu
partout dans le Levant. Dans les parlers yémanites, au con-
traire, on peut encore trouver des traces de l'ancien Trâb,
et l'on a pu constater que les Himyarites l'avaient aussi.
Dans la Tihâmah, les substantifs finissent encore en u, p. e:
bey tu, burru, comme lessU- ojl, Z. A XXIII p. 23:3vAjj ÎJ^,
mais ceci représente Z e y d u , iAj; , non ^cs^\ avec - d û long ;
voir ici sub JL — Nous savons que les er-Rabî'' parlaient
^^aî^JIj. On prétend que leurs descendants se trouvent encore
en Hdr.
Sur kullen, voir ma Festgabe p. 19 et ici sub Ji. Sidda
Dt 72, 5, et eyda Hdr Gl. sv, mais en sahhi, BBRAS
1902 p. 256, eydan. Dans la salutation de tous les Arabes
marhaba, vhv, et marhabâbak, 783, 7,= ahlâbak,
RO p. 294, l'a seul est resté. Les Syriens, croyant que cet
a est la forme féminine du mot, répondent à cette salutation
par marhabtèyn. A propos de ce mot, Torczyner, Entste-
hung p. 1S4, a commis une grave erreur. Je prétends encore
que dans les dialectes de Dt et de Hc.lr le tanwîn a disparu
du parler courant et qu'il ne subsiste que dans quelques rares
locutions sous la forme d'un a final. En Hçlr, j'ai entendu
rasban '^alêh, à son corps défendant^ ce qui peut être
sous l'influence des ^ulamâ' de Hçlr, mais le plus souvent
on dit rasëb "^alêh, et cela est la seule tournure datînoise.
On trouve également cette nounation en mehri, -en ou -in,
dans des substantifs, surtout ceux qui désignent une partie
de la journée, employés comme adverbes temporels, Bittner
St. mehri ÏII § 67 et IV § 11. Des restes aussi en sh, id.
St. sh II § 25 Anm. 2 et § 41.
(Ajtjt, 1G69 et n., é])\Va.Q{Q^ chansons . courantes et bien connues.
Ji4^ réunir y ramasser^ 565, 6 oîi d'autres verbes congénères,
auxquels il faut ajouter jÀj, u, vhv.
Inl > Joj! > ia>£i) > lue., 676 en bas = mehri rabt, pi.
rabat, Bittner St. mehri I p. 49/50; ib. § 60; III p. 22 et
IV p. 65, où il l'enregistre comme un mot caractéristique
du vocabulaire mehrite. En Dt, aussi iajl, pi. -bL!, aisselle;
quelquefois aussi le pluriel J^L, ce qui est un singulier en
Syrie, idu! .Jc> ^ x.JL«L=> LaxJl, il porte la bâton sous (à la
o
naissance de) son aisselle Dt; voir ^l\>; ma Festgabe p. 47. —
Le class. -bLj* peut-il se rapporter à ce thème?
j4i>bil 131 n. 6; 528; 796,3 d'un bas; 1237,4; bill ib.:
1) Cf. le mehri '^amâr, dire, = yn], Bittner St. mehri II p. G3. —
o 3
^ijr est plutôt un mehrisme qu'à cause du -h suivant, cf. Littmann
DLZ 1909 N° 49 n. 3098.
bull 30,17; 92,9; bîl 1237, aussi à Dofâr RD p. 19, 11;
bel Musil AP III pp. 79; 254 et 407,7,8, où aussi ibl, et
passim. Carbou p. 54 a bîl et bil p. 103. Etymologie pro-
posée par Vollers, 529/30; cf. 534.
Jjî, i, et Jwjl, a, pleurer la mort de quelqu'un. L^-i^î oLo
*vî e7^)' ^^ c>J^>i»n son fils mourut, et elle le pleurait pen-
dant quarante jours, phrase entendue, Dt. Cf. ^^:À^ plus
bas. DH Muller SAE IV N° 87 porte: wa qâlet leha:
nutèlib minnis liatta na'àbil zaugi, wa qâlet leha:
àbili, wa ""abelet zaugeha, et elle lui dit: Je te de-
mande u?i répit pour que je pleure la mort de mon mari,
et elle hii dit : Pleure ! Et elle pleurait son mari. Voir ma
MJM p. 41.
C'est l'hébreu et l'araméen b^^S, Va]» être affligé, pleurer la
mort de qqn, regretter dans le sens primitif du verbe français :
pousser sur quelqu'un la lamentation funèbre qui était due
d'après l'usage à tout mort chéri. La lurah n'a pas ce sens,
mais on y trouve JÔ! = ^\, louer quelqu'un après sa mort,
1760, et dans le Sihàh sv dans une Tradition, d'après Wahb :
yah sv, Bihâr el-Anwâr sv, avec cette addition de Zamah-
sarî, el-Fâiq I p. 7 : x>oî J>£ L*:s^i;co ^\y> ,jUiiji ^J^ j-i^^i t^î
viiA»x:j^, et LA XIII p. 4, 6 d'en bas: ^S^-^ ^^L*J:^ éj^ï i^t
8LXJ5 ^j^ ^f^' ^^ §• donne Jo! et JoLj' dans le sens de ^mJ)\
L^L.àjE: ,^ et L^c 'j^', mais îjij>î n'est pas = «-u.ot. Je doute
fort que Jot et jTjLi" aient vraiment ce sens de s'abstenir du
coït et je crois que c'est plutôt l'explication de la manière
de. montrer son affliction. Genèse 37,34: D^p; 12:? ^;; '?3>^n\i
D^3!i, ce qu'on pourrait rendre en bon datînois: J.c iJ>-jL;^3
a^jAii=> j.Ljj s-i^i\ . La traduction américaine de Beyrouth rend
^3N et ^^N^ni par le verbe -13 , u, qui s'applique le plus souvent
aux lamentations des femmes. Le frère le plus doux et le
moins canaille du fameux sultan Muhsin de ^Azzân venait de
perdre sa femme pendant mon séjour à ^Azzân. Il ne portait
pas d'armes et n'était habillé que d'une chemise fortement
teinte d'indigo. Je lui demandai: les ent là bis durrâ^ah
mihauwarah? Pourquoi portes-tu une chemise teinte d'in-
digo? Il me répondit: ana âbil "a la hôrmiàti, je suis
en deuil de ma femme"; cf. Gen. 35, 30 : 'PD^ . „Mais, lui ré-
pliquaije, tu prendras une autre femme". Et lui de répondre:
maddat arba'în yôm ma niqrob h or m a, nibsar fi
ma ba^ad, pejidant quarmite jours, je n'approcherai pas
d'une femme, ensuite nous allons voir. C'était là pour lui
une manifestation de son deuil. C'est une illustration de la
définition de Zamahsarî, Asâs, lorsqu'il dit ^^^Ls J>_jL_j" =
iL^! ^_jji-> ^3 -UCl]' ii)y. Cette abstention sexuelle est plutôt
une s^oq, »L>!c, coutume, se rapportant au deuil pendant lequel
on devait éviter cette intimité conjugale. Mais je crains fort
que les Arabes n'aient pu observer cette abstinence et j'ignore
si la loi islamique en parle. En tout cas, on voit que les
savants arabes ne connaissaient pas bien la portée exacte
de ce verbe, qui, d'après moi, n'a rien à voir avec Jo] et
son dérivé Joî.
Jjî, pleurer un mort et faire son éloge = ^^t, 1760 vhv. I. es-
Sikkît Haffner AL p. 8, 8: \jy« lXju \aJLc o^.x>Li"î tJ>! xxJljtj \x>Lj!,
avec des exemples. Noldeke ZA XIX p. 155 considère avec
raison jôt comme primaire ; = mehri ôbil, Bittner St. mehri
V, 3 p. 35.
Jol, pleurer im mort^ est du sémitique commun, et vivre
dans l'abstinence sexuelle, =^ v^y ^^ liU*^*, selon les dic-
tionnaires, pourrait bien être sous l'influence araméenne, ce
qui n'est pas absolument nécessaire, d'après ce que je viens
d'exposer; cf. V^s], moine, ZDMG 57 p. 777 et 55.
De Jo! , être affligé, vient l'arabe J-*^ = ^ , perdre son
fils (mère). Il ne vient pas de „][>, coeur", comme le dit Broc-
kelmann VGSS I p. 521,5 d'en bas. Cela lui a été inspiré
par Mez OS Zeitschrift Nôldeke I p. 251, où est posé le
sens primaire, et non sans raison, d'être affligé. Cela cadre
avec le sens dialectal ci-dessus.
^J>*J^\, diable, 1709.
^^i < Jsj!, vhv, pleurer un mort et faire son éloge, 1760. Es-
Samau'al b. 'Âdiyâ dit XII v. 1. (= ZA 26 p. 314):
j^j>|^! K-ji ^gj. ,;. ié, ï tj L>j bJL^ ljlXjI ^^_J^p> Lf;*-** ^-i^^Ij
Ah, je voudrais bien savoir, lorsque je serai regretté^) étant mort,
Ce que mes pleureuses diront en faisant mon nécrologe.
I el-Qût. p. 183, 19: i^\ U^^y-**^ ^-^ ^! r^^-j' ^^^U^"' i^). I es-
Sikkît Tahdîb p. 439 et s., Haflfner AL p. 8.
Allez! faites les lamentations nécrologiques avec les pleureuses
et faites l'éloge du joueur avec les lances (Abu Berâ), Labîd,
fragments N° XII v. 1 et 2. On voit donc que n < 1 est
ancien; v. sub Joî.
Jj: ^L)', être affligé de, à cause de, 1010, de n'importe quoi
') Voir le vieux sens de regretter sub Jo! p. 6.
9
et non seulement à cause de la mort de quelqu'un, ma M JM
p. 41. La définition des lex. est trop restreinte. Ce n'est pas
un dénom. de ^^\, ^^, mais une variation phonétique de
JÔLi' vhv.
^J^ dans un serment, une assertion, voir sub ^^o.
^^! OU iCJ-JÎ dans une exclamation de douleur ou de regret, Dt.
xJlc j^yuoi Ij OU kaLs: (_c^i b = *oJlc (ïy**^ Ij, quel dommage!
- °
hélas! Dt; ma MJM p. 41. Dûvï^arnàleh uma laqînâhsi,
ya obeyni "^alêh, nous V avons cherche', mais nous ne
l'avons pas trouvé; quel dommage ! Dt.
sjt, a, et »JÎ, a, avec J et V) fai^^ attention à, se soucier
de, = ^^,689 u. 2, vhv; 1575 n.; Hommel ôamharat el-'^Arab
(Congrès de Leide) t. a. p. p. 20.
La lurah a également J »L., a, i et u, = ^^Li, LA sv., Qâm.:
aJ i(^'. ^ bL Lo = ^^ Le, LA sv. et sa variation aj oI-h ^
= aJ c>wLkî Lo t_5! *J ç>.^Lj Le, LA I p. 27 en bas, d'après L
es-Sikkît.
Nôldeke Beitrâge II p. 195 veut que ^-j! ait donné iu*_j.
Il est vrai que dans les dictionnaires \jî et ses congénères
sont expliqués par xo et ôboh, 8,21, ôbahlëha, 24,10
et ôbah min en -ni mer, 24, 21 me furent expliqués par
xyat, mais je crois qu'il faut pourtant les séparer, ainsi que
l'a aussi avancé Nôldeke o. 1. p. 196 et moi-même 1575 n.
Une autre question est si le sens primaire de xo, dans la
sémantique présente, est, avec Nôldeke, haut, empor. La V~^
a deux sens différents, 1575 et ici sub xo. Voir \j3. L'in-
terjection ^omânite obô, RO p. 19, doit provenir de ce thème.
_^l >_^ dans une forte affirmation, un serment, une impré-
10
cation, 476,18; 477,7; 480; 499,6; 1390; 1730; 1734. C'est
sans doute l'ancienne formule n^vj!», sur laquelle voyez LA
XVIII p. 7 en bas; cf. Pedersen Eid p. 117. - =L!, 13, 17;
aussi en 'Iraq ZDMG 58 p. 938; Abu Zeyd Nawâdir p. 58. —
Chef, 60 n.; 158; 1789 n. 1. - Lb, 477. «U L on U U 527.
\j = L. =_^î 326, 1. Abâni des Sùmâl = L.!j des anciens, oîi
la finale est sans doute l'a exclamatif encore usité, 416, 3
d'en bas; v. ici p. 1.
Nôldeke a publié une savante dissertation sur les mots
père et mère dans ses Beitrâge I. p. 69 et ss. A cela, je
fais quelques observations. Dans les dialectes, nous trouvons
^^\, vhv, toujours avec l'article. Je crois que lj! est la forme
primitive, comme j.!, et cette forme existe encore dans les
dialectes de Tlemcen, de Ma'lùlâ: eppai, wzo^^pè/'e, en tigrina,
abbô, père, en amarifia, abbâiyé et dans ya yubbe, ô
père, Wetzstein ZDMG XXII p. 130, qui peut être une
formation analogique à Uj b, comme le pensent Wetzstein
'et Nôldeke, mais oii la labiale double peut aussi être pri-
maire. Je pense que U est déjà dans yubbe et yumma,
Weissbach Festgabe Hommel OS II p. 234 N° 1 v. 5; on
ne l'a pas connu et l'on aura ajouté rinterjectiop encore
une fois.
^\ et J.Î sont deux onomatopées. Nôldeke les appelle „Lall-
wôrter", o. 1. p. 72, ce qui n'est pas tout à fait la même
chose. Les deux occlusives labiales p et b et la nasale labiale
m sont les premières consonnes que barbouille l'enfant, ce
qui est aussi tout naturel, car les lèvres sont le premier
organe qu'il meut voulant proférer quelque son. Il les fait
suivre de la voyelle u, également labiale et que nous retrou-
vons dans tous les mots, dans toutes les langues, qui se
rapportent à la bouche, voir subj»jS, j^i, ^^=> et j^, de même
11
que nous trouvons dans toutes les langues b, p et m dans
les noms de père et mère, la voyelle étant tantôt avant la
labiale, comme dans les langues sémitiques, rarement après,
tantôt après, comme dans les langues indo-germaniques. Je ne
puis que donner raison à Nôldeke lorsqu'il dit, o. 1. p. 69 note 5,
que l'u dans j»! provient de l'influence de la labiale, mais les
exemples analogues qu'il y énumère n'y ont que faire, car l'u de
^_-J, iu.=>, vhv, xo, Bolj. IV p. 23, et Kxb Boh. V p. 92, voir
sub ^\j3 > v'-y^ 5 s'expliquent d'une autre façon. Dans a b û ,
la finale est d'après Nôldeke „sehr unsicher", o. 1. p. 69 n. 2. Je
crois que v' > v' ^st la forme primaire et que la finale u est la
voyelle labiale dont j'ai parlé plus haut et qui manquait dans le
phonème ab, abb. Cet u ensuite, lorsque la trilittëralité était bien
fixée, est devenu radical et resté tel quel dans les dialectes:
a b û M , b û i , mon père, et par les grammairiens confondu avec
la désinence, et la déclinaison devient alors a b û , a b î , a b â.
^_^î, a, et en dofârî i, RD II p. 189, vouloir^ 1301 et ss. ;
1313. — Bemayider = exiger. — Vouloir aller à, se diriger
verSj 1531. — Falloir, être nécessaire. Tous les sens rapportés
par RO § 388 et RD II § 79 se retrouvent également dans
notre dialecte. Ce verbe ^\, vouloir, est très courant dans le
Négd, le 6ôf et el-Qasîm. Les ''Anazeh et les tribus de la
Mésopotamie se servent de son synonyme ^_^, a, i, vhv.
Les Bédouins de Haurân disent (j;^;, je veux., ou t_5>Aj, (^o^,
comme en Syrie 609, Prov. et Dict. p. 35. Dans le récit d'un
""Oneyzite, je trouve : U! CsJ»^ j_jt &î Jo . . . eL*-^ -3.! ^^ U!
(j:yi |.ljî ^\ , je veux aller avec toi . . . le père dit à l'enfant :
je veux aller dormir un peu. — Au figuré, être près de, ce
qui est le classique o!.!; Qor. XVIII, 76: LLv=> L-i-o L^u^y
12
£
jt>Lj ipji^. qI '^./., et ils y trouvèrent un mur qui était sur le
point de s'écrouler; Boh. III p. 89 en bas et ib. pp. 90; 91;
173 et p. 192, 11; Muzhir I p. 158, 6, 8 = le sudarabique
Jajuvo L. JoJi, le mur va tomber. La conjugaison hadramite
se trouve Arabica III p. 104 et s., où il y a beaucoup d'ex-
emples. L'imparfait seul a une conjugaison complète. La II
p. s. fém. est en datînois t abî'', 555, 8 d'en bas, comme dans
ce verset, faisant suite à la même poésie de 555: U \^\^
»js.4j»j _ytJ oî^î ijr^-H'j et '52 tu ne veux pas de moi, je res-
terai dans le fichu wâdi ^). Le "omânais a ici tbayi, RO p.
246, 11, qu'il écrit tbaiyi, je crois à tort. La II et la III p.
pi. fém. est un datînois tebèyn (tibèyn) et yebèyn (yi-
bèyn). La première personne de l'imparfait est ^^î (ou L!).
,^ ^çjj, je veux aller à L. Avec le pronom précédent,
anabâ^ je veux, et dans le Nord, anabî^, Arabica III p.
103. ^Endi kâdli ebâ ebî'^o, j'ai un lit que je veux ven-
dre, RO p. 217 en bas, où c'est = ebâ". Cet àba ou abà'
est pour ^J^\ < (^^jTî, mais c'est là une combinaison vocalique
inconnue dans les dialectes, et il n'en reste que aba. En-
suite, l'a initial tombe, Arabica III p. 35, Hdr. p. 519 et
ici sub I, comme dans les cas analogues, dont il y a des
exemples à foison dans mes textes. Abâk tuhdùmli
') Le fém., à cause de r)'-!-^ isAAA,2x . Mt'tre ragaz. Obs. nil-wâ-dï,
où n î - e 1 > n i 1 , de même que dans la poésie classique et moderne.
J'ai déjà parlé de ce processus en arabe dans ma Festgabe p. 55 n. 1,
contre Bi'ockehnann VGSS I § 41 l a (p. 63) qui n'a pas bien compris
I Ya'^is p. 1319 qu'il cite. De même, il écrit I p. 54 en bas \irdu'-l
bayli et fi H-bayti. Tandis que le hamza (que je n'admets même pas
pour l'article) disparait ici complètement. Marcais GT p. 43 a déjà
relevé cela, seulement il veut que soit par la chute de la voyelle ter-
minale du premier mot, qâdel-blûd, mais, à mon avis, c'est cette
terminaison vocalique qui se contracte avec l'article suivant. Voir
encore sub o'. article.
13
mnezzy je veux que tu me fasses un berceau, RO p. 307, 9 ^I>Lj
et ib. 1. 4 d'en bas: qâllo: ebà" lumnezz, it lui dit: je
veux le berceau. Aba aéûf, ^e veux voir, S AE III p. 15, 15
MJM p. 9, = hôm là ralag, = bàsûf, dt. Dans le Nord,
on entend souvent yâbi etc., 664, 8 d'en bas; Socin Diw.
I N° 69 V. 48 porte tâba (--) et à Tripoli, selon Stumme
MGT p. 239, il y a yâba etc. Ce yâbâ a fait yàbil
(yàbi), == Sud yabà'', et finalement yibbi à cause de l'ac-
cent, d'après un processus commun dans les dialectes nord-
africains.
On voit donc que la première radicale de ^^! ne tombe
pas toujours à l'imparfait, ou plutôt qu'elle n'est pas de-
venue brève, dans le Nord et à Tripolis. Mais dans le Sud,
par le fréquent emploi, la préformante de l'imparfait, yâ-,
est devenue brève, d'autant plus que la seconde syllabe porte
l'accent: yabà". La lurah a ya^'bâ et ya'bî, même yi^'bâ,
sur laquelle forme voyez Sîb. éd. Cairo II pp. 254 et 256
= trad. p. 605, I Sîdah XIV pp. 214, 4 d'en bas, 216 en
bas, 217, 12, LA XVIII p. 3. Cette forme yi'bâ, qui est
considérée comme exceptionnelle et isolée, au lieu de ^Jj,
mais Q?'^, a, est dans le même cas LA sv. 'J, me paraît être
la preuve d'un emploi courant remontant au loin.
Le parfait est c>->:j^, qu'on entend quelquefois. Il est encore
vivant dans le Haurân: '^SJiJ^'s> J.^! s^yJ^\, jeveux{Qt non j'ai
refusé de) faire ce travail, et j'ai noté la même phrase et le
même sens à Thèbes en Egypte, 1301 et note. Le plus sou-
vent la voyelle initiale tombe: abeyt > beijt.. Ce parfait a ce-
pendant le sens du présent, comme l'a aussi ^yb: baray-
nâh yir'^a (c'est ainsi qu'il aurait dû dire), nous voulons
qu'il paisse, RD II § 79 b. • L'équivalent mehri homk peut
') Et tant d'autres, comme p. e. ^^, ^r^-
14
^^j|>L3 aussi se traduire par le présent: homk timlêk lên mê-
le k, veux-tu régner comme roi sur nous?, Bittner St. mh. V, I
p. 80 § 8 et id. V, m p. 37. Je ne crois pas qu'il y ait des cas
où l'on puisse traduire u>^>JJi par notre parfait. La lurah con-
naît aussi ce sens du parfait, Wright Gramm.^ II a. 2 D.
En outre, ce parfait n'est employé en datînois qu'à la
I^ et à la Ile personne du singulier. Si l'on veut absolument
mettre en relief le temps pa^sé, on se sert de Lo ^^'i^, et cela
est aussi le cas de ^jjt^ en hadramite.
Stumme MGTrip. p. 239 § 56 donne pour Tripolis une con-
jugaison complète du parfait de ^t: bêt, bêti, bet, bâ;
pi. bêna, bêtu, bù. On y trouve les passages suivants:
ma bêt s ta^tîhùmli, tu ne voulais pas me les donner^
p. 53, 27; ma bêt s na'^tîk, je ne voulais pas te les don-
ner, ib. 1. 31; sâqi ûlâ bît^ nirtâh (--^-i-w--), ich
quâlte mich und ko?inte keine Ruhe finden, Tun. MG I p.
95 N° 47, V. 3, = id. TTBL Gloss. s.v., où il dit: „^J
signifie par conséquent vouloir, donc comme "SiS". u (jâmîl
gê fil-^ëtbà uga'^mez; mil bfis yâkul, et G. vint au seuil
et s'y accroupit; il ne voulait pas manger, id. MGTrip. p.
34,33; hdâhum, ma bas yaHîbùmli, il les prit, il ne
veut (plus) me les donner, ib. p. 59, 16. J'ai exactement rendu
la traduction de Stumme. On voit qu'elle diffère dans les deux
dernières phrases. Mais ib. p. 59, 24: ma bâ yisrîhà hadd
min ni, personne ne veut me l'acheter, = dt ma bâ yis-
tërîha, on ne dira pas que bâ soit ici au parfait. Stumme
dit ib. § 56 que ce bâ du parfait est rare, lorsqu'il est
positif (c'est à dire sans "^j et que l'on préfère au bâ positif
l'imparfait yibbî. Bâ est donc = yibbî. Beaussier p. 20
donne ,.^c^ L U, fém. (^ci oIj l^, ne pas vouloir, refuser", et il
le tient pour une altération de ^î, qui chez lui est refuser,
mais c'est alors une altération de ^'i, voidoir, il me semble;
ib. p. 607": L. "i, refuser, ne pas vouloir (Est), et \^[i '^, ils
15
ne voulurent pas". Doutté TAO p. 68 n. B traduit ma bûA
correctement par il ne veut pas^ mais Marçais KMT A p. 413,
par il n'a pas voulu^ ce qui n'est pas d'une parfaite exacti-
tude. Etant donnée l'autorité de Beausier et de Stumme, je
veux bien, pour le moment, accepter un parfait complètement
conjugué de aba, mais on me permettra cependant de douter
un peu du fém. oLi, bet, et du pluriel U et bù. Ce „par-
fait" est chez RO §388 „be., vouloir, (=bara "j", mais il
a soin d'ajouter qu'il n'est usité qu'à l'imparfait.
Stumme dit ib. p. 240: ,,Mais toutes les formes susmen-
tionnées peuvent être très mutilées, de façon que, quelque-
fois, il n'apparaît qu'un bî, bu ou be, voire même un seul
b". C'est alors le simple préfixe futural, ainsi qu'on constate
dans les exemples qu'il en donne. Cette mutilation ne pourra
alors venir, selon sa théorie, que de l'imparfait nfibil, yâbà
etc., et non du parfait bâ, ni du parfait bbâ, qu'il prétend
provenir de |^^, car comment un parfait aurait-il pu donner
au préfixe un sens futural? La phrase citée plus haut (p. 14,
10 d'en bas): ma bâ yisrîha l.iadd minni indique bien
le futur, comme l'a aussi traduit Stumme. Il est bien étonnant
que, dans les dialectes méridionaux, où ce bâ>b fait florès,
ce parfait n'existe pas et qu'il se soit réfugié dans des dia-
lectes aussi éloignés.
Pour expliquer les deux parfaits bà, imparf. yubà, et
bbâ, imparf. yîbbî, Stumme opine que „le classique ^^jî,
imparf. ^^'u ou ^jJ^,, a conclu, dans le dialecte, avec le classi-
que ^JJ^, imparf. ^^j^^., un compromis intéressant pour rendre
l'idée de vouloir, être sur le point de". Mais comment le
classique ^î qui veut dire noluit{\) aurait-il pu conclure un
compromis avec son antithèse voluit et dont le l'ésultat serait
6^'
>) La remarque de Socin Diw. III p. 1G8. 10 d'en bas n'est pas jiistifiéo.
16
^j|>Lj seulement voluit. Stumme relève bien que le classique ^\ est
7ioluit, mais il ne se rend pas bien compte de l'invraisem-
blance d'un tel compromis. ^!, vouloir^ et ^^, désirer, sont
deux verbes diiïérents quant aux radicales, à peu près syno-
nymes quant au sens.
^iu a partout une conjugaison complète, ce qui est à noter.
Il faut observer que l'emploi de beyt, aba et ba offre
des nuances de sens qu'on ne saisit pas de prime, abord ; je
.l'ai relevé 1301. Ainsi, ana beyt mîit= j'allais mourir, je
suis près de mourir, je me setis mourir, je me meurs; ana
a b â"* m û t , ^'e veux mourir; ana b a' mût, je vais mourir,
je mourrai; hû^ yibâ jnmût, il veut mourir, mais hû'
bâ' yimût, il va mourir. Nous avons en algérois une
construction pareille avec l^:>, être sur le point de: u-o
o>-«j ou oj-H v^^- ? ^^ ^^^ ^'^^^ ^^ point de mou7'ir, il va mourir;
o^ c;^-:vp», je rne sens mourir, Beaussier, p. 102, Marçais
RMTA p. 424; de même dans le dialecte de Waddây:
o>*r! j.5^Vo ^^ agonise, Carbou p. 234, 5 d'en bas. La coïnci-
dence sémasiologiqne du ^^ algérien, du ^b en Waddây, qui
signifient tous les deux vouloir, et du sudarabique L, vouloir,
est frappante. — Même construction en ^Hdr et en "Oman
avec |^<Ju. (j^l3 o'.AijJ ^'^\ Q^ oyîl o^î^b, j'étais presque mort
de peur (lorsque) je trouvai du monde, RO p. 225/6, ce qui
est aussi une bonne phrase hadramite, = dt :^\ o^ o-rv^-
La lurah a du reste aussi o^ ^Xjy.. Voir ici sub ^b et o\y
On sait que Nôldeke, Beitrâge I p. 69 ne veut admettre
un verbe ^t, vouloir, qu'il prend pour une „ mutilation de
jjb", et dont il renie carrément l'existence. J'ai essayé de
le réfuter 1301 et s. Déjà le savant Gesenius dit dans son
Thésaurus sv.: Âpud Arabes et Aethiopes rad. ^_^! AnÇ wim
17
habet plane contrariam nolendi, recusandi etc. At liaec radias ^1 > b
vis forsan recentior est m linguis semiticis et ex usu demum
Hebraeorum, qui constructione hujus verhi negativa delec-
tantur, enata". C'est clair et juste. Stade, Kônig, Ges.-Buhl
et Scerbo n'ont pas tort de traduire "dn* par voidoir, et les
autres langues sémitiques peuvent aussi offrir ce sens; on
le trouverait, à ce qu'il paraît, même en égyptien. L'in-
scription araméenne de Barrekab porte le verbe "iDN.io" , Us
désiraient pour eux., aie icihisclden sich. Les comment, le tirent
de 3N*\ Hoffmann ZA XI p. 320, Lidzbarski Handbuch p. 205,
Brockelmann o. 1. I p. 536. Il serait plus naturel d'y voir
tl'li^, ^ffJÎ- Nôldeke dit o. 1. p. 66: „Estce possible que l'arabe,
à côté du commun ^_^), noluit, qui existe encore aujourd'hui,
puisse avoir un ^_^!, vohiit, ayant parfaitement le même sens,
vôllig gleichbedeutend, d'autant plus que ce refuser, ne pas
vouloir est aussi confirmé par l'éthiopien comme étant sud-
sémitique commun". Et il ajoute cet argument absolument
stupéfiant: „0n n'aurait certainement jamais osé faire une
telle supposition, si l'hébreu riDN' ne signifiait voluit". J'ai
aussi peu que mes confrères forgé un ^^j!, voluit. Il rejette
donc absolument notre ^^!, voluit, malgré les exemples que
j'ai apportés, moi et d'autres. Il est vrai que ^^! est souvent
dans la lurah ne pas voidoir, refuser, dédaigner. Du moins,
on le prétend. Exemples classiques se trouvent chez Hommel
Ûber eiiie . . . Ausgabe der ùamharat el-^Arab, Brill, Leide
1884 p. 21; pour le Qor., v. la concordance de Flûgel. Kâmil
p. 859,13 et ib. index p. 798; Tab. I p. 1179,3; 1612,3;
K. el-Addàd p. 50,5. Diw. Hodeyl. Wellh. 46,6: L^' Jj^.
Il est souvent suivi de J^, p. e. Hodeyl. Wellh. p. 46,8
d'en bas: wL^! x-JLc ^^Li U-^ !rjAi-J ^^ ^'*.^î Lej i^'^",
T. appela ses amis pour qu'ils tombent sur eux traîtreusement,
mais ses amis s'y refusèrent. On pourra ici comparer la con-
2
18
^j| > Ij struction J^ toet J t o, vhv, car J^ ^t est aussi le contraire
de J ^t, dont on trouvera un exemple plus loin p. 19, 10. Clas-
siquement, ^\ est souvent suivi de *§]. En voici quelques
exemples au hasard. Qays b. el-Hatîm N° 10 v. 13:
Euere Schar verabscheut ailes, ims nicht Elucht ist,
Uiid Misère Schar verschmàht ailes, was nicht Angriff heisst.
Ibid. NMl V. 8:
Der Mann lieht es, semé Wûnsche (erfûllt) zu finden,
Gott aber tut niir, ivas er loill.
Selon les traductions deKowalski. Ib. N°XIIv. 8: slT^Î ^O:!,
des pères ont dédaigné le blâme. Ici verabscheiàn, détester,
et verschmdhen, dédaigner, meiden, éviter, rendent seulement
le sens intrinsèque de la phrase, mais nullement, il me
semble, le verbe ^\ suivi de %. Mais dans le vers de Labîd
N° XXXiy V. 3-6:
L*/iio>î j>!c ..y iM^-*^ (^3 L..ir._*. j^ ^;i "^^^ lX-ïj
e^ il (Allah) a anéanti Iram et Tubba'^
et le peuple de Loqmân b. "Ad, il Va humilié,
car ') ils avaient lutté avec lui, mais il ne se laissa pas
[renverser = ne voulut pas être renversé.
le verbe ne saurait être traduit que par refuser ou ne pas
vouloir. Qays b. el-Hatîm N° 4 v. 6 et 7 : î^! LJls est, selon
moi, voluit.
Mais dans ce verset de Qays b. el-Hatîm VI v. 18:
') Brockelmana traduit ici O^ k tort par ah. Sur Ff^, voir Gl. sv.
19
Lorsque tu conduis la vérité par le mensonge, elle s'y -a! > U
refuse, mais si tu coîiduis (les choses) par la vérité, les
[(montagnes) immobiles se laissent conduire.
Le verset ib. N° 1 v. 17 n'est pas dans le même cas:
Et nous les (lions) féconderons ....
Avec nos sabres afin que nous abattions leurs velléités.
Kowalski traduit A^l par récalcitrance ; c'est plutôt fermeté.
Et dans le Diw. Hodeyl. Wellhausen N° 203 v. 15:
ce que Wellhausen traduit par:
Je suis défendu par des aides qui se lèvent comme un
[torrent
et par un pouvoir qui ne cesse d'être pour nous iné-
\branlable,
tandis que Barth ZDMG 39 p. 161 le rend par: es ivehrt
mir ab ein Helfer .... Je trouve que ni l'un ni l'autre ne
sont bons, mais je ne saurais rendre ici ^\ d'une façon ex-
acte ; ce n'est assurément pas = ^ , mais plutôt = J ^js , vhv;
en tout cas, personne ne prétendra que ^\ ait ici le sens
de noluit. C'est plutôt comparable à J to, comme J.£ ^\
l'est à (J^ !co, voir plus haut p. 17,4 d'en bas.
D'autres exemples chez Hell, ZDMG 59 p. 612, oîi la
très bonne tiaduction met clairement en relief le sens. Diw.
el-Ahtal Beyrouth p. 8, 6 : iS±^o % éc>jfS. ^^\ ta lance
1) Sur ce mot, voir Arabica IV p. 17 et s. et Dt 1251 n. 2 et ici sv. ;
aide, Helfer n'est donc pas d'une exactitude absolue.
s
20
jI > Lj a voulu seulement de la dureté, construction tout à fait sud-
arabique.
C'est surtout l'adjectif classique ^^1 qui nous éclaire sur
G S £ S
le vrai sens de ^! . Sanfarâ v. 7 : porte J-wL. ^^\ JJ^ , ce que
Jacob rend par Jeder (von ihnen) ist ahioeiseiid und trotzig,
parce que les dictionnaires disent ainsi. Labîd Fragmente
N° XXXVII V. I:
Dans ce verset, j_^T est l'élatif de ^!, et je le traduis
comme suit:
Je n'ai pas vu un ami comme toi, ô Umâma,
Ayant plus à coeur nos intérêts et plus beau parleur.
Hind bint Ma^bad dit dans une élégie, dans v;*^' f-^jr^ Lr'^f
Beyrouth 1897 I p. 92 v. 7:
(Le défunt regretté) était plus doux que la datte et plus
ardent que le charbon incendescent (contre l'ennemi) et {le)
plus décidé (du monde)
lorsqu'il fallait avoir une ferme volonté. Cheykho l'explique
par (_,wUiî ^ ^^^ ^^r-â-^b -Ij"^' L^y '-^'jj ce qui n'a rien de
bien explicatif.
^jî, pour lequel Jacob Sanfarâ I. p. 19 et II p. 15 donne
encore des références, ne doit donc pas être traduit par ah-
loeisend, mais par qui a une ferme volonté, ferme dans ce
qu'il veut et fait, même dur, appliqué au bois de sauhat,
Grewia. Ici il y a l'idée de vouloir^ mais non celle de 7ie
pas vouloir.
Je ne nie pas que, dans les dialectes de toute la Péninsule,
^_^j! n'ait aussi le sens de refuser, mais alors ^\ devient ^i\,
voir sub À=>1, J^ et ^^1 et Stumme M GT p. 238 § 53, avec
21
le participe mâbi, ou âbi, comme le "omânais mâti de ata, j| > Lj
MSOS V, II p. 6, 11 ce qui explique l'imparfait nordarabique
yâba, tâba etc., voir ici p. 13 en haut. En Harîb, Dt, ""Awâl. et
Hdr, le verbe est alors suivi de la négation: âba la yoljrog,
il refusa de sortir, Hdr p. 520. Son synonyme v^> refuser,
noluit, vhv, est aussi suivi de la négation : (_-JLè &I c>~>^eo
£L> Lo, mais ce n'est pas la même construction, car il faut
l'analyser par il refusa (et) ne vint pas, comme chez Snouck
ZA 26 p. 233 n. 6; p. 235, 13 d'en bas; p. 238 n. 1, ce
qui rappelle le class. ^! ^1, dont je viens de parler, ou bien
on dit ^ ^! ou ^^. Socin Diw. I N° 69 v. 48:
£Lci^.^?iJ! ^^j-c. Uj Lâ_=>5^3 U-wjij iAa^îJî ^~thl\ ,^ Llj
Nous fie voulons pas d'un butin minime,
Et les vulves de nos femmes ne veulent point d'une turpitude.
Cf. Arabica III p. 106, 2.
Le sens primaire me paraît encore être ici vouloir: il veut
ne pas sortir. Au Waddây, ^t est ne pas vouloir, Carbou
pp. 120, 7; 125, 10 d'en bas: hu aba ana nedhel, il n'a
pas voulu que j'entre = m a i d ô r a n a nedhel, il 7ie veut
pas que j'entre, ib. ; ana dawert ou durt hù yedhel
lakin hû aba,ye voulais qu'il entrât, mais il a refusé, Vo.
^\ doit provenir d'une racine qui désigne à l'origine un
mouvement psychologique de la volonté. Ce mouvement peut
se manifester dans un sens affirmatif ou négatif. Ce thème
a par conséquent pris deux directions sémasiologiques oppo-
sées: de l'un côté noluit, comme en arabe classique, en ara-
méen et en éthiopien, et de l'autre voluit, comme en assyrien,
hébreu et arabe dialectal. C'est ce que les Arabes appellent
un didd, 1302. Mais, pour nous, il n'y a pas de vrais didd,
car l'antisémie s'explique par les différentes compréhensions,
dans des milieux différents, du concept primordial. Je me
rappelle avoir lu, dans un de mes manuscrits, que je n'ai
22
^1 > b plus, que ^5 est un didd. Nôldeke à lui même écrit un joli
mémoire sur les j>\J<A3\, Beitriige II p. 67 et ss., mais je ne
m'étonne pas qu'il n'ait pas trouvé que notre ^1 rentre dans
la catégorie de ces soi-disant oÎlXxs!, car pour lui ,3! est
seulement noluit, et son programme ne comprenait pas cette
sorte de mots à sens opposés. C'est ainsi qu'il ne parle pas
des addâd tels que ^S v^^ ^t ^ w^c^ , Hodeyl. Wellhausen
N° 141 V. 6: wO-j> ^ =L«j> ^ ^^-^à., nous dédaignons le
sang des B. (x.; K. el-Addâd p. 262, Lane sv., et Nôldeke o.l.
p. 69, ot uryb et ^y, [joy^ , K. el-Addâd p. 69, Lane sv., parce
que le sens contraire est motivé par la construction avec
^\ ou ^y,, q£. Cette construction est très courante dans les
parlers bédouins du Nord. Ixxb») ^\ v^j^? ^^^^ désirons aller
dans notre pays, wir sehnen uns nach uyiserem Lande, mais
. UjLbj ^ '-r^f, nous ne voulons pas de notre pays, ou, moins
exactement, 7ious désirons quitter notre pays, wir sehnen uns
von unserem Lande weg; cf. p. 23,3. En datînois, ^^ ^,
avoir le dégoid pour, vhv, = ^^^ j*^ vhv, tandis qu'en araméen
c'est tout le contraire, voir Ges.-Buhl sub □ï'^.
«Jb, vhv, est dans la lurah et les dialectes du Nord avaler,
mais dans le Sud, tout le contraire, ma LA p. 65; cf. c>Jj.
JiJu et ^Jèh, vhvs. i-Jic est en dt et hdr aussi bien vaincre
que refuser, vhv; cjj, effrayer et porter secours, Hdr Gl. sv.
et ici sv., Nôldeke Beitràge II p. 80. cL. est encore au Waddây
acheter et vendre, Carbou pp. 131 et 202, comme dans la
lurah, Nôldeke o.l. p. 76: m die Hand Schlagen, toper datis
la maiyi. Le sens primaire de la racine a été différemment
appliqué ou spécialisé, mais toujours dans le même rayon
d'idées. Notre ^î, voidoir, fait partie de cette catégorie de
• mots, mais, malgré l'extension de son emploi, les lexicographes
l'ont ignoré. Le classique v_jî , 1302, vhv, doit être un proche
23
parent de ^t, ce qui a déjà être relevé par Gesenius, dans J > b
son Thésaurus. 'Comparez cette réponse d'un Datînois à qui
+
j'avais demandé pourquoi il était si triste: q!^ U;o^! o^!,
je désire aller à notre pays Marrcm, I am longing for M.
Cela est à peu près le classique \jJd^ ^\ ^], vhv, et LA
I p. 199. HN^ et ^^j.^, avoir envie de qqc, Ges.-Buhl sv, sont
sans doute des métathèses de l/~aby.
D'après Nôldeke, o. 1. p. 66, riDN se rencontre environ 50
fois dans l'A T, presque toujours avec la négation ià , et alors
ce ià ne serait, selon lui, qu'un renforcement de la négation,
à peu comme nous disons: non, je refuse! C'est peut être
plutôt la particule affirmative b, en scriptio plena K^, Ges.-
Buhl p. 374, comme l'arabe J, aussi écrit qqf. "^, p. e. Qor. S.
56 V. 74 et 75 v. 1 '). Je ne crois pas que les hébraïsants
ex professu adoptent cette interprétation. Aussi Brockelmann,
ol. II p. 186 anm. 2 et p. 513, doute-il de cette subtile
argumention de Nôldeke et il renvoie à mon Dt 1301. J'ai
passé en revue bon nombre de passages de l'A T oii se rencontre
HDK. d'après Ges.-Buhl, et je n'y trouve que le sens de vou-
loir et, avec la négation, 7ie pas vouloir, noluit.
Or, étant donné qu'il n'y a pas de vrais didd, il faut tâcher
d'expliquer cette antisémie spécieuse. Je crois que, à l'ori-
gine, jjt était voluit. La construction telle que "bS! JJu::> ^G
L^s et iUio Le "b5t iJJ! ^\j ont été primitivement % ^^u Le,
il ne veut que, voluit nisi. Ensuite, la négation Lo a été sup-
primée, voir ici sub ■:i|, procédé très commun dans les dia-
lectes du Sud. Cela a dû avoir lieu avant l'Islam. ^\ ^i est
seul resté. Ne pouvant plus expliquer affirmativement cette
tournure, l'on aura donné au verbe le sens de refuser et
1) Contr. aux exégètes indigènes et à beaucoup de confrères; v. sub ^3.
^
24
! > Lj l'on s'en est aussi servi dans ce sens, comme le prouvent
les exemples anciens. On pourrait aussi supposer que le verbe
^t, vouloir, qui est infiniment plus répandu dans le Sud que
dans le Nord, est venu avec les tribus méridionales dans
le Nord au même temps que la tournure sans U, omission
commune chez les Arabes du Sud, mais peu compréhensible
aux Arabes en Nord. Pour le méridional, ^L^j L % xJJî ^^b
avait la même portée que ^Liij L % »JJI ^^Lj Le. On m'ac-
cordera que cette construction "l^] . . . ^^! est assez étrange
dans la lurah, si l'on n'admet pas la chute de la particule
négative. Plus tard, lorsqu'elle devenait plus courante, on
aura senti la négation dans le verbe auquel on donnait par
conséquent une idée négative, refuser^ et alors la particule
n'était pas tout à fait nécessaire, D'autres savants examine-
ront cette question de "5! ^^i, qui n'est nullement close
par le présent mémoire.
Nôldeke aurait dû se rendre compte de l'emploi de cet
abâ, voluit, de par toute l'Arabie et hors de -là, même dans
l'Afrique, 1301, ma LA p. 64. Pour moi, abâ, voluit, ap-
partient au vieux fond sémitique. Des Assyriologues m'ont
affirmé que abîtu, comme nebîtu, appel, de nabû appeler,
veut dire Bescheid, Erlass, de nDN\ et que ce sens est suffi-
samment fixé, mais que le verbe n'a pas encore été trouvé.
Knudzson Amarna-Tafeln, II p. 1360, porte „abâtu, Befehl,
Absicht n^N". Les deux mots que j'ai cités 1302 d'après KB
vol. V se lisent à présent autrement dans l'édition de Knudzson.
Avant d'aborder la question de la provenance du préfixe
ba, je vais donner les passages où se rencontre ce thème
dans mes textes, soit comme verbe défini, soit comme verbe
auxiliaire ou comme préfixe verbal de l'imparfait. J'y ajoute
également quelques exemples de son emploi dans d'autres
dialectes.
25
Parfait, quant à la forme, mais non pas toujours quant ^1 > b
au sens. Beyt sab^a îôâ^ ye^zù" (= îjjij) beyt el-
" â q i 1 , je veux sept jeunes gens (ou individus) qui attaqueront
la maison du chef, 8,1b; Ibib. Tlât marrât ille dî' beyt
mût, trois fois que fai été sur le point de mourir^ 85, 24;
1301. Beyt sîr laqedâ^ ahli bâtbassarhom, je veux
aller vers les miens pour les voir, 86, 1. Wa'^âdani beyt
wâhed leh gelîleh, et je veux encore quelqu'un pour qui
j'ai une halle, 112,7, chanté beyta. Went beytak te-
haddar, et toi, je veux que tu prennes garde, 104, 19; cf.
106 n. 10. Bâ tesili satar beythin risâ% tu me feras
des torons dont je veux faire une corde, 316,11. Kam ta- •
bâni sûwîlak fi hûrtak? Beyt tentèyn, combien
de ventouses veux-tu que je te fasse à la nuque ? J'en veux
deux, 46,24. La beytehâlak zuwâg, si tu la veux en
mariage, 26, 2. Na beyt hôrr, je veux être libre, Dt 1301,
avec l'observation y faite à propos du parfait. Ce parfait est
encore employé dans le «.lX^! oiii de Hdr, voir Hdr Gl.
p. 549 s.v. j<~>^, et au pays des ^Awâliq Supérieurs. Ana
beytak tetahhàfli dagni,/e veux que tu me coupes la
barbe, "^Awlaqî, H(ir p. 520. ^J^ o^j Li[îl, je veux partir,
expliqué par J^L c:Axij, Hdr p. 520, 8. Voir exemples de
Haurân et de Thèbes 1301 et note.
Imparfait. Dans les dialectes de Dt et de Hdr, il est tou-
jours yabà", yebâ' etc., mais en dofârî aussi y abî", yebî^
RD n § 79 d. ili:^ ^^ Li ^ ^S^ ^J c>t^^ (< 'cy^ avec
prothèse: --^-), je désire pour moi un châle et je veux un
fichu, 115, 17. io;L> KjA^ liU/o L c>^>ljCS! b, comte! je veux de
toi un cadeau rémunérateur, N° 89 v. 9, et ib.: ^ou L yS\^
JLotiJ ^1^ et du sultan je veux un cadeau pour les enfants.
26
o >
j^jt > b d^fr- J^*^ cr L'Hy-^ ^5 J^ veux mon keswah (vhv), made
in Germany, 1 59 o. 1. L^ .■i:->o . . . s^av/ b, je veux un keswah
avec leguel je sortirai, 160, 1; 1289 n. (j.2>LiLj ^\ J^^ L ijt,
j/e vewa; aujourd'hui aller à la Montagne pour chasser, Hdr,
Arabica III p. 104. Anabâ" heyt tebâ" eut , j'irai là où
tu voudras^ Dt, cf. le mehri hôm al hâtri hû yehôm = Dt
bî ^M-=> Lo vi^yp» L.!, je veux aller là où mon esprit à moi
veut, Bittner St. mehri III p. 56 n. 2. cj^Lo Lî, je veux aller
à M., Arabica III p. 104. ébo!^ L Lo ..iw^J Ij, (^ i- ie ne veux aller à
ton wâdi, 879, 4. 'i,^\\j^A ^ L oy^- Lo . . . 'iiJ>\S ^ [j, je veux un
don gracieux . . . tatit que je marche (voyage), je veux quelque
profit, 1715, 5 d'en bas. ^J:i^3 L>, je veux l'objet garanti, 555, 7
d'en bas. Wus bâlih el-mâl, que faire de cette fortune?
117, 19 expliqué 118 n. 1 et 1531, comme Rôssler M SOS III
p. 9, 12: amû abrâlhin killhin, que faire de toutes
celles-là? Aba asûf sînèthâ, je veux voir sa tresse, SAE
III p. 15, 15 mais ib. 1. 19: bâsûf sînèth a.
Si aba, je veux, est moins employé dans le Sud que le
simple ba, il est, en revanche, très courant au Negd du
Nord, même chez les ^Anazeh, mais alors c'est abî; exem-
ples Arabica III p. 103. L\_A-ii^ ^! ^\ iiL.*-:fvj! ^<jS,ie veux
f envoyer chez I Rasîd, ^Oneyzah.
Dans un récit ""anazî sur le mariage, je hs ceci: yigiîl-
laha: ànabîË utegûl hî': uent ba^d ànabîk, ugôtar
yam ahàli uhtobni min hàli. Yahôdlu ragâgîl râh
yam hàlha. Wus gtVibak ya fiilân? Gâl: àbi bin-
tak, il lui dit: „Je te veux (en mariage)", et elle dit: „Et
toi aussi, je te veux, et retidstoi auprès de ina famille pour
me demander en mariage." Il prit des hommes avec lui et
alla chez la famille à elle. ^^Qu' est-ce qui t'amène, un telf"
27
It dit : „Je veux ta fille (en mariage)". Même procédé 30, 4 avec -jf > L?
^j^: ma tebrîn (ou tabreyni) tâhidîn? Rép. In ki'in
tabrâni abrâk, ne désires-tu me prendre (pour mari)?
Rép. Si tu veux de moi, je veux (aussi) de toi. Il s'ensuit
de cette juxtaposition que les deux thèmes sont synonymes,
mais non autre chose.
^^y**^ /O^ Lo' ^]^ lX^^ j5"l\j', tic fais mention de M. et
et si tu veux, tu feras aussi mention de S,, 171 v. 11. ^_
aiA^xJî o^j"^^ I-h"j toi, qui veux te rendre à la terre éloignée^
Arabica III p. 104. Tëbâ" Lizerbât, qui te rends à L,
140, 16. Kânet halq tebâ^ ou tabiV, tuqtùlni, il y
avait du monde qui voulait me tuer, 83,8. Lo (jiî, que veux tic
76, 6 = what do you want? Stace p. 183. a^joL. ^.Lo", veux-tu,
{me nuire) de propos délibéré?, 496, 7 d'en bas. iil^ 'uj , nous
voulons avoir de quoi payer nos dettes, 497, 5 d'en bas.
Wên tabâ^ où veux-tu aller? 516, 10.
La hû' yibà' beyni ubeyneh tâliyeh, s'il veut qu'il
y ait ensuite la paix entre nous, 111, 3. Winneh yibâ"
girbeteh, et s'il veut avoir son champ, 141,3. Fiilân yibâ'
bintak, un tel veut avoir ta fille (en mariage), 26,6. 111 e
df yibâ^ yisrob, = Hammâmî di bâyisrob, qîii veut
boire, 91, 10, cf. 1372 en bas. Uix ^JJ^ Lj iU>^ S. veut de
vous un souper, 661, 1 d'en bas. Hâde-l-kâtâb yibâluh
ta'^ab gamm, ce livre exige beaucoup de fatigue, Dt; cf.
l'algérois a1 v-:^-' ^^^(^ nécessite, il lui faut, Beaussier p. 102.
Yiba" yaqtùnni, il voulait me tuer, 85, 5 = trip. yibbi
yugtenni.
Lf-Jx •Jiy^^, ^^. j-P ^\ oL/^Jî -^f^., il stipule le prix de
mariage qu'il (le prétendant) veut payer pour elle, 37, 9,
""Oneyzah. Yâbi zammàl, il veut un zammâl, vhv, 664,8
28
^^jÎ > L d'en bas, "Anazeh ').»o1jlI! ijl^j ^,-0 ^x>j^j ^^ ^ d^jhj ^^ ^- R-
leur envoya alors un message (leur faisant savoir qu') il
voulait la dîme habituelle, 1710, 8 d'en bas, "Oneyzah. Joîj
3l\_j^ (yàbi) 1^^. X-àJjJt (^ tiL JU=>, z^n chamelier sortit
d'ez.-Z. voulant aller à B., Socin Diw. I N" 16, où la tra-
duction est trop libre.
Yibû'' yôqtôlûni ou yiqtolûni, ils voulaient me tuer,
82, 21; 84, 3, 24, = trip. yibbu yugutlùni. Yibàow
yishabôh, ils voulurent le traîner, 12, 4 d'en bas. Ho m
el-bâreh yibôn Masr, hier ils voulaient aller au Caire,
Arabica III p. 104. IjJolc ^^_, the corne to us, Béd., Stace
p. 33 ; plus exactement, .ils veulent venir chez nous. I n k â n
tebû' si qurùs bâ^'lindîh, si vous voulez de l'argent
(quelques talleris), nous en donnerons, 82, 11. Es tabtf
fîm-wugëh? Tebûna lindi laum? que voulez-vous comme
expiation de lèse-garantie? Voulez-vous que nous donniotis
des domjnages-intérêts? 521, 9.
(jîna labâ^ ard et-tamaéah, noîis sommes venus pour
nous rendre au pays de la fusée, 164, 12; cf. 229 n. 3;
même phrase Arabica III p. 104. Ls:u3 ^^ô\^ ^ ^^^ Lo y'L,
demain 7ious nous alloïis attaquer W. I)., 1648, 10 d'en bas.
Autres exemples, tirés de mon Hdr, chez Nôldeke, Bei-
trâge I p. 65; chez Socin Diw. II § 156, RO § 388 et RD
II § 79.
Le préfixe bâ, ba, b joue un grand rôle dans les dialectes
du Sud, au point qu'un 'Awlaqite me disait: kull kâlâmna
bâ, tout notre parler est bâ. Avant de le traiter, je vais
donner les passages où il figure dans mes textes.
1° bâ ou bâ futural, en scriptio plena.
Bâ tindùni, voulez-vous me dominer'? 8, 6. Bâlindîk,
1) Obs ici yâbi, qui ne peut être une „mutilation" de y abri!
29
710US tu donnei'ons, 8,9, mais 11, 18: bilndikum. Bât- ol > b
qui, tu diras, 9, 4. Bu'lisràl.i, iious allons iMrtir, 10, 2.
Udî^ Vidhom bayihlaqôw bfiyiqâtilùn, et ceux qui
vont encore naître se feront (toujours) la guerre, 14, 12. Il
dî bâyi^îb sub^'a hîwân .... u bey^jâb bihhan ba-
yilqa Ijaznah, cehti qui amène sept êtres vivants .... ei
les égorge, trouvera un trésor, 70, 3 et ss. Bà te^arrîni
èrkab ""aies, veux-tu me laisser faire V amour avec toi?
75, 19. Wên bu tonfira, où veux-tu dormir? 75, 23. Bâ-
n a m ^a n d i s, je veux dormir cliez toi, 76, 7. B fi y i Ij a r r i b,
il va démolir, 87, 16. Bâ yohrog, il fera sortir, 107, 19,
< - -ï^ > - ^o > „ ^a . B il y i n ^a 1 û h , ils le maudiront,
116, 1 . Ma ^â d b a y e h s i b û n e h , ils ne le considéreront
plus, 117, 25. Les bàhsob baqar ma bâtu wâfiqinna,
pourquoi compterais-je sur des boeufs qui ne nous convien-
dront pas? 119, 16.
Marràn bâ yahrab, M. va devenir une friche, 122, 9.
B â t i q b a 1 a h , le receveront, 136,7. B a t n è s s i d a k , _y'5 veux
te demander, 139, 10. Bâyindor, il fera sortir, 139, 14.
Ma bâ'yilâ'ha, il n'arrivera pas d elle, 146, 13. An a
bâ'wilis, je te ferai un hurlement, 149, 19. ^^ L, je
verrai, 160 v. 10. Mehsin bâ^yigp, M. va venir, 161,22
et à la 1. suivante, bâyitrah, il va poser. Ma^âd bâ'yir-
gif, 7ie tremblera plus, 161, 25. Reyt el-^Awâliq bâ
tegîna lis-Seyh, bâ liqta^ ma^àseh, que les "A^càliq
viennent d Seyh ^Otmân: nous leur couperons les vivi'cs (le
pronom de »jjXxa se rapporte à ^y*l\^ oiJLstJ')» 164,13,14.
Ma bâ' telamlam... bâ^'tekinnah, cela ne nous fera
rien ... l'abritera, 165, 18 et 19. Bâ tëbûwis, tu seras
malade, 485, 7 d'en bas. Jo L.ye dirai, je veux dire, 347, 5 d'en
bas. dU JyL. c^L, attends que je te dise, ilammàuii, Arabica IV
30
^! > L p. 43. («jJbcAv.j L, nous nous attirerons le blâme, 347, 2 d'en bas.
Bansidak, je veux te demander, 326, 1. v;-*^" "^^ ^^ '^^^
faucher, 333 n. 1. yr-y^ L. L«, iw ne ^e soustrairas plus, 337
d. 1. vjîr'^' L. ^..^4^ *:^, wz soleil 7ie va se lever 377, 9 d'en
bas. i_5iA;j L), z7 dominera, 399, 9. «,jLo L L«, _ye ?ie z^ewic pas
V égaler, 482, 12 et ib. .^' L, cm" blessera, et ^mj Ij, ^w^ we
sera pas vengé. Bâsîr Fahmân butla^ /irai au W. F.
où je monterai 506, 4 d'en bas. liUcLw \i %, et je ne veux
Raccompagner, je ne t'accompagnerai pas, 522 y. 4. ^3 U.snj
ay^Lï j. j_,-;^ u _yoî , ni woMS wz VOUS 716 manqucrous à notre
+ _
devoir, 536, 3. L^jisp. L. ^<^^ [i, s'ils voulaient seulement la
+
laisser, 540,8. lXJ^jJj' L, tu vas estimer, 544,7. Ij vi>-x_> ^
^^ cH^"» fixe- toi là où tu désires, 545, 2. j,o(c ^_c*:vH e?*^
-SA«5 ^^\j , si tu me veux, je viendrai encore et je partirai (à
la guère), 555, 8 d'en bas. y^^^ Iam*^ j. ^ L. "^ »^^ L.?
nous le ferons sortir, quand même il tomberait au milieu
d'un puits, 555, 6 d'en bas. -yij" L ... Lo , ne se lèvera pas,
646, 5 d'en bas = 155, 18. Bâ yihrog nf, elle (la viande)
en sortira crue, 604, 9 d'en bas. ié.VLl, L Ijj = liU^.i L Ijîj,
Je mzs t' envoyer, 660, 3. |>j^. L, ils seront ruinés, 698, 8.
û 3
^bCi! jj-wj L, le mécréant se fera musulman, 744 d. 1. iaS.^' L,
({w vas tomber 746, d'en bas. Bâ' nasâlkum, nous allons
vous faire 1313 n. 1. D'autres exemples: 992, 12; 1075, 4;
1081, 9 et 17; 1084, 10; 1107, 8; 1112, 12; 1124, 6 d'en
bas; 1134, 1, 2, 4, 5; 1156, d. 1.; 1182, d. 1.; 1204, 9 d'en
bas; 1211, 9; 1213, 7 d'en bas; 1295, 3, 9; 1360, 4 d'en
bas; 1361, 1; 1371, 7; 1400, 1 et 3 d'en bas; 1451,10;
31
1452, 3; 1453 passim; 1484, 5; 1492, 11; 1508, 7; 1516, ^^jf > L
3, 9, 10; 1518, 4, 5, 11, 25; 1520, 10, 11; 1547, 3 d'en
bas et n. 1,5 d'en bas; 1565, 6 d'en bas; 1603, 5 =
1617, 5; 1605, 7 d'en bas; 1608, 3 d'en bas; 1609, 12 et
n. 3; 1611, 8; 1679, 15; 1731, 2 d'en bas; 1732, 13. On
en trouvera aussi des exemples dans ce qui suit, dans
Arabica V Gl. sv., ma Festgabe Gl. sv., chez Stace p. 28 sv.
cauterize; p. 49 sv. discharge; p. 73 sv. given; p. 166 sv.
subsequently ; p. 188 sv. will et p. 194 sv. ask.
Bâ a aussi la même valeur que l'imparfait conjugué pour
toutes les personnes, surtout dans une proposition où le verbe
devrait être à l'imparfait ou au parfait. 11 conserve alors son
sens plein de vouloir. In kân bâ tigi, si tu veux venir
pu la beyt tigi. In kân b a tigi ou kân bâ tigi ou la
kân etc., si tù veux venir,, oii le parfait est déjà dans kân.
La bâ. yibân yehbisûh, si la chose perce, on V emprison-
nera, Hçlr p. 747. lia bâ tâkol m in nu h kul, si tu veux
en manger, mange, ib. et n. 1. Bel, la Djâzya (t. à p.)
p. 68 V. 43, 2 porte: ^XL^ ^^^^ Lp^uVJ L-*J, si je la fais
celle-là (== le), on m'appellera i?îsensé, ce que Bel a mal com-
pris, et mal expliqué dans la note ad hoc p. 111. C'est u "^
(--) = lj Soi, ainsi que l'analyse bien Marçais RMTA p. 414.
RI) I p. 48, 19 : en b a d z r à '^ = p .J L. ^î = i n kân b r à y t-
zrà^ ib. et II p. 189, 1, où il y a haplologie. ^^ . . . ioXvvjtil
^î L^.iU-j L, la femme de soldat . . . celui qui veut l'embrasser
etc, 1618, 11. Ma bâ' si peut aussi bien signifier ye ne veux
pas,<^ci^ ^\ L, que il ne veut pas. En Alger, ma bàé, 27
ne veut pas, voir ici p. 15, 1.
On trouvera des exemples Socin Diw. III § 156, Nôldeke
■Beitrâge I p. 65 et Kampffmeyer o. 1. passim. Arabica III
pp. 56,5 d'en bas; 69, 13 d'en bas; 97 o. 1.; 98 v. 8,13 et
14; 108, 2 d'en bas.
32
^t> b 2° bâ futural, réduit au préfixe b, 1301; Hdr p. 745.
Ana bàtla' (ou bât] à"), je monterai, 9,30. Bâtqûl ou
bâtqùl, tu diras, 9,5.
Bândîkum nâsfeh, ^e vous donnerai la moitié, 11, 18.
Ma bàlhorùgsi min hùsnena, nous ne sortions pas de
notre husn, 12, 8. Balhôtt el-hiyam, nous dresserons
les tentes, 19,10. Wala maM tôb bidfà^boh, et je n'ai
pas un châle pour me couvrir avec, 43,13. ^Ala rigmet
hagar bâtsàl lil-heyd, à un tir de pierre de là, tu
arriveras à la montagne, 68,20. Bâthabbares min H,
je veux te démander à propos de E., 119, 15 et ib. d. 1.': ma
bâlisob in kân dî etc., je ne fais cas que de celui qui.
Si bâ^ tilgîli erkêbeh bis for ""alêha, veux tu me
donner un chameau avec lequel je voyagerai pour gagner ma
vie, 90,9 = 1364, hammâmî. Ma bindahan, je ne me
laisserai pas repousser, 143,4. Ma bâfauwad tâ*^bar,
tu ne pourras passer, 463, 5.
Comme ba se rencontre avec la préformante de la I^ p. s.,
il y a une contraction, et l'a de ba disparaît, comme nous
l'avons vu dans les exemples précédents. Ma bâgûr silleh,
je ne saurais l'enlever, 463,12 d'en bas. Ma bàhsin, j?"e
ne puis, 463,6 d'en bas. Bâsîr, je partirai, 1084, 11. Ana
bâdrib hâdem-hanaba, moi, je tirerai cette bouquetine,
1516,9. Il peut même devenir bi, puisque bâ s'imâle déjà
en bâ. Ma biswar qussah,ye ne peux la couper, 463,8
d'en bas. Lgj J^, je sortirai avec, 160, 1 v. p. 26, 2. Ma bin.
dor, ye ne sortirai pas, 1452, 2 d'en bas. Usrùbli (dat. eth.)
wàna bilhàqak, marche, et je te rejoindrai, 1630,2 d'en
bas. Ma biswar si eftàhhu, je ne peux pas l'ouvrir,
Bâ Kâzim. ,x>.vJo vi.vA:> ,j^, là- où tu voudras aller, 1322, 2
et n. 1. U^ , ctv*^ <3^ bLJIJI, le miroir oi\ tu te mires, Dt,
33
(pour^_^;.x>*o:xj). u^y o^, je veux monter, Hdr p. 275 n. = ^1 > t^
p. 746 n. En Syrie, c'est toujours bi et dans el-Qasîm bî,
Arabica III p. 106 en bas. Devant la III^ p. s. et pi., il y a
souvent la contraction hey-. Ma beytî^âni ôktob,^"e ne
peux écrire, 1458, 12 =ma bitâ^nîsi, 463, 7 d'en bas, vhv.
Mais cette construction n'a lieu que lorsque ba implique
vraiment le futur du verbe.
Lorsqu'on veut exprimer vouloir, on se sert de b â , p. e.
^] iCo- ^\^\ -.^\ Li (toute la poésie est basît), je veux dire
de belles choses, 1278, mais même alors la contraction peut
avoir lieu, car dans l'original devant moi, écrit par Dô^'an
, o -
al-Murqusî (voir Index p. 1817), il y a „ iaj, mais mes Datînois
chantaient ba atrah, ce qui est juste à cause du mètre.
On aura observé que ba dans quelques exemples ci-dessus
a été traduit par le présent: ma bàhsin, ma bisioar etc.
C'est que vouloir se rapporte toujours, dans toutes les
langues, au futur plus ou moins rapproché et que, par con-
séquent, il y a des cas où bâ peut être rendu par il veut,
même par il va, comme le futur en français ; cf. le ^\j >
L > _ dialectal. Ainsi, dans la phrase hammâmite 91, 9 et
ss: udi bàyisrob yisrob udi bâyilgi fil-wu^âyât
yllgi fîha, le Datînois disait: u ille di"" yibà"* yisrob
yisrob uille di' bâ' yilqi fum-wâ'i yilqi fîha, qiii
veut boire, boit et qui veut mettre dans des vases, Vy met, le
présent a la valeur d'un futur. C'est ainsi qu'il faut juger
quelques traductions dans mes Arabica III p. 103. Je ne me
suis donc pas rendu „coupable d'une légère erreur", comme
le pense Kampfïmeyer, Die arab. Verbalpart. b (m) p. 10 en bas,
mais ici le présent a la valeur d'un futur, ce que mon hono-
rable confrère relève lui-même ib. p. 11. L'intervalle entre
le futur et le présent est souvent si minime que lorsqu'on
dit ma bâsrob, on n'y peut même impliquer l'idée futu-
34
^1 > b raie, au moment de cette énonciation. Ce fait phsycologique
pourra expliquer la raison pour laquelle le préfixe futural
sudai-abique se rapporte aussi en Syrie ot en Egypte au
temps présent. Mais le Sudarabe sent toujours ce préfixe
comme identique au verbe ^!, vouloir. Le dernier exemple
cité: ille dî' yibâ"" yisrob etc. où t_-.-j et L. alternent avec
le simple préfixe b, le prouvent. Seulement pour lui ma
bâsrob est plutôt je ne veux pas boire en ce moment-ci,
= je ne bois pas ; ma b â' ô s r o b , je ne veux pas boire.
On peut aussi traduire ce préfixe par le verbe auxiliaire aller,
comme en français, car je vais le faire = je le ferai ou je
veux le faire. En anglais, / will, en italien voglio et en alle-
mand ich loill peuvent aussi former un futur périphrastique ;
voir plus loin.
Voici encore quelques phrases où b paraît indiquer le pré-
sent. .^xi^iiSLi i£)u\3-U ^jL^ ^i ^' od>\j Le, je ne me sers si ce
n'est de plomb pur et je ne t'attaque pas avec des écorces, 658
(jeu de mots avec ^J^\^, plomb pur, vhv, et ^ji\^^ fève de
c«/y, vhv). lJL:^"^!" J^ (j:^^ ...'jj (^»XJî ^_ç*^i ^^ f^'^ à brûler
est chaud, et je vais brûler sur les ('pigastres, 369 en bas.
j^^ L^L>J-w^ ^3 (j:<UJ) vi)j, ces discours-là qu'il m'attribue,
444 n. 2 (ragaz); peut aussi être qu'il veut etc. Ana bâsîr
F a h m â n b u 1 1 a " f\h, je vais au W. FaJimân oii je monte,
506 en bas, dans un récit descriptif. L^ ,jr*-^ l5^ sLyljl,
le miroir où tu te mires, Dt v. p. 32 d. 1. *j J>..»jtiL«o ^_cJJ!
i^^jLJ j^ *-r-j^^j ce que j'emploie (les mots), je le fais sortir
de ma langue, Madhigî. ^^bUo ^^\^ ^Uix lX:>|j Jj>o ^, si quel-
qu'un entre chez toi pendant que tu manges, "Oneyzah 309,
6 d'en bas. Arabica III p. 110. Kampffmeyer, qui cite, 0. 1.
35
p. 9, cet exemple trouve qu'on peut aussi le traduire pas: ^t > b
pendant que tu veux manger. Mais celui qui entre ne peut
pas savoir si le mo^'azzib veut on non manger. Mais au
Qasîm bîtâkol est tu veux manger ou tu mangeras, parce
que là l'imparfait est ^_^. ^^oL. j$\j1\ ^^\ ^1^ "i, lorsque je
regarde la mer, j'ai le vertige Dt, cf. Harfouch Drogman p.
169: ma betdûh fil bahr, vous n'avez pas le vertige en
mer'^ Un Datînois me demanda lorsque j'étais malade une
fois: es bëtûhi fi 'ômrak, que sens-tu dans ion corps?
Un 'awlaqite médit: delhîn anabûhitilwieh fi batni,
je sens à présent des coliques dans mon ventre, 506 en bas.
Dans ces deux derniers exemples, entendus et non demandés,
le présent n'est pas douteux. Si dans les autres on peut être
indécis, il y a du moins une hésitation de temps, une cer-
taine phase de transition avant d'arriver au préfixe du Levant.
Le préfixe ba, b figure même après le parfait o»^, (^ju
et l'imparfait Lo. Yibhatôn min hêt yibôn bâyil'gûn
el-bîr, on excave là où Von veut faire le puits, Hdrp. 285, 8
d'en bas = Brockelmann o.l. II p. 513. A^ »jt^ L., je veux
V entendre de toi, 1481, 10. el^^Lu, L c^v^jj/e désire te constater,
Arabica III p. 108. ^ji^Li w^^ij.ye désire partir, Rdr^. b20, 8.
i_^_i c:/-ou . . . o'-^*j■, je suis fatigué: je veux monter (à cheval
ou à chameau), Hdr p. 275 note = p. 746. — En Syrie et en
Palestine, le cas est le même après biddi et râih>rah>
lah; exemples chez Kampffmeyer o.l. p. 25.
Je vais à présent aborder le préfixe b dans les autres
dialectes. Malgré la dissertation substantielle de Kampffmeyer
Die arabische Verbalpartikel b (m) Marburg 1900, oià l'on
trouvera tout le nécessaire, il n'est pourtant pas superflu
d'en dire quelques mots. On le rencontre d'abord dans tout
le Sud, y compris le Yeman et ^Oraân. Pour le dofârî, RD
36
j| > Ij II § 79 et 2 donne des exemples. Dans RO il ne se trouve
pas, et Reinhardt § 388 ne le mentionne point, mais il figure
RO p. 421 IS1° VI: benbott ^alîb, nous poserons sur lui,
et Reinbardt y fait la remarque que ce préfixe, au lieu de ])
(b), est rare et emprunté à d'autres tribus. Pourtant, nous
le trouvons dans RO, dans des cbants de guerre, p. 425
]SI° XXI: Kellên yabâna ') marbabâbo * benlêb-
beso") tôb el-gedêd * wellên ya ""âsi yohse mâlo *
(u) bensêyebô qablen yesêb, qui veut venir chez nous
sera le bien venu : nous l'habillerons d'un vêtement neuf, mais,
en revanche, le rebelle aura son bien anéanti, (et) nous le
ferons grisonner avant qu'il vieillisse. Ib. p. 426 N" XXVII :
beyyén bérab'^en demmaro-^)l-helle*bâkordeha
wel-bêraq bensello ^), vive les contribules qui ont démoli
le quartier * demain matin de bonne heure nous allons em-
porter avec nous le drapeau. Voir aussi Hdr p. 748, 9 et s.
Praetorius Z D M G 34 p. 228 constate également pour Zan-
zibar ce be futural, de même que Moritz, Zanzibar p. XXVII,
mais qui est cependant plus rare que „. Dans les textes de
Rôssler, il est fort commun. En voici des exemples. In nu
bâkur bayakûn es-sùlh, (disant) que demain il y aura
la paix, M S OS I p. 88, 2 d'en bas, ce que Fischer, ib. p. 56
n., a, à tort, corrigé en bayakûn, probablement à cause de
la note de RO p. 421; voir sub ». Banisellha rasban
''alêna, nous Venlèverons malgré 7ious, ib. III p. 6,7 d'en
bas. Bayedurbûh hiyânu, ses maîtres le battraient, ib.
p. 17,7 d'en bas. Mû bayeqûlu, ce qu'ils vont dire, ib.
') Le texte porte y ô ban a, ce qui est intéressant et prouve que
yâba, = yôba, est ici aussi la fornie primaire; le mètre, — ^-| — ^--,
exige yabâna, et la correction de R. LoL Js ne biche pas non plus.
2) henlèbbeso serait plus correct. '
^) lisez ainsi au lieu de demâro, vhv.
♦) Ainsi récité, le mètre est pourtant en désordre, et l'on aura dicté:
wel-bé-ra-qen-selloh = — w- — .
37
p. 26,11 d'en bas = ayeq ùl ùlak '), ils te diront, ib. p. -j| > b
27,4 d'en bas. Bayùhedùhin ^alêk el-rawâzi wuay-
sîbah ') ba'^du habs, ils te prendront l'argent^ et ensuite
tu seras passible de pmow, ib. p. 27, 2. W a yôm nuhraqha
ma a t sa h h ') fi ''asrîn yôm, batistuwi girâha, et
si nous la perçons, elle ne guérira pas en vingt Jours, et il
se formera une plaie, ib. p. 31,9. Ida kân ntî tibàri
tûkili sekkar angîblis") rêr hâda; qâlit: ena ma
bâkil, si tu désires manger dit sucre, je t'en apporterai
autre que celui-ci; elle dit: je n'en mangerai pas, ib. p. 29, 12
et s. Yôm yintehi haddu (se. icj^) bayitbezzeg
wihdu ma yibâ h ad yebezzegu ayitbezzeg-)
w i h d u , lorsque la pustule variolique (ou Jes p. v.) est venue
à terme, elle crève (se perce) d'elle même et n'exige pas qu'on
la crève, car elle crèvera d'elle-même, ib. p. 30, 13 et ss. d'en
bas. A qui h a (=1^ Jy!):ma bayezîd ketîr fi gulùsis
hina, je lui dis: tu ne resteras pas longtemps ici. Mat-
hàf batsahh, n'aie pas peur, tu guériras ib. p. 32, 2
d'en bas. Hâdet-ta^ab killu bayesîr belâs, toute
cette peine s'en ira en pure perte, ib. p. 41 d'en bas. Ba
ntawar tau, nous allons décamper tout de suite, ib. V, ii
p. 6,6 (Brode). Jayakar, RAS 1889 p. 671 dit: „The futur
tense, when not sufflciently expressed by the aorist, is in-
dicated by prefixing the letter i_j or „ to tlie aorist, the
vowel of the pronominal prefix being in that case converted
into fathah or renderédqùiescent; thus •^^^ {he will write),
o^-^i-J-j {we shall see), ^^^p- [he îoill corne), also spelt as
^^:^^J^s>", comme RO p. 246 note: ^J.^^J>, il viendra; cf. ici
1) A est aussi un préfixe futural fort fréquent dans ces textes, de
même que dans ceux de Brode MSOS V; il se trouve également en
soqotrî. Le nombreux exemples prouvent que ce ne peut être ici une
pi'othèse.
^) "Voir note précédente.
^S•
38
j!>Lj p. 51; ib. p. 287,10 d'en bas: in kân hatgîsi, si tu
7ie viens pas. Dans le BBRAS 1902 p. 250, Jayakar niontre
que L. a le sens de vouloir dans le dialecte sahhî, parlé sur
le littoral du Golfe persique.
Dans el-Qasîm, le préfixe fulural est bî, ainsi que je l'ai
exposé Arabica III p. 106''7, probablement parce que l'im-
parfait y est yâbî, il veut.
En Mésopotamie, ce préfixe ne figure pas dans les textes
de Weissbach ') et de Meissner NAGJ, ni dans les proverbes
de Bagdad, publié par Yahuda, OS Festschrift Nôldeke I p.
399 et ss. Mes nombreux textes des dialectes bédouins du
Nord n'en offrent point d'exemples, pas plus que ceux du
Diwan de Socin. A Mekka, il est extrêmement rare et il
n'est usité que dans l'expression bi^addin, on crie eji ce
moment le adân, selon Snouck Mekk. Sprw. p. 3.
En Syrie et en Palestine, ce préfixe désigne aussi bien le
présent que le futur, sans distinction, ce qui n'a jamais été
assez relevé. Dans le Chant de la belle-mère, publié par
Littmann dans le J. As. 1903 n° 9, b est présentai dans
les versets suivants: 6. 7. 8. 10. 25. 31. 51. 52. 122. 124.
138. 190. 195. 196; et futural dans ceux-ci: 19. 43. 80.84.
98. 99. 100. 116. 136. 137. 139. Berggren, Guide fr.-arabe,
Upsal 1844, donne p. 901 et ss. la conjugaison de .La et ,^1^,
au présent et au futur: ^^^^ et ^y*^, et ce préfixe y figure
également dans tous les exemples se rapportant au deux
temps. Hartmann, Sprachfûhrer -) p. 23/4, donne bien le
paradigme de l'aoriste avec le préfixe b, mais les exemples
ne s'y rapportent qu'au présent. On trouve cependant chez
lui des phrases oîi b est aussi futural, p. e.: y a sîdi ma
^) Beitràge zur Kunde des Irak-arabischen, Leipzig 1908. Je regrette
que le savant assyriologue n'ait pas continué cette excellente publication.
2) Entièrement composé en collaboration avec lé savant bérûtin
Ibrahim el-Yâzgî, ce qui rend ce livre très digne de foi.
39
btâkul si, monsieur, ne veux-tu rien manger? p. 149, 1; ^jl > L
belki bya'fcîna swayyit halîb, peut-être nous donne-il
{== donnera-t-il) un peu de lait p. 145, 11 d'en bas. Bauer,
Pal. Arab. p. 107, dit que le présent s'exprime par un h
préfixé et que pour le futur ce b manque souvent. Lôhr,
Dial. de Jérusalem, ne fait pas de distinction entre le présent
avec et sans b, ni Spoer, Manuel of palest. arable p. 27,
non plus. Tien, Manuel of colloq. arable p. 92 a v^j
I Write, et v*-^ •> ^ shall write. Rasîd ""Atîeh, u3->U J^ J«^^'
JwasOJ!} ^^L*i! p. 61, enseigne que ^'j^, V;-^ stc n'indique
que Jlil ^j^j. Harfouch, Le Drogman arabe Beyrouth 1897,
parle de l'aoriste avec le b préfixe pp. 29, 46 et 147, mais
seulement comme préfixe présentai. Fourrière, Etude sur le
langage vulgaire d'Alep, dans MSOS IV ii p. 212, dit: „Ce v_j
n'indique pas seulement le présent; il se met aussi devant
le futur. Ainsi ws^s^L. signifie également ^J'écris" et ^J' écrirai".
II aurait dû écrire v^; avec contraction. — En Pîauràn, b
marque aussi le futur. Dans un récit haurânien, je lis, après
ce que j'ai rapporté 1118 en haut: ^) v^ ^' j.^^! ;.?^ Jis
xJ! tiLo jJLxj^ ^^LLi-uol!, le seyh el-Islâm dit: J'écrirai au Sultan
et je Vinformerai sur tous compte. Mes Proverbes et Dictons
contiennent de nombreux exemples de b présentai, moins
cependant de b futural. Ces textes représentent fidèlement
le parler du petit peuple de Saydà -). Bergstràsser, dans son
„Sprachatlas", parle de l'extension de ce b en Syrie et en
Palestine sans rien préciser sur son emploi. Pour ne pas trop
alourdir cet article, je donnerai seulement quelques exemples
du Drogman de Harfouch, où b est décidément futural:
1) Alias Antîm et-Tayyân, ex-maronite > musulman > protestant >
révérend anglais.
2) Voir la préface de ma L B A sur l'audacieuse assertion de Berg-
stràsser concernant ces textes.
40
j^j|>b Byerga" qauwâm, rentrera-t-il bientôt? p. 161, et ib.
byefauwaq barra, tardera-t-il dehors'^ Su bequlloh
lammabyerga^ qu'est-ce que je lui dirai quand il sera
de retour? p. 162, et ib. : qulloh in ni birga' la'indoh
essaya hamse, dites-lui que je reviendrai chez lui à 5 h.
A'tayt qaul liinsàn inni beltaqa ma^oh es-sâ'a
tintayn, j'ai donné parole à quelqu'un que je me rencon-
trerai avec lui à 2 h. p. 173. Qultulloii inni bilàqîh fi
b a y t e 1 - h a w à g a 1 1 i à s , ^e lui ai dit que j'irai le trouver
à la maison de m. E., p. 173. Ba^'mel gahdi, je ferai tout
mon possible, p. 174. Ba'mel minsânak elli ma ba'-
meloh li rayrak,je ferai pour toi ce que je ne ferai pas
pour d'autres, p. 198. Betraggàk taqûl li aymata
btège-I-bosta, je vous prie de me dire quand vient le
coMrner, p. 187. Lamme biqûmu el-aulâd bitlabbesi-
hom wa bitrallelîhom wa bitmassetîhom, lorsque
les enfants se lèvent, vous les habillerez, vous les débarbouillerez
et vous les peignerez, p. 270. On trouve une foule d'exemples
analogues dans ce Drogm'an.
Kampffmeyer o. 1. p. 22 rapporte grand nombre d'exemples
tirés des textes libanais publiés par Barthélémy dans le JAs.
Sept. — Oct. 1887, oià b est futural. Et il fait à ce propos,
avec raison, cette réflexion: „Dans ces exemples l'imparfait
préfixé d'un b est en relation avec des verbes qui indi-
quent vouloir ou qui sont l'expression d'une volonté". Dans
ces textes, oui, mais ce n'est pas une règle, comme nous
l'avons bien vu. Kampffmeyer ajoute, o.l. p. 25: Que devient-il
donc de la règle établie plus haut pour l'emploi du préfixe
égypto-syrien ?" Il oublie qu'il avait déjà p. 20 relevé l'emploi
futural pour le Syrie.
Ostrup, Contes de Damas, dit seulement que „les formes
d'aoriste en b sont analogues à celles du dialecte égyptien".
Cependant, il y a dans des textes plusieurs exemples d'un
b futural, comme l'a déjà relevé Kampffmeyer, o. 1. p. 25.
41
Les Sprichwôrter de Tallqvist offrent aussi des exemples de ^1 > b
cet emploi, aussi bien pour le futur que pourleprf'sew^, o.l. ib.
Si nous passons à présent en Afrique, nous y trouvons
également ce préfixe. Carbou, L'arabe parlé au Ouaday et à
l'est du Tchad, Paris 1913, dit p. 78: „0n se sert le plus
souvent du préfixe „b j (forme égypto syrienne): bekteb,
f écris, bemreg, ye sors", et il ajoute: „Ce préfixe devrait
être réservé à la première personne du singulier. Mais il
n'est pas rare de l'entendre employer pour toutes les autres
personnes: inté bechrob, tu bois; huma bedjû, ils
viennent etc." Cela est confirmé par les exemples que je
donne ici de l'ouvrage de Carbou. 1° b prése?ital. Fez-
zemân es-slatîn men Wadday'-) bechîlû "âv^rin
Krêda, les Sultans du Waddày enlevaient attire fois des
femmes Kreda,' p. 136 en bas. Inté bedhak chenho,
pourquoi ris-tu? p. 172, 10, et ib. 1. 14: inté bebkî mala»
pourquoi pleures-tu? Bekaferu, ils sont infidèles, p. 220,8
d'en bas et p. 221,5. Hom ma besellu, ils ne prient
point, 223, 4 d'en bas. Ces exemples sont de la prose. Dans
les poésies, nous trouvons les suivants. Châter beturd
el khôl = JyJi oyoj ^y^^), vaillant guerrier qui met les
cavaliers en fuite ^) p. 149 N° 2 v. 3; ib. v. 5: beremm
el-resib let tèr = ^yj ..:,^;y*oLjî ^^ *), il tue les hommes
gras pour les doimer aux vautours ^). Dans la poésie d'amour
1) L'auteur, administrateur-adjoint des colonies, n'est pas grand
arabisant, mais il a fait de son mieux, et je serais heureux si tous les
français administrateurs des colonies suivaient son exeniple Les faqih
de là-bas doivent ressembler à ceux de l'Arabie méridionale, qui, en
fait de lurab, sont d'une grande ignorance.
2) Obs les deux d.
3) La graphie arabe doit provenir de l'auteur.
*) Autant que possible je garde la traduction de l'auteur, mais elle
n'est pas toujours la bonne.
5) ^x.w.Ê -< ^_^xAv^s, voir sub i et ^^. Sur j*I^, vhv.
42
çjf > b p. 151, il y a: ana el-bàiel.i ràged bahlein , = Li!
jLs^j lAï! ^-*-ii '), hier soir j'étais couché et je rêvais. Wa-
dâiyé "^âzé -) betektela am ""asul, ouadaïenne orgueil-
leuse^ elle marche en balançant les bras. Ana ""oredi ma
bechifa fûg el khalîga el djât = ou^ L* (jr^--^ ^'
oLP- vJLUii o>2 '), je suis rétive et ne jette pas un regard sur
la créature agenouillée, p. 152,15 d'en bas''). Belûb léyé
es sôt ma bedrubah^= wyi^j U Jjy^] ^ l_j^ , on ne peut
le cravacher, 152,8 d'en bas. Je crois qu'il faut traduire: si
la cravache me cingle (v. sub l_j^), je ne le frappe pas,
mais ce n'est pas bon non plus, c'est peut-être à l'adresse
de son admirateur, le chef haraadi. Ib. 1. 5 et 6 d'en bas:
Abu râï am bedugga degget el bukhsa, abu ràï
am bedugga men serir haba, = c^oo'*) oA>-<î g:i. _^t
U^"^) ^*«A3 ^J^ x.su\j j.! i^\. _^i; 'i>^:^\ , mon mari agitait les
pensées pendant que tic agitais la calebasse pour faire du
beurre; mon mari est plein de discernement depuis qu'il était
tout petit garçon; traduction fort libre -'). Filîwé ma birkeb
') Ainsi écrit par uu faqîh arabe !
2) Sur 8:(c, voir ib. p. 173. La graphie arabe du faqîh porte ;«.
Les trois derniers mots ne me sont pas clairs; le faqih écrit aussi
3) C'est dans la réponse de la femme convoitée par le chef des
Hamîda. Elle parle de son mari absent. "^Oredi doit »';tre ^j;.*i3Jç, mon
mari] elle parle de lui tout le temps et plus loin elle dit: 'oredi
be'^ûd etc v. plus bas. La traduction de l'auteur est mauvaise. Ce doit
être: mon mari, je ne le vois pas etc. Mais voyez plus bas sub le b
futural; bechifa == *.2ïyi:o ^ «i^^^j , comme ailleurs dans ces textes.
*) Toujours la graphie arabe de faqih!
6) Qu'est-ce que cet am qui revient souvent avant le b présentai ?
L'égypto-syrien ^ ?
43
k a m m à h a a m d é 1 é z m e k 1 ù f a * k é c h t à n ma b i 1 b e s j! > b
.kammu aledj besù fah = %Jl>Co Jo j.! L?Ui wO'rJ L« j^;
w^A^ »^JL£-)_^ u^'-'JW ^ ') o'^'^ ' ^^ (^^^ ^oredi) ne monte
(^
pas de femelle tant qu'elle n'a pas cinq ou six ans; il ne
s'habille pas cVun pagne sale, mais de velours avec tout son
poil, p. 154.
2° h futur al. Grîb harba bedji = ^<-^ i>oy> vh/j oji va
se battre bientôt, p. 240, 13. Dans les textes poétiques, nous
trouvons les exemples suivants. Kumbôyé tà'li hinô
bechùfi nedjemet es sebà h = ^^iv^ Lj->' i-'jtj" iLjvM^'
_L*-A^-! iU>i?, K. viens ici voir l'rtoile de l'aurore, p. 147, 10
d'en bas. Garadi menàm bîtha berîred maa'ha a m-
o ^ o - -
tùl = J^a/iî Ujlc Asy L;uj pLLo (jzj^^s -^j, je t;e?i.T; dormir dans
sa case et j'y coucherai bien serre contre elle *), p. 151,4
d'en bas. Oredi beoMa ed dâr u allah la= ^yu ^c^f-
■^ àil!^ J^'i, quand tu seras fort, tu reviendras dans le pays,
si non, non, p. 152 v. 2, mais il faut traduire: mon mari re-
tournera-t-il, ou non, au pays!''') Berdja maa'' el ruiyàb
dukhera el djurâb * berdja ma a' el ruiyâb udjah
el bekurfa en nab, t* ^^^j * ^'^ \^j> v'l^j' «-x ^c^y
Lj'uJî lîyCJi »c>*^ ljLIjuî, il est avec les gens éloignes et garde
') Toujours la graphie arabe du faqih ! ^f^i <; SVJi, dim. du ^^.
-) *.J = si ce n'est, excejitc, avec les suflixes pronominaux.
') Jîe savant faqih aurait dû (''crire ^-c, inoii désir: i ^ o,
comme en datînois; v. p. 41 n. 5; p. 42 n. 5, et ici 1. 2 d'en l)as.
*) ^\»fiJ^\ n'est nullement cela, mais il correspond au datînois J-Ji!
Jj3, 638 en bas.
*) Cl. Carbou p. 20 et la note de Basset sur -^l'Ij pour ^l», ^ willa^
walla, vhv.
iS'
44
jt > b le sac de mil; il est avec les gens l'ioignés du côt<^ que flairent
o , o
les animaux^ 152, 3, 4 d'en bas. Il faut peut-être lire: 5.^-j-
^LlSî ') wyCj Jl \:>5 v'r^'^ ^'^ Gt traduire : il reviendra
avec les absents et ... . au côte etc. Chahr el bedjî (el
mâdjî,-)) nekéfi el heùdemé, le mois prochai7i, je paierai
■ l'impôt, p. 119. Da ma bebga,^yiA-j L* b, cela n'aura pas
lieîo, p. 228 o. 1.
Nous voyons donc que dans ce dialecte, ou plutôt ces
dialectes, car les poésies me paraissent provenir d'un autre
dialecte que celui du Waddày, le préfixe b se met le plus
souvent directement devant le thème verbal, avec chute des
préformantes dé l'imparfait, ï^-LahI! ^*,j>. Il est aussi bien
présentai, comme au Yéman occidental, Arabica III p. 109, que
futural. C'est là la seule chose qui m'intéresse ici pour le
moment. Si l'on veut accentuer le futur, on se sert ici d'une
périphrase avec le verbe .b, u, vouloir, vhv, synonyme de
c>\j, i, Carbou p. 29 et p. 168 en bas.
Dans Rabah et les Arabes du Chari par le Dr. Decorse
et Gaudefroy-Demombynes, Paris E. Guilmoto éditeur, nous
trouvons également ce même emploi du préfixe. Prése^ital:
p. e. p. 28, 16: bedôra, et D. dit p. 34 que „be est la
particule du dialecte égyptien ; p. 29, 1 1 ; sub maiiger p. 49 :
présent, nbakul, bakul, et futural: p. 29,14,15.
Dans le Soudan égyptien, il se rencontre, ainsi que dans
le Choa et Bournou, avec le sens de présent, si j'en peux
bien juger d'après ce qu'a réuni Kampffmeyer dans son
mémoire sur ce préfixe p. 29 et ss. et dans sa brochure
Materialien zum Studium der arab. Bedimiendialekte ïnner-
afrikas. Un bon exemple du bâ futural se trouve chez Bel
la Djâzya p. 68 s. 43, 2 dont j'ai déjà parlé à la p. 31.
Pour le dialecte de Houwàra, nous possédons l'ouvrage de
') Sur ^-^> u, voir shv. 2) Voir sub J^î et ^L>.
45
Socin-Stumme. On y trouve les phrases suivantes. Bwid- j| > Lj
di'ha wuld sseltân, le fils du Sultan vetit l'épouser^
p. 22, 25. Bundzôuwus-slûgiya, '»^jL^ -^y^^, je veux
épouser une levrière, p. 24, 3. Iboisri, il veut acheter p. 34,22^
Gâllëha: rah boigi lihûdi ibwiddî Uiàtêm, il hii
dit : Le juif viendra, il veut enlever la bague = ^j;^^ »'^ ^ ô^
^■Liii) j_co^ ^^j ^^y!^l\, p. 56, 6. Gullîha a y butt'-)
ënzouv7ilzhe, dit-lui que je veux V épouser, p. 40, 1, rendu
en lettres arabes par : LPj^^s^aj u>^>^ ^J^^ LfS d^- R a k b w i t-
lâgs,, tu trouveras, i). 70,19 = ^'±^. Kê bwiddîr 'amàh,
comjïietit t'arrangeras-tu avec lui? p. 70, 14, 22, 28 =y.A:o ^juS
ww. Rak bwitlâga ''a m luzîr boigullek, tu te trou-
veras avec le wezîr, il te dira, 70, 11 (traduction de S-S.
inexacte). Bwitky twûmmen ''alîya, ie veux que tu
m'accordes un sursis, p. 72, 1 = dat. ^àJ^\-^ ^ê^ . B w 1 1 k u m
tsellulîya-1-hâtm, je désire que vous me fassiez retirer
la bague (de la mer), p. 72, 19. R a - m m ii n a b a 1 1 ë m û t , c'est
que notre mère va mourir, p. 26, 23, 30 =: dat. o^^'L. LU! ^^
5 0^ „
OU Q^^. On voit ici que le b<aba, vouloir, mais S.-S. écri-
vent faussement dans la graphie arabe ^k^l
1) (^of est un lXco, explicable par la dilTérence de direction que
porter, envoyer doit impliquer dans l'intention du parleur.
2) Butt est ici sans doute =: le dat. beyt, le dofârî bat; v. ici p. 49;
mais comment expliquer batnihtub, j'écris, avec le pluriel battiii-
hnahnihtub du dialecte de Ma'^lûlâ, Brockelmann o. 1. I p. 5G7, 7?
Le bit futurul du néosyriaque, Wright Comp. Gr. p. 55, est par RD
II p. 190 cité pour appuyer son opinion de ^çi^ > IjÎ, mais cela me
paraît improbable. Ce bit est sans doute le même que le dofârî bat
< bayt. Il niest pas hors de propos de relever ici que le hadr.
connaît un futur pc'riphrastique avec o.J, vhv, Arabia III p. 108, Hdr.
Gl. sv. : bukra b.inbitt bilnsûf, demain nous allons voir. Mais ce
n'est pas l;i le préfixe en question.
46
)( > La A propos du préfixe égyptien b, les grammairiens modernes
européens, comme Spitta, Yollers, Nallino, enseignent que
l'action qui se déroule pendant qu'on parle, en temps présent,
mais qui n'est pas encore terminée ou qui se répète souvent,
se traduit par le présent (Nallino L'arabo parlato § 70 l'ap-
pelle assez bien présent-futur) préfixé de b (be) ou bi. On
prétend que ce b ne se rapporte jamais au futur. Cela n'est
pas absolument exact, ainsi que je l'ai déjà fait entrevoir
dans Arabica III p. 110. Si l'égyptien dit: in kallîmtëni
bàçlrabak, si tu m'' attaques, je te frapperai^ et ainsi dans
toutes les propositions conditionnelles, le sens futural ne peut,
strictement parlant, être écarté. Minlâqi ^ala ta-rîqna
dâyman nâs niqdir ninzil 'indhon, trouverons-nous
sur notre route toujours des gens chez lesquels nous pourrons
descendre ? Hartmann Sprachfûhrer p. 1 26, où le correspondant
égyptien est binlâgi etc. Pour moi, le futur est ici clair,
ou disons avec Nallino ,.présent-futur". C'est la transition
entre les deux temps. Dans la Haute-Egypte, que j'ai par-
courue sept fois, j'ai souvent observé le b futural, mais, ne
voulant jamais me servir de ce préfixe, ni en Syrie, ni en
Egypte, je n'ai rien noté. J'avoue qu'au Caire ce préfixe se
rapporte principalement au temps présent. Le plus ancien
exemple se trouve dans e s - S û 1 w a s - S a m û 1 p. 36, 5. 6,
éd. Seybold, ms du 14^ siècle ad D.; ensuite on le rencontre
chez es-Suyûtî (-f911 ad H.) dans son JJJJ\ jJLc ^ Jj:aj^\
p. 1 en bas (Caire, Brockelmann LG II p. 153 en bas) et
puis chez Y. es-Sarbînî, qui vivait dans la seconde moitié du
onzième siècle ad H., dans son Hazz el-Quhûf, Bûlâq 1274
sur lequel voyez Yollers Z D M G 41 p. 370 et ss. Voir
Nôldeke Beitrâge I p. 64. ,
J'aurais facilement pu augmenter le tableau précédent de
l'extension de ce préfixe, si j'avais eu ici, dans mon Tusculum
de Nice, toute ma bibliothèque, mais je crois que ce que j'ai
47
déjà exposé suffit. La guerre a partout mis des bâtons dans -jI > L
les roues.
On a vu que Noldeke n'admet pas un verbe aba, yâba,>
yabâ", vouloir. Il veut que le préfixe bâ, b provienne „de
aba qui a pu donner régulièrement ba", Beitrâge I p. 66,
et jusque là il a raison. Partant de l'idée de l'impossibilité
de comprendre le b a futural et le b présentai dans la même
étymologie, il statue que le verbe ^^!, vouloir^ et toute sa
conjugaison doivent être des „multilations" appartenant à
^ki. Au b du présent il donne, de même que Rhodokanakis,
pour étymologie la préposition b, dont je parlerai plus loin.
Si le préfixe futural bâ est une „mutilation" de ^^, il
faut 1° mettre de côté le parfait abâ, abeyt qui ne peut
provenir de barâ, à moins d'y voir un barâ avec prothèse:
abrâ, ce qui est rarissime dans le Sud, 155, 17, mais ex-
trêmement commun dans le dialecte des ^Anazeh; 2P pré-
supposer une forme de transition ba^â > ba^i que je n'ai
jamais constatée depuis tant d'années que je fréquente les
Arabes du Sud, dans leur pays et chez moi en Europe. J'ai
bien entendu baqeyt, comme chez Hein SAE IX p. 4.26,
baqayt, et que DA Mûller corrige inutilement en barayt,
ne connaissant pas le passage ^>o- Jamais je n'ai entendu
ba'eyt ni baqeyt. Noldeke, ol. p. 68, trouve lui-même
„que la chute d'un tel ^ serait inouie". Les analogies dans
les autres langues sémitiques qu'il cite ne 'servent pas ici, et
le sudarabique yisti<(^xio, vhv, est encore tout vivant ce
qui n'est pas le cas de baqeyt >* ba'eyt; 3" admettre
que cette „ mutilation" a eu lieu en Datînah et les pays
limitrophes, où le passage de g^ à c est commun et où l'affai-
blissement de ^ n'est pas^rare. Le mehri, avec son absence
de ^, ne compte pas ici. Mais cet afi'aiblissement du c n'a
lieu, d'après mon expérience, que dans les thèmes primas c,
comme ^\ < i_J^ < ^^è, vhv; idi:>l ou id=> < 'iSjs^^,
48
^j|>b génisse, 711; ^j < ^Jr, vhv; ^\ < ojIc, Arabica V p.
217 n; ^Jd, donner^ < ^\ (qui a dû exister puisque le
participe est mâti, voir ici sub .xi-t, J^l et ^\) < ^^, RO
§ 385; oL.L.A_E > oL-X-r-^c > oL^], 1829; autres exem-
ples 1109 note. Si quelquefois il s'affaiblit comme sec. rad.,
il peut devenir £, p. e. h^, fossette jugulaire du cou, ou
Sjii > »j*i > ji^ et finalement b.'j, 368; en sahhi iCxsu" >
Xjii', ib. ; (O.CO > 3.b, 285; cf. le classique (^tw= Î^Ac, courir,
Qâm. < ^^3tw, TA X p. 168, 7 d'en bas, Kazimirski sv. On
pourrait à la rigueur chercher dans l'Arabie Méridionale
l'origine de ce préfixe bâ<du présent abâ, et je crois que
cette hypothèse ne serait pas à rejeter, étant donnée l'immi-
gration des tribus méridionales dans tous les pays du monde
arabe.
4° Il est étrange que, en admettant bâ<barâ, ce bâ
n'ait nulle part dans le Sud conservé le sens du parfait,
contrairement à ^ki. Il peut bien se traduire par le parfait
devant un imparfait, dans une proposition subordonnée, p. e.
j(^. L) 3 (^b> =) j^ q'^' , il avait faim et voulait manger,
ce qui peut aussi signifier il avait faim et (à présent) il
veut manger, mais cela tient à une particularité de la syntaxe
sémitique. Pris isolement, il n'a pas la valeur d'un parfait,
et J(^. L est = J(^. Lu . Sur L après les conjonctions condi-
tionnelles !J!, _j.i, j^l^^^l ou ^^ seul, ^> "^S, voir ici à la p.
31; cela est aussi une particularité de la syntaxe arabe. Il fau-
faudrait, dans ce cas, de b â < b a r â , qu'on ait formé après coup
le parfait o^' > u^^*j et l'imparfait yâba et yabâ^ yâbi
et yabî^ Il faudrait alors aussi donner à c>.aj! une autre
étymologie qu'à Lj, ce qui est inacceptable. Un imparfait de
^yu > lytJ ne peut-être que yabra/i > yab'a/i > yab'a>
49
o
yab-a, mais cette dernière forme postulée est contraire à ^jt>Lj
yâba/i, encore courant dans le Nord de l'Afrique. Parler
avec RO § 388 et Stumme MGT p. 239 d'un verbe be(ba)
= bara, est une fiction, du moins dans les dialectes du Sud.
Le parfait tripolitain bâ, pi. bû, de 3!, chez Stumme
MGT p. 239 me paraît postulé et demandé. Il ne se ren-
contre nulle part dans les textes de ce savant. Dans les textes
du dialecte de Houwâra, je n'ai trouvé que le parfait butt,
contrairement à Kampffmeyer 0. 1. p. 7, 3 d'en bas, mais non
les autres personnes du parfait, et Kampffmeyer paraît con-
sidérer ba, bo, bi comme un parfait, ce qui est, d'après
moi, une erreur; voir ici p. 95 et note 2.
Rhodokanakis est entièrement de l'avis de Nôldeke, RD
II p. 190, tandis que Socin, Diw. III § 139 et § 156, et
Brockelmann, 0. 1. II p. 186 et p. 513, ont adopté ma manière
de voir. Vollers, dans sa critique de RO, ZDMG 49 p.
508, dit: „L'emploi simultané des expressions be et bara,
désirer^ chercher, d'un sens parallèle, est frappant. Reinhardt,
ainsi que d'autres savants, semble admettre une parenté
étymologique des deux; je crois qu'il faut nous contenter de
comparer be à l'hébreu TCi^ et à sL, envie sexuelle, et ^^
à j.v,i2 et à l'assyrien ni?3"; voir ici sub^yb. Le ]:^^ du néo
syriaque, qui forme aussi un futur périphrastique est, au
contraire, le verbe ,^, prononcé à l'araméenne, Nôldeke
0. 1. p. 68. Personne ne nie que ^^xj puisse indiquer le futur,
car le hadram. J^ ^.jLo n'est pas différent du datînois-hadram.
Jil) L-j (dat. J(^) = JiLj Li, il désire, il veut manger.
Ce qui corrobore l'étymologie de ba < aba, c'est le pré-
fixe verbal correspondant du dialecte yémanite méridional et
d'Aden sa < fUi > Li, vouloir, à l'imparfait Lxo, Arabica
III p. 109. Ôanhablak ismah, je te donnerai son nom,
Çiibêhî. Ôingîyil an a uîyâh, nous allons partir moi et toi
4
50
jI>Lj (= ensemble), Sûbêhî; voir sub Jvç>. Hèbli mày san^ûm,
donne-moi de l'eau, je veux boire, Sùbêhî. Sânâkol, no7is
allons manger, Arabica III p. 109. Le verbe Li est très
courant au Yéman, ib. Ma sfih, que veux-tu? A sa'' min
d ê , je veux de celui ci. N i s à e t k a r r a S je veux déjeuner.
Ces deux exemples sont tirés de Glaser Peterm. Mitt. 1886
Heft I p. 8. Dans le Hogarîcb, le préfixe futural est sa. Le
Hogarite qui a passé deux hivers chez moi à Nice s'en
servait très souvent. Stace, sub ivill, donne -«r^yw, he will go,
ce qui est exact, mais, par contre, je n'ai jamais constaté
^y«jti o^, ive will act, at cela doit être une construction
littéraire de son professeur et collaborateur ^Abd el-Qâdir
el-Makkâwî. La gît la bâladna satkûn bikulle râha
""andena fid-dâr, si tu viens {^= viendras) dans notre
pays, tu seras en parfait repos chez nous à la maison,
Hogarîeh. Cela fait penser à Qor. 65, 6 : ^yo*i, et au pré-
fixe futural classique ^ < ^^^, Delectus p. 13. 3. La forme
intermédiaire est _^ que donne L A XIV p. 361, 6 d'en
bas = TA VIII p. 225: ^^'^ ^, tu verras.
Le maltais a aussi se, sa futural, que Stumrae MSS p. 91
n. 1 dit provenir de jLw >sêr>ser, saret finalement
la mutilation précitée, comme le dialectal commun du Yéman
et du Nord g.j!^, p. e. {^y^ ^)^ ui-î, que vas-tu faire!'
What are you going to do?
Le ^Omânais a également h, RO § 427. Tarse tânye
ma ha'^ûd ile de, une autre fois, je le ne répéterai pas.
-, et s alternent, p. e. RO p. 331 et Dt 818, 4, 6. Praetorius
ZDMG 34 p. 228 et Reinhardt § 427 lui donnent à tort,
ce me semble, un sens purement futural, car dans ces exem-
ples, Dt 818, et ceux de Reinhardt, ce n'est point le cas.
Dans les textes de Rôssler, M SOS I et III, a est fort rare,
51
et je n'y ai pas trouvé -, une seule fois. Ihâge min hên j|
t ô h a t i 1 q â h a , 0?/ trouveras-tu à présent cela!' ib. I p. 60, 8.
Les textes de Brode MSOS Vu n'offrent ni _ ni «, mais,
en revanche, à foison le préfixe futural a, de même que ceux
de Rôssler, ou bien la périphrase avec ot^, i. D'après moi,
ce -. = 8 est aussi bien présentai que futural. Nous avons
vu que Jayakar dit: „^^va:> he will come^ also spelt ^y$u^",
V. 37 en bas. Dans l'exemple RO p. 276n.l: sràb hatôrwe,
trinke so wirst du durstgestillt, = ât isràb ta tirwa, bois
jusqu'à ce que tu sois désaltéré, ce h correspond au préfixe
égyptien h a qui indique une action qu'on va faire au moment
qu'on parle. Hayuq^ud, il veut s'asseoir, Spitta p. 353 en
bas. H a - y i m s i k , er loill gerade fassen, Vollers Lehrbuch
p. 30. An a ha anâm, (adesso) io mi metterô a dormire,
Nallino L'arabo parlato p. 67, où l'étymologie de Spitta, o.
et 1.1. de râh n'est pas mentionnée, et cela avec raison, car
ce ha n'est pas une mutilation de râih (Vollers dit seulement
synonyme de râh), mais la première syllabe de hat-tâ ')
dont la seconde remplit les mêmes fonctions en datînois, en
hadramî et en syrien, Nôldeke Beitrâge ï p. 64 et n. 3.
^jj:s> est du reste également employé, aussi bien dans la
lurah que dans les dialectes. Mas^'oûdi III p. 211, 7 : ooy Uià
ijcjul 5Ui2*j lj/X«! 'i^i:^^ li^^i (_y^ v^û iëU, ct lorsqu'elle
voulut le quitter, elle lui dit : laisse-moi t' adresser la salutation
que nos rois s'adressent entre eux! Gâlliha hta-ntsôur,
il lui dit: que je réfléchisse d'abord, Houwâra p. 58, n. 13.
Cela est courant dans tous les pays. Ce j^=> > t a n'est pas,
à proprement parler, un préfixe futural, mais plutôt un pré-
fixe optatif. Il faut envisager le mehri ta te au même point
') Praetorius y voit une abréviation de h;il ZDMG 34 p. 228.
Arabica III p. 112, je croyais encore que ce h est une mutilation de gJj-
(5
52
J > L de vue, Bittner St. mehri IV § 5 et § 45; ib. sh II § 44 <
J::>, et dont l'emploi est le même que dans notre dialecte:
b^Lw ^Axaiî Jc=>, mi matm, nous partîmes, dt = ^^\ UJ =
mehri te sôbeh, avec la remarque très juste de Bittner
St. mehri IV pp. 33 et 34.
Cependant, ce préfixe ha est vraiment futural en Tihâmah,
à el-Mohâ', à Zebîd, à el-Hodeydah et en général dansle Yéman
occidental et au pays de Yàfi", au nord d'Aden. J^i3 Lp, nous
alloyis manger. Ana hât^aggab, je vais voir ou je veux
voir = dt ana bâtbassar. ^c^, il viejidra, bédouin d'el-
Mohâ^ comme le ^J;^^1 he will corne, de Jayakar, voir pp. 37
et 51; RO p. 246 n. 1 : min kill bidd heigi, en tout cas
il viendra.
Il faut peut-être séparer les préfixes h et h ""omâno-yéma-
nites en admettant que le second est pour s, permutation
assez fréquente dans le Sud, surtout dans des mots communs
à l'arabe et au mehri. Mais je ne le crois pas, étant donné
que dans le Sud les deux gutturales se confondent constam-
ment, de façon qu'il est souvent impossible de les distinguer
l'une de l'autre.
Nous avons donc vu dans ce qui précède que le préfixe b
est futural dans tout le Sud et dans le dialecte marocain de
Houwâra, mais que déjà dans le Yéman occidental, oîi il y
a les préfixes futuraux h, sa et sa, il est devenu présentai;
qu'il est dans l'Afrique équatoriale futural et présentai, de
même qu'en Syrie; que dans le dialecte du Caire il est pré-
sentai, mais avec une tendance vers le futur.
Or, Nôldeke et Rhodokanakis soutiennent qu'il est impos-
sible d'assigner au b présentai et futural la même origine.
Noldeke voit dans le b présentai la préposition bi, Beitrâge I
p. 64, et il compare l'imparfait J.*àAj, mais J est ici con-
53
jonction = ^^ qui est aussi préposition et conjonction, comme ^1 > b
le ta (te) mehrite, du moins dans les dialectes, qui comptent
autant que la lurah. Kampflfmeyer fait remonter ce b au
préfixe „sabéen" dont j'ai parlé Arabica III p. 111. Nôldeke,
0. 1. p. 65, et D H Mûller rejettent cette provenance, et je
crois avec raison. Le dit b n'est pas sabéen, mais minéo-
katabânite. Meyer-Lambert élucidera dans le tome III de
CIS l'emploi de ce phonème. Hommel SAChrest. pp. 55;
53; §79; 67 et note; id. A A p. 32; DHMuUer EDA p. 46,
Mordtmann Beitr. z. Minâisch. Epigr. p. 49.
Je me vois obligé d'en revenir sur ce préfixe. Nôldeke dit
0. 1. p. 64 à propos du préfixe b dans les dialectes arabes :
„0n est assurément à présent d'accord ') que le préfixe qui
indique le présent doit être séparé de celui qui se rapporte
au futur, quand même, quant au son, ils se confondent quel-
quefois presque tout à fait, ou tout à fait et quand même
la précision du sens laisse à désirer. Je ne puis y voir, avec
Spitta, Glaser et d'autres, que tout simplement la préposition
bi". Et Kampffmeyer o. 1. p. 27 opine que ^l'emploi du verbe
^î et celui du préfixe lj s'est enchevêtré l'un dans l'autre",
car pour lui le b présentai n'a pas la même origine que le
b futural, Materialien p. 144; Encyclop. de l'Islam I p. 405 n.
Le syrien b, présentai et futural, serait donc le produit d'une
fusion des deux b différents. Cela me paraît impossible -).
Nôldeke paraît ne pas être très persuadé de sa théorie
puisqu'il dit o. 1. p. 67 : „0r, on peut objecter que les formes
mutilées pourraient difficilement venir d'un verbe qui est
encore non mutilé en usage. Mais lorsque nous voyons que
la langue erhploie ces formes l'une à côté de l'autre et qui,
sans aucun doute, sont intimement liées entre elles, tantôt
en thème verbal complet, tantôt réduites à des phonèmes
') On a vu que cet, accord n'existe pas.
2) L'étymologie de Vollers de |«lc, ZDMG 41 p. 393 est à ('carter.
54 *
_il > Li très courts, il ne saurait nous étonner que, à côté de cela,
des formes tout à fait complètes se soient conservées". Je
traduis littéralement pour montrer que la rédaction de cette
argumentation, du reste fort juste, mais en contradiction avec
ce qu'il a dit auparavant, n'est pas à l'abri de la logique.
„0n n'aurait jamais osé", v. p. 17, 18 (Noldeke), considérer bâ
comme une „mutilation" de ^^, si les indigènes ne l'avaient
toujours expliqué par le verbe synonyme de ^_^. On s'y est
laissé prendre. Jayakar BBRAS 1902 p. 250 prétend égale-
ment que L. < ^yb, avec élision du ^!
Tant que je n'ai d'autre base que l'hypothèse de Nôldeke-
Kampffmeyer-Rhodokanakis, je ne puis voir dans le préfixe
verbal b qu'un phonème provenant du sudarabique aba,
vouloir, > bâ > b, même là où il ne se rapporte qu'au présent.
Ce préfixe, sorti de l'Arabie Méridionale, comme tant
d'autres mots, s'est acheminé vers le Nord, en laissant de
côté les dialectes hédoiiins au Nord de J^ «.j., à l'exception
des Hadar d'el-Qasîm, a perdu sa valeur intrinsèque en route,
jusqu'à être employé en Syrie 'promiscue pour les deux temps,
et dont seulement le présent est resté en Egypte et le
futur au Maroc. On l'a peut-être confondu en Egypte avec
la préposition, ce qui cependant ne me paraît pas probable.
Si le parfait III p. s. abâ a jamais été employé dans les
parlers du Sud, il a dû, de bonne heure, se confondre avec
le préfixe futural. Etant donné qu'on parle bien plus souvent
à la le personne du singulier, c'est à dire, de soi-même et
de ce qu'on veut, je crois que c'est la première personne de
l'imparfait aba > ba qui est le point de départ du préfixe.
Celui-ci aura ensuite été préfixé à toutes les autres personnes.
Ce n'est donc pas le parfait bâ qui a servi de prototype,
comme je l'ai dit Hdr p. 746/7 par un lapsus calami, car
pour exprimer la volonté l'aoriste est naturellement bien plus
employé que le parfait.
II p.
III p.
55
Pour résumer ce qui précède, on peut donc établir le
schéma suivant:
(a n a) *â b a > (a n a) à b a > (a n a) b iV, avec change-
ment de l'accent, Sud, >b a, bâ, bi, préfixe futural
I p. j et présentai.
(a n a) â b i > 'à b i > a b î ', Nord , > b î , préfixe futural
dans el-Qasîm.
*tâba > tabà^ Sud.
tàbi > tabi", Nord.
*yàba > yabà^ Sud.
yàbi > yabi', Nord, > yibbi, Tripol.
Pour appuyer b < ba < aba, vouloir, ou pourra égale-
ment citer ^ avec les suffixes, dont l'étymologie bien
connue est encore inconnue à Bergstràsser, puisque, dans
son „Sprachatlas" p. 36, il dit, à propos de Ju: „Au lieu de
b, un nombre de Bédouins, même ceux qui sont devenus
sédentaires (comme ceux d'el-Kerak), ont w". Il croit donc
que b est devenu w! Voir p. 11 en bas.
Une autre analogie est l'emploi du verbe -^=» pour former
une espèce de futur périphrastique. w^. v^=>5 oj-ï-^' JL^ (•-^L.,
B. leva le bâton voulant le battre, Bàsim p. 18, 13; tjjci-
^^'^*^. \y^^ |?-'*^> 'ils se levèrent et voulaient partir ou pour
partir, ib. p. 22, 16. Dans l'Afrique septentrionale, v*^ 6st
partout vouloir, désirer, comme le français armer. Nëhâbb ')
tlâta ksâwi, ich loilnsche drei Gewânder, Stumme TMG
vol. I p. 10, 3 et passim. Ben Sedira p. 881 : je veux neha b b
ou nebri. L'emploi de Ç^ coïncide en Algérie bien plus
encore avec celui du sudarabique ^^t > L. „puisqu'on y dit u^i?.
^) Stumme écrit nhilb, parce que nous autres proaouçous l'u ici
en, mais non les Arabes; les deux bb sont nécessaires.
56
^1 > b o^. OU ;?J! û.=>, il va mourir, o^ c>v-^, ^e we sens
mourir, Beaussier sv., Marçais KMTA p. 424, absolument
comme le datînois oy> c>v^, v. p. 16, et l'on abservera le même
sens du parfait dans les deux dialectes, comme le mehri
homk. E. Doutté TAO p. 68 n. 5 dit: ,;habb en tunisien
indique le futur, comme / ivill en anglais."
En mehri hâm, vouloir, voir j.'l:> sv., sert aussi pour former
le futur périphrastique, ce qui a déjà été relevé par Jahn
SAE m p. 269 sub bâ, où il y a des renvois à son ouvrage;
id. Grammatik p. 86 ; Bittner St. mehri II p. 87 n. 1 ; V m
p. 6. Ce verbe perd même sa préformante à la 1 p. s. de
l'imparfait: hôm < ahôm, Jahn Gr. p. 86; Bittner o. 1. V
p. 6 n° 2 et p. 30 n° 42, absolument comme, le plus souvent,
l'arabe b a < a b a , ^e veux. Ici l'identification de ^3! et hâm
est parfaite et se rencontre un peu partout dans les textes
de la SAE.
On peut encore établir d'autres analogies. Pour exprimer
le futur, le shaurî se sert du phonème invariable dhar
qu'il met devant le subjonctif du verbe, selon l'ouvrage si
méritoire de Bittner, St. «h II p. 91, ou avec 1-; p. e. dhar
t e z h cl m , tu vie^idras, = dt ^^:s\_j'. Lj ; d h a r 1 - e h f 6 r, j/e
creuserai, = àt Jc^.. D H Mùller écrivait d'abord dhar, ce
qu'il a plus tard corrigé en dhr. Se basant sur cette graphie,
Bittner St. sh II p. 20 propose une étymologie qui me
paraît douteuse. Je crois que la première idée de D H Mùller
d'y voir la V~f'^ est plus acceptable. On sait que V~^^
n'est qu'une variation phonétique de l/^^^o, 987; 1281;
voir sub ^«j» et ^^j. Or, le verbe ^b, u, sert également dans
le dialecte du Waddây pour exprimer le futur, comme je
l'ai exposé sub ^30; cf. ^^ abeilles, vhv, et liXl, apis, et
les exemples 987. Le phonème shaurî dahar, me paraît
donc plutôt se supporter à ce ^b, u, qu'à un composé du
57
relatif d -j- la l^ hry, qui en shauri signifle, demander, vouloir^ -j| > Lj
d'après Bittner o. et 1. 1. Vu la confusion de - et » dans la
prononciation, D H Miiller croyait plus tard avoir entendu
dhar; une chose semblable m'est arrivée plus d'une fois.
Bittner, o. et 1. 1., fait également observer que, à côté de
dhar, on se sert d'une construction futurale avec 'âgeb, =
u^, vhv, aimer, vouloir, p. e. : "^agk (<^agbk) 1-ezhâm,
je veux venir, = ^t ^^\ lj>^^lj, = sh. dhar I-ezhâm. Il
compare à juste titre l'anglais I loill corne, le néogrec
bx < bsxa et le persan j^y^w!^, vouloir, sur lequel voir
Chodzko Gr. pers. p. 263 et Saleman-Shukowski Pers. Gramm.
§ 61, où il y a la différence entre les deux constructions
lX-o!^ py=>, je dormirai, =.dt j.ljL. lit, et p^y ^U^swo, je veux
partir, = dt ^L^L. bl .
Nous trouvons le même futur périphrastique en grec où
ridée de l'avenir est quelquefois exprimée par une locution
composée d'un temps du verbe [/.Uxcc,je dois, avec l'infinitif
présent ou futur du verbe auquel s'applique l'idée d'avenir.
P. e. 'o (^éA?.sig vùv TrpxTTsiv, ce que tu es sur le point de
faire, ou tu vas faire, = dt (j^J-o (^v^* Lo' (j^'; A^fAAo; ùy.âç
^t'^x^siv , je vais vous enseigner, = dt jJXs^ L lit .
Le futur périphastique peut dans quelques langues néo-
latines s'exprimer par velle et venire, ainsi qu'on peut le voir
chez Kr. Nyrop, Gram. hist. de la langue française II § 6.
En Suisse, on dit il veut pleuvoir et en ital. vuol piovere, il
va pleuvoir = Ja^:^ L, Dt et Hdr. D'après H. Môller, Semit.
und Indogerm. I § 100, „la racine viq et sémit. p-w veut
dire venir, arriver, avec sens futural, fu-turus, et bhavi
sert en sanscrit à former le futur, correspondant au sémitique
b-w-a (bw") se rapportant au futur: ^L, revenir {^ ^^),
N3 (iS"i3), entrer, assyr. bâ'u, venir'. Pour exemples, voir
iS
58
jt > b id. ZDMG 70 p. 150. Cf. plus haut sur velle et venire; en
français, il va pleuvoir. Malgré cela, l'étymologie de Glaser
bâ, b < iU , reyemr, = t^ , , Diw. Hodeyl. Kosegarten p. 13
V. 11 et le comment ad hoc p. 16, Nôldeke Fûnf Mo'all. II
p. 89, Hdr p. 745, n'est pas acceptable et elle a déjà été
rejetée par Nôldeke, Beitrâge I p. 67.
Avant de finir ce long article, il ne sera pas hors de
propos d'appeler l'attention sur une construction qui s'appli-
que à tous les verba cordis, vouloir^ désirer, et par conséquent
aussi à lj, ^i;! et ^_yb, 461. Lorsque ces verbes sont suivis
d'une proposition asyndétique et dont le sujet est autre que
celui de la proposition principale, les dialectes laissent ce
dernier sujet devenir l'objet du verbe de la proposition prin-
cipale. Bâkum tin d uni medfa^, je veux que vous me
donniez un canon, 11,16. Es tabùna neqûl, que voulez-vous
que nous disio7is? 12, 17; 461, où d'autres exemples. La
beytehàlak zuwâg, si lu la veux eii mariage, 26, 2 =
beyteha titzauwag biha. Kam tabâni sûwîlak fi
hurtak, combien (de ventouses) veux-tu que je te fasse
dans la nuque? 46,23; 461. Tebûna lindi, voulez-vous
que nous donnions? 521,9. -où" é\j, je veux que tu passes,
522, 7. ^L\jJ \^j^. ^ ^j^. Le a^LjJ 85^ .iJjCJi vj.=> vj^'j ^^
Miir des Idolâtres qu'ils ont fait, d cause des Prophètes, ne
voulant que les Idolâtres passent de leur côté (du côté de
ceux qui ont érigé le mur), 1141, 7 (où a^^' a été oublié).
Anabàk tisëtrîli këtab, je veux que tu m'achètes un
livre. Arabica III p. 103. jw:u ^b-^^T j. ^^^SjSÏ Jkc L. \j>, je ne
veux pas que la fille erre dans les vallées, Arabica III p. 98
V. 9. v.j!j5JUo LiLxJ" ^$, si tu veux que nous allions ensemble,
Hdr p. 93,8 d'en bas. Hadah badâ'ah bâ'ha tibtàâ^,
voici de la marchandise, je veux qu'elle soit vendue, Hdr p.
332,15 d'en bas. Av kân tebûni aranni, mais si vous
59
voîdez que je chante, RD I p. 130, 15; ib. p. 12, 11 : nebi' _j! > b
(ou nibri) Sa^ayyid yithan ^andak, nous voulons que
S. moule chez lui. Li--^2JLj ii)s-x>«-J, nous voulo7is que tu nous
admettes en qualité de voisins, 550, 4 (''Oneyzah).
s^<^ i^U^Lm- Ljî, j'espère que tu viendras, Hdr p. 15, 16 et
o
n. 1, où se trouvent d'autres exemples avec ^^j^ et ^c^'.
^^J^i2i! qJu*j ^yixio Lo, (les Sâlih) ne voulaient pas que les Qannân
labourent leurs (propres) terres, 477,5. Àlhàmtak tistë-
rili masnaf, je t'ai rappelé de m'acheter un pagtie, 516, 4.
J30o iOLoL: Lwo <.i>o!j , et toi, tu ne veux pas qu'il entre,
Hdr p. 81, 2. ti)^iL=> o^ blJu ^bU ^^ éCsjjtl jJL^ W, je suis
envoyé chez toi de la part d'un tel qui désire que je voie
comment tu te portes, Hdr p. 369, 7, où LiLij = Lit ^_^, hadra-
mitisme pour j,Uj, cité par Nôldeke Beitrâge I p. 67, où
il est traduit par désirait que je voie, ce qui est juste seu-
lement comme phrase isolée. Sîdi brâna éûfak tsalli,
mon maître désire que je te voie prier, = si tu pries, Z A 26
p. 234,5 d'en bas. Barêtak tehessinni,ye veux que tu
me rases la tête, Hdr p. 495, 5. \:s\>jo J-^ju .yJI u>^j kJuJ,
si tu veux que le taureau laboure, donne-lui à manger le
matin, 461, 4 d'en bas. Jahn n'a pas compris cette construction
puisqu'il traduit, SAE HI p. 4,7, hâdâ Tabd maHûg
ubaràyteh yizûwig bitti par cet esclave est affranchi,
et je désire le marier avec ma fille, au lieu de je désire qu'il
épouse ma fille; le mehri correspondant a la même tournure :
uhâmeh lëhâres bàhbrîti, ma MJM p. 6. Exemples
dans Jahn Gramra. p. 141. Bràtëni asîri ') mhê, elle
voulait que j'aille avec elle, RD I p. 119, 11 d'en bas = n § 79
b, où d'autres exemples analogues. Baraytak tezùwig
') Faute pour asir, ou bien ua mehrisme.
60
^j|'> b ""alay, je veux que tu m'épouses^ SAE IV p. 128, 12. Abrâk
tiglis ''andij^'e veux que tu restes chez moi, ib. p. 129,4,
et ib. p. 129, 23: barâhum yitwazzaru bil-maqâlim,
il veut qu'ils s'entourent d'un i z â r ou pagne. E b r â k u m
tùgyo. Je veux que vous veniez, RO p. 242, 13 d'en bas.
In baraytîna ahrug, si tu (fém.) veux que je sorte (où
lj< bt,= J« haclraniitisme), SAE IX (Hein) p. 31, 13, = mehri
an tahûmi lahirêg (cf. plus bas), où l'i final de tahûmi
correspond au na hadramite, = dt la tabîni ahrog.
Baraytu nihna (hadraraitisme) nasîr, voulez-vous que
nous nous en allions? ib. p. 14 § 21, = mehri thaym teri
neghûm. Baraynâk tahkum baynahum, nous dési-
rons que tu sois juge entre eux, SAE IV p. 158, 28, = soqot.
"egében-tok tâhkom ""éhin. Autres exemples ib. p.
157, 28 et p. 159, 32.
On a déjà pu constater par les exemples précédents que
cette construction se trouve également en mehri avec le
verbe hôm, vouloir, vhv, qui, au présent, peut aussi perdre
sa préformante de la I^ personne: hôm et se mettre tel
quel devant toutes les personnes, absolument comme l'arabe
L < Lt. Bittner, Studien mehri III p. 47 et note 2, l'a déjà relevée
sans faire observer l'identité avec l'arabe, tout en la comparant
avec le même processus en anglais et en latin. RD II § 79,
qui parle au long de ^_^ij et de L, ne l'a pas non plus mise
en relief, quoiqu'elle se rencontre souvent dans ses textes.
Voici quelques phrases de l'ouvrage de Bittner mhr III p. 47.
Hamk thâres, .;e veux que tu te maries, = dit beytak
titzûwig (car y^y:, vhv, a un sens diflférent en datinois).
Tliams tâqâ hàbriték, tu veux qu'elle devienne ta fille,
= dt iiU>o tiLj' L^îLo", oîi ,rJLj", vhv, = .XA2J" ou l^v^-^"» vhv.
Ha m s tahbêz, je veux que tu (fém.) fasses dupain, = At
beytis tihbizi. Tahàmi 1-ahrêg, tu veux que je sorte,
= dt tabâni ohrog; l'exemple analogue plus haut, où
61
tahûmi lahirêg. En sh. même construction avec le verbe ^t > b
^ageb, amer, voîdoir, ^= ^t u-^^; p. e. 'âgen bis teklét
(e)len, nous voulons qu'elle nous raconte, Bittner St. sh. III
p. 30 § 28 voir ici p. 57 en haut.
Bittner englobe aussi le verbe mehri t a r o h , laisser, dans
cette construction, mais le cas n'est pas le même. Il en
donne ces exemples tarahim-i 1-ilqât wa-l-egôma,
laissez-moi ramasser et cueillir, = ^i "arrûni ilqot wigraa".
Du reste, la lurah connaît aussi ^-*>[5 ^asà\ jS^\. La phrase
suivante, ib. ne peut non plus servir d'exemple: tarâhem
bayôr 1-etîqem, ils laissèrent les chameaux boire, = dt
""arru el-abâ'ir, ou labâMr ou em-bâ'ir, vhv, yis-
rabèyn.
La construction dont je viens de parler est également fort
employée dans la lurah. Reckendorf l'a supérieurement traitée
dans son excellent ouvrage Die syntaktischen VerhdU?iisse
des Arabischen, p. 396 et § 169. Cf. ici sub ,^î^ et o^^.
Glaser avait publié un pamphlet contre moi et mon article
dans Hdr p. 745 et ss. Je n'ai jamais jugé à propos de réfuter
les innombrables erreurs du savant autrichien à l'esprit ma-
lade et venimeux ').
J'espère, par ce long article, avoir persuadé Nôldeke et
ses partisans que 1° le verbe ^\, vouloir, existe véritable-
ment, à côté de ^_^i, d'une autre étymologie, et que 2° le
préfixe bâ, ba, bi, b vient du sudarabique bâ, étant lui-
même une abréviation de la I^ personne sing. de l'imparfait.
Je prie mes confrères de m'excuser d'avoir donné à ce
thème ^î l'extension d'un véritable mémoire, mais ayant
pour adversaire le plus grand sémitisant qui ait jamais existé,
j'ai été obligé de défendre mon opinion avec toutes les bat-
teries d'une défensive à outrance, et j'espère que mon véné-
') Sur ses connaissances en arabe, voir 534 n. 1 et 1302 n.
62
rable ami et adversaire acceptera sa défaite sans avoir besoio
de braquer encore sur moi de nouveaux engins de guerre
pour détruire l'édifice que je crois avoir fondé sur un terrain
solide (le 20 Juillet 1918).
Avec les pronoms personnels suffixes. tiUJji, 494/5. L^^lj1, 492.
5b^lj1, 493. Cf. (j:j', 489 et ss. Cette particule pourrait bien
avoir la même origine que celle dont traite J. Barth dans
sa belle étude: nt^.. \in und seine Entwicklung, dans ses
Sprachwissenschaftliche Untersuchungen II p. 27 et ss. Voir
ici sub
L?:;
.5^'
Ji, i, venir, courant dans le Yéman; impérat. ît, Glaser
Peterm. Mitteil. 1886 p. 7. — v ^î est donné 493 et n. 1
comme étymologie douteuse de l'égyptien ^^\.
f^
yl, 1099 n. - ^-î, pi. p\, 495 = ^i.
yb, après, 112,4 > ^ et ^', 785; 1500. _jSb, après, est
bon arabe classique, Brockelmann o. 1. p. 499 et p. 665.
«jij (j^, suis ses erres, 1516,4,5. — sy] ,J^, ensuite, IbOl ;
cf. lXju < slXju, vhv; Brockelmann o. 1. II p. 663. — Ji»,,
witër, et voilà, 366,2.
y], résidu, marc, 736, 14; 1108; 1109 et note; cf. yiè, vhv.
^c/], 493, 494, 495. Meissner NAGT p. 112.
oUî avec les pronoms personnels, 493, 4 d'en bas ; 494.
l/"~oii! 598, 6. - £jù\ > ètfieh, etfîh et tefîh, 597, 598;
pi. ^^s'jî > ^^'j, 20, 10; 597 en bas, = J^ijj ou ^^^^, vhv.
63
Brockelmann o. 1. I § 57 fait venir ce mot de l'assyrien
sêpu, pied.
*,vii
(vil, bouche, 600, 11, < f^, vhv. On observera que môme avec
la prothèse on conserve la voyelle u du prototype ^ K ^,
voir sub ^, f^^, *L> et ^. J'ai l'impression que ^\ est
de formation ancienne. Elle se rencontre le plus souvent chez
les Bédouins du Nord, jamais dans notre dialecte, rarement
ailleurs dans le Sud. Fi ètemuk, dans ta bouche, SAE
p. 115,2. ^î doit Otre plus ancien que ^ <i ^, car autre-
ment la prothèse serait impossible. Il est formé comme ^^1
de qj, j«-v-t de j*-w ou ^.^ (dialecte) ^yi] de ^^ etc.
7^'
j>l, pied; pi. oLjy>j, 427 n. Dans L. v. Amasia p. 100,4
d'en bas, le texte porte e^jj>^ ainsi voyelle, probablement
par G. Jahn, malgré sa note: „au lieu de jCd=>j." Il faut
lire (Js/>1- Nôldeke Beitrâge II p. 115 et n. 1 considère
oljjr-l comme une formation analogique à oLlXj > oLj^-^,
mais il vaut mieux dire sous l'influeçce de oLjAj, car l'ana-
logie n'est pas parfaite, ainsi que je le relève 427 n. J'ai
toujours douté de ^^ > y>], et il faut plutôt penser à
l'éthiopien ^VC , mais où est le point de contact ? Cf. Brockel-
mann Précis de linguistique sémitique p. 102; id. VGSS
II p. 57 n. 1 ; Ruzicka K D p. 53.
Nôldeke dit dans la même note p. 115 que q';^*^', que
je cite 427 n. comme le duel du pluriel, ne peut être juste
et que deux Ânsâr ne pourra donner que ,^Lj^Laj!. Il n'a
64
pas observé que je rapporte 1429 le passage de Gâhiz Tria
Opusciila p. 8,15: ^y^* ^^^^ ^^\ ja^'^\^. La différence
est que q K^' est = les deux tribus ansârites, tandis que les
deux hommes ansârites serait ^L^Uajî. Voir Mufassal I p. 75
et I IVîs I p. 602 ; Gr. de S. de Sacy I n° 887 = Schwarz-
lose Waffen p. 214 et n. 1.
J.:>) ,^, afin que, 47,4: min a gel, > mingal, ib. n. 2;
604, 16. — "^ J>>t ^^ > mingàlla, 20,2; 585, parce que
si, = lo! Jc>! ^y^, 585. — j4''^>làgal, afin que, 809, 2 d'en
bas ('Oneyzab). Làgel, préposition, à cause de: ulègel
elli hegêlâb dûa bis-sâg = vJj'lwJIj i^^c> ULç^i^ j^^ J^"^?
880,11 011 traduction. On trouve la même contraction Diw.
Hodeyl. Wellhausen N° 266 v. 32 : *^Z. ^-^J ^î ^ ^) Vs
•^W ■^l, c'est une affliction, à cause de toi, qui 7ie pourra être
dissipée que etc. et ib. N° 263 v. 6: ^1 ^_^i^iiX*o (éU=>! ^^
(tawîl). Cf. ib. N° 259 y. 1: lJ>|^ j4-Tj^ (tawîl) -). Il y a
dans ce diwan beaucoup de ces licences paétiques; voir ici
sub •^\. Le N° 266 d'Abû Saljr n'offre pas moins de sept
de ces contractions, si communes dans les poésies populaires.
Un datînois me dit: hâtli mesâharàti minganni
listi^) irga^ la Datînah, donne moi mes gages {mon
mois, la mia mesata), parce que Je désire retourner en Da-
iînah, oi^i minganni est pour ^\ ^\ ^j^. On a vu que
dans les exemples précédents ^\, selon la prononciation
') Prop. sen'ement de coeur, voir sub <^S.
2) ib. V. 7 il faut lire (jî^of Ji | ^-^- |
') Le 1 est ici affirmatif, vhv.
65
littéraire, devient Jc>L On ne saurait dire que jc>! > agal
ou a gel parce que l'I est pour nous syllabique; c'est plutôt
par anaptyxe. Le 'Omânais a 1 i é g 1 , R 0 § 1 69, = 1 i é g e 1 , ib.
p. 123, 7 d'en bas. Jc>î n'est qu'une variation de jô>!, terme,
fin, et J^^^ offre la même sémantique que le français afin
de ou que < cà fin de, que.
Dans le diw. Hodeyl. Wellhausen N° 192 v. 3, il y a:
l5
:/! ^^k ^\ * ^^^iji o/i lus' J^\
ce que W. traduit par : . . . loeil ich, so oft der Name Quraym
eriodhnt loird etc. Il n'a pas su traduire le premier mot, et
alors ^^loeil ich" n'a pas de correspondant dans le texte.
Cependant, ce ,^weil ich" n'est pas tout à fait inexact. Barth,
dans sa critique ZD M G 39 p. 161 dit que 4éjà les commenta-
teurs ne savaient plus expliquer „cette formule d'assurance".
Nous la trouvons également dans une Tradition, Zamahsarî
el-Fâ^iq I p. 107 en haut, Nihâyah I p. 18, oîi tiLI>t est
expliqué comme provenant de A-i) y^\ ^^y-A ou ^^i J^:>^.
Mais je crois que c'est plutôt la prononciation contractée du
parler courant: agal innak>aginnak et qui prouve
qu'on disait alors déjà i n n pour a n n , comme de nos jours.
Cf. aussi LA XIII p. 11, 13 et ss. ^^>o.î peut donc avoir la
même origine que m i n g a 1 , m i n g a n n i etc., sans q^, et l'on
pourrait le traduire par une formule d'assurance que je ne
saurais exactement préciser. Je propose, faute de mieux, de
le rendre le verset par c'est à raison de cela que, toutes les fois
que les Q. sont mentionnés, je passe la miit comme si j'étais
cautérisé avec du charbon incandescent.
Nous avons donc ici une des innombrables preuves de
l'existence de la langue parlée vulgaire au temps du Prophète.
Mais cela ne prouve nullement que „rarabe classique" n'ait
5
66
pas été parlé tel que nous le connaissons par les livres.
Ne pas admettre cela, serait supposer que les anciens poètes
et les grammairiens auraient constitué une vaste association
littéraire ayant adopté un système savant et artificiel de
grammaire. Je crois que personne ne se prêtera à cette
hypothèse.
Il faudrait sans doute placer ici J^^Lo, pidts, qui est un
^xzA de Jo-t = ^JN, Ges.-Buhl sv.; voir ici sub J^.
• j«.>î, pi. |,b>t, tertre^ tumulus, Dt; voir sub q-^^. Lorsqu'un
homme a été tué sans avoir été vengé par le talion, on ne
dresse pas les deux pierres tombales sur sa tombe. Ces
pierres sont appelées ^-^jLa^J (pr. nasêb), sing. &.»->y^, ou
_ o _
ti^jjyctj , pi. ^L»^ (pr. n a s ê r) , ou 'lU^.jj , et au Yéman lA^-ci^ .
On ne les dresse que lorsqu'une personne de la tribu du
tueur a été tuée. On procède alors en grande cérémonie, en
égorgeant des moutons sur la tombe et en tirant force salves
de fusil, oLyiou" , Alors on dit : j^*^ y ^^ ^ ^è^ (.la , ta
victoire sur un tel, fils d'un tel, est debout = est accomplie.
C'est le tertre sous lequel repose le tué qui a le nom de
j*-=>! (pr. agàm) en Dt. et ^-^^-i en Beyhân, en Harîb et
ailleurs. Un y.Lai ^Li ^! est une honte pour la famille et
toute la tribu du tué, et la vendetta est de rigueur.
iLJL>], bassin, baquet^ 759; 1131, > iLJL.^J] 759, comme
^L>]>^L^I, toit sans parapet, Yéman, et iLjLs^u], Qàm.,T.
Sîdah V p. 127,6; I. el-Faqîh p. 99,7. C'est un mot sémi-
tique commun d'une haute antiquité. Les Egyptiens l'ont
emprunté: a-kà-na, que W. Max Mûller, Asien und Europa
p. 151 et note 1, traduit par Amphore. D'après mes faibles
lumières, on devrait le lire i - k à - n a , et cet i a été conservé
67
en arabe où iiJL^l est la forme la plus .^^yy^, d'après LA
XVI p. 145. Peut-être akunu, un vase en pierre, dans les
Lettres d'Amarna, II p. 1336 et p. 1549, est-il au fond le même
mot, d'origine sémitique. L'arabe i^L:>l l'end bien l'akk.
agannu, 759, et peut servir à prouver que la plus ancienne
prononciation de _ était :ig. Zimmern Akk. F. W. p. 33.
Belot donne à tort à ïljL^I le sens iVurne, amphore pour
l'arabe, mais l'édition anglaise de Hava ajoute en outre
washi7igtub, probablement parce que LA sv. l'identifie à
^j-x, qui est défini LA sv. par: v^^' ^ J-*j^" J^^ 'iLl=>i\
\^_^*) = Nihâyah sv. = Zamahsari Muqaddimat el-Adab éd.
Wetzstein p. 28, 7 d'en bas, oiî ^rJi ^alJI i^-^y^j) = class.
u,Aj,i2^wo; hucket aurait été préférable. D'après LA XVII p.
45 en bas, ^-^^ est: ^ai x*^ 5' ^UIÎ o3^, ^c>\ ^^ ^^ \>-ii. La
iub>) serait donc de la forme d'un ^y ou d'un ^^ , baquet,
cuvette, d'origine sumérienne, 623 n.; 750; 1318; 1319, Hdr.
Gl. sv. p. 711, traduit par Wetzstein, Moqadd. Zam. p. 2, par
catinus; lagena. ^f doit avoir été d'une certaine grandeur,
sans cela on ne comprend pas bien la Tradition, d'après
laquelle 'Hamnah iOtoLsro*^xi J.^ w\>a^ L^^^^ o^y» j- lt^^ ^^ -,
LA sv., Nihâyah sv., était assise dans un mirkan. Voilà
pourquoi Kazimirski le rend par lavoir, auge en pierre dans
laquelle on lave le linge, tandis que iLjb»! est chez lui baquet.
C'est le persan J-J^ > seau, baquet, Lane sv., Dozy sv. et
Fleischer Kl. Schr. II p. 488, et le syrien u^L:s:\jJ! vJL*_b,
aussi appelé ^y^, baquet pour laver les habits. 'il1=>\ paraît
avoir été un mot assez courant dans l'antiquité arabe,
puisque il a donné le dénominatif ijo ^1 ^j^'i ^LaaJ! ^^î,
68
avec le ^^.a-« < ^^.^s^J-xi , LA sv., Qâm. sv. et LA VI p.
415,6 d'en bas: *._sl>5 s.y^ s-xiJsj v>^' j^- C'est donc le
foulon (et non le dégraisseiir, comme on traduit ^Lkjs dans
nos dictionnaires européens) qui trempe la peau dans une
iLjL>]. De même le vieil-égypt. fait de a-kà-na le dénomi-
natif Mkn, porter de l'eau, W. Max Mûller o. 1. p. 151 note.
Quant à c^'yyoç^ ày/slov^ vase ou vaisseau, l'étymologie est
obscure, Boisacq o. 1. sv.
c\=>l > A=>, pron. indéfini, un, quelqu'un, 13,13; 131 n. 6;
715 d. 1.; 747, 2; 1204,8 d'en bas; 1211, 10; v. sub^^l^ ^L -
J^>-U-« (- -), persomie, 170,8; 653,11; 718,4; 1213,9.
JL=>. l\:> Le ^, s'il n'y a pas d'homme ou un homme, 21, 1. —
L>i>>LX:>, 13,14; hadd yihlis el-gihâz u hadd ma
y i h 1 i s a h , qui ôte le fourreau et qui ne l'ôte pas, que Recken-
dorf cite comme un ex. de parouomasie, Paron. p. 31; 131
n. 6; 485 et passim. Hadan s'entend quelquefois en Pa-
lestine, en Haurân et en Egypte. C'est bien pour L\:>i>!A=>
y-hada?!; Bauer Pal. Arab. p. 77 n° 5: ma hadan, per-
sonne; ib. p. 93 n° 26: ma hadan sâfo, personne ne l'a
vu; obs. ici le nominatif. Tallquist Sprichw. N° 32 donne
hàdi et hadin, ^:>'^, quelqu'un; RO p. 20,14 d'en bas:
wâhsârit hsumti fi hâdin ma yiswe, quel dommage
que ma vénération poiir quelqu'un qui ne vaut rien; on
observera ici o^=> J..
Torczyner o. 1. appuie par ce mot hadan sa théorie de
la désinence accusative adverbiale et il le cite à tout bout
de champ, pp. 7 n. 3; 116; 128; 130; 131; 143; 154; 158:
179; 181; 201; 207. Il donne même p. 130 kull hadan
= soq. kal tâden et p. 116 wa la hadan comme exem.-
69
pies de la persistance de cette nounation dans les dialectes.
Je ne connais ni kull hadan ni wa la hadan, au lieu
de^had, hadd et hada, hadda. A la page 179, il prétend
que „rarabe vulgaire hadan à l'accusatif s'est cristallisé en
numéral pour uji". Cela est absolument erroné: un tel nu-
méral n'existe pas.
Jo comme particule interrogative sert, d'après Brockel-
mann VGSS II p. 703, à renforcer la négation, mais ce
h ad n'est autre chose que le had plus haut, quelqu'un^ on.
Les deux phrases que rapporte Brockelmann: ma had ho
hine, est-ce que quelqu'un est ici? et had ho fid-dâr,
est-ce que quelqu'un est à la maison ? ne doivent pas se
traduire par „er ist nicht hier" et „ist er zu Hause?" Wa
qâl leha: ''âd had ahsan minnas, y a-til encore quel-
qu'un plus jolie que toi?, D H Mûller S AE IV p. 80 N° 53,
où la traduction est erronée. Ib. p. 140, 36: Qâl lahùm:
mâ'^kum had hûkum? avezvous mi frère avec vous? Qq
lX> est le même que le mehri had > had ou hâd, sur lequel
voyez Bittner St. Mehri III § 62 et § 70. — ^oL> et ^uoL>,
635 et ss.; v. sub Îl\>, u.
Js-i>!, passer =^ prendre, 37, 3, 12; 88, 15. À.=>t > SJ>, 31, 9;
84,2; 127,8; 146,17; 498; 722; 1219. > ^À>, 699. Conju-
gaison de ce verbe, 1206 et s. — Voir À:^', vhv.
À=>U, participe, 363 n. (oià il faut lire d. 1. ^\ et J^^l); 699;
1211 et s.; aussi en 'Oman RO § 315 et en Mésopotamie,
Weissbach Irak-arab. p. 21, 4 et chez les Bédouins de Syrie :
mâhedîtu, Musil o. 1. p. 180, 7 d'en bas; mâhdîtu ib. 2
d'en bas; forme commune chez les 'Anazeh, ZDMG 22 p.
145, oià aussi t\_i>i3, comme J^îj de Ji!, vhv. Marçais Gr.
tlem. p. 65. Voir J^î, y>! et ^t.
70
Le sabéen a le verbe ijcJ^ que Glaser et 0. Weber, Stu-
dien z. sûdarab. Altertumskunde II p. 24 et ss., traduisent
par prendre. On jDourrait alors peut-être comparer l\3.L^,
devenu verbe avec ^, à cause du h, comme le 'omânais
had^Ài.!, RO § 315 mais c'est là une simple hypothèse
que je ne veux nullement défendre; cf. ici ij^.
L>^:^:u.^i', 1689 n. 1, qui doit bien représenter uV>LljI avec
imâleh.
r£»f
r
^t, s'eti aller, s'écarter, se détacher de, 64,3; 65,7; 1112;
1320. Imparf. yihhar, 450 n. V. Brockelraann VGSS I
p. 55. Le parfait en est aussi dans le Yéman y%, p. e.
ob^l ^y, y>5, quitter la route, et l'imparfait ^ji>^>^L!>y^.,
comme l'imparfait yassil ou yissil<Joô^, ZA 26.2 et
ici shv., le sabéen m or rat pour mowarrat, fosse; conta-
mination avec ^, vhv.; cf. aussi mimmil<Jw«y) dansleSud
— j>y^\ ^j4Si, colonne de la tente, 582.
^^y^ j=>!, établir un pacte de fraternité entre, 311 n. 2; aussi
sabéen, Hommel A A p. 170.
^_cji>t, conclure la hûwah, 312 ïi. = ^^\J> 313.
J, frère, = y>\> jf=>. »y>, Ijûh, son frère, 73, 9; = hôh,
1491, 10 d'en bas; ^y>, hô'ï, mon frère, 1377,8; hùhom,
leur frère, 11,11; 431. J b s'entend quelquefois; cette pro-
nonciation est vieille, Nôldeke Zur Grammatik p. 15 n. 2
et p. 113. — Locution avec >3»i et ^:>-~>! expliquée 1162.
JoJs^_^!, ^^i-î, 431 n. 3; ^ y>\, Amâlî p. 28; jUt _y=>\
71
K. el-Addâd p. 43; UijJ! j.i>t, camarade, RD Gl. sv; s^_^!,
Lebîd XL v. 28 = d^'t y>t ib. XXXIX v. 26.
En Egypte, on entend à tout bout de champ yàhi, yihi,
Bâsim p. 83, 13 (Proverbes), ô mon frère; cela est tout bon-
nement une exclamation tout égyptienne qu'on peut traduire
par quoi donc! n'importe! ou quelque chose d'analogue. Dans
les confréries antiques, les initiés se donnaient le titre de
frère, comme encore dans les confréries musulmanes. „Dans
les cultes syriens et dans celui de Mithra, les initiés se
considéraient comme membres de la même famille, et l'ex-
pression „très cher frère" qu'emploient nos prédicateurs était
déjà courante chez les partisans de Jupiter Dolichenus {patres
carissimos)", Cumont, Les religions orientales, trad. allemande
p. 299. Le grec (ppérccp est membre d'une cppxrplcc, confrérie,
et chez Homère Opiîrp>] est tribu, Boisacq Langue grecque
p. 1036; cf. s^jAAjtJt _^t . En Suède, on se donne mutelle-
ment le nom de „hedersbroder", honorable frère, en se par-
lant ou en s'écrivant, lorsqu'on se connaît bien et qu'on
se tutoie.
En Syrie, yalji est donné à Vami, même à un étranger
pour le saluer, voir sub fjj:=>.
»^Li>, contribution qu'on paie pour être protégé; la Ijâwah
est même prélevée par exaction ou rapacité sous le couvert
d'une protection vexatoire. Cette redevance de „fraternité"
peut souvent devenir fort onéreuse pour l'individu comme
pour la tribu. b_5Li>, 322, n. 1, est pour sjL>], infinitif de
^y>t, devenu substantif, Qàm. et Lane sv. Burton, Pilgri-
mage, Se éd. p. 373, écrit akhawat, brotherhood, = iias.,
ib. p. 374, et le père Jaussen, Coutumes des Arabes, incor-
rectement hawa, 3^, p. 162 et passim '), tandis que
Musil, meilleur arabisant que ces deux, écrit correctement
') Il écrit aussi incorectement Qosra, ^^-a2Ï, au lieu desyciï, vhv.
72 '
hâwa, 0.1. pp. 23,10 et 17 d'en bas; 67,4; 114,11; 117,
14, 17 et passim. Il ne faut pas confondre ce mot avec le
suivant.
■{^, fraternité, 312 fin et n. 1. Wetzstein ZDMG XXII
p. 171 a confondu ce mot avec le précédent, et cela se
répète ainsi dans tous les livres, 312 n. 1. (jvo1 |^1^ ^^!,
LoaJ! ^jp> ^3L:s^:^, si deux sont unis par une fraternité de
ce motide, RO § 376. „L'arabe de Mossoul" de Jaussen, o.
et 1. 1., les a aussi confondus et il donna à Jaussen une
étymologie bizarre de notre &>=>. Il faut toujours contrôler
les savants arabes, surtout s'ils sont de Mossoul ou de
Bagdad. '6y=> est pour 3y>t, comme ï^j!, s^, ts^J, Fasîh Ta'^lab
p. 18, '^-^y^^, ^y^'j I Sîdah XII p. 171 en bas, a^o! co7i-
traverse, énigme, et «jy?-;' poème en rajaz. D'après certains
lexicographes, c'est un infinitif, mais devenu alors, dans
ce cas, de bonne heure, substantif dans l'usage. L A XVIII
p. 23,4 d'en bas: -;."b5! iojjï s^=>^î. Le Prophète s'est déjà
servi de cette forme '■iy>, LA 1.1., Nihâyah sv. sy=>, mais
I el-Atîr fait observer que ce n'est pas là la place de ce mot
qu'il enregistre ici à cause de la prononciation. Cela prouve
que cette forme, avec la chuté de la voyelle initiale faisant
syllabe simple, voir ici p. 1, était courante dans l'ancien
temps. El-Hafâgî, Sifâ p. 88, dit même que ce n'est pas une
^^y^i bien entendu, parce que le Prophète a ainsi parlé. Or,
»^ peut s'employer de nos jours pour bjLi-, mais non vice
versa, du moins d'après ce que j'ai pu constater. Burckhardt
Voyage en Arabie, trad. fr. III 139=Beduinen und Wahaby
trad. allem. p. 156, appelle aussi le tribut que les 'Anazeh
exigeaient des villages de la Syrie s^, qu'il rend bien par
fraternité.
73
ajl^, alliance de fraternité, 142 d. 5; 1603, aussi prononcé
muhàwâh, 313, et muhàuwah, 142, 12 = Brockelraann
0.1. I p. 59,21; RD I p. 83,2: emhàwit, Verbrûdermig.
u><3-l, soeur, 431. y^-îj ^ c>*3-î L, 431 n. 3; locution ex-
pliquée, 1162. Les Bédouins du Nord appellent le compagnon
de route L5y>, pi. hwùya < iùyi>î, et partout en Arabie
c'est UijJaJt >f=>\.
J.OÎ, brun, 1112; cf. I Sa^ad I, i p. 5 d'en bas. — ^S)*,^, pi.
hommes, 1240 n.; cf. Prov. et Dict. p. 339 sv. ; Praetorius
Beitr. z. Assyriol. I p. 47. — De *l>T ^[!] on a fait, dans
Je dialecte du Waddây, nàdem, homme, Carbou pp. 108, 13;
112, 10; Rabah p. 47. Sur d'autres dérivés de *o! ^j, voir
A. Fischer ZDMG 71 p. 216 note; Marçais T A T p. 473.
Bittner St. rahr V, m p. 42. Zimmern Akk. F W p. 47
compare l'akk. mâr amêli, fils de l'homme, >héhY. biln-
"âdâm. On voit donc que cette locution est de la plus haute
antiquité. Sur l'étymologie de Adam, on lira Brockelmann
VGSS I p. 168, mais elle n'est pas très probable. Celle de
Adam<Adapa est assurément la seule acceptable, po! ^!
correspond au uVog toù àv^pùirou du N T = Messie.
i^oî, peau ayant encore le poil, >,*jp, 64, 5, 15, 16, 18, 20, 24;
63,16,17,18; 64,8; 65,2; 655,9; 1111; pi. ^^Uoî 1111.
(^oî aurait donné ^^'J^\ selon Nôldeke Beitràge II p. 196 n. 2,
mais je ne le crois pas, 1717 ; voir ^Osj.
U ot, 465— Ô>1 lXju, 708,5, après que.
\3l = % 467 n.; 472, mais non pas !i! > ^5], 466; 1191;
74
1192; 1453; 1454. Je constate avec plaisir que Brockelmann
me donne raison, o. 1. II p. 36 et p. 599, et j'espère que
personne ne soutiendra plus îi] >^]. — îo] > îof, 493 n. —
L* !oî, 465 en bas. ^iî U !oî, lorsque, 470, souvent dans el-
Qasîm.
3L>UI! !ot, 351; 472; 1193, = v '->' et ^ ^1 vhv.
îJ], 739; Barth S W Q I p. 51 n.
^J>], oreille, 24, 17.
^3!, i, causer des dégâts, du tort à qqn, Hdr, Dt, mais ,^0],
a, avoir à souffrir de, ^a. Le premier est pour le littéraire i^o!.-
«jôf, tourmente, tort, dommage, = iù3!. I^j^."^ s-^ iùo! ^_c?*^^
. Zes petites sauterelles (vhv.) sowi w?i grand fléau pour notre
pays, Dt.
^y, veiller, 997. — ^V)^, réveiller, 628; cf. oK ib.
j.y, 1147 - Jjl et J, 1143; 1148 - \j, 1143. Cf. ^f vhv;
voir Sams el-'Ulûm p. 2 sur oL.Jî oto j,Jl.
-y
^3^, mee^. Ce vieux mot, qui figure ici sub yo, n'est pas
rare dans les poésies anciennes. Hamâsah p. 384, 6: aIj
L^yij -^^ t qLv^j 2^ « dez/o; grozî^s (différents): miel et colo-
quinte. Dans Asâs sv., il y a à peu près la même phrase;
o oc G - -
Sihâh, Qam. et même Asâs ont ,j:.t = J-w^c . C'était donc un
mot très connu. Par contre, I Sîdah VIII, au chapitre
^5.1
75
^J^\ ne le donne que dans le vers de Labîd, qu'il cite
p. 178. Cela est étonnant.
Il est intéressant de constater qu'en turc are, (j:^! est
abeille et en sanscrit ali, miel. Le verbe arabe ^J pourrait
se prêter à une étymologie arabe de ,^J — J-^^j: et Abu
Hilâl el-'Askarî dit, K. el-Mu'gam, M S 0 S XVIII, II p. 7 :
Qj ^^.^^W ^^ ^J3 IjJ i^Jb J>^\ J. ^^ U llp>\, mais je
crois que t_5.', i, ^j^ et t_cy^' = J^^oOt i^l^aJ^j^ J..^uJ) est
plutôt dénorainatif de ^^J\ voir L A sv. Halévy, J. As. Mai —
Juin 1913 p. 720/1, parle de ce mot. Il veut que le turc
(CjT soit l'arabe ^.\ et qu'il signifie véritablement faiseuse
de miel. Mais alors l'arabe aurait dit ïCj^T. Le dictionnaire
turc de Kélékian ne le désigne pas comme mot arabe, ce
qui, du reste, ne prouve rien. ni< a dû aussi exister en
hébreu, ainsi que le conjecture Halévy, ib. p. 721, et Bauer
ZDMG 66 p. 474, dans le passage de Juges XIV 14,18
û
pour expliquer le jeu de mot, qui, avec ^?";i = ^j-^jo, perdrait
sa pointe. Halévy pense ib. que l'apiculture doit son exis-
tence, dans la Haute Asie, à l'invasion arabe et à leur
fixation définitive dans ces contrées. Les Arabes ont été et
le sont encore de grands mangeurs de miel 1199; 1462 et
ss. Il y a beaucoup d'abeilles sauvages donnant un miel
excellent dans l'Arabie du Sud, Arabia V p. 238. Eu égard
au sanscrit ali, miel, il est diflScile de se prononcer sur la
provenance du mot arabe et turc. C'est en tout cas un vieux
mot cultural et international.
V;', couler, 656. Cf. uj^j vhv.
U^-^, 656; selon Cher o. 1. p. 149, c'est un mot persan.
76
'yj, serrer, lier, 1099. Cf. ^\ vhv. Paul de Lagarde, Bil-
dung der Nomina p. 177: „Pour le moment, je ne crois pas
. à une racine primordiale yj, il entoure, mais j'ai recours à
^j^", et on lira la remarque un peu confuse qui suit ces mots.
^y, 365 n. 3; 1376. C'est un JL« régulier, nom. instr., de
y^ < y^~j)) serrer, 1099. Le mot n'est pas courant dans le
Sud, où l'on dit j^jt^, u^IaiL*, oùa.^^, 'xJÀa ou ii-oîp', vhvs.,
selon les contrées, mais le verbe .j^j y est assez employé.
SAE IV p. 129,23: barâhum yitwazzaru bil-ma-
qâlim, il veut qu'ils s'entourent d'un izâr. C'est l'hébreu
"iI^Oî?» se ceindre de quelque chose, v. Ges.-Buhl sv. et ici
SUb yJ.
(^jî, être en face de, 873. Le thème j^;^, ^-j*,, ^-^^^ vhvs.,
aussi classiquement p. e. Boh. II p. 14, 10: jJotiî Lvo.y^, nous
nous plaçâmes en face de l'ennemi. Urèyfeleh mùzinneh
la hagar, et il a appuyé sa carabine contre une pierre
38,6; 873.
û_ A A
^y en face de, contre, a donné KJ, 1 a z a" < j^K^ < i^t:>5 ,
873, 874. Torczyner o. 1. p. 13.
* V^)'
vs^l 157,20; 687 o. 1.; 1142 n., expliqué 1708 et s. RO
p. 57,8. ezyob, vent du Nord, savoir le vent qui vient du
Golfe persique. I Sîdah XVII p. 9.
* "»
(j/.L«t <; (_^v.U, fondation, base, 1245, 1; 1780, 6. C'est la forme
dans tous les dialectes; avec le dénorainatif ij^y^ dans le
77
Sud. Le L.'^U*- de Hartmann L L W p. 49, 7 en est le pluriel,
ce que l'auteur n'a pas reconnu; dans le Sud, il est oLwLw,
mais rarement employé.
o
o-wi , prononcé est dans le Hogarîeh, est courant dans tout
le Sud, y compris le Yéman. Mais c'est ici = _ i ou ^J^
o £
vhv; pi. ol-»^S et en 'Oman, oLy/-!. Ma Langue arabe p. 67.
Sur les différentes formes dans la lurah, voir I Sîdah II,
p. 46, où il y a aussi un chapitre ad hoc sur les yiAiî ^U^L
Nôldeke Beitrâge II p. 143 s. traite de ce mot. Il y donne
à la l/~o.*« le sens de Grundlage, hase. Sur la racine com-
mune sémit.-indogerm., Môller Sem. und Indogerm. § 38 et
§ 40. Les Arabes ont cru que le o final était la désinence
féminine et l'ont quelquefois traitée comme telle, o^î est
bien du fém., mais I Sîdah ne l'a pas enregistré, XVI et
XVII. Pour le sens primaire de c:^*^, setzen, steUeUj on com-
parera la sémantique de _yc>, jxi, l\*ï et tlï vhvs.
Voir aussi Meissner GGA 1904 N° 9 p. 742.
lLwI, 1240 — l\^I, lion, 1287 et ss.; homme courageux, 879
d. 1.; 1238 et ss. ; 1469; dans les inscriptions sabéennes 1238
et s.; (j^USI Oj.*.!, 1239; o^-^t, »oLw, ib.; (•'j^=> ^■^*«', ib. Voir
Conti Rossini, ZA 24 p. 337 et s. et Z A 31 p. 9 sur l'em-
ploi de ces métaphores dans la langue tigré. Labîd N° 40 v. 81 :
L.^:^ LiJ v«j..$^i) ^5 |y)Â*j ^3, il ne leur manquera pas dans
la guerre un lion expérimenté. Le chameau même peut avoir
ce sens tropique, p. e. Labîd N° 40 v. 89. Plusieurs états
européens ont dans leurs armoiries un lion, tel que Suède,
Norvège, Danemark, Finlande, Pays-Bas, Belgique, oîi il n'y
a jamais eu de lions en temps historique. Cf. ici sub ^.
78
^î, lier, 1099; 1515,7 d'en bas; akk. esêru, lier, Zim-
mern Akk. F W p. 37.- Tuer une bête, 528; 1515 < ,.w^ vhv.
^^\, indique l'intensité ou la pluralité, tuer, 13,26; 1630,7
d'en bas, < -w.£.
sy.v, corde, 1099; de Goeje Hadhramaut p. 22; pi. oU.^« et
^^. C'est évidemment pour •s^t> 'i^^, sèreh, comme
»y;î>Tereh, Index sv., et iuo!>Pànah, Dèneh, Index
sv. Le pluriel serât que j'ai constaté pour Dt. correspond
à sërût<serôt<serât, que Snouck ZA 26 p. 224 u; 2
donne pour Terîm et qui n'a pas besoin d'être pour sirwit.
a^î, lien de parenté, 1099,6, = 'i^\ = a-jUs, I el-Qût. p.
10,13. - Ju^l, corde, lien, 1099,5.
^!, lié; pmortmer, 1099, 9, = TpN\ Ges.-Buhl sv. ; I Sîdah
XIT, p. 97. La sémantique est la même que dans son syno-
nyme ia-o , prisonnier, vhv. Cf. .jt, ^3, lier, Béd. Nord,
—Au!, I el-Qût. p. 10,13 011= ^wà-3.c, ^-j^^D et (_*-*.=>; .:;
"iî{<= 1DN*. Ges.-Buhl sv.; v. 1099 n., cf. jk^, vhv. — Dans l'in-
cription d'en-Nemârah nous lisons : Ljyt!! ii)JU 3-,= ^ u*^^ f
Jjù>\ yJ^ ^ô ( ') L^ =) iSS', M. el-Q. b. "A. roi de tous les Arabes,
celui qui ceignit le tâg, Dussaud, Les Arabes en Syrie p. 34;
Lidzbarski Ephemeris II p. 35.
jU <^Uj, 798.
cuisinier, 1288,7. Pr. et Dict. p. 411 sv. ,c^-
1) Voir Socin Diw. III § 149, car chez les bédouins du Nord le suffixe
-ah représente le masc. et le fém.; ma LB'A p. 78 n. 1 et 5; ma Fest-
gabe p. 36.
79
yiî, scier, 688; RD I p. 28; 56; 57 et II Gl. sv.; cf.
yco et j^», vhvs. En mehri, wusôr, bâtir, construire, = sh
asar, charpe?iter.
yit <^L^', 430. Lieb. v. Amasia p. 108, 7 avec J et ib. p. 120
d.l. avec ^}s^; la préposition fait la différence du sens.
.L/iXo > .ui«-iyo , 688, = .Lïxàx, vhv.
Jwii!, mesure du surface, 1314 et n., < akk. aslu, corde, >
mesure de surface et de longueur, Zimmern Akk. F W pp.
22 et 35.
(jiiî < (jivjî vhv., interrogatif. Es est plus courant que es.
Voir sub ^\.
yci\ = v^àLc, cf. 1099 ; 1154 yo et yJi, yj ot .j, vhvs.
J.AÛÎ, origine. ii)JLoLj J>-*-cî, /az'5 sefe/i ^ow devoir, propr. ^ow
origine, ta naissance, 548 et n. 1.
J.xAûS = ^^c, 1414- A Zanzibar, aussi le temps qui précède
immédiatement le coucher du soleil.
s 5 i
^i/û!, aux heures du soir, 1663, 12 d'en bas.
^^f, expliqué 141-5, 1416 n.; Nôldeke ZA 19 p. 158.
^^^iyof, expliqué 1415,> JbL>ot 1760; I Sîdah XIII p. 270, 10
et p. 281, 2 d'en bas. Je nie toujours qu'il y ait dans l'arabe
classique, tel qu'il nous a été transmis dans les livres, un
diminutif en an, on. Cette désinence, traitée 293 et ss.;
1410 et ss., pourrait cependant, pour ce qui concerne les
80
mots se rapportant au temps, être un diminutif resté dans
les dialectes comme réminiscence vénérable d'un temps passé.
Nous connaissons à présent, grâce aux travaux de Bittner,
Studien z. Laut- und Forraenlehre des Mehri I p. 34 et de
Rhodokanakis, Zur Formenlehre des Mehri p. 5, que le mehri
possède un diminutif en en < an, = le soqotri-e n, ZDMG
Q% p. 784, comme l'hébreu et le syriaque, et c'est justement
dans les mots temporels, tels que ^^^lyoi, ^llixc etc. qu'on
peut le constater. Or, Torczyner, Entstehung des semit.
Sprachtypus, voit dans cette désinence la mîmation, = la
noûnation, à l'accusatif, soit un adverbe en am, an > âm,
an, sans qu'il explique la provenance de cet m = n, qui,
d'après mes faibles lumières, est un phonème primordial,
commun à presque toutes les langues, ^.3^ivo', et ses con-
génères, serait donc pour ^i-j^oi. Torczyner soutient aussi
que" la signification diminutive an provient de la désinence
sortie de la forme accusative, mais n'a pas en elle-même ce
sens étymologique primordial", o. 1. p. 231. La théorie de
Torczyner est très séduisante et mérite bien d'être prise
en sérieuse considération. Cf. qLIcosc vhv.
,*Lî, se fâcher de, ^^ ou JU:; avoir l'air triste, faire une
tête, 1561 n. 4. v^L:;^ ^-tPr ^ ^y^.'^)^ [*^3^ é^\^,to)i esclave
te fait U7ie tête, te boude, parce qu'il a faim {= jjb>) et
qu'il est fatigué, Dt. Cf. les classiques ^\ dans • plusieurs
dérivés et ,}s. ^\, Amâli d'el-Qfllî p. 64.
jif = CsJ, but, 1258.
sjiji\ > J^, peau foulée, 65, 10, 11; pi. i^,Lai', 1111. Cf.
^jji! vhv.
81
^y>l, ce verbe n'existe pas dans nos dialectes, mais voyez
plus bas (^^, i. Il y a seulement le substantif ^JÀJ^, four,
50 passim; 51,4; 52,8; 604,14,15,18; 625,14 d'en bas;
1027,5 d'en bas; expliqué 1032 et s.; 1037. = môfa au
Yéman, 1032, ou miàfi, m a fi en Hogarîeh. \iy>, mûfà ou
môfa, RO p. 328,9,18,20; SAE IX p. 34 § 17 et § 18.
Ce mot a été expliqué par Vollers V S p. 95, qui cite Hirsch
Reise Sûdarabien pp. 92 et 185, comme un ^«à.*, mais ce
^jdLA est pour Jjtà.*, en vertu du changement constant de
i.et u, et ^jsu^ est, par conséquent, la vraie forme. Sur
l'origine, voir 1032. Zimmern Akk. F W p. 39. C'est un
vieux mot sémitique commun.
Dans le Hogarîeh, il y a le verbe ^jl^, i, mettre le pain
ou la viande dans le mofa, ce qui est pour j.î, qui ne se
dit pas. Je fais observer que le classique oli, a le même
sens, qui se rapproche de celui-ci, cuire le pain ou la viande
dans la *-U, vhv. Renan, Hist. des langues sémit."* p. 463,
rapproche nçN de ?4^w, cuire quelque chose, et de Ofa, Ofen.
Avant de lire cela, tout dernièrement, j'avais fait le même
rapprochement, d'autant plus séduisant qu'on ne connaît pas
l'étymologie la plus éloignée du germ. commun Oven, ovan,
ofn, ogn etc., mais je n'ose me prononcer. On lira Kluge
E AV B sv. Ofen, E. Boisacq DEL G sv. '/xi/Jç, four, cuisine,
et Skeat EDEL sv. oven.
7^'
B^î > 3^5^, bille de billard; cloche de lampe, 1231.
'Ji^l> '^^i, bât d'âne, 1231; la vraie forme serait o!^|=jL«.
6
82
J^î, manger, > > et Ji, 1206. Conjugaison 1207 et s.; 669;
1027,2; 1265; 1630; 1775.
j/î, frustrer, 1^1,2.
j^b:*«t, pouvoir être mangé, être mangeable, le plus souvent
avec la négation, 72, 15;^= JiLil, Syrie, Prov. et Dict. p. 121
et s. ; Brockelmann o. 1. I p. 540.
Les formes verbales réfléchies jiàj", Jotàiî, JaXs! et Joiè;:;»*!
indiquent souvent une possibilité et doivent se traduire par
se laisser, se pouvoir. Pour J«.«j! et Jjtij!, cela a déjà été
relevé par RO § 299 et § 300, où il y a des exemples. En
voici d'autres pour les dialectes de Hdr. et de Dt.
jJtàj : LxiaJù Lo i_jLJî \<\5> , cette porte ne se laisse pas verrouiller,
?ie se verrouille pas. Cette forme est employée si le jJts est
transitif: ^Ll^i JsXé, fermer la porte avec un so^É, verrou
en bois, 591. Mais ^xà>a U LjLot \Sj>, cette porte ne se laisse
pas ouvrir, 7ie s'ouvre pas, parce que la I^ forme est ^xs,
transitive; Cf. RO p. 173,5 d'en bas: el-bâb margûm
ma yinftôhsi, la porte est verrouillée (et) tie se laisse
pas ouvrir.
JjtRjt: ^{JiJJ U nCss> icjL^Ji, ce mot ne peut pas se dire, 7ie se
dit pas. vy*^. ^ ''-^' ''^j ^^^^^ ^(^^ ^^ P^'^^ s^ boire, on ne
peut pas boire cette eau, = ^yJ^. Lo. ^X çI-î^ '^ ujU^Li o,^,
j'ai partout circulé avec ce livre (pour le vendre, mais) il ne
se vend pas, il est impossible de le vendre, = ^uJji U .
Jjt:6î : ^5blL! ^y^ ujUxc^j sy , i^?2a^t, se voit d'el-Makalla, on peut
voir F. d'el-M. A peu près même phrase chez v. d. Berg Le
o
Hadhr. p. 281. .L^! J. *> J^î J. r*^Wr? ojj^'î, ^a route se
voit le jour et la nuit, on peut voir la route etc., 892, 5.
83
^^bCj ^^LC« (j^ S^^. lî <XiyJ)\ oy^ O^*^'' ^^ cipp^tte kânûn le
foyer qui se laisse transporter d'un endroit à Vautre, car le <Siy>
est fixe. 'i^\y^\i "i] ^^jjyL. ^Uaj L, eZZe (la viande, j*^) we se vend
pas au poids, mais par lots, Hçlr. p. 378, 4 d'en bas; c'est en Tu-
nisie, au Maroc et ailleurs tbâ', il a été vendu. ^^ c>-«^t '-«,
la chose a-t-elle été comprise par toi? On peut bien le traduire
par l'as-tu comprise, celle-là?, mais pour l'Arabe c'est la chose
(1j5 = 5 neutre, vhv.) qui est le sujet. Lj^Uj: j. i v ? v , d?e (la
chose) 65^ comprise chez nous, 1045, 11, 07z le comprend chez
nous. ^OLÀJ Li, cela ne se comprend pas, SAE IV p. 135.
Yihtèzirlak, le peux-tu distinguer!' ZA 26 p. 233 n. 3.
dU o^c! L^, es^ce que cela ne t'est pas conmi, l'as-tu connu
ou compris. ij>*-^. ^ s^^^' \ô^, ce vêtement ne se laisse pas
mettre, on ne pourrait pas mettre ce vêtement. ÎÀ-^ vjb Jaiî
...ciJUj Lo, cette route ne se laisse pas marcher dessus, on ne
peut marcher sur cette route, elle n'est pas praticable, = R 0
§ 345 : ^ j"-^^ ^jô<J) ; en dt, il faut ici ^_c^ - Lo . ^JA^.
i^j: Up, es geht sich gut hier, qui si cammina bene, datînois.
^y.JOju Lo a^LlXJ! ^Jk$> , cet argent ne peut se compter, me dit
un hadramite d'une grande somme, o^t oLii^s?", les routes se
font craindre, on craint les routes, elles deviennent dangereuses,
171 V. 14. Mais lJL;^! est aussi craindre, whv. i\>.A2xii U/ _^
Jaix^j % j^l2*j Lo, il est comme le tendon qui ne se laisse
ni mâcher ni avaler, Hdr p. 390.
J.3iàX/*! : ^_5^i ^l^Lo-^ -Jiî! .J! , le froment est amer, il ne se laisse
pas manger,' 7i' est pas mangeable, 79, 15= Hdr ^ JiLx-^ Lo.
Jil;o*o Lo pLatloI! !ÀP, cette durah n'est pas mangeable, = Nord
84
J^lL L, yittâkal, correspondant au '^omânais: hâde el-
mêkel yintkil, ce manger se laisse manger, RO § 319;
ce n'est pas là la VU» forme verbale, ib., mais ou une forme
hybride de la VII^ et de la VIII^ ou bien une dissimilation
de ittakal < intakal sous l'influence de la Vile.
Ce réfléchi joccs! est fort courant en mehri, oii l'on trouve
p. e- ftehôm, être compris, être compréhensible Bittner
mehri II § 35. On le constate même là oiî l'arabe se sert
d'une autre forme verbale.
La lurah connaît aussi ce sens. Qays b. el-Hatîm VI v.
18 dit:
(AftJ—j ,jy'\*,}\ oi-^Li ocXï ...jj xjLj oi>-î JJoLaJL CsJsii Lo i^JOo
Lorsque tu conduis la vérité par le mensonge^ elle s'y refuse,
mais si tu conduis {les choses) par la Justice (ou la vérité),
les (montagnes) immobiles se laissent conduire.
JJ'U, participe, 363 n.; 669: 725,8; 896 en bas; 1211;
1566, 16;= J^l^; au Negd du Nord, on dit aussi JJ'Î, comme
on y dit J^L, et ÔJ>\, vhv. Observez mâlib, trompant, de
*wJi < ^^JU: < ^JLc; voir sub J\ , ^L=> et wJLè.
ji'û et idb''Lfl, manger, mourriture, 78, 20. On entend souvent
prononcer mà^kal, mais alors le hamzah n'est pas celui de
JJ'Î mais en vertu de l'accent sur la première syllabe ma^
C'est ainsi que les Arabes ont écrit y^û, encore aujourd'hui
prononcé mâ^rîb; voir p. 89 n.
\JJ>, qui ont 7nangé e7isemble> alliés, 304,2.
Jl
J! article, 281 et ss. ; 1544,6, le plus souvent prononcé el,
mais j'ai aussi dans le Sud entendu al: lau kân ibn
Adam y i n s fi "" h u a 1 - m ô t , si la mort oublie l'homme,
85
Hoéarîeh; obs. ici aussi ^^U^. ^). Dans le parler des ^Anazeh,
l'article porte souvent l'accent p. e. èl-bèt; nombreux
exemples dans ma La langue des Bédouins "Anazeh. Cela
s'explique peut-être si l'on admet que l'article formait origi-
nairement une syllabe longue, comme l'article hébreu hâ,
que nous retrouvons dans hâ-dâ, et la détermination
sabéenne à la fin d'un mot: an = l'aram.-â.
Selon l'opinion de Sîbawaihi et de la grande majorité des
grammairiens l'alef de al est un alef prosthétique, con-
trairement à el-Halîl, qui croyait que l'alef est radical, ce
qui est faux, Encyclop. de l'Islam I p. 248.
Dans le Sud, aussi em-, 281 et ss.; 1028; 1098, 12 d'en
bas; 1139; 1186 s. Les Bédouins de Tihâmah et des Mon-
tagnes du Sudouest du Yéman ont tous l'article em-; les
mots sont là aussi prononcés avec la finale u, voir ici p. 4.
LA X p. 169 en haut rapporte une poésie, avec explication,
de Seyf b. di Yazan, à propos de sa guerre avec les Abyssins;
Dans Sams el-^Ulûm p. 39, = LA XV p. 190 nous lisons:
x*JL,>»/)!j (*a.«*-<Ij (jH'j^ L^y- ti^î'"*^ ^"^3 . ^-i— A_L-'> ij)to
C'est là mon ami et celui qui me soutient:
(Mais) derrière moi il lance des flèches et des pierres.
Naswân ajoute: ^^ ^J^ o^"^ j^ ^ --^ iCjLJt^ j».f*Jlj oî^t
liUo j^sTj iii^!^ J^/«' o>^- '"*^ i^j*I'. Cette Jangue des
Himyar" était donc arabe et nullement celle que nous trouvons
dans les inscriptions jusqu'à la fin de la domination himyarite,
ni même celle des inscriptions sépulcrales soi-disant him-
') Voir cas analogue sub V'-r' ^i'- itgîbahu.
86
yarites. Voir ici sub ^. Hamdânî, dans sa ôazîrah, dit que
les ôa'da, dans le Sud, parlent un mauvais arabe parce
qu'ils disent |*jtxi ^j! [> < ^\ ^) b.
Il y a aussi l'article en dans le Sud. Je l'ai quelquefois
observé 286; 1187; cf. sub ^^LJî. ^:^Jt ^o, hameau dans le
W. Dî Nâ'im, au pays des Banyar d'ecl-Dâhir, me fut toujours
prononcé din-gêr. RD II § 27a et n. 2. Cela est confirmé
par Naswân o. 1. p. 68, = Dt 282, pour le Yéraan. Je l'ai
constaté même au pays des ""Awâliq et en Marhah.
J'ai relevé que bien des confrères dans leur transcription
de l'arabe, rendent l'article par un 1 seulement. RO dit § 6
que la voyelle disparaît tout à fait ici et § 93, que l'article
déterminé est 1, abrévié de el. J'ai souvent insisté sur le
fait qu'une consonne n'est qu'un signe de convention gra-
phique qui n'acquiert de vie qu'avec une voyelle, soit devant,
soit après. C'est ainsi que s'explique la voyelle prosthétique
devant une syllabe initiale simple, processus extrêmement
courant dans les dialectes bédouins du Nord, ainsi qu'on
pourra voir dans les textes de mon ouvrage La langue des
Bédouins "Atiazeh; ma Festgabe p. 40 en bas.
C'est là le Chwa hébreu, qui indique que la voyelle de la
syllabe ouverte initiale non accentuée est fort réduite, mais
pourtant murmurée, pour parler avec les grammairiens les
plus récents, Bauer et Leander, Hist. Gramm. der hebr.
Sprache des A T p. 167. Ceux-ci citent, comme „voyelle
murmurée" (Chwa), l'allemand bekannt et Gabe. Or, du mo-
ment qu'en allemand cette soi-disant „murmuration" est
notée par 6e, je ne vois pas pourquoi on ne doit pas la
noter aussi en arabe, lorsqu'elle est vraiment perceptible.
Bkannt serait en tout cas prononcé en allem. bekannt; on
dirait tout au plus que l'e a été oublié. Mais Gab ne pourrait
jamais se prononcer Gabe^ où l'e n'est pas dans le même cas.
L'arabe prononce souvent blâd, pays, parce que, dans le
87
parler courant et rapide, le chwa disparaît tout à fait
devant 1, m, n et r, mais lorsque je priais mes Arabes de
prononcer lentement, ils disaient bâlâd, oià le premier â
était plus ou moins bref; de même qyâs, mais lentement
qiyâs, lt-Las. On peut aussi entendre ëblâd, comme aussi
rubfih et ëfbâh ou ùfbâh, toujours par le même senti-
ment que toute consonne doit avoir sa voyelle, sentiment
qui dans la langue populaire est très souvent offusqué.
Si nous acceptons la transcription de la syllabe initiale
simple sans une voyelle p. e. Mhammed, c'est que nous
prononçons en tout cas cette consonne avec une „voyelle
murmurée" soit après, soit avant: U mhammed. Pour
l'arabe, la voyelle de l'article ne tombe pas.
Dans un récit, écrit de la main d'un ^Oneyzite, qui ignorait
la vraie orthographe littéraire, le nom ^^juy^\ est partout
écrit j^^ji-x_A-.v-!, tandis que le dialectologue européen ultra-
moderne l'aurait transcrit par ssabîM tout en le pronon-
çant es-s. ')
Reinhardt va jusqu'à dire o. 1. p. 13 n. 1 que la voyelle
prosthétique, nécessaire pour produire une consonne double
dans des mots tels que u^^î, ^j-^/iJ', est tellement faible
qu'il serait faux d'écrire ërrâs, ëssems, et il transcrit
ici, comme tant d'autres, rrâs, ssams, mais pour un
arabe (j^L . et y^^/ii-ii ne signifieraient rien du tout, si ce
n'est qu'il le divine par le contexte. Nous les prononçons en
tout cas er-râs, eé-sams ne pouvant autrement exprimer
cette graphie. Je continue donc de rendre l'article, lorsqu'il
n'est pas lié au mot suivant de la façon mentionnée plus
haut, par el-, em-. On appelle toujours les ^cA>ot^! Jj>l
en Datînah um-SaMdi ou, plus rarement, em-SaMdi. La
voyelle initiale tombe ici aussi peu que dans d'autres dialectes.
1) «^iL*_vJî, Naswân 0.1. p. 47.
88
Cet a de l'article n'est pas un hamzah, et je ne sais vrai-
ment pas pourquoi, dans la transcription de l'arabe classique
et vulgaire, on écrit p. e. baytuM-qâdî, au lieu de
baj^'tul- qâdî, 'arduM-bayti, fiM-bayti, voir ici
p. 12 n., car il n'y a pas de hamza ici. C'est peut-être
pour marquer la liaison de l'article avec le mot précédent.
Cette manie de marquer un hamza non existant va vrai-
ment trop loin. Dans l'Encyclopédie de l'Islam sv. Adhân,
il y a la formule de l'adân en transcription (oià Allah
akbar doit être Allâhu etc.). On y trouve illa 'lia h,
où il faut illallàh; haiya ^ala M-salât, où il faut
"^alas-salâh et ib. ^alal-falâh. Et tous les confrères
procèdent ainsi par une routine invétérée.
Un signe consonantique n'existe pas en cunéiforme par
la simple raison qu'une consonne n'a pas de vie par elle-
même; elle ne devient vitale et véritable son qu'avec une
. voyelle, d'où aussi le nom très expressive, Ungnad Gramm.
§ 3 c. Le signe ^^.-^^ (Del. Gr. N° 7 p. 18) est pour les
voyelles a, i, u, et c'est peut-être en imitation de cette
vieille notation que les Arabes marquent î, l et !, où, d'après
moi, le hamza n'a sa raison d'être que dans l'intérieur d'un
mot, p. e. JLw, mais alors c'est aussi parce que deux voyelles
qui se suivent, sa-a-la, sont toujours séparées par un hamza,
dans toutes les langues du monde, Dt p. 285. Ainsi, dans
p. e. ^Uï, le hamza a été placé sur le j, tandis qu'on aurait
dû, pour être absolument exact, le placer après la syllabe
bâ: JjfUï ou J'iL-ï, par la raison susmentionnée, mais cela
aurait donné une drôle de graphie.
Le hamza dans p. e. jiD, yâ'kol > yâkol, = dt yôkol,
y>y_, yô'mor, vhvs, n'est pas parce que le classique marque
J^î et ye', mais parce que la première syllabe porte un fort
accent qui alors forcément est suivi d'un hamza, comme
89 ;
dans ""ulamà" et la graphie classique ^j^, à présent
mâ'rib'). Dans une prononciation rapide, comme cela est
^e cas lorsqu'on parle vite, ce hamza est le plus souvent
trop imperceptible pour être marqué dans la transcription.
D'après les grammairiens, la IV" forme verbale est toujours
Joét, tandis que les autres, Jotàjf Jjosî etc., auraient ici un
Joojjî 'i^. L'impératif de Joè! est Jjtsi, mais l'impératif de
Jjè, Joèî, sans hamza. Je ne vois point de différence de
- - oc
prononciation. Aussi Jjtjî est-il quelquefois aussi contracté
avec la voyelle précédente, p. e. Lebîd N° XXVIII v. 5 :
8j.>Lc j^î ^_^jLXxIzrt lu édiù.\y^ OÙ le mètre tawîl exige cette
contraction, qui est aussi commune dans la poésie populaire.
Il n'y a pas un „alif consonne", quand même les Arabes
l'appelleraient ainsi, Encyclop. de l'Islam I p. 301 snb Alif,
et il n'y a un alif mahmûzah que dans l'intérieur d'un
mot lorsque ! est radicale, comme je viens de le dire. Mais
ici le hamza indique le plus souvent le hiatus entre deux
voyelles qui se suivent. Weil o. 1. p. 301 a raison de dire
que „cette distinction que les grammairiens arabes ont établie
entre l'alif et le hamza et que théoriquement ils observent
strictement n'est pas soutenable." Dans les dialectes, on ne
fait pas, dans le parler, de différence entre l'alif el-v^asl
et Palif el-qat^ Dans la lurah, on ne prononce pas l'alif
prosthétique de l'article, ni celui des formes 7 — 10 des verbes et
de quelques noms, p. e. ism, imru', précédé d'un autre mot,
dans - ,ôJ!, mais dans les dialectes on le prononce, exception
faite dans les poésies populaires, où il y a aussi des exceptions.
') Ayant fréquenté plusieurs personnes de Marib, j'ai pu constater
la prononciation Mà^rib. Sur le nom, voir Sams el-'^ulùm par Naswân
el-Himyarî éd. Azîmuddm Alimad p. 97 et p. 37 et Dt 1830 sv. Cf.
Arabica III p. 121 en bas.
90
Je ne marque jamais le hamza là où je ne l'entends pas
et où certainement il n'existe pas non plus. Mon ami le
professeur Littmann, DLZ 1909 p. 3097 en haut, me reproche
de l'avoir omis dans ma Festgabe. Il est, en cela, sous l'in-
fluence de la graphie classique. Pourquoi les Allemands
écrivent-ils aneignen, qui, d'après Bauer-Leander o. 1. p. 166,
est pour "an "eignen2 La prononciation est trop rapide pour
que ce prétendu hamza soit perceptible, et il n'a, par con-
séquent, pas besoin d'être marqué. Une notation pareille
rendrait la lecture impossible et n'aurait pas sa raison d'être.
Akul, je mange, n'a pas non plus besoin d'être transcrit
'âkul, vulg. âkol, dt ôkol, pas plus que àktub, j'écris,
vulg. iktob. La Masôra a été plus sensée en notant ^5N,
je mange, pour le postulé *^â'akulu, qui probablement n'a
jamais existé tel que.
Bittner St. sh I p. 21 parle d'une „métathèse entre con-
sonne et voyelle", mais dans tous les exemples qu'il en donne
c'est une voyelle prosthétique placée devant la sjdlabe initiale
simple qui, au lieu d'avoir la voyelle, assez brève et indécise
dans cette syllabe, même dans tous les dialectes arabes,
après la consonne, l'a devant la consonne. Cela prouve qu'il
y a toujours une voyelle. C'est ainsi qu'il faut envisager
l'exemple, ib., et-sôr = ed-sôr = de-sôr, qui s'était
placé, où il serait, d'après moi, fautif de noter d-sôr, que
nous prononçons bien de-sor, mais où le d pour les Arabes
a besoin d'une voyelle plus ou moins perceptible et qu'ils
placent alors devant la consonne. Le sh erkebét, ge7iou,
ib., n'est pas une métathèse pour rekbét = ic^., mais- la
voyelle est un Vorschlag, prothèse, que nous trouvons égale-
ment dans le nordbédouin urkùbeh, genou, lifkùbti,
mon ge?ioii. Ce Vorschlag est dans le dialecte des ^Anazeh
extrêmement commun, ainsi qu'on pourra le constater à
chaque page de ma La langue des Bédouins ^Anazeh.
Dans elheyt < e^^, parce que, eTâd < oluS vhvs., ce
n'est pas non plus une métathèse, pas plus que dans le
mehri la (le) > al (el) chez Bittner St. mehri IV p. 8 Anm.
1 et 2. La langue classique connaît aussi cette prothèse qui
dans quelques mots est .devenue la forme habituelle, p. e.
o a
lXJIï], cou, et AJi], pi. lXJi31, de, mais «OjJs, verrou en bois
591. Il existe aussi en hébreu biblique ce mélange de formes
anciennes et dialectales vulgaires, p. e. ^iiî , bras, > i^liîN* =
^jS > drâ'> edrcV; nijjiJ, bracelet, > nnvv^ = oLi^c, par
r ^ ^
5 ù E -OC
métathèse, vhv. ; )75V^\ c^ozé/^, = l'arabe classique ^^l, 5-y^l,
, oi
j^! etc. = éthiop. a s b â ' et syr. s e b ' a et l'arabe dialectal
du Sud ^a2, 315,4 d'en bas, 1027,5, ou ^Â>aî, 1024,5 d'en
bas, pi. qI-*>.ao, vhv. Bauer et Leander, o. 1. § 20 i, définissent
cette prothèse ainsi: „Devant une spirante alvéolaire avec
Chv?a, il se produit quelquefois une syllabe secondaire qui
supprime le Chwa." Cette définition n'est pas absolument
exacte, car le Chwa est simplement venu à se placer devant
la consonne qui avait besoin de sa voyelle. Pour l'arabe
parlé, ce ne sont pas seulement les „spirantes alvéolaires" qui,
à cause de leur voyelle très brève, dans une syllabe ouverte
initiale, préposent cette voyelle à la lettre, au lieu de la
laisser postposée, mais toutes les syllabes étant dans cette
condition peuvent subir la prothèse, et le Chwa est alors
naturellement supprimé, car il n'a plus sa raison d'être. Le
Chwa représente donc, aussi bien en hébreu qu'en arabe
parlé, une voyelle très brève, presque fugitive, et qui est,
le plus souvent e ou il, plus rarement i ou u, selon la voyelle
dont la première syllabe ouverte est affectée. Bauer-Leander
disent bien eux-mêmes § 20, i Anm. c ,.qu'une syllabe, ne
pouvant commencer par une consonance double, celle-ci se
dissout par un Chwa: *mlâkd (< *marâka) > npN'bîp,
travail." Les dialectologues modernes auraient ici transcrit
92
•mlâka par mlâka, ce qui dit la même chose que
riDNT'p, et l'arabe »lJ^^Lo, rencontre, prononcé vulgairement
mëlâqâh > ëiîilâqâh ou il m là qâ h, peut bien être alors
transcrit par rnlâqâh, si l'on veut, parce que pour nous
les liquides peuvent être syllabiques, mais strictement par-
lant, non pour les Arabes et en général pour tous les Sémites.
C'est à cause des cela que les Hébreux ont leur Chwa, signe
que les savants arabes n'ont pas introduit, par la simple
raison qu'ils ne se sont pas occupés de la prononciation de
la langue parlée. Par contre, l'hébreu biblique, étant un
mélange de langue cana^anéenne et de dialectes parlés, en
avait besoin pour que la prononciation soit bien fixée dans
la lecture. La Masùra s'est basée sur la prononciation d'alors.
Elle a fait ce que nous autres dialectologues faisons à présent
pour les dialectes arabes. C'est là l'intérêt que nous offre la
ponctuation de la Masôra.
Dans ce qui précède, j'ai soutenu qu'il n'y a pas en arabe
et, par conséquent, dans les autres langues sémitiques con-
génères une consonne sans sa voyelle.
Aussi les auteurs de la plus récente grammaire historique
de l'hébreu, et la meilleure, disent-ils avec infiniment de
justesse p. 50: „I1 n'y a pas de raison pour supposer qu'en
hébreu d'autres sons que les voyelles puissent faire fonction
de sonantes". Il en est de même en arabe. Et si l'on note
p. e. b, d, (], 1, m, n et r, voulant par là indiquer une
fonction sonantique des sonores, ce n'est que parce que dans
notre bouche ces lettres deviennent en tout cas des sonan-
tiques. Mais l'allemand hahen n'est pas précisément ha-hn,
car cette graphie se prononcerait hàbn, et l'arabe ^^y^ est
véritablement prononcé hùsên avec anaptyxe, mais dans
le vers et avec le suffixe de la I et la II p. s. hus-ne,
Go,
husni, husnak. Habl, ^orc^e, < J^-o-, après la chute du
tanwîn, est par nous prononcé habl, de même que l'arabe
93
prononcerait J^-^^l ii^>^'> donyiemoi la corde, an de ni el-
hàbël, avec voyelle murmurée (anaptyxe), ce qui dans le
vers devrait faire àndenil-hab-le -^-i-^.
C'est là la ségolation des grammairiens juifs. En arabe,
cette voyelle intercalée est e, i ou u, selon la voyelle de la
première syllabe du mot, voir sub J.:^v>. Bauer-Leander ap-
pellent 0. 1. p. 212 cette voyelle Murmelvokcd, voyelle mur-
murée, mais en arabe elle n'est pas tout simplement mur-
murée, quoi qu'elle ne soit pas toujours très saillante. Elle
peut même quelquefois former une syllabe métrique dans la
poésie populaire, p. e. b a • h a r < y^j , 1 a h a m < j*j^ . Avec
Vollers, j'appelle cette intercalation d'une voyelle adjuvante
anaptyxe ou, avec les Hébreux, ségolation. L'arabe classique
connaît également cette voyelle dans des formes probablement
empruntées à la langue parlée.
Elle a du moins été relevée par les lexicographes dans
plusieurs mots, tels que c>Jl=^ > l\JL:> Diw. Hodeyl, Wellh.
Scholien p. 412; J^^ > Jw^.> > J.^^>; JjJ><j3J>, pi.
de JJo! ; yj> > yj; jt^ > jfJ^ ; ^^^ > ^^ et le pi. ^^o >
y^\^ du Sing. s_5^va3 > »j:S^>o; ^^.ic > ^^ac; ^ > „♦£; ias > jLs;
Ja,ci-< > -L/i^ > Ja-ci.^; Jjj > Jjj, Lebîd N° 40 v. 81, etc., mais
ces J^^^>, Ja:>, ^^^, j-*-^ etc. représentent véritablement
une prononciation de la langue courante, disons des formes
vulgaires, auxquelles on a fait l'honneur de les admettre
dans le dictionnaire classique.
o ^ —
Dans nos dialectes, tous les Jjù deviennent Joé , ce qui est
appelé jiJU par les grammairiens. Pour nous, ce sont des
anaptyxés ou ségolés. Cela a dû se produire après la chute
de l'iVâb, car avec lui la ségolation n'était pas nécessaire
94
et un fa' + 1 n'était pas prononçable pour un arabe. LHndoles
de la langue, sa structure morphologique était par cela
faussée. Nous trouvons ces o^i^ en grand nombre dans
le Qorân, comme ou pourra le voir dans l'ouvrage capital
de Vollers VS pp. 17, 97 et 99. Ce fait est, à mes yeux,
une des nombreuses preuves de l'existence de „rarabe vul-
gaire" au temps du Prophète, dont le livre sacré contient
un mélange des deux langues classique et vulgaire, c'est à
dire avec ou sans l'i^râb — dans la bouche de l'archange
Gabriel. Les musulmans orthodoxes ne veulent point recon-
naître ce fait. On se rappellera toujours le scandai indigne
que provoqua la communication de Vollers, au Congrès d'Alger,
dans le milieu des soi-disant savants musulmans.
Il y a aussi des mots où l'attraction vocalique est seule
en cause, p. e. iCx*.> < iou^, iù-s < io^ VS p. 99, et les
pluriels o^ < sing. KJué, p. e. oL:sn^, Lebîd N° XXIII v. 3;
— o-
o!j^ de aj^ etc. Cette règle n'est pas toujours observée
dans la langue parlée et dans les poésies populaires.
Bauer-Leander citent p. 212, comme analogie de l'hébreu,
les formes arabes sans le tanwîn: 'udn, oreille, fath,
ouverture, mais pour que l'analogie fût parfaite, ils auraient
dû écrire ùdën et fàtèh, car c'est ainsi qu'on prononce;
dans ^^oî et .,-^6, la ségolation n'a que faire, et ^udn et
fâth ne correspondent point à la ségolation hébraïque de
n^ et de nriD; il aurait alors fallu au moins udn et fath.
Il y a aussi en arabe, après la chute de l'i'râb, des cas
oîi cette ségolation ne se produit pas; ce qui amène une
syllabe finale doublement fermée, aussi bien dans les sub-
stantifs que dans les verbes. Cela arrive lorsque la dernière
lettre est une explosive, une spirante ou une nasale précédée
d'une liquide: darb, kalb (kelb) qalb, harb; burg,
farg, hurg, harg; tai'cl? 'abd (ici l'hébr. a 1?^), fard;
95
ard (mais pN), 'ard; bast, sart; farq, tarq; far h
sarli; ins, 'urs, habs, nefs; qurs, furs, rabs, hurs
qurs; inf (anf) sanf; karm; gurn, qarn etc. etc.')
plus rarement avec une ult. h et h. Mais même dans ces
cas l'anaptyxe peut se produire parce que l'arabe a le senti-
ment inné que ,.deux sukûn ne peuvent pas se suivre",
règle que pourtant la langue parlée n'observe pas toujours;
on dira saqf, toit, et aussi sàqëf, comme en sh: séqef.
Mais on dit plus souvent p. e. riàmoh que rumh, lance,
= sh. rémah.
Le mehri offre ici le même procédé, mais les faM y peu-
vent aussi devenir fà'^el, fi^el, fè'al et même là où l'arabe,
dans les cas susmentionnés, conserve la syllabe doublement
fermée, et ce fà^el y peut même devenir fâ'el et ensuite
aussi fô^el ou fê'^el = sh fô^'el. On voit qu'en mehri la
première syllabe conserve l'ictus ce qui amène l'allongement
de la voyelle, tandis qu'en dt. et en hdr. un mot ainsi ana-
ptyxé peut aussi devenir fa'àl, ce qui arrive aussi dans le
Nord. Ainsi le mehri dit ard et âred. Il y a des cas, où
le mehri fa^l>fô''el coïncide avec l'arabe sudarabique p. e.
o^ >bùreqBMI§5, à côté dé l'arabe o.b, vhv; sh.
séken < sâk'en, pas de sakn, Bittner St. sh. I p. 25, =
arabe q-^Lav, vhv.; sh. hôgel (hàgel et hà^il) = J^l-^j
B sh. I § 28. On peut admettre que D. H. Mùller, Jahn et
Hein ont transcrit les mots exactement selon la prononciation
entendue, et je leur sais gré de ne pas avoir employé la
transcription ultramoderne de l'école de Leipzig. En shaurt
(qarawî), la situation est la même. On y va encore plus loin,
. car l'arabe et le mehri qirs, qârs, sarb y deviennent qèris
et sèrib, ségolation que je n'ai jamais observée en arabe.
') VoUers o. 1. en donne beaucoup d'exemples. Sur riiiip('ratif des
verbes tertiiv y, voir 323 e(, ss.
96
Le fait de cette ségolation plus étendue dans les dialectes
mehrites me semble indiquer une conservation plus exacte
de l'indoles du sémitique primordial qui ne connaît point
une consonance double à la fin d'une syllabe. Pour exemples,
on lira Bittner, St. mehri I §§ 3, 4 et 5 et id. St. sh. §§ 26,
27 et 29. — Bittner, St. mehri I p. 13 n. 1, relève juste-
ment qu'en bedauye aucun mot ne peut finir par une syllabe
doublement fermée, d'après Reinisch, die Bedauye-Sprache
in Nordost-Afrika p. 107. Là, tous les fa'l, fi'l et fu'el,
empruntés à l'arabe, deviennent bissyllabiques (comuie ils le
sont à l'origine avec l'i^râb) et ont l'accent sur la dernière
syllabe, p. e. bagâl <^, nehal < J^o, sidi'q <oAaj,
d u h ù r = .-ii?. Bittner ajoute ici que cela a également lieu
dans les mots arabes fa M, fi'^l et fu*^! passés en turc, p.e. aqyl
< jJlc , q y s y m < j*.^ , s ù k il r < ^iwi; , mais ici c'est bien
l'accent turc qui a amené la ségolation.
Bauer-Leander p. 212 soutiennent que pour l'hébreu cette
ségolation n'a pas lieu devant les explosives.
Ils citent Brockelmann o. 1. I p. 216. Mais cette citation
n'appuie pas cette assertion, car Brockelmann dit: „Die zu
ihrem Absatz fûhrende Mundbev^^egung erzeugt von selbst
einen Nebensilben-murmelvokal(!), so dass Formen w^ie qost,
wahrheit, uaiiisb (= wayyisb. Lbg.), 2md er nahm gefari,-
o
gen, qâtâlt in Wahrheit zwei und dreisilbig sind". Brockel-
mann, il me semble, n'a pas été clair ici, car qost ne devient
bissyllabique qu'avec la ségolation ou une voyelle finale, et
qâ tait ne devient trisyllabique qu'avec une voyelle finale.
Bauer-Leander ajoutent que même dans des mots pareils la
ségolation est plus commune.
Je ne sais vraiment à quoi se rapporte cette modification,
car ils disent auparavant que le développement d'une nou-
velle voyelle, précédemment mentionnée (ségolation), n'a pas
97
lieu devant les explosives. En arabe parlé, la ségolation
devant les explosives, les spirantes et les nasales est plutôt
exception, comme je viens de le dire plus haut. Mais lors-
qu'un mot finissant par une de ces articulations a comme
Ile „ ou 3 ou une autre lettre „emphatique", la ségolation
se produit, p. e. ^^^ > làhëm, via7ide, ou làhàm, Bédouins
du Sud, RO p. 415 N° 179: laham; Stumme Tun. gr.
p. 42: laham; mehri laham, SAE IV p. 90; > ^Ls^i
Carbou p. 201 et p. 234; = DH^., blé, pain; j^, matrice, où
la ségolation est déjà „classique", > ràhëm, = oni; ,^slaj^,
toit, > sàtëh, sh. sa te h.
Si la dernière lettre est un r ou un 1, la ségolation a
également lieu, p. e. yLj > nuqër; yf\s > fugër; jllii >
O 5
surël; J-à-i > qufël. Je transcris souvent dans ce cas
nuqr, fugr, suri et qufl, mais c'est parce que nous autres
prononçons en tout cas ces mots nuqër etc., les deux sons
1 et r étant pour nous syllabiques, selon les „Lautphysiologen".
Cf. Bauer-Leander o. 1. p. 50, 7 Anm.
Ici l'hébreu est allé plus loin, comme on l'a déjà vu, car
on y dit lî^p; = gJî 1) , vulg. nefs. K^ii^ = (j»^t, iDV^jJc,
contrairement à l'arabe parlé.
J'avoue volontiers ne jamais avoir bien compris cette
division des consonnes en sourdes (stimmlose) et sonores
{stimmhafte), car pour moi la „ sourde" p ne diffère en rien
de la sonore b, disons plutôt pe et be; la première aurait
„le caractère d'un chuchotement" et pour la seconde „les
ligaments de la glotte produiraient par vibration un son
musical", pour parler avec Bauer et Leander o. 1. p. 165.
') Les Syriens appellent |J*^.fii, nafas, la portion de tabac qu'on met
dans le narghileh pour fumer. Hdr. Gl. sv. , c-^^ 6t .♦£.
98
Tout cela est sans doute physiologiquement vrai, mais dans
la langue parlée tout cet échafaudage savant a peu de valeur.
On m'accusera d'ignorance, je le sais, mais à la théorie, je
préfère la pratique, qui l'a précédée et fondée.
Les deux savants professeurs avaient ici une excellente
occasion de comparer l'hébreu biblique avec l'arabe parlé.
Ils connaissent bien l'arabe tous les deux. Mais l'arabe clas-
sique n'est pas ici à sa place. Pour bien juger de la seconde
couche hébraïque, mêlée à la première cana^anéenne, dans
l'hébreu biblique, il faut aussi connaître l'arabe moderne
dialectal. Jusqu'à présent personne ne s'est voué à l'étude
comparée de ces deux langues. Cette étude donnerait cepen-
dant des résultats surprenants pour le développement de
l'hébreu, aussi bien de sa grammaire que de son vocabulaire.
La contraction de l'article avec la voyelle initiale du mot
suivant donne lieu quelquefois à des formes bizarres, 287
et ss. P. e. : sâbetah em-gëlîleh fi dàhër em-fuwâd
u harag min beyn raîdeyn, la balle le frappa sur le
coeur et sortit etitre les bras Dt, comme traduction de Brode
M SOS Vu p. 19,9'); cf. aussi ^Ai 426 et s. et Nôldeke,
Beitrâge II p. 116 n. 1. En Hogarîeh, J.^A*/fl est = J.l\jw! =
J,iA*j!, l'Adanite, pi. iooL*xi; ^Jix;^^ == ^^^Jix:^\ = ^^Jtxjf^ll 1409.
Cela est devenu tellement une soudure qu'on dit même el-
Murqusi, quoique la tribu soit appelée J^y>j, pi-, 289.
L'article pour exprimer la filiation 291 et ss. ; Socin Diw.
III § 152 c et § 192 b; Jaussen, Coutumes des Arabes p. 182
n. 2: Moh. el-P.agab = if. fils d'er-R.
L'article dans les noms safâtiques, 1187 n.; 1411.
L'article avec [> précédent, 468 n.; voir sub L
') J'ai ti'aduit tout ce texte en datînois à l'aide de mes amis de
Datînah, mais je ne l'ai pas publié, trouvant le texte de Brode très
fautif.
99
Jt
pronom relatif 407, 408 et ss.; 880 en bas; 1091, comme
dans le dialecte de Dofâr, RD II § 23c, du Wadday, Carbon
pp. 48 et 229, et en Mésopotamie.
UJt, ce qui, dans le Hogarîeh, = (^3 J! en dt.
Jf
3^ gémir, = ^'i, 1760.
"^t, si fait, mais oui, 352 n.; RD § 221: elé, getoiss, ja,
mais lorsqu'il dit p. 284, 3 que l'ancienne particule interro-
gative "^î existe en omânais, comme e\é,ja wohl, filrwahr,
je crois qu'il est dans le tort. Cf. %, vhv. — Exclamation,
holà! 317; 372; 561, 7, = ^15^, 371 en bas. u:i_^î ^î, holà!
le pillage! criet-on dans le Hogarîeh lorsque les pillards
attaquent. ^J p^!^ "^i, holà! attends-moi! Dâhir; cf. "^j. —
%^ voilà que. ^iv.xLiLj" idx=> J." ^3 vj*^' à^ !>^3 («yo lors-
qu'ils arrivèrent au campement des Bédouins, voilà que leurs
, chevaux se débandèrent, 473, 12 et 14; <3 + *i51. On aurait
aussi pu dire ici "iîj > %, 473 n. 2. RO p. 284: elé,ya wohl,
fûrwahr; ce n'est pas „la vieille particule interrogative ^5Î".
'i)l<'^ = \S\ , conjonction temporelle et conditionnelle, lors-
que, si, 466; 473, 14; 1192 et s.; 1453 et s. et passim; voir
sub Lit, lô! et"^. Cette conjonction figure déjà dans les chants
bédouins d' I. Haldûn, Brockelmann o.l. I p. 132. De cette
trouvaille date l'étymologie "i] < ÎJÎ . Elle fut d'abord émise
par Vollers ZDMG 50 p. 613,6, si je ne me trompe, en-
suite par Socin Diw. III §§ 55 et 57 et p. 202 et par Ndl-
100
deke WZKM VIII p. 266 et IX p. 13, tout en ajoutant
que „>3>J est tout à fait étranger à l'arabe". Stumme,
Hartmann et dernièrement aussi Rhodokanakis, RD II pp.
82; 120; 121 et 124, ne font que répéter cela sans se rendre
compte de la difficulté de cette permutation insolite, d devient
1, vhv., mais jamais d > 1. RD II p. 82 n. 6 et Stumme
GGA 1909 p. 885 n. 6 confondent d et d, o^ et ô; la
première peut devenir o en quittant son emphaticité, mais
ce cl ne peut devenir 1 et encore moins ï. Snouck, Fest-
schrift Nôldeke I p. 101,4,7,9, écrit à tort ella, où il n'a
pas reconnu la particule en question. Brockelmann avait
d'abord statué "^î < !o!, VGSS I p. 132, mais ensuite il
changea d'avis, ib. II p. 36 et p. 599, en séparant lo! de
'it < ^ , et il dit que "iî est une forme collatérale, „eine
ursprunglich gleichberechtigte Nebenform", de !3t. Mais je
n'admets même pas cela. îi' et "^1, <"^, sont étyraologique-
ment deux particules absolument différentes, tandis que
sémantiquement elles ont le même droit de cité. ^ > "^5! s'est
seulement conservé dans tous les dialectes bédouins. C'est
sans doute ainsi qu'il faut comprendre „la forme collatérale"
de notre honorable confrère. Si Brockelmann s'est converti
à ma manière de voir, il paraît être encore tellement attaché
à son ancienne étymologie de b! > "b5!, qu'il dit o. 1. II p. 36
que v loi s'est maintenue dans l'algérien xi ^, vl "^j à l'in-
stant, en citant Marçais RMTA p. 481. Or, Marçais }'■
compare „le classique v_j \3\ 0, ^\ = Sot)", mais il ne dit pas
!3I>"^Î<^. L'idiotisme algérien est simplement <^^>^ "b^i,
vhv. Marçais dit Gr. Tl. pp. 192 et 193: „ il a, là pour îol",
mais id. Ulâd Brâhîm p. 192 il trouve que „îla ') = îda
(la) îlya (lya) sont énigmatiques" ; cf. ib. note 4. Stumme
GGA 1909 p. 885 n. 6, veut encore défendre son étymo-
logie de !L>t>^î et il établit même la comparaison çl:i = d:l,
') Aussi 'Oman RO § 442 et p. 257,9.
101
ce qui est impossible. Ne trouvant pas de parallèle en arabe
„pour tj (ou d) avec 1", il a recours à „rextra sémitisme" pour
soutenir sa thèse de d > 1 et il cite ^dKpuov-lacrima et Câdiz-
Qâlis, le QâJs des Marocains. On peut ajouter al m as <â'^ûiiAxç,
diamant, Festschrift Hommel II p. 271. Mais ces mots se
rapportent à d> 1, tandis qu'il aurait fallu citer des exemples
de d > 1. Le i d a , ^ 'o! , nordafricain est restreint à ces
pays-là, 1453/4, et ne saurait former un critérium pour les
dialectes du Levant, où l'on dit y et les Bédouins de l'Arabie
du Nord, ida, lorsque toutefois ils s'en servent. Stumme
aurait pu ajouter que ce passage de d à 1 était la règle dans
le dialecte sabin, p. e. Capitôlium > Capitodium. Nous avons
ici affaire à l'arabe. Voir sur d > 1 sub o. Sur ^ "bJt =>_; toi,
on trouvera chez RO § 172 des exemples, qui sont partout
o
courants ; voir plus bas. Sur % > luSl vhv.
D. H. Mûller SAE IV p. 93, 13: be-esedd ^ala el-
hayl... ila ralaq nuss min er-ra's, où faussement
écrit i 1 1 a et faussement traduit par bis, jusqu'à ce que.
De même que v Sot, on trouve ^ "^l, 472; 474, 11,
surtout en ""Oman, relevé par Nôldeke WZKM IX p. 13 et
par Brockelmann o. 1. II p. 36, qui l'appelle ,,interjection
démonstrative". Les Bédouins du Nord disent ici ^ ^1 vhv.
En 'Omânais, il y a aussi ^^ ...% "^t avec les suffixes per-
sonnels de la le pers. du singulier et du pluriel, RO § 172;
ib. p. 228 d. 1.; p. 302, 2 d'en bas. Mais aussi >_j "^'j sans ^t,
ib. p. 356 d. 1. et p. 368,8: uilâne bse'îd b. Hâfod, et
nous voilà en présence de S. b. H.
Kampffmeyer, dans l'Encycl. de Tlslâm I p. 405 (éd. franc.
=: p. 416 éd. allem.), dit ceci: „Cette étude comparée minu-
tieuse de la syntaxe (d'après l'usage oral) nous enseigne p. e.
que le très fréquent ilâ, ilyâ, ila etc. qui, dans l'usage
correspond en partie à l'arabe littéraire Mda, quand, n'est
102
absolument pas, comme le veut l'opinion générale, un dérivé
de "idâ (d devenu 1!), mais un développement de la prépo-
sition ilâ". La dernière phrase est étrange et offre une
nouvelle phase de l'étymologie de il a. La préposition ^l
doit être absolument écartée; elle n'a rien à faire à la
conjonction ^i > "iJ.
particule affirmative, si fait, mais oui, certainement, 352;
1302; 1598 et n. ; aussi prononcée "^5!; cf. ^î vhv. Ma yigi''
min el-Mahra la 'Adan? Est-ce qu'il ne vient pas des
Mahrah à Aden? Rép. Alla yigû" gamm, si fait, ils
viennent en grand nombre, Hdr. Suft ahù^'i, as-tu vu mon
frère? — Suftuh, Je Vai vu. — La" ma suftuh, non, tu
ne Vas pas vu. — Alla suftuh, 5Z fait, mais oui, je l'ai
vu, Hdr. La lurah et les dialectes du Nord disent ici ^b,
mot que les Bédouins du Sud évitent de prononcer parce qu'il
rappelle ^ < ^^b , malheur, épreuve, calamité et guerre vhv.
% existe en Syrie, dans tout le Nord de la Péninsule, au
Yéman, en ^Omân et en Algérie, Marçais Ulâd Brâhîm
p. 193 et n. 6, où il y a: wallâh âlla-ntà mâhbûl,
par Dieu, tu n'es qu'un fou, un maboule (< ày^), ce que
je traduirais plutôt par par Dieu, c'est que tu es un fou.
Fleischer Kl. Schr. III p. 411.
»Lj3 _j.! % Jj", lie insisted that I should go icith him, Spiro
p. 16 et id. *jyi3 "iî iJ^ (jiJ^ Lo, the first thing he did ivas
to strike him. Même emploi RO p. 20 en bas et p. 21,1.
_^. i^y^^ "^1 ^jJ>£- cji^î V%^) tetiez l'amour loin de moi:
c'est que l'amour blesse, chanson populaire égyptienne, chez
Fleischer o. et 1.1., qui ajoute dans une note: „Forte affir-
mation à expliquer par une ellipse: "ii >^ U, "^' o>^^ ^'
103
ce n'est pas autre chose que; aussi seul, comme chez Bocthor
sous certainement: me connaissez-vousf j^^À_5j_3t_j" ; réponse:
certainement "i]".
Nous trouvons la même construction dans un vers d'un
poète yémanite chez Yâqoût II p. 890, 1 1 :
Ils (les ê^ du verset précédent) ont prétendu à la haute
> . position, mais toi, tu lui (à ^^Ui!) as domine' une large dot.
Et, par conséquent, c'est toi qui as te droit de l'épouser
(cette haute position, personnifiée comme une jeune fille
qu'on demande en mariage).
%, voilà que, 1218 n. 1. 1: "il vJ^.-^ L-o "^îj ^j-^/o tL=> ^»j-i
)U^Jo\, lorsqu'il arriva à leur campement, voilà qu'il n'en
o
vit que les traces. On peut ici dire également bien Lij.
conjonction restrictive. Sans négation précédente, 659 et ss.;
662 ; 669, 4 d'en bas ; 906, 4 ; souvent dans les textes de R D
et de RO, p. e. p. 398 N° 17: Ihabb 'lié min clarfe, ')
les grains ne viennent que d'un même panier, = Syr. J. Uls"
1^ !^î; Nôldeke WZKM IX p. 14. SAE IX p. 5, 14: wad-
dunya tazhi illa ma'^a had, et ce bas monde ne prospère
que pour un seul (je ne le comprends pas bien). — j^] "^t - U,
658, cf. sub "^S afflrmatif. — "l:^ i^!, d moins que, 506, 2 d'en
bas. - ^! oL=>, 352. - 'î] oL^ Lo, 351. - _5 ^î >i>o^o U, 1222.
En Dt., on dit même ]<\^ ^! y«»j, ceci seulement. — Sur
':î] = Ù, LA XX p. 317, 15 s. — Je fais pourtant observer
1) Que j'aurais transcrit el-habb elle etc., car l'article est el et
elle n'a de hamzah que dans la graphie littéraire.
104
qu'il est souvent difficile de dire si *5l est affirmatif ou restrictif.
pronom relatif, 12,8; 30,20; 40,4; 61,17; 70,3; 172 d. 1.
passim; 370, 8; 421; 1022,6 d'en bas. Emploi particulier
de eldi chez Kampflfraeyer ZDMG 54 p. 625.
se
pronom relatif, 407 et ss. LA XX p. 343. > illedi,
illidi, 61, 17; 71, 14; 83, 15, 20; 85, 23; 86, 16; 91, 14 et
passim; 984,3 d'en bas; 1372. = Ji^, qui, 422; ce qui,
407 n. 2; 422, cf. JL^ 412. = elledî^ illedi', 408,1. —
PI. Q^JsJ! 418. — ^i ne provient pas de ^J^3JI avec chute du
à>, Prov. et Dict. p. 297, ainsi que le soutiennent Nôldeke,
Brockelmann VGSS I p. 132, et Rhodokanakis P^DIIp. 82,
mais ^\ est une forme particulière des dialectes. Le o n'est
pas non plus tombé dans hâdâk, ni dans hâdal = Jf U>,
Brockelmann o. 1. I p. 132. t^5JJî est composé de al + la +
dî, soit de trois démonstratifs, 407. Si le 3 était tombé, il
ne resterait que al + la -f i, et, pour être dans le vrai, il
faudrait dire que dî est tombé. Par contre, dî est resté
dans ildî vhv.
Alla est devenu alli, 422, peut-être sous l'influence de la
finale d'ail a dî et de di, et ensuite illî par assimilation
vocalique (l'article est aussi il à Beyrouth et quelquefois
ailleurs, mais rarement), mais h alli < ha 4- alli 412. Li
^est le relatif ordinaire en Hdr, mais je ne soutiens point
que ce soit illi retranché de la première partie, comme
l'explique RI) II § 1 y, § 13 v et § 17 h, car ce sont là deux
relatifs faisant bande à part. Nous avons également ce 1 i < 1 a
dans d^!3 (i^Uo), celui-là, cela, où il y a les trois démonstratifs,
105
voir sub J et é. Brockelmann o. 1. § 94 b voit ici une dis-
similation progressive, mais je ne le comprends pas, et lors-
qu'il y dit que hâlan, tout de suite, a donné par le môme
processus hâlin, je le comprends encore moins. La science
n'est pas aussi compliquée. Ce qui me met la puce à l'oreille,
c'est que déjà dans la lurah il y a al-la-dî, c'est à dire
le génitif de dû, vhv., lequel existait dans le dialecte des
Tâyyites comme relatif et que nous rencontrons dans l'in-
scription d'en-Nemârah, 415 et ss., tandis que les Hébreux
avaient zu et zê, les Ethiopiens zâ et les Araméens dî<dë
en syriaque. Le Code Hammurapi porte su à côté de sa,
selon Brockelmann o. 1. I p. 326. Or, il me semble que dî
dans ^^S^i représente une époque plutôt moderne. Il s'est
propagé jusqu'au temps présent dans le sudarabique dî, di
et l'araméen dî, et dans la périphrase du génitif possessif,
V. sub oi=> et ^3.
= qK ou plutôt vulg. ^1, avec ou sans les suffixes, 1296,
1270; = cl. o]. Construction courante dans tous les dialectes.
Le pronom relatif n'est pas ici senti comme ^^'i, mais bien
comme un vrai pronom relatif. Par les exemples que je
donne, outre ceux de la page 1269, on voit que i^SS] ne
se met pas seulement après xJU uuJi. Hamdùllah illi
ateyt ^àlyi biheyr, grâce à Dieu que tu sois venu chez
moi sain et sauf, Haurân. Il-hamdilla ya rabbi illi
râhat ""anna en-nagâse, grâce à Dieu, ô Seigneur, que
la souillure s'en soit allée de moi (= m'ait quitté), Littmann
NAVP p. 26 N° 133; la traduction p. 122 n'est pas tout
à fait exacte. A Damas, on dit: \cj\j^ L ^] ^-^JU, il est bon
que cela ne soit pas arrivé, lorsqu'on ne donne pas de suite
à une chose, =: ^U?^ iLcL^^ iu-^; c'est à peu près notre
tant mieux, i-î me fut ici expliqué par ^j. Yâ hsàra illi-
10(3
1-ard mus mazTCi^'a, quel dommage que la terre ne soit
pas ensemencée, Bauer Pal. Arab. p. 245. El-hamdilla illi
sufnâk bihêr, grâce à Dieu que nous t'ayons vu {nous te
voyons) bien portant, Syrie = Bauer o. 1. p. 225,2. Al-hamd
1 il la h halli rigue't bis -si h ha, grâce à Dieu que tu
sois revenu en bonne santé, Harfouch Drogman p. 169.
*j'^j*^ Ijy^ ^l! -^^5 c'est bien que nous soyons devenus ses
voisins, Lieb. v. Amasia p. 10,8= Brockelmann VGSS II
p. 605, 11, qui veut que Î! soit ici = L). c>^" il Syp- J^
\Jd' J,Li Q^, Je te remercie de t'être donné tant de peine
pour moi. ;,l>.ac ^\ j^^Ji^,, pardonnez-moi si je vous ai
manqué. c>.aj- ^\ ks'^, c'est bien que tu sois venu. Ces trois
exemples sont tirés du Traité de Moh. Ayyad et-Tantavy,
Leipsic 1848 p. 73. éiJ^ Jj ^X! sàa ^;,>.^\xXj^ '^\, je m'étonne
de lui qu'il soit allé là-bas. Uxi^l/ |^i;oR.4-w le ^li «Uiô U=>(
(pr. m as-mi -^a s), nous l'avons grondé de ce qu'il ne nous
a pas écoutés, (pour ne pas nous avoir écoutés). Ces deux
phrases entendues au Caire. Lo 0:^*53 Le ^i,) xU cs^, grâce
d Dieu que tu ne nous aies pas attrapés, Bâsim p. 15, 7 d'en bas.
El-hamdu liiia (ou lillâh) illi gat ''ala salâma, ail
is well that ends ivell, Spiro p. 218; cf. ici p. 105, 4 d'en bas.
I SaM IV, II p. 35,21: ^^^î^ ^ (^aÀi! xU lX*.^!, grâce à
Dieu que je ne sois pas mort, et ib. p. 128, 22 : xU tX^
jJ^"^ J,y'j jj (^o>it, grâce à Dieu que vous ne soyez pas
venus chez moi pour que je commette l'adultère, = Brockel-
mann 0.1. II p. 568, 12; voir la note de Zetterstéen ad 1.
p. 33. Brockelmann envisage cette construction avec ^^Ài!
autrement, mais je ne saurais l'approuver, et la phrase citée
n'est pas là à sa place. Voir aussi Brockelmann II p. 612 h,
107
mais dans la phrase y citée de Jahn SAE III p. 54,23:
ana faza^t li yiga" si ''askar fil-hondûl, ce li est
une prononciation individuelle, mehrite et maltaise pour "bJ
après les ver.ha metus et cautmiis, 567 s., Nôldeke, Beitràge
II p. 19 et 20, et ne saurait servir d'exemple. Nous voyons
donc que le relatif > conjonction est d'un emploi fréquent
et répandu non seulement en arabe, mais dans d'autres
langues sémitiques.
Dans notre dialecte, on dit même ^3 ÂÎ, comme 83, 14 :
es seyt fid-dinyâ ille di^ kulle marrah bèlqa
hâgah = tripol. elli etc., qu'ai-je fait de mal dans le
monde que (= puisque) toutes les fois je trouve quelque chose
de mal? Voir Brockelmann o. 1. II p. 612 Anm. Ici le datînois
aurait pu être remplacé par ^^i ou ^l ë^-^p-. En Algérie,
élli et bélli, que, < b 4- élli, Marçais Gr. Tl. p. 191 et id.
Ulâd Brâhîm p. 199 et p. 193.
Sur l'emploi identique des relatifs araméens di, de et du
mehri d, comme conjonctions, voir Brockelmann o. 1. II § 407
et § 404 i. Sur les relatifs hébreux "[2!^ et "'^j voir Ges.-
Buhl sv., Kônig Syntax p. 560, Brockelmann o. 1. II § 406 e
et sur le relatif assyr. sa ib. II § 408.
o o
v«àJ] > ^ij), se. ^LvuJi, damoiseau, 847 n. ; Brockelmann VGSS
I p. 47.
v»j^L«, agneau engraissé, 715; cf. ^b^'0'2'3, agneau appri-
voisé, selon Ges.-Buhl sv.
< ^J "î)), mais si (pr. èllan), 1648 d. 1. — Sur ilôn, con-
jonction et préposition employée dans le Nord, on lira Snouck,
Mekk. Sprichw. p. 93 s.; il propose pour la préposition
l'étymologie qj! ^i, ce qui ne me paraît pas impossible.
108
xUî, Dieu, prononciation 403, 10; 1273, 13. k% ^ (--^-),
657, 8 d'en bas et n. 2. Arabica III p. 81 d. 1. : .lÛ^-'î JÎ ô^
----, où il récita et chanta alla, ib. n. 5. Avec tafhîm,
aliâh ou àHah, 1189; sa provenance, 1193. Billâ ou
ballâ, 1228. On se notera K. el-Arânî XII p. 6, 19: TULi,
fa^'allah < fallâhu et on lira Nôldeke z. Gramm. p. 9;
cf. K. el-Ar. V p. 16. La formule A^" -silf n'a pas été créée
par Mohammed. As'^ad Tubba" avait sur sa bague, (*J"'->,
gravé ^.iIaJLjù' ^.J^t Naswàn o. 1. p. 100 en bas, qui dit que
(^^Ui! en himyarite signifie aI^î, c'est donc = ^\ju ^JJt,
et correspond à Ztv; v^Pk^toç^ et ^'î aU!, à Zsvo- [jJyiaroi;]
vieille terminologie orientale. — 'iS'^l ou 'i^'Si\ est dans la
tradition islamique la déesse solaire, voir sub Kj^^i.
il
préposition, 7,15 et passim, ou J, 7,6,13; 171 v. 10 et
passim; 331; 566; 1211,8; 468 n.; 469; 566; 1041, 10 d'en
bas; voir ^. = J 7, 11; 76, 11 et passim; RD II § 289.
^^J, 799, 3. - > lit vhv. - Le ^1 = UJ, 468 n. ; 471; 566
et U ],!, 27,26; 28, 2, ce qui, dans le Nord, devient L LJ|,
vhv. - ^-^5] < ^^f ^1, 49,7; 474 n. ; 1030; 1087. Ne pas
confondre avec ^] vhv. — ^l, 474 n. ; 818,2 = Û.
Vi
pronom relatif illi, 11,4; 421 et s.; aussi prononcé àlli
par les Bédouins de Syrie et dans le Negd du Nord, 422;
1249; 7 d'en bas; 1711,3 d'en bas; 1712,2; WZKM XVIII
p. 178, où Haffner confond le relatif illi avec la préposition
109
il>ill, mais cette dernière forme ill n'est employée que
par les Hadar de Syrie, jamais par les Bédouins, ni dans le
Negd, Socin Diw. III § 46. Les Bédouins du Nord disent
1 e y y i , à moi, 1 ê k , d toi, 1 ê h a , d elle, etc. Wetzstein
ZDMG XXII p. 183 n'est pas tout à fait exact. Haflfner
dit même 1.1. que illi est pour ^l t^SJ^, ce qui est erroné;
cf. SUb ^_aS^'.
*LJf
•' i'
Cette prononciation n'existe que dans les dialectes bédouins
du Nord et en çlofârî, RD II § 10e et n. 4, § 28b et 9,
mais en çlofârî seulement comme préposition. Dans le Nord,
LaJ! représente aussi bien "^j < "^ = Î3! que ^Xî préposition
1367,2.- LJI<^t<^, sz, lorsque, 351; 472; 474; 494,5;
785,9,10; 1192 en bas; 1193 et n. 1; 1216,3 d'en bas;
1249, 6 d'en bas ; 1260, 1 d'en bas ; 1276, 6 et n. 2 ; 1341, 7 ;
]344, 4; 1367, 2; 1648, 3 d'en bas. Dans le vers Lit est -- ,
785,9, 10 et n. 2; 1093,6 et n. 8 ; 1193,1; 1271,6 et n. 2 ;
1341,7; 1367,2; dans 1094,3 ilya fait une seule syllabe,
si ce n'est mal transmis, au lieu de "^ = \ô\ , ce qui n'est
pas nécessaire. D'autres exemples dans ma La langue des
Bédouins ""Anazeh, passim. Cette forme LJ! existe aussi en
tripolitain, Stumme MGT p. 276, mais c'est alors la pré-
position ^\ , peut-être aussi J ; en Algérie, conjonction, Marçais
Ulâd Brâhîm p. 193 et n. 4. On lira Hadramoût p. 523. —
L« LJt<Lo ^t, 59,24; 65,15; 472; 505, 9 d'en bas; 904, 8. -
jj^ LJI =y> ^], 904, 9 = «LJj = V ^' ou v '->' vhvs. - ^^l,
lorsque je, 737 n. 4. — LJ5 < ^H^ 351 en bas; 472, 14, 19, 20
et n.; 1216,3 d'en bas; 1219,19; 1222; 1419,20,= %
vhv. ; cf. ^^^^, ^ io! et JjV j^ J^LL f^ "^t ^^ LdJf^, 1222, 2;
110
cf. ^U Pour plus d'exemples, voir sub "i et ma La langue des
Bédouins '^Anazeh Gl. sv.
Rhodokanakis, en citant Dt 1367 et n. 3, dit RD II p. 84
n. 4 que LJ!, correspondant aussi bien à "i^ = lit qu'à ^!,
prouve que dans la conjonction ^] la première lettre n'est
pas prosthétique, Vorschlag, mais radicale parce que sans
cela le J ne serait pas „moui]lé". Je crois que mon savant
confrère est dans son tort. La préposition J, > J, reçoit aussi
un e prosthétique, p.e. essurli < elsuiii < (ji^, 691,8;
elMuslit < laJUoJ, 1091,4 d'en bas; elhâlhom < ^'L^ <
j*.^L5\!, 1152, 1 = ennefsu < \>*il! < xwàJ, 354 n. 1, etib.
1. l:inna<ilna <LJou UI. Dans le Nord J fait presque
toujours il, 820,3: ^Ji < «J; ib. 1. 5: (*^î < ^\ le hadarî
du Nord dit ici ill, 806, 5 d'en bas; voir ici sub J et ^Jî,
La conjonction "bJ fait également il: hîn il > ^^yp> =
L ^^J^, 737 n. 4. Cet 1 „se mouille" également en dofàrî, >
liya, RD II pp. 114; 120; 121, comme dans le Nord bilya <
'^ Hdr Gl. sv.
En mehri, le même „mouillement" a lieu dans le pluriel
la (le) du pronom démonstratif, qui fait aussi lié, lié, lie,
lîye, en passant par le y, lîy, selon Bittner St. mehri, III § 49,
de lyâ < là ib. IV p. 56, de même que dans le pluriel
liyakem. Je ne vois donc pas pourquoi notre ila ne pourrait
aussi provenir de là avec prothèse et ensuite être mouillé
en il y a. Voir pour plus de détails sub ^5. Je veux seulement
dire ici que ^ est plus répandu dans toute l'Arabie que ila,
surtout dans le Sud.
"iÇ, > % on, oder, Nord et Sud, comme RD II § 29 b.
Cela même lorsque % provient de "ij^ < ( j) "^ + ol + -5'
111
473,12,14 et n. 2, voilà que, = 1J5 < ^û < ^r> < ^3)
dans le Nord, où l'on dit aussi bal y a < ^, sans. Chez RDI
p. 35, 4 : u 1 â w â h e d s a r ma' h t â h . . . . u 1 â w â h e d
raggâl sâr ma' bintah yisti'mrit, c'est la > ^l = îoî
conditionnel ; ib. H § 29 b.
Lot
. Jou u, 1339 n.; Hçlr p. 771; Boh. II p. 10 et Tab. I pp.
1718; 1719; 1754, les missives du Prophète.
Lf est aussi une exclamation d'étonnement. vi:/JJ! ^o^ U!
Ulv-^, mais que cette fille est jolie] Dt, comme en 'Oman
RO p. 20,5 d'en bas et en Egypte: Qtv^j» ^V f^-fr^ ^U
mais c'est donc vraiment une impudence de barbiers ! Bâsim
p. 25,4. 'i^j^ (j;o xU!^ ût, par Dieu! voilà ce qui est drôle,
ib. p. 41, 11.
?
^ oûî, 161; 1724. — Sur j.î, mère, voir sub _^t et sur
les noms de démons composés avec j.! , Jacob Sanfarâ II p. 30.
j.Lal, 891, 11 et n. 1 sur l'origine de l'Imâm.
352 n.; 412. Je crois toujours que l'égyptien ummâl (ou
ùm-mal) n'est pas encore expliqué, Pr. et Dict. p. 198.
Cet ûm dans ûmmâl pourrait bien être le même que dans
le syrien (ii)m bal a, mais oui, Lieb. v. Amasia p. 60, 11
et n. 8, Weissbach ZDMG 58 p. 939,26: ëmbâlà, et le
'omânais m bêle, sans, que RO p. 11,6 dit, je crois à tort,
être pour ^b ^, cf. aussi l'égyptien ummayya < mayya,
eau, Spiro p. 586. C'est un son prosthétique murmuré et
nasillard que Wetzstein n'a pas bien compris. Une oreille
112
inexercée n'entendrait ici que mal , et moi-même, très souvent,
je n'ai entendu que cela. Je veux ici citer ce que dit le
savant Nasr el-Hurînî dans son excellent ioyajJI ^Llùî, Caire
1306 p. 111 : ^^ ^!^ ^^ ]Sj> >iLi ^^W : ^y ^; ^ iuIT Lot
^.4^" ^j^ î^j*^'*-» "^'*-^^ ,La^^ 4y^> ^^^^ d'autres exemples;
ensuite: yjéJJ^J,^ J. l^jJ^f xjLs ^^^'oL^n ^j^ b, ^^^^^5 J^ y a UjI^
Nous voyons donc que "^5 était imàlé, c'est à dire, pro-
noncé le ou la, comme il est encore souvent un peu par-
tout, même li, vhs. Cela est conservé dans l'égyptien
(u) mà-lèh ou malèh; cette transcription n'est pas une erreur
de ma part, Pr. et Dict. p. 198, comme le pense A. Fischer
ZDMQ 59, p. 656 n. 2. Si le mot égyptien vient de ^û],
il a conservé son sens, car il veut dire donc, oui alors, comme
le traduit aussi Moh. et-Tantâwî, Traité p. 74. Je traduis
aussi jû) par donc, certes, selon la phrase. Bâsim p. 6, 6 :
JLcl *-jj _yj! Jlî, qu'êtes-vous donc!' Ib. p. 22,10: »^^ «t^^j
^"^ l £ A.à ^ (3L-«! ,^ci.j! Jï ltI^-^ ^-♦-«-j' j^îc, e^ demain veux-tu
encore faire le gendanne? Oh, mais certainement; il 7i'y a
pas à dire .... ^OJ^ JÛ! iJUj'î JIjù" - «^J - ? ^^'o kJuJJ! c>J!
^yi, es-^?^ ^26r<3 ce soir? - Oz«'.' - Fîews donc chez moi un
peu ce soir, Caire.
Torczyner, Entstehung p. 152 ') dit que ummâl vient de
immala, où la première partie du mot serait un ancien
') Il y dit aussi que vulgairement i-*', quant à, devient Wj mais
cela eàt une erreur.
113
adverbe à l'accusatif a m > i m. Cf. Brockelraann o. 1. I
p. 229,1] d'en bas et II p. 654; A. Fischer ZDMG 59
p. 656 ss.; LA XX p. 357. Nôldeke Zur Clraramatik p. 63
rend le classique i m mal a ou i m mal a par also, donc, ce
qui est tout à fait juste: (jjiLi "^L^^ J'a, il dit: desce^id donc!
Tab. II p. 1401, 2; ^JuLx-s *:iU, va donc de l'avant, ib. II
p. 353, 9 (citations de Nôldeke ib.)
.^), hossu, égyptien, 1167 n. 1 < turc ^y^^J) vhv.
Dans le verbe yiî, on entend toujours une prolongation de
l'alef initial, ce qui a aussi été relevé par Socin Diw. III
§ 126. On pourrait donc supposer que y*! est la vraie forme,
699, et que le participe M, 363 n.; 699, est régulier pour
j^_^, mais il faut plutôt y voir une forme analogique à
jci>'-c, J^'Lo, ^^Lfl et ^U RO § 386 etc., vhv. Le participe
passé est partout .y«U . Âmar est du reste la prononciation
de presque tous les dialectes, tels que ''Anazeh, Mésopotamie,
Meissner NAGJ p. XLV §72, Tunisie et Tripolitaine. L'im-
parfait en est yô'mor, comme en 'Oman RO § 2, avec
conservation du hamza, qu'on appelle à présent „détente
vocalique, Vokalabsatz". Cette conservation n'est pas limitée
à l'Egypte et à 'Oman, RO §314, Brockelmann o. 1. I §37c.
Il y a bien aussi des personnes qui prononcent yômôr
(yômur) et même yfi'mir en allongeant la voyelle, qui
même alors peut être suivie d'un hamza (yô'môr) sous la
pression de l'accent. Le hamza ne disparaît pas toujours dans
l'intérieur des mots où il est radical. Ainsi, on ne dit jamais
sal, demande, impératif, mais îs^'àl, oii le hamza est très
distinct, Brockelmann o. 1. § 38. Takûn en te h suit An
114
1 i ^ ô m r a k t a " m i r u t i n h i ,. tu seras sultan toi-même : tu
ordonneras et tu prohiberas^ traduction datînoise de Brode
MSOS V, II p. 14,4 d'en bas: tkûn nte 1 melik bnefsek
tu'mir utinhi, où la traduction de Brode est incorrecte.
La raison de cette forme participale est facile à trouver.
L'a syllabique initial ou tombe dans Jc>! et Js' > À=> et J^
vhv., ou bien il est allongé en â: àhad, âkal, âmar,
aman. Instinctivement, on y voit alors un Joci, et qui doit
alors avoir le participe Jjtà^; mais ne pouvant adopter ce
' ' ' '
paradigme en entier, car Jc>yo, J^yi, w«^ et Q-ty», réveil-
lerait une autre idée transitive que celle qu'on a en vue, on
s'arrête à la forme hybride LXi>'-o, de façon que l'a est en
tout cas conservé et le sens reste le même.
RO § 182 donne pour émar, le participe présent âmor,
mais -j'ai aussi entendu des Omânais prononcer mâmir.
Pour J^î > kel et lX=>! > had, RO § 315 donne pourtant des
participes mâkil et mâhod et ib. p. 189 n. 1 il dit que
cet m est probablement sous l'influence du part, passé, ce
qui n'est pas probable. Voir Marçais Gr. Tlem. p. 71.
-<î = ^y>5 510; 513. L'exposé de Grimme, v. ici p. 513 n.,
ne doit pas être dédaigné, comme l'a fait un orientaliste
connu. Le ^^3 et le yst jouaient un grand rôle dans la
religion du Prophète; cf. Tab. I p. 1193, 13; 1247, 2; 1488, 1.-
^?5i = ^^LLJLJî 107,18; 109,16; 158 n. 9; 112,1; 486,8
d'en bas; 548 d. 1.; 661,2 d'en bas; proprement le gouver-
nement, V ordre, comme Prairies d'or V p. 361,2,4.
yo], fém. «^], 713 et n.; aussi akk. immeru, ZDMG 70
p. 345. Zimmern Akk. FW p. 50.
s^jU!, sig7ie, 12, 25, > b.Lo 430.
115
oc
(j**-*!, hier dans la journée, tandis que r'j^^ est hier soir.
J-aJ]! ^5 -.^LJ! Jj^il] J, ^j*^î disent les Datînois; v. ^j*.J^.
Cf. l/"~^^c^-o. Voir Torczyner o. 1. p. 17.
^xl
^1, a, e7re e?i sûreté, fait le participe mâmin 363 n.; 556;
cf. mâkil, mâljid, mâmir etc. vhvs. Avec "li suivant
567 et s.
ioLoî > KiLo, mfina, 140,17; 1600; v. sub !.
*i]t i^î, 836 n. 4. Halîfat 'Omar II, éd. de Goeje p. 25; I
Qot. p. 359, 11: ^oUî Kxii L u>JÎ Q^, qui es-tu, servante de
Dieu?
^^
désinence an, 293 et ss. ; 1411 et ss. Beaucoup de noms d'ani-
maux finissent en an 1412. 1 Sîdah VIIIp. 75 donne wJUî masc.
et 'L>)^ fém., qui est aussi iJLxi et Jljti;, vhv., et pour le
masc. aussi qL4*^' et ib. XVI p. 110: ^SX\ ^}>£. «jb L^*i!!^
y'Ài) ^ ^. v/*^'3 ^^'3 e5^i%î ô^ ur ^Liii y^ï /j^J] ^î
^LLti ^1x1^3 ^[^1 f^lî \^S.A ^\ ^yCj ^ Le Ijjy !3'o ^^lî^.
Cf. Torczyner 0. 1. p. 230 et p. 244. Ce suffixe existe aussi
chez les Bédouins du Nord dans les noms de chien, Hess
Bemerk. zu Dougthy's Travels p. 4 donne une liste de 23
noms de chien dans le Nord, 011 ^,^L« est pour le mâle et
'sSjti, pour la femelle, ce qui quadre avec l'assertion d'Ibn
Sîdah. Noldeke, Beitràge I p. 78 n. 6 parle aussi de ces
116
noms d'animaux en-ân (on), sans nous éclairer sur la nature
de cette désinence. Il dit seulement qu'elle désigne le mâle,
ce qui est corroboré par ï Sîdah ut supra. Rhodokanakis,
Dofâr II p. 210 et p. 211 et id. Zur Formenlehre des Mehri
p. 19, y voit un diminutif, comme Brockelraann VGSS I§217.
Je ne le crois pas, 1412. Torczyner, Entstehung p. 227 etss.
y trouve un reste d'un accusatif adverbial, ce qui me per-
suade encore moins. Si an était un diminutif, on ne s'explique
pas trop pourquoi il s'appliquerait seulement au mâle, qui
est toujours le plus fort, le plus grand. Ce ne peut non plus
être un pluriel, Rhodokanakis o. 1. p. 19.
an est aussi la désinence de beaucoup de plantes, 1412:
..î pp> et j*i^, balisier, osier; ^^b>\J^,^, papaver {?); j^Lo^L-
et f±^; jJ'/ = ^/, LA XV p. 421; ^L^, dans W.
"^Alasân, dans le Hogarîeh; ^^j^ et (T)^, Yémen.
an, désinence diminutive, v. J^! et ^^^^^
an, désinence des adjectifs, 1414 n. 1. Barth, Nominal-
bildung p. 322 et ss., traite des noms à suffixes â n , mais
il n'en élucide pas la nature, ni ne parle de toute cette
catégorie de mots ici mentionnés. Torczyner o. 1. considère
toutes ces formes en-ân comme étant originairement des
accusatifs adverbiaux.
o'
SjIj:! ^.y, 26,20; 31,8; 798.
c!
affirmatif au commencement d'une phrase, 31,10; 32,19;
42, 19,21 et passim; 85, 25; 86, l; 141, 2; 351 ; 352; 481, 10;
486; 490,9; 495; 1302; 1598 n. ; ma LA p. 57. Souvent
aussi chez RD p. 2,16,25; 121,5; Sanfarâ, éd. Jacob I
p. 21. Le plus souvent, il faut rendre la prononciation par
inn, 479, et c'e-t ainsi que j'écrivais toujours dans mes
117
Pr. et Dict., de même que RO § 227. Der Islam VII p. 113.
^^*, 8, 11; 351 passim et s. Dans les parlers bédouins du
Nord, on trouve ^^3 tout court, p. e. ^^^ -LL ,^^^'>i »^fo
0IJ! ,3 j^îj l-^j^, Je lui ai flanque un bon coup, et le malandrin
tomba du dos de la jument, et le voilà par terre, récit
de Haurân, voir sub S±^. Dans la littérature classique,
nous trouvons ^^^i = *jtj, p. e.: ^^! Jiï A*^\ J-^ i^ij *-^-5' ^y^
Uls'!^^ oi j^r''^ ' ^^^*^ ^^^^^ maudisse la chamelle qui m'a porté
pour venir chez toi! Ah oui! et celui qui Va montée! K. Ar. I
p. 9, 15, et plus loin 1. 8 d'en bas: ^_cJt♦J U^^ ^l ^«AjjJî Jiï
(«jtj. Suivent deux autres exemples classiques. Déjà en babyl.-
assyr., a n n a est oui : pi-i-su an-na lib-ba-su ul-la =
^ \J (j*xj) ^^j s^î, sa bouche dit oui, son coeur, non, Torc-
zyner, Entstehung p. 17, oià d'autres exemples, ib. pp. 21 ; 202.
^l est souvent aussi afflrmatifdansrapodosis, comme aussi J.
jijLc L jj^\ ^^ j^l jJu L\x;ciA!! ^, si la poésie enrichissait,
les Ba ^Atwah seraient bien riches, eux. Hdr.
ii-wjudli, 8, 11, 14, 16, 23, 24 et passim dans ce texte. ^\*,
(ji^l (jsc ,b Lo .b j^ii '^r^^^Jj ^^^'"5 c^^^^-s; placer les tentes
tout autour du bétail, 19, 12.
explicatif 1012,10 - ^JS 1309,9 - L^y, ^uy 490.
Conjonction conditionnelle, si ^= ^ '■j, vhv. ^1 est le plus
souvent suivi de ^^1^. Cependant ^! seul est peu employé
en datînois, et ^1^= vhv. seul, sans conjonction, a la
même force que ^^é ^i Qt ^^ 'i, de môme qu'en ^omânais
RO p. 288, et dans le dialecte de Waddây Carbou p. 101.
lis
■^ ^li q! se dit également où "^ accentue davantage la con-
dition, comme dans cet hémistiche, faisant suite à la poésie
Dt. p. 348:
iLoiLo ^_5l\À£ Jj' l\:> "bJ ...1^ ...I
Si quelqu'un me dit que fai une obligation envers quelqu'un
où *:^ = ^^î conditionnel; on pourrait dire tout aussi bien
3i A==. ^ ^! ou Jo l\> "^.
^ ^-J-^i si ce n'est que, seuleme^it^ 658 et ss.; 14,3; 56,
21; 69, 16; 111, 1; 131, 7; 143, 12. La négation est souvent
supprimée, 1571,5; 1590, v. U; aussi dans le dialecte de
Dofâr.
^^ (jl, n'importe quel ou qtioi, 400 n. ; 736 = ^li L ou ^^
tout seul, vhv. ^^ L uVJb- ^.o"b5!, el-adlm est îi'importe quelle
peau L A XIV p. 275 en haut. Même emploi dans les
dialectes bédouins; voir plus loin ^^ ^^ ou/.
J^' ci^ L?*^ >-,oLiCJl ^ oLp, donne-moi les livres qui sont sur
la table. wUS' (^ ^jiiî, g^e/s livres? Rép. ^^1^ ^] ou ,^^1^ Ls,
n'importe quels Dt .
O^ oi ^-^^ 726. Torczyner, o. 1. p. 7, dit ..que dans les
dialectes arabes le tanwîn et la flexion des cas ne se sont
conservés que dans la forme de l'accusatif et avec le sens
d'un adverbe" et il est enclin à considérer ces formes en partie
comme un emprunt à. la langue écrite. Mais la langue écrite
a aussi été parlée telle quelle, cela ne souffre plus de doute
d'après les travaux de Nôldeke et de moi-même, et puis il
n'est pas tout à fait vrai que le tanwîn n'existe que dans
la forme accusative et dont en, in ne serait qu'une variation
vocalique. Torczyner o. 1. p. 7 n. 2 met en doute la phrase
citée par A. Fischer ZDMG LIX p. 811 d'après Lôhr, Dial.
V. Jérusalem § 15: min ayya siklin kân, et il dit „que,
bien entendu, cette forme n'est point usitée en vrai vulgaire".
119
Il se trompe. J'ai déjà parlé de cette tournure, il y a plus
de trente ans, dans mes Pr. et Dict. p. 175 n. Pour Torczyner
c'est bien la nounation, mais à l'accusatif.
.of
,j] après les participes et d'autres mots; il est suivi du
pronom suffixe, 720 et ss.; cf. Pi,0 p. 17, 14 et ss. J'ai
entendu au Soudan égyptien kêfinnak, y a zôl, comment
vas-tu, mon homme? Kefennu, Rabah p. 29, 10. Qef yôm
innha taqbel, arrête-toi le jour qu'elle arrivera ou lors-
qu'elle, Musil AP III p. 248, 1; cf. ici 737. Cela prouve bien
que inn dans ces cas n'est pas la nounation. Ce processus
existe peut-être aussi en mehri, p. e. lâzëmentèy = lâzi-
minni, Dt. et Hdr. Jahn GMS p. 85. Ma Festgabe Gl. sv.
^^]. Mon long article 720 et ss. sur ce phonème était depuis
longtemps écrit et imprimé, l'hiver 1906/7, lorsque mon
ami J. Barth m'envoya son ouvrage remarquable Sprach-
wissenschaftliche Untersuchungen I. C'est la raison pour
laquelle je ne le cite pas. Je suis enchanté de me trouver
en complet accord avec ce savant si regretté. Indépendam-
ment l'un de l'autre, nous sommes arrivés au même résultat.
Brockelmann o. 1. I p. 639 n'accepte pas un phonème in(en)
deiktique, mais il persiste à voir ici la nounation. Torc-
zyner 0.1. p. 157 et passim veut prouver que c'est originai-
rement l'accusatif adverbial dont la désinence s'est détachée
du mot et a formé une particule à part, c'est à dire la
nounation accusative ou la mimation, ce qui revient au même.
Voir un exemple sub ^^^ .
pronom personnel 1391 et n. 1 et 4. — Dans le vers, c'est
tantôt: , 256,1 et n. 1; 1378,4 d'en bas; 1391; Lit^
565,2 d'en bas, 670,10; 1276,15; 1391 et n. 1; 1400,2
120
d'en bas; cf. Sachau AVLM p. 41; tantôt: -- 1391; Ljfj
519,19; 538,6; 660,3; 661,2 d'en bas; 718,5; 1361,3;
1371, 4 ; 1391 et n. 1 ; 1400, 1 d'en bas. - iJ^ -- 718, 6.
^^! masc. 806,6 d'en bas, cf. Sachau AVLM p. 41; fém,
1207 n.; ma Festgabe Gloss. s.v.
Les Bédouins d'el-Hogarîeh disent ani pour le masc. et
ana pour le fém. Ils disent aussi ala<ana et Jsjtlj = Jotiî,
comme en Afrique: ani nistahi minnak, j'ai honte
devant toi, v. Dt. vol. III p. XII. Brockelmann VGSS 1 § 104;
cf. Brockelmann o. 1. II p. 704 ad p. 320. Il est intéressant
de relever que dans le dialecte de Hdr. lil et ^^ (U^) sont
aussi employés comme objet à l'accusatif après un verbe
transitif; voir ici p. 60, 6, 9. Brockelm. o. 1. II p. 704.
oui
i^\, toi, masc. 106 n. 9; 150,3; 168 v. 8; 169 et n. 402,1;
461,4 d'en bas; 515,8 d'en bas; 547,10; 556,9; 1391 et
n. 2 et passim. - bol 169 n. 6; 1391 et n. 2.
vi>ji, 106 n. 9, voir ma Festgabe Gl. s.v. — ^\ fém., 555, 8
d'en bas; 745,8; 1391. ^^^<^^i!L, 1470,5 d'en bas.
^^■A^. ;«r^' o^^J^ ^JLÂJ , si tu veux que le taureau laboure,
461, 4 d'en bas. Même contraction Diw. Hodeyl. Wellhausen
N" 279 V. 1 (Tawîl):
^ O-û _c
Demandes tu concer7iant la gent yémanite '), ou bien es-tu
un homme ayant réimi les cla?is -)....
') En allemand, mieux: fnigst du nach = te soucies-tu de.
û _-
2) Sur (.y^, voir 1152 et n. 2 et 3.
121
et ib. N° 250 v. 34 : ^.^jp-l*^ ^c*-^ oLc îiA-c <^;^j! Ji» , est-ce
que demain matin tu seras avec moi et seras-tu mon ami?
On trouvera dans ce diwan beaucoup de ces jf^\ h^f^->
licences poétiques, qui, à mes yeux, ne représentent que les
mêmes que nous rencontrons à tout bout de champ dans les
poésies populaires et qu'on pourra constater à chaque page dans
mes ouvrages, y compris ma Langue des Bédouins 'Anazeh.
_^iî, pluriel, 536,3; 716,8.
U»
jî, gémir, > 3', 1760; cf. c>J!> i, g^j^ ^, ^c, vhvs.; et »î
o'
ancre, voir sub ^^^^j; KO p. 182,8.
Verbena officinalis, chien-dent, ma L A p. 42 en bas et in
sub (j^^o.
^!, gémir, Schaade Uhud p. 45; cf. ^!, i.i>^j!, g,j et ^c vhvs.
y^àUcwt, le plus souvent avec la négation: u^Lcav! lo,je ne
risque pas, je 7i'ose pas, ich traue mir nicht zu RD p. 43, 30;
Jahn SAE III p. 17, 17; 23,3, oià ana ma astânis est
incorrectement traduit par ich kann keinen Verkehr (mit
dir) haben, déjà corrigé dans ma MJM p. 9; SAE VII
p. 136 en haut; Snouck ZA 26 p. 231,14 et 19: wa la
had yistânis, correctement traduit par et personne n'osa.
• iijUol, femme en général, 11, 7; 347; Brockelmann o. 1. I
p. 417; I Hanbal Musnad I p. 360,9; Lammens Berceau
p. 126 n. 2. — iU.j avec le pluriel ^.^L*^, 104,8; 481, 1;
122
1459 et s. — qLw^j < qL^^j!, dim. péjor., 1460.— ^jJj = ^oiy,
1240 et n.
wSJ! , 7162, prononcé ouî^ ou .^j] , voir sub j*kî> .
a
g;
restrictif 665.
(_^î, i, voir les dict., 1132,3 d'en bas et note 3, = ^^j-^=> ,
Schaade Uhud p. 49.
iLi], vase, 899; 1132. - ^Jl , temps, pi. ^liT, 1132; cf. enu,
temps, en babyl. et ^yj vhv.
Oi'i!? > anî' 413,7 d'en bas. '
si
al dans l'exclamation »! - [5 , 400. RI) Il p. 106.
iU?'!, préparatifs, provisions, 7Sb n. 5.
v_jLj)], peaw az/ec 50?ï po27 1112; encore en ''Oman v^-T^>
Fell, RO § 38, § 47 (yheiyub dim.); § 124 et p. 301, 1 :
pi. yohbân, yuhbân.
JJ'Lc^' , mériter, 698, 2.
:iPt > ^Lsi > jii , 783. ^ U, 783 n. - ji>l entre dans un
grand nombre de locutions. ^->L;-Jt ,}J>^ , 155,16; j^^^^ J.^î,
123
167,6; ^J^ J^î, 156,11; J^ J^l, 1721,11; ^V\J! J^S,
1719,4 d'en bas; KJLjJ! J^t, 1606,13; K^3^! J^S, 147,3;
1448 n. 2; ^^joLiLci.Jt J^S, ma LA p. 71,5 d'en bas; JJ^Î
idLklî, 1611, 8;^^Ui! J^î, 122, 10; 133, 16; 1690, 6; v^t J^î,
43, 7 ; ^jLJ.\ ^] , 1731 d. 1. ; oL^t J^t , 1576 d. 1. - J.^f est
dans le Sud souvent prononcé h al, passim dans mes textes,
et en 'Oman RO § 6, comme cela paraît aussi avoir été
la forme dans le thamoudite, Littmann Zur Entzifferung
pp. 22 et 30.
^\J>1 > JLp , graisse, 604, 7 d'en bas : h â 1.
oc
3I , ou, prononcé ô , 9, 22.
JS, 314, 9 où il faut lire S^\ , paraplirasé par Ja^ai > (ji^t,
mirage du désert.
J^jî J5!, Vim après Vautre, 87,5,6 = ^^'^] J;"^! ^j^,87, 4. J^t
prononcé ôwal 85,8; 87,5 et passim.
!Lj] , provisions de la maison, îjogarîeh. Sa place n'est pas
ici, ce me semble. Est-ce pour kJê < iLic] ?
^>'
(j:^!, i, se rendre à, rentrer, s'en aller; faire halte, prendre
quartier, 9,20; 127,7; 1549. 121,7 il a le même sens que
o'r , devenir, finir par être, comme „%>.Aat et ,-M^t . Participe
i^^^, 140, 16. UlP) l\;x: Lo^i, nous sommes rentrés dans nos
familles, 92, 18. Aussi 'Oman RO § 375. Reinhardt le con-
124
sidère comme un J^li, mais je n'en suis point persuadé.
C'est plutôt une analogie avec — xit vhv., et le participe
mâwi doit être jugé comme À>^, jiU etc. vhvs.
^^^, pronom, suivi des suffixes, ^^j, lesquelles d'elles 341, 2
= ^l, < ^^^î = ^\ < Je]. Ey billa! 35,21.
^^ J, 400. - ^! > ^!, 399; 733; 734. A Fischer a
publié dans la Z D M G 59 p. 807 et ss. une dissertation
fort intéressante sur j^}, dont l'emploi remonte au loin.
Je fais seulement observer ici que es, non es, est la forme
la plus commune partout; Meissner NAGI p. XVI n. Es
n'est employé que lorsqu'on veut appuyer là-dessus: es
g u 1 1 ? tu as dit quoi ? Q u 1 1 es ou ê h , tu as dit quoi ?. Cf.
(jiij vhv. Voir aussi Nôldeke, Beitrâge I p. 6. — ^^'^ ^^l Jii^},
736 et n. 2, oiî d'autres composés avec ,J^}.
_^), 736. V. sub ^t^ ^f; cf. Q.
^j-, (jii! remplace en datînois et en hadramite le (^! interrogatif,
m. et fém. s. et pi. — ^y^ cr <!^ l?^-^^^ iJ^'j quelle raison
avez-vous à mon égard'? = *>o c>o.^« u^'j 82, n. 5. Es
tabâ^'min kitâb, quel livre veux-tu'? "aulaqî. Gâl leha:
es min samra, il lui dit: quel poison? = mehri hësen
men samm, D. H. Mûller, SAE IV p. 74 § 28. Gâl laha:
es min dowâ, il lui dit: quel médicament? Jahn, SAE III
p. 23,12 = mehri hâsen min diuwé; ib. p. 37,19: gâl
leh: eys min sart, il lui dit: quelle condition'? = mehri
hâsen men sart. Estùwet ^alîya qassa. Qàl luh:
es mia qassa, il m'est arrivé {=^ç\ ^cj^»^) itne histoire; il
lui dit : quelle histoire f = soqot. iném dis qassa, SAE IV
p. 158. Après ^y,Jf^^, il faut toujours un substantif, un adjectif
ou un pronom possessif. Hât li el-kitâb. Es min kitâb,
125
donne-moi le livre. Quel livre? Es min belôwid basùrna
fim-safar, quels pays avons-nous vus en voyage? Mais ma
m i n etc. que de pays avons fious vus etc. ! Ces phrases sont
du dialect datînois. Le hadrami et quelquefois aussi le datînois
emploient ici oLjÎ, Hdr p. 235, mais alors souvent sans min.
Même constru-ction dans le dialecte de Zanzibar avec mù,
p. e. ^LoC! ^ yi, quel livre? Praetorius ZDMG 34 p. 224.
R 0 p. 32 offre la tournure avec m h û et h ê n , mais ce
n'est pas tout à fait la même chose: Hên millùktub
tibrâh, quel livre veux-tu?; hên middrùsak t'^àurak,
quelle dent te fait mal?; hên min h in, lequel '(des livres)?
= dat. es m i n h i n et hdr. e y y â t m i n h i n. On voit que
dans ces exemples le substantif est au pluriel, mais en
datînois es min kitâb tabâh est quel livre veux tu?,
comme nous venons de le voir, tandis que es min el-kutub
t e b â h serait lequel des livres veux-tu ? Je suppose que R 0
n'a pas été très exphcite ici.
Maintenant, Jahn SAE III p. 268 traduit eys min par
was fiir ein? et il paraît prendre ce min pour le pronom
interrogatif, tandis que c'est la préposition. Son eys min
ne peut signifier que quoi de? et non 7oas f tir ein? Bittner St.
mehri III § 61 s'y est laissé prendre lorsqu'il traduit le mehri
hêsen men (hâsen min) par was fiir ein?, car il faut
aussi bien dans le mehri que dans nos dialectes arabes un
mot suivant pour expliquer le positif. Voir plus loin.
L'adjectif interrogatif tlemcien As men, quel, quelle., quels,
quelles, s'emploie de la même façon: âsmen râgel, as men
mrâ, âémen nâs, quel homme, quelle femme, quelles gens,
Marçais Gr. Tl. p. 175.
Ainsi qu'on a déjà vu dans les exemples cités plus haut,
• le mehri se sert de la même construction avec hêsen
min, hâsen min (men) oiï sen a conservé la vieille
nounation. Bittner St. Mehri III § 6L On peut en mehri
dire aussi bien hêsen m i r ô d e k , quelle maladie as-tu ?
126
quelle est ta maladie^ = dat. es raàradak, que hôsen
m e n m i r ê d e k = dat. es min maradak, la diiférenee
est en tout cas extrêmement subtile, v^-^ cr (*^ i^'» Q'^^^^^
raison avez-vous? que je donne p. 124, 13 d'en bas, est exacte-
ment hâsen men sâbêb, quelle raison? Bittner, St. mehri
IV p. 30, 5. Sûk hêsen tardai- eh doit selon Bittner III
p. 72, être traduit par was hast du (da, das) du tràgst? et
non avec Hein par was tràgst du mit dir? = dat. es di
tihmaleh ou es min sî etc., mais cela est un peu tiré
par les cheveux et notre qu'est-ce que c'est que tu portes
rend bien la phrase mehrite. Hâsen men warqât, quel
papier / = dt es min gurtâs; hâsen sînis min agêb,
qu'as-tu vu de curieux? ib. p. 71 = dt es basurti min
''agab.
tjy.i, nom propre, 1783.
^] = oLc, revenir, 704; 708; 1281 n.
'^\, où? 735; 1434; = ^xi et ^^ , 42, 17; Hdr Gl. sv. =
^\ ^, D. H. Mûller, SAE IV p. 74,1: fiên =asà= (ou
""àsa) fil-lêl, où est le souper ce soir?; ib. p. 139,28:
fi en ashâb el-marâkib, où sont les propriétaires des
bateaux?; ib. p. 141,6 d'en bas: fî en ahïïkam, où est
votre père? On dit aussi fiwôn: el-rada fiwên, oit est
le déjeuner? SAE IX p. 8,17 (Hein); ib. VII p. 10,19:
fiwên, où? Les Hadramites disent même la fiyên, où,
wohin? et min fiyên, d'où, woher? A. Fischer, ZDMG
63 p. 603 n. 2. Marçais Gr. Tl. p. 181.'
^^î, interrogatif avec les pronoms suffixes, 734.
Les Bédouins d'el-Hogarîeh prononcent distinctement èyna:
127
èyna val las t em-leyla, où as-tu été ce soir, oit as-tu
passé la soirée ? voir sub oyi .
^^1^ ^^t ^Lî = ^^l^ ^ er', Syrie, Pr. et Dict. p. 173 et ss.;
734/5; ma Festgabe Gl. sv.
Jjj, oui, et les autres formes, 1178. xU!^ ^ct, I. Qot., éd. de
Goeje p. 265,5, n'en est certainement pas l'origine, 1178;
î waîd:a, Dt, = 'Oman hê wallah, Brode MSOS V, ii
p. 15, 9. Jahn S AE III p. 189 écrit à tort t^.î. En Datînah,
on dit aussi yâh, 74,22; 1178. Hammam, êh: êh mil-
gahwa ou bil-galiwa, oui, je veux bien du café, Ham-
mâmî. Carbou pp. 23; 67; 69; 70; 178 donne aye, oui.
particule, avec 5 précédent, avec. > uiyfi, 7, 18. > uyâ 8, 1;
341 n. 1; Hdr. p. 14, 15. wiyâhom 354,1; uyirkab hû'
yâh a riggru tizqar bèh, et avec elle monte un homme
auquel die se tient, 818, 1 {o\x il faut corriger la traduction
819,4); hom uyâh, eux avec lui, 818,16; ana uyak,
moi et toi, 1081,9. Aussi en 'Oman RO § 204, où l'on dit
aussi biyâ. L'exemple que donne Reinhardt 1.1.: bû gutlek
iyâh, ce que je t'ai dit, est autre chose, cf. plus loin sur Lt.
C'est peut-être par cette abréviation qu'on expliquera l'em-
ploi de b suivi d'un nom. instrum., 11, 2; 41, 13; 424 et s.;
976; 1307,7, voir subjy>. Brockelmann 0. 1. II § 7a anm.
b l'explique autrement, voir ici sub b.
Cette particule Q^ n'est pas un vulgarisme, car nous la
trouvons déjà dans la Lâmîyah d'es-Sanfarâ, éd. Jacob, vers
32: »lSi^ L^&. Nôldeke Zur Gramm. p. 42 donne un autre
exemple classique d'Abû Çuayb; Jacob, Sanfarâ I p. 22.
128
Qi est aussi quelquefois prononcé ayya, comme iyyân
et ayyân, variante qorânique, Beydâwî II p. 284, 4; Recken-
dorf S V p. 395.
Un autre Q servant à relever l'accusatif d'un pronom ou
après un verbe régissant deux accusatifs, est fort courant
dans les dialectes, de même que dans la lurah. Dans notre
dialecte, il se dissimile en inyâ: andeynàhom inyâh,
nous le leur avons donné, 27,6; 341. Il peut aussi se tron-
quer en y â ; p. e. : t a b h à t lu y â h e n , elle le lia fit cuire,
616,5; mitôl ma ^atèytani yâh, autant que tu m'en
as doymé, (Haurân), 795, 12. Exemple du Nord, dans ma
Festgabe p. 46, 10 d'en bas.
L'adjectif interrogatif Û = ^cl, avec les pronoms suffixes,
peut aussi devenir inye, 341.
oQ, pronom et adjectif interrogatif, invariable dans les
dialectes de Dt. et de Hdr., Hdr. p. 235, mais en datînois
0-. lA!, quel, lequel, vhv., est ici plus courant. Lu m ma
âyyfit bâlâd bfl yebitt el-markab, j?'«é?gî^'« quel pays
le bateau ira-t-il? Hdr. \::jù} se dit aussi dans le dialecte des
'Anazeh, ZDMG XXII p. 1251. Mais c'est là le pluriel.
La forme tronquée et invariable est également pronom et
adjectif interrogatif dans le dialecte de Waddày, Carbou
p. 44 et pp. 37,2; 43,9 d'en bas; 86,3 d'en bas; xit j.^.,
quel jour? ib. p. 228,11 d'en bas; xJ'Lj lo, qui vive! ib.
p. 245, 1. On voit qu'on y affixe les pronoms personnels.
Cette coïncidence de dialectes aussi éloignés les uns des
autres est une des nombreuses preuves de la provenance des
tribus arabes africaines.
*) éQl , exclamation : o^-^ U^j^^*, ^^^1 > '^'oilà que le bétail
s'est enfui, Dt. RO p. 20 oîi yêk < éÛ , comme lêk ou lek
de liUiî, en Syrie.
129
b permute avec m, 641; 1153; madd et badd, 1050,15;
wA-^vJ' et j*^ LA shv.; sur cette permutation, voir I Sîdah
XIII p. 284 s.
b initial répété après la seconde radicale du verbe: o^
et vjby, 1380 et n. 6.
b après la seconde radicale du verbe Oj> et ^f> 1380 n. 6.
préposition, 1293, = J., 125,8; 1293; prononcé ba d'ans le •
Negd du Nord, 812, 12, 14, 19, 21. — Avec voyelle prosthé-
tique, eb (bref), 1090,7 et n. 2; 1093,4, et passim dans
ma La langue des Bédouins ^Anazeh. — Allongé en bî,
84,9; 1093 n. 2 1. 3.
otj^î ib , dans ^-Ic, 607, 2 d'en bas ; 1374, 10 = v • • ^,
472, 6 d'en bas.
«L>Làiî ^L>, 474,11,13; 812,12; 1375, 8. Voir ^î, ^] et ^^t. _
Locutions avec ^: é^ (jù-!, qu'astu!' 84, 15; 875, 4 d'en bas;
1293. - ù, il y a on y a-til9 1217 n. 3; 1293 et s.; Carbon
p. 40,41; M. Chaîne Gr. éthiop. p. 190. ^4-^^, 1293 et s.
dUx J^^L-ixJt ^^1^ ^\ ^ % > et je n'ai rien {mir fehlt nichts),
si ce n'est le désir de te voir, 1571,5. ^^^ xj Lx, ail right,
ail is well, Stace p. 193; partout courant dans le Sud. Cf.
W. H. Worrell ZA XXI p. 134. - Le suivi de ^ avec les
pronoms suffixes, ne pouvoir. ;Ii' \S.s> JJco \j Lo, il ne peut
porter cette table, Dt, comme aussi dans le Nord, Wetzstein
ZDMG XXII p. 89,5: jiT ^^ % oUt ouU ^ô^ J'ai la
nourriture eji dégoût et je ne puis manger; ib. p. 161. En
130
Syrie, on dit ici J/i j^ Lo. Socin, Diwan III p. 189, paraît
ne pas avoir compris cet idiotisme, où il voit plutôt le
verbe ^L
L. < ^î, 292; 1409 s.; voir ^, Arabica V Gl. sv. — L peut
aussi bien représenter ^^ et Ll que _j-o (jJ), comme le dit
justement Rhodokanakis WZKM 25 p. 84. — Dans le nom
du port des Wâhidi de ''Azzân, Balhâf, le ba est = ^^,
du norn de ''Amr b. el-Hâf b. Qodâ^ah. Naswân o. 1. p. 9
d. 1. rapporte une poésie oii il y a lXï ^^ ^y ^l=> ^ ^^tjâ
Lcjàj' (tawîl), oii ■^'c=> n'a pas l'article, tandis que ib. p. 9, 3
d'en bas; 10, 11; 30,10; 50,8 c'est oL^. Sur ce nom, voir
ma Festgabe p. 42 note.
/^
;L., rater, 464 n. 2; imparf. jLk^_, avec le hamzah distincte-
ment prononcé, Dt.
v;:.>•^l•s
r
03jLi, i:)Oudre à fusil ou à canon^ 11,21; 436 ss. ; 1429;
Arabica I p. 63, oia se trouve déjà l'étymologie. On prononce
quelquefois h^j^ à cause du r, RD Gl. sv.; Bittner St. soqot.
I p. 33. Dans le Nord, c'est 05 L; RO p. 10, oii, selon lui,
L%.L. serait la forme primaire, ce qui est faux. — Cela a donné,
dans le Nord, îsOj.L, fusil et tireur de fusil, comme nous
disons p. e. cent fusils pour cent hommes portant le fusil ;
pi. Oj^L, 438 et n. 2, Musil 0. l p. 406 v. 18, et o^ty', 438. -
j^co.î^j, homme armé d'un fusil, tireur, chasseur, 494, 6,
Nord; pi. '^.^J^^, 31, 18; Arabica I p. 63. Hartmann LLW
p. 239.
131
y^, pupille, Tahdîb p. 747; voir ^^c*-*-?•
s-
,__wvy, 329 n. — .(j^L. et u-^, 329 n. — xas (j^-L "^ ou ^u ne
doit pas être rendu par „es ist nicht nôtig", comme le fait
Socin Diw. III Gl. sv., mais c'est plutôt une approbation
ou tout au moins une expression d'indifférence : je veux bien,
il w' a pas de 7nal.
^^^, \, aller, se rendre à, ^\ ou cUc, 76,3; 87,7 et n. ; 352 n.;
1075,4. Lumma ayyât bal ad bâ yebitt el-markab,
jusqu'à quel pays le bateau ira-t-il? Hdr. Delhîn gâMd
hina u ba^âd fiyên (ou fîyên) bâ" tebitt, à présent
tu restes ici et ensuite où veux-tu aller? Hdr. Usbur
ban bit t marra, attends, nous irons ensemble, U.(Ïy. Arahica
Y Gl. sv. Q^yj ;^' ^i-vP- cr») 'ils vont là oii il y a de la
pluie, Hdr. — Envoyer, en Hdr. Lîh ma gibt el-hâgah?
Ma tiqtu laha, bitte luh \is,m.mÈ,\, pourquoi n' as-tu pas
apporté la chose'? Je n'ai pas eu la force; envoie-lui un
portefaix Hdr. Obs. ici tiqtu, mais, prié de répéter la phrase,
il disait tiqet!
C'est le même verbe que le mehri butt que Jahn SAE
ni p. 170 traduit par verloren gehen; il dit que ce verbe
est poétique, parce qu'il se trouve dans une poésie, ib. p.
136,3. — Couper, dans le Nord, 1367, 1. LA sv: ^L^^ ^Z^\.
Sa métathèse ^ = ^ LA sv. Comme l'hébreu nnn et
d'autres développements de la racine en arabe et les autres
langues sémitiques. = ^-^ dans l'Afrique équatoriale. Cf.
^Xj, li^, J^, -^ = vji-i;, (jaj et K^ vhv.
132
^.:>o, pi. o^, est chaque fil ou toron qui entre dans la
confection d'une corde, = ^yiui, vhv.; aussi Nord, Socin
Diw. Gl. sv.
-. -- 5 3
Un mot classique est c>o pi. o^Jo, vêtement grossier. I
Sa^ad I p. 153, Tab. p. 1229. Si ce mot vient de c>o, couper,
bn peut le comparer, comme sémantique, à. oJi> vhv.
Joo, couper, 1448 et 1449 n. I Sîdah XIV p. 27, 11: ^l^
njjcai sjdb^ ^^,j-^i — Laboîirer la terre avec la charrue, 1448
n. 2; Stace p. 125. Cf. JS et £^^.
jJj, apporter les provisions au bétail, 1448 n. 2.
iduj, n. act., labourage 1448 n. 2.
bLbj, g'rtô'es (Zzi laboureur, ib.
Jj_:^, pi. JLoi, laboureur à la journée, 1447,3 d'en bas;
1448 n. ; Stace p. 11; ma Festgabe Gl. sv. C'est le babyl.
badûlu, jeune homme (Delitzsch Gr. p. 147 écrit batûlu).
Nous avons un autre J^Jo qui n'est pas de la même pro-
venance; voyez ce qui suit.
Jjj, envoyer, 1448 n. = Jjù, 428,4 d'en bas; 1448 n., Arabica
V Gl. sv.; Snouck OS Festschrift Nôldeke I p. 100,4 d'en
bas, id. ZA 26 pp. 281, 235. Si ce n'est pas un éla'Vgisse-
ment de '/""c^.j, vhv., ce peut être une métathèse du sabéen
o*ij, envoyer, ou bien aussi vice versa.
^^ÛJÎ est, sur toute la côte du Sud, le cachalot, Physeter po-
lycyphus, aussi appelé c>^:>^; n. unit. ïJJi^^. A Jahn le
133
traduit, SAE III p. 269, par haleine, comme aussi de Goeje
Gl. Tab. sv., ce qui n'est pas très exact; v, ma MJM p. 21.
C'est de ce cétacé que vient Y ambre gris, Sj<s^, Boli. II p. 129
(y5\Jt ^y, „y<^i^j^_ Le ujLi). Du temps du Prophète, on appelait
même l'animal .^.xs^, ib. V pp. 166, 167 (y^t wàx>w ^j£ ^l):
»j.A Uirii ySj^] L^ JULj K^b ^! Ui ^Jis; ib. VII p. 90, 3
:f,j^ \jJS\i jAjJti! aJ iJLiLj xlix _j ^' LXxxi; ib. III p. 137 (^Li
j.L*yt s '^j^^d- Vj^' J^ o>>. I Sa'd III, I p. 299 sur le
même sujet: -^v?^' J^ ^-^y ^^'^ '^^ J.j>L;*Jî Jjji ljÀ3î *ji
^jx.L*il L^ JUj. Tab. I p. 1605 d. 1. dit de même; 'Lh u^:>j^
yJi-LxJ^ L^ ^3^2J j^' cp- ^-^ ^^- l'apporte la même chose:
Sur l'ambre gris sur les côtes du Yéman, voir el-Gazîrah
p. 37, 21. I el-Mogàwir, mon ms., au chapitre yjjtl^ ^Lj '^k:>,
dit: ÂNA/i^iî jUij Sj^^i' 3--Jj-> i^JiA^! J-^Lilo Lo^_j oL^ J^! ^-^=-3
s^._5 H5r->-3 imU.>-I! j, 5j:$\J'b5t [juX-ii^ v_S.-a-jLLcJÎ ..._50LijajJ! i^«.5'j
oLq> ,..! ^i,! .OJjL> ^iic (Jsx:^ \jdc „_àJLj v_^jLài o.Lsi Jw:>LwJ!
^j/<LJî o-JLc UJi »^' iiili L^;^ joLc iCaLi *^^> J. jftiî lA^3
^,Ji.jju:o») |^_cji Q, iALJ! ^y, /^^V*-?* O'' rî-*^' i3*^' ^■^ri5 ^^*^ dViiiAJ
^'l^ ^ ^^ dU'oc ;^-çiJî ^lî Jooj^. Et il continue ainsi ') Jo^j
') Les feuilles sont déjà einl)roiullëes dans l'original de ma copio.
Sur ce ms., voyez ce que j'ai dit Arabica IV p. ()7 n. 3. J'ai corrigé
autant que j'ai pu les nombreuses galles du copiste.
134
\j (jrJtilAvt oL^JliîJ J.^>L^Î ^t <(w\jLw!j „ É^l xj _j»:2J rS?^' ^-r*^ (J>^
(?) y*Jo (^ (A.«js^ qJ^' -^^ . • . • i^^y '■^ o'^-^' (i^ *-^ !t;;l>^ ^'
.U-jo (:;v'^ J^^i-^ àyi:oti! y^w J^. I el. M. parle ici tantôt
de Vambre gris, tantôt de Vambre jamie ; cela tient à l'idée
des Arabes de la provenance de l'ambre jaune. On les con-
fond très souvent. Pour plus de détails, voir ici sub yJ.s.
et l'Encyclopédie de l'Islam sv. "Anbar, où littéi'ature. Le même
cétacé est aussi appelé JL, Qazwînî I p. 131, Damîrî I, p. 141.
Sur ce mot, extrêmement intéressant, voir ici sub J!^; il est
devenu international, même au jour d'aujourd'hui.
L'auteur marin des Merveilles de l'Inde, éd. v. d. Lith
p. 14 et s. et p. 101 et s. parle aussi de ce kjC.-^ qu'on avait
capturé sur une plage de "Oman en l'année 300. On le
nommait JL,, p. 15,1 ou J6, p. 101,9. Il y a beaucoup
de ces gros poissons dans la mer des Indes, d'après cet
auteur. Amîn el-Madanî, que j'avais amené au Congrès de
Leyde, en lisant cette description dans les Merveilles, me dit
ceci: ^^^^^ \Jks> ^î J-*^j>'i y>^- J. jlïLjJLo so^.>j.-< ijC*^î »ÀP
^LxJî \z>y=> ^j:-^-^" L^'-oj, li. Cette poisson existe véritablement
dmis la mer de Zanzibar jusqu'à présent et de cette gran-
deur. Il gicle aussi l'eau. On bat des timbales et des objets
de cuivre pour V effrayer. Mais de notre temps on l'appelle:
le poisson d'e 1 ■ b a 1 1 â n.
Il l'avait vu lui-même plusieurs fois pendant ses longs
voyages dans ces parages.
135
lA:^., tromper; venir furtivement^ iiherlisten, 365, 366; aussi
en Mésopotamie, M S OS VI, ii p. 106 N° 28. On dirait que
c'est, avec l'hébr. "i:i3, un dénominatif de oLs^ vhv. 1J3,
couvrir, envelopper^ offre la même évolution sémantique que
^ô ^^T, couvrir, envelopper et ensuite, tromper, mentir,
comme aussi ;j«.J, déjà avancé par l'auteur du Thésaurus sv.
On se, rappellera la locution v^iJ! c>%:^' (q^) ^ ou j*)C!! c:^^",
Hdr Gl. sv. ^L, ou J^jU! (c>s^) ^, ZDMG 40 p. 365, où
l'on trouvera les détails des procédés encore usités dans tous
les pays arabes. Cette manière de vendre, que j'ai souvent
vue sur les marchés de l'Arabie Méridionale, a sans doute
aussi été pratiquée en Europe, oii, dans les langues germa-
niques et Scandinaves, la locution unter der Decke spielen,
unter einer Decke mit Jemandem stecken, spela under tdcket
(suédois), est encore une réminiscence d'un temps passé.
oL^, couverture, 9, 7, 10; 20, 12, 21 - 76, 2 ; 367 et ss. ; 575;
580,6; 831,3 d'en bas.
e-*^, creuser, excaver, Dt, 570, 10. Cf. (jix^., v^a^ et u.^;^
vhvs. C'est le mehri behât. Jahn, SAE III p. 167, le
compare avec l'arabe Ja:^., qui n'existe pas, et cela est répété
par Bittner St. Mehri I p. 10, 12 d'en bas.
y^., bien regarder, fixer, 472,5 d'en bas; 494,5; 974; 1300
d^en bas. C'est l'hébr. et l'araméen TO, examiner, choisir,
= ]n2, provare, saggiare, Lidzbarski Ephem. II p. 233.
Hobeïka Etym. arabo-syr. I p. 13. Ce verbe est fort souvent
suivi de xîîj, ^"[5 ou LJ5 ma LB'A Gl. sv., de môme que
la construction de Gen. XVIII v. 2. \^\ ^ UJ, I SaM V
p. 134, 27. Dans le sens de bien examiner, approfondir, on
entend .-^^ encore souvent au Levant.
136
^<^ , mer. ^^LJ! ^^ , mer des Ténèbres, nu fin fond des
ténèbres, 691,3. oUJUiaiî ^is:u, < j."iLi? et o'uJlIâ. C'est ainsi
qu'on appelle l'immensité de l'Océan, la mer qui entoure le
monde, l'Encyclop. de l'Islam I p. 594/5 et p. 596. L'ex-
pression est très vieille. As^ad Tubba'^ dit:
êams el-'Ulûm p. 68, 6. C'est l'hébr. niçbï, orcus, contr.
à J. Hehn, Festschrift Hommel II p. 78 et ss. Voir ici
SUb o«-<!wC:^.
Jux\) y>: ^ , dans, le courant de la journée^ 896 n. u^^h^j^I j^î
= ^^LvJ) ^;_*_ît, Hdr Gl. sv., = (_çJ^-' ^^'i , Arabica III
p. 93 (ici le plus souvent sans l'article: c>:uj'b5! ^. etc.).
s_<'u, pe^zY du 7nouto?i, 712, 713.
^c^o, épithète des meilleurs chameaux, 531 n. 3.
.^_:>^, nom de la lune 896; 1002, probablement parce que
les anciens Sémites se figuraient le ciel comme un grand
Océan. Nu.
.1^., pêcheur, 170, 10. — Cavalier d'un chameau bahrî.
;:>. , a, i, s'écarter, s'ôter de, Syrie, 'i^,^ j^ j^^'j écarte-toi un
peu loin de moi. ^c-^j^' ^.^-^ J^=> vj;3^-^^^' f^^'j écarte la
7nalle un peu afin que la chaise entre. o'^j^U JvJLj jJL*-,t
*jCciXj ^c '^j^-j': o':^5;>-'> ^^ maître d'école dit aux enfants
trop serrés: écartez-vous les uns des autres, desserrez-vous. —
;^. = j^.. vj;-*î ^Cs^ 'j3 jj^ ;j^j , ô^e-^oz d'ici, je veux passer.
dVJi:?-; j^^i f étire tes jambes. ^}.£. ^rf^^*^ cr o'j-^^-l (^j-^*^
LïJu U i^j--^^ u^/^'> ^car^e les pains les uns des autres sur
137
le plateau, afin qu'ils ne se collent pas. Tout cela est du dia-
lecte de Saydâ en Syrie.
^Lm^js^, faible, mou, sans force = qLJI*«, Yéman; pi. ^5*1-^..
- o ,
Cf. le cl. y^^Ls^j.,
yik^., a, 570; Prov. et Dict. Gl. sv. ^ja^.. En 'omânais,
creuser, RO p. 156 d. 1. =^; cf. ^^a:^. vhv.
^jo^., a, balayer, 24,22; 700. — ïCa-^j^xi, ôa^az, 700.
ô^'>^t expliqué 1381.
o»JL^., écarquiller les yeux, Eg.: v. oùy et ^_5y.
;^, ronfler, onomatopée; cf. >\_)3, gronder, et expectorare,
expectorer.
^■...
y^o, disperser, 762; cf. cii^ et yj, Jju et Jju.
yS, a, fumer. ^_c^l-*ilj ^i^uj ^^!j /e four fume, la fumée
en sort Dt. — Ronfler Dt; accouplement de deux onomatopées
^j et 3-, vhv.
ys^., encenser, 1102 en bas.
^yi?o ou jy^h encens, 1102; 1547,5.
^L^". , magasin, enclos, pi. ^j_^U>^.; mot courant dans le Sud.
Hdr p. 244, où étymologie probable. On comparera jLc'ljcxj ,
onguent odoriférant, RD Gl.sv. Cela rappelle aussi l'ancien temps
138
du commerce de ,.'lJ» Jo, vhv. L'homme de Rhodokariakis a
dit bhàr ed-dân, Gl. sv., mais c'est là une erreur, ainsi
que l'a déjà vu le savant auteur, qui cite RO § 135: bohliâr,
Waarengeivôlbe.
J>^. , gurrir, trans. Dt.
J>\j , demander à qqn comment il va. Selon une Tradition
du Prophète, on doit toujours répondre *)iî 0^ ^. , quand
même on serait mourant, Pr. et Dict. p. 137. C'est ainsi
que v_àI^ est demander (iV.JL> ^^"j el-Iqd el-farâd 1 p. 165, 3
d'en bas.
^■'uo, aller mieux, se remettre d'une maladie, aller bien,
81,10. Ma critique MJM p. 10. C'est le mehri ta wîqà
bhayr = ^.xi--. ^^ U, = f-l^, Jahn SAE III p. 10,1;
Snouck, Feestbundel de Goeje p. 31. Ce y^^ a aussi donné
l'adjectif ^^j ou ^y^^, pl- o-j^^^^ bien portant, MJM p. 10,
et le mehri bethâur, se rétablir (santé, homme), Bittner
St Mehri II p. 48. Cf. ^1^, vendre i>^, Dt vhv.
».'l^j, amélioration de la santé.
^ji;_:>^. , égratigner, gratter, racler; Syrie: trouer, 359; cf.
yi.i>^ vhv.
J^j (baheyl) < ^y*^., avare, 718,6; 1419 ad p. 331;
prononciation mehrite, comme gaheyl, daheyl, raheym,
vhvs. Il faut noter qu'on ne prononce jamais dans ce cas
gahêl etc. Cette dissolution de la longue î en diphtongue
dans les J-oè a dû également être pratiquée dans les parlers
anciens, car Sîbaweih, apud I Sîdah XIV p. 213, en parle.
1
139
lXj avec les suffixes 480 et ss. ; Arabica V p. 155 et ss.;
cf. Q^- Je ne saurais analyser cette locution. On voit 481, 8
d'en bas que le verbe est au parfait, où il faut traduire:
tant que nous sommes avec mon oncle. Voir Kampffmeyer
« Die arab. Verbalpartikel b (ra) p. 43.
l/~Jo 1493. - Ju, i, étendre, 55 n. 3; 1041, 15; 1050.
Est-ce ici iAj < iX«, qui est son synonyme? 55 n. 3.
OlL, étendre, intensif, Dt; aussi classique.
y
3o, avec les suffixes 20, 18; 41, 19; expliqués 609. Cso\*) êS<i,
quelque rare perso?ine, Dt et Hdr. ^\ iL^o c><:>]^ éJ^ v^'j^S
(^Uax. lXxj ^bCt! , il est rare que les bateaux partent pour el- M,
après le Bamadân, Hdr. Bàddak qalîl qalîl, rarement;
extrêmement peu, Hogarîeh.
Aj, désert, 1262, 2.
lXj , tapis ou coussin bourrelé sous le bcit, 562 (où dessin) ; pi.
oSlXjî, oIlXj et ^.^tcXj, cf. J^, pi. S^i vhv. ; v. Socin Diw.
III Gl. sv. En Algérie, oIlXj est singulier, soit un ^\.JLi
régulier. MM p. 231 donne aussi oîAj pi. qîJu.
3^i, canal d'irrigation, pi. oSlXj!, 1314.
3l\j: (j/,LJ! »Aj ^, /Vom a// o^/ier people, Stace p. 8 sv. ail.
*IJ.j
[lXj devient vulgairement ^clXj vhv., 1493. Le classique c_cl\j
est aussi en partie < î^Xj, v. LA et Qam. sv., do même
140
que ^Jo, et l'hébreu ^siD, feindre^ inventer^ correspond aussi
bien à notre ;j:Aj qu'à •pX^. On lira LA XVII p. 71 en bas.
o -
^cXj, 'pleine lune] locution figurée 759 n. 1.
gJo, 125,6; 135,2; 150 d.l.; 253 n. 2; 443, 9; UOO, 4 d'en
bas; 1493; 1594; Arabica III p. 80. ^^ c^acAj, tu as mal
parlé de moi, Dt. dVJiriAj expliqué par liUs ^^ibCI! ooJoù],
y'a^■ commencé à parler de toi.
c-Aj. clXJî .U^Î, î;ers improvisés, 813,11,12. v''*^^ p-^ ^st
un terme technique pour désigner les relations entre les
sujets et le sultan. Ceux-là ^^3^_, coynmencent à exposer
leurs griefs après que le sultan leur a dit: ^^IXII cJu |^'U.
Ensuite, il donne le vl^r- à leurs plaintes.
^(Âj, improvisateur] poète, 150 en bas; 159 n. 3; 520,7.
C'est en général = j^'/»? (lui compose des marâgiz, vhv.
^ÂJ^ champ, 113,21; 245 n. 2; 1508; cf. ^^Ja^ vhv. -
Mouflon, 1467 n. 4. Wetzstein Z. Allg. Erdk. 1865 p. 244:
Steinbock. — Bateau, vaisseau, 1509.
^^lXj avec les suffixes, expliqué 480 et ss.; Arabica V p. 155
et ss.; Kampffmeyer, Die Arab. Verbalpartikel b(m) p. 43;
voir Ju.
slXj, V. les dictionnaires; cf. Lv, pAj, ^cso et (^l\j.
141
*,tXj
ÎlXj U, 1493; cf. \lSj, cJo, nL\i et (^Aj.
^^jyj', t^zvre à la manière des Bédouins^ Arabica IV p. 23.
^Ju, Bédouiti, définition de ce mot 189 n. 2; 1497; v. Table
analytique p. 1858 sv. Bédouins.
^^JÔ, Bédoimi, 149,18; 521,4; 1179, =^3ÎJo 409,12; 679
n. 1 ; Hdr. Gl. sv. On comparera ^^ et ^^^^ 812, ,^5^
et ^^\^ vhv. = ^3J^ 679 n. 1.; 1179; RD I p. 79, 14;
Musil AP III p. 22, 11 d'en bas; ib. pp. 261, 8; 430, 4 et passim;
il écrit partout bdùi; Hartmann LLW p. 145,24: ilib-
dûwi. Coll. ^^îjJÛ 1201,3; 1468,5.
i^Âj, a, paraître; commencer; dire des vers, 661,2; 1491;
1493; 1565, 12 d'en bas; commencer la guerre, se soulever,
109,16; 545,7; 1156,8; 1491; 1557,1. Voir Boh. III p. 195;
I S'ad V p. 229 et de Goeje ZDMG 61 p. 465 ad L, Sîbaw.
Caire II p. 297. Cela coïncide avec l'hébreu Nln, inventer;
V. sub iJo; cf. le mehri bêdî, mensonge, Bittner Studien
mehri I p. 16. Ma Festgabe Gl. sv.
(^Aj, payer mie dette, selon Snouck OS Festschrift Nôldeke
I p. 103 V. 8 et p. 105 n. 2.
^^Ao', être présent; Hein SAE IX p. 11,3 et p. 14, 18.
^_aX^J^\, commeticer; se lever (vent), 686,3.
^j»b = ^3>Ll3, contr. de ^^, 370,3 d'en bas. - Terme de
guerre 1493; ^jU! p 1491,15; ^J^ ^5^1. 1491; ^coL, ^cJo
JjLjiS! i^'^, il a surgi une inimitié entre les Bédouins, 1491.
PI. ^ô\yi, 109,16; 1491; 1492,12. - Campagnes, 1226,8.
142
iuoij = ^olj dans le sens précédent 639,4- d'en bas; 1491.
^_5^Aiy!, co7nmencement. ^Â- ^^csj^, expliqué 1493.
Cette application du verbe ^_cl)o doit être ancienne, car L A
XVIII p. 70,8 porte: I^JL^j L^ /L> J^ b^!a*JL, ^^^Ls ^ÔL
U_^ bj-^^'u^ ^=! «jîJot^L.; Tab. I p. 1179, 16; 1186,6 et Tab.
Gl. sv. Ijo. Cela est à peu près ce que je viens d'exposer
dans les passages susmentionnés, avant d'avoir lu LA. Dans
le Diw. des Hodeyl, éd. Kosegarten, N° 51 v. 2, nous lisons
JJCJillj j?l3îjo , ce qui est notre t_cAj < \c^ .
!l\j , ouvertement^ 390 n.
;^
o -
^\i et les autres thèmes congénères 1341; 1710. Sur^<Aj =
^. j et c .: , progéniture, voir sub ^_5^o .
L, créer, 1406 n., fait vulg. ^c^, comme Îl\j>^lXj, t^J>>(j:^o
et beaucoup d'autres.
ijij, guérir, vhv. <e5y, 959 n., mais (^y, i, cowj^er, vhv.;
cf. cijj vhv.
De cette racine Lj provient sans doute ^, /i7s, qui se rencontre
si souvent dans le Sud, 7, 1 et passim dans les textes, 290;
1406 n. ; 1730. On sait que ^ est aussi la forme en mehri
et en soqotri. Nôldeke a exposé l'histoire de ce mot, Bei-
trâge II p. 135 et ss. Déjà A. Jahn, SAE III Gloss. p. 169,
fit venir ^ de VUi, tandis que dans sa Grammaire p. 10
il dit |^> ^, ce qui n'est pas probable. Brockelmann VGSS
I p. 332 et Bittner St. Mehri I p. 35 considèrent aussi ^^
et j comme deux mots différents.
143
Nôldeke o. 1. p. 139 ne saurait s'expliquer la relation entre
ces deux formes „bei zwei râumlich und lautlich soweit
verschiedenen semitischen Sprachen". Moi, je n'y vois pas
autant d'obscurité que le savant maître de Strasbourg, suivi de
o
Brockelmann o. 1. — j appartient au vieux fond des langues
sémitiques. Les exemples analogues de conservation de mots
dans les dialectes très éloignés les uns des autres sont nom-
breux. Notre j du Sud ne s'emploie que dans les filiations
et n'a pas de pluriel de la même racine.
Dans l'inscription d'en-Nemârah, se rencontre aussi y dans
la filiation. ^-^ ^ u*^-;^' — ^> de même que dans celle de
IJarrân et de Zabad, Littmanu dans la Rivista degli Studi
orientali Vol. IV p. 193 et ss. Ici ^ peut aussi bien être
ai-améen qu'une persistance de la filiation ainsi exprimée de
l'Arabie Méridionale.
Le mehri et le soqotri ont un thème ^y b î r u , enfanter,
Bittner o. 1. p. 35 et III p. 39, Jahn QMS pp. 11 et 104;
Ruzicka KD p. 68/9, où beaucoup d'exemples. Cf. les thèmes
y, cyj, y, jj et cji vhvs. Nôldeke o. 1. p. 139 veut que
le y datînois soit un reste d'un dialecte y parlé ancienne-
ment et qui était le proche parent de mehri. J'avais déjà
dans ma LA p. 29 avancé que le mehri avait influencé
l'arabe du Sud, et cela par des raisons irréfutables. Nôldeke,
dans sa critique de mon ouvrage, ZDMGr 49 p. 415 ne
voulait point l'admettre. A présent, je constate qu'il a changé
d'avis, et Rhodokanakis, WZKM 25 p. 89, s'est également
rangé de mon côté. Du reste, ^ et j offrent des analogies:
(^j < ^jj^ et j < ^^ <^J- En babyl. banû est enfanter et
hâtir. Je renvoie à l'excellent article de Rhodokanakis dans
l'ouvrage précité et que j'approuve tout à fait. Mais lorsque
notre savant confrère parle de la particule y en mehri,
shauri et soqotri, je ne saurais le suivre. Ce j s'emploie
144
absolument comme le sudarabique lXJ» avec les suffixes
pronominaux, Arabica III p. 38, Hdr. Gioss. p. 683 et ici
s.v. !/~o\ï veut dire retrancher, séparer, et il a beaucoup
de ramifications phonétiques. Or, V~^ a le même sens prim-
ordial, et la particule mehrite -> présente le même processus
que lXÎ. Je n'y ai jamais vu autre chose et je n'oserais
jamais identifier ce y avec le substantif ^, fils, car ces deux
mots sont de provenance tout à fait différente. Rhodokanakis
veut en outre que cette particule ^ soit la même chose que
ben-, ibn- dont j'ai longuement parlé Arabica V p. 149 ss.,
Dat. Gl. S.V.; je n'en sais rien et je ne risque aucune hypo-
thèse à ce sujet. Une chose est sûre pour moi, c'est y = u\s.
Brockelmann o. 1. II p. 508 anm. parle de cet adverbe
temporel mehrite ^ = A_ï qu'il fait venir, sur la foi de
Rhodokanakis, de iy, créer, et il ajoute qu'il est quelquefois
fléchi, comme le soq. dibiroh ba^âloh, SAE II p. 279, 14.
Si Brockelmann entend par flection l'addition des suffixes,
comme aussi pour «Aï, je suis d'accord, mais je crois qu'il
ne veut point dire cela. Il veut même ib. p. 509 que le
dt-hdr béni, iben etc. lui corresponde étymologiquement,
ce qui est impossible.
Bittner St. Mehri IV p. 28 voit en ber, = Ai, un reste
d'une *l/~'abér, placé devant un autre verbe comme verbe
auxiliaire. Ce "aber aurait été mutilé en bér. 1\ cite, à
l'appui de cela ,.w*^ ^^;î ^^ écrivit de nouveau". Ici il faut
dire v^-^ ^r^j' comme v^cjCj ojLc, vhv. Je ne saurais
accepter cette étymologie lointaine.
y, apparaître; sortir; briller, 12, 10. -^xi.]! y, 42,9 et pas-
sim; 377, 11 et 14; 984; 985; 987 en bas et 989. JL, ^!
LôjJ! ,Jj^, 989,6, voir ^. Cf. ^ j , -^^i , ^^^ et ,^, vhvs.
145
RO § 98, N° 1 donne bârr (participe) unbewôlkt, qui doit
être le même verbe. Le metiri bâr 989,7 = sh et soqot
b^r, voyager la nuit, Bittner, St. Mehri I p. 23, est ap-
parenté à ^, ^yi, jjj etc., et n'a rien à voir avec les
verbes que cite Bittner St. Mehri Viii p. 9, ou bien c'est
une prononciation pour yu <r!^- — f^ y' = J^'j 1765.
y dans le Sud est l'intérieur des terres; D. H. MûUer SAE
IV p. 76, 2 doit se traduire ainsi. — ^*^\ ^, 543, 13.
pt, pas du tout RO § 222; jamais^ Jayakar OD p. 686. —
iy, dehors^ 989; v. py.
y, hlé, 79,1 et passim; pi. ^^^1, 1276,13 d'en bas, oi:i la
traduction doit être: ils ramassent l'or.
ijy, gland du pénis, 965 n. 2.
^y, ampoule à la main Dt.
^^(^ 989.
yj est partout en Arabie marmotter, grommeler, «xjt ,jiJ
1^^ o''-«'*^ ^^' ÎlXS'Lp ,jjy«»i y*^, pourquoi gesticules-tu avec
les mains et marmottes-tu comme ça? Es-tu fâché contre
moi? Dt. RD Gl. sv. porte jy, chanter; bouillonner (eau).
En Syrie et en Egypte, babiller, marmotter, = Syrie (jï^-j^j ,
et parler d'une façon barbare, Syrie; devenir barbare, Syrie.
C'est une onomatopée qui se trouve aussi dans presque
toutes les langues aryennes, à côté de bal. Ce verbe est
déjà ancien en arabe, LA V p. 120, oîi nous trouvons même
jj^ ^j, homme radoteur, on dirait homo barbarus. Le nom
de barbara-h en vieil indien, propr. balbutiants, et de oi
(3ixp(oxpot, que les Aryens de l'Inde et les Grecs et, avec eux,
les Romains donnaient aux peuples étrangers, barbari, est
10
146
à l'origine une onomatopée imitant le son de ces parlers
incompréhensibles aux Aryens, aux Grecs et aux Romains.
En akk. barbaru, probablement étranger < soum. bar,
étranger, Zimmern Akk. FW p. 47. Lorsqu'on a entendu la
faconde inépuisable des Bédouins arabes, des Sômâls, des
Abyssins et des Mahra, on comprend que ce baragouinage,
sj2, ait pu donner naissance à une appellation bien méritée
à l'égard des peuples „ barbares". Mais les Grecs, anciens et
modernes, peuvent aussi recevoir l'épithète de çf-?^, LA sv.,
tellement ils causent et gesticulent à la moindre occasion. Yollers
ZDMG 58 p. 237 dit que j^ vient indubitablement du nom
des Barâbra en Egypte. Mais ce sont les Egyptiens qui les
appellent ainsi, en suivant l'exemple des Grecs et des Romains.
Le phonème onomatopéique bar joue du reste un certain
rôle dans presque toutes les langues; c'est aussi un péjoratif,
it. barlume. Barboter, =^ l2jJ> vhv., ne vient pas de (oôp^opo:,
boue, fange, bourbe, comme le pense Stappers, Dict. d'étym.
française N° 2157, car (oopfSop:: est lui-même onomatopéique,
ce qui apparaît clairement dans (3op(3opv^co, grouiller (intestin).
En Syrie, -1^:^ est exactement barboter. ,V~^ est du reste
aussi une onomatopée, vhv., développée en .^du. Son inversion
est ^_^, taper, vhv. Cf. iip> vhs. La variation de bar est mar
ou mur, comme dans murmurare. Dans la lurah, jA^ est,
murmurer de colère, LA VII p. 17, 6, et en Syrie, faire
murmurer, et ,j«', murmurer de colère; être agité; cf. ^Lo,
u, vhv. Le français marmotter, = ^y vhv., est le pendant
de barboter, et on devait écrire la dernière partie des deux
verbes de la même façon. Ce sont des onomatopées, sans le
moindre doute, que nous retrouvons dans l'anglais to mutter,
et le suédois muttra; les deux, warmo^^er. Une autre variation
est bal, ou lab que nous trouvons dans J^ et le syrien
>-JLJ, babiller.
.yy, pénis, = àyJ^ et ^^f-, RO p.
55.
147
oby , écarquiller les yeux, Eg. 1380 n. 6 = ^^ et oiJb>., vhs.
oy, u, défricher un terram. Je l'ai souvent entendu avec
J^, expliqué par le voisinage du r, 681 n. 1; 890,8, mais
Or? est sans doute primaire, d'autant plus que LA I p. 313
s. V. porte: o^ r^^^f ^ 5-^ ^ J(5 ^L*:». u^Uiî ^t^^Is ^y^^-
Sams el-^Ulûm p. 6: ^^j*Jt iCiJb oj-^Ll! yCwJî o-4'j ce qui est
sans doute notre sucre blanc en morceaux. Il y a aussi >c:^.y,
sol uni, égal, LA sv., ce qui est peut-être un ^^-fr^, si
commun dans le Sud, de notre verbe, mais les lexicographes
ne l'ont point compris, et quelques-uns lui donnent une
autre étymologie, ainsi qu'on pourra le lire dans LA; cf.
Qâm. s. V. ^j-i. o^ me fut toujours paraphrasé par ->,
renverser la terre pour la rendre cultivable, vhv.
^.Ul \Sj> ^ ^^\ o-o L, 710US allons aujourd'hui défricher
cette friche Dt. La gît ufîha ""aiâh garàbtha uhar-
rèytha minha ubaràttha, lorsque tu viens au champ
(= iù^), oîi il y a des arbres, tu les essartes et tu les sors
de là et tu le défriches, Dt. Mais ce verbe s'applique à
d'autres manipulations: ^c^ys ^^ tU! ^yiJL)- i;j^:s^]J .Lct oy,
creuser des rigoles qui reçoivent Veau du icâdi. Lorsque la
girba est io^^, elle est L5^<->0i K^s^oLa^, préparée pour la
semence.
KJi'ty, défrichement. Ne pas confondre ce verbe avec o^ <
v±*J vhv. Cf. Oya sv. j-OCo.
o j , a, et ey^t , procréer, reproduire Vespèce, 1406, 10 et n. 1.
148
^J -^^ Lc^j^5 ^^ /ew-me 7n'a dorme de la progéniture^
1406 n. 1. Cf. y.
* r?
„y , u, payer ses dettes, aussi au Yéman ((jôf ), d'après Glaser
Mitteil. p. 61. On comparera ^ vhv.
„^, ausweiten, freien Platz schaffen ib.
„ Z^j , s'attifer d'une façon voyaiite, 768, 6 et n. 1 ; Tab. I
p. 169. Cf. ^^y.
Quant au mot ^ 1j , qui est courant dans notre dialecte,
Hdr p. 408, et qui se dit aussi -y, poulailler, il n'est pas
absolument hors de doute qu'il vienne de Trvp'/o:. Il se
trouve déjà dans les inscriptions sabéennes, Sab. Denkmâler
p. 65; WZKM I p. 28, Glaser Mitteil. p. 61; cf. JAs.
1914 N° 3 p. 664 l'observation de Huart à propos d'une
remarque de Doutté dans son beau livre En Tribu; Walde
O 5 5 5
LEWB sv. burgus. — En Haurân, ^^j, pi. -.^j-j, est
même épi.
^ j, tirer le seau du puits, 1346, 1. Inf. ^^; Stace p. 52.
_y, sortir (tr.). — Mettre à l'air, 1165,3 d'en bas. — Tif-er
l'eau du puits. Stace p. 52. — obiil! _^, he cleared the
road, Stace p. 31. Cf. i^^, ^y et py vhv.
_.Li, faire sortir d'une difficidte] tirer d'embarras, 1451,3.
_,L., libre. ii:>,Li ^JiJ^J}\ , the road is clear, Stace p. 31.
^^LJi, hier soir, 45 n. 2 ; 287 n. 1; 1409; = '^J^j^ 287.
RD Gl. sv. Sur embâreh, qu'on dit aussi dans le Sud
algérien, selon Marçais, voyez 287; 1410. L'égyptien en-
bar eh, hier, VoUers Gr. p. 20 et p. 129, 'Abd Allah en-
149
Nadîm Sulâfat en-Nadîrn II p. 40, 12: Ju^\ et ib. p. 38,9
_.L^!, de même que l'article en < em < el, 286, ne
milite pas en faveur de l'étymologie - .L. ^^, comme Carbou
l'établit pour mbaker, vhv, = mbukera. E,p II § 27 pense
que l'article em est assimilé à la labiale suivante ou bien
qu'il a pu se conserver tel quel devant les labiales. Les
exemples qu'il rapporte de ses textes commencent effective-
ment tous par une labiale, mais voyez 281 et ss. — RO
p. 114,14: Ibàrha, hier soir, mais ib. p. 241,6: mbârha.
_^, pi. -,L./3, earthen jug, Stace p. 200.
^Ji^ji, égratigner, racler, gratter; trouer, Syrie, 359. Cf. ^J^..
jy , i, u, se rafraîchir en se reposant au -milieu du jour et
J 0 5 w 3
se mettant à Vombre. oîy ^^o-^j^, .^\ U ^.^^^,jy*o, on marche
jusqu'à midi; on fait alors halte en se mettant au frais,
Hdr. p. 867, 13 d'en bas; ib. p. 375. Ce n'est pas précisé-
ment faire halte, se reposer, s'arrêter, allem. rasten, mais
seulement, dans cette condition, se soustraire au soleil et se
rafraîchir. RÇ Gl. sv. SAE III p. 46, 6: gelé su, hu
yidrab zabâyi^ uhî tîbrid, ils restèrent là, lui tue des
houes sauvages pendant qu'elle se repose, où le mehri a te-
haqazôm, même sens, = L>yi. — ^^ ^*^;' '!Lxs>ô^ ^j^.w.JUj
L\fc:s:vJ! L«j> ^J^ ^o_*-j J^, 071 lui frotte les pieds avec du
beurre afin de leur enlever la cuisson causée par le sol rude
de la montagne, 20,28; 684; cf. Boh. V p. 114. — Aussi
au figuré: ';UlA^\ >jyj' U ^^LLJLiJ! jsj^ (j*JL:>^. (j^;, ^-jj' , I-R-
(Index sv.) reste auprès du Sultan (des 'Awâliq Supérieurs
à Ansâb), jusqu'à ce que le pouvoir soit assuré, voir sub
150
jUlo, et K. el-Addâd p. 41,9 ss. ,> ^Jij U ^ ^f^ J\
w^I*^! «^r^i» 2:U-:s\i!, ceZza" g^<^ mo?z^e à cheval ne peut pas
coïter et sa vigueur tombe, 854, 1 ss. et n. 1.
jyi , se rafraîchir, sich abkilhleîi. > se reposer pendant la
chaleur du midi, 684 et n. 3; 1570. ^^^^ , qui se repose,
Dt. Boh. V p. 115 en haut (^LJyJt oio »5j_c ljL.); ma LA
p. 65 n. 6.
0.-0 , se rafraîchir, prendre le frais, Dt. RO p. 291,2 d'en
bas: halle nisrab hanitberred, = dt. ^arrëna nisrab
lamma nitbarrad, allons boire pour nous rafraîchir;
avec l'infinitif «otlo", RO p. 169 n. — Sur oy comme 3^,
voir K. el-Addâd p. 40 s.
o.Lj, désagréable, Dt, mais RO p. 315, 2 d'en bas, c'est
traduit par agréable. Dans la locution: yôm mât aljûh
sah hafîf ubârid ''alîh, RO p. 124, 5 = dt. ra'h h.
ubârid ^alêh (ou "alîh), lorsque son frère mourut, cela lui
faisait ni froid ni chaud. RO § 33 donne bârid, Ruhe,
mais cela doit être ruhig.
03. L, poudre, Yoir: o^^L
lXjj, cheval de poste; mulet, 1094 et n. 4 où l'étymologie.
Dans l'Encyclop. de l'Islam sv. Barîd figure encore l'éty-
mologie veredus. Il est bien plus probable que les Romains
aient emprunté cette vieille institution orientale aux Orien-
taux, en même temps que le nom. Kluge EWB trouve
l'étymologie primaire dans le celtique; voir ib. sur le dérivé
allemand P/erc?. Walde, LEWB sv. burdo, rejette l'étymologie
de l'hébr. T}B, à tort, ce me semble, cf. id. ib. sv. rëda, et
le babyl. purîdu, jambe, Holma Kôrperteile p. 129, qui
défend avec raison l'étymologie sémitique. Torczyner 0. 1.
p. 291. Zimmern Akk. FW p. 50 est encore indécis.
151
ooy, étendre, 55, 12; 1041, 14; 1050. — o^jo', s'éparpiller,
1050. C'est peut-être le même verbe que le syrien o,>-)ô,
éparpiller, gaspiller son argent; cf. le class. .Jo.
:y, sortir, 1141 n. 1. Comme terme s'appliquant à une jeune
femme, voyez I SaM I p. 16 et p. 112, 13 et Tab. Gl. sv.;
el-Fâiq I p. 42; Gâhiz K. el-Mahâsin p. 134.
:-o, aller dehors, s éloigner de. c>^^»J' ,^ l\ou j-oj, éloigne-
toi loin de la maison, et non seulement pour satisfaire à
un besoin corporel, 1593 note. Boh. I p. 37.
jjot, se mettre et l'écart. LiSi^ uX^y A=> "^5 J^csm^ jJoJ L *i,
lève-toi, nous allotis 71021s retirer à V écart afin que personne
ne comprenne ce que nous disons, Dt-
»jy ou ajy, petit trou; tampon, 1141 n. 1; 1681 n. - Salle
de réception, exèdre, 1169, 8, = 3^ à l'ouest de ^Omân. En
Hdr. et en Dt., on l'appelle «yL^ vhv.
sjy, tente 7iuptiale, 32,6,17,18 et passim. En 'Iraq, on l'ap-
pelle io^.
(jiiy, être rude au toucher, p. e. la main; contr. de v^;-
(jiij, tailler, 583, 3 = v^Àc et jJL«, vhvs.
u^y, cette première forme m'est inconnue dans le Sud.
(jws'lo", 1764, ne figure que dans le Qàm. et Asâs el-Balârah sv.
Nous avons dans notre dialecte uo^_j', être satisfait (de
toute chose), ^j^yjj) [i\ , je suis satisfait = j'ai assez mangé.
152
Le verbe classique u^r^ , paître tout ce qui se trouve sur
le sol, 1764, = ^vJL-j', ne se trouve que dans le Qâmoûs.
LA n'a rien qui approche de ce sens, à moins que ïCa^jj, pi.
uotjj, ib. sv. p. 271,7 et notre (jo'y vhv., ne puissent s'y
rapporter. La racine (jo_j serait alors primaire et (jJb, une
variation phonétique.
^J^ ijo^! , être satisfait, contetit de. lékLo c>^j^î , Je suis
conte7it de toi ou, plus exactement, j'ai le conte?itement que
tu me procures.
(jûj^, satisfait, content. •.^) -yJ) ^ju^s, comment vas-tu
aujourd'hui!' Rép. ^JJ LX^il (jo»^, fort bien, grâce à Dieu,=
+ o
,^yo*^ et au commun -bj.w^^ des dialectes hadar du Levant.
(j^j n'est pas lèpre, comme dans le Nord et la lurah, mais
contenteme^it (sens demandé, que je n'ai jamais entendu dans
une conversation). La lèpre se dit ici -Jk^ vhv.
Or, on peut se demander si le nom arabe de la lèpre
n'est pas originairement un euphémisme, comme tant d'autres
noms en arabe. La maladie, venue des Indes, aurait passée
par l'Arabie Méridionale, oiï l'on ne voulait la nommer de son
vrai nom. ôaçlîmah, roi d'el-Hîrah, fut appelée. el-Abras,
Tab. I p. 750, Naswân o.l. p. 19, par respect, au lieu d'el-
Abras, ce qui prouve que le nom de la maladie existait déjà
dans le Nord dans ce temps reculé. Le nom du roi renferme
déjà une allusion à cette maladie, car j.!à4* est aussi, la lèpre
tuberculeuse. Quant à l'euphémie à l'égard du roi, il paraît
être mince, car (jiyl est justement le lépreux qui a des
taches, ij^^, sur le corps. L'autre nom euphémique qu'on
lui aurait donné g^3'' se rapporte également au ,^», ou
bahaq blanc, qui est ainsi appelé. On lira l'excellent ouvrage
de De Koning Trois traités p. 805 et Gl. s. v. En tout cas,
153
(jiy ^ u^ri, comme le pensait Vollers ZDMG- 50 p. 632
n. 6, nw me paraît pas justifié. Si le mot est venu avec la
chose du Sud de l'Arabie, on en ignorait alors déjà le sens
euphémistique, car il n'y a trace de sens méridional actuel ni
dans le lurah, ni dans les autres dialectes arabes. Un u^^-y» Jo>
est dans le Sud un homme content, tandis que hors de là c'est
un homme lépreux, comme dans la lurah. Voyez sur le (j^y
mes Prov. et Dict. p. 89 et ss. Toute cette argumentation
n'est autre chose qu'une hypothèse. Le verbe (joy (et les
autres dérivés) se rapportant à la lèpre serait alors dénominatif.
L'éth. l'O/JR, briller, est à considérer, et .^^^^ paraît le con-
firmer. Mais alors on s'étonne que ,joy, lè2^re, soit inconnu
dans le Sud; Nôldeke Beitrâge II p. 83 n. 3; cf. u^^"^!, la
lune = le brillant.
Dans le Nord, V~ija^ a des dérivés qui se trouvent dans la
lurah. - (j^îjj = idU., plaine de sable; cf. ^^i Hdr. Gloss. sv.—
i^yoj^, pi. oUyojj-j, est ancre dans tout le Sud. Je l'ai
toujours entendu prononcer barrùsi ou barrôsi. Van den
Berg Le Hadhr. p. 73 n. a barouçî, avec un seul r,
comme aussi Reinisch pour le sùmalî, Som. WB p. 9:
barôsi, mais Stace p. 9, correctement: anchor ^^*s*,^, pL
oLa.^^^ (voyellement de 'Abd el-Qâdir el-Mekkâwî). Jahn
SAE m p. 170 = Bittner St. Mehri I p. 69, donne pour
le Hdr. brûsî, pi. brôsât = mehri brôsi, pi. brôusî ').
Il dit que c'est une a^icre à 5 pointes, donc un grappin;
mais toute ancre a ce nom.
Littraann ZA 21 p. 81 porte pour le tigrifia bàrâs =
abyss. T^'S^ et il l'identifie à l'arabe mirsâ. Brockelmann
0.1. I p. 227 cite comme exemple de m>b en tigré ma-
râsî>brôsî, aficre, sans s'offusquer de la forme plurielle.
') Bittner écrit broi'isî, St. Mehri I p. 69.
154
Bittner le suit, St. sh. I p. 27, car, tout en donnant pour
le sh. birîs, ancre^ il considère le mehri brùsî comme
provenant de m r û s i , pour ra e r ô s I , < du pi. arabe ^c^^f-,
sing. s'uwlo, et il pense que le sh. biris doit être corrigé
en biris. Cette étymologie de ces trois grands arabisants
est absolument gratuite, car ^y>^3y est un mot indien, qui n'a
rien à voir avec sLy). Toute l'argumentation qui précède
est donc hors de mise ici. aLyi, ancre, Nôldeke Beitrâge II
p. 61, où nombreux renvois classiques, n'est point employé
dans le Sud, où ^^'^ est mouillage des bateaux.
Un autre mot pour ancre est ^^-Jî, RO p. 182,8, que
nous rencontrons dans les Merveilles de l'Inde (écrit en 342
environ) p. 92,1: 0^"^] !^>r^5 ils jetèrent l'ancre. Il est aussi
employé au Levant. On le fait venir du persan ^K^! (lenger),
ancre, LA VII p. 47, 12: ^^j^^ iC>L.ÀwJ! sL^o j^^'^U où il y a
la description d'une telle ancre, mais qui était plutôt une
honée. Le persan vient, il me semble, de l'arabe yp'^t>lan-
gar, l'ancre, et le mot arabe vient, à son tour, du grec
x'/Kvpûc > lat. ancôra, d'où aussi notre ancre. Boisacq E L G
sv. àyjcccu p. 7; Falk-Torp o. 1. p. 30; Walde LEWB p. 40;
Cf. Fraenkel FW p. 230 en haut. Dans le Levant, on dit
aussi ^Jl5>, (Dozy incorrectement v*^, mais Spiro ^-As>), pi.
^_j^ et ^_j^f. Le mehri a aussi dêber, pi. debûr, ancre^
et le qarawi (sh.), boharat, ancre, Carter p. 347, Bittner,
St. mehri I p. 65: bôhret, pi. b e w ê h e r , qui le compare
avec l'arabe ot^b, bateaux, mais le mot n'est pas arabe.
(jr^ avec les suffixes pronominaux a en Egypte et en Syrie
155
(moins courant) le sens de toujours, encore, a^^ jS> , il n'a
pas changé = il est toujours lui-même. Tantavy p. 76. v'-^ *^y)
il est toujours (aussi) jeune, ib. y^l^ï Js^j" \^^ »^ri »y^?j » ^^
demain veux-tu encore faire le gendarme? Bâsim p. 22, 10.
Jyw. Jwolc D^-^ A^s> , continue encore à faire V huissier., ib.
p. 29, 4. *^y xJ ^,_:s^j\}^.JLÎt ^53, e^ daws /a soirée nous irons
encore (= aussi) chez lui, ib. 29, 15. Spitta Gr. p. 174 écrit
incorrectement bard, et Hartmann Sprachfûhrer^ p. 157
l'a suivi. Tous les Caïriotes que j'ai consultés ont déclaré
cette prononciation inexacte. Ils se peut qu'on dise quel-
quefois bardoh, mais cette prononciation, rare et indivi-
duelle et inconnue au Caire, ne devrait pas figurer comme
règle ; cf. Sèh Matlûf p. 56, 9, oii c'est écrit oy . Dans ^p>^
oIj^j, Caire 1307, "Otraân écrit partout i^-j. Bardoh est
la combinaison la plus employée, et celle avec les autres
suffixes est assez rare, comme le fait justement observer
Vollers Gr. p. 130. Ce changement de u:o en o est attribué
à la proximité du r. Mais il y a aussi des mots, oii la proxi-
mité du r a exercé un effet contraire. Ainsi, en Egypte, ^\.<aA
<u.v^!lX/o, écoles, ^Abdallah en-Nadîm, Sulâfat en-Nadîm,
Caire 1319 II p. 52, 12, 17, à côté de ^JJ^, ib. p. 52, 5;
ib. p. 52, 1 et 4 d'en bas, il y a t>ca:> < ^jk>- < pA^,
jeune homme; ib. p. 52, 5 : a^ < lAS' < ÎlX/, ainsi, u^y^, dent
molaire, < ij^j^, Spitta Gr. p. 19. On voit donc que même
sans le r ce changement peut avoir lieu. Voir ici sub (jo
et (_vi3, oià l'on trouvera des exemples de ijo < (j« et de
(ji? > o, à côté d'une sonore.
a^^ jijL^'I^ ic?'b> ^1 ^^^_ JJ>, qu'il m'etivoie de parlemen-
taires cette fois-ci encore, récit du Haurùn. On le traduit par
aussi, anche, pure (Nallino), auch (Spitta, Hartmann). Si on
156
le rend par toujours ou encore^ on sera plus exact, et cela
est absolument le cas pour le Yéman, où cet adverbe est
aussi employé, Stace p. 129. Dans notre dialecte, il est in-
connu. On y dit iolX« vhv., ce qui correspond comme sens
exactement à *^,Li; \JbC-s, vhv., est un accus, loc. très com-
mun dans le Sud.
Dans la province d'el-Manzaleh, en Egypte, on prononce
distinctement biàrdoh, et cela indique clairement son
étymologie, déjà établie par Spitta Gr. p. 19. ij^ji + les
suffixes est courant dans les parlers du Haurân et des
"Anazeh. |*JC^,Li j«jLJLi>, restez là où vous êtes, récit du
Haurân, oià l'on a aussi la forme contractée, comme nous
l'avons vu dans un exemple précédent, = dt j^lXa ^/i-
Wilya ma lagum el-Hôtrôbi bàrdu, mais Von ne
trouva pas el-H. à sa place, ma LB'^A p. 2, 14; cf. ib. Gl.
sub (ji^y. «j^ Jw^ \/to.! ^y, ^l/ v_j^t lys'j", les Bédouins se
levèrent, chacun de la place oit il était, chargea son chameau,
ib. p. Q^, 28, = Dt. xjlXfl ^^ o^' ^o^s avons ici l'emploi
prototype de(jrj, et pour être juste j'aurais dû placer barduh
sub [jcji .
Spitta confond à tort bardoh, 1.1., avec b a si oh.
-bjj, u, expliqué 681 et n. 1; 890,8; voir oj.
^^, avoir les jambes écartées et tortues, ^= ^^.
^l^^, qui a les jambes de cette façon, Dt. = Yéman a^i\.
ijiJ^jj , expliqué 359 et n. 3. En Egypte, c'est cracher (plume
mal taillée).
157
iUjIjjj, vieille pantoufle, 359 n. 3.
^y, s'agiter; galoper, se balader, Egypte; faire des sauts,
Stumrae Tun. Gr. Gl. sv. ; prendre le tnors aux dents, Eg.
Vollers Z D M G 50 p. 382. C'est un élargissement de ^y vhv.
jJ:>j-j, déchirer par un long usage, Dt. ; dégémination de
^. — Cela n'a rien à voir avec ^^, soudoyer < J^.j,
qui est un mot persan.
jX-o', expliqué 359.
jj:)jj, est dans presque tous les dialectes de l'Arabie et du
Levant faire la moue ou le museau, être renfrogné, avoir
la figure rechignee. Y. sub ^.o. ^^ f^f^ ^' ^t ^^ fut
expliqué par é^^-) wJiï «Xjî, ^m me fais la moue, tu as la
figure changée à mon égard ; cf. Lammens Farâid p. 346.
Ju^.:s\Jt jJd^ j Vavare fait la moue, Musil o. 1. p. 354, 9 qui le
traduit par „ârgerlich ist der Geizhals". En Egypte, c'est
marmotter étant fâché: Jal^u ^Laj»^ [^jb J^j-^j ^t il devint
triste, se mit d marmotter et à pleurer, Bàsim p. 41 d. 1. Ce
n'est pas précisément baragouiner, comme le traduisent Dozy
S. et Habeiche Dict. fr.-ar. sv., d'après Bc. Par contre,
Spiro Arab.-engl. Voc. est juste: to mutter to 07ie self, talk
unintelligently, talk incoherently, = (^y, bargam ib. sv.
LA sv. donne des exemples de l'emploi identique de ce
verbe, qui est donc très classique.
^}£. (*-^jy', fciire le museau, avoir la figure rechignee Dt.,
expliqué par fJ^y> vhv. LA sv. : ^^' ^y* w^Ai^iJ" ^! J^J ^f^-
1 û>
j«-b^, babine. Musil, o. 1. p. 188,8, (appliqué à une fille), le
158
traduit par „ouverture de la bouche"; toute cette poésie est
grotesque, et ce mot n'y est donc pas déplacé. Nous disons
aussi par plaisanterie museau pour bouche.
_ o _
iU-L^, babine des animaux, partout courant. Musil o. 1.
p. 271, 13.
j.J3jj, babine, lèvre dans toute J'Arabie, aussi en Dt 1615
note, cf. 1162 note, et Weissbach a eu tort de corriger,
ZDMG 58 p. 946, le bàrtûm de Meissner NAGI p. 113b
en birtum, qui cependant est aussi bon. Holma Kôrperteile
p. 144 n. 4 pense que p-by pourrait être formé par conta-
mination de (•y^y> et de s^, anneau du museau, mais cela
n'est pas admissible. J'ai parlé 1615 note de tous ces mots
de formation analogue et je me demande si les verbes sont
dénominatifs et par conséquent postérieurs aux substantifs.
L ' m finale se trouve également dans des mots qui n'ont
pas la forme ^j)^, comme 'U*^àJ^, 1614, et le verbe *>JLi:.
Dans le cas qui nous occupe, j*Lj pourrait bien être ono-
matopée et par conséquent primaire à l'instar de plusieurs
verbes qui dérivent d'une labiale dont le prototype est yj
vhv. et barbarus. Ensuite, on aura formé ^y^j sur le para-
digme courant de ces sortes de mots, car l'analogie joue un
rôle très grand dans la structure des langues sémitiques.
L'arabe est tout paradigmatique 1160. LA n'a pas le sub-
stantif [.y^jJ, mais l'on y voit que jj^^ se rapporte aux
lèvres, car j.Lby est l'épithète d'un homme lippu et grosse
lèvre; i^îy est lippitude et forte colère; avec l'élargissement
fjijjjî, comme f^f>^ Tahdîb p. 152, LA XVp. 64, et f^f>'i,
Tahdîb p. 152 de jjii- et de jUi3» et d'autres dégéminations
par n dans des mots de la même catégorie. On ne saurait
donc dire avec Vollers ZDMG 58 p. 237 que ^^ soit une
expression moderne „empruntée à la trompe de l'éléphant
159
ou au groin du cochon". Beaussier enregistre un verbe
Jsji, faire des pets avec la bouche. On pensera à -by^, mais
l'on peut aussi y chercher la racine -by dont l'élargissement
serait Jd^; en tout cas, une onomatopée. j^Ly pourrait être
un accouplement des deux onomatopées ^, vhv., et ^x^ vhv.
Nous avons j*.^*!), parler d'une façon barbare, comme les
^imyar, LA sv. Aujourd'hui j^W-b est en Syrie (Alep)
marmotter entre les dents = ^^ (Saydâ); cf. Dozy S. sv.;
cf. aussi notre tam-tam pour marquer le rythme; voir
sub ^^c>.
L'italien brontolare pourrait aussi être une onomatopée; cf.
plus haut f^y' oià 1/~~j*.Jûj y = V~brontol, avec permutation
de m en 1. Ne pas faire entrer les onomatopées dans l'étude
. comparée des langues en général serait chose absolument
injustifiée, car la même loi physiologique préside à la for-
mation de toutes les langues primordiales.
Y a-t-il une relation étymologique onomatopéique entre
j»Lj et ^b^ , parler une langue étrangère inintelligible aux
Arabes, LA sv.? Aujourd'hui, le &JLb^ est le parler des
Barâbra, des Sômalis et des Mahrah; le jargoti, le dialecte.
Vollers pense ici aux Retennu des anciens Egyptiens, ZDMG
58 p. 237.
^y, être haut, Hdr p. 489. = ^^, 1309,2, vhv.
^"yj et ^ys'^ sautiller; danser, Hdr p. 489. < ^^Xi 540,1
et n. 1.
iCcjj, danse, 151, 14.
c^ < ^ < 1^, dehors; prononcé barra" depuis "Oman
jusqu'à la Mer Rouge, dans le Sud, 1453. Peut-on comparer
comme formation analogue c^j, Lebîd N° XXXIV v. 10,
160
repousser, < t^^ , apparenté à V ^j», dans quelques accep-
tions, mais seulement comme passage d'un a final à ^?
vixtvJ
5 O,
cuyiy, puce, 1306,1 = trynç Ges.-Buhl sv. et d'après H.
Môller ZDMG 70 p. 151 = pulex et Floh; cf. Walde sv.
pulex et Boisacq Langue grecque sv. cpùKXx. Ma science n'arrive
pas aussi loin. Le petit animal est international, cela est
sûr, mais le nom ! Ce serait alors une importation sémitique !
vjy, u, faire des éclairs, partout courant, oy o.Ij, 1218
n. 1. 2; 1699,2 d'en bas. Verbes congénères, 1380 n. 6.
3y, être interdit = di^, 1764.
Jvc ^jj, regarder fixement, avoir Voeil au guet, épier, 1300.
MSOS I pp. 61,16; 71,1; ib. III pp. 17,4; 33,9; aussi
en Egypte et en Algérie, Marçais T AT Gloss. sv, ; cf.oùy vhv.
oy, pi. o^y, éclair, 538 n. 3.
0;L, éclair, 538,7; 590; 1157,9: 1218 n. 1. 2; 1648,11
d'en bas; 1699,2 d'en bas; Tab. I p. 1985,14. êams el-
""Ulûm p. 6: op' ui^L^-JL Bittner Studien mehri I p. 15
veut que la forme qOtal en mehri dérive originairement
de qatl>qâtel>qâtel>qôtel et il cite justement
bôreq à côté de barq (oy), de même que Rhodokanakis
WZKM 25 p. 4, mais alors il faut aussi admettre le même
processus pour l'arabe; ce qui n'est nullement nécessaire.
Le fâMl y est très développé appliqué aux phénomènes
atmosphériques: lA-cL, ;j*wo'l^, J^'^, J^L* etc. vhvs. Je ne
vois pas pourquoi on veut ramener cette forme, d'une façon
artificielle très en faveur auprès de quelques linguistes, à
161
une autre forme primordiale avec laquelle on ne saura jamais
établir une transition historique et réelle.
OjIj <C o^ ^^^'' di^apeau, pi. ^J^, 12,15; 459; 461,3;
aussi Çofâr RD II Gl. sv.
^!y, éclair, 117, 21; 161, 22; 467,6; 878 d.l.; 1273,6 d'en
bas; 1718; voir sub J.l=>. Socin Diw. Gl. sv.
^yî, sol dur, 1764. — Bariolé, ib. = oUjS vhv.
o^, drapeau, 461,4; pi. o^Lo, 4-73, 14 = ^^l>j 461,2,8.
05-J1 , endolori au dos, Syrie, 1223, 4, et '^Li^, douleur au dos.
nom propre 293.
«5j, déchirer. La kan em-taub mibàrqa^ tirqa'eh,
si le vêtement (ou Vétoffe) est déchiré, tu le rapetasseras Dt.
C'est un autre verbe que le dénominatif jïy (v. les dict.) et
paraît être un accouplement de ^ et ^j, dont les sens
sont différenciés de ceux du Nord.
loi o-, i -O _ û-
wëj, endroit, place, synonyme de iixaj, vhv. c^Oj^j) ij^j^'-^^
wëj, tu m'as rasé la tête et tu as laissé un etidroit (sans
le raser) Dt. Le ^^ égyptien n'est pas connu ici; Boh. II
p. 138.
é^, u, se courber '), se coucher, homme et bête. ,.1^)0 ^-05 "^
Ajt_Jt é-^ o-^-^^t, lorsqu'ils arrivent devant la maison, le
chameau se couche, 818, 9 et n. 1. Mais c'est aussi transitif:
eu di bârikinneh, qui l'a fait agenouiller? 721,7; alors
1) >i)yj! du genou, I Sa'd VI p. 80.
11
162
= éJ, et liJ.L. = éy^ 818 n. 1. I Sîdah VII p. 5 dit à propos
de la saillie de la chamelle: ^^. Uj-^^ i^^yî ioUJ! J^ ^yj"
L^^ L^Jlc ii)y iCïljJl js^Àl! ^yj': l\_j;, ce qui est illustré par
ma photographie J.406. Le vers d'Imrul-Qays Ahlwardt
127, 30: léjS ioJs^L/* Js^^ Z^l est par le commentateur chez de
Slarie p. 119, 1 expliqué par L^-ki-i j. éj^*l\ ^] ^SsL^
U^Mi (J^_.yLw-o is^K3 Ja>*^x-j ii-j"^ iÎI^LaJ! u-^^ ^^3\ voir LA
XVII p. 284 ; XVIII p. 255. On voit donc que é^i s'applique
aussi à des animaux autres que les chameaux. En Syrie
et en Egypte ^i) j est = Joë . A Damas, ce sens est très
courant. On y dit p. e. : iiJuJ:? ':^^ o^y, je suis resté couché
longtemps = alité à cause de maladie. ^ ^^L^v ^Csj^ ^^^
j^S'iAit, je suis resté assis deux heures chez lui dans la
boutique, Syrie et Egypte. J^ |ytJLb Lo ^yoo iC^jX^s^t i^L^
isLi-JLkil jo^ j 'V^T^^ '''^tv^j ^^-5 cavaliers du gouvernement
lorsqu'ils montent à un village s'installent à Veiidroit de la
réquisition, Hauràn. (^cj-^xU! ij>Â^j^î ^^ ci«c ^y [«-^Ij q' i*^,
ensuite, B. s'abattit Sîir ces deux rail de rôti, Bâsim p. 89, 2.
ob>b>o o"!iUd! ^}^ ^\i ^jj^, et alors B. s'abattit sur les
trois poulets, ib. p. 89, 16. On trouve le même sens en
Algérie, Beaussier sv., Socin Marokko p. 160 n. 22; Marçais
T A T p. 230 : „Dans certains parlers du Sud marocain,
c'est le mot (ii)y) le plus fréquent pour s'asseoir." Son article
est fort instructif. Bergstrâsser, dans son fameux ,.Sprach-
atlas" p. 45 dit qu'on emploie é^ pour Joë dans les envi-
rons d'Alep, probablement parce qu'il avait trouvé chez
Fourrière, M S OS IV ii p. 214, ^^, il s'asseya. Ce n'est pas
tout à fait cela, comme je vies de le prouver. Ce verbe
163
est partout courant dans ce sens, plus ou moins spécialisé,
excepté dans l'Arabie du Sud.
C'est sans doute un dénominatif du sémitique ^^ , genou,
vhv., et ne doit pas, à l'origine, s'appliquer seulement au
chameau, car l'extension de ce verbe, se rapportant égale-
ment à une position de l'homme, assis ou couché, est con-
traire à une telle resU-iction, voir Hdr p. 696 et Jacob
Sanfarâ I p. 72 sub ^^) et ib. II p. 41 et ici sub_ytî. —
Bénir, 791 en bas; cf. 1765 en haut. La question est de
savoir si é^, bénir, a quelque rapport avec ê^, genou, 791.
Zimmern pense, Akk. F W p. 65, qu'il y a une parenté
fondamentale entre l'hébr. bêrêk, l'aram. barrek, l'arabe
barrak, bârak, l'éthiop. baraka et l'akkad. karabu,
béiiir, prier, > sab. krb, bénir, mkrb sanctuaire, temple,
voir 638 et ss. et ici sub ^/ ■ La question me paraît com-
pliquée, et je ne suis pas bien persuadé que le savant
assyriologue ait raison.
ii)J ou éyi, genou, en mehri, 791 en bas; Bittner St. mehri
I p. 125, III p. 25; id. sh. I pp. 21 anm. et 62; Carter
p. 354: knee barak. En hébr. "^5, genou, et les autres
formes sémitiques 791 et Ges.-Buhl sv. Le sh. possède aussi
l'arabe erkebét < rekbét, genou, B.sh. I p. 21 en bas
et p. 52. Torczyner o. 1. p. 291 n. 3 veut que "^^5, bark
etc. n'ait rien à voir avec x»i'^ , qui d'après Bittner, St. mehri
I p. 14, serait une métathèse, 791, de berek, bark, et
vice versa St. sh. I p. 52, mais Brockelmann o. 1. I pp. 272
et 276, Holma Kôrperteile pp. 96 et 133, de même que
Ges.-Buhl sv. "^"13 ne sont pas de cet avis. H. Môller, Sem.
u. Indogerm. p 6 et ZDMQ 70 p. 150 identifie "m , genou,
et les autres formes sémitiques, à è^i, geyiua flectere. Je
crois aussi qu'il faut séparer berek, bark de ï^..
164
La préposition mehrite birek (berek) da7is, renferme
assurément le même thème ti)^, dans son sens primaire,
dont ~n? ne serait qu'un développement sémantique: birék
beyt = v.i>-.A>Jt J. ou c>y^! }^^^- C'est originairement un
substantif, comme le dit bien Bittner St. mehri IV p. 11,
car on peut le faire précéder d'une préposition: min birék
himù = iUl Jj>b ^y, ou Z^ ^ ou ^Ui ^"^ cr5 le-birék
gabyet = i^oL^! J^3-tJj, et Bittner pense que c'est à
l'origine un ,y^, ib., comme tant d autres prépositions qui
sont au début des substantifs. Cf. ^%5'j vhv.
éjj est à Damas couché, alité étant malade, vieux et infirme;
on n'est pas alors certainement dans la position d'un homme
assis les genoux plies! Mais aussi ^y^ éj^ c:^î ^^ , pour-
quoi restes-tu ici?, comme dans l'exemple plus haut. Les
Juifs de Damas disent éjo = ytob>: é\i_^le= yi:oi=> j^ L,
un tel n'est pas présent en répondant à un appel nominal.
'^^, bassin, 71, 10; pi. o'^"^ 71, 12. En Harîb, on prononce
le singulier birék a h.
éy^, place où s'agenouillent les chameaux, 441,2; 1722,11.
jtSji, expliqué 1764 et s. Terrasser qqn. de façon à le faire
rester sur les genoux, Dt. 1765: (^c^'-^ij *'"*^j^j je Vcii ter-
rassé avec le poing, et il est resté à genoux, Dt. Cf. «XL
et ^i)y.
o
icil^^, expliqué 832. Est-ce notre percale, par la voie de
l'Inde?
165
* ^
^y, u, tourner, tr. ; tordre, 19,19; 569 n. 3; 597; ZDMG
49 p. 512; inf. ♦jj 569; 633 n. 1. jxl! j.y!, tourne la table
Hdr. Jaxi^ j.y, tordre le fil, = ^ vhv.
Mji, marmite, 20,16; 596 en bas; 597; 831 en bas; 1037;
pi. j.ty 596. — Bassinet du fusil, voir sub vJîA>o. — Ahanging
lamp, pi. j.^, Stace p. 95, parce qu'en forme de iC-*^.
Lammens, mots français, p. 158, veut que ce soit l'étymo-
logie du français marmite. Ce mot est employé dans toute
l'Arabie et les dialectes du Levant. C'est de l'arabe pur,
régulièrement formé sur idl«, Hdr p. 252.
j.t^, potier; pi. ^y, 597.
Les KîCflîy en Egypte 923.
j^^, réparer la vaisselle cassée, 1381. Ce sont les Juifs qui
font cela. .su^\ ^yt y> L^ iiUio3 ïLïytcm iCxi-Jt ^i .L5^ L5y*^
^ "^j, z7 /az^ des trous dans la marmite cassée et y fait
passer un fil de cuivre jaune et resserre le fil, Dt.
^N^^", s'attifer d'une façon voyante, Syrie, 768, n. 1. ^y^
*bljCJlj, avoir le langage fleuri, parler d'une façon agréable,
mais aussi enjoliver le langage, en sens mauvais, Syrie et
Béd. de Syrie.
^^Ls^-p^, fard, 768 n. 1. ^Lj^^^t ioLA-;L=>, le Jardin des
délices, le Paradis, Syrie. Cf. _y, „-Jb et ^n^jL, ^,.
166
^7^
s-
^j>, a, intr. guérir^ Dt. < b vhv. — Etre libre de ^j^.
^_5j, i, couper, 1298 n. 1. — Etre exempt de, manquer de
Ardena çlel-hîn barîet min el-qatab, 7iotre pays est
à présent exempt de variole.
^_c^, libre de, exempt de, ma^iquant de Ij! ^^ iu^^ ^ ^l^\
iLjL«/jî bÀS' (i, J^. est privé de blé cette année. Cf. ij et "f^.^, /z6re.
;j, ^eyer, soulever, enlever, aufheben, 690,5. MJM p. 11.
Stace sub lifted. C'est un verbe très classique dans ce sens
concret, p j-^', mais le classique dépouiller qqn. de qqc, jj
et};ot, Rubah, Ahlwardt III p. XCIX, I Sa'd I p. 107,4;
IV I p. 134, 21, = LydiLvv!, est secondaire, comme aussi l'hébreu
îîD. piller, faire du butin, Ges.-Buhl sv. On comparera y, »jj,
vêtements et armes, î3 , butin, avec le latin spoliare, dépouiller,
et spolia, dépouille. Voir Jacob êanfarâ I p. 23 et II p. 30 et s.
Cf. :->— 3 vhv. L'égyptien ;_j, to project, spout out, spring
(Spiro), semble être dénominatif de j^,K persan j^ museau,
mais eu réalité c'est la même racine primordiale que nous
trouvons dans les élargissements ^ jj, ^jj, vJjjj, Jjj et ^j-j
dont le sens fondamental est le même. Au Yéman, les Bé-
douins disent Ki>-wJL. jj, flatter, Stace p. 66; c'est au figuré.
"ji, toile blanche, 365, 2 d'en bas; éto/e en général. Zimmern
Akk. FW p. 37.
^'^ ...
jyij, pipe ou brûle-gueule des Bédoums du Nord 1078. On
167
l'appelle aussi jy ou jwu.*.. dans les différentes contrées. Voyez
Wetzstein ZDMG XXII p. 133 et s.; id. Die Lieb v. Amasia
p. 9 n. 12.
j^jj est sans doute un péjoratif de jvj ou un diminutif,
comme le syrien ^y^ l'est de om^j! > ojjjJ . Cf. jj porte-
cigarette, bout de la pipe. Les Bédouins qarawî (shaurî) du
Sud ont aussi un brûle-gueule pareil, Carter BBRAS vol. II
p. 200, de même que les Indiens de l'Amérique.
„j_3, bondir. — S'ouvrir brusquement. — Crevasser. RO §239.
En Dt, ^_j ^ jj , dire une blague. Cf. ^-èj .
-iot, tomber brusquement. — Eclater.
)^
.jj, semer, 1341 en bas. RO p. 113, 7 d'en bas a u^...^! jj
= ij*^-*wixJi Oj-ii , lever du soleil. L'errata n'indique pas cela
'comme faute d'impression pour ^jj vhv., et alors c'est une
variation phonétique du suivant.
^^ , se lever. ,^-..*^t ^.i^^jj LJ , 32, 2 ; très employé dans le
Sud. RO p. 2(54: uA^_«-ciJt ïLcjLj, clair de soleil. Dans notre
dialecte, ce verbe s'applique aussi aux arbres et aux plantes
qui germent et poussent, o-^j-j ay^iwCcJ!, the tree sprouted,
Stace p. 214, pousser, germer, bourgeofiner. On voit donc
que ce n'est pas seulement du soleil.
vjjjj, u, aussi en Dt., casser, briser. Stace sv. broke. En mh
bzoq, déchirer. Cf. oi.*o et o;x>.
^ji, ouvrir une plaie, un furo7icle, un clou etc.; ^OmknM.S OS
m p. 30, 7.
168
^jxi", s'ouvrir (plaie etc.), "Oman ib. 1. 10, 12 d'en bas, cf.
l'allemand aufhrechen d'un clou etc.
^■■f4i ^'6 casser. J^ oyJÎ, the rope broke, Stace p. 23.
Pour élucider V~j^, les élargissements rapportés ici sont
importants.
^îjj, salive, 1712,11 d'en bas.
ôji, i, perforer; enlever, en Mésopotamie, Meissner NAGI
p. 114.
JjIj, homme fort et gaillard, gros, 671,3; chameau fort, ma
Festgabe p. 29,3. J3L. K.ïl3, I Sîdah XVI p. 121.
id^jj, mamelle, Hdr. Gl. sv., viendrait d'après Tarchev. Cher
p. 22 du persan J^jj = t^cjo . Comme le mot n'est courant
que dans l'Afrique du nord, on pourra mettre cette étymo-
logie en doute.
1^3 ;j, chat; fém. '^»,^, 1135. Weissbach Irak-Arab. p. 182
N° 157. C'est sans doute un diminutif caritatif en un qui
s'est conservé dans les dialectes et devrait, comme tel,
figurer sous jj. Cf, u^.
j^;j, i, allaiter V enfant Dt. C'est un dénominatif de ^jj, Hdr.
p. 110. Cf. y, Stace p. 167'.,
w oc w
^j^, chat, 1133 et ss.; pi. (>'lwjÎ ou u««wj, 1133; fém. iUo,
c/ia//e, 1134; 1136. — ij^^l^, chat, 1135. — Tous les noms
pour le chat qui figurent 1135 N° 1 sont des onomatopées
imitant la voix par laquelle on appelle ou chasse le chat.
Le sont également les noms que donne A. Fischer dans la
169
• •
ZDMG 71 p. 217 en bas et p. 218 et n. 1, où la remarque,
contre Lerchundi, est parfaitement justifiée. Je me demande
si les noms de la seconde catégorie, 1136 N° 2 = Fischer
p. 217 et n. 2 et p. 218 et note, ne sont pas aussi des
onomatopées au même titre que ceux de N° 1.
Lr^3) égypt., expliqué 404; Socin Diw. Gl. sv.
"^1 u-^» ne-que, seulement, Dt. Hdr. p. 392, comme l'irâq.
Lo ^^^o, MSOS VII p. 118,5; Cf. 655.
0**-!
,j*.>*,wj, travailler avec lenteur et négligeance, tripoter, Syrie
1135 n. 2.
\ji*-iM^^ chat, Egypte, 1135 et note.
Jilj>Ja;^, 1072. Aussi en raehri.
vjuvo, déchirer ou arracher par un coup sec en tirant, mais
non avec un couteau, abreissen, Hogarieh. Je ne sais d'oii
vient ce verbe, si ce n'est une prononciation pour ^jj vhv.
Cf. Oj/o.
J.-^, i, cuire la viande à l'eau, bouillir, usité surtout chez
les Bédouins du Yéman. Seul LA mentionne ce thème dans
ce sens pour J^**jî, mais nous y trouvons aussi *-Lv*o, mal
compris par les savants arabes, et qui doit être un plat de
viande bouillie, régulièrement formé sur le parad. iloè, Hdr.
p. 278 n.; donc ^='x<^jJo. J-wo est aussi sabéen, Glaser Altj.
Nachrichten p. 197. Kônig Hebr. Gramm., zu § 1 — 4, dit
que V~bé\ n'existe pas en arabe. Il n'aurait eu qu'à ouvrir
170
» •
L A et notre excellent Ges.-Buhl s.v. b^2 pour se convaincre du
contraire. Dans son propre dict. liébr., où pourtant il renvoie
si souvent à l'arabe, le renvoi manque cette fois. De Lagarde
a aussi méconnu ce verbe très arabe, Bildung der Nomina
p. 41/2. Voir Nôldeke Beitrâge II p. 45. C'est le qarawî
(shaurî) bisel, rôtir, SAE VII p. 123 § 5. Cf. J^.L:>, Jwi-
et ^ vhvs. Voir aussi H. Môller SIG I § 132. En mehri,
il y a fsu, dîner = sh. fse ou fùsi, qui pourrait bien avoir
du rapport avec le vieil égypt. psy, cuire, <î s, plus tard
pfs, Festschrift Hommel I p. 332. Le verbe sémitique en
serait-il un développement?
J^L, insipide, au fig., Egypte, 492,4 d'en bas. Hartmann
LLW p. 125. En datînois, c'est courroucé, qui se jette à
tête perdue dans la mêlée. Sanfarâ, Jacob I p. 23 et II p. 15,
c'est traduit par trotzig, arrogant. Jacob veut que ce soit
le même thème que bï^Di^^^s, qui signifierait originairement
bouillonnant (d'ardeur), brûlant. C'est possible. Cf. Abu Hilâl
el-'Askarî K. el-Mu'gam dans M S 0 S XVIII, ii p. 8.
Le sens sabéen de faire une offrande, b^^'l, n'est pas
ù >
connu dans le Sud, mais les Bédouins de Syrie ont iiJLo,
do7i, cadeau. Cf. LA et Qàra. sv.
,U.vv.j, cuit, bouilli. J>-y*o *.:sn.J, viande bouillie, Hogarîeh, =
vAa.*=> vhv. SAE VII p. 26,2, bisil est le contr. de nùM
= ^ vhv., soit mûr, à point. Bittner St. mehri I p. 84 a
oublié l'arabe J^^vo.
J^A-Ix), datte séchée au soleil, sing., Dt. RO p. 104,13 d'en
bas; ib. p. 157,8: ^o^ ^Li^, ;?s>-b Lo y èN^kj ^_JL*^I y*^Jt,
les dattes mabsali sont cuites, et ce qui n'est pas cuit s'appelle
!.*«, sôhh, à quoi on comparera ce que dit LA XIII p.
58, 10 : \àài>5 }s^^ ^.w^î JvwoSj .
171
^, chat, 1133; 1136. - iU-o, chatte, 70,4; 1133. Partout
dans le Sud. — ^«^.^.^y^o, petit chat, 1134, 6 et n. 3; cf. p. 709.
Ce nom d'unité, qu'on constate aussi quelquefois dans le
Nord, mais jamais aussi répandu que dans notre dialecte,
et, d'après Littraann, en tigré, se trouve également en persan :
gùrbèï, U7i chat, bûsèï, un baiser, Chodzko Gr. persane-
p. 112, qui l'appelle le y a d'unité. Voir Brockelmann o. 1. I
§ 221.
(jv*o, petit chat, 1135. — ^--^y^; petite chatte, 1135. Cf.
bsôna, petit, à Ma'lûla ZA 31, p. 206 n. 1.
Jo, expliqué 317; 1490,5. RO p. 416,18: 8^1==- J^^,,
il se réjouit; cf. le cl. Jii.^ lS>;-
^ = Jii^ 317. L'impératif ^xi.jî est une formule de politesse,
une exclamation exhortative, une invitation, employée dans
tout le monde arabe, 1603,9. Sa^na ma'^ak ufi arârak.
Qâl lehom; Zeyn, îbsiru! C'est que nous sommes avec
toi et sous tes ordres. Il leur dit : Très bien ! Ibsiru! =
''Oman M SOS V, ii p. 14 d. 1.: sâne biyâk ufemrek.
Gâlhum (sic!): nzên, tebessiru. Je reconnais parfaite-
ment mon incapacité de rendre cet impératif par un seul
mot adéquat en français. J'ai traduit l'imparfait î^yi^' 30, 12
par: soyez tranquilles! RD Gl. sv.
(iVr^.Lj j^S LI> JL>yLi yi.jt, les hommes sont à toi! Nous
sommes aujourd'hui tes victimes (= nous nous ferons tuer
172
pour toi) récit ''anazî. ^csJ ^Jl=> L^ JÊ i::ooy> ^ vj*^' l^^^^j
^/ioi c>jl5 SaÎjIj, le maître de la tente appela sa femme et
lui dit: ,jDépêche-toi à faire le déjeuner.'^ Elle répondit:
ibsîr! Haurân. Cf. Musil o. 1. p. 222,6 d'en bas.
Cette formule doit être de vieille date. Elle se rencontre
Qor. 41 V. 30: 'xi,^l\j Îj^Ij, ce que Kazimirski rend par:
réjouissez-vous du Paradis, de même que Zetterstéen dans
se nouvelle traduction suédoise. Boh. I p. 114,9 (Ju^ias ^_jLi
iUijtJI): tjyio! tout seul.
^_j yiUj, constater avec plaisir un fait 47, 13.
"éy^ , épiderme 49, 1. — Morceau de peau, 1029. Cf. s^.
s^, prépuce, Dt. — Scorie Dt.
3
b.-Uio, scorie, Bâ Kâzim. Cf. %^.
^Lj, employé seulement avec ^L^t: .L^î ^Lu' la première
lueur annonçant la pointe du jour. hj<l\ ^Lo iA>Lc /L U/«jc,
710US allojis partir (v. sub ^^) demain matin aux premières
lueurs du jour, Dt. C'est véritablement le pluriel de l'infinitif
jA.^" de .^. Il y a plusieurs de ces pluriels analogues:
«-joLj" vhv. ; ^^yKJiyS; wwuJLxaj", représentation d'une croix,
tableau où est peinte une croix; ^^L^j", aussi le sing. r^y^j';
JvjiUi" , pi. de l'infinitif JyyUJ" = JLxIi"; vuç>L3ù' I Sîdah IX p. 49;
c>wy^L*j et j*h\Jii . Ces infinitifs sont devenus des substantifs.
vjî-ci.j 1532, 9 d'en bas. Je ne connais pas ce verbe.
«io, soumettre l'inculpé à l'épreuve du feu, faire l'ordalie,
173
Arabica V p. 162 et ss. Burckhardt, Beduinen (Weimar 1831)
p. 233. S. Fraenkel, Feuerprobe, dans les Mitt. d. Schles.
Gesellschaft f. Erdkunde Heft XII. Maltzan Sùdarabien pp.
2(i2 et 294. Vollers ZA XXII p. 224 et s. Littmann Be-
duinenerzâhlungen Gl. sv. Musil o. 1. p. 210 et p. 340 s.
Rhodokanakis Dofâr I p. 23. Ce verbe a ce sens dans toute
l'Arabie. A Dofâr, on dit o'-*! vhv. ; les Bédouins du Higâz,
aussi (j«"^i, et le ^J^ y est aussi (j^js^JU. C'est presque
toujours la même famille qui excerce ce métier pour découvrir
- o J
les ij:r*i^- Voir sub ^L.
j/ixxij', être soumis à répreuve du feu, Arabica V p. 164, 5 et 6.
Jo^ 5-^5 scorie Dt. = ""Aulaqî 'à.*^- cf. syio et s^Uco, vhv.
G
wt>ûj, V épreuve du feu, ordalie, partout en Arabie, Stace
o
p. 116 sub ordeal, = Nord iC*Jb vhv.
^-ii->-<, celui qui fait subir l'épreuve du feu à l'inculpé,
partout en Arabie, Arabica V p. 163, = Nord ^Lo ou ^j-^-s^JU.
Dans la Mission archéologique de Jaussen et Savignac p. 474
n. 2, nous lisons, à propos de ce procédé de ^-^: «L'in-
culpé admis en sa présence tendait la langue à une lancette
rougie au feu et adroitement appliquée par le bâla" (lisez
muballi''); trois fois l'instrument devait toucher la langue.
Si la chair était mangée par le fer rouge, l'inculpé était
coupable; dans le cas contraire, il était déclaré innocent."
Mais on m'a assuré qu'on peut graisser la patte au mu-
baâsi^ afin qu'il applique ^e fer un peu au dessus de la
langue, qui par cela n'est pas touchée. C'est le bahsîs, le
bartîl, la balsah ou la riswah, vhvs., qui est le juge
o
suprême en Orient. Sur le dialectal t.io, voir l'anecdote chez
Abu Hilâl el-'Askarî MSOS XVIII, ii p. 5.
174
^y^ ,»-^, avoi7' du dégoût pour = ^J^ (-f^j tandis qu'en
araméen c'est tout le contraire, v. Ges.-Buhl sv. dïï'D.
pLci_: est encens dans tout le Sud. C'est le Commiphora
opobalsamum, haumier de la Mecque, Deflers Esquisse de
géographie botanique dans la Revue d'Egypte p. 421. On
comparera le thèfne txio, qui renferme la même idée.
(joj, u, regarder, 317; 1298 n. 1. — Epier — Ma Festgabe
p. 37 et s. Déjà Yollers ZDMG 49 p. 493 a voulu voir
dans les verbes tels que (j^j =■ y^; ^-^ = ^av.3-; uj; = yj;
iiU« = yCv; (j„::i£ = y^ic et lXJs == .lXJs et, par conséquent,
ceux que j'énumère 317, une réduction du Jjè en «, et feu
mon ami J. Barth m'écrivit le 3 Févr. 1909: „Zu S. 317
will es mir scheinen, dass mehrere Wurzeln erst reduzirt
sein môgen; so ^J^.^ j._^j aus J:^, ij^ aus -a^j.'" Cela est,
d'après moi, méconnaître le mécanisme des racines sémitiques
et l'importance des dialectes arabes, oii se trouve l'immense
dépôt des matériaux de construction de la langue. C'est une
linguistique à rebours. Je renvoie la lecteur aux verbes ci-
haut dans ce Glossaire.
(joLL, espion, Stace p. 214.
5 0^
gjoyo^, 494,5; Prov. et Dictons Gl. sv. Petite lampe porta-
tive en Syrie. Ma Festgabe Gloss. sv.
^x2j, ^K2^_ et ^, u, voir, regarder, 317: 892, 2; 1466 d. 1.;
1528,5; 1533,4 d'en bas; 1630,9 d'en bas; 1695. Etymo-
logie, 1298 n. 1.
175
yjAi, dans la locution Lujl>JI oj^^Ij» il cl commencé à faire
jour, Dt.
^ «-^ ; y, regarder^ 1370. Rendre visite, aller voir quelqu'un,
1075, D. 2. Regarder ce qu'il faut faire pour, ^5 trouver
remède à, 1361, 10 d'en bas.
y^) > .Aûlajt , pouvoir être vu, se voir, 892, 5, v. sub J^Ijo^L
j«2j, 6o?^ conseil, expédient, manière d'agir, clairvoyance, pi.
^l4Î, 522, 14; 992,5 d'en bas. C'est le syrien ^bl ^î J^
Sud = Syrie JûôJi] JsJls. ^aûJI ^^sui', gt^e faut-il faire, commuent
faut-il agir? D. H. Mûller SAE IV p. 72 N° 18 et p. 74, 11.
Stace p. 200: ivhat can I do? a^î ^^ /^K l*^ prévoyaiice
ou le savoir-faire prime ou remporte sur la force, proverbe
yémanite ZA 26 p. 347. En Hdr, on dit s. Laj dans ce sens,
ce, qui est le mehri bsôret, ruse.
'■é^,, lumière. «y^J' ^^ ^3, s'ôter de la lumière Dt.
a^j-^cL.^ , lunettes, Yéman = »_Li.^ (»_a12J^), Aden et Dt. Ma
Festgabe Gl. sv.
<Jawj-i2jlj, expliqué 1072; aussi mehri BM III p. 13 oiî
il faut lire bas t. Voir LA IX p. 129 sv.
iji2j, i, arriver, 522,13; 1222. — Se répandre, se dit de
l'eau, Dt. Lane sv. cf. ^j^, suinter, Tab. I p. 1479. —
Frapper chez les Bédouins de Syrie cf. ^y:o. — Causer des dégâts,
"Oman, Moritz Zanzibar p. 9. — Cf. ^-^iij, 1298, n. 1, ^^,
tj.2ju et Joijj v. les dict.
(ja^aj, répartir, distribuer, Dt. I Sîdah XII p. 228,9.
_*a_i, 1298, n. 1. Elargissement de V~o^ dans le sens de
176
donner peu d'eau. C'est l'hébreu "liiD, Ges.-Buhl sv. Sa méta-
thèse (j^y, i, u, donner peu d'eau, Barth ES p. 1. Cf. -Lj;
cf. aussi le mehri bedôr et bedâuq, déchirer., BM I p.
11.5, II p. 16, IV p. 56 et BSh II p. 61; l'arabe ^^ vhv.
L'arabe y*^ a en partie le même sens, comme le babyl.
basâru et le mehri bezôr, couper.
,t>caj, prix de la dp'floraiso?i, 834 et n. 1. — cLw02>-x_w^t -,LXj,
8S4 n. 1. Pour d'autres verbes congénères, voir sub ^.
(^^ji, devenir pubère (fille). La fille est ,^^, pubère, Dt.
Se rattache peut-être à izj, clitoris.
L,
ïaj, U, expliqué 1216. Onomatopée qui se trouve aussi dans
les langues indoeuropéennes. A Laghouat, c'est le seul mot
employé pour frapper (Marçais).
i2.>J2j, barboter dans l'eau, Syrie et Dt. Cf. Jij^j, v. sub
jy et i2xi>. 'i^jix}') J. Jijlio ^Jii.i, pourquoi barbotes-tu dans
la flaque d'eau? Dt. = Syr. J, -l^y^.
f^i retiverser, 1216.
^L, terrasser en luttant avec quelqu'un, tomber quelqu'un
en luttant, Syrie, = ^j^ , dans le Sud, vhv.
*x) ^Lo" , même sens, Syrie = ^J^*^ dans le Sud, vhv.
flij, rivière temporaire, Carbou p. 207; RD Gl. sv. L'exac-
titude de Huber, cité Hdr. p. 475 n., est confirmée par
Laramens JAs. 1917 p. 467 n. 2. En mehri, batah, i^ows-
177
sière, et en sh. âtah < batah, sahle^ qui est aussi le
sens datînois.
iL.^Lj, tapis en peau,, 832.
^aj, a, être insolent, arrogant, effronté, outrecuidant. Emploi
rare, mais connu.
^jLxj , se découvrir le corps, tout ou en partie ; se dénuder.
Etre insolent, effronté, arrogant, outrecuidant et alors =
^■^' Aussi chez Hartmann LLW p. 152 Str. 6 et comm.;
ib. p. 155, 21,22.
^jk*jùw], être fougueux, hommes et bêtes; aussi ^Omân RO
p. 291,15 d'en bas.
Cl - ù _ 5 3
jlij', 7m, (tout ou en partie); fém. '^j^, nue; pi. ^^ Dt.,
''Aul. et Bâ Kâzim, = (^^L
»^ , insolence, arrogance, effronterie, outrecuidance, impétuosité.
Joi, insolent, arrogant, Dt. — El-Hadrami la ta'^allam
el-^ôlm fi Tërîm yistëwi bàtër mithîyilînnu râs
el-hôkmah, le Eadramite lorsqu'il a étudié à Terîni
devient arrogant se croyant être le comble de la sagesse, me
dit un datînois. Qays b. el-Hatîm, Diw. N° 8 v. 5, dit:
Si c^owc Mwe fortune t'a été donnée, tu ne dois pas
En être arrogajit par cela, car l'état des choses évolue.
^^t^j-kj, arivgant, impétueux (homme); fougueux, fringant
(cheval). Aussi 'Oman, RO p. 522,73. Ce sens de V~_^
et de ses dérivés est répandu dans presque tous les pays
arabes; v. les dict. de la lurah. La V~J2^, être nu ou
quelque chose d'analogue, est difficile à débrouiller, à moins
que ce soit pour byn vhv. > Ly > ^Iij par métathèse. C'est
une simple supposition, faute de mieux.
12
178
,kyL«.!, être insolent, être impétueux, être fougeux. Aussi en
""Oman. RO p. 291,14 d'en bas: lôhsân mistebtor hêt
hâdsi min zemân riikbo ybâ^ edeb hathûz btûrîto,
l'étalon est trop fringant parce que personne depuis longtemps
ne l'a monté; il a besoin d'être châtié afin que son ardeur
s'en aille.
(Ji^, i, couper, 359. Cf. ^/^Kj.
V~S^ 359. — Dans le sens de chômer, être en vacances,
Zimmern Akkad. FW p. 47 veut que l'aram. bétel
(> néohebr. bâtai), même sens, ait été influencé par l'akkad.
batâlu, chômer.
jLj, expliqué 1391. Cf. ^l^^ sv.
JsLj, pi. ^3^JaJ^ bi'ave hornme, courageux, héros, 1608 d. 1.
Sur l'origine sémasialogique, voyez sub ^ff^^ et »^. Il est
JJaj parce qu'il fait fi de tout, même de sa vie; tout est
pour lui ^\j, excepté le courage et la renommée, qui lui
donnent la gloire dont il tire la vanité, innée chez les
Orientaux. Cf. ce que je dis p. 884 et ici sub 'U^ et «Ab.
Dans le Sud, surtout sur la côt des Mahrah, il y a le mot
b e 1 1 î 1 , qui est un bateau assez grand pouvant faire de
longs voyages sur mer. Th. Bent, Southern Arabia, écrit p. 8
bat il: the Sbeikh (of Bahrên) has some fine war vessels,
called batils; ib. p. 229 et p. 277. Jahn SAE III p. 170
écrit plus correctement bettîl, grand bateau dépêche, pi.
betôtel, Bittner St. mehr. 1 p. 69 en haut. On pensera
tout de suite au portugais batel, nom que les Berdeqays,
< portugez = Européens, Bittner St. mehr. IV p. 65, ont
pu laissé dans le pays. Mais nous trouvons dans les Merveilles
de l'Inde, éd. v. d. Lith, Gl. sv., un mot qui est toujours
179
écrit Jl. * L < et qui paraît signifier canot. Le récit de ce
capitaine au long cours a été composé vers Tan 342 de la
Higrah. Le ms. de Constantinople date de l'année 644. V. d.
Lith n'a pu trouver un nom de bateau qui ait quelque
rapport avec ce mot. Est-ce que jUk* serait une faute de
copiste pour J^-Ji^? On sait que hatil > bateau est un
diminutif de l'angle-saxon bât. Si JLJm est la bonne leçon,
il faut sans doute donner à J-Ju une étymologie portugaise,
mais les deux t sont surprenants, quoique possibles. ^^ ^iiîj.
^^ ^ ), u, aller vers la mer ou le Sud, 87,14; 885 d. 1. ;
expliqué 1321. — S'engager dans, 1322,1. — Manger, RO
p. 223, 10 d'en bas.
^, avaler, 57,4.5, = Id^o. On ne dit ^^ que lorsqu'on
a précédemment mâché, sans cela c'est ^j ou bjj, vhv.
^ci ^rJ.Lo j.^l53t qI^xj, il avale ce qu'on lui dit (a reproché)
et ne riposte pas. Il y a la même métaphore dans les langues
européennes.
,^Jio, se raser les poils des parties génitales; dénom. de ^Iw.
^1j expliqué 1321. — io^li- ^Lj, la surface ou l'aréal du
champ, 1508; cf. ^^Jo.
o - o _
8^, porte-monnaie, Hdr. Cf. »>yi3, Dozy S. sv.
Ju < LLj — ur^'' mettre du temps à faire qqc; rester
longtemps, tarder, 65,12; 137,17; 170,2; 1606,2 d'en bas.
Ce sens de tarder est courant dans toute la Péninsule et
chez les Bédouins de Syrie. Les Syriens disent J^. Snouck
OS I p. 100, 3 donne pour le Hdr ^. Je ne connais que
180
^çJojî, mais i^^j peut être vrai; en tout cas, le participe est
i^^/o < ^Jr^■, et jamais je n'ai entendu j^c^L.. Le "Omânais
a du reste J>c l^^? comme dans cette phrase de RO p.
233, 10: yôm gelest henâl^ stebtayûni hûti ubatêt
'^ a ] î h u m , lorsque fêtais là, mes soeurs m'attendaient avec
impatience, et je les ai fait attendre. Snouck Z A 26 p. 229
n. 1 donne cette phrase liadramite: la ma si "^ôlya fis-
soboh yibti-l-^amal ma yilgi sabûl, s'il ne fait pas
de vent du nord le matin, les céréales restent longtemps avant
de faire des épis. Mehri habëtâ, venir trop tard, être en
retard, ce qui = J^\, Jahn S AE III Gl. sv., BM II p. 76, 17.
^^L*_j, laisser longtemps attendre, Nord, 704, 9 d'en bas.
LLJ, longtemps. o^I ^^ [L^ \j.1 Csji , il y a longtemps qu'il ne
fait plus froid.
(V^, adjectif, qui est depuis longtemps ou a été longtemps
dans un eyidroit. xo! ^Cs^ ^^ lXï, es-tu depuis longtemps à
Adenf [JS> ij*JL> yS> ^^Lj, il y a lotigtemps qu'il se trouve
ici. Prononcé batè^
o^US ^, locution expliquée 929, 5 d'en bas.
yju, disperser 762.
*
Jotj éter ses habits v^-^' 1^21 = tXjtj! ib. Synonymes:
3-, u-Jli^, 5JL=>, .iJui, ^^! vhv. ; Arabica lïl p. 128.
Jsjuî, être loin, être éloigné, 402,8 d'en bas; 1476, 10; 1520, 10;
1570; 1689, 10; ma Festgabe Gloss. sv. — Ôter ses habits =
Jou 1321.
181
l\*j, adv., analysé 299 n.; 1339; j'ai en outre traité cette
question de l'origine de la voyelle dans (A*j et ses congénères
Hdr. p. 454 et p. 771, de même que dans ma Festgabe
p. 35 et s. Reckendorf, en mentionnant cette dernière publi-
cation, dans la OLZ', proteste péremptoirement contre mon
hypothèse, tandis que Littmann, presque en même temps,
DLZ 1909 p. 3097, trouve l\*j < sÂjJ „si non sûr, cepen-
dant vraisemblable". Je ne saurais y voir un locatif avec
Brockelmann VGSS I p. 462; ma Festgabe Gl. sv, ; voyez
ce qui suit et ici p. 182 et ss.
lXxj + les suffixes, encore, 1521. — oLc lXxj 1578, 18, ce
qui prouve que «Ajo, = oU, vhv, est connu dans nos
dialectes, quoiqu'il n'y soit pas employé avec les suffixes;
mais en 'omânais l\*j est encore, noch RO § 225 p. 113
et p. 270, 3; cf. ib. p. 121, 11 d'en bas, oii »lX*j est inutile-
ment traduit par trotzdem = »oic. Même emploi en mehri:
bâd BM IV § 13, et âd = ot vhy. Bsh I § 6 confond
le sh ''ad et b'^ad < ba^d, faisant venir le premier du
second avec chute de la consonne initiale b, ce qui, dans ce
cas particulier, est une erreur; cf. ib. II § 41.
lX*j + les suffixes de la III^ personne, » et L^, dans un sens
neutre, ensuite, après: «a*j 7, 11; \J>ô<xi 1443; ma Festgabe
p. 35. — lXxj == Lo lXxj, 84, 12. — Lo lAxj avec l'imparfait
suivant 27, 14. — "bJ iA*j, après que, 466.
lXju préposition, = Uï ou ^^U, après, derrière. aS^i l\*j ^b J^
chacun court après son gagne-pain 895. 1 ; cf. Brockelmann
VGSS II p. 421.
Jou b avec le pronom prem. pers. suffixe ou un substantif
suivant, 1180,3 et notes 2 et 4. Idiotisme surtout syrien et
égyptien, mal compris par V/'eisabach ZIA p. 127,5: si
trîd yâ ba'ad irwêhti was willst du, mein Seelchen ?
et encore plus mal par Musil o. 1. p. 299: ya ba^d rûhî,
182
traduit par: o wie weit entfernt ist meine Freude; ib. p.
430,16: wa min en ya bu'êdi la fît; rendu par: und
îcoher, o mein teurer Entfernter, kehrst du ein?, où la
dernière partie est aussi erronée pour: wo kommst du her.
Les traductions, aussi bien que les textes, de ce savant,
clochent un peu partout.
^y.j«ju, baMên, ensuite, après, 299 n. ; 1418 n. ad 299, voir
aussi Hdr. pp. 454 et ss. p. 771 et cf. Arabica I p. 78.
Dans le haut Liban, en Egypte à Rosette et son district, à
Abyâr, à el-Fayyûm et à Béni Swêf, j'ai constaté la pro-
nonciation ba^dèyn, comme ici 355,2 de Rasâyat el-Fohhâr,
en Syrie. On y dit aussi q a b 1 è y n , mais ce mot seulement
comme juxtaposition antithétique de ba^deyn, 299 n. J'in-
clinais autrefois à y voir un duel, forme qu'on pouvait
admettre pour beaucoup de particules avec les suffixes des
autres langues sémitiques et auxquelles on pouvait com-
poser j!^, J>^, ^[50, ^cJu ^•^J et ^^ ^J^J VhVS., ^^ ^J^J
vhv. Le Qâm. a UîoJotj sv., Lane sv., = U/Jos-:, mais TA
porte UJutXAjtj. A présent, j'ai abandonné cette idée, ainsi
qu'on pourra constater dans les pages auxquelles je renvois
plus haut. En composant le Glossaire de Bâsim, cette incer-
titude concernant l'étymologie m'intriguait et j'écris au maître
de Strasbourg, Nôldeke, pour connaître son opinion. Il voulait
bien me répondre ce qui suit: ,,Ces formes récalcitrantes
en en et an m'ont causé, comme à d'autres, beaucoup de
cassement de tête sans résultat. Quand même je ne saurais
expliquer p. e. l'u dans le classique oVju, jyJs etc. (vhv), je
m'en console cependant en constatant que c'est là une for-
mation ancienne dont nous ne pouvons connaître les phases
primordiales. Mais ne savoir expliquer de telles formations
modernes est tout aussi fâcheux que lorsqu'un romaniste ne
sait interpréter une forme française tout à fait ordinaire,
183
malgré tout son échafaudage du latin classique et vulgaire.
Qableyn ne doit pas nous beaucoup préoccuper, ainsi
que vous le faites remarquer, car ce n'est probablement
qu'une forme réflexe sous l'influence de ^^â*j. Mais celle-ci!
1 1 â n , h a 1 1 ê n (v. ici sv.) sont pour moi simplement
^J ^î, ^^î ^c;^., et leur emploi comme préposition ne doit pas
nous intriguer : ce serait une simple extension de leur emploi.
Seulement, une telle explication n'est pas applicable à^^.^Xxj,
déjà au point de vue phonétique. J'avais bien une fois l'idée,
comme de Goeje (JAs. 1883 I p. 545, Lbg), que ce serait
= ^t tXxj, avec suppression de la proposition relative, et il
en serait de même de qUî" (vhv.) = ^î L*/, mais quand même
on ferait abstraction de la difficulté de la signification: post
quod = post quod (id) factum est = postea, nous n'aurions
tout au plus que ba'dan ou ba^en et non baMên. Cela
ne va pas". Abordant ensuite ma conjecture du duel, il
continue: „Je regrette de ne pas y trouver la convenance
nécessaire de la signification. Nous n'avons rien de pareil
dans l'arabe ancien, car ^^^^ etc. est un duel régulier et
senti (comme le syriaque ^5^»*» et «-.àJ-».£). Si certaines pré-
positions hébraïques, ainsi que la désinence éthiopienne ê de
presque toutes les prépositions devant les suffixes, sont des
duels, cela n'a pourtant plus aucune action sur l'arabe. On
pourait certainement citer UjCjlXxj ci^, qui jusqu'à présent
m'avait échappé, mais là le duel est sans doute motivé par
le suffixe; pourquoi l'auteur n'aurait-il pas sans cela dit
(iLiLXju? En tout cas, tous ces duels sont en status construct.
et non en st. absol.
La difficulté augmente ici (comme pour^L4) surtout par
le fait que le mot est déterminé. Il signifie non pas comme
184
l\*j ou !a*j, après, mais ap?"ès œto = 5l\5u, LpAxj '). Or, il
n'y a pas d'élément démonstratif qui se laisse ramener à en.
Quant à metên? = metâ (etc.), je me contenterais, faute
de mieux, de la conjecture que le n est une addition pure-
ment parasite: ^) un tel interrogatif a une accentuation toute
particulière, surtout à la fin d'une phrase. De tels mots isolés
(comme ceux qui signifient oui ^) montrent souvent des mo-
difications phonétiques singulières. Mais tout cela ne nous
avance pas pour .^.^*^. Si seulement on pouvait citer un
exemple à l'appui de efÂxj comme mot indépendant sans
suffixe = lXjlj ! Alors je m'en tiendrais à ^î ^5^-^) ^^ o^'
= (^î o^*^^ *^' justement à cause du à, y trouverait son
analogie. Mais, rébus sic stantibus, je ne sais quel parti
prendre. Ce qu'il y a de mieux, je crois, c'est que vous
laissiez votre explication telle qu'elle est. Vous y donnez
d'initiative à d'autres recherches dans ce sens: faire entrer
le duel en jeu est toujours un point de vue très digne d'être
pris en considération".
Or, Torczyner, Entstehung des Semit. Sprachtypus I pp.
66; 67; 70 n. 3 et 74, explique Qju>otj ec. comme un accu-
satif adverbial. Il dit p. QQ: „L'araméen connaît aussi la
désinence accusative adverbiale an. De an, assurément en
') Nôldeke fait ici une distinction fort subtile que je ne saurais
approuver. iAxj li'o »..^l Lv ou îtXxj dit absolument la même chose que
le vulgaire qJlX*j dU v^>j!, je t'écrirai après ^ Dt «Jou (iU u-^X^L .
2) Une telle addition parasite ne pourrait, d'après moi, s'expliquer
par l'analogie avec un autre mot, oii certainement elle ne serait pas
parasite.
3) Voir ici sub |^'.
*) On sait que Fleischer. Kl. Schriften II p. 774, faisait venir qUs'
du persan q'-*^; voir Dt 300 n.; 1418 et ici sv. ^^L-*-^. L'étymologie
de Fleischer est à écarter.
185
passant par an, comme px. l^Olp. piriN*. elle a été imâlée
en ê et ensuite diphtonguée en ai. Par cela s'expliquent
avec certitude les adverbes arabes vulgaires ba'^dên, ''uq-
bên, déclarés énigraatiques par Nôldeke Beitrage I p. 14,
lesquelles formes correspondent exactement à l'araméen priN,
comme étant originairement ba^dan, ""uqban, ainsi que
l'a déjà dit Spitta Gr. § 30 et 85 n. 1 et Probst Arab.
Sprachfùhrer p. 23, ce qui a été rejeté à tort par VoUers
WZKM VI p. 169." 11 désapprouve l'explication de Nôldeke
^t c\ju, car cela aurait donné une conjonction et non l'ad-
verbe ensuite, ce qui était aussi l'avis de Fleischer KJ.
Schriften II p. 774 à propos de ^î U/, qui de conjonction
serait devenu adverbe, et cela serait contre toute analogie.
Torczyner compare avec raison, ce me semble, l'araméen
ppi;, à la fi?i, avec l'arabe 'aqbên, vhv. 11 s'ensuit de
cette argumentation que qjlXxj < qI^x^j. < q^Ajç 0^^) et
ij^jJic < qI-î^ < (j^ (^^) seraient encore un reste de la
nounation arabe an < an. Les analogies sémitiques que
donne Torczyner sont si nombreuses qu'on ne saurait rejeter
a priori son explication quand même on ne saurait pas
toujours de son avis lorsqu'il applique sa théorie là oii elle
n'est pas de mise. Nous avons en sabéen q^A-*j, Glaser
Abess. p. 50 d. 1. et ib. p. 206 note. Torczyner ne paraît
pas avoir connu tout ce que j'ai écrit sur lXju, «^Xxj, \s><X3u
etc. Je fais observer que Marçais Ulâd Brâhîm p. 193, 2 et
8 donne aussi bà'^den = ba'dèlli, et selon lui > ^i J^ju,
mais il ne ressort pas bien si ce sont là des adverbes de
temps ou des conjonctions temporelles. Cf. aussi Kônig Lehr-
gebaude II p, 298 et s. sur IV^.
yu, a, fie7iter, 464.
ju, crottin des chameaux, 4:6é.-Homme vil, pleutre, piètre, 1242'.
186
jfju, chameau mâle, 532; les pluriels 532.
(j«j-svju, vagabond, fainéayit, Hdr., expliqué par iJbti; J^. ^i,!
jju j>y*o , qui g^f^■^^e son travail et va se balader. Cf. ,^w-^ vhv.
iaxj, faire un trou, une déchirure 360. — Le classique ii»j,
égorger une bête, estiajw, voir ma LB'' A p. 1, 11 et leGl. ib.
iaxj intens., trouer, déchirer.
iaju, pi. Jsyu, ^row, déchirure, p. e. dans un vêtement.
-bjjJ-*, ^row/, déchiré, -byt*^ ^ri^^'j l'habit est déchiré. Riq-
qa^i em-bà^at, raccommode le trou!
vjj^, moustique, v. u'^lj.
Jjtxjî, a2;oey une hernie.
jJtj, seigyieur d'un endroit 344,4 et n. 2; 3 Jju, seigneur
de, 457 et u. 1; c'est l'assyrien qêpu sa, = v^jLï, vhv.
jj] Jju, propriétaire de chameaux, sehri, SAE VII 140 § 8
= _A_»_j i_,o>LAj. ib. p. 121,10. Jlxj est encore aujourd'hui
dans le Sud le terrain arrosé par la pluie et ^=yt, terrain
arrosé par Astartès. — Jytyo, ^wz a zt>ie hernie.
Jotj, disperser.
aJIju pi. de J«ij, mulet, 1469 n. 1.
187
^yu, a, quelquefois i, comme en ^omânais et dofârî, RD II
§ 79 dans le Nord et en Haurân, où aussi ^çii à cause
de ^^ désirer. 48, 20, 21; 74, 17, 20: barêtnahna
ne'^arrislak, désires- tu que nous te mariions? Ces exem-
ples sont hadramites, et c'est pour cela que nahna est
pour-na, à l'accusatif. 461,4 d'en bas (de Habbân), 1491, 10
d'en bas (Hdr.). Ce verbe est surtout hadramite; peu usité
en Dt. où l'on dit ^\, vhv. On entend quelquefois en Dt.
baqeyt<ovï*^ voir sub ^, et Hein l'a également entendu
ainsi, puisqu'il écrit SAE VII pp. 3,13; 4,23; 5,9; 6,26
et 7, 20 baqay t, ce que D. H. Mùller a inutilement corrigé
en baray t, cf. ici p. 47 en bas. iCisU^ ^X L.5 ^l\^ ^i. u^tobt, je
désire pour moi un châle et je veux un fichu 155, 17, v. p. 25
en bas, où il y a la prothèse pour faire le pied - - ^ - . Ce verbe
est fort répandu au Nord du Rub'^el-Halî, chez les Bédouins
de Syrie et en Mésopotamie v. p. 1 1 et ss. de même que dans
les dialectes hadar. Au Negd, dans les pays d'Ibn Raâîd, on
dit plutôt jjt.
On a vu, sub ^îjt, que Nôldeke et Rhodokanakis considè-
rent ^jî comme une mutilation de ^^. J'ai tâché de réfuter
cette opinion, d'après moi erronée. RD II § 5d et § 79.
Le fait que ^i.!, a et i, alterne, dans les textes de RD, avec
^^, a, i, ne suffit point pour déclarer ^_cJb prototype d'un
,3' qui en serait une mutilation, par la chute de ^>^>c,
RD § 5 '). Ce sont deux verbes distincts, mais synonymes,
on presque, car ^çki est désirer et ^! vouloir. Le sens pri-
maire des deux est aussi différent. ^^ est l'hébr. et l'aram,
nyD. Ny3. V-^^^ Gces. Buhl sv., Brockelmann Lex. syr. p. 42.
') La lurah a un j*J ou ^_c*J) commettre un crime, qui pourrait bien
être un affaiblissement de (_5*J> opprimer, être inique.
188
Vollers ZDMG 49 p. 508, v. ici p. 49, Del. HWB p. 161.
Je renvois à mon article sur ^3:' et L.
ou, u, bavarder, est répandu dans toute l'Arabie, en Syrie,
mais non en Egypte, où l'on dit dans ce sens oi>Jb , bavarder,
Michel Sabbâr, éd. Thorbecke p. 38, 8 d'en bas. Aussi clas-
sique, el-Kâmil d'el-Mobarrad p. 406, 4 ; I Sa'^d IV, i p. 116, 24.
C'est sans doute une ononiatopée, comme la racine indoger-
manique buq, Walde LEWB sv. bucca. I el-Qût. p. 133,7:
D^f '^\ vjb. Le développement sémantiqne est le même
que dans Jàài et oil^j, vhvs. Le sens primaire paraît être
rejeter par la bouche, vomir, qui est encore courant en Syrie,
mais non en Egypte, malgré Spiro sv. qui l'a d'un Syrien;
Dozy sv. On comparera é^, u, jaillir (sang), Bâsim p. 31, 15.
iJio" iAaj., que tu puisses le rendre! est en Syrie une im-
précation, surtout des hommes, à un avare gourmand qui
ne donne rien aux autres. ^^ ^j^ AJ,] ci^, j'ai rejeté Veau
par ma bouche, éjaculé. cUJî j, L^:^ î^lXJî v/r-' oo^ U, je
n'ai pu boire le médicament, je l'ai rejeté par terre, je l'ai
vomi, Dt.
oiiij, faire rejeter par la bouche, faire vomir, v-^ J^ ^'
^^ (^ -tUt ^àJ^ l\=>Î5 L>!, j'étais en train de boire et quel-
qu'un vint et me fit rejeter l'eau par la bouche, Syrie, —
Le verbe oïaûj, se gonfler, Bâsim p. 7,4; êt7'e en ébullition,
eau, et faire glou glou, Sabbâr p. 38, est aussi répandu dans
toute l'Arabie. A Damas et au Caire, on dit aussi du nar-
ghileh qu'il JJlilj', fait glou glou.
^, 2mnaises, 1305 et n. 2; 1306, 1.
xib < ijtiù, sol; terrain; pays, 433, 5.
189
yi-j, ouvrir, fendre, est classique. I SaM III, i p. 6, 21; id.
VIII p. 311, 9; Tab. I p. 1420, 9, mais l'on trouve encore ce
sens dans le liadr. .ëj, labourer la terre, ZA 26 p. 223 n. inf.
i^îyb sur lequel v. Hdr Gl. s.- e^ et Brock. o. 1. 1 p. 410, dans
le nordarabique yù, trou, et dans les élargissements de V^~vJb.
jù, s'occuper des baqar, être batùl vhs.; dénom. de yb.
yb, race bovine, et les différents noms 711. I Sîdah XVII
p. 112 dit: fj^ L?y^ ^ji\ JààJJL iUL£ ^j^ju ^\\iî ^1 jjici
5 1 ï £
»i3k^ \^jSJ) vi>.AJbJ! iCo^ljtj ..1^ Lo Lois 'm^ j**J_5 ««iA-oUcit x^^ixJ
8(À^^ XxLj' 8(À^3 î..fi OO.! ..J^ 8^ 8A^_^ ^-'*^" ^^^' ryi^ «^
^^ajjl o^^t ^13 a-Lj. Quant à j^, cela n'est pas le cas
aujourd'hui, car «yb ou b.Laj est seulement une vache.
Torczyner apud Bsh I p. 62 veut que iî^3 et yu soient
apparentés au michna ipDn , terrain nullius et désert, aussi
"ipDH, mais ce mot me paraît plutôt être une métathèse de
yi, désert, vhv., de même que le shaurî feger, désert,
est également une métathèse de yiJj, Bsh I p. 24 en bas,
d'où le sh figrî, Bédouin, ib. pp. 34; 38; 57 et 60.
b\,LaJ, une vache, 579; 711; 1342; 1397; -1500. — Gages
du bouvier.
\ki, bouvier, gardien des baqar, 563; pi. b.lL 19,8; 563.
»v,y5L,=^, 282 n. 1.
1, ornement en forme -de rosette sur le manche du
poignard, Hdr. Gl. sv.
190
(jiaju, couper en morceaux, découper, 791 Dt. C'est le mehri
badang, Jahn G), sv. Accouplement de Jè^ et [j^i. Cf.
\jai, ycixi, «^, yjj, ijai etc. vhvs. et le mehri bedôr, déchirer.
*^.
wti^, md?-ozY, p^ace, 13, 12; 42,21; 1010, > *ij' 433. Cf. ^y
vhv. — En Syrie, iUaj est toc/^e, de «j, tacher, >^.
jij, /aire pousser (la verdure). Un proverbe dt- hadr. dit:
Kul min el-bagël wala tînsid ^ala min bag-
galuh (hadr.)
Mange des radis et ne demande pas qui les a plantés,
ou fait pousser.
JJu, coll. radis, racine amère, 941 n., = ,y^ en Hdr.,
Raphanus sativus, 941 n. Forskâl, apud Schweinfurth Arab.
Pflanzennamen p. 90, donne bôkel pour Raphanus sativus
et bockel pour Subularia purpurea = Schouvia purpurea
Schweinf. o. 1. p. 153, qui sont pourtant deux espèces dif-
férentes. Hirsch Reisen p. 24 n. 4: 3 a gai, Rettig. Manzoni
Yemen pp. 37,25; 123,15 d'en bas: Subularia purpurea,
e 1 - b ô k e 1 ; ib. p. 17,4 d'en bas : râpe e rapanelli, f i g î 1 ,
bâghel et ib. 1. 3 d'en bas: baqla, erbaggi. RO p. 57,14
d'en bas: bâqil, Saubohne, Vicia faba. On sait qu'en
arabe classique J^ est verdure, herbes, Asmal K. en-Nabât,
éd. Haffner, Beyrouth, p. 14. Jlij est dans tout l'Orient, en
Afrique et en Grèce un marchand de comestibles. Ce sont
surtout les Grecs qui font ce commerce. On les trouve même
dans l'Intérieur de l'Afrique. Feu le roi de Grèce me dit
191
que „ce mot grec s'est répandu partout avec les marchands
grecs". Il n'était pas philologue, ce brave roi!
La pratique, 940 s., que raconte I. el-Mogâwir de fendre
le figl est encore courante à Ta^izz, où l'on donne encore
la même raison extraordinaire alléguée par 1. el-M.
Sur l'éthiop. tt^Mr , dattier, voir sub Jio.
AJLaj, comestibles. RO p. 230,2.
iCJLJij, arbre, au pays de Yâfi'', = dt. iùiu: vhv.
j^b, a, comme verbe auxiliaire en Hdr. etenDt. ^^^^ o^,
je suis déjà venu, je suis déjà ici. ^U- Le ^^Jii, il n'est pas
encore venu = ^b- U» olc ou ^b- U îso(c. On ne dit pas Uu,
a, comme on l'entend souvent dans le Nord, en Syrie et en
Egypte; le dialecte tamînite l'avait aussi, Abu ZeydNawâdir
p. 80 et n. 2; Brockelmann o. 1. I p. 621.
^^
Jj, u, voir vjb. — kL = '>J^y>^, 643 n. 1. Sîdah dit la
même chose (je ne retrouve plus l'endroit).
7^
^, agnelle, 840. — ^ dourah rouge, 521,4.
8^, chamelle qui n'a pas encore mis bas.
»jKj, de grand matin, 1185; classique. — Demain matin,
Nord, 1651.
^\i, demain matin, 1651; cf. -^L vhv. Mbaker, Carbon
p. 227, demain, = ambâker MSOS II p. 162 N° 280
(Waddây), Rabah p. 44. Est-ce ^i'L. ^J^, comme le mehri
mrôrin, ensuite < em-rôr-in, Bittner mehri III § 67,
ou bien l'article em? Voir sub -,Ij.
192
^bo, colonne, Glaser Mitteill. p. 42. Cf. le mehri bokôr,
amas de pierres.
^^S'\j, bâton à crochet des Bédouins, 591 ; 1744 et s. = s.^
296,4; 591; 1744; 1746. Torczyner o. 1. p. 119. Le mot
akkadien bukânu, bâton, se prête aussi à une étymologie,
Zimmern Akk. F W p. 36. L'importance du bâton est curieuse-
ment illustrée par l'étymologie du latin imbëcïllus, faible,
propr. qui est sans bacillum, bâton, Walde sub baculum.
Dans la poésie du XV!!» siècle, imbécile voulait encore dire
impuissant: un bras imbécile^ les mai7is imbéciles. Ce n'est
que plus tard que ce mot est devenu, au sens restreint, faible
d'esprit, Darraesteter, Vie des mots p. 1 06 ;'NyropGr. langue
fr. IV pp. 22 et 285.
JjCj, a, i, expliqué 458 n. 1 ; 463,3. — ^j^ J^", faire selon
o
ses forces. — Jvi_j, moyen possibilité, force, 458. ASJLi Js^,
prends ce que tic pourras. — J^jCI. On chante au Yéman:
et l'on ajoute: iU/toL iJ^ÂJ!
A A
0 notre cheykh! 0 chef! Tu as lié l'apache.
Et le gouvernement est d'accord!
Jw^ me fut explipué par o^LJî lt-^-^ (^^-'î^). Il serait
intéressant de connaître si ce sens est l'origine du nom de
la tribu 'si connue ou bien si c'est son nom qui a donné ces
dénominatifs. Pour moi, le premier cas est le plus probable.
Glaser Suwti^ und el-'^Uzza p. 9.
* Xj
es •
tbo et L<j expliqués 610; voyez aussi Schaade Uhud p. 19,
Hdr. Gloss. sv. et A. Fischer ZDMG 59 p. 669.
193
3o = J! ^j 292, 293; 1409, 1410; v. ^.
jj; -^ 1760, V. ^.
^ j^î 1765. — ijjb, 6o2f/e(^, 1229. — JJIj, troubler^ Carboa
p. 201.
o.JLj, envoyer en sabéen; cf. JJo.
viJb, a, i, monter en épis, porter des épis = c ji.
Ki^>-^ xb^fiJ! o^, ^e roseau ou /cz %e a /az^ des epzs Dt.
Cf. o^ sv. et le classique Jj!.
u>Ju, cracher, rejeter par la bouche 57, 5; 1081; voir iaL, ^L
et vjiij.
^JLo, inf. -'^■, plaisanter; se balader, 594,7; I Sa'^ad I p.
156; synonyme de -i-^'; Hodeyl. éd. Kosegarten p. 264 en
haut. ^^ est un accouplement de ^ et ,^.
jOb, e7re soi!, = JJb dans le Nord. Ce verbe ne peut venir
de la même racine que Odi, ville, village; la différence de
sens est trop grande. Nous avons bien jJj et jJj!, sot,stupide,
en Syrie, de même que aJj, être sot, confus, ahuri, I Sîdah
IX p. 303, Hdr. Gl. sv., avec sa métathèse J^, même sens,
mais je crois que ces deux verbes se rapportent à ^,
vhv. et Hdr. Gl. sv. ; ma LA p. 06. Selon Dalman, FD
13
194
p. 146 ]Sΰ 3 = ici 1576, 7, jOli est steheyi bleiben, mais il
faut probablement traduire iAL "i^î, non pas par indolefit,
comme je l'ai fait, mais par lorsqu'il devient fougueux ou
quelque chose de pareil, d'après l'idée des Arabes concernant
le courage à la guerre, voir *^, 5^ et »^. La traduction
de Dalman est ici impossible.
A en juger d'après les explications des lexicographes arabes,
u\Jb et jOo et leurs dérivés se rapporteraient même à lXL,
LA IV p. 64 en bas: (Ham. p. 511 en bas) lXJCju ^aj^UU J^^
i^_5 L^_o (^o\x^ "^J ij^p>'> Q^ sXfiJî li -;v=^ l5^^^ ^'^-^-^ ^"^
sAJb ^îj jJb 3^5 saLjl Cela me paraît fort douteux.
lxL = iJb, 605 n. 1.
«A-V = '^'^^'^■, 1221 n. 1.
lAiij, indolent Dt.
t>Jb, ==: ^li, terre, sol, 13, 15; 87,6; voir sub ^J>X=>' Courant
dans toute l'Arabie et les dialectes bédouins de Syrie. vJiL*o
iAJLJ) J, s.lXjÎ, z7 sème la dourah dans la terre T)t lXLJ! q^ji-Vj
- '
z7s ensemencent la terre Dt. sL^Xj «^'^ ^j*^ cr^' ^^^^*<^^^^
connaît sa terre qu'il ensemence Dt. Dans cette acception, il
n'y a pas de pluriel de ce mot. LA IV p. 62, 11 dit: (AJLi!
i_j!yd! sjJUifj, voir plus bas. C'est donc exactement notre
terre avec toutes ces applications sémasiologiques. Au figuré,
c'est même tombeau, comme nous disons 7'eposer dans la
terre. I Sîdah VI p. 132/3: ^,»^_iLJt ^.^ _^ j.^^ -i^] JJLJ!
lX-Cvou :
3 - w £ G
^_;l^! w (jSxj lXLJ! £L:> Ujj^: el-balad signifie le cimetière,
et l'on dit que c'est aussi la tombe 7nême. Un poète a dit:
195
Tout homme quitte ses amis
Et il remet son âme à la tombe.
LA donne aussi un sâhid de ^Adî b. Zeyd (Brockelmann
G AL I p. 29). Dans l'expression classique lXLJ! ivCi-^J, Ha-
mâsah p. 374, c'est sans doutQ le même sens de terre, L^Sy.
llamâsah p. 62, 7 d'en bas nous lisons :
JA lXJLJî (Jji UxjU-^ ^^>0c>, oii c'est expliqué par ioCo ijc.\.
Cette épithète si connue doit bien se traduire par le sol
sacré; en tout cas, c'est ainsi qu'il faut comprendre cette
locution dans ce vers à cause de jj^c.
Mais lXJU est aussi, comme on le sait, endroit, localité;
village, ville; pays. Hamâsah p. 344, 16, 17 et surtout p.
609, 1 où nous trouvons lXL et Sli l'un pour l'autre:
533 » s SO- 3ÏO,î iio^
JS*^ jamais je n'aimerai un pa^js où j'ai vu des ^Ans
ni un pays non plus où les Q. se sojit fixés.
L A = Lane sv. : a^j-^îc 3jA:s^ù^^xl xxLLi *) %^_y> Ji lALit^ slXLJ)
byt -^ ^t c^AJK", et El-Azhâri s'exprime de la même façon en
ajoutant: «uXL L^ i^jLLiîj uXL _^ o^^^*^ -î' '^'^* -^^^^ voyez
LA III p. 64 en bas, cité plus haut p. 194,9 et LA »aLj
est ^_p^. C'est aussi- = .b LA, ce qui serait yémanite.
yii lXL, desolate country, Lane p. 2700.
En soqotri lXL est ville SAE II p. 23, 7. En général, lXL
est du masculin quelquefois aussi du féminin, 13,25,, RO
p. 56, 6, comme aussi Merveilles de l'Inde p. 82, 2, et tou-
jours au Caire, tandis que ^^b est toujours du féminin, vhv.
De même que AL et o^b signifient aussi ^)^, p. 194, 2 d'en
bas, de même •^^y est au Waddây pays. ,^a J! (^lij^iî j^ Î3
LotjX], z;o2C2 ^e Bournouan qui est allé dans notre pays, Carbou
p. 48 en bas. -s-îjAaj^! u^iy v|r^ ^3^j ? emmenez-nous au pays
196
de Tunis la verte^ ib. p. 147. On dira sans doute que ^î^j"
est ici au figuré, comme nous disons la terre de France,
mais je crois que nous avons ici le vrai sens primaire, qui
se trouve aussi peut-être dans ô^ et S±i.
obJu a, à l'instar de oL, le sens de terre, sol, principalement
chez les Bédouins de Syrie. j^r,o dUl^JJ l1:> J.^L^■i5t :,-^^ Jï
j?I.L>Jl '„i>v>.£==>3 ^.zy^^i^ . . . >_jj.^JsJi L^LdxCo c>'.^=3 ^_^LiiS! ^^5. bUi^'
o'^LJLi, le cJieykh el-Islâm dit (à la fille musulmane qui s'était
faite chrétienne): ^,Nous te donnerons beaucoup d'argent". Le
qâdi lui jeta alors des pièces d'or dans le pan de sa jupe
(de la fille), mais elle versa V argent par terre, récit de Haurân.
Riga*^ en-negdi uvvîigid et-tahîn mautùr uel-mâ'
makbûb bil-billâd, le Negdite retourna et trouva la fa-
rine éparpillée et l'eau versée par terre {sur le sol), expliqué
par p^\^, récit de Haurân. o^LIc i^^. v.l>jAx)3 ^<Xi »j oAi*!
o^Li! , je l'ai devancé et j'ai tendu la main vers le sol et j'ai
empoigné iine pierre avec laquelle je lui ai flanqué un bon
coup, et le malandrin tomba du dos de la jument, et le
voilà par terre, explication d'un proverbe liauranien par un
Haurânien.
Pays, 73,19. En 'Oman, vUlage RO p. 227,14. En Dt.,
on dit le plus souvent ij^Ji i p. e. xlc ^.\, ^îys {joj, 'i^'^ lf?',
et non xU o^b etc. Le pluriel de o^ est oJb l>j,L, bëlàuwad,
bëlôwad, o^, 679, o^ G79 n. 2 et lXL, Hdr. Gl. sv., qui
est pour JvJo, comme v^-^» P^- v*-^- J^*^ cr^ ^^ ^^ j
^lL-j ,i^jcxj Ul.^3 v_)jtJ' oji-j, ^.s'lj., il y eut combat entre les
Fadl (de Suqrah) et les Ycifi'', et les pays des Arabes sont
toitë sens dessus-dessous, lettre d'un Datînois. Gumlet en-
197
nâs dan nu inné h sêr ') fi sV mil-bëlô wad, tout le
monde croyait qu'il (le seyyid Sâlum) se rendait dans quel-
que ville, traduction datînoise du texte de Brode M S OS Vir
p. 17,3 d'en bas: m nâs g uni le zannu in nu sâyur fi
se milblâdîn.
Sur ce pluriel mehrite, voir Bittner St. mehri I §§ 74 et 75
et la remarque de Rhodokanakis ad loc. dans Zur Formenlehre
des Mehri p. 18. En datînois, c'est le pluriel d'un singulier
jLxà p. e. j.^Ls", pi. j-plî", 679; >_j^> Pl- Vj-^; j^-*-^^ Pl- jr*-^5
uiiîjs pi. j^^ etc.
S±i, partout prononcé bëlâd, bal ad ou blâd, est à l'ori-
gine le pi. de L\Jb et c'est ainsi qu'on lit dans les diction-
naires. Cependant, déjà de très bonne heure, les Arabes ne
l'ont pas senti comme un pluriel, mais comme un singuHer,
et l'on a donné à ce nouveau singulier le pluriel ^iL>J._j,
comme ,L>^, vhv. et qK'^^- Bes dialectes du Sud connais-
sent aussi le pi. qJ-^^L-j; RO p. 268, 10: ^\y^^\ ^\y^. ^^_^\
^ixJic :\L> s^^iJ^ iJ^L-j L ^c;-JO^b J,, le éeyh surveille l'état
des choses dans ses localités; il ne veut point qu'un manque
d'ordre s'y manifeste; M SOS Vu p. 21,8 d'en bas et
l'exemple ici 1. 5.
Dans les dialectes, o^L est toujours du fém. sing. Dans
mes Prov. et Dict. p. 200, j'ai établi la différence entre >Ab
et o^b, cf. Arabica III p. 62; ib. V p. 211 n. 2; RD 01. sv.;
Lammens Farâid p. 351:. El-Bekrî dit sv. que ^LvL est le
pi. de aJsL et Zamah. le donne comme pluriel de lXL. Dans
le Monde Oriental X 1916 p. 127 (Uppsala), on lit: [^:. ^li
^!j^IL'! ^^ lXJLj ^j^ dUÛc ^J^ ^^(c ^J^ ^villiJ^j A=>1 , et personne
198
ne vient se plaindre de l'injustice d'un de tes gouverneurs
de n'importe quel pays (el-muwaffaqîyât).
La raison en est bien simple : o^b n'était plus senti comme
pluriel. Voici quelques exemples de la lurah, oîi S^Lj est
assurément un singulier. Zoheyr (Ahlw.) N" 14, 26; ib.
19, 13. Nâbirah N° 9, 4: ^ o^b; ib. N° 16, 1 : ^L^ô j^
^ c>J3- ^Sii ^\. Imrul-Qeys N° 35, 7: ';i^^J [joj^ i^-cs^y^ ^^;
ib. N° 40,13: o^L^Ji vjjLiT pourrait être le pluriel. Labid
(Huber) N° 14,46; ib. N° 34, 10: L^J^^ «oXj ^ ûo, il dé-
fendit son pays et repoussa; ib. N° 47,27: U^ Uij! ^rf^'*i
[jo^L ^^c, e^ noz^s ayons éloigyié les T de notre pays.
j^-JL.- S±^, Hodeyl. N° 94,3. Hamâsah AT p. 151,10: toî
^yu!> S:h ^ vjj"^ dÛLs * s-^jL^ lX+cLs ^Li! wvi'^ , oià expliqué
par {jaj; ib. p. 241, 12 d'en bas: o^LJî Jic (j*.a5 Oj>;
ib. p. 330,3 (deux fois); ib. p. 344,14; ib. p. 368,1; ib.
p. 532,6 d'en bas oii S±i est = (ji5.!; ib. p. 609,6 cité sub
l\-Lj ; ib. p. 808, 1. Quelquefois il est douteux s'il faut con-
sidérer S±i comme un singulier ou un pluriel p. e. Hamâsah
p. 184, 10 d'en bas; Imrul-Qeys 40, 13 (voir ici 1. 8); Hodeyl.
N° 96, 10.
El-A'sâ (Der Islam VII p. 113) dit: Ô^LJ! A's'^] tô! liiy
' '''
^! (c^5 j^ *^OMS vois lorsque les pays V auront fait dispa-
raître, oppressés. R. Geyer traduit ici S±i par ^^La^idhreiten'"
{^\ me paraît suspect). I. Hordâd. p. 5, 11 : ^'^\^ elylî! o^b
que de Goeje rend par „/c^5 contrées habitées par les Turcs,
la Chine", lisez et les Chinois. Si S±i peut ici être un pluriel
se rapportant aux deux génitifs suivants, il ne l'est certai-
nement pas dans la poésie ib. p. 16,3 et n. a: ^yy^î S±^
199
que de Goeje traduit bien par ^^l'Empire de Chine". Le
Prophète a dit: (j>:>^! oX-j ^J^ ^j^ j*-LxJî Îî^^? -prenez la
science même du pays des Chinois, Pr. et Dict. Préface. En
disant cela, il ne pensait certainement pas aux différentes
localités, „die einzeln'en Ortschaften" pour parler avec Brockel-
mann o. 1. II p. 61,6 d'en bas.: I Sîdah X p. 147,6:
^^,j^z\^ J j>l_J! ^,_>L:)l,ci>jo.! et ib. 1. 9 d'en bas: v^^sxlXJs \3\
LA I p. 128, 4. <ïJJI o^b, I Sîdah X p. 159 en bas, est assu-
rément un singulier, comme (-j-jlXJS o^Lj est le Haçlramoût
1172 et ^^j)\ o^L = éy^\ o^b, le pays du Sultan de Constan-
tinople, Hdr. p. 214. y^stJ! o^b, Bekri I p. 6, 9 d'en bas =
I Sîdah IX p. 82, 3 est le pays des Arabes = vj^^' U^j' ou
uj^jjtJî '^p>.y>, ib., quoique, à l'origine, le pluriel comprît les
cinq pays des Arabes, ib. p. 7, 2. ^'o_y^\ o^L, ib. p. 6, et
^j^SsZSi S±i, ib. p. 6, me paraissent bien être le pays des
Noirs et le pays de Palestine, malgré que l'auteur énumère
les différentes villes qui s'y trouvent. ^Ui) S:h I Sîdah IX
p. 82,3, et ib. p. 82,4: LJJ•^LJ o!_j. LiLo^j o^Lj, Ôazîrah
p. 36, 19 = ^^j^ S±i ib. p. 37, 7; ib. p. 37, 7: ^^AJ' S±j,
o^LJ! iL*^. l'étendue du pays, Merveilles de l'Inde p. 174.
Hodeyl. Wellh. p. 46, 10 d'en bas (comment.) : i:^ ur*/^' o^
"iU «obb Jj3t Ji^s! JLI! ^f' le Qoreymite était le plus riche
du son pays. Autres exemples chez G. Jacob êanfarâ II
p. 2, 13 et d. 1.
Les lexicographes européens se tirent d'embarras en ren-
dant o^l.J par contrée, comme Lane dans o^LJt .yi\ ^jo, he
managed the affairs of the provinces or country; j'aurais
carrément omis the provinces. P. 114 il traduit ÏJS L^ Si^
200
par coimtry in which îve ware, ce qui est bien. Kazimirski
porte: S:h, sing., pays habité, contrée. Le shaurî bilàd est
aussi devenu un singulier, et Bittner St. sh. I p. 50 tout
en constatant la forme plurielle fi^âl, le traduit par contrée,
Gegend. Les auteurs suivants donnent S% comme un singulier.
Hartmann Sprachf. p. 219: Land^ pi. q'JOu. — A Tien Mail,
of coll. Arabie p. 266: country = state. — Habeiche Dict.
fr.-arabe sv. pays. — Spiro arab. engl. vocab. sv. country,
et JJb, village, town. — Beaussier Dict. : lAL et o^L, pi. qÎJOu,
pays, contrée, région; pays, patrie, pays natal; ville, bourg.
Il ne distingue par entre JJb et o^L, ce qui est un tort. —
Berggren, Guide fr.-arabe vulg., sv. pays. Mais lorsqu'il dit
que le mot JJb dans l'arabe vulgaire comprend ce que nous
appelons pays, état, territoire, région, royaume, empire, il a
tort, car cela est j>blj, quoiqu'on coiïfonde souvent les deux
mots. Boqtôr sv. pays: région, contrée, o^b pi. qL\JLj. —
Harfouch Drogman p. 87: bal ad, bildân, im pays. —
Nallino l'Arabo parlato: balad, pi. bilâd, città et paese.
— Harder HWB sv. Land donne o^Ij; Sedira, dict. fr. arabe :
pays S^ pi. q'^"^- — On dit jJujÎ .i;^, chef du village,
mais o^L*J! ;^i^^ serait le chef d'un pays, de toute une
contrée, comme l'est le chef spirituel, le .^k^j^ dans le Sud.
(^jOu ^\ ^^', tu es mo7i pays, du même endroit que moi,
mais (^Sl^ ^J >.i>>-ii, tu es mon compatriote. JJbJî c>%\,
habitants d'une même localité, mais S%S\ Si^\, habitants du
même pays. j.Uijî S:h, la Syrie, et j.LiJt lXIj, Damas. Dozy
d'après Bc. sv. est juste. C'est ainsi dans tous les dialectes
de la Péninsule. o^L est toujours du féminin, ainsi que c'est
dans l'exemple de la Hamâsah p. 609, 1. 'i^^ o^b 440.
On sait que Nôldeke a, le tout premier, fait venir JJu
de paWium, par l'intermédiaire de ■zx?J.Tioy. Fraenkel A F W
p. 28 a adopté cette étyraologie qu'il appelle «ingénieuse".
201
de même que VoUers ZDMG 51 p. 312 et Brockelmann
VGSS I p. 437, et je suppose tutti quanti in verba magistri.
Cette étymologie est tout simplement une monstruosité
antihistorique. Avec la conservation de la voyelle longue â,
o^Ij aurait pu, phonétiquement, provenir ùepalâtium, TrxKàTiov.
jamais tXij. Mais alors ou on en aurait fait d'emblée le
pluriel o^b ou bien cela aurait eu lieu lorsque les Arabes ne
sentaient déjà plus <S±i comme un pluriel. Procédé impos-
sible et qui doit être écarté.
Le Palâtiura des Empereurs romains était assurément très
renommé bien au delà de l'Italie. C'était toute une petite
ville, et les anciens Arabes en avaient certainement entendu
parler, mais de là à en faire un mot fondamental de leur
langue c'est bien loin. Dernièrement, Eberhard Hommel,
dans la „Festschrift" pour son père I p. 233 et ss., fait
venir pâlâtum > palâtium de l'étrusque falandum, ciel.
Le verbe lLL serait donc, selon l'étymologie de Nôldeke
et ses partisans, un dénominatif, de môme que tous les
nombreux dérivés, ce qui me paraît impossible. I es-Sikkît,
Tahdîb p. 446 dit que qUIL. ^j^î, io l\jS, ^j lXL = l\-*J!,
^J ÛJ et iu JyJl signifient la même chose, v. aussi le com-
ment, p. 814, de même I Sîdah XII p. 62, en bas. I. el-Qût.
p. 137, 20: ^i ^^bCiL. Jjb et ib. p. 99,3: L^ vJuJ ^^-^L JoJ
et 1. 5 : pLïî ^^LClb ôJj>\ = I Sîdah XII p. 64, 5. L A IV
p. 63, 8 définit jJLj! par ijoJiU oi-xJ, comme I el-Qùt. pour
lAxJ, et S^Jdj et î^aL par (j:^^"^! îy«J. Il dit: mjI*, LvJIj sÀ^^I
et ib. îsLjt >iAJL-it = a^lM = ^_; l_j. vhv. olXJLj = ^^j^JlXc,
I Sîdah XII p. 63. Lane commence par uXJLi, he remained,
stayed ahode or dwelt in the lXJLj, et qIXLL. lXL, he remained
in the place. Il m'est difficile de croire que depuis palâtium,
202
palais, bal ad aurait parcouru cette gamme descendante
pour finir par signifier humus, terre, sol. L'évolution séman-
tique aurait été bien extraordinaire et sans analogie. On
comparera la variation phonétique v;» ^V;? lP^j? ?^^j de sens
presque analogue, vhvs.
Comment pourra-t-on s'imaginer que le pays classique de
rislâm, le sol sacré des Arabes, ^\J>- JOiJI Qor. 90 v. 1 et 2,
et 95 v. 3, ait pu tirer son nom d'un mot çxotique venu d'outre-
mer. La langue arabe, qui est d'une richesse inouie, aurait ici
fait preuve d'insuffisance sur un point capital de son vocabu-
laire. L:^^ (var. .cfcJh , cAi! sjJLJ! s^XP ^, lXx^î ,.,! o^î Uiî
Qor. 27,93, Bekri I p. 157, dit le Prophète en donnant à
sa ville natale le nom défiguré des palais impériaux de Rome !
Croira qui voudra.
I Sîdah emploie en général ijoj, mais il fait cependant
quelque différence p. e. ^.jOLJîj (j-zi^.*^' i^-^j 3^ X p. 146, 4.
Pour lui, ijoj est terre et pai/s, comme l'est aussi l\JL et
obb dans les dialectes. ^-;;yti' lXLJ! ^I^xP, ib. p. 124 en bas.
Au chapitre ijo^^^^ ^'u^\, il ne parle pas du tout de lXJLj.
Dans le Qoràn, ^ et sAL se rencontrent souvent. Zamahsarî
Asâs ne mentionne pas ces deux mots, mais il s'en sert
dans deux exemples. Ce thème chez lui ne comporte que
des sens secondaires, et l'on dirait que pour lui JJb et lxL
ne sont pas arabes ! Yâqôut sv. dit que Jjb vient de »o^1j =
-o'j et L A IV p. 64 porte : o^Li a^ o^L>o sAi,:^ lAb avec des
s a w â h i d do tAL, pi. S±^\, = ^\. Cela me paraît fort douteux.
Vu que la 1/" AL n'existe pas dans les autres langues
sémitiques, on a dû se tourner vers l'étranger, mais nous
connaissons imparfaitement le vocabulaire des autres langues
203
sémitiques. JJb pourrait bien être une ti'ès ancienne méta-
thèse de l\J, formée dans un temps bien éloigné, car jJ-j
est un mot qui existe depuis le commencement de la litté-
rature arabe. Nous venons de voir que ^IXIL LXL = ^umj lXJ,
\jc.% lxISî. La V ~SL ne peut être un élargissement direct
de l/~Jo, qui a un tout autre sens, mais Jj, v^aJ, lXJ
montrent de l'affinité sémantique. Nous aurions alors une
analogie dans le latin glëba, sur lequel voyez Walde Lat.
Etym. WB sv.
H. Môller ZDMG 70 p. 154 dit: b-r-z de P-r-z est
un élargissement de b-r du vieux sémit. P-r-, arabe barr,
hébr. bar, champ ouvert, plaine, campagne, à côté de b-1-
(avec 1 de r après labiale) dans les élargissements arabes
(bit) bal a ta, he made (a house) plain'\ (blk) ballùku,
a loide tract of la?id, (bld) baladu, a tract of land. D'après
ce savant, K~r> > V~^i > K~~LXJb, K^oU-j sont parents.
En tout cas, ces hypothèses sont bien plus acceptables que JJb
< Palàtium. D'autres confrères, plus savants qui moi, éluci-
deront cette question. J'ose croire que, après tout ce que je
viens d'exposer, ils quitteront l'étymologie de Nôldeke.
_l\L, se jeter par terre^ 1221 note = .-p^IaL, vhv. qui est
sans doute primaire.
j.iAJiy), éveillé^ dégourdi, Damas. Comme j*Jb et (Jbi sont déjà
sot stupide en Syrie, vhv., on serait tenté de considérer
-^ comme un accouplement de lXL et Jb; I Sîdah XII
p. 126,8: o:aXa^ ^^ d^J'^ j»^, cf. \Aj, être sot, Hdr. Gl.
sv.; mais le sens s'y oppose, et l'on ferait peut-être mieux d'y
voir un dérivé de l\L, comme q^Â^j" de iLuAxi vhv.; ma
LA p. 06. Voir ici sub lAb.
204
^wvJ_j,, Ficus morifolia Forskâl, Deflers Esquisse de géogr.
botanique dans la Revue d'Egypte I p. 409, oii ce grand
connaisseur de la Flore de l'Arabie méridionale énumère aussi
vJiJ^", Ficus vasta Forskâl, lJ^ ou oL-w, Ficus populifolia
Vahl = F. religiosa Forsk., ^iil Ficus salicifolia Vahl (lisez
v^'î coll.), *ii-w =^ \j^^ vhv., Ficus sycomorus L. Sur ce
mot, voir de Lagarde Mitteil. I p. 59 s., âams el-^^lûm
p. 47 : Q^! KiL ^^yfjù^ o-^^--' • Le verbe nordbédouin ^*J^
délater, ^/^^J^", délation, me paraît être un dénominatif de
Û w
ij^^Jb' - [j^'^j délateur. Jaussen Coutumes des Arabes p. 194.
G ?
i^;vJj, crayon, 1582, de l'anglais pencil. Bittner St. mh. I
p. 6 n. 3 avait d'abord relevé l'origine anglaise de ce mot,
courant dans tout le Sud, mais ib. IV p. 65 dans la liste
intitulée ^^Charakteristiches aus dem reinen Mehri-Wort-
schatze", il fait figurer bùk, livre, (< angl. book) et bulsen,
crayon. On est bien étonné de lire une chose pareille dans
un ouvrage aussi important. Par cette liste, il veut montrer
que „le mehri n'est pas un dialecte arabe, pas plus qu'un
dialecte sudarabique, mais une langue sémitique indépendante".
D'accord quant à la morphologie. Mais dans sa liste il y a
un grand nombre de mots qui ce trouvent également dans
les dialectes arabes du Sud dont ils ne diffèrent que par un
habitiis mehrite caractéristique de cette langue. A part cela,
le vocabulaire mehrite ressemble tellement à celui des dialectes
arabes du Sud qu'on ne saurait nier une grande parenté
entre ceux.
^yjo au Yéman = (_v.iX£ vhv., Sams el-^Qlûm p. 69.
205
ijiJb, i, ou [Ji^^, à cause de ^Ji^i^. commencer, 1402.
S'occuper d'une chose, voir sub ^^l-v^^. liU*.^ ij^^î,
occupe-toi de ton travail, Haurân et 'Anazeh.
ijiJi_j , augmentatif, commencer, entrepreyidre. [JsJ^Â^ ^y^^
J-ixiJL), aujourd'hui nous avons commencé le travail, ^Anazeh.
En Syrie, c'est commencer tout court. ^, u^^^-j, il commença
de crier. Chant de la belle-mère JAs. 1903 t. à. p. v. 156.
Tallqvist Sprichwôrter p. 43, 13. ^jÂJ\ (jiJb, la chaleur a
commencé, mais en Haurân et chez les Bédouins de Syrie
l'idée de fatigue y est, car isLciJLj = ^Xj, et (ji-i-p! y est
même le nom de la syphilis, appelée yflsl] dans le Sud, vhv.;
cf. Dozy S. sv. et Prov. et Dict. Gl. sv. J^ est à Bagdad
mettre dans l'embarras, verivickeln, selon Yahuda OS Fest-
schrift Nôldeke I p. 409. V. ici sub j:d=>.
ijii.JL*_j', m.olester quelqu'un, sich jemand aufdrângen, ib.
Simbelsek, Meissner M S OS VI, ii p. 122 v. 16, est
(iLàJiyc ^ci, est-ce que quelque chose te fait de la peine, te
moleste?
(jiJùoî, se mettre à, commencer à, Syrie, 1402. jG>: ij^)^\
Jj'jJtj i^LLiiLi, il commença à parler à tort et à travers Har-
fouch 0. 1. p. 215 n.
Sachau AVLM p. 95 fait venir J^ „du turc bashla
oJ-Jl^j"; ce serait donc par métathèse, mais même cela me
paraît inacceptable. El-Halîl prétend bien qu'il n'y a pas de
mot en arabe ayant le phonème ,jiJ, mais il oublie ^JJ,
LA sv., et (jiJi-ï, LA sv. Il doit y avoir deux thèmes
différents ^■i^, car u^^^Ju, commencer, et iji^Jb, être dans
206
l'embarras, sont trop disparates comme sens. Le dernier
est le syriaque ^j^^^, Cardahi Dict. syro-arabe p. 121;
Hobeika Etym. arabo-syr. II p. 14.
^Ji.Jb, vendre à bas prix, donner pour rien Dt. Donominatif
de ui''^, pour rien, ui^î, pour rien, que Dozy a de Bc.
sv. pour et que cité Torczyner o. 1. p. 5, 17 m'est inconnu.
l/^^jJLi 1764. — olxj' < u>^jtJ" vhv.j paître tout ce qui se
trouve sur le sol, 1764.
iudb, cadeau pour graisser la patte, Stace p. 23 sv. bribe.
JaJb, expliqué 605 et s.; 1081; 1221 n. Jolo J^, il est allé
se balader, 605.
JaL = lxL 605 note.
^ iJL, se moquer de, 606. Batti^e à coups de sabre, 1221
note. La locution ^^1^ ij-^^ est exactement notre un tel
ma plaqué.
iaL , bavarder; dire des sottises, 606.
JJL), qui échappe, qui glisse deliors, 20, 14; 51 n. 4.
-b^G, dalle, 355, 1; voir sub lXL et I Sîdah V p. 123 en
bas et X p. 69; Vollers ZDMG 51 p. 312 où l'étymologie
proposée n'est pas absolument sûre. Glaser Peterm. Mitteil.
p. 37. D. H. Mûller Burgen und Schlôsser I p. 62, 4, 8 et
p. 64, 9, corrigé dans mon Arabica III p. 119. Giese, Encyclop.
de rislâm sv. BaJât, dit que Jj^Lj paraît rendre aussi bien
platea que paMium, mais je crois que platea seul suffit.
Cf. Ahlwardt Rubah Gl. p. XCIX : JaiJ Steinfelder, Ebenen,
et iaL» couvert de pierres.
^ 207
iaJj, qui raconte tout, qui est indiscret. 606.
'ilAj^ = aAiLyi, 1221 note.
e\^ki
-nLL > .i^LL vhv., se, jeter par terre, 1221 note. C'est pro-
bablement un accouplement de f^ et JaL vhv.
^sLLj', être à plat sur le ventre; cf. ,-^.
c
^i^ïîJLfl, aplati, Syrie, 1216.
«Jb, a, avaler, 30, 19; 795; hébr. y'?^, mais éth. ft^O, mayiger.
Schulthess HW p. 3. Ce sens classique est courant dans le
Nord, mais en datînois c'est tout le contraire: cracher,
rejeter par la bouche, clégueuler, 57 n. où^e^Jb; me LA
p. 65, de même qu'en ^Oraân d'après RO p. 417 Prov. N° 193:
«Ju ^y> (j^, traduit par war etwas verschluckt, giebt es (auch)
wieder von sich. Mais je crois que «L a ici le sens ^'avaler,
sans quoi le proverbe n'aurait pas de pointe. La traduction
de RO prouve cependant qu'on connaît le sens datînois. —
Mettre la langue sur un fer chauffé, à l'ordalie, Nord.
Cf. viJlj; oJJb; -^jji -^y» Gt kXa vlivs. I Sîdah XV p. 63
oîi o.j, J.?_>w et j*_iLj -avaler. En amariila, balâ, manger.
1055, 1056.
j-Lj est dans le Nord faire lécher le fer en soumettant
V inculpé Cl V ordalie = ^^ vhv. et ^j^^\, Nord. L'homme qui
opère l'ordalie est %L^ ou «.^/-< vhv., et V ordalie même, iCstL
û
ou iLx.^. Pour plus de détail, voir Musil o. 1. p. 210,9 et
pp. 338 et 340 et s.
^L n'est pas celui qui fait subir l'ordalie, comme il est dit
dans la Mission archéol. de Jaussen et Savignac p. 474 et
n. 2, maïs l'inculpé d qui on fait subir l'ordalie.
208 •
O G
KxL, ordalie, Nord = iLx-ii^ Nord et Sud. Ce „ jugement de
Dieu" est encore très pratiqué dans les milieux bédouins de
toute l'Arabie.
j»jtL, 1615, 12. — pytij, oesophage, 1162 n. 2; 1615 n. Torc-
zyuer o. 1. p. 197.
AJtJLi, nubile, 718, 3,
oiij, u, cracher, i-ejeter par la bouche, 1462,9; 1612,2 d'en
bas. I Sîdah X p. 97. Sa variation phonétique ^ est aussi
dans le Sud cracher, vhv.
^>oy, 1612; 176-1.- Jjb = ou:>, 1764. - ^Jbf, 1764.
^JsL, coioper, = ^i'ji, 1764.
peut-être^ répandu dans tout le Nord; dans le Sud, on ne
l'entend qu'à Aden et quelquefois au Yéman, par le contact
avec les Turcs, 484. Le mot équivalent de notre dialecte est
^^Ji, oL=> ou ^^,o vhvs.
*xJb
*Jb, êb'e co7ifus, être a/mî7 Dt., Hdr. On lira ce que j'ai dit Hdr.
p. 108; V. ici p. 193 en bas. Cf. *.]^ et, plus souvent, \^!, que Nôl-
deke ZDMG 45 p. 174 veut faire remontera ^%, comme déno-
minatif, mais je crois sans raison. Si cela est vrai, il faudrait
*JÎ > &J5 > ikJLj . Cf. sur xi^ Hdr. p. 50. Fischer, Marokk.
209
Sprichwôrter, M SOS I p. 201 n. 1, admet que Vd^ et
V~}^ sont, dans les dialectes, des métathèses pour V~»Xi.
Il est difficile de dire quelle est la racine primaire. Cf. Marçais
Gr. Tlem. p. 303 sur xIj et ^. Cf. jIj et J^, vhv.
JL., faire la guerre, faire la bala, vhv., 639,2 d'en bas
et n. 3; voir sub vr>- r-^l^' j^'-s^ ^^ 0^^"— ^ cj;-**^' "^'j
les âl en-Na^mi ne font pas la guerre avec les tribus d'ed-
jpâhir (contre l'ennemi de celles-ci), lettre de Dt. C'est un
dénominatif de i^.
^}£■ J^!, se plaindre de, 434,2 d'en bas.
Jjoî, être frappé d'un malheur. 'iJuXi ^ y^^^ L-*-:^' ^^o?/5
autres Meyâsir avons été frappés de ce malheur de Éam'^ah. Dt.
i^bLj > bLj, bal a, propr. malheur, affliction, épreuve, mais
dans le Sud c'est = lj;>) guerre^ 80,21; 104,22; 112,5;
168 d.l.; 171,2; 402,4 d'en bas; 1400,7; 1455,9; 1611,8.
Malgré ce nom, les tribus se font la guerre à outrance,
imitant en cela les nations européennes et américaines dont-
les gouvernants nous ont mis dans un bal a épouventable.
^LJt p, 1720, 12; ^ Jy., 1622.
l^^<^;^ "i, 1760.
^, particule avec suffixes, v. ^^.
^, particule et son emploi 479; 482 ss.; 1228,13; Brockel-
mann VOS S II p. 623.
^^j, café, 26, 15; 27,2; 1079. Histoire et étymologie 1055 ss.
14
210
Sur le café dans le Yémaii, on trouvera beaucoup de ren-
seignements intéressants dans le Voyage de l'Arabie Heu-
reuse par La Roque, Paris 1716. Il y a un ,, Mémoire con-
cernant l'arbre et le fruit du café" et un „ Traité historique
de l'origine et du progrès du café, tant dans l'Asie que dans
l'Europe; de son introduction en France et de l'établissement
de son usage à Paris".
^^^, argent^ 403 n. ~ ^^^ 1064 et n.
De qj, m/e, on a fait le dénominatif j^y-j, mettre la poudre
de café dans la cafetière^ 56,7; 1079, comme -^=> vhv. ,
*
^^, i, senti?- (bon ou mauvais), 479 n. 1.
ajLi, odeur (bonne ou mauvaise), Hdr. Gl. sv.; K. el-Addâd
p. 269;. I SIdah XI p. 205,6 d'en bas et p. 208,4; Abu
Hilâl el-'Askarî dans MSOS XVIII, ii p. 12: bobine odeur
= s^. Carbou p. 194. Une métathèse en est le yémanite
iL*j, maîivaise odeur, Qâm., mais non pas dans TA.
^yJ, élever un enfant, 42, 16. Dénominatif de ^^ = ^^t.
^^jlo", être élevé, 1010.
iLlj>iLl.j, Hdr. p. 267,4 d'en bas, doigt des mains et des,
pieds; pi. ^Lli 144, 10. Aussi longueur ou largeur d'un doigt,
comme dans nos langues européennes. Il y a aussi ^-jL^-j,
pi. ^^JLo, 625, 2 d'en bas. I Sîdah II p. 7 donne ^Ul, doigts,
avec le nom d'unité kjUo. On lira ce que j'ai écrit Hdr.
p. 273 et Marçais TAT p. 237 sur i^L', pi. ^Llj et oLL,
211
doigt de pied. Le „collectif" qUI se trouve dans d'anciennes
poésies. Hodeyl. Wellhausen N° 237 v. 16: ...^éSS\ ...^^.
^^illJÙ\ wvcajs^ Lri'-^, il inspire de V amour à la fille aux 7iichons
rondelets . . . dont les' doigts ont les bouts teints (de hinnà").
Sîbaweyhi, éd. Caire, II p. 177 = 1 Sîdah II p. 7 = LA XVI
p. 205. Bolj. V p. 95, 3 d'en bas (.x.^1 ^f. ^\i). I. Qoteyba,
éd. de Goeje p. 393, 14: ^Ll^o Î^Uj ,j1J ~^j>.^=il\^, et tous les
doigts de la main ne sont pas 'égaux. Cela est dans tous les
pays arabes une comparaison très courante. Un hammâmî
1849 me dit: [^ ^^yj^S pjf ,j^ ^^Uj, tous les doigts de l'homme
sont-ils égaux? Un Datînois: Ju^î ^L^j U^ I^-w ^L ^^LJ' Ji
[y^ ^lo, tout le monde n'est pas égal, comme les doigts de la
main ne sont pas égaux. En disant cela, on écarte les doigts
en tenant la main perpendiculairement. Par là on veut dire
que tout le monde ne peut être égal ni avoir la même
position de fortune. Tout arabisant ayant séjourné en Orient
quelque temps aura sans doute entendu cette expression et
vu ce geste. Cette parabole est assurément fort ancienne.
Le Prophète dit S. 75 v. 2 : LoLIâc '^^ ^I ^^^î (^iJ'it L^\
xiU-j (cy-^J ^J^ (}-£■ qJ;^^" ij-i * l'homme croit-il que nous ne
réuniro7is pas ses os? mais oui! nous avons (même) le
pouvoir d'égaliser ses doigts. Le Prophète parle ici au nom
d'Allah, après avoir fait un exorde en son propre nom.
L'explication de certains exégètes, I Sîdah II p. 7 et LA
XVI p. 205, est très artificielle. El-Beydâwî paraît avoir
trouvé la vérité, mais il n'est pas très clair ici. Si l'on
consulte les dictionnaires arabes, on verra que les lexico-
graphes et les exégètes ne connaissaient pas bien le vrai sens
de mot qI— ^, TA IX p. 144 et s. La traduction de ce
verset qorânique de Sprenger Leben Moh. II p. 495, de
212
Kazimirski et de Reckendorf SV II p. 314 est inspirée par
les commentaires arabes et par conséquent erronée, voire
même incompréhensible '). Le Prophète a certainement dit
mUï, ^y, xiLo, mU, ce qui a déjà été relevé par Vollers
VS p. 147. ^^J^'i serait un JL> d'après el-Beydâwî, mais je
crois qu'il est de la même provenance de la langue parlée
que les mots ci-dessus à la fin des phrases, >^î>ilj, ma LA
p. 27 et Vollers VS p. 163. Pour que le Prophète et Allah
lui-même ne soient pas accusés de vulgarisme, on a enregistré
la variante q3;>3'j', Beyd. ad 1. Si cette sourat est une des
premières, ce vulgarisme s'explique.
Il faut examiner si iC-o et qLo sont apparentés au babyl.
ubânu, doigt, orteil. Holma Kôrperteile p. 121 le compare
avec ^L^!<j.L^ et |?L., vhv., 1^3. jns. Torczyner o. 1. p. 228.
Meissner dans GGA 1904 N° 9 p. 741. Je fais observer que
I Sîdah II p. 7 donne aussi la variante j.Uj en citant ""Omar
b. Abî er-Rabî'ah.
rfs>o, sautiller, 1226 n. 2. = Jc^^.-^ vhv.
aL', 1282 n. 2, pi. J^IJ, rubmi, Band, 1282,12.
o
HjjcXvo, drapeau, 1532 < bandiera.
^lU^, fusil, 437 n. 2; 944 n. = ojJj, Nord 812,4 d'en
bas, ou v_î^ *i37 n. 2. On entend même o'î'A^ en Hdr.,
V. d. Berg Le Hadhr. p. 281,3, tandis que ib. p. 47 il écrit
même bindouq. A MasauwaS on dit aussi o^^A-jL* ZA
1) Zetterstéen dans sa récente traduction suédoise du Qorân a
adopté raon explication.
213
XXI p. 74. Mehri bendùq = slj. endi'q, Bittner .St. soqot.
I p. 35/6.
iCsJJJ, balle, 487. Boh. VII p. 86.
M > G)
xëiXo, fusil, Nord, 944 n.
^^u\-o, bâtard, 944 et n.
J'ai donné Hdr. p, 219 les noms des différentes parties
du fusil. Pour Datînah, il y a quelques variations: oL^-o
ou LiUx/0, Dt., ^Awâliq et Harîb, visière, = Hdr. o|>.^i);,
j_cy^ , fût ou 6oïs dw fusil ; iU-Aoï , canon du fusil ; M-i ;
bassinet; *ji^3w, partie supérieure du canon; Kxa-o, pi. ^i^j,
trois bandes tranversales souvent en argent qui se trouvent
sur le canon ; charger le fusil est tjï:_^ ou ^^^ en Hdr. ; en
Dt., seulement q^^; on dit ^âduh el-binduq bâlàshanah
le fusil est encore sans charge = 'is^ ^b ; jX^ , coucher en
3 o -
joue, viser, partout courant ; pierre à feu, = ^^^ Nord ;
le fusil ,^^wo_j, recule; ^Lxijf: courroie, partout; iJujJ, mèche vhv.
Le dessin d'un précieux fusil hasanî, 812 n. 1, de ma col-
lection, de la main de notre regretté Julius Euting, *ii! n-t^j
sera donné sub ^^>^.
^^
^^, beugler, (vache), Dt. et "Oman.
*^'
L^ ^, 822 ou l^Jlc 773; 822; cf. Nôldeke Beitrâge H p.
110 et n. 1. c>-:^î ^ 772.
1) On observera la même sémantique: visière <^ oisus <^ videre, comme
oUi-< <C «wJLxi , u, voir. En mchri aussi meswôf Bittner St. mehri
I p. 32.
214
^_^L., constructeur^ architecte, pi. «Uj, 1245,3.
ijdi , maço7i, 296, 3. Pour rendre exactement la prononciation,
il faudrait transcrire bannâ'i, de même que tous les mots
analogues : s a r r â M , acheteur, h a u w â " i , charmeur de ser-
pents, rannâ^i, c/^ari^ewr etc. Même forme des Jlju, de 1/^^*2
et de V^^^, en mehri: bennôy, heqqôy < ^Liw = dat.
saqqâM, vendeur d'eau, Bittner St. mehri I p. 73,3; en
Algérie, de même.
û
^Lyo, demeure; bâtisse, 1226,8.
^, fils, 290 et ss. ; cf. 1008; voir sub L. Pour suivre la
routine, je fais figurer |^ ici, quoique ce mot n'ait rien à
voir avec le verbe jro, ce qui à déjà été relevé par Nôldeke
Beitrâge II p. 136 n. 2; cf. Bittner St. mehri I p. 36 n. 1;
pi. yj, 292; 1440. ^^Lî ^c^, expliqué 1377.
3o peut être Jî_^^t, J!^î et J! yj, 1409, 1410. L AU p. 442, 7
et s.; Nôldeke Beitrâge II p. 136; PJiodokanakis WZKM25
p. 84; Brockelmann o. 1. I p. 263; Hdr. p. 116 s. Voir ici sub
L et Ji.
Il n'est pas étonnant que dans la langue parlée le pluriel
soit toujours j^, mais ce pluriel a dû, en tout cas, rem-
placer le nominatif yj déjà de très bonne heure, car dans
les inscriptions sabéo-himyarites on trouve plus souvent b n y
que bnu; p. e. Husn el-Rurâb 1. 1, Arabica IV. On con-
sultera aussi Hartmann Die arab. Frage oii il y a une vaste
nomenclature, où figure bny à côté de bnu.
^^, avec les suffixes, 13,9; 135,3,5; locution expliquée 474
et ss.; 666, 10; 1730; étymologie proposée 479. J\^ Lls *i]î^
ojjt^' J-j P^^ Dieu, nous allons continuer notre route, 353
d. 1. (jiit: Vîjj 'ûù>yù\ b idi!}, par Dieu, la vieille vivra certaine-
215
ment, 421,3. Bini qatàlak, 7e vais te tuer, et l'autre dit:
binneh ba yiqtèlni, c'est qu'il va me tuer, où il n'aurait
pu dire bine h qatàlni, conversation entendue; ma LA
p. 43,6. Cf. ce que dis sub j, _^1 et ^^.
^ fille, 432>c>o.ib.; D. H. Muller SAE IV p. 68, 28 ; >
bit, Carbou p. 51,4 d'en bas. ^ u>^-^, femme mariée; cou-
sine^ contribuiez 841; 854,3.
c>-ê-j, a, regarder avec étoimement, Dt. 1299. C'est le sh.
bôthet, s'étonner, être ahuri B sli. II p. 23. Cf. ^j vhv.
c>^, surprendre; confondre, Dt.
c:^, chez Hartmann LLW pp. 134 et 182 en haut, re^arc^er.
03
^^U^, médisance Dt. — ci'.^, stupide, qui reste la bouche bée
Dt. — o^^, confus, Dt.
p, briller, 988, 989; 1765. Voir Nôldeke Beitràge II p. 58 et
H. Môller dans la ZDMG 70 p. 156. Cf. ^, J%, ^^, g^,
L^, vhvs. et Tn- En sh., birihôt, lumière, Bittner sh. Ip 28.
^î, invoquer Dieu avec ferveur = ^^\ 1765.
^L.: fU ^!, 989 en bas = Dt. Ju ^\.
Jl dans ^ -^j , 824.
^, être agité; crier au secours, comme chez RD II Gl. sv.,
mais c'est alors un développement de K~w, que nous trou-
vons dans u;/cj, J^ et_^.
_L-j", être ébahi, en Mésopotamie, Meissner NAGI p. 115.
Cf. ^y^ vhv.
216
„j^, poindre (jour, matin) Dt. Cf. ^ et ^-1^. Socin Diwan
Gl. sv. a _^, langdauernde Nacht.
fji, i }, prendre avec mie seule main; prendre ime poignée^
791. Cf. ^ Hçlr, Gl. sv. et ^J^ sv.
(jû^ , balayer; au fig. /c/zVe ra/?e de, tout avaler, wegfegen, Dt.
v.,s4-J est dans le Sud le nom de la lèpre, v. u^^. C'est
véritablement dans la médecine arabe la morphée blanche
^Ji2-^! v^-^, et la m. noire, c>yJ\ os-fj, appelées p^^^^î, de
Koning, Trois traités pp. 805 et 815. Dozy S.
Js-f:, a, en Dt. oublier, 1765. Dans le Nord, voyez Hdr. Gl. sv.
Le sens primitif rester bouche bée, être ouvert ou qqc. d'ana-
logue a pris des nuances sémasiologiques différentes, jusqu'à
devenir en éthiopien par/e?-; * jebehel > yebêl, Brockelmann
VGSS I p. 56. Cf. behlit, parole, en mehri = sh. eh lit
ou behlit; cf. «flyrt, dire. Dans les dialectes arabes du
Levant, c'est général être stupide, maboule 4^-t-f«, fou. On
connaît le syrien jy^, idiot, ce qui dans le Sud et dans la
lurah est tout le contraire! Cf. _^^, ^, ^^, ,iJi^ et JJl^.
Chez les Bâ Kâzim, Jv^-j i = ii!L_j 849 et n. 1 ; est-ce une
métathèse de J-».^?
J^t 1765=^!.
e^^-
,iJl4-J, poiyidre. Dt. r^ài! -^îJ^, l'aube commence à poindre.
217
JJlfij", luire, comme RO p. 255,8.
j*^, petits et petites des chèvres 712; 1484,5.
^[j = ^^^, po2ice, comme dans le Nord, Socin Diw. Gl. sv.,
et en Egypte. Cf. ]n3 = j^L.: n<m; Holma Kôrperteile p.
XI et p. 121; Torczyner o. 1. p. 228. Voir sub ^lL.
)U^ =^ é"^^' co?^?-a^e, K. el-addâd p. 5, ce qui s'explique par
ce que je dis p. 884 efe ici sub JJ^j, ',^3, ^^X^ et a^S',
>^^, 988. Cf. ^^ vhv., ^^^, ^^l^, J^ et Jd^. - Sur ce
thème qui se trouve également dans les langues indogerma-
niques, voir Walde LE WB p. 271 et H. Moller ZDMQ 70
p. 150. Voir ici sub ^.
sL,, revenir, 772. — sL, a&L et «L, coïtits, 772 n.
ssLax, demeure, 1463. — !j-*:o«, utérus, 772 n.
*-jlj, porte, fait au pi. aussi ^^ 104, 21.
^L., u, fendre, 314,9, expliqué par ^J^; ceci dans le Nord
seulement. Socin Diw. I N° 48 v. 8 a un vers qui ressemble
à celui que je rapporte 314,9, avec la même tournure: la
chamelle ^_jLwJi ^y^s = notre ^^\ ^y3 , et cela lui fut explique
par „sich schnelle bewegen, etwas ùberholen". En datînois,
-L) , u, est être- dégoûté de, ^J^ , être las de.
-^ chez Stumme TTBL p. 80 est traduit par „hinausla-
lavieren", ce qui n'est que la traduction de louvoyer de Dozy
218
S. Hartmann LLW p. 80 rond „.^x) par „hoch und stolz
ragend und dabei brullend", ce qui rappelle le ^lo de LA sv.
^Li, u, être de nulle valeur (homme); être perveiii. Au ôg. ne
pas être vengé, 482, 11 d'en bas. Socin Diw. Gl. sv., où ren-
vois. Eq mehri, voyager la nuit, 989; on pourra peut-être
comparer y vhv ; Bittner St. mehri I p. 23 dit que c'est
pour b'r, St. sh. Il p. 30, mais bàr a bien pu devenir ba'r?
Le verbe mehrite doit se rapporter à une particularité de la
nuit, comme j*.f> vhv. On voyage dans le Sud la nuit, pour
éviter la chaleur, par une nuit claire ou par le clair de lune,
et bar < ba^r pourrait donc être apparenté à y, ^ vhv.
jyi, mettre qqn. au ban de la société, Arabica V p. 135.
^^■, ro2der (bateau en mer), Dt., comme le mehri bôr.
yL, de nulle valeur (homme); perverti.
jyjyi, mis au ban de la société; perverti. Cf. oL et o>j.
>
est le bassinet de la xxxi. ou iCcLv^, où l'on met le tumbâk
1025,1: 1689,3. Jahn SAE III p. 171 le traduit bien par
Glutbecher der Pfeife et p. 275 par Kohlenbecher, mais dans
sa Grammaire p. 23 par Tabakpfeife, ce qui n'est pas d'une
absolue exactitude. Aussi dans le Nord, Huber, Journal p. 126.
Jahn 0.1. p. 171 écrit bùrî, pi. bùriyet et dans sa Gram-
maire p. 23 il dit: „le pluriel de bûrï (e=»^j), pipe à tabac,
n'est pas bûriyyet, mais bùriyet". Je crois bien, car
i^.yi est faux. Il l'a ainsi trouvé dans Dozy S.
L'étymologie ne m'est pas connue. Elle ne doit pas être
arabe. Il y a en arabe ^j^, I Sîdah XII p. 42; XIV p. 42, 3,
219
LA sv. et Lane sv., qui est d'origine persane et signifie
tout autre ciiose. Notre t_c.y vient peut-être aussi du persan
- o -
en même temps que le tumbâk persan < tiL-o", (qui n'est
pas d'origine persane) qu'on emploie pour fumer la rué bah
dans tout l'Orient. J'avais un moment pensé à l'egypto-copte
bari > (oxptc , barque, > lat. bâris et barca, Walde
p. 83, Boisacq Langue grecque p. 115, Falk-Torp o. 1. sv.
Bark I et v. Luschan, Ûber Boote aus Baumrinde dans Aus
der Natur 1907, mais cela est bien loin. Il y a en arabe
un mot (C^y ou ^^^/^ == iL^à*^ , I Sîdah XIY p. 42,9, LA
sv. Cliêr Alfâz p. 31, qui paraît être arabe, Sachau Mo'^arrab
p. 13, Fraenkel FW p. 217, malgré I Sîdah 1.1.
Ce dessin un peu rudimentaire re-
présente la pipe appelée 'iLJX. , pi. ^.ii. ,
< L-'-wj , et souvent aussi en Dt. et chez
les "Awâliq 'i^r^--> 'l^s^ô^^ Yéraan et . j^m
Aden; Eg. ic.ix>w.. 1: 'lU^m Dt., Jahn
SAE m p. 275 iUiiî. 2: ^^y ; (j^r, Tihâ-
mah; 3: jw Dt. ; jjjj Hdr.; jiô Harîb;
v^iij, Banyar et Yéman; Jahn, à tort bisbis. 4: iw*..=>,
partout; ^^o\/o Tihâmah. 5: (jJl:s^, (j-"^ ou iCw^L^ Dt.;
(j/.^, Harîb et Yéman; iCc'o Hdr. 6: iC>-oï Dt., mais iLw.as
Hdr. La iU:> est un coco, appelé iù)/, n. unit, de v'j^ =
J.-ç>^ à '^Oman, à el-Makalla et dans l'Afrique orientale.
\yi = j^r-^j-J, brûle-gueule (pipe), vhv. j^ est aussi gueule,
Almkvist Kl. Beitrâge p. 332. Voir sub ,*..ci~>, fja=> et ^.
'^
220
y^Li, u, baiser, 909 d. 1. ; inusité dans les dialectes bédouins
du Sud, oij l'on dit Jo, ^.^ et jJi, vhv. ; Hdr. p. 109.
(ji-Li, u, piller, enlever à la razzia, 564.
(jiwj-o = u^'V) 564.
^^Lo, rafler ; prendre^ ramasser à la hâte, ib.
^>jj, gros bétail, 19,8,13 et passim; 41,17; 365,4 d'en
bas; 476,15; expliqué 563 s.; 723 n.; 1022,7 d'en bas;
1371; 1451,3 d'en bas. Plus à l'est de Dt., il commence
déjà à signifier chameaux 564; RD Gl. sv. ; Moritz Zanzibar
p. 11; Socin Diw. Gl. sv. PI. ^!^! 563, 564; cf. Arabica
V Gl. sv.
(jii^, devenir malade, être mal à son aise, 485, 7 d'en bas.
Batnak bâ^yebûwis minnah, tu en auras l'estomac
malade.
ijj^»^, malaise. Ce verbe est le plus souvent appliqué à un
malaise de l'estomac ou du ventre. Ce thème est en corré-
lation avec J^i»,, avoir le ventre gonflé, sur lequel voyez
Arabica V p. 14 n. 2, et ici p. 565. La même image se
trouve donc dans notre embarras gastrique.
i^b, u, violer, trahir; rojnpre. xb! vjsLo^ \y^i vous avez
violé le pacte de Dieu, 309, 1. Ma "odet abûqak, ^e ?ze te
trahirai plus, Musil o. 1. p. 397, 16. — Dans le Nord, c'est
aussi voler, Socin Diw. Gl. sv. ; Weissbach Irak-Arab. p. 131, 1.
C'est un sens secondaire. Voir à présent Jaussen Coutumes
p. 89 et ss. — Cf. ^J;lJ, classique.
^^Lo!, être violé, trahi; être volé; Irak-arab. p. 169 N° 39.
#
221
^l^j, traître; voleur; calomniateur, RO p. 76,2.
^_^, expliqué 306; Arabica V p. 135. Jaussen Coutumes
p. 91 : qui est au ban de la tribu. Ces sens appartiennent
aux parlers bédouins du Nord et de 'Oman. Cf., Jj, u, vliv.
'i^yi, pi. jy.j, retrancheme7it, voir exemple sub j*^L>.
i^, hibou, dont il est parlé 1017. C'est une onomatopée, et
notre hibou = hi + bou, comme bu + hu, l'est bien aussi,
de même que j.^, hibou.
(5 '">
est dans le Sud et presque dans toute l'Arabie, pupille de
Voeil, ma Festgabe p. 38 n.; Meissner NAGI p. XXV et
p. 115. Aussi maîtresse, Herrin, RO p. 26, 18 qu'a déjà Ibn
Battùta II p. 225; ZDMG 49 p. 504 en haut. Ce n'est que
le premier sens qui m'intéresse ici. La lurah a ^jytit j.j^ ,
Yàqût III p. 751, 13, LA I p. 17, aussi appelé ^J^\ ^L^iî,
= îlïï'^*, les deux aussi employés dans le langage courant
Harfouch Drogm. p. 73. ZA XXIII p. 275. Pupille vient
du lat. piipilla, pilpula, dim. de pupa, petite fille; Falk-Torp
N D E W sv. p. 858 ; Walde L E W B sv. pnpus, petit enfant
et pupille de Voeil. yJpvj est aussi jeime fille et pupille de
l'oeil, Boisacq Langue grecque p. 496; Cher Alfâz p. 30. En
portugais, on dit aussi menina do olho, pupille. La même
image se trouve dans quelques langues sémitiques: ]?^ n3,
PV n33, •dit pu pilla oculi; cf. ZA XXIII p. 274
s. et Ges.-Buhl sv. Ce sont là sans doute des traductions
d'une conception ancienne orientale, propagée de par le monde
et rendue dans la langue du pays oià elle est entrée. Nous
aurons l'occasion d'an parler encore sub ^^^x^ vhv.
222
*
c^vaj, faire 7'eposer, laisser là jjendant la finit, 615,3. —
Attaquer la nuit, 1650 et u. 1 ; voir sub ^» i y. Hodeyl.
Wellhausen N° 144 v. 4: k^î J. ^Xi^ ^Sj] bfj, et je suis
celui qui vous a attaqués la nuit avec déjeunes gaillards;
ib. p. 49,2; Abu Hilâl el-'Askarî MSOS XVIII, ii p. 8,2
d'en bas: {J^JP^\ «A^ io^îy (j^ qLjO ^jjl^, et m'ont attaqué
la nuit des loups (= racailles) des voleurs de ces bandes.
ei*.A-j, forteresse, v. sub q'^:>. C'est dans les inscriptions
sabéennes aussi = le moderne SjiIkia , château, Rhodokanakis,
ib. II pp. 26, 27; 48 (Obne 1. 1). Chez Carbou p. 17 et p. 34
c'est du féminin, f^^»-^^ '-^^j expliqué 1483, 1414. ^Ui cv^^j,
un des nombreux noms des lieux d'aisances, partout courant ;
cf. ^.^i-M^A , ,Ul2/« .
oLxj, attaque nocturne, 1650 n. 1. Cf. J.^ vhv.
7^^
, maître, patron 1070 < ^-^-j, persan, correspondant à
l'arabe -a^^J^.
(j:2>a, devenir blanc 906 n. 3. — x^>3 lP:v?') expliqué 539.—
ic>^t [jcUi, expliqué 559.
(jicLo, terrain arrosé et sèche, 88 n. 1 ; 289 n., mais I Sîdah
X p. 163 dit: il>J! ^^. ^ (j^p>\ ^ (jc^ ^^^' et ib.
Lyii c:/y.xj" "^ ^U^ u:^^!- - Papier blanc 318, aussi (jrLo v.
sub *:c^. — ^jiitoî, locution avec x:?-^ 551; 557. v^r-^^ u^^'j
557, 10. Dans le Diw. de Zoheyr, mon édit. p. 121, ij^
est généreux, et Lebîd N° 40 v. 82, intègre; ib. N° XVI
223
(Fragmente) où la traduction weisshaarig est certainement
erronée. iL:2>o Ju! , jours heweux 659, 4 d'en bas.
cLj, i, est dans notre dialecte seulement vendre, mais dans
celui du Waddây c'est vench'e et acheter, Carbou pp. 131 et
202, comme dans la lurah, Boh. III p. 72 {acheté^'); cLo!
acheter, I SaM I p. 17, Noldeke o. 1. p. 76, parce que véri-
tablement toper dans la main.
n^) 3-» eW 6t eXrH ^^t aussi bien dans la lurah, LA VII
p. 99, 8, que dans les dialectes être clair, paraître, être visible. —
^^, dans 156,11; 157,6. J^î^î ^^j ^^.jjojU-, tu m'as fait
faire des étapes, 159, 14. <éU>3 ^^^, Hodeyl. Wellb. N° 143
1. 4/5 correspond à notre moderne entre temps et à allemand
inzwischen. — Après les verbes J-^Li, 344 n. 4; 501 n.;
1737 n. 1. ^3-v^ ^c^^ 312. ^^-^ ,jiw.L> 1737. ^^ JooUo 344
n. 4. — (iUxj^ cy^ e^i^re moi et toi; il est intéressant de con-
stater qu'on se place toujour soi-même en premier lieu,
* contrairement à ce que nous faisons en Europe. Le même
ordre est observé dans Genèse 17,7 "ji^Di "li^n ^n^iD. mon
pacte entre moi et toi. Egalement en mehri Bittner St.
mehri III p. 57.
.^^ suivi de Jc>,, de ^, de t;jf^ ou de lXj au duel ou au pluriel,
428 et. s.; 1429: tiV;^ib>j ,^^0 (jjli' » ^ ^ç^^-*^ ^ ^^^^^^j ^^^
m'as appelé, me voici debout devant toi, Dt. On trouve la
même locution Gen. 49, 10: ]W piP.npi niinp n?î^ ITO"! Hh.
V^ji, le sceptre ne se retire poi7it de Juda, ni le bedon de
commandeur cVentre ses pieds. C'est ainsi qu'on le traduit,
Halévy JAs. Mars- Avril 1910 p. 384. Mais „Ze bâton
cV entre ses pieds'' me paraît offrir une situation exagérée, à
moins que Juda dût tenir son bâton entre ses pieds, ce qui
224
n'est pas impossible. D'après moi, il faut le rendre moins
servilement par ^devant lui". La traduction américaine de
o G o ) G _ 5
Beyrouth porte : *Jl:>. (_^>j ^j-, C ^f-^^^ i-^j.^ ^^ -r^v^ J^j:^ "^j
ce qui est compréhensible en arabe, vu sa locution corres-
pondante. <v.^ q*-j, 428, s.; 1429. — ioj-^ ^^_) = iJ-*£l ^^
1429. Torczyner Entstehung pp. 71; 78; 161; 167 et 169 ne
veut pas admettre ici un duel, mais un accusatif adverbial,
ce qui est impossible. Cf. Nôldeke ZA XXX p. 168 s. —
^^ SU-o, 85, 13. — oUaj, entre^ 388. Carbon p. 42. Torczyner
0.1. p. 75 et s. Nôldeke Beitràge I p. 137 oii d'autres renvois.
KJ_o est senti comme un pluriel, témoins^ Arabica V
p. 183,2 et n. 2. Pedersen, Eid p. 184 s., a mis cette
signification hors de doute.
*
Ci)
> -b, 622; 1130; 1769. o ^ -b 792 n.; oj^^o > -bj^ 550, 6.
Brockelmann o. 1. I p. 167 s. Il y avait des Bédouins qui
prononçaient le » final comme t, LA sv. ^:^.
Le t du serment est encore employé au Waddây, Rabah
p. 28, 6. Voir Pedersen Eid p. 14 et n. 5.
U)
interjection, 564,6. Il faudrait écrire ta^ pour bien rendre
le son; aussi en Dt.; ma Festgabe p. 25 en bas; Schulthess
Zurufe an Tiere p. 62; cf. ib. p. 78: \ju. Cf. ici lit;-.
toynheau, 1672, 6 d'en bas.
1) Ce mot me paraît forgé ad hoc, car je n'ai pu le découvrir daus
les dictionnaires.
225
couronne, diadème, 416, et peut-être aussi turban, comme
encore dans le Sud lorsqu'on met le turban sur la tète du
nouveau sultan, voir sub iXoo, jUwO et ^. C'est un mot
pei'san qui se rencontre dans l'inscription d'en-Nemârah, où
Imrul-Qays (t 328 ad D.) est mentionné portant le tâg,
416; 1848. Il ressort de I Sa'd III, ii p. 90,4 ce que pou-
vait être un tâg arabe. ""Abd Allah b. Ubayi allait mettre
un tâg de jy> qu'on avait réunis pour le ceindre avec,
8^>^jc-J \^ji> *J *JJi lS^j^c j.y ^-*-^ ^>-ij , lorsque le Prophète
arriva à el-Medînah. Ce récit est confirmé par Tab. I p. 1013, 10.
Sur le Jj'ou iùLac, vhv., avec les liUlî o!_j.i-, voir I Sîdah III
p. 137 = ib. VI p. 121 où est expliqué le vers bien connu de
Labîd N° 89 v. 75; Naqâid Gl. sv. bj^, Tab. I p. 984 raconte
que Hosro fit apporter un collier de perles qui fut mis autour
de la tête de Haudah b. ^Alî, \^i. Jv^ lAJLxj o ^J^ u\Ji.*j Lco.
Tab. III p. 1687, 14: „UJÎ LJt^ ^\^\ \Ju J.^ ]jotL! ^U3-
(jV>^y[5- Sur ce (^j>j>Ui5, voir sub JU.^.^, ,l\a^ et jy^* J'ai
souvent vu les sultans du Sud porter deux pagnes. C'est là
la Hy*^ des Arabes du Sud, vhv.
Dans le souvenir des Arabes, le port du tâg, comme
emblème royal, Huart JA Sept. Oct. 1914 p. 452 *), doit
être ancien, car el-lVqûbi, éd. Houtsma I p. 220, 17, dit
que Him^ar b. Sabâ était v^cXJt ^^ „LJ! ^J*^^ tiULo J^
^"bSt o>ï'laJL. uaxiàxi , le iwemier roi qui porta le tkg en or
incrusté de hyacinthes rouges. Mon ms. de Tâg el-mulûk
') Qui traduit —ii' par mitre et J^t^^ï par diadème; voir sub JAi^
15
226
porte un chapitre: „J^ iJLjLx,') J5! ^L^w ^ ^, et un autre
chapitre, ^y<J) £l5>3"b5! J.! (^l>Ijj 3^ /"Le.
Ce tâg est encore conservé, compartis comparandis, en
Egypte, où les savants reçoivent du Khédive, en même temps
qu'un bjJvi' et un ijtJi~>, un large ruban en brocat dont ils
se ceignent le turban. Cf. Dussaud Les Arabes en Syrie p. 34
et ss. ; Lidzbarski Ephem. II p. 37 et ss. De Lagarde, Mitteil.
I p. 61 a émis l'hypothèse que Jj pourrait bien être d'origine
soumérienne < agu, disque lunaire, croissant > couronne^
diadème, 759. Voir aussi Fraenkel F W p. 62 et I Sîdah III
p. 136. Zimmern Akk. FW p. 36 donne ,,agû, Kopfbinde,
turban, peut-être du soum. a g a", tout en laissant la relation
étymologique avec JJ en suspens.
Les Babyloniens considéraient la partie éclairée du disque
lunaire comme l'agu ou mitre du dieu Sin. Le tâg, la
couronne royale et celle de la mariée ne seraient donc qu'un
enblème lunaire remontant au loin. Le mariage se fait sous
le vocable de la Lune,' et les nouveaux mariés se vouent
exclusivement à cette déesse (ou ce dieu puisque Sin était
une divinité mâle dans la plus haute antiquité) pendant leur
„lune de miel". Tout chez nous rappelle l'Orient.
éj , pronom dém., 447. dVJbt Jj, voilà tes chameaux 528.
^J^ ^j, tout de suite, vite, 888,3 d'en bas; 1291,6 d'en
bas. iiJLvJî lijj, Va7inée passée Dt.
j33'j, Tammouz 756 n.
oi^', être plein 1026 n.
1) Sams el-"^Uh'ini p. (î porte o'*''-^ i^ ^Lc , ce qui est peut-rtre la
vraie leçon.
227
olj'î, remplir, 1026 n. olïl-^ /'^^' ^^^^ pleins, 1202,3; I
SaM II p. 44, 1. Cf. vjuj, vhv., et \Ji^j> vhv.
'494. L^^b-, 492. Cf. ^J3] vhv.; v. J^.
c^bLj, 5(3 suivre, se succéder, 1718.
^", pe^eY taureau, 70, 5; 328,8; 711; pi. ^^UL', 711; 722,9.
cf. ^Axj ye^î^e t'eaw cZe jp^ws d'un an.
ioto, smYe, 402.
«-0 et cLo' avec les suffixes ou un substantif suivant pour
indiquer la possession, voir sub oi==-.
«jIj, embout de la lance, 892 n.
En "Oman, il y a le verbe ^, poursuivre, RO p. 181 en
bas, qui est ou la première forme, dont ^" ne serait qu'un
développement comme \jai et x^, liLi et oG; !:> et %*=^',
Oj et cOj ; oi-^ et ^su^ , cf. \jkji^ , *ji^ et (^^-ii, (joJs et t-^'^,
^j^ et (j«^*/<i, cf. -kx et Ja*^); (j«.j et ^-wj, vhvs. et sub c,
ou bien est-ce une prononciation pour Çjb vhv.
^Lo voir ^^Li.
*^.
^rF'', U, commercer, 1184 n. en bas.
^Ij', marchaîid de vin 1357. — Riche, 82,3; 1242. La même
évolution sémantique en tigré, ZA XXI p. 83 n° 332. On
lira Marçais TAT p. 243 sv. PI. ^' , 678,6 d'en bas, 1730.
'àjl^ , commerce, 1357,2 d'en bas et n. 2.
228
*^', verbe secondaire, expliqué 1184 n.; Abu Zeyd Na-
wâdir p. 7, 2.
»1— :F', préposition, î;zs à vis de, 19, 10; 565; 1183 n. ;
1184 n. — é^l^ ^^, avant toi, 1775,3 d'en bas. — U sLp",
avant que, 1529, 11 d'en bas.
vi>^' devant un substantif se rapportant à une situation
atmosphérique, au temps, au jour ou à la nuit est très
courant dans tous les dialectes. ,bUt c>:^' .*^ Lj Lo, wows
?je voulons pas voyager sous la pluie, Dt. c>^' Us» ijJ>^ L. u».
^L^^ij ^_«^xi.i* , 7Î0US ne voulons pas rester ici sous le soleil et
la poussière Dt. Emploi aussi classique: Hodeyl. Wellhausen
N° 196 V. 8: 2c>'^3tJ! c^^.:^ , pendant ou dans mie nuée de
poussière; ib. N° 231 v. 8: *^liiit vi>^', c?a>is les ténèbres de
la nuit; ib. N° 270 v. 13: «JLIj' ^ cS^:^' Jiî j^î Ui',
comme un tamaris se balance sous le vent qui Vétend.
A^^' , sous toi, 495.
J^', 1183 n. < J^l, mais voyez I Sîdah XIV p. 219.
*iM, 762 < ^' , avoir une indigestion, < j*^1 < *^'3^;
voir 1183 n.
^' , borne, limite,, aussi Dt. Cf. l'assyr. taljûmu, limite,
frontière.
229
y, i, u, s'est spécialisé en deux courants sémasiologiques :
1° faire un tour, faire une promenade, faire une évolution
à cheval 1132; Hdr. p. 203. LA sv. p. 158, 11: Zj' ^^^Î^j
^y^^l] ^y^ ^\^ îo! yj^^ = Qàm. sv. I ^yoî^î ^y, ^S'y] ^^ yJL
Dans ce sens, le verbe y ne figure dans aucun dictionaire.
S'éloigner; déguerpir, vù^ ^^^ ^, il déguerpit de son
pays. My, ^^ y, il s'éloigna de son peuple, paraphrasé par
jl\j, vliv., et L>cotj ^Lw. Courant en Dt. et en Hdr.; Hdr.
p. 203. Sihâh sv. : nJ^L ^ ^.^^li y = c\-£L*-j" ; =; L A sv.
p. 158, 8 d'en bas où = ô^jc-i et ib. 157, 11 d'en bas:
o^t !oî j«^ y . On voit donc que ce sens est très classique.
y est sans doute, dans ces sens susmentionnés, apparenté à
^Ij'j V~j»,'^ et J^u>, ainsi qu'à y^, ^^b, yS^, ^Lî vhvs.
2° Couper. Ce sens s'est conservé dans le dialecte de
Waddây Carbou p. 185: yj y, aiguiser, affiler, et ib. p. III:
■^t^, ^^" tiUxK-w, ^ow couteau coupet-il? Jï est devenu _b,
à cause de la proximité du r 1347 n. = oA=>, LA sv.
p. 170,13 et ib. p. 171,2: vj^t, ^\ ^ ^kJ!'. Dans les
dictionnaires de la lurah, ^s est être coupé et se dit d'un
membre du corps, I. el-Qût. p. 297, 7, mais d'après I Doreyd
il est aussi transitif, LA sv., contr. à el-Asma'î, ib. Le
transitif serait y\ = ^L>\ et ^î LA sv. On peut aussi y
distinguer un sens qui se rapporte au N° 1, où la signification
primaire paraît être une idée de rondeur: être rond ou se
mouvoir en cercle, .y , être rond, avoir les formes arrondies,
230
et un tel est J3 , Abu Zeyd Nawâdir p. 176 = JJ=> Asâs
sv., et s^y, embonpoint, I. el-Qût. p. 297, 7. Lane le traduit
fort inexactement.
Peut-être J, couper, indique-t-il, à l'origine, la manière de
couper tout autour d'une chose, ce qui découlerait facile-
ment de ses synonymes Jj, comparé à .LL», i, u, et k M.
Les verbes pour couper sont extrêmement nombreux en arabe,
mais chacun doit ou désigner une manière particulière de
couper ou bien appartiennent-ils, en partie, à différents dia-
lectes, réunis dans le grand recueil du dictionnaire arabe.
Le classique .L», u, vhv., fait également partie des deux
courants. Sur la K^J, qui est également indo-germanique,
voir H. Môller Sem. und Indog. p. 80.
» j", tour, promenade, évolution, oix-w ^ * »j" ^^tiA^j! ^^ c>J>\^
s.UjJ! Q[5r>, je ferai dans l'arètie une évolution en compagnie
des petits des léopards, Hdr. p. 203, 2 où il y a les syno-
nymes. KiJ Csà>\ signifie aussi -^jr-^' ^^ Lf^^' ou ^s^ uV>t,
vhv., se satisfaire, boire et manger son soûl, faire quelque
cJiose jusqu'à satiété ^= hJLjIaS Jc>!, Gl. Orig., Hdr. p. 203.
Cf. Ja, u, vhv.
ujy, i, semer, au Waddây, Carbou p. 210: itèrebu ei-
ralla, ils sèment le grain.
^!j", pays, Carbou p. 48 et 206; voir sub cXL et S±i; cf.
le babyl. turubu, dust, cloud.
^llî" > frà>Jî^ , être orgueilleux, ^= SSj , Dt. ; ma Festgabe
p. 41, où l'on trouvera les verbes analogues: ,^^', ^^lA^^',
i;^', jA*^', Jt^' 'C f^-^' = f^^ , v^àJuïLj" et SjjJJ, dénomina-
tifs des noms dynastiques de l'Arabie du Sud. C'est un écho
231
encore résonDant de l'insolence orgueilleuse de ces poten-
tats. — J'ai recueille ces verbes de la bouche des indigènes,
confirmés par l'article de Turfat el-Ashâb que je rapporte
dans ma Festgabe p. 41. Je vois à présent (Août 1918) que
l'auteur du Sams el-^Ulûm p. 13 donne le même renseigne-
ment lorsqu'il y dit: ^lB iJj! ^»^[i !_jolS' ^J^> (*^'/^' c>a:b>
5 5 , ■ .^C M -
fraient de la famine au 'point qu'ils étaient obligés cLe ynanger
du froment, parce qu'ils 7ie inangeaient auparavant que le
"'dlsis, (vhv.); ils habitaient le W. Bana ') cl l'est du Yéma?i.
On dit: yitrahhara -), il est orgueilleux^ comme s'il était
de la famille de du Turlium des rois des Eimyar. J'ai rap-
porté une partie de ce passage 1202 d'après D. H. Mûller ss.
p. 151, oii il y a incorrectement ^Jî ,j<j> (*^^^' oÂ>.
1) Index p. 1807 et ib. p. 1803 sv. Abyau.
2) Ainsi dans l'édition de '^Azîmuddîn Ahmed, mais vu le paradigme
Jijt-àJLjî de Neswân (il met toujours le paradigme devant un mot) il
faut lire (*^/S?> ainsi que j'ai dit dans ma Festgabe p. 41 n. 1. A propos
de la généalogie ib. p. 42, je dois ici faire observer qu'il y a un
6e y d an et un autre Heydân.^D'après éams el-'^Ulûm p. 23, Ôeydân
b. Qatan b. "^Arîb etc. était un roi himyarite, et la Turfat el-Ashâb
dit express('ment ici: i^>-t~>^ q''-^^; et ib. p. 30: Heydân b. "^Amr
b. el-H:if b. Qodâ'ah, q'^A-^ ^^ 'i^A y^. Ib. p. 61 Neswân dit
que les Sey'^ar (Sê''ar), Hdr. Index sv., sont •tjf- qJ y'-f:^^ ^^
xcLo^i ^^ oL=- Q-J ^r*^ ^ i^!u\jp" (.yj. Les Sé^ar seraient donc
les frères des Malirah. On peut en déduire que la langue des Sê^ar,
que le fameux sultan Muhsin ne comprenait pas en traversant leur
pays pour se rendra à San^â", 161, est le mehri ou un dialecte mehrite;
cela pi'ouverait que le mehri était bien plus étendu anciennement, à
moins qu'on admette que les Sê''ar se soient di'tachés des Mahrah pour
s'établir dans les (iûwân, Arabica IV p. 43 et ss., mais la raison de
faire cela ne paraît pas bien plausible.
232
;J, hineinstecken, verstecken, 1404. = Sucï ij^iJ . RD Gl. sv.
u-y, remplir, RD Gloss. s. v.; RO p. 12,9; 144 § 262;
Moritz Zanzibar p. 13, MSOS III p. 16, 14, 16; 17, 10 d'en
bas; ib. VIii p. 112 N° 2; Meissner NAGI p. 115; Socin
Diw. Gloss. sv.; en Egypte, on ditjj^yetj^o; Vollers ZDMG
49 p. 512/3.
(j^^yc/ij rempli, RO p. 57, 11. Chez les Bédouins du Nord,
ce verbe a un autre sens qu'on trouvera en partie dans le
Suppl. de Dozy.
LT-J, hoticlier, 1670; RO p. 419,15; MSOS I p. 81,6.
f^c^f, petit du singe, 709, pi. oLv^y-
r;j, plein, 1765=^^)J, vhv.
5 ù O )
iCcj ^ ili! Joy.^, 1765; ca7ial (Egypte i^J). Sur 'd^^ , porte,
voir I Sîdah V p. 131, Fraenkel FW p. 15. Est-ce bien
sémitique à l'origine? — Cf. ^j-^'^-^, plein, Schaade Uhud
p. 29, et io^^ii Su'arâ' en-Nas. I p. 222; Lebîd N° XXXIV
v. 3: c^ Sr^^» ^^^^ "5^^^* plein.
oy
oi, io/?', 412,5; MSOS VI ii p. 118 N° 20; la forme est
aussi Ojj', comme chez Musil A. P. III p. 176, 14 d'en bas;
390, 9 ; Jjé pour jotî est assez commun chez el-Ahtal, Nôl-
deke W Z K M VI p. 348. Cf. sub ^Cw .
jj", briller avec un fer; onomatopée; mais aussi = éj, „comme
233
le ûj, lorsqu'il entre ^'J J^" GO. Socin Diw. N° 103
V. 2 : \yi et note ad 1. 'iSii p ^^ , doloroso coïtu feminam
futuit. En Dt., jj', intriguer en cachette; v. yi.
^JiJ^^'J , s'amollir 601; être, gonflé d'orgueil; J. ;jij:.ci.:à j*.i?Jt
iliî, ^e pain s'amollit dans l'eau. yi;sXci.;o ^=>l\^ l\=>[5 ^-v ^^J,
lorsqu'il e?itend quelqu'im le louer, il se gonfle d'orgueil^
„comme le pain dans l'eau" GO. — Faire sauter un enfant
sur les bras pour l'amuser. x^XJ tXJ^t (jijc^j, il fit sauter
l'enfant sur le bras pour jouer avec lui. Tout ceci en Syrie.
En IJaurân, uib" vshv.
Cl- & >
iCou < iLotj vhv. — iLoù', fatigue, 1565.
^_,;^'j, fatigue] V. sub *i>î.
^J- 1247 = ^L'î.
iCou*, lézard, en sahhi, 295 n. 2; 368; > ii>jù' vhv.
oij, cracher, 511 n.; aussi en mehri et en éthiop. avec
développement du thème. Cf. Ges.-Buhl sv. DCn. Cf. J-à^"
et jÀJ'.
vjlàj < ^Jisuj^ < vjjiji, de oisj vhv.; cf. 1183 n.; cf. JJo.
i).àj, i, u, cracher, Boh. I p. 108, et au fig. cotispuer, dédaigner
234
Dt. 511 n. 1; aussi dans le Nord: si^' J^ J^. , il dédaigne
la femme, MSOS VI, ii p. 83 n. 11.
Jj'j, insipide, sans sel Dt. = "Oman Jsij" < J-ij" RO p. 63, 5
= bç,r\, aes.-Buhl sv.
jUj" 831, 5 d'en bas < JLLi, vhv. JLâjJ! J. (j/.3^*Ji, to fiancée
est sur la natte, expliqué dans v. d. Berg Le Hadhramout
p. 287, 3 et note 30 ; c'est pour JU:i vhv.
icûx^, crachoir qu'on met sur la table en mâchant le qât,
Yéman. Cf. Jij> et ^h, vhv.
yu, interj., avec les suffixes 117,24; 1540.
^, u, se rappeler; réfléchir à, =/^^, 1183 n. < ^yji1 ib. —
Peut-on rapprocher |Dn, peser, examiner, éprouver?
^yt)', rappeler qqc. à. qqn, 1183 n.; avec ^ ou j i).
^jjU\ est aussi employé en Dt., se rappeler, réfléchir, =
^ yy^ vhv. A n a m à n a si m i 1 1 e q i n , ou t a q i n , ^e ne
me rappelle pas.
^j, se rappelant, qui se souvient 1183 n. = lXïL> vhv.
^^j-H^, esprit; mémoire 1183 n. — q-îî^" , saletés dans l'auge,
1763,3; V. les dict.
jiji, confier qqc, ^, à qqn. avec accus., 738 d. 1.; formation
1) (^y^) hien soigner un travail, le perfectionner, Diw. Qays b. el-
Hatîin N° XY v. 4: **àa3 C^^' U^*^' Vj'^'j est un autre verbe,
cf. babyl. taqanu et |pn , Muss-Arnolt p. 1184, cf. ib. p. 1157 taknû.
235
secondaire de JoCj1; cf. vJLsJ' et ^jJiJ et voyez Sarauw ZA
XXI p. 48.
Jj", tirer, traîner 1346; aussi en Syrie: ïulXJî JJ, tirer la
monture après soi, Syrie.
_^Jlj', p^/er Ze dos. Dt < _\Jo 1768.
JjJl:)', tirailler. Dt 1346. En Syrie, c'est bavarder, radoter,
comme nous disons faire des tirades, = ^l>^, plus fort que
^, u.
xLJlj', bavardage, radotage, Syrie, 321 n. 2; Usâma p. 152;
ZDMG XXII p. 144.
;jJlj', u, faire entrer, mettre dans 93,17; 1401 s.; v. ^J*^io.
^•, 2?^em 1765 v. ^y . - ^ 1765. - K*L' 1765; I Sîdah X
p. 109.
jJLj", i, u, faire des sillons, labourer 88,2, = J~*-c, 88,4;
1336 et s.; 1448 n. (Yéman). I Sîdah X p. 151.
^, silloyi, 457; 1336; 1447 n. 1; 1608; pi. J.^^I1, 1338 et
*j^Lj' en Hogarîeh, ce qui est véritablement le pluriel de j.^'
inusité comme singulier, L A XIV p. 333, voir ^^ . — i^] j*L' ,
457; 1337 s. Sur le sillon votif, on pourra comparer Levit.
23, 10 et Qor. VI v. 137; voir Robertson Smith Die Religion
236
der Seraiten p. 75. j^JU" est la prononciation de toute
l'Arabie, mais la lurah avait jJlIj', pi. ^i-i\ , que I Sîdah X
p. 151 en bas et LA XIV p. 332 disent être la langue de
,^y^\ J^t et de ^yJt ^\ , et ^s , pi. ,JiJj" . Dans Saras el-
'Ulûra p. l-i nous lisons: j^\ ci^JÛ:^) g^ J.^L:J■■^! Je>!5 *JjJI
(J^ ^) JjJ! . J.^Li• Jyij ^»:2«j_5 ^^t je?! iotL ^^jU oîj^ L^£ixj
vji..^; (jjjo j»_L:') jJljJ! -^y^'-î CT*^' i^' '^'^-*^ "-^j"^' -^LâJ! Jii
(j:c^"b5t oî^Jl. Le singulier j.^" a donc existé.
*^li', labourage^ 1448 n. (Hogarîeh). — (»JLî, infinit.
Jaussen, Coutumes des Arabes p. 363 dit: „Lorsque, sur
l'aire sanctifié par le sang d'une victime, le grain, trié et
vanné, va être mesuré, la première mesure est nécessaire-
ment mise de côté, en offrande à un weli, au Hader ou à
Halîl. Elle est ensuite donnée à un pauvre ou à des men-
diants de profession". Dans le Sud, où les sâdah pullu-
lent, ce sont ceux-ci qui reçoivent cette offrande, ou bien le
welî, dont les desservants sont aussi des „mendiants de
profession". L'Eglise vit partout au frais des ouailles qu'elle
tond. — La langue classique n'a pas de verbe ^, i, et
l'on serait tenté de considérer le jJLj syrien comme déno-
minatif. Mais alors il faut aussi admettre que le sudarabique
j«.L', i, le soit aussi, ce qui n'est pas probable. Pour moi,
c'est un vieux thème sémitique international. Cf. Jii, vhv.
et jJLS vhv.
JJ i, remplir, 1290 n. 1, Syrie. — Jii", rejnplir, puiser l'eau,
26. - ^!, se remplir, ib.; M S OS V, ii p. 49 N° 1. Jû- = Su
et J.J = ^,-<£ sont le même mot, contr. à Sacliau A V L M
237
pp. 86 et 94, et ^j^ ne signifie pas machen, hinrichten,
herstellen ib. p. 86.
^-
Jj)", i, suivre, est courant dans toute l'Arabie, RO p. 423
N° XVI; MSOS III p! 25, 7 d'en bas; en éthiop. trt©, suivre,
et on mehri. Ce JG', de même que le cl. yj', est une formation
secondaire < Jû'i vhv. < ^p^\ < ^l^ vhv. En Dt., il y a aussi
un autre ^jj", attraper., atteindre, rejoindre = J^\ , lequel, si
ce n'est pas le même verbe, pourrait être pour ^ô vhv. et
^iiAJl, cf. Ju, u, vhv. Rhodokanakis Dofâr Gl. sv. ^»,.
J>\J, atteindre, MSOS V, ii p. 118; cf. 6[i sv.
^1, suivre, courant dans le Nord, mais très rare dans le
Sud, 1405; v. ^^.
^^Lj", ce qui ou ce qui est à la fin, dernier, usité dans la
plupart des dialectes, 490,3 d'en bas; 1579 d.l.; J-JJ! ^_^lj'
801, U; 1649, 7. - Ensuite 1649, 7. Ji3 Jot^, ensuite, 82,' 4;
RD II Gl. sv. ; c'est le mehri tôli et min tôli, Jahn
M S Gl. sv.; Bittner St. mehri V, m p. 25. Chez les Bédouins
du Nord, c'est aussi V arrière-train d'une caravane, Sachau
AVLM p. 97; Bel La Djâzya p. 113, oii l'étymologie est
erronée. Class., on dit j=>\, fém. (_=-=>!, p. e. j.yiS! ^ù' dial. =
class. ^^-aJ) (^,=>!, Hoçl., Wellh., p. 6,2 d'en bas, ib. p. 7,4
d'en bas et ib. p. 14,8; Lebîd N° 34 v. 13. — ^f^ly^', les
arriérés, Negd du Nord, V21\ , 1 , ^= ^Jcu , Negd.
^Li't, 746,5 d'en bas ne m'est pas clair.
»^", marc de café, 1080; v. «yi' .
i^,JjL«, pi. ^JLjO), pleine (chèvre, brebis), 1405, Haurân et
Algérie, RM TA p. 484. Je ne sais si c'est ici V~^p ou
238
l/"Jw« < iu ; cf. LA XIII p. 85, 3 d'en bas. Le lurah a
iW^j qui met bas en été, I Sîdah VII p. 18. Cf. *;o<i sv.
j^', i, u, rester dans U7i endroit, 82,22; 490 d. 1. Yôm
wahde stell u te m m yômên, ?m jour il partit et resta
loin deux jours, RO p. 271, 11 d'en bas. — Rester à un
travail; continuer à faire qqc. Surtout courant dans le Nord.
RD Gl. sv. Cf. ^^ vhv.
W }
jU.0, pleitie (animal), 1405; cf. ^, vhv.
(*iUJî, murmurer, grogner Dt. — Cf. ^o, ^0^j>, ^^o, qiAjj»,
^, jJiJd vhvs.
\i*j' < \jt u ^J^:>^ 1877 n. 1.4; ma Festgabe p. 68 sv.
^j«./«'j, hier, ma LA p. 47: cf. ^J'^\.
^^■, 7'ester dans un endroit ou à un travail. Tamm hina,
reste ici 827,6 d'en bas; 1581,9. Yitemmi gêm fôg el-
metîreh, il reste toujours là à s'occuper du champ, ZA
26 p. 224 n. 2. Temma es-sol t an yithabbar "alêh
el-'^abëd, le sultan continuait d demander après ') l'esclave,
ib. p. 285,8. De "^ , comme j^ < J.^ < jl^. ZD MG 49
p. 506, 17 et RD Gl. sv.
ûi, four, 1087, comme ^"ij, Algérie, < y^.-, class., et ^^j
') Expression suisse = nacli ihm fragen.
239
vulg.; Hdr Gl. sv. ; RD II § 13 r. et Gl. sv. ; = ^^\
1032, > .^lxJ, avec dissimilation. J^^ est en Hdr. une
grande jarre dans laquelle on cuit le pain. ZA 21 p. 79
N° 272. D. H. Muller écrit pour le sehri SAE VII p. 149
§ 23 tenûr, mais Bîttner St. mehri I § 79, tennûr = sh
tennûr; voir maMJM p. 36. On sait que ce mot remonte
au plus ancien temps des Sémites. Dwofak a publié sur ce
sujet un long mémoire, Fremdwôrter im Korân. Le mot s'est
de bonne heure répandu en Perse, ZDMG 57 p. 167. Zimi-
mern Akkad. FW p. 32: akk. tinûru, four, > aram.
tannûrâ (> tannûr, aussi pers. tanûra, turc tanûr,
armen. thonîr). Voir Delitzsch Proleg. p. 146 n. Muss-Arnolt
p. 1178.
&xLp", 390 et n. 1. — j.L^", un Tihâmite, 1394. Sur ce mot
et les autres analogues, tels que ') ^U et j^Uj = ^^aLX:^ et
^Uj, voir I Sîdah XIII p. 238 et mes observations Hdr.
Gl. p. 739 et ss. et ici Gl. sv. ^5; Brockelmann 0. 1. I p. 80.
Sur l'étymologie arabe de m\^ , voir I Sîdah XI p. 206, 3
d'en bas et sur la vraie, ici 390 et Zimmern K AT ^ p. 492 n. 2.
ù J
ujb', U, cesser; quitter une habitude, vr-^ cr v^' l*^ *^'-5
^jL=>jJt, je cesserai^ par Dieu, de fumer, 475, 10 d'en bas.
étymologie 628; v. ^^Ij. Voir Halévy Or.-Stud. Festschrift
îs'ôldeke II p. 1024. Zimmern akk. FW p. 67.
jj, u, classique, qui n'est qu'une variation phonétique de
') Obs. 'i^LCi chez Lebid N°XXIII v. 2, oii le motre exige sa-û-m i-ya,
de même Hodcyl. WelUi. N" 203 v. 16: («L^ u^^';
240
.b, u, et proche parent de J vhv. Cette permutation de
o > o est assez commune dans le Sud, mais ce verbe n'y
est pas connu. Le sens primordial est ^b, u, ainsi qu'il
appert de LA sv. p. 164, 14 = TA III p. 70, 10 d'en bas,
où ôS^. ^! ^}s^ ^bo ^^li est expliqué par ^iJu, Lane sv. qui
le traduit bien par Such a one is encompassed or go7îe round
\.\CsS), in order that he may be taken. Le babyl. a ta ru,
itûr, turn, turn around, Muss-Arnolt p. 1185 Winckler
Gesetze Hammurabis p. 115. Le Qâm. sv, donne ^y = ^Ij^,
sans autre explication, ce qui est devenu chez Lane: ^Ij',
iraperf. .yj, it (water TA) ran or floived. Mais TA ne l'ex-
plique pas du tout, et sub ^" il dit seulement que .lIj'
vient d'un verbe obsolète Jj", ^yj. Ce verbe a dû exister,
sans cela on ne s'explique guère ^^" et »v,yj', messager et
messagère, correspondant à J*,c> vhv., et auxquels on pourra
comparer i^f>, = r^^, J^-^; et J«^3, et notre courrier. El-
Hafâgî, Sifâ p. 59, dit que ^y = J^^ est v;*^> i^3,is I
Doreyd + 321 l'avait déjà déclaré a^j^ lt^j^ ^P^*^ Sihâh
sv., et cela est vrai.
^yj, bol, 832,4,10; 1130 et s.; notre dialecte »^^', 69,17;
741; 831, grand panier ou grande boîte en 'azaf, 1130 et s.,
Zam. Asâs sv. a »yy, et Lane conclut de cela que ^y est
du féminin. Cela n'est pas exact, car dans la phrase que
Zamahsarî avait entendu dire par une femme à sa servante ►
iiVijjy ^.acî, il y a le diminutif du diminutif, comme dans
iCyio, vhv., prête-moi ton petit bol. 1 Sîdah XVII ne rap-
porte pas ce mot parmi ceux qui sont du féminin, et sa
liste est assez complète. L'étymologie qu'en donne Zamahsarî,
reproduite chez Lane, me paraît digne d'être notée. Elle
241
prouve que les anciens lexicographes considéraient ^Ij', u, <
b, u. Mez, Abul-Qâsim p. LXI, dit que ce mot, ib. p. 118,
manque dans les dictionnaires. On a vu que cela n'est pas
le cas. Manzoni El Yeraen p. 118 d. 1. On découvrira bien un
]0ur ce mot dans le dictionnaire babylonien, comme tant
d'autres déjà constatés se rapportant au ménage sémitique.
B^b- = 3^', 1131 d.l., M^AR p. 70 V. 46- pi. ^]JJ 1132, 6
et cl. j-Â-i", Bittner 'Aggâg p. 36/7. C'est pour a^^", 1131
d. 1.: la sémantique est la même que dans «y et dans (ij^) '^Jj,
vhvs. LA propose aussi l'étymologie ».lj', car les savants
n'étaient point d'accord. Son synonyme classique L»^ est aussi
une variation consonan tique de .^o, à cause de la proximité
du r, comme le thème j^ l'est de ,30. Cf. le babyl. târtu,
retowr. Cf. ^ = yj" vhv. et ^LÎ^Ll vhv. et yij!, Bittner, 'Aggâg
p. 29/30; et l'hébr. lin, Ges.-Buhl sv., où les rapprochements
me paraissent tout à fait justes. V. aussi sub »yj>. Cf. akk.
turru ou turru, ficelle, ruban< soum. dur, hébr. tôr,
ficelle, rang, arabe ^J', cordon d'architecte, d'après Zimmern
0. 1. p. 85. Le classique JfiJt .U! mentionné chez Ges.-Buhl, =
3o, LA V p. 164, 11, est sans doute delà même provenance,
et on peut le rapprocher de y et de j^^, vhv et 1254,3.
Cf. le babyl. tura, de nouveau, Torczyner 0. 1. p. 41. Sur
V~'^ , p , u, et .b , u, voir Môller Sem. u. Indog. p. 80 et
Walde LEWB sv. torqueo et trua.
\^[i = j^jlj' = ^^" 956 n. ; cf. y«^ vhv.
sj^i", partie du jL^ du 'd^:>' Dt, où = s^jo (non hadbe
comme le dit Jahn SAE III p. 271, où planche.)
ijiilj', 601, 11= jiiJ>J^ vhv.
ifi
242
Jlj", u, atteindre, arriver à, Dt. cf. ^o vhv. = class. et dial.
J'J, a, vhv.; Qaysb. el-HatîmN° 1 v. 1. ^^J.■iLo ^^ 'sj>^'I2a «-Jx5^
^, ces livres-là sont places en haut, je 7i'y arrive pas, Dt."
J, Jy>, vilipender; faire du tort à. ^c-^-=> j- Jv-i^-< o-it (jisi
pourquoi me fais-tu du tort? Dt.
JLoi, pouvoir être atteint. U-JLc (jri JLi^^ Lo ^^=) j^ .b>vjî
,J^ymî, Ze sirdâr (gouverneur d'Aden) est trop grand, lui;
il n'est pas à notre portée, yious autres misérables, Dt.
RO p. 415 N° 179 porte JLxjl comme verbe actif: bû yin-
tâlsi el-laham qâl hais, celui qui ne peut atteindre, qui
n'arrive pas à la viande, dit: elle pue. Ici sans doute J^xXsî de Jlj.
ici^', ho7ite, mal, calamité, mauvaise qualité de toute chose,
tare (hommes et bêtes), Dt. '). Halîmah, fille de Farîd b.
Roweys, dit dans une qasîdah:
ia trahison est u?ie calamité, lorsqu'elle arrive chez les Arabes:
A cause d'elle, les gens d'arènes accoure^it de toutes parts.
Mon original porte ^Jj-J', les deux prononciations étant ad-
mises; voir le Qâm. sv. et Haffner AL p. 53. On dit en
Dt: ma si tav^lah, ce qui correspond exactement à l'italien
7ion c'è maie. Musil o.l. p. 346,5 d'en bas a ici^', outrage;
c'est là un autre mot. Cher Alfâz p. 37 lui donne une éti-
mologie persane.
>«u, u, = -Lb, u, s'égarer, 1262.
»jj', 601. ^JJtj^i ^^ ^j^jJ, il me détourna de mon travail,
Haurân, = kLï 1264, 9.
') J'ai perdu la ficlie do l'ondroit où se trouve ce mot dans le texte.
243
sjlj , égarer; perdre de vue, "Anazeh, ma L B^A Gl. sv. Voir *j^j.
V.
Jj, 83,29; 84,6; 314,12; expliqué 1289 et ss.; Qâlu:
sàwa, ma si ya'^t.al, bâ^ li'arrîhom tàw^ ') ils di-
rent: C'est cela, ça ?ie fait rieti, nous allons donc les laisser,
traduction datînoise du texte "omànais de Brode M S OS
V, II p. 17, 10 d'en bas: qâlu: ma yhâluf , '^) anhott-
hum tau. RD Gl. sv.; Jayakar OD p. 686: à présent;
Snouck, Mekk. Sprichw. p. 15; Nôldeke Beitrâge II p. 134
n. 2; Musil o.l. p. 252; Spiro p. 86. Torczyner o.l. p. 8, 13
et p. 9, 3.
Le y et Ly, 1291, 10; Spiro p. 86.
_o, pi. .vo, a small prop under the beam etc., Stace p. 131.
I
y*>-o', cabri, chevreau, 712; au fig. 1239 en bas; 1471; 1533,2
d'en bas; ma Festgabe p. 52 et n. 1, comme Diw. Hodeyl,
éd. Wellhausen N° 203 v. 16, mais ib. N° 200 v. 6 c'est
incertain. Lebîd XXXI v. 3 et 4:
il vous a protégés vous tenant pour des hommes et il ne
vous tenait pour des boucs (imbéciles). Goldziher Hutay'a
p. 143 donnne plusieurs exemples corroborant le sens du
Nord, Tab. Gl. sv. La raison de la différence dans l'emploi
tropique de u-^', qui dans le Nord est l'emblème de la
stupidité, Jaussen Coutumes p. 277 n., c'est que ce mot
signifie aussi, dans la lurah, le mâle du bouquetier, et cet
1) Ainsi prononcé, et non tau, ni taw.
-) Comme dans le Nord et en '^Omân v_JuLj>^. «o = Syrie J^.^La«o Lo.
244
animal est, dans le langage du Sud, l'expression du courage;
cf. Hommel Sâugetiere p. 285.
iLj-çj", cul en égyptien et en maltais, ma LA p. 67 n. 5.
Je renvoi à c^^K ;-^ et -,i. La confusion dans les noms
des pudenda est partout la même, mais on est particuliè-
rement étonné de voir que 's^J^ ait pu être dans ce cas,
car la feuille de figuier joue déjà un rôle au Paradis, Genèse
3, 7 où niNn est bien feidlles de figuier, et — aux musées
de notre temps moderne. On sait qu'en italien fica est - j.
^ = «y 1264, 9.
>'o 622,3 d'en bas; 1337, v. sub jÀi; Hommel AA p. 148
en bas; Abu Zeyd Nawâdir p. 104. Ainsi toujours dans le
sahhi selon Jayakar BBRAS 1902 p. 249.
> l): class. ^3X0 et A.Cs — ^±; < 3 voir ici sub ^\ .
< ^ , voir yK^ .
<^J., 669,3 d'en bas et note 3; 698,9 et n. 1; cf. Jahn
GMS p. 6 n. 4. Cf. Jj et ^L-; ^<s\i> et ^Ji, I Sîdah XIII
p. 280.
> J3. yii 622,6 d'en bas et n. 5; 1081 en haut.
> ^, 768; 1721,7. Cette permutation est très fréquente
245
dans tous les dialectes du Sud, à el-Qatif et à el-Bahièn, où
l'on dit même falùf < c:^^Lj. Cf. les class. oA-i et ^Aj
LA sv., mais les lexicographes ne l'ont point reconnu. Voir
aussi sub ci^=> . I Sîdah V p. 1 1 7 : iUs > ^Lo .
;^
^Li, class.; le verbe n'est nulle part employé dans le Sud,
1724. Dans le Nord, c'est ^ y, 1724, voir sub .y; cf.
Sab. Denkmaler p. 25. - Jj, vengea?we 981; 1724.
o-o, 1012 d. 1.; 1374 n. 1.
En dt, yfJi est réparer. L^ ^oL u^^^ ^^i: eU^ v_àLv.;cw! L.
,_^ii=> ^>^ , Je te demanderai de m' avancer un pew d'argent,
avec quoi je vais réparer no?i Jiusn, dt. Assez courant en
datînois. Ce sens était aussi connu chez les Arabes d'Espagne,
puisque le Vocabulista, éd. Schiapareili, donne p. 558 pour
reparare justement j.*-^, Dozy sv., reparer, ce qui n'est
qu'une variation phonétique du datînois ^' ; le (jr> est motivé
par le voisinage de r. Cette coïncidence est très intéressante
à constater. Cf. v^i vhv.
En mehri et en soqot., ^_*_S est casser, briser, tebôr et
tebér; cf. aram. i^n = hebr. '^2^ et l'arabe «^" = xXJLpSj, »y^,
LA V p. 156 = ^ = dVJL5>, tr. et intr., LA V p. 167 en bas,
et le babyl. sa bar u, briser, zerbrechen, Amarna II p. 1507.
Dans les Inscriptions de Mârib, Glaser 554 et 618, nous
rencontrons le même verbe ibr, Glaser Dammbruch p. 9
1. 54 et p. 33 1. 43. Malgré Glaser, qui le rend par er-
offnen, et Praetorius ZDMG 53 p. 12, qui le traduit par
zerstôren, je crois qu'il faut y voir le verbe datînois-arabe
espagnol ^ , réparer. C'est donc tout le contraire de détruire;
le contexte s'y prête à merveille.
246
yji[, ètber, coll.; n. unit, ètbereh, est en Dt. une guêjje
qu'on rencontre beaucoup sur les eaux, 1447 n. 3. Ce mot
est le même que ^j, guêpe, vhv. Par anaptyxe, ^, est
devenu te-ber, ce qui a donné lieu à la prothèse: et-ber.
C'est même un des cas rares de prothèse en dt. Pour la per-
mutation de 3 et cl» , comparer les classiques et en partie dia-
lectaux: Jo>, e.o>, *Jn^ et j> vhv; S^3c>, U=> et 1J:=>; oL>J»j>
et oLs:o:=> , .3 et J; vhv. ; Jo.ô et , jy , j*,ôlc et jv^Lc ; j.Ac:
et *ic = ^lAi et *jLï , *Aj , *i:] et j. J ; -u\*)j' et -JcxJû' ; ;>3i J-»
et oye; pour les sens, on n'a qu'à consulter le Qâm. d'oîi
ils sont tirés.
fi, éboulis, RO p. 361, -8. Cf. LA V p. 168,8.
3^_*-i, excavation dans le rocher, causée par la chute des
eaux, ""Awâliq.
^^■, 427 n. 2. — ^"j expliqué 427 = ^^j>Ju" ib.
^^Ui 11,2; expliqué 423 et ss.; 976. I Sîdah IV p. 84,7
d en bas : kAso^ ^[5 o*^^^^. ^ V*^ *^ v}^^-?^ -'-=^5 'ï-^^^^^
^^Lo j^ liUU'. RD Gl. sv. le traduit par Bausch, ce qui ne
rend nullement l'idée, mais on lira 423 n. 1. En Hogarîeh,
c'est le ventre et, au figuré, la place entre le bas ventre et
le pagne, soit la poche que le pagne y fait. Les Bédouins
de Syrie l'appellent J^ vhv. W. Hein S A E IX p. 58 § 3
écrit tibân: sârig el-Mukalla saràgha watarah fi
tibànuh, ce qu'il traduit fort bien par mid steckte m seine
Schurzfalte, avec cette note: „Das Hûftentuch wird so um
den Leib geschlungen, dass es oben eine Querfalte bildet,
die als Tasche dient". L'arabo-persan ^f^i, payitalon, ZDMG-
247
59 p. 615,9 d'en bas, et le sahhi wLL", mollet, n'ont rien
à faire avec ce thème.
- o
XxyU, expliqué 424.
V
V~^ 1341 ; 1718. Cf. ^'j, Haffner A L p. 88 ; cf. ]o et ]o vhvs.
,^, blâmer, 1765; Boh. III p. 71 et 83; I Sa'^d IV, i p. 36.
*
'cJyi 1109 n. = o^ vhv.
oyi, émietter, morceler (le pain), 1341.
|.ji, = jjli, casser; ébrécher, 1765. Cf. jji, ^^ et j«jVj vhvs.
particule, 492 et ss.; cf. y!; RD II p. 126.
^^Loti , serpetU ; expliqué par ^^^ u*^-^ ; au figuré 639 n. 3 ;
1240 en haut.
yu, averse. Snouck OS Nôldeke I p. 103, 6.
J^ ^^ J^, pron. 'Alî' ben Ta'eyl, renard, Dt. =
^J^. I Sîdah VIII p. 75 dit que '^l^^ et J'uti est la fe-
mette = ioixî, tandis que XVI p. 111 il dit que ^- et iOUi
désignent particulièrement le mâle, = ^\-^, Sams el-'Ulûm
p. 15. Voir sub ^.,! an, la désinence des noms d'animaux.
JUS aussi I Sîdah V p. 75 et le Qâm. sv.
248
Ce mot donna lieu à une dispute très vive à Stamboul
entre le sêlj Ahmed Mahmoud es-Sinqîtî, qui venait alors
d'arriver du Maroc, et le savant maronite Ahmed Fâris es-
Sidyâq. Celui-ci, s'appuyant sur L A soutenait que JLx-i"
vient de u^JLxJ;, tandis que l'autre prétendait que c'était
originairement le nom d'un homme. Le B. Tu^al étaient
de Tayyites, Naswân o. l.p. 14, comme aussi les trois clans
nommés ^Lxîil, ib. p. 15. Les Tayyites venaient du Sud
de l'Arabie. i>-oti est le diminutif de ^ > Jju, qui existe
aussi en Hdr. ZA 26 p. 22 L La forme diminutive pour les
animaux est fort répandue dans toute la Péninsule, comme
aussi dans la lurah, telles que ^m^=> et J^^^vo, w>.^ et v^^^ào,
lézard^ Boh. III p. 155, Tahdîb p. 530. Cf. son synonyme
^^.Lyi^ 797, 10 d'en bas. RO § 44: t'êlub = ^4-*^^ renard.
En mehri, hitâyl, renard (mais non chacal), ou hitâyl,
pi. hitôl, fém. hitalôt, pi. hitâlten et en sh te^'ayl,
ce qui est exactement la forme datînoise ; éth. "fii"^ , lupus.
Carter p. 352 écrit S^, renard. Bittner Mehri I p. 121 se
demande si bvw, idUi, Il^j., renard, ne peuvent être en
rapport avec Jjcw, tousser.^ Il faut savoir si le loup tousse! —
Les formes J«.*i, jLxi et J-oti sont donc anciennes. A propos
du rôle que joue dans le Sud ce ''Alî b. Tu'^eyl, un Datînois
me dicta ceci: i^^ljt_ii ^^ ^î isulb tJL» ^ iL;.^J! <Jf^. _y-^
KJLxÎW iiÀA«.jt J»J^ .-vJ ,J^ ^- '• fr^. ^ (j/vLjJÎ ''•^■^. U.^ xi^jXjS^Uo _5
-o o o
(itL> Le ...[5 -ç>: kLjW'^) ioLM^li liLJLc (-^^L^ ...|^ ? ^Cxâii* ^^ 3!
Oj^ Vga XÀJ^t ij. (ou \jè^\) (j:vt "^ . iLfSJiA -) ii>LwJi ii)yJlc . ^
l
A
') pron. a g a. 2) pron. sina.
249
Il co?i7iait l'année si elle sera bonne ou fichue. On lai
demande lorsqu'il voit le mo?ide et s'enfuit: „ô ''Ali b. Tu^ei/l!
l'année sera-t-elle propice ou mauvaise?" Et s'il vient vers toi^
c'est que l'année sera bonne et s'il ne vient pas vers toi, elle
sera mauvaise. S'il hurle au cimetière, c'est c/ue quelqu'un va
mourir, et s'il hurle dans le icâdi, c'est qu'il tombera de la
pluie, et le torrent viendra des montagnes.
- o ,
wJbti, renard, au figuré 1239,2 d'en bas et n. 1. Voir aub
Jjij et ^^i -an.
»yu et ses différentes prononciations, fossette jugidaire du
cou, 368; 667 en bas, > «.j, 41, 14; 368; 667 en bas; aussi
RD Gl. sv. Diw. Hodeyl. Wellh. p. 72,8 d'en bas. - Un
autre ^Jj, pi. ^yi, voir sub V~.»fi.
]/~jÀi, 1080. — jiL)', être intime avec qqn, 1760.
O 5 >
Jvài, sédiment, 1109,2; 1763,5. Cf. sub ^L^:2>.
jLâi expliqué 1114 > Jlàj, 65,4; 1114. Burckhardt Beduinen
(Weiraar 1831) p. 36; v. d. Berg Le Hadhr. p. 65; RMTA
p. 420. Diw. Zoheyr, mon édit. p. 85/6 = Noldeke Fûnt
Mo'all. III p. 31 = Haffner AL p. 66. K. el-Fasîli, éd. Barth
p. 30, 8 = Observations de ^Ali b. Hamzah sur cet ouvrage
dans le JRAS 1904 Jan. p. 108 qui corrige ouijJ! ^JL^ «j
en ûil, mais il a tort de tabler sur le vers de Zoheyr. Cf.
sur J^" et Jii" Morgenl. Forsch. p. 153; Harîrî, Durrat p. 65
d. 1. et Tab. Gloss. sv. ; Socin Diw. Gl. sv. ^y. En tigré,
sefâl, Littmann En sang pâ tigré p. 27, mais il est douteux
que ce soit la mêrae'étymologie; cf. ici 1114.
250
^^j = jîlï, 1760.
^ , 366 ; 598. — iAsiî 597 s. ; voir sub ^^'s] .
^^^siA, ^JJùJi et UoiA, expliqué 367.
sjiiji, redresser le bois de la lance 603.
ce s
jLaS, pi. idiait, > pi. du pi. J^^j'» pendeloque du flocon de la
iduais, vhv., chez les 'Awâliq.
JJy = J^!, verrue, Hdr., Awal. et Beyhan, = le class.
jJJi , I Sa'd IV I p. 36, cf. le classique Joti , verrue.
wJli , blâmer, 1765 en bas. V. sub jji.
vi>^JLS , expliqué 805. ojjiiii j^ , mardi, cf. cy Ji , comme en
, éthiop. ZA 21 p. 76 N° 234.
'C^
^JLi, expliqué 464 n. 3. Araplif. de jJi, comme les deux
suivants.
JJLS , expliqué 464 n. 3.
iaJli-
JaJo, expliqué 464 n. 3. Livre des Avares p. 219, ,13.
251
^, 1336 et s.; 1765, ébrécher. Labîd N° XXXIX v. 35.
Cf. J-i", v^):i", iaJLi", jJJ et Ji, jjls et (*J.i vhvs.
Ji = jOi', siUo7i, 1836. Canaan écrit, ZDMG 70 p. 168,
pour la Palestine tilm, pi! tlûmi; voir ^.
*J^', ébrécher, 1337.
^•, ôoz^cy^e; ouverture, 23, 8, 11, 12, 13; 62,8; 1174 n. 3;
1241, 11 et n. 3. >^, 56, 7 et n. 3; Musil AP III p. 312.
C'est pour ^ > j»i , vhv. Ensuite, ^.i; est devenu avec pro-
thèse *Sî, 1304, 2 vhv., dans le Nord, comme qj!, c^.-^! et j*.*-! .
On observera que ^' a conservé l' u , qui, selon moi, est
o > 0 3 3
primordial, ainsi que je l'expose sub ^J^^^, j*l3=> et ^.
Quant à la lettre finale, Brockelmann VGSS I pp. 133 et
3
472 veut que (*-i contienne l'article indéterminé, soit la
mîmation. Il faudrait alors que cette forme provienne d'une
contrée oîi la mîmation était employée et d'une époque où
elle indiquait non pas l'indétermination, mais la détermi-
nation, ma LA p. 36 s. Noldeke Beitrâge II p. 174 n. 6
réfute l'assertion de Brockelmann ; mais il faudrait cependant
ne pas la rejeter sans examen approfondi. Nous avons donc
— w^ 3 û 3
ji, ^, ^; ^> f^\, aussi bien dans le Nord que dans le
Sud, et cette m se trouve dans plusieurs autres langues sémi-
tiques, ainsi qu'on pourra le voir dans le bel article ad hoc
de Noldeke o. 1. p. 171 et ss. Je ne suis, pour ma part,
nullement indisposé à y voir avec Brockelmann l'article, mais
252
alors déterminé, dans un des plus vieux mots du vieux fond
sémitique. Ou bien est-ce seulement l'addition d'une nasale
labiale par laquelle commence le mot correspondant dans des
langues indo-européennes?
*i, conjonction, ensuite, après, 59, 21, 22, employée dans le
Nord seulement, car dans le Sud on dit -^lXju, L^Jou, vhv.
lU, adv., là, là-bas, 1528, 5, = ^^L;-^; > LLs au Maroc.
Torczyner o. 1. pp. 151 et 154.
j^'iij , au delà, 1476,1. = À^», 1468,5.
O^ est le mot classique et nordarabique pour le sudarabique
■xi^, 694 vhv., ou u>ii vhv.; Boh. I p. 193. =oUi, Labîd
îi° 40 V. 16 ; Nâbirah 5, 52 ; Naqâid 47, 30 ; Tab. I p. 1534, 16
(d'après Brockelmann o. 1. I p. 221); Musil o. 1. p. 13 en haut,
où il donne la différence entre lX*j et xJL^". Abu Hilâl el-
'Askarî, MSOS XVIII, ii p. 10, creux dans le rocher où
Veau de pluie se conserve, Mission de Jaussen et t'^avignac
p. 97. Voir sur o^ et oU-i, Amâlî p. 18 et s. et ici sub
o > J, et sur idUi, Sams el-"'Ulûm p. 15.
^ et J^- vhv., 1766.
J^- 1766 en haut; el- Amâlî d'el-Qàlî p. 18 et s. a un article
sur ce thème et ses dérivés. Cf. ici sub o > J et sub J-,-* .
iJL^S, mare d'eau, est encore vivant dans le Nord: Musil
0.1. p. 13 en haut et p. 220,9 d'en bas, flaque d'eau, trou
d'eau; Brockelmann o. 1. I p. 221. Sur A_«-i et J^i, voyez
ici sub c> > J .
^53
^^Ui: ^Uilî qU^Jî ^j^, de huit jours en huit jours, tous les
huit jours, 88, 18, 19. - J^, fém. 'x^'^, 1394; 1473.
^J^.♦i, mesure de capacité, 1201 n. 2. Stace p. 118 écrit ij^j
selon la prononciation d'Aden ; Arabica V Gl. sv. ; = &..Lx_»_i
47, 22.
,jj*Joo, costume précieux, 1538,6 d'en bas.
5^", seconde infusion du café, 1080; cf. s^' vhv. et sub
Cr^y
ts*-'
j^^', i, faire une chose une secoyide fois, 88, 18.
i^^Li, mettre en réserve, 1690,6.
'uo = Lj, renommée, 1574.
iC-yo est chez les ''Anazeh la rigole d'eau qui coule de l'a-
breuvoir et nullement Feldarbeit, travail du champ, comme
le traduit Musil o. 1. p. 254, où le texte est très clair:
al-bdùi ranâtu min ra'iyye aw teniyye, la richesse
du Bédouin vient du pcUurage ou de Vahreuvoir. Je ne crois
pas que le Bédouin s'occupe de „Feldarbeit!" J'ai un long
récit ^anazî qui roule sur la tanîyah; ma LB'A p. 7,15.
v>^") réparer, expliqué par ^ et .^^L Sêh Sâleh em-Bedr,
Index sv. p. 1822, me dit: ^^^1 vj^ ^r^^ "^^^^ -^M>
fai tardé à venir chez toi parce que (^alâni < ^î ^c) je suis
occupé à réparer le liusn. Le même verbe se trouve dans
la grande inscription de Husn el-Rurfib 1. 7 : ^joLw^ ^o ^Ja^,
i<AsùA^ \:d:>Lo5 xàL>5 »3\^ yiyiS u>oy« c)"*^' "^'^^^ '"^ dire: ils
(les différentes tribus énumérées avant) ont écrit cette inscrip-
254
tion à la forteresse (ou montagne) de Mâwiyat (= forteresse
de la mer ou de l'eau) lorsqu'ils réparèrent ses murailles et
ses ouvertures (meurtrières) et ses puits et sa montée '). Ce
sens de v^* ^st très courant en Dt et au pays des "Awâliq.
Avant de pouvoir bien interpréter les inscriptions du Sud,
il faut connaître le vocabulaire des dialectes. Cf. -o vhv.
v_jy , étoffe; habit; pagne; = o^p,, manteau, plaid, 1075 n. 5;
au figuré, redeva?ice 455. — ^yl uj^' 857, 18. — boUJI ^^
857. - v>^L ^03j:J! 858. - J>1^\ v^l 31, 5; 798.
^^!j, une qualité de plomb 116, 10.
'j, u, tr. et intr., se lever, au propre et au figuré; deV~J^{?)
1718;= ^è 1722; 161,20; 438 n.; 468,7; 1485,2; expliqué
1718 ss. ^^\ ^y, Jo, 639,5 d'en bas; 1719. ^^ p, 639,5;
1492,3; 1493; 1719, 5 = ^j;^ plï, 1491 d. l; v. Tab. Gl. sv.
^LJ! ^Ij, 1720, 12. ^coLi! J:>, 1491, 15, 18. ioJLàiî o/, 163, 7.
J.:s^\ Ji, 1721, I Sîdah XI p. 40, 5 d'en bas. ^Uî Jj, 1721.
isx>3 .j, son sang a coulé, 983; cf. jiL> vhv.
^_; .'j, se ve?iger de, 1724: ; v. Jj sv.
.li, /"mVe Zever; réveiller, expliqué 1722 ss.; Arabica V p.
217 note. Lebîd N" 39 v. 50.
1) Pour la traduction, voir ici sub v— slL>, ^, J.rs^ et J>-ii-»-< et
Arabica IV p. 75 et s.; D. H. MuUer EDA p. 27/8; H. Winckler AOF
p. 327 ne traduit ni ^J>is> ni iCi^'-o. vj>laÀ/8 doit ici être un singulier,
car il n'y a qu'une seule montée. I Sîdah X p. 97 porte 'siSJii^ = ib.
p. 91 J^^; Lebîd N" 40 v. 90: J^»-»») routes dans la montagne, con-
struites à gradins, comme beaucoup de nos routes muletières. La
traduction de Maltzan Reise \). 226 est de haute fantaisie.
255
Mj> .»jù, il a fait couler son sang, 983; 1724. (^oLJt .^^
engager les escarmouches^ commencer la guerre, 1491, 2 d'en
bas. iLUs ^y, he raised sédition, Stace p. 150. — Faire monter,
faire pousser (des plantes), 1723. — Faire bouillir, 1724. —
Faire lever le gibier etc., dans toute l'Arabie, comme dans
Ousâma, éd. Derenbourg, p. 159, 13; 165, 9 et mon Arabica II
p. 56 ad loc.,=: p\ et J.=>, ib. u^^! ,y , faire lever le bétail,
RO p. 19, 10 d'en bas. ,^i est aussi intransitif dans le Nord,
se lever brusquement, 1275,6 et n. 3; 1722; 1723,6 d'en
bas; en '^Omân, se mettre en route, 1722 s. v 5^' ^^ mettre
en route avec quelqu'un, 1723, 9. «JLp. ^J>^ .y^, il se leva
brusquement, 1275 n. 3; 1723.
.yj, être en émoi, être sur le qui vive, 1723. — ^ " Jcj", se
venger de, 1724; cf. v ]^ ^ vhv.
(j/.yt J'j, aux cheveux hérissés, 1722. — ^A sJj, 1719, n. 1;
Tab. Gl. sv.
^y, pi. ^tyt Dt., et q'^", Yéman, 711; voir sub ^«j. Au figuré,
brave guerrier, 1239; 1471; 1609, 12; Snouck OS Festschrift
Nôldeke I p. 104 n. 10. Dans le Nord et en Syrie, on pro-
nonce tôr> sous l'influence du r, cf. ^oop , prononciation phé-
nicienne d'après Plutarque. Il y avait une subdivision de
Hamdân qui s'appelait ^y, Sams el-'Ulùm p. 17, TA III
p. 81 et Wûstenfeld Geneal. Tab. p. 9, 19, et id. Register,
453. Il faudrait bien une fois qu'on recherche l'origine et le
pourquoi de tous ces noms animaliques de beaucoup de tribus
arabes. Cela ne peut guère être fortuit et doit avoir sa
raison d'être. Cf. sub %=> vhv. Walde L E W sv. taurus
veut que ce mot soit, en sémitique, un emprunt au groupe
iridogermanique, mais je crois, avec Lewy Fremdw. p. 4 et
les Assyriologues, que c'est tout le contraire.
256
b^yj, émeute, soulèvement, 163,16; 1722.
3^4^, nuage noir portant la pluie, pi. jUoc > mater, 444 n. 2;
465,12; 524. Je fais observer qu'il y a un verbe datînois
JU vhv.
o
JyLA 1724. — En Hdr, il y a s^j, pi. .yi, bassin à côté du
puits, où est collectée l'eau qui de là coule dans les rigoles,
5 5
j.y;c^ vhv, et arrose le champ '-i^^ vhv. Je ne sais d'oij
vient ce mot ; voir sub »yti > 'ip .
■%i", vieille femme décrépite 2cn peu toquée; c'est plus que
30j.c, vhv.; cf. Lane sv. ; on dit aussi, et le plus souvent,
^S vhv.
'.^'s, femme qui a quitté son mari, 840; cf. -,L=> vhv.
^lli, vieille femme, 330, 6; = "^i, vhv.
prononcé presque partout g. Bergstràsser, Sprachatlas p. 17,
dit à propos de ma transcription dans mes Prov. et Dict. :
..Landberg, toujours g (écrit g), assurément faux." A cela
j'objecte qu'alors on se contentait de ce g = _ et que les
modernes g et z n'indiquent pas mieux ce son, qui en Syrie
a des nuances de prononciation. Mon g me suffit. Dans îe
Hogarîeh du Yéman, c'est g, 1453 n. 1; 1516 n. 3; vol. III
257
p. XII et s., et I Ya^îs ne connaît - = g que dans le Yéraan.
Muzhir I p. 224. Brockelmann o. 1. I p. 122. 'i^^^ beauté,
est prononcé en Hogarîeh bahga, en Dt. bahga et en Hdr.
bahya, même baliàya; lahga, parler, discours, Hog. et
lahèya, Hdr., ce qui rappelle la prononciation nordbédouine.
Ceux du Nord qui ne connaissent pas bien l'orthographe
rendent o et J' par „; exemples dans ma La langue des
""Anazeh p. 62 v. 5; v. 7 ; v. 12 et v. 14; ^c^-j^ ^- = uc^j^ "^î
m a n y û g , < ^^^ = é^^^A , est une exclamation ordinaire des
paysans musulmans de Syrie, cynède; jl>, rose, <jy", dans
un vers d'el-A^sâ.
Cf. Yollers Arabie Sounds Congrès Londres II p. 143.
Il y a quelques cas, où dans notre dialecte „ = g, 20, 5
(yigza'); 353 n. 4; 698,1 (tigza^); 1084.9 d'en bas;
pour le reste, voir 806 n.
> ^ 637; 674; 1034 (^ et yLi); 1087 (^<^ et v^JJ^);
1257 ij*=> et j*î); v_À:> et v_Jls, sécher, vhvs. ; ,.il£ et oilc,
galopin, et non comme le pense Nôldeke Beitrâge II p. 238;
wft>. et oiï-j , trembler, 485, 6 d'en bas; _^ < „ —ï vhv.;
uiy> et (ji-y, vhv.; ,ji>.> et ^jXï, vhv.; Aà:> et lAài, vhv.;
ma LA p. 65 n. ; Yollers Y S p. 10; ^_c-à.^ et ^^^r-ï vhvs.;
iii.x-î^ vhv. et ivL^. D'autres exemples dans les thèmes qui
suivent. Yoir Moritz Sinaikult p. 52.
>d 673 oii beaucoup d exemples; 1528; v. sub „n>l> ma LA
p. 66; el-Hafâgî âarh sur ed-Durrah Cstpl. 1299 p. 197 (impor-
tant). Je ne crois pas que - ait donné directement li), mais
cette prononciation, ^ = g, ne peut être graphiquement rendue
en arabe que par li). Il faut voir dans tous les mots oîi cette
permutation peut être constatée un g original, qui a fini par
17
258
devenir un vrai é, à force de figurer ainsi dans les écrits;
voir Hdr. p. 540. Cf. vjr-j v/ ©^ v/ vhvs. El-Moqaddasî,
éd. de Goeje p. 96, dit: wiXJj ^^^^^^ ^^j^ o^-^^- o*-^ '^'■5
>_^- .. ùj —
et ensuite il mentionne la prononciation de ^j-*^^ > u^^
assez connue. On aura ici prononcé g, ce que les Arabes ne
peuvent rendre que par é. Les indigènes d'Aden prononcent
g; g < _ est yémanite.
*^ prononcé i, y. Mèhyum = ,*r^, 49,1; 1029. LA XV
p. 153,2 d'en bas et ss.; ib. XX p. 149,14 et ss.; L Qot.
p. 34; Muzhir I p. 229; Haffner AL pp. 28 et 29. LA et
le Qâm. ont ^\\ j^x-i, ce que n'est autre chose que j-*r^
j^>jî = ^:^! = ^yb ":i. Tab. I p. 1656, 7 porte ^UcJî ^Lx^ <
^L*>. Le vers 11 de la Lâmîyah d'es Sanfarâ, éd. Jacob, a:
èN-ii ,«.>c^ oî»j v_jLi^! io•^Li, J'ai trois amis: un coeur en-
courage ou 'plein de courage^ oià j^y^ < ^^-^j ainsi que
je l'ai déjà relevé dans ma critique de l'édition manquée du
Dalâil en-Nubûwah d'el-Beyhaqî, p. 36, publiée par feu
K. H. Nylander (suédois). Il y a là le même verset avec
^^^, tandis que le manuscrit du Caire a ^^\^. Voir LA
X p. 55 d. 1. et ib. VII p. 281,8 d'en bas. Le verbe if~J^
ne vient donc pas de ^U: , i, comme le dit Jacob o. 1. I
p. 521, mais c'est une très ancienne prononciation pour
^ vhv.
I (jinni raconte, apud Rescher ZA XXII p. 50 (t. à p.):
siAàc^i J^Aiafii! (AÀn Us" : Jyij iAj; L! v.i>ot*jw. :j_pCljJI J^Aiasil _^l JS
259
3.x4^ \j>^^tj^ L^'^^jîxij. Sur cela, voir Hdr. Gl. sv. ^. En
Hdr. g > y est assez commun, Hdr. Gl. sv. ; on trouve dans
les lettres publiées par v. d. Berg Le Hadhr. U < tL>
p. 271, 2. En Dt., ce passage à la spirante médio-palatale
est très rare. Selon Meissner MSOS VI ii p. 118 n. 9, on
prononce dans le Negd, chez les B. Lâm, le g comme y:
iye < iga < ^b-; yêb < gâb; ib. p. 120 d. 1. 'ayye <
iLi;^-c, poussière (de poudre). Voir VoUers ZA XII p. 226,
Brockelmann o. 1. I p. 123, Marçais Gr. Tl. et son article
intéressant ad hoc dans l'Encyclop. de l'Islam sub Djîm.
En mehri, _ est g, rarement g; mais en sh g en est la
prononciation régulière, Bittner St. sh I § 1, très rarement
aussi g, ib. § 22.
Développement tertiœ par .., p. e. ^j et ^j vhvs. ; jJ et
„ fj vhvs.
cf. yt> vhv.
jL>, Tab. I p. 1155, 10, > ^>L>, i, 667.
V v*^5 1323 n.; 1644. Ges.-Buhl sv. dd:i, voûter, élever. —
ûo>, casser = y^, Dt.; aussi Nord, Socin Diw. Gl. sv.; Tab.
I p. 1603, 18, Deux thèmes différents se sont ici fondus:
couper et voûter. v^>^, châtré, I Sa^d VIII p. 155, 1 ; cf.
aussi v^) u> vhv.
w y
vc>, terrasse 8,24. — Puits, citerne, dans toute l'Arabie.
sJ^Î ^j.;c> est un puits dans W. Meyfa'^ah, cf. Lc>, réservoir,
et i<D:, Ges.-Buhl sv. En babyl., gubb Del. Gr. p. 191 et
p. 202 ; Dillmann Gr.- p. 41 ; Zimmern Akk. F W p. 44.
260
ii>, panier^ 'Oman, 1229 n. 3. Jahn SAE III p. 270 donne
pour le dt. iCo», outre pour l'eau en peau d'âne.. Cf. iO.-^u=>
voir Lex.
iàL:> , beurre fait du lait de chamelle^ 1096 ; aussi dans ce
sens chez I el-Mogâwir p. 268. De Goeje, Encyclop. de l'Islam
I p. 377, a donc tort de dire qu'on ne fait pas de beurre
du lait de chamelle. Cf. >->^:?u> vhv.
- <j -
^^:$\x>^ ramasser par-ci, par-là^ Eg. 601. En Syrie, >,_,.c^u:p
s'isoler du monde. Un l^wUJ! ^^ ^^-^ws^Xo y est celui qui
vit isolé loin du inonde, un farouche. Dans le premier sens,
ce verbe me paraît être un intensif de ic.>=>, i, réunir, col-
lecter vhv., peut-être par contamination de v^? ^01) Tcmi^
qui provient de v^b*. On lira J. Barth Zum Assyr. Lex.
ZA XXIV p. 151.
>«^^.I>, lait caillé, Musil o. 1. p. 145,8. Jaussen Coutumes
des Arabes écrit v*-:?\x> pp. 32 et 68 ; il se fait du petit lait.
'i^^^ est encore chez les Ma'n, Index sv. p. 1838, la
timbale = jJIs, dont parle Naswân, Sams el-'Ulùm p. 17.
Je crois que cela est une graphie pour rendre qubqubah,
car en Hogarîeh „ est prononcé g, Dt. vol. III p. XII et s.,
et que ce mot vient d'une l/~u^, qui est une onomatopée
avec le sens de faire du bruit, taper 1386 n. 1 et qui a
donné le syrien ^Lalï , 361 n. 3. Mais un diminutif de iûy>
vhv. n'est pas non plus exclu. En tout cas, les K^^^, ^yr--,
^ sont apparentés.
< v^ 577, vhv.
261
^-,x:>, ruche d'abeilles, 1464 et n. 2; pi. -L-*-> et J^.^^ ib.
et n. 2.
o -
^>o, rwc/ie d'abeilles, 1464 n. 2.
jj^ = ,)-A_>, former, 1766. Quant au sens du Sud, être
exempt d'impôt, ne pas être assujetti à l'octroi, on observera
qu'en tigré c'est tout à fait le contraire; on y dit gaba-
rôt, obligation de payer l'impôt, et gabêray, imposable,
contribuable, selon Littmann En sang pâ tigré sprâket p. 19.
_o>, exempter de payer la dîme ou V octroi L« ^^.J^^ 8oLw.JI
^ \ i^,-cs:vj! j^yJLo , les sâdah sont exempts d'impôts ; ils
ne 'paient ni l'octroi ni rien du tout, Hdr.
yL>, Stace p. 166: ljyL>, he subscribed for us.
_o>, pi. .L*.=>, qui 7ie paie pas d'impôts, qui ne paie pas
l'octroi. On dit aussi ^-»-> pour le singulier et le pluriel:
_A»> ^yw (*-^-^? Yesbum est un marché exempt d'octroi,
freetow7i. <sl'! Cs^ J! ^^ o'"^ ->^ o' j^^ **-^ "^y (3 J^r- ^;j^
) o >
sommes exempts d'octroi à Sûq Yesbum, si ce n'est que Bû
'^Illiyân, de la famille de ^A. A. b. Dahlia, prend un rausrâ
sur chaque charge lourde qui vient de dehors le pays. ^Aj
.Lo> (joL/ûJ!, les Bédouins d'er-Rassâs sont exempts d'impôts.
o ■> 0 1
'i,jç>- dans la locution iy^L , en bloc, p. e acheter en bloc, Dt.
!j_c>, naturel de l'homme, 1766 = iC_ii_x_Li.. Pron. bédouine.
Moritz Sinaikult p. 18 n, 3.
262
y^, voir plus haut, est le contraire de (j^^j^, gui paie la
dîme, vhv.
«iLo», derrière, fesses, Yéman. Le Qâm. seul l'a. Aussi au
Waddây; Rubah p. 46 écrit djaba^ fesses, et Carbou p. 166:
djabâ'' K£:Lç>. Provient sans doute d'un radical v^=>, 1323
n. ; 1614, élargi en ^*:>, et désignant quelque chose de con-
vexe, bombé et arrondi. Les mots synonymes se trouvent
sub »v:^ et
Jwo. = ^yx>, vhv., former, 1766, encore employé en Méso-
potamie, impf. i, faire, former, Meissner N A G S p. 116. —
impf. a, pousser de nouvelles branches, Dt.
idU>, dans les inscriptions sabéennes, 412 n. 4.
j>x> n'est pas montagne dans notre dialecte, oiJ l'on dit l>-ç>,
mais la région montagneuse, alpestre = J-^li-. ^U-^^^ S^i
390 i\. = ^\^)^ S^, ib.; Arabica V p. 116.
icL.=> = 8_*.> vhv.
iXLc>, montagnard Dt. C'est sans doute un mehrisme, car
en mehri gibàl est un singulier, Bittner St. mehri I p. 17 n.3.
idux> == icJLxï , 1766 n., ce qui est ou 'iS^i ou gabîlah.
^^**^5 pl- o^' ^^f^^'^^'^^^ l'un n. 1. C'est un pot en terre
cuite importé d'un village Gubun au Yéman, voir ma
MJM p. 52; Yâqoùt sv.; cf. iCU> vhv.
*
(^^-«j>, i, réunir, receuillir, collecter, sens primaire qui s'est
encore conservé en ^Omân. RD p. 221,4: \ô\ Ji^^! (^^-*j^u>
yCij:, je ramasserai les biens si je vis. Voir sub <..^\jc>. —
263
Prélever l'impôt^ la dîme; établir un impôts 556, 7. Dans la
même poésie, on trouve la IP forme ^_5■^>:
Le Mânfite a imposé la dîme par la poussée des fusils,
Lorsque la lourde montagne s'écroula au-dessus de lui.
V. sub Jy:>. Sur J (jrt^? voir Sab. Denkmàler p. 16.
£!_>»>, don, prononcé gabà^ gëbà^ comme stà^ hiver,
ri(a)nà', chayit, etc. Hdr. Dt. et Alger, RM TA p. 422.
Jc>yit 3Lo> , talon du pied, Dt. = ^^\ iiLaj>j> , mais ^j^-ï^c ,
cheville; cf. Stumme MGT Gl. sv. v^/^*
KJ:>, cadavre, inusité dans notre dialecte, qui a pour cela
*^, cadavre, charogne, = '»Juf> dans le Nord et en 'Oman,
RO § 28, et qui est aussi ancien, Diw. Hâtim Tay, éd.
Schulthess N° LV v. 14; en Dofârî, ii-'^i^^, Rumpf einer
Leiche, tronc d'u7i mort, RD G-1. sv. On est en droit de se
demander si le classique et dialectal ii-i=>, corps, n'est pas
une très vieille prononciation pour 'iJc>: \ùj <<J? Cela semble
conformé par ^^, corps; personne. Cf. nDl3, corps mort.
i i 3 3
jjb- ou j.yj>, pi. de j»jiL:>, expUqué 598; cf. Li> vhv.
^_,;-i>, i, e7?'e agenouillé, être acci'oupi, courant dans tout le
Sud et au Waddây, Carbon p. 171; voir sub ^^Jb»; = !À:>,
u, I SaM, IV p. 103; I Sîdah XIII p. 280. Dans le Dîw.
de Qays b. el-Hatîm p. 1, 6, on lit: Jji Li:> J ^x)L>î ^^ jy
264
3L*.ic J.C iA*;:c! *i \^i\ , ce que Kowalski traduit p. XXXII
par „rait gekreuzten Beinen sitzend und auf seinen Stab ge-
stûtzt". Cela n'est pas exact, car Li^ indique la position
qu'on a lorsqu'on plie les jambes sous soi de façon que le
derrière touche les talons; c'est la position favorite des
Bédouins et la même qu'ont les musulmans en priant ou
lorsque les Européens prient à l'église avec la différence que
nous ne baissons pas le derrière sur les mollets ou les talons ;
voir Heiler Die Kôrperhaltung heim Gebet dans la Festschrift
Hommel II p. 169 et ss. Être assis les jambes croisées est
une autre position et se dit u^j^ J. ^f.
Le sens primaire de Lo^ est peut-être faire un tas, I Sa'^d
IV, I p. 9; ZDMG 61 p. 469. Cf. ^ vhv.
>_^.>\>, faire côte, échouer, Dt. JL_c 'iU..jJu^\ ^^iZS$^ itO^Xs:.^
Jw>LwJ!, et lorsque le bateau échoua sur la côte (lettre de
Suqrah); ma MJM p. 53 à propos du mehri hagehôb;
Jahn SAE III p. 179 sv., SAE IV p. 148, 12 où l'arabe
est mal traduit, Bittner St. mehri II p. 36, 8. Stace p. 165
sv. stranded.
w»_^^-:>, tirer le bateau à terre; ma MJM p. 53; Stace
p. 155 sv. shore; Cf. Stace sv. shift.
Jc^>lX^^, 673,5; Arabica V Gl. sv.
_*?vj>, famine^ Dt. = \n "^ — ^^, anus, Bédouins d'el-
Çogarîeh,= »>.^^, viiv., propr. troit, courant chez les ^Anazeh.
3-,^^\:>, disette, Dt.
265
y^, être rude, raboteux, dur (route), 463, 4; 1633.
j^=>, dur^ 151,3. — Raboteux, qui a des cahots (route),
463,4; 1633. - Coriace (viande), 1633, 1634.
jj^^^> 'ïïial couper, taillader, 1633.
^Jix^, écorcher la peau, Dt., comme Boh. I pp. 135 d. ].;
143, 5 d'en bas et 156, 9 d'en bas.
y^:$\>, ballonner le ventre, Dt. — -ci..:s^^./i , ballonné, homme
qui est ballonné ou le vendre ballonné, Dt.
U>-^ > o»^, vhv. - U>J^, calebasse, 20, 19; 63, 2, 20;
64,8,17; 217 n. 4; 612; expliqué 614. - ^_îL^i_=>, potier,
Yéman, mon cat. de ms. arabes de Leide p. 63 n.
KLs^> pot ou Jarre en terre cuite en forme de flacon à goulet
étroit, ^£^1 0,60; v. sub '^j=>, appelé aussi iC>LyLa en Dt.
et en Hdr.; pi. J^-^sv^ ou jL.:su>; plus petit que ^L^iL/j,
vhv.; voyez RO p. 30, Ll; ib. § 44 (idLj<\>, kleiner Kmg)
et RD Gl. sv.; ZA XXII p. 226; Stace p. 181 sv. vessel.
Hein SAE IX p- 60, 20, Lederschlauch, est une erreur. Bitt-
ner St. sh I p. 28,19 et p. 53,2: gahàl < gahàl. Cf.
iJLx=>, vhv.
J^>^>, cordelette du marfa^ 748.
266
»..^s»
*:^, allumer le feu, 1644. — fi^s^>, flamber (feu), 1644.
jjj\ ^^.^'>, V intensité du feu, 1644. — Charbon de bois,
Tihâmah, selon Glaser Peterm. Mitt. 1886 I p. 8.
iUob> = iUiXLc Jj; Schaade, Uhud p. 28. Cf. ^.
3>^>>, anus, Béd. d'el-Hogarîeh ; pi. ^^c^ (gàhwatak,
ton cul).^= y^^^ et en Dt. ^f> et _^xî vhvs. Cf. ici c>*«!,
iwL:^", j-:-^ et _j-x-=>, _vJt.ï et sub jn»^- Le classique a^^,=
o^-w^ LA sv., mais ib. XIV p. 368, 6 d'en bas s^i>, comme
aussi I Sîdah II p. 471 d. 1., pourrait bien être une pronon-
ciation affaiblie de »^. I Sîdah II p. 47 en bas et LA 1.1.
disent que ce nom ne s'aijplique au derrière que lorsqu'il
est XJyiX«. cf. '^^^, découverte.
,^^Li-, i, ramper sur les genoux, Harîb, 1046.
^^^, sol, 54, 3, 4 = ^c^L:> 1046. Ju:^--*!! ^c^L^ = i^^L^
ou ^yàP, la cour de la mosquée, 1046. Ce mot me fut tou-
jours expliqué par u^^J et ^i. Il se trouve aussi dans le
dialecte des Qarâ. Un qarawî me le prononça gêhi, expliqué
par qâ". On le rencontre souvent dans les textes de Jahn
SAE III pp. 179 sv. et 267b, oii le pi. gâhiyyet, Ebene^
Freies; ib. p. 270 et p. 274 sv. : lisqàt el-gâhi; ib. p. 79, 9
on lit en mehri: kafâdek min(ë)gib.âl ta beri bâgâhi
k u s k h e r ê = dt. ^^^^ li^Ai j<i> (lX^^^^JI) J^ ^y^ oAàS'
(j»\j o*A_>5, je suis descendu de la ynontagne, lorsque je
suis arrivé à la plaine, j'ai trouvé une tête. Ici (^,_=>L> est
la contrepartie de J.o> (= mehri Ju> vhv.). Chez Hein SAE
267
IX p. 60, 27 (mehri) =J-^ en arabe, mais D. H. Millier le
corrige en wâdi, ce qui n'est pas non plus exact; ib. p.
163 N° 13 V. 5: el-gâhi wal-masâil ^ raehri gehîyyet
wa abôr, traduit par les plaines et les plages, ce qui est
absolument fautif. D. H. Mûller corrige gehîyyet avec
raison en gehîyyet. Pour corriger Hein, il faut un volume,
et pourtant Bittner tire de ces textes une grande partie de
ses Studien, qui certainement sont une oeuvre capitale dont
nous devons lui savoir gré. Chez D. H. Mûller SAE VII
p. 17, 17, le soqot. gehi correspond au mehri hôtar et au
sh sa^b et à l'arabe wâdi, traduit par vallée, Tal. Ib. p.
25,21,27: (fil-)gàhi est l'équivalent du mehri fesît, du
sh fersét et du soqot. fi s eh et traduit par Bergeherie,
plateau de montagne. D'après Mûller ib. note, ^^r^^^ ^st des
deux genres. Ce mot est il apparenté au soqot. hôhi, terre,
SAE II pp. 1,3; 2,10; 3, 14; 4, 16? Cf. le class. Jii^ = ex.^
LA sv. et sub ^.
t\>>Â^, 673, couper, trancher, Dt. où =v^^> vhv. Mo^all.
'Amr b. Kultùm v. 66. En ^Omîm, abpfliicken, cueillir, RO p.
4, 10. Chez les Bédouins du Nord, ablesen (se. die Dattelpalme),
Socin Diw. Gl. sv., où renvois. Cf. (.*A>, j^s> et ^<X^; y^,
|.j> et lAï, vhvs.
iA>. grand père, grand oncle dans le Sud; le pi. c>^à^ est
seulement ancêtres. On jure par le lX><Â>. On l'entend
à chaque moment. WaHàh (ou wàlia) ugiddak est une
formule courante à l'égard d'un seyyid, et alors = Mohammed,
ou d'un seyh, vhv. On a mis en doute le sens de l\> dans
les serments anciens, Wellhausen Reste- p. 185; Nôldeke
ZDMG 41 p. 723; Goldziher MS I p. 229 et n. 2; Pedersen
268
Der Eid p. 135. Jaussen Coutumes p. 313 écrit Js.> avec un
seul d et ib. p. 314 il dit que Â:> a la double signification
d'ancêtre et de bonne fortune, confondant ainsi 3^ et Jc>.
Le dernier sens n'est plus connu. A présent, on ne pense
qu'à une parenté en proférant ce serment, et je crois que
cela a toujours été le cas. Zimmern KAT^ p. 481 et ss.
et surtout p. 483,8. Sur l'identification de 3^ avec ry^-^,
fortune^ voir Zimmern o. 1. p. 479 et les auteurs y cités,
Dussaud Les Arabes en Syrie p. 148.
l\:>, fil. ck^\ j,y, he tioisted the thread, Stace p. 216. Cf.
jy> vhv.
aA>, sage- femme, Stace p. 106.
3j*L=>, grande route oii il y a plusieurs pistes; lorsqu'il il
n'y a qu'une seule piste, ce n'est pas une »oL:>, mais un
oiji:», 91,23; expliqué 1376. Les lexicographes ne sont pas
bien d'accord sur le sens exact de ce mot; I Sîdah XII
p. 42, où ]e titre du chapitre ad hoc est vJLj_kJl 'x:^^ ilfJ
sJ"oL:>5, LA et Lane. Malgré sa çlassicité et l'emploi encore
courant chez les Bédouins du Sud et du Nord, je ne suis
point tout à fait sûr que ce mot soit de pure origine arabe.
Aussi l'archev. Chîr, dans son el-Alfâz el-Fârisîeh p.
39, lui attribue- t-il une étymologie persane: 8ob>, grande
route (Berge), a high road (Palmer), turc soL?- (Kélékian:
djaddé < arabe), el-kourdi ^Xx~^. Si le mot est persan, on
pourrait le comparer avec le danois gâde, le suédois guta,
l'allem. Gasse, Kluge EWB sv. Gasse et Falk-Torp EWB
sv. gade. Je n'ai jamais entendu le pluriel o^ que donne
Hess, 1376. Quelquefois on trouve dans les poésies littéraires
269
3oL> , comme p. e. dans ce verset d'Abu Sâleh el-Hadç}â\
à propos de Hamadàn:
ies voyageurs nodurries ') o;^^ trouvé délicieux le but du voyage
Par la route d'er-Rayy et de Qazioîn.
L'édition d'Ibn el-Faqîh de de Goeje p. 223, 20 porte à
tort aoL>, ce qui est contre le mètre (sarî*^). Une telle syl-
O Or
labe oL> ne peut se trouver que dans le v^> à la fin d'un
hémistiche. On pourra dire que 8oL> est ici à cause de
ytxiJ! 'i^^fo , mais les licenses poétiques sont toutes des formes
de la langue parlée, ainsi que je l'ai constaté en étudiant
l'exposé d'esSîrâfî chez G. Jahn, Sîbawaihî I, ii p. 27 et ss.
Ce siX^iJ! ol;'ÀJé^■ prouverait donc que soL> était une forme
de la langue parlée, comme c'est encore le cas aujourd'hui.
Nous trouvons le même tahfîf de oL> > o!y> dans le
vers d'un pâtre cité par el-Asma'î, LA IV p. 79,11 d'en
bas, et qui l'a désapprouvé. Mais le pâtre s'exprimait dans sa
langue, et el-Asma^î était par trop puriste. oty> se rencontre
aussi dans les Traditions, Nihâyah I p. 147 en bas. Le Qor.
XXII V. 8 offre comme variante i^î^lXJî^ < ujî^jJi^ , Beydâwî
I p. 629 en bas. Le tahfîf de ces mots, d'une V'~^, est
encore courant.
Vu que »oL> est = »Jc> LA IV p. 79, '9: 8l\> oto L^^
i 5 5 5 5 5 5 5
[jr>p)\ ^ iclak::^^!! k^j% ^^^ o3 '->3'-^^3 ? comme l'a aussi
défini le Bédouin de Hess, 137(), on est dans le doute con-
cernant l'étymologie persane. On inclinerait plutôt à faire
venir le mot turco-persan de l'arabe. Enfin, il me paraît
difficile d'admettre qu'un mot aussi commun dans la vieille
') On voyage le plus souvent la nuit à cause de la chaleur.
270
langue arabe que dans la moderne puisse venir du persan.
^0<=>, i, manquer d'eau, 125,7; expliqué 1570.
V'-^ < v^^j puiser Veau, 1570.
^_jlX>, mangue d'eau, pi. ^^<^, 653, 10; 1570.
^_joL>, menteur < v^l^> 673.
c^^
^_j l\> = L_j ,^^^, expliqué 1124 et s.
„L\:p! = _lXwj!, s'étetidre pour dormir, 1125.
^ô^, 69,2; 116,3; expliqué 1124; 1528. Em-'ôtt wâhed
o
uin kân gidah aHât, au singulier, on dit ^s>^, et s'il y
en a beaucoup, 07i dit ci^LicI , Dt.
„l\:>) avec le pi. ^oL:>t. u-\X)C]î _oL>U, gwe cZe /z'vres z7 y a!
Ma LA p. 56.
^lX:^, expliqué 606 en bas, = J.<\a.
o
JJ^, rivage de la mer, 1125, mais en mehri dune, 1528.
XtXi
^iA=^, grever, 637 d. 1. — Faire un mur, un parapet, un enclos,
653 d. 1. Cf. -n:i, murare.
.iA> (pr. gadër ou gedër), mur, parapet, Dt 578, 12; cf.
"ilJ, mur.
O
.l\:>, racine; souche, le bas d'un tronc d'arby'e, 23,9,14 =
^l\:> vhv.; Jahn MS. p. 15, 7, et Gl. sv. le traduit à tort par
branche, ce que j'ai corrigé dans ma MJM p. 8; le mehri
correspondant gâda" = arabe ^l\> doit bien avoir alors le
même sens, ce qui n'a pas empêché Bittner Studien I p. § 75
271
d'adopter cette traduction, malgré le bon rapprochement de
l'arabe qu'il y donne. .Jc>= jc>, 69,2,23; 190 n. : au
pied de. Dans la lurah, il y a aussi bien ,l\>, racine, mur,
que .L\q> , racine, mais le premier, dans le sens de racine,
o , ù _
est < .lX-:>. Le sahit porte un petit bâton, v. sub J^->-i',
&Iul ^(A> ^ , sous l'aisselle.
^^ob>, 7vsse, Tunisie, 591.
.ÎL\q>, pi, ^^].o<=>, mur, parapet, enclos. Dt. Ôezîrah p. 78, 22:
*-o Jûys^\ «.>Uj JiCx:> ^l^> i}^ \yf-^ ...^j/. C'est un ^jl-"
régulier de nom. instr. Aussi en ''Oman, RO § 38; p. 66, 6
d'en bas; § 124; Jayakar RAS 1889 p. 661 et dans le
Nord, Hess Bemerk. zu Dougthy p. 13. En mehri, gedôr,
Bittner Studien 1 p. 17/18 note, o\x la correction un peu
emphatique qu'il m'applique à propos de ce mot me paraît
juste. I Sîdab V p. 127: oS^J^^ ^ck.I- ^^^Ji ia^L^Î ^ÎA^Ji
a_jL\>, eyiclos, parc pour les bêtes, 650,4; cf. nil^ .
^5 .o^ > ^ .o^-> , matelas, 167,12. Em-gùderi mesta^'î"'
"ala gemb ou ^ala heddeh, v^:> J^ ^^Ju^x^ c?;'^-^ ou
iJiSo J^, le lit, (pr. le matelas)penc/ïed'zm cô^e Dt. V. d. Berg
Le Hadhr. p. 65, coussin. RO § 230 : gôdri, couverture en laine,
comme aussi 1560, 3. < persan ,oL>-, couverture. Cf.^^A^ vhv.
JÂ>, tresser les cheveux 36, 19.
«-* ij>3b>, faire cause commune avec, 1625 n. 2, =^ V;'-^ ""
272
JoL^', avoir un différend^ un procès^ 501, 6 d'en bas.
iutX>, champ, Hogarîeh. — Geôle, 1749 d. L; propr. instrument
en bois où l'on doit mettre les pieds en prison; le geôle
d'Aden s'appelle ainsi.
idjL\:>, sacoche à argent, 423. — Tresse, Nord. — MorSy Nord.
^y^^, tressé, 1485,1.
j.A:>, mordre. — Brouter, Arabica V p. 183 n. 3; ma MJM
p. 10. Cf. iA>, À>, j.^À>i, ;:>, ^CsS et f^i vhvs.
j.L>b>, mordre, Stace p. 196 sv. cave porte: ^jJbC'i ^^ (j^^s^î
j.->L^. *-Jl -r*-^-*-) ^û(^'6 <^^^^ o/" ^/«e dog, he hites, ou mieux,
because he hites.
j.!Ais^, g?a" coupe, qui tranche (fiche perdue).
53^:^3! , l'Etoile polaire, 785, 4 d'en bas et n. 6.
l\>, couper, trancher, Dt. = lV>, vhv. Cf. j»tX>, vhv. et |.iA=>,
A^l, é^re co2<pe, d'après Socin Diw. Gl. sv.
v_;jc> > l\x=> > lXx^, 577, 6 d'en bas, métathèse courante chez
les Bédouins de Syrie et en Egypte, saisir, prendre, 311
n. 1. — Puiser, tirer Veau (^Omân) 1570. >v'-^ vhv.
^_j!^\:>, qui attire, 785,7 et n. 1.
ioJs,:> est une espèce de danse qu'on exécute au môlid
d'un welî, saint. Chaque fahîdah danse à part avec leurs
femmes. Ce sont les serviteurs du sanctuaire (•!iA=>, qui
273
exécutent la gadbah, la gembîeh à la main. Ils devien-
nent alors tellement exstasiés, v^'-^» Qu'il arrive souvent
qu'ils se frappent la poitrine. iui-X.^ est donc véritablement
ravissement, exstase, sens qui est commun en Syrie. Cf. sub
.-NO. J'ai vu cette danse, si l'on peut l'appeler ainsi, au
Sanctuaire du Sêh ^Omar b. Embârak à el-'^Imâd près
d'Aden ; je l'ai même photographiée, non sans quelque danger,
car le monde était en délire devant ce spectacle d'une étrange
sauvagerie.
^_;L\-:^ua, corde de l'outre pour tirer l'eau; aussi Meissner
NAGS p. 116.
o
v«j!l\:s\xi, exstasié 1383.
v_j5l3cs^, exstasié; toqué, v. Dozy sv.
.l\>, racine; souche; le bas du tronc d'arbre, 69,2,23; 190
n. 1. > jO^ 23,9,14 vhv.
viÀ>, a, couper, Dt., synonyme de l>c> vhv. Cf. (A>, £A>,
j.iA=>, (.u\>, l\=>, jîlX> et l\ï, Vhvs. Îy«"b5î t^jj ^^yiiA^. oLoj-^l,
les S. coupent les pénis aux prisonniers Dt.
cJ^, agneau ou cabri, Boh VII p. 101, 6 = Qastell. VIII
p. 303 en bas, n'est guère employé dans nos dialectes du
Sud. On le connaît à Aden. Classiquement, c'est le petit de
n'importe quel animal, L A sv., et au fig., même des hommes
LA IX p. 394,13 d'en bas. Ce sens ^q jeune homme se
trouve dans un vers de Doreyd I as-Simma:
Que je fusse dans cette bataille un jeune gaillard!
J'y trottinerais et je cour-rais.
18
274
I IsMq p. 741. K. el-Arânî VIII p. 54, ib. IX p. 15. Hiz.
el-Adab d'el-Bardâdî IV p. 447. LA IX p. 395 en haut, où
il est attribué à Waraqah I Naufal, expliqué par ^.^y'S (oJoJ
xj^ -iltii ^j%j> LLi, M. el-M. sv.
On sait que les Egyptiens appellent un jeune homme, un
jeune gaillard p-M=- < ?^>->) Bâsim p. 38, 8. On l'entend à
o
tout bout de champ. Le pluriel en est Qfc«^ Bâsim 19, 13.
Le pluriel qcÂ> est une fausse vocalisation de Dozy S. et
de V. Kremer, Beitrâge z. arab. Lexikogr. sv. ; Bc s.v. brave
n'a pas de voyelles.
9
i^jc>, champ, Hogarîeh.
^lX=>, chaume qui reste après la récolte, Dt.
^_>, tirer, traîner, 1681; 1716. ^J^\ L^:?», 13,5. é^ ^
retire-toi, 1536. — Fumer la pipe ou la cigarette, 1025. —
Ruminer. »y> ^:fu j*^^, le chameau rumine, Dt.
y^î, ruminer ',> yj:-=>, comme JA_J:< Jjcci', vhv.; ii^:o <
lïL-iLj!, vhv., et en Mésopot. < _JL.;i, Weissbach lA p. 183
N° 167. V. sub ^^ d'autres exemples.
y^twl, ruminer:, aussi 'Oman RO § 312.
^, fil en cuivre jaune, Dt.; Stace p. 128 sv. ivire.
éy^, jarre; iLJoj^ Jy>- 614. — Rumination; cf. rni.
»J>, sillon, Dt. - ^^? 1492,12.
j'^-^t fumeur. — Cf. pour la sémantique ^j>- et Jai>, ijr-=^> vhvs.
275
#
^^, essarter un terrain pour en faire un '^f^-, 1314.
Lp',j3 L^ L^.-^i k^r^ »'-'*^=^ ^-5 "^^^-^fr- "^ > lorsque tu viens
(se. iù4^ à faire) o?(; il y a des arbres, tu les essartes et tu
les enlèves de là et tu le (= '»-i^) défriches, voir sub ojJ
et !:>. — Labourer, 1314 = vj^? ^73. Nous avons donc
^fi-i v/j vol. III p. XI, et v/ vhv., qui, dans diverses
contrées, signifient la même chose. En Dt., ^^ est vérita-
blement essarter et essoucher le terrain inculte, v^'--^ vhv.,
défricher.
v_Jr> , essayer, propr. gratter^ 570. — Constater, comme I Sa'^d
Il p. 133,12 (,».
Ç;y>l, donner la gale, 352 n. 4.
^f>, gale, akkad. garabu, = cttA>.
w}>, c/iawp, 10, 7; 80,23; 87,28'; 88, l; 701; 1028,5 d'en
bas; 1314; pi. ^'f>, 87,4,5, 12. I Sîdah X p. 148. Naswân
Sams el-^Ulûm p. 19 dit: L^**^^ ^^p d^^^"^' cr ^'^*^ ^r^
>_jy>. Cf. le sh. girbib, Flur, Ebene, Bittner St. sh. § 34.
Le mot est courant dans tout le Sud, et je ne vois pas
comment '!Liy>- pourrait avoir un rapport avec ^*,y=> =
jCcJaiw »,L?^, 1314, selon l'opinion de Glaser, adoptée par
Rhodokanakis o. 1. p. 43. C'est en général champ et non
seulement un champ sur les terrasses, iJcLo*, vhv. Le verbe
sabéen grb n'est pas nécessairement faire un mur pour le
champ, mais simplement faire un champ, qui, dans le Sud,
est souvent aménagé sur une terrasse ad hoc, vu que le
276
pays est très montagneux. On voit la même chose au Liban
et au département des Alpes Maritimes en France.
x^y^ peut être un iJijè régulier du verbe v_)^, vhiv. et indiquer
alors l'action du verbe > le résultat qui en découle, soit champ.
Mais on peut aussi le rapprocher de l'akkad. kirubû (qirubû)
meadow, fielcl, pièce of land, champ Muss-Arnolt sv. Zimmern
akk. FW p. 40, voir aussi sub ^^.f^. Ce serait alors un mot
sémitique commun, qui, en arabe, a conservé la première
voyelle i: girbah. Je crois que cela est plus probable. Le
mot s^o < b"_jo n'en est p'as tout à fait synonyme, vhv.
La traduction Feldterrasse est, d'après moi, erronée et ne
peut être motivée que par la configuration du terrain dans
les montagnes.
v_j'^==-> 1325,9, ne m'est pas clair. — vjj>, expliqué 1314,
d'après Glaser.
^\^ sac, 861,3 d'en bas et n. 4; 1766. Musil o. 1. p. 138
le traduit par outre, ce qui est inexact. En mehri, paquet,
SAE VII p. 144 § 2, ce qui me paraît peu réussi. Si c'est
un mot non arabe, il a cependant été calqué sur le para-
digme JLxs des ustensiles. 'aJjlXJî ^-U* , le sac du gouvernement
= le budget, El II p. 242; cf. 741 et s.
wo^, expliqué 1314 et ss. Ma supposition 1316 que le
persan v^j> a son origine dans le monde sémitique voisin
est à présent confirmée par Zimmern dans son intéressant
ouvrage Akkadische Fremdicorter p. 40, oii l'on trouvera
aussi les formes akkadiennes que je cité 1315 d'après Delitzsch
HWB et qui ont pu donner l'arabe '^^.
&^..
< cOr», voir sub ^j,
t'!^r' < t^f- ^^^^ s^° ^^•
iiLjL.,:>, feii\me gueuse, criarde 1766.
277
f^^, 117,22; 337 d. 1. ; expliqué 1536. - f^f", 117,22, où
la tigirgir peut être pour la tigirgir ''ômrak, 1536,
- o -
ne te retire pas, mais r^yF est aussi se retirer. — »/>/>?
retraite, 117, 22.
Oj>, découvrir le corps, se découvrir^ 1603, 10.
3L>y>, courte épée; Stace p. 169 sv. sword. Glaser, PM 1886
I p. 7, et p. 4 il dit que c'est tme courte la?ice^ qui vient de
la Syrie; cf. Yollers ZDMG 50 p. 629 s.
^coL:>, ime sauterelle 709. — o^!, dénudé de végétation,
67, 15. — Sans laine (mouton), contr. de jui^U Les ^ de la
montagne ont de ki laine: ils sont q't*^ ou ytxo, mais ceux
de la plaine n'en ont pas: ils sont q'^j> ou o^. — sLoaxi!
b'jj^j-:^ est ^es arbres sont effeuillés, = ^0 p. 267 jJ^=>.
^'if>i un rat, 709.
:->, couper. C'est sans doute une métathèse de ,j>. Musil
0.1. p. 247,3: 3^, traduit par gefrâssig; j'en doute.
J(j«y>, u, oser, être de force à, surtout à l'est de Datînah =
Nord yu^, 791. !Ù (j«y>' ^i j<i ^i'^^'i '^^" 2?^5 la force. u>av,=- Le
*J Lc^ (pr. sîleh), _y'e yie V ai pas osé, = Dt. o>3^ Lo, vhv.,
ou c>>J^ Lo, vhv. Le verbe a ces deux sens oser et être de
force à. Cf. ^^:f\JJ^\ vhv.
278
(j*,j>, son, voie, b7'uU sourd, 503 n. 2. Lebid, Brockelmann
N° XXXIX V. 58:
o o- - > G Crjo-o-
I Sa=d 1,1 p. 149,27; Nôldeke Funf Mo'all. II p. 40. M'AR
p. 73 = ^^^. ^^ ejj.'o ou ^J^.^ icLJLo du Prophète, 503.
Cf. I SaM 1,1 p. 130,10,14 et p. 131,5.
jCw!j>, esclandre, ébruitement d'mie chose, 307, 7 d'en bas.
(jiiy>, u, égratigner Dt. — Ecraser, moudre, concasser, Yéman,
359 n. 2.
^ji,^^, concassé, 1077 -en bas.
iLà5.b>, mew^e à ôras, Syrie et Yéman = &J}:>LL , Bédouins
du Nord.
iUiojî-, décrit apud Burckhardt Beduinen p. 193 et Musil o.l.
p. 153; pour la forme, voir Hdr. p. 278 n.
iCii-^, meide à bras. Meissner NAGI p. 116 (pour le riz).
Cf yi>««j>.
pj=>> ?/ 673. — pj.==-, roseaux, n. gen.; Xc^, n. unit., Dt.
iCcy> est la partie du roseau qui est entre chaque anneau, Dt.
iC-cl>, Béd. du Nord, ce qui reste sur le champ après la
récolte et qu'on laisse aux pauvres.
^r^^, pl- ^.X^, chamelle qui donne peu de lait, 1190 note.
Liy> permute avec wàJb>, 1767. — ^iy^l = ^,-àJ^' 1767.
Sf>, grotte, 39,'8; 82, 15, 18; 85, 1, 10 et passim; 65,4, 1;
1040,1; 1244; Stace p. 29. Crevasse, 1462,8. Talioand^
279
Berghang, RD Gl. sv.. Abhang, Sturame TTBL v. 290.=
Sfr Musil 0.1. p. 396 d.l.; p. 397,20. Ma MJM p. 22.
o^, plage, 880, 8 d'en bas.
ioj^b*, pelle, ratissoire, Dt. 591.
ioys\xi id. ib.
o o
Jby>, 1760 = ,^Ij^:>, matière tinctoriale rouge.
^^, cowper, 1766, = j»JL>, LA XIV p. 358,8; Schaade
Utud p. 14. Cf. a-i:i.
o -
j.y>, pi. j.t^, pelisse en peau de mouton Dt.
&x!y>, ainsi expliqué par un Hadramite: b^:^! .A.03 »^JJî JiL,
il mange la pulpe (du fruit du jujubier) et il en sort le
moijau, Hçlr. p. 542.
[J^fr-j concasser les grains et les farinacées avec un mouliti
à bras, Syrie. Cf. ui.y> vhv.
^J;^f>1 allemand, 155, 15; de l'anglais German.
jjy>, mortier, 59,21; expliqué 790 et ss.; Musil o.l. pp. 130,
4; 134, 5 d'en bas = ^jo^; 136, 9, mais p. 242, 4 et p. 299, 5,
c'est aire' pour le blé, et p. 301 il le traduit incorrectement
par tas de blé. Voir mes Prov. et Dict. Gl. sv. I Sîdah VI
p. 13,2 d'en bas: y^ j^^ l-^Jj^*^' iL^uAlL. ^j^^^. (^cÀJi oj^'
ij-o \Joy^,*) '-^^ \*î iwSA^^^jL^. Naswân, Samsel-^Qlûm p. 20,
dit la môme chose en ajoutant qu'au Yéman on l'appelle
280
aussi ^y>. En "Oman, il y a un mot gennûr que RO p.
48 traduit par grange (Scheune) et ib. p. 223, 2, par aire
(Dreschplatz), comme aussi Rôssler M S OS I p. 59,6 d'en
bas; c'est peut-être une métathèse pour Qij-==-, car je ne
crois pas que ce puisse être pour ^yJi. Cf. le mot suivant.
o
^^tj^\», aire pour le blé, 1736, = Nord ,<A*_3.
(j«[j^, bouillie de riz et de durah avec du lait, Haurân, voir
sub ujL>.
i^^, flanc, côté, 1767, = iiJb> vhv.
^y>, j^ et ^^:>, petit surtout des bêtes fauves.
^\If^, 1706,5 d'en bas; v. ZA XXII p. 221 et ib. note à"
propos de iij^L>. Cf. mil et "ii:i Ges.-Buhl sv.
^yi'y i, arriver à, J, geschehen, 698,2; avec v» 434,2 d'en
bas, = J ^^ ou V ^s-is t_5j>, courir. Brockelmann o.l. I p.
621. Cf. soum. gur, courir, Landesdorfer SS p. 93. Cf. sub^.
^^, fabriquer des (Cjl^, fûts de fusil, Dt. H^r. i^r^f^, qui
fait des v3oLjuiî ^J^.a.
jj:y^u*wî, oser, Hdr., ''Awl. et Harîb, <ty^u;^t; en Dt.. on dit
plutôt ^_x^ etc. 463, et en Syrie ^^^^x^î, oser, métathèse.
Cf. (_^y>- vhv.
i-\y>, combat, 1669,4; cf. "13 Ges.-Buhl sv.
l5;^> pi. ^_c'us:ul, fût du fusil; trajectoire, 138,8; 255 n. 2,
281
où le dernier sens convient mieux; autre exemple sub Jio,
oii certainement = fût du fusil.
j:>, coujper, 690; 1180; 1254 en bas; expliqué 1632 s.; RO
p. 180,12; M SOS VI, ii p. 124 v. 28; Hartmann LLW
p. 116. Cf. î^-:>, 1633, ^j_>, ^^, 1180, ui^H> RO § 286,
j.j>, vhv., 3b>, i; et J>.>, (Ji=> et ^^ 690; 1254; cf. aussi
lX>, couper, vhv., Amâli p. 17, et (jaï. j:>, couper, se dit dans
toute l'Arabie et de toute chose, en Syrie et en mehri éga-
lement, 1632, 1633; SAE IV p. 115, 10 où = ■Jdi. En Syrie,
c'est aussi faire entrer de force: v^^JUl iùL^xJ! jj>, force le
bâton à entrer dans le trou. Les développements du radical
j=>, couper, sont nombreux en arabe.
j^^, ciseaux, tondeuse, 151,5; 1633. RO §61: Unkraut-
hacke ; ib. p. 89, 2 : Sichel.
!j:>, couper, 1180 en bas; 1633.
1/ .;:>, couper, 1633, = :^, métathôse. En Dt., c'est dé-
pecer l'animal après le ^o et le (j«^o, vhv.
cj=>, passer; marcher de Vavayit, 314,10; 349,9; 369,3;
452, 5 d'en bas; 1180,2 d'en bas; 1633; Gezîrah p. 123, 7. >
^j_:>, 1516,3; 1531,11 d'en bas; 1628; sur cotte forme,
voir ma Festgabe p. 79. Le sens primaire est couper, Schaade
Uhud p. 33. vJwlXjî ^! j.y UJx oy«^^_5 oijjîaJ! J. \j^j^ ^^^ ,
pendant que nous marchions sur la route, des gens (amis
282
ou enDemis) survinrent subitement, Dt.; v, ycJol etoixAil, —
I Sa^d I p. 78: ^j>, couper en plusieurs morceaux. Cf. 1492 n. 2.
-^^j-r^-j passage. »J^f> lX-Lc o^L »-^,j, je lançai le javelot
co7itre lui d son passage, Dt.
tj^i ^^^^ ^ ^ours: 4îl L^ &-£jL> «-jS^, son salaire court
toujours comme auparavant Dt.
'^fr-i courage, RO § 171.
^3j=>, courageux, qui passe de V avant, Dt., RO § 98,2.
o
^jjf*, qui est au désespoir, hll, 7, Nord ; cf. Musil o. 1. p. 182, 19.
i3j>, gros, 1760 = ^^j> — iJljj:>, abondante, large, 1708.
V pj> 1633. pj=> et j>vflj 792 ; v. les dict. - Estimer, RO p. 145,2.
^^}^, ôrros, 1760= j)>,
*
,^j> , a, passer; zubri'ngeti, = class. et Nord; = ^_^ ou (^r^^sx.
de passer sept ans chez toi et à présent je désire retourner dans
mon pays Dt. Cf. c j>, vhv. — Eblouir, 31 8. — Récompenser, ^yf:.-
^ *JJ! é^c>- , je te remercie, Dt et un peu partout en Arabie. —
Suffire, V. ici iù:L=> . Aussi dans le Nord et en Syrie, où =
,Jxi, vhv. ZDMG XXII p. 136; Musil o.l. p. 220,2 d'en
bas, et en Algérie.
io;L:>, large, abondante, suffisante, 157, 21; 1708. Cf. iljj> vhv.
283
(j«^^b-, sable soulevé par le vent, sable mouva?it, Hdr. Gl.
sv. j,Lw,
Y*<y>Jfc
»-*>-L>, hardie, 520,7.— ^y*>->, /iarrZ/. Aussi 'Oman, RO
§ 98 n. 2. Cf. (j.^:^ vhv.
(^^.M^, greZe?*, se figer, 6S7. — ^_^L> tU,, eaz* ^e/ce, 638.»
ji.>, briser, broyer 1695. C'est là un sens secondaire; le
sens primaire est faire un bruit sourd, LA sv.; cf. &-;ic>,
wze rude, et ;jii.>', 3W2 a une voie sourde, grondant, ib. ;
Mo'all. 'Antar v. 31 = M'AR^ p. 52 v. 32. Cf. aussi ,>*^,
vhv., L/i.>, Lï.>, > ^-^^j ôt Lwrp' > (_^'i^:F', {C^^ et ^_5;ClAj■ vhvs.
Balayer, Hogarîeh; cf. tJiJé.
ic^, chaume, 1695. — Cadavre, corps mort, comme RD II
§ 8 i et ib. Gl. sv. Cf. iwi> et iu:>, tronc, corps, cadavre,
vhvs. et le mehri dissêt, vhv. avec le même passage de
g à d, comme dans ^j^^ et ^_^j> et le mehri gisôr, poi-
trine =dié6r, Bittner 8t. mehri I p. 53 et ib. IV p. 65.
Jii^ (prononcé môgués), balai, Hogarîeh.
^^, roter, Dt. = ^.^::p' ailleurs, RÇ Gl. sv., < l^~Lxi.^. —
Vomir. Cf. ^_p.>, {jJ^, i, et *.^j vhvs.
Les Byzantins avaient aussi le même sans-gêne de roter
que les Musulmans, qui sont passés maîtres dans cette pra-
tique, en faisant suivre les éructations de ^JJ A^il. C'est
une habitude orientale en général, Mûnchener Neueste Nach-
284
richten .Beilage N° 128 p. 463. Par contre, la xb^ est fort
mal vue chez les Musulmans. Mais aux Indes, chez les non
Musulmans, elle est décochée à chaque moment.
(>2^, crier, criailler, vociférer, 311 n. 1; 670; 790 =,2v>to,
Ci/
674 et n.; 790. Socin Diw. Gl. sv. Cf. ^J vhv.
cX>a2>, dur, = c\Jb>, 674 n. Brockelmann o. 1. I p. 162 cite
ce mot comme exemple de Id > dd, mais, selon moi, c'est
plutôt gadd>gald; or, gald étant sans doute primaire,
il faut croire que gald et gaçld ont été parallèles et que
gaîd aurait été prononcé ainsi sous l'influence de gaejd:
d > i. Mais alors il faudrait, en revanche, supposer un gadd
primaire, ce qui ne me paraît pas probable.
^f^'t , se coucher, s'étendre sur le lit, < «.5^*i2jf, 790; Cf.
674 n. 2. Socin Diw. Gl. sv.
2Ujc>, panier rond avec couvercle, 741; 831; cf. iujtî vhv.
.3ot:>j lacérer, déchirer (habits), Dt. — e^jt^-, état où Von
est en sommeillant, assoupissement Hd. — c:^yt> , assoupi,
Hd. = .4^i.svvc, vhv.
j^Joc>, nom d'un arbre, 670, 15. ^^ o\x:>, 670 n.; v. sub ^^^J.
yt>, u, roter (chameau) 94,1; 1404; inf. ^o-ou^ax^.—
Mugir, Nord et Syrie.
285
■by;L:>, chamelle mugissante, 503; 505, 13. Cf. ,b> ny:! et ")j;j,
Ges.-Buhl sv.; v. aussi sub - > e^.
^ljc>, pi. ^yt>, hyène, Banyar, = ^*/to; fém. é^
Àx=>, nom propre, < ^jà«j, 813.
Jot>, a, dominer, récompetiser, Dt. J J>Jt> "^ans une impré-
cation 48,10; expliqué 1021; 1028,2 d'en bas; RD Gi. sv.
et RO p. 153 n. ; cela illustre l'article de Fischer ZDMG
62 p. 788. Marçais TAT p. 250. Bauer Pal. Arab. p. 230, 13.
-oc
Jjc>!, être en chaleur (bête), 1398.
idL*:> = 'fjJ\:^ vhv. RD Gl. SV. a un mot ga^lû, p. 6,9
:= ga^âlû p. 5,26,32 et p. 6, 10, vase pour le lait, et en
shaurî il a relevé le mot qaMô, de sens identique, ib II
§ 4 d note et § 59 f. Il identifie ces deux mots, en écartant
le rapprochement avec ^l:s^>:>, vhv. Or, ce dernier mot est
aussi prononcé i<l*:>, et la prononciation ga^lû de l'homme
de Rhodokanakis peut aussi être = ga^lû, malgré qu'il ait
dit RD I p. 33,18 gahala et le pi. gehàl p. 22,14, car
le - est chez lui tantôt g, tantôt g. .Je fais également ob-
server que g a "lu est ib. p. 6 du fém.: gaMû kebîre, et ib.
1. 10: el-ga'aln hotte h a. Rhodokanakis compare ce mot
ù -
ga^ln, = shaurî qa'^lô, avec l'arabe classique ^j^^otï, vhv.,
et 6y^. Mais J-ôtï est une espèce de champignon, expliqué
dans LA sv. par les synonymes Jas et JJivv>.c, et (j^'s =
woë, LA, peut être un diminutif sur le paradigme J^jù,
indiquant une petite chose ronde et grosse, 1162 et n., et
l'on aura donné au bol, -r'^j ce nom à cause de sa ressemblance
286
avec un champignon renversé. Je ne crois pas que wots
et ^y^i soient de même provenance. Selon l'avis de Rhodo-
kanakis II § 59 f, g a "lu et qa'lô, le premier mot étant
pour lui = qa'lu, viendraient d'une racine jJlxï < u-JLxJs
avec changement de b en w, qui serait une métathèse de
Jyjë. Pour ma part, je crois que le fém. ga'lû et le shaurî
qa'lô sont identiques à id^^ = xljc>, et la désinence que
Rhodokanis écrit a, malgré l'accent g à "lu, et D. H. Mùller
6, ce qui indique l'accent, doit bien pouvoir s'expliquer d'une
façon autre que par une quadrilittère ult. w. Les Sômâls,
les Soqotrins, les Mehrites et les Abyssins ont de fort jolis
paniers en jonc tressé tellement étanches, qu'on peut même
y mettre du lait. J'en possède toute une collection, jjlr! ^JJi^!
i).jjt:>, pi. ^^5lx>, apache., voir S^. EnB.dv., c'est manoeuvre,
aide, laboureur, et Jjt> y est gages.
Jjtrs*, qui est en chaleur (bête) 1398.
j^jo. > j*5i^, museler, 673.
i*jt>, 84, 7, s'asseoir à croupeton; le texte arabe de Stumme
MGT p. 4, 17 porte ga'^mézt, et dans le Glossaire il écrit
i*jti, de même que Beaussier sv. A Tripolis, c'est le mot
courant pour être assis, tandis qu'à Tunis c'est s'asseoir à
croupeton, Stumme o. 1. Gl. sv., de même qu'en Algérie,
s'accroupir, Beaussier sv.. Marçais RMTA p. 473 relève sa
métathèse algérienne ^j^ > et ^yi chez Beaussier, s'asseoir
sur le derrière, , chien, chat. Or, il me paraît douteux que
g a " m a z , i*xi , puisse être = j4.*i où le o serait prononcé
g, car ce i«jë ne peut être ramené à aucune radicale signi-
fiant, de loin ou de près, s'asseoir sur le derrière. Ma com-
287
binaisoD avec i«^, 1247, 7 d'en bas vhv ne me tente plus.
Je crois pourtant que le di ^g dans j»jd> est originairement
non pas un ^, mains un „ prononcé g, et c'est à cause de
cela que j'ai écrit 1247 j*jc> au lieu de j^jti, ce qui aurait
été plus conforme à la graphie de mes confrères. Je crois
qu'il faut chercher l'étymologie dans un mot qui signifie
derrière^ cul. Nous avons alors dans la lurah et dans les
dialectes plusieurs mots oià entrent les radicales _, ç et 3,
> v_j et j., tels que yc^, LA sv. ; ^lyt:?-, I Sîdah II p. 46, 14,
LA I p. 259 d. 1. et sa transposition ^'lx>5, I Sîdah II p.
49, 9, L A X p. 259, 5 d'en bas, ib. XIV p. 368, 6, Lane sv.
^l\s; tU*=> I Sîdah II p. 47,7 d'en bas = s^L>Jt=>, ib., LA
I p. 259 d. 1. où »^lJc>; ^\jt^ LA XIV p. 368,6 d'en bas
manque dans I Sîdah; et dans les dialectes méridionaux
nous trouvons _>»>, < _^«=> vhv. ; yé < ytï, vhv., pour ne
pas oublir »y^^ vhv. et yi:> vhv.
Or, il n'est pas impossible que les radicales de tous ces
mots figurent également dans le verbe nordafricain j*jc>.
La lettre finale serait alors motivée par contamination avec
V~j^, dont le premier sens fondamental se rapporte, selon
mes faibles lumières, à j=r, derrière^ et d'oîi découlent les
autres sens de rester en arrière^ assis sur son derrière, et
d'être faible, impotent, car alors on reste accroupi. Il faut
examiner si uXjë, être assis, et dialect. rester, attetidre, n'oïïve
pas aussi une sémantique analogue, car on ne reste pas
debout, par mollesse orientale, ;-^£, lorsqu'on attend. On
pourrait alors comparer ^^c*^^ être accroupi, et notre yiï vhvs.
Cf. Rub \j^.
La graphie j-*-«-s peut donc représenter un *;-*-x-ï, qui
cependant, selon moi, serait pour un primaire ,-♦-*>. Ce
288
verbe serait donc un accouplement de deux racines : _^*>, >
*x:>, et ;^, où entrent également les deux radicales ^ et -.
Les savants se prononceront.
^jx:>, derrière, cul, Dt., Hdr., = yjtJ> vhv. et Hdr. Gl. sv.
Sur les autres mots analogues, voir sub j**>. Si le babyl.
qu-du et ku, derrière, Holma- Kôrperteile p. 65/6 a quelque
■ parenté avec ^x:> et ^xi, cela échappe à mon jugement.
Ce thème ne figure dans aucun dictionaire de la lurah,
ri-
mais il est fort répandu.
*i=>, i, boire. — j*jé:>} donner à boire.
X4jL>, gorgée, un coup, un irait.
iUxi>, gorgée, un coup, et au fig. peu de quelque chose,
comme nous disons une goutte. Ces mots sont très courants
au Negd du Nord, à ""Oneyzah et à Bureydah, de même que
dans tous les parlers maghribins. Beaussier Dict. sv. ;
Marqais TAT Gl. sv.; Stumme MGT p. 294. Dans le Sud
de l'Arabie, tout cela est inconnu.
Or, *JL> est une métathèse du classique ,.is..*-£, boi^'e à
grands traits successifs. I el-Qût. p. 205: L^uc ^LéJl ^^--^
\£.> ; Sihâh, I. Sîdah XI p. 94 en bas, Qâm. ; < .^^ et sa
métathèse ..^ob, I Sîdah 1.1., LA sv. ; cf. '^.^ et son affai-
blissement Z^. -:^*é est élargi en ^^uj^, boire, L Sîdah ib.
p. 95 en bas, où il faut probablement voir une contamination
avec K~;> > ^/>. Cf. V^^ = K~^, LA XV p. 179
en bas. Un développement de ^^ pourrait bien être v^,
boire (Chien), Qâm., et w^ij, boire (oiseau), I Sîdah XI p. 94
289
en bas. On comperara aussi ^Ju^ '), faire boire, arroser, et
|,Lc , i, = j^l^ LA sv. ; qU^ = ^^Lilic selon L A sv. et
Naswân o. 1. p. 81. Cf. ^Lc, u, boire vhv. On pourrait aussi
établir une autre comparaison avec l'araméen V^^ et l'hébreu
n*d:i, humer, boire, = maroc. ^g^^'i, v. sub q1-=>^ et Ges.-Buhl
sv., qui lui compare l'arabe t-^, ainsi défini dans LA X
p. 170 en bas: «Jô-îjl aSS \j.^ ^x^st^ tlj"^! ^^ Lo ^♦i et «♦ait
cy> yjb !j/o vJjJL:saJ! J. ^_jl^t -♦-: ^! ^'-*^!^lî • Co ^-t-ï pouriait
être une graphie pour ,<c«.>, où le ^ était prononcé g, ce qui
équivaut à la forme araméenne gm^ et nous aurons sans
difficulté l'arabe ,>^4i, avec métathèse. Cela n'est pourtant pas
Cl/
certain. Cf. aussi j;:> vhv. Si l'on n'arrive pas à dévider l'éche-
veau si embrouillé des racines sémitiques, on doit au moins
essayer de le faire, car jusqu'à à un certain point cela est
possible. Les dialectes arabes nous mettrons sur la bonne voie.
v»^, sécher, intr., 65, 15; 88, 1; 1045. Verbe aussi classique :
Lebîd N° XIII v. 8 (Fragmente): i_c^! ^> U iA*j, après
que la terre humide eut séché. = ^^ju:>, 1045. Cf. ^ et ^Ài,
sécher, vhvs. En "Oman, v,Jl> est balayer. — i»»>, cadavre,
charogne. Cf. »Sc> et icàx>, vhvs.
icL^, balai, en ""Oman.
U>, renverser, 673; 1280; retourner, 673. Cf. c\à>, OuLs,
iXsS^, i_5À>, ^_^, Là^, ^_A^, (j;>y et «-J' vhvs.
>) |«âaw peut être un itératif de (***"; cf. 1—^ et *_,oCw<.
19
290
A.à-=>, i, renverser; retourner, 1279. Cf. sub U^, ô^jls et
OJif. C'est le sudarabique c^, 792 n. et le mehri kafôd,
descendre, Bittner St. mehri II p. 17, mais il n'a rien à faire
avec l'assyr. kapadu, reflect, think ont, comme le pense
Bittner, ib. IV p. 57. — 0^^\, se renverser, 1279.
M:>, trou, = 8^, RO § 112. Fosse, encaissement du terrain,
partout en Arabie. Jayakar OD p. 654. Les deux mots aussi
classiques.
^P^=jL^^ vhv. Cf. RMTA p. 423. — ^, impotent,
854; classique.
^, sautiller, Harîb, 1257. Cf. fi vhv., I Sîdah III p. 107
et LA sv. disent que c'est yémanite.
ji>, i, faire un gros caca, 464. — i^J^, gros caca 464.
ji>, cerises du caféier, 1055; 1056; 1074. Socin Diw. Gl. sv.
iCLfl:>, gamelle, 918,11; quelquefois aussi 'iJ^. Mot classique.
Labîd N° XXXIII v. 5; ib. N° XXXIX v. 14 et N° XIV
V. 6 (Fragmente); Fiqh el-lurah p. 264. Laramens Berceau p.
234. Voir ici sub _^j>.
^_^à>, a, fuir, 1270, Nord; Socin Diw. Gl. sv. ; et ^jsô^, i,
0 3 - ■>
fuir, transitif, ^j^^ ^ *^^) tous les Bédouins le fuyaient,
Littmann M L S W p. 4, 7. C'est une prononciation pour
^J^i, vhv. ^_càr-) i> aussi retourner, lat. redire; cf. VAX, ren-
verser, lat. invertere, 1279. Cf. lAàï, ùss^ , \sa>, vhvs.
i^^>, /«M'c retourner; reyiverser, 1279. Cf. ^^^ vhv.
291
.À^! , retourner^ revenir; être retourne, renversé; chavirer,
1279.
^Jà:^^ = ^cà^' • C'est le mehri gâtfi, se tourner, se renverser,
et la comparaison de Jahn avec l'arabe j^,_s_xj>t, déplacer,
pourrait bien être juste, mais le rapprochement de Bittner,
St. mehri II p. 110 et 114, du mehri qôfi, se retourner^
l'est aussi, car le mehri gatfi est aussi bien^,;iA>! que ^jc^^
par o > § > é- Cf. aussi le sh. gfe < qfe > igtif ou
iqtif, Bittner St. mehri V, 3 p. 12 et id. St. sh. Il p. 39
et p. 42.
l/^Jo-, significations, 1231 et n. 2; 1232 ss.; soum. gai,
grand. — Effleurer; passer à côté, 370; inf. jJL>, 370. Cf.
>_aJi> et J.>. I es-Sikkît, Hafifner AL p. 60, 19 s., dit que jo-
et (j^ sont synonymes. k>**s6 ^ Jw> =: ^! J^ y>, 1766.
jJb-, couvrir, envelopper, 761; 12S2. él^^ JJb>, 12SS, mettre
les rideaux à la fenêtre, Damas.
jLf") se couvrir, s'envelopper, 761.
a)J( (i)I>î, expliqué 349. Lieb. v. Amasia p. 140, 1. Bauer Pal.
Arab. p. 229 s.
3^, voile, 1233. Couverture, 1233, 1, = jc>.
J^, cowt;er^wre pour monture, 761 ; 1232; 1233; Boh. II p. 172.
aL>, houle, 1229. — Vase en folioles de palmier, 1230 n.
id>, tas d'excrémetits d'animaux, 55,10; 465; 1229; I Sa'^d
8 p. 194.
w y
^3^b>, couverture = Jc>, 761; mehri gilôl, Jahn Gl. sv.
Rhodokanakis, Zur Formenlehre des Mehri p. 18, voit en
J"^b> un pluriel do S^, devenu ensuite un singulier. Je crois
292
cependant que J^L> est un singulier, Jbti régulier, nom.
instrura., qui coïncide, comme forme, avec le pluriel de jo*-
Le pluriel de J^L:> est iJb> < iJi^i dans notre dialecte. —
Bât, 761; 1232. - Voile, 1233 en haut. Kopftuch chez Musil
0.1. p. 312.
icU:>, boulet de cmion, 1229. — Rideau de fenêtre^ Damas, 1233.
Jw_iJj>, pi. J^L:>, grcmd et fort du corps, 158,8; 1705; cf.
1231 n. 2, 011 l'évolution sémantique de J.=>, être grand,
peut trouver son pendant dans l'hébreu jDyi', gros > fort,
haut placé, et le néohébr. N^iTil, gras y gros, notable, haut
placé.
xLL>, pi. Jo^b> (pron. galêl), balle de fusil, 12, 12; 81,6;
112,7; 123,10; 370; 4.S8 n.; 520,7 d'en bas; 658 n. 1;
1229 s. — Un développement de V~ ^ est J^ vhv. et 'PJV,
V. Ges.-Buhl sv.
Sur la propagation de la racine gl et "ses congénères kr,
kl, qr, ql dans les langues indogermaniques, voir Walde
LEWB sv. gleba, globus, glomus et gluo, et H. Môller
Sem. und Indogerra. I p. 9, 2, §§ 55 et 72 et pp. 76 en haut,
177 et id. ZDMG 70 p. 156 n. 1. C'est vraiment dommage
que le savant maître de Strasbourg n'ait pu consulter ces
ouvrages pour éclairer sa religion. Il ne se serait pas alors
moqué, d'une façon si peu aimable, Beitrâge II p. 159 n. 2,
de mon exposé 1238 et ss. Il faut être aveugle pour ne pas
reconnaître une parenté primordiale de certains radicaux
entre les langues sémitiques et aryennes. Le temps est passé
oià, par une négation péremptoire a priori, on voulait tran-
cher une question d'une si haute importance pour l'histoire
de l'humanité. Brockelmann, doué d'un sentiment philolo-
gique si remarquable, nie encore cette parenté dans sa V G S S
I p. 4, et Bauer-Leander dans leur Histor. Gramm. der hebr.
Sprache p. 12 n'admettent pas non plus „une parenté généa-
293
logique" entre ces deux branches linguistiques. Je ne dis pas
non plus qu'il y ait „parenté généalogique", mais je soutiens
qu'il y a communauté de radicaux et de mots. La difficulté
est de prouver d'oii vient cette communauté. Renan, dans
son Histoire des langues sémitiques dit p. 459 et ss.: „Nous
„admettons volontiers que les langues sémitiques et indo-
„européennes ont en réalité un assez grand nombre de racines
„communes, en dehors de celles qui proviennent d'un emprunt
„fait à une époque historique. I^a plupart, en effet, des
„racines communes aux deux familles ont une raison secrète
„dans la nature des choses, et souvent on peut entrevoir
„la cause qui, de part et d'autre, a produit l'identité." Cette
dernière remarque me paraît cependant assez vague. Renan
illustre ensuite cette communauté de racines par des exem-
ples. Il parle même de la 1/^^J qui „est la base de radicaux
„plus nombreux encore (que ^ et ;ti), marquant tous l'action
„de rouler. Comparez ob^ = gloraus, glomerare, globus, ^cvàIco,
„)iv>Jv'^cc etc." Je crois que Renan, aux cours de qui je dois
mon amour pour les langues sémitiques, a déjà en 1855 vu
plus clair que Nôldeke, Brockelmann et d'autres, cinquante
ans plus tard.
*»,v_L>, dévier, passer à côté de, effleurer, 9, 13; 370. Cf.
^ et (_!>,
Amener un animal pour le vendre, 722, 1. — Métathèse
classique pour ^^ 903; 1766; cf. Bibl. Geogr. arab. IV Gl. sv.
w*l>, avec J, pêcher Dt. t\uâJU wJi=>, pêcher.
vJ^, vacarme, bruit, 903; v. oiJL=>. — Importé de dehors,
de provenance étrangère 1709; pi. ^^-L^, 116, 10, et Nord
v_j^'> Hess Bemerk. zu Dougthy's Travels p. 6. — Bétail con-
duit au marché pour la vente. Qays b. el-Hatîna N° 13 v. 24:
294
ULstJî (ji3.L*JÎ ^_^vwJ U-^, comme celui qui mène devant lui
le bétail qu'il expose en vente, ^xJii »^}-^., et non pas comme
le traduit Kowalski. — Hameçon, Stace p. 66.
iiJu>î û. unit, du précédent, une pièce de moutoti ou de chèvre,
24,14; 27,10; 70,4; 404,4 d'en bas; 619 n. 2; 695; 1011,
9 d'en bas; 1081,12; 1243,1; 1245,2; 1775,8 d'en bas;
1776, 4 d'en bas; 1777 en bas; 1778; 1780, 1, 11, 18.
xJl>, champ, ^Omân, < ^s/r-» 1314.
CJ^, pois, 729 n.; 1420; = qL4> ib. — '^'J^, 1766.
^_j^b-, qui amène un animal pour le vendre, 1^'2,; Arabica IV p.
2b.— Pécheur, pi. wSL>, Dt. = wJbs*. — ^^'^,7narchand, Carbou
p. 102 et 134. Cf. pour la forme ^J'^ vhv. et l'éthiop.—
^_jP^, voyageur, Carbou p. 209.
wJy>, pi. wJ!^, pigeon, Yéman.
>_;^L-:^, hameçon, Dt.; ma MJM p. 51; v. v^i>. — Place,
marché où le v^I>) ôeïaiY, est vendu.
iLaJi=>, vacarme, bruit, 903; v. wJl>.
J..^^, vanner, 615 n.; éventer le blé.
c j o >
Jw^)Ji>, sésame, 13,25; 1213,8 d'en bas, = class. ,3^:?^^ et
^^^L^J^, 294; 358 n. 1; 729 n. 1; 1412; la dernière forme
est encore employée au Yéman, Deflers Voyage p. 224, et
en ''Oman, M S 0 S III p. 3, 6 d'en bas. I el-Mogâwir l'ex-
plique par *--.*s_,-.*. Je ne crois plus qu'il y ait ici l'article
sabéen, mais une finale an, dont la nature ne m'est point
claire; v. sub an. Est-ce que le vieux shve jelej, huile, est
le même mot? Le mot arabe indique quelque chose de rotid.
295
^>js^il> est aussi orgelet à la paupière supérieure = J^>!^,
Dt, Yéman, el-Mohâ. Si c'est à la paupière inférieure, on dit
M Ù «. -
oL^^. On l'appelle aussi -Aj>o, vhv, iC->-=>, vhv., et s^jot^ ,
vhv; Ruzicka o.l. p. 48.
j^b> > il^, yyiontrer de la dureté, 673.
^-...w^ , mentir pour tromper quelqu'un^ J^c. (V-^sf o iOjLXii "^
- ~ î w „ '
■iikJi:>'. ^^y^-i^^ -ot^"^!» (__c*^ (i^ 1^ ^' J^3 *-*^ iiV.as> i^^xJLL vi>.Jt_5
tiLJLc ..Jls^u:^ j^ oV^' '^'^ ^^ ^^^ '^'^ donné de l'argent et que
tu lui demandes ton dû, il te répond: ,jJe 7i'ai rien/' malgré
que le monde cotmaisse ta créance, il est alors m i t g e 1 1 a l.i
cotitre toi, = o^j^jù", vhv. A Damas, f^, aiguiser et mentir,
et ^nL>, mensonge.
^\Jb>t, fém. L:^i>, pi. ^l^^i^, rusé; débauché; ma MJM p.
22. Cf. le syr. ^, Proy. et Dict. Gl. sv.
lAJl:^'', s' écailler, Dt. — L\Jb> = Jui2>, 674 n.. Jwc lXJLj^J ^j^l*)
v_jj.k^i v^Jj) ^^ (^'^st que je suis ferme contre les vicissitudes,
Diw. Qays b. el-Hatîm N° XIÏ v. 9.
l\L>, brebis qui 7ie donne pas de lait, 32, 16; 804; v. Sihâh
sv.; cf. o^, Socin Diw. Gl. sv. — lX.4>, glace, 637 en bas.
yJb-, i, être assis; se trouver, rester, demeurer, 38, 3, expli-
qué 229 n. 2; 1292. Nôldeke Beitràge II p. 49 dit que le
sens primordial de i^^vJb- est être haut et, en confirmation de
cela, il cite „ L,w^Jb> , Thronbesteigung". La comparation cloche,
car ici l'allemand ne saurait appuyer l'arabe. u^Jb- est se
mettre sur son séant. Les Arabes n'ayant pas de chaises ne pou-
296
vaient être assis que dans cette posture ou bien les jambes
croisées ^y^- De là au sens primaire d'être haut il y a quelque
distance. Mais j-^->^ implique bien cette idée, vhv. Cf. éth.
gassa, être assis, et l'arabe Li>, être agenouillé, accroupi
vhv.; V. aussi ^U^. v_j^->^l J^^ ^^yJ>Jc>, elle resta tranquille
à la maison jusqu'à ce qu'elle fût requise de sa blessure,
81, 9, 10; de même on dit avec Joë: ^JJ>y J^^Ji ^^ytkj _^! /J ^^
\.Ac sa\ o^x*ï^ j^jo.o «t.3 dsJ^] ^yb »^! , il avait son père qui
maniait la lance. Son père ^nourut et laissa l'enfant après
lui en bas âge. Sa mère se voua au veuvage. Récit "anazî
d'el-Hôtrôbî, ma LB'A p. 1, 1.
. t>^, support pour la pipe à eau, ici p. 219. — Stand for
water-vessel, Stace p. 162.
u^^J^i compagnon, intime, confident Dt.; RO p. 513. On
prétendait dans les milieux bédouins du Sud que j'étais
tiUIl g«wJLj>, car on se figurait ainsi ma qualité de cham-
bellan de S. M. le Roi de Suède.
Cette forme J-*.*i est très courante dans notre dialecte.
La série d'intensité est J^b, Jliî et Jyjsi: p.e. A^]j, ii)Lî et
A-*r*r^, ce dernier étant d'une capacité hors ligne, cf. Ara-
bica IV p. 51 et Z A 26 p. 162 sur ^xi (Grimme).
ijJL:^, société; personnes prescrites 57, 1. — Siège, 64 n. 5,
V. ici p. 219.
o
(j*^Ls^, siège, 64,22. — Support pour la pipe à eau; v.
ici p. 219 = iCw-^Ls' ib. — Réimion, Hartmann LLW p. 140
N° 68 V. 22.
vjiJb-, déchiqueter, Dt., 1767. ^-y^^^Ji J-^*Jt oiL>, le torrent a
297
déchiqueté le sol ou la terre, = iALJI ^^àJb» J^x^JI, le torrent
a déchiqueté la terre. Dt. On dit aussi ^fr vhv.
o^î = oy:>t, 1767.
s.«i^!, s'abîmer, se détériorer, s'endommager^ Dt. v»^^o!
(^^jtxAaî, moT-i do^■^^ es^ abîmé, une partie en a été coupée.
o
(^,Jb>. c^'-àJL^I , mon pied est abîmé ou blessé par les pierres.
v^JL>, brutalité, grossièreté, = '»Si^ . — Li"^î 723 n. n'est
pas clair.
iCâJb> = '^j>' == t;'^' i^^^ } 1767.
— O -. ^ o ^
jjjàJb-, t?zez7/e femme, 1258, a donné jjjJ^ vhv.
^i>, u, couper, 1766; Ôézîrah p. 158,25. sXiô j«.Jb-, «7 Z?<z a
coupé la barbe (sur le menton) = il lui a graissé la patte,
l'a suborné. Cf. (.y>, vhv, jJLï et fJS.
jjjjb>, v?e27/e chamelle, 1258; v.
• ^Jb-, i, loegstreifen, Dt., 1084 en bas. >_^:$^J! ,j^ (jiL-ccJil! u>^^Ji>,
/'ae séparé le van du blé, propr. wegstreifen, verbe intradui-
sible en français. iCjl.^il o^ ^tb> ili! ou iL_>_5^! xl>, Teaw
passa sur le champ, sans s'y arrêter, iiberstreifeti (raser?)
Cf. J^ d'un sens presque analogue, vhv.
i4i>, côté, flanc, 1767 (i^i^ est faute d'irapr.) = i-^^>. —
Ce sens d'écarter, enlever, LA sv., et affouiller est proba-
blement l'origine de ^^^yi ii^, Labîd Mo'all. v. 6; Nôldeke
Funf Mo'all. Il p. 66. ^ n'est qu'une variation phonétique
298
pour rfJl>- I Sîdah X p. 106, affouiller, v. LA sv. Cf. J.>,
*-Ai> et jj,>.
j_^>, a, émigrer, aussi Nord. — ^Jt>, i, polir, astiquer, sMssi
''Oman, Haffner AL p. 60 en bas, = class. ^>, u. — Fuir,
"Anazeh et Haurân; Musil o. 1. p. 26, 19; 348,11 d'en bas.
^> , faire paraître, manifester; Boh. VI p. 4, 2. — Faire
passer, 288, 8 d'en bas. — Effacer, dissiper, 155, 16 ; v. sub
q:>o. — Préparer le tej'rain pour la semence, 288 n.
^^^ , faire sa toilette, s'habiller, se parer, 639, 5 ; s'apprêter,
674 n. 1.
^_^Jb:>!, faire le fainéant, 170 v. 6.
iLJL>, qui effleure 370.
Cf. J^, c-Jl> et xl>, vhvs.
f;>, i, sHmUber d'eau, absorber l'eau (champ), 1320. — Boire
en général, 1320 ; boire beaucoup, 1820 v. sub ,Jt:> et Cf. î<D:i v.
sub qL^-v^. — Tarir, Beyhân, 1320.
ps>-] , se réunir, s'assembler, Dt. = mehri g a t e m â m et
non pas = ^*x>i, comme le dit Jahn SAE III p. 180.
j«.>, beaucoup, le plus souvent invariable, 1124; 1320; adverbe,
1107,11 d'en bas; 1320; cf. d:i, Ges.-Buhl sv.
x*^, fém. de !«.>, îlombreuse, 452,2.
j*.>I, qui n'a pas de cornes (bute), Dt. iU> oblj, pays nu,
Dt., et c'est peut-être ainsi qu'il faut traduire 452, 2.
^♦>, expliqué 830. — ^y-*-=^^ rétif, courant dans le Sud.
K. el-Ar. V p. 39,2: ^'L. ^^> bi.
c\*>, déborder, se répandre par-dessus les bords, 637, 688.
Cf. (j'.-.*.^ vhv.
299
^♦;>, = (joU, aller au fond, couler, sinken, Hd. ; cf. ^.
^L>, discuter vivement, Syrie.
^4.>, charbon incandesce?it, 53,4,5; 1044; 1308.
■»>♦.:>, grosse tresse de cheveux = iCos, Carbou p. 164.
8.ll>, wîoe/^e du palmier, partout courant. Hartmann LLW
pp. 91 et 177.
- û -
'^yt^, foyer de charbon, 53, 16; 1045; casserole à encens, 1308.
»y4^, casserole à encens, 1102 = a.^, 1308.
j »■->, trotter à petits pas; sauter, 1247; RO § 262; expliqué,
1257. — Galoper, 1257. — ^Se /et;er d'wi bond, 1257. Hart-
mann LLW p. 179. Fâ'iq I p. 216. Sclîaade Uhud p. 46. =
^3 vhv. — Fîiir, 1257.
ij,,,»^, i, > g*^v4.>, a, s'épaissir, se figer, geler, Dt. I Sîdah
Xni p. 287, 8 d'en bas : L*i2j! ÎÀs^ ^^ ,Xé^^ é^_^\ u*^ î^ilï
jUîj '::^^ iLL! iA4:>3 ii)o^! (j«..*.> Jyij (•ij-^i^jtj (^î ^^-j' ^ ^i 'bJtXj
y*^b>, gfe^e; glace, 637.
(jik4.=>, i, prendre une poignée, Yéman. — Couvrir, Dt.
^Ji.4:>, couvrir, "Aulaq. et Yéman.
\Ji^', se couvrir, ""Aulaq. et Yéman, = Dt. ^lAi".
o y
tji.*=>, détritus de pierres, de sable, de choses moulues ou
concassées, Syrie, = Dt. ji^i.
300
iC.ci.4^, pierre^ pi. (ji-U^, Haurân et Béd. Syrie; voir ici p.
196,16. Poignée, hcmdful, Yéman, Stace p. 78; Dozy S. sv.
J»l*^, couverture; Stace p. ^1. JL*s régulier, comme oL^,
^LLi, oL^J, etc. - Cf. J^S', vhv. et g ^ k, 673 et ici p. 257.
*J^.
J^, chameau, et les différents noms 531; prononciation,
485 n. 2. Dans l'antiquité, les chameaux mahrites étaient
renommés, Naswân o. 1. p. 100, Encyclop. I p. 375 a en bas,
mais à présent ce sont les plus mauvais.
i4U>, gages du chamelier, Dt.
d\^, chamelier qui conduit le chameau avec lequel il voyage,
1364. Le gardien de chameaux est olj3, vhv.
iCJU>, écuelle^ bol,= 'iJ<*=^, vhv., 1074 et n. 1. Deflers Voyage
p. 100 a qL^, cruche, ce qui est le pluriel de ic>us, forme
yémanite. 'iJà^ vhv. est un autre mot.
* ^
^^, couvrir, = ^ 673. — ^^b>, démon, 655, 9.
^^y^, épithète du poète, 1568; Hdr. Gl. sv.
icl^, cimetière, expliqué 1589.
^, bouclier, 1644, 11. = l.iJÇ, mais ""^JÇ , wo^i bouclier.
Kônig WB sv., Zimmern Akk. F W p. 12 qui dit que l'akk.
postérieur maginâta, i)\., boucliers, -provient de l'ouestsémi-
tique. En tout cas, le thème est gananu, couvrir, entourer
Cf. g^ et y^, vhvs., qui sont des développements de V~^^.
*-o-, u, aboyer, Béd. d'el-Hogarîeh ; cf. >^i, vhv. — Un autre
v>c> v. sub
301
v_;Lc>, soutien, 1508, 5.
— o £ oc
,_ç.*JL>t, étranger; ennemi, 1367 n. 2; pi. v^'? 1367,1.
K-^_ajL>, poignard, 11,2; 427 (planche). Toujours prononcé
éembîeh ou gâmbîeh.
> O 3 3 O 3
J*:^u>, orgelet à la paupière supérieure, = J^^J^, vhv.
^N>L>, ce verbe très classique est fort répandu dans toute
l'Arabie. Socin, Diw. I p. 57 n. 2, a tort d'en douter.
icLii! c^.5:^, la îiuit est tombée, Dt. ; c)v^' -^^^^^j Bolj. I
p. 138, 5 d'en bas. ynâtJI â-l>, Diw. Hâtim, éd. Schultess p. 3.
^i^J^' , se mettre à l'abri de, Dt. = ^aJo", vhv.
ù - o ^
JvJul ,i^>^, à l'approche de la nuit, Dt. v/^' f^*r-5 '^ Ventrée
cZm sozV, Dt. Q>iAJt ^>. est une expression très courante
des poètes, Socin Diw. N° 29 A a v. 2, expliqué par JwJ ,.:^>,
ù _ _ 3
comme ici 522, 7. J^ ,.;Jjs^. ,_c.-^^^^ l5/*' ? ^^ pos^'^z^ ^e wa^m
de bonne heure, "Anazî, expliqué par -jJ^. J^Î ^nx> (i,
under cover of night, Stace p. 198. = JyJ rf^À> ^3, Musil
0.1. p. 249 V. 2."
g-o- est un développement de V~~^^ , vhv. dont la variation
phonétique est K^qS'j vhv. En datînois, „-J^' et ,^JS3 sont
absolument la même chose.
(jN>, i, châtrer la ruche, 1462,7, mais aussi ^c^" ^T{^^^
les abeilles déposent leur miel (pr. cueillent), 353 n. 4.
U^, pec^e, crime, 733 n. 3.
302
iA?L>, combattre, 149,10. — (j:l>^> = ^oj-gj , Juif, s'entend
souvent.
-i>, parler à haute voix, 1225.
^L>, /ca^^ widerspreclien RO § 291.
j^j^xjî, szc/i wzY lauten Reden ansprechen lassen, RO p. 252,3.
^f> est le contraire de ^. Cf. la métathèse ^^, vhv.
L^ ji>, fournir le trousseau à la mariée, l'équiper, 831,832;
en général fournir le j^r», vhv.; RO p. 164,9 et p. 309,8:
Xx/ixJ^t j. «JOi.ï ■,^s>- , il chargea se^ hardes dans la bateau. —
Equiper une armée. Aussi mehri, Bittner St. mhr. V, i p. 70
§ 72; inf. jL^s-, équipement, Ausriistung, 831.
j^', se procurer le jU^, partout courant en Arabie. Musil
0. 1. p. 186 en haut.
j^>, fourniture, équipement, trousseau de la mariée, Hdr.
selon V. d. Berg Le Hadhr. p. 97. En Dt., c'est seulement
le fourreau du poignard, 20, 14, 15; 1681, 2 d'en bas; 1766,
et l'autre est tl^ ut supra. Cf. vy=r- et UiJ>, vhvs. : JLxi
réguliers.
ji^>, tendre, 333; ce ne s'applique qu'aux graines ayant
encore le suc blanc ou au champ lorsque les graines sont
ainsi: (j-^j^ ^j?-? T^t-
y^.>, petit du A^, 1\\.
303
J^>, a, pouvoir^ 463, 3; 1736, 4 d'en bas; ma LA p. 66 n. 1 ;
surtout dans une proposition négative; cf. J^^, vhv.
(}_^L>-, pi. JL1>, jeune homme, mais aussi étourdi, voire
courageux. On dit que le salut dépend d'un J^L>, qui ne
recule devant rien. Jl doit y avoir aflSnité radicale et sémas-
iologique entre ce verbe et JL>, u, courir çà et là,
Ji^^\ ■Ll^\^ 768, 7 et n. 1 ; Tab. I p. 169. '^l^l^ est le
contraire de ïl^ijtit, Amâlî, Dêl p. 26,7,8.
JL^>, qui est à même de faire une chose, capable de, surtout
au point de vue moral, plus rarement au point de vue physique,
comme 1736 en bas: brave, téméraire Dt.; cf. JsLj, ^, *^
et «^ shv.
Jo^>, prononcé Jv^, mehrite, 333.
J«..^jç> et ii%>, attisoir, 1645. I Sîdah XI p. 33 = J^^v< et
'Sl^A 645,3.
^..^ 1599; expliqué 1644 ss. On est bien tenté d'identifier
*^> et 1*:^, assaillir, courir sus, 1387, cf. ici sub (*^>',
mais non pas dans le sens de démolir. Cela d'autant plus
que les attaques bédouines se^font, le plus souvent, le matin,
à l'aube. On comparera ^.:>.xj, j^cd> et „^ao, f^, vhvs., qui
se rapportent également à l'attaque. Js^ J».:s^^ = J^ lA^'->j
vhv. En mehri, ce verbe est très répandu. Gehêm ou gihêm
est traduit SAE IV p. 137 § 16 par jLw; Bittner, St.
mehri I pp. 26 et 95; II pp. 10; 15; 19; 26; IV p. 66, le
rend par abreisen, absegeln,' lœggehen et IV p. 66 il le con-
sidère comme un verbe caractéristique du mehri, mais nous
304
avons vu qu'il existe aussi dans les dialectes arabes du Sud.
11 le rapproche de l'arabe j*.^*^", nach einer Gegend reisen,
avec changement de » en (_,«, I p. 26; II pp. 10; 19; III
p. 78 n. 4. Cette étymologie est tout à fait fausse; on
n'a qu'à lire LA XIV p. 366 pour s'en convaincre. Le
mehri gihêm s'apphque d'abord à \sl poitite du jour lors-
qu'il fait encore sombre, mais que les premières lueurs du
jour commencent à poindre. Le qarawî (sljaurî) gehùm,
am Morgen werden, lorsque le jour commejice à poindre,,
Bittner St. sh. II pp. 18; 25, a encore conservé le vrai sens,
de même que le mehri geheme, matin, St. mehri III
p. 78; IV p. 67. Le qarawî sighômen, nous sommes ar-
rivés de bonne heure le matin, id. St. sh. II p. 25, corres-
pond à l'arabe Lu.§:s^Xw.! ou j.'-^^! ui^^ LlL^j, 1645,6 d'en
bas, c'est à dire au moment où la nuit est encore sombre,
mais où l'on entrevoit déjà l'arrivée du crépuscule du matin.
En mehri, ensuite, c'est partir le matin, soit par terre, soit
par mer. En arabe méridional, c'est en général faire quelque
chose de botme heure le matin, à la pointe du jour > partir
le mati7î, attaquer le matin, synonyme 'de ij^^^, vhv. D'après
Jahn p. SAE III p. 102, 14, il paraît que le mehri gihêm
est aussi simplement aller; ûhé gihêm ta nùka bàrha-
bêt, et il alla jusqu'à ce qu'il arrivât à une ville, = Bittner
St. mehri IV p. 34; on pourrait alors comparer la séman-
tique de J. , qui de bonne heure a près le sens d'aller en
général. Mais je crois que, même dans cet exemple, il faut
traduire il s'en alla à la pointe du jour, car dans le Sud ou
part toujours de bonne heure le matin à cause de la chaleur.
C'est dommage que Bittner n'ait point connu ce que j'avais
déjà publié sur ce thème 1644 ss. et LA XIV p. 366. Il
ne l'aurait pas alors enregistré, IV p. 66, comme un verbe
caractéristique du mehri. '
j«.f>), devenir ou être sombre, 1645. ^L^! 3^!, le jour est
305
devenu sombre, il d^'cline, ib. JJJI v:iA^>!, la nuit est devenue
sombre ib. = JJJ! u>^.*-g.>, ib. ^U^! c:^* i •>?, expliqué 1646
en bas.
^=.!, partir ^e wa^m, 1651. I Sîdah IX p. 47,7: iU-f^^
«^T j.L^UL^^l3 ^L^ï^-^!, J.JJ! ^^M^ ^3^!. LA XVI p. 84, 3 :
J^f ^i>T j.L^>î , et ib. sub^LX^ V p. 314,3: ^\ ^o_>h Jé
OJ Jû- O, o 5 05
».L\i>5 j^àxj^ iiU.:p.5> i^-^Aw^ 'iiCK^ i^!i>t -w-*j> = Lane SV. ,iAi>,
mais K^.>ji ne figure pas dans ce sens dans LA. Nous avons
ici sans doute affaire à une métathèse de |Jb>, comme le
prouve le passage cité d'I. Sîdah IX p. 47, 7.
^^j [«-ê^, ténèbres et lumière, 1645s. En mehri, gèhma,
gèhrae, gèheme, matin, 1651; Bittner St. mehri IV p. 67
le classe parmi les mots de pur mehri et il y voit III p. 78,
IV p. 25 le reste de la nounation = gehmen, comme
l'écrit aussi Maltzan. C'est plutôt demain matin, 1651; Carter
p. 860: gahamma, to morrotv; cf. j/L. et a^j 1651. Le
rapprochement avec l'éthiop. gêsama, matin, 1651, Bittner
St. mehri III p. 78, IV p. 25, Torczyner Entstehung p. 8,
est à prouver et le soqot. geheme, ib. n. 2 et p. 9, doit
avoir une autre provenance.
x«.f>, expliqué 1646; 1650. — Flamme 1644. — Morceau
de charbon incandescent 1644. — Attaque matinale 1649, 3.
On observera que y, t—fx^ a, classiquem. et dialectalem., le
même sens. — Fetnme mariée 1528 n. — Le sh. eùgéhet, pointe
du Jour, matin, est le mehri gehme, matin, avec métathèse:
megéhet <gehémet = iL«.f> et n'a rien à faire avec nji,
(ji j, luire, contr. à Bittner St. sh. I p. 10 Anm. 2.
A-*.^, expliqué 1646; I Sîdah IX p. 47,4: ^y, iCxJb iUf^'
»y>! ^ JvJJt ot^*v; > sJj^ L A XVI p. 254 en bas.
'i.4Jf>- expliqué 1646.
20
306
pL^^, obscurité de la nuit, ténèbres 1645, 1646. — Géant,
gros 1647.
mI^, obscurité, 1647. — Nuages noirs de pluie, ib. — Pluie
gui gronde, 1648, J^^î i-<U:>, grondement dîi torrent 1470,
. 13 d'en bas; 1648.
C^ff>>c^f>j sombre, 7ioir{?) 333.
^*,vf> expliqué 1646. Gros et grand 1647 = j.l.f> vhv.
j^A=>, négrillon 1647.
&.w>, petite flamme 152,1; 1644.
^^, noir (nuit) 1646. — j*-*^!-:^", chamelles noires, 1199 n.;
w 5 ù
1647; le singulier en est ,.^ ou j.U^ 1647 et n. 2. Jaussen
Coutumes p. 272.
^^i>, a, e7re grâ/é''; sew^z'r mauvais, parce que pas frais (ea,u
et denrées) 1053 n. On comparera (^^>!, éire puant, vhv.,
- 3
et 8^, mauvais, vhv.
- _- û
1^,.^:^], décamper; retourner 1053 n. -S^7-e ?^?^ pe?< ecroidé
(maison), mais non tout à fait ib., v. les dict. ^^' a le même
sens de revenir : bâlingah ^alêhom, nous retournerons
auprès d'eux Dt., class. c'est repousser. Je ne suis pas in-
disposé à considérer ce xjs^, revenir, comme une formation
secondaire de Lr-f>''i comme oJ-à-J'î >vJLàJol, se rencontrer,
<K~oiîi, V. 41,12; 75,21; 341,5 d'en bas, 376,15; 926;
cf. JJi > (ij" vhv. < ]/ ^3 et ^p < Jjxo! > ^}.^J\ > JJ, remplir,
^^L>, pas frais (eau et denrées), qui sent mauvais, 1053
et n., expliqué 1053 n. On me disait que la différence entre
^$b> et oL est que ^b> indique que le vase est ouvert et
ot^, que le vase est couvert!
307
u
^jf:^, V. (C^L>i 1053 n. Dans le Hogarîeh, |_^=>, pi. is^i>î,
c -
est cuisine = le j.lX^ des Hadar, vhv.
«_jL>, u, parcourir, traverser, voyager, courir le monde. Chez
les Bédouins de Syrie, v*-^? i, a à peu près ce sens. Cf.
sub ds>.
V>>, répondre, 11,19; 74,21; 79,4; 544 n. 2; Stace sub
answered et retorted; v. d. Berg Le Hadhr. pp. 265, 10;
266,14; 275,2; 281,3 d'en bas; aussi à Ma'lûla près de
Damas; Brockelmann VGSS I p. 514 en haut.
JLc ^-;^=>, protéger avec un bouclier, 1644; dénominatif de
ujj.>, vhv.
V3L>, répondre, 1733; > v-=>tj, 790.
iC-jL>l, inf., > iL>->], 1379,4 d'en bas, ou xjL>, ce qui est
aussi bon.
^_jj.>, grand seau pour traire, 1456; Farazdaq ZDMG 59
p. 605,4.
Bouclier, 1640; 1643, pi. v!>>'- Zimmern Akk. FWp. 12.
'isi^^^ cuve, cuvette, cuvée, 1150 n.; 1229 n. 3; 1456; 1644.
Dans I Sîdah V p. 117,. il y a 'i^^::^, pi. v^r* = ^^-'^=-'-
Développement de l/~_^_s-? On fera sans doute mieux d'y
voir la même racine que dans v^^» vhv., et le latin cûpa.
' V. à ce sujet Walde LEW p. 213s., qui a tort de rejeter
le rapprochement avec le babyl. kuppa. La racine idg.
qeup, qeub, voûter, est internationale, mais dont le point
de départ n'est pas précisable. Cf. le classique iC-*.
panier en cuir, et voir ici sub l-^:saj>.
^[^>>vL>3, 790.
308
_^>, imparf. ry?^j expliqué 906. En Haurân, -L>, u, est
tinter doucement = ^^,, comme dans ce verset de la Qasîdat
es-Sahgah :
(jrôz smûh tedall ëtgûl.i tenâri mitl er-rabâbât
Une paire de breloques tintant doucement, geignant comme
les rabâbah.
„y>, 40, 2; expliqué 906 et note.
^^->, expliqué 906. - _.S^>, expliqué 906, 907. V. Socin
Diw. Gl. sv.
^L>, u, affouiller; emporter (torrent, la terre) 907,
Sy>, bien lier, bien serrer; bien faire une chose, 637 n. 2; 1589.
_bljj LT-jài! ^J-^J ^>> serre bien le licou de la jument avec
une corde, ""Anazî. s.JOLXil -H,^ oj.>, serre le lacet des escar-
piins, Damas. El-HôtrObî dit dans sa célèbre qasîdah (récitation ;
mètre du chant: | --^- \ -^--), ma LB'A p. 12 v. 9:
Amsi wàna Ëènni ma' ed-çlidd maktûf
Behlâg hurs ûmgauwedàtan beëlbahâm
Je marche, tout en étant comme si fêtais au pouvoir
de Vennemi, les mains liées derrière le dos
Avec de forts anneaux serrés au pouce.
iô'o^>3 iLjJL^^, je l'ai saisi et je Vai tenu ferme. Alli
yîgi bi'adûl et-trâb yifôkkeha Alla, walli yigau-
w i d h a e r - r à m i t e t î b > to chamelle qui vient portant des
sacs de terre, Dieu la préserve d'être frappée d'un coup,
mais celle qui est bien touchée par un coup de fusil tombe,
ma LB'A p. 58/9. »aI> »!>5' ko^> ^^"^Ls ^^ ^^^L5, un tel
309
frappa un tel et l'assena un coup qui porte bien. Tout ceci
est la langue des ''Anazeh. Dans le Sud, l'évolution séman-
tique de ce verbe se rencontre avec celle du Nord: mettre
le hàt, hâter, seller: J-c o^->, 632 n. 2; RI) II Gloss. sv.
C'est ainsi qu'on dit aussi ^}s. <J^ vshv. Les deux verbes,
presque synonymes, ont donné chacun son substantif, aussi
presque synonymes: oî^> et ->lA-i;, vshv., et il ne faut pas,
ce me semble, considérer les verbes >3^> et l\^ comme des
dénominatifs, ainsi que l'avance Rhodokanakis pour o^->,
RD Gl. sv. Jji Oj-> est bâter, seller, mais le sens primor-
dial est lier, serrer^ «A-Ji. La sémantique de ce verbe s'ap-
plique aussi à d'autres idées dans notre dialecte. o^> est
aussi aiguiser, p. e. le couteau, le soc. — u^jàJ! J_c ^>->^',
être dans son assiette à cheval, Negd du Nord, 632 n. 2.
o^, petite outre; plus petite que J«-*-*^, ^Anazeh. Hart-
mann ZDMG 51 p. 184, IL Meissner NAGI p. 117. Musil
0.1. p. 138,9. Jaussen Coutumes p. 70.
»Oj.>, don, pi. o!^>, actes de bienfaisance, 157, v. 2. Musil
0.1. p. 227.
o!^>, Sattelzeug, sellerie, selon RO pp. 15, 13; 60, 10; 278,
13 d'en bas; 320,3; 344,8,11. Rôssler, MSOS I p. 62,10
d'en bas, le traduit par Decke, couverture. RD Gl. sv.
l\_x.> 1577>lX_>->, bon, excellent, brave, courageux, hospi-
talier, 73,11; 127,6,19; 128 n. 2; 145,5; 476,2; 634 n.;
1577; ma M J M p. 19, comme l\Iw > cU^; de même en mehri,
Bittner St. mehri III p. 15. - xL'! JujL=>f, 073, 6. Arabica V
Gl. sv. Carbou p. 188: 'id^ ^.^L^ï, les principaux d'un village. —
lXjjLé^', 1705. — Sur q'A*>, voir sub iAx>.
310
.L>, 11, être cruel, 1461,2. — Pouvoir, être de force de, 463 et
alors =^y.>, imparf. ^y-^., forme qui est employée à l'est de
Dt. — ^^=r-, faire la contreha^ide, Yéraan.
^L>, protégé, 11, 6; 426 et protecteur, comme ^. Hdr. Gl.
sv., ici sv., et ^U-^, vhv. C'est véritablement voisin. Il en
est de même dans la lurah, et Nôldeke Beitràge II p. 73 a
tort de ne pas admettre ce sens comme point de départ de
la divergence séniasiologique. Je ne vois pas en quoi l'hébr.
lA pro^e^é^' =: l'arabe .L> pourrait y former un obstacle. Bien
au contraire. L'hébreu a de bonne heure perdu ce sens de
voisin, tandis que l'arabe l'a gardé. Glaser, Die Abessinier
p. 78, confond .L> et j.l>L>, pi. (.'^Xj^i, vhv. et sub ^J*,.*J>■.
Voir à présent Pedersen Der Eid bei den Semiten p. 29 et ss.
^L>, arbre de ricin, Yéman. — j^> pesant, 463.
;L>, u, passer, 1226,9. — Au fig., s'abstenir, renoncer à.
(jo;^L^ oii pJi '£sJSXs> ^^ lîj^j» ^^'^ s'abstinrent alors de
(prononcer) ce mot (Iblîs) pendant environ deux ans, 1710,
12,16. Meissner NAGI p. 117; id. M SOS VI, iip. 81 n. 16;
ib. V, II p. 96, 12. - Quitter, Z D M G XXII p. 131 et p. 154. -
Vaincre, ib. p. 138.
jj>, faire passer. Cf. Marçais Gr. tlem. p. 304. — S'évader
(Aden).
;^> est aussi pour jtff . Ce n'est que provenant d'un jôtàj'
que Jots peut être = joé, comme \.=>3 < iy.=>yS, n^ < x-*--Li',
^<^Jaj)-, LA II p. 206, 17, Brockelmann o.l. I p. 609,
10 d'en bas; cf. -3,. < -,3^" vhv.
jLpt, se laisser passer, être 'praticable, se dit du chemin
311
qui permet qu'on y passe, lâsst sich gehen, RO § 345;
voir ici sub J^lJCw!.
yi oïj^i:', la route principale. RO p. 197,8. — j_jL:>, peut-
être, cela se peut, propr. ça jpasse, partout courant; aussi au
Waddây, Carbou pp. 32; 228; 243. Tout cela, est aussi bon
dans notre dialecte et prouve que le sens fondamental de
V'~jy>- est couper > passer, ainsi que celui des thèmes j.> ,
c j> etc. vhvs.
bj^=>, partie sous le menton, 796 n.
jl^s-, joiîitée, 703 n. — j!y> ou jLç> 68 n.
aj^Ls*, terme de rhétorique, 382; 491 n. 1; 995.
,ji-3,L>, faire un tour, une promejiade, Aden.
(ji^>, tour, promenade; pi. u^-^^', fois =^ o'--*, usité sur tout
le littoral et en mehri.
&%=>, tapage, Dt. cf. ^ji.^.^ et uiiA>.
iji^j.^, homme courageux, selon Jahn SAE III p. 271 m'est
inconnu, mais je n'en doute pas, vu que ^J^•)^> signifie qui
fait beaucoup de tapage, qui crie, ainsi que fait le courageux
à la guerre.
Œ
,-tjL>, qîd a faim, > gêâ", 24, 19; 699, Dt., pi. cLo> Dt.
Aden ^^Lx-v> • LQ verbe ^.>, manger de la terre, LA III
p. 143, 12 et ib. IX p. 401, 2 serait de la même racine d'après
Kowalski apud Jacob St. Ôanfarâ II p. 21; c'est plutôt un
dénominatif de ^iL> ^ ^J^I:» , qui a peut-être quelque relation
avec ^lî, gâ^, terre. Cf. pL:^*> = i_p^! .
c^^>, faim, 1727. — 'î^c^ expliqué 534.
312
v_î^-=> employé comme préposition: dans, sur, 476,6; 497, 16;
1225 en liaut. oj^aLII! "^j-r* J^^N ^^ ent?'a dans le coffr'e,
Dt.; Bibl. Geogr. Arab. IV Gl. sv. Même emploi de ^^ dans
plusieurs dialectes; à Bagdad, OS Festschrift Nôldeke I
p. 406. Sur v_îj^, voir Arabica IV p. 44 et ss. Lyall Ane.
Poems p. 21 : ^J^ii- *j JUïj ^y^\ J^i iiiij (^^y , le loàdî dans
la langue des habitants du Yéman est appelé e 1 - G a u f.
Bien que oj.^ soit^j.>, on ne saurait pour cela dire avec
Vollers, ZDMG 49 p. 494, que „rf finale tombe dans gau
= L_î>r-". Ce sont deux mots congénères oi^i i^Yi; v. j.>.
Mon article sur _^> et l_îj.> Arabica IV p. 43 et. ss. paraît
avoir été inconnu à l'auteur de l'article al-Djawf dans l'En-
cyclopédie de rislâm. Ce n'est pas „une province de l'Arabie
méridionale", mais un territoire, surtout celui que décrit
Schleifer, d'après Niebuhr, et que j'ai moi-même décrit dans
mon Arabica IV. Le el-(jrauf par excellence a été visité par
Glaser, ce dont Schleifer ne parle point. Naswân o. 1. p. 23
dit: ^3-*-r^L. otj i^j-ii-3 iL«L*-J! ^-?>-^3 \J^p>^ cr* q^'*^' ^jr^
^Jô^ iJL^Avo, Toute la zone, inculte et habitée par des tribus
encore sauvages, qui entoure le Rub^ el-Halî, est une dé-
pression du terrain. Elle a le nom de qU^Î, 161; 266 n. 2;
1349, pi, de _^:^', ou ^^^^'^ u=^^î, chez Doygthy Travels I
p. 418 Giân, Arabica IV p. 44 n. 1. Elle est aussi appelée
idUJt, il%J! 1) ou qÎ^F^' c^^, dont Maltzan Reise p. 304 a
fait Chobbet el-Gu'^an et le traduit par Hungerwûste^
désert de faim! Il le place dans le Beyhân, ce qui a beau-
coup étonné les nombreux amis que j'y avais. Le chef-lieu
') Voir Arabica IV p. 44 d. 1.
313
de „la province d'el-Gauf" n'est pas Marib, comme le dit
Schleifer o. 1. sv., car Mârib est assez loin d'el-Gûwàn.
Schleifer a totalement oublié le (jauf au nord de Rub' el-
Halî, 1707, qui est = el-Yamâmah, anciennement appelée
_y>, Tab. I p. 773, qui cependant, d'après el-Gazîrah p. 161,
ne comprenait pas toute la Yamâmah, mais seulement une
partie, habitée par les Soheym, les Tomâm, les ""Âmir b.
Hanifat et les 'Iij;1. El-Mubarrad p. 439 dit que c'Jauw était
la capitale d'el- Yamâmah, ^1*^2^ iL^. Les habitants étaient
_^> jT, Yàqût IV p. 1033, K. el-Ma'ârif p. 308; Tab. I p. 774,
qui porte j.:?- J^l; c'est alors toujours sans l'article, Tab. 1.1.
1. 6; voir ici sub _^>.
Jb>, u, faire des tours, voltiger en rond, faire des évolutions
à cheval, 31,14; 1232. — Errer par ci et là, 687,3 d'en
bas. Même sens chez Musil o. 1. p. 190,19. C'est le terme
technique pour faire des évolutions à cheval lorsqu'on attaque
l'ennemi. Inf. J%=^. I Sîdah III p. 112,5 d'en bas: J. JL>
y*^i^^\ ^ JAj 'is.iLK^ ^_^3 \j^.x_<;av ^^ "^j^^i ^.V^F J^>J O^;"^'
d^JJo" yi^i ^iU ^ c^Jiis ^î u5' = LA XIII p. 139. Sur ce
thème, cf. H. Môller Sem. u. Indog. p. 66 et p. 85 et ici sub J.>.
Jy>, voiler le visage avec le ^y>, 27,20; 194 n. 5: 761;
817, 8 d'en bas. Dénominatif de J^? — Vanner le blé, j.Lxyi,
ma MIM p. 16.
J^L>, attaquer en faisant des tours d cheval, Dt. RO p. 305,
4, 5. Aussi chez les ""Anazeh.
J^', s^ envelopper de quelque chose p. e. ^y^y, se couvrir de;
= v ou^" Dt. vhv., se voiler avec le J^^, 761.
314
^3y>J pl- o^^ et Jty>, Hdr. Gl. sv. Les différents territoires
que j'ai traversés depuis 'Ayn ba Ma^bad, dans la W.
Meyfa'ah, jusqu'à ^Azzân étaient appelés gaul>gûl. C'est
aussi le mot pour un terrain désertique et alors synonyme
de c:.-Ai> vhv. ^ n'est connu qu'au Yéman, vhv. — Dans
les inscriptions minéo-sabéennes, ^y>- se rencontre assez sou-
vent; p. e. apud Hommel Chrest. p. 12: 'u^^o^ oJ^ ^ç^*^*,
Jy>- ^uXj^yS)^ ^j-^3 > '^ fii de Tamdat, de ses champs, de sa
montagne et de ses pâturages un gaul, c'est-à-dire un ^j4=>
ou ^-:$^ ou luj> vhvs., un rsy.evoç. Hommel traduit cette
phrase autrement. Lagrange Etudes p. 184 n. 1 est un peu
•plus exact. Rhodokanakis St. z. Lexicogr. II p. 28, où renvois.
Sur u^-^o, voir Arabica V Gl. sv. et ici sv.; sur _£, voir
Arabica IV p. 75, Hdr Gl. sv. et ici sv. Otto Weber Stu-
dien z. arab. Alterturaskunde II p. 30. Chez les Bâ Kâzim
et en Marhah, i3>> est sol, terre, Boden. Cf. JL>, lisière du
désert, ZDMG XXII p. 134 et ici sv.y>, LA XIII p. 140, 1:
vnJI j^] i:x=>li J.t'ï^!^ 3^^ J^^'; pour la graphie JL> et
J.^, voir 301 et 302 n. 1 et 1418 et LA VU p. 101 d. 1.
Le ^^y^j), territoire à l'est du Jourdain, doit être le même
mot, appliqué à cette contrée par les tribus immigrées du Sud.
Les Arabes du Nord n'ont pas su qu'il y a avait déjà la dé-
termination sabéo-himyarite, et ils y auront ajouté l'article arabe.
Le mehri g ô 1 û à côté de g ô u 1 u m , fièvre, Bittner St.
mehri I § 42, = sh gôlu ou gèle, maladie, id. St. sh I
pp. 25 et 26, et § 56, que Bittner tire d'un thème gly ou
gll, être chaud, ib. II p. 41, pourrait plutôt être rapproché
de la V^y^- et comparé avec l'arabe .^o, accès de fièvre.
^y^ , couverture de cheval; hardes, vêtements usés, 1 233 .
315
J!^_:>, gardien^ parce qu'il 6y^., fai^t la ronde; Meissner
NAGI p. 139.
J^, voile, 761 et n. 1; 762; 817, 2 d'en bas; 1232. ZA 29
pp. 28 et 37. D'après Stace, c'est aussi floiverpot, p. 67 et
p. 127: je ne connais pas ce sens.
iLo^> en Dt., gûnieli, mais en Hçlr. gûnîeh, gûnî^etak,
ton sac. C'est véritablement la grosse toile d'emballage, ser-
pillière^ et par synecdoche, sac^ parce qu'on fait les sacs de
cette toile, 655,4; 741; pi. ^c-^l^^j 1648. RO p. 7, 13 et ib.
§ 140. Moritz Zanzibar p. 18: iùJ^>, grosser Sack. D'après
lui, le mot est hindou: Sy-^"- Courant dans toute l'Arabie
méridionale, môme chez les Mahrah, Jahn SAE Gl. p. 182.
Bittner St. mehr Y p. 8 donne pour le raehri gûnît et
gûnît, et St. sh I p. 36 et p. 54 pour le sh gunàt, cf.
plus haut, et pour le soqot. guni'eh. Il le compare avec
l'arabe „iLJ^:>, Lederbiichse fur Spezereien", mais c'est là
un autre mot et le même qui suit ici.
iC.j^.>, trousse de ventouses, le petit panier oii l'iiomme porte
ses ventouses, 1030,8. Dans le Nord, c'est aussi ^awzer: &-j^>
»^t, le panier où Von met les ustensiles à café. Lôhr, Dia-
lekt Jerus. p. 122: gûne, lederumgehener Korh der Fellâhhi;
cette définition „entouré de cuir" est empruntée aux diction-
naires classiques; voir ici p. 316, 1. Aussi en Mésopotamie.
Jaussen Coutumes des Arabes p. 73: gawneh, petit panier,
aussi appelé selleh ou qasab. Nôldeke Fùnf Mo'all. traite
de ce mot. Il y cite Hiz. el-Adab III p. 376,10; Tab. II
pp. 1446,15; 1447,1; Mas. Pr. d'or VIII p. 394.2, où =
xJ^, ib. p. 392,6 et 8, comme LA XVI p. 287,7: iq4^
316
rond doublé en cuir ou recouvert de cuir, qui se trouve chez
les droguistes. Dans LA XVI p. 235, ii-J>-> est défini par
^.jLiilj vvi^' ^t^ J^*??. ^^' sL/i^jt^ b_jA;Cw-« iduw, ce qui est
devenu ^^Lederhilchse" sous la plume de Bittner, St. sh I
p. 36. Cette forme iiLj>> n'est pas généralement approuvée.
Elle doit provenir de l'accent sur gû qui devient alors gû^
et les Arabes auront rendu cela graphiquement par ii-j>^,
voir ici p. JiLcwî. Zaraahsarî, Asâs, cite le vers d'el-^Aggâg avec
la remarque: jiLiLAJi-ciJ' J,^ ,ij^ \>-^ .Uajol (^Lvà-aî' icj^ ^
avec la note marginale .LiutJ! icluy> ^_ct qui se rapporte à
^tt\à-5, tandis que, dans son el-Moqaddimah, éd. Wetzstéin
p. 30, il énumère parmi les c>^_:^-*.J! oLj1 aussi i^>-=-, pi.
^^^=>- = iC-J>> ib. p. 293, 13, capsula conservandis aromatibus.
El-Amâlî p. 145,8 d'en bas: iC-j^>-! ^j^'j voir ici sub '^..
Lorsqu'on a vu comment les droguistes orientaux étalent
leurs marchandises dans des paniers ou sur des plateaux en
sparte et qu'on connaît la grande et belle industrie de la
vannerie dans le Sud de l'Arabie, chez les Sômâl, les
Abyssins, et les Soudanais ') on sait ce que c'est qu'un
iLj^:> ou iJLw, mots oucoro usités dans le sens» de pallier, le
second courant surtout en Syrie. Le manger est servi sur
des plateaux en sparte, et l'on s'explique aisément la des-
cription d'el-Mas'ùdi VIII p. 394, 2. LA XVI p. 257,12:
j^oj w-^! Li-*-î Jot_j jkJ! iLj^j! = Nihâyah I p. 189, 7
1) Daas Eine Sludienfahrt nach Kordofan par Cari Meinhot' p. 11,
il y a deux figures de ces paniers, mais ils paraissent être moins bien
faits que ceux que je possède dans ma collection.
317
d'en bas. i^>-> est donc un panier, un corheil > un réci-
_ pient, un vase, un plateau. q^> est fosse chez v. Kremer
Beitràge z. arab. Lexicographie p. 38. Je ne sais d'où vient
ce mot iLJ^>, qui se trouve dans le Nord et le Sud de
l'Arabie. C'est peut-être le même que l'araméen p"cl » pocu-
lum, Brockelmann Lex. syr. p. 52, Cardahi el-Lobab p. 171,
où il est traduit par xj_s> et iCjt.x^. Je suppose qu'on le
trouvera un jour aussi en akkadéen, comme son synonyme
iL, = akk, sel lu, panier, Zimmern Akk. JW p. 37.
Il y a un autre ^-jy>, p. e. dans la Mo^all. de Lebîd v. 59 :
où il est traduit par wine-jar smeqred with pitch, Johnson Seven
poems p. 114, ou par schwarzes Thongefàss, Nôldeke Fùnf
Mo^all. II p. 61, qui y voit une épithète du récipient. Ensuite,
la iL.A_jLi>, jarre, LA I p. 55 < akk. habn, Zimmern
Akk. FW p. 33, serait aussi appelée iC-J)~> à cause de la
couleur noire, de même que le _j.Jo „ lorsqu'il devient noir"
L A sv. Je ne vois pas bien que le j^ô puisse jamais prendre
cette couleur assez prononcée pour mériter cette épithète >
substantif. Je ne vois pas non plus qu'on puisse ramener
tlj^-^Jî, le soleil, et ,l\_pJ!, Qâm. sv., au même point de
départ. Si la marmite peut mériter l'épithète de noire,
voire même la jarre à vin, si elle goudronnée en dedans,
je ne trouve pas la même raison pour la gûnah, panier,
basquet du droguiste et du ventouseur. ^lX* < l'akk. digaru,
Zimmern ib. p. 33.
^^^> est outre d vin dans el-Mufaddal. N° 21, 17.
On n'était du reste pas d'accord sur le sens exact du
^^y>, ainsi qu'on peut se persuader en hsant LA et K. el-
Afldad sv. Nnldeke Beitràge II p. 94 dit c'est emprunté à
l'araméen jja^^ ou q. couleur, Cardahi o. 1. p. 171, < v.
318
véd. gaona, néo-persan g un. Cela expliquerait la variation
sémasiologique de qj^. Voir plus bas. Les Arabes ont du
reste d'autres idées sur les couleurs que nous.
Le soleil couchant est aussi appelé iLJ^_js^î, I Halawey
apud el-Hafâgî Sarh sur la Durrah d'el-Harîrî Cstpl. 1299
p. 28. LA IX p. 400, 8 Naqâid Gl. sv. I Sîdah IX
p. 20 en bas : ; ^..^.^.XcJt (^-a-j iLJ^:sn_Jî : j^^_A_xJî ^_*_=>'wjo
r > ^ 3 ) - G -
^y-î ^ lj:bC=> iu^:S^Î iCJ^ i^>■> ^J''..♦-:i^il : w^JLau , = L A XVI
p. 255, 8 d'en bas, qui ajoute : lXJî^ Jï c:a_jLc !o! L_^o!o^-w"b5
Lplâ^a 3 U»i3LxJ Q»^, ce que I es-Sikkît avait déjà dit avant
lui, Tahdîb p. 388: \.Çi iLj^> •^j.^.j^^ Ujî^ aJ^^oI (j^.^.*^ JUj
w^aju ^^ j^^j = I Sîdah IX p. 20, où aussi 1. 5 d'en bas:
fy^iai! lAjiAxi (^î iuj.> y.*^xiJt . On était donc en parfait désac-
cord sur la portée du mot q^^- I- es-Sikkît Tabdîb p. 388,
= I Sîdah IX p. 20, 7 d'en bas, dit ^^=^^1 ^Ji^ o_^^! ^^J!.
^^ys\!t est aussi le jour, comme en mehri heyûm est jour
et soleil, et en sh. yum (yûm), soleil. Bittner St. mehri I
p. 38 n. 3 compare aussi le turc gûn ou gùnes, jour
et soleil, gûn es, soleil '), et le hongrois 7iap, soleil et jour,
ce qui m'a été confirmé par des Hongrois. Il faudrait exa-
miner quel rapport il y a entre le turc gûn et %>. Il
n'est point impossible qu'il faille' remonter à l'époque sou-
mérienne pour y voir clair, surtout si l'on admet que le
soumérien est une langue altaïque. Je fais également observer
qu'en basque egun est joicr -) et qu'en touareg a g en ne
est ciel. Cela n'est pas une coïncidence fortuite.
ii3^k^\ est = %.> Jî , le soleil, mais les deux signifient aussi
') Cf. aussi en turc ai, lune ôt mois, voir ici p. 517.
■-) Ce que des Basques m'ont confirmé.'
319
^lXJLj! parce qu'elle est noire, selon les lexicographes. Je ne
saurais me persuader qu'on ait donné le même nom à ces
deux choses si différentes s'il n'y a pas un lien sémasiolo-
gique primitif qui les unisse. %i^t serait alors le fém. de ^^^>,
comme son synonyme ^Ij^Jt a aussi revêtu une forme fémi-
nine, à cause de sj*.-*^ qui est du féminim, ce qui est impor-
tant au point de vue culturale et mythologique.
On a beaucoup tablé sur le sens de ce q^> exotique qui
a comme substantif &-j>>, couleur noire, à l'instar du iJLxj
des couleurs, tels que '^r*s>, iyi2==», «y-w, iCw^c, ïjo.^ etc. 's^y>-
serait alors, selon la majorité des lexicographes arabes, «^a
noi7'e, et sa couleur serait %>, couleur noire, voir p. 317 et
I Sîdah IX p. 20 en bas = L A XVI p. 255, 8 d'en bas.
Nôldeke Beitrâge adopte cette argumentation, mais il donne
le sens de rouge foncé au io^> couchant, probablement parce
que ^.j^^ est aussi ,^ . Lane a évité cet écueil en tradui-
sant iLj^> par the sun's dise, = u*-.*^^! u^c = L^*-';^ ^t^'-îJ
I Sîdah IX p. 23,1.
C'est bien hypothétique que tout cela. Je suppose que les
Arabes, voulant, comme toujours, trouver l'origine des mots
dans leur propre langue, ont identifié io^> et %>, 7iom.
vasis, ainsi qu'il ressort suffisamment des dictionnaires indi-
gènes et de Lane, sans vouloir pour cela avancer que ^^.^î
tire ce nom de celui du iLJj.> , récipient^ panier etc. Dans
iCxjLx^J! JàLàJ'bîS, éd. Beyrouth p. 285: iLJ^:?0! ^j^^^\} JUb, mais
cette vocalisation peut provenir de l'éditeur. Je ne veux
nullement prétendre que les Arabes aient confondu %> et
ioj.^, car je n'ai pas de preuves pour cela. Mais gûnah a
320
pu être prononcé g ô n a h , d'après de nombreuses analogies,
et gônah a aussi pu devenir gaunah, ce qui graphique-
ment devient i^j.-> et i;Jj_:s^Ji par excellence, le soleil, le
^j^*^! LN3 Js . On dit encore p. e. (jo_iLl! Jay^^ c^xs. ^L^ L_j ,
nous allons partir au coucher du soleil, RO p. 166. Le disque
du soleil vient du disons, qui est aussi = ^./o," = 'iLX-Lz>-
ou iju^, voir p. 317,7, et qui a donné Tisch, disco, disk
(suédois) etc., Kluge sv. Tisch. L'évolution sémasiologique
serait la même, si elle pouvait s'appliquer à ce cas parti-
culier arabe.
Je suis persuadé que KJ^:s^i! n'est pas un mot purement
arabe. Les Assyrioloques trouveront peut-être un jour son
prototype. Je rappelle pour mémoire que le Taureau a en
soumérien le nom de Gii(-an. -na), Taureau (du ciel), rac-
courci plus tard en gù-an, Jeremias Handbuch p. 109 et
p. 119, Zimmern Akk. FW p. 62. Qui sait si nous n'avons
pas dans le mot K.jj.^! une réminiscence de l'époque oii le
soleil se trouvait, à l'équinoxe du printemps, dans la con-
stellation du Taureau. Les conceptions mythiques et mytho-
logiques qui s'y attachent sont encore fort nombreuses,
1472 et s.
Selon et-Wâqidî, Wellhausen Mohammed in Médina p. 173,
le Prophète fit sa prière surérogatoire, iJblj, pendant la cam-
pagne de Dât Riqâ", „sur son chameau tourné vers le soleil
levant". Wellhausen traduit ainsi o^>iUt _^', ce qui n'est
pas tout à fait la même chose que le soleil levant, Sonnen-
aufgang. S'il avait dit vers l'est, l'interprétation aurait été
à l'abri d'un malentendu. Bohârî II p. 45, 8 ((w^5'U!) ^J^, v_jIj
ii-j^-x^=i.4.1i = Qastell. II p. 297, rapporte aussi cela, J>^ ^^li'
o^./i.JI _^' sA:>]. ^c, mais il ressort des hadît à ce propos
321
qu'il ne le faisait que parce que sa chamelle était tournée
par hasard vers le m a s r i q. Pour la prière obligatoire^
juyiJCl! BbLAoii = iOto5 Ait , il mettait pied à terre, Boh. II p. 45
= Qastell. II p. 297.
J'ai vu plus d'une fois les Métâwileh, dans la montagne
au-dessus de Tyr, faire leur prière obligatoire tournés vers
le soleil couchant , c'est à dire au moment que le soleil se
couchait, notamment une foi dans le village d'el-Meg^dal, près
de Qarat Sam'ah (Baedeker p. 273). Je leur fis l'observation
qu'il fallait se tourner face Mekka: kjLo I^ULj ^y>, et l'on
me répondit laconiquement: UjdUï (^5^5», c'est là 7iotre qiblah.
Jaussen, Coutumes des Arabes, p. 293, raconte aussi que
les Bédouins se tournent vers le soleil levant, et ib. p. 294
il rapporte un trait de leur respect pour la Lune. Le Pro-
phète a défendu cela, Boh. II p. 61 ((j^cNJiiî c>^ 0<:s\m^ ^_jL.)
selon la Tradition: ^Iki" j:s> ,#Ia1î! Jou :(j>î'^i>w3 Jou abLo "1^5
Vj^J" tS^ y^^ "-^i y«»..^î, il n'y pas de prière après ces
deux: Après la prière du matin tant que le soleil n'est pas
levé et après la prière de l'après-midi tant que le soleil n'est
pas couché. Et ib. («Lï l\:su«.x *_j[j), I ^Omar dit: ÎJot kj^î 1!)
l— ^^^ 33», je n'empêche personne de prier à l'heure qu'il
voudra . . . toutefois ne choisissez pas (pour cela) le lever
du soleil ni son coucher. L'auteur de Magma^ bihâr el-anwàr,
Moh. Tâhir '), ajoute sv. î^: c^ o-5j^ ^-^^ '^-^^ o' '^^
On ne dira pas que les Arabes n'aient conservé la mé-
1) + 986, Brockelmann G A L II p 416.
21
S22
moire du Culte du Soleil et de la Lune, ni qu'ils n'aient „une
mythologie développée", comme l'a statué Nôldeke, 375 et
D. 2. Cette mythologie était assez „développée" avant l'Islam,
qui l'a plus ou moins étouffée. Il y a encore à l'heure qu'il
est une foule de réminiscences mythologiques et de conceptions
astrales qui remontent à l'aurore de l'histoire — tout comme
chez nous!
Le matin s'appelait u^^vjj"^' ^y^iî, le taureau blanc, I Sîdah
IX p. 51,4. Après tout ce qui a été écrit sur le Taureau,
1472, je ne crois pas avoir besoin de relever la portée de
cette expression, qui, de même que ;>-w*_xiJt (*-î^J^' pour le
coucher du soleil, Hdr. Gl. sv. = Brôckelmann o. 1. II p. 66
Anm. 3, évoque le souvenir d'un temps bien éloigné. En
sabéen, t w r .v.S est aussi, le nom d'un mois, Sab. Denk-
mâler p. 51.
Il y a aussi d'autres noms qui se rapportent au soleil et
rappellent le culte dont il était jadis l'objet. Tel est iC-^'îi],
I es-Sikkît Tahdîb p. 387, où un sâhid. I Sîdah IX p.
19: idL*s ^ 'd^'Sûi\^ 'i^^l L^ Jjij3 et il cite le même sâhid
que I es-Sikkît, avec une explication, d'après el-Fârisî, pour-
quoi on l'appelait ainsi et pourquoi cette appelation ne fut
plus permise après l'Islam; Lane sv. Marâtî éd. Seyho, p. 105.
Déjà Fleischer avait montré que la tradition islamique savait
que la déesse païenne el-Ilâhah était identique au Soleil.
Wellhausen, Nôldeke et Buhl sont aussi de cet avis. Nous
voyons que I Sîdah confirme cela.
Un autre nom du Soleil est IvJ. I es-Sikkît p. 390: JUb
kJ^^.k2^ ^-kJ^ iUJL. yi c:Axijc) lXï et ib. p. 801, où l'éditeur
ajoute: &-^! AJ^i _}, l Sîdah IX p. 21,11 dit seulement:
^]^^. ^ '^^.' LA III p. 479/80: ^ ^1.*^! _^ is^Vw ^y'
P^Uîj .^jui\ *53 ^^J! 2I=>lXj "^ ç\^, avec un sàhid d'Abu
el-^Alâ el-Ma^arrî et un article ad hoc confirmant la leçon
323
-^ au lui de ^y-i, comme c'est à tort imprimé dans le
Sihâti sv., copié par TA.
Zamahsarî Asâs cite le dicton ^yj ^y, . ♦ rî aU' ii)ULjt>
Z^- cr ]y'3> TA. Qâm. sv.: ^^U-! ^ U^i^ ur^^^ ^^
,j*M.xiJî. Le mot paraît avoir été en usage, car il se trouve
dans un hadît d'el-Hasan b. ""Alî: _,^ >,ii^xJLb ^ = ^^i^jelh ^
^j*>_*-ci-JÎ, Nihâyah sv. où voyelle ^^_j, comme dans TA.
Quelques-uns ont avancé la forme -y., mais cela a été réfuté.
D'après la règle de la grammaire, on devrait dire ;Tyr?>
mais on n'était pas bien d'accord sur la déclinaison des
noms i3?-2j ainsi qu'on le voit par ce qui précède, Fleischer
Kl. Schr. I p. 312. TA a ^^p-j. Ce mot bizarre n'est pas
arabe pur sang. Il me fait l'efifet d'être le même que le plus
ancien nom de Dieu: Yô, Yâ, Yôh, Yâhî, Yôh, babyl. Ya'u,
YâJiû, sur lequel voyez Ges.-Buhl sv. nin"'. La lettre finale
ne fait pas de difficulté. |jLc) aIÎ!^.
Encore un nom se rapportant au soleil. I es-Sikkît Tahdîb
p. 390: tLl ,_^— *>iJl c_^.-c2J JULj, avec un sâhid de Ma'n b.
Aus, contemporain du Prophète, K. el-Ar. X p. 164 et ss.
El-(jauharî, p. 445 sv.: l^% L^L]^ ^-«-iJ! «LÎ. I Sîdah, IX
p. 21,9 d'en bas, donne également ^b^î, W! et ^j«.*xiJt »U =
L^îi^, avec ce même sâhid de Ma'^n b. Aus et une expli-
cation ad hoc. LA XVIII p. 67 en bas porte: Lt, ^Ll, »b],
sL! = l.gjLwj>5 L^iyisj ^^y» ^^^"^ ^° sâhid de Tarafah '), qu'il
1) Six Diw. p. 55 v. 9. ôaraharah d'Abu el-Hattâb, éd. Caire, p. 84.
Johnson The seven Poems p. .34. Lyall Ten ancient Poems p. 32 avec
un bon commentaire. Ce verset ne se trouve pas dans es-Su'^arâ' en-
Nasr. vol. I, car il a probablement paru trop leste aux chastes Jésuites
de Beyrouth.
â24
donne aussi XX p. 326 avec celui de Ma'n b. Aus. 2amah-
sarî Asâs mentionne seulement ^^v.^,♦>ii.i! 5ljl = ^£L*^, ib. sub
^^^J. Qâm. sv. iu^! et sv. L! ne fait que copier ses prédé-
cesseurs, et TA plagie LA. aL! est aussi la couronne du
disque solaire, le halo, <'iXs>, qui est le halo de la lune, LA
XX p. 326, en bas. Ce mot, dont l'emploi est assez con-
firmé par les citations ci-dessus, n'est certainement pas
arabe et n'a rien à faire à &_3J. Je crois qu'il faut en cher-
cher l'origine dans le nom de l'épouse ou l'amante de Samas,
que Jensen KB III, i p. 201 et n. ad hoc et Zimmern KAT^
p. 368 lisent A y a, sur laquelle voye^; Morris Jastrow jr.
Die Religion Bab. und Assyr. I p. 71, Hommel GGG I p.
95 et s. qui dit que A y ou Aya est le nom soumérien de
la Lune. Effectivement, ai est lune et mois^) en turc et se
rencontre dans les inscriptions d'Orchon, déchiffrées par V.
Thomsen, Festschrift Hommel II p. 270 et ss. Les Arabes
auront appliqué ce mot au soleil à une époque où le Soleil,
comme suprême divinité, avait pris la place de la Lune.
Ou bien les Arabes ont-ils méconnu la portée de ce mot,
qui pour eux était senti comme exotique. Voir sur a y A.
Jeremias Das alte Testament etc. p. 105; id. Handbuch der
altorient. Geisteskultur pp. 37 et 250 et la figure N° 145, avec
l'inscription Samas, A y ib. p. 252. Gunkel Z. religionsgeschicht-
lichen Verstândnis des NT p. 59. Ayant constaté qu'il y
beaucoup d'éléments de mythologie astrale dans les concep-
tions arabes, avant et même après l'Islam, je ne suis nul-
lement étonné qu'un tel mot ait pu se conserver à travers
les temps, depuis la plus haute antiquité. Si cette étymo-
logie hypothétique ne plaît pas aux Arabisants, je les prie
d'en proposer une autre, ce qui me paraît bien difficile.
Mais je les prie surtout de ne pas être de l'avis de Nuldeke,
\) Cf. gùn ou gunes, jour et soleil^ voir ici p. .SIS.
325
qui prétend que les Arabes n'ont pas de mythologie, et de
ne pas négliger les recherches dans ce sens, malgré le juge-
ment du grammairien Stumme à mon adresse, Dt. III p. V.
Tout était et est mythologie chez les Arabes, comme chez
nous et chez tout les peuples de la Terre.
8j.> < «.>^, se rendre vers = ô<j^aé ''Anazeh et Haurân 790.
8L>, pouvoir, puissance, influence, 719, 2 = iCPL> ; l'archevêque
Sêr p. 49 veut que ce soit le persan sL>, dignité. Or, je fais
observer que 1° il y a l/^&s-j >T/~»j.>, très courant sur-
tout dans les parlers du Nord, ce qui a déjà été relevé par
LA XVil p. 380, cf. ib. p. 456, 11, p. 459,8 d'en bas, et
I Sa'd II p. 36 (anm.), comme U^ > »Lï LA XVII p. 459
et 2° i^^ veut aussi dire dans les dialectes honneur, protection,
responsabilité etc., ainsi qu'on pourra lire 558 et précédentes.
Je me demande donc si »L>, }iPL> = i^L>j ne peut aussi
être arabe. N'ayant pas ici à Nice les livres persans néces-
saires, je laisse à d'autres à juger de la relation entre le
persan ab- et l'arabe »[>. Nous lisons dans le Diw. de Qays
b. el-Hatîm N° 14 v. 15:
_5^j_*_£3 L^>>j o^-*^-'-5 ^^' '^:^^ vJL^dj ^^Li
Et si nous nous joignons à A. le Yémanite et à N. qui nous
respecte et à "A., oii ce verbe est expliqué par L^L> IjJ Jjtj*:;
cf. L A XVII p. 456. — à^L> Jx;, par ses propres moyetis, sa
propre force, sans argent, Çdr. p. 451. «^Lf-, v. d. Berg Le
Hadhr. p. 278, 5 d'en bas. sb* woL^a = ôjLj w^=>Lo, person
of influence, Stace p. 87.
»^>, mauvais, contr. de ^^\, qui s'emploie beaucoup en Hdr.
Gl. sv. et ib. sy. «,juc. C'est probablement un mot mehrite,
car nous lisons SAE VII p. 26,7: gômili mehri = guw-
326
wah hdr. 1. 24, mais la forme arabe est insolite. Voir sub
^_^> et (^_j.=> et sub ^ et j.L>, i.
>> n'est pas au Negd un puits, mais la place où se trouvent
des puits d'eau de source. Là, un g au comprend plusieurs
puits, ^Lo, faits de main d'homme. Le pluriel en est 'è-^.y^,
plusieurs gau de cette sorte. Mais les Bédouins de Syrie
entendent par j^ un seul puits, un abreuvoir, 491, 11 d'en
bas. A Légâ, près de Damas, il y a une source qui s'appelle
(jrau ""Âhreh »^icy>; ce n'est pas un gaw dans le sens
du Negd. — 5> est aussi un terme géographique dont j'ai
longuement parlé Arabica IV p. 43 et ss. et V Gloss. sv.
Ainsi est appelée la bordure du désert ou la zone qui entoure
le ^JJl^it ^j, aussi nommée iX«p! ou i^lhjl^. Pour les Beyhà-
nites et les Harîbites que j'ai fréquentés, j.> était un terrain
plus ou moins grand et sans végétation. Ils appelaient ainsi
l'espace entre les villages où il ne pousse rien et où il n'y a pas
de maisons = tjj^ vhv. L'espace devant la Mahkameh
d'Aden était pour eux un >> . Le _>.> doit avoir le terrain
solide; il n'y a pas de sable oic Von s' en fonce; cela, est chez eux
iL:^u-w ou J^ . Ce _^-> est chez les ""Awâliq, et à l'est de
là, appelé J^> vhv., mot inconnu en Beyhàn et en Harîb. —
L_j>> et _5.> ont de l'affinité radicale et sémasiologique, ainsi
qu'on pourra déjà lire dans LA sv.; c'est sans doute ^^.^
^^»j^, avec permutation de o et j, à moins qu'on préfère
que V~y>- soit développée en uj>>, et cela est peut-être
plus juste. Anciennement _>.> était aussi appliqué à un ter-
rain où l'on s'enfonce, comme dans le 's3\>^ bourbier, car
on lit dans Bânat Su^adu, éd. Guidi p. 193:
327
£L^l3>, espace du ciel, 1544, 1. — Gaw se rencontre sou-
vent dans les inscriptions sabéennes, p. e. Rhodokanakis
Studien z. Lexicographie und Grammatik des Altsùdara-
bischen II pp. 7 et 8, qui le traduit par communauté' reli-
gieuse, et p. 10 par la collectivité des tribus. C'est peut-être
la même inscription que Halévy 50 et 257, expliquée par
Mordtmann ZDMG 44 p. 188: „da7is tout le gaid", c'est-à-
dire ^xelui des Alm, Seymm, Hhl. et JB.mf\ Je crois que kl
gwm désigne ici tout le pays des etc. La conclusion que
tire Rhodokanakis de ce passage me parait un peu hypoté-
thique, ib. p. 9, mais il est plus au courant des inscriptions
que moi. Landersdorfer, Sum. Sprachgut p. 66, dérive l'hébr.
13, communauté, Job 30,5, du soum. gù, totalité, qui pour-
rait être le même que le sab. gwm, mais il faut alors le
séparer de l'autre j:> .
!^[^, pl. 'iJ>éj>\^ espace enti'e les m,aisons, Rog., comme ISlùâh Y
p. 117 et LA XVIII p. 172,8 d'en bas; ^Uj régulier.
_ û ff -Oc û
(^^>t, être puant. ^Ut o>>t, l'eau pue. ^^y^ ^L, eau puante.
Cela chez les 'Anazeh. Voir LA XVIII p. 171,7 d'en bas:
,^y«L>uJ! iU! i^^r^î. Au Negd, on dit ^^La ^LLI vhv. ou ^àXj»
ou r-îrî • Cf. sub (^> et s^>.
tL> prononcé àga, àgà 24,19; 41,5,6,8; 70,1; 592 n;
expliqué 698 s.; 849,12; âgà', 24,23; 521,4; 698 en bas;
799,7; iga, 140,9; 698 en bas. Prov. et Dict. Gl. sv.- L>
sans hamza, soit ga, est ancien, Abu Zeyd Nawâdir p. 201
en bas. Mais ce n'est g a que dans l'intérieur de la phrase,
car même avec raccourcissement de la longue g a est suivi
d'un hamza très léger, perceptible à mon oreille. Dans le
328
Hogarîeh du Yéman, tout le parfait conserve l'a prosthétique :
agit, je suis venu, agîna, tious sommes venus. Gat, get
ou git<o'=l>, 640,1 n. 1; Abu Zeyd 1.1. donne oL> que
Abu el-Hasan corrigea en c^^-jL:?-: c'est que l'un avait en-
tendu ceci, l'autre, cela, car dans les dialectes les deux
formes existent. A^., I Sîdah XIV p. 15,5 d'en bas. L'im-
pératif en datînois est gi", 330. L'imparfait, pour indiquer le
nombre, faisant fonction d'adverbe verbal. El-makân hadà
bâ tigî"* mîteyn meshad, dafis cet endroit, il y a en-
viron deux cents maéhad, 67,10; min hàmma hulùqt
kam yigîlak, depuis que tu es né (as été né), combien
(d'années) y atil de cela? = quel âge as-tu? = Syrie -l^
liU .Uî ou .Lo toujours au parfait. ,R0 p. 155,9 d'en bas a
une phrase pareille qu'il n'a pas bien analysée. — Devenir,
comme RO p. 416,6 d'en bas.
Stumme s'étonne GGA 1909 N° 11 p. 888 que j'écrive
gâ' avec un hamza final. Il veut que la voyelle longue
devienne dans ce cas brève. Cela est souvent aussi le cas,
mais un hamza est même alors perceptible, comnje je viens
de le dire plus haut. J'écris klâ^ hdâ% Stumme o. 1. p. 888,
ce qui est la prononciation des mots pris ainsi isolément.
De même dans ma"" bâ^ha, 158,21, le hamza est motivé
par l'ictus de la longue; cette syllabe tonique conserve par
là sa voyelle longue. D. H. MûUer écrit gâ", SAE IV pp.
117,18; 118,4,7; 140,6; agâ' ib. pp. 124,32; 126,26, et
agâ^en ib. p. 120,8 d'en bas et ib. p. 124,5: gâ^'at. Il
n'a pu transcrire autrement pour bien rendre la pronon-
ciation. Je suis donc en parfait accord avec lui.
Le hamza ne s'entend pas toujours dans l'intérieur d'une
phrase continue, comme le fait justement observer Rhodo-
kanakis RD II § 3a et c et note 4. C'est ainsi que nous
trouvons ici 491,11 d'en bas mâna<l3tLo, notre eau, voir
ma LB'A p. 74 n. 8 et p. 77 n. 6 et p. 78 n. 7. Pour
les autres observation de Stumme o. 1. p. 888, je lui rétorque
329
son assertion qu'il a „ passé presque une année dans le
Paradis de Damas" en lui faisant savoir que j'y ai passé
beaucoup plus longtemps et que je ne note que ce que j'ai
entendu de mes propres oreilles. J'ai un grand nombre de
textes de Damas dictés par des indigènes, nés à Damas. Là
on ne dit pas min nu, mais m in no h, ce que Stumme
aurait, du reste, pu constater dans les Contes de Ôstrup p.e.
p. 133,3. Voir sur cet ouvrage ce que j'en dis 1241 n. 1.
jy>L), part, présent, 698 et s.; Carbou p. 119; cf. iÀ.i»Lo et
J^Lo vhvs. Pour moi, l'origine n'en est pas obscure, comme
le pense Brockelmann 1212. Le participe est aussi en Hdr.
^>!5 ou jy>T<^55L>. On lira à présent Marçais TAT Gl.
p. 256. — Jahn SAE III p. 179 rapporte un verbe L^, qui
selon L A sv. est = 'iLi*, faire des pas, marcher, et qui s'est
conservé dans le mehri gehau, yewzr, < g e h ô , Bittner St.
mehri II p. 105, et IV p. 58. Cf. le 'omân. ^^_^> faire
venir, RO p. 96, 2.
v«;L>, i, < V ^^^j apporter, porter, très courant dans toute
la Péninsule. 4^«1a> 'sJJ'^, pai^ Dieu, tu Va deviné, ou devinée
1443. ^ v'^->» porter fruit. RO p. 208,11 d'en bas. -
Donner. RD Gl. sv. — "^î^ L^ÎlXï tU» »-jLi>j v^^^-ci-Joi "i J^AJt
j,v^ ('■kk.j^'i i:jy«>j i^j:^^^"*^ ^^' o'^' ^^ dromadaire ImsquHl a
soif et connaissant qu'il y a de Veau devant lui, y parvient
en un jour si l'eau est à une distance de marche de deux
jours, "Anazî.
v^î, prononcé ugèyb, pi. v^>î, poche, Hogarîeh. Il y a
encore dans ce pays-là des formes bizarres qui doivent être
5
') Ainsi prononcé itgîbahu! Voir »UwJj p. 84 d. 1. et ma L B 'A
Gl. sub ».
330
sabéennes. Cf. i^y. En 'Oman, v^? pl- v-^5 bouton, RO
p. 42, 1; p. 72,2.
j^!l\-^> est le nom d'une subdivision des Mahrah, ma Fest-
gabe p. 41,2 d'en bas, dont la filiation se trouve aussi chez
Nasvvân o. 1. p. 23 en bas. L'auteur de Turfat el-Ashâb, Dt.
433, ma Festgabe p. 41, dit expressément que le nom de
^^^ ^^ q'^\^ doit être écrit avec un ^. Mais Naswân o. 1.
p. 30 et p. 61 (sub ^) donne la filiation jj!w>^_^.> ^ j_^
ïLcUai ^ oLil ^ ^_c ^. Wellhausen Skizze IV p. vo
porte aussi ^]lS^s>. D'après Turfat el-Ashâb, ma Festgabe p.
42, les (jraydân, les Mahrah, les 'Abdal et les Sey^'ar,
Naswân o. 1. p. 61, seraient les descendants de 'Amr b.
el-Hâf b. Qodâ'^ah, tandis que Naswân o. 1. p. 23 dit que
(jaydân était un roi himyarite: wo^^ ^ ^^^ ^ q'^>
^■^1 L^ ^i yS^\ ^ cr* • • • ^) o^' Il y ^ donc ici une
contradiction. Une tribu Heydân n'existe plus; seulement
(jraydân, qui sont des Mahrah. On hra Dt. p. 1349. —
De ce nom ^ÎA*:?-, on avait fait un dénominatif ^ô^.>j^ =
iwyjXCs/o ^ ^rv^r?) ma Festgabe p. 41,3 d'en bas, où d'autres
verbes analogues himyarites.
;*>, sorte, espèce; pendant, 1730. — .*:> ,^, du nombre de,
comme les autres, 168,12; 169,21, Dt. et Yéman, expliqué
par L-^J' et jJL* — ^y;r^ q^, comme eux, Dt. et Hogarîeh.
RD Gl. sv. Dans le Nord, on dirait ^^ ^^, vhv. j^Uai ^'i"
xxLLo [joys. ^^ ^^^ sAJ-c ,*-^Xil , L. le Sage était employé
331
chez lui à l'instar des autres employés, il était au nombre
de ses employés^ Weissbach Irak-Arab. p. 64, 3.
sjA>, pl. :L> OU j!^, colline, = iùoiy 68 d. 1.
(jiL>, i, faire du bruit; murmurer, gronder. Ja-*J! (jiL> la
pluie s'est levée en grondant, 1603,10. Cf. Boh. Il p. 27:
Prophète faisait les rogations (en chaire) et il ne descendit
(de la chaire) que toutes les gouttières grondaient d'eau. La
traduction de Houdas I p. 330 est trop libre. Cf. Tab. I
pp. 1533,12; 1535, 1: tU! u-^^- L'emploi est le même dans
tout le Sud; RD I p. 97,17. C'est une onomatopée; cf.
Lio- > ^> , vhvs. et ^Jis>' et les autres verbes congénères,
sub ^jr^\ (3^'-^') 5-^^ et ^l\j, roter. — \J^^ , faire du
tapage, avec (J.^, Dt. = lïdr. ^}.£. j^^^, vhv. — Réunir des
troupes, Dt. ; dénominatif de yiw^> ; aussi raehri g i y ô s ,
Bittner St. mehri II p. 95.
Il y a en Dt. ^^>> = '^-^-^ et iCii^, tapage, vhvs. yixA>
est originairement l'infinitif de uiLs*, i, faire du tapage, je
ne crois pas que le sens primaire soit être agité; elle me
paraît secondaire. On le traduit souvent par armée. Cela est
trop en parlant des Bédouins. C'est plutôt troupe, bande,
Haufen, Schar, essaim de n'importe quoi, 314,10; 1660,6.
Meissner NAGI p. 117: Haufen. Marçais RMTA p. 438
en haut: bande (de voleurs). uiil:>, 524 = g as < iji.A>. Le
pâtre en chef des chameaux de l'emîr de Hâil est appelé
ijiy^t ij^'j, ce qui illustre bien ce mot, Euting Verhandl.
Gesellschaft fur Erdkunde Berlin 1886 N° 5 p. 14. C'est un
mot pur arabe, contrairement à Fraenkel F W p. 238.
332
oL>, i, puer, Syrie, = uû:>. Tab. I p. 1332, 10.
iLiA>, cadavre, charogne, Nord et ''Oman; Tab. Gl. sv.; Cf.
iLx> vhv.; HDIJ: cadavre.
JwL>, rester, demeurer, Béd. Hogarieh: Ala ma ba ni-
geyyil banehobb = Z*s>\ L j4>' Ij '-« Ij! , je ne veux pas
rester, je veux partir, Hog. Chez les Subèhî, ^yl^ est tout
le contraire, partir : s i n g i y i 1 a n a u î y â k , nous allons
partir moi et toi, ensemble. La provenance ne doit pas être
la même. Le premier est peut-être une prononciation pour
y^i, d'après de nombreuses analogies; le second est peut-
être pour J^> > j4> •
* ^
c
préfixe futural, surtout en ^omânais817, 818,4,6 et passim,
mais qui peut aussi indiquer que l'action se fait en ce mo-
ment-ci. Voir mon exposé p. 86 et ss. Il alterne avec s,
voir ib. L'origine de ce préfixe h n'est pas encore bien claire,
mais elle paraît être la même que dans l'égyptien h devant
l'imparfait, quoique le sens en varie un peu, Vollers ZDMG
49 p. 502/3; id. Lehrbuch p. 30; Hartmann LLW p. 194,9
et p. 242 en bas. On aura déjà vu, Hdr. p. 545 et p. 729,
que h est aussi un préfixe futural de l'imparfait dans cer-
taines contrées du Sud.
C
permute avec s, 115 n.; 596; 669 et n. 2; 672 n. 1; 975;
1380; 1527; 1644 et n.; lîdr. p. 253; ^ et ^ 441 en
bas; 1225; 1526. Il est souvent absolument impossible de
distinguer si c'est - ou », 53 n. 5; même remarque chez
Wetzstein ZDMG XXII p. 160 et RÇ II p. 75; cf. Adab
el-Kâtib p. tvl^. Même incertitude en mehri. Dans la lurah,
ces deux lettres se remplacent souvent. Je rappelle ici seu-
lement S>h et 8^'. LA III p. 368,4. J'en ai dressé toute
une liste, rien que de la lurah, mais elle est trop longue pour
figurer ici. Cette permutation est aussi constatée en mehri,
Bittner Studien I pp. 49; 122 et 123; ib. II p. 35 N° 3
p. 148, si toutefois ce n'est pas ici un défaut de notation
de la part de Jahn.
Elargissement d'un verbe ^ en ..?oè, 796 avec exemples;
y~f^ ^i^ > ^y vhv.
. Elargissement d'une trilitère par _ après la première radi-
cale: - ,o et -T>o 975 avec d'autres exemples.
-, aimer; baiser, 871 et s. Hobbeni 'ala lèhyiti,
haise-moi la barbe, ''Anazî.
aJot ûo-, baise-lui la main, Hammam Rîra (Algérie).
vLo > ûui, 872 et s. — JLJj v_-^:> ^J^ = v^l^ v"^' ^^^ 871;
872; 1223.
'.-^^, intens. de la V forme, baiser, baisoter, 38, 4; 871;
inf. ^ÎJp' 535.
^Zp- > w.lc 873.
L^\, aimer, 446; 871 et s. Brockelmann, VGSS I p. 578,
veut, de même que tous les autres grammairiens, tant arabes
qu'européens, que v>^^ soit le participe vulgaire pour v*^-
Mais cela n'est nullement nécessaire: la première forme v^=>
a été systématiquement négligée par les écrivains arabes, qui
ont trop dédaigné le langage du peuple. Pour ma part, je
334
me sers carrément de vj-s^ dans ma correspondance avec
les Arabes, mais le participe présent, au contraire, sonnerait
mal. On lira avec intérêt ce que dit de ce verbe I Sîdah XIV
p. 214, 5 d'en bas et s. et p. 238, 5 d'en bas pour se con-
vaincre que v^=>, i, u, est tout aussi bon que w*>î, Les
Basriens ne voulaient pas admettre wv> pour v^=>S, mais la
poésie arabe offre beaucoup d'exemples de la P forme du
verbe, M'AR p. 14.
i_AJL>, embrasser sur les joues, 78-5 et baiser la main 871.
v_;l-^, s'adonner à V amour lesbien, 940.
Jsc L;,*«srù«î, aiîïier mieux, préférer, 446.
wo-, plomb, balles, 1541; iU:> nom. unit., balle, 12, 10; pi.
oÛj>, 520, 7 d'en bas, et vv.==-, 1582. — l_-o, blé, céréales,
117,29: 1228.-,So2<c/?e,on^mel228,8d'en bas; 1541. dL L^,
souche, famille des "Olah, 1605.
wAj>, aimé, toujours suivi d'un substantif, 847 note, I SaM
IV, I p. 42.
û>j>, vîdva = ^l^", 871; R D GI. sv. — Outre, pi. vU> class.,
mais non inconnu dans le Nord, v. sub îLjL^L-?; du persan
humb, Vollers ZDMG 50 p. 639, Le Monde oriental X
p. 84,3: ^'y?^'b v^-i-^' ^•
iL*j>, V. ^*.:>. C'est aussi un nom d'espèce: ^t 'e^, grain
de froment, 52, 11; pi. ^^ 56,8; 1582. Job^î bLl> = uoLo^,
plomb de la carabine (angl. rifle) 112,8; 1501. o^_îJt *-*^,
balle du pistolet 1220,9 d'en bas. — Baiser Dt. == jlLï. —
Orgelet d la paupière, V. ^y^^L^, 31^ et Sr^AXi, vhvs. — ii-.^lj,
quelquefois, rarement Dt., cf. ^3^ vhv., avec même sémantique.
S35
L'emploi de i^-:>, comme celui de ^j-^^, vhv., est aussi
figuré. Uj^ f}j^ ^jtS\ iwÀJ Ojj»-r!, il connaît la langue des
Arabes à fond, Dt. et Syrie. 3,^^-*^ *-^-^, il ^st petit de
taille. Syrie.
v_;L>.=>, maître, patron (vis à vis des serviteurs et des esclaves),
dans toute l'Arabie. Littmann BeduinenerzâhluDgen Gl. sv.,
RO p. 394,9/12: 'endo hâdum teffâq stell 'an
h b a b 0 , il avait uti esclave tireur .... qui s'en alla de chez
son maître. RD Gl. sv. Ce nom a dû se trouver dans le
parler safaïtique, car nous trouvons chez Dussaud, les Arabes
en Syrie, deux inscriptions, p. 138 et p. 150, où il y a cette
phrase, identique dans les deux passages: bn'p rain bv nbll
mn = _ _j' J.JCJ5 »Jl.j^^ ^}s. xLj.^ ce que le savant auteur
traduit par: „que la consternation soit sur son habîb qui
a combattu T." et moi, plus simplement: ?na//ie2^r ci son
maître qui a tuf' T. Selon moi, c'est l'imprécation d'un
esclave pâtre contre son maître. Dussaud, o.l. p. 139, veut
donner à „habib" le sens d'oncle paternel qu'il a parfois en
arabe maghribin, Marçais TAT p. 259. Au Levant et dans
l'Arabie Méridionale, je ne lui connais que le sens de grayid
père, 527. En safaïtique, l'oncle patertiel est ob et l'oncle
maternel est JL>, ainsi qu'on peut le lire dans l'inscription
0.1. p. 138.
'iJijS>, fém. du précéd., maîtresse, patronne, 13,21; 527; au
Waddây, femme préférée du sultan, Carbou pp. 169 et 188.
D. H. Mûller SAE I p. 110,20,24: habâbti (^p'JÇLw, en
mehri baliti; voir ma MJM p. 22, où l'on trouvera le
nécessaire; RD Gl. sv. — Grand' mère 527; v. d. Berg Le
Hadhr. p. 275, 2, 4.
^\ v^=>î , expliqué 446; 1529; voir sub J^._
Ll-Jlc u1>, 1529.— I^Xo-, analysé 1529 s. Diw. Qays b.
el-Hatîm N° 13 v. 4 dit:
3â6
Hind m'accuse des péchés {que je n'ai pas) en me grondant :
Qu'il est gentil le grondeur lorsqu'il gronde!
^^, peter, Dt. Kâmil d'el-Mobarrad p. 671,7. Cf. oLx^,
é-.^P> et -;s>3-, I Sîdah XIII p. 276. — Frapper avec le bâton,
673, class., = Dt. ^, vhv. Au pays des Banyar, Index
p. 1807 sv., d'ed-Dâhir, — ^^ signifie village, ville, localité.
Le village du ^âqil des Âl Man^amî des Banyar s'appelle
rîsx:^^!, ce qui me fut expliqué par JJuJî. Peut-être i^Ji-^.,
prononcé hagbah, village, vhv., est-il apparenté?
.£^ correspond à ^s\^\, la ville ou le village, vhv., Arabica IV
p. 53. LA m p. 48, 9 d'en bas: x ♦ h x ,!oj "^ 5^-*i:^ ^^\.
Ce sens pourrait bien convenir au passage dans l'inscription
d'en-Namârah : ^^ ïl-olXxi ^^î^ ^s>.> J. j_ç>jj L=>3 , et il vint
avec force (ou des forces) ') au pays de Negrân (où il y a)
la ville des àammar. Dussaud, Les Arabes en Syrie p. 34,
traduit qui apporta le succès {2) au siège de N., la ville de S.,
tandis que Hartmann Die arab. Frage p. 495: er hrachte
Verderhen (?) m die . . . von, N. der Stadt Éamirs -), et Lidz-
barski Ephem. II p. 36: und vordrang mit Erfolgi?) zur
Belagerung von N., der Haupstadt von Sammar.
yP>, encre, mot inusité dans le Sud, 318; mais on y dit
'^y<^ , encrier; cela n'est pas étonnant, si l'origine en est
syriaque, d'après Nôldeke Mand. Gramm. p. 61 note 1 ; S.
Fraenkel F W p. 247; pourtant Sams el-'Qlùm p. 24 l'a. Mais
') V. ici sub L>; = ^L*«.
2) Samsel-'Ulûm p. 56 voyelle expressément -«^ : ^ ^îa ^^ ^Lj -♦..ii yo,
de même que le nom de u*^5-J. r*^-
337
le mot usuel du Sud pour encre, oÎlX>î, ne serait pas non plus
arabe, o. et 1.1. — ^, pi. ,Lj>!, vache en chaleur, 1397.
^_^w.o>, retenir, empêcher de, aussi classique, comme q^ v^
jjjjJ! ^^ .L\*iî ».Av^A>, swr celui qu'im empêchement retient
de la maraude, Boh. IV p. 26/7. (J*^•^^ ^ J^j^'j l^ -R- /^^
refewM, ib. II p. 66, cf. ib. III p. 137. ^ ^ ^^^Ij^b Jx ^^ |4
w (j«.jî, pourquoi retiens-tu à manger avec moi quelqu'un avec
qui je ne sympathise pas"? Livre des Avares p. 215,6. Em-
prisonner n'est donc pas le sens primaire.
Le sultan Muhsin à ""Azzân fit lier un homme, qui m'avait
volé, à un arbre, iuiaxJI lX>L£ ^^-^-p», comme dans Boh. III p. 123.
û - _ o ,
(j*^xi>, bracelet; cf. ij^>^ vhv.
(j^Lx>, <; (j*Lx:>, pi. ii.'^H-^j < i^*«"^=^^ est en Dt. la corde en
laine qu'on lie au-dessus du mollet, iiUJ=^, pour donner plus
de force à la jambe en marchant.
- o - o
^J«-s^, anneau, Nord, 409, 1. — x^'la:^^, prison, Hogarîeh.
# ■
;jii_p., sens primaire, 565,6; 1427 en haut. Cf. Vollers ZA
23 p. 106, qui veut que le h initial soit formatif, comme
dans le mehri, mais il est mieux de la considérer comme un
durcissement de la gutturale que nous trouvons aussi dans
son apparenté ji^, vhv., 1 Sîdah XIII p. 216.
iji.-^>, beaucoup, Béd. Dt.; un pêle-mêle. — ^jJ,:,^.j^jp>, saute-
relle, 157, 18.
ii:L^', habiter ensemble sur le même territoire, 1782.
J4^, territoire sacré, 455, 1781 ss. ; Arabica V p. 205 ss.,
32
338
où je traite du verbe iax> et de ses dérivés. Cl. ^J4=>. Dans
l'Encyclopédie de l'Islam, il y a un article sur le H a bat
par Schleifer, d'après mon Arabica V. On aurait dû com-
mencer un peu plus tôt à consulter mes ouvrages sur l'Arabie
Méridionale, car je m'arroge le mérite d'avoir, le premier,
ouvert ces pays à la science européenne. Il faut bien distin-
guer h.jp> de y5><^, vhv. Le premier est vraiment un terri-
toire sacré sous le vocable d'un santon, qui y est, le plus
souvent, enterré, tandis que le second est une réserve pasto-
rale où les bénéficiaires du privilège ont le droit de pacage
et d'aiguade; c'est un pâturage gardé^ ur*^- ^^ ^^^ -^=■^^
doit certainement être la survivance d'un état des choses
du temps sabéo-himyarite. Nous trouvons dans l'inscription
de Halévy N° 520 (Barakis) = Hommel Sud-Arab. Chrest.
p. 106 1. 3 un mot -Lxi» (au pi. -bL3>t) que Hommel traduit
par terrain pastoral. En arabe, r- ^ ^, mais il faut trouver
des analogies de cette permutation de la langue sabéo-
himyarite pour les mots passés à l'arabe; elles ne sont pas
à ma disposition pour le moment. On pourra comparer le
persan humb > w^ ou ^, devenu en arabe v^^j jarre,
vhv., (jîaw. Mo^arrab p. 57; Cher sv., Hafâgî, ed-Dahîl p. 78.
j-«j>, a, faire de longues enjambées, = tJLX^ vhv., accéler la
marche, 360 n. 4, paraphrasé par iJLç>.i jL«.
iL3t_«-:>, enjambée, ib. C'est peut-être un endurcissement de
L-=>, u, vhv., comme Lx3- > ^^^ > ^-^, cacher, LA IX
p. 414 et bien d'autres, voir sub oAj.
Ui^, i, péter, 308 n. 4; 673. Kâmil d'el-Mobarrad p. 671, 7.
339
I el-Qût. p. 216,3: o^l^^^ jJjlJI oAJiJj>. Naqâid, éd. Bevan
p. 41, 2. Au fig. iUKiL. ou=>, le mot lui est échappé^ 308 n. 4.
LA XI p. S20, 11 dit: ^^. -i^ô^juJ^ \^ ^^^^ -b^l jL«t
Jojo 13! L^ ;ïjii5 LiJ lii^j L^ oiài ^iJyii", comme aussi les
verbes qui signifient jeter, lancer, également dans notre
dialecte. Verbes synonymes, 808 n. 4; 673,10 d'en bas et
ici sub oixi».
vju=. est une plante odoriférante, Mentha silvestris et Mentha
Pulegium, Schweinfurth Flore d'Egypte p. 120; K. el-Nabât
d'el-Asma^î éd. Seyho p. 23 et n. 5 = L A sv. Stace énumère
p. 77 sv. gum, ^_5oL* ^j^ parmi les espèces d'encens, et ib.
p. 79 sv. head. oL^ figure parmi les plantes odoriférantes,
dont on fiche une branche dans le turban ou dans les che-
veux, ainsi que c'est encore l'habitude des hommes dans le
Sud, V. sub yiii. Glaser Skizze II p. 200 parle de ^o\J> ^i>^,
qui est une résine, mais qui me fut toujours nommée yjà-x
^j>\J> à Aden et en Dt. ^Lç> (ce mot est peut-être un pluriel
chez Stace, voir LA sv.) et ^jiS- ou Ou^ sont donc deux
choses différentes. Je crois que oL*-x: est la vraie forme,
devenue o^> dans la bouche des Sômâl. Voir ici sub o»->£.
Je fais observer que dans le dialecte datînois vjù.> est aussi
collecter, cueillir.
tiU:>, péter, variation de vjLc> vhv., 673. - Tordre, tresser.
Stace p. 178. Cf. ici sub é^, avec lequel il doit y avoir
parenté radicale, eu égard à la permutation des verbes mediae
w > b en shaurî, Bittner St. sh. II § 16 et Anm. (p. 36).
Sur la K'hbk, dans un autre sens, voir H. Môller ZDMG
70 p. 157.
340
lUL*.^, poche du caftan., 1330 n.; classique, = ais^^ et w*j:
vhvs. Obs. iJlIi, Hdr. p. 252.
f^, 1767 = Ji^x> = iL^b. Tahdîb p. 432.
^jys> = ^y^ 1767.
J^.*^, a, deve7iir enceinte; partout courant. ^^^ :< ^ » .-v^ u>JLj>
(^oL^ ,^^, *S, devint eticeinte de ^A. H., Dt. L^^x tL>3 Ljj JÔL>
xL/i sL>J.^=>5, 27 l'enjôla et eut des relations avec elle, et elle
devint enceitite de lui, D. H, Mûller SAE I p. 60,10; ib.
p. 62, 12. La forme Jwx> > J^a:> est toujours observée.
Ici je dois relever une remarque de Brockelmann VGSS
I p. 53S. Là oia il parle du passif servant à désigner un
état maladif, il ajoute que „d'autres verbes analogues dans
le dialecte syrien ont souvent pris une vocalisation passive."
II cite douze verbes tirés de mes Prov. et Dictons: mu ri cl,
h ô blet, qurib, tuliS sumi'ù, Ijulis, wusil, furih
huzin, rudiet, ''uliyet et beturdâ. Or, toutes ces for-
mes, qui ne sont que spécieusement passives, se ramènent à
la règle fondamentale que j'ai exposée Pr. et Dict. p. 60 et
s. Tous ces verbes sont des Jotj devenus Js-xj et, par la
permutation constante de i î^ u, sans aucune influence de
l'entourage consonantique, ils sont devenus des Joé. Quant
à (jJL=>, c'est l'imparfait ij^^i^:. > u^Ji^. qui a motivé le par-
fait u-^^ii-, a. o-JL^:>, ou ci^JL>=>, est donc pour cvl;j>> c;aJL=>
> c>JÛ>. La chute de la voyelle de la deuxième radicale est
341
un phénomène relevé déjà par les philologues arabes p. e.
dans la Risâlah d'Abu el-'^Alà el-Ma^arrî, mon ms. '), el qui
se trouve également en assyr., en aram. et en éthiopien*
11 ne reste donc des exemples de Brockelmann que huzila,
être maigre, mais je suis persuadé que même cela n'est
qu'une forme dialectale: Jj^ U)>J;^>Jj^j comme J^ <
Joj = >^=>3 > ot=>j vhv. La vraie forme passive est pour-
tant encore très vivante dans le Sud; elle prend aussi la
forme Joti, ainsi que je l'ai exposé Arabica 111 p. 77 et dont
je parlerai encore sub JJ3 vhv. — Sur la V hbl, voir H.
Môller ZDMG 70 p. 157.
jJ-^Jl (Ajçs-\i!? 476, 2. — .j>-^:>, pi- JLx=- et jLf>!, corde; piège,
souvent employé au fig. JLa:> j^ ou JL*-:> oJL«, faire des
largesses, des biev.faits, donner aide et protection, exemples
1512 note, Arabica V Gl. sv. Snouck OS I p. 103 v. 13
traduit iL> c>>j>-^ par ^^ich habe meine Seile ausgespannf ,
ce qui n'est juste que comme traduction littérale. jL>y! JL:>',
les dons, la générosité, le doux latigage, qu'on compare à
des cordes qui sont longues, comme le doit être la généro-
sité. Cf. Winckler AOF III p. 230; G. Jacob Sanfarâ II p.
2, 8 où la traduction ne me paraît pas très exacte. Naqàid
Gl. sv.: protection. Dozy S. porte d'après Bc ^.y^ *JL■^->5
homme lent, lambin, mais Bc n'était pas lui-même lambin
pour trouver une traduction arabe improvisée pour le mot
1) L«y> (jv*^"*^^ t!jJ! oy^ J^y' IJ^J^ «V?*?;^' ^^' '^ '^^-^
{J-^y^ y*^ ''-^'^ l_A^y> (jO'!^3 c>-wy> 3!^3 ly^j^ ^-*:*-^3
j/to^i! lÀ^ ^3) avec des vers à l'appui.
342
français. Chez les Bédouins, cette expression ne peut signi-
fier que ce que je viens d'exposer; lisez aussi Arabica V
p. 175 d. 1. et note 1: ic>^ J^Lf^' «Aie ^J ^i^-^ J^*^' t^<^l-AS>,
771071 pouvoir arrive là où J'ai de la considf'vation chez les
Bédouins, ^y^^s^ ^^i il iig peut plus rien faire^ il n'a plus
de co7isidération, de pouvoir, 1732, 1 et n. 3. ^^^y^^ ^^J^-^>,
c'est un téméraire, un étourdi, 1153. il:^^! J^ ^c^^ J^j
locution se rapportant à la guerre, 14, 1; cf. JL^ Vî^* ^-^
Vj-^, la corde de la guerre 1511^ la longue durée de la
guerre; cf. iJu^ „Lx, 123,20.
Parents, Glaser Mitteil. p. 67. — Tribu, id. Peterra. Mit-
teil. 1884 p. 172. — Tuyau de la pipe, ib. 1886 p. 8 = ïUajiï
dans la Montagne.
()I=> montagne, Dt.
^Jr^ enceinte. Sur les autres graphies, voir 611 n; 1210;
1405. RD a entendu habile, ce qui est i:^ll:>.
^y-fr^^ 67,14, expliqué Hdr. p. 1)6 et n. 1, peut-être = le
nordarabique J^l^, Musil AP III p. 2.
iJL^rs;^/l, utérus, Yéman.
s^iClp», hermaphrodite Hdr. = »_K-JLaj: à ed-Dâhir. Cf. ^^-*^
et LiJ^ (iLiJ-=>).
^,j>, a, i, ramper, se traîner sur ses quatre pattes ou sur
ses genoux et même sur le derrière, selon LA sv.; ne se
dit pas seulement de l'enfant, 360 n. 4. Ce verbe n'est pas
rare dans le Sud. \Jsp *w«.-sJ ^jr^.i il s'approche de lui ci
V improviste, en tapinois 1153 en bas; cf. Socin Diw. Gl. sv.,
343
Vollers ZDMG 50 p. 330 et Weissbach, Festschrift Hommel
II p. 234 N° 3: u^al-wulif tiihbi liiibi, imd zum Lieb-
sten schleicht sie verstohlen, ce qui est bien traduit. RO
§ 338: yohbi. Sh. habèy, ramper^ Bittner St. sh. II p. 39.
Le sens de faire des dons est très courant dans les
poésies populaires du Sud. 8L*j>3 a^^^] se rencontre souvent
dans mes recueils, de même que chez I. Sa'^d I, ip. 43, 16, 18.
On voit qne j'écris ^^j^ et non L.=> parce que l'imparfait
_^-!-^. n'existe pas, mais ^j-^:-^., et ce verbe ne fait point
exception à la règle, contrairement à ce qui est le cas en
Afrique, où ce verbe _^JtJ est le seul qui fasse à l'imparfait
yéu_, Stumme Gr. tun. § 20; Doutté TO p. 23. Cf. ^a>.
^^.xX>!, expliqué 942, Boh. I p. 117; très employé encore
Ù -
dans le Sud. Sur la manière de faire la 3>^, voyez Wrede
Reise in Hadhr. p. 59. Naqâid Gl. sv.
^^çj^i châle, manteau 715 s. 1.
Okâk.
ciO>, propr. enlever en frottant, rubb out, écorcer = é^::^ , ^^
et ^pCio. Ce sens classique, Boh. I p. 86,7 d'en bas, I Sa''(J
VIII p. 362, 17, n'est connn qu'en Egypte, où c'est aussi to
eut one bit after another, Spiro, et son intens. ui^^^^-^. —
Dans le Sud, c'est tomber, RD Gl. sv. et dans le Nord, faire
tomber, poser, déposer, Socin Diw. N° 69, v. 15 porte: lAï
^_5L\l!i i2> Jo JJJSj, ^%>) JG suis venu chez elle lorsque la
nuit avait déjà fait tomber, ou déposé, la rosée. Or, j'ai
moi-même recueilli la même qasîdah de la bouche d'un
Oneyzite, qui me dicta ce verset ainsi: c>^ Lo JJJI xl ^^y^]
^_côJJ!, et il me paraphrase li=> par iaiiwt. Je n'ai pas mal
344
entendu et je prétends que ^^=> et l2=> ne sont ici qu'une
variation consonantique : o > -b à cause du -, emphatique.
o
LA IX p. 145, 1 : u*^Ji:> e^_jAAl J.^ ^S^)*) ^,_L*_*-j c>^:>5 Jâ:>
ciA-:S^>5 sLow l-^,»i Jgjgj »Aa.j JULs i^jb »r^^ O"*^ ^' *^' ^T^;
»yLj ;^! LfV^; Nihâyah I p. 237; he rubbed it off. C'est ici
le premier sens ci-dessus. Effectivement c>^ et 1sl=> se
rencontrent dans plusieurs sens et ne sont qu'une variation
phonétique l'un de l'autre. Qâm. I p. 145, 4. On dit en Dt.
o,«.-ît o.-=> et, sens intensif, 0!)*r^' c>^jc^", les feuilles sont
tombées. Naqàid Gl. sv. : c>^:>, to shake doion fruit.
c:^:^ est encore employé en Egypte dans le sens de dé-
grossir le bois, mais la forme rédupliquée c>^^^^ est plus
usitée. En Syrie c>^;src> est égruger (plus que émietter), et
s'égruger, comme p. e. lorsque le tabac est sec, il s'égruge,
et alors c'est pour .^j.^^'^. . Les significations données par
Dozy, selon Bc, sont inexactes. De 1/~c:a=> vient o'.^J,
tailler, façonner.
L'hébreu nnn . \"in . nnn . casser, briser, et le P i me paraît
être le même verbe, employé en hébreu aussi au figuré, être
brisé, être découragé, comme le dialectal du Nord ^^l3:snji,
devenir cassée dépérir, < >L."?ol selon Socin Diw. Gl. sv. La
comparaison dans Ges.-Buhl avec l/~c>*.=> est bien loin,
d'autant plus que les verbes hébr. inn, tailler, inn, percer,
et le syr. ^s^^, fregit, confregit, ne sont que des dévelop-
pements de l/~c>.=> ) ^"in , Zék ' n^n , = ^nn, arracher, fortreissen,
Ges.-Buhl sv. pourra être rapproché de _îL=>, ^L>l:>^ vhv ,
^l=> et ^1^, brigand, mais le rapprochement avec ^jiL=>
ne me paraît pas non plus exclu, malgré Ges.-Buhl, car
- et ^ permutent fréquemment en arabe. Cf. sub <^jû:=^.
345
'!lL=>, pi. c>-î:.:> ou oL3l>, morceau de quelque chose, est
employé seulement dans le Yéman et en Egypte, Stace
p. 123- sv. pièce. Je vais reproduire ici l'article que j'ai écrit
sur ce mot dans le Glossaire de Bâsim non encore publié.
„i<LÎj> (Bâsim) 4, 17; 83, 10 (proverbes); 84, 15, endroit, place;
morceau 16, 15; 77, 26 (proverbes), Eg. = i<LàJlii Syrie. Spitla
Contes écrit à tort partout i:L=>. c>.>o xJl:^ io:=» 42, 6, 2me
gentille petite demoiselle, îm bel pezzo di ragazza. Cette co-
pulation de iCàJo '!Us> désigne quelque chose de gentil, de
gracieux, Caire. ^Jl^ iC-;c=> oj.av>.j) j, («o ,L^->^I / ) «'->j^î c>.à-:i
Je iLi:>^ , j'ai vu aujourd'hui au marché un lustre très gentil,
Caire. En turc, il y a la même tournure avec *^;Lj, mor-
ceau, voir Kélékian Dict. turc-français p. 311. iLX:> comme
„particule négative = ^", Dozy S., est un qjii pro que de
Bc. )Lx.p> ^ 5 d^-jo! L/i veut tout bonnement dire: je ne te
donne pas même un morceau = toscan 7ion ti do mica mdla;
cf. sur m2m < lat. mica, miette, grai?i, Walde EWB p. 483.
Les Européens entendent et écrivent presque toujours
hifcta, croyant qu'au Caire on dit Ak:>. C'est une erreur.
Jahn SAE III p. 194 donne l'arabe hitte comme équiva-
lent du mehri hattôt, pi. hâtât, morceau^ pièce. Il aurait
dû dire hitte>hitte pour être absolument exact. M. el-M.
sv. sjÀ=> veut que ce mot soit une contraction de »yi=», mais sv .
«yo-, il écrit i<L;j> probablement parce qu'il croyait que le
voyellement devait être iC-Xj> à cause de syL:>, (Jâm. sv. =
^ = J^aJ! '^c^' L A V p. 235, 8. Mais Dozy S. a raison
de ne pas être de cet avis. '»>J^ est un iJLsts régulier désig-
346
nant un morceau de quelque chose, de o>«.=>, tailler, eut oui,
comme bjtlai de x^.
yL>, i, u, regarder, chercher du regard; épier, inusité en
datînois et rarement en hadr., mais courant en ^omânais; RO
pp. 132, 6 d'en bas; 147, 4 d'en bas; 152, 3, 4 où c'est montrer
et voir, mais hotôrli 1. 3 est regarde-moi ce fusil (dat.
ethicus); 348,8 d'en bas; Rôssler MSOS I p. 81,2 d'en
bas; ib. p. 81, 2: ^>x*j i^y:^.; ib. III p. 3, 9 d'en bas. C'est
l'équivalent du verbe ^^ du Nord vhv,, du yémanite j».>'^>
et du classique ^Cso. Lane n'a pas ce verbe, seulement ses
dérivés substantifs! Le sens primaire paraît être border,
entourer, car ^Uù> (L A .Is^ est une erreur) est bord, cir-
cuit, contour, orbite de l'oeil: ^_j .IAx*«Ij ^^_^-^ JsL^! U> J^,
Sihâh sv., et I Sîdah II p. 46, 2 d'en bas : u^J^L^Î »JOL:> J^
^LiL> lW:5^î ^j^ ^l^- Ensuite, tresser fort la corde, oÂ-i;
*Lls, comme le dit I. el-Qût. p. 40, ce qui a donné le sens
figuré de dépenser avec parcimonie, serrer la bourse, ib. p.
43, 1. Le sens ^omânais fixer le regard est ce qu'on fait
lorsqu'on serre le ^xl\ ^b:> pour mieux voir, cligner les yeux;
cf. le mehri ralôq, voir, rôleq, fermer, ^^^j>it, mais non
de oi-JL_c, comme le croit Bittner St. mehri IV p. 57. Ce
sens a été enregistré par LA et le Qâm.: l\^ sj^. 8..:l>
A-Jî ^bjl\. Chez les Bédouins de Hadîr, Mâwiyah et Gebal
Sabir, le verbe courant pour voir est y-^^, vhv. Nous voyons
donc que les dialectes du Sud ont conservé un verbe fort
classique, mais l'on constate aussi qu'il faut, pour bien
traiter la lexicographie arabe, avoir recours à tous les die-
347
tionnaires jusqu'à présent publiés. yc> est sans doute appa-
renté à ,^-^-=>, "i"in, ^j.^, cinxit, circumdedit, vhv. Sa méta-
thèse classique est peut-être Oj-j>, I el-Qùt. p. 215, mais
voyez LA sv. On comparera aussi ^t, ceintrer, courber;
.Lb], pourtour, ton, enfermer; ^LL» = j,L>, tourner autour;
j' et ,lj" vhvs.
ou>, u, couper, trancher. Dt. La plupart des lexicographes
prétendent qu'il n'y a pas de verbe >^jî-;cj>, LA X p. 386,
mais I el-Qût. p. 215 donne sJJ, LaJi> \JU! \i:.::>, de même
que I el-Qattà^ (+ 515), L^ne sv. Les dialectes méridionnaux
le connaissent également, comme je viens de le dire. Un
zâmil de Dt. porte:
.^.b^^Jl v'j^^ Lj!l\-c ^^*Lj(5) (H3j>5(As>j_,-«.^3 ii)U*>JI Vj'-*-' '^'^Is
i[7?i brave homme ne doit pas fumer le tabac (nous dit-on),
Gela ne lui sert pas au moment de la mêlée et des cla-
meurs (de guerre),
Mais nous autres fumons le tabac et 7ious défendons
notre territoire
Et nous donnons à nos ennemis des coups avec les Jave-
lots tranchants.
Ici sjub:=>, du sing. ^^J»-*^, me fut expliqué par jôtbUJ! LiUii.
Pour le *Omân, RO p. 129 rapporte _à-x_:>, anstossen.
C'est sans doute l'tiébr. ^inn, ravir, fortreissen, ou, selon
Stade sv- anpacken, Job 9, 12, ce qui est en harmonie avec
le sens "omânais. C'est peut-être aussi le babyl. hatapu,
to eut doion, niederhauen, Muss-Arnolt p. 348. Voir ici p. 344.
^jcQ'\ est selon L A X p. 386 = o^! et ^^\. L'idiotisme oL^
') Le môtre n'est pas tout à fait en ordre.
348
xàJî OU s.^J) ^^ kJùi\ |*jc> o'^ 1258, est une expression entre
autres, dont el-Masôudî 4 p. 168, attribue la paternité au
Prophète. Il l'explique par --^ ^^ oLo iut, sL.5^t liUiAj c\j j
*L\Ji.j; o>-»' y_jLA«l Q^ *-rV-* "^3 ^i^'^^ii' J'-^ "^3 K-Lc. Mais le«
paganisme arabe connaissait déjà >wÀX=>, Lane sv., et le Pro-
phète n'a fait que répéter ce qu'il avait entendu.
On n'est pas d'accord sur le sens de cette locution. I es-
Sikkît Tahdîb ne l'a pas, mais, ib. p. 452, dans le vers
d'Abul-Aswad, à propos du prover'oe iùuXji ^s. >,i>.r>vj j^^,
o o -
Lane sub jix , il y a une autre version UàJUàj L^àx=> ^ ^-^l-;^,
Lane sub ^j>-:>L.. Ce proverbe est expliqué Meydânî, Boulâq
1284 vol. II p. 87 = Freytag Prov. II p. 359, où c'est .,-^LJl^
iCjJcIit ^, I es Sikkît Tahdîb p. 456 note 3, LA X p. 386
en bas, et Tab. Gl. sub ^jcl^. I Sîdah VI p. 122: Ui^t
,}.JLï "bj Vr^ -^ l3^ *^-J' v_^>C=> 0L05 iv_îyl=> ,<.*4>-3 Oj-^' ïLvCaî
îjtLs^j o^:. q' _^^ JwJ!3 = LA X p. 386. Abu 'Obeyd, ib,, dit
que c'est celui qui o^ï "^3 jJcjJ -^c ^^^ n^S i J^ ljj_x o>-.:.
»jx£ •■^5 ;tAAv "^3 et celui-là est alors Cs^^ = Nihâyah I, p. 200,
qui ajoute ^ULS! J— a-*-.^ ^, de même qu'el-Fà'iq I, p. 120,
aJJI J-*.■^-'^ ^3 'A^L^; il l'explique aussi par j^\Jl1>\ J.c o^I.
Le poisson qui meurt x^t .^Jlc^ est celui qui surnage sur
l'eau ^_^Lb étant mort et qui ne doit pas être mangé, LA
X p. 386, 10 d'en bas, Nihâyah sv. On voit donc que cette
locution archaïque, devenue littéraire par son emploi dans
la bouche du Prophète, n'était pas bien comprise par les
savants arabes. Vu que oi^c> est encore couper, on est tenté
d'y voir le sens de couper le souffle de vie, qu'on croyait
349
sortir par le nez ou la bouche lorsqu'on meurt. jJle! aUÎj. —
A. Ember, ZAS 53 p. 84. voit dans l'égypt. „htp, to set
(the sun), dight, rest, be completed, be satisfied; peace, rest",
l'origine de l'arabe v,ju=>, mort. Littmann ib. note 1, croit
que cette comparaison est correcte. Je ne le pense pas, car
_à;c> = lilbU» est secondaire. Holma ZA 32 p. 41/2 l'iden-
tifie à l'égypt. h t p , reposer, se reposer^ se coucher.
J^à;c>, ce qui reste au fond de la marmite en fait de bouillon
et de viande, class., ■ 1080 = Jii.>.
Jj:=>, marc de café, 1080 = JJ:=> vhv., cf. ^;^Ja=> vhv.
J^:c> = ^^yj>, semblable,, 1760. — Jo'b>, semblable = ^y"L:>, 1760.
# .._ ■
*;c:>, i, u obliger = forcer (J^c); Stace p. 197 sv. compelled;
aussi en Afrique, Hartmann LLW p. 116 N° 43 et note ad
1. Cf |U> , vhv.
J^ = i*a>^", duper, tromper, Barsîsâ p. 24.
Ks6\ j«J«l=> oLo = *Ài! ..Juo vhv.
iLxL:c>, /brce, contrainte. iL/oLjc>L., par /orce, p«r contrainte.
Une tribu p. e. donne au sultan quelque chose j.y^L., à titre
gracieux, et non iCxLx^L — («y^, /orct^.
^y::>, semblable, 1760 = jJi:> — ^y"L>, semblable, 1760.
*-
^^pj>, i, gronder, bruire, siffler; tomber à verse. ^J^. Ja^K
/a p/î^ie gronde, siffle, 75,22; 885; 1180; 1059. ^_,JC;>r. Jy^^',
350
le torrent gronde, 885. — Craindre, en "Oman, 1180. —
Frapper, imparf. ^çi^., Bédouins de Syrie, 1659 n. 2. Cf.
son synonyme ^s^s>, 1659.
J^>^, 616; 703,2; 1538,5 d'en bas; cf. RD II § 4f;
§ 17 h, § 112f, Voir ici p. 51 et s., où je compare le mehri
ta, ta, te, qui offre la même contraction et le même em-
ploi. En guise d'optatif ou d'exhortation: c>o^! jjjij ^j.=>,
allons tuer le démon! SAE I p. 82,15, mal compris par
D. H. Muller; ma critique MJM p. 39 et mon Arabica III
p. 112.
^^ys> 73, 15; 1165; cf. 737 et notes. Torczyner y voit l'ac-
cusatif de la nounation.
^JJc> \Itl, jusqu'à ce que Sl,^ = ^ L "l:^ ib. et 1314; paro-
nomasie comme ^ jc:>, chez Abu Zeyd Nawâdir p. 258, 5
d'en bas et Reckendorf Paronomasie p. 146. Cf. akk. in a
m à t i , how long = a d i m a t i = "'DD "i); .
*.
^3.^, insister; exhorter 1673,2. V oo 1254.
jii:^, V. J.s:c=> 1080.
/
d^, marc de café, 60, 8, 11, 13, 16; 1080 = jJi:^, ib.
*i:>, i, forcer. >_,«jka£ ,\ ♦ *-> (pour La.x2^), il le força malgré
lui, Dt. Cf. |*:.j?>, vhv.
j^^, affliger, faire regretter, 1566, 1.
fj:^' , regretter qqc, Jj^ , Dt. J^ c;A.*i:^' , j'ai regretté. Dt.
351
^♦i=>, regret. jrU-^^ Lj, quel regret! quel dommage! Dt. =
Syrie ^i.-.*o Lj.
^♦.xi=>, sur le iJLoLi des mets, mets fait de lait caillé^ Nord,
''Anazeh.
K --> est apparentée à J^:^, 1226 ss., 1655, vhv., à .poî*',
danser, 800, vhv., et au mehri n a h â g , ^oî^er, BittDer St.
mehri I p. 10 et p. 22.
. -,L> ou .iN:>L:>, combattre, lutter, Yéman.
^, pèlerinage, 1227, 1228; 1655. Ce mot m'amène à exposer
brièvement mon opinion sur le sens du hagg préislamique
pour corroborer ce que j'ai dit aux pages citées ';.
On sait que Noldeke, ZDMG 41 p. 719 et n. 3, n'admet
point la traduction de Wellhausen Reste- p. 110 de ,£^:
^,heiUger Eeigen'\ danse sacrée, et il ne donne à ce mot que
le sens de Festversammlung, réunion de fête. Cela a été
adopté par >Schulthess HW p. 30 n. 1. Noldeke ne reconnaît
donc à ..io aucune étyraologie! S'il avait vu, comme moi,
les danses, „die heiligen Reigen", dans les cérémonies reli-
gieuses populaires, lors de la célébration des m ô 1 e d , dans
l'Arabie du Sud, il n'aurait pas un moment douté de l'éty-
mologie de Wellhausen. Notamment, j'ai assisté deux fois
au môled d'el-'Imâd, 1148, 1693, avec ses danses sau-
vages, qui ne se font pas autour du tombeau du santon,
') Rédigeant cet article dans les Alpes bernoises, Août 1918, et n'ayant
avec moi que quelques notes i)ei'sonnelles, je ne saurais donner ici que
quelques indications. Les frontières françaises et allemandes m'étant
fermées, et n'ayant été autorisé îi em|)orter de Nice que 80 kilo de
bagage, je suis obligé de me contenter de c(^s quelques lignes bien
médiocres pour un sujet aussi important. C'est la faute des „grosses
It'gumes" qui nous ont octroyé une guerre que les peuples n'ont nul-
lement provoquée.
352
parce qu'il est trop grand, mais sur la place libre à côté.
Au plus fort de leur ^jA>, vhv., les danseurs se blessent
avec leurs sabres tout en dansant.
La météorite, ou la pierre noire de Mekka a dû être,
depuis sa chute, entourée d'une vénération spéciale, ainsi
que cela était le cas partout où. il y avait ^une pierre tombée
du Ciel." Les Musulmans prétendent même y distinguer des
traits humains, voire une auge, Tîirîh el-Hamîs I p. 103.
C'est là une idée arabe à propos de beaucoup de contours de
montagne et de blocs. Les Nabatéens, qui étaient de purs Ara-
bes, avaient leur pierre sacrée dans le sanctuaire national de
Du Sara à Petra (Suidas sub @su(Tûcpviç). La pierre noire de
Pessinonte représentait Cybèle, dont les Corybants étaient
les prêtres danseurs. Par l'excellent ouvrage de René Cirille,
Les prêtres danseurs^ Paris 1913, nous connaissons à pré-
sent les cérémonies des prêtres salions de Rome. L'histoire
de ces danseurs sacrés offre beaucoup de points de rappro-
chement avec le culte primitif de Mekka, dont la météorite
était devenue un fétiche pour la ville et les tribus de l'Ara-
bie. Les Arabes avaient une idole, probablement une pierre,
nommée ,i3L), autour de la quelle les filles dansaient LA V
p. 384. Zoheyr, Mo'^all. v. 16 = mon édit. p. 82, jure par
la maison que des hommes de (jorhom et de Qoreys avaient
bâtie et autour de laquelle ils tournaient. Sams el-^Ulûm p.
32 raconte que el-Muhtâr b. abî 'Ubeyd et-Taqafî avait un
tâbût, arche, porté sur un mulet gris, autour duquel il tour-
naît, lui et ses partisans, ^iy> o>!aj. Sur la danse rituelle des
Romains, voir Walde sub tripudium et Fr. Heller, Die Kôrper-
haltung beim Gebet, Festschrift Hommel II p. 1 75 et ss. Curaont,
Les religions orientales pp. 121, 128, 135 (éd. allem.), donne
des détails sur la danse ou le o^^ autour d'un sanctuaire. Siva
est représenté dansant. Cari Meinhof, Eine Studienfahrt nach
Kordofan p. 33, dit: „Une particularité de l'Islam égyptien
353
„et soudanais est le Dikr. Les gens se réunissent dans la
„mosquée et font des mouvements de danse en proférant
„des mots religieux. Tout cet exercice rappelle fort les danses
„des Africains païens. Au Soudan, on pratique aussi, il semble,
„cet exercice d'une façon assez libre et l'on y prend part
„tantOt dans une confrérie, tantôt dans une autre." Chez
A. V. Le Coq, Volkskundliches aus Ost-Turkistan, on trouvera
une description intéressante des danses et des jeux des Turcs
de ces contrées et ib. p. 263, au Turkestan. Si ces danses ne
sont plus cultiques, elles l'étaient certainement dans les temps
préhistoriques lorsque le culte revêtait des expressions plus
matériels que plus tard, lorsqu'il il était devenu plus abstrait et
plus idéaliste. On connaît les derwiches hurleurs et danseurs
en Asie Mineure et à Constantinople. Les danses des Soûfis
sont décrites dans l'ouvrage de Aq Sams ed-Dîn Mol t. b.
Hamzah: ^<*^j*i '^y^'^ o'j^'^ ^ ^'^;» L'Encyclop. de l'Islam
I p. 229. Ces danses cultiques sont sans doute la continua-
tion des cérémonies analogues de l'antiquité.
Les Mav^^lawîs, fondés par (jalâl ed-dîn er-Rûmî (+ 672
à Konia), provoquent leur extase par une danse tournante.
Je suis persuadé que le ,^:> primitif n'a pas dû beaucoup
s'éloigner de ces cérémonies cultiques plus modernes.
L'étymologie du mot .i%> indique du reste qu'il ne peut
s'agir que d'un uil^ ou d'une ronde autour d'un objet sacré.
L'hébr. biblique J^n est synonyme de :nn, :in, se tourner en
rond, faire le tour, > dmiser et ensuite, célébrer une fête de
pèlerinage, Levy NHChWB sv. Nôldeke dit lui-même ZDMG
41 p. 719 que le sens fondamental (\e jT\ Q?>t danser ; Grimme
OLZ IX p. 66 et Glaser ib. pp. 242 et ss.; 315 et ss.
et 387 et ss. Jin est aussi tourner autour, marcher en rond,
herumgehen, im Kreise gehen.
23
354
Le sens primaire de l'arabe V~^»r-=> = l/"~,cwy:> est le
même, tourner autour^ entourer, encercler, enclore, cerner
autour. L'arabe classique ^y.=> = iCe^ safety, freedom from
harm (Lane), propr. assurcmce ou sûreté par un entourage de
haie, mur, etc., selon Fleischer apud Levy o.l. I p. 556; cf. LA III
p. 70, 4. La V~j=> renferme déjà cette idée, de même que ses
élargissements <Jiy>, ^y>, (•^>, vhvs., et je suppose aussi 'êj=>,
vhv., à cause du mouvement de la navette, etyi:> vhv. Cf.
le mehri hêq, rivage, = (h j2,Sp, PTI, baie, bin est danser, de
même que l'arabe Jl:>, u, se tourner en rond, vhv., syno-
nyme de ^b, u, vhv. Le mehri nous fournit hauwO, lier-
umgehen, BM II p. 105 et le mehri bédouin huwahàu
courir par ci par là, Jierumlaufen^ qui est certainement
avec Jahn une réduplication de la racine hw et non un
causatif de ]/~w h y, comme le croit B M II p. 113 anm. 3
(ib. p. 35 anm. 3 Bittner écrit why).
Un développement de l/~~„w:> est J^^ et ses dérivés,
vhv., '^^D, \^ — ^:iyj tourner en ro7id, et peut-être aussi
"i:3n, ceindre, entourer, Levy o.l. II p. 14, de même que
l'arabe ^, u, et ^b>, i, dans certaines acceptions ; ^,
enclos, I Sa^d I p. 21, vhvs '). Le verbe ^ = o^.^^^ est
certainement dénominatif, voir p. 855 en haut.
.is> est donc, à mes faibles lumières, originairement ime
marche autour de quelque chose, un mouvement en rond,
une ronde, une daiise. Schulthess HW p. 30 note, dit, pro-
bablement d'après Nôldeke, que ^n , réunion de fête, n'a rien
à faire à Wi, tour?ier, mais je crois que Wensinck Encycl.
de rislâm I p. 212 (éd. fr.) a raison de ne pas être de cet
avis. Le mot r'L:5\>, vhv., nous offre l'idée bien patente de
') .1. Btirth compare E St. p. 22 ijin = r=»'v-^ , clochant^ avec l'arabe
— ji-', inome sons.
355
tour^ pourtour^ qui est aussi celle de ^s_:>. On peut bien
traduire Jn, T\ = N*3n par fête et lieu de pèlerinage,, mais
c'est parce qu'on y exécutait des rondes ou des danses cultiques.
Cependant, de bonne heure et avant l'Islam, I%j> a pris
le sens de pèlerinage. On trouve dans les Inscriptions sinaï-
tiques (149 — 253 ad D.) le subst. ,is_:> et le partie. -L_:>,
Moritz Der Sinaikult in heidnischer ZeLt p. 30. C'était des
Nabatéens qui se rendaient à la montagne sacrée de Siuaï.
^:> peut aussi se rapporter à la visite de n'importe quel
endroit vénéré, Naqaid Gl. sv.
Si le verbe hébr. HDD veut dire sauter et clocher, selon
Kônig, HWB sv., et d'autres, riDç serait une danse cul-
tique. Vollers ZA IX p. 205 dit: „Si le Pesah était originai-
rement une danse, comme le présume Rob. Smith (Encycl.
Britt. 9e éd. XVIÏI p. 343 b), on pourrait comparer ^:^i:^s,
écarter les jarrcbes, et ô'^'ài, se réjouir à coeur joie." Cf. Rob.
Smith Relig. der Semiten p. 331. On peut également alors
comparer „x_**o et les thèmes analogues: ,^w*o, écarter les
jambes, = „N/iss; ;^xii, vhv., faire des enjambées, Pr. et Dict.
Gi. sv., > ^^ 360 = ^i^^f, ib. Le thème primaire est l/^y^-i,
disjoindre. Nous aurions alors pour le Pesah des Hébreux
une étymologie analogue à celle du l.iagg arabe: savoir, une
danse cultique.
iL^.:>, chose, objet; affaire; pi. .s^-^^-^, 147,2; 1204,8 d'en
bas; 1443; 1690,6; mehri haggêt. ^OJ^c U tiJcoi. J. liUiU!
&j^u> ^, to7i honnêteté est d ton cou: ne me dois-tu riens'
demande le créancier à son débiteur. Expression analogue
894,9. Arabica V p. 169. Prononcé heyya très souvent en
Hdr., Hdr. Gl. sv., comme RD Gl. sv., Beaussier p. 152,
Dolphin Recueil de textes p. 84, Marçais Gr. Tlem. p. 178:
A
hatta hâya, rien, mais p. 190 et Ulâd BrUhim p. 160:
356
hatta hayya, Bel La Djâzya p. 127: pi. oL^^. Nous
voyons donc que ce mot et cette prononciation ne se limi-
tent pas seulement aux dialectes de l'Arabie méridionale.
Stumme, dans sa critique de Hdr., ZDMG 57 p. 425, voit
en ics\=> un développement régressif de iLç>, mais il ne dit
pas ce que c'est que ce '^l^p-, qui ne peut venir de V~^^^.
RP II §61 y voit une assimilation entre _ et ^: iC-j^L^»
>hayga> hagga = i>u>. Mais iC^L> ferait iC:^y>, hêgah,
d'après Hdr. p. 386 ss., Dt 444 note 2, comme iLciJLi >
'Aysah>'Êsah ib.; JAs. 1902 p. 238 et RD 1.1. A mes
yeux, iiss\:> =^ iL^.:> est le classique iL>^, prononcé higgah
>hiyyah, Arabica V p. 169, et cette prononciation sud-
arabique a été apportée en Afrique, comme tant d'autres
mots, par les tribus de l'Arabie du Sud immigrées en Afrique.
Le mehri a la même forme: haggêt, chose, pi. hagêg,
et Bittner St. mehri I p. 53 a raison de réfuter Jahn qui
identifie ce mot à l'arabe ii^L^, qui en mehri est hôgit.
^L:s^-j> est l'os où pousse le sourcil et qui forme l'orbite
de l'oeil, I Sîdah I p. 92; XV p. 85; L A sv. ; 1093 n. 7;
Bittner el-^Aggag p. 22 (Du er-Rummah). =^^-:<'v8, Naqâid
Gl. sv. On perçois encore dans ce mot le sens primaire de
V~^' Tarafa Six Diw. Ahlw. p. 56 v. 30; el-'Aggâg, Ahlw.
p. 28 V. 56, porte dans les deux passages: ,^^ au duel.
Les Bédouins "Anazeh l'emploient pour sourcils et y voient un
pluriel, 1093, 6, ma LB'^ A Gl. sv., Socin Diw. Gl. sv.; il est alors
synonyme de ^l^, vhv., comme aussi en 'Oman, Jayakar
JRAS XXI p. 654. RO pp. 11,7 d'en bas; 207,1 d'en
bas. J^L:> vhv. est aussi synonyme de _L:>\=>, sourcil. Le
mehri hâgel est sourcil et bracelet, SAE III p. 190.
357
J.C w*^, i, garder., préserver, locution 1087, n. — Empêcher.
RO p. 129.
w^.5T:>, cacher. ïu^lL v*-^?^ téUiij, ^a fille est cachée^ enfer-
mée à B., 99,7; 1445.
^_.aj5t^", se cacher, s'enfermer, 1618, 12.
^-.cs^^, pi. v'-^^^ 6t >^L:^^î, croupe du cheval, hanche du
chameau, ''Anazeh et Negd; Socin Diw. Gl. sv. Dans la
qasîdah de Dikr v. 4, La langue des Bédouins ^Anazeh p. 70
V. 4, nous lisons:
Les (jalùl prenyient ombrage des arbustes qui se lèvent
dans la steppe^
Ils sont hauts de hanches et ils ont les jambes de devant
taillées comme u?ie plume de roseau.
^\.^=>, amidette, 316 n. 1 = Dt. ic*j^ vhv. Le procédé
raconté 7, 7 et ss. est commun dans toute l'Arabie. Jaussen,
Coutumes des Arabes p. 36 dit: „Parfois ce billet est déposé
dans un verre plein d'eau. La femme absorbe le liquide,
comptant y trouver la vertu qu'elle désire".
Rideau, propr. ce qui cache, 766. — Sourcil^ Hdr. Gl. sv.
= wc>U>. I Sîdah I p. 92. D'après Jahn SAE III p. 190,
h â g e 1 est en mehri sourcil et bracelet pour la jambe, v. p. 370.
^ > _j^>5>, 1225. — ^ ^, expliqué 441; = Jx ^, I Sîdah
XII p. 105; cf. sub .>o. Pour l'étymologie, voir Landesdorfer
Sumer. Sprachgut p. 92. J y?^, défendre, 725, 726.— Pousser
') Sur le chant, voir ma LBM p. 76 n. 3. qI.:^^, expliqué par
358
des cris de joie, 27,21; 80 d. 1.; 1225; 1228, I Sîdah VII
p. 77; V. ^^^ et ^\.
ys^r>>^442; 1461; 1481; 1526, vhv.— Cenzer, en/èrwer,
entourer. jLiji y q^ï o*-^^ ^^ ic.>Lwii Or.?^>, ies -ff. cernè-
rent le fort de Q. b. 'A., 11, 25, 26. Exemples 440. C'est
le mehri hayîr, retenir, refuser, BM II p. 96. — Pousser
des trilles de joie, 445 et s.; 1225. Cf. ^ et ^\. Ne se
dit que des femmes; des hommes on dit A*s. et A*ju^ Hçlr.
Gl. sv. — Lier des pieds de devant Q!une 6e7e =: J^ , Dt. 441.
— y^t, siffler, vent et nuage, car on croit que ce sont les
nuages et non le vent qui sifflent. Le "âqil d'el-ïïaura, Ahmed
b. ^Ah el-Hamyarî (Index p. 1808) dit en parlant d'une guerre
en perspective:
I^ (le seyh des Diyêb) aperçut un nuage de pluie sifflant,
ô gens d'armes!
Et aux bords des gros nuages il y a les éclairs et la -pluie.
Hdr. p. 97 et p. 697 sv. oi^. Continuation de cette poésie
sv. oLsCw!. Pousser des cris de joie, triller, 445; 446; 1211, 9;
1225; 1226. Voir y^v> et ^^.
j^^, être retenu, être empêché; se faire attendre, 441, 442.
Mais ^y>^, travailler à la récolte ou au yo^, Dt. et Hdr.,
dénominatif de ^^^:^^>:>, homme de W. Eajr, pi. yy^^, vhv. —
^ , pierre, 52, 5; fém. 52 n. 1, v.p. 359, 4, comme l'est aussi le
class. et nordbédouin ^ , vhv., I Sîdah X p. 94, 5 d'en bas; aussi
fém. chez Maimonide éd. Wolff p. 93. — 41, 13: S^ b ]y*^^^
424,5 d'en bas, expliqué sub Q; 976, le verset y rapporté
est expliqué Sib. éd, Caire I p. 91. Sur le jet des pierres,
359
voir Diw. Hocjeyl, Wellh. N° 144. Anciennement, on se
faisait aussi la guerre à coups de pierres. Une épithôte
ù - _ ù >
d'homme valeureux était v^-^-^' l5^j-^' ^'^^^" ^^- ^^^ o'^'^
et sub (^o . . Lo^o ys:\=> , pierre lisse et arroyidie par les eaux,
pi. j.^o J.:^^=>, vhv. Au jeu de colin-maillard, celui qui a les
yeux batîdés, (j:2.4jw , demande à l'attrapé : es i s m a k , quel
est ton nom? et l'autre répond, s'il ne veut dire son nom,
ismi bismak uhagar soda taqdab Ijusmak, mo7i
nom est comme le tien et qu'une pierre noire te coupe le nez;
alors le bandé le reconnaît ou le devine.
Dans l'Afrique équatoriale, ^ est montagne, Carbou pp.
37; 66; 103; 208, pi. ^L^, ib. pp. 37; 66, mais ib. p. 208:
8_^)^ , pierre. Même transition de sens dans J>-ç> vhv., dans
le sh. fdun ou fedim, pierre^ mais soqot. fédehon,
montagne, Bittner St. mehri V, m p. 35 et St. sh. I p. 28 ;
dans le mehri sour ou zour, pierre, et l'hébr. liîi, syr.
ji-aJ) arabe ^^, Ges.-Buhl sv.
Vollers, ZDMG 49 p. 511, veut que y^^=>, pierre, vienne
de 5^:s^=> construction en pierres, voir plus loin, j^?^^ étant
un mot exclusivement arabe, il me paraît difficile d'admettre
que la construction même ait pu donner son nom au matériel
de construction. Les pierres de l'Arabie ont une foule de
noms, qui se trouvent chez I Sîdah 1 p. 99 et ss.
Je crois devoir relever ici que le pays d'el-Hogarîeh,
dans le Yéman, n'est pas appelé Hagrîye, comme on lit
dans l'Encyclopédie de l'Islam I p. 352, d'après Maltzan
Reise p. 390; voir 1516 n. 2 et Index sv. p. 1810. Ce n'est
pas le „nom d'un groupe de tribus dans l'Arabie du Sud",
comme le dit Schleifer dans l'article susmentionné, mais le
nom d'un territoire. Le chef-lieu en est el-WuseyliS qui
ne figure' pas chez Maltzan, dont la description de ce pays
360
est remplie d'erreurs. Pendant mon long séjour à Aden, j'ai
beaucoup fréquenté les habitants d'el-Hogarieh. J'ai même
chez moi à Nice deux Hogarites avec lesquels j'ai relevé
la géographie et le dialecte de leur pays. Il n'y dans tout
le pays, ni des Dû Mohammed, ni des Bu Hosayn. L'article
de Schleifer, se basant sur Maltzan, est tout à refaire.
ys^:>, pi. jy^=>, alvéole des abeilles, 1462, 9 et n. 4.
bysa:>, îvalled quarter, blockJiouse, quartier d'une ville on d'un
village; RO § 216; Socin Diw. Gl. sv. ; maison fortifiée chez
Moritz Zanzibar p. 19. Musil o.l. p. 8, 16 traduit jôâj! 3^.^i>
inexactement i)aY die Pferche der Niederlassung, et chez RD I
p. 48, 8, 1 2 ce mot est expliqué par ;^*JLs^. A l'origine, jy^^^
est bien un enclos ou quelque chose de pareil: idits du verbe
y^u>, Hdr. p. 252 (j'ai à présent beaucoup agrandi cette
liste). La signification s'est élargie et spécialisée, appliquée
à des innovations plus modernes. Naqâid Gl. sv. Cf. sub jjp>.
Le sabéo-himyarite y^ , ville, doit être un affaiblissement de
V~yf^^j voir plus loin p. 367 en haut, et cf. 5-^, Encyclop.
de rislâm I p. 320; cf. aussi 'àIdj^.
y>L>, digue; I Sîdah X p. 105, =^L> vhv.
^^T^, entouré, enclos, enfermé. '^,^:^ S±^, ville entourée d'une
muraille, mais aussi ville assiégée 440; v. p. 200, 4 d'en bas.
^:^^ , territoire réservé; réserve pastorale, Arabica V Gl. sv.
o
et ici sv. i2-»_>. ^J;*-:s^^ ^s\:>\i\ , le territoire est réservé ou
protégé Dt. Labîd, éd. Hâlidî p. 94 v. 12. LA V p. 243,6.
Tab. Gl. sv. Rhodokanakis Studien p. 59. Glaser Mitteil.
p. 52. Praetorius Beitrâge III p. 24.
Lorsqu'il n'y a pas de pluie dans un territoire, les Bé-
douins y fixés se rendent sur celui des autres où il a plu
361
afin d'y faire- paître les troupeaux. On ne refuse jamais ce
service, Iap îjûT (i^Jis-j L. Seulement, le terrain boisé doit
rester libre. Le pâturage ainsi concédé s'appelle ^^s^\^. Cela
a lieu, sans autres démarches, s'il n'y a pas du yi , inimitié,
entre les tribus en question. Mais, dans ce cas, les sâdah
et les masâ^ih intercèdent pour amener une armistice
pendant laquelle les Bédouins dont les terres n'ont pas eu
de pluie peuvent librement faire paître leurs troupeaux sur
le terrain de l'ennemi. On cherche jamais à affamer les autres,
et le blocus à cet effet ne s'est jamais vu. Cela n'a lieu que
chez les nations „ civilisées" de l'Europe. Ce beau trait des
mœurs bédouines est de nature à nous couvrir de honte,
nous autres Européens.
'ij-^i-^, trilles de joie, le lou-lou des femmes, 446; 1225;
1226, 8. Glaser Mitteil. p. 52.
.y>y>, haugôr, mot mehrite, esclave, serviteur; du nom de
W. Hagr, 442 n. 1. Sur la forme, voir Bittner St. mehri I p. 22
et p. 59. Mais il ne m'a nullement convaincu, et son étymologie :
hawgôr <haggôr <haggàr, de ^ , empêcher d'appro-
cher, me paraît inacceptable, car on ne nomme pas un esclave
.L^^^ dans une société aussi primitive. La comparaison de
Bittner avec uj>~>L=>, gardien de la porte, chambellan, est
trop lointaine. Plus tard, Bittner rejette avec raison cette
étymologie, et à présent, St. mehri IV p. 54, il fait venir
ce mot de V~ f^^ = ^>! + h préformatif, comme h a u b î n ,
pierre, de h + wbn = abn, et il compare le sh gor, esclave,
< gôr = (w) g ô r. Mais il est bien plus naturel de voir dans ce
gor l'hébr.-arabe "i:i,^L>vhv. Si mon étymologie de haugôr
est bonne, et elle est celle que les Arabes du Sud m'ont
1) = ^^y^y. où o^ > -b.
362
proposée, ce qui n'est cependant pas une preuve convain-
cante, haugôr aurait été formé sur un paradigme mehrite
assez commun.
Glaser Die Abess. p. 78 avait déjà identifié „djôr.ou
âdjôr, esclave, du dialecte de „Thair-ou Sehrât à Tafâr*^, à
l'hébreu 1:1, étranger, et à l'arabe .b- vhv. ').
Dans le Sud arabe, ^=„^\j> est un homme de W. Eagr,
Index 1809, avec le pluriel ;*"^> ou j^f^^L ;y^^'' ^^^ ^-^
p. 73 et n. 3. Ils sont J.ao^î U'^'-J» o^ o**^' ^^^ ^^^^ extrac-
tion, aux yeux des autres. Ils s'engagent comme palefreniers,
domestiques, ^^La.a_/o, batteurs de durah, surtout travailleurs
aux champs, et font toutes espèces de métiers. On les
trouve peu dans le pays à .l'est de Hçlr. et sur le littoral,
selon le dire de mes Datînois, mais beaucoup dans le W.
Dô^an, à Habbân et dans tout le pays des "^Awâliq, surtout
à l'époque de la récolte, ^-t j.Çj; ils ont la spécialité d'être
agriculteurs. Ce n'est nullement une caste de parias. Ils
sont probablement moins considérés parcequ'ils s'occupent
de travail manuel. On mange avec eux, et ils prient dans
les mosquées avec tout le monde. On épouse bien leurs
filles, mais „on ne leur donne point en mariage les filles
arabes," comme me l'ont assuré les Datînois, ce qui paraît
signifier qu'on ne les considère pas comme étant d'origine
') Les Arabes appellent la langue des Mahrah j^-iJÎ q^-^*-? la langue
des oiseaux, parce qu'ils ne la comprennent pas, et Glaser, entendant
cette expression, courante chez tous les Arabes, appliquée h la langue
mehrite, a cru que c'était là le nom de cette langue. Et Glaser se
piquait d'être la plus grande autorité pour l'Arabie Méridionale !
Carter p. 342 dit même qiie les Mahrah comparent leur propre langue
„to the conversation of birds", j^ * tji! r»^^ il-^- C'est ainsi que les
Mahrah répondent lorsqu'on leur demande si leur langue est belle et
aussi pour dire que les Arabes ne la comprennent pas!
363
arabe. Les subyàn vhv., Arabica III p. 67, qu'on trouve
partout dans le Sud, viennent tous de W. Hagr ^^^ ^oij,
Index 1809. Ce sont des .»j-^\.^. J'ai eu l'occasion de voir
beaucoup de Hugûr. Ils me paraissent offrir un type à part.
Leur teint est plus foncé que celui des autres indigènes du
Sud. Ils rappellent le nègre, quoique leurs traits ne soient
pas aussi prononcés. C'est plutôt le milieu entre le nègre et
l'arabe. Un hagrî est très farouche et il vient rarement à
Aden, où il reste le moins de temps possible. Il représente,
ce me semble, un élément très ancien, ce qui est corroboré
par les légendes dont ce petit peuple est entouré.
Sams el-'Ulûm p. 25 dit: ^^ opi\ ^J^ ^^j*^! cr -'^^ /F^-^*
^(c ^ j_c ^j ^\^ ^ ys\^ lXJj . Ce ne sont pas là les Hugûr
modernes. Il y avait aussi les ^y^ij>jHO, sur lesquels Sams
el-^'Ulûm p. 25, nous renseigne: lXJj ^3 ^tuVf ^J^ ^^ jy^^
_ J o ? -
^\ v3!yti[5 ^UJtj ^^^L. j.«hr J.=> ^3. Voir aussi I Doreyd
K. el-Istiqâq p. 250,8; el-Gazîrah p. 113,5 et ss.; mes ms.
d'el-Turfah et d'el-Iklîl X p. 11 en parlent également. Les
B. Hagùr étaient fort nombreux d'après ces auteurs. El-
Yâqût II p. 215 connaît aussi le mot jy^\-:>, mois seule-
ment comme nom. loci, LA V p. 243 en bas, dont le nom est
cependant attribué à jJLwî ^^ j^?^^» descendant de Hamdân,
v. plus haut. Praetorius, ZDMG 57 p. 775, voit en ce nom une
forme caritative de yp, ce qui n'est pas probable.
Ces B. Hagûr ne peuvent être les mêmes que le jy-^^=^
actuels. L'étymologie que les Arabes donnent au nom de
ceux-ci et leur provenance de W. Hagr ne nous permettent
pas de les identifier à ceux-là. Il n'est pas probable que les
Hagûr, au pays de Hamdàn, où ils étaient avec les Hâsid
364
et les Bakîl, au point de former environ la moitié des
Hâsid, Sams el-'^Ulûm p. 25, et que nous y trouvons encore,
aient émigré vers l'est, comme tant d'autres y existant à
présent. Les Hagûr étaient des qabàil, tandis que les Hugùr
du W. Hagr ne le sont pas.
Les noms des Wâdis et des localités sont fort anciens et
se perpétuent presque tels quels à travers les temps, ce
qu'on peut constater à chaque moment en lisant la Gezîrah
d'el-Hamdânî, comparés à la nomenclature moderne. Il me
paraît donc fort douteux que les B. Hagûr aient pu
donner leur nom au W. Hagr. Naswan, Sams el-^Ulûm
p. 102 dit, à propos du W. Nagrân, qu'il aurait reçu ce
nom de Nagrân b. Reydân b. Sabâ"" et qu'on aurait
dit ensuite par abréviation W. Nagrân et que c'est ainsi
que les Arabes nomment les localités du nom de leurs habi-
tants, comme p. e. Hadramawt et San^â", etc. Je crois que
c'est tout le contraire. Reydân et Hadramawt ne sont
certainement pas à l'origine des noms de personne, mais
de pays.
Rhodokanakis Studien II p. 52 écrit W. el-Hagar, ce
qui est erroné, car le wâdi s'appelle W. Hagr. C'est la partie
supérieure de W. May fa", Arabica V pp. 181, 182, et ne
doit pas être confondu avec W. Mayfa'ah, ib. p. 183. Dt.
157 V. 5 nous lisons: oyaJ! "^ j^wc^j ^5 ,«_à-^ ofj ^y,, voir
Dt. 265 et n. 3 et 4; 1706/7. L'auteur parle ici des fron-
tières du pays des Wâhidis. Ils possèdent aussi une partie
de W. Hagr, qui forme la limite d'est de leur territoire,
tandis que la principale artère du pays est W. Mayfa'^ah,
sur lequel voir Index p. 1839 sv. Dans l'inscription d'Obne,
Rhodokanakis o. 1. p. 48 1. 5 (de l'inscription), on trouve
MyfH = iLxÀ-y), ce qui ferait croire que c'est là la forme
ancienne du W. Mayfa" actuel. A présent, on distingue bien
les deux noms. Aussi Rhodokanakis o. 1. p. 52 a-t-il observé
365
que le W. Mayfa'ah de Naqb el-Hagar ne peut être le
même que celui d'Obne. Maltzan avait aussi des doutes sur
l'identité de ces deux noms presque pareils, Reise p. 223 n.
Ayant été deux fois à W. Mayfa'ah et passé une fois tout
près de l'embouchure de W. MayfaS j'ai pu constater que
ce sont deux Wâdis différents, décrits dans Arabica V.
Il n'y a pas un „W. Obne", ni une localité de ce nom.
Celle-ci s'appelle iUJ!>Ul!, où se trouve le grand barrage en
travers du Wadi, qui s'appelle W. el-Horeyba. L'inscrip-
tion est gravée sur une grande pierre. W. el-Horeyba est
situé „entre W. Hagr et Balhàf, au dire des hommes qui
connaissent bien ces pays; il débouche dans W. Hagr. J'ai
écrit 1141, 1333 en bas Libneh, parce que j'avais entendu
cet endroit s'appeler Libnat Ba Rase y d, oii cependant la
désinence s'explique par l'annexion, et l'article est resté soudé
au nom, 287 s. Le mikittib que j'y avais envoyé pour
m'estamper l'inscription et qui était originaire de W. Hagr, m'a
assuré que l'endroit s'appelle véritablement UJ!, communément
prononcé Libna: ^UJI > el-Bîna> el-Bena > Libna ou
Libne, c'est-à-dire la construction. J'ai déjà relevé l'erreur de
Wrede, 1141, qui l'appelle Obne. Il aura mal entendu ou bien
Maltzan n'a pas bien pu lire le manuscrit de Wrede; le nom est
resté et il restera probablement tel quel, malgré Arabica IV p.
76 n. et Index Dt. 1803 sv. Le barrage ou plutôt le rempart est
appelé LlJ ^^o, ou UJ l\m>, 1145 n. 3, ou LlJ ^^, 1141.
Dans l'inscription, ce rempart porte aussi le nom de l\_w;
il devait défendre, ^^Xa, W. Mayfa^at, soti défilé, ^^^'^àj^, en
guise d'un ^j-i, qui dans le Sud veut dire montagne, vhv.
Un W. el-Hagar et un Balâd el-Hagar, Rhodokanakis
0. 1. II p. 52 n. 3 et 4, n'existent pas ici. C'est là W. Hagr.
Je me demande s'il ne faut pas voir dans le -i^ v^»-^^ de
366
l'inscription 1. 2 justement le nom de ce Wâdi et traduire
autrement, peut-être par la. montée de ou après Eagr et ses
deux hauteurs^ ou tours^ cf. <<-1jLc. Rhodokanakis rend ^j-AiLc
par fortin^ ce qui est aussi possible'), cf. U-ï ^is. Arabica
IV p. 75,6. Le 3^_*v est construit à sa base en grosses
pierres équarries dont les joints- ^^j-^, selon mon homme,
paraissent avoir été remplis de quelque chose, ^L^:2.A:aiw, pour
sceller les pierres, car Naswân o. 1. p. S7 sv. jS^, = (j*L^',
cite un vers de As^'ad Tubba*^, à propos de (jj^^-iiJ! f^j> ^.o^,
que j'ai rapporté sub A.»^, et ib. p. 41 il donne un autre
vers du même:
i^uo^l LXjLX:5^vJb sLLj LvsJ. *^Lj1 rj'fP' — vr"^. (J»-^ iS^i
lXxi-vvJ! ..jLo;JLj Lx_fc.Lo LVav 'iAL^>.xî sLjlj v3] ^Lo L«j>.
Les gfros 6/ocs de pierres sont appelés i»-*-jjXi ,L:sa=-, sur les
quels il y a des brigues cuites au soleil. Dans l'inscription,
les pierres sont appelés «-^jw, cf. 1145 n. 2, et ce mot pour-
rait bien se rapporter au sudarabique ^^ Hdr. Gl. sv. Les
briques me furent nommées ^^ > ^ vhv. := ^j^^.*^ ^jjJ de
l'inscription.
Je tiens encore à relever ici une autre erreur. On appelle
la xxXj^sj», à une heure au sud de ''Azzân, Naqb el-Hagar
et non Naqab el-Hagar, comme l'écrit encore Rhodoka-
nakis 0.1. II p. 52, trompé par Maltzan Reise p. 232, qui
écrit Naqb el-Hagr. y^' v*^ veut dire le défilé de la ville;
voir ici p. 860 et sub ^=> ; Arabica IV p. 53 ; V Gl. sv., Dt.
1) Souvent ma connaissance du vocabulaire des dialectes du Sud me
fait traduire les inscriptions autrement que mes confrères. Ils feraient
bien de consulter mes publications un peu plus, car ils y trouveraient
d'utiles renseignements.
367
441 et n. 2 '). C'est sans doute le môme mot que dans le
yémanite »^5= = xby> , Glaser Mitteil. p. 28 et l'Encyclop.
de rislâm I p. 320 sv. Hidjra, apparenté à V~jS:^^ vhv.
Dans la liste que j'ai dressée, pendant plusieurs hivers,
des localités où se trouvent des inscrip^tions dans le Sud,
figure aussi la description du barrage ùeLibne. Si D. H. Muller
s'était comporté avec moi plus loyalement pendant „rexpé-
dition sudarabique", je lui aurais remis cette liste, mais il
voulait, de même que les autres membres de l'expédition,
me faire passer eux yeux des Arabes pour le drogman de
l'Académie des Sciences de Vienne, tout en me faisant payer
toutes les dépenses, tous les dons, indispensables aux sultans
et aux Bédouins, de mon propre pécule. Devant ces intri-
gues, je me suis retiré. Le pavs entre le Yéman et le Hdr.,
encore inexploré, renferme des trésors épigraphiques. L'an-
glais Bury, voir Dt. Index III p. 1879, mon ancien secrétaire,
que D. H. Mûller avait réussi à détourner, fut ensuite envoyé
dans l'intérieur. Mais sa mission échoua complètement, car
les Arabes savaient partout qu'il ne venait pas de ma part,
et il fut alors reçu avec une grande hostilité, vu aussi son
caractère irrascible et violent.
J'ose espérer, pour le plus grand bien de la civilisation,
que les Anglais rendront un jour possible l'exploration de
ces pays sauvages. A présent, il faut attendre, car les ex-
plorateurs européens y seraient mal reçus, même étant sous
la protection anglaise.
Le ^:$\=> SLi a été parcouru par le baron de Wrede, qui
l'appelle à tort W. el-Hudschar, Reise p. 135. C'est sous
ce nom qu'il est marqué sur sa carte et sur celle de Miles
») NaswMii o.l. ]). 108 <lit: ^^Ujc^Îj ^jsi ^_^ j.yLJ) ys^. C'est
sans dûiito un ail'aihlissoiiieiit du thriiie j^^ vliv.
368
et Munzinger et celle du South Western Arabia, publiée par
le War Office de Londres en 1893 '). Le chef-lieu est ^^^
j3o ^, prononcé b. Darrâr, que Wrede (ou Maltzan) écrit
p. 136 et p. 183 Hisn b. Dighâl -), où réside le ^ÂJL<, qui
était alors Moh. b. ^Abdallah Bâ Râs (et non Râss) appelé
,:f^=> ,_,A^Lo. C'est une contrée superbe et fertile, au dire
de tout le monde. Le climat en est excellent, selon les hommes
que j'ai consultés, mais fort mauvais selon Wrede p. 184. Les
habitants sont très robustes et laborieux. Les bosquets de
palmiers sont renommés. Les dattes sont noires ressemblant
au j.tamar indien" de notre pharmacopée. Il y a beaucoup d'eau.
De ce nom ^:^\=> on a fait le dénominatif ^_5^', travailler
dans les champs ou dans le ^^oj, aire, vhv., Dt.
Dans l'Encyclopédie de l'Islam, il n'y a rien sur W. Hagr,
ni sur les Hugûr. Pourtant, mes publications auraient pu en
fournir les données.
o-:^>, bomber, 1040; élargissement en r de vji:snj>, vhv.,
ou bien dédoublement.
OîjS?^, espèce de coticou, Yéman.
;:>'v=>, retenir; séparef 440. Naqâid Gl. sv. — Couper 1633,
Arabica V p. 4 n. Cf. ]> vhv.
;s^:>, entourer, encercler. iuJuCiî JLc ;:^=>, entourer le mot
d'un petit cercle Dt. = cl. ^^ ode . Cf. j>j> vhv.
') Cette carte contient beaucoup d'erreurs qui proviennent de celle
de Wrede et de Miles-Munzinger.
■-) ib. p. 130 il faut lire W. Knîneh, et la note de Maltzan p. 284
est gratuite, comme la plupart des antres notes, mais .la connaissance
de l'Arabie du Sud était avant moi fort défectueuse.
369
j:s^^>, hypoco7idre, 362.
j:>L>, rempart; digue, 1219 n. 5; synonyme de Js-w, 1219, 10.
3^;.:^:^, poc/ie dw m/taw, 1326 d. 1.; 1329 n. 2; 1330 n.;
> 3j_> 433,6. Jwj^L_vvJi 8j_:>, ceinture des pantalons, 1326
d. 1.; Brockelmann VGSS ï § 63. Même expression I
Sîdah IV p. 83, 6 d'en bas et LA VII p. 201, où les
deux mots sont synonymes. Mais les deux mots, l'un fùt-il
à l'origine une contraction de l'autre, ne sont cependant
pas de sens égal dans notre texte, où ■8j.:s^:> est = v*-^j
1329 n. (sur iJbU Hdr. p. 252 et ici p. 360), et aj^ =
ceiiiture. kJ^^^^. jc>l et \jy>: l\=>\ sont différemment expli-
qués chez Lane. Prendre par la ceinture est encore aujourd'hui
un geste pour demander protection, v. j.ij:> .
jLp^. ceinture, 1330 note. — e^jL:>^=> et les formes ana-
logues, 383. D'après la théorie de Torczyner, ce serait à
l'origine un accusatif adverbial. En tout cas, ce n'est pas
primitivement un duel.
i^:^, partie molle de la hanche, 362 n. 3 ; cf. "3l\=>, vhv.
:^j?.i?*; en Egypte, \»^ ^^Ljji est compartiment réservé, retenu
dans le train. Nous lisons dans la Ôazîrah p. 78, 22:
Ç. 5 0
xç JjyUJI %s^, j'iA^ *-oiy> i}si 3*-^ • ' • • '-J^./ 1 ^^^ bassin ....
capté aijant sur ses côtés wie balustrade qui empêche d'y tomber.
^J«^:$^:>, saisir à bras-le-corps (lutteur), Yéraan; Stace p.
196 sv. caught. Développement de ]/"^%:>.
oi^=>, rafler; prendre à toutes mains, 1040; <oLi=\:>vhv.
v_jLS^r>, bomber, 1040. Pourrait aussi être évaser; je n'en
suis point sûr, mais je ne le crois pas. Cf. u5^.^>.
24
370
^Jl$^s>^ 51, 10; pi. Li>:^^>. ^c«î^' ^•?^^? ^QS parois du four,
expliqué 1040.
i:ft:&-\>, boucher en cuir, Boh. V p. 97; I Sîdah VI p. 74;
LA sv.; inconnu dans les dialectes. At-il reçu ce nom parce
qu'il est bombé. ^^=> est coll., comme o^o, vhv.
lJL^=>, indigestion, Dt., parce que le ventre est bombé, bal-
lonné?
J^>, i, sautiller à petits pas, Dt., 1226 et n.; 1228,2;
exemples classiques 1227; 1655. I Sîdah VIII p. 152. ^i:?!^
oLuwb, ils sautèrent avec des sabres, Hamâsah p. 221,3.
*Jj_=> -A^J! J*:?^:^', Zoheyr 2, 18 = mon édit. p. 183, où le
comm. dit : v^^' e_c**^ (iUÀS^, lAliUiî ^c-^ ^c^i-«J' l?' î même
définition I Sîdah III p. 111. Sihâh sv. — J^c en est sans
doute une variation phonétique, d'où aussi J.:s^c, veau, <
J«.js^c, qui gambade; Ges.-Buhl sv. ''^))}.. De ^:^'^=> s'est déve-
loppé J^j>, courir vite, galoper, où l'épentique est motivée
par contamination avec V~^., comme le dit bien Ruzicka
0.1. p. 212, tandis que ^^=> a fait J.:^u> par dégémination
et assimilation des deux sonantes n et 1. Ensuite, il y a
J^^, ^^, et ^^ vhvs.; Cf. sub ^_^.
J.:s^=>, intens., sautiller à petits pas, 1226; > tS^Ui> 1226 n.;
Pr. et Dict. Gl. sv.
o _ 5 5
^•^?^^5 pl. Jy?^=>, anneau pour la jambe, 76 1, 3. > ^^^■=> p. 93.
Aràgîz el-'Arab p. 130, 10 où expliqué par JLs^Jli*. Ce dernier
mot est véritablement, dans le Nord, l'anneau large et creux qui
fait du bruit, J^^JL^j lorsqu'on marche, tandis que J.:^=> est
371
l'anneau mince et massif; Meissner ZA XVII p. 241. —
^,^=>, dim,, 880, 11. — Mot courant dans toute l'Arabie.
RO § 25; RD Gl. sv. Rhodokanakis donne à Jcs:u> le sens
de sourcil, pi. l.iai"-âl, mais c'est sans doute ^^'^ (JL-xj
régulier pour ces choses), si ce n'est un mehrisme au singulier.
J.:>L> est en mehri aussi sourcil, Jahn Gl. sv.; voir ici sub
^:,o-L:>, p. 357. C'est = le sudarabique ^\.^^=> et le nordarabique
„Lp, vhvs., et veut originairement dire V orbite de l'œil, ce
ù
qui entoure l'œil. Nous avons ici, comme dans J_:s^-:>, le
sens primaire du verbe.
Js.:^Tj>, moUle, libre, qui peut sauter comme il veut, 451, 1;
;> J.:^^^?. — Nom de la perdrix rouge.
xJLfv=>, cercle, Hdr. et ''Oman. \J ^^.y^ S^y^ lX_:>Î5 u>^.ii
xj (jvl2jL> '»1^\=> vy^'j f^'^ ^^ ^'^^^ Europem aiitour de qui
les Arabes avaient formé tm cercle en V entourant, RD p.
237, 10 d'en bas. Cf. '^j^^^, cercle, RO p. 55, 16.
iJL:s:\:>, espèce de danse, Hartmann L L W p. 202. Cela est
à noter, de même que ce qui suit.
Jc^bs^/«, espèce de danse, Dt., comme -;^ et v^y», vhvs.
iJL:^:^ui, bàto7i, 1747. — Je fais observer que l'hébreu con-
naît aussi ^T\, se mouvoir en cercle, et le syriaque "V^m,
cinxit. Cf. sub ^n=>. .
*^, retenir, 440, = j»-5n:>i, qui est aussi se retenir, LA sv.
Naqâid Gl. sv.: to turn atoay. — Appliquer des ventouses, \{)^0.—
*^u>, parquer, renfermer le bétail, comme RD I p. 107 v.
372
11 (corrigé ib. p. 139, et c'est ainsi qu'il faut lire). — Raser
qn. J, et se raser, 1031.
j*-.?u=>î, se retenir, Tab. I p. 1578,8; avec ^c Le Monde
oriental X p. 84, 4 d'en bas.
j*:s:u:=Ȕ, se faire appliquer des ventouses^ 46,15,27; 47,24.
'U^^, 'ventousation, 49, 10.
^L^Tj>, ventouseur, 46; 47 et passim; 48,20; 1024; 1211,9.
j*.^\J:û, ventouse, 49,6; RO § 6l; = iU.^J^^, 46,28; 47,2,
4,8,19,21,22; pi. *-:>L^^, 47,2; 48 d.l.; 1211,10; Z A 26
p. 352. - Cf. ^, ^;^, .J.:^ et ^^.
^j^, \, expliqué 1746.
o û -
ioL5^:>, courbure du poignard, 'Dt.=^'iîdii: iOJL=>, voir planche
Hdr. p. 362. ^o^î 'i,j.:s\=> le tournant du ivâdi 1746.
^^ys^\=>), courbé. !^\jl:s\=> La^c, bâton courbé en haut, 1746.
^^xJ^wo, bâton, 1744; 1746 et ss.; 1756. Musil o. 1. p. 168.
Jaussen Coutumes p. 273. Naqâid Gl. sv.
Ce Q^?^ était parmi les insignes de la souveraineté des
Omayyades, pareil à celui que portent encore les Bédouins
du Nord, v. Kremer Calturgeschichte I p. 389. Voir figure
chez Littmann Arab. Beduinenerzâhl. Il p. 16. Les rois
hettites sont figurés tenant un bâton, Ed. Meyer Reich und
Kultur der Chetiter, passim. Schweinfurth nous raconte,
Westermanns Monatsheft 1891 April p. 52, que le Dr. Rie-
beck avait trouvé dans les cavernes sépulcrales de l'île de
Soqotra des bâtons qui y avaient été placés à côté du
défunt. Les insignes royaux remontent à la plus haute
antiquité sémitique. D'après le mythe d'Etana, ils se trou-
vent au Ciel d'Anu. „0n n'avait pas alors sur la terre
de roi, ri-i-um = ^jrfK^ pasteur, vhv.; et alors n'était
373
pas tressée une couronne, ka-as-ra-at '), m un diadème-,
ku-ubsum; et un sceptre de lapis-lazuli n'était pas pos-
sédé; les cinq Igigi avaient fermé la porte contre le puis-
sant; le sceytre, le diadème, la couronne et le bâton, au
devant d'Anou dans les deux étaient placés", KB VI p. 583/4;
Dhorme Textes religieux p. 165/6; Lagrange Etudes p. 343;
Jeremias Handbuch p. 177. Le bédo7i éipirru, Zimmern
Akk. F W p. 8, oià sceptre, a pu se conserver dans le sud-
arabique »^->~v«, bâton en fer pour trouer les pierres, vhv.,
ma MJM p. 27.
J'ai parlé 1745 du bâton de commandement en Egypte cher p,
quî veut dire premier, et je l'ai comparé avec l'arabe 5^^5"Li,
vhv., mais il se peut que cherp soit une métathèse de
l'akkad. sipirru, qui, d'après Zimmern o.l. p. 8, aurait pu
donner l'hébr. saprîr bâton, Jérémie 43, 10.
On voit donc où il faut chercher l'origine de „la royauté
par la grâce de Dieu". C'est ainsi que le roi de Suède, et
je suppose tous ses collègues royaux, s'intitule dans les
documents officiels. 11 n'y a pas jusqu'au cérémoniel et aux
fonctionnaires de la cour qui ne soient l'écho et la perpé-
tuation des institutions babyloniennes, image terrestre des
mômes institutions de la cour des dieux célestes! De mémo
que le boulanger et l'échanson remplissent les plus anciennes
fonctions à la cour céleste, de même, dans nos cours européen-
nes, c'est „le grand maréchal de la cour" ou l'intendant suprême
qui règle tout à la cour et qui a le plus haut rang de tous
les citoyens. Le titre de grand échanson, rab-sâqû en
akkad., est même héréditaire dans quelques pays germani-
ques, et je crois aussi dans des pays non germaniques. Nous
sommes encore de vrais Babyloniens. Notre temps et notre
mentalité exigent l'abolition de toutes ces cérémonies orien-
') Est-ce la '»Sx2i des Arabes du Sud ! vhv.
374
taies dont s'entoure la royauté en Europe. Voir Jeremia's
Handbuch p. 178 et n. 2.
'»J.k\^io, bâton, 1746. — (^bï\js\^, hâton, 1746, 1747.
xJLs^:*;^, bâton, 1747. J-js^^-L' Îl\J> J. ,jroL:sn.:<',xi c>^.i^, /«^
planté, fiché mon bâton dans cet endroit, Littmann Miirchen
u. Leg. aus der syr.-arab. Wùste p. 24, 3 d'en bas.
»>.5^^> et «y?^^, cowr de la maison, Hdr. pp. 360, 5: 395, 4
d'en bas; expliqué ib. p. 406. De Goeje, Hadramaut (Rev.
col. intern. t. à p. p. 22) le traduit inexactement par „die
Brustioehre des Daches", quoique la carte soit ici très claire.
^J:^^, a, i, barrer ou couper le chemin, arrêter sur le pas-
sage, ^, 8, 22. iot>-^J), Jwc j«pjLlî ^jja:fv=>, les hommes cernè-
rent ou coupèrent le chemiti aux sept, 13, 4. — Garder;
empêcher d'approcher 327, 4, paraphrasé par r--^^, comme
Mutalammis, éd. Vollers, p. 31 en haut, = 5-s^- C'est le
mehri hagu, enfermer, cerner. Cf. les classiques 1:5^:=-, u, et
i^c^f^^, a, avec un sens secondaire.
I Laqwar a dit (traduction 348):
Ici J,L^:>r., me fut expliqué par ^J^s. l^j^.
Cf. en tigré, hêga, faire mi parapet de défense, protéger et
chercher protection, chez Nôldeke Beitrâge II p. 81 et Schul-
thess HW p. 29 et s.
^J:^^', se cacher, se mettre à l'abri, 10,6; 1039 d. 1.
^^x>l =: j_,_jsai?', se cacher, se réfugier, ^Xî; RD I p. 68,6:
375
^c-r-'^- ^'•^•^ ^Lav^ ^y^ ^, OÙ le verbe se rapporte à «^Uc
il se protège au milieu de ses soldats. I Roweys, chef des
Ma'n, avait pris les chameaux de Bir Lazlab (v^j*^' j-^)»
qui habitait sur une montagne dans le Gûwrm, en 1912.
Celui-ci fit alors cette poésie:
- -' , i. ,, + .. .
ie5 troupes "aulaqites ont trahi, o haut Kuhar'^)!
Ils ont rebroussé chemin pendant que j'étais entre el-K. et Mâs.
Et les Ma^n ont pris la fiiite, et les Marâzîq se sont cachés,
Lorsque le calibre 5 du plomb retentit et fit baisser toutes
les têtes.
o s
j_^;^u>, pi. 'Sa.^=>\, cuisine sur le toit, Hogarîeh.
j^j^tl^wo, mur de défense, parapet, 1695 note; retranchement
Hdr. Grl. sv.; abri en pierre pour se blottir. C'est précisé-
ment Vabri (l'allemand TJnterstand) de la guerre actuelle.
les E. laissèrent le canon dans le retranchement qu'ils avaient
construit de gabions en feuilles de palmier et de sacs en laine
qu'ils avaient remplis de terre, 12, 19 et ss.
La lurah a L.;^u> = (j*w>-=>, Qâmoûs seul, et au fig. être
avare, LA sv.; =: Ls^=>, u; le class. \.,^\.:^^, abri = L:^tJl«,
Qâmoûs seul, correspond au datînois ,^5^=?^.
1/"A>, 1129; 1674;>l/~^o ib.
ôb> > oL>, tranchant, 73, 12.
') prononcé wana, ^-.
2) Sur les noms, voir Indices sv.
376
J^, territoire, 157,14; 659,11 d'en bas; 725 d. 1. : an a
hâgirinnkum el-hadd, je vous défends le territoire;
890,1. Es haddak? traduit par Meissner NAGJ p. 117
par wie kommst du dazu ? warum ? — Css> ^ , à côté de,
comme Musil o. 1. p. 442 en bas: (^i-^^ i}^ ôy^ icL»,^ 1^,
dites à la veuve de se fixer à côté de moi. ^jJlL*^ i^.j>yf\}\
sjo (J^, le matelas penche d'un côté. — Deuil ; habits de deuil,
1538, 6 d'en bas, comme aussi dans la lurah.
sÂ>, extrémité, bord, bordure. i^^\^^ 5Â:> (J^, sur le bord
du loàdi, Beyhân, 86, 21 = ,^0^1 ^^ j. Dt. ib Jr^'^^''
-Jij! sl\j> Js«£ o'/r^, pierres oblongues debout sur le bord du
tombeau, 69, 3 et s. — Partie molle de la hanche, 362 n. 3 ;
cf. i^^^, vhv.
olJo, forgeron; pi. oÂ^, 1730. Carbon p. 190 donne oije>,
forgeron, aussi comme pluriel de ^^S^<\=>, p. 82; cf. (^^^> vhv.
»^.iA:>, sommet de montagne 1129.
»l)o, falco milvus Dt. <5L\=>, mon MJM p. 22,= )Li<Xio ib.
^_jAj>, être convexe, expliqué 1507. — v'-^^^' f^-i locution
figurée 113,60; 1507. Qays b. el-Hatim N° 13 v. 18 dit:
LjlX.:SJÎ ijy;.wj ^^aIai >— j^ \_A_ac.! , P"^! J*-^ CT^;'
TJîie grande armée comme le torrent suivi d'Orne pluie per-
sistante qui fait coider des flots.
La mer est ^Jx^- ^o, billoivy, Naqâid Gl. sv. Lajocution
est donc vieille.
377
tUvjJI ^J>Oy 847 note.
^tX^».
l\>, i, u, me fut toujours expliqué par JjJ, intr. Dans la
lurah, c'est aussi bien transitif qu'intransitif, selon l'appli-
cation qu'en est faite, de même que dans les dialectes du
Sud. Nauwho rkâbhum uhadro l-furs^'^anhin, ils
firent agenouiller leurs montures (chameaux) et leur ôtèrerit
(descendirent) les couvertures^ RO p. 320 en bas, ce qui
correspond au \K.c> ^ ^Lillî jJo- = û^\ de LA V p. 244, 7
d'en bas. Dans notre dialecte, on aurait ici dit ^ j.'LiJ]l J^i.
Le sens ^.'entourer une' chose de qc chose ne se trouve que
dans le Qamoûs et, d'après lui, dans TA et M. el-M. =
xj JJ.:=>\, mais non dans Lane et les autres dictionnaires
indigènes. Si nous comparons l'hébr. et syr. "lin, "lîn et^^,
ce sens de timgeben, umschliessen, umkreisen paraît cepen-
dant ancien, v. Ges.-Buhl sv.
Mais il doit provenir d'un autre thème homonyme, et j'ai
1254 émis la supposition que .l\=> dans ce sens pourrait être
un élargissement, par le phonème _ causatif, deV~j^^ (,<->).
Bittner Studien II pp. 39 et 148 est indépendamment arrivé
à la même supposition. Ou bien fautil y voir un accouple-
ment des deux |/~l\:> et K"~vV (jO)? Le verbe y:=>, traité
p. 346, n'en est probablement qu'une variation phoné-
tique. Cette fusion de deux éléments se présente aussi dans
le hadramite ^3vAj>, courber, tourner, vhv. = ^^-Ao-n; p. e.
b.^iA^ oJj /J = 3;v-^^2Jw = iL>3^xi , un chemin avec heaucoxip
de tournants, en zigzag, (^uand même ce serait un dédou-
blement de ^iA=>, le fond supposé de V'' p<=> a certainement
influencé le mode du dédoublement. Le class. et syr.-palest.
378
_.l\:>, tordre, enrouler '), pourrait aussi être une copulation
de .vA> et -. .o, mais les verbes de sens analogue ,iA=>j,
Syrie Dozy S., le sudarabe jf>^, rouler vhv. ou jt^j> vhv.
et _^>o vhv., rendent aussi une autre combinaison possible.
Le mehri hadûr, exécuter une fantasia^ serait d'après
Bittner St. mehri II p. 39 pour h hadûr ^= hahdûr <
hadv7ûr ib, p. 148, et il compare ^lX^j <^bl >^!lX5'. C'est
possible. Le verbe .A:> est peu employé dans le Sud, mais
d'autant plus dans le Nord et presque toujours = Jj-i,
descendre. s.Uil (^ ^j^i ^H^ descendit de l'âne, ma Fest-
gabe p. 13,18; ib. Gl. ss. Yirôh haddâr, le bateau des-
cend le fleuve, Islam IX p. 129. On a vu plus haut que c'est
aussi transitif en ^Omân.
j3k=>, faire descendre = faire entrer == Jji; ma Festgabe Gl. sv.
L^Jlc xjj.lXj^., on le (marié) fait entrer chez elle, 820, 2, 'Iraq.
Le dofârite ,vÂ=>, galoper, RD Gl. sv. est sans doute la forme
intensive du classique ^oV> , aller vite (et non seulement en
lisant le Qorân), LA V p. 244,11 d'en bas, et la forme
dédoublée ,^^1^ (v. p. 377, 5 d'en bas) dénote les évolutions et
les cercles que font les chevaliers arabes en galopant. Le mehri
hadûr, faire la fantasia, < h h a d u r < hahdûr confirme
cela, et Bittner Studien II p. 39 a fort bien su expliquer la
sémantique de ce verbe, comme je viens de l'exposer ; cf. aussi
le mehri mhadwîr, rond, ib. I p. 29 et p. 117 en bas. Le shaurî
hoder, galoper, v. plus haut, est de la même provenance.
D. H. Mûller SAE III p. 115,26. Le Vocabulista, éd. Schia-
parelli , porte aussi j3^j> , roider, faire avancer en roidant,
selon Dozy S. (je n'ai pas réussi à l'y trouver), et le classique
L>yù\ jl\:>, la v p. 245 en bas, sont encore des preuves
de ce sens, pour ne pas parler de jSs>, colporteur, Dozy
') Musil A P III p. 289, 7 d'en bas n'est pas bieji transmis.
379
S. = 5^ en Syrie. Il est bien curieux que le Qâm. seul donne
ce sens de cinxit, circumdedit, et il se pourrait bien que
ce soit là le résultat de son séjour dans le Yéman.
o^l\, contrre de l'Est, 1512 n. 1; cf. Hdr. Gl. sv.
ti^j^î> V. Hdr. Gl. sv. et Snouck 0. S. Festschrift Noldeke I
p. 101 n. 1, =oy:i ou wo^! en Hdr.
J^j=>, fort, robuste = ij^jé , pi. y.^ly> ou ^^^\oy>, Hdr.
^A>, omettre, Yéman; Stace p. 115. <Li«-X:> vhv.
lJJo, co?iverscr, causer, Yéman, avec l'accus. de l'objet.
Stace p. 198. - Jeter, < o3o vhv. SAE VE p. 14,30 =
ib. IX p. 10, 27.
^3<^' est effectivement en Hdr. = cuJ».:^" , voir sub lJl\:> •
^ju_J>^, conversation, Yéman; infinitif, Stace p. 198.
^Jsj> n'est pas ici < oA:>, car la vraie forme estoJ^^, yhv.
oA=>, entourner, cerner = oL=>, u, vhv. dont il est un
développement, relevé par I Sîdah XIV p. 233.
di^, regarder fixement, > \Ji=>ô, vhv. Cf. ^.^j, *.^> et
y:=> vhv.
'»JiiLSs> =^ i^j=> 1253.
f^
pvA>, briller, flamber, 573 en bas; = L\4', LA XV p. 6 en
i3as: 3l\^=>5 :<>3l\:> ^LUi r^i^!, OÙ aussi les sens figurés.
j.LX:c>t, être brûlant, llodeyl. Koseg. p. 190,1 et 5: j.!L\jj>"^i
380
^\JÀ1\, ib. Wellhausen N° 264 v. 1,9; Naqâid Gl. sv.; voir
ici iA*;cr>!.
j.l\=> est-il une fort ancienne métathèse de AT ou bien ,.;c>!
> j*;c> > j.lX>, selon plusieurs analogies; cf. Ix^l Hdr. p. 67
V. 23 et p. 92 et ici sub ^wj", et kS. et sv. ,;c>L I Sîdah
XI p. 34 dit: o>^ _>^3 3A4.=>j ïiUlX^j ^;'r--* i*^ •'-\v^ _h'
:'w»J.3ti .L-C2C JotX.ilî lô! ry^ ij>-^ C)-^' *t-\^' iJwjJJ d^O Q^_5
L>uJC:>j|_5 |«'Ax;>'b! j»L\iLj lAï^ o'-^-*>^_5 i,:>-<A2>^_» oA4«X;>'j ^^•^^^-^'^S
^ sÂ.i; j.. Cf. JoT vhv.
^J.:
U>, pousser, 637; 1658,4; 1661; 1672; 1674. I Sîdah VU
})p. 108 et 111. — Mener ^ conduire, pousser devant soi, 1656
et n.; 1663,6. Diw. Hodeyl. Wellhausen N° 159 v. 5: i\J^
^L£. 3oV>r. l_jlXxI>, le matin où G. poussait devant lui une
bande d'animaux. Ib. N° 257 v. 36: iCjyj ^ciy>fo=> q^ i^f oA>,
2«w vent du midi a poussé son 7iuage du côté de Eclr. — Chanter
(chamelier), l'article ad hoc 1656 et ss. Voir encore Zoheyr 9, 9;
ib. 10, 6; Hamâsah p. 190 d. 1.; Labîd 40, 39 et 41, 28; Laqît
V. 50; ^Antarah 9,5 {^Csjs>\). Lammens Berceau p. 231, où
d'autres citations. Le sens primaire paraît être ^yo et ensuite
seulement pousser en criant ou ew chantant; cf.(j:Jw>, i, et^5C=>, i,
vhvs. Nous avons une éty mologie identique dans »Jù, qui est selon
LA sv. : p-Lu^L. \ic ^y^S ^(j^ ^ c/' f^r^^ ^ ^^ aussi =
oyo; ensuite, exciter à la marvhe, antreiben. Encore en Syrie,
J bAj est courant pour appeler par un cri, anrufen, et Nôldeke
Beitràge II p. 193 a vu clair. Il y donne plusieurs exemples A'ap-
381
peler par un cri et de pousser devant soi et le rapproche avec
raison de (^Aj, (j=->l3. Peut-être l'abyss. et le tigré diM, rh'l,
chanter, est-il apparenté à !l\>, chanter, avec d>l, malgré
l'étymologie de Dillmann, Lex. p. 60, de bL:>, être doux?
Littmann ZA XIV pp. 64 et 89; Sundstrôra-Littmann En
sang pâ TigrêSprâket p. 25. Le rapprochement de iA->,
chanter, avec le babyl. h a dû, rejoice, Muss-Arnolt p. 306,^
mn, même sens, 1673 en bas, ne tiendrait pas d'après l'ex-
posé phonétique de Delitzsch Prolegom. p. 180, car cela
aurait fait SA3. en arabe, sur lequel voyez 1674 et ici
shv. Mais du moment que l'hébr. nin est = le babyl. hadû,
je ne vois pas pourquoi l'arabe tA_> ne peut aussi l'être,
emprunté peut-être directement à l'hébreu. Il y a en arabe
l>A_^, u, pousser une bête et chanter, mais il se peut qu'il
y ait ici deux thèmes; le premier pourrait être une varia-
tion de l/^LX-ii et le second, parent du babyl. sadû, he high,
Muss-Arnolt p. 1011, synonyme du babyl. saqû,_^, vhv.
et de êlu,^JLc, vhv., Delitzsch Proleg. p. 96, et sans doute
parent de oL^, i, Hdr. Gl. p. 628 et ici sv., de sens iden-
tique. Ce dernier !l\_^, u, serait donc véritablement élever
la voix, jjlc! *JJL. - V '^5^, 1664; 1665; 1670.
3Aj^, inf., 1670 en bas; 1673. -3^, herding song, 1661.
ilL\j>, chant du chamelier, 1180; 1656 et ss. = ^t^x^, 1660
en bas; 1661; 1665; 1668; 1675. - Son origine selon la
théorie de Hartmann et de Jacob 1675, adoptée par Littmann
NAVP p. 93; je ne la prends pas au sérieux. Voir ici sub
;_^.. ij;oL:> <; oL=>, conducteur de chameau; chamelier qui
chante, 885; 1656 n.; 1659; 1664; 1673. Diw. Aljtal p. 198,
2. PL hU:^, 1663; 1664 en bas; 1671 n.
i!js^>, conducteur de chameau, chamelier, 1662.
aJJo, expliqué 1662. La hadddwah que rapporte Wetzstein
382
ZDMG XXII p. 96 n. et Dalman Pal. Diw. p. 138 doit être
lue comme suit, ---- | ---- | :
' Yâ ma sarêna wan-nèda rainée r ri
Wà^la barâtimhin "agâg el-berri')
Y a ma serêna wal-hawâga nfi^m
Waihleflif er-riglêne bil-'^amâMm^)
Que de voyages nocturnes avons nous faits pendant que la
rosée était répandue!
■ Et sur les babines des chameaux était la poussière de la
campagne.
Que de voyages nocturnes avons nous faits pendant que le
citadin dormait,
Les pieds enveloppés daris les couvertures.
La version de Dalman est encore plus fautive, parce qu'il
ne contrôlait pas le texte par une connaissance métrique,
pas plus que Wetzstein, dont les textes poétiques ont t'ga-
lement besoin d'une revision, pour rie pas parler de la désespé-
rante défectuosité des poésies de Musil.
iCjjÎAs>, expliqué 1662.
s^Jo, expliqué 1662. — qIjÂ^, 1661, 4 d'en bas; cf. sub ,j:Jo.
Le thème *)Ck=> s'est fusionné dans les dialectes avec i^o<=>,
i, vhv. Cf. sub _yp>,
^^l\=>, courber; tourner, faire des tours, des zigzags, Hçlr.,
ma Festgabe p. 34; voir ici sub yôss> et .^p-^.
;_5Â_>, i, faire du bruit en général; gronder, bruire, 885;
1180; 1659; cf. ^jj> et j*Ii> vhvs. — En Oman, criailler, RO p.
221 en bas: mhù del-hadyân bû tohdîni iyâh, qu'est-ce
') Dalman: 'agid '^ala farâsinhin, etc., œ qui est contre le mètre.
2) Dalman: umiaf lif riglêh , contre le mètre.
383
que c'est que cette criaillerie que tu cries co?itre moi? De là
provient probablement le "omânais hade, tourmenter, RO
p. 220. - Chmiter, 1581; 1659 en bas; 1660; 1673; 1675.
Surtout employé dans ce sens lorsque les pèlerins partent
en pèlerinage ou en reviennent, 885; 1659; cf. 5^X5».
D. H. Mùller ZD'MG 58 p. 783 ets. parle d'un verbe soqotri
^ôdin, chanter et dire. Il croit que c'est „un verbe dimi-
nutif dérivé du soqotri 'od, marcher, ib. p. 784, et que
^'odin serait originairement faire une petite passe avec la
voix, c'est à dire chanter sur une mélodie déterminée. Va
pour le diminutif qui est fort commun en soqotri. En alle-
mand et dans le dialecte du Wûrttemberg, il y a aussi des
verbes à la désinence diminutive en eln et len '). Pourtant,
je crois qu'il faut rapprocher ce verbe ^odin non pas de
l'arabe-hébr. L\_c, my, mais de (^A-s-, pousser, chanter.
Ce serait donc chanter en marchant, comme les J-oîjj du Sud,
vhv., et le tSiAs* du Nord.
Pousser, n'importe quoi, 637; 1657; 1660; 1659 et n. 1.
La métathèse l>o vhv. Or, eu égard à cette métathèse, on
est en droit de ce demander si t_=iAs>, pousser et ;^A=>,
cha7iter, proviennent véritablement du même thème.
^lX>, a, être fixé dans un endroit, 1667 n. 2.
(3l\>, intens., pousser 1658.
^_cÂ^', rivaliser avec; défier, 165\) n. 1. Naqâid Gl. sv.
j^cX^'î , être Repoussé, essuyer une défaite. ^Anazeh, = ,mJ^\,
1659.
^o^js>-\, amener, 1659.
^A>,<(^^A=>, chant de marche des Bédouins, 1661.
'^ où ri forme le diminutif.
384
La^, rivalité, 1657. = ÛLÂi>.
Je n'ai su bien séparer les deux thèmes ^^As* et (j:As>,
qui se sont fusionnés dans les dialectes en s'enchevêtrant
l'un dans l'autre. Cf. ^^o et ^ô^.
^_coL5^>j! jy ou 'i-joL^i ou &_!oL>, 21,6; 635 et ss. ; iC_jj>L:>
expliqué 1660, 7.
À>, couper. Cf. À:>, j.lX>; i=*; ^À:>, o^^> t»^^^ Naqâid
Gl. sv., etc., vhvs., et ^À> et ^às*, mais aussi À^, iÀ-P,
v_jÀp; j>, ^c^> et riïn.
JL>, prendre garde à, 1461, 9. I Sîdah XII p. 125. —
AiO! ou ^lXjs^I ou jSJ^\ , Hdr. Gl. sv. AValâkin el-hadar
thabbar h ad, mais prends garde de (rien) demander à
personne, Rôssler MSOS I p. 71,6. ^._-w*s-j ^jc^î, pi-ends
garde d'aller, v. d. Berg Le Hadhr. p. 260 n. 1. (^j'->^ '3^^^?
Boh. II p. 14, 7, et la même phrase chez Littmann Arab.
Beduinenerzâhl. p. 6,7: hod el-hadr, et ib. 1. 9.: hoc]
hadrak. Déjà H. L. Fleischer voulait que le sens primitif
de ^À=- soit „umgehen , daher es vermeiden, sich davor
hûten", Levy NHChWB II p. 202 b. Ce serait donc une
variation phonétique de jJks- , vhv. Il s'appuie en cela sur la
signification des thèmes lX=> , À> et js> . Schulthess H W p. 22
établit aussi l'identité du néo-hébr. lîn , herwmgehe?i, = -^^ --
A>, sich hiHen.
^^l\> , prudent, Dt., RO § 98.
tiLjjtJô- 383. D'après Torczyner ce serait originairement un
adverbe à l'accusatif. Voir ii)wjjL:p vhv.
385
oA>, jeter, 51,6; 62,13; avec v_j de l'objet jeté, commô
tous les verbes analogues dans le Sud; se dit du poignard,
du couteau et des pierres, 1038; ma MJM p. 22. ^,\
est lancer la lance, vhv. 1— g-Jr-ï ^«^^s -■é-s\:>^. L_j_5À^. J5S
,-vo^ L^yj^, d' abord il lui jeta une jpierre et lui cassa la
corne, puis il lui lariça une lance, Jahn SAE III p. 25, 11.
RD Gl. sv. dit que j'écris Dt. 51,6; 62,13 oJ^. Je l'ai
ainsi entendu, mais c'est pour ljA>, comme je le traduis
aussi. J'aurais dû relever cet affaiblissement de la gutturale,
1038. — Battre, RO p. 129, 5, sens courant dans le Sud. —
oÀ:> > ui^A^ vhv. — Dans notre dialecte, on prononce ré
gulièrement \jSs> dans le même sens que le yémanite lJA=>
converser. Snouck, 0 S Festschrift Nôldeke I p. 102 d. 1
porte: Umen gâm taht el-bâb isma" hadîfi, und wer
unten am Tore steht, liôre meine Rede '}, et ib. p. 105 n. 4
kân hadîfhom si'^r, ihre Rede war lauter Poésie. Ce
sens figuré ne doit pas nous étonner, car la même évolution
sémasiologique se trouve dans Jaàj et oil^j, vhvs.; cf. aussi
le babyl. nadû, jeter > tJo, u, et «Oo vhvs., cf. sub _5Jo.
oÎlX^s^, gourdin. I Dâbî a dit dans la poésie rapportée 877
et 1112:
r^^ cr* Lf^ % <s^ ^ cr»^ '^'^^ Lf'y^ u-^^' oy^^ ^^^
Ce sont là les humn d'el-Kabs, bâtis pour ma défense,
Où je suis en sûreté, quand même ils seraient un adversaire.
') Mètre: — ^-| — w-|-w — , avec une syllabe de trop au
commencement, comme aussi ib. dans les versets 1,1; 3,2; 4,1; 6,1
et 2; 7, 1 et 2; 8,1 et 2; 9,2; 12, 1 et 2; 13,1. Cela arrive souvent
dans les poésies populaires du Sud et du Nord.
25
8S6
Le seigyieur renoynmé est donc mon allie,
Si non, j'ai un gourdin pour le Satan lapidé.
L A X p. 366, 7 d'en bas : j^,-**^"^! ^^c ^yF ^ -b^î oijcs?
^yu\> et ^liÀ^, pi. ^'A:> 1258; v. les dict.; Naqâid Gl. sv.
vJiJJo, faire le savant, se faire passer pour ce qu'on n'est
pas, 1612, 1613, est selon moi un accouplement de <jéS:^ et
vJiiJ> , cf. LA XI p. 399 en bas. Selon la théorie de Ruzicka,
ce serait une dégémination de ^jéX=>. On lira ce que j'ai
dit 1612 et s.
%^
!Â>, u, a sans aucun doute le sens priomordial de couper,
comme ;jÀ=>, qui seul existe dans les dialectes. L A XVIII
p. 184: ^l^\,, y.J^a^' ^^^ et p. 185: ^ÀJ! y^U^I ...iùjcs^f
LfjuLiLj (j:l »,L^^ e5->*^. • Cf. les synonymes provenant de
V Jv> vhv. Ce n'est donc pas seulement découper la semelle
dans le cuir. ^Css> et (^à> (i) ne sont que des variations du
même thème. L^jtLï ^^jo^^JL. sAj (^_5u\=> LA XVIII p. 187, 1. —
Donner = (_^eî, Bédouins du Nord. Socin Diw. I p. 218
V. 2 et note ad 1. C'est classique. LA XVIII p. 186: 'j.^
O 5 O „ _ 5 5 5- £
[sSo^ »5l\=>»| '!^S>P> a-w"^'; L^jL* iOLsIicî X*-<JÀi! q^ XaJc\:>!j . . . «LLlct
= 1 Sîdah XII p. 231, 11; v. p. 388 sub L^.
(^jo, rendre une portion du butin, Béd. du Nord. Voir
ma LB'^A Gl. sv.
;j:Àa>!, 7nettre le ^\j<=>, la sandale, Dt. Sams el-'Ulûm p. 25
rapporte ce verset de As^ad. Tubba":
S87
celui qui porte les sandales . . . et celui des hommes qui ne
les porte pas est mon esclave! Ce qui n'empêche pas que
même les sultans de l'Arabie du Sud marchent le plus sou-
vait pieds nus. Ils ont, à cause de cela, comme tout le
monde dans le Sud, les pieds plats, de même que beaucoup
de juifs européens, par atavisme oriental.
i_5oL>, être en face de. Mihâdiinna husn, il y a un husn
en face de 7ious, Dt. Ma fine mezze hankûn whidne
umhâdinne Ijasîm, tious n'avons pas de force pour être
seuls ayant en face de nous un eymemi, RO p. 176, 2; v. ici sub
iicL et A. Fischer W Z K M 29 p. 430. En Tunisie, être voisin de.
iîJo, chaussure, en général, sandale; pi. (j:^x>, On prononce
en Dt. ordinairement iU> (hâdà'') et en annexion hadà^i
et hadâti. Le itÀ=> est donc proprement ce qui est coupé
ou découpé^ et servant à couvrir, sur le paradigme JL«, sur
lequel voyez Hdr. p. 272; Dt. p. 63 n. 1 et p. 565; Nôl-
deke Beitrâge II p. 176 n. 3; Jacob Studien in arab. Dich-
tern II p. 100; Barth NB p. 62; Socin Diw. III § 98e; I
Sîdah XIV p. 204 en bas. (J'ai dressé une liste assez com-
plète des JL« arabes). Un exemple analogue sur jLxs est le
classique oL^', soulier, pi. 'iJL<^\. Les 'Anazeh ont la locu-
tion i^tL^.^ ^5t)À_^., (bihidà'ya uridà^ya, ainsi pro-
noncée), de mon plei?i gré. LgJ J^" \x)!J6 oyi2:>5 UiLJî UJ^i?
-L\>Lsi ,xi» ^^>J^î &'\jo^ S5'3 liklc L^ai: éJ^ 'Ax5> lAijJI c^*-o Lj
Ai ^1> o^lï pjC^ ^/ ^ 3i (i'^_;^ ^5tiJ^. ^cJ^. (Le voyel-
lement représente la prononciation de mon Bédouin "anazî).
Le pacha la . 7nanda chez lui, et elle se présenta devant lui.
Il lui dit: Fille, est-ce que ce garçon-là fa amenée à ton
ùofps défendant ou bien de ton gré? Elle répondit: non, mon-
sieur, il m'a amenée de mon plein gré. Le pacha dit: Ne
fa-t-il pas séduite avec de l'argent? Elle dit: Non, par Dieu.
Ici ^ÎÀ:> a son sens naturel de soulier, chaussure.
i|À=>, vis à vis de, devant, en face de, Dt. Musil o.l, p. 192;
à côté de, RO p. 109. Maroc: ^''->^, d côté de moi, KMG p. 21.
t_5J>._>, dans ,3>-tv^^' Lf^-^^-=>j 812, 16, doit être l'infinitif de
(^À-:>, i, et se traduirait plus exactement par le ferrage
des chevaux.
iùÀ:>, portion du butin qu'o7i rend, 1524, 1 et n., chez les
C 5
Bédouins du Nord, = idac vhv.
Bâqi sâiq wara el-ràzu unâdahom: el-âhdîye,
ya hal-rabâM Uqâl ""aqîd el-hêl: antûh ba'^îr! Qâl:
ba'^îr ma yilètëfi. Qâl: antûh etneyn! Qâl: ma
yèktifi, abrâli fôqhom. Çallu yintûh lahadd ^asrat
ba^ârîn. Gâl Barakât: arîd zôd, et ensuite ce que
j'ai rapporté 1523 d. 1.. Il continua de pousser de l'avant
derrière les maraudeurs et leur cria: el-ahdîya, ô gens!
Le chef des cavaliers dit: ,,Do7inez-lui un chameau". B.
répondit: ,,Un chameau ne suffit pas". — Le chef y^épondit:
„J)onnez-lui deux". — „Cela ne suffit 'pas, j'en veux encore",
répliqua B. Ainsi ils lui donnèreiit jusqu'à dix chameaux.
Mais B. dit: ,^J'en veux davantage. Cet extrait d'un récit
"anazite explique bien ce que c'est que la iùÀ:>. C'est aussi
simplement = iç^, don, cadeau, Socin Diw. I p. 72 N° 35
n. Ib, ainsi qu'il ressort aussi du passage cité p. 386 de LA.
Etant donné le sens de V~^Xj>, on est tenté de voir ici
un morceau de qc. chose, une partie détachée, une coupure
pour ainsi dire. Ce ne saurait être une variation phonétique
et emphatique de (^-X^, 152-i n., mais les deux racines arri-
vent par des voies différentes à signifier ^Jas:^^•■, voir ^ap.
389
*;=
V ^ 635 n. 1; cf. Arabica V p. 137 n. Cf. mn et Nnn, - ^,
secouer 572. Lp^^cst. i'^JLJï icJjO! &_*-* oJ'^ "^, si l'eau de la cafe-
tière est en petite quantité, on la secoue^ Negd du Nord, para-
phrasé par \j^-=>. — Racler, herser. ^:$t»JL. ^^j^JaJS [jr-^s^^-j, on
racle la terre avec le racloir, 87, 24, 25; 1334. ^\.jd\ jS>^
relever les digues, 113, 21, en y transportant la terre raclée
dans le voisinage, 544 n.; Hdr. p. 550; autre exemple 1153,
9 d'en bas. Stace p. 117 le traduit un peu trop librement
par till. — Chauffer et avoir chaud, être chaud, 635 n.; 1552;
^dr. p. 550. Aussi au fig.: LlL-j iLjî_^t o^ U ^, lorsque
la guerre chauffa entre nous, Dt. Comme ^Aggâg, Bittner p. 34:
= JbcJii! J> = «^ J^x.;it.- To hoil en sahhî, BBRAS 1902 p.
260. — o./Jt (^^ y>r. (j:'^ ^^j^t, les deux mois, pendant les-
quels le froid devient intense, expliqué par o^J! ^^^ l?*^- l5^>
635 n. 1; 1552 en bas; v. ^x:>! et ici p. 392, 2. — ^\, avoir
chaud; s'échauffer ; se mettre en colère, s'emporter Dt., 1552,
V. p. 392, 14. Devenir intetise et se dit aussi du froid. -X:^ Ij!,
j'ai chaud Dt. iCcLw Ji Jkc y::>?'' «jcjt ^jiJ, pourquoi te mets-tu
en colère contre moi à chaque moment? Dt. De cet imparfait
yL>r., yihtàrr, on en a fait en ildr. et en Dt. un autre:
yihtar en transportant l'accent sur la première syllabe et
en le confondant avec celui de la forme yif'àl, ce qui est
souvent l'accentuation de l'imparfait Jjùj; voir sub ^^x=>, <ij
et (iUci < iiU:^! . Enteh daim (non daim an!) tilitar
^'alêna, tu t'emportes toujours contre moi, Hdr.
390
fjr-^£ _s^Lv.!, s'échauffer contre qqn., s'emporter contre qqn.
»Jiy^\ J^ [jr^^ v_j^^'> ^^^ chiens grognent contre les gens.
JjLiiJI ys^i, ?a guerre se chauffa^ s'envenima^ Su^arâ' en-Nas.
I p. 86, 2 d'en bas, est aussi une bonne expression dialectale. —
y>, chaleur, 572 en bas. — ^Jt = yi^J!, az'ô'/e (et non fauco7i)
Hdr. p. 125 en. haut. Un "anazî me l'expliqua par ji^î,
aussi appelé yjkl! par excellence, „parce qu'il a le >w»jjii u«.àj
et ne mange jamais de cadavre". Le verset 39 de la qasîdah
N° 69 de Socin Diw. est dans le texte que j'ai recueilli
ainsi conçu:
tandis que la version de Socin porte x^JA^it, et mon "Oneyzite
expliqua justement Jj^-, pl- de ^^î, par .yicJ). En Algérie,
y5:iii jAd est le faucon^ Daumas, Cheveux p. 358 et p. 371.
C'est, bien entendu, pour ^^-j^Jî ^^iiJ!, comme le dit aussi
Dozy S. sv., mais voyez plus bas. Cf. aussi Stumme TTBL
p. 90 n. et la réflexion qu'il y joint. A présent, Zimmern Akk.
FW p. 51, propose comme étymologie l'akkad. issur hurri,
oiseau de caverne, > hurr, ter el-hurr, faucon. Mais je
ne sais pas si le faucon, ou l'aigle, est un oiseau de caverne. —
»^j>, chaleur. ij*w*«iJî s^, la chaleur du soleil, 61, 10. —
Canal, 760. — Déversoir, 1156 d.l. — Passerelle entre les
champs = -i^csjun . Pour la chose, voir Hdr. p. 122 et pour le
mot identique sabéen, Hartmann ZA XXI p. 8, qui n'a pas
daigné me citer. Glaser Mitteil. p. 70 en expliquant le sab.
Oj>=»y> dit: „Sudarab. s^,> ^= j*j^, iLLwA.c = (Feld-) -Em-
fassung, Ruin, Umzàioiung, Ummauey-ung" . C'est un choix
peu exact. Voir ZD M G 53 p. 19 et à présent Rhodokanakis
') Mètre ragaz, v. Socin Diw. III § 37c. ^LA>:o"iiî paraphrasé par^Lo"b5î.
391
0.1. p. 81 et ib. Gloss. sv. Cf. akk. harru, canal, et hurru,
G 5
trou (obs. iJl«), et aram. horra, trou.
.lj> > L=», emporté, irascible, Dt. = Oj> vhv.
Sur "L=> > ^L=> , il faut faire une observation. J'ai dit 20
note que les Bédouins peuvent très bien prononcer une
consonne double après une voyelle longue. RO p. 11,7 d'en
bas dit: „Les Arabes de 'Oman font entendre le redoublement
consonantique même après les voyelles longues: mahâsé,
faucille pour l'herbe, d â b b e , animal, m â z z , gonflé par
Veau." Cela malgré qu'une telle syllabe, cvc, ne soit pas du
génie de la langue arabe, 134 et ma LA p. 21. Il y a trois
manières de prononcer des mots tels que .b=-, iub, ^15, etc.
pour éviter le ^vj/LJ! cljjjjt: l°de supprimer la seconde con-
sonne: hâr, qâr, RD II § 13e et n. 1; 2° de désallonger
la voyelle longue: dabbah, et 3° de faire une courte pause
après la voyelle longue; on entend alors une hamza: hâ^rr,
qâ'rr, dâ'bba, ce qu'on pourrait aussi noter par hâ-à-rr,
qâ-à-rr, dâ-à-bba. C'est cela que les grammairiens ont noté
par !. Pour étudier cette question, on consultera I es-Sikkît
Tahdîb p. 672; es-Sîrâfî dans G. Jahn Sîbawaihi I, ii p. 45;
LA I p. 10,9 d'en bas; Beydàwî I p. 10,6; de Sacy Gr. I
§ 183 et note = Fleischer Kl. Schriften I p. 48, Nôldeke zur
Gramraatik p. 8 et id. ZDMG 57 p. 213 n.; G. Weil Die
Behandlung des Hamza- Alif im Arabischen p. 23 s. ; Brockel-
mann VGSS I p. 63/4; G. Jacob Altarab. Beduinenleben
p. 186; ma LA p. 21, Dt. p. 101/2 et p. 134 et ici p. 88 ss. -
».ly>, échauffernent du sang produit par la chaleur; érupiion
cutanée. Un Datînois, qui avait beaucoup de boutons à la
figure, ce qui est fort ordinaire dans le Sud, me dit: b.t^
^J^4.^'> Sj=> ^J^ , les boutons de chaleur, ou V éruption cutanée,
proviennent de l'intensité de la chaleur. Mais ce mot peut aussi
392
indiquer l'intensité du froid: ^^! s^tj=> ^ U^', nous sommes
au plus fort du froid, 635 note. Cf. c>^\ o~f^ (j=*^- ^^
(les mois) pendant lesquels le froid devie^it inte^ise, 635 n. 1;
V. p. 389, 14 et ss. Cf. V;=*) '^^^j ^j> ? ^''^^ v. plus bas sub v_j,:>.
^^y> , inf. (?) de ^=> dans le sens de racler la terre pour
relever les digues 543 d. 1.; ici au fig. 544, n. 1.
^, racloir, herse, 87, 25, 26; 544 n. 1; 1334; pi. j~^ <
"L^, 660,8.
^->Y^
r
^f>i a, être en friche, 122,9; ne pas être cultivé (champ),
1552. C'est l'hébr. 3in, sécher, 1313 n., 1552. — Brûler,
intr. ,j...4-^l iiii' ^j^ Vj^- £)j^'> ^^ verdure brûle, est brûlée
par trop de soleil Dt.— Eti'e en colère, 1552, comme I SaM I,i
p. 152, 22, = yi>! vhv. El-Amâlî p. 64 : ^^xai^ J^ bî ijp- V;>
s 5 3 5 5
Vj^ >^j 'j' ^^j>3- Cf. j>, ^j-=>, lp->5 ^/=* 6t 3^ dans
quelques dérivés (b^^ et »5U>), vhvs.
»_jy>, brûler, dessécher, 1552. ^.jJ! uj^. ^^JJ!, ^e 2;ewîî d'est
brûle la ve^-dure, Nord, 1552.
^ Vf^> brûler d'envie, désirer ardemment, Dt.
*_jy:>!, devenir inculte, (champ), 122,9 et n. 2; 1552.
^f>, terrain inculte, 1552 == v_;t^ ou ^_JLo et U^o vhv.
uj.'l>, champ no7i labouré, mais aussi praz'ne, pâturage, 1313
n. 2; 1552. v;'-^ ^;r-> champ 7ion cultivé, 1552, H4r. Gl.
sv.; 1628.
i_j^, guerre, vient de v/^5 brider, chauffer; cf. 884, ici p.
393, 5 et sub iu^ . V. sub 'i^f>-
iL-j^, courte lance, javelot, 1752, pi. ^L=> , v. sub ^wà-^-^-^;
393
pointe ronde de la îance, Hess Bemerk. zu Dougthy's Travels
p. 17; grande lance à San'^â, Glaser Peter m. Mittheil. 1886
I p. 7; en Tnnisi, poignard, Stumme TGr. p. 45. Prononcé
qqf. ':^'f>, 1744 n. Etymologie ib.. Dêl el-Amâlî p. 164: ^.z^.j^
mais je crois que cette etymologie est intenable. Pour l'histoire
de la harbah, voir Tab. Gl. sv. et sv. »y^. Zimmern Akk.
F AV p. 1 2 dit : akk. h a r b u , h a r u b u , épée (?) Ce mot, rare
en akk. et non tout à fait prouvé, serait, si confirmée, de
provenance sémitique occidentale < hébr. hàreb, harb
( < égypt. hrp) aram. harbâ (>armén. xarb), épée, arabe
1.1 ar bat, harb, lance; par contre le grec cx,p7ry^ est proba-
blement à écarter". Bittner St. Mebri II p. 77 n. 1 fait venir
iuj>, qu'il traduit d'une façon trop moderne par bayonnette,
de ^j=>, aiguiser, affiler, comparé avec fl"in, <J,=>, = mehri
harba^ aiguiser, mais ^y><^'^=^, et le mehri harb a"*
n'est pas clair. iùy> ne doit pas être de pur arabe.
ujL=>, terrain incidte, 1552 = uj-^ vliv.
io!j> = v;^^? guerre, 127, 7; 1578; yoir p. 389, 10. Un ragaz
dit (après le verset 1139):
Nous nous présentons ci la guerre et à V épreuve (guerre),
Et nous abreuvons (de malheur) celui qui s'engage à la lutte.
i--o.=>, ennemi, s'entend quelque fois dans le Sud, souvent
dans le Nord ; Musil o. 1. p. 392 ; Hartmann L L W p. 237. —
ujL^, 641 et n. 2; 642 n.; 1430. Sur la chose même, on
lira les explications de Rhodokanakis dans la WZKM 19
p. 296 et ss. et id. ib. 25 p. 71 et ss. Ses conclusions me
1) La harbah des Hattites ressemble à celle du Sud de l'Arabie,
Ed. Meyer, Reich. und Kultur der Chetiter, fig. 40.
2) = c|.*3 V. sub (j« .
394
paraissent décisives pour l'arabe postislamiqne. v;^-' ^^j
Diw, Hodeyl, Kosegarten, p. 178 v. 14, est très instructif.
Dans le Diw. de Qays b. el-Hatîm, é'd. Kowalski, N° 7 v. 4,
il y a deux versets fort intéressants, dans une poésie où
les versets 2 et 3 font assez piteuse figure. Qays parle de
sa belle ^A m r a h dont il dit :
(Mutaqârib)
'4-?' 7^^ ^l-^' lV-*'-^ ^"^"^ ^' '■^^r^' ^- £ ^■'*-'
Comme si so7i ^nanteau était imprégné de l'odeur du girofle,
de gingembre et de ''abîr (musc?)
(Parfums) que les Juifs ont montés dans un magasin à cou-
pole, tout près du ciel, dans son mihrâh.
C'est à dire dayis le mihrâb de la qubbah. Mais il est
impossible de deviner ce que c'était que ce mihrâb; pro-
bablement un endroit à part dans, la qubbah. Cette qub-
bah pourrait bien être la même chose que les iLjolc r^^-
dont je parle sub ë^, pi. 'ê^o, et qui sont très fréquents
dans le Sud. Ils sont situés sur les hautes montagnes, oii il
est souvent impossible d'arriver, et c'est ainsi que je com-
prends ^U-vJ! ^^^o du texte. On dirait que les Juifs avaient
accaparé le commerce des „denrées coloniales" dans les
siècles précédant l'Islam. Cela est fort probable, car leurs
aptitudes commerciales n'étaient certainement pas moindres
alors que maintenant. Nous savons que l'Arabie, à cette
époque, était en bonne voie de devenir tout à fait juive.
A propos de ces vers, Nôldeke, dans sa critique du Dîwân,
ZA XXIX p. 208, dit que „les Juifs de Yatrib sont ici
présentés comme des gens très considérés et nobles". Je n'y
découvre absolument rien de tout cela '). Il y avait donc des
1) Ib. il dit h propos du N° 10 v. Il :
395
dépôts de ces denrées dans des endroits plus ou moins à
l'abri des voleurs, et je me demande si le milirâb n'était
pas une cave dans le roc même dans la qubbah. Kowalski
0.1. p. 50 rapporte deux sâliid importants: I Hisâm, Sîrah
p. 45,5:
L'a érigée (= San\x^) celui qui bâtit dans les pans
des nuages, et ses milirâb exhalent une odeur de musc.
Abu Nuwâs (Yâqùt IV p. 732, 2) a dit:
-.)ù-= O, ^ J0Ï3Û.. O-
LfJ.Lrs^ ^ t*)s.^JÎ3 iLsLMO 'l^^ JjcLj v^;' O^^ ^
Bien -plus, nous sommes les Seigneurs de NàHt et nous
possédons
San'^a' et le musc dans ses mihrâb.
= dans les mihrâb de San'^â^ et ces mihrâb dont on parle
dans les deux passages cités étaient sans doute des maga-
sins de dépôt, des ius, dans la haute montagne. Voilà pour-
quoi il y a le verbe ^^ trans. = ^^ et ^^ . Kowalski fait
avec raison observer qu'il y a ici partout trois motifs: hau-
teur, mihrâb et encens ou matières odorantes. Il me paraît
impossible de bien préciser le sens de mihrâb dans ces
passages, et l'on commence à douter de l'identité du v'j^
préislamique et du vjr^ postislamique. Le sens est bien
différent et, en outre, le temps qui les sépare n'est pas long,
ainsi qu'il ressort de ce qui suit.
C'est dans l'Islam la niche de prière dans la mosquée.
Mais c'est là une itmovaiion, îc\j, postérieure. On trouvera
''-^■^^ OT^-^^^- 0^^'-5 ^rif^ ô [^'j*-^' ^; • "^3
que „ces agriculteurs regardaient avec mépris les artisans, comme le
faisaient les Bédouins". Mais une telle conclusion n'est pas motivée.
Kowalski traduit ici qI-^' par esclaves^ ce qui n'est pas juste non plus- vhv.
396
dans l'ouvrage susmentionné les autres acceptions du mot:
palais, salle de trône, salle de récption. Seulement, il faut
voir quel est le point de départ: niche de prière ou bien
les autres sens. Nôldeke Beitrâge II p. 52 n. 3 dit que le
sens primaire est bâtiment royal ou seigneurial, tandis que
Rhodokanakis pense que „c'est tout d'abord salle d'audience,
salle du trône et ensuite niche du trône". Cela corresponderait
donc à Yapsis des églises et à notre baldaquin, dais dans les
châteaux royaux. Dans le Qorân, v^j^ n'a jamais le sens
de „ niche de prière" et pour cause. Par contre, il ressort
des Traditions que le mihrâb était y:^ ui^^Jî ^c^L*Jî j^t
\J» ^xoyi, l'endroit haut, surélevé et aussi la ptlace p7incipale
de la salle; de cela le nom du mihrâb de la mosquée, qui
y est la place principale et la plus élevée. Chez I Sîdah V
p. 128, u>.>-^ii v'y^ 6st \Aî iutjoy> j.ytj ».js.a:3, la place prin-
cipale et l'endroit le plus distingué, et ib. p. 138 l'auteur
dit: c;a^! ^l>uo Ki\ j.LXiL:j' oVij v'r^ '^-A:>Î5 ^^-iJ! u^ L^^i
et XI p. 45 d. 1. en expliquant un vers: ijc^j^c v_jt_i?LLL. ,oJtj
éylX\ u^^'L^xf j.^! ^^\^i\^. Nihâyah sv. Les lexicographes
arabes n'ont pas bien su débrouiller la question sémasiolo-
gique, mais il ressort clairement de LA sv. que niche de
prière est une signification relativement récente. Le mihrâb
ancien me paraît être conservé dans le lîv7ân moderne des
riches maisons de Damas que connaît tout Orientaliste ayant
visité, cette ville. Anciennement, c'était sans doute un
endroit spécial et plus noble que les autres dans le bâtiment,
t^yil et |.^t. — Nous passerons à présent à l'étymologie du
mot. J'ai dit 641 que l'origine en est j»^j^^, avec permuta-
tion des labiales. Brockelmann a ensuite adopté la même
étymologie VGSS I p. 222, et cette forme se trouve éga-
39?
lement en éthiopien et en sabéen, 641; CIS N° 106, sanc-
tuaire. On pourra comparer le harîm moderne, mot qui
désigne non seulement les femmes, mais aussi la partie de
l'appartement où habitent les femmes. Lane, Sitten I p. 142.
C'est le j.|j^ de la maison, le sarictuaire. Rhodokanakis est
d'avis qu'on ne saurait séparer vî,—^ de 'i^J>, o- 1. p. 75,
et Becker n'envisage pas la question autrement, o. 1. p, 75
note 2. On connaît le rôle que jouait la iù^>, la L*a£ et la
•ûj-k-z. dans la vie du Prophète, Boh. I p. 102 et II p. 20.
J'ai exposé 1743 et ss. l'importance de ces attributs du
pouvoir. Sur iL_i^=> = »j->^, voyez Tab. Gloss. s.v., Mafâtîh
el-'Ulûm p. 118 et s. Si c'est une institution du Prophète
que de planter la 'i^^ ]à oiï il devait faire sa prière, comme
le dit Balâd. éd. Ahlwardt p. 138, le mihrâb n'y peut
trouver son explication étymologique. La ha r bah était
l'emblème du pouvoir. Le Prophète en reçut aussi du Roi
d'Abyssinie trois dont l'une servait pour son usage personnel,
Tab. Gl. s.v. sjic. Cette concordance de vj^ ^^ ^j^ pré-
suppose qu'il y eût un temps préislamique oii la harbah
fut le signe prédominant du pouvoir et que, avec l'intro-
duction du mihrâb dans le bâtiment, on ait transféré l'im-
portance de ce signe à la dénomination de l'endroit. Nous
savons bien que le bâton jouait un grand rôle dans l'anti-
quité, 1756 et ss., et la harbah est ou son contemporain
ou son successeur comme emblème. Mais il faut prouver
cela aussi pour le temps préislamique. Pour l'Islam, nous le
connaissons. Le sultan Muhsin de "Azzân, de triste mémoire,
me fit cadeau de la harbah qu'il portait dans le maukab'),
781, solennel lors de mon entrée dans sa „capitale".
Cette concordance de harbah et mihrâb présupposerait
encore que dans le mihrâb islamique on ait vu la même
') Voir au.ssi icis ub
^.
â98
direction où devait être fichée la ha r bah pour la prière, et
ce serait alors par allusion à ce fait, dans lequel ou aurait
trouvé une affinité radicale, qu'on aurait gardé l'ancien
nom de mihrâb. L'étymologie serait donc toute populaire,
sans qu'il y ait une affinité réelle entre les deux mots. Ce
n'est que de cette façon qu'on pourrait établir une juxta-
position de ha r bah et mihrâb, mais je doute fort qu'il
ait entre les deux mots communauté radicale et essentielle,
malgré l'opinion des deux savants confrères Becker et Rho-
dokanakis. Le mot harbah était répandu dans le monde
ancien, Ges.-Buhl sv. nnri, mais conclure de cela à une
identité des deux termes qui nous occupent serait pour le
moment un peu risqué.
fSur le mihrâb, voir aussi Goldziher, Beitrâge zur Ge-
schichte der Sprachgelehrsamkeit bei den Arabern I p. 16
et 21, et Praetorius ZDMG 61, p. 622.
Oy^
r
Ojj>, u, labourer, 1447, 6 d'en bas; aussi rfi^rt, labourer la
terre^ mais en tigré, selon Littmann, travailler; cf. sub ^^.
o,b>, laboureur; paysan, = J^, vhv. Le c:jjL=> est dans le
Sud propriétaire du terrain, cultivateur, et le -^Is du Nord, mot
inconnu dans se sens dans le Sud, est laboureur, paysan; cf.
ZDMG 49 p. 509 l'observation de Vollers. PI. cu'^ ou ^\'J>', RO
p. 72. o!^, cultivateur, qui laboure sa propre terre, = c:j^L>,
1448 n.; laboureur à gages 1448 n. Le propriétaire laisse
labourer sa terre par un o!-:>, qui doit fournir les bêtes et
les ustensiles de labour et qui, en revanche, reçoit la moitié,
le tiers ou le quart de la récolte, selon la convention, ^i^c
oî^>^, pelle du four, fourgon, 648. Cf. y>, uj.=> et ^y>, vhv.
399
-j^, être dresse au labourage (bête), 1335. — Etî'e bon pour
faire le travail des champs, 1510 en bas = J^-i-xif ^Lb, vhv.
V -r-=>5 placer quelqu'un sous la surveillance, lui défendre
de quitter le pays que donne Glaser Mitteil. p. 77 en bas
est = ^Lc ^^\=> vhv. ; c'est ainsi qu'on dit en Dt. et en
Hdr., mais J.c ^j=> intr. doit aussi être parent de J^^ ^^^^^
trans.
'•j-=>, dresser une bête pour le labourage, J, 722,9; 1335;
1478. En Algérie, préparer pour, J, 1335, en général. —
Défendre, aussi en ''Oman, RO p. 162,5. En Tunisie, trou-
bler, déranger, Stumme T Gr. p. 23.
-j^, avec ^y,, s'abstenir de, 835, 16; classique. — Etre dressé
au labourage, 1335.
^ .1j>, bête à corne dressée au labourage, bête de labour; fém.
■^}^, 1335; pi. -.5>, 87,26; 113 N° 2; 1335; v. ^.
^j_=>, et -j->, chose illicite, défendue 927 n. 3. — Collier,
1335.
^j.>, harnachement, Algérie, 1335.
-.j.:>, crime, péché, 927 n. 3, = Jf> ib.
;_>_^, porter l'enfant à califourchon sur la hanche, 362.
C'est probablement une dégémination de ji?c>, vhv., et j>^>.
^^, marcher vite. Je ne l'ai entendu qu'avec l'affaiblisse-
ment de la laryngale : h > h, voir ^S' et ^f . C'est une
dégémination de i)-^^^, sous l'influence de Vy^y, cf. aussi
J.:^vJu> vhv. L A sv. Cf. JC> = JJ5^>, .qui ne sont qu'une
40Ô
graphie pour J^^>, prononcé hargal, comme ^Jin, I Sîdah
III p. 108, 12; LA sv. qui n'a que JC>; de même, j«-:>^
prononcé ragal présente dans les dictionnaires les graphies
Jj^ et JfT,. LA shvs., cf. aussi le classique d^f^ LA sv. ^
J^^.>, < ^sfLsi + „^. Cf. aussi ^^=> et j*>5nj^,.>!, voir les
dictionnaires. Pour le n infixé, voir ici p. 6U0 en bas.
cr
-^y^, vulve^ 717; 927,4 et n. 3; voir *,f^ et ^^-^ pi. Jf^,
vulves des mulets chez Farazdaq ZDMG 61,10 d'en bas;
Nôldeke Beitrâge II p. 148, Holma Kôrperteile p. 100.
j>^-=>, a, être fâché, se courroucer, 1561 n, 1. Naqâid Gl. sv.
LJlc o^' yiJ, pourquoi es-tu courroucé contre nous? = vJLL:>;
aussi classique, Amâlî p. 9. — o^>, a, enlever, emporter avec
impétuosité, Hdr. p. 120. «L:^! <y^^^ o,>, le torrent a em-
porté les arbres.
o,=>, impétuosité. yi^\ o,>, l'impétuosité du torrent, le fort
courant; cf. jy>.
o.^, courroux; aussi classique, Amâlî p. 9. J^-^vJ! o^=>, l'im-
pétuosité du torrent. 30.=> ^^ sri^J^'' l>2X5 J^j^^^Jî, le torrent a
déraciné les jujubiers par son impétuosité, 1347.
o^>, impétueux. -bUî £L> ^ o^> J^^' Ljaj^, c7ze^ nous le
torrent est impétueux lorsque la pluie vient, Dt. — Emporté
(homme) = }-=^- ^-^^ q'-**-j', U7i homme emporté, en colère, Dt.
^^b^, fâché, courroucé, 1561 n. 1; aussi dans le Nord,
Dalman PD p. 336 N° 8;= ^ul^.
Je ne vois pas pourquoi l'hébreu "lin, trembler, ne serait
401
pas le même verbe, avec un développement sémasiologique
différent, mais dont le thème f> est le fond, contr. à Nôldeke,
ZDMG 40, p. 723, qui y voit ^f>, mais ce verbe est déno-
minatif; V. Ges.-Buhl sv. Cf. y>, Jo»! et ^f^.
:y>, a, être en sûreté, être gardé, être protégé 1792. C'est
évidemment une variation pour ij«,> , et le Qâm. dit : ^jy:>
»a«^> J-o"it5 JÎlXj] y» ^] ^Î3à>. I el-Qût. p. 47, 1 : ^^c^' ^;=>
*à;0)!. Dans la lurah, c'est plutôt j^t, vhv. La permutation de
: et de tj« est assez fréquente dans la lurah, témoins o/>
et oi-«*>, cf'-^;' ^t l5'-^-^'5 c>>-ij— Î' et (^>-» wJS; ^^; et ;,^JL.>^«;
v_j;l w et i^AwLii; Oj-c et oiAv.c; *Jt et *.>*Jî; p ^-^ 6t ^t-w*!?;
yï et (_/«y>"; iAaaiSS ^Jjj et^.JLvo; p> et (j«^; vj^ ^t v-^î
•. .L-/0 et (jrt.L_<5 o)i->;«, oi'-^-w'v et ^Lx-w., o^^A-j:, ^^lX-Lw et
^•iiAJLo; ^_jiJ et v*^? O^jî et olX-wÎ; j-^; - ^t u^J^^; l«:>^!
et j»4i"î (chameau) ; J^!.: , -bLw et -bUa; oSjj, oLvvo et oL>^;
y«j, U'O.h, <V .i; »jT-s, i«*«jS5 '!^^ et iùas. = Dt. »r*^ vhv.
et bien d'autres ; sur les sens de ces mots, voir les dictionnaires
et surtout le Qâmoûs. Dans le Negd du Nord, ^^s> est pouvoir =
.lAï, comme aussi chez les ''Anazeh, ZDMG XXII p. 89, 1 et
p. 159, ma L B^A p. 80, 6. — En Syrie, deviner =;/>, cf. ^p-,
là aussi, valoir la peine. Un proverbe de Damas dit : c>«.:vî>> q'
o o
^jA-Axxit jy^. ^3j^, si tu aimes, aime un amlr et si tu voles,
vole de la soie et si tu frappes à la porte, frappe à celle d'2m
grand seigneur afin que, si le monde te blâme, le blâme vaille
^26
402
la peine. Cf. Die Lieb. v. Amasia éd. Wetzstein p. 52:
jy>^', qui vie?it dans une pareille araire frapper aux grayides
portes (= portes des grands) doit forcément avoir quelque
chose d'important {à dire).
^ ù £
jy>!, veiller sur, protéger, donner asile à, 1792. I el Qùt.
p. 171, 12; LA sv.; Nihâyah sv.; Bolj. III p. 98, 6 d'en bas:
(jjjj) j.lj tj^_=^ ^jf^"^ '^^ ^' ^i>^/> j^ f^. i- q'*^ L*^3> et lors de
la journée de Bedr, je sortis à une montagne pour la gat'der
pendant que le monde dormait. I Sa^d VI p. 19, 2 d'en bas:
^sLojj ^|y' '-^3/^' t^JLvî !ot [•yjJî, lorsque les gens se conve?'-
tissent à Vislâm, veillez sur leurs biens et leurs sangs. Ici on
aurait pu dire tout aussi bien (_,wv^; Meissner NAG J p. 118.
j^L=>, plei7ie (bête). Hartmann LLW p. 131 en bas.
jy>, expliqué 316 en haut; pi. jj^s>, 1618,2. RO pp. 105;
121; 388.
Pour illustrer la haute importance qu'on attache dans les
milieux bédouins, dans toute l'Arabie, à la protection qu'on
accorde à celui qui se réfugie chez quelqu'un pour se sous-
traire aux conséquences d'un crime, je vais ici rapporter un
fait qui arriva pendant mon séjour à Aden. C'est le pendant
de celui qu'on trouvera, pour le Nord, dans l'histoire d'el-
Hôtrôbî, ma LB'^A p. 5 et ss. Cela me fut raconté par un
habitant d'el-Bêdâ, chef-lieu d'ed-Dâhir, v. Index pp.
1807 et 1823').
') Mais ce petit récit ne doit pas être dans la langue pure d'el-
Bêdâ, car d'après les renseignements que j'ai recueillis, les négociants
de cet endroit parlent entre eux une langue que les Datînois ne com-
prennent pas. Ils sont tout aussi habiles en fait de commerce que les
Hadramites. Ce sont des familles, dont je possède une liste complète,
403-
Wahed Dâhiri gà' (non gâ') lil-heyr la'ard hal
um-Sa^'idi uà'^tarak hû' uwâhed utà'anah bigâm-
bîeh. U farr um-Dahiri limastànad ''and wâhed
ismeh (ou ismah) Ahmed em-Mohammed, uqâlleh:
o
wusàltak yahmed em-Mohammed. Qâl leh: wiss
sûweyt? Qâl: qatàlt wâhed, Uqâl: harizt! Qgù'
ehlem-Sa'^îdi uqâlu: endënàh! Qâl: "aib (ou hèysa)
'^alî', ma bindî" é\^ sârdi. Uhaddu 'alêh ahlum-
Sa'^îdi. Uqàrru min em-sùbëh làmmam-ma'reb,
yindàribu (ou yindâribûn ou uyitdâribu) bil-bâ-
nâdiq (ou ya bùnduq), umandâhom sinyâh. Uwaddâh
Ahmed em-Mëhammed lil-Kaur la'ard el-'^Awdillah.
Un X)cûii7'ite arriva pour la récolte au pays des es-SaHcli
(Index p. 1819 sv.). Il en vint aux mains avec un autre à
qui il donna un coup de poignard. Le dâhirite s'enfuit jus-
qu'à ce qu'il arrivât chez un nommé Ahmed^ fils de Moham-
med^ et lui dit: „Me voici que je suis arrivé chez toi, Ahmed,
fils de M.!" Celui-ci lui demanda: ,,Qu'as-tu fait?" — „J'az
tué quelqu'un". — j,Tuj es en sûreté", répondit Ahmed. Là-
dessus, les es-SaHdî arrivèrent et dirent: „J)on7ie-le-nous'\ —
„G'est là une honte pour moi, répliqua Ahmed, je ne donnerai
point mon fugitif (ou réfugié)." Alors, les es-SaHdi tombèrent
sur hci. Ils continuèrent ainsi depuis le matin jusqu'au, cou-
cher du soleil à se tirer des coups de fusil. Mais Ahmed ne
le leur donna pas. Il l'envoya à el-Kaur (Index p. 1833 sv.),
au pays des ^Aiodillah. Il faut savoir que Ahmed, fils de
M., était lui-même un des Ahlum-Sa'îdî.
*qui remonteraient, au dire de ceux d'entre elles que j'ai fréquentés,
aux Himyar. Les Sabéo-Himyarites, surtout les derniers, étaient sans
doute de smart négociants, et il se peut très bien que leurs descen-
dants d'el-Bédâ aient conservé cette aptitude commerciale d'antan. On
voit que de choses il y a à étudier dans l'Arabie du Sud. J'espère que
mes successeurs entreprendront ces recherches d'une importance extrême,
car ces pays sont encore presque inconnus.
404
t_P^"b5 ^y3i u\l:^t lArt »bj_5 sL! (_jri ^!ju! Lcj ( 1) ojJj L ou)
w O ^
Chez les Bédouins du Nord, la réponse de celui dont on im-
plore la protection estoJUw, t2i es sauf. Musil o.l. p. 347, 13.
ij^f>, u, regarder^ se dit à l'est de Dt. — Attetidre qqn., Hdr.
Rôssler M SOS I p. 59,9. On le prononce le plus souvent
,jOjS>, à cause du voisinage du r, comme RO § 30: haros,
veille?'; ib. p. 148: o^' eU^-i^o iAs>, quelqu'un t'attend en
bas; ib. p. 327,2 d'en bas: attendre; MSOS III p. 4 d.l. :
harasnâha, mais ib. p. 8 d. 1. : hrus, attends! On sait
que Oj^ a deux significations apparemment opposées, Aàj,
garder' et vole?', K. el-Addâd, éd. Houtsma p. 265, mais la
dernière, I Sa'd Ii p. 110, est par ironie, car les gardiens ne
sont pas toujours des Samaw^'al. Quant à ij^f>, regarder, il y
a analogie avec pn , jvn„. regarder > néo-syr. garder, comme
^_^>, garder, tueri, Fleischer dans Levy NHChWB II p.
206 et Ges.-Buhl sv. non, pour ne pas parler du français
garder et regarder et l'ital. guardare, l'allem. warten.
') Sur cet emploi de y devant un substantif au singulier, voir 424
et s.; 976; -1307,10 d'en bas et Gl. sv. LjÎ. Brockelmann o.l. II p. Il,
en citant cet emploi 424, en donne l'analyse, mais son opinion ne ma
paraît pas bien acceptable; je crois que c'est W5' ^ l-J.
405
(jJ!p-, 7nettre qqn en garde contre, ^. Musil d. 1. p; 358, 13,
où l'on aurait pu entendre (j*j>.
(Wjb-, pi. (j*U>, gardien de nuit dans les champs, 563.
(J>]=>, u, exciter; haler, 1379 d. 1. Stace p. 88: instigated,
et p. 16: backbite; ib. p. 132: provoked. Egratigner = ^J^.
et (jij>, vhvs.
[Jbf>, êti'e rude au toucher, p. e. la main, Dt. RO §85, contr.
de v*-^,; aussi classique.
ji^, exciter; haler, J^, 1379 = iji^ vhv. — Provoquer.
Stace p. 132: J^^.j^, provocation. Cf. le class. J^ u^/>-
^ u^jL>, exciter, semer la zizanie entre, ytr*-^ ^^y-i^ d^J^
J^Js-Jîj, tu sèmes la discorde entre les E. et les sultans.
*bbGlj u^,L>, exciter par le langage. Stace p. 16: backbiter,
(ji.L^. Ci. (ji^u>.
(ji,!> et uiij^, rude au toucher. iOi^^ »l\jÎ, il a la main rude.
vji,ly>, serpent noir, 1379 n. 2. — Cf. u^j=>, [Jd^ j^j> et^J^^.
oi.^!>, petites sauterelles; aussi classique ; = L.o, vhv. Fleischer
apud Levy NHChWB II p. 206.
(j^y>, déchirer; convoiter, 1379.
0
;jo^, économie; Stace p. 54.
u-aj^, économique, ib.
;jrj>, être jaune est une erreur de Noldeke 1317 n.
406
(jr>^_=>, exciter, 1379. Pousser à, exhorter à, insister sur.
J^î j.U-'i ^}-£i c>^;to^=> idjjj!, le gouvernement a insisté sur
l'achèvement du travail, Stace p. 217 sv. urged. Cf. ui-^^ vhv. —
Teindre avec du safran d'Inde, 1317 n.; 27, 18 où l'on
prononça distinctement tiharrid, au lieu de tiharrid!
iL/i3_>, terrine en terre cuite, Yéman; Stace p. 118.
^y^^y^l, safran d'Inde, 1317 n. = ij^f^-, Maltzan Reise p. 369.
^y=^ , teint de cette façon: tj:^^^ '^yî, teint en jaune, 1317 n.
ic /to _5^/) < iC/i3 yST^ < i:>toy<u , vase pour le u=^j>, qui est très
employé dans le Sud, 438 n. 3. Cf. Jsi:U/), etc., 438 n.; 832.
u3jL>, marchander; chercher à profiter en achetant, Syrie.
OjL:^", s'entre-chamailler, Hçlr. p. 551. — Jouer réciproque-
ment au plus fin; faire le madré, 'Anazeh. !^^L.^lxj (_^ J^
x_*_5 t>i ,L^. Lo i'^^jJ' ^:^ , « l'égard de toutes choses, on peut
user de ruse (pour s'y soustraire), mais la protection, on ne
s'y soustrait pas par des ruses, me dit un ""Anazi. o^LsXj ^I^
K_:JI J^-c, il faisait le matois dans la communauté, Anazî.
Oj^', dévier de, ^y:. RO p. 242,8 d'en bas.
Oj-^'->î, tourner le dos, se détourner de. \Ji .i^ L S! i3 sJi^.*aj
^^^j^ Oj^>'3, ye Taz vu sur la route, mais il me tourna le
dos, Dt. Se dit de la route ou du wâdi lorsqu'il fait un
coude, un tournant, Arabica V p. 68 n. 1; voir sub ^>,
i, et où=>. — Manier avec adresse, Syrie.
^yf-, chiche, sùrdide, Dt. En Tripoli, ^f^ y^, pain sec,
voir sub v^b>.
iLsts*, ruse-, aussi en Mésopotamie, Meissner NAGI p. 118.
407
Lii_=>, pemiiless, sans le sou, Stace p. 121.
n'est pas seulement marchand, acheteur, comme le
•V
dit Dozy S., mais aussi lyi^ ^aj S ^^.f^ _^^) ^^ exploite en
vendant.
iLà_j^>, coépouse = class. ay:^^). Snouck Festschrift Nôldeke
I p. 103 V. 5 et p. 104 n. 7.
- o -.
iC_3_:s\^, ruse, expédie7it. Dans la célèbre qasîdah de Dikr,
nous lisons:
(2 ^L> Jl (jy-ac b *X*-w.:> J^!_5 ou.L^ ^;i)^; '-^^ j^'-Vî èN^Î-^
Sâmif}, dans ta tribu, nous entortille par des coups de ruse,
Et il a mangé les biens dont vous êtes garants, vous, égor-
geurs d'hommes!
On disait que '■^X^ était le pluriel de '»-s^; c'est alors
à cause de la rime.
*d^z
éj> 572 en bas; cf. y>.
éj^, remuer, brasser, 708,12; synonyme de .^ et (>!->,
vhv. ^Ac .Uil ti)y>, il fit feu sur eux, 351, 10.
o >
liltys^, bâtonnet ou cuiller pour remuer les fèves de café,
708; 1078.
j.y>, être inculte (champ), Yéman, 1552; cf. ^^ vhs.
^^i^5», voleur^ brigand, 1243.
^y^^ V endroit où se tiennent les femmes, 766; 642 n.
j»!-:^, sanctuaire, 641 et n. 3;>i_jLs*, vhv.
1) = akkad. sarratu, Del. Gr. pp. 92, 94; id. Proleg. p. 164 n. 2.
2) Voir ma LB'A p. 77 v. 11 et n. .3.
408
57"
,ji5y>, marier, verheiraten, 74,22; 717; 718,2.
^35^.:s^-j■, se marier ^ 717. J'y dérive ce verbe de ^=><^^,
vulva. Nôldeke Beitrâge II p. 148 dit: „Un autre élargisse-
ment montre le sudarabique (^j^>, marier, y^,j>-, fiancé, etc.,
si Landberg a raison de le comparer avec ^_>. Pourtant,
cette supposition n'est pas du tout sûre. On pourrait penser
dans ces mots à p. e. i^^^^', l5/>) L?r*"- Je crois que cela
est absolument exclu. Les mots éthiop. 717 et Ges.-Buhl
sv. nyi ne sont peut-être pas étrangers: V~'r\V'\ = métathèse
nny = V _^^, mais les moyens de le prouver me manquent.
Peut-être le babyl. hâiru > ha wirum, suitor > mari, <
hâru= .L>, i, choisir, en est-il le prototype?
_^j>, harîw ou harêw, fiancé, jeune marié, 26,9,14; 27,
1, 6, 13, 23 et passim; 718. — 'iy.f>, harîwah, harêwah,
fiancée, jeune mariée, 27,4,18; 718; 772,3; 817 n. 1.
«5Î^, mariage, noce, 26,1,12,21; 74,1,18; 481,10; 717;
772,7; 1177.
Le thème est 3y>, ce qui ressort clairement du substantif
aj!..> et de _^.-=>, qui est un J-^xs. Je crois que c'est une
vieille forme mehrite. En mehri, le J-oè des verbes _^-sti et
^^*5 conserve la dernière radicale: _^ et j_^^, p.e. ^alîu <
^alî w, /im^^, = arabe (^JLc; barîw> beréu, né, de K^brw
>bîru, enfanter; barîy, sain, Zzôre, := arabe ^y^\ halîy,
vide, = J3., hadr. vhv. Donc, notre harîw est de la même
formation; en arabe ce ^y-tr*-^ aurait dû faire ^y=^ harî-
yun, comme ^_^^ haut, <CV~_^^, est pour _^a4-w et ^Jr^,
409
haut,<V~j^, est pour_^c. La prononciation si commune
hareyw, harèw, hareywali, harewahest aussi meh-
rite, car en mehri, dans les J^, l'î devient a y, ey, comme
aussi, en général, dans le Sud î > ay et vice versa, 331 et ss.
^f>y expliqué Hdr. Gl. sv.
(3^", espérer; supposer, 1218 n.; estimer, ce sens aussi RO
p. 230: s^\y>\ ^^^^. ^ oi^î uvs-*>J3 '^^ cr» i^'' ^^ n'estime
pas ses biens à moins de 93,000; cf. Boh. I pp. 110; 116;
117; ib. II p. 136; ib. III p. 155/6. Livre des Avares p. 136.
j^yc>!, espérer; supposer; estimer, 1217 d. 1. et n. 3.
^,=^, impétuosité. J^^i! 5 r-^^* = S-t:^^ L5y^i l'i'ïïipétuosite du
torrent. Voir V~ f> et oy>, vhvs.
^y>, espoir, 1217; estimatio7i 1218 n. oiî il y a des exemples.
^P", pi. ^)^'> espoir, 1218 n. Il faut peut-être placer ces
mots sous ç5j=>, car LA n'a pas V~*,^.
^^>, i, 697 d. 1.; expliqué 697 n.; cf. ^'u>.
i_c;y:5>î, fréquenter, 697 n.
».L>j pi. oLL=>, quartier d'une localité, ville ou village, se
dit à Aden, Stace sv. quarter, mais non employé dans nos
dialectes bédouins du Sud, qui ont iLsL> vhv. En Syrie et
au Caire, c'est quartier, Spiro p. 116, mais dans ce sens
i3=> est plus usité au Caire, où c'est aussi ruelle, Bâsim
pp. 2, 14 ; 17, 22 ; 31, 12 ; le pluriel en est aussi (^^[>=>, au Caire,
Bâsim p. 19, 22: ^!>~w^!. l5;[>^' ^ ^i^ ((^^) J^3> ^^ ^^
410
mit à parcourir les ruelles et les bazars. El-Hafâgî, es-âifâ"
p. 86, l'enregistre comme un J^-^io, en rapportant la défini-
tion d'el-Azharî (+ 270) : b .L^ ^ ^j-*-^ o^^ *i^ J^ • Même
définition dans LA V p. 306, avec l'addition: »,L=> J^! ^3,
et dans el-Qâm. sub ^L>, i; dans les deux endroits, il y a
^jUx. L'éclectique ez-Zamah. Asâs donne: ^ 3.L> ^ LJjJ
(?)idil«J! »^L>3. On voit donc que le mot est déjà vieux en
arabe, o^t »^L> = o^i ^>>, Naqâid Gl. sv., battle-field^ où.
ce mot figure sub .^>, vhv. El-Misbâh sv. .^>: J-A^iLi" 'iJj-
LgijLLx; Lane sv., qui n'a pas assez consulté les lex. arabes.
Le pluriel i^Jy^ et le fait 'qu'el-Hafâgî considère ce mot
comme un Jvp>j> me font croire qu'il s'agit vraiment d'un
mot dahîl, c'est à dire qui n'est pas de pur sang arabe,
mais plutôt d'une forme hybride, mais toujours arabe pour-
tant. J'ai parlé de ^=- </!■==• et »ja>, vhvs., sub .L>, u et
i, et sub fs\z>' On dit ^JJZU ^ji^etfi^ji !j^ j^bC^j J.=>jJî .L^ùwl
LxLj! , L a V p. 305, 4 d'en bas, voir plus haut. Mais il y a
aussi le mot L=> ou »L=> = iCx>lj et ic>'uw ou v^j '^^^^'i «^^
qui est autour. LA V p. 188 en haut: !jL> ^^J^ *^, ne
V approche pas de notre côté, et *j:=>L*o JjJ !3i IjLcj ijL^. Jy.
Lane traduit c_cj>, d'après les lexicographes, par vicinage,
quarter, tract or région of man or 0/ people, environs of a
man or of a house. Ce ^f>i qui a certainement donné slj>,
surtout en annexion, Lane sv. : ^c5y:?j = ^!^o , à l'instar
d'autres substantifs analogues, dans les dialectes, a pu devenir
s. L> < s^, qui comme bilittère n'était pas bien reconnais-
411
sable et qui, par contamination avec »jJLs> > »jt^> et en
analogie avec »^!j>, iwL> vhv. a finalement, et de bonne heure,
pris la forme » .L=> . On l'a enregistré sub ^y> et le Qâm. sub
^A>, parce que ces deux thèmes sont identiques dans plu-
sieurs acceptions et = V~j»,^ . De l'autre côté, l'étymologie
du classique ^^ est élucidée par les verbes dialectaux du
Nord e5;^' i> Lf/^' ^97 et note et le substantif «l^, vhv.
Malgré tout cela, il se peut que »^L> soit un mot formé
indépendamment de cette racine l5^=>-
a!^, territoire; endroit oi\ l'on demeure, 1218 n.; pi. («jl^,
468 n. LA XVIII p. 187 en bas donne \^ et st^li. = iC>Uiî
xç>1jJÎ3 et ib. p. 188: s!^. ^^, je suis descendu chez lui.
Tab. d'el-(jumahî p. 24,13. Belot sub 3y>; LA ib. p. 189:
^^IXIL (Sy^, demeurer dans un endroit. Cela se rapproche
beaucoup des sens susmentionnés.
r _
V js>, 1527. Cf. K j-^. — j.=>, i, couper, tailler, 151,3;
261 n. 1; expliqué 1632 et s.; 601. — S'écarter de, s'ôter de
Dt. = :b:>i et yS-jj vhvs. — Cf. les K~j>, j^^, v3o, j^=>, y>»,
et riiin . En sh., h e z z , couper la gorge > tuer, Bittner St.
sh. II p. 26.
jA>l, couper, comme Tab. I p. 1331,5: »^\j o:ja>î,
»j=> , morceau de quelque chose. I Sa'd III i p. 6, 25. Lieb.
V. Amasia p. 124 et n. 1.
»js> < »j^^> vhv.
bjîjs- , vibrion, selon Stace sv. Ringworm. — En Egypte, brouille,
cf. l'allem. Schererei. bjtjo ^U-o, ^7 y a de la brouille entre
eux, = iUu .
v-jjP-, i, u, s'attifer, mettre ses plus beaux atours, faire de
412
la toilette, 685; < fj-=^, 641. vj-^*^-J' u'-^-^'^^'» ^^ comtesse
s'habille avec élégance, dit un Datînois de ma femme.
»-jj_»'î = vP"» 685.
v_jj^=>', même sens, 685.
&-jj=>, manière de s'habiller. iL;-w.=> oy^l IlXJ' xjj=>, ce vê^e-
wew^ (angl. coat) est d'un joli port, on est élégant avec cela,
o o
expliqué par iCwJ. On voit que le paradigme '»lxi a encore
toute sa valeur.
jjs>, a, u, soupeser avec la main, estimer, 715, »= ;L. — S' aper-
cevoir, observer. '■é^\A Lij «-it «^î ^jf^' ^^'^^ P^^'^ s'aperçut
qu'il désirait se marier, 74,16, Hdr. = Dt. lX-^-,, vhv.; cf.
le nordafricain ^ji>, regarder fixement, vhv. — Peser, réfléchir.
xJ-x-^v ^j:^., il pèse bien sa conduite, 715 d. 1. aJUj-c .j:>,
reprendre ses sens, se ressaisir, 92,5; 1377; locution très
courante. liUJLr ^j^-I, fais bien attention, 25,2; 697,5 d'en
bas. 'iUbiy ;j=*î, réfléchis bien à ce que tu dis, 716. Chez les
Hammam, c'est savoir = <Jf^, Arabica V Gl. sv.; cf. e5j=>.
En Syrie, deviner =^^, 716; cf. »;3j>j vhv. Un Hadramite
me dit: oytJI^ o - '^ "^^ O^^ ^ JT^'' ^^ ha^zr Qi'est que par
l'inspection et e7i connaissance de cause, et «wsyai ^j »^\y>
»jLL> Le oo^ i00o^3 (*J;^ =), haraztuh veut dire: je l'ai
vu, et harastuh, je l'ai deviné et j'ai su ce qu'il y a
dans son for intérieur ou, des choses, quelle est sa qualité'
S071 essence, (o.! =) o._^ ■ Lg ;. a ^jJlXjle ^ ^.,;^^u*, J^s^ ijJu-c
413
Nous avons des palmiers, et tu me demandes: combien y en
a-t-il ? et je te réponds en conjecturant quatorze, mais si je
les ai comptes, je te dis: j'ai constaté qu'il y en a ceci ou
cela, Dt. Cf. ici ij^j> et 3j=>.
. ::s^■ , réfléchir; se rappeler Dt. = ,^yLj1 vhv.
8Vj]>, réflexion, 716. Stumme TTBL v. 7.
s^jjsi, énigme, Syrie: v. ^j>, deviner, ut supra.
o;=>, faire un paquet, un faisceau, Yéraan et Dt.
u5;>, pi. ^îj>', paquet, faisceau-, Stace sv. bundle. Nous
trouvons seulement dans le Qâmoûs le verbe élargi <-ijjr^
et sa métathèse j-ij-^ = ^l^' ^ et son synonyme j-^j-> •
Cf. j.j=>, vhv.
jj^', é^ré- orgueilleux, ma Festgabe p. 42. Sams el-'^Ulûm p. 27.
oj>, serrer fort Dt. ; aussi en Tunisie, Stumme TGr. p. 8. —
Acculer, pousser vers, aussi en Syrie, comme K. el-Ar. VI
p. 59, 13 d'en bas: xJL> [jpj\ ^\ p^)=^i je les ai refoules a
une terre inculte, = J^iso. — = éj=^, I Sîdah XIII p. 277, 5
d'en bas. — ^j^', se ceindre de qc. RO p. 51,7. Qabdit
lo uthazzqitbo min qafâh, elle le saisit et l'entoura à
bras le corps de derrière, RO p. 318,9. Rôssler MSOS I
p. 62, 1 : s.:s^JLi?. o}^5 ^^ ^^ ceignit du poignard, c'est à dire
de la ceinture où se trouve le poignard. Dans notre dialecte,
on se sert ici plutôt de pj^", mais o]^' y est aussi connu.
Voir ^!p> vhv. Cf. é^:>, v. les dict.
•iSy^, emplâtre, sahhî, BBRAS 1902 p. 268. - i^]^, pi.
414'
tj5j.5», troupe., en masse, 1663, 13, classique. — o'j.>, four-
reau du poignard, MS OS I p. 79, 3. — Ceinture, pi. ^"f^,
RO § 124 = j.îj_=> ailleurs. Le o'j-> du Dozy S. est pour
&Jjjj> == &JijA>, 1253,6 d'en bas, LA sv.
vjiJlj>, arrondir en pointe = „ .o. oû^:^ _^ lL^j '-^v^»
Ze M i^a^fj (Glaser Abess. p. 14, 6 d'en bas) est rond, en
pointe, expliqué par ^^jJs^. Accouplement de j.s> et oii; <
v-^o, ou bien une dégémination de ^:-=> par la contami-
nation avec \J6\.
,.j=> > vj> 641, vhv. Serrer, sangler, lier fortement, 1589
11. Accouplement du phonème - et de V^^-,, 1254.
j.j_>, prudence avec courage; il n'y pas un seul mot pour
bien rendre l'idée qui y est renfermée. — Terrain bas, encaissé,
pi. ,.jj->; RO § 224; Huber Journal p. 121; Hess Bemer-
kungen p. 11 (pi. aussi ^^,1— <j_>): pkmie parsemée de gros
cailloux.
o > o J
jôfljs», gerbe, = «s^-x^ic, Dt.
j.t;s>, ceinture en cuir, 423 et n. 2; 1334; cf. KB VI p. 436;
= o'j> vhv.
iO«tj>, pa^we, à Ansâb = jyw en Dt. vhv. et ^jjl^jia et wJjit«
à Ansâb, vhvs.
K.<3ji-, cei7iture en étoffe, 423 et n. 2.
j.3jA>, poitrine, 1 163 n. ; 1615 n. ; 1672, 1. Ce mot est poétique.
415
^>"
^j_s>, a, réfléchir, considérer; RD Gl. sv. — Deviner une
énigme, aussi en Syrie quelquefois.
^_5j>t, donner à deviner. Ana bâhzîk mahzâh-BâHeh-
zâha? Je te donnerai à deviner une énigme. La devineras-tu ^
Snouck Feestbundel p. 28 dit que (j:j=> peut avoir pour sujet
aussi bien celui qui donne à deviner que celui qui doit deviner.
Cela n'est pas exact pour le datînois. Il cite : b â (a) h z î k ,
je te donnerai wie énigme à deviner, mais c'est ici de (j:j>L
Le participe en est (=p^.'*, qui donne à deviner.
(j:-L^', se donner réciproquement des é?iigmes ci deviner,
Snouck ib. p. 29. RO § 362 rapporte cette phrase: |>-*J5^'
wtAj. (Cj> ji^ t_c:ol^î Js. l^j^L^j (j^/^'> di& beiden Parteien
begegneten sich und Melten sich gegenseitig ah, den Strom
(zu ûberschreiten), keiner Hess den andern hinilher. Je sup-
posais d'abord qu'on doit lire ^_c>3L^' et c5^>, cf. dlc\>, à côté
de toi, ib. p. 109,6 d'en bas, mais un verbe L5jr"' ^'^pécher,
retenir, semble aussi exister en "omânais, RO p. 105,4 d'en
bas = p. 290,9 d'en bas; c'est alors pour j^>, jx=>, vhv. —
Xjjj>, énigme, selon Snouck o. 1.
,^j_<ui, énigme pi. ^j~^ = «Sj-^s^ua. ii)tj_:s^ et ê^)j.:^, ton
énigme. ^^ est la vraie forme, souvent prononcée mahzâ''
et qui explique mahzâtah. Snouck 1.1. l'écrit mihza et
il dit que ce mot ne se rencontre que dans le proverbe, si je
le comprends bien; nous voyons que cela n'est point le cas
en datînois. Cf. jj> ^^ .j>. On constate donc que le i^jl-> arabe
et hébreu n'est pas le seul reste de l/~(^j>, nîD, comme le
pense Wellhausen Reste''^ p. 143. On n'a qu'à lire LA sv.
pour se convaincre du contraire. Le nîn, voyant, divin, Seher,
angl. Seer, n'était pas plus clairvoyant que les devineurs ou les
416
clairvoyants modernes. Comme divinus est devenu devineur
d'énigmes, le (^jl=> nîil a subi le même sort. Du reste, divinare^
avoir la science de l'avenir, est aussi conjecturer, présager pour
aboutir au- moderne deviiier. La marche sémasiologique est
la même dans les deux branches linguistiques, quoique le
point de départ soit différent, mais elles se rencontrent dans
le moderne voyant, Seîier, seer. Le verbe L^^>, deviner, n'est
pas employé dans le Sud. Le syrien dit ici ;j-=>, vhv., qui
■est un autre développement de ]/~j>. Cf. Hdr. p. 336.
y*o>, i, envier, 632, avec ^J^; = lXwj>. — Etriller un cheval,
Hdr.; LA VIT p. 353 en bas dit: v[r^' u^«-J ^'^' J^->
,j*/.:s\JL) L^c, c'est à dire étriller; cf. ^^^-w-r>. — Rôder, aller
par ci, par là, herumstreichen ; cf. y<v^, ^j,,jt^^, (j*L>, u, et
ijJsi, u, vhvs.
u*>-*^", espionner; cf. ^j*^: vhv.
y*.L> , envieux, = lX^L=> .
^j.^>, m^, = oyi, 1711 d. 1.
(j*Lr>, moustiques; iC_AvL>, wwe moustique, v. d. Berg Le
^adhr. p. 82, n. 3.
iLjLz", putain, parce qu'elle ^J'^ , rôde, = 'i.MAs^, vhv.
(j*y-*.=>, gravier, Hrb., voir ^<-*n> p. 418, 3 d'en bas. Je crois
que c'est pour ^joy:^::^', eu égard au classique (j-a^sua^ = o^L^,
I Sîdah X p. 91; voir sub ^:> et ^y^':>.
J. ^-^-wLs>, méditer sur, 148,8.
v^^^^s*, expliqué 425 et Hdr. p. 173 n. 5. l-^-^vJ, ^....^s» ^b,
sa?2s relations et de basse origine, 795. wa*o- J^, v. o!".:>.
417
v_^.x-«^s>, qui est responsable de la protection, w^-av^^, vis à
vis du protégé, 425.
(j*w^Aw.>, tâtonner. En Syrie, on dit a.I! v^^aav^^i^v^', la femme
a ressenti les premières douleurs de la parturition. Cliez les
Bédouins de Syrie et en Haurùn, c'est couper, p. e. la barbe
= Q^=>, vhv.
u\-w-s>, envier., = ,j^s>, 632. — l>^1=>, génie malfaisant, 70,
7,8; 113,8.
oi-«^=>, é^^e inquiet, avoir des soucis, Hdr.; v. LA sv.
ioy.^>, i7iquiétude, souci. Voir oi^a^.
^^A«.>, raser, faire la barbe, 48,21. Aussi en Algérie, Doutté
TAO p. 31. On se sert aussi de son synonyme ^^;. Cf.
(j««...:s^-»*^=> , mais je n'oserais pas dire pour cela que ^^>1j>,
raser, courant dans le Sud et le Nord, soit, dans ce sens,
un développement de l/~y*..=>, vtw., car q-*^=> = ^;.
^^j_*«->i, pouvoir, 463,6 d'en bas, savoir faire, très courant
dans notre dialecte. Boh. I p. 147; Livre des Avares p. 221.
Dans tout le Sud, on dit ■^::^x^s>\, propr. tu as fait du bien pour
remercier et l'on ajoute souvent ;-:^ »-^'' '^'j-^- Aussi en
'Oman, RO § 295 et ib. p. 294 en bas.
^y^>, fard rouge, 27, 19;<^>, class., Boh. VII p. 165,2.
Maltzan Reise p. 369.
Q^-^N^.=>, dim. de ^J-^^=>, Hasan, 291 n. 3. — Chardonneret,
768 n. 1.
27
418
i^V-^, àeatt, 140 d. 1.; 1602.
(j^-w.^, barbier, aussi en ''Oman, RO p. 50, et en Algérie,
Doutté 0. et 1. 1.
\—M^^, u, boire en humant, siroter: I Sa'^d II F, i p. 800,3
d'en bas; ce sens classique est inconnu dans les dialectes,
mais se rencontre dans ^^J^ u".-»^, babeurre, 61,17; 1096
d. 1.; 1097, oi^i c'est 4>-*-s^' (>*•'. l)-^!-»^', et dans ^^-v^^vx, pi.
^^AvL;<^wX! , 61,15; 62,5,8.9,10 et passim, expliqué 1096.
J'ai eu tort de dire MJM p. 26 que ce mot est inconnu en
Datînah; il y est, au contraire, très courant. Cf. j_c-.^^.
^j«|^_w._:>, agitatio7i, inquiétude, ^Anazeh, 472, 4 d'en bas,
expliqué par 'ik^^.
^ç--^.^, i, creuser clans un sol sabloyineux pour y trouver de
Veau et ensuite recueillir avec un vase la petite quantité
d'eau y trouvée; v. ce qui suit.
3j.A«.:>, qui est la forme correcte (iJL«), ou bj,.^^, pi. ^c-^=>
et en Harîb ^^^z:^. Ces pluriels peuvent aussi représenter
un yxi, de iLLxî. Ayant toujours entendu hasi^ hisî^ et
en annexion, hasik, hisîk, j'écris ^_c>*^=>, mais cette gra-
phie n'est pas à l'abri de la critique. Un Beyhânite me dit:
El-hiswah tikûn fi vvasat el-wâdi yehsônlia uyi-
harrigu el-husûs minha lamma tibhar bil-mâ"
Lt.-Lxi ^_^w^^ci^Jî ]y>^^_^ Uj^a*^^. (^O^Î JaA«5 j. i-jV-^' s^>*>.^'
^LiL. y<:^ Ui, el-hiswah est au milieu du loâdi; on la fait
en creusant et Von en sort le gravier jusqu'à ce que Veau
419
en sourcille. Arabica V p. 181 et p. 225. Hartmann LLW
N° 21 Str. 5,2 a hisi, p?«zY5, dont le pluriel est, dans
l'Arabie du Nord, ^L.;.^^. L'homme de Hartmann définit
très bien le hisi: „tandis que le bîr est profond et l'on y
puise avec le delu, le hisi est plat, et l'on y puise avec
le gadeh". Avec l'exemple de Beyhân, on peut se faire une
idée assez exacte d'un hisi-hiswah. Dans la lurah, il n'y
a que le singulier ^jr^'^^-, pl- 'Lw«-=> et iL-w..>i, Yâqoût sv.
^c^==> et iLAv.=>"i5!, I Sîdah X p. 47 en haut: ei^>j _^3 l5"^^
^U! -_5y>3 v'y^'j ce qui est à peu près l'expression de mon
Beyhânite. Lammens Berceau p. 33. Les V^y^:^ et V~^ç^^
doivent être proches parents. — Le mehri mahsât ou mahsé,
fosse, SAE ni p. 194 est naturellement avec s.
j^^, récueillir, ramasser, 317; 601. — Balayer Hdr. p. 700. —
>_j ^Ji^>, 1673, voir les dict.; I Sîdah XI p. 37. iji.^'J! C^,
le jour de la Résurrection, 317.
yi.js^'v*, fichu pour la tête, Aden ^ mehri m ha s îy et, Kopf-
tucJt, SAE III p. 194, où Jahn donne l'équivalent hdr.
mhasiyye. Ce dernier mot étant erroné, on peut supposer
que le mehri l'est aussi, ma MJM p. 23. En ""Oman, iLci.;<^
est faucille, RO p. 11,5 d'en bas; p, 50 §61; p. 383,9
d'en bas. — Cf. j^=>, l>L=>, iji.^s\^>- et tiUi.s> vhvs.
yiiv:^ui«.5>, ramasser à la hâte, Syrie, 601. Cf. ijis^, etc.
lXxco-, marcher en faisant du bruit avec les pieds, piétiner,
Dt. = 'JfLZ'ô . — Faire la levée de troupes, rassembler, RO § 262.
iX^^, pl. o^-ci.=>, troupe d'hommes, en sahhî BBRAS 1902
p. 260.
420
^=>, réimir, collecter, 317. Cf. (jïj.=>, ^Ji.^^s>, ijds> et dV.."io>.
r.^=>, > ^> > r-^^:-:^ (on entent! la dernière prononciation le
plus souvent), être cmécmti, ruiné, se perdre, Dt., -comme
aussi en ""Oman RO § 236, hasar, ruiner, mais ib. § 244,
->ii..> hsor (=hlok él^), périr. — Presser, serrer, Hdr. p.
•358 s. iui2xj îjyiss* JLxi) -i^ q^, « mwse de ^a foule, ils se
pressèrent les uns contre les autres, Syrie. »;y^^ ii^v-yiot u^^^"^,
/ra' trouvé Véglise bourrée de monde, Syrie. Aussi au figuré,
presser, pressurer, serrer dans les affaires ou dans les rela-
tions de la vie.
^=>t, perdre, ruiner, anéantir, Dt.
(cyi.5>, intrus, qui se mêle de ce qui ne le regarde point.
Belot a ^^,J^:^, vu la permutation constante des deux voy-
elles; MSOS V, II p. 51.
eV-^>, ficher, fourrer dedans 583, 5; 1376 en bas. C'est ou
une contamination entre ^=> et eUxi ou bien A-^ avec le
phonème „, 576; 1254 et Hdr. p. 358; v. ÂJJ.. Métathèse
li)^ = dUio- R p II § 6 a et Gl. sv. Voir sub J^> .
iXci.=> , pagne roulé autour de la taille, 92, 3; pi. iiUx>, 1376.
j«J;.=>, a, avozr du respect pour qqn. — ^^J^:^^, respecter, honorer.
Cf. ZA 2G p. 350. — ^\.:>~A, pudenda. Ratt mahâsimak,
couvre-toi les pudenda, Dt.
Les locutions ^il^^xï 'l^=>, ti)Li:L>, é^^j<=>, etc., expliquées 348
421
et ss. ; Noldeke Beitrâge II p. 38 n. 3. &)JI j^^^, 8, 10; 12, 8;
beysa ''alî'' = ''^}s^ ^xî, ici p. 403, 7. Cf. RD Gl. sv. et là c'est
souSj_^-ci<.>, ce qui est peut-être plus juste. Mehri hase. Lieb. v.
Amasia p. 62 d. 1.; ib. p. 141 note. icJiD >_^Lb! ^\ jdl UL=>,
Musil 0.1. p. 181,15 d'en bas, ce qu'il traduit par: „par
l'amour de Dieu, je ne demande que ce qu'on demande ordinai-
rement", tandis que toute la phrase signifie tout le contraire.
^_^L>, chamélon qui tette encore, 154, 20; 531 et n. 5; 1241, 8;
1601,8; pi. ^^L^^, 19,11; 531 et n. 5; 566; ^^t^-L>, 531
et n. 5; ^^]^.:>, ib.; étymologie 1695 — Danseur ou dan-
seuse^ expliqué 802; Musil o. 1. p. 187, très juste.
_^-^>, chamélon; fem. s^_ci^.'>, 531 n. 5; pi ^^4p_<_.^=> ou
^yi^, ib,
ww2>, serrer, presser^ 1254,3; cf. ^to et A^=>. jf^ J^i^L-c
y_,-^Axl3i! lXàc, je suis encore enfermé chez le médecin, 1181, 6.
a^j^>, 650, LA V p. 268,6 d'en bas.
^^2^A, réservoir^ tank, 1142 en haut; 1155; 1476, 4 d'en bas.—
Est-ce que le class. y^=y^-i' et ^J^^ plier et casser^ LA sv.
ne serait pas une variation de ^w>.a.=>'? Sur ^-o-î» v. Schaade
Uhud p. 55, Bittner 'Aggâg p. 31 : = «Uij sLà/^; Tab. I p. 1 124,
ZDMG 60 p. 17 V. 32, ib. p. 234, 6, cf. ib. 72 pp. 103 et 107.
_9^=>, U, est en Hdr. po^2y = ailleurs ,jJi>o. RD 01. sv. donne
d'après son texte ébrécher, et <J)y^^, endommagé. Il a sans
doute pris cela chez Jahn Gl. sv. hasôf, nuire., mais dans
le passage du texte de Jahn SAE III p. 59,6 et p. 272
auquel il renvoie, il faut lire hasùfat el-bint et traduire
422
à cause de son inquiétude pour la fille, ma critique MJM
p. 19. Je crains fort que ce thème ou2> de Jahn ne soit
le hadr.-datînois ^ju^S' vhv.; il revient plusieurs fois dans
l'ouvrage de Bittner, Studien I Gl. sv.
J>.A^=> < J-»^=>, parce que l'imparfait est Jv.^i^., 58 n. et Pr.
et Dict. p. 61 et ici p. 340, être prêt, à point ;Gï.\e?, synon. ij:y^',
^Lo, ^^ et \j=^. s^^î c^-l-^^ lAï "^5, lorsque le café est prêt,
56, 23; 1080. Jwa3L=> (j>s^i Ckï»,, et la pâte est là toute prête,
52, 8. LPiA;^ kJu^L^ Ls'Aï yf^*^ |^^av>.j?.J! ^.o^' J^l, e//e apporte
d'abord le pot, la pierre se trouvant déjà auprès d'elle, 62, 5.
ci^A^Jî ^ L^.< i3s>.3L=> _^3 Ka:2c q^ i,^oj: c;ajL=>5, e//e prend de
l'adenium ohesum qu'elle a tout prêt chez elle à la maison,
64, 13. — En "Oman, J>*^:>, être en détresse; v. 'il>^:^.
J.o>, trouver, obtenir, courant dans le Sud, mais en Dt. on
dit plutôt ^^ai; 20, 18. En "Oman, c'est aussi prendre, en-
0 5 «
fermer, capturer. (^>o.^Jt J. ^y^^^ c^^i un tel est enfermé
dans le liusn, RD § 185. jLjtii idLi^ iXM..^iî, /e pet avait
pris un ^ôtcd, ib. p. 297, 5 et 1. 7 d'en bas. Mais cette tra-
duction n'est pas absolument exacte, car J-/Ci> indique ici
U7i résultat, une prise. D. H. Muller a toujours à tort J^>
dans S A E IV; ma MJM p. 54 en bas. — Jeter îme pierre,
Vj dénominatif de j^Ai:> vhv.
J.xi:^", se préparer, se tenir prêt, J.oL>; ma MJM p. 44.
J.>oL> dans l'adverbe verbal J-oLll , enfin, en un mot, partout
courant. RO p. 385,7 d'en bas. En Dt. et en Hdr., J^oL=>
est aussi volontiers! très bien!, et non pas seulement la
réponse k un ordre, RO p. 118. M SOS III p. 4, 12. SAE
423
VII p, 13,23 et p. 16, 14, 29, c'est bien traduit par gut, là
où le texte shaurî porte hasôl et le texte mehrite, hast ou,
ce qui est le sudarabique sawa ou yistewi, vhv., usités
de la même façon; cf. Bittner St. meliri II p. 151.
J.AJi=>, petites pierres. iU^^, nom. unit., Hdr. p. 402. En
Syrie, iJuA^i^, débris^ décombres. Cf. w^A.i=>, *-».i.=>, J-*.^=> et
i^^^^> vhvs.
iJiLs*, détresse, affliction =^ •y-rv^'*, i^O p. 297,6 d'en bas, ib.
p. 401 N° 49 et note 2. Le verbe en est en ^Omân Jwct>,
être en détresse ib.
(^^lAa=>, enfermé ou plutôt qui est en détresse, 797, 9 d'en
bas; cf. RD Gl. sv. et n. 1.
j*.A.i>, petits cailloux; gravier, comme dans les sentiers de
nos jardins, 1010; 1547; iu^^ nom. unit., mot courant dans
tout le Sud. Le Qâm. sv. a seulement f^/^:^ =^UajJ! ^^^^.^J!,
mais TA donne aussi le verbe v f^^:=> = v l.<;' absolument
comme dans notre dialecte, où K-*.a.2^. ^jju.^^^ , tu m'as jeté
un cailloux. Cf. ^l:>. C'est sans doute une variation pho-
nétique du classique v*-a2=>, même sens: sL-A^a^s^JL. sj.kjs>^ Qor.
21 V. 98; v^>, coll. = 3_jL^ I Sîdah X p. 92. ^LxaIs-, cailloux,
Boh. IV p. 120, 6 ; VI p. 83 ; Diw. Hodeyl, Kosegarten, p. 178 ;
ZDMG 73 p. 111, 21; I Sîdah X p. 93/4. On comparera lamé-
0^ 0 1
tathèse syrienne ^^:^., cailloux, et le coll. (joLo^., cailloux,
Prov. et Dict. p. 221,9. Cf. u.vJ./*^=> vhv., J.*.a^=> et ^y^=>-
*oL>, en Dt., jeter des cailloux, et ensuite tirer avec une
arme à feu, tirer avec un fusil, = ^ ^^j. RO p. 371 a un
424
passage assez important: âj |5^;0 ^^y^^ J^ l>*i^' Ç^ aI^JI Jà"
vjiàij »^oL=>, Le seyyid (sultan) dzY: „ Allons! Sus à la forteresse,
cernez-la r Ils se mirent alors à cerner la forteresse^ con-
struisirent des retranchements tout autour de la forteresse et
la bloquèrent avec le fusil; Reinhardt traduit: „dann blockirte
man aie (die Festung) mit dem GeiceJtr'% ce qu'on ne com-
prend pas très bien, mais cela veut dire qu'ils tirèrent des
halles sur la forteresse. Ensuite, le récit continue: ^^'•^-♦joL^ f?5
oi«-^ i^ *j !r'^3 [•'ri' -^^^^^ o^') ils étaient ainsi à bloquer
la forteresse pendant sept jours sans pouvoir (= ^ci i^L L)
rien faire contre elle avec le fusil: sie blockirten die Festung,
etc. Etant donnée l'exactitude de Reinhardt et sa grande
connaissance du dialecte ^omânais, on n'a pas le droit de
douter de cette traduction. Alors, il faut croire que f^\.=> est
ici une variation phonétique de q^L5>, synonyme de ,>oL>,
à moins qu'on veuille y voir une variation sémasiologique
du datînois *>oL=>.
J.^.*.i>, coll., petites pierres, cailloux. icJU^>, nom. unit., Hdr.
Gl. sv. ^. Non employé en Dt. Cf. -r'^Ai>, ^^s^- et ^^<^^
et les classiques wJiAa> et jjua:>.
G J
^^.•>, toujours prononcé husn, hosn dans tous les dia-
lectes, bédouins et citadins, jamais q^=-, hisn, comme on
') L>^ joue ici le même rôle que pO ailleurs, vliv.
425
lit partout' dans l'Encyclop. de l'Islam. On dit Husn el-
Akrâ.d, Husn Kaifa, etc.; le remarquable Husn el-
Rurâb, où j'ai été deux fois, est même devenu Hisn el-R.;
et tous les Husn qui figurant dans mes ouvrages et qui ont
l'honneur d'être cités dans l'Encyclop. y ont été convertis en
Hisn '). Je proteste contre cet écorchement de leurs vrais noms.
La prononciation est hu-sën et en poésie hus-ne. On lira
ma Festgabe p. 79. Brode M SOS V, ii p. 17,4: ghum
mil lôhsin, il descendit du liusn, et ib. p. 21,2 d'en bas:
hùbtu mil lôhsin, descendez du h, ce qui prouve qu'on
dit hu-sin, hô-sën, avec anaptyxe, sans cela la syllabe lôh —
serait impossible. — En mehri, c'est hazen (hâsan), Bittner
'St. Mehri I p. 16.
On a voulu faire venir ce mot de l'araméen ]y^Z mais
j'en doute, Hçlr. p. 407 et s. Le mot araméen a bien le même
sens, mais il est commun aux Sémites. Son origine doit
plutôt être cherchée dans l'Arabie du Sud, qui est le pays
des ^^y^^=> par excellence, ainsi que l'a fait ressortir Prae-
torius, contre Fraenkel, dans la ZDMG 61 p. 616. Comment
peut-on se figurer un pays oîi les tribus sont toujours à se
faire la guerre sans forteresses? Praetorius a aussi ib. com-
paré l'éthiopien hns, bâtir, hënesâ, bâtiment, ce qui en
') Les îlots qui sont près de H. el-R. s'appellent Sïhâ ou Qanbûs,
Barrâqah, Radarèyn (aussi prononcé Qudreyn, voir sub ijo et o). el-
Hillânieh (= ei-Hillânîeh), où il y a une pêcherie de perles dont parlent
el-Mokaddasi p. 37 et el-Istahrî p. 30. J^-J' est une montagne près
de la mer entre Balhâf et Bîr ^Alî. Voir Arabica IV p. G6 et s. Cf. l'Encyclop.
de rislâm I p. 340, où on lit Barrâka et Koth^a, qui est le nom
des collines éruptives qui se dressent dans la plaine, q'lXjçL'i au nord
du cratère, malgré que j'aie ('crit distinctement Arabica IV p. 66
iC'sl^ et p. 74, iLx.-Xv.5. Ce sont là des fautes d'impression et dont j'ai
pas mal, moi aussi, sur la conscience. Je fais également observer que
H. el-Rurûb n'est pas haut de 500 m. mais tout au plus de 50 m.;
il n'y a plus de tour quadrangulaire.
426
est la métathèse, et prouve, ce me semble, que le mot avec
la chose est venu de l'Arabie de Sud, où l'ordre phonétique
est encore restée en mehri et en soqotri, Praetorius o.l. p. 617.
Ce (^■^=> est alors toujours forteresse dans le vrai sens du
mot, p. e. Bolj. IV p. 63, 4, et Glaser Mitteil. p. 46 le définit
pour le Yéman par „ château sur une montagne", tandis que,
en Dt. et en Hclr., où le mot est bien plus courant, c'est aussi
maison pouvant vous mettre à l'abri d'une attaque et qu'on
doit défendre. On lira le récit de Sam'^ah au 1" vol. de cet
ouvrage, c:^^^ vhv. est même employé pour (jy-2->, comme
aussi pour KxJlï. Nous lisons dans le récit au mot *->^^=>,
p. 424, 2 = RO p. 371, que c:^xj vhv. est forteresse^ et il est-
partout employé dans ce sens, p.e. RO p. 371,6, 10, 11, 12 et
passira. Reinhardt dit p. 371, n. 2: „l-bêt signifie forteresse (la
maison par excellence", et ib. p. 373, 3 ijsiï exprime la même
chose. A cela on juxtaposera l'évolution de hënësâ en éthiop.,
malgré l'opposition de Fraenkel F W p. 236. Si l'araméen était
le point de départ, je ne comprends pas bien que le mot ait
pu se répandre tellement dans le Sud, où l'influence araméenne
était nulle. Dans la patente que le Prophète donna à l'insolent
AVâil b. Hugr, prince de Hadramoût, il lui assura la possession
de ses propriétés de terres et de husûn" , Wellhausen Skizze
IV p. VI. Et le verbe .y^^ = <~-^, si clair et limpide en
arabe, ne suffirait-il pas pour expliquer (^:>? On n'a qu'à lire
L A sv. et la Nihâyah sv. pour s'en convaincre. Le verbe est
peut-être un composé du phonème transitif-, qui joue un grand
rôle dans les verbes arabes, et V~^ (o^*^)' ™^^^ ^^' ^"-^^^'-^
u, = ^oLx, v. p. 431, 8. Les formes verbales dérivées, q*=^
et Q^^^, ainsi que le substantif ^^^.^-^ = ^^ ne peuvent
être des dénominatifs de q-^^, la V y^=> étant pour cela
trop bien développée en arabe, contrairement à ce que pré-
427
tend Fraenkel F W p. 23 b, qui veut identifier ^^> à ]Dn .
Alors pn doit être primaire, selon Ges.-Buhl p. 533 a en
haut, puisque D devant les lettres emphatiques peut devenir
]^ ou î, ib.; cf. le mehri ici p. 425. Fraenkel dit aussi que tous
les noms propres composés avec ^-^s* se rapportent à la Syrie.
Je le crois bien, car on ne connaissait pas l'Arabie du Sud,
séparé du Nord par le grand Rub"" el-Halî et des contrées
inhospitalières. Si le mot q.^^ se rencontre souvent dans la
littérature arabe ancienne (citations chez Fraenkel o. et 1. 1.),
cela ne prouve nullement que le mot soit venu des Araméens.
I Battûta II p. 212 dit à propos de sa visite chez le sultan de
Dofâr: ^ys^'-^' l?-"^ iLoeXi! J>=>!^j ,a^ ^^LLLvJJ, le sultan possède
dans l'intérieur de la ville un château qui est appelé el-husn,
ce qui prouve que q^>, dans cette application, n'était pas
bien familier au .célèbre voyageur ; dans le Sud ,Aaï n'est pas
château, vhv.
Les vieux mots higâzites d'emprunt pour château ^\^ <
hébr. □'•p^N*, pi., et *L!,<akk. atmânu, ^^atozs, selon Barth,
ne sont pas connus dans le Sud, oi^i j*.=>t, vhv., est seulement
tertre, tumulus. Kowalski Diw. Qays b. el-Hatîm p. XV et
ss., où p. 19 du texte arabe ^L>T est expliqué par q^t'^^-
Le mot correspondant dans le Sud est ô^ vhv. et '^jù<^\,
vhv.; cf. jArf^, Hçlr. p. 408. Il faut rechercher s'il y a un rap-
port entre *>î, tertre et j*.>î, château fort. Si c'est le même
mot, le sens en a bien dégringolé; je crois que ce rapport est
nul, vu que iu.>i est aussi un vieux mot classique.
Sur les husûn dans le Sud, on consultera les ouvrages
de Niebuhr, de v. d. Berg Le Hadhramout, de de Goeje
^adhramout et l'atlas d-u Seyyid 'Otmân b. Yahya, de Man-
zoni el Yemen, de Walter B. Plarris A Journey through the
Yemen, de Désiré Charnay et A. Deflers, Excursions au
428
Yémen, dans le Journal de Voyages du 4 Juin 1898 et du
11 Juin 1898 '). On y trouvera de nombreux dessins et pho-
tographies. Les photographies, fort belles du reste, que prit
le prof. Simoni pendant notre expédition dans l'Arabie du
Sud n'ont jamais été publiées par l'Académies des Sciences
de Vienne. C'est qu'on m'en avait formellement promis un
exemplaire: ^^y-i^^s^ Jv-cj! Je possède un j^_x2.:>, près d'el-
Makalla, qui me fut donné en cadeau par le sultan du
pays! Voir aussi sur les Qy^> du Sud, Arabica IV p. 58 et
V index sv.
Les Datînois m'ont dit qu'il n'y avait, il y a une cen-
taine d'années, que très peu de husùn dans le pays. On
habitait alors dans des huttes, K-ro, vhv., en ^jc, vhv. Ce
n'est qu'à une époque assez récente qu'on est devenu plus
sédentaire et plus civilisé et que, par conséquent, on con-
struit des husûn en pierres. Les Naha'în em-(jrebal repré-
sentent encore l'ancien état des choses. Ils habitent dans des
^c-j!j-^, vhv., et changent de place selon les pâturages, mais
ces déplacements ne se font que sur leur propre territoire.
Il doit y avoir eu un intervalle pendant lequel Datînah a
été dévastée, car il ressort de la description de la (jazîreh
d'el-Hamdânî et des traditions locales, confirmées par le
grand nombre de cités ruinées et de châteaux écroulés, que
Datînah avait anciennement une culture assez avancée. Ce
sont les guerres continuelles entre les tribes et les maladies
endémiques, telles que la pes/^, q^L^, et la variole, vv^i
qui ont le plus contribué à la décadence du pays, pour ne
pas parler de l'influence délétère de l'Islam.
') D. Charnay n'est arrivé qu'à el-Hodeydah. On ne lui permit pas
d'aller dans l'intérieur. Les photographies et la description provien-
nent du savant botaniste A. Deflers, trop modeste pour réfuter une
telle supercherie.
429
j^*^=>f renard, 797, 10 d'en bas; cf. sub J^' vhv.
;l2_:>, i, comjiter^ retenir clans la mémoire; assez courant
partout. Dozy S. sv. ^ôJ<c o^jLL ^y, (ji!, combien de vaches
+
avez-voiis (propr. quoi en fait de)? W Q-fJÎ c.c-^'-^ ^5 j^ ^^^
/es ai pas comptées^ moi Dt. i^^f tcv^'' ^•^tv^'— ^ oly»"^' ij:'-^»
obL^a^^^'S, ces p)ropriétés-là^ mon frère en a pris note, et elles
sont déjà bien notées, RO p. 222, 15. La lurah a ^^.—xi-^î,
souvent dans le Qorân. o^s^ ^jj.«j % ^^iau £^_<^^ Ji' i^c^^^'
J.JL:> % L^ = J^, LA XVIII p. 200. ^^^\ ^^:>l = .bb-î
io, comme nous disons comprendre^ erfassen. lel-Qût. p. 49:
s.iAJjj solX-c c>-5rC LùsjÎj kLssd] 2^j;^t cixjujL:>!. Notre (c^-^i^ pour-
rait donc être la première forme dont le sens est identique à la
s
quatrième classique. »Lci^>, = Js_£, le substantif de ^\-*cu=>l,
LA XVIII p. 200,5 d'en bas, A tout bout de champ,
on entend en Arabie l'expression ^_c-^;s^J "^ ^_^xi tJ^, c'est là
une chose incalculable, Musil 0. 1. p. 411: ^J;>■a^v. "^j mais je
ne sais vraiment si nous sommes ici en présence de la
première forme dialectale ou de la quatrième littéraire, n'ayant
jamais entendu le participe ^^^asjsu.
^_,-A3L>, prop. compter avec; s'escjuiver, se soustraire à. ^"^
O > 0 3
Jot<ci.J! ^^ ^_y^'^^. lo ^^'■>^ J^Ij, un tel se donne beaucoup de
peine et n'esquive pas le travail, RO p. 228, 7 d'en bas,
courant en 'Oman, mais non en Dt. ni en Hdr.
^c^^i=>, petites pierres, cailloux, = ^Lao, lidr. p. 402, à cause
de l'accent: lui s a et hasà^ s\^>^-=>, coll., petites pierres,
cailloux, H(Jr. p. 395, 2, 3. Mais i-LAa_=> est aussi n. unit.,
430
comme chez RD Gl. sv. et Hdr. Gl. sv.. «Lajl.> est dans la
lurah un singulier, comme aussi dans les dialectes et sou-
vent dans les poésies bédouines du Nord, Socin Diw. N° 69
V. 41b, et je me demande si ha sa" n'est pas véritablement
h a sa h, car il est le plus souvent impossible de distinguer
un hamza final d'un h, et liasâti, ma pierre^ en annexion,
comme p. e. RO p. 24, m d'en bas, ne prouve rien, ^jr*^'^^^
et iL>Li.=> peuvent aussi être de vrais pluriels dialectaux de
sLa2.=>, pour ^c*^i=^' Cf. |*^n, petite pierre^ et les autres lan-
gues sémitiques chez Ges.-Buhl sv. ^_^-xi^! est aussi dans la
lurah le grand nombre, L A XVIII p. 199, et ib. p. 200 en bas:
£Laji>^! ^y, ^\ Csjù\ sLoAl. Voir sub yo.
On sait que les cailloux jouaient, dans la Gàhilîeh arabe,
un certain rôle dans les transactions commerciales. On s'en
servaient pour compter, Hamâsah p. 297. Le sl^;^ ^^ fut
défendu par le Prophète, LA sv., Nihâyah sv. et Lane.
Dans le Hiz. el-Adab II p. 275, on lit à propos de la foire
de Dûmat el-Gandal: KxLvJî ^ '^}-^^ "^1 L^ ^L^' c>.j'^3
*î o^s'yis ij:$^=> i^c-^J! ^Xxjsn^t o-*^' ®^ ^^' ^ Pi'opos d'es-Sihr:
L-ùaj! b^L:5^lj Uô psu-^ Ji,. Wellhauson Reste'-^ p. 247 rap-
porte ce passage. Il traduit b^Lj>JI ^UJ] par Steiyiwerfen, mais
^\ est poser, mettre, domier^ comme |.^LJ! ^], 77.6 en bas.
Cependant dans L A XVIII p. 199, 4, bL*^ ^ est défini par ^! _^
«.-^î w\->»i ^^^-s i^*^' »L^3ii olXxj \S) :<jL>.i5 5! ^_c,A/i^t Jy^-
>"> ?^ 70-
La scXjUxi est ^oJjb |^l ij^-*Js J-:>J! ^1! /'^•s^Li ^^j^" J^yt ^^i^
i^î ^.j, Boh. III p. 70 (K^^Xii ^^ vW), LA V p. 49.
Dans le Sud, -^ est partout mettre, poser et non jeter, vhv.
On ne saurait donc dire qu'on jetait un caillou sur la mar^
chandise, si ce n'est dans notre sens de jeter la monnaie
sur le comptoir pour payer = la placer, la poser.
431
Les Grecs avaient leurs ^P>j0oç, petit caillou, jeton pour
compter, compte, calcul. De là ■■p'/iCpt^cc, compter avec des cail-
loux, calculer. Les Romains se servaient aussi de calculi,
petits cailloux, pour compter, d'oîi le verbe calculare, > notre
calculer, qui est considéré comme un néologisme, mais qui
a pu exister dans le langage populaire latin.
Il se pourrait donc que ,^ç-^-=> et ^_c-^^=^' soient des déno-
minatifs de (_c->-i>, cailloux >7iombre. Mais alors Lx--:>, u,=
^->L_^, LA XVIII p. 199,3 d'en bas, ici p. 426 en bas,
doit représenter un autre thème, que nous retrouvons dans
^Aa> et jj.A.i=>," vhvs. Cf. mehri hazu, enlever.
Kazimirski donne j-*û->, compter, calculer, synonyme de
^^*.i> , et Dozy l'enregistre également en citant deux passages,
de même que ,yJ^^ , être compté, calculé, d'après I. (jobeyr
p. 49,3 d'en bas (2^ éd. de de Goeje), mais le texte porte:
iLa=>% J-aÂ;:^ .... ^^t ^^ JàS\, et cela est bien différent.
Schiaparelli p. 20 traduit les deux derniers mots par nume-
rare, ce qui est leur sens collectif. On voit donc que Dozy
n'est pas ici très exact. Il se peut que l'interprétation de
_x2.=> dans les deux autres passages cités par Dozy doive
aussi subir une modification pareille de traduction. Je n'ai
pas ces deux ouvrages à ma disposition ici.
Je ne sais si les anciens Arabes comptaient véritablement
avec des cailloux. Dans ce cas, il ne souffre pas de doute
que ^^^*^^-=^ et ^jr'-='-=>^ ne soient des dénominatifs. Un autre
plus savant que moi étudiera la question.
Pour la V~y^=>, comparer les congénères ^.Ai=>, (j-:2.:>:,
J^Aas», |*Aa:> et J^*û=>, vhvs.
iLua;^ui, pi. oLxAi:^, flsMng litie, Stace p. 66, m'est person-
nellement inconnu.
^Ai2> dans la locution *-^yo ^^ ^j^. ^.aJI , il est criblé de
o >
432
dettes, 656. - H. Môller ZDMG 70 p. 158 n.l. juxtapose
l'indog. ^agro-s, àypoc, terre cultivée^ et le sém. h-d-r, arabe
hadaru, même sens, mais je ne crois pas que l'on ac-
cepte cela!
^:a=>, enclore par mie haie, faire une 3;>^*:^:>. Aussi en ^Omân,
RO p. 57, 18 d'en bas.
yto'i=> dans la locution: ^^Liiî JyLj y^^lJ-^, et que le yrésent
inforrne V absent, est- la formule finale des proclamations, 550, 6
et n. 4; 1789. Le classique ,oL>, prêt, LA sv., fait l'efifet
d'être originairement y^L>, sans l'emphase du [je.
v,y:o=> — ^^,yi^[^ ^ 60,10; 1094; propr. réunion.
.L:2=>, petite cahanne de branches de palmier, 1225; Socin
Diw. Gl. sv.; ot JJ!h=>, — Bouille, Hdr. p. 365, > .Lc2:>, garniture
sur la poignée du sabre ou du poignard, comme dans cet hémis-
tiche d'une poésie d'Ahmed b. 'Alî es-Sâhimî (v. Index p. 1803):
6 sabre affXé aux belles garnitures!
'•i.J:^z>, eticlos, e?iceinte, 650. Chez Wetzstein Z. f. Allg. Erdk.
1865 p. 494, Ansiedlung, village, sing. du coll. .^v^i^^. Cf. '^j^^,
}i.Ka:^, chambre, Hdr., et en Dt. c'est la chambre supérieure do
husn, aussi appelée en Dt. s>Xî>, vhv. ; ma MJM p. 23.
V. d. Berg Le Hdhr. p. 64. RI) Gl. sv.. Marçais TAT Gl.
sv. C'est ce que les 'Omânais appellent sjIj, vhv. Cf. y*^^->
et J2>.
Sur le nom de Hadramût, voir 295 et n. 1; 332; 1562
et ici sub à > ô p. 2. Hein, Mitteil. Ôsterr. Geogr. Gesellschaft
vol. 46 Heft 7 et 8 et id. SAE IX p. 14,29, écrit partout
Hadraraût(-ût), de même que Bent the Ninet. Cent. 1894
p. 419, id. RGS oct. 1894 p. 315 et id. Southern Arabia;
433
voir 15G2 n. 1. La graphie biblique n.içn^'n est à coup sûr
erronée, comme l'est aussi celle de m^b^* = oUiii!! '). Elle
représente sans doute un pluriel mehrite -âut ou -ôut <
-ôt < -ât, selon la règle exposée Bittner St. mehri I
§§ 40; 49 et 50; II § 9. Ce pluriel correspond à oLuiLXi',
vhv., (jazîrah p. 216, à oL*Ui, Derenbourg Monum. sab.
p. 8; id. Monum. de Marseille N° 1 1. 22; Hartmann Die
arab. Frago pp. 271 n. et 304; à oLuj id. ib. pp. 161 et
270. Dans p. e. l'inscription d'Obne, Rhodokanakis Lexicogr.
II p. 48 1. 3, c'est écrit Hdrmt, ce qui doit bien être
oL«ja22> ou oyo,Ai2>, mais la graphie Hdrmwt se rencontre
aussi, et alors c'est le mehri TIatlramawt< Tladramùt
< Hadramât.
Il faut croire que les Masôrètes ont voyelle ce mot d'après
une tradition courante et que, par conséquent, la pronon-
ciation mehrite Hadramawt(-au t) remonte à une haute
antiquité, oii la langue mehri était plus répandue dans le
Sud qu'à présent. L'étymologie arabe est naturellement faute
de connaissance de la part des savants. Elle n'est, selon
toute probalité, que la perpétuation de l'explication des
marchands grecs, qui, jaloux de leur commerce lucratif avec
les pays des Mahrah, avaient déjà fait courir la légende que
l'arbre thurifère, qL^.U! ^ j*-J', était gardé par de mauvais
serpents dans la „ vallée de la mort". En mehri, oy* est
miyOt ou miùt < miyàt < miwàt, sens que les mar-
chands grecs auront trouvé dans le nom du pays de l'encens
et qui a sans doute donné lieu à la h'gende basée sur une
étymologie populaire, mais intentionnelle de la part des rusés
exploitants des richesses convoitées de l'Arabie méridionale.
') Contro J. Ilolin dans la Festsclirift {lomincl II p. 78 nt ss. Voie
éanis el-'Uli'im p. 08.
28
434
Les Phéniciens, qui, par voie de terre, à travers le W. May-
fa'ali et les Gûwàn et ensuite le long de la côte jusqu'à
Gaza, Arabica IV p. 68, recevaient ces précieuses marchan-
dises, auront aussi contribué à maintenir cette étymologie
légendaire. Il est cependant difficile de décider si elle a été
répandue par les Phéniciens ou les Grecs, probablement par
les deux, car ils avaient le même intérêt à l'accréditer.
J'ai appris que Jahn, dans les Mitteil. de Petermann a
donné à Hadramût.une nouvelle étymologie: ^y^o -f le préfixe
mehrite -, mais je n'ai pu me procurer l'ouvrage où elle
figure. En arabe, j.yi? est flamber, être bridant^ être eynhrasé,
LA sv. = J.x:^t, et j..*i2> pourrait alors signifier quelque chose
comme pays brûlant^ à cause de sa grande chaleur, peut-être
aussi à cause de la solfatare de Barhût, principal phéno-
mène de ce pays volcanique. En outre, ^^ est un arbre
odoriférant^ LA XVI p. 248, 4 d'en bas, et |*j^, une espèce
de gomme, LA ib.; le Jiabitus de ce nom me paraît fort ancien
et nullement arabe, mais plutôt sabéen, voir sub rv*=^- H se
pourrait donc que le nom de Hdr. puisse être expliqué par
l'un de ces sens: vallée de chaleur ou vallée des aromates.
En tout cas, le nom n'a rien à faire à l^in, Ges.-Buhl sv.
La n isba h est ^^.^z> , pi. ^X^=>, des Hadramites, avec
le coll. iCx Lc2=>. La grande vallée s'appelle à partir de la mer
el-Masîlah, Hdr. Gl. sv., et ensuite W. Hadram, dont
Hadramût est le pluriel, à l'instar des mots cités p. 433 en
- o --
haut. La graphie arabe oL«-*:2-">, s'explique donc facilement,
ce qui n'est pas le cas de l'étymologie hébraïque erronée, oià
la dernière partie est sous l'influence de n>p = oy>.
Sams el 'Ulûm p. 27 dit: LV:^!^ U-«! bl-st-:^ ,.,U*
O"»-'
435
1..L12U «-jil^ tj;'»/^^ iu.w^)3. Un personnage Hadramût, fils
de Sabâ, n'a jamais existé. Ce sont à l'origine des noms
de pays. Qui est Lyw ^i ^xi^c ^j j.^àp chez I Sa'd I p. 18, 26?
Il est regrettable que l'auteur de l'article Iladramawt
dans l'Encyclopédie de l'Islam, qui devrait être un mo7iu-
meyitum œre perennius pour tous les Arabisants, n'ait point
connu tout ce que j'ai publié sur le Hçlr., pas plus que
les travaux de Snouck, de D. H. Millier, de Jahn et de
Hein dans le SAE, pour ne parler que de ceux-ci. L'ouvrage
de Maltzan est aussi oublié. Les savants directeurs de l'En-
cyclopédie ont bien ajouté cette bibliographie sur la couver-
ture de la XXI livraison, mais l'omission de ces ouvrages
dans le corps de l'article n'est pas pour cela excusable '),
Le Hadramût n'est pas „sourais à l'hégémonie turque",
comme le dit Schleifer. Ce pays est absolument indépendant,
et c'est plutôt l'Angleterre qui y joue un rôle prépondérant,
grâce aux subsides, appelons-les, avec Lloyd George, „ balles
d'argent", qu'elle donne à quelques potentats sur la côte.
L'article de Schleifer sur B a r a h û t aurait gagné en
intérêt s'il avait lu la description détaillée que j'en ai donnée
dans mon volume sur le dialecte de Hdr;
D'après les savants arabes, les Hadramites parlaient un
mauvais arabe, ma L A p. 29 et s. et p. 25 ; il y avait aussi
le verbe m)^ j- ^y^^, expliqué dans' LA sv. par: iL^L. ^
^\y^) \=>5 ^^ vl;*^"^^ ^-àîL>5. Cela veut sans doute dire qu'ils
confondaient le - et le « dans la prononciation, voir ici sub
_, et qu'ils n'observaient pas l'Frâb, dont il n'existe que très
o
peu de traces dans les dialectes de Hdr. et de Dt., voir ici sub
') Voir la Préface, t. à p. de ma LB'A p. 10.
436
!iAj! et ma la p. 27 et ss. Les dialectes méridionaux, tels
que ceux de Lahig, d^'Abyan, des B. 'Âmir, des Awd
= les ""AwLlillah, qui d'après el-Hamdânî ôazîrah p. 134 =
ma LA p. 29 et s., étaient .:Cwv^, n'ont pas plus conservé
ITrâb que les autres. Les traces qu'on en trouve à chaque
pas dans les dialectes du Nord, ma LB'A Gl. sub rrâb et
Nounation^ ne se rencontrent jarnais dans le parler courant
du vSud. Cette constatation est d'une extrême importance;
voir ma LA 2^ édition.
oiA^s^, être à court de, s'appauvrir, selon RD Gl. ss. —
Porter Venfant dans ses bras (mère), ib.; il faut ici penser
à Q^>; mais le sens n'est pas clair, et le mehri hadaf
de Jahn Gl. sv. a pu influencer la traduction de R-D. Un
thème >^*:=> n'existe pas en arabe, et l'autorité de Jahn est
pour moi assez faible.
QAi2^", tenir dans le ^yx^s;^, dans ses bras. — Embrasser,
38,4; 722,9 d'en bas. = ^m^*i2;> , moins employé.
^-C2>, pour le class. q*^^, rne paraît plus juste d'après Hdr.
p. 252. Aussi l'hjébr. a-t-il ]^'n = l'arabe dialectal hudën,
avec anaptyxe, voir ici p. 92 et ss.Holma ZA XXXII p. 43 iden-
tifie Q*i2> au vieil égypt. sljn, embrasser; bien hypothétique!
8yii>, frange, 589. Cf. 1/~*_jl>^ et ^<>J> et leurs dérivés,
d'un sens analogue.
L.s>, u, toucher; tomber sur. v.i:aJIj \_x_i Jo^^lil ■,^^=> U-I/,
toutes les fois que les boulets Je touchaient, ils en ricochaient
12, 12; 450.
437
iali^, tomber (feuilles). -LLi^. o;^^ ^^^ feuilles tombent^ ou
Ja:s\k^., Dt. Cf. ^i>^> et c>.:sK> vhv.
w*-k:>, 6ozs, 1109; 1130. v^Li\!! Jyuw est une locution qui
revient souvent dans les poésies populaires du Sud; p. e.
celle-ci:
ie torrent de bois a coupé et l'a (iôj>, champ) réduit en morceaux^
. Et a démoli le terrassement de la vieille levée de terre.
Lorsqu'il a plu sur les hautes montagnes dans le Sud, le
sêl charrie une grande quantité de bois et de toutes choses.
iûLL=>, ramasseuse de bois. Ce sont toujours les femmes qui
ramassent le bois. j.L> k^1l=> >,i>-jL:> iolLil, la ramasseuse
de bois a apporté du mauvais bois, 1109; 1130.
Jx>, a, M., produire un son sec, murmurer, braire. Inf. *.j12=>.
^L>:. J-v«-!', ^6 torrent bruit ^). Js^. ^!, la pluie gronde"^).
Lorsqu'on marche, iLaxAJ! j»-xL=> ^^-vv^', tu enteyids le bruit
des pas, du piétinement.
Ahmed b. 'Alî el-Hamyarî dit:
Nous avons des fusils dont le calibre est à leurs bouches.
Leur poudre est sèche, et ils font du bruit (une forte
• détonation).
') Un datiiiois prétendait qu'il fallait dire ^■^\ J-^, voir sub j^> .
-) Si j'écris ■» ■n-'?. et |» rr 'J., c'est que ces phrases m'ont ('ti- ainsi
prononcées. Je rapporte exactement ce que j'ai entendu.
438
En 'Oman, c'est frapper, RO p. 152 § 277. Cf. j^^ et
(_cA=> vhvs. Le sens classique de j*ia> est casser, et de jt^-»,
être cassé, aussi au figuré: cela se dit principalement de
choses sèches et facilement cassables, LA et Lane sv., Naqâid
Gl. sv. Cf. mehri Ijtêm, 7?iaigre, ^ sh. hetraùn, Bittner sh.
I p. 30. Est-ce que nous n'avons pas dans notre dialecte le
sens primaire: le bruit que fait une chose sèche qu'on casse?
Le lion est ^Ja=> parce qu'il gronde.
Chez les ''Anazeh, (*-^>, u, est se lever en sursaut, brus-
quement; tomber sur. Yôm etgûllah (bintu): „igba.l el-
"agg", yihàtora wisîr yigùl, lorsqu'elle lui dit: „La
poussière (des cavaliers ennemis) s'est approchée", il (Abu
'Agâb) se lève cVun bond et dit'', récit "anazî, Langue des
- o ».
Bédouins ""Anazeh p. 79, 24. J.^iJ.rs'Jt Jvc Luli>, nous nous
lançâmes sur la troupe de brigands, "anazî. p.*) 1 ; é ^>,
nous nous lançâmes à leur poursuite, 'anazî. Cf. Gloss. Tab.
où exemple analogue.
Malgré le sens classique bien clair de casser, ^kmu b. et-Tofeyl
XV V. 8, je me demande s'il n'y a pas aussi un autre, apparenté
à J:''wo dont il ne serait qu'une variation. Cela expliquerait
autrement le nom de ^..42^, près de la Ka'bah, et dont l'espace,
clôturé par el-Hatîm, s'appelle ^=>, LA et Lane sv., v.
Kremer Culturges. II p. 7. Naqâid Gl. sv. Ici y^ et ^k:>
seraient synonymes. L'hébr. CLîn, Ges.-Buhl sv., pourrait
bien venir de là et non de ^,l=i=>, comme le propose l'auteur.
jj^li?', se battre, se donner réciproquement des coups, RO § 298.
iUli>, attaque à V improviste, ''Anazeh. Ce n'est pas le synonyme
de ij^s', défaite, déroute, comme le dit Dozy S. sv., et dans
l'exemple qu'il donne de ce mot, il faut le traduire par attaque-
Jas>
i>Jic ii=>, 1767, V. les dictionnaires. Cf. ,aji> et y
439
»^=>, endos, 650. Kasdorff o. 1. p. 49. =^Ll2>, Naqâid Gl.
sv. Cf. »^p^*^> et -i^>; 0. Weber Studien z. arab. Altert.
Kunde III p. 46; fh?,d. et les autres mots éthiop.
»Ac Ji25>, 1767, V. les dictionnaires.
K~oi-=» signifie faire qc. en ro?id, tout autour de gc.,
entourer = ^ i^L=>î et \j ^L^Î. I el-Qût. p. 42, 7 d'en bas:
*^ îjjLb! ^AxAvo j,yLi! oi->. Les développements de cette
racine ne font que confirmer ce sens. Naqâid Gl. sv. Nôldeke
veut, ZDMG 57 p. 415, que le sens primaire soit frotter^
et Ges.-Buhl a adopté cela pour ^Dn II. La K~lJ^>, et sa
variation >^a>, se prête certainement à cette idée de /ro^^er,
ce qui a déjà été mis en avant par H. L. Fleischer dans
Levy NHChWB II p. 204 et répété par Nôldeke, o. et 1.1.,
mais ce sens est ou secondaire, ou bien faut-il admettre
deux courants sémasiologiques dans la I/~v«à_>, dont le
second frotter a donné ^j=>, ^^p^, ^in, ^Dn, ^^^, frotter y
laver. Buhl les a aussi séparés, mais je ne le crois pas nécessaire.
Plusieurs mots enregistrés sous oj.:> et -^ix^ se rapportent
à V~^=> dans le sens qui figure en tète de cet article.
Le mot iCsL^, RO p. 95, 7, > ii=> Prov. et Dict. Gl. sv., qui
est le fém. du classique i^ib», going round about, circuiting,
cité par Nôldeke et Ges.-Buhl, n'appuie nullement cette étymo-
logie, mais tout le contraire, de même que les autres mots
allégués par Nôldeke en faveur de sa thèse. J. Jk^z Jl-l^^!
^^fiAxil , le cavalier fait des évolutions dans Varène, en galopant
en rond, comme lorsqu'on exécute la fantasia arabe. Voir
ici v^^.
440
>wà:> a aussi le sens d'êti^e ou de devenir sec, skher, intr.
i^y^sus^^, U Q^j*J j*-^' T§^ (joLï*:^! r-jÎ3j, il met les miches de
pâte sur la braise et il les y laisse jusqu'à ce qu'elles soient
sèches, 53, 15 s. = ^>, u, i- C'est sécher par manque de
gras, comme me disaient mes Datînois, 1045. On trouvera
le même terme explicatif dans les dictionnaires indigènes.
Quant au sens à'épiler, raser Iq, tête ou la figure, j'y trouve
la même idée de faire qc. en rond. Et lorsqu'on a vu
comment les Musulmans suivent les préceptes du Prophète,
exposés Prov. et Dict. p. 254 et ss., on constate que le
.Lb"i5l iÎLXji, ou les contours ronds de la barbe et de la
moustache sur les joues et sur la bouche, est justement
ce qui distingue le visage d'un musulman de celui d'un
chrétien. C'était là une coutume traditionnelle, 'i^, Qastal-
lânî VIII p. 461, L_î>>, ^iJL>, < iLsLs», f^n et ^ID, bord, plage,
ne viennent certainement pas en premier lieu de K~v_â=>,
frotter, mais de V'.J^^, entourer, umschliessen, malgré
l'autorité des deux grands maîtres, Fleischer et Nôldeke, que
suit Ges.-Buhl. En tout cas, les dictionnaires arabes n'offrent
point de prise à un sens pnwzYz/ de frotter. Voir sub(j;s>..
Cf. Jc>, ^^fli> et (^«p-, vhvs. et sub j.fl=>.
M G G O >
LiL:>>oL>, sec et sans graisse. oL:> j-^, pain sec sans
autre chose avec, courant dans tous les pays arabes. RO
p. 116, 10 d'en bas, correctement hâff, ohne etwas dazu.
Belot place p. 986 l_îL-:> j_*-3- sous ijr^>-^- En Tunisie et en
Algérie, on dit ^^c^j-=> j-^» Stumme T. Gr. Gl. sv. Vollers,
ZDMG 50 p. 332, pense que ^_îL> est sémasiologiquement
apparenté à l_îL>, stumpf, émoussé. Je l'ignore.
Le lurah a pour cela .LàJs jx~> ou .Là-c j^ ou v.Jj.j^ y<=>.
441
I Sîdah V p. 10. Un autre synonyme est .i^UJ' j-^, mais
qui ne se trouve que dans le Qàmoûs ; c'est qu'il est exclu-
sivement yémanite. ^L=> J^! est un manger sans ^L^a^,
1045, vhv. Les cheveux sont ob> lorsqu'il sont secs et sans
graisse, 1045, contr. à q^^^>-< r*^> Un autre oLs*, dans p. e.
G
oL> ^c'^.j il marche nu-pieds^ vient de ^çà=>, vhv. Oe qui'l
G w
y a de curieux, c'est que le participe lJL> <ol>, sec, se
rencontre partout, mais le verbe oi> < ^ài> n'est employé
que dans les dialectes du Sud.
v.Jià>, 1045 est chez les Bédouins tout malnger sec sans la
graisse favorite, car plus le manger est gras, et mieux cela
est pour eux. Un manteau qui porte des taches de graisse,
parce qu'on y a essuyé la main droite avec laquelle on doit
manger, est même une preuve ostensible qu'on vit dans
l'aisance et que le oy> ne vient point d'un homme chiche
et qui donne aussi du ^L^i», vhv., à ses hôtes.
iLà>, cortège, procession, Dt.
^Jirs^, pi. oL:s^ 889. Voici comment se fait le mahaff. Je
l'extrais de la description de l'élection du sultan d'Ansâb : „Les
sultans d'Ansâb se distinguent par l'art de monter à cheval
et de manier la l.iarbah. Le sultan élu jette sa bague à
cachet, qu'il porte, comme tout le monde dans le Sud, au
petit doigt de la main droite, par terre et galope ventre à
terre tout autour en rétrécissant de plus en plus le cercle.
On dirait que le cheval va tomber avec son cavalier, telle-
ment il est incliné, comme on peut aussi le constater dans
nos cirques. Le sultan ramasse à la fin sa bague. Son père
et son grand père exécutent le même jeu. Pendant cela, les
assistants chantent le chant national de tous les 'Awâliq,
442
rapporté 151 et s. C'est cette fantasia qu'on appelle \J>^.
Voir Arabica V p. 219 et ici sub JU-*o.
iLà^\ évolution du cavalier, fantasia.
L\à>, i, 1253, pour le sens classique, voir les dictionnaires.
Jùi», étroit, 357. sA-à.^ »>i-==", maisonnette étroite, Dt. ^
oiLsn.;! KtJ sZLIj iAà> oJty:^/) ^i jj' ^Aj" b,^*.^!, d'el-Misivarah
tu entres aussitôt dans un défilé fort étroit appelé el-Eelaq, ^Au-
laqî, voir sub ^J^^ • Est-ce un développement de K~oi> vhv. ?
lAÎ^, château fort, 300 n. 1 à la fin ; 1735 et n. 1; Arabica IV
pp. 41 et 59. Sams el-'Qlûm p. 27: ^_yù\ uViL^ A>[5 Aà^S
jotj L\â^«!J!5 (=LA IV p. 131,3 d'en bas) c^*, i^», ^^
JsijS^vJ! i'uLj L\JCî \>Lo Lo *.A;Li3 woo! lAï Jaib IcOj (Kàmil)
Même vers, ib. pp. 85 et 87. C'est donc ici le même sens
qu'aujourd'hui dans le Sud, où l'on prononce mahfad,
mahfid ou mehfid. Le chef-lieu d'el-Manqa'ah, 274
n. 5, 1735 et n. 1, Index sv. 1839, s'appelle el-Mahfid,
1735. C'est un grand ïJlL^, vhv. Le 'âqil des S a m'a h
y habite. C'est le plus grand village d'el-Manqa'^ah et le
marché de tous les Ba Kazim. — D. H. MûUer, ZDMG 37
p. 339 traduit Jùrs* par tour, après lui avoir donné le sens
de Burg dans les Burgen und Schlôsser I p. 25. Glaser
Mitteil. p. 47 le rend par „ village '), grand ou petit, sur un
1) Il a dit aussi qu'on donne le même nom au Qorân, mais il a
mal entendu iiour t>;i«^ 'C ->Jàr> !
443
rocher plat ou un sommet de montagne inabordable" (!). La
définition correspond bien à l'état des choses surtout dans
le Yéman, où l'on construit des châteaux forts même sur
les sommets des montagnes et qui sont inabordables pour
l'enneini, mais d'étroits sentiers, O^ijLxi vhv., y conduisent,
Rhodokanakis traduit aussi mhfd, pi. mhfdt, par tour^
Lexicogr. II p. 12 et p. 37. Souvent ce sens paraît convenir,
mais celui de j-^-^^ ou iLjt_i-ua^ serait meilleur. Si o^-sl.=>
est un développement de oi>, on pourrait rapprocher, OJi^^
comme sémantique, de jb vhv. La lurah a L\à=- := J, oii»
cy^lj Jw,*J!, cf. L-'^L>, u, pour le sens, et uxi:> = bji=>, pi. de
lXîLs», qu'on pourrait traduire par entourage. C'est sans doute
un développement de 'wà^, mais déjà de bonne heure le sens
primaire était offusqué. Il est entourer, aller autour, avec
des applications spéciales.
Dans l'ouvrage de Walter B. Harris, A Journey through
the Yemen, on trouvera des illustrations de ces lXsL^, pp. 8;
195; 198; 218; 262, etc.
^=> est propr. creuser de façon a former un rond; cf. ^5>
et ^^, vhvs. Très courant partout. A Jérusalem, il y a la
métathèse ^^ fouiller.
j-à.>, 1, pousser, exciter, stimuler, faire vite, 1253, comme
'Antarah Mo'all. v. 79. I Sa'd I p. 143; Naqâid Gl. sv.
I Sîdah XII p. 118, 13: ^^ '^ 3! Ûy. ^Ji^ ^ ê*.ii ^Jl
(jiJiJîj *Lxai! oU kjm^Ls^. i.àj.:>l_5 ..L^î -â^, J^Iî »jÀ>f. «jft>
^ ^o Ji5 £^^xij = ib. VI p. 111, 10 d'en bas: «ÂJî ^à^il
Hiz el-Adab III p. 22, 15 et p. 24, 2 et 5. Cf. TDH, Ges.-Buhl
sv. — En \)i., presser, serrer, 1253. Etymologie 1254. Voir sub
L\à;>. Cf. les classiques jà!, faire un bond, et jjj, se presser,
et ici sub "ï»,
444
jiy^^i s'éreinter à faire une chose, 1253.
ji.à>, u, couver, Dt. et Hdr., = 'Oman é'S, RO § 263. Est-ce
ijij, vhv. + le causatif ^? — Assembler, ramasser, cueillir,
comme RD Gl. sv.— Charger, ib. (jii^, couver. i;.ixî^ ii>b>JJ!
(ji2A_Jl Jx, /a ^OM^e coMt;e les oeufs, Dt. et Hdr. — Abattre
la cabanne ou la tente, Stace sv. pulled.
iJ:Jts>, lézards: »-, n. unit.; ma M JM p. 23 et p. 25 en haut..
iji^s^ , rnauvaise petite tente ou cabanne, Hdr. p. 314= class.
iji.à:=> OU u:i.à:>, Bohârî I p. 91, 3 d'en bas {J>^^i>^\ j, »Ut ^y ujL),
que Houdas traduit vol. I p. 161 par abri, mais dont le
vrai sens est petite hutte basse, LA et Nihâyah sv., corres-
pondant au sudarabique x«jo, vhv. Wehhausen Die Ehe p. 454
et p. 455 le rend par fente. C'est peut-être le n^'^çnn n^2 de
Rois n p. 15,5; V. ZDMG 70 p. 461 et n.
i)^l=>, grande sole, à el-Makalla.
iiÂiS* > iUiîà^^^ , poche, sachet, 20, 1 ; sachet pour le 5^0 et
le 'L^, vhv., soit pour le briquet.
- o *
J*fc> , réunion; getis réunis; public, 815, 13.
'ii.^A=> est en Dt. poignée et jointée, mais dans le Yéman mé-
ridional, c'est jointée, et ^â> y est poignée. ]0n , jointée. C'est
un ^ ou iLLxî. Hdr. p. 252. La forme classique iUÀ:> est
contraire à l'usage, et le babyl. upnu est aussi un ^).«, v.
445
plus loin. Le sens primordial est dans la V~^à=>, vhv.
Synonymes : iuisij et iC/i»^, vhvs., et dans le Nord on dit aussi
»j^, poignée. Le verbe q-^^-=>, donner une poignée de qc,
est dônominatif. Le babyl. upnu, poing^ main^ Holma Kôr-
perteile p. 118, est pour hupnu (on observera le J-xs), qui
se trouve également en hébreu, en syriaque et en éthiopien,
peut-être aussi en égyptien, o. et 1.1., et qui a peut être
donné directement le mot aux autres langues sémitiques,
puisque le sens de poing, main n'existe que dans cette
langue, à moins qu'il faille voir dans D^^çn, non pas le con-
tenu, mais les deux maitis creuses elles-mêmes. D'après
la théorie de Torczyner o. 1. p. 291 ce mot hébreu serait
pour h a f n a m > h a f n à m > h a f n e y m = lLs.=> , soit une
désinence accusative adverbiale.
o c
^jr^^t expliqué 633 et s., ►'^anfarâ el-Lâmîyah v. 49 dit : ^j.i=>)
jjtijî "^5 je suis nu-pieds et sans sandales, Jacob Ôanfarâ-
Studien I p. 32. I Sîdah XIV p. 228, au chapitre ^oL.^t ^U-î
JL-stj! l^iÀ.^ oi-Xxco "bJ ^jsi! , dit : cXJs^ i^Là^_5 ^s-i^ ry*r^ lJL> jJlïj
^^^^J! ^^ ot:> \jl5 ^y^\ ■iiyS' ,j^ (^.r*^,. Voir exemple dans
de Sacy Chrest. p. 105 v. 22 = Der Islam VII p. 113 en bas.
Un verbe classique synonyme est ^^S, a, marcher nupieds
et avoir la peau des pieds crevassée, LA I p. 144. L'hébr.
^\, pied-nu, une métathèse de hfy, comme □n"', vtre chaud,
y être en chaleur, l'est de hmy <;l/~(«^, on, vhvs.
Là.j>, rudesse du sol. — Etat pierreux et raboteux du sol,
1633. lXx:^' l^^> Ig sol rude de la montagne, 25 d. 1.; 463 n.
I Sîdah XV p. 119. Nnldeke Beitr;ïge II p. 186 et n. 5;
Socin Diw. Gl. sv.
446
^^c^^, lame, from going witlioid shoes, Stace p. 95. Cf. ^jt^ vhv.
oia>^'. Chez les Bédouins du Nord, ^lJlc o-JLii^' est un terme
de guerre pour l'attaque a tourne' au détriment de Vennemi,
1311,2, comme aussi ^c c>«.>K, ils ont été vai?icus; ma
LB'A pp. 4, 18; 61 v. 12; 79, 22; pour le féminin, voir 1311
n. 4 et ma LB^A Comment ad 1.
\Ji=> dans &li! vJjj>, • le droit, la part de. Dieu, 327, 2 ; 457.
Comme affirmation et avec abréviation: JJi=>5. \_Sj-c! J»-^?
par Dieu, certes, je le sais. (,i>jL*Jt ■Ji=>, expliqué 825; 884;
sur la chose, voir LA VI p. 59 en bas = K. el-addâd p. 179
en bas. ^l^ ^=>, expliqué 835 et ss. sjUJ! di=> ou aûLwJI v_j^,
expliqué 857. Un impôt de mariage a aussi existé au temps
des Mamlouks, ZDMG 65 p. 373. - ss^., expliqué, 837.—
oir>, suivi des pronoms possessifs, est employé dans tout le
Sud, au Yéman, au Higâz et dans l'Afrique Equatoriale
pour paraphraser la possession. •Ji=> S:iAl (^^ Û ja^*o ^J^
_=>LxJ!, il cotitinua ci marcher jusqu'à ce qu'on arrivât au
pays du marchand, 86, 10 s. = trip. :^\ ^Lco obLil. j^av-j
iU>5\:<^ùî vji=> ri^!, il bouche le trou de la venioîise, 47, 3.
Autres exemples, 1075,6,7; 1462,7. Ui> ^lxl^\, SAE VIT
p. 4,29; Ui> ^U'j 1-^ S^U ib. IV p. 140,80,31; 141,8.
^jJL:^ io-JusJî, mon huile de sésame '), ib. IV p. 68, 13, où
d'autres exemples. oi> ne se trouve pas dans les textes de
») Ja-x-Lo n'est pas huile d'olive dans le Sud, comme le traduit D.
H. Millier; il n'y a pas d'oliviers dans le Sud. Ji-^-Lo < Jo-^Iw vliv.,
Sams el-'Ulûm j). 50,
447
RD. Pour Mekka, Snouck a exposé cet emploi dans ses
Mekk. Sprichîc. p. 18 et s. l^ ^LLLJt, son sultan ci elle,
Musil 0. 1. p. 322. Arabica I p. 64. Après un substantif au
fém., on dit 'iJi=>. l\^ ^ xji:> (joj^'i, le pays appartient d
B. H., 157 V. 4. '^:> ^j^ \.xi j^^JLLJ! '^)*r^ ^ cf*-^ iJ^h-?^'
_^\jî wJLJ JsXfl ^j (^3'iXÎ! UJî L^ ,»*A,^.r iCft:> '\js>J\ :^LiX! iùiljOI,
el-Gabîl es^ un mouillage à Raurah-lnférieure (Index p.
1812), où il y a des châteaux forts ayant appartenu aux
hifidèles, tel que er-Rahabah des "Asîm oîi il y a la construction
païenne, et qui (= qx-?\,.) ressemble à Naqb el-Hag-ar, lettre
de ''Awad b. lîadî es-Slômanî (Index p. 1819 sv.). Et dans
la même lettre je lis: ^^ b-Aif oLIjcJ' '-^^j' ,j;J^à>«JI b.y> ^
c!_^! i,i>_^ j_ci3 iCct-wJt -.«.Awj^ iC_j_il^ S^k-i L^3 im'-^ '^\-^
(3*-A-c LgJC^ -àiCî &Ji.^> iJJL*.^> iCxÀ^iXj iôJilt ^^iL:> _àjJî isjtÀxa^_5,
« H.-Inférieure, il y a beaucoup d'inscriptions dans environ cent
endroits; il y a aussi une ville antique nommée es-Surrâ''ah,
qui est située au-dessous d'esS. ; et le château des Infidèles
dans le village; (en outre), le château de Ha b lui ayajit ap-
partenu aux Infidèles (Païens), avec une eau courante e7i bas.
Dans mon expédition avec les Autrichiens, nous serions allés
relever toutes ces inscriptions dont j'avais fait une longue liste,
dressée en collaboration avec mes amis indigènes de ces con-
trées-là, pendant sept hivers de séjour à Aden et sur la côte,
mais les incroyables intrigues de D. H. Mùller, qui voulait
partout me faire passer pour un simple drogman à son service,
quoique j'eusse dépensé une somme considérable pour préparer
l'exploration de ces pays encore inconnus, m'ont forcé de quitter
l'expédition, que lui, dans son complète ignorance des dialectes
et des habitants, voulait seul diriger, et j'ai gardé ma liste
pour d'autres explorateurs.
Le pluriel est ol.fi:>, comme on vient de le voir. ^^A3-UiJt
448
<^ys$^\ oU=», les pics des montagnes, Dt. On prononce ici
souvent huqqât.
On ne se sert de cette circonlocution qu'à l'égard des
choses concrètes et palpables. Ainsi, on ne sauiait dire
iiû:> oy-^'j ^on désir.
Cette dissolution du stat. constr. par un mot pour désigner
l'appartenance ou pour paraphraser le génitif de possession
est fort répandue dans tous les dialectes. Brockelmann, dans
son standard work VGSS II p. 238 et sv., donne une liste
des mots qui sont usités dans ce cas. Je me permets ici
de l'élargir et de la préciser davantage. Ces mots sont ou
en apposition au mot dont l'annexion doit être relevée ou
comme prédicat de la proposition, ou bien ils rendent de
cette façon l'adjectif possessif, qui n'existe pas en arabe:
le mien, le tie^i, etc. Ces mots sont:
1° ^-o', usité seulement en Syrie et en Palestine, Hadar
et Bedu, Harfouch Drogman p. 19; Ostrup Contes p. 137
et p. 158; Bauer Palâst. p. 70 § 2, qui l'attribue principa-
lement au dialecte des Bédouins et des FellAhîn; Spoer-
Haddad, Palest. Arabie p. 5 § 12, qui lui donne le pluriel
^^yKjL^, inconnu en Syrie. Remarquez que Spoer 1. 1. et
Bauer p. 70 § 2 ont la même phrase: our loells, iinsere
Brmmen, ce qui est chez le premier el-byàr taba'^înà et
chez le second, el-bi;ir tabâ^na. Bauer dit aussi que j->-i'
est invariable en genre et en nombre, et c'est ainsi que je
le connais, moi. Pourrière, MSOS IV, ii p. 215 n. 7, dit à
tort que ^-j^ est seulement du dialecte palestinien. A Alep,
il est courant, Barthélémy, crit. de la Gr. de Lôhr dans le
J.As. Sept-Oct. 1906 p. 227. Ronzevalle ZDMG 63 p. 824.
^ est originairement un infinitif et comme tel invariable.
Tout ce qui forme le petit avoir du Bédouin, inséparable de
sa personne, est son- s-o", Jaussen Coutumes des Arabes p. 235.
449
2° cL-^" est aussi l'infinitif de ^-h', suivre^ L A sv., mais
dans le parler cette forme, assez courante en Syrie et en
Palestine, est résultée de l'accent déplacé de tàba''>tabà''>
tabà^ ainsi que c'est le cas des J-i-s et des J^i, surtout
chez les Bédouins. Ce processus, assez commun dans la lurah,
est appelé fL»-^]. P. e. j.^Lc<,«JLc, sommet de montagne^ I
Sîdah X p. 71,8, et le nordarabique wus ^ôlmak, pour-
quoi'?, vhv.: wus "^ôlmak qâ^ed, pourquoi restes-tu là
accroupi? ma LB'^A p. 5, 1 3, = Aclï ^! L liUbLc, pourquoi,
émîr, restes-tu là, comme ça? Littmann Mârchen und Le-
genden aus der syr.-arab. Wuste') p. 2,17; ib. p. 4,9:
ijCo" éU^lc, pourquoi pleur es-tu? Socin Diw. III § 63d et le
""omânais "ôlâm, également avec les suffixes, pourquoi? RO
p. 32 en bas, = ""alâmak, pourquoi? des Bédouins du Sud.
La phrase ,^J^ ^-i^^' ''-^j (^^tte maison est à moi, me
fut expliquée à Damas par ^c^Lo' cj^a-J! \Cs,$. Je connais bien
cette forme pour avoir passé quatoi'ze ans en Syrie. Lôhr
0.1. p. 12 § 8 et n° 1 donne aussi tabâ", mais Barthélémy,
dans sa critique de cet ouvrage, o. et 1. 1. p. 227, dit „que
Lôhr orthographie à tort tabâS égaré par l'étymologie qui
dérive, sans preuves suffisantes, ce mot de l'égyptien |ff|-ij".
C'est sans doute sous l'influence de cette critique, souvent
clochante, du savant français que Fischer, Z D M G 63 p. 825
n. 1, et, après lui, Brockelmann o. 1. II p. 239 ont à tort
rejeté ce pLo". Cette forme est pourtant fort courante.
3° ^L->^, usité en Egypte, en Palestine et sur le littoral
de Syrie. Hassan Vulgilrarab. Sprache p. 84; Spitta Gr. p.
149 et p. 262, oià son emploi est très bien élucidé; Vollers
ZDMG 41 p. 388; Nallino L'arabo parlato' p. 15 et p. 30;
Bauer o. 1. p. 70 § 2 avec le pluriel btâ'^Cin; Spoer o. 1. p. 6
avec le pluriel btâMn, v. plus haut; Lohr o. 1. p. 12 note,
') Gesell. der Wissenschaft. Gôttingen, 1G. Jan. 1915.
29
450
où S. Fraenkel prétend que pLo' < ^, bien, propriété, mais
un tel mot n'existe pas. Fraenkel a sans doute dit cLjoo et
dont Lôhr a fait pL:^. Du reste, c'est ainsi que Hassan, o. 1.
p. 84, et Spitta, o. 1. p. 149, expliquent l'étymologie de
^Uj<^L;o«, ce que Michel Sabbâr avait déjà dit auparavant
dans son iC^LxJ! J.^L^ ^ -^il'^S), mal publié par Thorbecke, p. 27.
Aussi employé comme substantif avec l'article: Sulâfat
en-Nadîm par 'Abd Allah en-Nadîm I p. 87,7 d'en bas:
i9;cç> ^^t o!cy^' ^-ytJ, le prix des choses que tu as apportées.
\jj a^J ^J] ^LyJ! ^, de cette chose-là qui s'appelle quoi?
Pour ma part, j'ai quelque doute sur l'identité de cLo et
^Li/o. J'incline plutôt à considérer cUo comme une métathèse
de ^Lo", amenée par une contamination avec cUu vhv. Tien '),
Manuel p. 28, écrit bitâ' et mita", ce qui est fautif.
4° Ju> en 'Oman, RO pp. 27; 28 et 79.
5° ii;^, Harfouch o. 1. p. 19; Tien o. 1. p. 28.
6° i^o, di, de, da 441 et ss. C'est véritablement le pro-
nom relatif. Usité surtout en Tunisie, en Algérie et au Maroc.
Après les travaux de Lerchundi pp. 26; 57, Kampfîmeyer
ZDMG 54 p. 621 et ss. ; Marçais Tlemcen p. 164, Doutté
TAO p. 35 note 196 (t. à p.), A Fischer, ZDMG 61 p. 178
et ss. et d'autres, je n'ai rien à ajouter sur cette ,. particule
annective". Aussi en mehri: dhu, le mien = ^ (^3 > (joJ
vhv.; Jahn Gr. M. p. 30 et p. 69: dâ, de di; Bittner St.
mehri III §§ 43, 53 et 55. En sabéen, il y a aussi quelque
chose d'analogue, Hommel SAChr. p. 14. En syriaque, Du val
Gr. p. 294 et s.; Noldeke Syr. Gr. § 224, de même qu'en
éthiopien za. A. Fischer ZDMG 61 p. 181 rappelle la même
construction annective dans laraméen biX^T^ "^T nn^K, le dieu
1) Alias. Antûn et-Tayyûn du Liban, successivement maronite
catholique, musulman et prêtre protestant anglais à Gravesend. On se
rappellera peut-être que je démasquai cet aventurier au Congrès de
Stockholm, d'oti il s'éclipsa brusquement.
451
de Daniel, Daniel 6, 27; il y donne aussi d'autres exemples; Ges.-
Buhl p. 901. Kampffmeyer, o. 1. p. 624 et ss., veut que cet em-
ploi de di dans l'Afrique septentrionale trouve son prototype
dans le sabéen o, o3 et l'arabe 30, oio, id. MSOS VI, 11
pp. 2; 43 n. 2; 45 et 47. Il y a certainement beaucoup d'élé-
ments sudarabiqaes" dans les parlers arabes africains sur
lesquels j'ai moi-même souvent appelé l'attention, mais je
fais cependant observer que cette construction annective ne
se trouve pas dans les parlers arabes actuels de l'Arabie
méridionale. Mais elle est la règle dans les dialectes meh-
rites, qarawî et soqotrî. Dans ma L A p. 29 je dis: „Le fait
est que le vocabulaire du mehri est en partie identique avec
celui des dialectes arabes du Sud, ce qui ni D. H. Mùller,
ni A. Jahn n'ont vu et pour une raison bien simple". A
cela Nôldeke, dans sa critique du susdit mémoire, ZDMG
59 p. 415 en bas, objecte „qu'en revanche le mehri ait for-
tement' influencé les dialectes arabes voisins, j'en doute pour
le moment". Il a dû se raviser plus tard, puisque dans ses
Beitrage II p. 139 il dit, à propos du datînois ^ = ^^ „que
„c'est certainement là le reste d'un dialecte y parlé ancien-
„nement et qui touchait de près au mehri".
Je suis le premier à reconnaître que la plupart des tribus
arabes qui ont emmigré en Afrique étaient originaires de
l'Arabie méridionale, qu'elles avaient quittée après les grands
bouleversements géologiques, économiques et politiques, mais
on ne sait pas si parmi ces tribus se trouvaient aussi des
mehrites. En tout cas, j'ai de la peine à croire que le lisan
et-tuyûr, v. ici p. 362 n., incompréhensible aux Arabes d'alors
et d'aujourd'hui, ait pu donner à la grammaire arabe une
construction aussi peu arabe. Il est pourtant étrange que
cette construction génitivite existe à l'extrémité occidentale
du monde arabe aussi bien qu'à l'extrémité orientale, si l'on
compte les Mehrites au nombre des Arabes. Mais en 'Oman
elle ne se- trouve pas. Etant donné son emploi en araméen,
452
on est plutôt incliné à y voir un vieux processus sémitique,
qui s'est conservé dans quelques parlers sémitiques modernes
à travers les siècles.
7° JoJ>, fém. xJbJ», en Palestine. Bauer o. 1. p. 70, qui en
rapporte des exemples et lui donne le sens de queue. Cela est
une étymologie populaire, qui a sans doute influencé la pro-
nonciation dêl au lieu de dîl. C'est le pronom et l'adjectif
possessif syriaque ^^^ = ^^ +\, = J i^^-, oiî s'est con-
servé l'i de l'ancien relatif "'']. Dans les dialectes judéo-
araméens, on se sert également de "'^"^l, ^^^1, etc. corres-
pondant au néo-hébr. ^'pîi', ^^'^, etc. Duval Gr. Syr. p. 169-
et s.; Nôldeke Syr. Gr. § 225, Levy NHChWB sv. b^^ ,
Brockelmann o. 1., I p, 315. Cf. rb-^^, Ges.-Buhl sv. Cf. n^^i p,
V. ici sub V~ôy>. Au Liban, on dit S^.^ efVï^^'^ liVj'^Lp lX~>,
prends tes choses (=ii)JUi) et doymemoi les miennes, ce qui
est le syriaque ]a X.^. C'est le pluriel de Joo. d^Li ê^^^'i,
710US te donnerons ce qui est à toi.
8° d[i^, au Maroc. Lercbundi p. 126 écrit diâl; Lûderitz
Sprichwôrter M»SOS II passim, toujours dîal; Marçais ATA,
toujours diâl, mais id. Gr. Tlemcen p. 167, dyal; Kampff-
meyer, diyâl, MSOS YI, ii p. 43 n. 2 et p. 2, diâl; Socin
A DM, diyâl, comme Kampffmeyer Texte aus Fes, MSOS
XII, II p. 7 et passim, mais ib. p. 13,9, p. 15,6, diâl;
Doutté TAO p. 35 n. 196, diyâl, dyâl. La seconde syl-
labe est donc longue, mais à l'origine elle ne l'était pas.
L'étymologie en est la même que dans le mot précèdent,
Brockelmann o. 1. I p. 315 qui écrit dîyâl. A Tanger comme
à Tlemcen, diâl ne s'emploie qu'avec les pronoms; avec
les noms, on se sert de d. A Fez, diâl s'emploie avec les
noms aussi bien qu'avec les pronoms; il en est de môme
dans le langage des vieux Algérois. Je cite ici Alfred Bel
dans le J. As. Sept.-Oct. 1913 p. 391 n.' 1.
On sait que Kampflfmeyer, ZDMG 54 p. 624 et ss., veut
453
que le relatif maghribin di provienne de l'Arabie du Sud.
Il a peut-être raison. Cela doit alors aussi être le cas des
possessifs diyâli, le mien, etc. Nôldeke Beitrâge I p. 137
trouve que l'a long est embarrassant dans la forme arabe,
mais cet â a pu se produire sous la pression de l'accent,
par l'isbâ^ Il approuve plus tard, Beitrâge II p. 239, l'iden-
tification de Kampiïmeyer de diyâ avec l'éthiop. ti^, en
admettant que la graphie avec a bref est erronée et qu'elle
a dû être originairement longue. On observera que l'a est
aussi longue dans l'éthiop. kîyâ<kîyât, voir p. 457 shv.
Marçais dit, Gr. Tlemcen p. 164, n. 3, à propos „des trois
particules de possession" dî, dyâl et ntâ^ que le premier
des deux mots qu'elles mettent en rapport doit généralement
être déterminé. Mais cela n'est pas. le cas dans nne phrase
telle que hâdi dâr ntâ'^al-qâde ou del-qâde ou diyâl
el-qâde, celle-ci est une maison du qâdi. D'après Marçais,
wâhded-dâr ntâ'^al-qâde est une maison du g., et alors
ou ne saurait exprimer la susdite phrase que par hâdi
wâhded-dâr, ce qui me paraît douteux. Dans le Sud,
^s'Lii oi> ,b 3l\^ est celle-ci est une maison du juge, mais
^L^ oi:> ^Lv!! -sÀ^, cette maison est au juge; la différence
n'est pas grande, mais la nuance y est.
8° 'i^, nom. qualit. de ^(^c:, chose > ^^j^. PI. ollxi. Cor-
porations de Damas dans vol. II p. 30 et u. du Congrès de
Leide (t. à part): s^IslS ^^\ éQà .UCJî o"^^! l\:>! u.>^oLo bî .
yJt}\ (o^b !) oL^ J^ ^3w ^ji&j\ ^, si tu rencontres un des
membres de la Corporation, garde-toi bien de le contrarier,
e?itends-toi, au contraire, avec lui sur les choses (à manger(
d'un autre (si tu ne peux lui rien donner).
Eu annexion, sît: sîtak, selon la règle Prov. et Dict. Gl.
sv. Oy^. ^j^ c;Arvy! f*A^, cette maison est à moi, Damas, expliqué
par (cLo', V. ici p. 449. dU-ui ^^..^JL^ »JÎ iA^j i^^, qui témoigne
454
que cette perle est à toi? Littmann Modem arabic Taies I
p. 112, 12. Usité surtout à Damas et au Nord de là; Ostrup
Contes pp. 78; 96; 104; 137 et 159, et en Palestine, Bauer
0.1. p. ^\:) et p. 70; Lôhr o. 1. p. 12 écrit sêt; Spoer o. 1.
§ 13 et § 15, shait; Fourrière o. 1. p. 215, saiti, le mien,
la mienne. Bauer donne le pluriel.sey y ût < probablement
seyyât. Chez Littmann o. 1., nous trouvons p. 104,17:
Làj^^ uW^ i}-^ '^^ , lie les selles sur nos chevaux = selle
nos chevaux; ib. p. -6,4: ^I-jIjj o>-^ j;4^yJ' oJi:^ Ij', c'est
moi qui ai tué les gardiens de tes filles; ib. p. 50, 11: U*yJb
j.viJÎ o^tv^ '-î^Vj J6 ^w^" '>''^^6ts ses effets de 7iuit, et ib. p. 135
23: (j*^! '•^ytA t_5"^[î'j ^^-^ effets d'habillement. Brockelmann
0.1. p. 316 a aussi le pluriel suwùt, que je ne connais pas.
Le mot sît existe bien aussi dans le Sud, mais, dans
cet emploi, c'est' là iwnis^ propr. ta chose ou to7i chose. Aussi
en mehri: quss sith, il lui coupa le pénis = Mr. qata''
zubbuh, SAE IV p. 127, n.; ib. p. 134,13; Bittner St.
mehri Vi p. 44 § 10 et V m p. 24, Le vrai sens se trouve
dans la phrase mehrite, ib. V, ii p. 34 § 31: hôm mar-
kàb... ukallhem msi^ dâ vfnzîr, je veux un bateau...
et toute chose provenant de la propriété du loezîr. Bittner ib.
V III p. 44 le compare justement avec JLo < 'wo + J. En slj.,
sît est derrière^ propr. ta {ton) chose, Bittner St. sh. I p. 35.
C'est, comme en mehri sît, pénis., un euphémisme. Voir le
même emploi euphémique sub ^i, ici p. 458. Lorsque Bittner
St. mehri V m p. 18 en bas identifie sît à n*^, ^^^, o^-^l,
vhv., il a certainement tort, car ce sont là deux mots tota-
lement différents quant à l'étymologie.
9° od*::-, Goldziher ZDMG, 35 p. 522, où exemples.
10° bo^. chose; pi ollï; qîtak, ta chose. Syrie, Haurân,
455
''Anazeh et Palestine. Corporation de Damas, o. 1. t. à p.
p. 30 n. Dans le récit ^anazite d'el-Hôtrôbî, il y a ce passage:
u'^azam rab'^u hakk el-leyle, wasbahu 'andu la
es-siibëh; kullan h a cl gîyâtuh uràuwahom "al a
h a 1 h 0 m , et il invita ce soir-là ses contribules; on resta chez lui
jusqu'au matin, chacun prit ses choses, et ils rentrèrent auprès
de leurs familles, ma Langue des Bédouins "Anazeh p. 2, 34.
A Naplouse, j'ai entendu ol^, mais là le ^ devient toujours
é, comme souvent aussi dans le Haurân et toujours aussi
dans la ville de Burdên en Egypte et ses alentours. L'on
ne saurait en conclure, d'une façon absolue, que ce soit là le
même mot que le suivant. Musil o. 1 p. 182,6: àtar ènni
dafa^et leyk hal-qeyyât, win kân bintak qau-
tarat ''an ni, c'est que je t'ai à présent payé ces choses-là,
mais si ta fille s'en va de chez moi (tu paieras le double);
ib. 1. 18: win kân enet gurt bi'^àwërti ') atar enni
àljed "awérti minnak wente matrùb el-yad "an
giyyâtak, et si tu maltraites ma fille, je te la repren-
drai, et tu auras perdu tes choses. Meissner NAGI XXVI:
raen gei, masc; m en geiye, fém., et ib. p. 140: geiyi,
geyti = mâli, mâlti.
Dans un récit du Haurân méridional, il y a un amîr
el-"Arab du Negd qui avait surpris sa femme endormie
dans les bras d'un Higâzite, tous les deux renommés pour
leur générosité. Le mari et sa femme se mettent d'accord
pour divorcer à l'amiable. Elle devait à cet effet dire devant
des témoins: Ent, ya râgeli, y a fui an, tara nefsi
tâbet mink -); mâr tallèqni uàni b a ri y a fiilân
el-fiilâni. Gàllha: y a h or rai, wes ràdiyan ^) "aleyË
») = Sud «j^*^5 femme, vhv.
2) Expliqué par iqtàma"^at m i n k ou sibi'at inink.
') Sur (J.C IAc, voir sub ;__cAc.
456
min hugûgil^ ta tatlobîn et-talâg? Galet: watia,
ya râgeli, ma sâiran "alèy sîn ') reyr in kebdi
tâb mink. Gâl: wês ^alèy-), mâr ishadu, ya ^arab,
tarànneha ^) tâliqi, arîd giyâti illi dafa'^tha hîn
el-^agëd. Galluh ez-zlème (ou ezzlèmme) illi nàh-
batuh el-hôrmi min el-^arab: ibsir bigiyatak,
bâkir tesûghin min el-marâhi^) gabl yimudd et-
tars, „toi, mon homme (= mari), un tel! C'est qu'à présent
j'en ai assez de toi, allons! répudie-moi, car je veux d'un
tel xjour mari". Il répondit: „Femme, que s'est-il passé à ton
égard que tu demandes le divorce?" — Elle répliqua: „Par
Dieic, mon homme, il ne m'est rien arrivé, si- ce n'est que
j'en ai assez de toi". Il dit: y,N' importe! Allons! Témoignez
donc vous autres Arabes: c'est qu'elle est divorcée; je veux les
choses que j'ai payées lors dît contrat de mariage". L'homme
paryni les Arabes que la femme avait choisi dit alors: „Tu
auras tes choses! demain matin tu les mèneras de mon enclos
avant que les bestiaux se rendent au pâturage" '"). C'est le
-) Expliqué par un daraascène par su h\^-À,'\\, .qiC est-ce que cela
fait^ïégyi)t. ma "^aleyhs > ma les.
^) Le séli luiurânien écrivit lui-même Lp J' = Lii! y".
*) (_ç^y' expliqué par u*'J^' ^rV^5 voir p-y>-
^) Voici la grapLie arabe de ce petit récit: rC^ ii (i^'î ^- -^^^
Jis .^j^^Lài! ^^^li iLçcL (|^!)'j5^ J^^^ J^ ,d^J.vc ^lIj ^^-^v^ij !j
e?A_«-5' ^! ^ S^J^i ^Js: ( jjLjo =) Î-jLo L* J^Î, Ij ^JJÎj c^Jï
Q-. ii-*ji^ s:kj^ t_5^' ^j-^' ^ S^ • *-^-^î tjV> '-r^^*-'^ ij^^' jQs
457
yigâzite qui restitue les choses, probablement des chameaux,
payées au père de la femme par l'amîr el-'arab. Ici oLiï,
> oLï, fut expliqué par olLi. Si ce mot n'est pas le même
que le suivant, je ne saurais en expliquer la provenance.
Le q peut bien devenir k, comme je l'ai dit Arabica III
p. 95 et ss,, mais je ne sais si le k peut devenir q.
11° iLly, pi. olJy, chose. Je n'ai jamais entendu le sin-
gulier, dont l'existence est douteuse. ksCs ^%A_^Jt S^A*^, cette
maison est à lui, Syrie. -3,^ ^^.^ o^ A^\ *.'^ A3-, ôte tes
choses d'ici et 'va-t'e?i, Syrie, où le Libanais dirait tî)^J^Ljo
vhv. L'origine de ce mot pourrait bien être rapprochée de
l'éthiop. kîyât, réduit à kîyâ, sur lequel voyez Dillmann
*Gr.^ p. 110 et p. 303, Trumpp Ûber den Accent im Aethiop.
p. 549, Chaire, Gr. éthiop. p. 130. La différence de l'emploi
en éthiop. ne saurait constituer une objection contre l'identité
des deux mots. C'est bien, à l'origine, le démonstratif k,
devenu nom. qualit., de même que c>y^ < i^, LA et Lane
sv., Fleischer, Kl. Schriften I p. 480, Nôldeke Beitrâge I
p. 14 n. 6, A Fischer ZDMG 58 p. 873 et s. Dillmann
veut p. 110 que ïtJP signifie primitivement „Selbstheit" , mais
cela est bien sujet à caution. Si kîyât est = l'éth. kîyât,
nous aurions' ici la forme pleine conservée, (Jl^î iOJtj.
12° J'-o, < Lo + J, ce qui (est) à; même formation que Jjo,
vhv. RO pp. 27, 28 et 79; RD II p. 107; Meissner A AGI
p. XXVIII et p. 144, qui donne aussi le fém. iLiU», pi. o"i5Lc;
Weissbach Irak-Arab. p. 36. 9, gilîb mal miltar, mi puits
d'emi de pluie (et non oasis). Sur la locution dUL«, etc., voir
Prov. et Dict. p. 21 et s. C'est là un des mots les plus
anciens comme composé, offrant le môme intérêt et la même
analogie de formation que le verbe ^_^IjÎ ^.
458
Cette construction est aussi passée au persan, où JLo joue
le même rôle pour traduire un génitif absolu, Chodzko Gr.
persane p. 95 et s. J'ignore à quelle époque cet emprunt
a eu lieu.
13° éjji est surtout usité dans l'Afrique du Nord, Ler-
chundi p. 126; Stumme T. Gr. p. 103; id. MGT p. 269
§ 155; Farina Gr. p. 352; devenu emtâ^ Lerchundi pp. 27, 57
et 126, et enta", sur le quel voyez Doutté TAO p. 35,
Marçais Gr. Tl. p; 204, Bel Djâzya p. 102. Kampffmeyer,
MSOS VI II p. 46, donne pour la campagne de Sâwia la
forme tàS fém. tâH, comme en Algérie.
Selon l'opinion de mes confrères, on aurait donc le déve-
loppement suivant:
c I ^bo > glj- > ii-
tandis que je l'établis ainsi :
^ > ;;Lo" > cUo, avec métathèse, > ^Ll« > ^Ui > p^j > 'j. Ici
^Lco coïncide avec le substantif bien connu ?Lj^, propriété,
qui a aussi pu amener, par contamination, cette forme, mais,
pour être franc, je n'en suis pas absolument persuadé. En
tout cas, je trouve que j^', ^Lo" et ^Uj font bande à part
et qu'il est douteux que çLiLxi soit une variation de ?Ljo.
On se prononcera.
14° ^. Nôldeke, Beitrâge II p. 119 et s., a une disserta-
tion fort intéressante, avec force d'exemples, sur le mot
classique ^^, chose, Bing, qu'il croyait perdu. El-(jrauharî sv.
dit: A^ (j:! liU.^ \<S.9 J^ëJ c^^ ^Jaa^ 'ïJjS iuii' ^.
Cela est reproduit par I. el-Atîr, Nihâyah sv., et LA sv.
Ce mot se rencontre souvent dans les Traditions, Nihâyah
sv. et el-Fâ'iq II p. 331: >" ^ -sJjS _^9^ ^\ ^^Jjs b;^!
;j/^_;-:> ,^,-Ji. Il était encore vivant au temps d'el-(jrawâlîqî
(+ 539 ou 540), qui désapprouve la forme populaire (3-^,
459
Morgenl. Forschungon p. 151, iJ = Nôldeke o, 1. p. 120, mais
en-Nih;iyah dit que ^9 et ^? sont également bons et que
c'est un iij-^3i ^ J.'j) JtjJjj ^-,'vvL) »^jù' ^ ^^^c'^^' o^ ^^
50^x^3 iiiaà^, ce qui a été copié par LA XX p. 246, 7. Quel-
ques grammairiens ont même soutenu que ^^ est primaire,
LA XX p. 24'6, 5. C'est donc comme nous disons chose^
(masculin), machin et machine, en allem. Bing ou Dings^ par
métonymie, 'inJjS-, il correspond parfaitement à l'italien coso
et au syrien su ismu et au mésopot. sismâh: gibli
hâda si s mil h, apporte-moi ce machin-là, das Ding da,
Meissner NAGI p. XVII. C'est probablement un composé
de deux. démonstratifs » et ^^: (que) voilà, ecce, illuc. A l'ori-
gine, c'était probablement un appel ou une exclamation,
comme hâlak = JL*j", viens ici, des Bédouins d'el-Mohâ" et
de Zebîd. Plus tard, ce mot est venu à signifier chose. Cela
ressort clairement de Bohârî II p. 141 (K. el-Hagg; B. Qaul
Allah ta'^àlâ el-hagg, etc.) où le Prophète dit à 'Aisah: \-^
n\jûs> \j ^^^i^., qu'est-ce qui te fait pletirer? Sotte que tu es!
selon la traduction de Houdas II p. 506, parce qu'el-Qastal-
lànî III p. 124 lui donne le sens de ^L^JLj, mais celui-ci dit
aussi que cela peut signifier ^,0^9 L. Dans en-Nihâyah, il n'y
a que ce dernier sens, avec le voyellement «Ucj..? et ■^\jLkJ>\
voir 400. Boh. II p. 160, 5 d'en bas == Qastall. III p. 207,
oià îsUlIp L = -sÀ^ b. Hiz. el-Adab I p. 181,9: iU-U «L;.^^^
icliliitj i\sL^\ lX^c ^^ôJiJ>\ J. "iiit J^oLwj ^*) J^-^^! comme le
comment, apud de Slane Diw. d'Amrul-Qays p. 118, 15 d'en bas.
Dans la -Haute-Egypte, j'ai souvent entendu hanti, hantik,
mon machin, ton machin, dans un sens naturaliste (mais
460
nullement obscène). Spitta, Gr. p. 264, enregistre le même
sens. C'est en analogie avec sît<iL^, voir ici p. 453. La
lurah connaît aussi ^^, pénis, K. el-Arânî II p. 72, 5 d'en
bas: i>JJ> ^i i_c^!i, il 7nit la main sur son pénis; c'est même
appliqué à la vulve, LA XX p. 242, 9, 10; ib. XVII p. 390,
3 d'en bas. El-(jauharî sv. a deux exemples de j^^, pénis,
= ^J^. Une expression à peu près analogue se trouve chez
ÎSIaswân 0. 1. p. 18, à propos du gouverneur du Qaysar des
Byzantins. Le gouverneur répondit à Gid^ b. Sinân el-Azdî,
lorsque celui-ci lui avait remis son sabre en signe de son
bon. vouloir de payer l'impôt exigé des Azd: \ÔS j. !À-^ po
eûî ^^. Cette réponse inconvenante et sale était trop forte
pour le chaste chef aveugle des Azd; il tira son sabre du
fourreau et tua le gouverneur. La même histoire se ht dans
el-Hazragî Hist. of the Resûlîyy dynasty vol. IV p. 14
avec la variante: dCs! ^^^ )SS», îa/ J. ^Juo.! :Jw<i'LJtJ! Jjls.
Même tournure avec ^Sf dans le Tabaq. d'el-(jrumaln éd. Hell
p. 83 en bas. Meyd. Prov. Boùlâq II p. 138, 10 d'en bas =
Muzhir I p. 240, porte '^LX^ U^s ii->-^., une petite fiole, où il
y avait du ïljlj:, dont le sens m'échappe, à moins que ce
soit<^UP, poix liquide^). Le diminutif est '^^-^^ ou 'iL^-^,
peu de chose, petite chose, Boh. V p. 130. I Sîdah XVII p.
88, 5 d'en bas veut que le t de ^j^i^ soit ^[^\ ^^ Jjo. Ne
pouvant m'engager ici dans une discussion sur ce mot, je
renvois à Fischer ZDMG 58 p. 893, où beaucoup de réfé-
rences, et à Nôldeke Beitriige II p. 119 et s.
^ n'a pas disparu des dialectes. Nous le trouvons dans
celui de Waddây, oii il est d'un emploi général pour para-
phraser le génitif de possession, à l'instar des mots précédents.
') Freytag Prov. ne Ta pas traduit.
461
Carbon donne p. 14 le schéma snivant: hanaï, de moi,
mon; hanak, de toi, ton; hanahn, de lui, son; hanahe;
pi. hanana, hanaku, hanahn m. Dans une note ib., il
se demande s'il ne faut pas écrire en arabe Ui, au lieu de
^ qu'il a déjà donné comme original. Kelb hanaï, mon
chien, mera hanak, ta femme, p. 3 4, avec d'autres exem-
ples, oià le substantif est toujours sans l'article. El-feres
dih hanaï, cette jument est à moi, p. 16, mais el-feres
dih feres hanaï, cette jument est la mienne ib., où d'au-
tres exemples. Da kitâb hana Mohammed, c'est le livre
de M. p. 30, ou plutôt c'est là un livre de M. N as hana
Waddâï, les Ouadaïens p. 37 = ,^b3 oi.-> (j^lj dt. et ^
;,%Jt ^^^-^ ou ;pLjo« ailleurs, gens de W. En-nissâb dôla
c
C
hana yâthu, à qui appartientient ces flèches-là p. 45, et ib.
el-mùs da hana miné? — hâna fulân, à qui est ce
rasoir? — à un tel, p. 45, oi^i le second hâna doit être une
faute d'impression. Qetel el-rezâlâya be bunduq hana
yâthu, à qui appartient le fusil avec lequel il a tué la
gazelle? p. 46, et ib. qetelha be bunduq hana el-'asker,
il Va tuée avec le fusil du tirailleur. Hana yâthu, ^^
_^-£J"Lj 1), à qui est? p. 69. Merâ hana ""ommi, la femme
de mon oncle, ib. Mektûb hana el-kursi men Waddaï,
la lettre de l'envoyé de W., ib. Hanaï ana = léï an a, à
moi, p. 70; hanaku intu^léku intu, à vous, etc.. ib,
Merîsé hana nesâra, (j:>L^J ^^ i^^^i), vin, p. 201.
Dans Rabah, je relève ces phrases: wain bet ana-)
sultan, quelle est la case du chef? p. 56, ou plutôt où est
la case du chef? Ana nas chunu harba da, c? qui est
cette sagaie? ib. An hu, c'est à lui, ib. Kalli sekin da;
sekin aney, laisse ce couteau; il est à moi = îô (j-oCw ^c^i
') La graphie arabe est de Carbon.
■^) Le Dr. Decorse, on sa qualité de français, n'entend pas. le h.
462
^__e^^!<^ ^.-v-<->*. On observera que dans ces phrases également
le substantif n'a pas d'article.
Carbou dit p. 69 note que l'on peut souvent ne pas
employer hana, et que „ce mot est toutefois d'un usage
constant chez les populations non arabes". Veut-il par là
dire que ces populations ne sont pas d'origine arabe, mais
qu'elles ont adopté la langue arabe?
On a pu constater que hana est invariable au singulier
et au pluriel, et que la voyelle finale est a, ^] je ne crois
pas que ce soit Ll^; en tout cas, la finale serait a dans la
plupart des combinaisons; il n'y a que lorsqu'il est suivi
de suffixes que la prononciation serait incertaine: hanâM,
h a n â k etc., mais le a n e y de Rabah semble exclure la
longue.
Le livre de Carbou offre du reste plusieurs exemples de
la conservation d'une voyelle finale, ainsi que les documents
rais en lumière par Kampffmeyer de l'Afrique équatoriale,
Materialien zum Stud., etc. Ce sont de précieuses épaves de
rrrâb, qui a certainement dû exister jadis tel que nous le
trouvons dans la lurah. Si l'on fouille bien tous les dialectes
arabes, on y trouvera encore, non seulement une bonne partie
du vocabulaire, mais aussi plus d'une fois la confirmation
de la morphologie et de la syntaxe de la langue arabe
ancienne, qui constitue à mes yeux un des plus grandioses
monuments du langage humain.
15° La préposition J sert aussi à paraphraser, dans le
dialecte syrien, la possession, mais seulement dans certains
cas. Sur cela, voyez Ronzevalle ZDMG 63 p. 824 et ib
A. Fischer p. 825, qui renvoie à mon livre Prov. et Dict
p. 189,5 et p. 217,1. Bint lis-suItân, une fille du sul
tan = bint min banât es-sultân, Meissner N A G I p
XXVI, 23, car bint es-sultân serait la fille du sultan
463
16° On pourra aussi ajouter l'égyptien bU:>, p. e. ^Aàc io:^
ou iULxj ii-i-^, thei7- Street, their quarter, Sjnro sv.; voir
ici sub iiLiJ>.
^à.^, u, mettre le w«Ji-=> dmis la cafetière ^^ wol^, 1079;
10S7. — Garder, protéger, 1087 n., prononciation pour ^j,^
= hagab? Plusieurs mots de cette racine, dans la lurah,
me paraissent provenir de u^ac: -<;=; cf. Barth ESt. p. 25.
w^fir> = w-^ij.^, mettre le ^^^.=> datis la cafetière., — v^-a-=>,
café eti poudre, 58,21; 1087.
»,,,*Ji;>, pi. *_jUi:=> < ^_jLa=>, sangle qui retient le bât par devant,
562 (dessin N° 4); 1142; Fiqh el-lurah p. 260; RD Gl. sv.;
aussi dans le Nord, Socin Diw. I p. 287; Musil o. 1. p. 264;
Hess Bemerk. zu Doughty's Travels p. 10. Celle de derrière
s'appelle iu^-c vhv. et dans le Nord ^J■^•
'iU&> a le sens de village, peut-être aussi de territoire, dans
le Sud. El-Haqbah est un pays indépendant ou presque,
au nord de Harîb, Arabica V p. 70; Index sv. p. 1811. En
sh. hôqub, hameau, Bsh. I p. 26, oii il le compare avec
o 3
l'arabe x<Ji=>, tranquillité, mais cela est bien loin, et il faut
plutôt le faire venir de V~'^^=>, apparentée àj.fi:>, ^^^=>,
oj.=>, etc. et y voir le sens d'entourer, enclore. Voir sub ,;^.a=>.
i_jLii:> = ,^,*jj:>, sangle, courant; pi. iCxii=>!.
tL>.a=>, jument qui a des raies blanches aux pieds de derrière.
RO p. 242 en bas; Vollers ZDMG 49 p. 509, qui renvoie
cà Geyer WZKM V p. 167.
LoJis>, honte, 482, 13, mais je ne saurais préciser la nuance
exacte du mot.
464
w^à^, 58,21; expliqué 1087.
iOJj:s^, V endroit où l'on met le ',..^^JL=> derrière le bât; aussi
dans le Negd du Nord. Cf. V^yc^.
oVÎ:>, Li, > Ckâ=>, se rappeler, 1183, J^, Hclr., Dt. et tout le
Sud; mais aussi estimer, constater, Arabica V Gl. sv.; et
dans ce sens c'est peut-être un élargissement de]/ oL>. —
S'emporter, ce qui rappelle le sens classique; RO § 262.
L\ïb>, qui se rappelle, se souvenant, 1183, = ^^'j vhv.
t>i>!, qiii a le cou tordu, Arabica V p. 90 n. 2.
^.Jàh^, grotte, caverne, excavation dans le flanc de la mon-
tagne, voir mon long article ad hoc sur le ,^U=>'b5! ,joJ Hdr.
p. 148 et ss. I Sîdah dit ^>ii>_^ xo J.i>j ^-C3j./i Ji, LA sv.
Dans la lurah c'est bande de sable, comme chez Labîd N° XL
V. 26, oià grotte, caverne ne convient pas. Vollers Mutalamm.
p. 51 V. 6. RD I p. 79 n. 5, oij = iLJÂ^, colline de sable;
cf. Hdr. p. 149 n. 2. Dans le Sud, je n'ai jamais observé ce
sens. On aurait lu dans une inscription himyarite ^^ c<iy> Lil
^Lft^^S oia^ i3S^*oiî, ce que D. H. Mûller, Sùd-arab. St.
p. 142 traduit par „ich bin M. b. Q., der durchwandert die
ahqâf [sandige Wûstensteppen)" . Dans l'Encyclop. de l'Islam I
p. 187, il est dit „que les Arabes appliquent cette appellation
au grand désert sablonneux de l'Arabie du Sud". A présent,
le grand désert entre l'Arabie du Sud et la Yamâmah du
Nord a le nom de JJLii ^j ou ^^LJ! ^., vhv., et quant
aux oLaj>!, on voit dans I.Tdr. p. 148 et ss. ce que c'est.
Cf. ^T\, pi. ^l.;in, FelsenUûfte, Schluchten, cavernes,- ravins,
Ges.-Buhl sv., et ^=>, terrain arro?idi, LA s.v. j.1^1.
465
o -
'xAJL:>, caverne, aussi en Lybie; ce sens ressort clairement du
passage chez M. Hartmann LL W p. 145 N° 75 v. 6 oià = b.Ljw.
'iUoJi=>, petite excavatio7i dans le rocher oîi l'eau se collecte,
Dt. — Il y a probablement parenté entre ^^JljLs> et vjl_:>
.et wft's, voir les dictionnaires, ainsi qu'avec V~yi=>, vhv.
_Âa:>î, qui a le clos voûté, Hdr. p. 150.
Qi2>, u, faire passer le lait dans l'outre, 1749 n. 1. C'est là
à peu près la définition des dictionnaires de la lurah, LA
XVI p. 282 en bas. Naqâid Gl. sv.
^^=>, babeurre, 61, 14, 15, 17; 1749 n. — Crème, au Yéman.
RO p. 413 N° 162 donne Jy^, Buttermasse, butijrine.
^^LjLs^, expliqué 1749 n.
_^it> <jf^=>, taille du corps, 281. ii)yi=>, ta taille, masc, 1026, 5
d'en bas; (j*>ii:>, ta taille, fém., 327, 2 d'en bas; = ;ca^ Hdr.
vhv. Même sens au Yéman, Stace p. 182, et chez les Qahtân
du Nord, Hess Bemerkungen p. 10. Mehri lu'iqou <haqu =
éthiop. dï$ , lumbus ; Jahn SAE III p. 191 écrit à tort l.iakou.
Chez Musil o. 1. p. 163, ceinture en cuir, comme aussi chez
Socin Diw. Gl. sv. . Cl. Siussi pagne, B?iuei' Ehe p. 92. Barth Etym.
St. p. 61 compare ce mot avec p"'n, seiti. Il y a aussi un autre
jji^, pi. qÎ^ï^, fesse, RO p. 354, 10 et n. 3, où haqwôh est
un duel. Ce n'est pas une altération de _^*:> ou _>.« vhvs. Ce
. sens de fesse est une application du sens primaire du thème.
_^ est une métathèse de V oy>, vhv. Le verbe \J=>, u,
est dénominatif. Cf. w*.Ji.^ et oiii^^, vhvs. 11 y a aussi le
30
466
verbe ^J:^^, i, retetiir, barrer le chemin à qn., suédois mota,
comme RO p. 21: "alo hOqyu "at-tôr, ohé! retenez le
boeuf, bm'rez-lui le chemin. Le V~y> a donné plusieurs
élargissements. D'un côté, nous avons oy>, ^>, lJ^>, <Jy>
\!}y>, Jy>, j.y>, (^_^=>, p. 530, vhvs., et de l'autre, par 3 > lJ, v_â:>,
vhv., et ses dérivés. js=> serait donc pourtour se rapportant
à la rondeur des fesses. L'hébreu p^n ou p'',n, taille, et en-
suite = l'arabe v^> vhv., a encore conservé le sens primaire.
Jin, entourer, décrire un cercle.^ et Jin, cercle^ périphérie. V. ici
p. 353. Ici Barth Et. St. p. 61 a vu clair, de même que Ges.-Buhl
sv. pTl. Buhl renvoie pour pin à ppn, ce qui n'est pas juste,
quant à l'étymologie, car ce verbe veut dire: eingraben^ gra-
ver; schreiben, écrire et se rapporte peut-être de loin à
ppn. Cf. ici sub &_ïi^:> p. 520. Un horizont étendu s'ouvre ici
pour l'histoire de l'écriture. Si ou>, droit, vient de ppn, npn,
inscidpere, exsculpere > écrire, comme ypàcpsiv , égratigner,
graver > écrire (obs. les graffiti, ma LA p. 8), c'est que
c'est une réminiscence du vieux temps où les droits, comme
les devoirs, de l'homme, c'est à dire les lois ^*a^ = nipn
étaient gravées sur la pierre, comme sur le stèle de Ham-
murapi, ou sur des tablettes en terre cuite, avec des ronds
et des lignes. Mes Bédouins "Anazeh, voulant déchiffrer la lettre
du Pacha de Damas, ce que j'ai rapporté sub icï|^ p. 520/1,
avaient donc la même impression que les anciens illettrés,
lorsqu'ils voyaient devant eux „ces cercles et ces lignes".
L'hébreu a ici mieux que l'arabe conservé le sens primitif.
On comparera >-^ vhv. et 2îin, tailler, inciser, avec l'éthiop.,
Ges.-Buhl sv.
JC^
tiL>, u, est dans notre dialecte gratter, RO § 39 et p. 349
n. 3, mais non pas démanger, ce qui s'y dit ^J:J^ vhv., tandis
467
qu'au Yéraan et en 'Oman c'est aussi démanger, 1381; les
deux sens de tîL>, aussi en Syrie et en suédois, (klia). El-
Harîrî, Durrat Cstpl. 1299 p. 80, reprouve l'emploi intr.
impers., mais son commentateur el-Hafâgî ib. p. 173 le défend
comme étant figuré. Il est du reste ancien, car LA le con-
sidère aussi comme une faute. Nôldeke Beitrâge IL p. 71.
RO p. 275 en bas: f. gâit-no (1. lo) hakke u gemî'
h a r î m 0 y h û k g 1 1 o i 1 î n t o ' b e n u d î k 1 - h a k k e h a-
tûbred, ma b or dit, un tel eut une démangeaison, et toutes
ses femmes se mirent à le gratter jusqu'à ce qu'elles fassent
fatiguées et que la démangeaison se calmât, mais elle ne se calma
point. Ib. p. 181, 8: hamhu harîmo yhûkkèllo-yithâ-
mes, vhv., dâhro, pourquoi les femmes ïe grattent-elles?
Parce que le dos lui démmige '). Cf. J^f-, 1380 et s.
Le verbe classique ié)^;c>, i, trottiner, I. el-Qût. p. 216, 15,
et gratter, racler, LA sv., Dozy S. sv., doit être une forme
altérée de i^;o>t, comme .x:>, < yj>!, s'emporter, AyS <iiXxs!, 1029,
oii d'autres exemples, parce que yif'àll est souvent aussi pro-
noncé yif'al, voir ici sub «ji" . Cette confusion avec yiftàll
a produit plusieurs formes verbales JJo ainsi altérées < ^:ot, —
iO0>, grattage, et en "Oman, aussi démangeaison, RO § 26
1. 5 d'en bas. — Sur le sens primaire de V~A'::^ et les thèmes
dérivés, voir Fleischer apud Delitzsch Jesaia p. 132 n. et id.
apud Levy NHChAVB II p. 204.
X>, arranger, apprêter, ordonner, faire une chose avec soin.
^LJJ ^iûc ^:> , apprête-toi pour le voyage, Dt. M. el-M. donne
') Lorsqu'une fois chez moi, j'eus une démangeaison dans le dos, les
deux Dat'mois que j'avais amenés avec moi en Europe me disaient:
^Mo liki ^J;^.J^L^^. iik.*jj=> jE *i , va, laisse tes femmes te gratter te «/os,
ce qui a beaucoui) fait rire mon liarîm!
468
a peu près le même sens pour yC:> (dialectal): »u2j.>i:^ xJle oui=>.
Cela est parfaitement en harmonie avec le sens primordial
de ce thème; voir Fleischer dans les deux ouvrages précités.
Le sens tunisien, rapporté par Sturame T. Gr. Gl. sv. hak-
kar, être d'avis de; penser, estimer, trouve aussi par cela
son explication naturelle.
Le sens d'accaparer et d'affermer, "iDÇl, n'est point connu
dans notre dialecte. On y dit (j*^-^=> ou u*-y^' et ^L vhv.
Etre chiche, aussi courant en ^Omân :=X^', RO p. 248,7.
^^ est rendre étroit chez Hartmann LL W p. 104, 6 d'en bas.
^j_3C^-, fém. iy-C>, chiche, RO p. 63,5. LA VIII p. 176,7
donne -jC:> Jc>-. ==^Ji^5c>==_ys^^— ia.yC=>, chicheté, RO p.
215,15.
Les dictionnaires de la lurah n'ont ici enregistré que des sens
secondaires. Cf. ^ji>Jv>, réunir des objets, Qâm., Belot, M. et M.
sv. < l/"~,jij> + iji/. Le sens syrien de ^ci-^, farfouiller,
bouleverser en fouillant, est plutôt une métathèse de iiUx:>, vhv.,
,j*^<:>, boiter, Hogarîeh. — ij^^Jo-!, boiteux, Hogarîeh.
yiJc>, voir sub X>.
j»Xx=>!, avoir le sens commun, 170 n.
j«iS, arbitre, juge, Arabica V p. 138, 12 d'en bas. Lammens
Berceau p. 257 et ss. et p. 370. Sams el-'Ulûm p. 27:
»^\ ^ îtk=> yjuti ,i\ju &i]î Jo ^Ul J»îl:5?Jf, et ib. p. 12 (com-
ment.) fX^\ v^» expliqué 1752 et s. Rasîd 'Atîyah dans
son JvpoJî^ L'^lj^î lJoU ^t JyJ^t p. 108 donne la descrip-
469
tion de ce jeu. Il dit que *x:> vient ici de iù^*i2J x*<>=ioLa!;
je ne le crois pas. Ce jeu fut exécuté par deux „ professeurs
es hakam" devant les deux fils du roi Oscar de Suède, en
ma présence, à Damas, au printemps 1885.
0 5 ù
(*Jc>, permission, autorisation, = Nord (^ôl, très courant en
Dt. et en Hdr. - i^oUJ! 'iUii^\, la sagesse yémaiiite, 956;
1784. On prononce hukmah dans le Sud.
^pC>, i, parler, n'est pas employé dans notre dialecte, mais
il y est connu, et les poètes l'emploient, 326, 1 et 8, oii il me
fut expliqué par .^^ ou ^^^J-s vhvs.; courant au Waddây,
Carbou p. 172. Ce sens de parler est du reste postclassique,
ainsi qu'il ressort de l'article si intéressant et si nourri de
Macdonald dans l'Encyclop. de l'Islam sv. Hikâya. ^i^
est originairement être ressemblant, imiter. Ce sens se trouve
encore dans le Nord, Dalman PD p. 246, 1, où inactement
traduit, et dans le Sud, où |V'L=> est imiter. RO p. 228, 10:
f. hâkâni wene m h à k ai, un tel m'a imité, et je suis, moi,
l'imité. Ib. autre exemple.. Enteh tehâkîni kulle sâ^ah
usa^h kalâmi bil-fransîs da^îf bil-marra, tu me con-
trefais à chaque moment, mais c'est que mon parler en français
est tout à fait faible, me dit mon Datînois voulant s'éver-
tuer à parler français. L'arabe du Nord aurait ici dit i>>
pour *^b'. Sans l'étude des dialectes, on n'arrivera jamais à
connaître la langue classique, et vice versa. Un jôù! = j_^=>!
n'existe pas, et si Nôldeke ZA XX.XI p. 226 et n. 3 croit
l'avoir constaté dans le dialecte syrien et celui de Ma'lùlâ,
il n'en est rien, car c'est ici là prothèse, si commune dans
les dialectes syriens et bédouins du Nord; voir ma LB^A
Gl. sv. prothèse. Si c'était un Jjé!, on entendrait quelquefois
j_^jC5^, ce qui n'est pas le cas. Lorsque Nôldeke dit ib. que „les
470
Jotàt ont presque disparu dans la plupart des dialectes mo-
dernes, il est dans l'erreur ; cette forme est au contraire assez
répandue dans toute l'Arabie; mes ouvrages en offrent
quantité d'exemples; voir ma LB^A Gl. sv. Joèî. jC=> est-il
parent du néo-hébr. "pn imiter^ comme le pense Torczyner
ZDMG 70 p. 558? Je ne le crois pas, c'est un autre thème.
jL>, i, u, s'arrêter^ faire halte, camper dans un endroit, expliqué
par Jjj, comme dans les- dictionnaires delà lurah, 39,15; 985,
où UlL>, forme grammaticale classique pour la dialectale UJl:>;
cf. Ijb , 92,6. — Habiter, s^o iu^xj ^ [j^^ j^Uv^'j ^^s M.
3 3 »
habitent tous e?isemble, 1782. — Résoudre, ^.ijâ^! ^ lA^JÇij L
5L\jt«^!, il désire la solution des affaires importantes (pr.
dont la solution est éloignée), 1492. — Tomber sur, attaquer,
«_j, = ^_j Jji, 1117, cf. J.C i}b^ vhv. — iii'^-J! ^L>L>, la bénédiction
est entrée ou descendue dans la maison, se dit dans tout le monde
arabe à un hôte qui arrive. Cela ne doit pas se traduire par der
Segen soll hier einkehreîi, comme le fait Musil o. 1. p. 305
en bas, ni par soyez le bien venu, comme chez Dozy S. d'après
Bc, car la phrase indique que la bénédiction est déjà etitrée
au moment de l'entrée de l'hôte. Le parfait n'est pas ici
optatif. Le Père Lammens, J, As. Jan. — Févr. 1915 p. 148,
le rend aussi exactement par la bénédictioti est descendue (à
la suite de votre arrivée).
j^, temps, moment, Hdr. Gl. sv.; RD Gl. sv.; aussi en
mehri, Jahn Gr. p. 120. ^iU^s^i! J.>, au moment de la mêlée,
V. oU:>. ij-^î J^, au moment de la rébellion. Le syrien
hall + suff., il est temps ]?our ; Teghali, Parler de Kfar
"Abîda p. 79, oîi étyraologie erronée; ma hall + suff., pas
e?icor.e, V. Littmann, Chant de la belle-mère, J. As. 1908 p. 30
note. — U Jo, lorsque, au temps que, 465; 1174 et n. 1; 1546;
contracté en L;:;>, vhv., = U JL:^, U ^^^) vhvs.; KD Gl. sv.
471
J'ai entendu jc>, jw> et J^. — L^ ^ iXi l«, ce n'est pas
encore le moment, 47, 11; cf. Jo U p. 470,4 d'en bas.
jo, solution, voir p. 470, 10.
'Âj>, attaque; descente sur. s„^ULiî ïdL^t ^j ^-^T-^, e^ ils les
attaquent d\ine attaque écrasante, 1 1 17, 8 = ma L B^A p. 59. —
Employé comme adverbe dans le Hogarîeh, ensemble, comme
îs-io, ^Jt-w et 3^ en datînois, vhvs. 'iLl=> _yS>^ oJl c>^=>;,
es-^te a^^e az^ec lui ensemble''^ == dat. 55,50 «ijl^, iccjt o^.
iJb>, dans la locution J^OIJ idCH , 1251 d.l.; 1274 n. 3; 1275 n.;
Hdr. p. 555, ma LB'A pp. 6, 25; 15, 18; 80, 26. Un 'Anazî me
dit que id=» est xo ^^J^•) c^^^^Sî, la tente et tout ce qui est
dedans, ou bien é^y. L« ^\, ce qui ne se meut pas; nous disons
des immeubles dans un autre sens, Hçlr. 1. 1. — Effets^ meubles,
tout le campement enfin, moins les bestiaux et les chevaux.
Locution des Bédouins du Nord, où il y a de grandes tribus no-
mades qui décampent d'un endroit à l'autre. Wetzstein, Z DMG
XXII p. 17, écrit ^^i^^]^ 'â^, vu la constante permutation des
deux voyelles. La lurah a iJb>, vêtement, manteau; Nihâyah
sv., LA XIII p. 174 en bas et le Qâmoûs donnent id^l
y^LJi o>*-j '^cU:>, et cela conviendrait mieux à l'acception
bédouine de ce mot. El-Fâ^'iq, apud de Goeje Tab. Gl., a aussi la
juxtaposition S^^ ^ ^^^ m^iSi^ c'est là autre chose. — Chez
les ^Anazeh, idL>, bât. — Chez Stace p. 167: suit of clothes. —
il:>, quartier d'une ville, 'Oman, pi. J^b>, RO p. 360, 8; ib.
p. 426. N° XXVII'); Rossler MSOS I pp. 77, 12 d'en bas;
') Qu'il faut lire: heijen berabS'ii dammaro llielle -bâkor
flelia wel béra-q ensello. L'avant-dernière voyelle longue des deux
472
78, 3 ; 79, 5 d'en bas. - Village. Rabah p. 54. 1 Sîdah XII p. 51 :
(j*LJ! omj K£U> id:>; cf. ^3^^^ plus bas. Voir p. 471, 6 d'en bas.
S±S>, biens en général, consistant en famille, esclaves et
bestiaux; c'est tout ce qui bouge, ely^^o ^^^1, explication d'un
^Anazî, 427,3; 1092,16; 1251 d.l.; 1270 d.l.; 1274 n. 3;
1275 n.; Arabica V p. 157; Socin Diw. Gl. sv.; RD Gl. sv.
C'est le latin familict, plus les animaux. ^,JLc J^l î-rvv ^Js^
^^^b> c>c>Lj, vetix-tù empiéter sur rnes droits (pr. étendre la
main sur) par la saisie de mes bieiis? ""Anazî. Mais le plus
souvent c'est le bétail, qui constitue la principale richesse
des Bédouins. Musil o. 1. p. 7,10 le traduit par animaux;
p. 12, 10 d'en bas, par bestiaux et p. 345, 12 d'en bas, par
troupeaux, de même que Littmann Arab. Beduinenerzâhl.
Gl. sv.; RD Gl. sv., propriété, possession; Meissner NAGI
p. 119, bestiaux, troupeaux. Tout cela est bon. — L ^^'^:L=> U
^Jin, est le refrain de beaucoup de chansons populaires de
toute la Péninsule, 802 = Hdr. pp. 286, 287; 326: yâ lamâl,
yâ lamâli; Wetzstein ZDMG XXII p. 106 note.
^3^L^, démettre, 402,1; 522 v. 6; 692.5; 1139,8 d'en bas;
Arabica V p. 212 note v. 3; = Jl:>, 157, 6; 670, 10. I Sîdah
V p. 121: (j^Uil o^ iCrU:^ J^l^ :l\ax£_^î. Cf. 'Âs> plus haut.—
iLi>JL:>, dans ^L-i:J5 '^>-^^, don poétique, feu sacré du poète,
558 note; 1568; Hdr. p. 218. Goldziher, Abh. z. arab. Philol.
I p. 213, croit que c'est, d'après les idées arabes, un démon
femelle qui inspire lo poète. Les Bédouins du Sud ont encore
cette conception, qui est sans doute ancienne. V. sub ^11^^^.
'A^^, campement, 1*9, 14.
o11^>/«, îistensiles des Bédouins, v. sub_^o.
derniers mots de la rime dans le texte de RO provient de la pro-
longation de la voix dans le chant.
473
ioyi>, bête à traire, \)\. v^.^b>, 427, 4.
Lj^L>, ô^ram rfe ^rê/e, 592.
i-j^>Jb>) 6st en Dt. un grand myriapode noir et aveugle, selon
mes Datînois. A Deflers, Voyage au Yemen, en parle p. 39
et p. 49: „Après la pluie, les rochers aux environs du mikaye
se couvrent de grands myriapodes noirs de la famille des
Julides, que l'humidité attire hors de leurs retraites. Je
capture quelques individus atteignant près de 20 centimètres
de longueur. D'après M. Glaser, ces animaux, nommés Hub-
lubbân (et aussi Hulbibân dans certains manuscrits du
Yéman); représentent peut-être les fameux serpents gardiens
de l'arbre à encens (lubbân) dont parle Hérodote (liv. III
§§ 107—112). Les Hublubbân, malgré leur aspect répug-
nant, sont inoffensifs et se laissent prendre sans chercher à
fuir". Nous savons que wJi.=> est une épithète des hommes
noirs et des bêtes noires et que v_j^_JL:> est couleur noire:
v_j^=> o^^! = d4L:> o^-w!, LA I p. 324. Nous savons aussi
que la finale an caractérise les noms de beaucoup d'ani-
maux et de plantes, voir ici sub ^^ p. 115. qLJlc> et j^L-Jj>,
si toutefois ces formes sont exactes, seraient donc à juger
comme ^Juti et ^^LJxi. Pour Glaser, c.ette forme populaire
hublubbân présentait une ressemblance de son avec 1 u b-
bân, car c'est ainsi qu'il écrit ce mot, Skizze II p. 199,
bien qu'il se soit beaucoup occupé de (^LJ^ y), et le voilà
tout de suite qui en tire une déduction, qui est tout aussi
fantaisiste que tant d'autres de ce savant à imagination
orientale. V. Uitter, Erdkunde p. 915; Glaser, Von Hodeida
nach Sana p. 37, reproduit par W. Schmidt, Das sùdwestl.
Arabien p. 49.
474
^JiJL>, i, u, en Syrie, arracher le blé avec les mains lors-
qu'il est trop court pour être fauché. — Cueillir les farina-
cées, telles que u^Xj:, u^^^^, ô,»^, '»J^S, etc., ce qu'on fait,
la plupart du temps, avec les mains ou avec la faucille, Syrie.
;jii.jL:>, intens. de la première. SA Yahuda donne, dans la
'OS Festschrift Nôldeke I p. 409, un proverbe de Bagdad:
^CJL^2_Li! ,^s_j3j_j • Lpi^iL^, L^x,iJL>, verwickelt hast du dich in
eine christliche Heirat. Mais il avoue ne pas savoir ce que
signifie ;jii-> et il croit que c'est un ui^oys de J^, vhv.
Ici ce verbe n'est que l'intensif de ;_>iJl:>, tu l'as fauchée, et
(^ciJb pourrait bien être un dénorainatif de ^^^L , vhv. Parlant
des fruits, des arbres et des légumes, tels que ;,naLj, ..L:^uxj,
c
^Lxi>, Lw^, etc., on se sert du verbe iji^ en Syrie, v. sub ^J:^.
ui;^L>, faucille, 591; Tallqvist Arab. Sprichwôrter p. 72.
iCiJb-, cueillette des farinacées, Syrie.
oJb>, i, jurer, 150,5. „JLll J^ ^^jôo, jurer par le sel, 304;
par le fusil, vJsiAjLJ! J.£, 305; par le feu: XjJs> '^Lp-^, Musil
0. 1. p. 342 en bas. Voir ib. p. 338/9. Rôssler MSOS I p. 70:
oy^-vvîj Luo Uovw (jN-j'IxJ'^i g:! :QUi^ ^ (3'i, -f/' lui dit: Oui,
par les deux "Uzza, tu yious l'as faite, celle-là, et la chose
est arrivée. Rôssler renvoie à la Soûrat en-Nagm 53, v. 19:
gJI ^jxiSj ô^t (UjJ/'- Si el-^Azztên est vraiment el-Lât et
el-'^Uzzâ, c'est très curieux. En mehri, il y a l'interjection azze-
téyn, traduit psivpotztausend, parbleu, ^= ^y^j^, deux raretés,
selon Jahn, Bittner St. M. IV p. 38. Cela n'est pas acceptable.
Tab. I p. 1644, 9 ss.: îof^ ^U ^ ^Li! .OJt J^-w^ ^j t:,N-? ^y. J^'
475
iLwjJl y*^.«Ài U:>3>! ^" tij'îit j. «iA_j ^_/^4«È x^LxLcfj ..-_^JLn lA-i»!
^t \_AJ ^^j-^lXj'. C'est donc à l'eau que se rapporte le
(j«_^-«-iJ! t;^v*-xJ!. Comment le Prophète a-til pu le défendre,
du moment qu'il le pratiqua lui-même? Voir LA sv. yj*~*±.
Wellhausen Reste- p. 129, qui dit, à juste titre, que ce
serment a été mal vu par l'Islam parce qu'il était préisla-
mique. V. Kremer Studien zur vergl. Culturgeschichte III p.
35. Dans ces deux ouvrages, on trouvera toutes les citations
nécessaires, de même que chez Pedersen Ber Eid et dans
Ber Islam VII p. 142. Diw. Hodeyl, Wellhausen N° 232,4:
v«àJLxj>!, Jurer im pacte, s'unir par le lien de la confrater-
nité, 7,4; 303.
oixb>, associé^ 1792.
i_j vJlL>, embrasser = oiJL:> avec ace. de l'objet, Stace p.
200. — Bittner St. mehr V, m p. 10 compare le mehri rlq
avec l'arabe hlq, mais ce sont deux racines différentes; cf.
sub ycs- p. 346.
oiiL^', s'embrasser 7nutuellement, Stace p. 200.
oiJL:>, bouche dans le sahhî BBPbAS 1902 p. 266, aussi
en Syrie.
isLiii^. > iLiib>, cercle, 801; pi. oJ-b>, 554 v. 21.
^jLj^\J>, Joli, (figure), Dt. vJuJL:> «Ai^! »<À.^ n.>3, cette Jeune
fille a la figure Jolie.
jjii=>, couper le hulqùm, dénominatif, à l'instar de v.JJb>,
u, porter un coup à la gorge, et des autres verbes dont le
substantif désigne un endroit du corps. La lurah a aussi la
variation phonétique ^s>^ avaler, LA sv.
j.yiJL> est sans doute la vraie vocalisation et cela en vertu d'une
influence physiologique exposée sub j^^i:^, (^Li. et ^ vhvs. ;
476
mais on dit aussi dans le Sud, et je crois aussi ailleurs,
o _ Go _
j,yiJl:>, à cause de vJiJL=>. Selon le Dr. P. de Koning, Trois
traités d'anatomie arabe p. 816, ^»^ii^ est gorge et spécia-
lement 1° partie antérieure inférieure du cou; 2° larynx^
trachée-artère. Sur la forme, voir 1163 note; 1615 note;
Hdr. p. 384; elle n'est pas non plus inconnue dans d'autres
langues sémitiques pour cette partie du corps. S. Fraenkel,
Mehrl. Bildungen (1878) p. 44, y voit v3L> > j.yiJi>, et la
K~oLL> serait, selon lui, faire rond, et \J-L=>, Rundung,
Kreis, pourtour, rondeur, cercle. Vollers ZA XXIII p. 106
veut que ^f^ soit un composé du _ formatif et de ^,
avaler. On pourrait alors tout aussi bien penser à oiJl=» + fJî^ ,
1612 en bas; 1615 n. Ruzicka o. 1. p. 75 rapproclie pyi-'^
de p, parce qu'il a trouvé dans LA XVI p. 397,5 que
(*ii«i, vhv., est = j.yiJi:>- Il semble donc croire que pyiJ^ est
un composé de V~^fils> et de V~f^, vhv. Or, p est une
variation de f;:>, vhv., et veut originairement dire k*^, LA
p. 396, 3 et 5 d'en bas, et ensuite balayer, comme sa va-
riation consonantique ^i>, vhv., et au fig. manger, (bête,
auffressen), appliqué aussi à l'homme, faire rafle dp tout sur
la table, faire table rase = fXi\, avec les substantifs ':U^ —
fSi^ ou [•yi-K, gueule. ^JL^ ~ ^y^L=> me fait l'effet, malgré
l'emploi figui'é de ^ et de ses dérivés substantifs, de faire
bande à part, étant un emploi métaphorique de jJùi , jarre
> flacon, Dozy sv., même grande cafetière, Meissner NAGI
p. 139, et qui vient du grec 7toii}covf/.x, lat. cucuma, Gawâlîqî,
Mo"'arrab, éd. Sachau p. 51:. Mais le dialectal (Ji«i, cyi^, bec
d'oiseau, Dozy sv., me paraît venir de p. On pourra égale-
ment supposer que pi est un composé de V~^J?^, qui a
donné tant de dérivés, vhv. p. e. ^j>sù et -LiO, et de V~p.
477
Les lexicographes arabes disent tantôt que le c est radical,
tantôt que la désinence- û m est aJvJ!^, LA sv.; Muzhir II
p. 135 et s.; Marçais TAT Gl. sv. Torczyner o. 1. p. 197 y
retrouve la mimation, et ce serait originairement un accusatif
adverbial j«ili> > j.LaJb. > j»^> = Lili.. Un mot aurait servi
de prototype pour les nombreux mots sur ce paradigme.
Cela implique que ce paradigme et les mots à flnale-amun
présenteraient un état morphologique ancien où la mimation
était prépondérante; ce serait donc du sémitique primordial,
ursemitisch. Cela est aussi l'opinion de Torczyner. Plus tard,
les Arabes auraient donc y ajouté leur nounation.
Comme le paradigme est ^^ classiquement, et dialecta-
lement aussi ^X*^, il faut dans la première forme une
attraction vocalique motivée par la finale-ûm, et qui doit
être très ancienne.
Je ne veux encore me prononcer sur cette question, mais, eu
égard à l'hébreu et à l'akkadien, cette explication ne me paraît
pas dédaignable; elle est, au contraire, très séduisante et
expliquerait nombre de phénomènes, aussi bien dans les
langues sémitiques que les langues aryennes. Pourtant, tous
les ejcemples qu'englobe le savant auteur pour appuyer sa
thèse ne rentrent pas dans cette catégorie; voir ici sub
fja=> et j*s. — Le sh. a halqôût, gorge, Bittner St. sh. I
p. 54. Le sh. t a 1 h i m , rate, = mehri t a 1 h â y m , est l'arabe
JL<\I:), et l'on voit que la finale en question se trouve aussi
dans ces dialectes. Et ces formes donnent à penser.
liUb» > iiUL:> noir, très fonaî, 1760. Est-ce une très ancienne
métathèse de J.^^, être noir, qui s'est conservée dans J«:s^/,
avoir les paupières noires, et le dénominatif de J.^, vhv, :
_, ~- oc
Jc<^, enduire de A;?^/i?, < l'akkad. guhla, 437 n. 2? ^y^\,
noir, dans les dialectes, même au Maroc, KM" G p. 128,3.
Cf. Ges.-Buhl sv. ^^bn. - kxJl>. 367 et s.
478
*b>, rêver. ^"Ih vi;/-*L>, j'ai rêvé d'un tel, Dt. = ^U, Dt.
,J.j<:jL^] , avoir une pollution^ Dt. = *'JLx^î Dt , ^Omân R 0
§ 182 et les ruraux d'Oranie, Marçais T AT Gl. sv.; = mehri
h a t e 1 û m, Bittner Studien II p. 48. Brockelmann o. 1. I p. 532.
^^}^, doux, 79,3; 545,6; 1205,11; 1504, 15 =_^Jl:>,' dowo;,
78, 18.
g:_^lj<'^, sîoeetmealseiler, Stace p. 169. = Syrie Jîjl^.
r^ _
V ^ 575, 595 en bas; 1562; Noldeke Beitrâge II .p. 154
n. 3. Cf. cX-T, jr-^, ^c-T vhvs. et a;::!!, = babyl. hamatu,
être incandescent. Holma, Z A XXXII p. 36 l'identifie au
vieil égypt. 3 m, brûler; h mm, devenir c/^a?<d; assyr. em mu,
chaud, etc.
f,-^, être chaud, 571. — Chauffer, Hdr. p. 556. RD Gl. sv —
j*>, charbon, houille, 570. Stace p. 198: ^.wLii o^- I^S,
^^e charcoal counteracts (kills) ^7ie deçà?/. Arâgîz el-^Arab p.
140. Sh. hura(m), charbon, Bittner St. sh. I p. 23 et p. 57,
où aussi sh. shami'm, bleu, „peut-être véritablement noi-
râtre", ce qui est probable, car les Arabes du Sud appellent
le ciel bleu J^t, de même que la mer bleue, voir sub o^^. —
'iyfj^\ ^, l'ardeur du midi, chez Jacob Sanfarâ II p. 13.
j».*^, charbon, 570. Arâgîz el-'^Arab p. 140. Naqâid Gl. sv. —
j»-«^, suie, Dt. 570.
X-«Lr, colombe, 1018. Sur les différents noms en Algérie, voir
Bel Djâzya p. 100.
i*A.*j>, charbon, class., 571. — Pluie d'été, parce que chaude.
50,
RD Gl. sv., = Dt. ,i.^;s^.*>=> vhv. On observera le classique |.^p«^
fîimée noire, Qor. 56, v. 42.
^y*^^^, fiévreux 1706; aussi ""Oman.
479
j*.<^r, hennir, Hdr. p. 81 et n. 2. Nihâyat sv. Onomatopée.
Autre sens, Hdr. p. 65 v. 11 et p. 80. Yahuda ZA 26
p. 346 n. a voulu rectifier ma traduction, mais il se base
sur le dialecte de Bagdad.
jv-js^-*-^", toussoter 541. Hdr. Gl. ss. RO p. 255,5. Sur ces
verbes, voir Nôldeke Fûnf Mo'^all. II p. 46 et les renvois
qui s'y trouvent. Cf. l'interject. française hem!
|.^>.«j>, expliqué Hdr. p. 97 note. Voir jw;^ vhv. et ici p. 358, 14.
]/~*-> offre deux courants sémasiologiques qui peuvent se
résumer par les mots noir et chaud. Les dérivés sont mul-
tiples, 595 en .bas; voir sub yr. Cf. Naqâid Gl. sv.
»U=>, vase noire du puits, K. el-Mahâsin p. 169 d. 1.. > iU.>
571 n.; 1098; voir v-I^, vhv. Cf. soCi>, vhv. Jahn SAE
III p. 272 donne pour le hadr. hamme, Sumpf, marécage,
que je ne connais pas, mais qui doit être ha me et le même
mot qu'ici.
û=>, conjonction temporelle, lorsque, <l> J.=>, voir sub ]^,
9, 16; 12, 18; 13, 7, 8; 27, 21 ; 42, 16; 72, 12; 81, 3; 120, 2;
465; 470 en bas; 482,11 d'en bas; 661,2; 1156,7; 1173
et s.; 1211,9; 1454 note; 1546; 1775,9 d'en bas; 1776,3
d'en bas. On prononce aussi hama, 8, 14, 20; 20, 24, 26; 72,
12; 470 en bas. Min hamàhtabas abûh uhû" sultan,
• depuis que son père fut emprisonné, il est, lui, sidtaji, Dt.
Min hama sabbeyt, depuis que je suis grand, j'ai grandi,
Dt. Stumme GGA 1909 N° 11 p. 885 n. 6 dit: „L. analyse,
465,18, très bien hamma comme (jv>+L«". On n'a qu'à
ouvrir la dite page pour constater que je ne dis pas du tout
cela. On la fait souvent précéder de la conjonction tempo-
relle 1>,y'6: û^ ^, 13, 7; 465.
480
u^>^>, petits pois, ""Awâliq et Dt., < (j^=>, 342, = Dt. Ji
vhv.; cf. 446.
^ o ^
J-M.rs^', préférer, aimer mieux, 112,18; 330,6; 446. Etymo-
logie, 342 en bas; 446. ^J:i^^. % OràJL icl> ^c^^^ l?^^'
je préfère qu'il me donne une halle avec le pistolet que de
r)%e taper sur le derrière, 1220; 1502.
^^^4.=>, être très chaud, 573, LA sv., Fiqh et-lurah p. 351;
= vi>.*>, Dt. ib.; cf. c>^, vhv., et li*-> vhv.
c>t^>, échauffé, épithète de la colère, 573 n. 1; Boh. V
p. 100 ; cf. u\4.r> vhv.
uU>, être chaud, 571 n., 573 en bas; brûler, 573 en bas. —
Louer, 573 note 2. - >^l\>, 573, vhv. I Sîdah XI p. 34.
Musil AP III p. 389, 10 a lXT, être brave, courageux, où le
sens primaire doit être s'échauffer d la bataille; cf. sub ij^.
A*;o-!, être d'une chaleur intense, brûler, 573 en bas; Fâiq II
p. 330 en bas : ^^! j.^^ . . . x-Jhx.* w^^ixiLi! iU.> uXjj ^c?' Jy cr
yj^ ^ jj^ LjL^otj ^J0o>:.^ ^,L«i^! jLi:>r. = LA XV p. 43 =
Nihâyah I p. 261; cf. ici sub ^ô^:^\.
s>A.«j^, vase, limon, boue, 571 note; 574 n.; RO p. 246,7
d'en bas = p. 270, 16. Musil AP III p. 2, c'est schioarze,
ode Ebene. Cf. àU^ vhv.
oU.>, steppe, désert, 571 et note; 574 note; 806; 1090 n.3;
1367 n. 3; v. sub w*.^. v. Oppenheim, Vom Mittelmeer zuni
481
persischen Golf, écrit partout oLr, avec une bonne description I
p. 257 et s.; Musil AP III écrit oLr P- 220,14; p. 302, 8
d'en bas, p. 190,8 d'en bas hamâdi et ib. p. 2 il définit
soU=> par grauweisse, ode Ehene et bL\*>, comme ici sv.; cf.
ib. p. 14, 1 et p. 187, 5. Euting écrit oLr. Je doute un peu
de cette forme soU=>, que je n'ai jamais entendue, et la
variation chez Musil la rend encore plus suspecte., Le verset
d'el-Mutalammis dont je parle 571 note et à propos duquel
VoUers, Gedichte des Mutalammis p. 41 note 4, pense à
aA4.>, vase, boue, est bien clair:
Ici L>U:> est juxtaposé à oU>: froid et chaud, et le poète
parle ici de sa ic^ys qui lui montre de la froideur, oU.>,
au lieu de chaleur, oU=>. De Goeje, WZKM 18 p. 105,
trouve cette étymologie de Vollers de l>U=> < stA^=>, vase,
très plausible. Je ne suis point de cet avis. Nous trouvons
dans une inscription safaïtique la mention du Hamâd
syrien. Littmann, Zur Entzifferung der Safâ-Inschriften =
Du^saud, Les Arabes en Syrie avant l'Islam p. 112, porte
(ici rendu en arabe):
Par E. b. el-^A. des habita?its de R. (ou d'el-R.) l'année oii
les habitants d'el-Hamâd firent la guerre entre eux. Mais on
dit à présent ii>^^! et Ju^. La traduction de Littmann et
de Dussaud ne me satisfait pas.
Pour la steppe syrienne, la forme oU^J! est la seule bonne,
voir surtout 1090 n. 3 et 1367 n. 3 et le verset 4 de la
qasîdah de Dikr:
Ils (les dalûl) prennent ombrage des arbustes qui se dressent
dans le Hamâd, ma LB'A p. 76 v. 4, et ici sv. ^^^ p. 357.
31 •
482
Dans l'Encyclop. de l'Islam, il est écrit Hammâda I p. 267.
L'auteur de cet article n'y parle que de la Steppe nordafri-
caine, oubliant celle de la Syrie. Je doute fort que cette forme
hammAdah soit juste, mais n'ayant pu la vérifier in loco, je
ne fais que l'enregistrer ici. Elle n'est pourtant pas impossible.
^L>U>, chaleur intense = i^c>\^ , 573 note.
o^*=>, nom propre, 291 note; diminutif de iA^=> = lX-«->!,
150,6 d'en bas; 157 v. 4, = iA^=- < oW>l, dim. de Ck*=>\^
127, 6, qui a aussi donné le dim. Homeyd, I Sîdah XVII p. 20.
^.♦:>, a, s'échauffer. *:> v-*^ '-Hi 'wà>^>^^î■ _^4^ ^J^ yt^, ^L^o^î,
Vhomme (== on) s'échauffe par la chaleur ardente du prin-
temps et demande à boire beaucoup, Dt. qa^^^ ^ ,:^_ ^Jii)
- û -
... -4^. j.y , 071 fait une coupure aux oreilles des r a n a m lors-
qu'ils s'échauffent, R0§ 410.— BMir, Sâwia KMG p. 112, 15.
Cf.l/~^ vhv.
^, devenir rouge., 906 n. 3; cf. oj^, vhv. — Poindre, se
dit de la première lueur h l'horizon, 906, 2 d'en bas. ^l1j>
rf^JaJ!, la première lueur rougeâtre de l'horizon à la pointe
du jour, 907. — Faire paître les ânes ou conduire les ânes,
Dt. et ed-Dâhir, Bahàmmir fi liamîrak, je vais faire
paître tes ânes, Dt.
^, tamarin, aussi ^^ Stace p. 170; Deflers Voyage p. 223;
Glaser Peterm. Mitteil. 1886 I p. 6;=^_^, v. d. Berg Le
Hadhr. p. 68 et Hirsch Reisen Gl. sv.; Jahn SAE III p. 272,
qui n'a par reconnu ce fruit très commun. Cette dernière
forme n'est pas usitée en Dt.
^, bitume, 570 en bas.
^Ui>, cme, fait au pi. aussi »^u:>, 1469 n. 1, aussi en 'oma-
483
nais, RO § 131, et ^y>l Arabica V Gl. sv. Je fais observer
que dans el-Hogarîeh on prononce distinctement himâr,
forme classique, jamais homâr ni ahmâr.
3.y«L>, matière tinctoriale rouge, 366, 1; RI) Gl. sv.
lI=>, gardien cVànes ou pâtre cVànes; pi. s^U^.
.f^, les TTimyarites, ainsi le plus souvent prononcé dans
le Sud pour le classique ^a.*^. De là, y*^, criailler, gueuler,
ma Festgabe p. 42. Il y a un autre y^^, dûnominatif de
U=>, faire le commerce en portant les marchandises sur un
âne, faire le marchand ambulant, mais aussi, au Yéman, être
bête comme un âne.
.4~ks>, dourah rouge, pas à confondre avec ^j.> vhv.
Le thème ,♦> doit être un développement de V (*^, être
chaud, être brûlant vhv., ce qui a motivé le sens de rouge,
comme l'allemand „brennend" pour „rot", Walde LEW p.
XII. '^X*^, chaleur intense, class., el-Grâhiz, Mal.iàsin p. 112.
C'est ici l'endroit de dire quelque chose du nom de la
mer Rouge et de celui des Himyar La mer Rouge n'est
qu'une traduction de 'Kpv^px 2rci?,x<r<Tx, le mare ruhrum de
la carte de Ptolémée. Pour les anciens géographes, ce nom
comprenait le golfe Persique, l'océan Indien, qui baigne les
côtes de l'Arabie méridionale, et la mer Rouge, Hérod. II, ii;
Strabo I. XVI p. 379 éd. Tzochuck; Pline H. N. 12,37.
Hérodote n'appelle nulle part le golfe Arabique de ce nom,
mais il le considère comme une partie de „la mer Rouge".
Il paraît que les Persans ont aussi eu cet appellatif de
mer rouge, Sprenger AG A p. 102. Les géographes arabes
l'appelaient ^^^-i^^' ;^^'j ^« ^^^ Abyssine, el-Mas^'ildî K. el-
Tanbîh, éd. de Goeje, p. 51, 2. Ce nom avait cependant pour
eux plus d'extension que celui de la y^pv^pà ^yjJ.nrrx. L'histoire
d'un roi Erythras est une fable. Les Arabes n'ont pas con-
484 ,
serve les noms anciens de la mer Rouge, qu'ils appellent
j.jJlaJî ^. < de la ville de Klysma. Dans l'antiquité, la mer
Rouge avait aussi le nom spécial de golfe Arabique, h Apx-
(SiKoc Ko^TToç, Périple, éd. Fabricius, § 7, qui s'étendait jusqu'au
golfe auwalite ou Bâb el-Mandeb, ib.. Hérodote parle
souvent de la mer Rouge et dans l'extension mentionnée
ci-dessus, livre IV § XXXIX de la traduction de P. Giguet
Paris 1870, mais pour lui aussi la mer Rouge est le golfe
Arabique, ib. § XLII; cf. -Sprenger o. 1. § 6.
La question se pose maintenant, pourquoi les anciens ont-ils
appelé cette mer, on plutôt ces mers, 'EpySpi S^iA^o-o-^. ?
Ayant fait vingt fois la traversée de la mer Rouge, j'ai
observé qu'elle est vraiment rouge et qu'elle mérite ce nom
de s pub pu. Klunzinger dans son livre Bilder aus Oherdgypten,
etc. (Stuttgart 1877) p. 263 dit: „A la mer Rouge, il n'y a
presque rien de rouge, et le nom a été choisi arbitrairement
par les Anciens ou comme lucus a non lucendo". Klun-
zinger a peut-être passé tout le temps au salon du bateau
ou bien était-il un mauvais observateur, car la mer Bouge
est, surtout dans sa partie inférieure, toute rouge. On ne
donne pas arbitrairement un nom pareil à une chose pareille.
Cette rubescence de la mer ne doit pas être confondue avec
la phosphorescence, qu'on ne voit que la nuit, et qui a été
si bien décrite par l'auteur des Merveilles de l'Inde, éd.
v. d. Lith, p. 41, par Wellsted Travels to the City of the
Caliphs vol. II p. 123 et s., et par Schweinfurth Wester-
manns Monatsheft febr. 1891 p. 619.
La rubescence de la mer Rouge est d'une tout autre pro-
venance. Elle se montre aussi le jour, ce qui n'est pas le
cas de la phosphorescence. Le jour, des surfaces immenses
étaient toutes rouges, et cela par un calme plat, dans la
partie inférieure du Golfe. Le soir, appuyé sur le bastingage
de la proue, je voyais des flots de métal incandescant rejetés
des deux côtés de la proue par la marche du bateau et éclairés
485
par la lumière qui se répandait là-dessus par les sabords.
J'ai observé le même spectacle dans tous mes voyages dans
la mer Rouge et la mer Indienne. Je fis remarquer ce fait
aux autres passagers, qui pouvaient également constater, le
jour et le soir, que la mer Rouge est réellement rouge. Les
capitaines, avec lesquels je m'entretenais à ce sujet, m'affir-
mèrent qu'il en est toujours ainsi en hiver et que le môme
cas se présente dans l'océan Indien.
Or, les savants ont bien étudié cette couleur assez connue.
Egli, Nojnina geographica, 2" édit. 1894 p. 792 : „ Jedenfalls
treten Rotfârbungen des Wassers im Sùden und im Ara-
bischen Meerbusen hâufig, infolge von massenhaft erschei-
nenden mikroskopischen Tierchen, auf". Krummel, Ozeanogra-
phie (1907)1 p. 277: „Diese Massenvermehrung einer braunen
Alge, des Trichodermum eryfhraeum, aus der Famille der
Oscillarien, bringt im Roten und Arabischen Meer, eine ver-
wandte Art im warmen atlantischen Ozean rote Bkitstreifen
ins Wasser; auch die Peridineengattung Glenodmium kann
durch ùppige Wucherung ahnlich w^irken". Ib. p. 278: „Vom
Golf von Kalifornien, der auch den Namen Mar vermejo tragt,
heisst es '), dass es seine Farbe im Norden durch die Red
Colorado, namentlich wâhrend der Regenzeit, empfange, ûbri-
gens aber stellenweise reich sei an denselben Krustazeen
(Copepoden), die auch anderwarts dem Meere eine Blutfarbe
gaben". — H. Wagner Lehrbuch der Geogr. 1908, p. 509:
„Der Kalifornische Meerbusen wird von den Spaniern Mar
vermejo, das Rote Meer, genannt, wohl infolge des hàufigen
Auftretens roter Krustentierschen. Den Ursprung des Namens
des Roten Meeres kannte man im Altertum nicht".
Un savant français a publié un mémoire sur la Ruhes-
cence de la mer Rouge, mais il m'a été impossible de le
trouver. Je l'ai lu chez feu le professeur Suess à Vienne.
>) Inway, North E^icific Pilot 1 London 1881 p. 123.
486
L'auteur y arrive au même résultat que les savants susmen-
tionnés. Dans l'Expedit. S. M. Schiff Pola in das Rote Meer,
on en parle également, mais je n'ai pu me procurer cet
ouvrage. C. H. Becker, dans son article sur le Bahr el-Qiilzum,
Encyclop. de l'Islam, ne parle pas du tout de cette rubescence.
M. Hartmann, dans son Die araUsche Frage p. 375 note,
dit que „les eaux à la côte des Himyarites s'appelaient
la mer des Hurar (les Rouges) et cela est devenu la mer
Rouge, parce que la côte des Himyarites, dans l'ancienne
géographie, était la seule ou du moins la mieux connue".
En outre, il prétend ib. que le nom de Epvbpii, bxXizuax pro-
vient; déjà de bonne heure, „de celui de la mer des Himya-
rites". 11 ne fait ici que répéter K. Ritter, Erdkunde. Mais
ce nom de la mer Rouge était courant longtemps avant
l'apparition du peuple himyarite dans l'histoire et il n'a pu
dériver de celui des Himyar, puisque Hérodote et le Périple
connaissent déjà ce nom. L'argumentation de Ritter-Hart-
mann est donc réduite à néant devant ce fait.
Je suis convaincu que le nom de Epvbpâ n'a rien à voir
avec celui des Himyar. D'après Hartmann o. 1. p. 375 note,
ceux-ci étaient aussi appelés les Rouges pour les distinguer
des Sud de l'Afrique. Cela se laisse plutôt défendre. Les
3_ Cl c
Arabes parlent du j>!c .♦.>!, Zoheyr mon édition p. 86, Nôl-
deke Fûnf Mo'ah. El p. 31, qui cite Hodeyl. 31, 1, 51, 1 et
80,6; G. Jacob Studien in arab. Dichtern I p. 36 ss. Il n'y
a pas un pays, dans toute l'Arabie, où la légende ''âdite soit
plus répandue que dans le Sud et justement dans les contrées
à l'est du Yéman, Index 1847. Tout ce qui est antérieur
aux Himyar et aux B. Hilàl est du temps des "Adites,
o(c oVi£ ^^, comme dans Hamâsah p. 195 v. 1. Les anciens
Arabes parlent également de ^Sj^^Jt ^.^:-^ et de ^S^ ^J^Jji , L A
V p. 287, ZDMG 60 p. 47 = ib. 73 p. 120. Quant aux Modar,
487
on prétend que cet appeJlatif était à cause de la couleur rouge
de leurs tentes, ce qui me paraît fort douteux. DansZamahs.
el-Fâiq I p. 148, Nihâyah sv., LA V p. 288 et el-Grâhiz
Tria opuscula, éd. v. Vloten p. 75, il y a. la Tradition du
Prophète: ^jr^'iil», .r^î ^î o'^^-j, c'est à dire vt*^' ^^ *.:p.*ii ,
parce que ^^y^i f}^», (j^Lç-^Jîj s^j^^il j».:s^jtJ! ^\y^] J.c w».Lijt
by^jf^ iiLxto'^î <-3rX-^U et el-Fâiq, en-Nihâyali et LA ajoutent:
ilsli' (j^LàJ! ill c;/.ixj <KjyiS^ ^J^.3t♦>î (j\^xii3^5l ,mU.*j (j^x*ll! .-tJ^^ /m"^-
Cf. LA 1.1. p. 288,4 sur ^\^\ ^ ^^xl\ = ^ jà\;^ ^^^\. Selon
K. el-Addâd p. 223, les Arabes, en faisant la distinction de
couleur entre les peuples, se servaient davantage des épi-
thètes jts>\ et ^^ que de u^i^jt et l^j.^!. Encore aujourd'hui,
les Arabes du Sud appellent la couleur des Européens j4s>\,
rouge, et eux-mêmes sont ^^J, pi. ^'^-w, car u^aj! ne désigne
que la couleur vraiment blanche, comme celle du papier
((jrLo vhv.).
Faut-il croire que les 'Âdites et les Himyar, les ;y^'''
Hartmann o.l. p. 874, étaient vraiment d'un teint rougeâtre,
des ^*> enfin ou, avec le pluriel sudarabique et classique,
(jtj4.>? L'histoire de Qodâr b. Sâhf, nommé jt*^' Jàà, dont
parle aussi Wrede Reise, p. 114, est fort connue dans le
Sud, voir Sprenger Leben Mohain. I p. 521. LA VI p. 889, 9
dit qu'on l'appelait aussi o^S ^!. Ce n'était pas k cause de
sa chevelure rousse, mais à cause de son teint, voir Jacob
0. 1. p. 36/7. La couleur rousse n'est pas détestée dans le
Sud. On y teint la barbe avec du liinnâ", ^U=>, vhv., comme
le faisait le Prophète et comme c'est encore la mode chez
les orthodoxes Hadramites. La barbe prend alors une couleur
entre noir et rouge, souvent tout à fait rouge.
L'épithète de oLc ^r! pourrait indiquer que ce peuple
488
légendaire, qui a certainement dû exister, avait la peau
rougeâtre. J'ai vu dans le Sud des personnes qui avaient
effectivement cette couleur de la peau, surtout chez les 'Ôlah,
que j'ai le plus. connus. Le dawsân ou sâhit, 'AIî b.
'Omar er-Râ'ibî, de la ville d'el-.Qasâb en Beyhân,
dont j'ai donné le portrait en couleurs au premier volume de
Datînah '), avait la peau franchement rouge, et le peintre que
j'avais amené avec moi n'a nullement exagéré. Le fameux sultan
Muhsin de "Azzfin et tous les membres de sa rapace famille
étaient aussi rougeâtres. Tous les Wâhidis se disent himyarites.
A propos des habitants des hautes montagnes de l'île de
Soqotra, Schweinfurth dit, Westermanns Monatshefte April
1891 p. 46 et s.: „das bei dem Achtung gebietenden Âus-
seren der ûberaus edelgestalteten, mit prachtvoller Musku-
latur ausgestatteten und im hellsten Kupferrot strahlenden
Mânner unsere Erwartungen aufs hôchste gesteigert hatte,
war . . . nur das reifere Alter zu erblicken". Et ib. p. 50 il
dit: „Im Gegensatz zu dem stets tief schwarzbraunen, scho-
koladenfarbigen Somali hat der Sokotraner mit dem sûdara-
bischen Bergbewohner das leichte Kupferrot oder besser die
Farbe des gemahlenen Kaffees gemein". Et ib. : „Die eigent-
licheu Bergbewohner des mittleren Sûdarabiens, der alten
regio thurifera, die Mahra und Qara môchte ich von diesem
Vergleiche vorlâufig noch ausgeschlossen wissen; ich sah sie
ihrer zu wenig und dièse wenige schienen mir keine von
den Sokotranern abweichenden Merkmale an den Tag zu
legen". Les habitants de ces montagnes ont conservé le type
pur. L'observation du célèbre botaniste et explorateur alle-
mand est d'une grande importance.
Aussi me suis-je souvent demandé, pendant mon long
séjour dans l'Arabie méridionale, si le nom des Ahmùr ne
pourrait provenir de la couleur de leur teint. Les Béni
') Et non (les pays des "^Awùlic), comme c'est écrit là par erreur.
489
I^iyâm, qui habitent le (jebal loljdar (= ^^-Aia^-*^! J-<.:^^0> en
"Oman, sont certainement venues du Yéman, où les inscrip-
tions en parlent. Ils s'appellent eux-mêmes Ulâd Hamyar,
RO p. 420 n. I. Ils ont une branche, les Awhid "^Awêmurj
probablement des B. "Amir, Index Dt. p. 1827 sv. Selon les
informations recueillies par RO p. 335 n. 7, cette branche
aurait les yeux bleus et les joues rouges.
En tout cas, je ne crois pas que le nom des Himyar
dérive de celui de la mer Rouge, à savoir de 'Epv^pâ ^ûiX<x,(T(xxi
mais plutôt de la couleur de leur teint, et alors je peux être
d'accord avec M. Hartmann o. 1. p. 375 n. Ce savant, qui nous
a donné un si bon livre sur les Sabéo-Himyarites, veut que cette
partie de la mer s'appelât „la mer des Humr" o. 1. p. 375 n. =
ici p. 486. J'ignore où il a trouvé cela. Ce serait, si prouvé, une
simple coïncidence, car le nom de ''Epu^pâ, bx,?J.(jcfci est plus
ancien que celui des Himyar. Cependant il n'est pas absolument
exclu que les Himyar aient pu être ainsi appelés, parce qu'ils
habitaient les contrées dont les rivages sont baignés par les
flots de la 'Epu&pi ^axotu^a,, cf. p. 486. Seulement, avant
d'étendre leur domination sur les côtes de la mer Rouge et de
l'océan Indien, ils avaient le pouvoir sur les districts de l'inté-
rieur, y compris le royaume des Sabéens, et ils étaient déjà
alors appelés Himyar, peut-être aussi seulement Hmr, Rho-
dokanakis Lexicogr. II p. 7 et p. 9, avant leur plus grande
extension. Naswân o. 1. p. 28 et p. 70,= LA III p. 147, 10
d'en bas, dit que le nom ancien de Himyar était .^c^i^xiî
i^\ yS'^\ L-w ^ et que l'ancêtre ^*.T était ainsi appelé parce
qu'il j.*-^! JJw:^! ij*^^. ^1^, portait des robes rouges. Si
cette légende ne repose pas sur une vérité historique, elle
pourrait du moins prouver que les Arabes voyaient dans le
mot ^-^ une allusion à la couleur rouge.
Les musulmans d'Espagne appelaient leur compatriotes
chrétiens tt^+^î ou t!^j<:\jt ^^ mais aussi ^"^i ^ ou ^U3l\,
490
ce qui était aussi la nom des Rûm, même avant l'Islam, Naswâa
• 0. 1. p. 38, 5 et p. 46, 13. V. ici p. 492 n. Si c'^^î peut s'expliquer
grammaticalement, yuJ^\ ^^^j^ ne me paraît pas être aussi
facile : ^"^S ^^^î _^ ? Les Nasrides de Grenade s'appelaient
B. el-Ahmar du nom du fondateur M oh. b. el-Ahmar,
qui fit la souche des Roux. Dans B. el-asfar, le mot
en annexion doit se rapporter à la couleur. On sait que chez
les Arabes les noms des couleurs sont fort variables.
Un verset de Diw. Hodeyl. Wellhausen N° 144 v. 1 a
souvent fait le sujet de mes réflexions; 'Abd Manâf dit:
(Kâmil)
O _OÊ- _<l^ù_ 3>5 5 3 >£o
Vous avez bien appris que nos sabres frappent^
Après la clémence (qu'on leur a montrée), tout roux gaillard.
La traduction de Wellhausen est ici impossible, ainsi que
l'a déjà relevé feu J. Barth, ZDMG 39 p. 154, qui pourtant
n'a pas vu qu'il ne puisse s'agir ici d'un lion attaqué auquel
on aurait cassé la tête. Je crois que ^a^^jo jtî J^ se rapporte
ici aux Himyar. Ceux-ci étaient encore puissants au temps
de 'Abd Manâf, mais il paraît que les Arabes ne les aimaient
pas; cf. Hodevl. N° 147. ^\ ^ est l'ennemi que 'Abd Manâf
a attaqué '). Sur j4.a^o vhv.
On peut alors y voir le singulier yr! = ry^^ ou ^^*:>
') Une édition critique de ce Diwân est h désirer. Wellhausen a cru
faire fi de la bonne méthode des Arabisants de publier les Dîwàns tels
que les philologues arabes nous les ont légués. Une traduction euro-
péenne, non accompagnée du commentaire indigène, s'il y en a une,
est à mes yeux une entreprise dangereuse et manquée; la publication
de W. en est la preuve. Barth décline avec raison la traduction de
Wellhausen de jT^ ^ par „ein ganzer roter", ce qui ne veut rien dire
du tout. Cette tournure avec J^ et un sing. suivant renferme une idée
C _ 3 - 3 c, , OC
collective, comme ib. N° J85 v. 2 : 's^sù j^r^' P^^-ttf^ >-\y* lK f*-^^ <cyS^p)^
j'aurais envoyé contre vous des hommes courayeux, etc. et ib. N° 189 v. 2:
Aà^ J.XJ 3^ ^_c*-y-* "^) nous ne recherchons que la vengeance par les
sabres indiens. Cette construction est fréquente dans ce Diwân.
491
= Jj> ou qU=>, d'un collectif ^j4^, qui paraît avoir existé en
sabéo-^imyarite, comme le pi. ahbs = o^j-A>l ou ij^j..*-=> =
^Lci4=», pi. du coll. ijiy.^. Le singulier (^^-^^^ aurait son
pendant dans ^..j^.4~=^, qui serait véritablement pour i^j^=>
ou ^j*^.
Seulement, il ne faut pas oublier que le V~^:> implique
aussi l'idée de noir, voir sub V~f>-=^ et jy=>, dans de nom-
breux dérivés. Il n'est donc pas impossible que les Himyar
aient pu être appelés les noirs pour les distinguer des Sabéens.
On se perd ici dans de*s hypothèses et l'on ne saurait aller
plus loin.
j,-M.:> était le nom du peuple, Naswân o. 1. p. 28, 17, et
*yjr ls^;', le nom de leur pays, comme on parle encore
aujourd'hui de ^-:v^> {joj, xJlc ^j^J, (jiiA-xjt-^î JJ=Î ijcj, qui
descendent de -^ ^ q^^^j voir ma Géographie de l'Arabie
de Sud (manuscrit prêt). r^=>, est le plus souvent prononcé
Hamyar, mais quelquefois aussi Himyar. Le »5jx: des
tribus himyarites est ^> ^_^o iJl, Arabica IV p. 19; Ara-
bica V Gl- sv. Les habitants de Habbân, mentionné dans la
grande inscription deHusn el-Rurâb 1. 2, s'appelent ^X4.:> j.y, et
- o ^
le pauvre sultan wâhidite y a le titre Ae j*-ts> ^lioLs), Arabica IV
p. 19 n. 2; ib. V p. 216 ss. et Dt. 1703. Dans les poésies dites
- ù G
himyarites, ^j^mj> est triptote et diptote '). ^4.=> se trouve chez
Naswan o. 1. pp. 3, 7; 12, 8; 19, 16; 41, 20; 44, 8, 15; 46, 12;
48, 2, 8; 58, 13: ^^.«/s '^^ ^ Ul; 59, 20; 103, 17, et ^, ib.
') J'avoue n'avoir jamais bien compris la raison du rliptotisme,
malgré toutes les savantes dissertations sur ce sujet.
492
passim. Ib. p. 46, 'Alqamah b. Di Yazan dit : .ll:> ^5^^^ 3^^
(^ juSi] jNj pj^tj liiydîj (J.jLv) ...^.^Îj, où mî-him-ya, --^,
au lieu de -^-, est une irrégularité (basît). Si l'on vocalise
j*:*^, ce qui est aussi bon, l'irrégularité du pied reste la même.
La plupart des noms de tribus méridionales sont triptotes:
O p _ G _ -
,?s5»^^, ,*^o, etc.
Cette prononciation Himyar ou Hamyar a dû être un
spécialité himyarite. Nous la trouvons encore dans le Sud
dans quelques noms propres. P. e. ^^I, 1098 et n. 3, Hdr.
p. 577 et s., Index Dt. p. 1803. Le wâdi qui parcourt ce
pays s'appelle W. Bena 1807 sv., Naswan o. 1. p. 11. Déjà
Ptolémée l'appelle (2xuoi, Sprenger AGA § 303. C'est proba-
blement pour iC>Ljî comme KiJ>î = ADNT, 1098, 1815 sv., que
Rhodokanakis Lexikographie II p. 114 écrit encore W. Penne,
en suivant la prononciation incorrecte de Glaser. Ib. nous
trouvons un autre ^^S, qui serait le nom d'un cours d'eau.
C'est sans doute le même nom que dans le pays d'Abyan
des Fadli. ^>Jj, confédération de tribus, 1807 sv. v^^c i^?*^^,
1826 sv.; chez Maltzan Reise p. 280, c'est arieb! -) ,v»j-^
est un wâdi qui traverse el-Manqa%h, 1127, 1836. -jyi ^
est une faljîdah des Qnmûs, Arabica V Index sv. v^r^j
Rhodokanakis o. 1. p. 25, 9 d'en bas, = ^.l». '^^.yo, capitale
des Sabéens, Arabica V, Index sv. . q-jA-<, qu'on ne peut
') Sur les jÂ.fS:è\ _^-Lj voir Goidziher Encyclop. de l'Islam I p. ^95,
A Fischer ZDM6 72, p. 267. Ce dernier hémistiche se trouve aussi
Naswân o. 1. p. 38, 5, précédé d'un autre hémistiche. V. ici p. 490 en haut.
2) Dont il dit, pour tout potage: „petit village de cabanes. Trois
familles juives!"
493
donc pas identifier avec Mdy, l'Encyclop. de l'Islam I p. 383.
J'en ai relevé bien d'autres exemples, mais je n'ai pas ma
liste ici (Sept. 1918). Cf. isJ^-i, s^ryst, ^«Jjjp, j*-^, vhvs.
^.^^î est le pluriel = jy^^'» l^s Himyarites, cf. ls>jy*.:>\ c)'^
L^y:,, Arabica V p. 116, comme ^yi.x:>î = (ji^>^l, les Abys-
sins. Ce pluriel est aussi commun dans le Sud<Joi5, ce
qui me fait croire que la prononciation j^-*^' est plus juste
que >^-==-' • Nous avons ;^^^ et jy^^^ , voir sub .^\=> p.
35 505 >0. 55 5C/5
362; ^jr^ et ^^rt^', pi- de (j;^-ii, 1822 sv.; ^3/ et (»5j-^î, pl-
de |,jl^ L, 1832 sv.; ^i^î et uù^, Arabica V p. 231; v^'^et
3 Û5
^jj3\ = ^\j3, 1815 sv., etc. La graphie hmr'" qu'on rencontre
dans les inscriptions, p. e. Rhodokanakis 0. 1. II p. 7, 1. a de
l'inscription et ici sub j::>, p. 327, où il est juxtaposé à libl"",
et que mon savant confrère trouve difficile à expliquer, pourrait
bien désigner les Himyar, qui vivaient à Mârib en commu-
nauté séparée avant leur domination sur les autres peuples.
On ne peut ici penser à un verbe aussi trivial que ^,
écorcher (un mouton) 0. 1. p. 9. C'est peut-être équivalent
de l'éthiop. Hamer = 'A^-fprr^^/. jj^î ^JJIj.
El-Hazragî, Hist. I p. 96 parle encore des *-jy^^ ^\jJi)\,
cf. Arabica V p. 230.
Naéwân 0. 1. p. 112,6 a une notice extraordinaire. Il dit:
Himyar, les Kindah, les B. el-Hârit et les Kinânah
auraient donc professé le Judaïsme. Si, quant aux Himyar,
cela peut être un écho du Juif Du Nuwâs, Naswân 0. 1.
p. 106, tué en 525, le judaïsme des autres me paraît bien
problématique,. malgré les progrès assez remarquables qu'avait
faits le judaïsme dans toute l'Arabie, du moins au Nord du
Riib" el Hall, et au Yéman, dans les deux siècles qui précé-
494
dèrent l'Islam. Et cela à cause des dogmes païens de l'Eglise
chrétienne, devenue le rancart de.toutes les conceptions astrales.
V~^j^.*s>, 571; 595 en bas; 1738. S'échauffer, se fâcher, ^y^
ou Jj^, Dt. et Hdr. = vJU=> ou ^ tîX.JL=>, vhvs. Naqâiçl Gl.
sv.: (jA-*.:>, to become fiirious (dit du combat); expression
encore courante: ujJI e^-^*^, la guerre, se chauffa^ devint
intense, Dt. Cf. Jb:fiil J-p-, M'AR p. 21. Cf. sub u)^. L'hébreu
D^TOPi, prêts pour le combat, belliqueux, Scerho'. armati,Yhv. ,
doit bien se rapporter à u^.^.*^ (vj^ is^U:>) et non à ,j^*=>, Ges.-
Buhl sv. — ^J^4s>'>^J^y>, être brave, courageux, vhv.; cf. JAs.
1910 p. 137/8. I Sîdah XIII p. 278 = L A sv. : ^_^_> =
u^t^- ~ u^*^» irriter.— Griller, torréfier, 1088, > (j^i-*-:>,
1087; 1088 et s. - Griller, torréfier le cafébS, 16; 59, 24; 1087.
(j^U^, brûloir pour griller le café, 58, 16; 1087; 1572; 1738;
pi. ,j-..-^L^, 1400, 7 et n. 1; = 'x^U^, Nord, 59, 20, 23;
1087; 1088; 1089. Musil o. 1. p. 136.
V~'^J^4s>, 565; 571 et ss.; 1788. ^Ji.'4s>=r^, <,jiL>, u, vhv,,
cf. jjix:> vhv., mais ^♦:> < K j*:>, être chaud, vhv.; ij^^*s>,
i, attiser, fomenter, o^î usb:^' ^yl ^^.^..xi.^^' "^5, n'attisez pas
la guerre, car Zes ?'ow^es deviennent par là dangeureuses,
infestées, 171 v. 14; 1737. v^ lA*>j attiser la guerre, 1737;
voir ,jii.5> et u^-L^. — Exciter, iu^ju J^c j.jî^'i! vi:^-ci.4.=> , ^m as
excité les hommes les uns contre les autres, 1737. Tab. Gl. sv.
Voir ^j^z — V u^^L:> exciter, attiser, ,jii^L^. ^^ô o^\ ^}s:. *Xw
.^;oGlj, sa^c^g ^. (^wz a^î^zse les bûches de la guerre, 519, 9 d'en
bas; 1737. ^^ u^L=>, attiser, exciter les uns sur les autres,
1737; cf. 312: 344 n. 4; 501 note.
495
^ c c-
,ji.^j>\ = j^, 1737. Cf. ^, S", Jar ,j^r et u:;:'l.:>, u, etc. El-
Lihyânî a dit: (ji.4.A:>î c<i^ lXx^! îoI ^^\ u^*^^'^ -^i Lr-t^ i^^.
^L;J^! loi L^^^^Ji^t^ ^UCjJJI, Haffner T A L p. 41 = L A sv. ^r.
(jiiU^, bâtonnet, pelle ou fourgon avec lequel on a^^zse le
feu, 1541, 1737. Au figuré, v;^ ^U> = (j.U>, 1572; 1738;
cf. (joIacc^ vhv.
i^>^*;> = ;j.^*:>, 1088 et ss. El-Amâlî, I_)êl p. 170: ^_^<-* sJ^»,
liAjiAxi LJlï Jij iù'^ ^ja*:sxl! 'iLa\jÙ\ ^] JyiJ' ,_cAiî y*M.^I. C'est
donc une prononciation dialectale selon lui. Musil o. 1. p.
151,21; Stumme TGr. p. 60.
ïCaûU^, poêle plate en fer, 1089; Euting Tagbuch I p. 84 n. 3.
(j:24p-, a, se lever (pâte) 627, 11. — ^a\j> épithète de la pâte
qu'on fait lever au soleil, 625,9 d'en bas; 627.
Jai=>, U, et Ja*=», a, être chaud, bien brûler, 572; exemples
578; 575. Cf. ^^.Ji=> vhv. Cf. l/~-U3. vhv.
\^^<^\ Jsi ^,^L*>-:., ils accaparent le Mr, 573.
lû^, rendre haineux, Syrie. t^As.^ aÎ ia*:^^, qui a une haine
sourde.
i2*=>l, entretenir le feu, raviver le feu, îiachlegen, 573.
N».<^', nourrir une haine contre qn., J ou ^, Syrie, 575;
596; cf. L'^mZ].
iaxLs», chaud, au sens vrai et figuré, 573.
-bU^, ardeur. *_,JI -bU>, l'ardeur du combat, 573. i^L
o^t, l'ardeur du combat où la mort menace, 573. Cf. ic^o^
e>^^ et l\.«j> vhvs.
-bUi>, méduse; Stace p. 206, Jelli-fish.
496
■:^l*^, nom propre, I Sa VI VIII p. 209.
j^çIdUX=>, expliqué 574 et s.
^*^, se fâcher, s'emporter, J.c, 1561; 1612. Développement
de V^f^, 1562. RO p. 63, 4; 65, 21; 102, 9 d'en bas; Stumme
T T B L Gl. sv. — Etre jaloux, ma M J M p. 37, et non pas
être triste, comme le traduit D. H. Mùller SAE I p. 72
§ 17. Naqâid Gl. sv.
vjii:>, tr. de la première, n'a pas donné oiJU=>, vhv., 16 12.
vJi/sLsp", s'offenser 1562.
vJU^:''!, se fâcher, se mettre en colère, aussi Hartmann LLW
p. 55, 12 d'en bas.
oi.4.:=>, colère, et au flg. oU^i ji-, au moment de la mêlée, v. sub
•..Jl;^ p. 347 et p. 470. On devint alors très échauffé et enragé,
^^, Stumme o. 1. v. 283, ou o'J^, o. 1. v. 218. Cf. sub
j*.^, JiaJ, ycO, ^ et sub l\4^.
,^LjUj>, pleiyi de colère, enragé, comme RO p. 52 § 73;
MSOS III p. 26, 6. — Ce thème se trouve dans tous les pays
arabes ; il est bien illustré chez Dozy S. V. Teghali o.l. p. 1 50 n. 1.
J^4.=>, se porter garant, être garant. ^UJULs* ^, nous nous
portons garants pour eux, 722, 6 d'en bas.
^^, charger, 72, 3, = J\.;i ib. n. 1 ; 140, 17; 158 v. 12; 541.
. L'infinitif, JÛ.>, 154,18; 536; 541; 542; 1694; et JU-^J,
l'inflnit. de y^ , 542.
JwoL^', se charger mutuellement, s'attaquer Vun Vautre, 80, 21.
jji-, charge, fardeau, 451,2. Ce n'est pas le pi. de ^=>,
comme chez RD Gl. sv., l'exemple suivant le prouve: iS^^.^
497
y_^ J^ ^. J^ J^ % J^ J^ ^Jk ^ji à^j j^^ o^-^^
et le sultan de Laiidar prélève 1% talleri sur chaque cha-
meau ou charge de chameau qui passe par L., Dt., Hdi'.
p. 369. J^ est un Jy^ = Jj^jt-à-», soit ici ôyt.^, ce' qu'on
porte, ce qui est porté.
JyiL=> et xiyîL>, torrent qui charrie, 592.
X. îj ♦ ->, groupe de plusieurs familles, Béd. Nord. Jaussen Cou-
tumes p. 111 qui le dit = «r*-^. Canaan, Aberglaube p. 70 n. 3.
J-i^, campement, 554 v. 19; 1166,7 d'en bas.
Jyi^, défrayé. ^l\ i»„^>Lo ^Uc i3y^3 jf^' j i3lf> oi*âJ «JO^^,
son salaire est d'un demi talleri par mois et so?i manger est
aux frais du (ou il est défrayé par le) propriétaire du menu
bétail, 25, 5.
jl^, cJiargeur, 147,3 d'en bas.
vJiJU=>, ouvrir de grands yeux, 1612. Tab. Gl. sv. Diw. Rûba^
éd. Ahlwardt, N° 41 v. 163. Amâlî p. 25, 4 et p. 26, 3 d'en
bas: ^^^ ^L o^UA^ xi^U> wJLSj! oi^Tj- Ce n'est pas une
dissimilation de ^_S-«-=>, mais ou un accouplement de ^Jil.:>
et Kji*s> ou bien un dédoublement de oiL> par m, par con-
tamination avec vJU>. Vollers Z A 23 p. 106 veut que le ^
soit forraatif et il compare oiJb et oil. Dans notre dialecte,
o»JU=> a le sens classique, et le récit d'el-Amâlî provient
justement d'un Yémanite. Qui pourra jamais débrouiller
l'écheveau si enchevêtré des racines sémitiques?
1/"^^.^ 571 = V ^c*^', I Sîdah XIV p. 24; cf. p^, vhv.
^J,..^\ ^^ = ^j^4.^) ^JJ>, LA XVin p. 216. —_^, sueur;
82 ■
49â
aussi 'Oman, RO p. 153, 15; MSOS III p. 20 et p. 21. -
ajU^, chaleur, ^^-^^^i y^U^ = ^«.^^î _^4^, aussi 'Oman RO
p. 24, oîi à tort hammâwithe et p. 383,3; hamawit.
V~^^, 571. Cf. on et UV p. 445. - ^, a, être ou devenir
chaud, 46, 26 ; 47, 20; > ^^;*> 36S, 2 d'en bas. ^«-.^^'I o-i*^, le
soleil devint chaud, 320. o^il ,^^ j_^,-«-:s?. j^o, (les mois) penda7it
lesquels le froid devient intense 635 n.; cf. expression analogue
sub »;!;='• Vj^ ^-^t-;-*"^? Ici guerre se chauffa, 80, 21. — Avoir du
dégoût pour. KiL^o'^I ^^^ ^J:■'*^ o:v*^, ye SMZ5 dégoûté de cette
femme, 572 = jJs vhv. Cf. Hartmann LL W p. 55, 12 d'en
bas: être en colère = J>£ c*^*^' s irriter contre. — Mais ^,-*j>,
i, défeyidre, protéger, comme dans la lurah,. vhv. Naqâiçl Gl. sv.
Il faut ici relever la plus grande boui'de qu'un arabisant
ait jamais commise. Dans le joli livre de Wetzstein, Die
Liebenden v. Amasia, le texte porte p. 86, 2 : c>^a4^ c>^-:^
^1:^.;.^^ c:/_;^-'i:w5^ , ce que AV. traduit un peu librement par:
„^■c/^ iceinte mir die Augen ans und lief 7nir die Schuhe durch".
A cela le professeur G. Jahn, le traducteur de Sîbaweyh,
donne, dans une note, cette explication : „Quadrilitera in der
Bedeutung „sich abmùhen" und „einem zusetzen", wie es
soheint durch Anhiingen eines schwachen Buchstaben aus
Triliteris gebildet. Ygl. ^, deti Knochen abnagen, und vwÀ>-,'
bedrdngen". Or, c'est >,i>a.«.^J et c>.^^à;^3, oîi 3 < ^3 = ^^' ^^S
ou jS:>. De oela, le savant professeur d'arabe a fait les qua-
drilitères ^^^^ et ^J^- C'est kolossàl! Cette gaffe formi-
dable a échappé à Brockelmann dans sa critique de cette
édition désopilante, LZB 1906 p. 1147, et même au sévère
Nuldeke dans la ZDMG 61 p. 198 et ss. Cette édition de
499
G. Jahn du charmant ouvrage de Wetzstein n*honore guère
la mémoire du savant consul allemand et prouve qu'on peut
connaître la lurah tout en ignorant les dialectes.
^^, i, défendre, 104, 16 et n. 4; 242 n. 1, = ^^1, ib., v.
sub ,^^*>.
1^^, chaleur, ardeur, <j_,-«j>, > ^Lr, à cause de l'accent sur
l'ultième, 572 n. v'-=^ (jr*^> l'ardeur de la bataille, Dt. = ^c*^
Vj^ chez Zoheyr, mon édition p. 185 en bas = y^^ L^'A^
,UJ! ^^ ^^ .L*jw*w«, selon le comm.. ^c~*^ ou iL«-=>, est
particulièrement la grande chaleur de l'été. = yS- 'iU=> , L A
XVIII p. 218,7 d'en bas. Un datînois me dit: ^^-?-:. ^^^^
,_.«-j<\il ^y^ , V échauffement du corps provient de la forte cha-
leur de l'été; V. sub *k=>.
^c^4-^, territoire sacré, territoire réservé, -réserve pastorale,
n'est pas employé dans nos dialectes du Sud, on y dit ii*^,
■ vhv., mais on le comprend, car ^jas>\ est le terme technique
pour protéger le ixc>, Arabica V p. 207, et les inscriptions
sabéennes le connaissent également dans ce sens. Torczyner
0.1. p. 258: „^c*^, enclos, do haman, quelque chose comme
environ, tout autour, entouré, apparaît en hébr. comme D^nDln".
Si l'étymologie peut être vraie, ce que j'ignore, l'explication
morphologique ne me sourit guerre. Je croirais plutôt que
^J^=^ s'est formé, avec le temps et par le fréquent emploi,
de tU:>, JL« régulier pour cette sorte de choses; ensuite, ce
mot fut prononcé hima, avec l'accent sur la première, selon
de nombreuses analogies et rentre comme tel dans le système
de l'i'râb. ^\ «iîSj. Sur le hmym ou mhmym sabéen, voir
Rhodokanakis o. 1. II p. 144.
^^^/îL>, chaud. (jr*L=> v-^j ^« guerre est ardente, 80, 21.
500
A-»^, venin du serpent, 1099.
j^Lm^, qui a chaud, qui est eti sueur. RO § 74; ib. § 308.
^^:>, a, i, retentir, résonner, 743. — Siffler; cf. |^ vhv. ^î^
iCxjb Ji" ^^ j^uk: ^^ v/^'> 6^ ^^-5 cowps de fusil retentirent
ou sifflèrent sur eux de toutes parts, 13, 11; 104, 17; 125, 12;
153, 11; 747. ^^y^. T-^♦-î^ lo, pluie siffle, gronde et elle est
qLL>, 1603. — Bourdonner (abeilles) 879 = J^:s^a« vhv. —
Gémir (chameau), 883 et note. I Sîdah VII p. 77. Oj_xiJ(
m\ Uj q^s^, le chamélon gémit après sa mère. Courant dans
toute l'Arabie.
^c:^^ Qty^^L. ^ ^î ii^^ [l^h ^pjjlj c^-;^
Et ma chamelle gémissait d'agitation et de désir.
Après qui veux-tu me faire soupirer par le gémissement?
Hamâsah p. 146, 1. C'est là une tournure qu'emploierait
n'importe quel Bédouin encore aujourd'hui. C'est le son étouffé
et prolongé des chameaux que connaît quiconque a voyagé
en Orient, blatérer. — Désirer, languir, soupirer après,
117, 28, sich sehnen nach, to long for, languir de. ^^. é^
.»„cooî Ui, ton coeur languit des livres, you are longing for
the books, me dit un Datînois en me voyant toujours tra-
vailler. G. Jacob, Schanfarà-Studien I p. 33, dit que ^^ se
rapporte originairement au mugissement de la chamelle et
ensuite, au flg., aux choses humaines. Cela n'est pas le cas.
^ est une onomatopée qui s'applique à tout. LA sv. ^:
^o*j ^^ L^*i2*j ^^ys ^J^Ji^ ^jSi\ 3 ^^î yj ^ ^\^ ^^^^ ^.
L'infinitif J^, 1672, 1, est commun à tous les verbes qui
se rapportent à un son ou à un cri.
501
(J^ ^•y>=>, avoir pitié de, 788 note.
iLjo-, son retentissant, retentissement, résotmance, 743; bour-
.donnement des abeilles: vy^' *-^> Dt.
X-^.-L^, espoir, = ^^jgA« X (j-Ij .iCA-c^Jt ,,:;,otÎ2i L« ^_yî J Ji^ e^
dis-lm que je n'ai pas abandonné (pr. coupé) l'espoir, dans
une qasîdah d'Ahmed ed-Diyêbî; prononcé hin-ni-yeh selon
le processus ordinaire des mots à iu finale, 1618 et Hdr.
p. 745 et ce qui suit. — Deser, languissennent, Sehnsucht, comme
dans ce verset, 1618:
ia femme du soldat, o?i n'a pas de languissement après elle:
(Car) qui veut l'embrasser n'a qu'à venir (chez elle) après
le coucher du soleil.
Il n'est guère besoin qu'on L^-xJU ^-y-^., car elle est de
moeurs faciles et se donne à qui la veut. C'est ainsi qu'il
faut corriger ma traduction 1618; cf. sub ^yC-;^.
ié)uLJwÀ>, 383.
lL>, > j^^_>L=-, teindre de hinnâ\ 827,15. Cf. le classique
Lii, être teinte (barbe, doigts, etc.) en rouge; lLï teindre,
LA sv. La barbe et les doigts deviennent noirs, lorsque la
dose de hinnâ' est forte. Voilà pourquoi ce verbe est
expliqué par c>_y^\ et o^. Les coiffeurs d'Europe ont introduit
ce procédé chez nous.
lL^', se teindre de hinnâ^ 827, 15, > ,^^jLi^'.
tLL>, henné, pi. (jJi^>, 1378,4 d'en bas.
• , être accroché, rester pris de façon à ne pouvoir s'en
502
tirer, se fixer, se coller, se iwendre, s'éprendre d'amour^
76,10; 496,2 d'en bas; expliqué 1152 et ss. ^^jy,->^J.^, you
are entangled (in affair, matter, etc.), Stace p. 56, ib. d'autres
exemples; ici ^^^^^^ est mieux, v:>^*^ u-^j^^ùw Iàp Jos-aj* io!
^y'ifi]!, if you loill do this you will be entrapped by the law,
vous serez pincé, ib. ; en suédois, pli fast. On dit d'un amoureux
qu'il est ^^^ J. v^jL>, pris, embobiné dans l'amour. v^jl.=>,
entangled = ^y^-, Stace ib.; fixed (as slab in rock), ib. p. 66.
i4Ax>, impasse, difficulté, mauvais pétrin 1184. Stace p. 175
le traduit par transe, exstase = &.*-v^>,
ioU.5>. J'ai toujours entendu iùL;i>, tasse ou écuelle en bois
des Bédouins de Syrie et des Negdites, 1356 n. 1. Musil o. 1.
p. 138,2 d'en bas écrit également ehnâbe, petit vase en
forme d'auge. C'est le français hanap, l'allemand Humpe et
l'ital. nappo, anappo. Sur l'étymologie, voir Walde sv. crq)a,
Falk-Torp N D E W B sv. Humpe et Boisacq Langue grecque
sv. y.v[j.(ovj, qui écarte l'étymologie sémitique proposée par
H. Lewy, Die Sem. Fremdw. p. 151 s. Mais celle-ci ne me
paraît pas impossible, à l'instar de tant d'autres noms grecs
d'ustensiles provenant du monde sémitique, H. MôUer, ZDMG
40 p. 152 n. 1. Un emprunt direct à l'allemand n'est pas
probable, contr. à Vollers ZDMG 51 p. 322. *jLl> est
peut-être originairement plus juste que 'iLiLx^ vhv. Cf. aussi
Wetzstein Lieb. v. Amasia p. 158 n. 1 et ici sub >--*•> ? ^^^
serait aussi de la même provenance, ZDMG 50, p. 639.
(-,J^, pi. u-oL^, trappe, Stace p. 175.
v_;Le>*, souricière, Hogarîeh.
Le sens du classique w.^_>l.5» doit être une variation de
Y >>*•>: cf. ^Jù.=>.
503
j^=>, court, trajm, 1767 = J^=>.
J-«^>=^À>, 1767.
J.>^>, voir sub v^>.
yCi> est chez les Bédouins de Hadîr, Mâwiyah et Gebal
Sabir, dans le Hogarîeh, le verbe usuel pour voir. Nous
avons constaté que Ji> est en ^omânais le verbe courant
pour regarder, fixer, vhv., et je crois que le verbe yémanite
est une dégémination de y:>. On pourrait aussi penser à un
accouplement de yc> ety:i, forme araméenne pour jkj=^,
mais la première alternative est plus probable.
Ana hantartuhom yuwarri'ûn fim-haub 'wJÎ
v_j^l J, Q»j^jy{ ^yik=^, je les ai vus qui labouraient le petit
champ. C'est ainsi que cette phrase me fut distinctement
prononcée par un Bédouin de Bilâd Mâv/iyah. Qu'on se
le note bien! (cf. yihûfuhom ici p. 517,9 d'en bas). Autre
exemple sub ^J;>^, vhv.
La lurah a un mot qui pourrait bien se rattacher à ce
thème: .^Ju.>, .^iAas>, 3.3iAj.=>, a.jL\J.>, s_jA_à>, laquelle
forme serait la meilleure d'après Abu "Obeyd dans I Sîdah I
p. 94, 8 = L A V p. 296 et Lane sv. Les nombreuses varia-
tions dans le voyellement de ce mot font penser à un
emploi étendu dans différents dialectes. Il signifie iLïL\.s>,
pru7ielle de l'oeil, selon el-(jrauharî, I Sîdah et Qâ,m. qui l'a
sub ^<A.=> et jjs.j,s> LA. Lane le rend incorrectement par
the black of the eye. La seconde lettre est évidemment radi-
cale, et le thème est, il me semble, un élargissement de
^, contaminé avec^iA:>, vhvs., signifiant la rondeur ou le
504
pourtour. L'observation de TA sv., Lane sv. que le n „should
not be held to be augmentative, when occupying the second
place in a world, unless on strong évidence", ^>^ "^f, ne
tient pas devant les faits, p. e. ioAj> > s3Ckjj>- et ïLijjJOL^,
I Sîdah I p. 94, 7, et grand nombre d'autres mots.
On raconte que les savants byzantins, j.3yt ^Uic, voulant
sonder la science de l'auteur du Qâmoûs, Megd ed-dîn el-
Feyroûzâbâdî (t 81 7) lui demandèrent l'explication des paroles
de ''Alî adressées à son secrétaire:
et el-Feyroùzâbâdî de répondre tout de suite:
ce qui veut dire à peu près: colle tes fesses sur le sol et
prends la plume avec tes doigts et tourne tes prunelles de
mon côté afin que je n'articule pas un mot que tu ne puisses
retenir au fond de ton coeur. Tous ces mots se trouvent dans
L A. Quelques-uns sont même yémanites, comme x^^ = ^J^x:
Naswân o.l. p. 17, I Sîdah I p. 93 d.l,, et ^i-Lci , Naswân cl.
p. 59; LA sv. Un arabe moins savant que ^Alî et el-Fey-
roûzâbâdî aurait dit: ^iUjLoL. ^jud! l\=>^ ij^j% eVj'AjtJix ojJ!
J'ai trouvé tout ceci dans v_j^' otii \::j'ijj^ ^\jS' par Hôfni
efendi Nâsif, Caire 1304 p. 44, mais je n'ai pu découvrir
d'oii il l'a pris, et toute l'histoire me fait l'effet d'être in-
ventée. En outre, LA sv. donne yix^ et syj^ = .jij^], ce
qui paraît se rattacher au sens de y:> vhv.
505
O o ,
j»XL>, vase rouge ou vert dans lequel on apportait le vin à
el-Madînah, 613. I Sidah XI p. 83. Naqâid Gl. sv.
-, œsophage, 796 n. - Larynx, selon P. de Koning
Trois traités p. 816.
5
^yF'wo., trçichée- artère, 1163 n.; = [«y^J^ dans Amâli p. 52, 3
d'en bas.
J^^i^, sautiller, < ^^=> vhv., 1226 n. 2. Weissbach Irak-
Arab. p. 207 N° 182: Le ^^j^ ^^■ir^A-' oîAjI^ oj^^-'^ ^^'^^
^1 (j*^ (^ u ^^*j Lo ^J<^\x^,, où c'est écrit ihâniglan,
hopsen, gambader, mais cela doit être ihâniglan.
id^:s^=>, cerc/e, RO p. 55. Voir sub ^n=>.
,^.^u=> est en Dt. l'intens. de ^^, gémir, 601, comme chez
Stumme Gr. tun. p. 37, hennir, mais chez les 'Anazeh c'est,
d'après Wetzstein ZDMG XXII p. 135, un dérivé de ^^L>,
i; iJblsi! ^:s-\5?J, l'heure du repos de midi (lorsque le soleil
est au plus fort) est arrivée.
En Syrie, on ne le dit que des oyIoCo, tels que \y>, jy>,
oU^s, lorsque l'intérieur est gâté et qu'on ne peut le manger:
^j^^[X=> ^»^, — ^^j^\j^', retentir, résonner, 145,13; 1611.
iùL>uL>, Falco milvus, ma MJM p. 22.
tic>^jj^:>, pi. iAjjL;.>, dent de la clef en bois < >ij>^J^=^ l/~t\>.
Classiquement c'est JS±>^ ou ^l^^,
506
3i-U:>, court, trapu, 1767; Ruzicka o. 1. p. 149.
iÀis>, i, rôtir la viande au four, 604, très employé partout
dans le Sud et au Yéman.
L\y.s>. rôti, 604. Hirsch Reisen p. 185: „in der Mûfa ge-
backenes Fleisch". Description détaillée comment on fait le
hanîd dans I. esSikkît Tahdîb, éd. Beyrouth, p. 646.
3^jc^ = LX:yL>, 604. V. sub J-wj et Cu=>.
o
,jix-L>, serpent, au figuré, 715,2 d'en bas; 1240; pi. ^^^J:^z>
et i>uiLL> 1469 n. 1. Kxc^i.> = JL^, vliv. et ma MJM p. 23.
i4l2;.=> non employé dans le Sud, 1202, mais chez les Bédouins
de Syrie c'est = .^4>i; on y prononce Kk>L>. Cf. Praetorius
Beitrâge z. Assyriologie I p. 24. Cook Gl. aram. Inscript, p. 51. —
_ o c o -
J2>L>î, fém. tLl3>L>, cZe couleur indécise, mêlée, Dt.
oi-^>, i, fléchir; s'infléchir. _y^^\ c>^' ^9^!-=?. c?^^ , le loàdi
s'infléchit, fait un coude, un tournant au nord d'el-Henû,
Arabica V p. 68 n. 1;=|^>, i, <y.> vhv. — LijA=>i, ib,
oi^, i, se fâcher, 112,5; 123,13; 136,6; 482,14, mais
aussi ^Jèss^, 1560. Expliqué, 1560 et s.
oijo-, fâcher; Stace p. 181 ss. vexed.
507
vJLjLs*, être fâché avec qn., 1561: oLJL^ ê^f, p. le fém. v.
99,7, 1445.
vjàjl^', se fâcher^ s'offenser^ 1562.
^Ijt;>, fâché, 1561 n. 1. = ^^b^s> et ^^Liilî-.
dU5>, expliqué 1712 et ss. Etymologie supposée, voir Torc-
zyner o.l. p. 287 et n. 7.-tiU> 1712; 1777. Sur la pratique
y décrite, RO p. 293 donne ces détails:
_bjjy*a^ O"*"^^ J-^*^ ij^-^^ J^'^^ 3j_Js-0?up- ^ Ji' J15! \_L>w_LwLÉ
(éU^! J^b ay^cXjj . Parmi les coutumes des Arabes, il y a
celle-ci: lorsqu'un enfant leur est né^ au moment qu'il tombe
(= sort) du ventre de sa mère^ et qu'on voit qu'on l'a lavé,
avant toute chose, on lui frotte le palais de la bouche avec du
manger, tel que miel et beurre mêlés ensemble, et ils lui oigyient
la cavité buccale avec. Musil o.l. p. 215 et p. 217. Le même
procédé est pratiqué en Dt. — Consolider, faire une citose
avec soin, Arabica V p. 201 note, ""Arwal.
ii)Ji>^", être contigu à, ib., ^Arwal.
tiU=> , cavité buccale, partout courant, = eUs» en "Oman, voir
ce qui précède sub dU=-. Cf. Praetorius Beitr. z. Assyr. I p. 28.
iiU=> étroit, ""Arwal.
&jCj.=>, gorge flanquée de hautes montagyies, Arabica V p. 200
note; cf. oi*>^, ,»^ et w^.
e)oL> < tiUL>, noir, très foncé, 1760.
* -^
^eé^^i h < ^=-) u, se plier, se courber; décrire une courbe,
faire un tournant (route, wâdi), Arabica V p. 68 et n. 1;
= oiÀ>, ib., vhv. ou 0;^=>1, ib. vhv.
508
(^=>, courber^ plie7% 801, 7. Cf. le class. .^s-, i, faire incliner^
= JL«! et ^yi, qui doit représenter un primaire [jl^.
_^=>, courbure, coude, tournant, Arabica V p. QS et n. 1 ; ib. p. 94
et n. 1. Nombre de localités dans le Sud portent le nom de
y.> ou _^>^^w!, voir les Indices de mes ouvrages. Voir sub oi>^>.
iLyc>, pi. 1jU=>, les deux bois cintrés qui forment la carcasse
du bât, Hdr. p. 370, Dt. 562, oîi dessin. Stace p. 198 donne
iiLuo-, cot strapped on camel for women to sit in. Dans le
Sud, c'est litière, et dans le Nord, la tente qui couvre la
carcasse de la litière, ma LA p. 72 n., et chez Meissner
NAGI II p. 82, 1 iuis* est ,^die Wôlbîing des Bâches der
Hîitte". Hartmann LLW N° 77 Str. 3 v. 4 a LiLl^, qui,
selon son Bédouin, est le pluriel de hanwe''(?) et paraît
signifier l'échafaudage plié en arc sur le J^.
iÇyL>, courbure dti poignard, Hdr. = io;.^\> Dt., vhv. , voir planche
Hdr. p. 362.— (_^-os^ chez Musil o.l. p. 72, 14 d'en bas, litière. Je
connais ,^^î^, pi. ^c^"^, litière, chez les ^Anazeh; elle diffère
de la kiliJ, vhv., qui a une porte pour y entrer, tandis que
le ^i^ n'en a pas, et la femme y entre par-dessus le parapet.
oj^, n. gen.; lçJ>>» ^- unit., poisson en général, 709, cou-
rant aussi dans le Nord et dans les pays de l'Afrique équa-
toriale. Carbon p. 235. Jayakar, BBRAS 1902 p. 264, a
o>j, tout petit poisson. — Vers qui sort d'une plaie ou des
narines du chameau, 709.
La hûta iLjy> joue un grand rôle dans l'imagination
populaire de tous les Arabes. C'est la Tiàmat des Baby-
*
ô
509
Ioniens. On se représente cette hûta comme un être féminin.
Voir sur cette croyance Meissner Babyl. Bestandteile in
modernen Sagen, Archiv fur Religionswissenschaft Vol. V
Heft 3 p. 224 et s.
oîy> , marchand de poissons, Hdr. Dt. = ''Oman -bUï vhv.
^^
^^5>, assaisonner, épicer le café, 56,20; 520,6 d'en bas;
1079; dénominatif de ^}y>', épices nécessaires pour le café,
56, 16, 18; 1079. Les 'Awâliq disent J^>.
ié>b- est dans nos dialectes seulement besoin, jamais chose,
comme en Syrie et en Egypte. En revanche, on se sert du
mot iL^\^. chose, vhv., souvent prononcé liiyya, ce qui
n'est pas pour x^jL=>, comme le pense RD Gl. sv. _y>.
o^=>, descendre, ynettre pied à terre, 356 n. 1 ; = Jk=>, ma
Festgabe p. 33. Cf. V~o^>.
.L>, u, rentrer dans V après midi ou le soir 25, 1; 685; 697
note; 707. Hdr. p. 559. Naqâid Gl. sv. — Se lever d'un bond,
Hdr. p. 360,8. Cf. K""^, 707 et Hdr. p. 559. Nôldeke
Beitrâge II p. 48 parle de ce verbe et il cite pour .L>,
retourner, Asma'îyât 32, 1 ; 'Urwa b. el-Ward 1, 2; Soûra 84, 14,
etc. et il ajoute „ce n'est donc pas sudarabique, ainsi qu'on
pourrait en conclure de Landberg Hdr. p. 559". Mais j'y
cite moi-même des exemples classiques, et la remarque do
Nuldeke à mon égard est tout à fait gratuite. Naswân o. 1.
p. 30 dit : (j:2*J j.3 ^^ t J! ^y^r. j^ j. jt^ (Ji2*J -^ ^l-^. jL>5
j^, '^i^ ^LàS dVJuj ^' :^JoLv^<. Faiq I p. 229.
.*.:>, faire rentrer raprès-7nicU,= ^.>^, 707. Bans le Nord,
remuer, a^^'! ^.y>, remue le café^ 708, = v£)^, partout usité,
et ui;^>, Sud, vhv. RD Gl. sv. ;.,->, dissimuler^ induire
en erreur. — Teindre d'indigo, v. sub J^î p. 7, 10; dénom.
de ;:^^>.
.^', toynher d'en haut, Syrie; c'est pour .^" vhv.
.b:s>l, s'égarer, Musil o. 1. p. 220.
j^=>, indigotier, 88, 6, 89 et passim. Ce mot provient d'une
autre racine homonyme qui signifie être noir et qu'on retrouve
dans (•J> et -*.=>, vhvs. et en mehri, oîi hôwer, ^loir, et
en slj. hor < ]/~libr =^y>, Bittner St. sh. I pp. 58 et 59 ').
Nous avons donc ici V^libr, hmr et hwr, comme le suédois
hamn, le danois havti et l'allem. Hafen, port. Mes Datînois
appelaient le ciel bleu û^I, et les habits teints de haw^îr
étaient à leurs yeux 7ioirs = bleus. Ce bleu ne dévient foncé,
presque noir, que lorsque la teinture est bien saturée d'in-
digo. On sait que presque tous les Bédouins, surtout dans
le Sud, portent des vêtements teints d'indigo, ce qui déteint
aussi sur leur peau. C'est là probablement une pratique
ancienne, qui est encore perpétuée par les peintres religieux
européens qui représentent la Sainte Vierge vêtue d'une
chemise bleue, les pieds appuyés sur le croissant, voir 1009.
Pour la V~ »jZ> au début de cet article, on pourra com-
parer le ,sh. m lier, rond, et l'arabe ,^, arrondi, ainsi que
.b, vhv., et ùl, vhv., dont le sens a le même point de départ
sémasiologique.
.•)\^, chienne en chaleur, ou '^j^L:^, 1398.
') Bittner voit aussi cette permutation, ib. p. CU, dans le pi. dbel
= duwil, l)^^^, vhv., mais je crois que c'est là un autre mot.
ou
6
Jy^i bâtonnet ou cueiller pour remuer les fèves de café,
708,==Dt. ^!^,.,ib., 1078.
jL>, u, =jL=>, i, 600, enlever^ = ^, vhv., écarter^ mettre de
côté, faire aller de côté,= \»j=>, expliqué 600. Marçais TAA
p. 273 dit avec raison que les V~jy=^ et l/~j*>, partielle-
ment confondues dans la langue ancienne, le sont aussi
aujourd'iiui dans l'Afrique du Nord et dans les dialectes du
Sud de l'Arabie. V~^ et V~^\, 600. J-j; J*— ^j retenir
qc. à qn., refuser de restituer, Dt., RO p. 20, 4 d'en bas. Dans
le sens ^'ohtejiir, posséder, 1723, il n'est employé que dans
le Nord, comme dans ce vers chez Musil o. 1. p. 244:
Ma hâzeha tuggâre fid-dukkân ')
Des marchands 7ie l'ont pas dans la boutique
I Sîdah V p. 118 en bas: «j^^. ;^^y> UsjI \»j^*, j^^^ j^j^'
lAili LXx^ t-*-^ ^yt_^*, 3^=>î /^-♦4^3 sLL-w^ *wjj,i|^> i-^V. J*^—^'
^:U>Î5 v^Lx=:.3 !^^s> »jL=>. Et c'est encore de même dans les
dialectes du Sud.
j^>^ jL>, mettre de côté, 600; s'ôter de ib.
;^', s'ôter, s'écarter, s'éloigner; 600, =^j>^'.
jjL^', être éloigw', les uns des autres; se Si'parer, 600.
j^\, fuir, seulement dans le Nord. Tab. I p, 1616. Cf. u-^L^'î
vhv., et ijirL:^'! vhv.
jLcs-l, s'écarter, s'ôler, 163, 13; être éloigné, être situé d part,
être isolé. s^^-^-Jî ^ y^-M j^^ oJt^i, le foyer est un p)eu
éloigyiê de la tente, 20,10; 71,3. jLil ^^Lj ^.c jUl^ J^,
la montagyie est isolée des autres montagnes, Harîb. Cf. lip
Gl. sv. et ma Festgabe Gl. sv., cf. j*>, j>^, -.j, Jj, ^j>;>
1) C'est ivinsi qu'il faut liro: — o_|__^_| — .
512
^:, 600, 601. On voit que jL> a dans les dialectes, en plus,
un tout autre sens que dans la lurah, mais il s'explique si
l'on admet que les dialectes ont ici conservé le sens pri-
maire, mettre de côté et ensuite he dreio, collected, he had,
held or pos8essed, Lane, qui a bien en dernier lieu ^^^^î jL5>,
he removed tlie thing from its place, put it aicay, etc. Cepen-
dant, dans les autres formes du verbe, ce sens dialectal
reparaît, v. Lane sv. En Algérie, ;L>, u, est encore mettre
à part des objets qui vous appartiennent en propre, Marçais
0. 1. p. 273, ce qui correspond à peu près à la définition
d'I. el-Qùt. p. 221: iOCJU ^t ^^^t ^.
y«L=>, U, aller par ci, p)ar là, rôder == \^\.=> vhv., et ^b, 719;
errer 875, 5; 1567. = '^in et ^''n, se dépêcher, eilen, Ges.-
Buhl sv., Del. Prol. p. 180. _^>_aJ! ^ o^^-^j nager dans
la mer Dt., cf. ^-:s^t J. ^-ps, nager, avec étyraologie iden-
tique, V. ma LA p. 67 et ici sv. En Hdr., J (j*L-=>, che?--
cher, ce qui est aussi le sens classique, mais il est secon-
daire. Dans le Nord, c'est hi7î- und hergehen, herumgehen,
Wetzstein ZDMG XXII p. 159, savoir, la même chose dans
toute la Péninsule et en Afrique, Hartmann LLW pp.
84 et 115, même sens; de Goeje Bibl. Geogr. Arab. V. 4
Gl. sv. Ce sens n'est pas éloigné de celui que donne L A sv.:
tiUo J. ^i)ys^J!5 JJLiiilj --ijjù] 'ucioùl (j^jr^\ , ce qui peint comment
les cavaliers courent par ci, par là dans la rârah. Même
définition chez I. el-Qût. p. 221. Quoique (j*L>, u, ait le
même sens presque partout, il a reçu, dans le Nord et le
Sud, deux applications différentes. Tandis que, en Syrie,
o^î ij. 'tj*^'^ »rt' veut dire que la femme va et vient dans
la maison en s' occupant de sa gouverne, iww>.>, je constate
que dans notre dialecte oJai! J. u*^" ioUô"^!, est la femme
court les routes, parce qu'elle est &.vsoL>, coureuse, grue, vhv.
513
ij*j=> , aller par ci, par là, flâner, se promener^ Dt. ; de même
en Algérie, Doutté TA DO p. 99; Bel La Djâzya p. 120;
Sadira Dict. sv. promener; Marçais T A T p. 332 : faire une
promenade fixée à Alger; Beaussier Dict. sv.; Stumme T. Gr.
p. 99. Lis tehôuwis (ou tehùwis) h in ne, pourquoi
flânes-tu ici? Dt. Cf. ^j''.:>, même sens, uoL>, ^j^c et (j«t, vhvs.
(j^L^^-î, fuir, 1567 note. — Cf. ji^'^ et iJ^^'U vhvs., et ^^nn,
fuir<mr\.
(j«bj>!, aller de côté et d'autre. Musil o. 1. p. 242 v. 13: halla*^
walâqâhom ''ala-d-dâr tahtâs (c'est ainsi qu'il faut
lire), ce qu'il traduit par: er nahm ihren Frauetif?J die Beute,
îvâhrend sie im Lager sassen, tandis qu'il faut traduire:
wàhrend sie im Lager herumgitigen ').
iC_A^^L>, pron. h ose, putai7i, parce qu'elle rôde, (j*>-=^'; v.
iLwL> et ïiCavoLp.
xmo^;:sù', tour, promenade. iL.*»-jipi^' l\-=>I, faire un tour, une
promenade, Dt., comme en Algérie.
o
(j*!^, tour, promenade. C'est le masdar mîmî, courant dans
le Sud et le Nord, des verbes de mouvement, Hdr. p. 209; V. ici p.
526. jLxftxi, plus commun, varie avec 3-xàa, p. e. ^Ui.*^, ^y*^,
o o o G
.!Ju^, ,Ly«^, \J^fiAi retour à, la maison, Nord, Jl^.:?^, vhv.
Rhodokanakis n'a ]3as reconnu cela et il considère ces for-
mes comme des nom. loci, RD II p. 155, oîi il cite misdàr,
misyêl, misyfira, qui cependant sont des infinitifs, assez
communs en mehri, ce qui a justement été relevé par Bittner
St. mehri I § 21 et II p. 88 Anm. 2. — En Hdr., il y a la variation
phonétique u«L^, vhv., LA sv. Notre tj^L> est évidemment
l'hébreu biblique ^in, courir vite, se dépêcher, plutôt que
Ki>s>, avec lequel il peut bien être apparenté, Ges.-Buhl sv.
') Rû'i ;il-MeU''hah est ib. le possesseur de la jument el-M.
38
514
Cf. les apparentés ^j*^ et (j*'*. II est probable que le clas-
sique (_^y.^-=>, être courageux, LA sv., I. el-Qùt. p. 221, pro-
vienne de ij"^^, vhv., par lequel il est paraphrasé LA VII
p. 360, 4 d'en bas.
V ^^_> 565; 601; 690; expliqué Hdr. p. .359. ^ ^_^->
1185 = ^ u^*-^=>, vhv. ■— cjiL>, u, remuer, brasser, mêler.
a^^î ^=>, remue le café ^ Nord a^l .^>, vhv. .Uiî ui^=>,
remue le feu, attise := ^y>. LA VIII p. 172: %*=^ LJ! JL=>
v--Aix^ Q^ o^ÂJ" Lo \^\ = ^UJ! ;__,>i4'î, ib. p. 177, 51, oîi |ji.j> =
notre (jxL=>. Un Hadramite me dit: Q-fwJij J^^^ou'l ;.i>^-*j> "^
ù 3
LiJOix.> L^joio^^, si hi prends du miel et du beurre que tu
mélanges e?isemble, tu dis hùsteha. ,_c-;i^j j^, j'ai des
tranchées de ventre, des coliques, propr. mon ventre remue,
cf. L>3>>, classique ; = (jiiLx:^. ^c^ , x^w mon veyitre se remue. —
Capter, retenir, collecter, a.y^ }-^^- ^c^ Vj^ ^^' \y^^=^i
on a capté Veau avec un parapet construit en pierres et en
chaux, 1476 en bas. Un proverbe du Haurân dit: ^_5^_<_x_i;
^jJi c>-iL> Lo \J^}^ ^sy»-^i '^071 flet est jeté., et quelque chose
qu'il rassemble, cest à moi. lJ^^J! UJLc uiit=> = l-uic o-^c
&JJJ!, Ze peîir nous a envahis, ^Anazî. Ce verbe n'est pas
employé dans le tligâz, d'après ce qu'on m'a dit. Hartmann
LLW p. 141, 5 et p. 195, 4 d'en bas, LA sv. ; cf. ^♦:> vhv.
(ji^->, parquer, renfermer le bétail dans le uh-^^ -^5^' =
(ji^. RD Gl. s.v. — Ramasser, cueillir, Syrie; voir sub (^^^"^5
cf. iji^-«.:>, Belot.
(ji5L>, gronder, grogner. .\-X_«^:> J^ ,ji,3L=>, il gronda sa
515
femme, 307, 15. — Porter secours, 371, 12 d'en bas. — Corn-
battre, chez RD Gl. sv. où la remarque est très juste; cf.
aussi Stumrae TTBL Gl. sv. ; voyez ici J^jr^- — (jiL^^l,
fuir, Béd. Syrie, 490 d. 1., paraphrasé par pj^'î, f-^ et ^^^.
I^L^lj ^îçlc LlLoj ou -Lib iCs^ Uft^ , /îot^s avo^zs vw des voleurs
sur la route et nous sommes tombés sur eux, mais ils ont
pris la fuite,^AnsiZ\; Jaussen Coutumes p. 55 où = iA^ast, lorsque
la nouvelle mariée s'enfuit. Cf. (j^L^'î, vhv., et îi^Tin, fttir. —
ijiiLx>! se dit du ventre, grouiller, lorsqu'on a des douleurs de
ventre ou des tranchées, 1381; propr. se remuer ; y . (jÀ.^ . —
iji^, espace entouré d'un mur de clôture, enclos, cour, 340 ;
1750 n. 1; pi. uiil>=>î, 7,20; 1042; 1153,6 d'en bas. Au pi.
,ji!^:>!, fois, aussi courant en mehri. uh-^ ®st en Tripoli-
taine le mot usuel pour maison. Chez les ^Anazeh, (j«^>-
est aussi combat: j^^'i q-, l^^. .JÎL\i"b5î, les vils so?it trop
lâches pour aller au coynbat, ""Anazi; voir ici (jijLs-, com-
battre. — To7isure, selon ZDMG 17 p. 390, ce qui reflète
bien le sens primitif du thème.
(jijLs*, embarrassé, perplexe. *-j u*5L> ^l, je suis embar-
rassé Dt. Stace p. 80: helpless et ib. (ji^^î, more helpless.
iC4>>> mauvaise impasse, difficulté, 1185,3.
iCA^_j.5>, toutes les personnes, parents et autres, même les
domestiques et les soldats, qui habitent le ij«>=>, maisonnée,
1750,8 et n. 1.
On comparera les verbes (ji;^>, y^;-^; u^y^, u^'*-^ ^ont le
sens primordial est j^ ou ^b, 505,6 d'en bas= ma LB^A
p. 2, 21, ou olj>, v. ici p. 517, 9. Le sens de remuer, = éy=>,
ne me semble pas en faire exception; la source doit être la
même; peut-être aussi j^l>=^, vhv.
516
(joL>, u, coudre, mais on se sert en Dt. de la II forme,
M^AR pp. 18 et 20.
oo^, coudre. La différence entre ce verbe et ial=> est que
celui-ci ne s'emploie que pour les gros ouvrages, tels que
sac, natte, couverture, tandis que le premier s'applique plutôt
aux habits qu'on porte, ce qui coïncide avec la définition
de LA sv. I Ôinni, K. el-Murtasab, éd. Prôbster, pp. 13 et
45. En Syrie, c'est = .^', être inquiet., comme chez Belot.
uoL:=>, couture^ probablement pour uo!^> = k>oL>..
Les premiers hivers que je passais dans l'Arabie méridio-
nale, j'entendais toujours prononcer (_wvj^ , et les Datînois me
disaient que c'était „la même lettre que dans l'«>>, parce
que la main va et vient en arrière et eti avant". En effet,
(jJ.s> se rencontre avec (joL>, comme 3^> (j*L^ et Jj=> (joL=. ').
On voit donc que l'emphaticité est très faible dans le Sud,
comme je l'ai souvent relevé et je ne suis pas à l'abri des
erreurs. Heureusement ici, le dictionnaire de la lurah me
donna la vraie forme. Le verbe est très classique et se ren-
contre dans les Traditions, Nihâyah sv.
^<^j=> ^ ij,j.^p>, 1264; LA sv.
*Jo^:
1lk=* Jardin clôturé, 145, 16; 1615, < j£uL=>, 519 et ss.; 525;
pi. -bL^, 1615, et ol-l2-v>, 1616. Margais TAA p. 274.
Dans el-Hogarîeh, on dit encore haït, pi, -Lsj^^.
iLb^, jardin clôturé, 1616; territoire réservé, territoire sacré,
') Est-ce que pfi ne pourrait être parent de lK'I-s» ?
517
asile, 1616; 1781 et ss. Arabica V Gl. sv. Il y a dans le
Sud beaucoup de hautah, et l'endroit où un santon est
enterré reçoit toujours ce nom. Voir l'Index de l'Arabica V
sv., de Datînah sv. et l'Encyclop. de l'Islam I p. 313/4.
RO § 343 donne J^^', se promener: J^ ^y^_y^. o^-/!^ r
.^tJî jJi?, «75 allèrent se promener par l'ombre de la soirée,
où ce verbe montre bien le sens de T/~-bj.r=-, élargissement
de V~^s>, sur laquelle voir p. 530; cf. u-.>^', se promener
vhv. et (jij.>, v^j-^-, oj->, J^=-, c^^*, vhvs. Dans notre dia-
lecte, il y a aussi Jb^^, entourer d'un mur, établir ou
faire une i^>, et -b^', être entouré, être institué (terrain)
comme i^=>.
LJL:^, u, aller par ci par là, rôder, herumstreichen, 307 note.
Lêh tehûf kèda fil-bêt, pourquoi tournes-tu comme ça
clans la maison.^ Dt. = (j-^^û" ou ^^^J" vhvs. Ce sens se
trouve aussi dans le Nord, mais aussi celui ^.'entourer, cerner
et qui est primordial; cf. les autres dérivés de 1/ _>=>. —
Ma hâf 'agemne, il n'a pas passé notre seuil, RO p.
109,14 d'en bas. — U tani leyleh yisdor el-'aqîd
'ala el-'Arab yil.iûfuhom ') 'ala el-walad, et la nuit
suivante le chef marcherait sur les Bédouins qu'il contour-
nerait à l'effet d'e?ilever le jeune homme, ma L B '^A p. 2, 24 ;
V. ici p. 515 en bas. Musil o. 1. p. 188:
El hâsi tabaq l.ialâwa * el-mis'ad yalli tahûfa
La danseuse est un p)lateau de douceurs; heureux celui
qui l'e?itoure.
C'est à dire, qui peut en manger, et non pas: „eine Dûte
von Sussigkeiten, Glûcklicher ! der sie zusammenrollte" -).
') Ainsi prononcé distinctement: yihûfuhom; voir sub y':-U>.
*) Les traductions de ce professeur d'arabe sont parfois d'un grotes-
que inénarrable.
518
Chez Hein SAE IX p. 165 N° 16 v. 3: wayahûfèyna
el-fâga wad-deyn (c'est ainsi qu'il faut lire, où yahû-
feyna est pour yahûfeyn-na, par haplologie), et la
pauvreté et les dettes nous entoureyit = nous accablent. —
Ensuite, dans le Nord, l_îL=> est devenu rôder pour piller,
Musil 0.1. p. 390, 16, et voler simplement, Jaussen Coutumes
p. 89 n. 1. Weissbach zum Irak-arab. p. 130, 15: y a
ohwètna, ehna el-yôm nërûh nël.iûf, copains, nous
allons aujourd'hui voler. — En Haurân et chez les 'Anazeh,
oLs* est aussi examiner attentivement, comme dans ce verset
de la Qasîdat es-Sahgah:
o
Wel-açlâfer hûf u sûf*habb èdra ebgernâsa bât
Et ses ongles, exmnine et vois : {elles sont co?m7ie) les graines
de millet (s.o) qui restent dans leur bouillie ').
Ensuite, préparer, soigner, ordomier, arranger, Damas,
Haurân et Bédouins. w>lb lJj.^ ^Uà=>^ o^tyi^ Ij^a^Lc Jy>, des
hôtes sont descendus chez nous, et nous les avons entourés de
bons soiiis, nous les avons bien soigtiés, "Anazî. ot Jl l_î>^' b-l'
.^î-r^U ^j.:>, la femme prépare le manger avec soin, ^Anazî.
Chez Musil o. 1. p. 194, nous lisons:
Yâ ^ammina qum Ijott qabri* wad'^in-nisâma yihùfûno
traduit par:
0 miser Oheim, steh auf und ziehe die Linien 7neines Grabes
Und rufe herbei die Helden, dass sic es ausgraben.
L'auteur aura demandé à quelque missionnaire indigène
ce que signifie ici yihùfûno. On lui aura répondu yih-
forùno, ils le creuseïit, et il a cru que lJL> est = ^.àj>,
mais cette réponse ne peint que le travail qu'on fait. Il faut
traduire: ô notre oncle, va tracer ma tombe et laisse les braves
gens la mettre en ordre pour que j'y sois enterré avant vous,
') Lr'^j'?' 6st une hotdllée de riz et de duvah avec du lait.
519
car c'est ce souhait qui est ici exprimé, voir ici (j?Axj L p. 181.
Sur j.iï, vshv., et sur ^JJ^^> < pOj, laisser, v. ici sv. ^o. ol.>
a ici le sens que je viens de rapporter. Il n'a jamais celui de
creuser, quoique ^ puisse être un élargissement de V'~^:>,
comme l'est aussi V ^y>. vv^Id iji^^ oljî, le manger est
bien soigné, bien préparé, '^Anazî. Un verset de la célèbre
qasîdah d'el-Hotrôbî porte:
Masman wa law zîyin li ez-zâd ') bil-hôf
Je ne deviens pas gras, quand rnême ma nourriture serait
préparée avec soi?i. Ma LB'A p. 11 v. 5.
^^îLs^AA-l, RD p. 104, 15 n'est pas pour oLs^Lwî, comme le
croit mon savant confrère, ib. p. 139, mais c'est la forme
régulière: tâcher d'entourer, filer q?i., chercher. L'auteur le
place dans son Gl. sub v_à-^=>.
KjL=>, quartier d'une ville, 827, 6 = ailleurs »^L>; au pi. lc*!>=*j
selon Stace p. 134. Cf. iL5b>, vhv.. Mehri haft, ville, vil-
lage; sh. hofet ou lioft, village; ce mot offre la même
sémantique que b^L>, s^=», JajL=>, Ja^^ et <5-bj.=>, un endroit
e?itoîiré, clôturé.
lJ^=>, inf. de oL^^, soin. o>:^L., avec soin, v. plus haut.
C'est aussi le synonyme de jiLo ou (^*,j^. »if-'i ?q^ oyù" L«
eVip> «dlû] nJS c>j' \>-«*«^i ^ lit , Ne connais-tu pas un tel ? —
Je le connais, je le prenais d'abord pour toi, il est comme
s'il était toi, on dirait que c'est toi, Haurân. Dans la Qasîdat
es-Saligah, il y a ce verset:
Uel-asâbi^ l.iùf aglâm*ktâbi wa làhin mabrîyàt
Et les doigts (de la belle) sont comme des plumes à écrire,
mais ils ne sont pas taillés (ils sont effilés par la nature). —
iO)-=> en ''Iraq est ce que les Syriens appellent sjy, vhv.
1) Charité : zî-yia-lï-yez-zâ-de.
520
^^jL>, voleur, pillard, Nord, Musil o. ]. p. 347,5 d'en bas
et p. 387,3. Wetzstein ZDMG XXII p. 103 note: „nàcht-
licher Dieb". Jaussen Coutumes p. 89 n. 1: „ouL>, qui vole
sous la tente"; restriction inutile. M SOS VI, ii p.- 120
N° 27, = ^^',>, et V. sub 1^=> p. 344 en bas.
^\^=^ voleio; pillard, pi. a-5U.=> ; voir sub (jiL^'î p. 51 5,5 = lJL*>.
iL5^:>, cheveux sur la partie postérieure de la tête; propr. ce
qui entoure la tête, Nord. Musil o. 1. p. 159, 4 d'en bas.
ob>, u, entourer , ^=- yjyz^ , i; cf. ^_îL>, ^^«A5>^) et ti)L:>, LA
XI p. 358, 9 d'en bas, vhvs. En Dt. et Hdr., rester. Ibnah
(m i n) h â q h i n a , U faut absolument qu'il reste ici. Arabica V
p. 150; ib. Gloss. sv. plusieurs exemples. Dans le Nord, aussi
au fig., circonvenir.
^yti! Q»fï>^. ^yi, les voleurs circonviennent les Bédouins^
"Anazî.
^y> et oi*>, être rond; cerner, ejitourer, enfermer , retenir ^
Hdr. et Dt., Arabica V. Gl., où exemples.
o>^", se trouver autour, entourer, j-^v^î Js-^ [^^_y^^^ cr^'
nous sommes assis autour de la table. Arabica V. Gl. sv.
vJ^^, espace sous la voûte, tunnel; fosse, 371.
o!^, voleur, ""Anazî, pi. iLïî^ï>. Cf. \^\y> vhv.
'Li]}j>, un rond, un cercle, ^Anazî; pi. \Jb^L5>; v. p. 466.
Cela est illustré par le récit très drolatique d'un "Anazî:
Le sêh Zmêr des ""Anazeh reçut une lettre de Damas
de la part du Pacha du Pèlerinage. Ne sachant lire, il convoqua
les contribules, qui s'amassèrent autour de lui pour voir la
') En mehri, hayq ou hayk est rivage =z'^*\'^^ où les deux racines
synonymes se rencontrent; p^n, rein. Cf. oi*s> Naqâid Gl. sv.
L2J.
lettre, et itbahharu bo.h. Qui wfihed min ho m min
râd: bihal-hawâwîg hâdôl yerîd el-bâsa hurfàn
u liai 11 hili muvâwala yerîd abâ'ir u el-(pas en)na-
gâgît hâdôl yerîd artâl samn, ils la regai'dèrent atten-
tivement. Un d'eux, qui se trouvait derrière les autres, dit alors:
Par ces ronds-là, le pacha veut des yyioutons et par ceux-là
allo7igés comme ça il veut des chameaux et par ces yoints-là
il veux des ra.tl de beurre". Le sêh demanda alors: u entu
ya 'Arab tehottu? et vous autres Bédouins, vous don-
nerez{cela)? — La bUia ma nehôtt, 7ion, par Dieu, nous
ne donnerojis pas. — Le sêh donna au rasûl la réponse ver-
bale de son refus et s'écria: rahîl, y a ""Arab, rahîl, et
tons décampèrent à l'instant; cf. ici sv. _^ii> p. 466.
iol^-i^ est aussi le cercle que forment les musulmans en
priant dans les môled et les chrétiens en dansant = iLiiJb>.
ki)Ls>, u, tisser, 19, 19.
Ai)ui:> > eU^, tissercmd; hayk .88, 10; 183 n. 2; 842; heyk
11, 1; 19, 19; 172, 10, > hêk;= ^i^> en Hdr., = sh. heyyôk;
Brockelmann o. 1. I p. 191; pi. d^^=>, qui est pour ti)wjj^>,
> hawèy k > hawîk, 523 et n. 2; 680, et ti)^-j^, 523 et
n. 2, 680. Sur le passage de ai à ay>ê, voir 522 et ss.
et Arabica ITI p. 39; c'est là un processus mehrite, Bittner
St. mehri I § 73 — 75 et id. St. sh. § 52, très commun dans
les dialectes de Dt. et de Hdr., surtout dans les pluriels
J«JLjè, d'un singulier i^i-Ajé; > fa^ayl > fa'^êl > fa^îl; p. e.
dabèyl < J^L.3, 522 v. 2; gabeyl< J^Lï, ib. v. 4; daheyr
< jLi>o, comme le qarawî (shaurî) dhâyr, Bittner St. sh.
I §52, et 'arèys<^J^J!JC, vhv. V. d. Berg Le Hadhr. p. 78
donne hawîk pour le singulier, mais c'est là le pluriel
qu'il n'a pas reconnu. Voir Arabica V Gl. sv.
522
V ^4^-^ ^ donné V dUA_:>, de sens identique; les deux
verbes employés également au figuré. On trouve ce même
passage de w à b dans le verbe qarawî (sh.) hâk, tisser,
qui fait à l'imparf. yeheyk, thabék, Bittner St. sh..II
p. 36 anra., où d'autres exemples analogues. Cf. le syriaque
reweh putruit, et l'arabe dial. -,3., sentir mauvais, vhv.
Les tisserands ne sont pas considérés dans le Sud, malgré
l'importance de leur métier, qui est le plus souvent héridi-
taire dans la famille, 183 note 2. Les juifs s'occupent beau-
coup de tissage dans le Sud. Jacob Sanfarâ II p. 2L Le
pseudo-ijràhiz, Tria Opuscula, éd. v. Vloten p. 32,15 dit:
iLULx^îj '\xJ^\ ^ xUî oiii> Jy^ ^_r^ J^- On voit donc que
les fripiers, les pêcheurs, les maqidgnons et les tisserands
étaient partout considérés comme de la fripouille.
iiil:>, large caverne, pi. iiU=>. Jayakar, OD, R AS 1889, p. 660.
Jl^ JL>, se placer à côte de, 523,6 d'en bas; cf. J^ J-^.
Dans le Nord, c'est décamper. s^-jAJli? ^J^ )jl\j=> pvJ! vy^% ^^^
Bédoums ont à présent décampé de ce pays, ""Anazî. J^ JL=>
y est aussi saisir, attraper, rejoindre, comme dans la continua-
tion de la phrase rapportée 13S6 note 1. 5: u la kânom yehùlu
^ale y h, mais ils ne réussirent pas à le saisir, ma LB'^A p. 57,
14. Cf. '"^V t'in. \JLe c>J^ ^ xj'o-b j.jijî r*j^, un chameau s'est
enfoui, je lui ai fait la chasse, mais je nai pu Vattraper,
expliqué par ws.^02s, ^Anazî. - Ne pas devenir grosse (bête),
Meissner N A G I p. 119. ^J^Jc\■^l:>, expliqué par J.:s^! <^4^,
""Anazî, V. p. 525.
^3;=>, descendre comme hôte chez qn., v. sub. ^L=> p. 518, 16,
= Jjj. Hadarî du Nord et Dt. Js^ Jv>) se transporter dans un
endroit pour s'y fixer, 554 v. 19; 1166, 7 d'en bas. ^ Jy>
523
léLJiî iji^JLb, mets-toi sur la marmite de ta mère, vilaine
expression, el-Belqâ, Palestine, 1263, où -In^^I^. - Verser ses
eaux (torrent), Yéman et Dt. = Harîb ^^o, 1333, d.- Sauter,
en sahhi BBRAS 1912 p. 265. - Stace p. 1. a ^i^, he
abando7ied them, gave them over, left them to themselves. —
^3L> = ,ji3.*j . (j^lJjL q^Ia^ I^-ÎL^) quelques-uns portent uyi
bâton, 363. JLîJî aÂ^ J^c ^J^J^ o^^^' d'autres pierres
sont debout sur le bord du tombeau, 69, 3. ^^L^j ^;jo^*i2j ^-y^l-=>
^^ (^^. U), il y a des chameaux qui saillissent et d'au-
tres qui 7ie le font pas, 93, 13. a^-iJ-H |l<-iL>5 «y.l2>_: ^'l=-,
Il y en a qui l'avalent et d'autres qui le crachent, 57, 4; 1081,
oii d'autres exemples. Lfj^:>uj |;^1=>5 . . . vj*^' L^y^-^:^. p*--'-^
iCj-il l\_;_£:, d'aucims V égorgent au coucher du soleil ... et
d'autres le font cuire près du champ, 1776 et s. — v^xiî Jb>=:
^.xJt ijiijtj, 117,28. — *]Lj^3, à /?</ seid, 1657, 17.
La JL=>, aussitôt que, lorsque, surtout dans le Nord, 465;
1174 et n. J; 1454 n.; 1546; Carbou p. 41. V. d. Berg Le
Hadhr. p. 275 IS1° 12 1.4 d'en bas: \J^^ UL=> él^. L« ^3^^,
aussitôt que cette lettre t'arrivera. Moritz Zanzibar p. 23.
L ^l=> = U Jj> > 'û=> vhv.
J^j> dans l'expression telle que: ^\^=^ ^^-^ S^ '^^ i^ ^^'<^^
n'en d faire avec eux, Dt. |!^j.^u (ji;^ ^ , /ic has nothing to
do îvith them, Stace p. 112. Même locution en meliri: murr
ma haulek si, va-t'en ou passe, cela ne te regarde pas,
SAE VII p. 25, 25, 30; ib. p. 26, 25,30,35, où le texte
mehrite a la même tournure, tandis que le texte sh. porte:
dénu lek mens se lo et le soqot. dé âl di-^'ék mes,
ce qui correspond à la locution sudarabique ^__ç-^ .v.^-* d^Ju»;
524
voir sub ^J^. Hein SAE IX p. 41 § 26: âmûr: de minhô?
Amirût: haulk minhêm là, il dit: d'oii cela? Elle
répondit: ils ne te regardent pas ; le texte hadr.: ma haulek
minnahora. Bittner St. mehri V, ii p. 75 dit dans une
note ad hoc „]e mh. h a ni n'est pas l'arabe ^^^ (inexacte-
ment traduit du mehri par haul), mais l'arabe JL> (par
1.1 ûl)". Cette remarque n'est pas juste, comme on a pu le
constater. La tournure étant la même dans les deux langues,
la question est seulement de savoir oià il faut en chercher
l'origine. En tout cas, je ne crois pas que ce soit le mehri
qui l'a donnée à l'arabe, à moins qu'elle provienne d'un temps
ovi le mehri était plus répandu qu'à présent, ce qu'on ne
saurait prouver.
Dans le Sud, J.^=. a une importance toute particulière.
C'est ainsi qu'on appelle la situation amenée par les pluies
torrentielles sur les hautes montagnes. On lira ce que j'ai
écrit sur ce sujet Hdr. p, 121. C'est là le J.j>-, la force par
excellence; cf. J-*_>. Le J^w* parcourt alors le pays pour
annoncer la bonne nouvelle, mais le y^^ est tellement vio-
lent et rapide que le mehàuwil arrive presque toujours
trop tard.
Cela a donné origine au proverbe S^-^ J-tv^' oi->-«, le
sêl a devancé le m. Le sêl fait le plus souvent beaucoup de
dégâts, brisant tout sur son chemin : c'est alors un vrai
fv^^^r J^>) Qor. 19,69. Le mehàuwil crie de tous ses
poumons: ^y^ ^,f->î>Jb »%=- Jv> Lj le haul, le haul est
général dans le ivâdi, ou bien àilL. "5] s^s % J^> "i^, ce qui
est une phrase du Prophète, Qor. 18, 37, LA XIII p. 200 et
Nihâyah sv., où J^> est expliqué par '^^=^', je crois que
cest plutôt changement. Le mehàuwil a son nom de la
^ 525
phrase qu'il profère, car le vrai J^^ est Allah ciui Jys^j
Jail ^fit J^:5^i' ^î'<^ /«/< couler l'eau, c'est à dire la pluie GO.
En mehri, bar haul est torrent de pluie, le fils du haiil,
Jahn Gl. sv. le traduit par „Sohn der Verânderung", avec
un point d'interrogation, ce qui pourrait être vraie quant à
l'étymologie bien éloignée, mais il ne connaissait probable-
ment pas le sens spécial du haul sudarabe.
JoL:>, femeUe qui n'a pas encore mis bas, Dt. ; RD Gl. sv. —
Brebis stérile, 524 d. 1.; 525. Un Bédouin d'el-Belqâ me
l'expliqua par jJj~J' % ^xj ^5 ^J\ ililr^- "^(5 iJ^L>, hfiil ou
h Alla h est une brebis qui ne conçoit pas et ne met pas bas,
parce fju'elle est trop grasse pour avoir été engraissée. Cela
coïncide avec la définition d'un homme de -^Oneyzah: ':L^\xJ
U^sxi; 'lÂJu:^ ^yJi U (^yCj ^ u\Ju" ^, une brebis qui n'a pas mis
bas et qui n'a pas eu de lait et qui par cela crève de graisse. —
Jument non encore couverte par l'étalon, pi. y^<=> ou J«.a=>,
"^Anazî. Cf. o'*/^' c>jL>; ^Anazî, v, p. 522,5 d'jsn bas; on laisse la
jument se reposer un an sans la faire saillir et l'on dit (j^^\ LJLi:>
L^L^L^A.:: Le iCLw, Arabica III p. 90; voir ici sub J-^. — Cha-
rnelle stérile. Hartmann LLW p 114, 22. — Jeime chamelle,
Musil 0.1. p. 178, mais ib. p. 186, 5 d'en bas il le rend par
stérile, où il faut la même traduction à cause du iL^jJ; qui
le suit; cf. sub J-ç>. D'après LA XIII p. 200 et s., le verbe
et le participe s'emploient aussi bien d'une femelle stérile
que d'une femelle qu'on laisse quelque temps sans la faire
saillir. — J!^ dans la locution J!^ r-^-^^i ^he sea is calm,
Stace p. 35 et p. 135. — t3U-=>, tout autour. kjLVxJ! JÎ^-=>,
autour de la colline de sable, Ri) II § 28g, mais ^Jr>[^=>
avec suffixes.
526
J|^> et tiVJtj.>, expliqué 383; Muzhir II p. 104. Torczyner
0.1. p. 67 et p. 175 considère hawaïen comme provenant
de ha wâlan > hawâlân, par allongement de la désinence
accusative adverbiale, et ensuite, avec imâlation, hawaïen,
comme îa*: > ^îAxj > j^Axj , baMên, vhv. D'après lui, ce
ne serait pas un duel, ib. p. 67 n., mais lorsqu'il explique,
ib. le duel ganbên de la même façon, il dévie du but et
perd pied. (jO|^5> ne se trouve qu'en Egypte, Vollers Lehrb.
p. 108 et p. 132, Tantavy Traité p. 82: oXxJI ^^l^^. —
;îvJ|^=>, tout autour d'eux, RD I p. 54, 26; cf. Hdr. Gl. sv.
Cette forme est courante dans le Nord.
J^^=>, petite plantation d'encens, RD Gl. sv.
i:ij^=>, 1706,5 d'en bas, mais je n'en connais pas bien le sens.
^^j.,=> est d'après Snouck ZA 26 p. 229 n. 1 la levée de
terre ou de pierres qui entoure tout le champ et le sépare
des terrains voisins. En Dt , on l'appelle ^y^ vhv.
ô'^y^, infinitif, v. (_r-!>i^ p. 513. Du récit "anazite d'el-Hôtrôbî,
ma LB'A p. 16, 9 ss. et ib. Gl. sv., j'extrais ce passage: Wiga
el-Gerba u hauwal ^aleyhom Gâl I. es-Swêt:
w u s i 1 1 i y i d a h h è It (Ë) , y a el-Gerba? G â 1 : d à h h a-
kan mehwàli ^aleykom Gàl el-G. : y a I. es-S.
uèntum ya es-Swêt kùllekom, tîdrom wus meh-
wàli "andekom? mehwâli arîd bint es-Sêh
lael-Hôtrôbi. Et el-Gr. arriva et descendit chez eux "
Qu'est-ce qui te fait rire, el-Gerbâ? demanda I. es-S. — ,, C'est
m.a visite (ou mon arrivée) chez vous qui m'a fait rire. El-é.
A
dit: 0 I. es-S., et vous tous les S., savez-vous pourquoi je
suis descendu chez vous ? La raison de ma visite c'est
que je veux la fdle du éeyh pour el-H.
527
j.L=>, u, significations 571 et s. avec le sens primitif de
chaud; ^yi^. J^cXJî, l'abcès est miir^ expliqué Hdr. p. 80. Cf.
^^^ vhv.
(.^, avoir chaud Dt. Hauwîmt, j'ai chaud Dt. = Syrie
c^yi; Chez RI) I N° XXXVII il y a:
Wel-bârah al-'^ayn la nâmet we la nàuwaraet
Wel-bârah al-^'ayn men baM el-'^asâ hàuwamet
Hier soir l'oeil ne dormait ni ne me laissait dormir^
Et Mer soir, après le souper, l'oeil était chaud.
Ici l'informateur de Rhodokanakis a expliqué j.^> par .^o
S1A\ j., et Rhodokanakis traduit: „schweifte suchend das
Auge herura". K. Vollers, ZA XXII p. 229, dans sa criti-
que, dit que „rauteur n'a pas reconnu ici la belle image de
l'oiseau qui cherche l'eau". Je suis absolument persuadé que
les trois personnes se sont trompées. (.y> a ici le sens à'être
chaud ou avoir chaud. On sait que c'est une idée extrême-
ment commune des poètes et des non poètes arabes que les
yeux sont chauds lorsqu'on a une douleur et qu'ils sont
froids dans l'état contraire. Tout arabisant connaît ce que
»J--f^ u;aJ^s^-w, opposé à x^x-E Or-ï, veut dire; on n'a qu'à
consulter un dictionnaire. L'homme de Rhodokanakis ne
connaissait pas on ne pensait pas à ce sens de V^^»^,
mais seulement à celui qui suit ici p. 528.
j»l;c>!, avoir chaud, transpirer, ^12. Ahtîmt,/az chaud, J)\_.
On aura déjà remarqué que je traduis le parfait ei^^_*"X.:>',
uiA_^j.:>, vivoyi par le présent. C'est que pour les sensations
physiques on se les représente comme s'étant déjà produites
en amenant cet état. Pour indiquer le présent, on se sert
du participe: j.Ur>°, j.^, ^^y^A, etc.
528
i^,-4^! *«r>, V ardeur de la chaleur de la saison estivale, 683.
C'est le terme technique pour la chaleur provoquée par le
samoûm, Snouck M S p. 116 et note; voir ^^,-«^ vhv. Je crois
qu'il faut séparer ce thème du suivant; cf. pourtant -> et
iêf> Hdr. et ici shvs.
j.L:>, u, tourner, planer, entourer, aller autour, voltiger autour,
umkreisen, Dt., 474, 12; 572, paraphrasé par .b et ^Si, u,
1480; ces deux synonymes sont l'explication des Datînois et
nullement la reproduction de la paraphrase de L A sv. Cela
est à noter. I Sîdah XI p. 78/9, à propos de j»v>: ï- f^-^
,^AJ- ^J LT-^', et ib. V p. 118,9 d'en bas: ^^c^' J^> }h =
^,L^. Naqâid Gl. sv. RO p. 426 îq° XXV:
yâ ter a uyâ hâyôm') * ""ôlâmek la tehôm
uthûm "a la men faddalùhum rab'^ûna-)
0 oiseau, toi qui planes, pourquoi ne p)lanes-tu pas ?
et tu planes sur les morts que nos contribules ont laissés?
Ib. p. 423 N° 15: Halle l-mehfimis fil-mehâzura*
ida hâme têri 1-môt rênâh^), laisse les cornes à poudre
dans les ceintures; lorsque Voiseau de la mort plane, nous
le verroyis. ^.b> o^!, la mort plane autour de nous, nous
e7itoure, RD Gl. sv. Chez Musil o. 1. p. 261:
Ya ^edd ya merûdi*hâmat ''aleyk al-qûdi
0 source, 6 aiguade, une troupe de chevaux t'ont entourée.
Sachau AVLM p. 52 N° XXI v. 5. C'est ici qu'il faut
sans doute placer «-j-^ J- ^^^ 1-^= r^^' ^^ ^'^^'"^ ^ plané
sur nous dans la guerre, nous a menacés, 572, et Luix j.b>,
710US avons été près de la 7nort, ib. i ; * le *v>^ c5-'-^> ^^^^
1) < [*^^^5 ^^ cause de la rime. 2) pour rab'^una.
') Ragaz: — ^-1 — ^-|-. Il fut sans doute composé et chanté
la, au lieu de ida, et môtc.
629
coeur est épris d'amour pour elle, expliqué par >-j^ et >3j-o,
Çdr. p. 107 en bas. Dans le NAVP, de Littmann p. 70
^^ ni V. .S nous lisons dans la drolatique ^^à^\ 'f-*^:
Und scJdit'f ich auch 'ne weile doch,
Der FloJt auf yneinem Leibe kroch,
selon la désopilante traduction de Littmann.
En mehri, hâm est le verbe courant pour vouloir, corres-
pondant aussi comme emploi au L. sudarabique, voir sub Lî
pp. 56 et 60. Jahn Gr. mehri p. 86 et SAE III p. 269, Bittner
St. mehri II p. 87 n. 1, id. ib. V, m p. 6. En arabe, ce sens n'est
pas inconnu, car el-Feyrùzâb. enregistre sv., peut-être du Sud:
*jL> jji *). ... 'u^:> ^y) ^ ^^ j.L>, such a one desired,
or sought, the thing, Lane, et iCo!^ J^ pL> = Joùî' odrx
iLi! J_£ ^LJ-, la sv. et Lane. Nous voyons donc que le
sens de voiUoir, désirer est un développement secondaire du
premier sens fondamental et concret, ainsi que c'est toujours
le cas. Il en est de même de j.L_5;, Arabica V Gl. sv. Or,
nous avons un cas analogue dans le parler de Waddây, où
.b, u, vhv., est le verbe courant pour vouloir, aimer; cher-
cher. L'évolution sémantique est la même. Je vais encore
plus loin et je prétends que le verbe ordinaire pour vouloir
en arabe ô\J n'est qu'un jjè! de direction et de mouvement
de or,>oy=:Juaï, LA IV p. 171,9: s^bl^ ^^\ ^ ot^t; voir
I Sîdah XII p. 50 et p. 51. Le sens primaire de ol^, vhv.,
est aller çd et là, et l'on dit que la femme o^-a-j ^^^t o^^"
vJ^' Uj'' b*, elle va çà et là pour voir ses voisines, LA IV
p. 171 en haut, elle rôde. Avec le sens spécial, encore tout
vivant dans le Nord, d'aller et la recherche de pâturages =
^^^t^t Jw£ j^ô. Il n'est donc pas trop osé de dire que J>t^,
u, n'est originairement qu'une métathèse de .b, u. La pri-
34
mordialité me paraît en revenir à ^b. Cf. ^, vhv. — Voir
sur le ^L> mehrite, sub L! > bâ pp. 56, 60 et 529.
X-*^_>, quartier d'une ville, en Afrique, Marçais Gr. Tl. p.
■220 et id. TAA Gl. sv. C'est le bibl. nçin ou nçn, mu-
raille, 1616, qui ne doit pas venir de n^n, ^c-^>5 contr. à
Ges.-Buhl sv. Le babyl. dû ru, mur, de T/~dwr= K^hwm,
= can. humitu dans les lettres d'Amarna, Gloss. sv. p.
1399 et p. 1546, cité par Ges.-Buhl, le prouve justement. —
Champ de bataille, Socin Diw. Gl. sv.; cf. ib. ^y^; Bibl.
geogr. arab. IV p. 221. Ici il faut peut-être faire figurer
V^ i:x^eto>! -^y^, 572, 573. M'AR p. 86; Naqâid Gl. sv.;
= o^! s .L> vhv. p. 535, avec la même origine sémantique :
K^j^s- = l/~~j.y=>. Ce que je peux affirmer, c'est que les
Arabes du Sud pensent, en disant cela, à la V~^tj-=>, *_>
ou ^çT, ce qui pourtant n'est pas une preuve contraire. Son
synonyme est ^^^ (^c*^> vhv., et LA sv. dit: JIojjjI -\^j^
«j.^31 cUîj J-*J' Q^ tiUÀs^i i<-o ^jr^ A-^l^ N.*Ijjw. C'est la
dernière partie de cette explication qui fait plutôt penser à
pL>, u, = ,b, JL>, oLb et v"^.
Cette V~^y2^ ne doit pas être confondue avec la précé-
dente, car dans celle-ci la racine primitive est_^ p. 446. 3, avec
la variation oo-, ce qui a donné ,^=>, o^> I el-Qût. p. 221,
-k^^i L>^^>5 ^>>5 ^>>, ^^, J^>, ^^>, ^ç^>, tandis que
celle-là a pour racine simple ^>, ce qui a donné _^, ^^,
j«p- et les autres dérivés at, jt, o*^, vJï^', etc. vhvs.
,^^=>, i, entourer, cerner, renfermer, contenir, embrasser. Naqâid
Gl. sv. iLct^î tîA-aJ fUÎ i_c^. -M«*:âi', /e barrage retient Veau
qu'il envoie (ensuite) dans le canal de dérivation, 87, 1, expliqué
1129. Cf. RO p. 236: hûe hfiwinno el-feleg, er hat den
Ô31
Fluss abgestellt, cf. sub jj:yc>t. — (J^ L5y^j retenir, 1130;
Hdr. Gl. sv. .l\-c. — =éj, 1130, pr. entourer, embrasser;
Marçais TAT p. 273; cf. ici ^^ (autre thème) sv. i^ÂI>, —
(^^>, a, attraper, rejoindre, retenir, 1129. — Attendre qn.,
ô, 1130. - Etre fatigué, 1129.
i^^l^, enfermer des deux côtés de façon que l'une partie
est en face de l'autre. ôJc^ oL^^iaxi J, _^" J.=>iAj' (is.y*>-J! ^j^
^^jv-olil ^y^ (^L^^Ls^^ ou) L^^b^UJa ^^JÂiîj (^ olL^Î Xfwî siu
yoLÛJî _jjL5> ^t Jwiaj" j_^ j.y. Lsy^-s^s^î, d'el-Miswarah tu entres
aussitôt dans un défilé fort étroit, appelé el-Helag, flanqué
des deux cotés de parois à pique, long d'une journée jusqu'à
ce que tu arrives à H. el-M., extrait d'une description du
Sarû d'un 'Aulaqite.
^_cy:>t, se cacher, Dt. On serait tenté de l'identifier au mehri
holu'iu, SAE III p. 194, mais Bittner St. mehri II p. 112
veut que le thème soit ^c=^^', reste à savoir si Jahn n'a pas
confondu ici deux thèmes. Mais le verbe mehrite hauwo,
herumgehen, SAE III p. 194, Bittner St. mehri II p. 105,
est certainement = l'arabe e5j->- ~ ^^^'^ c?mV (rivière). Yôm
htaue ^anhum el-feleg, lorsque la rivière leur fut déviée
ou barrée, RO p. 371,2 d'en bas; voir (^y=-, i.
^J:•f:s^■, être enfermé,, être pris dans un hawa, 1129 = v_>Jj>
ou v_,-uio vhvs.
^_5ys^;*«t, avoir besoin de, être dans la nécessité de, 1130.
(^^=>, escarpement de la montagne, endroit inaccessible, 69, 15,
expliqué 1129. — Nécessité, 1130.
») Voir Index 1837 sv.
2) Cazîrah p. 5.5,14, où c'est écrit \Jè~>^.
') Voir sur la forme sub q', p. 119.
ê3â
1^^=", escarpé, inaccessible io^ ^_^^) les monidgnes escarpées
et inaccessibles, 1468, 9.
iù^>-, pi. L;[^, serait d'après Jahn MS p. 272 corne à poudre;
voir ma LA p. 23. — Litière, Haffner TAL p. 110; cf. ici
iça:>. — Bât, Burckhardt Bed. Weimar 1831 p. 370.
- o -
f^cy^, enclos, selon RD Gl. sv.; en Dt., c'est endroit inacces-
sible dans la montagne.
^y^t pl. ^53L:^,6a^?^e, =^3jJ), vhv. même sématique. Stace
p. 144. - Cf. uif>, o^>, J^=> et ^^>, p. 530 en bas.
v3^^>c:jL> 302, n. 1 ; 524; Hdr. p. 388; cf. J-^ et ^'J> vhv.
v£>yp- ^y,, là où, 1322, 2 et note 1. ^.,li' ^i^> ou ^^ U ej^:>,
n'importe où, très courant en Dt., comme I SaM I, i p. 49, 1 :
^^1^ viA*> liUjt j-^, «7 es^ ton fils oit qu'il soit, n importe où.
^c^,=>, à ma place, Dt. c>-;0> L« "^ '^'^^^r^ w^^^ '^'^ste là jus-
qu'à à ce que je vienne, Dt., expliqué par dUbC*. On peut donc
supposer que ^^:^^*f^ (class. = '^y>) est originairement endroit,
place.
oL>, i, voir, chez les Bédouins d'el-Mohâ' et de Zabîd.
Hiduh hàlam, le voilà là-bas, Béd. d'el-Mohâ"; hittuh '
je l'ai vu, ib., = ■^U-^ xj^ ou xjt^ , 495 et ss. — Connaître,
savoir, en ''Oman, 662, 3 d'en bas. Pourrait-on rapprocher ce
sens de l'hébreu riTn, énigme'? Kônig WB sv. le compare
à l'arabe oL>, i, s'éloigner, s'écarter, mais Ges.-Buhl n'a pas
adopté cette étymologie plus que douteuse.
-jL« ^J^.? ^^ i^^li «jlXj^", savez-vous où un tel est allé"? RO
p. 215 d.l. \j"L> ^;^■^3' US''-^^ U« ^^ c>-^:^é, j'ai perdu mon
chapeau, je ne sais où je l'ai mis, ib. p. 216 § 349. Hadi
yhîd ed-darb, est-ce que quelqu'un connaît la route? ib.
533
p. 283, 5 d'en bas. Y a b i n t 1 - h a 1 à 1 ') h né ma n h î d 1 i s
bêtis, brave fille, nous ne comiaissons pas ta maisoyi, ib.
p. 314,3 d'en bas. Ma yhîdo hên hâtuf, il ne savait où
il était allé, ib. p. 310, 10 d'en bas. Hné nhîd darb, nous
connaissons une route, ib. p. 369,4. Rôssler MSOS III p.
8,2,3 et p. 39, 10, p. 42,5. — Assurer à J: dU iAa>), je
f assure, ib. I p. 62, 8. Moritz Zanzibar Gl. sv. le traduit
par se rappeler, avec ace. de l'objet. — Cerner, entourer =
(jil>, RD I p. 95, 11. — oL>, i, a du reste dans tous les
dialectes aussi le sens qu'on lit dans les dictionnaires.
iA_-v>, s'eti aller, descendre, 356 n. l=o^=> vhv. Dans la
Sâwia (Maroc), ôter, eyilever, KMG pp. 50; 59 n., 60; 77;
81; 97; 107; v. Belot sv.
u\^5>, montagne; bloc, rocher; grosse pierre; pierre, 24,8:
69,13; 419 note; 496,12; 660,5; 682; 902,3 d'en bas;
1129; 1463, 2; 1775 n.. I Sîdah X p. 72, 10 dit: Jai-Ui aJ-
i.>^5>_5 '^'-*>' ^Jt*^ •'-\^;^ rjj' . — U> iù^ -lXJLXaï J^il .yc ^ ^,
Ja^! ^^ J., = LA sv.. Le sultan ^Awad b. 'Abd Allah des
""Awâliq improvisa, J^^,i, à el-Hautah de Lahig, ce Jw«Îj:
Ma tête est comme la montagne de la haute région, voire
un peu plus grande.
Qui est celui des daulah (des princes) qui 'puisse se ren-
contrer avec moi dans la lutte!
-Lkî < JJa'i vhv. — Dans el-Hogarîeh, c'est caverne, grotte.
Dans le sens ^q pierre, 419 n., lX^s. a son pendant dans le dia-
lecte de Waddây, oia -5^, vhv. p. 359, veut dire montagne, Carbon
p. 66. On peut rapprocher à iAx:>, pierre, le classique ,jiA^>
1) RO traduit 0^=^ c>«*J par fille du permis!
2) M^AR p. 55 où exemple.
534
= _j^î ^ ibSjJt fj]ji ^^£ ^^11 ^.« oL> U, LA I p. 138, 1,
mais cf. LA II p. 246, 6 ^y^ j'^\^5 Lane sv. Sur le sens
classique de lXx=>, voir Lane sv. Je suppose que l'étymologie
en est à cherche dans V~~^=>, 1129.
»oLç> est dans le langage moderne des journaux, neutrali-
sation d'u7i pays, isolemeyit. »oLJl ^ !ya.o yjt>, 07i a neu-
tralisé l'Egypte. Lj_j"oL=>3 iclljtl^ iJ^iAit oL^'î, l'alliance de la
Sublime Porte et so7i isolement, était le titre d'un article dans
le Journal du Caire J^'! du 2 Nov. 1892.
.L>, i, êti'e étout'di, ahuri, cotifus, comme lorsqu'on est brus-
quement réveillé, 1461 note. — iJ^re stupéfait, être embarrassé,
inquiet, 445. — Etre retenu, être stagnant (eau), 442 et n. 3.
Cf. ^Ls^) vhv.
_:>, retenir, empêcher, 443,5 d'en bas, 1461; 1484; Stace
p. 47 sv. detaified et ib. p. 93; = raehri hayîr, verioeigei'n^
zur'iickhalteri.— Faire rentrer le bétail datis l'après-midi, 24, 21,
et 24; 685; 707. = ^^=>, vhv. — Mettre aux arrêts, 442;
443,5 d'en bas. = y^:>, vhv.; mehri hayîr, 444; Bittner
Studien mehri II p. 96.
j^', être retenu, empêché, 442 et n. 3. — Tarder, se faire
attendre, 443, 10; 1461.— Etre embarrassé, 442. — j^\ oj*^'
de Labîd, expliqué 444; cf. (jézîrah p. 157,22. — S'arrêter
dans un endroit, 448, 1; cf. ^Ls^! 444 et Naqâid I p. 3 v. 7.
y>J^, enclos, I SaM I p. 21,<^L>, 525; v. Arabica III p.
38 n.; Hdr. p. 387; pi. ^Lj>, 445 note, =^-c:>. K. elFasih,
éd. Barth p. 47 en haut = Observ. on Tha'labs Fasîh dans
JRAS 1904 Jan. p. 116, oiï 'AH b. Hamzah el-Basrî dit que
_^t < -jLjS'Jî , = the burial-place of el-Husain, n'a pas de
535
pluriel et que qJj^^ est le pluriel de ^Ls» = a pool in which
the îvate?' swirls (j-^) and goes to and fro, et que i^^^^ et
^^! y> sont les pluriels de ^îj.?-, a camel-foal, v. ici plus bas. Cf. sur
Jb>>^>, l'Encyclopédie de l'Islam II p. 234 sv. Ha^ir — ^=»,
vipère mâle rouge au ventre blanc, 1637. Au fig., homme
courageux, guerrier, 151, 10; 261 n. 3; 289 n.; 1239 et n. 2;
1469. PI. j^^, 289 n.; 402, 14. Chez Musil o. 1. p. 243, 7, c'est
chamélon, pi. q[j:^>, v. plus haut. — Egal,= lXjlXJ, 151, 6 ; 153, 19;
154, 1, 17; 842; 1579. Stace p. 207: d)^> j^, he is a match
for you. = eU _^, ib. Aussi dans el-Hogarîeh : ana mânas
hêrak, ye ne suis pas ton égal, = sà'^ak, voir ^^^ju^. —
Il faut peut-être voir le même mot dans l'inscription naba-
téenne rapportée par Jaussen et Savignac, Mission p. 213 =
Lidzbarski Ephemeris III p. 87 : Dnn^n nn.Stt'T, |^^:> i^^L-^?
Lidzbarski le traduit par „ihre ûbrigen Gefâhrten", et
J.-S., par „le reste dé leurs notables", en s'appuyant sur le
syriaque.
!>\L=>, quartier d'une ville, 444; cf. ioL=> vhv. o^-<J! s.L:> =
o^t ':>J>_^=> vhv. p. 530; Naqàid Gl. sv.
»^=><3^b>, 444 n. 3; 550 n. 3. »^;^t, ville de ce nom,
300; 444 n. 3; 550 n. 3, et son ethnique çfjL^ et ^j->r^,
300. Je ne vois pas pourquoi le nom de cette ville arabe
des Lahmides doit être araméen, l'Encyclop. de l'Islam II
p. 334, oiï l'auteur dit que ce mot signifie littéralement
„camp composé de tentes", ce qui est une description de
l'endroit clos ou ferme, 444 n. 2, mais non pas une étymologie.
jl=>, i, = 3^5 u, vhv., 600, où exemples. Séparer, délimiter,
536
600. RD Gl. sv. a jLo, u, =jL>, i, qui ont ici le sens de
saisir, comprendre, ce qui se rapproche de celui de la lurah
et correspond, au point de vue étymologique, au latin, pre-
hendere, comprehetidere > prende?'e, compretidere, comprendre,
saisir.
jX>, ôter, écarter, 600. Lx/j iJv/ .LJ! ^^jf:^. ^^«j^, et ensuite,
elles écartent le feu, coinme ça et comme ça, 54,19, = -!^,
54, 18.
^, s' ôter, s'écarter, s'éloigner, 600, = ;v^'.
jjLi?', se s'éparer, allant chacun de son côté, 600.
jL>^'!, fuir, 600; seulement chez les Bédouins du Nord; cf.
y/-L^'l, {J^^^ et uol->"'î, class., provenant d'un autre courant
d'idées.
jLx>î, s'ôter, s'écarter, s'éloigner, 163, 13; 600; ma Festgabe
Gl. sv.; V. 3^. - Cf. ^j, ^-^y, S^ et ^y y^,; V'^
et ^j 601.
^j«wA_5>, 1130, 6 d'en bas; v. I. el-Qùt. p. 221 et Lane sv. —
^j«w^=> est un mets qu'on fait de dattes, de beurre et de lait
caillé, I Sa^d VIII p. 74, comme le décrit Naswân o. 1. p. 80.
On fabrique des assiettes ad hoc, qu'on appelle j^-y^î ^^
en terre cuite, \_Mii (^L^i, inconnu dans le Sud) vhv. — iu^x=s-
723 n. 1 est une maladie, mais j'ignore laquelle; cf. a-*»^,
choléra vhv.
iJLit Li>x> 8,10; 12,8; expliqué 347 et ss. Voir ici sub _^.cis:>.
Brockelmann VGSS II p. 25.— ^i^^, pi. (j;^^x:>^ soulierMS;
1379,3 d'en bas; 1380 n. 1; Stace sv. shoe; à Aûen,sa7idale.
C'est probablement pour éviter le mot J.*i, vhv., qui rappelle
537
le werhe ^,mmidirc, vhv., <^. Cette expression doit être
ancienne dans le Sud, où l'on ne sert pas du mot ^. Au
lieu de dire ^X-4^ Jwù., ôte ton âne, on dit ii)L^> J-;i, oii
le dernier mot ne s'applique pas à l'âne, mais à l'homme.
Les euphémismes sont très en vogue chez les Bédouins dans
toute la Péninsule et un peu partout dans les pays arabes,
ainsi que l'a montré Marcais dans son intéressant mémoire
L'Euphémisme et V Antiphrase dans les dialectes arabes de
l'Algérie, dans la OS Festschrift Nôldeke I p. 425 et ss.
^jp' = (joy^, 1264,9. LA sv.
^ J^>, vhv.
jJI>j laisser la jument quelque temps en repos sans la faire
couvrir par l'étalon, voir i).jL=>, Arabica III 90, Hdr. p. 125 et
LA sv. Jy> et J.,^. On fait cela pour qu'elle devienne plus
forte et coure davantage. Cf. J^=>, force, et l'hébreu "^^n,
être fort. — Employer la ruse, 1617 n. 1, = J~jL=>.
J.jLj>, enjôler, 75, 19. — Exciter, inciter, instiguer, 516,3 =
ij^"^. Jvc Jj^-^j employer la ruse à l'égard de qn., 1617,8^
avec ^}s: ou v; v. sub J-p> p. 340, 9. = jl:>, 1617 n. 1.
JjL$^", glisser; s'ébouler p. e. le sable Dt. =^ i3U>î Dt. < V J^>.
C'est ainsi qu'il faut lire Socin Diw. I N° 89 v. 4, au lieu de
Jjl^j'. Il donne aussi le transitif J^jI.=>, faire glisser ou ébouler,
et jL^l = Dt. JU>Î.
JLa>I, glisser; s'ébouler, Dt.
J.>y> < JJL> , sur la prononciation, voir Arabica Ili p. 38
538
n. 1 et ss.; Hdr. p. 385 et ss. et ici pp. 534 et 535 sub
_ç> et »^j>ç> , vache qui n'est pas pleine et qu'oii peut traire et
en général hête qu'on traita chamelle, brebis, chèvre, etc. Dal-
man PD p. 840, 10 d'en bas a aussi cette forme syncopée
avec le sens de hreUs grasse et stérile. Voir ici sub JoL> p. 525. —
y^, force, aussi Nord, ZDMG XXII p. 83, fs et p. 148,
et en Mésopotamie, Meissner MSOS VI p. 98 N° 11 et p.
120 N° 24. Cf. J^=>, b:r\ et ^^^^^, force. On dit % Jw^> ^
jJJL "5t «^ = ^it ^^> ■^, LA XIII p. 208. Souvent prononcé hâl,
ce que doit rendre la graphie Jb>, 302 n., comme Bàhân pour
Bêhân, Arabica V p. 215. cf. JL=> < yp> et ^c < ^j^ vhv. — J-^>
est devenu adverbe chez les 'Anazeh. Un ^Anazî m'expliqua le
verbe c 5;, vhv., par j.LxJt ^ja ^p- cXJ^j, il court beaucoup comme
l'autruche, et le paraphrasa par çf^», qui est aussi devenu
adverbe. Cela prouve que J^=> et a^ sont synonymes aussi
pour les Bédouins, mais il doit y avoir une nuance de différence,
car sans cela on ne saurait dire ^JWy> »>-^j Meissner NAGJ
p. 120. — xK^p-J^.yii, il se leva brusquement, 1723 = J^ ^
K^fP-, 1275 n. 3, ^ xLp» ^Lc js, Lieb. v. Amasia p. 24 d. 1.;
ib. p. 1 28, 5. xL:> ^}s. j,b' peut aussi signifier se mettre sur son
séant, lorsqu'on est couché, et se lever debout, ZDMG XXII
p. 83, 19, mais se mettre sur son séant s'exprime vulgaire-
ment en Egypte, en Syrie et chez les Bédouins de la Syrie
par */*:a;p! < «.^Aiaj!. En Syrie, on dit ^U> t'^'' '^^* f^'^'^^
lui a été coupée = il a maigri. J-^> ^ ^, j*^ suis sans force,
je suis exténué, Syrie et Dt. En disant eU^> è^ (^1 0° "^^
pense pas à l'idée de force que ce mot renferme véritable-
ment: c'est un peu plus impératif que ^, voilà tout. Il en
539
est de même de ^L:> J^c <\xi, Bâsim p. 114, 19, ce qui est
presque cXjë. Si nous disons p. e. o^=> Lo lX>- ^3U;o*o joë ^^^l2,
Eg., on n'exprime que le fait de rester là à m'attendre, v.
, Pr. et Dict. sv. LXjë, mais par la phrase xL> ^}s^ Joë j^^
J.Ujo*o, on accentue qu'im tel était véritablement assis là
d'une façon suivie. L^=> Jx <.:i^.iii*) me fut expliqué par un
"Anazî par L^JjL J^ c^^àJj, e//e se leva debout. L'explication
de H. L. Fleischer, Gloss. Hab. p. 52, est erronée: J^=> ne
signifie pas médium corpus, lumbus. Dans dVJL^> A-^i, Jwô-
a lo sens primitif de force. L el-A^râbî dit, LA sv. J-^,
que dans la phrase \L=!. ^JJ! oui "li a! L, c'est nJji^ ^^>.
iJ^A^Li, et 996 sans v> beaucoup, fort, extrêmement. LLjyjo
J-^^JL) ^Juj, notre pays est fort riche en pâturages, "Anazî;
aussi à Mekka, Snouck M S p. 41 n. 2 = «JlL. .^^i u^oy',
fort Joli, Egypte. J^^^I lilSuX-j v4-^> «'^ ^st extrêmement bon,
Tantavy, Traité p. XXL
J^L. cl^, /br^ courageux, Socin Diw. Gl. sv. J.x^ iLc2x_Jt,
^ow^e blanche, ib. Même emploi dans le Sud. J-^Li L^aJLc ^3 =
J>>j:>-|j Lf-tJLc 3^, il lui mit le bât en le serrant fort, RD I
p. 32, 11. Au Waddày, ^-^^^1, même sens, Carbou pp. 30, 5;
99,4; Merci an bel-hên, gravement malade, p. 166. 178,4
d'en bas ; 193, 5 d'en bas. On dit bien aussi en français travailler
à force, = beaucoup, et force gens = une forte quantité, ce
que les Bédouins exprimeraient aussi par ^^ ^,jJj> ou Jw.^JL. .
^j^f^S", voir ^-^=>. — (^>, temps, heure, etc., voir les dict.,
dans les locutions qï^J' é'ij> ou ^^ é^i, tout de suite, vite,
81,9; 447. ej^ Sj A>I.^il y^!^ ^^i, tranche vite la tête au
mouton, 888,3 d'en bas. Diklhîn, sur le champ, 447,
540
Rôssler MS OS I p. 74, 11 et p. 87, 4 d'en bas. ^^^^^1 tiJIo,
alors, RO § 225. ^y^S ou ^^JJ^^^>, à -présent, maintenant =
ioL^i, 447; RO § 225; = Nord ^-^l^: e^^' ^^ Js ^5,
qu'est-ce qui vous a retardés jusqu'à présent? ""Anazi. Cf.
^^yJ ou Q^^, à présent, 'Anazeh; ZDMG XXII p. 139. —
(jN^js^, tout de suite, 1581, 2 d'en bas.
L^ ^^y-^:>, lorsque, 465; 737; 1174 n. 1; 1454 n.; 1546; =
"iiî yyP-, 737 n. 4; = ^.^i Qt^>, 737. ,^^j-^=>, comme (^>j et
^^^^, etc. 737, où la désinence est analysée. Voir sub ^^SetU.
Rhodokanakis Studien I p. 35 admet ici un démonstratif
temporal, qui, d'après Torczyner 0. 1. p. 157/8 et passim, ne
serait que la désinence accusative adverbiale, c'est à dire,
la nounation. Cf. Le J.>, U-=> et L^ JL> vhvs. Les synony-
mes avec "^5 ne me semblent pas confirmer la théorie de
Torczyner, voir ici sub "^5 et U, mais il veut que même U
soit originairement la même désinence. Il me semble que ce
Le , == "^ , est le même que l'adverbe relatif français que p. e. dans
le jour que 7wus fûmes LLi' Lo j.y. = Lls" ^.y. = ^ j^J P- 542, 6 ou
^\ j«ps, lorsque. — ôS^kz^, 737. Fleischer Kl. Schriften I p. 322, 3.
^^s>, propr. faire vivre, terme de salutation 109, 14; 133, 15;
136, 13; expliqué 781 ss. — j^^v^eP-? salutation de bienvenue,
784; 785.
\£^ Lî>3 *il! j^Li> (ragaz) Naswân 0. 1. p. 56, 17. Ib. p. 83, 7
= Dt. 1490:
J'ai vu S. du F.: lorsque l'hôte le visite,
Il lui donne la bienvenue et il est affable.
641
JLàit vi)tô , c^i^. *JJî, plaise à Dieu que ce soit d'un bon augure.,
737n. 4 = JLàJ! (^!o J^>, 1311, 1,= maLB'A p. 61 v. 11, &owwm
faustumque sit! tiX.f>5 *iîî ^c^? "^S^* ^^ u^^i J^ salue ta
lettre., 556, 5. A^'i |c4==-> 5^^ -^^"^^ /asse î;z2;re ^o?^ ?^om, ta
renommée, 490; 1572. éLp-^ Lf-^' ^'^^'^ ^^ ^^^^' fo^^^^^l® ^e
souhait ou de bienvenue, 505. ^i ^U>, 786; 1490; 1562.
Lj ^^^P', souhaiter la bie?ivenue à qn., accueillir avec plaisir,
136,13; 144,15; 156,10,14; 317; 536,1; 781; 782; 783;
875,4 et s.; 1505,7 d'en bas; 1579,7 d'en bas; M'AR p.
9 s. C'est véritablement dire à qn. <!d!l ii)Lç=>, 783. iikjU=>,
terme de salutation, 452,12; 781, 782; = ^i.c ^^>, 155;
166,14; 782; = J ^^, 156,16; 443,8; 782; 1400,4 d'en
bas; 1535,8; 1699,9; 1719,2 d'en bas. ^^> i:S:^ià\, 156,10;
782 en bas. — En mehri, on dit aussi ^ ijr^^ Bittner St.
mehri III p. 57; IV § 54.
j_y.b>, saluer qn., lui dire é^ffP-, 786.
^=>!, = ^^=>, terme de salutation, 781. ii)L*>), se. *i]', 783.
Aussi dans le vrai sens de faire revivre, ressusciter. J«L>.=>S
o^it ^^/o, il m'a ressuscité de la mort, récit du Haurân.
^^^s^[^ avoir honte, 168 v. 8; impérat. istah, 330. Ce
verbe a chez les '^Anazeh, et probablement chez d'autres
Bédouins du Nord, deux sens:
1° avoir honte parce qu'on a été lâche à la razzia ou
parce qu'on n'a pas été hospitalier ;
2° avoir honte lorsqu'on est loué et q'on se retire alors
avec timidité: c'est là la qualité des ^Aj^L^!. Un ^Anazî me
dit en guise d'explication : ^^i^ (j/-UJi ,^c^^ o"^ (jr^^^^--*^ ^^
\3-ii J^ L'^^-' ^^^^^^ ?'^^ ^ honte des racontars du monde et qui
sauvegarde son honneur; un tel est ^^\à^a, c'est à, dire {j^Ji
542
et y*J>^ Uyôm sâfu(m) el-'asâlèir dallum ukuUan
bils bihalâlu u el-mustahîy în iltaramu %nd el-
Hâyâri, en voyant les soldats^ ils eurent peur et chacun
commença à s'occuper de ses biens, et les hommes courageux se
réunirent chez el-E., ma LB^A p. 58, 14. — Chez RD p. 55, 15
il y a quelque chose d'analogue: yam nhâr ma rârna
serâdëna kull u Sa^îd istâhaya, gtâl fil-gôra, au
jour que nous avons maraudé, nous avons tous fiché le camp,
mais S. avait honte; il tua plusieurs ennemis. C'est bien
ici avoir honte, mais dans l'acception particulière et morale
bédouine. Cf. 'Âmir b. et-Tofeyl XI v. 4. — ^^, interjection,
terme de salutation, expliqué 783 et ss.; 787 etn. ; 1490,
LA XVIII p. 2i2, 15 et ib p. 243, 1: Joè .w ^^ J^. -
^^U^ jj> J^ ou V '^^^ ic^, 788, I Sîdah XIV p. 89, LA
XVIII p. 242 et s. - V Ulp 783, 6 d'en bas; 1305 vhv., me
paraît être d'une autre provenance quej_^^=>, (cf. L^) comme p. e.
dans s^Uliî J^c ^=> du Mu'addin; le sens des deux est aussi diffé-
rent, contre Bittner St. mehri IV §54. Heyya umarhaba,
782, 783, mais je ne suis plus aussi sûr que la voyelle
finale des deux mots soit d'origine différente: marhaba
est ce qui reste de la nounation, voir sub Iaj!, et heyya
pourrait bien offrir le même reste, mais un Li> ne nous
est pas connu, de façon que la question est indécise; voir
plus loin.
RD I p. 81,27: ya hay b'alî bney, Bravo, ^AUI mein
Sohn!, et ib. p. 123, 8: rahhabîbuh ugûlî lah: hay y!
Heiss ihn eintreten und sag'ihm: icillkommen! Rhodoka-
nakis cite, Gl. sv., D. H. Mùller 8AE IV p. 85,11: qâl
lahùm yahàyyi bikum, ce que Mûller traduit par „Er
sprach zu ihnen: seid gegrûsst", mais cette traduction n'est
pas tout à fait exacte, car ou yahayyi est l'imparfait du
verbe, et alors il faut sousentendre ^iîî, ou bien c'est y a
Ô43
hayyi bikum, mais alors il faut y a hayye bikum.
Le texte mehri porte ici amôr hêhem hàyye bîkem,
ce qui n'est pas l'équivalent arabe de l'homme de Mùller.
Même observation pour ib. p. 104 § 50, où le mehri a
ye hayye buk; Bittner St. mehri V § 54.
Torczyner, o. 1. p. 243, dit que la glose cana^'anéenne des
lettres d'Amarna ha-ia-ma (éd. Knudtzon I p. 792 N° 245, 6:
vivant) est identique à l'arabe hayan, wohlauf!, mehri
hayya bCik, loillkommen. Cf. ib. vol. II p. 1546 sv. Mais une
forme arabe U>, quoique grammaticalement correcte, n'est
point employée comme particule, et si j»-5o j_^> est, selon
Torczyner p. 244, „pour l'adverbe substantivisé hayan,
vivant, qui serait la forme primaire de ^^î«_a.>, das lehende
Tier^'' cela se perd dans la nuit des temps que mes 'faibles
lumières ne sauront percer.
La même formule se trouve dans nos langues européennes:
vive France^ vive le roi; lif vel, lev vel, lev val, lehe wohl,
Falk-Trop NDEW sv. fare et levé; le latin havê, avë doit
aussi être d'origine orientale, 787 n., Walde LEWB sv. ave. —
^Ll=>, paretits, coîitribules, 818,9; 819 n., ^Omàn, = v^Uï
Dt., ib.; 1452; sing. ^^^, clan.
SLç>, exphqué 1490; Prov. et Dict. p. 364; Bauer Pal.Arab.
§ 58 N° 3.
L5>, hàya, pluie du printemps, 550, 1, dans toute l'Arabie,
Socin Diw. Gl. sv.; RI) Gl, sv.; mot fort classique. On dit
aussi ^Lx>, hayà\ où le hamza est motivé par l'accent sur
l'ultième. La lurah a les deux formes, LA XVIII p. 235 en
bas, où la raison de ce sens.
îLp-, vîdve, de la femme et de la femelle, môme sémantique
que dans pudenda, Scham et le suédois blygd, véritable-
ment pudeur; LA XVIII p. 240 donne la raison de ce sens.
1401,14: iLïLJ! tU.^. Diw. Qays b. el-Hatîm N° 1 v. 2:
LpeL^5> "^î e^*:2Jt îi.L^ %, ni une voisine (contribule) m'a
544
laissa jouir d'elle. On dit aussi 'v^-^^, hàya, LA XVIII p.
240, 3; dans iL:>, hayà^ le hamza est à cause de l'accent. —
&*=>, serpent femelle, 1637, mais voyez LA XVIII p. 241, 3.—
j^L^=>, 70, 3, êtres vivants. Cf. Brockelmann VGSS I p. 450.
Torczyner o. 1. p. 244 et ici sub ^=> p. 543.
iLl^', salutation, propr. dire «lit ii)L*>, 786 et ss.; Hamâsah
p. 368,1, M^AR p. 10, où l'explication de 'î^-iL^ est très
instructive. ^Xw^! ^lI^', 788, 789. bÛL^Ul '^ , 789. ill^'
^JuJt, 789. iLl^" = eUi, 789; Araâlî Dêl p. 150, 3 = L es-
Sikkît Tahdib el-Alfâz, éd. Beyrouth, p. 584 d. 1., où autre
exemple; I Sîdah III p. 136,4 d'en bas.
On sait que dans les dictionnaires de la lurah ^^z> est
expliqué par |^, |>M^ ou \^\ju, LA XVIII pp. 242, 3 d'en
.bas, 243, 2, et qu'on le considère comme un nom verbal,
Jouj ^\, ib. p. 242, 11 d'en bas et Lane sv. Le verbe est
donc ^ci^P'^ devenu ^y>, Sik'ih et Qâmoùs, ce qui est la forme
la plus commune et dont l'impératif régulier est ,^y> et vul-
o
gairement ^,-s> ou ^,jJ>, vive! Mais c'est peut être la seconde
forme du verbe, ^^=», qui fait à l'impératif hayyi, heyyi
et ensuite hayy, heyy, hay, hey, selon 323 et ss. Or,
L A XVIII p. 243, 1 dit que i>^ «ùx Ji3:^ Je, et l'interjection
^J> ne proviendrait donc pas du verbe ^jp> < ^.^-^^^ , et il
faudrait ici admettre deux ^_c=•, de provenance différente.
La formule doit être aussi vieille que la langue arabe. Nous
avons un autre verbe analogue de salutation et de souhait
des Bédouins du Nord: ^. Gauwâkum>gaukum,
774 s., et qàwa! est la salutation yémanite bédouine très
courante. Un autre plus savant en arabe que moi tranchera
cette question. En tout cas, ^_^=> est un appel fort ancien
que les philologues arabes n'ont pas su bien analyser, quant
à son étymologie.
545
c
j, permute avec ^è, 762 et s.: ^^ et «-^ vhvs.
j, permute avec ^, 997. En voici quelques exemples tirés
de LA: J*.AJii> et j..*^ = ^Ltï; on dit J-ao.^ ^wà-tv*- et J^a^^,
LA XITI p. 220, 4 d'en bas. — ^^ et Jy vhvs. — («-^isi., couper
et ensuite manger^ et |*.*i2ï, grignoter; cf. j.o\£ et j-lX/. LA XV
p. 73: L^lijL) ^«.Aiiaiî^ (j*'/^"^î ur^':' J^"^' jvoa;^!. — j^ et j^, balayer,
vhvs. LA. XV p. 394 dit que ^ est la forme higâzite; peut-être
aussi j.L=>, i, j^=> et pL^^x^wt vhvs. — a-j-jj^ et Oj~-^ = «J«-_i:,
vhvs. - -JLo et oiJLo = ^^^; ^il! = oii! LA IV p. 25. -
Ne trouvant aucune étymologie pour le mot 'x-*->^, tente,
vhv., j'ai proposé x*^li' > K+xï, qey mah, > qêmah, > iU*=>,
Dans le Sud Qeymah>Qêmah est le nom très répandu
que portent beaucoup de localités, voir mes Indices sv.
Ce serait donc une chose debout, se rapportant à une
chose dressée, peut-être aux ^,.;.>.k2J^ ^-^l^-^'j I Sîdah V p. 135
et s., voir ici sub x ♦. .» >. En mehri, c>-a-j est du féminin,
ce qui est à noter, BM III, p. 60.
Elargissement de la l/~~racine bilittère par -^: ^ Qt ;i>.*xo;
yo, t^o, seulement le Qâm., et ^^, vhvs.
^ permute avec tji,: ^ et ^j^ vhvs.
v^-i>, u, courir, homme et animal; galoper 360 n. 1; voir
JajJ>. Jaussen Coutumes p. 271 : >_^=>, petit trot. \js> ^^ 1^
„ , o « 5
iAs^JÎ i.^, il a passé par ici, cours le rejoindre, Dt. Ici on
35
546
aurait pu dire w^, ayant le même sens, vhv. SAE IV p. 93,
15: hobbi warà^'i, cours derrière moi; ib. p. 119,33: habb
warâ^'i, il courait derrière moi; ib. p. 120, 11: habb warâe-
ha'), il courut après elle. RD Gl. sv.. RO p. 419, 14 traduit
oi:v*-Sî '-r*'^- P^i" /«^^'^^ vibrer le sabre, le brandir, l'agiter; voir
ici p. 547, 16 et LA sv.; c'est là le mehri habîb, trembler, BM
IV p. 57. Inf. v^, Hdr. Gl. sv., et v^, aussi RO p. 46, 9.
v^=> se rencontre dans les Traditions, Boh. II p. 150 en bas
= p. 152 en bas =158 en bas, oii il est dit que le Prophète
^-y*>J! ^y^ Liy^î ii-iJû; ,-^^j oj~^ L* J3', commença les tour-
nées processionnelles en précipitant l'allure des trois premières
sur les sept, selon la traduction de Houdas-Marçais I p. 519.
La même chose est dans les autres passages des mêmes
Traditions désignées par ^a et ^j-*-^' On pourrait aussi le
traduire par trottiner. On voit donc que ce verbe ne s'em-
ploie pas rien que du cheval et du chameau. Le sens clas-
sique est sans doute aller l'amble, comme chez I Sîdah VI
p. 168 et LA sv., mais el-Asma'î, K. el-heyl, éd. Haifner
p. 19, et I es Sikkît, Tahaîb el-Alfâz, éd. Beyrouth p. 685,
et el-(jauharî le définissent par ^-jÂj yo ^^î^ !31, ce que
Lane traduit par in tohich a horse reste on his right and
left fore legs cdternately, ce qui doit être »^^ L^ J^ Jx j,'è',
d'après Fiqh el-lurah et le Farâ'id el-lurah de Lammens p. 76.
I. el-Qût. p. 207 dit seulement: ^f^"^^ q5^ u*;»^? -r^==-- Voir
Hamâsah p. 506: JjUI ^^5 ib. p. 761: ^\^^S^ 1^- *îlyo
ia^iit. Kâmil d'el-Mob. p. 287, 17: ^\^S1\ C^ J^- ... J^.
Dû er-Rummah 38, 48 (Haffner). Qays b. el-Hatîm N° 16 v. 5
o\i une chamelle v^'j ^^ Q^® Kowalski traduit par sie Iduft
1) Obs. warâeha.
547
im Passlauf, mais les chameaux ne courent jamais autre-
ment. Naqâid Gl. sv. — Il appert donc que les philologues
arabes n'étaient pas bien au courant du vrai sens du verbe,
si c'est trotter ou galoper; à présent, c'est galoper en parlant
du cheval = ^j. vhv. En Syrie, ^^i- est patauger, homme et
bête, tripoter dans l'eau, avec l'intensif <-^>'T.-*-i>, et en
'Oman, RO p. 256, 7 d'en bas, f. ge yhobhub (ou yhubb)
nâqto, N. kam, indem er semé Kamelin schlenkern Hess,
traduction bizarre; faisant trottiner sa charrt,elle est proba-
blement plus exact, mais je no connais ni u,^ ni ^.^^jp',
dans ce sens, comme transitifs. Reinhardt est pourtant digne
de foi. En Syrie, on dit ^^^.. qI"-»^^ q^, le ventre du cheval
grouille, lorsqu'il court, et le ventre fait le bruit qu'on con-
naît = class. oU^. En Dt., on comprend cela, parce qu'on y
a la conscience du bruit qu'enferme ce thème. Pour l'Egypte,
Spiro donne w^i>, to shake, v. ici p. 546, 5. Dans tout ceci,
L^ est onomatopée, o^o ioUb., ce qui se manifeste aussi
dans le babyl. hâbu, habâbu, crier, hurler, et le mehri
hayîb, hurler. Dans d'autres significations de ce thème, il y
a une autre 1/~u,a3. = 1/~v^c ; cf. ici v^? h comme j.J> et j.!J.
ujU^J, marcher ou trotter ensemble, bêtes, voir exemple
sub J=u=> p. 559, 2 d'en bas.
u^i>, précipice. Moritz Zanzibar p. 24; = class. ^^i; cf. Socin
Diw. Gl. sv.
c>-!>=>, a, être exténué de fatigue, de soif ou de faim.
c>oLi>, exténué, éreinté de fatigue — Avide de qc, qui a
O - 5 5
envie de qc. s^-faii o^L> ^. ou ^y^-^, j'ai une folle envie
de café ou de tabac, me disaient toujours mes Datînois, ,
548
lorsque je ne leur en donnais pas assez; synonyme de
J ^l)î., vhv.
^,:>-*,i>, désert pierreux sans eau ?ii habitants, Arabica V Gl.
sv., Hdr. Cxi. sv. — Plaine inculte = J^, vhv. — Endroit
i7iculte et désert, 69,4; 505; pi. o^, 504. t^b> &^l=>- '^li
^^J aJ wd:>i oi^xj^JI j, e^ si un affamé arrive chez toi dans
la lande (brousse), trais-lui du lait, 24, 19. Une forêt déserte
en Suède fut appelée par mon Datînois ^^^^ „parce que
^j.=>^ sjJi Le, 505. Un terrain solitaire était aussi un o*-^^ pour
lui, et cela malgré la végétation qui s'y trouvait. Un hôtel oii
il n'y avait pas de monde était poî^î i^ l» i.:>.xi> oy^î, maison
déserte où il n'y a pas de monde. Dougthy Travels II p. 616:
a flat comitry. Mo^all. Imrul-Qeys v. 31 (éd. Johnson): c:aa=>
Li'La:> ^ô. Diw. Hôdeyl, éd. Wellhausen p. 60 N° 231 1.4:
^1^ ^ ^Lj ^^y.. I Sîdah X p. 124, 15. Ôézîrah p. 225, 20:
L^U^ U4^. Glaser Mitt. Peterm. 1886 Heft 1 p. 2: „san-
dige Steppe, welche mit ^V^ bedeckt ist". Même fluctuation
de sens dans LA II p. 332 eu haut. LA fait observer que
ce mot est de l'arabe pur, ï^^:^ '^y^- On aura donc mis sa
provenance en doute. C'est peut-être la lettre finale qui aura
paru étrange aux philologues arabes. Le mot est très vieux,
et qui sait si ce n'est pas originairement bLi> ou ':Ui> de
l/~L^:>>(j:.=> = y^? On comparera vj-^^" ^t iày>, terre aride,
sans verdure; ic>3>, bande de sable, et les dérivés de |/~>>.
On pourra également comparer, mais à un autre point de
vue, ',^:^k^] < iJLw et iLj^^, 1445. Jicî ^JJtj.
,isx=>, peter; frapper, 673; Naqâid Gl. sv. — Cf. -;n>^, oi*:
549
et iéU=.. I Sîdah XIII p. 276, 4 d'en bas. Cf. aussi ^-sJ, vhv.
j^=>, a, examiner avant d'acheter, essayer^ mettre à l'épreuve.
s-x=>l ^^^, laissez-moi l'essayer^ Dt. = yK^iJi^'Dt' — Connaître
par le flair, flairer, dans le Nord. '^j4^^ c^^-^^^c ^ J^^'
-vo ».>.rv?^'' dvî>:^ (^c-^c^.*.* tUt qI^ "^I* Lj^tLXJj tU, ^e rfr/lii^, ayant
soif et flairant qu'il a de Veau devant lui, même à une dis-
tance de deux jours, la parcourt en un jour, ""Anazî. Voir
ici sub o_^ sur cette faculté des chameaux de flairer l'eau
à une grande distance.
jL=>, donner la main pour saluer, 77 b; inf. Sj-jL^, ib., RO
p. 51, 6; voir yp>.
y^', demander en général, demander des nouvelles, s'infor-
mer de, 46, 23; 67,8; 77, 13, 18; 119, 16, avec ^, à propos
de; 515, 7 d'en bas; 1029; HB p. 283, où Jji; RD Gl sv. -
^j^J^ULwî, = r^j vhv. En- Dt. c'est s'informer de, mais non
simplement demander, ce qui se dit j^'.
^= ^ vhv. - ,-^, dans la locution ^^^^ J^\, expliqué
1688; cf. yL3- plus haut. Voir sub jJLc.
3-c>, compagnie, association, seulement au Yéman, 764 n. ; ex.
sub j.>>3; = o«-w en Dt. et à l'est de là. Au Liban, f}-=^ ^ s't^sso-
dÉ;r,< syriaque ethabbar. Cf. le cl.,jLi-,Belot sv., l'éthiop. *tn^!,
consociatus est, et le babyl. habratu, Gemeinscliaft, Verbriiderung,
Weidner, Babyl. Astronomie p. 88, — V. Ges.-Buhl sub "I3n IL
tV*_i., hàbra; pi. ,^J-^z>, class. ^J-^, réservoir d'eau de
pluie peu profond en jncrres, selon les nombreux Bédouins que
550
j'ai consultés dans le Haurân. Ces i^U=> ne se trouvent
que dans le Haraâd de la Syrie; ils sont à présent ruinés.
D'après les indigènes, ce sont les Béni Ta*^mar qui les
ont construits. "iDyn n. pr. se rencontre dans les Inscriptions
de cette contrée, Halévy Safa p. 51, Wallin Reisen III p. 231.
Euting, Verh. der Gesell. f. Erdk. Berlin 1886 N° 5 p. 12
dit: „Flache Wasserlachen oder Teiche (khàbarah) halten
„sich nach starkem Regen bei lehmigen Untergrunde wohl
„einige Wochen; langer noch die Lôcher im geschlossenen
„Steingrund auf der Sohle einer Thalrinne, radîr, oder in
„natùrlichen Gesteinbecken (dann kelt, tselt, pi. tselât)".
Musil 0. 1. p. 2, 7 dit que '^jjp- est = ^m, crevasse oblongue
dans la plaine.
C'est aussi, chez les ^Anazeh, une flaque d'eau, une mare
d'eau de pluie. La forme classique est i!J^=>. Rarîb el-Musannaf
porte : Lgi JUi-j^ X^^ olîr*^ ^'**^3 >(AaJ! c>y-^j fLaiî ^'r^^'
«I> L^t. I Sîdah X p. 133. èézîrah p. 213,12. Il n'y a
que cinq mots dans la lurah sur ^.^1*5, pi. JL«. Je lis dans
mon ms. de Buryat el-Wu^ùt d'es-Suyûtî sv. iAt! ^i e;:t^=^
XJ^lJi ceci : J. c>^jL Jlï xL:^'. f»J>AJiJ! ^"^ <,-JL=> ^nj.Ij' ^ c:^,',
Ki^ca^. iUixJ! ij^ 'isL^ iJ^uXJI >_ÀA*« (jLw ioJLi> ^! L<^^' o^ ^rr"
J^Jî! "^ ^i>.Jlï Li? Le Jlî ^jvfwt iwîj-c! W oJlï c>ol J^aJ" L« NjyL=>
er^j-^î U^jj'i ^^j^î ^f> c>-^A^i ^ lX*j ^.^ii' UU e5;'^3
li.:> oiAs»^ ïsLa-jw .-j_ixc lXjs-j Je s^vAJ Li-o ijic,t ^^ ;__c Lj>^
551
iLjLciii. On comparera cela à ce qu'avait déjà dit I. Ginni
(t 392) auparavant dans son iicUA^Jî .*« au chapitre ^,yJI uy>,
mon ms.: ^o^^ Lf;^^ '^yP'3) u^^'^^ ^Là-L» (^^^i! îà.?> j^^^
.tjl^ i/ ^3^j ^ êc-4 çc^'/' i ^'L.j ^L/b^ ^.^U.JÎ ^ g^!
L,iJi£ xJL=>b sLJ! (^[5 ïj-*^ ;ti^ji\ ^^î Jv£ 3-V ^i^ ^LàLoj. Mon
excellent ms. a ici le voyellement ^_^s^l^ et l5;L»3>, et ^J^
est à présent la seule prononciation de ce pluriel; LA sv.
En annexion, on dit Llj^jJ>^ notre hàbra, parce que h
finale est sentie comm-ah et faisant, par conséquent, en
annexion- a t. 3_*_j<\Jt est le nom d'un endroit, à quelque
distance de D.êr, où il y a les restes d'un aqueduc romain
qui conduisait l'eau collectée dans la plaine dans un grand
bassin, Moritz Topogr. der Palmyrene p. 35, Voir Musil
AP III Gl. sv.
3.Lc>, pi. y.Lj>, trou que creusent p. e. les rats, et où les
serpents se retirent, Dt. Nôldeke Fùnf Mo'^all. II p. 47. Cf.
aussi LJ> et s^ vhv.
-v^==", compagnon de route, 764 n., Yéman Stace p. 197 = Dt.
v_jiAX.>w; pi. ^1^3-, 1516 n. 2. C'est l'éthiop. 'SOrù', consociatus.
^, valeur intrinsèque, état réel d'une chose, Dt. Un Datînois
me dit : y^ xxs ^^X^ L», ij:r^=> ^ynJ^ u^Lj^'J! , le bois a bonne
'mine, mais il ne vaut 7ien,^= yp', expression très classique.
RO p. 221, 13 d'en bas: ^y^ ^^ ^f^^ '^^ tiLxÀXj", mon
aspect doit te suffire pour connaître mon état (de santé).
.^^, chose expérime^itée, éprouvée. Dans le Nord, selon Musil
0.1. p. 248, 11 d'en bas, re?iommée, mais là aussi il y a le
même sens que dans notre dialecte.
552
i_^ est un élargissement de l'onomatopée v^-=> vhv. C'est
en général et partout faire le 2'>ain, backen. Rubah, Ahlwardt,
Gl. sv.; I Sîdah "V p. 6, 3 d'en bas. — ;-«3., pain, et la ma-
■ nière de le faire 51; 53. Jaussen Coutumes p. 63. — sj-^-:>,
un pain, une galette, un morceau de pain. C'est la matière,
tandis que (jo^ se rapporte à la forme du pain, une miche,
une galette. D'après LA V p. 6, 4 d'en bas, uo_i est plus
juste que ii^^,-ï, mais voyez LA XVI p. 21,12, cité ici
p. 556, 4. Sur le mehri hâbez = >p', voir Bittner St. mehri I
p. 32, m p. 24 et Viii p. 18 et 19. - ^^i^t jJJ> 1041.
uiL=> yp> expliqué 1045. Dans el-Qasîm, on appelle j-*3. les
bribes ou les honoraires que les parties en litige doivent
donner au ''ârifah, vhv., pour qu'il juge entre elles. ^î^
^ iJ^ly! ^1^ ^\^ J^ ^ ^^j, yà-'i ^Ui! ^o ^ -iSiLW ^
^jO'U; ;-AJ-li iLïj, si le litige roule sur le sang d'un homme,
le Ijubz est de deux juments, et si le litige est à propos
d'îine chamelle, le h u b z est de deux moutons, récit '^oneyzite.
Ce sont là nos f7'ais de justice.
On observera que j>3>, tj^^, iUib, cyyiJ:? vhvs. = id,l yà>,
I Sîdah V p. 7, 10, sont sur les paradigmes Jjè et 'ilxs, qui,
avec jyj«, désignent une chose rotide et bombée {convexe oi*.
coîicave), Hdr. p. 252 et p. 486. iJLjti se rapporte souvent
aux choses mangeables, à un morceau de quelque chose. Tels
o i
les exemples suivants tirés des dictionnaires: a-L^!, mor-
ceau d'une chose mangeable = iUiil, LA XIII p. 19, 11; iicj>,
o )
petite quantité de gc, LA IX p. 399, reste de lait, = iiu.=>.
553
Xi-c et iuii', ib.; 3l\:>, morceau de viande^ LA V p. 15,=
sj.>, ib.; iLA«j> = iL/^^, me^5 c?e l'accouchée (cf. u^j^*); «jJj,
morceau de qc, LA V p. 404,9 d'en bas; iiLj = ';U^, LA
sv., Qâm. sv.; i^àij, morceau qu'on happe avec la main et =
iuil, Qâm. sv.; iLx*.>o, morceau de ^, etc., pour apaiser un
enfant qui pleure, LA sv.; iLi;^, morceau de qc. en forme
de boulette LA sv.; cf. J.x^s' vhv.; iLàiJ, bouchée, boulette, =
K. ,« Lî. Qâm, sv.; iwé-aJ, morceau d'une chose mangeable, =^
iLjL*22<«; }cJl.xj, bouchée, = iUJiJ, Qâm. sv., et poignée de gc,
LA XIV p. 164,10 d'en bas. C'est là le sens intrinsèque
du paradigme, dont la genèse nous échappe; nous n'avons
pas besoin de l'attribuer, d'une façon artificielle, à un impar-
fait Jsi^ avec Barth NB pp. 108 et 488. V. ici p. 552,7
d'en bas. C'est ainsi que du turc -^^^Lj, morceau, les Tuni-
siens ont fait iwiij, morceau, tranche de viande, et l'adverbe
bar sa, beaucoup. Le sentiment de la portée de ce para-
digme est encore très vivant.
Nôldeke Beitrâge II p. 56 fait venir j->-=> de l'éthiopien.
Il dit que „le pain est pour les habitants de l'Arabie un
luxe rare". On voit que le très savant orientaliste n'a jamais
été en Arabie. On y mange beaucoup de pain. Il y a en
Arabie autre chose que de pauvres »^jliiî_^-=>î. Il y a aussi,
lorsqu'il a plu, assez de blé. L'importation de j.LxIj, s^3, ^
et ;. se fait dans l'Arabie Méridionale de Bombay, à l'époque
de la mousson d'est, et je suppose qu'il en a toujours été
ainsi, étant donné le grand commerce qu'avait le Sud avec
les Indes dans l'antiquité. De Goeje, Encyclop. de l'Islam I
p. 381, dit que le pain était encore rare au temps de Mo-
hammed, mais lïmportation de froment de l'Egypte en Higâz,
à cause de la famine en l'an 18, ne prouve pas qu'aupara-
vent il y eût disette de blé; au contraire, il me semble.
554
Le fertile Haurân, les plaines de la Mésopotamie et des
pays au Nord du ^.Jl^J! «._j. produisent suffisamment de
céréales. Avant la dévastation des hordes barbares, avant
la mauvaise administration des Turcs, ces pays étaient encore
bien plus fertiles et mieux cultivés, comme c'était le cas
au temps des hulafâ" omayyades et ''abbâsides. Certainement,
les habitants de l'Arabie septentrionale ont dû faire venir
du blé de dehors, mais non d'outre-mer, car la Syrie et la
Mésopotamie, avec leurs richesses agricoles, pouvaient bien,
si la pluie avait fécondé les champs, fournir la quantité
nécessaire de ip^j>-^^ IJ^ le blé vanné, Tab. I p. 1090, 7.
S. Fraenkel FW p. 30 et ss. se donne beaucoup de peine
pour prouver que les anciens Arabes se nourrissaient prin-
cipalement de viande. Il s'appuie sur Guidi Délia Sede, mais
de l'exposé de Guidi il s'ensuit, ce me semble, tout le con-
traire. Si dans la Vita Simeonis Stylitœ, Fraenkel o. et 1.1., il
est dit que les Arabes ne savaient pas même ce que c'était
que le pain et qu'ils ne se nourrissaient que de la chair des
animaux, l'auteur ne paraît pas avoir beaucoup fréquenté
les Arabes. Pour comble de curiosité, Fraenkel ajoute: „En
cela, il n'y a pas un grand changement, même de notre
temps, étant donné que les conditions de vie sont demeurées
généralement les mêmes". Or, c'est tout le contraire. G. Jacob,
BL p. 88 et s., a déjà réfuté cette assertion erronée. Le
Bédouin, lui, se nourrit principalement de l\j^, oïj^, L\>y»ac,
de iLLo j.>-i>, de (joî^! de polenta, etc., avec du beurre, et la
viande est pour lui un régal royal. Lorsque l'occasion favo-
rable se présente, il peut à lui seul manger tout un agneau
à la broche, ainsi que j'ai constaté pendant une chasse chez
les ^Adwân, en compagnie des Princes Charles et Eugène
de Suède, au printemps 1885. Lorsqu'il part en maraude,
5;_c, il n'emporte qu'un sachet de farine pour faire son
ïslLi y^ ou iwL u^ji, Burckhardt, Reisen Weimar 1831 p.
555
194. Le Yéman et l'Arabie Méridionale n'ont pas de tribus
nomadisantes comme dans le Nord, où il y a aussi une
population sédentaire et agricole, de même que dans le Sud.
Le blé n'y manque que lorsqu'il n'a pas plu, et alors les
qabâil, qui, dans le Sud, sont presque toujours agricul-
teurs, se serrent le ventre et se nourrissent de lait, de riz,
de dattes, etc. Les troupeaux fort nombreux des Sômâl peu-
vent fournir la nourriture qui manque aux Arabes du Sud.
ixi> est selon I Doreyd, I Sîdah V p. 6 d. 1. y^^ ^y, oixxi^
^^.JçJLi ^_jyi!_^3 et aussi, en général v;*^- ou lXjJcccJî oj^t,
LA VII p. 210, 12, où u"h ancien exemple qui se trouve
également chez I es-Sikkît p. 632 avec l'explication de ces
vers. I. el-Qùt. (+ 367) p. 208, 20: L^ J.JL. w^ ^^\ '^
ÎlXjlX.^: iî^.w L^Lg jo"^t3 LVA-^- Et es-Sihâh sv.: vr^ j-^-^'
XA_»-;ijdr J^ j^j ^yi\ »l\xj yjtxi!, copié par TA; Zam. Asâs
SV.: Jo"^î uj^- iJi^lj lij-^-=^^ '^f. e5"^^^- Nous voyons donc
que ;*=> et 1^ sont synonymes. TA, après avoir copié le
Sîhâh, ajoute: ^^f^^-i j^yJj ^UlXjU ^Ljî f^.f=^ ^. y^ c^" ^:^^-
Lane commence son article par \-^i> yp-^ fie niade {ov hieaded
O 3
and haked) y^ (or hread). Mais il aurait dû commencer par
battre la pâte ou le sol > knead and bake, pétrir et faire
cuire. La dernière remarque de TA, i^^Ji-SL. u^oJ^, est abso-
lument „invalid", pour parler avec Lane. I Sîdah V p. 6
d. 1. a été plus clairvoyant.
Il y a plusieurs verbes qui se rapportent à la manière de
faire le pain et jeter la pâte, v^,-^' ijv?^^'j sur le sdg ou
dans le four, tels que y^, jJLu, j.L\i, I Sîdah V p. 7, ^^tXi,
*y et j*XS, vhvs. jjib, i, frapper avec le plat de la main et
|JLb, frapper à coups réitérés pour préparer la pâte du pain,
I Sîdah V p. 7, 5, LA sv. Voir ici p. 556, 15. C'est un©
556
métathèse de j*.y vhv., LA 1.1. p. 262, 9, qui a ensuite reçu
une application spéciale: donner une taloche sur la figure.
I Sîdah V p. 7,8 définit 'lSSIJ^ par lXJL x<^LJLl! »jI:^J! = LA
O 5
XVI p. 21, 12: A^Li isLj3^>s:ait iiLjo-jiJî. La racine iai a donné
plusieurs élargissements qui tous ont le même sens primor-
dial, 674 n. ; 792 n. Son affaiblissement V~^ a donné ^JJ,
vhv., = L-jy^j qui s'emploie également pour la manipulation
de la pâte: -.y^^ iilî yp- J^^ j.Jjîjt, I Sîdah V p. 7,7; LA
XVI p. 12,8. Nous trouvons dans nos textes, en outre, ^_^,
51, 10, vhv., ^^L, 52, 6; 53, U; 54, 21 ; 55, 15. C'est qu'on
met la pâte, dûment briée, à l'endroit ad hoc avec un coup
de main spéciale, on l'y colle, pour ainsi dire, avec un
^xA> ^^. C'est le travail manuel qu'impliquent ces verbes.
xji3 = bi»3>, Sihâh sv.; I Sîdah V p. 7, 5; Nihâyah sv., avec
le verbe jjLb, i, et jjL», faire la galette de pain; voir ici p.
555 en bas. C'est peut-être un emprunt araméen, jvnVr^ u pain,
n. unit. lA^^a^. Brockelmann Lex. syr. p. 134, ainsi que le
dit Fraenkel F W p. 35, et proviendrait, selon lui, d'un verbe
>a^^, presser. Mais ce verbe, dans ce sens, n'est qu'une
métathèse de ^l et nullement en rapport direct avec jJLi?.
II désigne également la manière de préparer la pâte en la
battant et en la manipulant. V. additions.
Les Hébreux avaient aussi le même thème ron = j^,
mais qui ne se trouve que dans ses dérivés D^îi^n, Backiverk,
Ges.-Buhl sv. Kônig HAWB le traduit par Tiegel, ce qui
ne me paraît pas exact, car c'est sans doute un ^-^m qui
désigne certaines nourritures, Hdr. p. 278 n.; I. es-Sikkît
Tahdîb p. 635 et ss. C'est ainsi que j■^-^=> est = ^j^ lAjyïJI
^i}] yJ^, I. es-Sikkît ib. p. 645, et ^^ !.> ^\ ^ )y^^,
557
I Sîdah V p. 6,2 d'en bas, copié par TA. Levy o. 1. p. 13
compare avec raison riDn avecîoiin, klo'pfen, sdilagen, ainsi que
nous allons le voir dans la suite, npnç, eiserne Flatte zum
Backen, Ges.-Buiil sv., ein flaches Blech zum Backen, Stade
sv., mais Kônig sv., Tiegel; c'est donc = l'arabe -.L*- ou -Laj>,
Prov. et Dict. p. 14; Levy o. 1. p. 69: Pfanne zum Braten
ocler Rôsten. Il faut savoir si le t hébreu peut devenir z en
arabe, sans cela on doit admettre deux élargissements diffé-
rents de V~^.^, Dn, ce qui n'est pas impossible. L'éthiop.
frtH, faire le pain. Si les Abyssins sont venus de l'Arabie
du Sud, ils ont bien pu apporter avec eux un nom pour le
pain, et ce nom a pu justement être j^.
Or, nous avons vu que tous les verbes se rapportant à
la manipulation de la pâte ont le sens fondamental de ^y^,
y compris j*s>. On peut donc se demander pourquoi y^,
régulièrement formé comme (jo Js, devrait être un emprunt
éthiopien, comme le veut Nôldeke? Car, si la manière de
faire le pain vient de l'Ethiopie, le mot en viendrait aussi.
Je crois avoir prouvé dans ce qui précède que jj^ n'est pas
un dénominatif de ^, mais un verbe de pure origine arabe.
Si l'on éhmine tous les mots qui en arabe désignent pain
et four comme étant originairement étrangers à la langue,
il ne resterait que uoys et iJw uoJs. Cela indiquerait alors,
selon la théorie de Nôldeke et de ceux qui le suivent, que
les Arabes n'auraient eu que cette espèce de pain. C'est a
priori peu probable pour ce qui concerne les milieux, plus
ou moins civilisés, au Nord et au Sud de ^^-^^ ^,, dans
le Yéman, en Hadramoût et en 'Omfin.
Le plus ancien verbe ponr faire le pain est ^^t, ilDN vhv.
Avant mes recherches dans l'Arabie Méridionale, on ne con-
naissait point ce verbe dans les dialectes. A présent, on sait
558
que ^^, vhv., ^^x>, ^^^_^ et ,jL^, four, existent, vhv. C'est
même le mot le plus courant pour four. Les Arabes du Sud
n'ont certainement pas emprunté ce mot sémitique commun
aux Sémites non arabes du Nord. L'Arabie Méridionale était
dans l'antiquité, où il y avait le grand commerce de qLJj lo
vhv., plus civilisée que les pays septentrionaux de la Péninsule.
L'existence en arabe de mots non arabes pour four, tels
que ^^y'i, ^^ et ^y^', vhvs., n'implique point que les peuples
qui ont introduit ces mots dans la langue arabe ont aussi
enseigné aux Arabes l'art de faire le pam, comme le pense
Guidi Délia Sede p. 3-i. Ils leur auront, tout au plus, appris
l'art de faire le four, meilleur que l'ancien foyer de la ^iu.
Mais si l'on entend par J'arte di fare il pane'' un degré plus
raffiné de le faire dans un four, on pourra être d'accord.
Le boulanger était, avec l'échanson, le plus grand person-
nage de la cour céleste babylonienne dont la cour royale
terrestre n'était qu'une copie, ou plutôt, pour nous, vice
versa, Jeremias Handbuch p. 178. Ces hautes fonctions prou-
vent que le pain était considéré comme la principale nour-
riture des rois du Ciel et de la Terre et par conséquent
aussi pour les sujets. Voir ici sub q-?^-
o ♦
bjL^, boulangerie, ainsi dans tout le Sud ; Stace p. 16. SAE IV
p. 136, 31: mahbâze = mehri mahabûzit; ib. p. 139,33:
mahbêze = mehri mahbûzet; ib. p. 143, 29: mahbâze =
mehri mahbûzet, mais ib. p. 141 note D. H. MùUer écrit
ajAj^\ forme littéraire, voir ma MJM p. 52.
^cc-_*J>, i, enduire le mur d'un mélange de terre et de bouse
de vache, 359 n. 5; 565. — Nettoyer, en "Oman, RO p. 151, 8
d'en bas. — Erafler, en Syrie, 359 n. 2. Cf. J;^. , vhv. et
i^i.^, vhv.
559
iji^, éraflure, Syrie, 359 n. 2, Le tj^i> datînois est de la
même racine que les verbes énumérés 565, 5 et ss., tandis
que le verbe syrien est d'une autre provenance; voir sub J^^.
(jox=>, i, intriguer, Dt.
(j^iAi>, écraser avec le pied., Syrie, 316, n. 5. Les autres
significations sont bien rendus chez Dozy S.
iCA,iAi>, intrigue, pi. o'lo>^, Dt.
iiAaLxi», intrigue, imbroglio; mauvaise conduite; débauche;
partout courant.
tjoL:i-, intrigant, débauché, noceur, 1490. Stace p. 94. En
Hdr., on l'appelle [joySà>, vhv.; cf. u^^.
j2Ai>, a, u, faire du bruit en général. — Frapper avec bruit;
remuer les pieds, battre des pieds, 860; donner des coups de
pieds; I Sidah VI p. 101, 10 d'en bas, = Ja^, ib. VII p. 42, 7;
p. 79, 8.— Taper, rosser, racler. — Trotter ou galoper. Ba'ad
ma fàllaku rakèybehom ukàlu saddu "al a rakey-
behom urikebu "^alêhin marra fî^sà" uyihbotèyn
la m ma Matra h, apirès avoir affouragé leurs montures et
eux-mêynes yyiangé, ils bâtèrent leurs montures et les montèrent,
tous ensemble, d l'instant même, et les montures trottaient vers M.,
traduction datînoise du texte du 'omânais de Brode M SOS
V, II p. 18, 5: ba^d min t'a mu (sic!) rkâbhum ukellu
gaudu ') ^ala rkâbhum urukbùhin marre fil-hâl
uhatfan yithâban ilên, etc. Ici yithâban, de v^:s?",
désigne la pluralité des montures allant ensemble, voir L^i>.
') Voir sub '^y^'
560 ' .
Ce verbe est bien traité chez Dozy S., et la plupart de
ces significations se retrouvent dans tous les dialectes arabes.
ujLi! ii*~> ou jwT:, taper à la porte^ Bâsim le Forgeron 5,6;
1-i, 17, est, au Levant, plus vulgaire que v^' Ji^ ou ^,
frapper à la porte, exactement comme les deux verbes équi-
valents français, taper et frapper. Mais v^— ^^' h » -^ peut
aussi signifier fermer la porte avec bruit, faire claquer la porte^
de même que dans notre dialecte. Hartmann L L W p. 36, 9.
Socin Diw. Gl. sv. Marcais TAT Gl. sv. C'est l'hébr. 'i^nn,
Ges.-Buhl sv. Ce verbe est le produit de deux onomatopées
w^j> et ia^, 1216, vhv., = ^^1d vbv. Nous trouvons égale-
ment bat dans les langues indo-européennes, Walde LEL
sv. battuo. J^u=> et i^J ont donné -l^^^^, de même que sa
métathèse iaxi-, contre Ruzicka KD p. 52; Schulthess HW
p. 53 n. Le mehri habôt, mêler, mettre tout pêle-mêle, est
le même verbe et nullement une variation de dA=> (b>l!),
comme le pense Jahn et, sur sa foi, Bittner St. mehri I
p. 82, mais déjà corrigé par Rhodokanakis, ib. II p. 24 n. 1.
On comparera la série Îsj, w^5 -^^^j -^:>r>j -î^^j -M^>
v^, iiJ, i^xi-. iai, ;^Li; cCj , ^ et d'autres, vhvs.
i2-î-=>, courir en faisant du bruit, Hdr. Gl. sv. — Sich an die
Schenkel schlagen, se frapper les cuisses; Sturame TGr. p. 23.
ii^i^■, frétiller, piétiner. RO p. 206, 2. = ialL" et ^wi^'.
iijL^', se donner mutuellement des coups, taper Vun sur
Vautre. RO p. 172,7 d'en bas.
icIsAi-, un coup, une tape, une taloche, Dt.
- o
JaA:5^ = Kjih^. Cf. Jiyo et ii^*^, vhv. et lu^, vhv.
\Jkj.~>, péter, 673, = ol*j>, vhv, L A XI p. 358 d. 1. avec ^
561
V. sub o^^. C'est aussi ainsi que sont employés les nom-
breux verbes pour yéter dans les dialectes de l'Arabie, oui-
est sans doute une onomatopée augmentée de v^> ^? Cf.
\Jup>^ liW^j <— Aài>, oiàc, oiÀÉ et «JLs.
Chez les Bédouins, il est fort mal vu de péter, contraire-
ment à ce qui se passe aux Indes, où l'on entend à chaque
moment des pétarades formidables, (jâhiz, Tria Opuscula p.
52. En revanche, les Musulmans rotent sans se gêner le
moins du monde. Cf. vjïjyi-, vhv.
^A=>, raccourcir un vêtement en faisant un pli, = ^ac, 762.
I Sîdah XIII p. 275; LA XVI p. 393; XVII p. 186. Cf.
^^. — 'iLkjj> V. sub qLo-
^^
< L>3-. j_5>-i=\x>*l , se cacher, 42, 21. — f^:^^, poche, = ^^^—fS
RO p. 25.
.x=>, trahir, violer le pacte, = .ô<à, 762; 1767. LA V p. 311.
Tab. I p. 1748,9 et Tab. Gl. sv. Cf. J^i>. ,
Jjc>, tromper, guetter, 762; 1767. Cf. y:>.
*j:i>, mettre le couvercle sur le four. ^JSu^\ J. uoytS! c^Jxîi 3
o^*:^5, lorsqu'elle a flanqué le rond de pâte dans le four
et mis le couvercle, 1027 en bas.
,Jixî>, hague en argent avec pierre. C'est la forme usuelle
dans le Sud, Arabica V p. 126 et n. 3; Hdr. pp. 451 et 578, mais
mes Datînois prétendaient que c'est un mot moderne et que
le vrai mol est ^3yo vhv. El-Amâlî p. 57 rapporte un vers
oià figure la forme j.bLJ> et il ajoute ^^^:^^ ^^^^ ^^ '^^ô
36
562
j^"Li>5. La dernière forme, *J"Li>, est la plus courante dans
le Nord. Lane sv. donne toutes les formes en usage, les-
quelles prouvent la grande extension de la chose et du mot.
Les. Anazeh disent aussi (*:ci>. Ils appellent ,*-i:i> ^=>'i>o un
grand personnage, qui donne à manger aux pauvres gens.
Dans la célèbre qasîdah de Dikr, tante de ^Agâb, ma LB'A
p. 77 V. 9, je lis:
dont une autre version était:
Ici ^^ et j*-:'L=> sont synonymes, de même que |^j-«-£, pi.
5 3 O - 3 5
(j^àc, et (jM^, pi. lA>>.^, ï'z'/; méprisable. La poétesse veut
dire que tous vivent dans le campement aux dépens du
chef. Chaque chef de tribu ou de famille a, dans toute l'Ara-
bie, son cachet. Le sêh Sattâm I. Sa^lân, chef des Rouv^^alah
fut appelé devant moi ^^Ol *:c>. L'on, dit isJuJjJl *:j^ ^"^5,
un tel est le cachet ou le chef de la tribu. — j»_j"LJi oi->,
expliqué 834 et ss. L'expression L^. [*^'!>^ i}^ ^^:^J^, Jeune
fille vierge, 1467 n. 3, est expliquée par les textes donnés
834 et s.
Voir Fraenkel FW p. 252; Brockelmann VGSS I p. 254.
Outre les mots cités Arabica V et Hdr. p. 578, il y a oZyô
et ^\j-^, courtier, vhv.; ^_>-_x_I:), timbre- poste, Aden = Eg,
^LL. La forme J-*-x.s n'est pas rare dans la lurah. ,Ji-A.c,
Diw. Ho(J. Wellhausen N° 169 v. 7; ib. N° 205 v. 8, où il
y a aussi ^Là, et ib. N° 169 v. 4. Cf. Jj^ et .S^L; o*.^S- et
03^L>, Hartmann LLW p. 35. Les verbes Jot^à et Jsîy sont
également assez fréquents. Hdr. p. 578 n. 2; Feghali p. 194/5;
') Chanti'-: mas-k au-k e-bî-d i; mrti'e:
563
voir ici sub J«-<5j . Fraenkel o. 1. dit, sur la foi de Nôldeke,
Mand. Gr. p. 112, que f^j'ui- est arabisé de l'araméen. Pour
cette forme, oui, mais toutes les autres peuvent bien être pu-
rement arabes, et je ne vois pas pourquoi le verbe, si répandu
dans la lurah et dans tous les dialectes arabes, soit déno-
minatif, comme le dit Fraenkel. Il faut alors que ce soit de
même en phénicien et en hébreu, et il reste à élucider la prove-
nance du substantif. La variante arabe j.lj'L> est exactement
la forme hébraïque Dnin, := hôtem, Arabica V p. 127 n. 16.
Je crois que nous avons affaire ici à un mot sémitico-
hamitique répandu dans le monde oriental depuis la plus
haute antiquité. Hérodote I, 195 dit des Babyloniens: «rcpp^yllx
Vs £}cx<TTo<; £%£i. Par une conception encore inexpliquée, on
avait rhabitude en Egypte, jusqu'à la fin du Nouveau Règne,
de déposer dans les tombes des boules en terre cuite portant
l'inscription htm, pade^ contrat. Ces boules indiquaient peut-
être un pacte conclu entre le ^\ u^=>Lao et ses prêtres mor-
tuaire^, Peet and Grifflth, Journal égypt. arch. 2 (1915) p.
10—12 et ib. Crompton 3 (1916) p. 128, ZDMG71 p. 293.
Ce mot htm doit bien être le même que l'arabe (*-*_=>. On
a du reste déjà assigné à nnin une étymologie égyptienne,
Bauer et Leander Hist. Gr. Hebr. Spr. p. 25. Il est inté-
ressant de constater que les mots qui se rapportent en arabe
à l'art d'écrire sont en partie d'origine non arabe p. e. ^j4->
encre, vhv., = o!l>^ vhv.; «i^o vhv., = hébr. npîp., et |*-jl.=>.
Les deux derniers mots indiquent une provenance non sémi-
tique du métier du scribe.
Le rôle qu'a joué et que joue encore le cachet en Orient
est grand, Arabica V p. 126 et ss. Toutes les lettres que
j'ai reçues des sultans et des grands personnages de l'Arabie
méridionale étaient toujours munies du cachet. Le sultan
des ^Awâliq Supérieurs, ayant appris qu'on m'avait fait par-
venir des lettres de sa part non munies de son cachet, me
mit sur mes gardes, dans une lettre ad hoc envoyée par un
564
courrier spécial, ^;,J>X*, contre cette manoeuvre de rnon w>.;oC«
malhonnête, Marzaq. Bolj. I p. 20 raconte que le Prophète
avait écrit une lettre, mais on lui fit observer „qu'on ne
lit une lettre que si elle est munie d'un cachet", et alors le
Prophète s'en fit faire un avec la devise xJLJî J^-w^ lA^^i).
Il avait d'abord défendu le cachet, mais le permit ensuite
aux chefs pour cacheter leurs lettres: j»J'Ui ^J*^>j ^ ^^ iuî
^j'JaJLw ^cJO :i), LA XV p. 54, 11; Nihâyah sv.; I Sa'd chez
Wellhausen Skizze IV p. 97, oià ^y^ est traduit par cacheté,
plutôt: 7nuni du cachet. As'^ad Tubba^ avait un |*-J'Li> sur
lequel était gravé: c^^aJLjù' ^_^L = ^LxJ ^^, Naswân o. 1.
p. 100; v. ici p. 108. — qUJuv [*-jL>, Arabica V p. 126etss. ;
Doutté Magie et Pteligion p. 156 et p. 113 n. 2 et les réfé-
rences y données; Pedersen Eid p. 153 et n. 2.
Le sens de ^i> ou f,:^ rapporté Arabica V p. 127, Hdr.
p. 451, se retrouve dans le libanais hattem, il conclut, finit
une prière, et le subst. hettâra, prière qu'on récite à la
fin de l'office, du syriaque hattem, ad finem perduxit, etc.
Feghali, Emprunts p. 36. Ce sens est pourtant secondaire:
le primaire est apposer le ^=>; [*J'L==") °P"in, et non pas fermer,
cacheter, Ges.-Buhl sv. cnn.
On trouve parmi les insignes du dieu Samas le bâton et
l'anneau, symboles de son pouvoir, Prinz Symbolik pp. 90;
91, et ib. Tafel XI N° 1 et 4 et Tafel XIV N° 4. Ils
remontent à l'époque d'avant la Dynastie de Hammurapi, ib.
p. 91 n. 1. L'anneau était aussi l'attribut de Mardouk, ib.
pp. 124, 125, et de Ea, ib. p. 144. Cet anneau pourrait bien
représenter le circuit du disque solaire; il serait alors l'origine
de la bague que portent le Pape et les évoques catholiques et
^) = Trad. Houdas I p. 38, où (ji3L_xj est traduit par la blancheur
de l'argent tandis que c'est papier.
565
que nous portons encore tous. Plus tard, on y aura mis une
pierre pour s'en servir comme cachet. — Le marsouin est aussi
appelé ^^UJLw ^\J> dans le Sud, =^. — Sur le j.L;c3- des
anciens Arabes, voir G-. Jacob BL p. 101. — ïL/oLjcj^/o, couvercle
du four, 51, 11; 604, 10, 11 d'en bas; 1048, = Nord iocU>o.
^Uj^t &:^o, sacrifice de la circoncision 1777. Sur la cir-
concision, "voir Hdr. p. 484 et ss.; Lagrange Etudes p. 239
et ss., qui prétend p. 242 que les Arabes la connaissent de
toute antiquité et il dit: „le fait d'Ismaël, l'ancêtre d'un
grand nombre de leurs tribus (!) est une attestation suffi-
sante". Je trouve que ce fait ne prouve pas cela, ainsi que
j'ai dit Hdr. p. 493; tout le contraire. Cf. ZDMG 70 p. 351.
Les Babyloniens et les Assyriens ne pratiquaient pas la
circoncision. Sur la circoncision des filles encore pratiquée,
voir Jaussen Coutumes p. 85. K. el-Ar. 19 p. 59, 11, 12.
j^^, u, en Hdr. = (i)i3 et ^^^p-, vhv., Hdr. Gl. sv. ^. LA
et le Qàm. ont xJU.lJî ^^o .:s^^), oîi le dernier mot est =
5 5 w 5 Cl ,
jjJ!, et LA en outre ;^,a.^î ^\ iot^ »^:^T^it, la largeur de
l'ouverture de la jarre. Le Verbe ne s'applique pas à une
action rectale, mais j'ignore la nuance exacte du sens.
jJ:^, i, retenir; arrêter, empêcher; retarder, ^2,2, S-, 554,6;
1460; 1461.
J..:s;i3., a, être retenu, rester en arrière, 1460, où exemples. El-
Fâljir d'el-Mofaddal N° 211 porte: j^î> J03 l.^ y9 f>y>
slXx-ax: _v-j! Jï L-ixPo '-x^^^ \JLS>{> j^LwJ>5! 1^^^ (j! ^y^F^
566
Nihâyah sur le i).:^ du Prophète. Le sens classique d'avoir
honte, être interdit^ qui se trouve aussi dans tous les dialectes
du Levant, du Nord et en ^Omân, RO § 98, est secondaire; nos
dialectes du Sud ne le connaissent pas.
S^^, intens. de la première, retenir^ arrêter, etc., 442; 1460;
1461. > Joi-, 442; 1461.
OJ^J>f = J.^ et ^^, 1460.
J..5^;ci>l, être retenu, être empêché; tarder; s'attarder^ 104, 11;
1460 et s. L;-Jl£ J.wS^jc=>!, il a tardé à venir (chez nous) =
LLaJlc ^j:^^^. Voir ce que je dis de ce thème 1461.
5<=>, 1273, 7 d'en bas n'est pas clair. Socin Diw. Gl. sv. a
Seitenflàche des Flintenkolhes, mais je ne sais si c'est cela
ici. Musil 0. 1. p. 244 v. 5 porte : 3^1 ^î JJî ^c ^^ ^f^
j.Îl\ïI, ses cheveux déliés tombent sur le sol jusqu'à la partie
de devant des pieds. Je crois donc que l\3> est ici le devant
de la selle, cf. Lane sv., mais 3<->- est peut-être la vraie
leçon chez musil. — 5*0/, terre, terroir = {j^J^i 1274 n. 7.
Socin Diw. Gl. sv.
»^Â=> chez Musil o. 1. p. 1. est plaine plate et fertile.
o\ôd>, échancrure, 87, 18, 21, = a^Ji à Beyhân, 87, 17, 20;
1322, 1323; fosse, 1147; pi. sJci. < bJj>1, 1322. C'est le clas-
sique Ai>, 3Ai>, Naqâid Gl. sv., eto»L\;=>î, fosse, 1322; Naswûn
0.1. p. 31. Il y a aussi .le verbe l\-=>, faire une échan-
crure, comme le torrent lorsqu'il affouille la berge, ce qui est
aussi très classique, ici p. 572, 11, Naqâid Gl. sv.. e\^. J-y*J!
cLai), le torrent fait des échancrures dans le sol, Dt. — Exem-
ple chez Naswan o. et 1.1. p. 31. Grimme ZA 26 p. 166
veut que le qorànique 03l\=>!, 85, 4, soit une forme sabéenne.
567
'^3*^, pi. ô\^, épingle, Dt. = mehri mahaddet, raa MJM
p. 43 et Bittner St. Mehri I p. 68 et p. 129 ad D. H. Mûller
SAE IV p. 93,14, où il faut lire mahad ou mahadd.
Od>Jd>, trottiner, Syrie, 600. Cf. i^0<=>, jy=> et ^=>5, vhv.
, o , >
On dit en Syrie: ôd>OJ^ \^j f^^'jj ^^ est gros; il a les joues
pleines; c'est alors un dénominatif de Od>, joue.
.J\i>, percer en faisant un trou, trouer, perforer^ 450, '^^l^
^^>-AaJt j. o 3.3>', la balle fit tm trou dans le tronc d'arbre,
le perça de part en part.
.3j>, trou, 450; 590; 1184,4. — Hilder = J^, grotte, en
shaurî, SAE VII p. 123, 1; Bittner St. sh. I § 27.
jôJ>, coll., blocs de pierres, Beyhân, 1635, 7 d'en bas.
Jôd>, rideau de l'entrée du compartiment des femmes dans
la tente, Nord ; ce n'est pas le pluriel de ^iAi>, comme le
croit Socin Diw. Gl. sv., mais la forme jL*j régulière des
choses qui couvrent. /
s^lX^, hutte ou tente qu'on fait pour le mariage = Béd. Nord
bjy vhv. Stace sub booth et ivedditig booth.
■ijk:^, épithète de la fille, 762; Hdr. p. 266. Naqâid Gl. sv. —
Sur J-Ji! jjs^ ou jX=> ou bVjiAi> et les autres dérivés de ce
sens qui sont enregistrés chez Lane d'après le Qàm. et T A ,
mais qui figurent aussi dans LA, d'oi^i le TA sv. a toute sa
science, voir ici sub jXt. I Sîdah IX p. 37.
v_îJo:=>!, enlever, arracher, =^ljxà>\, 1221 note.
568
|,Ai>, u, i, servir, dienen, mais dans_ notre dialecte on dit de
préférence ^ vhv.; desservir un sanctuaire, 455 n. — Tra-
vailler, bedienen, comme chez RD Gl. sv., souvent dans les
textes de D. H. MùUer et de Hein. ^.lX^. «SU» JL>. sLci,! L\>ji
jA^St L_y, î(?i homme acheta un esclave qu'il fit travailler sur
le puits, Jahn, Meiiri. Sprache p. 3, 19, oîi Jahn le traduit
par dienen. Rôssler M SOS I p. 58,14. En sehrî, SAE VII
p. 128,24: behdùmen mrar, nous travaillons à la récolte
de l'arbre à encens; ib. p. 148 § 18: eliôdim sâhez, je
travaillais dcois l'encens, je faisais le commerce de l'encens.
Ce sens aussi en maghribin, Marçais Gr. tl. p. 59etid. TAT
p. 276; il est courant au Waddây, Carbou p. 74. — Faire
la cuisine, 455 note. — Faire, Moritz Zanzibar p. 25.
j,L\i^jCwt, se servir d'une chose, est aussi une bonne expres-
sion classique. I Hisâm dans son K. et-Tîgân, mon ms., s'en
sert souvent p. e. : J^^l csj.yJ^ d^-oî JL^: tÀP ^^\ .^^^ 1j ^J Js
K^ ^J^j> aoo j jîV*'^ »Lii-5 iiii L\P -lAjiiwL »3-! ^X! Jj'^ls.
j.oL=>, serviteur d'un sanctuaire, pi. j.!a=>, 1780, 1, 2, et le coll.
j.l\î>, 455 et note; I Sîdah VII p. 82, 10 d'en bas; Mokadd. p.
242, 2, eunuques. — Captive (femme), pi. ^sSà> et oU-jAi-,
Carbou pp. 67; 71; 177, 1. Le pluriel j.ÎL\=>t désigne une classe
de parias qui se trouve au Yéman et aussi à el-Qisn, selon
Hein, Mitteil. Geogr. Gesellschaft in Wien Band XL VI p.
224. SAE IX p. IX Hein dit: ,,Au point de vue ethnogra-
„phique et anthropologique, les ahdâm (le texte porte à
„tort ahdâm), qui depuis un temps très, très long habitent
jjl'Arabie, même loin dans l'Intérieur, oii ils possèdent même
„des localités entières, offrent un intérêt remarquable. Comme
„type et teint de la peau, ils s'écartent considérablement des
„ Arabes, s'approchant davantage de Vhabitus africain, dont
„cependant ils se distinguent assez". Je crois que Hein con-
569
fond ici les ^tAi-î du Yéman avec les iç^^, vhv., et les gens
de métiers, tels que oL\:>, j!y>, ;L^, o'/>, etc., soit avec
les clients des tribus, appelés aussi ^->^j^, pi- &-cIj^ vhv.; cf.
ici sub ,j*.*jkjl yj>] , Je n'ai jamais constaté que les Ahdâm
proprement dits „ possèdent dans l'Intérieur des localités en-
tières". Ces Ahdâm sont la spécialité du Yéman, Arnaud et
Vavesière J As. t. XV 1 850, Glaser, Die Kastengliederung im
Jemen, dans Das Ausland 1885 p. 201 et ss., oii il dit fort
exactement que le pluriel ^^l\=>\ ne désigne que cette classe
de parias. Ils sont probablement d'origine africaine. Ils se
marient entre eux. On ne mange pas avec eux, mais ils
prient, bien entendu, dans les mosquées. Ils ne sont pas
impures par leur métier. On ne doit pas non plus les con-
fondre avec les ,k:s^:>, vhv., ni avec les oLs\.^, vhv., ni avec
les Q-«-«, vhv., qui forment aussi des classes à part. Je
parlerai ailleurs de ces classes dans le Sud.
G. Schweinfurth, Westermanns Monatsheft Febr. 1891 p.
614 dit à propos de Soqotra: „0n est particulièrement sur-
pris du grand nombre de nègres, soit des esclaves, qu'on
voit travailler dans les champs. En outre, il y a une caste
de travail, chadim, quelque chose comme des serfs, dont
la tâche est de travailler la terre et qui sont fort méprisés
par les vrais Arabes, beaucoup plus que les esclaves et les
nègres qu'on achète". Ce serait là les ^^ô^^ du Yéman.
j.oL=> est aussi domestique femme, I Battùta II p. 7, négresse,
pi. pÂî>, 456 et n. 1,1 Batt. H P- 197, 4, comme chez Mar-
çais TAT p. 277, Bel, Djâzya p. 110 et n. 1. I Sîdah III
p. 140,3: ^c^j"^l5 ^i't3Ji J_c ^ poUi, et le pi. j.AÎ> s'ap-
plique aussi bien aux mâles qu'aux femelles, 455 n. 1;
comme collect., on peut le rendre par domesticité. — Eunuque,
570
Bibl. géogr. Arab. IV Gl. sv. — Esclave mâle, Rôssler MSOS
m p. 1 et s.. mJ\j>^ esclave femme RO p. 24, 10.
j.îjc>, travailleur au champ., en sahhi, pi. j«-!l>!l\=>, 456 note.
^^^^, cuisine, 455 n.; 1042 et Hdr. Gl. sv.
iCxnAjfifl, couteau de cuisitie = syi^, 455 n. — ^^^vcoci-, pi. ^'Jvi>,
est couteau dans la plupart des parlers algériens, et Marçais
dit TAT p. 277 que c'est un des mots caractéristiques du
Maghreb. Il trouve que l'origine en est obscure et il le rap-
proche justement de notre iLxnA^, couteau, c'est à dire un
bJLxjLx) dont on se sert à la cuisine, j.A_^. C'est plutôt la
forme ou le paradigme qui est obscure, mais au Maghreb il
il y a tant de formes étranges!
j^,uX.>, ami intime, 847 n., pi. ^^^^i-!, 846 note 1. Socin Diw.
o
Gl. sv. ^^Aj^JI _bG, expliqué 846. Est-ce l'akkad. kidinnu,
protégé, client, OLZ 1905 p. 338 et ib. 1918 p. 68?
(^A_i>, i, marcher lentement, 600; 1674 et note; ^ (j:A_>
1667, 5 d'en bas, où il faut lire ^^^X-^., au lieu de ,^lX_^.,
1674 note, comme dans I Sîdah X p. 119 avec la variante
^J.J:> \ô\. Cf. J>y>-, l\=>A=> et A=>5, vhvs.
^ôd>, a, faire partir qc. avec une chiqxienaude, décocher,
p. e. la cendre de la cigarette ou de la mèche; décocher une
petite pierre qu'on met sur le pouce et qu'on fait partir
avec une chiquenaude, Dt. Un Datînois m'expliqua cela par:
w ,303.55
(é)joU.,*o UiiA^3 é)w4-^lj J-c Lp^î^" i'^-JU'^^ ^^^-=t^^^ ^^* prends
U7ie petite pierre que tu mets sur ton pouce et tu la décoches
avec ton index. C'est à peu près ce que dit LA ^v.; cf. LA
X p. 384,14. J'ai vu qu'on le fait , aussi comme dans I
571
Sîdah X p. 100,11: ^^ 'sL^ Jc>L ^t oJj^it iAj^o ^j!
i^-ooLLv y\_j, et l'on jette de cette façon la petite pierre ou
n'importe quoi assez loin. Cf. o^L\i>, lJiA>, oiÀ>, ol\.=>,
o.o, LJiAi et v^Às.
J>, i, u, onomatopée, faire du bruit, ce qui est le point de départ
de toutes les significations de ce thème; Naqâid Gl. sv.; cf. le cl.
L>, u, mugir. — Murmurer (eau et vent), 587 -- Gargouiller.
iLfc-iiJl J, _i^j tLit, l'eau gargouille dans le narghileh; cf.
y>y> vhv. — Ronfler^ 587; 1300. — Tomber avec plus ou moins
de bruit, Dt. ^uJic iCf.LXil oy> J^.^! i^' ,^, par s?-(zte du grand
torrent la cabane s'est écroulée pour (ou sur) eux, Dt. Une
femme des B. Fahm, Dubayyah, Diw. Hodeyl. Wellh. N^ 215
V. 5, s'est exprimée assez poétiquement en se plaignant de
la destruction du dâr des siens:
ie pzT/er de mon ciel s'est bien effondré:
Ecroule-toi donc, mon ciel: je ne vois pas qui puisse te
reconstruire ').
_^_i |*-:^T-jJî, l étoile tombe, > étoile filante: ^L> ^-:s^-j > ^-3-.
— Dégoutter (toit), Syrie, 590, Socin Diw. Gl. sv.; = Dt.
f>f>\ cf. .c. — Goider, imparf. ^j, en général et non seu-
lement de l'eau, mais toujours avec quelque bruit, 587; ma
') Je crois qu'elle fait ici allusion à sa tente et que ^Ljv- se rap-
porte à la hauteur de la tente que soutient le 'imâd; voir sub ^U-w.
Dans le V;*^' r^l>^ U^^f' !'• ^'^^ "■ "^i Clieykho donne une autre expli-
cation qui ne me i)araît pas bien r(''ussie. à\^ est ici du féminin, voir
I Sîdah.
572
Festgabe Gl. sv. RO § 303. I.^ j.JJî, le sang coule, 1028.
j.l\j! y_^, M'AR p. 74. - Ôter, enlever. ^\^ U03 u^^^*:?- ^
Lpjj. Uj-x (iL^y>5 Lg^jr-, lorsque tu viens (se. Kj^^tII) où
il y a des arb^'es, tu les essartes et tu les enlèves de là et tu le
(='»jj^) défriches, voir o^ et ^j=>-, vhvs. »j>lllî ^^ 3-, ôte-toi
de la lumière, Dt. = ^t et _i>^ vhvs. iLsUJ! "-^-J"? l'appétit
s'en va, expliqué par é-^ ^-.^^t Dt-
y> est aussi = o*^; cela ne se trouve cependant ni dans
LA ni dans Lane, mais seulement dans le Qâmoûs et TA
III p. 172 qui dit L^^ !J») ^j^p)\ ^U' "!=> JuLs 3~^^^ "r^S
et ib. : ^iliij (jzj^*^! ^j^ Jy^-wJ! -^A^ L j»..w) ^Jl. Dans S., Q., LA
et Lane, ^ est le /ro?i au milieu de la pierre supérieure de
la meule où l'on met le blé pour le moudre. C'est pour"
_jj>, qui est le J«aî régulier pour ces sortes de mots, Hdr.
p. 252. Ce sens de ^ = oJ-^ a sans doute aussi pour base
le bruit que fait ce travail: il est du reste confirmé par les
thèmes oy>, Jbp- et 0:y>. Voir sub 2dj>- les autres déve-
loppements de K^yi-; voir aussi sub ^_)^ et J^^^.
^.i!, se jeter sur. Rôssler M SOS I p. 65, 10.
!>VjL=>, rigole, ruisseau, 20,4; 587, > «3-.
8^!j>, toupie 1231 n. 1. Voir ^Uo vhv.
') On pourrait ici penser à —j.i> > i^j^i mais dans notre dialecte
le g ne devient que très rarement y, comme en Hdr., voir sub -,.
Ce peut aussi être une forme secondaire et hybride de j— ^^5 je ne
.suis pas bien sûr de ce j>, quant à sa provenance. L'aoriste est tou-
jours y^^. et l'impératif, y>. Cf. le classique ,L=>!, LA V p. 346, 9:
573
>(^^=>, a, chier; renforcé en cy> 592, vhv., comme
> ^i> (Tanger) et tant d'autres, v. sub '«Aj.
iji> dans îji- JiJ, 1020 n. 3.
>»j^, i, voler, ^, = ^y^, expliqué 1243. Sur l'étymologie,
voir sub y> et o^.
v_j^, a, être en ruine, être abîmé, dévasté, ioys^! ^^^;'=^j ^'^
champ est dévasté, 1552. Au fig., être troublé. ^J*c>UJL >_>^Jlijiî
ujy>, ^e coeîf/- e^ ^a veme poétique sont en dégringolade ou
troublés, 1565,3. Alinied b. "^Alî ed-Diyêbî el-Hamyarî a dit:
5, _0- +^_ Cl ^
Oy; V^^ ç5^ ^y^-^' ^^ '■^ -^^'^ ^^ 3 '^-V^r- V7> c5^ o'-5
ie Diyêbi dit: Ne préoccupe mon esprit ■
Ni ce que je fais ni ce qui m' arrivera:
Et si un trouble se produit, nous viendrons et nous amè-
nerons du inonde,
Paimi lesquels les enfants cVel-Kaur, dont la race est chère.
^y: =: L'^Li:, de bonne qualité. On comparera la locution cou-
rante dans toute l'Arabie: v'r^ ^^i^^-^Hi \S~tr^-i '^^ ^^V <^ V^"^^^
rien de commun entre nous. J-*4I u^^ Vt^ ^3'->^' y.^J "^j
si les daidah font la guerre, la troujje de la Montagne est
détruite, &S9 en bas.
^J>, couper le ô^e'lorsqu'il est encore petit et vert, ed-Dàhir, 527.
k_jy>l, détruire, ruiner, 1570.
^^ys^■, voler, == ^y^, 1243. — ^^^Xa, voleur, 82,6; 1243,
û
^X-=>, part, de v;-^? dévasté, détruit. <i-jjL=> 'i>^^, champ
dévasté par le sêl, 1552. — Voleur, part, de v/>> 1243. Diw.
574
Hodeyl., Wellhausen p. 72, 13; Hafifner T AL p. 47 en bas;
ZA XXIX p. 13. — Kj^-3-, K_iy> et iù!y>, ruine, maison en
mine, Arabica V Gl. sv., = 'â^ù^, vhv.
^-ij-=>, faire des éraflures, égratigner, gratter, 359 n. 2;
aussi en mehri: hârbes, gratter, Jahn M S p. 8, où harbês,
mais id. SAE Gloss. barbes, comme aussi Bittner Studien
II p. 121. — Griffonner, bousiller, 1258; 1880 n. 5; expliqué
Arabica III p. 42. &Li> (ji>.j,i>, il a barbouillé son écriture,
griffomié, fait des pattes de mouches. — En Syrie, chercher.
(j^LaJt J. ii+iiJf «uX.? (i)wCio 3>l Ij! , je te chercherai ce mot dans
le Qàmoûs; obs. <iLioy>î = eVJ ^f>\. LA sv. = ^jixxi^. Nous
avons le thème \J^->P', vhv., > <J^*à>, > J^:^.^, Syrie, vhvs.,
avec les développements J^^f> et ^jiw*y>, = ,ji;^yi, Syrie, LA
sv. et Ruzicka KD p. 33 et p. 81 qui, d'après sa théorie, fait
venir J^f> et J^f> de (ji.î.>. Je crois que l'r infixé provient
de l'onomatopée V~^'j==' désignant le bruit, voir ce qui suit, et
qui a aussi donné ^y-=> égratigner, vhv., et qui se trouve
aussi en persan (jiA_>._ii L_i>, égratigner, également onoma-
topée. Cf. lAj-:>, ^;-^, 1380, et [*-^^==-, vhv. Les exemples
de cette infixation sont très nombreux, 359, Schulthess HW
p. 53; Brockelmann o. 1. p. 244.
LT^r^'j produire un léger bruit, 359; comme p. e. lorsqu'une
souris ronge le bois ou le bruit que fait un serpent, Dt. —
Farfouiller, Syrie.
'^^f>, léger bruit, comme lorsqu'on gratte ou ronge quelque
chose de dur.
;ji^_J>, petite hutte ou petite tente. Winnhom 'and el-
ahrêmi bânie harbûsa bil-barrie; et les voilà arrivés
auprès d'une pauvre femme qui avait bâti sa hutte en pleine
campagne, Haurân. Littmann, Arab. Beduinenerzâhl. Gl. sv..
Synonyme Nord, in-î^î, vhv., = Sud iL.;o, vhv.. Est-ce vrai-
575
ment le persan »_LLJ^, Hdr. Gl. sv.? Voir Vullers Lex.
pers. sv. o^ri- et Socin Diw. Gl. sv. Le dict. of the pers.
lang. de Palmer a xjoLj3-, a high-pitched roof, et l'arche-
vêque Cher, Alfàz, p. 124: ytiii! iUi ^s-X.'^\ jiu! _^3 ^AXCoy>
cf. Lane sv.
X«jO.
V
i2jy>, gambader^ battre des pieds. RO § 396. Au fig., /azVe
dw désordre, abîmer, 360. Selon R.uzicka, KD p. 123, c'est
une dégémination de -L->-=>; possible, mais alors le r est
motivé par ^J>, si ce n'est plutôt un accouplement de ixc>
et v=^- 1^6 même, i3xJb>, vhv. est un accouplement de -La~>
et -L2_>J, ou une dégémination de i2_l3> où le J est' motivé
par iaJ. — J^y^', s'embrouiller, ma Festgabe Gl. sv.
oij.i> provient de trois thèmes différents: 1° oi-jj=>, lancer
des pétarades, 'Oneyzah, employé principalement des bêtes,
mais aussi de l'homme. C'est l'onomatopée ^x=>, péter, vhv.,
avec un r épenthétique après la première radicale. Déjà el-
(jrauharî dit sv.: xb^^ J, ^\ &ïlj.i> ^i lX=>, et LA sv. ajoute
_b*iJi -y^ ^^j-=> <}"=r'j*) Fraenkel, Mehrlaut. Bild. im Arab.
p. 16, a eu parfaitement raison de le rapprocher de oi>3., mais
Ruziclfa, 0. 1. p. 32, n'a pas connu ce verbe dans ce sens.
2° os-j^j percer, faire des trous, perforer, Egypte. Spiro
arab.-engl. Voc. sv. C'est l'onomatopée o^, percer, déchirer,
avec un b épenthétique après la deuxième radicale, comme
^y et o^jy, Egypte, ^^ et ^y>, Egypte. Synonyme OJ^=* =
i^j^JLi! 3>-^, LA sv.. L'incertitude de Fraenkel est donc
écartée, o. 1. p. 16. D'apiès la théorie de Ruzicka o. 1. p. 32,
576
ce serait une dissimilation de oy^, qui est bien aussi l'in-
tensif de o^^, et LA l'explique par ^, mais le Qâm. par
^^-ki. 3° ■J?-^f> a en Syrie le sens de rouler quelque chose
autour du cou. «^3 iC^^ï. J. iU^IÎ *^r>> 7'oule le mouchoir
autour de son cou et tire-le pour le faire venir malgré lui.
M. el-M. a: xsLl^ ^i L^k^j ^1 \aj£ J. >jJi^ oij^ Jyi-j m\jù\
,j5^'^, ce que Dozy traduit par Jaisser tomber sur le cou
la loyigue pièce d'étoffe qui sert à former le turba7i'\ Cette
définition est trop étroite.
obys^', en Syrie, où l'on dit xXxïj *j";.^ o^ûj-^^ \y^, il est
marié., et sa femme est eyiroidée autour de son cou, il ne
peut plus s'en défaire. En arabe, je ne trouve rien qui
puisse expliquer ce dernier sens de V~^.=> et je n'ai qu'à
renvoyer à l'hébreu pun, enlacer, embrasser, et au syriaque
cité chez Cles.-Buhl sv., à moins que ce soit un dénominatif
M o
dégéminé de ^-i>, mettre le io^, fichu, vhv.
^7^
o-^, u, trouer, perforer =^ ^^^. I. el-Qùt. p. 209: o^i>
s: « O ? O -
\juh^ stjiîj \iiii Kj"y>5 'jy> e^c^jî. C'est OU un élargissement
de l/~y> vhv. OU une prononciation pour J^j=> vhv., où il y
a les autres développements de V~ ^. ^ est à oj> et -bj>
comme Js à o.-s et -bjj. Voir Zimmern Akk. FW p. 44,
oti les équivalents dans les autres langues sémitiques*
o^^, aussi voyelle oj>, ce qui est moins bon, voire même
0 1
erroné, car le Jois est ici le vrai paradigme. Perforation en
général. I. Sîdah V p. 137: o-=> = Lp^c3 ^Si\ J. ^^-JÙ). —
Trou dans le lobe de l'oreille pour y mettre la boucle. Encore
employé dans ce sens à elQasîm; cf. -b^, boucle d'oreille.
577
— Chas de l'aiguille. Une variation en serait (j/,LàJl 8_~> =;
u/,LàJt o^, Naqàid Gl. sv., si ce n'est une pure erreur,
selon TA sv. •,.-=>. Au Soudan, iL_jy> est encore boucle
d'oreille, propr. le trou ad hoc, Carbou p. 196; Rabah p. 40.
^j:^f>, I Sîdah XIII p. 51, est = ^, trou de la meule, vhv.
Or, A. Fischer ZDMG 58 p. 874 et Brockelmann VGSS
I § 225 p. 405 considèrent le t dans hurt, trou, chas, Ohr,
comme étant originairement la désinence féminine, comme
dans o^î et Ub'. Ce serait donc, selon eux, -3- -f- o(») et
ne pourrait, comme tel, provenir que de sy>, de b.y> ou de
»5-i>, mais le dernier mot est une erreur, ainsi que nous
l'avons vu. Cette argumentation ne me paraît guère accep-
table. o-=> est plutôt un J^xs régulier deo^i-. Pour les autres
mots que Fischer et Brockelmann citent o^, 'xJ^ et vi>^,
d'une forijiation analogue, selon eux, voyez ici sv. Synonyme
de oy> serait ^j>, I Sîdah V p. 137: ':Lj-=> .^c^x^.^ l-^sJ Ji
et ib. «jj^î cjy=> = Syj"^' ^^-^, chas de l'aiguille. Mais ici
^^ est pour («j^, percer, b<m; en Syrie, ^j.=> est c/zas
d'aiguille, et vj^» percer, est partout inconnu. Voir -=>,
y-=> et -bji>.
o3^ = -bj^ vhv.
„^, u, sor/îz'r, 1450 et ss. Employé 51,13 dans le même
sens que olc vhv. ^(^«-j j^ ^j-=> \>i ^J*«.^>Ilî J^j> "îi, sz l'air
y entre, le pain en sort mal cuit (cru) = devient, 1450, où
expliqué. ^Lv^J'li! lX^ ^j-==-, perdre patience; être tracassé,
treinté, 557 n. 1.
En qarawî (shaurî), on dit toujours harog, = _,p>, pour
37
578
Mourir et non pas, comme en mehri, môt = oL/i. C'est un
euphémisme, de même que le soqot zâm, sur le quel voir
Hdr. Gl. sv., ma M JM p. 51, Datînah 778 n. 1, RD p. 8, 10
et ici sv. j.!^ . Les Romains disaient aussi decessit > décéder,
et les Américains, dans leur euphémisme conventionnel, ne
se servent j'amais du verbe to die, mais ils disent „passer à
une meilleure vie", to a better life. Cette circonlocution
euphémistique existe dans la plupart des langues.
-y> faire sortir, 1450. — Débrouiller, démêler, jio!^" \jcJÎ
8LX=>i5 -^" 'w«, tu fais de la confusion et tu n'arrives cl rien
démêler., 547, 10. — Expliquer. I.f>r> ^*^ l5;^ '-» rp-^' e5^)
ces mots je ne saurais comment les expliquer, 1571, où
-. j> < -^L *A> qT^! ^y^.. <-if^. Lo _^ (prononcé qor-'ân
avec hamza très distinct), il ne sait trouver V explication de
cela, 1450 et n. 2, Dt. En mehri, sharôg est li7*e (.^ysXw))-
SAE m p. 197, Bittner St. mehri II p. 53, 11 d'en bas;
ib. m p. 38 n.. Bittner dit à tort que l'équivalent hadra-
mite „-;sù«! est un mehrisme! En dt., on dit tout aussi
bien ]a;^\ L\-^ ^.js^vw^j lJ^jû', sais-tu lire cette écriture ou
lettre? On peut aussi dire -- r-=>. Voir mon mémoire Ragaz et
mètre. — Se déshabiller, se. v'u^î, Yéman. Arabica III p. 128,
Heir. = Dt. ô<jui vhv., cf. Cantique IV, 1, w^li», ^^^J^ vhv.
SAE IV p. 131,3: harrigu tiyâbakum, ôtez vos habits,
mais ib. p. 160, 5 : h a r a g e t-t i y â b parce que le sujet est au
singulier. — Rapporter, profiter, convenir, -^t-^. L-<i, cela ne
rapporte rien, cela ne convient pas. — ^'js>, faire sortir, au fig.
1451. — Convenir, 1450 et s. — (j\j -rL>, trancher un litige
entre deux partis, 1451, où se trouvent d'autres exemples
de l'emploi de cette forme; Arabica V Gl. sv. ^y.Aiî ■r}-^--,
he pays the debt by instalments, Stace p. 88; ici p. 1451.
579
„^l, faire sortir, expliqué 1451 et s. ^\yo\ ^j^. L. ...^'bJ!
'!L-i.yl\*) iULoAJî, le sultan fera sortir, = vous donnera, des
blessures à la vertèbre dorsale et au poumon, 107, 19 (il faut
5 5 5
ainsi corriger ma traduction 243), oîi-^. <-^., 557,2
et n. 1, comme 99, 10: dL>r=^- '-« < tA->^. Lo, 1450. -j=>\
j^l.^"b5i CkjS , faire perdre patience; tracasser, éreinter, 557 n. 1. —
-^■, é^re habile, exceller dans quelque chose, Dt. Merveilles
de l'Inde p. 174,9 à propos des Japonais: ^^^ ^\yi\^\ ^]
^ w 0 5 ^
i^j^^ J^ 3. y,.b 3l\^3 c>.■^=>5 'SjuCsj>^ i3vp-ii • -^^-5 Japonais sont
nombreux ... e^ ^7s sont les plus intelligents des créatures de
Dieu da7is les métiers. Ils excellent dans tous les métiers ').
Ce sont des traîtres, rusés, trompeurs, méchants et insolents
en toutes choses. Le brave capitaine a bien jugé les Japonais.—
'rf'i expliqué 1452. q|>-**^ ^f> S ^1 ^^^^ '^'^^^ V^^ pour
dames, Harfouch Drogman p. 239; de même en Dt.
^ ,L=>, femme divorcée ou veuve sans enfants, 77, 14 ; 347 ;
719; 828 note; 840; pi. S/>, 347; 719; 840; 1446. Aussi
^.f>, 840, parce qu'elle est -.[5^! ^J^ --J^, 840. „ L> ci^^
»j>-_y] ^^, tu es hors de protection, 553. Stace p. 189: Woman
w o 5
as distinguished from a virgin i-^^", i^,L=> !La.s>, ce qui
n'est pas tout à fait exact.
y>f='t murmurer, gargouiller ; secouer avec bruit; rcûer, Dt.
^) La remarque de v. d. T.ith p, 196 est inutile, car *jî se rapporte
à i}^', et LfRA>>, il <jLî-o,
580
•~>j^.. (Cjv^î, la jiipe à eau gargouille lorsqu'on fume en
faisant passer la fumée à travers l'eau. C'est véritablement
l'eau qui j^j^- • r^r^- v-^-»-^' , le toit dégoutte, Dt. Même
remarque que pour y> vhv.
jy>, coudre avec la lanière ou le fil après avoir fait des trous
avec le -^^^ Hçlr. pp. 247 et 258. Arabica V Gl. sv. Accou-
plement de ,=» et ;i>, vhv., cf. >_;.=> et j.ji>, vhvs.
j5y>, cordonnier, 1025 ; Hdr. Gl. sv. Le jlj=> est en général
celui qui travaille le cuir et non seulement le cordonnier;
le sellier est aussi \\J>. Le ;!y> appartient à la classe des
parias, mais il est, avec le lioLi-, plus élevé que les autres.
C'est l'ouvrier par excellence de la tribu: il fait les sandales,
^ o -
les ouvrages en cuir, tels que les outres, etc., et son j^,
alêne, est l'instrument avec lequel il fait tout. Il entre
partout, de même que le lX:>U:, et les femmes ne se voilent
pas devant lui. — Sur bjy>, voir sub Ji et JL,-v.j> et Naqâid
Gl. sv.
tjiy>, égratigner, Dt. Cf. (jij-=> et iji^ vhv. L'archevêque
Cher, el-Alfâz el-fârisîeh p. 52, le dérive du persan
^^lX*^L>, égratigner. Avec la même raison, ou pourrait faire
venir cracher, craquer, ktiirschen, etc. du persan. Les ono-
motopées sont nombreuses dans toutes les langues, dont elles
forment même le fond primitif. Cf. ^Ji^j^ et ^^j-z>. —
o o
(jiys? ou (ji'ys^, bâton à crochet, ■CVa.ssyv. mahrasu, 1752.
^^
^y>, briser une chose sèche qui fait du bruit en cassant.
i^r^\ se briser. Cf. •::=> et ,<-"i:»3-, vhvs.
581
j»-ày>, égratig^ier; meurtrir, Eg., 1380 n. 5, = Syrie ijiX/«j=>, vhv.
C'est probablement un accouplement de uiy^. et *wiL_i>;
Ruzicka KD p. 188.
j.yi^, pic de montagne^ 1615 n. En Syrie, ^f> est = j.yi^=>
Vos du nez^ M. el-M. sv.; Rasîd ^Atîyah, ed-Dalîl p. 118.
Pour le Syrie, voir aussi Feghali Kfar ^Abîda pp. 19 et 69;
id. Emprunts pp. 73 et 75. Développement de j^i^, vhv. On
observera que tous ces mots' sont sur le paradigme ^»f^,
1163 n.; 1614 et s. note, ou une autre lettre finale, v. p. 584.
*
(j«3_=>, u, conjecturer, supposer, ici p. 412, 4 d'en bas =
(j^y> Hdr. Gl. sv. et jf>. yo à cause du .. RO p. 267, 11.
Cf. le babyl. h a r a s u, couper, trcmcher. La définition de
,;_:> et uo^_=> est imprécise dans les dictionnaires classi-
ques, car LA sv. porte »..-ljLxJC_w_j" "^ l—*-:^ t5--^2-^' (j-^j^f?
et ensuite: Ui! .;il ^^5 ♦.:dt o,;:> !o! (•y^'3 J.:5:\>LJi L>=y> ^^^3
idjL>] "b5 ^Jài ji_o^^. Il explique (jOji=> par ^j:>. C'est là un
cercle vicieux, et mon Datînois a été plus exact, v. ^j> p. 412
en bas. Dans le sens d'avoir froid et faim, ij^f> est une varia-
tion phonétique de ij^^ > (>y, à cause du ., vhv.
^,->L-vOjL=>, 1317 n., est ziitc, selon Dozy S. sv.; voir ib. sub
c>JJac, où il y a ^çX>^.\J> et cf. ici p. 1317 note sur oJJas^.
L'archevêque Cher, 0. 1., p. 59 dit que ce mot est composé
du persan Jj> = Sj.^ et de tj^ = t^jyaJî .
_by>, U, est comme sens primaire susurrer, bourdonner
ronfler, comme la toupie; encore courant en Datînah, 591.
Onomatopée: V~y^ + -^- Ensuite, le sens donné dans Lane.
582
RO pp. 129, 5 et 145, 10: Blâtter, Beeren abstreifen, comme
en Dt. et en Hdr. — Dégainer le sabre, v_JuwJ! J:v>, SAE
IV p. 84, 26 et 85, 15 = cl. Jpji:=>l. — Façonner au tour, tourner,
partout usité. Lane dit que cela est de l'arabe moderne, car
les anciens Arabes ne connaissaient probablement pas(?) ce
travail, mais l'onomatopée y est patente; cf. i^vjL=> vhv. et
oy> vhv. — Casser en morceaux, dépecer avec la pelle, 354, 3
d'en bas; l'argile ainsi dépecée est &.L>y> vhv. — Radoter, dire des
balivernes, aussi en Syrie. — Cf. 3nn, ^y>, LDin, mn, Oj=>, nn,
j^=>, Dnn, j.y>, ?l-in, op. et iy, etc. ; v. Ges.-Buhl sv. ^in I. —
JaJ^', alterner, faire à tour de rôle, venir l'un après l'autre,
se succéder, Dt.
■hsà>\, dégainer, oix^! _b,;c>l = JaJLxi*! 1768. V. -^/>.
Joy9 -hj^, radotage, galimatias, en sahhî, 1114.
'iihj=>, l'argile cassée = Jd», ^^\ u^', 354, 1 d'en bas.
^^jlo t^J^ o'-^'» homme radoteur, qui raconte des bali-
vernes, 1114. := -blji>, radoteur, metiteur, Dt. et Syrie. Une
porte est ,^jL>, entre-baillée, Dt.
iLb!^i>, sachet à café, 1076, <xbL>, Hdr.; cf. le classique et
moderne icl3.jy>; RO p. 46.
■h*,X=> ou ii^jL=> ou XxbvjLi., noeud coulant, 591 Dt. 'ê^»,X=> iaj.,
faire un noeud coida^it, qu'on peut facilement défaire en
tirant au bout, contr. de »LXii-c. „Le noeud de tes lacets de
V. o 5
bottines est un 'sh»,Xp>, mais l'on dit iCAj^! sjoiE, le noeud de
Vamour'\ me l'expliqua un Datînois! Jû^J^-=>, douleur de
ventre, tranchées de ventre, 592.
idîj.Lj», automobile, pr. la bourdonnante, 591.
J^p?, rue, 41, 10; Arabica V p. 32 n. 2; ruelle à Harîb, ib.;
prononcé -b^:*^ à Aden, Stace 214, = icb^. Cf. le classique
583
OjS^ oMj^î chemin droit, LA sv. L'origine sémantique de
ce mot est la même que dans route < (via) rupta, proprement
voie casse'e, de'frichée, = -bjr^-o vjj.j,l3 vhv. Les concepts, qui
sont la base de la sémantique, sont souvent les mêmes dans
les langues les plus disparates. Ils indiquent une certaine
unité psycho-physiologique dans la faculté réflexive de la
race humaine, ^.iwt ^ Jp^^î = jooot, I Sîdah VII p. 105, 6,
et ib. XII p. 45,4 d'en bas: -b^y^ oij^L = u\jl*-.«; Rubah,
J::^^:^^, quo Ahlwardt Gl. sv. traduit par langer Morsch, mais
ici la conception est différente.
^iûji
v>jLby>, aller par ci, par là, se promener en lo7ig et en large,
Dt. KO p. 115, 15; Rôssler MSOS III p. 7: ^y^.^^. L^
v_j.iAJt J, ^»^y^1, il n'est pas bon que je coure par ci, par
là dans la rue, cf. ib., p. 8, 3. C'est ou une dégémination de
v_sLi>, vhv. ou bien un accouplement direct de -b.> et^»j!l2:>.
^yi
j.^Ly>, museau, trompe de l'éléphant, 1163 n.; 1615 n.. oîi
étymologie. E.0 p. 55,33: hartûm, visage. I Sîdah I p.
168, 3 d'en bas. Ruzicka o. 1. p. 168. Le Prophète se sert
de ce mot dans une boutade contre le o^, Qor. 68 v. 16:
5 ù > 5 5
*^_^l (JLc x*-wj.*«, nous lui imprimerons une marque sur
w 5 o 5
le museau = nous lui casserons le nez. Il y a aussi f»^j>j
Abu Hilâl el-'Askarî dans MSOS XVIII, ii p. 10 = LA XV
p. 64, forme plus proche du babyl. huttimmu, v. ici p. 622.
Torczyner o.l. p. 197 trouve ici la mimation, à tort je pense.
Il faut examiner quel rapport il y a entre ce mot et le nom du
Rhinocéros 2aj^f> au Soudan, v. Dozy, mais au Caire, c'est
584
u>-^"y> et non Jo^L^; Spiro sv. est exact. Pour la forme,
comparez encore (j«>bi, '^.^^Id^ et u^^i, groin^ ^>f>fi pointe
du soulier, ^j^Jo, I Sîdah I p. 129 en bas; i^j>::yb = ^^^ ^cic ,
ib. p. 130, 3 et {.^^oisi) j^icoi-i^} museau, trompe. Voir sub
[Jfl3, d'où il ressort que ^y^f' est une prononciation plus
exacte que p»-^j>.
^çi:ys^■, passer sur les jambes de qn., sauter sur, ûhersprin-
gen, 360 et n. 2. j^j'j uÎ^ \jjjL^', tu m'as passé sur les jambes
penda7it que je dormais (Ii = l3!, accusatif), Hdr. Cela est
fort mal vu. C'est ^JJ'2^' dégéminé et l'rest motivé par une con-
tamination avec -bj=>; v. v_jLbyi>. Cf. le synonyme «iyix3',vhv.
^y>, a, briser et au fig. frapper chez les Ba Kâzim. Ara-
bica V p. 154. Cf. £^.
^y>, rosser, iLi^Lj py>, rosser avec le bâton, Bâ Kâzim. —
En Mésopotamie, effrayer, Weissbach Irak-Arab. p. 182 N° 155.
^j> y est chier < [e^ > ^_i> > ^^; vair ^^J-^ vhv. Cf.
sub !t\j.
py^^, se disloquer (membre) = tJ^"! 1767.
^yci-!, inventer un mensonge 1773; 1767, 3 d'en bas; cf. oy:i>t
et KjtL^' vhvs.; Rôssler MSOS I p. 76, 4. A présent, inventer,
faire une invention dans le langage moderne des hadar, Meissner
MSOS VI, II p. 84, 3 donne le sens d'avoir 2)eur, paraphrasé par
\JL>: ahrab (e)gsûr i*l tihtera''(a) minha Pafkâr,
--^-|--^-|-----, qu'il faut traduire par il a détruit des
châteaux, ce à quoi les pensées mêmes se coupent; il se rap-
porte ici à tout ce qui précède. cy:>!est peut-être ici = ^Lj>!.
585
Chez les Bédouins "Anazeh, ^^ est véritablement frappé
de terreur, mais c'est là de ^y>>^y>, chier, comme nous
disons chier clans le pantalon; cf. Socin Diw. I N° 52 v. 30
et note ad 1. La paraphrase de l'homme de Meissner peint
seulement l'état physique causé par ces exploits, mais ^y^'
ne veut pas pour cela dire avoir peur. ^j-=> de V j-=>,
onomatopée, comme ^f>.
'^^f>, libertinage, 1767, =iCc^!L=>.
cj5^L>, selle abondante, 592.
Oj>, radoter, Yéman. De là ^^à>, délirer, Egypte, vhv.
^j>, récolte, Dt. et Hd. oià l'on dit aussi -)^ < -L^ , comme
en ^Omân, RO p. 155, 7. Mehri harf, fleur, n'a rien à faire
à p.^ vhv., comme le pense Jahn SAE III p. 197.
^f>, crevasse, Yéman, 1462 n. 3; = Dt. et Harîb Oj>.
o.=> = Q^j=>, U7isound in intellect, Jayakar ''Oman RAS
1889 p. 675.
05,13- < Lij^=> , mouton, Syrie, 593.
Naswân 0. 1. p. 32, 3 donne o.Ui = i_A>otji^ J^.^1 j -hilA,
qui peut bien venir de ce thème Oj=>, cueillir les fruits à
l'époque du Oj> ou du wiy;=>, mais il se peut aussi que ce
soit une métathèse de ^L=>, de .ài>, protéger, surveiller, gar-
der; jjÀ~>, gardien et aussi = Sud y^ vhv., lui-même une
variation de ^j'^Àd =^aà=>, courant en Egypte.
v_^3., dattes mûres et douces, 874 0. 1. '^.r=> n. unit. =^";
n. unit. 3^', tandis que ^ est dattes non mûres; n. unit.
586
&j<^1j. — 'iS^ Dt. panier où l'on met les dattes récoltées,
pi. v_î^L^, = 'Oman iLs!^^ pi. o^-j^L^, RO pp. 181, 13 d'en
bas, 416 N° 185.'
[J^f>, embrouiller, mêler, 1258. Cf. tj^f>j ij^^f> et ^J^^.
J^^f>, bât en sahhî, Jayakar BBRAS 1902 p. 260.
^f>^ percer, déchirer, 1380 n. J6; v. sub vJijj=>. — ^_jJs.jCi! ^3f>,
inventer un mensonge, 1776; cf. c^ et oiJii» vhvs. Rôssler
MSOS I p. 78 : ^U j.^ V;XJ' ^^ i> J^'-^?^ ^r^ (_cJJ ^-^^^-'j ,_^.
^U/1 xJ'i" oy>5 c>J^ *^-^^Ij; cr» ^ ^'j ?^'^ a?<i?'e que lui vient
encore et entre dans la foule des Arabes (se mêle aux autres).
Voyayit qu'ils n'étaient pas des contribides, il se tut et tra-
versa comme s'il était un des leurs. Rôssler traduit ici ^y>
par ging fort, ce qui n'est pas tout à fait exact. — Entrer
dans son trou, «J5y>, serpent, Dt., = o>-=>,' vhv.
vj5j> :ci.c>K3 '^^ ^,i>oy=>, le serpent est entré dans son trou
et s'en est allé J^t. — Au fig., enfiler = éj, Béd. Nord, 32, 24.—
kJ'^', se mettre un fichu sur la' tête ou les épaides Dt. 769. —
Inventer un ynensonge, 1767 = olU^" vhv.
oy:i>î, inventer un mensonge, 1767 = ffj;c>î et olLxi-t vhvs.
Oj>, trou; cid, pi. o|ji-', Arabica IV p. 24; Hdr. Gl. sv.
O — û ^
'ii^f>, fichu pour la tête ou les épaides, Dt< 769; 832, > ïLsJLs»,
^Omân RO p. 57 en bas, = cl. ïjiy>.
*.=>, i, se disperser, s'enfuir effrayé = i<>-yj) ^c l>^L^', GrO,
*^Anazeh. ^»yi Lj] Ij^-c ^.^^ J^^p» ,«JLÎ2i oïjJai! «.^ q^^^^I^ '-^j
(A-ot-i (^ l-'îvr-^ cr !>-*-=*'' P&nda?it que nous marchions sur
587
la îviite, 710US vhnes des cavaliers, et lorsqu'ils surent que
nous étions des ennemis, ils s'enfuirent devant nous de loin,
"^Anazi. î^j>t est ici avec prothèse, pour l>-y=>, ce qui est
fort commun dans ce dialecte, ma LB'^A G], sub Prothèse.
Stumme TTBL v. 521a ^y^', auseinanderfliehen.
,y>, embrouiller les feuillets d'un m.anuscrit, d'un livre, Eg.,
1258. — ^y^ ^-jLci' est en Egypte un livre dont les feuillets
so7it en désordre; Dozy sv. oii 'L^y^ o'j^' a ce sens. Cf.
|.^_:Li>t, mon Cat. de manuscrits arabes p. 67,4 d'en bas:
&Aj-\ (^3^ [«y^'*! |*^<^ lXJcs^ ^ "bJ! byiJt b.yv ^^ ^j.âj [*^- —
Prendre un raccourci, Eg.
iOoj=>, folle envie de quelque chose, Dt. Cf. Hartmann LLW
p. 154,23.
,jU)y>, qui a une folle envie de quelque chose, spécialement
de fumer, avec J, = c;^L3- vhv. Mes Datînois disaient tou-
jours lorsqu'ils n'avaient pas de tabac à fumer: ^;^y=> Li'-
Doughty Travels II p. 616: khormân, deadly an hungered
(expr. archaïque), affamé. Ici j.^ doit provenir de ^^ ou de la
V j.yE: vulg. désirer, mais comparez q[j^ et Q[;y> vhv. Cf.
ici sub QLoy^, 671 n.
iw<-_^', raccourci, Eg. = ïLa^^:^/! Eg. ou Ltf^'/>, se. ^^c>,=
Syrie icl«!jo ou 'ïIa^Js = cl. ^Ja.<. Cf. Nôldeke Fûnf Mo^all.
III p. 34. LA XV p. 62, 5, 13. Le sens de ^f>, i, est cou-
per, et nous disons aussi couper court en prenant un rac-
' courci, j.j^^; cf. sub ^^=>.
^^f>, faire des égratignures, 359 n. 2; 1380 n. 5. — Em-
brouiller, 1258." Voir ^f>-
588
o ? ?
iCo^, hermaphrodite, partout dans les dialectes du Sud. Au
fig., vaurien. Cf. ^J^^-^^ et syclx:>, vhv.
vjljyi-, levraut, petit du lièvre, Dt., pi. vJLjL>, C'est le clas-
sique o»Jj>, LA sv. •
■—=>, i, u, ^c/^er dedans, einstecken; percer 1165. u>_j.;_=>
^j^î J, (j^^_*..4L\i!, tu as fiché l'épingle dans le înouchoir, Dt.
Cf. Oj=>, jj et j£, vhvs.
jji>, Z/èy?-e ma^e, pi. ^^yf=', Dt. Le plus souvent, on se sert du
pluriel v^y. C'est le classique jf>, pi. qÎj>, I Sîdah VIII
p. 76 d. 1.; I (jrinnî, K. el-Mudakkar etc. dans le Monde Oriental
VIII 1914 p. 194 et p. 195,2 d'en bas; LA sv.; en Algérie,
yL et j^j=>, Marçais RMTA p. 428.
iùji>, grande jarre, = iJL^u>, vhv. Bent RGS 1894 p. 324
écrit incorrectement kazba.
ï^j=>, prairie, pi. ^j=>, Hogarîeh.
;>^
.:=>, regarder fixement, dans toute l'Afrique du Nord; Hart-
mann LLW pp. 36; 95,15 d'en bas; 115; 142; 155; Mar-
çais TAT Gl. sv. Le verbe est connu en Arabie, mais peu
employé; il y a ^j=> dans un sens rapproché, vhv.; cf. V j=>,
percer, vhv. Fleischer donne dans Levy NHChWB II p.
202 à .;-=> le sens de ^^enge, schmal sein"", ce qui est à
580
prouver. Classiquement, y^ est guigner de Voeil ou, comme
le dit Vollers ZDMG 49 p. 498, d'après Fleischer o et 1.1.,
»mit Schweiusaugen blicken", et il y voit l'étymologie de
j^.y^i V. sub jjJ>. En "Oman, ^j-=> est „seinen eige?ien Weg
gehen", selon KO § 236, cf. ^j=> vhv. et j^=> vhv. On dit
bien aussi en français p. e. percer jusque aux Indes et un
homme qui perce et fait son chemin. C'est là la sémantique
internationale, science encore bien difficile à percer.
i^jjfp- et t^j\y>, démarche affectée, classique, 1767 = ^^-if> vhv.
Fiqh el-lurah (Beyrouth) p. 184, oià i^jj*^-
^j=>-, a, déchirer, Dt. = o;^ et cf. <j5;=> Dt.
v_îj=>, a, déchirer, Dt. = ^ji>, vhv.
o;i>, percer, 1165, partout en Arabie.
Oj=>, houe, 877; 1547,3 d'en bas. — Cf. wJli=> vhv.
<Ji;=>, trou, pi. o'/^'î Hogarîeh.
5
ojjLi-, pieu, pal, cheville, 591. C'est le turc oijjlî, pieu, pal.
Jv»
^^Jj_x_i>, démarche affectée, 1767 class. = ,^^j-.x_i>; I Sîdah
XIV p. 26. — Jj-i=ujS est en Dt. et en "Oman s'écrouler,
8' affaisser. RO p. 174, 10.
* • -^
j.ji>, i, coudre ou raccomoder la chaussure ou autre chose en
faisant des trous, 1025; percer, = \y>' Un proverbe datînois
dit: iù"L*=> (j-. aÎ -^ i^y> ioL^ <^>^ l-*^ &J"iiA:> »;^.. U (^5^',
g?a' ne coud sa chaussure 7ii égorge sa victime (à la Fête),
sa mort vaut mieux que sa vie, 1775. V~^, percer et (.j.
590
j.ji>, intensif de la première, 1025.
^^j=>, sentir mauvais, = ■Jà', 1109, cf. ^^=> vliv.
o —
&Jjj>, trésor, 70, 6. — iLji;3», bureau de douane; droit de
douane, 1332 n. Au Maroc, qj^^^ a le sens bien connu,
Dozy sv.; on pourra comparer le babyl. ^azannu = qêpu
= S±A\ v^Las, Del. Gr. Gl. p. 80 sv. ^V- - Tonnerre du
fusil, pi- q:^'^, prononcé hazeyn > hazên, 119,15; 136,
7; 520, 2.
&_ojjè:'J, chique de tabac dans la bouche, Aden, = bU-ii vhv.
^;_=>, a, avoir honte; être malheureux; être impudent. Cela
correspond aussi à notre se ^e/ie?\ #Joî "^5, A^ t^--^.. »^^ "^
^,-.;srL,v^", ^w w'as pas Tazr d'avoir honte [A-^ ■= dat. eth.)
et tu n'as pas de respect humain, 168, 18; ZA 26 p. 350.
j^,-jd»AijLj o—LJI ^3 i^^^^î y^UU! ^_« v^;,wj;_=>, /ai honte
devant le monde de marcher dans les rues, mes cheveux
relevés en broussaille, me dit le Datînois que j'avais amené
à Stockholm. C'est là est une parallèle de la phrase chez Abu
Zeyd, Nawâdir, éd. Haffner p. 3 = Fleischer Kl. Schriften
III p. 479: b^U'i ^i^Jlij *-^ ^.u/>.Aj^ù«î ^! '^c-^' cr ^"^^-^ ^'^
(_,-_:^v-*v! ^cl. Cf. Diw. de ^Âmir b. et-Tofeyl, comment, au
N° XI V. 4. Ce verbe est aussi employé en guise d'impré-
cation, Hafïner WZKM 18 p. 179.
^^f>, i, faire honte à, 318 (oià ^q> est faute d'impr.), ynaudire.
^^LLxxiJ! >^f>i imprécation très courante partout, ZDMG 22,
p. 151; Bâsim p. 19,5; Lieb. v. Amasia p. 130; Marçais
T A T Gl. sv. Je ne connais pas ^-^^ que donne Haffner, o.
ir-
591
et 1. 1., probablement sous l'impression du dictionnaire de la
lurah. Cf. j^v-i-, a, intr. et ,^c^, U trans., et bien d'-autres.
t_cj_=>, faire avoir honte à, Dt. RO p. 232, 5 d'en bas;
donner un démenti d; RO p. 124. — (j:j^i>i, avoir honte, être
confus, humilié, Dt. et '^Omân.
.À-
^J*^i>, i, se gâter, 791, = ,^n-*v et ^Lw, vhv., Dt. ; cf. ;f.^=> et
v,AvvJ>, vhv. RO § 303 et p. 180, 18, mais en Dt., le trans.
est u«>3.!, participe u^^^o, et je me demande si Reinhardt
n'est pas en erreur : gâter, verderhen, trans. — Devenir mau-
vais, décroître de valeur ou de volume, ^j^*^' L» J^*i^\ «à^,
cette monnaie ne décroît pas, ne diminue pas de valeur Dt.,
aussi en Syrie, où = (j^L=>, et en Egypte, .juc^^ LJ j-^^!
^J^*^., le pain lorsqu'il sèche diminue de volume, Syrie. ^ Ji
^J*cè:. oi^ijo U, toute chose en séchant subit un déchet, Eg.
Le classique (j«3i>, être pauvre, n'est qu'une prononciation
pour (j-^>.=>. Naqâid Gl. sv.: to become scanty.
ij''^, mauvaise qualité; méchanceté; dépravation, RO p.
374,7: mâlhum hum ysordo utâlô'1-hiss minhum,
qu'ont-ils donc qui s'enfuissent pleins de méchanceté qu'ils
0 5 O _
soyit, expliqué par e.yJ> et Xa. Cf. _wj>.
,j-j>, impair, contr. de *:i,pair, Dt. La lurah a li^^ Lw3>, impair
et pair = ^•ij», oi. La forme sudarabique (j/^i> opposée à ^
prouve que la racine est ;j«^. Lane l'a sousj^i-. Voir
Tab. Gl. sv.
;»w>w<M«.^>
, cliicheté, Dt.
59â
^ — >,«a, dépenser, payer, 952 n. 4. V ^J<.-J> + ., et non pas
vice versa, comme le croit VoUers ZDMG 49 p. 493, cf.
sous (j^. Le sens en est proprement perdre, diminuer "ion,
mais lorsque l'arabe a dépensé quelque chose, c'est pour lui une
perte, ma MJM p. 14. Ce sens est courant dans toute l'Arabie.
RO p. 135; RD Gl. sv.- Musil o. 1. p. 295, 18. Souvent prononcé
^_A^_i>, à cause du r. En mehri, hayser, payer le prix et
aussi payer la dot ou le prix pour la femme quon veut
épouser^ comme c'est partout dans le Sud. Bittner St. mehri
V, III p. 45 dit que ce hayser et le mehri hsôret ne
sont pas, d'après le sens, = l'arabe ./*.=> et a Lac>; d'après
l'arabe littéraire, non, mais d'après les dialectes, ce mot a les
mêmes sens, comme je viens de l'expliquer. Ib. p. 42, il est
d'un avis contraire; voir aussi id. St. sh. I p. 25, 1.
,.^.=>, intr., dépenser, pr. faire perdre. dULo ^-w3> ^loLc ^\
^jP- LpoIcj, tu dépenseras assurément encore ta fortune, et
elle (la femme) sera encore bien portante, 475. — Faire payer
une amende. — Stumme MGT Gl. sv.
y*o>i, tricher sur le poids. Part, j^v.^ 1243; classique.
3.L/*^i>, dépense, prix qu'on paie au père de la fille eyi l'épou-
sant, 824. Ma MJM p. 6 et p. 14. RD Gl. sv. Arabica V Gl. sv.
^^Lw^, qui est en perte, qui a fait, fait ou fera mie perte,
1543,4. RO § 74.
t*«.i>, a, aussi ^t^M-^, a, à cause du ;", v. ma Festgabe p. 79
et Dt. p. 1516 n. 1, être gcité ou se gâter, s'ahimer, princi-
palement des céréales, mais aussi de toute chose. Courant
dans ed-Dàhir. A Aden, ^^ ne se dit que des fruits. Cf.
;^*v, ^Lv, ^v.^=> et 'wà.wj>, vhvs. '
593
Le Qâm. et TA ont seuls ce thème, dont le sens s'ap-
proche de celui des dialectes. C'est un développement de
V u*«3., et le Qâm. dit i^.w3>i ^^ju^m^^ ^^] ^1==.; v. Dozy S.
^^-A^^->, s'affaiblir, se fatiguer en Egypte. Spiro Arab.-Engl.
Vocab. s. V. donne to be shaki/, unsound, déficient in weight
or measure et ^■^*^-, shaky, unsound, déficient.
^^*vci>, jonc à ed-Dâhir; me fut expliqué comme une espèce
de roseau.
^Jl=>, humide = v^j» dans le Hogarîeh. En Dt. et à Aden,
pourri; v. Stace sv. rotten. Cf. (j*^, v_Ji-*^i> et (_v-L>.
>_iu*o> en Dt. a le même sens que ^j^., devenir mauvais,
subir U7i déchet, diminuer de valeur. En ""Oman, être laid de
caractère, RO p. 296. En ""Iraq, c'est déchirer, MSOS VII, ii
p. 9. Weissbach Festschrift Hommel II p. 242 N° 9, oià la
tihisfîn = ^rer^nYi nicht, n'écrase pas. l/~;j«3- + l/ oi>?
v_9-y*c>, vil, abject, de peu de valeur. A^ >_ftA^=>! Csj> c^^tJii L«,
ye w'az j9as trouvé de plus ignoble que toi., Dt. Cf. '^Jd^ vhv.
J^j*>i>, marcher les jambes tordues, Arabica p. 224 n.
Jwv^t, qui a les jambes tordues, p. 227 n.
^^jr^'^i a, être en défaut, ''Anazeh. Ua.«*c> ^c^ Lu^ U^ ^lJLe Uj^c
ou Lla-a..-^^', 710WS ayows exécuté une maraude contre eux,
mais nous n'avons rien obteiiu, fious sommes revenus bre-
douille, ""Anazî.
^,_.w-=> me fat toujours expliqué par ^s et ^ï Musil A P
III p. 237, 16 porte cet hémistiche:
38
594
ehsu (sic) hassey(î>tu ha s su tan kiibr hawran.
C'est le ragaz bédouin, --^- | --v>_ | ----, et il faut lire :
ehsu hase y tu hasyatan kubre Hawrân.
Musil traduit: Schàmet euch, ihr habt eine Schande ver-
dient gross ivie Eaiorân. Je ne crois pas que avoir honte
soit ici la vraie nuance du verbe. Ce serait donc synonyme
de i^j>i mais non pas une variation consonantique. Cf. u«3..
C'est plutôt < ijr-**^, se retirer sans avoir rien obtenu, être
frustré. On lira LA sv., Lane, M. el-M. cité par Dozy S. sv.
et Tab. Gl. sv., d'autant plus que le verset précédent de
cette poésie porte eqfu, qui a un sens à peu près analogue,
vhv. Toute cette qasîdah est mal recueillie et mal traduite,
comme du reste toutes les poésies du volume en question.
^J:^'^^^ revenir bredouille de la razzia., voir ci-dessus.
^ji>3-, e?i!!rer, 505, 7 d'en bas; 121 7,4 et n.l. Icip.618,14.Nôldeke
Delectus p. 108, 6. Marçais RM TA p. 428. Moritz Zanzibar
p. 25. Ma Festgabe p. 37 et ma LB'A Gl.sv.; cf. oi->p. 597
en bas. — ^ ^j^, entrer en relation avec-, Musil o. 1. p. 26 en
bas, comme Amâlî p. 152, 1. — Cliqueter ., intr. et tr. avec l_j,
dans toute l'Arabie et en Haurân. Onomatopée. Inf. (jiX:yi:c>.
Meissner MSOS VI p. 114 n. 5; id. N AGI p. 120, ce qui n'est
nullement une erreur de Meissner, comme le pense Weissbach
ZDMG 58 p. 947. Cf. ^^ui^-, ^.xi.>, %^i> et ^a.^^^, vhvs.
^jiv'i^ = ijixi> , entrer, 1217 n. 1.
(jii3., figure, visage., 432; RO p. 148 d. 1.; pi. Kj^yJj^s> ib.
p, 151, 7 d'en bas et p. 176, 9 d'en bas. — Joue, Rôssler MSOS
III p. 3, 10 d'en bas, mais c'est sans doute figure ici.
^i- dans la locution ^.^^J^>^^., p. e. !^.=>_a.2_j (ji^Lo Lj J.^
595
|9-«ix>:, les B. F. s'allient avec qui leur plaît., seloyi leur gré,
Aden, mais les Datînois disent ^J>J^. Est-ce, comme le
précédent, une contraction de 1*--^:^==', 432?
xcici-, maison ruinée, ruine, 'dll en bas; pi. ,ji>.,cij> ib. n. 1.
On le dit chez les Bâ Kfizim. iji^xi.^! = ^-r^^^ chez v. Kremer
Beitr. z. arab. Lexicogr. p. 49. Cf. ii/ixc, vhv.
*
v*-'i^, cognée de bûcheron, Arabica V Gl. sv.
,ji;.J;ui.i>, int. de iji.=>, cliqueter, Syrie = ^^2^, Eg., Pr. et
Dict. Gl. sv. En Dt. et en Hçlr. secouer avec bruit, casser,
briser e?i faisant craquer, fracturer, Hdr. p. 44 et p. 256.
Onomatopée intensive de uic> vhv. Cf. ^^\\s> vhv.
*
j^*-^, plaisanter avec ^; se moquer de J^c, Dt. et Hdr.
» Cl ^ . 5 o
iiwo.*:^ (>^5 *>*^ .xis:è?1 ui^5 , ye le plaisantais, et il m'allongea
MW co^^p de imgnard, ^ ^xicsO" (jiJ, pourquoi te moques-tu
de moi. Ma Festgabe p. 41. A Aden, on dit Joil^o, plai-
santer, vhv. C'est peut-être un développement de V~\J:^
que nous retrouvons dans le babylonien hasâsu, être gai,
et le substantif hissât u, gaîté, Del. HWB p. 295,=
nambatu, id. p. 443. Ce dernier mot pourrait aussi être
l'origine du sudarabique (j^ ^ûli3, se moquer de, et %a JaLo,
plaisanter avec, = ^ j^', ma Festgabe p. 41 et ss. Qui
sait si nous n'avons pas dans le babyl. nambatu l'étymo-
logie du nom des Nabatéens et de celui des poésies popu-
596
laires ^_J.k^ ^jtii, courant dans tout le Nord de la Péninsule?
Cf. Littmann DLZ 1902 N° 8 col. 464 p. 41—45 et id.
DLZ 1909 N° 49 col. 3098 et ici sv. Le sens un peu
modifié se serait conservé dans le Sud, oià, pourtant, les
Nabatéens n'ont probablement exercé aucune influence. Dans
le Nord, _jAi> a un sens que je n'ai constaté que chez les
Bédouins 'Anazeh, s'associer, faire cause commune avec qn.,
comme chez Socin Diw. Gl. sv., oii nous avons I p. 247 note
6 a j^i>!, associer, et ib. p. 224 note 10 b: ^^^LxJl^j IjyiLii'',
7vir Juiben dièse Kamele zusammengekaitft. ^c Gî; _^ yoL^"
iC/ii.xaj Ujw, il avait un sac en commun avec un esclave qui
était avec nous, ib. I p. 251 N° 104. Musil AP III p. 349
traduit ^^s>] par adopter, propr. associer, ib. p. 350, 9.
3.xi3-, association, adoption, ib. p. 349 fin et p. 350, 3. Un
tel individu est .y^x-i^, associé, fils adoptif, ib., ou ^-^-i:^3-,
Socin Diw. Gl. sv. — .^-ci^ est selon Stace p. 200 dispirited,
découragé à Aden. — .xi,~> ^jc, une razzia e?i commun, Musil
ib. p. 375. — l-ciJ>, petits de mouton, 712, 713. — ^Ux/j .L-ixi»
== ;^^xi^/i ^ycc> ;= (jiL. ijiU>, housillage, RO p. 163,6; ce
qui se rapproche du sens classique, de même que b^Ui3-,
hlé non vanné, déchet, Socin Diw. Gl. sv., et b'^j^io», mélange;
_ û -
miettes de pain, RD Gl. sv. On comparera v^j>) bousiller,
Qâm.,=*-j^=>avec son métathèseui.j^ TA., vhv.; >».A-iij=> n'est
pas, contre Ruzicka, o. 1. p. 188, une dissimilation de ws..^ix=>, mais
un accouplement de vV> ©t de ^-^.=>, métathèse de lAj3-,
et ij^jj.=> en est une variation consonantique ; contamination
avec la V~fjiJ>, briser, émietter. ^^^^i* n'y a que faire, et
f»-^ji> n'est pas une forme secondaire du --*-^j^ ci -dessus.
V. Ruzicka o et 1. 1.
597
t^ccc>, a, briser une chose sèche qui craque en se cassant.
Selon les indigènes, c'est une onomatopée (oj.;ô ïljLjC^) de
tJiJ>. — Grig?iotter. j^ «J^i>, grignotter du yain.
^■y^i hriser e?i plusieurs morceaux, intens. de la première.
txij:i>!, se hriser, se casser, me fut déclaré être l'intensif du
^f^' , vhv., et l'r doit provenir de V~/> vhv.
'!ijux>s>, craquement. L^j^ ii>Ji=>o U:> J:?.^' ijt/ixi> u>».*-**«, i'<^2
etitendu le ci'aquementdu cigare lorsque tu as marché dessus, J)i.
ijtxco>, colline basse, 1198, classique; cf. ï^ju^ vhv. Cf. ^j>
et ^^joi^^ vhvs.
v^^i>, u, casser en frappant, avec un craquement de chose
frappée. De là, ^/i:>.=>, %er 6n«*^ sourd, Dt. Hodeyl. Wellh.
p. 45, 11: «LiaxJ! i;à;dU k*j^*o j. U/i^i» Lst^-w, z7s etitendirent un
léger bruit dans un fourré d'a?^bres touffus. — Morceler en frap-
pant dessus, dépecer Dt., comme RO p. 129,6; ib. p. 145,4.
C'est aussi une onomatopée développée de V~j:iJ>, ainsi
qu'il ressort de la signification primaire qui se trouve à juste
titre en tête de ce thème dans le Qâm. et Lane; LA X
p. 418, 6 et ss. Mais oi/iij> est aussi percer, traverser, Hdr.
p. 490, dont le sens figuré seul se trouve dans les diction-
naires indigènes. Percer le museau du chameau pour y mettre
le iCLici-, comme le mehri hsôf, SAE III p. 39, 17. Jahn
0.1. p. 199, le compare à „v_juci»i», das Innere betreten",
car il ne trouva que cela dans les dictionnaires indigènes.
Mon Hadramoût sv. aurait pu le renseigner, mais D. H.
Mùller et consorts avaient mis mes ouvrages à l'index.
On voit que je ne procède pas de même. Cf. ^i^=>, vhv.
598
XÀ.-ii-=>, pi. oi-c::o>, anneau, qu'on met dans le museau du
chameau. Les femmes le mettent aussi souvent dans les na-
rines = mehri gersîm. C'est véritablement le trou (iJLxi)
pour l'y mettre, Dt. Stace p. 112 et p. 144: nosering.
(*.'io>, a, sejitir 7nauvais, se dit de toute chose, et non seu-
lement de la viande, LA sv., == *-ciJ>!, I es-Sikkît Tahdîb
p. 499=:j«.i^!. Sa métathèse ,v-:^^, même sens, voir sub
(*i>. Les verbes ^=> vhv. et ^ ont déjà un sens qui s'ap-
proche, de même que ^i>, |*.=>j et ^jJ- vhvs. Ce sens doit
donc, d'après moi, être séparé de ceux qui sont dénominatifs (?)
de («.-ii3. et [.^'i^A=>, I el-Qût. p. 211.
û 3
j*-.;iw5», museau, pi. ^L^=>, est, dans toute l'Arabie, îiez de
l'homme, 1615 note; >^jï^.i», figure, visage, 432, vhv."; Dozy
S. et Socin Dîw. Gl. sv. ont |*_^=>. Le mot ne se trouve
pas dans les dictionnaires de la lurah, qui n'ont que j.»,-i^<^.
On prononce en général f^^^^^, qui est surtout la pronon-
o
ciation du Sud, ou [*-^i-, qui est celle du Nord et de
Syrie, où l'on entend aussi *.^i>, comme chez les "Anazeh.
Musil 0. 1. p. 390, 4 d'en bas porte:
yirseftamâni debbeti rasban 'alahasmhalîl
(où il faut lire el-halîl: ---- ]--.>-) qu'il traduit par:
Er kann dann saugen meine Lippen bis sie trocken icerden,
Ohne sicli zu kilmmern um die Nase meines Mannes (!),
mais l'auteur n'a pas connu la locution si courante: Ljjox
gj! ^^s> J^. Le prononciation primaire est certainement
o ) ù ù 3 w 3
j»— ci-~>, > ♦-'i^i*, voir les raisons exposées sub ^ S=> et ^.
599
Dozy 8. iL:yi.jî (*._xi3-, trou de l'outre, et ib. w*.JL\Ji *— ci».3»,
museau du chien. Jw.4^ j»-xi-3-, sommet de la montagne, pi.
o^ j,L-ci.=>, voir sub io-^b; Wetzstein Haurân p. 14, qui dit
avec raison: „Les habitants de la Riihbe appellent cette for-
mation volcanique Chism (j^^^\) par lequel nom on désigne
originairement en arabe tout objet qui se dresse, d'une façon
voyante, au-dessus d'une surface, p. e. un nez démesuré-
o
ment long". Il voyelle partout j«.^=>. Musil o. 1. p. 1: Ijasm,
contrefort d'une montagne. oA->^-J) *—i:o>, bouche du fusil,
Arabica III p. 83 v. 12 et p. 94. Socin Dîw. I, 3 v. 8 porte
husûm, qu'il traduit par chiens du fusil, un homme lui
ayant dit que iU-Jx^ avec le pi. ^y^=> a ce sens, mais ce
pluriel est impossible pour ce singulier. Lane a jUxi» d'après
TA VIII p. 278, 3: U6l>\ ,uii, mais le TA n'est pas voyelle,
et Dozy S. a adopté le voyellement de Lane. Meissner N A G I
p. 120: hasim, nez, et Praetorius ZDMG 34 p. 218: j*-ci.=>,
bouche, museau, RO p. 60, 19: lohsum =: *.xi^i:li!, ce qui est
^^ii^ ségolé. Le sens primitif de |*.ci.i> est museau > nez. De
môme que dans nos langues museau, gueule, Schnautze, etc.,
est aussi un terme vulgaire pour bouche, de même, en certains
dialectes arabes, j«.^i> est devenu bouche. Au Waddây, *.^=>,
bouche, Carbou pp. 26, 65 et 163; de même, au Chari, Rabah
de Decorse-Gaudefroy-Demombynes p. 39; cf. Dozy S. sv.; RO
p. 72,4 donne aussi f>^=>, figure et bouche, et ib. p. 60, 19 d'en
bas, aussi bouche. Spiro, ^=> bouche. ^^=> est dans l'Afrique du
Nord le mot ordinaire pour nez. Si j*.^:ss> ne figure pas dans
les dictionnaires de la lurah, il a dû exister, car sans cela
on ne s'explique guère les verbes dénominatifs j.^-^^ &^^^
frapper le haysûm, I Sîdah I p. 131, j*-^=>, avoir le nez
600
gros et large, ainsi que les nombreux dérivés de cette racine,
qui est certainement une métathèse de ;-s_«-^ vhv. — Un
autre thème analogue est (J:i>, de sens à peu près égal, LA
sv., développement de l/~^>.=>. LA XV p. 56,3.
j,^p.ciwA_=>, ]615, cf. 1163, n'est pas expliqué avec précision
dans les dictionnaires de la lurah. Le sens en est cependant
nez, museau avec plusieurs applications spéciales, "Amir b.
et-Tofeyl N° VIII v. 11: y^ j.^^^ = jlii JJÎ^!. Ce mot
semble avoir servi de point de départ pour tout le thème
*_^:>, mais cela est spécieux. Le classique m^J:^^ _«/, hii
casser le nez, l'humilier se dit encore vulgairement ■^.♦.-ixi- -^j
Belot et Ha va, = le class. j— ^i^=>, et le vulg. ,«-iij>, Dozy S.
sv. Comme on dit classiquement .J^ i*y*^ = oi-J^ pic de
montag^ie, I Sîdah X p. 73, 7 = j.Ui.=>, ib. p. 77,14, on dit
vulgairement ^^ (*^^, v. p. 599 en haut.
j.y.iiw^ est une formation calquée sur cyiJ^, 1163, 1615,
comme aussi [•^j*^, poitrine, vhv. Un autre dérivé de *-ii3'
est j.yiyi», vhv., LA sv., Ruzicka KD p. 188, et qui est vulg. =
^yio.i>, M el-M sv. et Dozy S. Nous avons une forme
analogue en ^y^y=^ < [*-^^? ^-^ec l'r infixé. j.^p^i> pour-
rait provenir d'un primaire -^-cio^, comme de ,Jx,i> < j*,cij>
on a fait en Algérie ^_^j.s>, museau, groin, et au péjoratif
visage, Marçais TAT p. 286. Cette épenthèse de n figure
justement dans cette catégorie de mots: U^U^ ^b» et Ul^i^,
il vint le nez en l'air, I es-Sikkît p. 152, L A I p. 265, <
^^i> et ^^"^ < f>-^=> et fJ^=>, comme dans tant d'autres
quadrilitères, p. e. j*..^^!, [•jJ^cS, I Sîdah I p. 133, J■^j/^
LA shvs., Wright Gr. I p. 46 s.; c'est, il me semble, une
forme intensive. V. ici sub q .
Le thème ^i> doit être une métathèse de ,^:^»j^ (cf. :^Jj^),
601
à séparer de ;^^*.-^, gratter, ce qui expliquerait bien tous
les dérivés. On dit bien en arabe, cl. et dial., v_ji_j'zi! ^w«Lùr
et j*->ixjs^! ^Lii, < aJù^ >N*.ii ou xaJL> = cl. *^Lj ^a^ (non ^^^S),
I es-Sikkît Tahdîb p. 152 d. 1.. Mais f»-^;;^^, sentir mauvais,
est sans doute un accouplement de V~i*-=> et ]/" ^^, voir
p. 639, et DOn, museler^ n'y a rien à faire, contre Feghali,
Emprunts p. 73. — iwSL;i, 7iez, pr.. qui flaire.
Torczyner o. 1. p. 197 voit dans ces mots un reste de la
désinence accusative adverbiale : am>âm>ûm, soit la
mimation, et il ajoute ib. note 3 qu'un mot d'un emploi fré-
quent a ici servi de prototype. J'ai aussi cru, 1162/3 n. et
1614/5 n., qu'un mot a servi de prototype, p. e. cyi^, niais
alors, («yi;^ et («^r^T^, vhvs., où la finale est radicale, < ^i>
et fJai», n'auraient pas eu besoin de cette désinence ûm et
seraient, par conséquent, de formation postérieure, ce qui n'est
pas prouvable.
vvy^^^j fertile, 1535,9.
*
^A.ai>, donner le J.j^=> avec le pain, y^ r'^^ ' faire une
tartine ou manger qqc. avec le pain.
f=^', manger le ^LAai>, Hçlr. p. 369 n. 1. j«.^]JL> ^a^j^", manger
la viande avec le pain. Class. c'est porter ^e syai^, ôâ^ow, 1755.
.La=> ou Iaû^-, peut-être <.Lai>, en analogie avec ^b], est
tout ce qu'on mange avec le pain, tel que ^y(^, -^*^5 ^*^j (j^^^-^5
j^>J, oys, etc., pitance, 52,12; 606; 1045. o^JLàii ^îj-^-j^
slXxJïJL. 8j.:=>i3Î5 .Laoj^Li, tfempez le pai7i émietté avec le hosâr
et mettez-le dans le bol, „ce qui est un signe de bonne édu-
cation", selon mes Datînois. Le contraire est ^jS, manger
le pain sec, ^l=> jx=>, vhv. et Hdr. Gl. sv'. ^^ . Jj^z> corres-
pond au classique ^b]ou j.ol, L. des Avares p. 220, 11, et les
dialectes du Nord ont iCxib < j.b], Prov. et Dict. Gl. sv. Dans
602
G 3
ed-Dahir, on dit «_yo, vhv.Bohârî VII p. 69 («.>>io j:s> J^l ^y, v_jIj):
&j j^Li j>ii dUJo ^^ ^A>Lc U ^JLl It \j ^Jlp *ij! J^^ Jii
*;;x)oLi L^ iCjCc j»-çLw *! oy.^^ vi^^i^, ^e Message!' de Dieu dit:
0 Umm Soleym! apporte ce que tu as! Elle apporta alors ce,
pain (les pains d'orge, j-^jr-^ lk'Îj-sî, mentionnés précédem-
ment) que le Prophète ordonna d'émietter, et TJ. S. pressa une
outre qu'elle avait et afrosa le pain de beurre. La traduction
de Hondas III p. 657 n'est pas littérale. Coinme tout le
monde, il traduit j.ot par assaisonner, mais cela est faute
d'une expression adéquate en français; l'allemand Zukost,
Zuspeise et le français pitance rendent mieux l'idée de l'idâm
et surtout le suédois sovel.
La plupart des mots qu'énumère I Sîdah V p. 4 et 10 ne
sont point connus dans les parlers actuels, du moins que je
sache à présent, à l'exception de poS, j.b] et ^â_s, vhv.,
et cela seulement dans les parlers du Nord.
Jahn SAE III p. 197 donne hasâr, Ijusôr pour le
mehri, „nourriture consistant en pain et en . poisson, et
en gênerai subsistance de vie". Le texte p. 81, 13 porte:
Rayg.... yilôbed zayôr uyisôm, yinôka bhusôr-
h u m , un homme .... (avait pour métier) de tuer des houes
sauvages et de les vendre; il leur apporte (par cela, = w»-*^. <
Lj tb>) de quoi vivre. Et p. 83, 4 le texte dit: siyôr,
iebûd zâr ushatayh; nûka beh sûq. Sâméh usâll
m é n e h h u s ô r h u m , h e u h â m é h '), il partit^ tua un
houe sauvage qu'il égorgea et qu'il porta au marché. H le
vendit et en prit (= acheta) leur nourriture^ pour lui et sa
mère. Jahn, et, d'après lui, Bittner St. mehri V, ii p. 31
§ 17, le traduit par Aufivand, dépenses. Mais ib. p. 87, 12,
lorsque l'homme n'avait trouvé que trois oeufs, au lieu d'un
') Pour comparer avec l'arabe, voir sub >L-w, lA-*-^ , _i^y^, Hdr.
Gl. sv., («La*) et i}^.
603
bouc sauvage, le texte porte: Hân nâhâmsen, husôr
fsè'en'), si nous les voulons, ce sera le husâr, le mange?' de
notre dîner. Les Arabes du Sud appellent bien toute dépense
».L*c>, mais toute nourriture qu'on mange avec le pain est
.L2=>, et c'est ce mot qu'il faut voir dans ces passages. Le
.L-u2i> est pour ces gens le comble de friandise. Manger le
pain sec, Kjh> ys> ou ja, Xsi, sans -b] est un bien pauvre
repas, car le Bédouin aime au-dessus de tout le beurre et
la graisse, qui lui donnent la force et la santé. Nous avons
bien constaté pendant la guerre que les Bédouins ont raison,
car la graisse a manqué non seulement chez les puissances
centrales, mais aussi en Suède, et la santé en a beaucoup
souffert. J'ai souvent pensé au dire du poète hodeylite, Diw.
Hod. Wellh. N° 217 v. 6:
30>-sû,^û- O ^ C û_
.UJiJi ,)JljÙ\ K-sJ^-j tXï ^\ ^4-^^^i '^l oi-j^j lOAvJ^i
Tu n'es pas à ton aise, si ce n'est avec du beurre: -)
Eh bien! le résidu gras de la marmite (seul avec du pain)
peut aussi servir!
La traduction de Wellhausen me paraît incorrecte. Cf.
aussi ma LB^'A p. 76 v. 7. Je peux certifier, de la façon
la plus absolue, que le thème ici traité est .j^l=> et non ^>*o>.
Y voir ^.w3->^;.i=>, sous l'influence des deux emphatiques, nie
paraît impossible, car le .L^ai. n'est pas une perte; tout le
contraire. Les indigènes avec lesquels j'ai beaucoup discuté sur
ce^Lxai>, m'ont toujours affirmé que c'est .>.^2:^, et c'est ainsi
qu'ils l'écrivent ciussi. y^^, payer, faire des dépenses, payer la
dot, peut aussi devenir ya=>, à cause du .. C'est tout ce que je
•) fsê = si), fso, dincr, est peut-êti-e en rapport avec l'anc. é^ypt.
psy, CMtre, <^ vieux fs.
-) v_iJji5 peut aussi venir de O*^, u, avoir du beurre dans son mets.
604
peux dire sur le ^I.aji3., dont l'étymologie m'est inconnue. Jahn,
pensant à ^-^■=>^ n'a pas distingué le s. Snouck ZA 26
p. 232, 3, 4 écrit aussi ^Lci-i-, et il a bien plus l'habitude
d'entendre parler et de parler lui-même l'arabe que Jahn,
D. H. Mûller et Hein, qui sont allés en Arabie ^;jja1!î Jua,
quant à la compréhension de l'arabe parlé. — y>^-^ est le vide
laissé au milieu à\i pain émietté^^yis^, où l'on met le hosâr.
C'est aussi tout le hol, pi. ^U^\ où l'on met le hosâr, 606.
3y,i;s^, bol plus petit que le précédent, 606; 831 en bas. Sur
la forme fém. diminutive, voyez Prov. et Dict. p. 128, ici
sub ^îjO, Brockelmann VGSS I p. 420e et Feghali p. 245.
Cf. Gloss. Bibl. Geogr. arab. sv. u*^:^.
By.2-à^, bâton, 1755; 1756. Prairies d'or V p. 403,2; Abu
Hilâl el-'Askarî, MSOS XVIII, ii p. 8,5 d'en bas.
^^
^AjL~> est chez Stace p. 65 fiWmj (muddy). C'est plutôt un
substantif boue, saleté et c'est le synonyme du datînois Oj=>,
boue, vhv.
iJlAa=>, pi. JL*^=>, sorte^ quelque chose, Dt. En Syrie, habitude
(mauvaise). D. H. Muller SAE IV p. 127,7 a hôsele, où
il faut lire hasla, d'après ma correction MJM p. 52, = mehri
hasalêt, selon la juste correction de Bittner, St. mehri V, i
p. 44 § 9 = soqot. hosele. Mais lorsque Bittner ib. V, m
p. 24 identifie cette forme mehrite à l'arabe 'ilLj^S', touffe
de cheveux embrouillés, jt-ccJ! ^j^ '^^^^i LA XIII p. 220, 11,
et le traduit par Haarbûschel, il est dans son tort, et cette
traduction ne convient nullement au contexte.
o ^
605
^*ai>, adversaire, 23 n. 4; 639,7. RD Gl. sv.
j*>yo3>, adversaire, ennemi, ici p. 385,4 d'en bas et passim;
pi. ^L^3> et tL^J> > U->li>, RO p. 74,2; ib. p. 421,3;
Rôssler M S 0 S I p. 64, 2.
j^=>, u, secouer, agiter, surtout un liquide, 60 note. Socin Diw.
Gl. sv. Onomatopée. Cf. (ji^Li» et (jrU, vhvs. C'est partout en
Arabie le terme technique pour secouer l'outre pour faire le
beurre^ baratter, 1499 note, comme chez Musil o. 1. p. 142, 11 et
Jaussen Coutumes p. 68, oià incorrectement Jà=>, mais on
rend ainsi très souvent le ij£>, même dans le Sud. L'outre
a même le nom de i:-^, Musil ib. p. 137, 6 d'en bas. Ce
verbe simple, si répandu partout, ne figure pas dans les dic-
tionnaires tandis qu'on y trouve le bilitère double [jjj<\*:a.=> vhv.
Un accouplement de l/~(ji2i> et V~^<^a {[jA.z> et [J^La) est
sans doute le cl. (ji2^, secouer > baratter le lait, et cela déjà
en akkad. mljs, avec le syrien ij^^, et ij^^^j se rificer la
bouche, = cl. ^Ji2*J:^, Boh. III p. 31. Cf. Feghali p. 33 n. 3,
dont le raisonnement est étrange.
^jaJ^^-ùii* , secouer, agiter, remuer, surtout un liquide, Dt. LA
IX p. 3, 7 dit que c'est l'intensif de (_>:cLi>, u, et non de [j^=>,
u. Il est vrai qu'une foule de verbes doubles se forment d'un
verbe Jy, J-o ou de _^«, ,^^5, 601, mais la règle n'est pas
absolue. Les lexicographes ne connaissaient pas le dialectal
\j^=>, u, ce que LA paraît vouloir indiquer par l'observation
ci-dessus. C'est une onomatopée, 1096,= J.::pJi<- ^LLî J. ,j^^>:n~>,
remuer l'eau avec les mains ou avec les pieds, gargouiller
dans l'eau, Dt. et Syrie. ^U! ijo.<:^,i=L^' ^ ou v^^JL^, ne remue
pas l'eau ou le lait, Dt. et Syrie. ij^.<a^' x.jL\J!, la monture
secoue, Dt. et Syrie. Voir Naqâid Gl. sv. Cf. J3;\Jl=>.
(jn^^Uai?', s'agiter; faire glou glou, 56, 21; 61, 12.
606
•^
.^:^=>, être vert et ensuite avoir de Veau (terrain) 1570;
contr. de v^v>, 125,7; 653,10.
^i>, devenir vert, 906 n. 3 (iutr.).
^^: Njyi Js.^ f^, le Hader a étendu son manteaii, 104,11;
182 n. 1; 287. Prononcé ^^^J', j^^l) et ^-i^^], 565 d.l. ;
1018 n. 2; 1186, 1187; 1416. ^^.l\ est plus correct d'après
LA V p. 332. I Sa'd II, ii p. 27 (comm.). f:i^\ = ^^^,
1186, 1187; 1416. D'après la théorie de Torczyner o. 1. pp. 5
et 70, ce ^.y*,y,:a.z> serait un accusatif adverbial, c'est plutôt
à juger comme q^^^V ~- f>^^i 293 et ss.
^AZ2i>î, mouillé t humide, 80,9; 885,2. ^i>î ^y, yno7i vête-
ment est mouillé, = ^J>\J> vhv., contr. de ij^jIj, aussi en'^Irâq,
Meissner MSOS V p. 299, id. NAGI p. 120, et en Egypte.
yi:i=>\ n'est jamais vert dans le Sud, ma MJM p. 14. Hart-
mann LLW p. 66 et. p. 85. En Haurân, c'est = jxjb!; en
Tunisie, 7ioir, Stumme TTBL Gl. sv. ; comme LA XV
p. 100, 2: >3^-w! y:a=>] jjCJ JvJLj' v/^'- ^âlîiz, Tria Opuscula
•p. 72,8: ot^! c Lto L yyoaii ^■y^=>^; Socin Diw. Gl. sv.; K.
el-Addâd p. 223; Vollers ZDMG 58 p. 231 et s.; id. Ras-
senfarbe p. 3 ; Rivers, The colour vision of the Natives of
Upper Egypte. J. Anthr. V, XXXI July— Dec. 1901.
Ua~>, < Lù2i>, douille de la lame du poignard, Dt.
-<-c2i>, verdoyant, couvert de verdure (terrain), 125,7; Hdr.
Gl. sv.; cf. "i^l»n, herbe.
'^,j^=>, époque de la verdure, 653, 10.
iai>, u, tracer une ligne, U7ie raie ou un sigtie quelconque;
607
partout courant. Avec beaucoup d'élargissements, tels que jL>,
^^^Iai>, v^ftlii», J-Li», j*.k>, ji2i> (^c^>) et -bli>, i, U, et J2i>^,
vhvs. Le cl. Jai>5 V. plus bas, doit aussi en être un, El-asbùh
de ^Abd er-Ralimân el-Anbârî p. 71. Irfa' radîfak yihott
fil-qâ", relève ton châle qui fait des traces ou des lignes sur le
sol, Dt. Cf. Qays b. el-Hatîm N° 1 v. 3 : 'i^y ^>.-^xLId1 U toî
^c. j^ Jai> , aiissi souvent que je hais mes quatre coupes de
vin le matin, mon mi^'zar fait des ^zg'Tzes (sur le sol), expliqué
par ^^Li?Jî ^y^ ^yi "^^fr-'i V. ib. p. 4 et ici sub Joô. — Ecrire:
hùwe hatt (< M.=>) h a 1 1 z ê n , il écrit bien, il a une
jolie écriture, RO p. 268,8. — Tracer une ligne noire sur
les sourcils, partout courant. Jaussen Coutumes p. 183 n.; cf.
^.^ vhv. — Ronfler, plutôt de la bouche que du nez; inf.
l^Às:^ Aussi classique, Boh. I p. 31,4 et p. 137,11, où
la variante l^ut; Tab. I, p. 1440. C'est une onomatopée
dans ce sens; Hdr. Gl. sv. — Courir, ia^j (j:l\_;_£ pj->)
il passa près de moi en courant, = v^^y vhv. On com-
parera notre fi,ler, = s'en aller et se défiler. — En Egypte,
il y a t^=>, vhv., to step, walk, cross over, Spiro p. 176 et
p. 658. En Tripolitaine, frotter, p. e. une allumette pour
l'allumer, Stumme MGT p. 234,8. Cela se dit dans notre
dialecte Ja^ vhv. Cf. -bL>, i, := _^, I Qot. éd. de Goeje
p. 381, 9, et h=>^, V. plus haut, Hodeyl. Wellhausen p. 61, 1.
Sur ]a=> dans l'ordalie ou l'exorcisme, voir Arabica V Gl. sv..
^jLii li., LA IX p. 157.
hlaà>, tracer des lignes sur la figure ou le front (femme),
Hdr. p. 41, comme L Qot. p. 384, 11. Par dégémination, > le
"orhânais iaLii», aller au hasard par ci, par là, RO p. 346, 1;
contam. avec -Li?
608
li=>, ligne, raie, pi. -b^k=>, 490, 10, et JjLLi»!. — Ecriture;
lettre, (= i^j^uC*) très courant dans le Sud; pi. JjjL=>. On
comparera l'origine de v^? v'-'*^? vhvs.
Jai>, route, = ^^. Halîmah (v. Index vol. III) a dit après
le verset cité 1613:
Je ne veux ni "Ali b. Sâleh ni Eeydarah
Qui sont un objet cV effroi sur la route des caravanes.
J.;^u.A«iî h.=^, la route tracée, 556, 6.
xL=>, toute chose ronde, Arabica V p. 126 n. 1. qUaÀav iï:>,
expliqué Arabica V p. 125 et ss. — Serment en général.
Musil 0. 1. p. 342 et p. 343. — Tapis de plusieurs peaux,
ayant encore la laine, cousues ensemble. On couche dessus
et l'on se couvre avec, Arabica V p. 32 n. 1.
JjLl2i>, diseur de bonne aventure, exorciseur, surtout dans
5 5 V» 5
le Nord; ainsi nommé parce qu'il trace des J;^_^> ou un ick>.
^^Li>, espèce de lance, 1757 et s., où étymologie proposée
de battu m, bâton, sceptre, ZDMG 69 p. 512, Muss-Arnolt
p. 311. La côte de Lahsa portait autrefois le nom d'el-Hatt,
et c'est par ce port que les Arabes auraient reçu des Indes
des tiges de bambou pour en faire des lances, selon de Goeje,
l'Encyclop. de l'Islam I p. 375 a en haut. Dans le commen-
taire du N° 1 du Supplément du Diwan de "Amir b. et-Tofeyl,
il y a cette notice 'p. 153 à propos de ^ W.-i>: .i\-*j ^_c^'^
.^Uys ^^>ù^ -o^' L^l jLaj ct'j^Ij »;Jj> ^^5 ^^ ^' VJ".*^^
mw„ o w _ O-OtO
1) L^ \:i^Ji Gl. Naqâid avec i^', to approch.
609
^5-xJt i! 4--^' 'j^ f^j y '(^ ^, et ib. N* XXI V. 6 à
propos de l'épithète ^ç^>>^ de la lance: ^^ i^P^ 3-' v-j^-'*^-^-^
c>o^j . . . ^j^^<?^1j iC_J^ îaii . iai^L. -,L^^! T^^' "^^ ^'j^'
*jcVJi!l ^5 L^i! tàj y<iJî ^^. LA XVII p. 37 en bas, où il
faut lire: \^9 l^i LloJ' qj4^-j I^j'^j' Il faudrait cependant
examiner si le mot akkad. est indigène ou exotique. Il se
peut qu'il ait la même origine géographique que le ^Ja.i>
arabe, pourvu qu'on puisse prouver que ce nom géographique
existait déjà alors, ce que j'ignore. Les longues lances des
Bédouins du Nord, ^. vhv., ne sont point employées dans
le Sud, où il n'y a que la 'i^f vhv. Le mot y est connu,
ici p. 385, 6, mais non pas la chose.
liai
LLti», erreur. 3LLi> ^J^ sj^^^j l5;^. ^ ^y. l5*^) I^^"^-» sapristi, 7ie
distingue pas la rectitude de l'erreur, 170, 12; 1734.
wdîi-, a, demander en mariage, 26, 5; avec ^ Hdr. p. 73, 10.
>^L)Li>, demajider en mariage pour quelqu'mi, avec j,, Hdr.
p. 73; avec Q-r^-?> /«^'^^ V intermédiaire pour demander en
mariage 26 n. 3; 821 n., avec J, ib.; partout en Arabie. -
Intercéder pour arranger un différend, 821 note; sur ^^^_aj
après un verbe, voir 312; 501 note.
.^. t ^^ dans iUjJ! v^^==-> godelureau, don Juan, épouseur,
528 en bas; 847 note. V. Additions sub u-l>.
jC^Iai», demande en marriage, 823.
'iiJJ>, sermon, discours, 823. - Mariage, Musil o. 1. p. 196, 12.
^^L.:>, qui sait lire et écrire et qui remplit les fonctions
89
610
de notaire, d*orateur, d'intermédiaire, etc., â2, 3; 35, 19;
806 et ss.; 821 et note; pi. ^'l-^îJ-, 26,3; ici = v^Lr^. —
Fiancé, nouveau marié, seulement dans le Nord, Musil o. 1.
pp. 184, 196; fém. iL_;_^_i>, Meissner NAGI p. 120; ici
^_aIdL^, qui demande, en mariage pour un autre, 26 n. 3.
iOi^Ls^, demande en m.ariage, 822.
*^ki
y^=>, h u? passer, gehe?i, et c'est là le sens primaire, 1369 n.;
1383. Bien traité chez Dozy S., mais Lane n'a que le sens
figuré et secondaire, comme aussi les dictionnaires de la
lurah, 1567. Nôldeke Fûnf Mo'all. Il p. 31; Moritz Zanzibar
p. 26. Cependant, I Sîdah X p. 146, 9 d'en bas dit: L ^
»J^ ^Sk2~> L\iii ^j".Li>. El-Fâhir p. 93, à propos de ^c^Lo %>,
porte: «yCàjl jLJSj \ajÀj ^jjuj] .Li- q^ j^^ vy^ -^^ ^^^jLtjSi\ Jj';
l'explication d'el-Asma^i est inacceptable et tirée par — les poils
de la queue du chameau; sens secondaire. Dans la phrase qui
revient souvent dans la bouche du Prophète que le seytân
\.wÀ.J5 i^î ^^--o ia^., Boh. I p. 121 (^^oljo! J^<cj U^), ce qu'on
paraphrase par (j^**'^, Nih. sv., et que HoudasI p. 210 traduit
par „il cherche à troubler la conscie?ice du fidèle'', . ^ •> a
son sens primaire de passer, et Qastallanî II p. 6 explique
aussi exactement par *-Jli u^j^ t-i! (jjv-j j*^ *->l-* _^j>u ^^}.
Il avait donc connaissance de lii> = ^. I. el-Qùt. p. 34, 5.
I Sîdah VI p. 84,7: ^! ^AJa J^ o^J^^ "^"^^ :^J!^^
cX_>Jl xJj^j ^-jj-*-^. = L A V p. 336, 6 == Lane sv., oîi tra-
duction, mais cela est secondaire. Dîw. Qays b. el-Hatîm
N° m V. 16 et 17:
en
i;"^ à es-èaut^ près Yatrih, il y a des serfs
Dont la valeur sera décimée par le vin.
Les el-Aus considèrent X)eu leur valeur,
Lorsqu'un grisé de vin parmi eux se balade le soir.
Kowalski traduit 1l^. Ju par am Abend wackelnden ScJirit-
tes geht, mais c'est là une addition explicative qui n'est pas
renfermée dans le verbe. ^11^. Jj est la même accouple-
ment de deux verbes de mouvement qu'on trouve si souvent
aussi dans les dialectes, p. e. w^:^. y«, J^^ liL^jCw, etc., avec
la seule différence que J. peut ici avoir le sens primaire
d'aller daris l'après-midi ou le soir, quoique J>j ait aussi,
de bonne heure, pris le sens d'aller à n'importe quelle heure
de la journée, Hdr. p. 593, LA III p. 291, 2 d'en bas; ici sv.
Ce verbe est fort employé dans toute l'Arabie et en Afrique.
Carbou p. 192 n.: ^3-, passer, s'en aller, partir, voyager.
■i^jj:. J, i^,JLi2àjl iA>otJ -k> ^J\J> ^Jlc, ^AU, fils de Hâdi, passa
chez le Fadli (sultan des Fadlî) à SuqraJi, 11. 15. qL^^Ls ^_^.^.?^
^ojl ^ Ja^. J^> % ^4^ ^ ^ ^^3 JLj^ ^OjJ, le sultan
de Laudar prélève P/^ talleri sur chaque chameau ou charge
de chameau qui passe par L., Dt. jU:f\iij q^J^^. ^>/« à^h
les habitants de Marfyah exercent le métier de chamelier =
^3U.:snJI Jwc 1^5 A^j, 1364 et s., v. Gl. sv. ^. ^ ^oiL*.!! ^
Ja^ UiO^S^, cornme le voyageur qui parcoiirt le monde, ma
Festgabe' p. 21 CAwlaqî). Hartmann LLW p. 88, wà-^',
vhv., est expliqué par «JLc Ja^'; ib. p. 206 n° 165, ^s> est
expliqué par ^ô, mais c'est ici le sens figuré de passer par
l'esprit: &IL> ^}£. ,ùi>, comme dans Lieb. v. Amasia p. 118,5
d'en bas; cf. Dt. p. 1567 et pour le mehri, ce qui suit.
612
En mehri, hatôr, se promener par ci, par là, flâner,
rôder, Jahn SAE III p. 198; Bittner St. mehri II p. 131.
En éhaurî, le sens figuré htar, réfléchir, Bsh. I p. 8 Anm. 1;
SAE VII p. 155, 3: htârek,y'az réfléchi, mais aussi hetôr,
descendre, hinahgehen, ib. p. 10. — Torczyner o. 1. p. 8 n. 2
dit que ,,1'arabe ha tara, avancer, est apparenté au mehri
ho ter, dessous, en, bas, et que véritablement hatar veut
dire hinuntergehen, descendre". Il a vu chez Jahn, SAE III
p. 198, hôter (béd.), herab, hi?iab, hernieder, hinunter, mais
sa conclusion est fausse. Bittner St. mehri V, m compare
htr avec l'arabe V~l)dT, mais ce sont là deux thèmes dif-
férents, vhv.
^j-L-i-, intens. de la première, passer et ensuite s'exposer d
im péril en passant par là, ^11 en bas = 1112.
.LL5>, marcher, voyager, 1.369 = jLw, vhv., ou ^,^a et v.jil2i>
GO. Au Waddây, aussi partir en voyage, Carbou p. 215.
Jwéli parce qu'on préfère être en compagnie en voyage; cf.
iLvw vhv. — S'exposer à un danger, 1369 n. — Parier est
connu en Dt., mais on y dit toujours -j-^ ou <joL_c. La
phrase de Jahn SAE III p. 41,22 (cf. ib. p. 39, 11): Lj^L=>
x^:.:^ ^J^ »L-»-^ ijî se dit en datînois q^ ... L;.=>.Lb ou UJo*,
nous pariâmes 600; ib. Gl. sv. hôter; ma JMJ p. 15; =
class. ^}£. Jo\^, Prov. d'elMofaddal ed-Dabbî p. 81. — Riva-
liser = .=>^.
ïi^', marcher avec fierté. RD Gl. sv. Cf. Hdr. p. 564 note.
Hartmann LLW p. 109, où -iN-:>,o est expliqué par ^^Lj^",
se balancer en marchant = Dt. .^nIj-" vhv. Le sens élargi par
la forme J-i.Lj, qui est ici itérative, désigne les petits pas
qu'on fait; c'est là une sémantique psychologique. ^ iOo^JJ!
c:)^. j.;"^ {jajil\ ^}s. o^Lus?', si le Mbou passe en volant sur
mi malade, celui-ci doit mourir, "^Anazi; même phrase chez
613
Musil d.l. p. 324. Le syr. et l'éthiop. y:i^=yc;^' doivent bien
avoir quelque rapport avec le sudarab.^ki^'; ma Festgabe p. 49.
.bL^", parier, n'est pas employé en Dt., v. ^Ui», ma MJM
p. 14. RD GI. sv.; RO p. 172, 4. Cf. ^Lsfv^l, parier, Stumme
TGr § 36.
Jo\.=>, passant, voyageur, 306 d.l., pi. -^LLi*, 306; 1446; RO
p. 205, 10: ^L^J) ^ Cr^^-^"^ -H J^^^ ^ jr^^-^ CT^^ ^''
Je régale aujourd'hui les voyageurs {les hôtes) qui viennent
du voyage. Un J^Li», lorsqu'il entre chez quelqu'un, devient
ipso facto ■U'-j^, hôte, mais ce n'est qu'à ce titre que ^L>
et ^-À->yi3 peuvent être synonymes. RO § 118, où tous les
mots, avec leurs pluriels, se trouvent aussi dans notre dia-
lecte; ib. § 204 et p. 292,2; il le rend partout par hôte,
étrafiger; RD Gl. sv.; Musil o. 1. p. 447 d.l.; Stumme MGT
Gl. sv.: Gast. Carbou p. 192: Jiôte, passant. Socin Diw. Gl.
sv.; Dalman PD p. 13:
(1 .1 U .j>»| _A_bLLi> .LLis» (ji^^o- ^■^.3 .
Il rassasie une troupe qui passe,
Une troupe de voyageurs et de passants.
isLs*, esprit, propr. qui passe par la tête; 1383; 1567.
-kî-, péril, étymologie 1369 note. L'analogie sémasiologique
y établie est confirmée par Falk-Torp NDEWB sv. fare
et Walde LEWB sv. periculum. — Pari, classiquement,
Prov. d'el-Mofadd. eçl-Dabbî p. 81. — Collier, Yéman.
»iiï>, fois. On ne le dit pas en Dt., où il y a son synonyme
1^, vhv., mais en Dofâr, RD Gl. sv., en Tunisie, Stumme
TGr. p. 75, et au Waddây, Rabah p. 46, et en Syrie, Prov.
et Dict. Gl. sv., IJdr. Gl. sv.
On peut comparer i-^^, une fois, Hdr. Gl. sv., et le syrien
1) C'est ainsi qu'il faut lire; mètre ^ | ^ — .
614
et le tunisien ou^^, une fois, Prov. et Dict. Gl. sv., Stumme
TGr. p. 75, 12, = class. ^^, Wellh. Schol. z. Diw. Hoçleyl.
N° 241, pour ne pas parler du commun a^ de _», passer.
Une analogie se trouve dans l'hébreu DJ^D, pas et fois, piién.
pied, de Di^D, heurter, choquer, et le sudarabique iLa=>o, /bzs,
au fig. vhv., de même que dans le germano-scandinave Gang,
gang, Falk-Torp N D E W B sv. Gang et Kluge E W D S sv.
Gang. Cette coïncidence sémasiologique dans des langues aussi
disparates a sa raison d'être. La conception commune origi-
nale ne doit plus être mise en doute.
.Lltî», pi. yfL)C^x>, voyageur, passant, Wanderer; plus intensif
que JA.=>, Béd. Syrie. t^-àJ \^\L2=> ^Js^., il régale les voya-
geurs qui sont arrivés, Musil o. 1. p. 430,11= p. 431,7
d'en bas = 432, 11 -d'en bas; Jaussen Coutumes p. 180 v. 18.
Chez Meissner MSOS V p. 124,7 d'en bas, ^LLi> est le pi.
de ^K>; le malentendu n'est pas du côté de Socin Diw. III
§ 121, comme le pense le savant assyriologue ib. p. 300.
Weissbach Irak-Arab. p. 32,8: 1 ô ma i s m a k h u 1 1 â r î
lakân ahâdit râsak, lâkin kîefin enta huttâri,
ma ataharras bîk, si ton nom n'était mon hôte {= si
je ne t'appelais mon hôte), je te prendrais certainement la
tête, mais puisque tu es mon hôte, je ne te provoquerai pas.
L'auteur écrit patout h u 1 1 â r < ^LL-i» , p. e. p. 147,10,
11, 16; p. 148, 5, et il le traduit bien par hôte, Gast. Torc-
zyner o. 1. p. 140 n'est pas content de la traduction de
Weissbach et y substitue la sienne, absolument intenable:
il veut expliquer une phrase arabe courante d'après sa
théorie à lui!
^jAlai-, passant, Hdr. p. 564 et note.
^k^, voyage en général, 86,5; c'est en Dt. spécialement la
615
voyage, aller et retour, à Aden, 1369. ^^ ^^.a_jL> _^ ^LLrs^t
iiJiûiî, Zes voyageurs (hôtes) qui reviennent du voyage, RO
p. 205, 10; même tournure en Dt.; ib. § 62; Stumme MGT
Gl. sv.: Reise. - Fois, 447 d.l.; 1030; 1369; Hdr. Gl. sv.;
Stace p. 137 sv. ^me; RD Gl. sv.;=^Ll3^ dans el-Hogarîeh.
Cf. I2=>, oïlii*, ^^>, uijla:^, jvLi>,^> et ^,lii> et ix^> vhvs.
oJaà
^_5
jlii*, /azre de longties enjambe'es, Hammamî, comme dans
LA sv.; TA sv.: lts>^ ^Joyix^ J, ^^«1 Jo-jJS o^Iai- lXj^o j^^t Jlï.
Naqâid Gl. sv. C'est un accouplement de ^Î2=> et oïlai* plutôt
qu'une dégémination de ^i2i>. Cf. Li^cLi- et uJj-l2J>, même
sens, LA sv. p. 427, 1 et TA sv. L'égyptien lJjIi3-, être
en délire, battre la compagne, doit être un accouplement de
^.=> (^L>) et lJj^, radoter, délirer.
o^Lî- est un bâton plutôt court. En mehri, hatarAq = sh.
haterôq, Ijatrôq, hotôrq, Jahn SAEiii Gl. p. 198, où
il en donne une étymologie en partie bizarre: o\ ^=>, oiï le
o
classique Jaz> serait, d'après lui, bàto7i, tandis que ce mot rare
est seulement branche d'arbre, perche, Islam IX p. 128. Cette
étymologie est reproduite par Bittner St. sh. I p. 30. Maltzan,
ZDMG 27 p. 283, dit que ce mot vient „de la racine ^=>,
frapper, avec la désinence k, de sens passif, qui se trouve dans
quelques nom. instr." Cela est encore plus bizarre. Dans ce
mot entre sans doute le babyl. hutaru , hutartu, bâton,
sceptre, Delitzsch Proleg. p. 175, Muss-Arnolt p. 311, et qui,
d'après Zimmern Akk. ZW p. 8, viendrait du „sémit. d'ouest;
hébr. hôter, branche, verge, aram. hutra, bâton, sceptre,
arabe hitr, branche". Ensuite, en arabe et en mehri, ce
616
mot "i^ln s'est accouplé avec ^jji^, de sens presque analogue,
et que nous trouvons dans oJa.^, ce qui a pu faire oiî-.
On décidera.
^b.=>, u, aller à, passer par, marcher au pas; accélérer le
pas, 727 n. 2; 796, 7 'd'en bas; 797,10 d'en bas; 1246 n.;
1514,9; RD Gl. sv. ^_^ ^[li- ^yo\ji}), le juge passa devant
moi, RO § 177; ib. p. 90, 2. ,^^*> qLJJ' !^i>, les Banians
passèrent en masse devatit, RO p. 274, 13. -jLL odi>, il
s'envola, ib. p. 298,9 d'en bas; en outre ib. pp. 345,8,
846,4,7 et d.l.. ^jj^L^. x-^j^ .■cj-j ^J>L=> ^_^jLii ^.yj, RO
p. 270, 12 = Dt. ^Ji\ ^J-^J #.-Î! ^L=> ^^.j ^h=> ^iS^ j.yj,
• lorsqu'il m.e vit, il s'éloigna en courant; c'est comme s'il avait
peur de moi. Voir ib. pp. 367,6,8,15; 368,2 d'en bas;
369, 2 et passira dans ces textes, ^r*^' oiisi*!, je passerai
par le marché, Rôssler MSOS T p. 59,6 d'en bas. \ysJai>
J-*.=> X\ Kjoyjj -t^^ . il-^ emmenèrent le chameau pour le co7i-
duire à E., ib. p. 60; ib. p. 73, 3, et passim dans ce texte.
ujjlXj! tj^ o»ii=>i ^ >^lï, elle dit: va passer par cette route,
ib. III p. 8, 3. ^jj ^,JtJa=>] , va tout droit devant toi, ib. p. 8, 5.
Meissner, MSOS VI, ii p. 88 n. 8: ^J>1^=> ^ J^ Ce sens est
courant un peu partout en Arabie. Aussi en mehri, Ijatôf,
rasch ausschreiten, Jahn SAE III p. 198, et en Tripolitaine,
Hartmann LLW p. 88. Voir ici ^L>. Dans notre dialecte,
v^Jiiti- est beaucoup moins employé dans ce sens. La lurah
connaît aussi le sens de passer. JLbj o,L^ e?' K-L^à^J! ^.i;/sÀL>
OpLw ^\ ^Uc ^ j.yJt c>^>, LA X p. 425,8 d'en bas, oii
617
l'on observera le mot ^Uc o^-a-^i» }.-*^ = J.\ ,v^^-w, ib. p.
464,8 d'en bas. L'oiseau ^kè?. , voltige, vole pa7' ci, par là,
"Anazeh, comme le ""omânais ^jLIj ^,jJa.=>, cité p. 616, 9.
._jLa« ^JiL=> est courant en 'Oman. Dans le Nord, oiLi* est
.enlever, arracher, abripere, comme dans la lurah, ^l2.d> et
v«ÀÎii>, i, 668, 5 d'en bas (oià u>^L.=> est f. d'impr.); 849, 1.
Musil 0.1. p. 174 en bas. Cf. ^lî^n et H^n Ges.-Buhl sv.
Ces deux sens, passer et enlever, ne me paraissent pas pro-
venir de la même racine. Le premier v_jii2i> pourrait bien être
ou une variation consonantique de V~y^=> ou bien un élar-
gissement de V~Ja.=> vhv. par s^=>. Cf. 'n.i> et jj^i». Dans les
deux \.^i>, il y a l'idée de vitesse. Pourtant, l'observation de
Rhodokanakis RD I p. 111 note est à relever: il pense que
v_^Li>, passer, pourrait venir de ^^s^=>, enlever. Les exemples
cités plus haut n'infirment point cette sémantique. On dit
bien j> i * llq> . \ys^a=>, ils marchèrent d'un pas leste, Bâsim p.
23,5 d'en bas = xlcs-. ^:>, presser le pas, se dépêcher, ib.
p. 38, 10 d'en bas. Enlever serait alors le sens primaire,
mais même alors c'est K~~Ja=> vhv. dont le sens a certai-
nement influencé l'emploi métaphorique. Cf. ^^Jai» vhv.
oilai», passer devant avec vitesse, Hdr. Gl. sv. J-A-saJt ,nJLb
(j^_j J^^^i ^_c^^ -b^ J.*^ oi.Î2^.3, il monte à la montagne
oit il rôde par ci, par là, ta?itôt il marche doucement, tantôt
il court, Rossler MSOS I p. 60, 8 d'en bas. RD I p. 111, 1 :
y«^ oii2>, il passa vite et s'en alla, paraphrasé par ^^lXxj".
v^jux^', se souiller, devenir impur = [_r-:f^ Dt. Snouck OS
Festschrift Nôldeke II p. 105 n. 3. Etymologie?
■^ju^], pouvoir être passée (route), être praticable (route).
3 5 G ■> ■>
oJait ^Q^ oïlai^j.j U ^yr^\ ^\\ L, taîit (juc durent les torrents
t)18
les 7'outes ne sont pas praticables Dt., = R0 p. 123, 1; ib.
p. 367,11: di ddarb tinhtùfsi yêr bu medrûb, cette
route ne se laisse pas pratiquer si ce nest par qui en a la
pratique. Sur le sens de cette forme, voir ici p. 82 et s.
oiLui>!=LiJOJ>î, 1221 note.
w >
oiLLi., passant, pi. (^Lk=>, comme i:>L> et jLLi>, vhv.
uj^=>, enlevé; qui s'est envolé, 410,8 et n. 3.
ouk> = ij^, souillé, iynjmr. Snouck OS p. 105 n. 3. —
Qui a fai^n, affamé, RD Gl. sv.; aussi en mehri, SAE III
p. 25 N° 6.
G
uîLk^, croc en bois, 585.
fJ^, u, passer devant ou par, marcher. Qusset el-bèdawi
illi daljal es-Sâm wa la ^amru Ijass el-miidun ...
U es-Sâm bîhom ""âdi ann yihuttu et-ta'^âm bid-
dukkân willi yihtom quddâmhom yiqulùlu tëfad-
dal yàhi, tëfaçldal. U el-bèdawi hâtem min gumlet
el-mahâlîqM faqallu bây^ el-kûsâ: tëfàddal, hàu-
w e 1 '-), k u 1 k û s a. L'histoire d'un bédouin qui entra à Damas
et de sa vie il n'était jamais entré dans les villes. Or, c'est
une habitude des Bamascènes de placer les commestïbles pré-
parés sur le devant de la boutique et ils disent à celui qui
passe devant: S'il te plait, mon bon, s'il te plaitî Notre
bédouin passa comme les autres gens, et le vendeur de courges
(farcies) lui dit: „Entre, s'il te plait, mange des courges!"
Récit désopilant d'un haurânien.
Ul*!As «.X>jij .tr^ eV>JÙ' éV-Aiaclj ..L^JLc jr-iiAJ' L (_=^> b i^^Jlî
UJ^>3 ^J^ls. ULoj UJ UxiLvJi A^=>i j^=> ^' é^^.j^.- Je lui
') Expliqué par \j^- ^) Expliqué par ^J^^-
619
(Us: „Mon bon, ne m' indiqueras-tu où est le hein, et je te
donnerai le prix de la fatigue que tu as eue pour nous ? Que
Dieu tu récojnpensèr Et il marcha devant nous jusqu'à ce
que nous arrivâmes au hân, où nous descendîmes, récit
haurânien de l'enlèvement d'une jeune fille. Un 'atâbe
du ''Iraq:
Hatam rîra el-hamâdelmâhamànni (- | I ^--)
Passa la gazelle de la steppe qui ne supporta pas mon regard
(= d^)
Meissner M SOS VI, ii p. 110 N° 41, où ^=> est expliqué
par ^_ç^'^s c^jU.
U lel.iq el-morîri u Ijàtara el-^ôyùn u tabb "àll-bùll.
Il atteignit le corps principal (du razû), devança les éclaireurs
et tomba sur les chameaux, ma LB^A p. 4, 14, expliqué
par ^Ju^.
Gàm el-(jrerba, gâb sêf ulibse ulabbashen la
el-Hôtrôbi ugâl: Ya Ibn es-Swêt: hâd a bûh bâti-
ra an ^al-fersi gabël halwalad. Le (t. alla chercher
un sabre et un habillernent qu'il fd endosser à el-H. en disant:
„0 I. es-S., le père de ce jeune homyne Va déjà devancé en
fait de bravoure à cheval", ib. p. 15, 30 et s. avec la même expli-
cation de (Jai» = ^.Ju^. yfSi)] \jpj^ j^t^-y^! *^Ij ^yt u^^Li- Ui^
8iÂ^ JULi • . . ..SyK>^\ ^Li 1^ isU.LL> (-j^yf^ J^xî L§.sLii uSi . . .
«.V* UJi . . . «-iLaJ! jjyo'^iî iM^^ty^ i3 t-)^3 • • • '^^^-^^^^ iL*:a5 «.-yo*^!
(-yc*!:^!) JIÏ5 ... K/Oas Sj:yo^$! 'i^!a=> »ÂP ijlS ... ^"^l 'xJS ^Lx^i
J^fci- (wjli _^. Lorsqu'elle passa devant la porte de la tente,
l'émir la reconnut, car deux jours auparavant il l'avait vue
passer devant la porte de la tente. Il dit: c'est l'émira F. qui
vient de passer. Il y avait dans la tente de l'émir le domestique,
qui dit, en entendant les paroles de l'émir: c'est Ici le pas de
620
Vémîra F.!? — Qu'as-tu^ domestique? demanda l'émir. — Par
ta vie, ô émir, celui qui passa devant la porte de la tente
est un rude cavalier", Littmann Arab. Beduinenerzàhlungen
I p. 44 et s. Arabica III p. 34. Hdr. p. 88.
^=> a dans le Sud aussi le sens de conduire en général.
Un hadramite me dit: ^^ ^^1 ^S\ j^ d^=^ (5^ J^ i ^ ^ "
xJlè^■ b^Ajo é^M^^ LiT^') ^'^ ^^^^ ha ta m de toute chose, même
de l'homme s'il est aveugle: tu le -prends alors par la main
et tu le conduis, tùhtùmuh, Hdr. p. 280. Un datînois me
donna la même explication, mais au lieu de é--^*^ il disait
-JSjj Vhv. e^^lai?. iJÎ3 (J^i-^y^ ^^ (ii.iAJ: > s.Jex: >) s.^l LolXj!
O -
B^j^it ^\, il fait sombre, pre7ids ma main, et je te conduirai
à la maison, Dt. On voit donc que ce n'est pas uniquement
appliqué aux bêtes qu'on conduit par le j.ll2>, et l'on ne sau-
raut dire que ^i>, classique et dialectal, soit originairement
un dénominatif de j.Lk.i>. Ce verbe signifie aussi 1'' mettre
le ,.Ua-i>; 2° conduire la bête par le (.LLr», Hçlr. p. 367, 13,
14; p. 368 et note; p. 374; 3° faire une marque, l2.=>, LA
XV p. 78,8, 10 d'en bas, sur le ^Lî>; = ]> LA XV p. 77,
13; 4° frapper sur le j^-L^*, museau de la bête ou nez de
l'homme, de façon qu'il y reste un i2i>, Hamâsah p. 85, 11
d'en bas; ib. p. 568, 4, à l'instar de tant d'autres dénomi-
natifs provenant d'un mot qui désigne une partie du corps.
Les deux premiers sens sont encore courants. Le N° 1 est
dénominatif, mais non le N° 2, puisque ,> ^ i> veut encore
dire conduire, et j.Lki> est en un JLxj régulier, soit l'objet
avec lequel, on conduit. D'après les lexicographes, tous les
sens, autres que ces quatre, seraient métaphoriques, j^i
Zamahsarî Asâs et TA. Dans ^^\ ^^ ^s>, LA XV p. 79
6âi
en haut, expliqué par iotLiiij x-J^ -^, et Asâs sv. expliqué
par (c:L> xLiU^!, ce n'est pas du tout au figuré, car alors
le sens dialectal le serait aussi, ce qui n'est pas probable.
De même, dans la phrase, ^^ j^ ^î fJ^l=> q^, un tel con-
duit les affaires des tels, est à la tête de, LA XV p. 77, 4
d'en bas, Asâs sv., Lane sv,, phrase encore courante dans
notre dialecte, ce ne peut être au figuré que si l'on suppose
que f»_k_i> ne s'appliquait au commencement qu'à la bête
qu'on conduit. Cela n'est pas non plus probable. Jw5=l JJj(c
xiUàtJ! aJOLcj «ic .yjî Joli> ^L*ô, le '^âqil de Ahl Sâleh (Ara-
bica ni p. 31) co7iduit les affaires des ^ôlah et c'est lui qui
possède la "aqâlah^ Dt.
Jwc ^*_L_3. est en Afrique le mot ordinaire pour passer
devant, Stumme MGT Gl. sv.; id. TTBL Gl. sv. où il cite
Lane J^oJ! v_àj! ^.iai-, he passed over^ or crossed the extre-
mity of the tract of sand. Hartmann LLW p. 142 N° 69
Str. 4 oîi ^■^=> = ^cÂc, et jjii> = olj, ^3^. Donc, le même
sens qu'en Haurân et chez les Bédouins de Syrie, Arabica
III p. 34. [V-l2_i> dans ce sens, qui figure à la tête de ce
thème, doit être un élargissement de V'~^=>, comme ^o>
^>o, "^^>^^, J^>^^, 3J:>(Ub, iîJ>jj3J, etc. ou
bien une variation consonantique de V~j-^=> qui est lui-
même un élargissement de V~li.=>. j*-Jo':i! |*-^=*) LA XV
p. 87 d. 1., est paraphrasé par -bLi>, vhv., < V~li=>. Eu égard
aux verbes -b3-^ j^^' >-*^^ et j.Li>, cet élargissement de
?
o --
V Ja-=> est plus probable qu'un dénominatif de ^i ^ ->. Si
toutefois on peut admettre ce dénominatif, on pourra sup-
poser que l'idée y est de tourner le h a t m dans une direction
pour y passer. Comme ^Jl2^ est un vieux mot sémitique, il
n'est pas absolument impossible que ce dénominatif soit fort
622
ancienne. Mais alors il faut trouver l'étymologie de jj2i> et
de ses congénères des autres langues, sémitiques. Qui sait si
elle ne provient pas de V~^-i^i>, elle aussi, et alors les
verbes susmentionnés ne sont certainement pas des déno-
minatifs. Cf. aussi le classique j.vA=>, couper, Naqâid Gl. sv.,
oc
et fAi*, marcher vite^ > JèJs.=> = '^.^i*. ksùL^ :^^- = i:^^,
vhv., et ici p. 601, I. es-Sikkit Tahdîb p. 152 d. 1. oii il y a
à tort ^i^^. La lurah a aussi la métathèse j«-i^.-b! = j.ajLai
ioîjJtj ^^Uo"::^! J. p^^r^^'' avec le dénominatif j»J^Ùd=^IXjj
porter le nez en l'air, hochnàsig sein.
jjai-, mettre le ^Liai»; conduire à la corde, 1601, 14 où le jots
indique la pluralité renfermée dans le iaï suivant. L A XV
p. 77,12
(•_Li->, ainsi prononcé vulg., museau, 1615 n. Les ""Anazeh
prononcent htùmm' ou uhtùmm. Dans le Sud, on dit
hiîtûm avec anaptyxe, mais seulement en st. absol., car
en st. constr. c'est hut-mel-ba^'îr, le museau du chameau.
fja=> est sans doute la vraie forme, pour le cl. j*-l2=>, vu les
analogies j^, f,^:> vhv., ^, j^JLs, museau du chien, n^T\,
NCiDin et le babyl. huttimmu, Holma Kôrperteile p. XI,
et p. 177, mais hutimmu ib. p. 144, ce qui, dégéminé, a
donné l'arabe (••r^/> vhv.
Go,
Torczyner o. 1. p. 197 veut que dans ^J2.=> l'a du t soit
tombé et que la forme fût originairement *^=>, où la finale
représenterait la mimation babylonienne. Le mot serait donc
d'après lui hatmam > hatman, soit lL>. Avec autant
de raison, on pourrait dire que j«-ixi» est dans le môme cas.
Or, V~^i> n'est qu'une métathèse pour ^n^, et l'analogie
m
devient alors impossible. On voit donc jusqu'où peut conduire
une théorie qui a certainement un fond de vérité, mais qui
est appliquée sans discernement d'une façon trop générale.
Je dois à présont prouver pourquoi je considère la voyelle
u comme primaire dans les mots cités plus haut. La raison
en est de nature psycho-physiologique.
Lorsque l'enfant commence à articuler un son, voulant
parler, c'est en remuant les lèvres: c'est un son labial. Les
premières lettres qu'il profère sont aussi les labiales: p, f,
b et m. Et la première voyelle est alors également la labiale
u/o. Aussi la voyelle de la première syllabe des mots qui
signifient bouche, museau, est-elle, dans presque toutes les
langues, u/o>i.
Pu, babyl., bouche '), et les autres formes sémitiques,
Nôldeke Beitrâge II p. 171 et ss.; Brockelraann VGSS I
p. 133; MôUer Sem. u. Indogerm. § 31. L'arabe o, >s, est
primaire et ^ est académique, mais les dialectes ont con-
servé Jli > j*.i > jji > jjî vhv. et jlî. L'u reparaît dans le pi.
BÎ^t et d'autres dérivés. L'éthiop. af, mais l'u revient devant
les suffixes et au pluriel. L'aram. bibl. □p'oudD; syr. y^j^^Is
bouche. Voir pour le reste les ouvrages cités; I Sîdah 1
p. 134 et ss. et ici sub ^. Mehri hô, bouche (qui n'a rien à
faire à *|j3-, espace vide, comme le croit Jahn SAE IIGl.sv.).
Dans les langues indogermaniques, la consonne et la voyelle
labiales sont les mêmes. Sanscr. mùkha-m, bouche, gueule;
]Dersan p ù z , pourtour de la bouche, > arabe jy , sjy , museau;
') Delitzsch Gr. p. 159 dit que pu vient de pay, et Holma, o. 1.
p. 21, que c'est un mot sémitique primordial, ursemitisch, à deux
radicales, mais, d'après moi, ces deux radicales sont p et w, et le
pluriel piâte ne prouve rien contre cela. L'arabe [*s pourrait bien
provenir de ce puw> pum:w> m?
6â4
grec (jt,Z ou IJ.-J , = lat. mu^ onomatopée pour exprimer un
gémissement, un grognement, etc.; de là ,v.i/Çw, etc., Boisacq
0. 1. p. 647, Falk-Torp o. 1. sv. mukke; avec grand nombre
de dérivés. Lat. mu, son faible, grognement; mu facere^ souffler
le mot, rendre un son, cf. faire la moue; l'm était appelé
littera mugiens; de là mugtre, mugir; murmurare, hocire, crier,
beugler, suéd. bôla, cf.W-alde o. 1. p. 498 ; bucca, bouche, it. bocca,
esp. boca; < onomat. buq, souffler avec la bouche, v. ici ob, et
d'autres dérivés avec 'primœ u/o, Walde o. 1. p. 99; ôs, bouche,
Walde sv., allem. et Scandinave mu > mund, suéd. mun, angl.
mouth; mûl, mûla, mula, maul; goth. mulô, suéd. mule, voir
Kluge EWB sv.; bavar. gosche, museau = silés. gusche;
bavar. footzen, bouche; schnauze, museau; mha snûte, suéd.
snut, Falk-Torp sv. smide, angl. snout, Skeat ED p. 498.
Fr. museau, anc. fr. musel, prov. mursel et sans suffixes
mus; vfr. muse, mouse; it. miiso; niçois mour. L'étymologie
de Diez est à rejeter. C'est une onomatopée, mu + s, comme
originairement tous les mots précédents ; cf. moue, mufle, etc.
On pourrait facilement augmenter cette liste pour montrer
que les consonnes labiales exprimant un son proféré avec les
lèvres ou la bouche fermées sont de préférence suivies de la
voyelle labiale u/o > i. Cela est même le cas pour les non
labiales qui form^ent la première syllabe des mots de sens
analogue. On est donc en droit de supposer que ^ repré-
sente, à l'instar de pu, une prononciation primaire, conservée
dans tous les dialectes, et que |*-^>, > [«-^^;->, et ^k> qui
débutent par une spirante velaire sourde ont reçu la voyelle
labiale par la même raison que les autres et qui figure égalé-
es
ment dans l'akkad. huttummu. oii!, nez, est toujours dans
ù) o
les dialectes -.jd] ou ^jî, Lane sv., et je n'ai jamais entendu
le littéraire ^_ài!. Ce mot est peut-être aussi originairement une
onomatopée de l/~^^, souffler (par le nez), renifler, qui a
625
donné le dénom. ^^^, respirer fort > être en colère^ et plusieurs
dérivés de sens analogue. La formation en serait alors comme
c>>-wî, vhv., j^!, *_:! et %^U vhvs., mais l/~nf peut aussi
oc
être = V oj.J , ^^^ , être haui, proéminent, élevé, et oùî aurait
alors la même sémantique que son synonyme dialectal ^i>
< >x*.^, êti'e haut. ^JLcl .ïJJÎj . Le babyl. appu, nez, museau,
<anpu = ^^'C n^N, montre que ce mot fut déjà de bonne
heure transformé en trilitère, oià l'n est radical, contr. à
Scerbo p. 16. — j.Ll3=>, expliqué Hdr. pp. 280; 368 note; cf.
D'ipn, anneau pour le museau.
> ^J^i^, i, faire un pas, passer, 360, 4-. Avec J^, passer
par, 168, 8; Sachau A VM p. 47, 4, = ^c, s'en aller = mourir.
En mehri, l)atô<hatû est cowc^re = arabe _bL=>, i.
o
w 0 5 w -
^Ja:>, passer, tr., transporter; v. p. C07, 19. ^Uic ^«^ ^t ,jr>^>,
passe-moi (à travers la baie) « /S. "0. (sur l'impérat. v. 323 et s.).
Jsj>LvJî ^t v^-^ti' cr ^-Jj-^l-* J->''-> (iLui> Loai>j_-Lj!, ^e capitaine
me passa dans sa barque du bateau à la plage, RO p. 227, 6. —
Ja^', int. de ^^Jai-, se dit de l'enfant qui apprend à marcher.
S'en aller. Passer sur, à travers de; sauter sur, iibersprin-
gen, =^^h>j^\ 360 et n. 2, = ^)^ ^hv. ^i^-ôUi ^\3^s> L.L«.g î»,
viiA.:sni35 l^'jsÀcj bjijj L^LL^I 'j! c>.a:>5 ^'«-^.l-o J>*^, ^^ 710US trou-
vâmes des esclaves qui étaietit en fraiti d'enlever un cheval
mort. Je suis venu et je voulais sauter par-dessus avec force,
les pieds joints, ïnais je suis tombé, UO p. 329,6 d'en bas.
„Les pieds joints" de Reinhardt est seulement une explication
de la manière dont il voulait sauter. Chez Socin Diw. Gl. sv.,
c'est avancer lentement. Wetzstein ZDMG XXII p. 133:
i^^LxJj ^Ja^' L_*Ji L>.^L.A3 ^^ , j'ai une amie qui, lorsqu elle
40
626
avance^ ou passe, le fait lentement, à petits pas. Le classique
\jo^\ J. ^i- = s-^^ LA IX p. 414 est sans doute de la
même provenance, avec affaiblissement de l'emphatique et
durcissement de la finale, d'après de nombreuses analogies,
voir i^Aj et pAj, etc. Naqâid Gl. sv.
(^^J2Xi>î, passer devant. e^V^J '-« tiVjJ.> >_j1j J.C o^v^^i»!, ^''ai
passé devant la porte de ta maison^ mais je ?ie t'ai pas vu,
Dt. Ruban, éd. Ahlwardt, N° XXXI v. 1 porte: Jjjb jOb^
^.Jax^^! jLà>, mafich Landstrich, der den Schritt des Schrei-
ters packt.
Bjis:^., 2^(^s, enjambée, pi. ^j:^=>, 143, 16.
^^a;^", se mouiller^ RO p. 262 n. = Dt.^:^' vhv. ^\^ iL>5 .-isâi?.
b;:$T.à=», «7 se mouilla et devint tout mouillé; obs. ici tb*, vtiv., =
devenir, comme l'ital. venire. iJjsaâi> est ici substantif.
yS^
^ A^', faire l'orgueilleux = jSù^' . Pour l'étymologie, voir
ma Festgabe p. 42. — Bittner St. sh. Il p. 25 rapproche le
sh. shefer, faire amitié avec, tout en l'identifiant à l'arabe
_s_i>, de l'hébr. I3n, co^npagnon, qui est aussi yémanite,
voir ici sub -^>. Je crois que ce sont deux racines diffé-
rentes: .ai» == f-^-
^^Àis.
-U^t v_3Lài>, 147, 3, qui secoue l'aile (oiseau).
6
i^^>, a, (?7re caché, mais (^-ài*, i, cacher.
i^Là^JL, e?z cachette, 1630,9 d'en bas.
^_5^LJ[5 ^j;.sli^, cê^2a' gt«" est caché et celui qui est à la vue de
tous, 370 en bas.
627
J.=>, i, a, percer, faire un trou, 583. Dans le verset de
''Omar b. Lagà', K. el-Ar. Index sv., cité 583, 1, = LA III
p. 171: J^i^ilj &-:s\_JLàJl J^5>, je crois que J.> est l'infinitif,
583 n. 1; cf. LA XIII p. 227, 10. Ce verbe est du sômitique
commun dans ce sens, Zimmern Akk. F W p. 30 n., qui
paraît y donner à i3L;?^^ la même étymologie, ce qui est
erroné, vhv.
jL^', prendre pour sa bonne amie, faire la cour à une femme,
RD Gl. sv.; cf. iiJLJ.>, bonne amie. — Avoir des fe?ites, 583, 4
d'en bas; cf. 'Âî>, fente.
^=>, défilé dans les montagnes, 1367, 1 et n. 2; Socin Diw.
Gl. sv.
J.i», ami; femme mariée. RO p. 56, 3. Sur ce Joè, voir 847
n. et ici Addit. sv. j*Jb>-. Cf. le class. ':>!=> = '>^*,j, LA XIII
p. 231, 10.
ici=», fente, courant. c>jl^ lo is^-ai" S d^3> JJ*-^!^ iJL<\it, I Sîdah,
n'importe quel trou; cf. jk:>.
■àL>, cheville en bois, 583. Musil o. 1. p. 126, 4 d'en bas. —
Défectuosité; Socin Diw. Gl. sv.
J.l3>, vide; défectuosité, 51,6. RO p. 103,8 d'en bas. Au
Yémen, JJ-i> est canard sauvage, d'après Glaser, Peterm.
Mitteil. 1886 p. 6.
^3^Li> (jLxs des instruments), cheville en bois, pi. jJc>ovi Jo^L>,
580,1; 583. Musil o. 1. p. 126,4 d'en bas; p. 128,5 avec le
pluriel régulier &!=>!; ib. p. 278, 9. Cheville qu'on met dans
la lèvre supérieure du chamélon pour l'empêcher de teter;
aussi Musil o. 1. p. 140, 13 d'en bas.
J_i:u*, < J^^^uo, ce qui explique la prononciation muljiîll
628
(m 0 h u 1 1) : m i h à 1 1 > m u h à 1 1 > m u h ù 1 1 , cheville en
bois, alê7ie, 583,3; pi. JU^', 19, 21,<3L^, 582, avec laquelle
on attache les oUiii, vhv., de la tente; Jaussen Coutumes p. 74.
^JL^, enlever, <v_^Jli:, 762. — Voguer la terre argileuse dans
l'eau pour faire le gâchis. Un sultan de Sud avait fait
démolir la maison d'un qabîlî. Un chef bédouin réunit alors
3 5 , -
des hommes, \J'yff>- aÎ l\^=>, pour la reconstruire comme elle
était auparavant, qI-:== U5" »o3£. Le chef bédouin composa
alors ce ragaz:
ifo?^ «mf/ e/î g?ie^?e affliction et quelle maison du jiige {mj\iste)\
Lorsque avec tes pierres on construit à el-^Âydabûs !
S'ils font le gâchis avec de l'eau, nous le ferojis avec du sang.
Et si quelque pierre manque, nous la construirons avec des têtes.
Le sens classique de tromper, cajoler, Boh. III p. 158, 9
(B. bsj^^'i) ^^\ iUP), 'iS±i>, tromperie,' ib. p. 65, 4 d'en bas
(B. ç'A^Jî (^ »_xj L), n'est pas connu dans le Sud, mais
y--JL=» tromper, cajoler, n'y est pas inconnu: c'est un accou-
plement de ^=> et ,j«.J.
^=>, intensif de ^^=>. <_jLènJt ^yi (^«.a^' ^ULi ^ * \n l\ wJl^'
i*JjL!î ytji ^j^ JJlï, la femme gâche la terre dans Veau et met
dans le gâchis un peu de poil de mouton, 50, 4; expliqué
1032 et 1036. Stace p. 108: s^yJ! v*^^, he mixed the mortar.
'^=>, terre mêlée d'eau, houe compacte et visqueuse produite
par la pluie ou lesêl, = oji» vhv.; gâchis de terre i^our con-
struire, mortier, 50, 5, 6, 7, 8, 11 ; 604, 10 d'en bas ; 877; 1032;
029
1036; 1295, 12. Stace p. 109: v^Ii>, mud, = \i^=>, vhv., ou -iX=>*,.
Le mot est très courant dans le Sud, y compris le Yéman.
Lane a omis ce sens, qui se trouve cependant déjà chez
el-Gauharî : u^JL^ tU »J^ JyLj" aU^î uJbè^!, et L A I p. 352, 8
d'en bas: w^ii>f lXs^ uJli> 30 ^\ ^jJLi^ ^Lc. LA 1.1. veut même
que ce soit = ■jsh en général et non seulement sU^i o^'
c'est à dire, la vase gluante et noire du puits ou de la source^
vhv. Le dire d'un Bédouin 1032, = L A Lp. 352,9 d'en bas
= ib. XX p. 280, U: J^o^^^ ^i^^. J^=> ^'^ ^=>, où 1^S^=>
O „ O w -
est expliqué par ^yJ^ dans le premier passage et par ^Jè^h
dans le second, le premier seul est bon, et ouL est une
faute de copiste pour Q-*-b- Or, cette ancienne faute de
copiste sur la fiche relative i^^^) a donné naissance à une
autre erreur en assignant à ^jJu^ le sens de ^y:ci! ^JôjIj, comme
dans LA dans les deux endroits, et de là dans TA I p.
240, car wJL> n'a jamais pu signifier oi->-^, et l'on n'a
jamais bouché le couvercle, io«L:c>° vhv., du mîfâ avec du
wJii> par la simple raison qu'on surveille toujours la cuisson
des (j>s!yjt, qu'on tourne, ôy.s> ou wJLi, tantôt sur l'un côté,
tantôt sur l'autre, ainsi que le décrit I Sîdah' V p. 7 en bas.
Peut-être l'auteur de la fiche a-t-il voulu dire par oiaL> j_^>I!
.ys}] que mîfâ est l'équivalent de tannûr. Mais ma cor-
rection 1032 ^yu^i! y^ (jAv« cloche.
Umayya ibn Abi es-Salt, éd. Schulthess p. 47 N° XXXVII
porte :
,o_ £ . ' '. . . - . , - . ^ .
0^f>- -bLij ^li» (j=3 (J\.C J, '-f?'— * O^XC y*^4.^j! VVï*^ '-^'j^
Bêrûnî a ici ^^ ^3 ^J^. Ce vers est souvent cité, Niiiâya
sv. wJl=>, comme le constate Schulthess. Cette conception de
630
wJ3. y^J: a dû être répandue, car le Prophète s'en sert dans
la Sourat el-Kahf v. 84 à propos de l'histoire de Dû el-
Qarneyn: VjJ^' ^^^^ y*^x;:si! <^Je^ iL bl j^s> l^^u^ ^-^^
'!ilts> ^^J^ ^, où 's^ i^-^ est expliqué par aU> oîJ>, corres-
pondent à ^^.=> o'^ du vers d'Uraayya. Probablement une
conception descriptive du oUiihi! y:^j, ici p. 433, qui est noir
comme la boue visqueuse et noire, sLiL>, de la source ou
autour de la source.
Est-ce que ^i> > ^=> est le même mot que l'hébr. y?n
Ges.-Buhl sv.?- uJLi> au flg., coqueluche des femmes, 847 n.
K. el-Fâhir, éd. Storey N° 447, où l'origine sémantique n'est
pas exacte; v. Addit. sv. (j«Jb>. i-*JL> est la membrane qui
couvre le foie, aussi appelée ^^Ui^. Trois Traités d'anatomie
arabe par P. de Koning pp. 68, 10; 376, 1; 708 et 709 n. 4.
Ta'lab K. el-Fasîh éd. Barth p. 69 en haut et les observa-
tions de ^Alî b= Hamzah el-Basrî publiées par R. Bell dans
le JRAS Jan. 1904 p. 106 et s. Comme étymologiei c'est
l'hébreu !}.^n, omentum, Ges.-Buhl sv., mais vJLi> se rap-
porte en arabe seulement à la membrane du foie,
^-r^i pl- v*^^, gi'iffe^ prononciation 51 n. 4.
,j^J.>j embrouiller, n'importe quoi, Dt. et Hdr., < (j^2.*3- vhv.
= u^jy>, Dt., Hçlr. et Syrie. Les verbes (j^5> et u^i- existent
aussi en Egypte, Dozy sv. et Socin Diw. Gl. sv.
50 3 „
uo^Jl>) Hdr., = uoL.=>, 1490, vhv., cf. 340 et s. et Dozy S. sv.
-LJi^» abîmer, Dt. := i3j.i> vhv. Brockelm. o. 1. I p. 510 et
Rhodok. WZKM 29 p. 58 n. 5.
631
^^
^Jl> = ^-jCi, class., 863 n. 1.
Cv o
,£JLa.:>!, enlever d'un seul coup sec, 863 n. 1, I. Sa^d VIII
p. 67, 2; au passif ^%b:i>!, être enlevé, LA III p. 81 . iL^nJijCj^t i\J.),
femme répudiée ou veuve, 863 n.; 1. Sîdah VII p. 33, 10.
Qays b. el-Hatîm Diw. î^° III v. 9 dit:
Tu les vois (les lances) qui sont retirées (des plaies) comme
on retire les outres
Dont les cordes retirent les outres en les^ faisant moyiter en haut.
Le poète veut dire que les lances percent le corps si bien
qu'elles y pénètrent dans toute leur longueur et en sont
arrachées comme on retire avec les cordes les outres du
puits et les fait monter en haut. ? j-^' se rapporte spécia-
lement à l'action de faire monter le sceau du puits, vhv.
C'est l'objet de ,iJLiLà^', = L>^r>î ^OLx3?', dont c^jJ est ici
presque synonyme. Ce mot n'a ici rien à faire à agonie,
comme le traduit Kowalski, mais il se peut que le poète
ait voulu ici faire allusion à l'effet des lances amenant la
mort. Le comm. est ici très clair: ^5! t ;>J1j ^^.^vJlx^" ^LL^*^!
^^ô<^ . Ibid. N° 'V V. 25 dans le même sens:
«.JuCj' *J5jC; Js:*-^ O^'**' o-^^^J^a^! \S\ L^.Li! ^-^.
Lorsqu'elles (>^y:sui!) sont .arrachées (du corps), suit
leurs traces
Un sang chaud, frais qui coide de ses artères.
Le comm. porte: oL^t^^i ;Ij1 ^^. ô^^?. c^O'A:?- u;/.:?^)^i>î
^^^_:è^-w -O ^\ ix-^-^ ix^"*^ ■ciA.EjJ îoî. C'est à dire, le sang,
des artères coule des plaies, qu'ont faites les javelots lors-
qu'on les en retire. Naqâid Gl. sv.
632
Dans notre dialecte, je ne connais que -JLi», remuer^
brasser, et alors synonyme de iais», et ,s^d> pourrait peut-
être venir de ]/~J^i>. Mais dans le sens de tirer à soi d'un
coup sec, ^=> me parait venir d'une autre racine. Peut-être une
variation de -p-, avec permutation des liquides, ou de ^\à>.
„-sJl=>], femme répudiée ou veuve, 863 note.
JL^Ii>, anneau 'pour le pied. Carbou p. 196: J^JL=>, a^meau
de pied. Aussi assyr. halljallatu, Meissner Lexicograph.
Studien, t. à part, p. 241. Zimmern Akk. FW p. 38. V. sub
J^> p. 370 et ici p. 627, 7. Le verbe J-^JLi., disloquer,
branlery détraquer et cliqueter, est une onomatopée. D'autres
sens de ce verbe proviennent de ^ vhv., de J^>, vinaigre,
ou de _^5» ; V. Dozy S. Cf. ^^v^i> vhv.
^jS^', survenir furtivement, 1228,8.
yJLi-, i, se défaire de, ôter un habit où un objet qu'on porte.
20,14; 1321; cf. ^=> et K^n II, même sens. ,j-.Jli- est un
autre élargissement de V~.y=>, et n'a, d'après moi, rien à
faire à yhr\. En Dt., on dit aussi i^'uxi ^^ ou xJL (>Jlï,
ôter ses habits ou ses armes = ij^Jl>.
tjJi=>, a, fi?iir, être fini, être épuisé, 343, 12. ^.=> c>^> U
^A-c J-l _y*o Li y.vLi!, lorsque la guerre des M. sera finie,
y^oMS zVows à Aden, Dt., où o.>jJ.> < 0.-^3)3. <" c>^/JLi> < c>s*.2i^.
L'imparfait yehlas, yoftar, yetla^ ne fait point excep-
tion à la règle, établie déjà Prov. et Dict. p. 60, comme le
pense Feghali p. 113 en bas, car tous les verbes dialectaux
Jjà font à l'imparfait ^^itàj. Voir ici sub J^x=> p. 340.
633
uJL>, ôter les habits^ 870 en bas. On dit é^y^ l>»i>^ mais
tiULo Jj^. — Payer. — Se porter garant. La wâlied intàmà''
uigù"* ahlet-tama" udà^'ul-'âqil ') uiltabat fîli el-
^âqil uhû' me.ljallis fîh, si quelqu'un a été pillé, sa
famille vient et appelle le chef, qui en assume la responsa-
hilité et garantit les choses pillées; = ^ «-r^*^ vliv., ou ^ j.y:oo
vhv. Cf. Arabica V Gl. sv,
ijai^", avec v_j, venger quelqu'un par le talion, 568 en bas;
983; 1724.
ij^\.=>; faire avoir ci qn. son droit, s'acquitter envers qn.,
Arabica V p. 164,6 d'en bas.
fjnls>, trou, Schlupfloch. ^JaL<'\}\ ^ .Lài! J^c ^^j-^. wJ^^J), le
chien guette les souris dans le trou, Dt.
^jo^=>'. SjAavj (jo^L>^, et voilà que c'est fini: ils se sont mis
d'accord, 26, 11; 402; 404. RD Gl. sv.: assez!
• iLxaJli*, pi. ,j^2_L> < (j.jiJLi> , vertèbre de la nuque, spondyle,
Hdr. p. 361 et p. 378, 8,' où iuJl=> est une faute, de même
que Hdr. Gl. sv. u-^Jb-; ib. p. 385; < iw^iè, 1615 note, vhv.,
> iCwaJLc en Dt. — ^udii», nuque (&Jl«), cf. ici sub (j^JLc.
ijA^^, moyen de dégager, 1559,8.
o^j^j chafed (as from riding, etc.), Stace p. 196. — Cf. ^S=>
et jA-=>.
JaJl^*. J i^Jli-, a, u, expliqué 93, 15 et ss.; 1401.
Joli> dans le môme ordre d'idée, 1401. I Sîdah VIT p. 6, où
aussi dans le même sens Jaii*!, i3iL=> et 1A^\:lJ\.
làjj>\, dans v_^y«J! iaki»!, dégainer le sabre, = ^ys=>\, 1768.
') Obs. 'àqil, «, avec i mal ah!
634
i=L .yj>, pêle-mêle, 1133 d.l. - ia^^L~>, Arabica V p. 116, 5
d'en bas.
^^■, se disloquer (membre) = ;;; ^1, 1767.
iLc^l3., libertinage = 'Ls^\j}>, 1767. — En quelques acceptions,
ifi=> coïncide avec %Xi> .
^\.i>. La phrase oii'^- ^^ c^^'^f- ^^^ Z*^?^ rien, n'importe, qu'on
entend à chaque moment chez les Bédouins du Nord, mais
jamais dans la Sud, est pourtant employée en ^Omân : ,^1^ q!
oiiL^. l^ ÎÀ^ ^}^ ^jLij^ -a:)\, si la chose dépend de cela,
n'importe, RO p. 197, 12 d'en bas. En Syrie, ma bisâ^'il
ou ma bisâyel.
sJiJL^", être en forme de croix. Arabica V p. 131 n.
^ .^jiL^^, être séparé de, 409, 18 et n. 3.
oi_L>, à propos de, concernant, 522 v. 5. — Derrière =' en
aide de, 546, 5 d'en bas,
iLàjL> OU xiJi>, ouverture de la fenêtre, Hdr. Gl. sv.; v. d.
Berg Le Hadhr. p. 64; RD Gl. sv.; Snouck ZA 26 p. 231,
où le pi. uJ^'=> et o^>; MM dans JRAS XLI p. 230;
mehri halfêt, Bittner St. mehri V, m p. 40, oii hùlfet
est f. d'impr. Sur hlf dans l'iDScript. de H. el-Rurâb, voir
p. 253/4. — Arbre d myrrhe, Dt., Glaser Skizze II p. 200,
où l'assertion de l'auteur est exacte.
isLâJl3>, dyssenterie. On dit: ^Ui *->Jlc (o!J^>'=) >JJii»^ Veau
Va rendu malade. La voyelle est la même que dans le Jjc
des maladies.
^jiJi=> n. loci, Arabica V p. 105 n.
'i^ui=> est aussi, comme on sait, vicaire, lieutenant (non pas
successeur), et ce titre est encore courant dans l'Afrique équa-
toriale, selon Carbou et Rabah. Je crois que le Prophète
s'est donné le titre de &JLJ! '!Ls-JLz> pour imiter le chef des
635
Chrétiens Occidentaux qui s'appelait et s'appelle encore vica-
rius Christi in Terra. Il avait déjà donné ce titre à. Adam,
Qor. II V. 28, et à Davide, ib. XXXVIII v. 25. Grimme veut,
Z A 26 p. 160, non sans quelque apparence de probabilité, que
ce mot soit identique au sabéen Ijlft, Glaser618, ]l, gouver-
neur d'un mihlâf, mais voyez cependant Naswân o. 1. p. 32
en bas sv. ^js> et Arabica IV p. 57. I Sîdah III p, 134.
Uii^, expliqué 912 et s.
^flJL> , contrariété, 1340 d. 1. — Détour, Dt.
^j^ ^^ Jii>, 620 note; 1081; cf. Gén. 3 v. 19 et Ges.-
Buhl sv. "içy 3. (j4j"L^. L) i^alr^j L> |?o!c ,^^*,, et ceux qui eyicore
vont yiaître se feront (toujours) la guerre, 14, 1 ss., où
t^JiJL^ est pour Î^JLJLi^, ce que RD Gl. sv. n'a pas bien
compris; voir Arabica III p. 77 et ss. Nôldeke avait d'abord
dit que ^jUii* est zuteilen, répartir, assigner, 620 n., mais il
a changé d'avis puisque dans ses Beitrâge II p. 49 il veut
que le sens primordial soit compter, zàhlen. Fleischer, apud
Levy WB II p. 205, lui donne le sens primordial d'être lisse,
pbri; Delitzsch, Genesis p. 76. Je crois que la première idée
de Nôldeke est la seule bonne. Cf. vJiJL:>.
sjéL^'<^j^', 1767. j.^l}C^lj oJ-i^'j ne pas tenir sa parole, Dt.
et ^Omân.
^JUi>l, p. e, v^'5 = o/>'7 1767; 1773 en haut.
oiJl=>, gens, 21,4; personnes, 12,21; 26,3; 1240 note. «Jii^
^! expliqué 1498; Hdr. Gl. sv.
vjil3-, pi. '^Uâ>, est au Waddây 2;e7e??'ie7i^ en général, Carbou,
pp. 4; 68,1, et ib. p. 198,3: vêtement d'homme; voir sub
^.•)0; Rabah p. 54: vêtement: kulgan (lisez hulgân au pi.),
mais ib. p. 41 il donne: chemise: khalag C, kalak W;
la liste de Kampfîmeyer M SOS 1889 Materialien z. Stu-
636
dium etc. p. 152 N° 85: shirt, hâlag (= vJlJL3>) pour le
Sôa et hâlak pour le Waddây.- C'est que pour ces gens-là
la chemise est le vêtement principal, même, le plus souvent,
l'unique. Dans la lurah, c'est usé, râpé. LA XI p. 376 et
s., Arabica V p. 1^9.
En mehri, Ijalêq, pi. halôweq, vêtement, Jahn S-AE
III p. 196, qui le compare bien à tort avec l'arabe iLxJLi-,
vêtement d'honneur, d'une tout autre racine et d'un tout
autre sens. Maltzan ZDMG XXVII p. 229: c h aie g, et
Carter p. 362: alabos khalôq, dress, et non pas khalej
comme le cite Maltzan, o. et 1. 1., en l'écrivant en arabe ,isJli>.
Voir Bittner St. mehri I p. QQ et V m p. 9 et p. 25. Mais
lorsque Bittner dit St. mehri IV p. 65 que halêq fai^ partie
des mots caractéristiques du vocabulaire mehrite, on ne sau-
rait être de son avis, d'après ce que je viens d'exposer, que
pour la forme du mot.
Eu babyl., hulâqu, vêtement (ou bien un vêtement spé-
cial), Del. HAVE p. 200. Halâpu, ib. p. 277, est se vêtir
de qc, être vêtu de; Ungnad, Bab. Assyr. Gr. p. 144. Quel
rapport y a-t-il entre ces deux mots?
Zimmern Akk. FW p. 37 veut que l'akkad. hulâqu, =
lubasu, vienne du sémitique occidental hâlûqâ, pagne,
TJntergewand.
En shaurî (qarawî), nous trouvons hatéq, hatîq, pi.
hatoq, hotôq, vêtement, Bittner, St. sh. I pp. 26 et 50,
ib. II p. 46; de même, chez Maltzan ZDMG XXVII p. 229:
vêtement, chatek, pour Mirbât et Mahrah. J'ai de la peine
à croire que hateq provienne du mehri halêq. Il faut avoir
d'autres exemples du passage du mehri 1 au sh. t. Il se
peut que le mot sh. soit un composé avec contamination
du mehri hatû, coudre, vhv. Mais c'es|; là une simple hypo-
thèse, faute de mieux.
^J^^, querelleur, 492, Eg.; Dozy S. mal voyelle.
637
^JJJ>, Joli en sahhî, BBRAS 1902 p. 260.
_^ devient ^Js>. — J^, laisser, = éy, 540,8, 1213,8 d'en
bas. (j>j J.i», 159, 14; (j>j ^^ J=>, 157, 20. Dans notre dialecte^
ce verbe est peu employé dans ce sens, 315; on y dit (^,c,
vhv., mais il est courant à l'est de Dt et en Hdr.
V ^,1^" 548 (erreur). — ^^ ,^J^'j être hors de cause, 540, 1, =
^^ t_ç^'.- ibL>, V espace libre en général, et en particulier l'espace
hors de la maison ou du haus, 1593. Traduire ^^li^ par lieux
d'aisances, 1593 note, Abort, OLZ III p. 302, 11, ne cadra pas
avec la primitivité des habitudes des non hadar à ce sujet.
Lorsque les hadar parlent de ^^ ou ^^ ii>«.xj dans ce sens,
c'est l'application d'un mot et d'un état de choses primitif
à une chose moderne; cf. subjj. ^^Ui ^ „\JLw n'est pas en
. datînois caquer aux lieux d'aisatices, mais aller faire cela
hors de la maison dans un e?îdroit libre. Les anciens Arabes
hadar ont emprunté le „ca"binet" aux Persans. I Hisâm II
p. 733, 6 s. Le Prophète se fit faire un kanîf (mot partout
courant) sur le toit de sa maison et il en avait aussi un autre,
construit plus tard pour les femmes dans son dâr '). Les
Bédouins se mettent n'importe où dans la campagne, ^Hii J.,
comme anciennement dans les ^JlX^, I SaM VIII p. 126, 2,
Muslim V p. 22,5 ss.; LA X p. 234,8 ss. Dans le husn
du fameux sultan Muhsin de ""Azzân, il y avait un X^, —
Jjawi = tU! i.:>«-o, vhvs., où il me conduisait tous les soirs,
se tenant devant la porte, une bougie à la main, pour ra'em-
pêcher de fuir, mais vu que ce „cabinet" formait une espèce
') Kasdovff, Haus und Hauswesen im alten Arabien p. 46 et les
ouvrages y cités. Il y traduit **^iL> par „Ort des AUeinseins", ce qui
n'est pas juste.
638
de balcon en saillie sur le mur, tous les excréments tombaient
dans la rue, où il y avait un ruisseau qui aboutissait près
d'une source dont on buvait l'eau. On ne doit donc pas
s'étonner que le choléra et la fièvre typhoïde soient endé-
miques à ^Azzân. Pendant mon séjours dans cette „ capitale",
on y mourait comme des mouches. Nous autres ne buvions
que de l'eau Mattoni.
L A I p. 379, 7 d'en bas : ^^Ui i=^LiJî ^^_^I JUj : ^^UjC!
O ^û ^ O ^
(jisL^^îj vjii^tî w^^-lXJI», avec un hadît à propos de ^<Xa.
TA V p. 32, 10 rapporte aussi plusieurs mots qui désignent
latrines. — Le h aie, désert, steppe, de RD Gl. sv. est un
mehrisme, selon Bittner St. mehri I p. 19 s. Au Waddây,
tbL> est brousse, Carbou p. 206 et Rabah p. 40.
£^ ^i, en pleine campagne, en plein air, hors de la maison
ou du haué, 82,20; 989; 1593. RD traduit ^^ ^ par auf
der Weide p. 44,11, in der Steppe pp. 59,3; 77,2, m der
Wuste pp. 100, 13; 133, 5. Je dirais plutôt im Freien, en pleine
campagne ou dans {à) la campagne, = %1\ j. .
(_cj^^ j-5 pour rieji du tout, en pu7'e perte, pr. dans mon
vide = ô^\ ^JLÎ-, 663, 12; 1593. ^li^j ^=A^ c^-rv>, tu es
venu chez moi p)our rien du tout, paraphrasé par jjj^ Dt.
s^l> J,, en pure perte, 133, 14; 1592 et s.; à l'aventure,
167, 7. - bjLi-, pi. J^d>, expliqué 357; 8, 18, 21, 22, 24; 9, 6,
18; 10, 24; 1491. Cela s'appelle à Aden KjtJ_v« et en mehri
mrâbbat, Jahn M S p. 219 qui le fait venir de û/*, éty-
mologie bien éloignée!
^_^JJ>, vide, solitaire, désert, prononcé halî\ ^\jS\ ^^ ^'^^ 1(^90
n. 3; 1367 n. 3. Libre. J\3> ^ bU ^' ji^ Ji ^^J ^^Lî ^ ^t,
passe chez un tel, fais-le rester là (^^ est dativ. ethic.) et dis-lui
que je ne suis pas libre, 672,6 d'en bas. Aussi 'Oman RO
1539
p. 250, 6 d'en bas. Le grand désert appelé ^J;i^iî ^j dans
le Sud efe non pas ^J\^ ^i^, Arabica IV p. 46 et ss. Ilalîy,
avec conservation de la III radicale, est du reste aussi mehrite,
vide, Bittner «St. mehri I p. 20. - a^L^ ou 3^L^, expliqué
462; 359,2; 741,10 d'en bas; 1196 n.; pi. ^J\J^^ 12,20;
Hdr. Gl. sv. Le mihlâh se fait de poil de chèvre; on l'ap-
pelle aussi dans d'autres contrées a^îy^ vhv.
V ^ = V ^ vhv., 575, 12; 595; veil égypt. hmm, smm,
être chaud, ZA 32 p. 36. — j*.i>, i, u, sentir mauvais, 73, 16.
Etre ou deve?iir mauvais, 1109; 1165 et s. — Se gâter, 63, 2.
En mehri, même sens. Bittner fait figurer l'adjectif hamèm,
puant, dans la liste des mots caractéristiques du vocabulaire
mehrite, St. mehri IV p. 66 et ib. p. 55 en bas et I p.
84,13. Quant à la forme, oui, = |lî>1, selon Bittner, tandis
que Jahn Gr. p. 66 le considère comme un J-axs. Je crois
que ce n'est ni l'un ni l'autre. Cf. ^x=>; ^s4.=>, y^=>, -L4.=>, ^•*=>,
^^i> et sa métathèse ^^),^\.6>, u, et ^Li-, i, vhv.; ^y,
jj-, ^; "^i>, ^^>, j>L=>; j^>3, 1109; 1165 et s.; tous ces verbes
ont à peu près le même sens, voir les dictionnaires et ici shvs.
L'arche V. Cher le fait venir du persan àJ^i ^^ (>~^.=*, pus!
I es-Sikkît Tahdîb p. 499. I Sîdah XIV p. 235, 9 d'en bas :
jùL^L oJlij Sot 1=>\*, jl^. ^JJ! jLi>. Naqâid Gl. sv. j*i>, i, to
become putride. — Pourrait-on identifier ce thème avec j.L=>,
u, être insalubre (sol), et \:>^\ ^L=> = q-^:-=t'3 v^» Nawâdir
d'Abu Zeyd p. 132? Voir sub ^\.=> ici. - Ramasser qc. et
') Accouplement des V
r^ et r^'
640'
le jeter, 1165, 1166, expliqué par cette phrase hadraraite:
'i^{jSl\ Ajtj ^jr*.^.*i i3^ o^' yA.-;_jCj, o?i 6a/aze d' abord la
maison et l'on ramasse ensuite les balayures (qu'on rejette),
1166. — Prendre avec toute la main ou avec l^ deux maitis
jointes. LjJoo; l_aa£ ÎiA^3 BAxijjl J, *:è:. .Laj<J! J(^. j,y., lorsqu'H
7nange la 'pitance (vhv.), il prend avec toute la main, et cela
est chez nous une honte, Dt.; même phrase chez RO p. 289, 10.
Dans. le Nord, même sens, comme chez Socin Diw. I N° 29
A V. 27 et note ad 1. Cf. Lane sub j»j;^J et p3-!. De là,
dans le Nord, embrasser, Socin Diw. Gl. sv., ce qui, à l'est
de Dt., se dit f;>ovhv. — Balayer, RD Gl. sv., = p, u, v. sub
j,yii:> p. 476, Boh. I p. 95 (J^^v.s«.'.! ^^iS v_jL.). En Mésopotamie,
probieren, essayer, tâter, Meissner NAGI p. 121, ce qui est
le syrien {j^pi'i ^à> et J.*.=>^] ^, sonder le terrain = ^^.m^. —
Tâter le poids à qn. Hdr. Gl. sv. et voir ce qui suit sub ^i'.
Cf. aussi l'équivalent sémantique ^c^» sentir, et s'informer de
qc. = ^jJ:jji>^\ et ici sub >».=>, .^, ^.jL» et isL«^i>.
(*.♦=>, croire, penser, réfléchir, nachdenken, Syrie, oîi aussi
J-3", et Mésopotamie, Meissner o. I. p. 121; aussi dans tout
les Maghrib, KMG p. 14 et Marçais RMTA p.. 428; Stumme
TGr. p. 164, qui, avec Dozy S. sv., l'identifie à ^^=>, que
déjà I Doreyd LA XVI p. 299, considérait comme jJ^ et
que Abu Hâtim faisait venir du persan 'lj'l.*^., ce qui reste
à prouver. Cf. le hadr. ^^, Hdr. p. 836, et ^^jj^ chez Socin
Diw. Gl. sv. Le nordarab. ^i^- provient-il du sudarab. («-;>,
avec le permutation si commune de n et m?
pL=>> j.L=>, mauvais; méchant, Iciche, gredin,<.qui sent mau-
vais, gâté, 170,8; 1109; 1180,12; 1165,3 d'en bas. C'est
en Dt. le mot le plus courant pour mauvais en général; ma
Festgabe Gl. sv. ^i.=> JL>., un homme mauvais, méchant,
Iccche. Cf sub *L>, i.
641
iûî>, mauvaise odeur, Hdr. p. 384, 1 et p. 406 n. 2. Cf. sj.=> vhv.
j.'i_*=>, balayures = }C-<L*.?-. Naqâid I p. 180, 13; cf. iLoL^-ï.
Sh. hammét, 6ato2, B. sh. I p. 37, mais ib. p. 41, mieux
e n h â m m e t , balai, = cl. lU^ = iUiw .
Il me paraît indécis si ^3- à l'origine signifie sentir mau-
vais ou seulement se7itir en général. Dans le premier cas,
on comprend mal que *i> ait pu signifier dans la lurah
louer qn., LA XV p. 80, et ^i- Jo-^ ;= ^ Jc*-x , ib. p. 81, 5,
comme nous disons de quelqu'un qu'il est en bonne ou mau-
vaise odeur. Mais ^^) .^i>4s> est au contraire mauvaise odeur,
mauvaise réputation de l'homme vhv. Cf. ^%*i>, j*=» et -Li*i> vhvs.
,is*>, i, troubler, 639, 6, = éthiop. h a ma g a, troubler, ob-
scurcir. — ..i^i», a, devenir ou être trouble = p>. — Sentir
mauvais, 1109. ij^^kMi âu^Lc "bJ j*-<3jj! ^n«js:., la viande se?it (sen-
tira) mauvais si tic la couvres avec ou dans le basquet Dt. =
j»^. et ^ îjj j comme dans L A III p. 86 : jjb ^jpo]j$>^ ^,j^\ ,s^ ;
I Sîdah XI p. 207, 12. Mes Datînois me donnaient très souvent
les mêmes définitions que dans les dictionnaires de la lurah,
absolument comme les Bédouins du Nord, ma Festgabe p. 52
et s. Nous avons vu plus haut que jw^^^. ^^ est un homme
loué, en bonne odeur, et que J^^î ..i^=> est tout le contraire.
,^s*> est un développement de V~^=>; v. aussi y*.=>.
.iN*=>, troubler, Hdr. Gl. sv.; intens. de ^;s.*i>.
.A^:>\, se troubler et se laisser troubler Hdr. Gl. sv.
^a\J>, qui sent mauvais, = ^\.=>. Chez les Béd. du Sud, c'est
- 5
la -petite vérole = ^j->^-
41
642
a, êti'e cuit à point; être mûr, 595 = ^s^. Cf. lXJ-j>.
iA_-i-=>, u, le feu cesse de flamber: .LlJ! o^"'«« 595, comme I
Sîdah XI p. 38, 2.
O^.^, cîiire, 595 = J^Avo des Bédouins du Yéman vhv., mais
les hadar y disent iAli>, comme aussi les Murrah et les Krab.
L\/flLi», cuit à point; mûr, 595.
,\j^ = ôs.Ai> ib.; contr. de ^^j ^^ vhv.
On pourrait comparer l'assyr. h è me tu, beurre cuit, Zim-
mern dans KAT^ p. 526 n. 4, id. Akk. FW p. 38, qui
doit venir de V~,J> élargie et non de ^J^, N'-n, et l'obser-
vation de Buhl, Ges.-Buhl p. 235, me paraît justifiée. On
faisait, et l'on fait encore, toujours cuire le beurre en Orient.
Hêmetu ne peut signifier en même temps lait caillé ^^^T)
et beurre.
^=>, i, u, couvrir, 762, >^, 763 LA V p. 341 2. Cf. J^=>
= oU=> p. 649. — Naqâid Gl. sv.
^ a deux significations bien distinctes: 1° devenir mou et
2° sentir bon, 1109, I Sîdah XI p. 205 et p. 208, traité
Hdr. Gl. sv. — Etre mouillé. ^\1\ ^y, oj43- ^Lo, mes habits
sont mouillés par la pluie. Il se dit aussi de la pâte qui
se lève, jt^. (j>.:^\*Jî. Buhl, Ges.-Buhl sv., a donc raison de com-
parer "i^n I avec ^i>, refuté par Torrey OS I p. 217 n., seu-
lement Buhl aurait dû dire y*-^, faire fermenter ou lever,
gàhren lassen, au lieu de gàhren, mais il ne connaissait pas
la forme dialectale y*s>, a. Le sens de sentir bon ne figure
pas dans les dictionnaires, et la plupart des sens y donnés
se rapportent à ^> < j4.-c, 763. Mais l'on y trouve ^i-^'.,
643
avoir une bonne odeur de yf^.^ et w^^iai! ^=>1, le parfum a
ime bonne odeur, de même que y.=>, > y^, et '^j^=>, bonne
odeur, I Sîdah XI p. 205 en bas et p. 208, 2; LA V p. 340;
Abu Hilâl el-'Askarî M S OS XVIII, ii p. 12 où = i^L vhv.-
Dans le Hoéarîeh, ^i», i, est faire un don, ce qui est aussi
sabéen, Sab. Denkm. p. 13 et LA V p. 343, 12. = J^é o\Xy^\.
Est-ce que Jhi», "içn vin, ne pourrait se rapporter au sens
ci-dessus de sentir bon, avoir du bouquet? Cf. LA V p. 339, 8
d'en bas et p. 843, 2. S. Fraenkel F W p. 161 ne lui trouve
pas d'étymologie en arabe, et ^-*->, i?^n, fermenter, ne lui
suffit pas. D'après Naswân o. 1. p. 34 les Himyar appelaient
le raisin ^♦=>, au lieu de l-^^ LA V p. 339.
-♦.=», mouiller. »-,♦-:>' '^}^h "^' ^^^L-^' o-. f>^ Le, c'est que
lorsque tu sors du bateau, tes habits sont tout mouillés, Hçlr.
^Ll! 3, r-*-=>, laisser tremper dans Veau, est chez les potiers
de Syrie le terme technique pour mettre les morceaux d'un
vase cassé non encore cuit dans l'eau pour ramolhr la pâte
afin de la rempoter. Cf. nçh, argile, qui ne peut venir de
'\t2r\ II, se rapportant à la couleur, comme le pense Ges.-Buhl
sv. - Chez Snouck ZA 26 p. 230, 5 on lit: uyësill malâ
yeddoh tîn mon hâda 11 mehammar bil-mâ'' hagg
ed -daman, et il prit de la terre pleiîi la main de celle qui
avait été trempée dans Veau du fumier. L'auteur traduit
r-4~^ par vermischt, ce qui n'est pas tout à fait exact. —
Faire lever la pâte, 625, 13 d'en bas.
_^L=>", ressentir, avoir un sentiment caché dans son for inté-
rieur, Nord. w^iL o'i'y ^\ L^j^^ c^^-y^ ^_>^3' l5^^L=> iw^j<^t
(1 ii^J! ^, la femme fut envahie de peur; elle écrivit à son
') Sur ^=>, voir ma LB'A Gl. sv.; Diw. Qays b. el-IJatîm N° 2 v. 9.
644
mari: Barakât m'a demandé une turpitude, récit du Haurân.
Ce sens est inconnu dans le Sud, mais il est aussi classique
et doit être une variation de j-*-^'-, voir el-Fâhir éd. Storey
N°^ 153; 249 et 376.
yt^', e7re trempé par Veau ou la pluie = v*-^-J') Dt., comme
aussi en 'Oman, RO p. 168, où aussi = ,si^', RO p. 262 n. 1.
^5>, qui sent boti. by.> ici'usv^iî, femme parfumée, RO p. 11,
14 d'en bas. Dans le K. ralat ed-du'afâ' d'Ibn Barri, éd.
Torrey OS I p. 217: ^\ '^y^l aUJL. ^^^. ^ ^<^ o^-^^
a^^uS »^]yo*) Lp^ ^yLJS ^1; c'est douc tout le contraire de
sentir bon.
y«L>, gui sent bon, odoriférant. Stace p. 158 sub small.
o - o
y*à>, vin de raisin, 1353, v. p. 643. — y^=>, haine sourde =
^, 763. — (_Jj1\ J^=>, cohue, =^Ui, 763.
QL-*-i>, qui a mal à la tête après avoir trop bu. Aussi en
Syrie = Eg. ^y^, Bâsim p. 53,15.
r^=>, pain fermenté, Snouck OS I p. 99.
- û - w 3
r»-i^-«, l'endroit plus bas que le qL5'o, où le potier met la
pâte ou l'argile à préparer, 354, 1 et 3 d'en bas. — En Syrie,
y*^^ est une écuelle en bois, U7i bol, iin ustefisile de cuisine;
Socin Gl. sv.; Musil o. I. p. 128,2 d'en bas; ib. p. 138,5
d'en bas.
u«.sL>, donner la maiyi pour saluer, pr. donner les cinq doigts,
785, = Syrie ^j^ii»; dénominatifs. — ,j>^\3- expliqué 636, 637.
o -
,j^4à>, cinq mesui'es de poudre, 658; plomb du calibre cinq;
pi. {j^y^'=>; u^y-^ o't-ï-^j ^^s balles n° 5, 1652. Le pluriel
,jXt.à>\ n'est pas précisément mains, comme le traduit Stumme
6t5
(j^L*.i=-"i' i_jj._Ai:_î'^, TTBL V. 474,. mais les cinq doigts de
chaque main; cf. (j.^^Li>.
Dans l'Arabie du Sud, les ;j*«.-*-.i^î ^-S>\ jouent un grand
rôle dans la guerre, et je crois en devoir ici relever l'impor-
tance. G laser, Die Abessinier, traduit ^ ,♦, g at^oî^ _^_j_Aw_4-i>! de
l'inscription de Riyâm, p. 68, 7 par Kriegs {sôld7ier)heere,
p. 69, 14 et p. 77 s.; et p. 78 il prétend que les q^jv^^ et
o ?
les j.îc\i»! sont appelés ,j/..*^t ^s^\ chez toutes les tribus de
l'Arabie Méridionale. Déjà dans son article sur le Kasten-
gliederung im Jeman, Ausland 16 Mars 1885 p. 205, il avait
identifié les j.!l)c_=>î aux Banu el-hums, qu'il traduit par
„FûnfteUdnder", ,œ qui à la rigueur peut s'accepter, mais
qu'il faut aussi expliquer. Aucun arabe ne dit Banu, pas
plus que les anciens en parlant; même les Sabéens dans
leurs inscriptions ont plus souvent ^ que_^Àj. L'assertion
de Glaser est erronée. D'abord parce que les ahdâm, qui
sont la spécialité du Yéman et dont le nom est bien moins
connu hors de là, ne sont pas la même chose que les gîrân.
Les ahdâm sont bien des gîrân, mais les gîrân ne sont
pas des ahdâm. Et puis parce que ahl el-hums est mal
défini. Ceux-ci ne peuvent nullement être compris dans la
catégorie des ahdâm, qui sont de vrais parias. Mais je
pourrais être de l'avis de Glaser lorsqu'il dit, Ausland 1885
p. 205, que les ahdâm sont peut-être les descendants des
Abyssins restés dans le pays envahi. En tout cas, nous
avons ici affaire à un élément étranger à la population
actuelle, mais on pourra aussi y voir les descendants d'un
élément kûsite, qui aurait donné à une partie du Yéman
le nom de Kùâ, voir Index sv. p. 1860. Les gazzar, les
haddâd, les naggâr accompagnent la tribu à la guerre
et portent, de même que les femmes des qabâ'il, l'eau, les
munitions de guerre et les vivres: ce sont les ravitailleurs
des soldats. Ces hommes ne tuent pas et ne sont pas tués:
646
J.JJLJ *% J-iiJij L«, me dit un awlaqite. Ils doivent aussi
enlever et enterrer les morts. Ce sont les clients de la tribu,
^^, pi. iCrL.^ vhv., ou jL^. vhv. On leur donne la cinquième
partie du butin qu'on fait: ^^ ^ ^^ y-...*.::^j! p^ ,^^ |^L.2^. ^^.
Dans le pays de Murâd et en Harîb, ces gens ont vérita-
blement le nom de ^w^^^rcj» jj>!, et le pluriel en est (_wyi>î.
o
Les Murâd les appellent aussi oi-t^'A-i;, vhv. Ce sont des
savetiers, des tanneurs, etc., des hommes de métier, en un
mot. Ces renseignements m'ont été fournis par le Serîf
d'el-Haqbah, Arabica V p. 70, lorsqu'il vint me voir à Aden.
Les ,j*-.*i>tde l'inscription 1359/60 de Glaser sont par lui, cl.
p. 79, identifiés aux L,w^i»! actuels. Hartmann n'accepte pas
cela, Die Arab. Frage p. 448, et il veut que les (j*^=*' ^^^
inscriptions fussent des guerriers de métier, nous dirions
l'armée régulière, parce qu'ils sont nommés avant les u,oti;i.
La situation a pu changer, mais je ne vois pas pourquoi les
anciens J^=>J ne pouvaient tirer leur nom du fait de tou-
cher un cinquième du butin lors même que cette appellation
désignerait „un groupe de guerriers", Hartmann ib. p. 448, 2.
Voir Mordtmann und D. H. Muller, Sab. Denkm. p. 24; D. H.
Mûller, Epigr. Denkm. p. 37,11; Ges.-Buhl sv. ^DH et les
auteurs y cités. Meyer Lambert, J. As. Mars-Avril 1908 p.
320, 9 d'en bas et p. 324 en bas, à propos de Hommel Chrestom.
p. 44,4: jj.Av.^~> _^jjl:)3. Rûbah éd. Ahlwardt p. 67 v. 39 =
Arâgîz el-'Arab p. 136, dit:
Am Schlaclitentag erfuhren es die „Fiinfer":
Der Athem zappelte in iJirem. Brustkorh.
Selon la traduction un peu libre d' Ahlwardt. Le Arâgîz,
rédigé par le savant cheykh es-Sinqîtî, porte c^iy^^j avec le
commentaire: J^uail y^Ui.'^îj u^^ u*v^^- On hra également
647
LA VII p. 372, 12 et ss. De tout ceci, on ne saurait avec
précision déduire si le nom du ij^-^yts> = i^ci-^:^ vient de la
cinquième partie du butin, *jLoLli sjï ^^4.^' aSi)^ LA VII p. 372, 7
d'en bas, ou bien parce que le gôs était divisé en cinq par-
ties. L'explication d'el-Muhkam, LA VII p. 372, 10 d'en bas,
est contradictoire. Glaser, Abess. p. 81, dit que le mot aljmàs
s'est longtemps conservé en arabe dans le sens de guerriers^
troupe^ armée. Je ne connais pas cela, malgré mes recherches
faites à ce propos, mais ;j^a-^-*-> s'est conservé, p. e. chez
Hansa et Aus et dans les Mofadd.; voir Dozy S. sv. ^j^^^..
(_5^'w_<.-=>, balle du fusil, calibre 5, 112,7; 1501. Socin Diw.
Gl. sv.
KAvwôLè*, poignée de main, Béd. Nord.
^y^, fusil calibre 5, 104, 20; RO p. 423 N° XV. - Poudre
■pour le calibre ô, 115,22; 123,9; 1608,2 d'en bas, = ij^.^*^^,
1606 d.l.; RO p. 423 N° XV.
,ji^=>, i, u, faire ime égratignure, 359 n. 2. Labîd N° XXI v. 4 :
Lp.3 UUi-'" ^. Cf. yi^-^i> vhv. RO § 194: kratzen. Naqiiid Gl.
sv. Avec la métathèse ;.-.^, RO p. 410 N° 143. — Prendre
plein la main, empoigner, voir sub lAJb p. 196, 16, Dt. et
Béd. Nord; aussi en ''Oman. Cf. j:i.ï vhv.
;ji;-«-i>, frapper. .a>^j i^j;^>, je lui ai allongé un coup de
lance, Béd. Syrie.
[jC^', saisir, empoigner, gripper. ^AxxiiJ! ^joo ^J^ aJ^Jî e>làji.
jj^! AoL/« Jjj.Ai ^xi.4.:s^■ (^lXxxîïS! *-*J^ p, l& jeune homme se
sauva des côtés de la sentinelle. Celle-ci se lança à sa pour-
suite, le grippa, mais el-H. s'esquiva, ma LB^A p. 2, 5.
^♦>j égratignure, 359 n. 2; cf. ^^=>, vhv. - Poignée, Hand-
648
voll, RO p. 289,11; Rossler MSOS I p. 62, 2 d'en bas; pi,
Ui^, RO p. 72,9.
(ja*i>, secouer et particnlièreraent secoue?- l'outre pour faire
le beurre, Dt., 792; Hdr. Gl. sv. Cf. (j^s>, :j£^=>, u, et d:^.
Il n'est pas nécessaire . que ce soit une métathèse de u^s-:^,
vhs'., car les deux verbes sont un accouplement de (j^i> et
if^A, vhvs.
y
\n4.=>, i, rôtir^ 595, 596; 599 d. 1. Aussi au figuré: v/-^' "^
é^Luj^' \j ,Uiî ^J^, ne t'approche pas du feu, il va te rôtir,
te brûler, Dt., RO p. 148,8. — h. ». =>, a, avoir une odeur
particulière (vin et lait); I Sîdah XI p. 207, 5 et 7, mauvaise
odeur, mais ib. p. 205, 3 d'en bas id!*5>, bomie odeur. Cf. j»=>, —
S'échauffer, se mettre en colère; LA IX p. 168, = iiii:^' vhv.
En babyl. Ijamâtu, brûler, Del. WB sv., flamber avec éclata
luire, Weidner Babyl. Astronomie p. 88; ZA 31, p. 82.
Ja*jèr", s'emporter de colère, 596; au figuré. Cf. le syr. lan^'
575 = le libanais h ♦ -^", se /"âc/zer, < syriaque ethammat,
Feghali, Emprunts pp. 37 et 78. — Ahlwardt Rûbah p. CX
traduit ia-*-^' par Brùllen, et Naqâid Gl. sv., to be proud,
flerce > to become formidable.
J=uXi'\, se brûler. ia^x^J L^ Js> _j.P o^i v/*^" "^j ^^ ^oîs
pas le bouillon qui est trop chaud, car tu vas te brûler Dt.
li.a^ w^Jr^t Q^ cj-^" "^j *'^ t'approche pas du feu, tu vas
te brûler, Dt. RO p. 20, 18.
e.^, rosser^ expliqué par L^xj ^^?V, Ig battre avec un bâton,
Dt.; cf. tÀi> vhv. Socin Diw. Gl. sv. donne trébucher. En 'Oman,
649
c'est boiter, clocher, RO p. 221, 14; ib. p. 63, 18: ^-^>', clochant.
Aussi dans la lurah, Nôldeke Funf Mo'all. II p. 48. où de
nombreux renvois. Probablement parent de ^i>, disloquer^
luxer, qui a donné le syrien ^=>, même sens, M. elM. sv.
^i> et 5-«-=>, Dozy S. sv. Le "omànais «-i->, ne pouvoir
marcher, RO p. 63, 15 est véritablement avoir le pied luxé.
Y. Arabica V Gl. sv. Sur le mets iLx.^>, v. Jaussen Cou-
tumes 64 n. 2.
-oc o
î, imbécile, pr. qui a la tète disloquée, pi. ,mLx*>, Arabica
V p. 137 n. = ^*i>l vhv.
V oU> 762; cf. ^4.>, |i.c, A+c, ^, (j^l^c, oi^i, etc. K j*.i-
vju3», cowmr, = j__<-Jo vliv.; mettre un voile sur la figure,
27,20; 194 n. 5; 761.
ouii% se couvrir, = ^^J^'; s'envelopper de, ^, = JyF vhv.
xj ou^xj^ oLj^tj iLiL-w Jl£ j.L-^, no?/s couchons sur une
natte et nous nous couvrons avec la couverture (en poil de
mouton), 20, 12, 20; 761.
oU=>, ce avec quoi on couvre; voile, = .U.=>, v. p. 642.
vJUi=^, ce avec quoi on couvre; voile 761.
j^Li> (se. ^lÀJ!), personne obscure, < J-oL=>, 1760.
Jw<Li> (se. ^ÀJî), j5(?rso?'me obsC2ire, = i^L=>, vhv., 1760; I
Sîdah XIII p. 283.
Les Bédouins d'el-Hogarîeh appellent la iCay, marmite, vhv.,
màhmo, pi. ^^^1^, oii l'on fait cuire la viande, ^^\ Î^A-fi?.
650
io^. C'est une forme sabéenne, connue aussi en éthiop. et
en amariùa, où la dernière radicale w est traité comme con-
sonne. Ces formes ne sont pas rares dans les dialectes
bédouins de ces contrées. Su'ùb mà'do, ou ma'du ou
ma^daw, est un vallon de W. Yesbom. Voir ^\4.=>, vhv.
^^=>, i, parler ou pleurer d'une voix yiasillarde; sangloter = ^£,
763. ROp. 182/3. LA XVI p. 300 dit: o^î j-^^v^ J^:^ ^LxJt ooy
)LXs.. — Nasiller. Socin Diw. Gl. sv.. Onomatopée. Cf. q^>,
même sens, et qL^, morting, épith. d'un cochon, Naqàid Gl.
sv. — Rendre un son fêlé, Hçlr. p. 61. — Sentir fort; en Dt.,
c'est moins que j».=>, vhv., 1109;Hdr. p. 383 et n. 2; cf. ^, ^=>,
;,NJj, !*.>, vhvs., et ]^n,2mer, ZA XXX p. 94. Ges.-Bulil sv. —
Avoir la morve, (chameau) Dt.; cf. le cl. v^.^^, même sens.
^^xi-î, se7itir fort, 1109. D'autres formes verbales, v. Hdr. Gl. sv.
^=>, pi. Qy^, cale du bateau; Hdr. p. 61; LA XVI p. 301,
12: iCi^LàJ! iL>L_^^i J^-^^L Aussi mehri, SAE III p. 197.
C'est le babyl. hinnu, Del. HWB p. 284; Muss-Arnolt p.
325; Zimmern Akk. FW p. 45. Le nom vient-il de la mau-
vaise odeur de la sentine ou bien de la résonnance dans la
cale vide? Cf. OLZ 1915 N° 10 p. 297 en bas.
iCJ.i>, odeur forte, Hdr. p. 383 n. 2 et p. 406 n.
K-jL=>, voix nasillarde; sanglotement = '»^-Là, 763. LA XVI
p. 300, 10 d'en bas.
'iLx=>, fichu que les femmes mettent sur la tête, Aden, =
.oV^ ailleurs, vhv. Stace p. 181 sv. veil. ^yS.=> dénominat.,
mettre la h u n n a h. Cf. le class. ^:.j=' pyi^' &-^ et ^ÎJJ! Ja*^,
651
et iL-LàJî et fy^^i LA XVI p. 301. On pourrait comparer
*J-ï vhv.
^Aj.i>, qui sent fort; Stace p. 158, good smdl;=^ A-i- vhv.
■w*^>, on Atrique voler ^ inconnu en Arabie. v^L^, voleurs,
82,5 = Dt SjJ^i^, 1243; Stumme MGT p. 265 dit que
c'est le pi. de v-AJLi», je crois plutôt de v^j^, cf. sub vj*^-
Sur les class. wul5>, v^s» et ^^i-!, voir I Sîdah XIV p. 235.
J'ai comparé 1243 v^=> avec 3iJ, voler, comme le fait aussi
Stumme MGT p. 296. Buhl HWB'* n'a pas v^->Li>, mais
i_^_^. Je crois à présent que cette comparaison cloche un
peu. Dans les éditions suivantes du HWB de Gesenius,
Buhl identifie 3iJ à v^->^<-j '^nettre de coté, et je crois avec
raison. H. Môller, Sem. u. Indogerm. § 17 en bas et § 178,
établit la même identité radicale. L'équation serait donc 2iJ
et wo^j ganab, > v*^) selon de nombreuses analogies, v.
ici sub „, par l'intermédiaire du g, qui, dans certains dialectes
de la Péninsule, p. e. Hdr., représente aussi la prononciation du
o, et finalement w*->c>; voyez pour les exemples de o>-;.
au début de cette lettre et de la lettre o. Ce n'est que
par cette série de permutation consonantique qu'on peut
comparer DIiJ et iw^.ii>. On pourrait aussi penser à ^in, être
impie, et l'on trouvera la même transition sémasiologique
dans vjjL vhv.
viA^ci», u, et v3.Ài> sont dans le Sud faire l'amour, mais seu-
lement de la façon naturelle, 937 n. 2, ma Festgabe Gl. sv.
Le CGïtus rectalis est appelé -b!jJ comme dans la lurah. C'est
un Ju-Jt-s régulier de réciprocité, à l'instar de tous les infini-
652
tifs énumérés 1396 s. Dans l'antiquité arabe, ce verbe avait
plutôt le sens obscène, 937, 938 et ss.
KÙ^JJ^', être efféminé, ma Festgabe p. 51, avec le dénominatif
(Jj; ,i>-L:^^", se foutre de qn., ib. p. 50; Hdr. p. 511 n,
vj^=>, pédérastie, 930, 5. Ce sens ressort de la variante ;xkSI
930 n. 2. Je l'ai traduit par sadisme, mais Stumme GGA
1909 >^° 11 me renseigne que le sadisme est autre chose.
^^x=>\, élatif de ^i^ii-, 938 en bas.
kS>J<^, cytiède, expliqué 937, 938; 948,2 d'en bas. Ce vice,
dont j'ai parlé Hdr. p. 327 n. 3 et p. 328, cf. M SOS VI
p. 114 N° 7, paraît ne pas avoir été considéré comme hon-
teux dans l'antiquité babylonienne, 952. Les Hiérodules enâti,
952, du dieu Sin ne devaient pas faire d'enfants, mais, en
revanche, et pour que le prêtre pût en avoir la jouissance,
il était permis à ces Hiérodules d'offrir leur derrière à cet
effet'); c'est là le mariage hiérodulique. Avec un tel exemple
religieux, le profanum vidgus n'a pas dû reculer devant une
telle turpitude, encore si pratiquée par les Turcs, les Maro-
cains et les Chinois, Hdr. p. 328. Cette lascivité de moeurs
semble du reste avoir été goûtée chez les Arabes, sans cela
elle n'aurait pas été frappée de h a d d dans le Fiqh. Le
i$>^j> J. 'S.IA^ ^Jbj n'était pas non plus insolite, voir Juyn-
boll, Handbuch p. 303 n. 2, ZDMG 73 p. 127; Bauer, Ehe
p. 80 et p. 91. Les B. Fazârah avaient la renommée de
s'attaquer même aux bêtes, témoin ce vers:
.L^wLj U^Jii'S^ iiLo^JLï (J.C \^ oj-L> Li.îii (V*-*Lj" "^
Diw. ^Âmir b. et-Tofeyl p. 124, Hamâsah p. 193, 4 et ss.,
LA II p. 195,10, avec la variante é^x.i.
1) Koschaker, Rechtsvergleicliende Studien ziir Gesetzgebung Ilam-
murapis, Leipzig 1917 pp. 226, 231 et 233.
653
^^à:>, coiffer la tête de la fiancée et la parer ^ 1549 n. 2.
^j.5:ui>, poignard, 978 en bas. RO § 81, i. Hartmann ZDMG
51 p. 193 en bas. Cher, el-Alfâz el-fârisîeh p. 57, veut que
ce soit originairement un mot persan, composé de (^^3- et .li';
il se trouve en turc, en syriaque, en kourdi et en arménien.
ays^^Ls^, femme qui coiffe et pare la fiancée, 1549.
oA->J-^', rigoler, plaisanter, 76,11; ^, rigoler avec qn.,
1185; J^, se moquer de qn., 1185.
^jjJ^-^L-i», fosse, tranchée. I Sîdah X p. 106, 10 d'en bas, :=
^yXià> et, avec transposition des deux premières radicales,
o^tXj^ en dofârî, RD Gl. sv. Cf. ici sub 3d>, Malgré l'asser-
tion des Arabes, I Sîdah X p. 106, (aawâlîqî, Mo^'arrab p. 59,
Hafâgî, Ôifâ p. 87 et de Cher o. 1. p. 57, je ne suis pas bien
persuadé que ce mot vienne du persan 5JJ.5' = ^^^, creusé,
car la racine arabe J?.ki> et le mot presque synonyme vJiiLi>,
I Sîdah X p. 75, 5, = L A XI p. 381, 9, pourront aussi entrer
en ligne de compte. Voir à présent Siddiqï, Pers. Fremdw. p. 73.
y.=>, a, sentir mauvais Dt. 1109; RO p. 252, 13 d'en bas. Elar-
gissement de l/"~|^ vhv. Métathèses: ^^j>, ;^j et niî vhvs. I
es-Sikkît, Tahdîbp. 497: »^.j ^j !o! jX=>*, ^:s\W\ ^y=> JULj.
Gazîrah p. 108, 2: ;>c>:. J iCJ-w Q«,i^' ^^Jlc ^] !y Js^. ^^^oL
yjtJo ^3. I Sîdah VIII p. 74 au chapitre .j;LLài dit: :*j^p*.A^
^;LL=>-" 0*^31! (j^aJUJ* :LX_A-fc£: _yJ\ . JjjLii Jw«j JjtJ )i-^^ iAJJ^.
654
LA V p. 345 en haut, de même. Class., jj-==-, vhv., est
guigner de l'oeil^ avoir les yeux petits et louchants, >, avec
l'infixé n, jj-^^^, même sens, LA V p. 344 en bas. De là
on dérive le nom du cochon. j;-=> est encore en Afrique
regarder fixement, vhv. et cf. sub j-^^->. Cette étymologie
est assez souriante. Mais le class. ,;--;3- est dénominatif de
^_yd> et contaminé par yk=>^ class. et dialectal. Ce nom est
en hébr. et en aram. un J-où: tth., iirn, etc., Ges.-Buhl sv.
et en aram. aussi huzzîrâ, mais en arabe, éthiop. et akkad.,
un J^, avec dissimilation de y. y^.y-=>-, àilHC^ humsîru,
cochon, verrat, qui est aussi un nom propre en hébr., en
arabe et en akkadien. Zimmern Akk. FW p. 50 n'ose cepen-
dant pas décider si le mot akk. est d'une parenté primor-
diale ou d'emprunt. J'en suis pour la première alternative.
D'après moi, la vraie forme primaire en arabe serait *j>j=',
û
comme l'aram. huzzîrâ >^^j_;-i> par contamination avec
;J-=>, puer. Probablement, il y a dans cette forme la fusion
des deux verbes ,:_=> et j-^^-^, où ^j_=> serait pourtant pri-
maire, eu égard aux formes hébréo-araméennes. yi,y^ serait
donc la hête clignante et pua?ite. Il faudrait cependant savoir
si l'akk. humsîru est aussi un Joôé, > J-Jé, dissimilé et
la signification du verbe akkad. h s r = h z r. Le petit du cochon
s'appelle en arabe i^_y>=>, p. 653 d.L, prononcé probablement
h i n n ô s = (joLL> < ijAJ3> , comme j»j-^-^ = jy^^-^ = J^"^
(ô < â), hyène, L A sv., ce qui pourrait bien être un déve-
loppement de ^j-^, puer; cf. ici p. 650, 10. En vieil égypt.
hus est puer, Holma ZA 32 p. 42. Ruzicka considère ^ji=»
comme une dissimilation de *jf>, forme postulée, ainsi qu'il
655
le fait trop souvent. Lammens I. As. Sept. — Oct. 1915 p. 277..
Fraenkel FW p. 110. Vollers ZDMG 49 pp. 493 et 498.
Les Arabes, dans la période préislamique, n'éprouvèrent
aucune répugnance marquée pour le porc, comme le dit fort
justement Lammens J. As. Sept. —Oct. 1915 p. 277. Le Pro-
phète a cru devoir interdire aux fidèles la chaire de porc
pour contrecarrer les Chrétiens qui en étaient friands.
Le 5 Mars 1885 j'ai fait une chasse aux sangliers dans
les jongles du Jourdain. Les ^Adwân y étaient venus en
grand nombre avec leur chef, depuis longtemps mon ami.
Avec l'aide de ces Bédouins, nous avons tué en une heure
de temps neuf sangliers, non sans dangers pour nous, car
les '^Adwân, échauffés par cette chasse insolite, maniaient
leurs lances sans égard pour personne. Voyant le butin rangé
devant nous par terre, je priai les assistants de couper la
gorge à une des bêtes en prononçant la formule canonique.
Mais personne ne bougeait. On me dit: „N'y touche pas parce
qu'il y a des dûd, des vers". Je pensai alors aux trichines
et je laissai les sangliers là. Le lendemain, les Juifs les ven-
daient à Jérusalem! Les Bédouins savaient donc que la
chaire de porc contient souvent des trichines. Cela peut aussi
expliquer la prohibition de Mohammed, car la connaissance
des Bédouins ne provient pas de la découverte des savants
européens des trichines.
y-v^_-Lx.i.!, he slipped of (as rope), glisser, Stace p. 158. Ce
thème, que je ne connais pas dans notre dialecte, se trouve
chez Stumme TTBL Gl. sv. u*LLi>t et = (j^Lli- = ujîl^ ,
qui s'enfuit toujours.
;j^A=>, Ficus Sycoiîwrus, très commun dans le Sud. Schwein-
furth, Verhandl. d. Gesellschaft f. Erdkunde zu Berlin 1889
N° 7 p. 9: „Chanes dans la montagne et burra dans les
pays bas", c'est à dire Tihamah ; = Egypte et Syrie :-^r*-^i
656
sycomore. Mais Arab. Pflanzennamen, Berlin 1902 p. 140,
il écrit, d'après Forskâl, ôbre, »jj!, de façon que burra doit
être incorrect pour bura, comme le durra des Européens,
même de certains orientalistes, est b.o, vjurah vhv.; mais
ib. p. 165 il donne burra". Sur ,^ww^=>, voir aussi Deflers
Voyage au Yemen p. 223; id. Esquisse de géographie bota-
nique, dans la Revue -d'Egypte I p. 410 oii = j»ii*«, comme
chez Schweinfurth, Pilanzennamen p. 140, d'après Forskâl.
Manzoni El Yemen p. 37 et p. 68.
^=>, empoigner au cou^ Dt., avec ace. ou v de l'objet. Cf.
^♦3- vhv. apparenté à oi^:>, propr. presser, serrer.
_ft.>L^', tire orgueilleux^ < ;-à-^' et la métathèse Ju^^xJ , ma
Festgabe p. 41 et s. Naswân, o. 1. p. 35 dit: J^i .^ ^z>
jusi\ y^ ^, et il ajoute: JjCdt J^^J (_,v.L^î Jyij t^îUo ^^»
/-*^ c_?^ S^ cr ^'^ ^^ ^^-^^ .àj^;i o^jî. Le roi rasoûlide
el-Melek el-Asraf (694-696) dans son Turfat el-Ashâb s'ex-
prime de même: w^ f-!^-=> 3*3 é^^ r*J^-J" Lf' f-^<^^ é^J S^.
Jlx=> o^LJî Qy-Hj ma Festgabe p. 41 en bas. Or, il y. a en
Algérie _»_iL3-, narine, et au Maroc et au Sénégal b.v-àJ-=>5
77iuseau '), mots qui n'existent pas dans le Sud de l'Arabie.
On serait tenté d'y voir l'étymologie du sobriquet du qeyl
yémanite et du verbe dénominatif: qui porte le museau ou
le nez en l'air, comme le fait l'orgueilleux, cf. l'allemand liocU-
nàsig. Car le i_,^_aJ doit bien avoir une étymologie aussi,
') Sur ce paradigme, voir pp. 584 et GOO.
657
comme tout mot. Cf. aussi ^.«jLj UuLâ> = -Jo = «jijL. ;;\^
LA X p. 446, et oLj-ï, gia" a le nez gros. Le village de
H an far, dans l'Abyan, appartient au sultan de Yâfl^
Le nom de Fir'awn, Qor. 2,46, a eu le même sort de
- o ^
former un verbe ,^^£_àJ, être insolent et tyrannique^ encore
usité en Egypte, où ^^)y^f' est synonyme de ^LL>, comme
chez Ya^qûbî I p. 31.
iwj^, houe, crotte^ à Aden, 1036 = Dt. ^y> vhv. ^ io^i!
^! l\>L£ Jo>^!, to /)'.. est la boue lorsqu'il pleut, Aden. Stace
p. 109 sv. rmid et p. 166 sv. stuck: iLvj?^i! J, ^> c>>.>^*i,
my foot stuck in the mud. LA sv., c'est Ja^ ^ ^jJ>\ ij^y>\
(jO^y.12-0 (jy:^.! (js-j et /«Mw. — v>^> boueux, crotté, Stace
p. 109 sv. 7nuddy. On pourra à cela comparer notre: il a,
l'air crotté ^= misérable et sale.
ù\J>, u, RO p. 346 n. 1 : immerzu in etioas gehen, marcher
au hasard, = c>w2j-=>, aller par ci, par là au hasard. La
seconde forme est seule usitée dans notre dialecte:
Oj3>, marcher len{eme7it; trottiner, 600; 1674. LA sv.. Cf.
L\-=>t\.=> et sa métathèse ^l\3>o, I Sîdah III p. 103, 6 d'en
o
bas, ^s:cX3> et cs^^ vhvs.
ôy^, mettre dans un vase, Ô\J>, 741.
oLi>, vase, 76, 9, pi. Q!Àxi> et oLp-, expliqué 741. — |*>Li: g.jJ>
«3L=> ^y^, il i'gorgea des moutons de son propre pécule 21 , S. —
oL> ^^ ou 3J> J.r: expliqué 741. Cf. aussi l'aram. n^^i p, at
42
658
his own expenses, Cook Aram. Gloss. p. 39, = <^1 ^_c3 ^y,^
cf. sub J.j3 p. 452. J'ignore l'étymologie de ce mot oL>. —
30^i=>, casque de fer^ 304 n. 3. = iUvLL vhv. Musil o. 1. p. 372.
En persan, o^ = ^.âjLx, Cher Alfâz sv. On observera pers.
<->> arabe o; v. Additions.
'>^ ■ . .
.L>, u, 717 en bas. — ;^ et .^i>, mugir ^ bêler, mais c'est
plutôt le son rauque qu'émet le mouton, ^c^vr^j lorsqu'on le
prend, 699 o. 1. et note. — Dans ce sens, c'est une onoma-
topée, V'j^' vhv. — Au flg., gronder, quereller qn., ^jls^,
Syrie et Dt. :^^ô J. ^^. ^iliijt de 1001 Nuits que Dozy S. sv.
traduit par baigner dans son sang et que Fleischer, Kl.
Schriften II p. 506 rend par ,^mugir, c'est à dire hurler de
douleur"" s'approche plus de la vérité: la vraie traduction
est: il rejiiflait ayant le sang au nez. Dozy a pensé à .^ér.
io«o ^i. — .ys>, ,«p>:., avoir envie de manger en général et
spécialement avoir des envies, femme enceinte ou un ma-
lade, Yéman.
y>, creuser le ventre; donner faim. — ^L^jJ! ^>^ ^k^\ ^j^^»
la marche toute le journée 7na creusé le ventre, Dt. rj^ .ys*
py^^, j'ai le ventre creux par la faim et en Syrie êti'e
affaibli par la faim; cf. (_=»■:>.
_- o £ o :> ^ ^
.^=>', avoir envie de manger. *-^vU .y^ \j\ , j'ai envie de manger
de la viande = ..à-st vhv. Ces sens de V ^y=> doivent être
en rapport avec la classique ,L3>, •u, = ^xad et en affinité
radicale avec V~~_^z>, vhs
.^, pi. ^î^-î»!, trou, grand ou petit, 410, 1 et n. 1, avec
l'observation de Meissner MSOS VII, n p. 9. — Terrain
encaissé; golfe, baie, crique; fosse, = ^^à, 763; 1024. — Port.
659
RO pp. 29, 11 d'en bas, et 163, 7 d'en bas, avec le pi.
^j!^=> ib. § 124; c'est plutôt haie comme en Hdr., et Vollers
ZDMG 49 p. 502 a raison. Un ^y> peut être un (jr^^*, port,
mais un (jr^yo n'est pas toujours un ,^>. Sachau, Am Eu-
phrate p. 70, le rend par tetnpordrer Landsee, ce qui est
une description. Carbou p. 207: ravin formé pa?' les pluies.
Voir aussi RD Gl. sv.; mehri haur = sh. h or, baie.
3.y>, nuque, prononcé hôra, 46, 24; 48, 20; 1024; pi. j^>,
Ma LA p. 43. C'est véritablement le creux de la nuque =
le cl. LâJiJt »yLj, de Koning Trois traités p. 14.
\y>, criard, gueulard. Musil o. 1. p. 302.
^ ol)^' ^^'^^^ ^ ^^ ventre creux; qui a envie de manger p. e.
la viande, = J o'^i^ ou J y^ vhvs. ; cf. J q^j> et J ^^.f> vhvs.
;L=>, u, enlever, wegnehmen chez RO p. 202, mais ib. p. 404
ÎSI° 76 il rend ma tljûz negâsto par sa saleté ne s'en
va pas. Cela me paraît douteux. Ib. p. 206, 1 1 : ,^ jy>
éJoy q£ Jy^J!, âte-toi du cheval afin qu'il ne te piétine pas,
où le dernier verbe est paraphrasé par ^/)^, mais cela est
donner un coup de sabot. Ib. 1. 13: xii-iJ! j,li. 'i^jd>, as-tu
(fém.) e7ilevé le bouchon de la bouteille? Ib. p. 275, 13: rra^af
meskûr h al àdmi hêtinno yhûz demm Ifâsid, le
saignement du nez est une chose dont l'horrime doit savoir
gré, parce qu'il éloigne le mauvais sang, mes Hadr. disaient
•>
ici ^uXJu <^tAJ_j, fait sortir, vhv. j^L^- est donc tr. et intr.
Inconnu en lidr. et Dt.
ijo^ 1664, 5 d'en bas, pi. de uoj.=>l ~ uo^=> folioles de pal-
660
mier Hdr. Gl. sv. RD Gl. sv., RO p. 402,5 et dans toute
l'Arabie. — ijoj.5> est chez certains Bédouins du Nord couteau
o —
(ji3Li>, u, secouer, agiter; baratter, 601; 792,5; 1096. Cf.
L>^, U^^^'^^=>, ^<^=>, lP^, lfLx, u, et o^^^, vhvs. Déve-
loppement de l'onomatopée (ji^i- vhv., ce qui explique la tran-
sition sémasiologique de lie passecl through the ivater walking
or riding. — Barboter dans l'eau, comme font les enfants.
(jviajUi ;f.-A ijryè::. q"^ , un tel entre dans Veau avec ceux
qui y entrent^ RO p. 412 = er geld durch dick und dilnn.
Le tunisien et l'algérien ^joy^, agiter l'eau, barboter, mêler,
etc., n'est pas un élargissement de JaJLi>j comme le pense
Stumme Tun. Gr. Gl. sv., mais de ^jsyJ>, comme le sud-
arabique -b^-Li>, Arabica III p. 60, cité par Stumme 1.1.,
l'est de JÀà>. C'est chercher raidi à quatorze heures que de
dire, avec Stumme, que o^<-b est sous l'influence berbère.
^L>, a, 567, n. 3, est connu en Dt., mais peu employé, on y dit
plutôt ^P. et ^j5. Dans la Haute-Egypte, l'imparf. fait ^^., 1696.
t^Ui>t, être à craindre. oiiSî oU:^", les routes sont à vraind7'e,
sont dangereuses, à cause de l'insécurité, 171,9; voir p. 82. —
Craindre. iJ^A-y*Jt i^i- J, oLjci^Ji! ^^Lo Lj, toi, qui donnes la
sécurité à celui qui est en danger sur les routes, 556, 6.
oL:J=L>L>w! , craindre pour sa sécurité. La continuation de la
poésie Hdr. p. 606 et ici sv. y^^, est:
661
v_ftx^ L^iXjù" (j/.'ij> L ^c ^3 b "^-^-J ^-ot-^ (Aà-o Lo \Js>]*)
Je vais lui dire: La ville de "Âden n'a pas de pareille:
Elle domine la sécurité au craintif, même lorsqu'il y vient
craignant pour sa sécurité.
Il (le traître Moh. Sâleh, voir 1835 sv.) lui a fait une
barrière dont la porte est fermée,
On l'ouvrira aux approches de la récolte des dattes.
Quant à moi, je veux de toi une gratification évidente, toi
qui roides les Bâ Bas autour de ta main.
uiL=>, adverbe verbal, peut-être, 170, 14; 483 n. 2; 484,6 et
9 d'en bas; 567, 2 et 3 d'en bas et n. 3. Dans le mètre,
oL> peut" faire une syllabe longue, comme aussi J& vhv.,
+
640, n. 2; 1517; 1734,4 d'en bas, mais aussi ^\J>, 172,14.
Il peut aussi avoir un pronom pers. suffixe: Ijâfeni bâsî-
dehiî, peut-être la toucherai-je ! Hâfhom mâlibîninnak
"^àd, ils t'ont peut-être déjà tromp>é (wA.iLo < wJ' < >-».Ji£ < ^_Jic ,
voir sub J^L<Ji!). ]SS q«^<wj 5liL>, peut-être le nomment-ils
ainsi, en parlant d'un mot. Aussi suivi de %: hâf illa
yinéor, je crains qu'il ne parte, Dt. Snouck Feestbundel
de Goeje p. 31. RD Gl. sv., où il renvoie à D. H. Mûller
SAE VII p. 99,22 pour le shaurî, oiï B.us^i= peut-être. La
forme pleine oL=>! se trouve encore en Mésopotamie: v_îLi>t
Cl - w C
xjLw.s> ^à^_y^^ (*-^^ uT^'' ï'^sp^'^'^ venir chez vous, et tu me
montreras alors Ifasnah, Weissbach zum Irak-Arab. p. 22, 7
et n. 1 où l'auteur le rend par j'espère.
^jP> = ^Jup-, peur, 1658, 3.
') Prononcé ta'min, de q'*'-
662
^\J>, u, gcUer, abîmer, Hdr. p. 310. Probablement formation
secondaire de ^ vhv.
^^b:>î, se gâter, s'abîmer, Hdr. Gl. sv., cf. ,^yCi>î vhv.
KJ|^=>, trahison, 1689 n. 1.
(j.'r'^ i> mettre pied à terre, 1051, 3, 'Anazeh. Cf. ^'J et ^.
Wetzstein ZDMG XXII traduit oîji! J.^ [5^. p. 85,5 par
beim Essen sitzend, d'après la GO p. 145, et il ajoute que
ce verbe se dit de préférence d'un ^j_c qui est en marche.
C'est qu'on met alors pied à terre pour manger, et (^yi>
ne veut pas dire beim Essen sitzen. — Plomber sur, fondrf
sur. (^y>^. r*^\ l'oiseau plombe sur, Wetzstein 0. 1. p. 145,
_ o c
comme aussi chez Socin Diw. Gl. sv. i^*j=>^, mais alors ce
verbe ne peut ici équivaloir à lXP, se poser, et pourtant
c'est là le vrai sens, que j'ai aussi noté dans le dialecte des
'Anazeh. j^_:^L.i>, 0. 1. p 145 est simplement qui ont mis
pied à terre, que ce soit, ou non, pour manger.
(j:^L=>, qui a le ventre vide, qiii à faim; partout en Arabie.
^!j^=>, même sens, Bàsim p. 12, 17. Cf. ^^ vhv. Sur ;j:jl-=>
et c^^L^', fraterniser, voir sub j.i>!.
iCjy>, soeur; amie, 491, 8, comme _^:> et c^^' avec les pro-
noms suffixes, ce qui n'implique souvent aucune parenté. Cf.
Cumont, Die oriental. Religionen-, Register sv. Brûderlichkeit.
é^
^jr^i bât de chameau, 562 avec planche; pi. i^^=>. Stace
p. 147 donne le pi. Li». RO p. XXII ad p. 70 donne Ijîye
pi. hyei, crochet pour lier les bêtes; je ne connais pas ce mot.
663
^jwE ^^A^Li?", frustrer qn.; tromjier, Dt. Cf. v^-i>, tromper,
vhv. — --*.->:J>, pi. v*-;^ Gt ,^L_^-^, 2?e^z^ garço7i, chez les
"Awâliq, les Bâ Kâzim et les Harîbites, Arabica IV p. 21 n.
et Hçlr. Gl. sv. Les Sê^ar, les Krab, les Hammam et ceux
d'el-Hâdinah disent yj, pi. ^^\^j vhv.
iu-jp-, laid, Stace p. 179, avec le comparatif vv^S, est un
substantif, comme iu^, vieillard, vhv. — En'mehri, hayyùb,
hayyùb, mauvais, 7nt'chant; Bittner St. mehri I pp. 87 et
117. <hib, être mauvais, mais hayîb, crier, ib. II p. 96.
jfJ^', choisir, Dt.
Sur la forme hybride ^^j et y>'L>j' <^ .^, voir sub ^:. —
Le syrien et l'égyptien .L.Jc>], vieillard, fom. iCj-, Prov. at
Dict. p. 9, Dozy S. sv., Lieb. v. Amasia p. 78, 11, est sans
doute un euphémisme. On prétend que c'est un mot turc.
Mais ce mot est très répandu dans tout le Nord, chez les
Bédouins et dans tout le Levant, où l'on a le verbe li,./ii>!,
710US sommes devenus' vieux, et même, Damas et Bédouins
de Syrie, j*-^>, devenir vieux, et .Lj.1x>, vieillard. Ce mot
figure aussi dans un glossaire araboamariila, où el.iteyàr =
vieillard, Littmann, Abess. Glossen ZA 21 p. 93. Cf. ^Li>,
u, vhv. = uÀ-*-/to. Diran Kélékian, Dict. turcfr. sv., ne le
considère pas comme arabe. Mais je persiste à croire qu'il
est arabe, ainsi que je l'ai avancé Pr. et Dict. p. 9.
iHù] ,xi., beaucoup, en grand nombre, 1636, Algérie.
yf^y. récolte, ici pp. 362, 8 d'en bas et 403, 1.
^> prononcé h î y i r , d'après la règle 346, qui fait le bien, gêné-
664
renx, Dt,, = ^-^ hiyyîr ou Ijîyîr, comme sèyyir, siyyir,
— t
sîyir et siyyîr, sîyîr, conducteur, vhv. Cette règle s'applique
aussi au dialecte de Syrie, Feghali pp. 84 et 98/9. Riggâl
h e y y i r min h a 1 e m - s a 1 â h , un homme de bien, de ceux
'qui ont de laprobité, Dt. = 'Oman Brode MSOS A', ii p. 17, 12
d'en bas: reggâl hiyyîr min ehel s-selâh. Le para-
digme adjectif J^^oti est fort commun dans les dialectes du
Sud. Grimme, qui n'a probablement pas lu mes ouvrages
sur ces dialectes, a, malgré cela et par simple intuition,
conclu que la forme Js-a_x_î est un pendant sudarabique du
nordarabique y^. Et il cite ^^«3, J-^^?;? oLj^Vo, u^^-A^vi,
^J)-^^^, ij^r^Lc. Quoique l'écriture sabéenne ne marque pas
une graphie telle que J^, l'hypothèse de Grimme me paraît
f<.)rt acceptable. Cf. Feghali pp. 124 et 256. Voir I Sîdah
sur le paradigme y^.
^_;yJ>!, meilleur, forme assez courante. Aussi au Waddây,
Carbou p. 36. Ce comparatif se trouve également, comme
variante pour ,*5"-^, dans Boh. V p. 112, 13: ^^J^\ ^^ U^
^_^-.Li>, i, sentir mauvais ; se gâter, courant dans le Sud, de même
que dans la lurah. Cf. (j«^3-, -Lu-, ,^-^=> et ^3, vhvs. On
dit que le mort ij^^i?., "pue, comme RO p. 354,6, et j«-jsOiJt
(j«.a:>:., la viande pue étant gâtée, comme RO p. 415 N° 179.
oLo "^^j'I aJ! o-w-Li- ^., lorsque la main gauche commen-
çait à pourrir, il mourut, RD I p. 109,6. ;j/.w^' iLà-^Jl,
le cadavre pue =^ „*)y,, comme LA sv.
665
Dans le sens de tricher en vendmit, el-Fàhir, éd. Storey,
JSI° 476, cela me paraît être un développement de ij**~=>,
comme le syrien u^'L^:», ne pas avoir le poids ou la valeur
voulue. On comparera le classique uoL3>, u et i, et (jo^_=>,
LA VIII p. 299, où j^L-xXiJî ^^ ^\ ^\.*S' ^^ ^«L ^\ Jlï
Qûjijjî [j^,^\j y.v.j^jè^Î3. Ici (joL> = (j*L=> est motivé par le
^ précédent. Cf. ici sub ^_^w,i> p. 591.
^j*^xi>, empester. RO p. 419,5 traduit »^.>.s' xccoLî» o*.jLo j.^j
^.. (-.... .^ U^ [J • LT* (^^ o . G., -^
L^c par loenn ein grosses Stiick Vieh verendet ist, welches tiach
ausserhalb des Ortes gezogen werden muss, damit es die
Araher 7iidit in iiblefi Geruch versetze^ rwft der Ru fer. C'est
bien cela au figuré, comme notre empester aussi, mais dans
cette phrase i^i*«.a=> a son sens primaire: pour que le cadavre
n'empeste pas les Arabes. 'Amir b. et-Tofeyl Diw. N° XVIII
V. 4 dit:
Et Vorgueilleux présomptueux fut humilié de ce que nous
L'avons mis en -mauvaise odeur, et par nous l'humble fut
honoré.
Lyall traduit \_a.^j^* par tve brought Mm doion, ce qui est
une explication, mais non pas une traduction littérale. Le Com-
ment, porte iJJÀj ^^^. Il faut cependant observer que ^j^a3»
se dit aussi du chameau dressé d être monté et alors = JJJ,
et la locution ci-dessus peut se rapporter à cela, au figuré;
cf. Naqâid p. 868, 14.
^j^-wiLi-, pua7it,> pourri. RO p. 62,4 et p. 415 ISI° 179 =
ici p. 242, 10. Stace p. 16 sv. bad (as rotten fruit) et p. 146
666
yv. rotten. iL.*o^! JJ:^ u^r'\^, pliant comme ime charogne,
Rôssler M S OS III p. 34,4 d'en bas. L^-ç^ < ^^...Lw^f L, que
cela pue! Dt. = R0 p. 19,2 d'en bas. Cf. j-^L:>, vhv. et
j.L> vhv. — Saligaud, Hdr., prononcé heys>hês; pi. ^j^Iî-
OU ^J^^J.*p> , = Dt. èN-wj.
iLw-^. mauvaise odeur, puatiteur. Au fig. : ^Jc-Lc L .^Ldt
S-^ Q^ j^^ ^î'^-'*v;==' "^^ j^? ^65 Mayàsir n'ont pas de nou-
velles ni odeur de nouvelles de Fadl (lettre de Dt.). ^i>.xJiL u
JoLi;! ^yi oie ii/*.-ç> 3J, aucune nouvelle n'.est encore parvenue
de lui depuis qu'il est parti, RO p. 208, 4 d'en bas. Cf. ^JA>,
se^itir et s'informer de, = ^^^^iijjc^t et ici sub *3- p, 640. Nous
disons aussi flairer une nouvelle et il a du flair; le français
odeur et l'allemand Geruch ont aussi le sens figuré de répu-
tation. - Fort, Hdr. Gl. sv. aa^l^. Stace écrit p. 18: 'S^^^*^,
hay loith sandy shore; pi. ^j^fp-. J'ai entendu bien souvent
iiAiAi>, et el-Makalla s'appelle aussi &Ai*ii, endroit où Von
débarque, Hdr. p. 158 n. 1, ici shv. Mais ce ii>.^ peut être pour
'i^-^-f-=>, à cause du ^, et le nom proviendrait alors de la
forte puanteur qui s'y répand des nageoires de requin qu'on
exporte de là en Chine. El-Makalla en est vraiment
empesté. De Goeje, Hadhramout p. 12, dit que c'est le meil-
leur port du pays, mais ce n'est qu'une rade sans abri. Le
meilleur port, après Aden, est la baie de H. el-Rurâb-
Magdaha-Cane, Arabica IV p. 75/6, et Maqâtîn el-
kebîr et M. es-sarîr. Index sv. p. 1838. SUCil signifie
aussi por^, I Sîdah XVI p. 91; est-ce pour £bC«, abri?; v. ^
iiwLi>, decay, Stace p. 198 = ici p. 478,17.
667
c>^:y^*=> est par Rôssler MSOS III p. 31, 13 d'en bas rendu
par Gestank, puanteur. Est ce un mehrisme?
y*^*j^uc« , fainéant^ Hdr. = Dt. j^^jcc* .
iiAi^, poi't^ endroit oit Von débarque, voir sub ic^-ç>. Est-ce
l'akk. mahâzu, ville, > aram. mâhôzâ, ville, et l'hébr.
mëhôz, Ps. 107, 30, qui, selon la tradition, signifierait port?
Zimmern Akk. FW p. 9; Ges.-Buhl sv..
MJ>, i, doit bien provenir en premier lieu de i2_i>, tracer
une ligne, vhv. et ses développements; ma LA p. 65 n. 5.
La lurah a A^*, ^.^1 J, -bL=>, I el-Qût. p. 214, 2. Nous lisons
aussi dans LA IX p. 171, 5 d'en bas: pAs:. ^xi xLxî> ^\ _bL>
!j/o ^ iwJpJixi ^_îaX=>|j Jo\jJ>\») XLa~> !^'S J:;L> J-<Ï»i .5iA=>[5 'û~a
l^ib ^3 bLb^ xbL> |^JUlS ti^^ioV/ ^li" _^J o] \Ja=> StX.?^ ^siA-^-w
^3 Sj*"" ^Lw '>->' 3J0I5 ^.L.jÇ> .m"^^ JjLi> iJLfi_j :c:aa]]Î . JiLxi>
^jxaJ! ^yii. Pour la traduction, voyez Lane sv.. £Ul c>^L=>,
^/^e• serpent ran along upon the ground, Ij A et Lane. -bL=>
^^^Ls ^] ^^bi_2 = iw^i' ^. LA dit encore p. 172 en haut:
ihiy^' -^jr^'^ ^.f^ L?^'* '"-^^ '■^=* o"^ -bL=> v't^"^' ;'-'^!>-^ ^53
u:c^'^i J, Ja^ dUiÀy^ xLto et ib. p. 169,4: '.:j^h_^' .oî^! ^3
iC-uàJî lXju iL>Lxâjl iOLoI îo! \jj-^3 b^li. ^ ju/acc of passage est
Ja-^i^>^, LA ib. p. 171 en bas et Lane. Nous voyons donc
que -bLj> a vraiment le sens de passer, nous dirions fder
pour conserver l'image, car -LJ>, fil, est originairement pas-
sage à travers.
668
Les deux thèmes ^-\-=> et -l?j._i> sont apparentés, ce qui
ressort clairement de ce qui précède, et l'arabe \n « -^ est
riiébreu î3in, fil. La réfutation d'Ibn Sidah de l'étymologie
de Kurâ" n'est donc pas justifiée, quoiqu'on ne dise pas JpL=>
ic_b^3-. Pour moi, -bL_=>, coudre, est secondaire; c'est vrai-
ment passe?' {le fil), et la seconde forme, seule employée
dans les dialectes, est plus juste que la première, faire passer
le fi,l. Mehri hatô, coudre, <V~^hty, métath. de V~\ijt
arabe.
~^u=>, coudre, 1159. Voyez ici sub (joj.=>. En Egypte, oîi l'on est
si facétieux, ce verbe a pris le sens dJenfiler une femme, et
l'on observera la m.étaphore à peu près pareille dans les deux
langues! 2jy^ est chez RD, Gl. sv. -^^, aiguille, comme aussi
en Hdr. i^^v«, v. d. Berg Le Hadhramout p. 253, 13. En Dt.,
iali^v.^ < _Lç<^, LA 1.1. p. 169 d.L, est une grande aiguille, "^X.
_Li_jL^, ma MJM p. 37; comme aussi en Tunisie, Stumme
TGr. p. 58 et p. 74: StopfnadeL Rhodokanakis RD II p. 155
dit que J:y.j^U) n'a rien à voir avec h * -^wo et il le croit
être un ^yéi, 591, ou Jyè de -L^, ce qui se dit de la flèche
qui traverse, ÔJ6 ou ^yi, et au fig. traverser un pays, comme
ci-dessus p. 667,6 d'en bas. Mais en Hdr. et en Dt. Ja^' a un tout
autre sens, vhv., et le pluriel -bjL^, aiguilles, chez D. H.
Millier SAE IV p. 74, 12 et 29 = mehri mehôwit et soqot.
mesêriq, indique un sing. -b^_:^, que je ne connais pas,
mais qui aurait pu être contracté en ±>j^^, quoique pour
le moment je ne trouve pas d'exemples analogues. ^î ^ilt^.
«^!, imbécile, pi. qL3çç>, Arabica V p. 137 n. = ^^«.i-l vhv.
C'est pour V~^»j=>, v. LA IX p. 434,6 d'en bas.
669
Sur JLi>, i, comme verbe réfléchi, voir sub (^sj^,
jli>, seule forme verbale usitée de ce thème dans le Sud,
est originairement percevoir et se faire une idée ou une
image de qc. par des indices extérieurs- ou intrinsèques,
su2jposer, imaginer. Les lexicographes expliquent JL>, i, par
^Jb ou j«i^". D'après K. el-Açldad p. 13, jLi>, i, est un Ju^
indiquant aussi bien le doute que la certitude. Cela est trop
subtil; notre je pe7ise, Je crois et l'anglais 1 think s'emploient
de la même façon. Dans le Sud, ce verbe est le terme tech-
nique pour observer les nuages pour voir sHl va pleuvoir,
537. Dans les contrées, oiî il pleut rarement, comme c'est
le cas dans toute l'Arabie méridionale, les phénomènes atmos-
phériques qui précèdent l'orage sont suivis avec attention
1718. Tous les regards sont dirigés vers le ciel lorsqu'on
voit, à l'époque des Equinoxes surtout, des nuages qu'on
suppose pouvoir déclancher la pluie ^ML ^<-=*jJ", ou, comme
dit el-Ciauharî II p. 182,18: ^kl! ^^^s (LA XIII p. 241 a
iaji Lc?*^")- Un poète de Habban a dit 467:
C'est que je regarde d'abord en conjecturant avant que je
voie la pluie^
Et elle (iCJu:5^i) fait des éclairs qui brilleyit au-dessus d'el-
Kadâ (il parle de la guerre, cf. 538 et n. 3).
Dr/an el-Murqusî a dit dans la qasîdah souvent citée:
Dis à celui qui contemple le ciel pour voir s'il apportera
la pluie
(Que) la pluie {= guerre) s'est levée sur les vcdlons depuis
S. et au delà.
670
V. traduction sub yS^ p. 358. Avec J de l'objet comme ci dessus:
LfJ t)-4-^j s.J^'t ^^iv^-i^, ^e pouvoir (du Dieu = ^a guerre) a
retenti^ et envisage ses conséquences, 104, 17. ^_ki! J^^v^ =
^ J^.
^)Ii>, empêcher, retenir, retarder, est une prononciation pour
J^ vhs. 1461.
JJ:s^• = jJi:i., 104 n. 5.
Ce verbe est très classique dans ce sens. La lurah a ,yl-=>,
J^! et ,y^' = ci^v^ ^^^<s:ji -LuiJ ^U-v^^î ^1-^") LAXni p.
241, avec l'addition significative: J.*^! *-«! »^^j i^I! «.sj bî^.
I el-Qùtîyah (+ 367) p. 38: ^^vil Jo-^l^ ^jJzJJ Ll^^l\ JLi-l
U^ UgJjio Ojp et aussi ib. : iOL:L ^-^Jl^^'j uj'u^iXwJî c>Ji^'
^kUi ^i^^s^, de même qu'elGauharî et I Sîdah IX p. 104,
avec la variante i:jL^./*JI. Les verbes Jwli>, S-^'t c^^-^' et
Jw^! s'appliquent aussi bien à l'homme qui regarde qu'au
nuage qui est supposé apporter la pluie, Gaubarî sv., Diw.
Hod. Koseg. p. 42,7: lïy vULii»! = icL^J! ^A.
jLi>, oncle maternel, pi. Jt^! 160, 9.
J«_.x3-, chevaux, 1263,12; 1635 en bas. RO pp. 99,8 d'en
bas, 206, 11 = ici p. 659, 18 et ici p. 625,8 d'en bas c'est
singulier, et ib. p. 422 N°' IX et X il traduit i>_xii par le
cheval, mais il faut ici assurément le rendre par les chevaux.
RD I p. 33, 4, JoJ> est aussi Ross, cheval, et ib. p. 17, 13
il.i> est jîiment, et SAE IX .p. 14 § 23, oîi Hein dit dans
671
une note que „le vrai mot hadr. est mahrali". Mais cela
est seulement si la jument est une pouliche. Chez Snouck
ZA 26 p. 222, :<J^^ est jumeyit. SAE IV Js_x3> est
partout traduit par jument, p. e. pp. 77, 17; 84, 24; 93
§7, correspondant au mehri firhîn = (_^wj_i et au soqot.
bail. — Cavaliers, 472,5 d'en bas; 473, 11 et n. 1, Hodeyl.
Koseg. = Maràtî éd. Cbeykho p. 85 v. 2: J-^rS '^^.^=^ 3^3
c>^-A-4^r> , bien des bétails tu as pris et des cavaliers tu as
défendus, où Jwa=> = qL-w j . Mo^all. ^Antarab v. 44, M ^A R
p. 67 porte:
Pourquoi n'as tu donc demandé aux cavaliers, fdle de M.,
Si tu ignorais ce que tu ne savais 'pas.
El-Anbârî donne cette explication: oj^ Jyii v_jli. »1jjw ^}à
JwJi ^11 J.XSJI u3yo^ ... )^-^-S^l &11! J-A3-' On peut le rendre
par cavalerie; akkad. h iy a là ni, guerriers. Tab. I p. 1533, 4:
iji^JI s^jLï i^cioys JwxJ> oK Ui; e^ lorsque les cavaliers des
Qoreys virent la poussière de la troiipe. Pour une maraude,
^ji, l'on amenait, et on le fait encore, les chevaux en même
temps que les chameaux et l'on ne monte les chevaux qu'à
l'approche de l'endroit à piller (car la guerre des Bédouins
n'est qu'un pillage, absolument comme dans notre Europe
„civilisée"). Voilà pourquoi le sab. ^^n, l'aram., N^Tl et l'hébr.
^Tl se traduit par Heeresmacht, armée, Cook Aram. Gl. p.
52; Lidzbarski HB der NSE p. 273. Buhl dit, Cles.-Buhl sv.
"^TI, que le rapport entre ^Tl et J-^i» d'un côté et Jy>, J.a:>
de l'autre est incertain. J'ignore si l'on a identifié ces deux
thèmes. — ^^ ,y^ est selon BBRAS 1902 p. 265 homard,
disons plutôt langouste, car il n'y a pas do homards dans ces
672
parages. — (jL> 302 n. 1 indique la prononciation hâl = hêl,
Bauer-Leander Gr. p. 202, comme hru< j^, force. — J^p-
Hdr. Gl. sv. p. 569.
^3LI.i>, cavalier, 423,4 d'en bas. J^J! jLl^-, qui monte un
chameau, 904, 7; pi. ^JLli>, 473,9 d'en bas.
iUL-^-J^". inf. de J^-1^, vhv., 537, 1; 1613, 10 d'en bas. On
prononce aussi t ah î la h; on me le paraphrasa par Joa, pluie. —
'»L^A, nuage noir annonçant V orage et la pluie., 39,6; 161,
20; 878 d.L; 1718; voir ici p. 669,7. Ma Festgabe p. 21,2
d'en bas. RO p. 263,6 d'en bas: tâl.iit lumhîle, il pleut
au loin; propr. la mahîlah est tombée, et RO ajoute: „mot
à mot: est tombée la pluie qu'07i ^^ouvait voir par bandes de
loin", mais kL^ n'est pas encore la pluie; ib. p. 418, 13;
cf. ici p. 669,11 d'en bas. Socin Diw. Gl. sv.. Diw. Hodeyl.,
éd. Kosegarten, p. 42 N° 18 v. 1. Tab. I p. 1080, 10: ^Jl
c^ju 'ïIk^^a ^i:AjL, j'ai vu un nuage de phiie hiire en faisant
des ('Clairs. Labîd XL v. 47 en parlant du vin:
délicieux, 7nêlé d'eau pure d'un nuage de pluie.
La situation peinte par el-Bohârî IV p. .109 est celle de
beaucoup de monde dans le Sud de l'Arabie: \3\ ^J:,JJ>\ ^^
ioLi >wg.^5 rfr^-'3 ^r^3i d'-^'^i j-^'-'lî i)^' -L-fw.!! ^X ^-i*^' (^K
\;j: i^y^ ^Uw.j) o^L/sl. Absolument le même état d'esprit que
décrit si bien Carmen Sylva dans une lettre publiée dans
Westermanns Monatshefte 1916 Mai p. 397/8. Bevan Naqàid
Gl. sv. traduit ïL^ par sign, symp)tom.
j.L=>, i, a, à peu près le même sens fondamental que ^ et
M
673
ses congénères, vhv. v"-^ ^ ]y)\.=> ou JbJiJt J, ou avec ^^c,
z7s ow^ agi en poltrons; ils se sont retirés bredouille Dt. LA
XV p. 84/5. Hocjeyl. Wellh. N° 188 v. 1:
,-o 05 J50-OÊ OCO-w O ^O 5
Je szm'-s to???6e sus aux chèvres du (xf limite et je n'ai pas
été lâche,
Et je l'ai détourné d'elles par des flèches lisses.
'Âmir b. et-Tofeyl, éd. Lyall p. 135, 6 dit:
^?o?'s je transperçai ^A A là avec im coup de lance,
Devant lequel tout défenseur et tout repousseur était lâche.
Abu Zeyd Nawâdir p. 132.
Mo'all. 'Antarah v. 66, M^AR p. 86:
Lorsqu'ils se mettent en garde avec yna personne contre les
javelots, je ne recule p)as lâchement,
Mais la place pour avancer m'était devenue trop étroite^
où j.Li> est expliqué par q>->, ^*/to et Jio.
Un tel homme est dans le Sud |.L=> Jb-,, im lâciLe,<^l=>, vhv.,
nous dirions qu'il n'est pas en odeur de bravoure. Un Datînois
me dit: frh*^^^ »^l^. lt-jL*-^ ^ ;^j^' ^ ^'^^r'^ (*t^-j l'homme est
lâche (pr. il sent mauvais) lorsqu'il se retire (rectde) et n'ose faire
face à l'adversaire, où [.L=> = *=>. On voit donc que ^ ^l=> =
^•y^», (j^j Sihâh et L A XV p. 84, 5 d'en bas est secon-
daire. — ^=> se dit de l'odeur qui se répand: ic^s:\jtjt c>v-»^
iC>J^it = ^:>JL^3 c>^./cLït, LA 1.1. Dans U-^-^ (j^^ c>«-«->
L^_x_5^ !o!, Sihàh sv. M'^AR p. 87 et LA 11. p. 85,14,
43
674
où ^1 >, = t»\ — =>î, me paraît être pour ^1 — s, i, < j.1 — isî,
ce qui est tout-à-fait l'expression syrienne, Pr. et Dict.
p. 11 et ib. Gl. sv. et je me demande si ce n'est pas de
même dans la Tradition ^\ ULë Jb>jJî aï J»-^>s^x.w-} ^^\ L^>t ^J^
^\y^^\^ é^\ ^\j yo pUj U/, LA XV p. 84, 7, Nihâyah sv.,
Magma" bihfir el-An\vàr sv., expliqué par ^\.=>, i, et j*-ç> =
^bClLi j.lj1, avec les variantes j«-:5^jc^I et j«-:s\jc^î. Je fais en
outre observer que J ^.1»^-^! dans les dialectes de Dt. et de •
Hdr. veut dire rester là pour attendre^ vhv. ^ et o per-
mutent souvent dans nos dialectes, voir au début de cette
lettre et passim dans le Glossaire.
iL-*._A_=>, tente des Bédouins, 20, 5, et en général n'importe
quelle tetite, > ■!L.*^=> , 19, 15, 17; 550 n. 3; "562. PI. ^>,
19,6; 562, et ^L^i>, RD Gl. sv., Naqàid Gl. sv.. Mehri
haymêt, te7ite. En éthiop., aussi 'i.fc""^ (haymat), Dill-
mann Lex. p. 610. Sihâh sv.: ^J^ s-y*-^' Vï-*-h' ^^>^ iU^iî
i«>A.5>3 oUa> J-^^ ^j^uxjIj qLw. I Sîdah V p. 135 et s.:
Q^ Jyt O^^^ yF^^':' tM-'^i U^;î>^ '^ J^'^.-'.3 -îà/Jiil i3 v^-A^^j
*._*.i>3 f^V>5 I». '.*■■'> .<.*4^3 iC*.A:è\JI ^ :iAj.O qjÎ . iiLyAi>^L On
observera qu'elûaubarî dit ^-j^tJ! tandis que T Sîdah a vj;^'^^'
LA XV p. 83 reproduit le dire de L Sîdah avec des l\5>^,
tels que Zoheyr, mon édition p. 180,7: ^^ jT % oi.>-j J^
J^^^isJ-o , = Sihâh sv., et il n'en est resté que des perclies à
fourches de tentes, les unes sur les autres. Ici L\*i2>u doit se
rapporter à jT qui est collectif, car AaLu *_^s» offrirait une
situation abnorme; la construction de la phrase n'est pas
675
bonne. Je ne crois pas que f>~^ puisse ici signifier o|.
voir la définition d'Ibn es-Sikkît. Il paraît, d'après l'expli-
cation des dictionnaires, que j*-^-3- était originairement un
toit d'abri fait de perches couvertes de branchage et que ci«.*j
était une tente en étoffe de laine, v^' cp' ^-^ ^^ P- ^^
en bas. ?me cabane, un cabanon. D'après Abu Hâtim es-
Sigistânî, Lane, iU^i* cqrrespond au persan »:oio^i>, a high-
pitched roof (Palmer) et qui a donné l'arabe du Nord {J'_^^=> vhv.
I Sîdah VI p. 3 et LA XVI p. 159, 7 d'en bas citent I.
el-Kelbî qui dit: jr^ ^^ 'Alâxi ,j»o! q^ K-aïj :KjCw l- y^' ^^*^
Aujourd'hui, ^Li» est hors d'usage dans le parler courant; c'est
un JLsts régulier, 63 n. 1. Voir LA sub j^ p. 102. V. Additions.
Une autre question est de savoir si j*-^> est un collectif,
ce qui paraît être le cas si l'on étudie bien ce que disent
les lexicographes; Naqâid Gl. sv.. 'i>.*^,=> pourrait alors être
le n. unit, de (•-tv^, ou bien, si f^-^ est un singulier, un
diminutif de ce mot. Le vague des lexicographes est ici
surprenant.
S. Fraenkel considère, A F p. 30, iL*-A^ comme un mot
arabe pur, quoique l'étymologie en soit inconnue. Vollers
ZDMG 50 p. 631 est dans le doute concernant son origine
arabe.. Je veux être hardi et je propose ic**i> < x*jLj> < iu:ïl;.
El-Qeymah ou el-Qômah est le nom de plusieurs loca-
lités dans le Sud, voir mes Indices, surtout Arabica V.
D'après ce que j'ai exposé p. 545, ^ permute avec \Jé; voir
ici sub j.Li> = j.l3. LA XV p. 83 en bas à propos de iU^>,
w Û
dit: iJ_5;ÀJt iA-jLc ry-j^ Lg.j'ii tiUiAj lii^^A^.^ bL^li'bSI *«iua:^uJ! J^-ol
iU^:> c>>-M./^. J'ai toujours pensé que j^p- est le dénominatif
676
de x*^>. La lurah a ^^'^ bâtir un 'iU^=>, Mo'^alL ^Antarah
V. 31, M^APt p. 31, où il faut assurément lire ^Lco JJi»
^^^'^'j'i et non j*-a^ùlIî, ce qui donnerait une drôle d'image.
Le comment. d'Abu Bekr el-Anbârî dit: (^JJî 'e^' (*i^'
isU-oi «A^Jo i^oXJî J.>J! AJ^^èiClij iU^ uVrs^Xj.
Pour que 'U^ < isU^ ^) ait quelque chance de probabilité,
il faut que ce passage de o à j. ait eu lieu à une époque
fort éloignée, sans quoi on ne saurait expliquer l'extension
de cette forme iU-^ dans tous les pays arabes, en éthiop.
et en mehri. Il se peut que heymah>hémah soit à l'ori-
gine un permansif, car en akkad. les verbes secundœ w et y
font fêl, p. e. kên = ^^l^, mêt = c^Lo, Del. Gr. pp. 242;
164 n. et § 37; Ungnad Gr. p. 7. Il ne s'ensuit pas que
l'arabe heym soit postérieur à hêm; au contraire, la diph-
tongue, devenue une longue en akkad., doit bien être anté-
rieure à la longue: ay> ê. iL>.3> ne me paraît point venir
de Ij<=>, v. p. 675, 11, comme le dit LA sv., parce qu'on s'y cache
*-^ Ux:^.; le pluriel KxAi>! est celui d'un singuher ^JL*:, le même
que dans ^1— o pi. jl^jÛiÎ. Le hamza de ^L^ et ^Lo est en
vertu de l'accent. Les verbes de 1/~La_> sont sans doute
dénominatifs, comme aussi ceux provenant de ^U^- L'éty-
mologie de ^L>3- pourrait bien être cherchée dans l/~[^_*-s:
iUJI oj-^ï = x:c«j, LA sv. et nous aurions alors un pendant
du passage de o à ^ dans iC-*^ de .sU-xï. Sans cela £L»-=>
n'a pas d'étymologie en arabe, car j'écarte aussi bien Lx3>,
i*3n que ^jJ>, s'éteindre. Voir Additions.
^) (^'^> qeym > qêm en Dt. et en Hdi*.: yëtemmi gêm fôg el-
m e t î r e h , il reste toujours là occupé au champ, Z A 26 p. 224 n. 2.
677
Comment peut-on admettre qu'un mot qui désigne une
chose tellement essentielle dans la vie des Bédouins et sans
doute la même depuis les temps les plus reculés, soit d'ori-
gine exotique, même araméenne? Vollers fait o. et 1.1., cette
remarque: „Originairement habitation la plus primitive, il
paraît peu à peu être devenu synonyme de o-^j, tente". Si
u>tH ^ï' été „originairement" le nom de cette „habitation la
plus primitive", il me semble qu'il n'ait pas eu besoin de
se simplifier davantage pour devenir tente, qui est déjà une
habitation primitive, car les autres habitations ont les noms
spéciaux, tels que (ji..ft>, ij^y^j>, ^_o, j^js^^ lA^;-^) t^j^j
etc., vhvs., pour ne pas oublier oiii:> et J.6. Or, c>*.aj, vhv.,
a aussi passé par cette évolution sémasiologique, dans le
courant de la plus grande civilisation arabe, jusqu'à signifier
„ maison construite en pierre", que les Qoreychites appelaient
j«-j>î, jv-is!, Kowalski Diw. Qays b. el-Çatîm p. XV et ss.,
^ya> et ^, vhv. I Sîdah V p. 125 d. 1. '). L'arabe a aussi
le vieux mot ya=> qui, d'après I Sîdah V p. 121, 4 d'en bas,
est v^_7-c^' ^j-^ cr jr^î-^' et LA V p. 323, 7 d'en bas:
L_j)jc'b5î oj.aj ?^-^_y> f^3^è^j\ et ib.: ^^-^j^ Ljî^jt oj-^^ jj-. y^i^^!
.jLuJa.1 = Qâm. et T A sv. Cela n'est pas bien précis, et je
ne sais comment interpréter ce ouU itj:oy>. Ici on pourrait
') L'étymologie de r^ < Ka^rpov byzantin < caslrum ne me paraît pas
absolument sûre, malgré Guidi Délia Sede p. 16 et Fraenkel AFW p. 234;
Walde p. 139; voir Jaussen et Savignac Mission archéol. p. 66 n. 1; Lam-
mens, Berceau pp. 169 et 369; le français château a aussi pris le sens de
villa. I Sîdah V p. 125 en bas dit: .Ui.Jo'^! q^ *>X'i».^ «^ ^y% y^ ^j**^
;j*<-A^j ^il y^'J Jw-ot^,: et l'autour d'el-'Ayn: iU^L^i .tiAit 'S.y^\-,
cf. LA VI p. 411,9 et ss. Mais j'avoue volontiers que l'étymologie
gréco-romaine me paraît plus probable, vu la présence des castra en
Syrie et en Palestine.
678
penser à —ajlJs, avec permutation de ^ et p,, voir p. 545
et p. 674.
Les Bédouins du Sud de l'Arabie vivent en général moins
dans des tentes que les grandes tribus nomades du Nord.
Il y a cependant plusieurs clans qui ont des tentes, ainsi
qu'on pourra le constater dans l'Arabica V et la Géographie
que je publierai des autres parties de l'Arabie Méridionale
entre le Yéman et Hdr. La description assez détaillée d'une
tente, N^ 2 de mes textes datînois, s'applique à toute cette
contrée. La tente sert aussi d'habitation à ceux qui gardent
les troupeaux; cf. 189 n. 2 et 1872 sv. tente. Les Bédouins
et les Xx£. pauvres habitent dans leur ic-j» vhv.
Les Bédouins de Hadramoût n'ont pas de jk^ o>*-J' Les
noms de jjt^ vi^^r^ et de ic.*-ç> y sont inconnus, d'après les
Hadramites que j'ai consultés. Ils habitent dans ^e's> cavernes,
J-à, pi. ^^t_^, ou;^ii>, pi. LJ'ji:>! vhv., dans les montagnes.
Ils fabriquent aussi une hutte avec des branches d'arbres,
ù 5
;ji._j_c, pi. tjiij— c vhv., et mettent le bétail jeune dans un
enclos en pierres, „à hauteur du ventre de l'homme", j.yo,
pl. (.3-^^ vhv. Ils n'ont pas de chevaux, mais beaucoup de
chameaux et de bêtes à laine. Bent, Nineteenth Century 1894
p. 321, dit avec raison des Bédouins de Hdr.: „they never
live in tents as the Beduins of Northern Arabia; the richer
ones hâve quite large houses, whilst the poôrer ones, those
in Shabwa and Wadi Adim, for instance, dwell in caves".
J'ai longuement parlé de u5l«:>"^! o^Ij dans mon volume sur
le Hadramoût p. 148 et ss.
^J^=^\j dans W. Mayfa'ah, Hdr. Gl. sv. ^^; cf. y^.
679
^J:^, rosser q7i., à l'est de Dt. Aussi = é^-, c'est sans doute
une prononciation hadramite pour le classique L;^ = ^>jCj,
I Sîdah V p. m, I et LA sv. Cf. y^>^ et ej>:>, vhvs.
> t : iCxjJOo <C iiJU(A/9 <C ij^JuX/o, 64, 25.
<o, 1398: Jo <C ^J^ < i^J^ < ^_çl-^ . La lurah offre une
foule d'exemples.
< (_p. ou ii?: L\ii et (ji2^j; ol3 et (j:<2l3; o!c et (jrî; j.AS' et *Ai2i,
704; eUo et ^A^r^, RM TA p. 452; 1281 n.; 1398, 1899.
Voir J.I3, JK/i5, J/to, 3^ et ^Xo vhvs.; cf. Jc>, ^<j>, vhv. Prov.
et Dict. p. 872.
< -b, OU vice versa, comme ^jjo et \JiL> 1221 où exemples;
L>o et l^dj, 1190 n. 2; ^l>J et ^, comme K^A^ = K^i^i
vhv., mais le d est probablement ici emphatique, 119 n. 6,
145 n. 6; oi_:>L> et oUJ^ vhv. Arabica V p. 301 et ici
aussi 1596.
^J est très rare, 1190 n. 1. En voici quelques exemples
que j'ai pu trouver, ^^^c» et v^j 1192 n. !.•, 1458; ^o et
Ksl et jJil, vhv.; l\^p et J.^^, 1179 en bas, qui peuvent
aussi être deux élargissements de V~\J^^', iA*-< et Jooo =
^jJUi-t, Haffner AL p. 46= I Sîdah XIII p. 286, 4 d'en bas,
LA IV p. 298, 8 et XIII p. 494, 11, sur la foi de Ya'qùb
(Haffner 1.1.), arracher avec un coup sec, enlever en arrachant,
Meyd. Prov. II p. 928, LA sv.; on comparera pourtant J^jw, vhv,
ma LB'A p. l,ll,quiest aussi courant dans le Sud et en mehri;
oyow et J^<*^ = Lr_^ L A et I Sîdah XIII p. 286, 5 d'en
bas; cf. ck^ et JoC^ et JJic; la permutation ne me paraît
pas ici hors de doute; cL>, i, et JLo, i, LA IV p. 420; cf.
680
-Le, i, et ^J^L, i; <3^, montagne, et JJ^, Lidzbarski Ephem.
II p. 381, ZDMG 53 p. 20. On a aussi cité u^Li! KâlàiJ.ac^
diamunt, Vollers ZDMG 50 p. 618, Haupt ib. 61 p. 195
(qui y donne aussi T ad mur, T a t m u r =^ Palmyra), tiehn
KulturpAanzen*^ p. 576, mais ce mot paraît au contraire être
l'akk. elmêsu, diammit, Delitzsch HWB p. 74 Muss-
Arnolt p. 47, et dont les Grecs ont fait àlâiJt.x.ç. Ruzicka
0. 1. p. 52 ne cite pas un seul exemple arabe de d > I.
Brockelmann o. 1. I p. 221 en donne quelques exemples,
mais qui ne sont pas probants: ''arqala>irqadda, eilen,
mais JJj.t = ^^!, trottiner^ se rapporte à Jo-j=>, |)Jy>, J^y>,
^y^ et à J-=>j5>, vhvs. et les l/"~J..sV,, J^^ sont sans doute
une variation phonétique de J^^, ragala = rakala, cf.
Bittner Stud. mehri II p. 148, comme |/~_ ., rag = o, et ^iJ.,
développée en ijaS., et comme V~'p'\ a donné "ip"i; l\ï^] est
"lp"i, j.s^ et le babyl. raqâdu, 1259. En outre, il donne
tamîl, tamîlat et tumâlat, Wasser- oder Speiserest, en
général résidu d'une c/^ose, > t a m a d ou timâd, Wasser-
rest, sur lesquels voyez Amâlî p. 18 et s. A cela je fais
d'abord observer que la V~^ est ici une variation phoné-
tique de J^*w, vhv., et puis que le rapprochement avec o^,
G o _ G
qui dans ses dérivés lA-^-ï', iA-*-i et oL-^J offre certainement
quelque contact sémasiologique, me paraît fort douteux. J^y
= l\x)4 ont bien l'air d'être une permutation, à moins que
lXxi y ne soit une prononciation Joy < J^i , ce qui n'est pas
probable. On voit donc que d > 1 est d'une extrême rarité en
Arabe, ^l, <^, vhv. ne saurait venir de !3]> b], qui ne se
dit du reste qu'en Algérie et au Maroc, tandis que "bJ > 1^] est
répandu dans tous les autres dialectes arabes. Sur '^] = !o!
V. ici p. 99. — !a=>, chanter, vhv. et l'abyss.-tigré hala(?). —
Cf. le sab. b ou^o, vhv. = ^, Praetorius ZDMG 53 pp. 13 et 16.
681
Bittner St. sh. I p. 11 n. 1 signale le mehri bâl < ba""!,
maître >sh. ''al que D. H. Mûller a aussi noté "ad, "âdi et
"^âdi, mon seigneur = mo7i Dieu, mais ce ''ad provient de
"aii, 1189 et ss., ce qui est caractéristique pour la pronon-
ciation de 1 < i et ne peut ici servir d'exemple pour d > I.
Voir Additions.
Développement par ult. o, c'est à dire ^ > l\*2, 632. On
peut y ajouter o, et «Ai^; >LJ et lXJ; ^ji^ et lX^^), 1179
en bas. Cf. sub c>Ji^ et lXàs'.
o < da, de, d devant une impératif, 1090, 2 d'en bas;
extrêmement commun dans les dialectes de Mésopotamie,
Meissner MSOS V, ii p. 94,4; ib. VI, ii pp. 78 N° 4 v. 1;
80 N° 5 v. 1; 88,2 d'en bas; 90,2 d'en bas: 108,2 d'en
bas; 120 N° 24 v. 4. C'est le syrien ^J^^, shv., expliqué
Prov. et Dict. p. 273 et s. et le doute de Meissner est par
là dissipé. Dans quelques dialectes persans, on met aussi un
hâ devant l'impératif, Nôldeke Cleschichte der Perser und
Araber p. 335 n. 2.
o>j 1253.
\ù
< !o employé en Egypte comme particule d'exclamation ou
d'appel, 492, 10 d'en bas.
^*>
négation^ "^ dans le dialecte himyarite 417 et n. 5, = iu>
418 n.; 1193.
^^ÎlXJ! o>>o. Ahmed b. Dâbî dit dans une qasîdah:
0 fille de h. ^Alwànl Quelle langue douce que tu as!
Réponds par une mélodie {un cha^it dân) ou bien charité.
682
Le poète Hù 'Alwâ, ] 814 en haut, dit dans une qasîdah (basît):
J'a/ entonné une mélodie^ mi chant et un d â n ,
Ils disaient alors : En vérité, sa passion approche déjà.
C'est à dire, il est inspiré par sa 'iSA:> vhv.
Sur ce mot ^^b, voyez Arabica III p. 46 et p. 53 et ss.
Cf. à propos de s!Aj L »L\j L I Sa'd I, i p. 3 en haut, et à
propos de ^ ,^3, TA X p. 134.
Je suis persuadé que l'étyraologie de ce mot est à chercher
dans l'onomatopée, imitation de son, 1/~qO, dont la variante
consonantique est ^' et ^^, avec beaucoup de dérivés. De
là vient l-jLjlXJ! ^o, bourdonner (insecte) = ^^j» et ^^J■^>^o,
marmotter, Qâm., avec les substantifs qaj^, (inf. des verbes
de son), ^^Ajo et iuJJo LA sv., Muzhir II p. 196 et Dozy
sv., ^wXJo et qS^AJo ') ^ iLjAJo, LA sv. qui cite Rûbah et
oiï il dit que ^lÂjj et KJÂjo est = ^^J^^ et iC>LLlb.
En SjTie et en Egypte, q^^ est aussi marmotter entre
les débits, et q^I^ y est tinter: ^la^Lj (j/..^!, la cloche tinte;
^^^kLkj ^cCaJsji \S) ^^:$^K2l\, si tu frappcs V assiette, elle limite, =
^^. ; aussi trans. : u^^ll ^jli.kL> , somie la cloche, et au fig.
seriner, répéter souvent. La I^^q^ onomatopéique est donc
l'expression d'un son ou d'un ton.
') Tab. III p. 918,4 donne le nom d'un maulâ: ^^cJiAiuVJl ui^-j^JJ,
o , C- o
OÙ il faut sans doute lire ;3tL\iLXJt , en analogie avec {^}<> = o"^"^ *
LA "VII p. 17,2; il était peut-être ainsi appelé parce qu'il fredonnait
des ,..!AjO ou qu'il chantait des chansons d â n.
683
Cette onomatopée se trouve également dans les langues
indogermaniques: ton-are, Walde p. 786, et p. 780, tinnire,
tmire, tintùmare, où d'autres rapprochements. Mais si le
grec TÔvoç veut originairement dire tension, corde, de rsivco,
tendre, on ne saurait comparer notre K~q>->, ^ avec le
latin tonare, tonus > notre ton. Falk-Torp rapproche rôvoç du
sanscrit tâna, fil, to7i musical < indogerm. ten, tendre, et ce
serait donc la même sémantique en grec qu'en sanscrit. Cepen-
dant, bien des mots grecs renferment le phonème tov, voir
les dict. grecs et Boisacq DELG sv. bpkiy.oi,i p. 351 et rov-
bopùc^a p. 975, qui ne me paraissent pas pouvoir se ramener
à rôv-oç, tension, corde, mais plutôt à l'onomatopée ton ou
don, dun, dor qui figure dans plusieurs langues indo-
germ., cf. Boisacq o.l. p. 351; l'interjection française dindin!
Pour ^b, on pourrait comparer notre donner le ton et
chanter sur un ton = ^^^\ jlxi. On l'appelle aussi ^^b q:^',
sur lequel voyez Snouck Festschrift Nôldeke II p. 99 ^).
Hdr. p. 231, une chanson commence par le prélude dàn
dân yâ dâna, mais cela ne représente pas le mètre. Ce
prélude est appelé LlxJI (j*L«, la base du chant, et se rap-
porte probablement à la mélodie, à moins que ce prélude ne
serve que pour voir si le chanteur n'a pas „un chat dans
la gorge", comme le copiste essaie sa plume en écrivant
quelques mots pieux qui ne font point partie du texte,
Arabica II p. 45.
Marçais RMTA p. 432 traduit ^lXjo par fredonner et il
y dit que „les énigmatiques syllabes ^.^b ^b sont employées
couramment dans la scansion des mètres de poésie vulgaire
et comme refrain des chansons par les Bédouins du Tell
oranais". En Dt., ^<J6c> est chanter une mélodie qui prélude
1) Voir aussi mon mémoire Ragaz et mètre.
684
par ^^b (jb. En shaurî, dénden a la même sens: chanter
la mélodie odénu, Bittner St. sh. II p. 43. D. H. Mûller
SAE VII p. 148 § 16 (soqotrî): „be erré (= nré) dé
habôt, be-dé libelebid (la-la-la la-la-la), be-dé
idénden (odénu-odénu), nous chantions, qui un habot
chant de marche^ 1653, et qui une mélodie (la -la-la) et qui
un odénu-odénu (qÎ^aJ! q-^^J)", selon la traduction de
D. H. Mûller. De cela, je déduis seulement que ^^^ est
chanter une mélodie qui débute par cette onomatopée ou qui
est chantée tout entière avec ces syllabes, ainsi que je l'ai
souvent entendu dans la Sud, et alors le odénu serait
justement le nom de ce chant. D. H. Mûller, ZDMG 58 p.
783, 3, dit que ^o d i n est un verbe diminutif pour chanter,
<^od, marcher, voir ici p. 383. Peut-on penser ici au grec
âlco, chanter? — Sur le Zindali, voir Additions.
Jb, marcher d'un pas cha?icelant, trottiner, 1288; cf. "Sô ^o
et Jb.
r'^.
j.b = ,^e^ et |_c^, 1599. Un autre j.b classique > j*£l> vhv.
Çjo, i, u, même sens que dans Belot, 674; 1221; 1372. Ono-
matopée; cf. yiO et |_^l3, ramper, Hdr. Gl. sv., et u^L vhv. —
w 3 û w w 3 O
Se remuer pour gagner sa vie. '..^^^ \-a -^j-jj v^-^^ -r*-^5
grandis et gagne ta vie et épouse ce que tu aimes, prov.
datînois, Hdr. p. 138. — Survenir. J^Ji! U_Jl£ wjo, la nuit
nous survint, nous surprit, = Lylc ^.^ = ^ ^j», ib. p. 194
= Nord ^ JwJJt ûv/to, ma LB'A p. 3,4.- Cf. Haffner TAL
p. 64, 15; l;o= lo I Sîdaii III p. 102, vhv. - Déblatérer
685
contre, ^. Aussi en Egypte. ^ I^jJu, ils déblatérèrent contre
eux, Bàsim 27, 7. Cf. IDI Ges.-Buhl p. 153,- ^^xu. et ^c^.—
Remplir, ^c^j^ v^' p;3;' Cj*^» ^^ /""^^^ 5"^ i'a27?e remplir mon
ventre, Basim p. 30, 2. — oy^î ûo, criailler, ne se dit que
des femmes, ib. p. 37, 1, Eg. c^I^Î ^c o^^^t î^o, e/fes
jetèrent des cris sur le mort, Syrie. Crier à l'alarme.
^A-LJî ^ ^^j^ i^-*-2 o>>>^! 1>-J^> ils crièrent à V alarme:
il y a le feu dans le village, Syrie. Cf. jo, ^kc> et ^3 vhv.
et le babyl. dabâbu, parler, raconter, Amarna Gl. p. 1398.—
Xoj» < iLjb, ânesse, 70, 5; 711, 3 d'en bas; 1398, 1. Glaser
Peterm. Mitteil. 1886 I p. 7: „dâbbe, Schaf und Stier, im
Allegm. Schlacht- oder Nutzvieh." RO p. 11, 5 d'en bas:
dâbbe, animal. Meissner NAGJ p. 121: kîb, Tier, bei
den Meidanarabern spez. Bûffel. On voit donc que l'appli-
cation de ce mot varie selon les différentes contrées. J'ai
exposée, ici p. 391, comment les Arabes évitent la groupe
syllabique cvc, dont la prononciation n'est cependant pas im-
possible et s'entend souvent, comme le dit aussi RO p. 11, 7
d'en bas. Dans la lurah, telle combinaison de voyelle longue en
syllabe fermée se limite aux racines w, Brock. o.l. I p. 63, cas
bien connu. Mais il y a aussi quelques mots xSLxs oîi figure cvc
p. e. : i5LSL:> = o^sUaJ'iî ;j\.=>, 3.U:> = ^^juoi! s^X-io, ioL; = KcU^,
iuUc^jJj;, 3,La*v et 8.L.A3 = j>_Jt a^A-ii ou i'iJOxJ!, v. LAshvs.,
qui, XIII p. 149, admet ici aussi le ^ju-à^': i4JL*j, excepté
pour 'lèup'. Sur iob>iCjL> et les formes analogues, voir aussi
Feghali pp. 106/7 et 155/6, mais je suis en désaccord avec lui
sur la coupe dialectale de la syllabe. — En 'Oman, boîte en
fer blanc RO p. 342 d. 1. et p. 400, 1, mais je suppose que
686
c'est ioo, LA I p. 359, 8, appliqué à un objet plus moderne. -
En Hauràn et chez les "Anazeh, ib^ est une plaine un peu
élevée. ^\j iL:o est une contrée très fertile en Haurân; v.
Dozy S. sv. C'est aussi pei2te colline. Cf. LA I p. 359, 4 et ss.—
iùj, citrouille, courge, 612; 867,4; Stace p. 133 ^wh pumpkin,
= iùo, 610 et n. 1. Schweinfurth, Flore d'Egypte p. 77:
qara^ dabbeh, Lagenaria vulgaris, et ib. Arab. Pflanzen-
namen aus Aegypten; Algérien und Jemen p. 27: qar'^a-
dubbeh (vallée du Nil) et ib. p. 73, d'où il ressort que i^o
est une variation des Cucurbites, dont le nom commun est
^^, vhv., ib. p. 16. Cecchi, Da Zeila etc. I p. 452: &jo, zucca, —
sCl), calebasse oblongue, cougourde, 20, 18; 61, 9; 609; 612;
pi. ^Ijl>, 609. Forme classique j^lIo, 609; 613, et n. unit.
B^bo, 609; 610; 614,>«Lo, 609, et ^^j>, 610. J'aurais peut-
être dû placer ce mot sous ^o, comme dans LA XVIII p. 272.—
^_^L>, d7'ôle, bouffon, 614; probablement de v^, ours.
v_jb^, imssage souterrain, tunnel, 71, 10; 1126; pi. w^-obo;
Arabica V, p. 86 n., ô-azîrah p. 142, 4 porte le pi. w^bo,
dont le sens m'échappe. L A I p. 358, 9,
^ ^j, i, faire du bruit, taper, soit avec les pieds en mar-
chant, piétiner, 369; 673, soit chose qui tombe, 1265. Mehri
debûg, poursuivre, que Bittner St. mehri II p. 7 et ib. V,iii
p. 35 identifie à tort avec l'hébr. pni et l'arabe oïj^. Ce
verbe est probablement un accouplement de ^^ et ^o, 674.
Cf. ^^o vhv., A^ù, 369, 673 et vhv., ^o vhv. et ^^.o vhv.
,tfOL>, inf. bruit sourd. 262 n. 4, = ^^s^jo. ,ioo «.^wj' ou ^-s^jo,
entends-tu le bruit des pas, mi piétinement, Dt.
687
'^.o, bruit d'une chose qui tombe, pouf^ 23, 17; 506; bruit
des pas, 673. ^oj est-il une variation de ^: o^ J?
^oo, plier le dos, = ;^.ic> LA III p. 491. Cf. .i\-<iJ, ^\.i.L>,
^■j>, a^ô et „\^.o, vhvs., cf. aussi ^^ et ^-jo, vhvs. Les
''Anazeh disent ^^j < ^o, prendre la. fuite; cf. le suédois
^jo, joz7er ?a poudre, 1596,= ^j>. C'est un élargissement
de ]/~i-jji, vliv. et cf. libo, vhv. et ^J:», vhv.; probablement
onomatopée et non pas de ;^o, plier le dos^ v. sub ...^j.
;^j>, /«.zVe /e dos d'awe, LA sv., = ;î^j,o, ;:,-^/!io et ;?ôo, LA
shv., cf. „\jo.
j^Ço, Qztz pz7e /a p)Oudre, 136, 6; 1596.
V yi^ — V Jjo 794 (incertain). La première forme yj», i,
est en Dt. et en Hdr. ramper, Arabica V p. 187 note.
«jLavJ Jx. .Ai! U/ Ju\j |.^bCl! u*.^.3 L^*^->^ L^Iào Lo iCiLw ^L^î,
le poète lorsqu'il veut sa halîlah, vhv., inspiration, il la trouve
et il sent la parole ramper comme des fourmies sur sa latigue
Hdr. p. 218. C'est dans ce sens un développement del/~v^,
vhv., Arabica V p. 193 note, qui a aussi donné le synonyme
^o vhv. Le mehri a dâbar, méditer, réfléchir, que Jahn
SAE III p. 171 dit être emprunté à l'arabe et =^P, cité
par Bittner St. Mehri II p. 49 anm. 3 et par lui expliqué
par d ta bar, J^-xjlsI. Mais je me demande si le mehri ne
provient pas ici de yo, ramper, et l'on pourrait alors com-
parer aILj Jad> et Jdà>, dont la sémantique est pareille.
688
Le thème yo est très développé en arabe et en hébreu.
La plupart des sens peuvent se ramener à un seul point de
départ qui est dos, derrière > tourner le dos, to turn back ou
suivre ^J^^, I el-Qût. p. 129, 8, LA V p. 353, 5 = ^^J, c'est
à dire, être sur le dos de qn ou de qc, être en arrière,
d'où s'eîi aller, périr, mourir, succéder, etc.
jo et yiAj", partout courants, propr. xo|^ ^ ^, envisager
les conséquences (v^ii^ ici = yo) d'une chose, comme le définit
LA V p. 359, 11, he managed, conducted, ordered an affair
(Lane), ou comme nous disons vulgairement être après une
chose = être occupé à.
-jj, tourner le dos > retourner Dt. = ^^.ii vhv., les deux
verbes offrant la même sémantique. LjlXJ-c ^^^ ^o, ils sont
partis de chez ?ious, le contr. de ^\ J~*J5. Voir RD II § 65 a et b.
Chez A. Ember ZAS 53 p. 85 „jj1o, to die, ^o, death
hébr. "151, death, pestile?ice'\ voir plus loin, sont par Sethe
identifiés à l'égypt. „dbf (N3l), to die". Mais ^b et j^o
sont secondaires, et "[531 correspond à l'arabe y3. Cette iden-
tification doit donc être écartée, à moins qu'on puisse prouver
que l'égypt. dbf est aussi secondaire et de même origine
sémitique.
L'hébreu "îBT, parler, {== _>o et ^ comme forme) pourrait
bien être de la même provenance sémantique, ainsi que le
pense Ges.-Buhl sv., à moins que ce soit originairement une
onomatopée, comme je l'expose ci-après. Kônig WB p. 65
lui donne le sens primaire de faire sortir en jwussant, her-
vorstossen et il le compare avec l'arabe „ jj, être derrière".
On pourra alors aussi comparer -^ et ^Lj vhv. "pi peut
aussi être un élargissement de V~^^j>, vhv., qui est sans
doute une variation consonantique de V~^<^, 1372. On
n'oubliera pas l'akkad. d a b â b u , parler, raconter, Amarna
Gl. p. 1393 et l'hébr. nsi, médisance.
m9
Je viens de lire, 2. 10. 19, l'article d'un jeune Autrichien Viktor
Christian dans la WZKM XXIX p. 438 ss. : Ûber einige
Verba des Sprechens, où il parle aussi de 13T. Il lui attribue
également une étymologie onomatopéique, de même qu'à l'arabe
yo, < V'-^, bourdonner, =Bkkad. dabâbu, parler, ainsi que
je l'ai déjà avancé plus haut. Il donne la même étymologie
à 'jjÔ, écrire un livre, mais je ne suis nullement persuadé
que ce ^o soit sorti d'une onomatopée primordiale : ^o <
V~^o\ c'est pour yJ> > y: . L'article de Christian est juste
dans le fond, mais les dérivations de l'onomatopée primaire
qu'il y donne ne le sont pas toujours. Ses étymologies pro-
viennent souvent d'une autre racine, ainsi que j'aurai l'occasion
de le montrer dans le courant de ce glossaire. V. Additions.
Stumme TMG p. 91 N° 28 porte: «^LjJ! JJlï AAi, dein
Herz will nicht auf Rat hôren, et ib. p. 97 N° 58 : ^yl> "^
a.Ljo JjtXxiJ ^3 ^>^l\ wJiLj, wirb nicht um Frieden und leg
dich nicht auf Zureden. Par cette traduction fort libre, on
pourrait croire que ce dialecte a conservé le sens de "pi,
parler. Mais cette traduction n'est qu'une périphrase. b^Ljo
est arrangement, maniement, savoir faire. Pour trouver un
correspondant en arabe à l'hébreu "[31, on pourrait plutôt
penser à sJ^ ^i>OL^J. y3 ou ^o, LA V p. 358, 2 d'en bas,
TA III p. 222, Lane sv., mais les lexicographes veulent que
ce -jo soit pour ^o, vhv.: j^ ^S .= ^^^.p, LA V p. 388, 2
d'en bas. Aussi est- on en droit de penser que ^i est la
forme primordiale onomatopéique pour "I3"l, parler. Dans une
Tradition, il est dit: iu^i> £lil ^\ :^s^^. Jyj J. ^^^s-"^^ ,^!
»j\ji ^\ ÛUxJ) oyo é-Uyj ^J^ »Jiju:d ^ L A V p. 388 = Nihâyah
44
690
II p. 42 en bas. On comparera l'origine onoraatopéique de
jo<^i, essaim d'abeille ou de guêpes^ vhvs.; et î^j n'a pas
une autre origine, vhv. V. Additions.
jl>, avoir des ulcères, partout courant; ce verbe s'applique
surtout à une bête, Hdr. p. 370; RD Gl. sv., = jAi", aussi
O J J 3
dans le Nord. Cela doit dériver de ^jo>^u>, dos^ et qui a
donné 'iyio, pi, yo ou yo, ulcère^ Hdr. p. 370 n. 3; Carbon
p. 168, plaie^ blessure; = »^o, blessure, écorchure, KMG
— — 0$ - ■
p. 107 d. !.. LA V p. 358 donne ë-jo, pi. ^c> et .Lo!. jo, a,
appliqué à l'homme, écorcher, blesser, se dit d'un habit qui
serre trop sous les aisselles, KMG p. 102, 5 d'en bas (Maroc).
110 § 393 donne dubdâb, bubon, avec le verbe v_jJcjl\J',
avoir des bubo7is ait corps. Y a-t-il un rapport avec V~—iù
dont on aurait ici la racine primaire?
C'est l'hébreu 121, peste. Le rapprochement, dans Ges.-
Buhl, avec Joo et ^ù' est pour moi douteux. Le mot hébreu
prouve que ^j> et byo n'étaient pas originairement appliqués
à une bête seulement, iLjîAit ojJO I el-Qût.^p. 131,4, mais
à une maladie ulcéreuse, à une peste bubonique, assez fré-
quente en Orient. Mais il se peut aussi que "iDi, qui corres-
pond à l'arabe ^j>, inf. de ^^, au sens figuré de tourner le
— oc
dos à la vie, outrepasser = yb et yo! , mourir, puisse aussi
renfermer ce sens secondaire, ' les deux sens ayant pourtant
le même point de départ.
Ici une question se présente pour savoir si jo est vraiment
primaire ou si ce n'est pas plutôt yo. Les Arabes de Tanger
disent yjo, blesser en écor chant par un frottement prolongé,
Marçais TAT p. 364. Burckhardt, Nubia p. 193n.,= Dozy
691
sv., donne ^^, blessure dangereuse sur les épaules et les
côtes de devant des chameaux, causée par de mauvaises selles.
Ce passage de o à jis serait impossible si o était primaire.
On comparera ^o > yo vhv. et '^yo < ajo p. 696 d. 1.
yo, grande fortune, 862 o. 1.; 863, 1; voir sub yo, vhv. Abu
Zeyd Nawàdir p. 258; Naqâid p. 51: yjj» J'-o jLiù ^^xi^Jî yJJt
\^ ^ !ol ^^5 u4i>i- Et-Tahdîb p. 9: ^jxi^ ^'o S^ JULj;
cf. ib. p. 7, 5 J-^ J'vo = L A sv. Si c'est un vrai mot arabe,
signifiant ce qu'on laisse après la mort, — jo, on peut le
comparer avec l'allemand Nachlass et l'italien lascito, mais on
peut le rapprocher de l'éthiop. ^"flC, montagne, comme le fait
aussi LA sv. Dans ce cas, on explique difficilement la forme
collatérale p, LA V p. 889, 2, TA III p. 222, 11 d'en bas.
yo, champ, vhv. est aussi = y3. — Une métaphore analogue
est [jJ>3 (^A-Lc ^]3 îJot q' y, si j'avais de l'or plein le Uhud,
I SaM IIiip.88, 7etp. 18, 1,8;ZDMG 70 p. 405 où Schwally
renvoie à Nôldeke Geschichte des Qorâns p. 235: ^^i^ ^] y
JL« ^ Uot3 poT. Cf. I Sîdah XVII p. 96, 1 1 : ^J:^^^ lXjAc ^3
(^Jjlj. Il est à relever que ce mot rare et exotique était
employé dans le parler courant bédouin. Le fait qu'il figure
dans les dictionnaires indigènes prouve qu'on en puisait les
éléments aussi dans les dialectes bédouins, ce qui n'a plus
besoin d'être mis en relief.
^o, abeilles _ ou guêpes; cf. le ^omânais ^o, abeilles, vhv.
Dans le Sud, on dit jj, guêpe, vhv. Sanfarâ éd. Jacob v. 80:
^! (j^aAjlrs^ * s^o eA.:5:'ci=> cj>-«->-l' J.JCics^iî 3!, OU bien comme
l'essaim dérangé dont les abeilles ont été troublées par des
bdto7is à miel. Jacob ib. I p. 35 rapporte le passage du Divv.
ê9â
Hodeyl. N* 92 s. 56: J.Jo:î *] ^o ^^^iki^vy, wie Ëienen ùines
summenden Schwarmes, mais je le traduis par comme un
essaim hourclonnant d'abeilles. Ib. p. 36 il cite Du el-Isba*",
MufaçM. N° 23 v. 36. LA V p. 359,8 d'en bas; ib. p. 860,
7, 10 et 15: jrtv^Lijit» ^^\ ^ÂJî. I Sîdah VIII p. 178:
^_;*y;'i! (j^ Lo! ^j^ Axc -jAiî» -jAjSj Ja »jO jJlXjÎ lA^îj :iCà-J^> yî
^^o\3^.Jî cr jr^'^' £^3 o^'-' cr or^ o' /^'-^ T^^j^^'
On voit donc que les savants n'étaient point d'accord sur le
vrai sens du mot et que, pour trancher une question séma-
siologique, ils avaient recours aux Bédouins. Labîd N° 41,
16: j^j> (j:.t, iniel d'abeilles, voir sub (C^î. "nl3"î, abeille f s) ;
V. Ges -Buhl pour les autres langues sémitiques. L'arabe
dialectal .^o, frelon, < syriaque debbûrâ, vespa, et non
pas de l'arabe ^yij selon Feghali p 79 et id. Emprunts p. 59.
Cf. i^çJO, abeilles vhv.
o 3 3 5
yi^ > jj^, anus, partout courant. Le mebri ardêb = sh.
ardéb, nuque, n'est pas l'arabe ^o, avec métathèse, comme
le pense Jahn Gl. sv. et avec lui Bittner St. mehri I p. 71,
id. St. sh. I pp. 12 et 30, mais l'arabe o^Oj, avec f > b
et prothèse,
^b, exphqué 897. Maratî p. 53 n. sur le nom des vents.
a.jb boL^ ou sy^Ax, expliqué 897. — ij:jjb, expliqué ib.; cf.
^Lo vhv.
»j:), chump cultivé, 1143,1 et n. 1, entouré d'un j.^*- vhv.,
pi. ^'^o, 444, 3 et n. 2. I Sîdah X p. 148 en bas: _^t
') Sur ce mot soumérien, voii" Zimmern Akkad. FW p. 40: soum.
693
ib. p. 149,6: ayjJi J.a^J! :J^xx£_^!. Lane sv.; LA V p. 359
donne le sens suivant: ^j'j-' cw i^L«^! et c .jj" tj:^^.'^! (j^ icxjuii.
(jezîrah p. 86, 13: ^y}\ yÂJt. Fiqh el-lurah p. 293: ,j^^ \3i>
ajjcXJtj îj^LcUîj JJi^! j_^^ ^^|;j^ «'-tvr^j 1^ contr. de .v>, ib.
p. 193/4. Lammens Synonymes p. 363 porte: y^ÂJ! »^L-iU'
KxaJt ^^ Sp'-^lî VSj> 1^;^ Pjjj' L?^' iJiiui' (^t "\j/' >^ L5^'
^^jj jJ!. L'auteur ne cite pas sa source. C'est l'hébr. "i^""
que Fraenkel AFW p. 129 fait venir de sj^u> (1. »Jô)<|;s7,
champ, mais il aurait pu, avec tout autant de raison, le
faire venir de l'éthiopien. A présent, dans tout le Sud, Dt.
o
et Hdr., on dit — jj vhv. et qui doit être la vraie forme,
devenue "il!~ et 1^^, là où il n'y avait pas de J>. Il s'ensuit
que ce mot, au lieu d'être araméen, sei'ait venu du Sud, car
le sudarabique ^o me paraît exclure une origine araméenne.
Les lexicographes donnent ^^j = Ljo, comme collectifs,
avec n. unit. syj> et h^Ijo, mais voyez I Sîdah apud TA III
p. 197 en bas = Lane sv. yo. On ne savait si ce mot signifie
canal d'irrigation, K. el Addâd p. 222 et n., ou champ. Il
y a peut-être quelque rapport entre yo et le verbe aram.
"IDI, conduire, p. e. le bétail au pâturage, déjà avancé par
Gesenius Thésaurus sv., et Del. Jesaia p. 84, Levy WB sv.,
Stade WB sv. i3t, mais ce sens de iDl est sans doute
parce que le conducteur, "133, est derrière la bête qu'il poz^sse
à la marche; cf. l'allemand Trift de treiben, Kluge sv., et
m u s a r > akk. m u s a r û , m u s a r û , jardin, < aram . m e s â r â , > arabe
masârat et arrn. masarai.
694
aussi -,^, hétail au pâturage, vhv. de _^^, sortir le matin,
vhv. - Cf. isip , lande, steppe, v. sub ^3^^.
ii^j, ôâto^i court terminé par une massue, 341 en bas. V.
Socin Diw. Gl. sy., Marçais TAT p. 293, 6 d'en bas.
w - 3 ù ^
(j/._^o, épiyigle, Dt. et les dialectes du Levant, > [j^y^o, 341,
Ruzicka p. 117. Dans le Nord, gourdon long d'un mètre
avec un pommeau, 1583, 7; aussi en Afrique. Sur ce mot,
on lira l'article intéressant de Marçais, T A T p. 290 et ss.
et id. RMTA p. 430. L'archev. Cher le fait venir du persan,
0.1. p. 60.
■J^^, bagage, 1327,3. Stace p. 16: baggage; ib. p. 102: lug-
gage. Cf. Socin Diw. Gl. sv.; RD Gl. sv.: geriimpel, vieilleries.
i^j>, ta7iner, à ed-Dâhir, > ailleurs «^o et ^^^>, a, vhv. 1110.
Au fig. : x*jp aI \yuù, on lui a tanné le cuir, ou, comme le
dit RO p. 124: ^^\ ^O sybo ^1i iC«y> ^ ^^Li LJiS j.^,
lorsqu'ils trouvèrent un tel chez la femme d'un tel, ils lui
domière7it sur le maroquin. Partout en Arabie, ce sont les
femmes qui s'occupent du tannage, 1110; RD I p. 32 § 12;
Musil 0.1. p. 137.
- o —
XijtXx», pierre de foulure, 64, 22; 219 n. 1.
oi-j*3 = 'Ji-tJD = oLà-b, être collé à, 1221 n. Cf. Ges.-Buhl sv.
pDT. SAE IV p. 86,9, il y a oïjo, frapper = ^3^, mais
c'est probablement une erreur, ma JMJ p. 41. Si l'homme a
vraiment dit dabgat, que D. H. Mûller lui-même trouve
695
incertain, on pourrait le comparer avec l'hébr. p^i, frapper.
Cf. sub ^%jo et likjj vhv.
Ci/ ■
oij^^vjil^, glu, 1221 n. LA XI p. 383.
iCJ^L>, tresse, 866, 1 et 5 d'en bas.
liVjO, u, et son intens. iiû>, trépigner, battre des pieds, est
surtout des dialectes du Nord, 369; 673, Prov. et Dict. Gl.
sv., tandis que dans le Sud il y a sa variation consonan-
tique ^l3, vhv., cf. oijt>. On connaît la danse kjGo, 672 n.,
des Haurâniens et des Bédouins du Nord. — H. MôllerZDMG
70 p. 152 compare ce verbe et pDl, frapper à la porte etc.,
v. Ges.-Buhl sv., J^jo, LA sv., *_jo, uo, v'-^'^) -^^j ^"-^j
ujj», «io, vhvs. avec la racine indogerm. tw > tu. Je me
demande si le nom de la d a r a b u k k a , = d e r b û k a dans
la Marrib, n'est pas d'origine arabe, malgré tout. tîXjj», faire
du tintamarre en frappant, Eg. et Syrie, a pu donner AijO.
Le mot est inconnu dans le Sud, oii l'objet, un peu différent,
s'appelle jJl? vhv., voir l'Encyclop. de l'Islam sv. l'article
de Marçais. On pourra objecter que liU.o est un dénominatif
de darabukka, et alors Ai^ <iékj^L>, ce qui n'est pas une
procédure arabe; le vice versa est plutôt le cas.
l/~Joo = l/~yj 794.
Joo, faire des houlettes, 794 > J-j o vhv,; l'épenthèse par r
est motivée par son synonyme ^.o, vhv. cf. vj^ vhv. et
b:r\ Ges.-Buhl sv. - Musil o. 1. p. 384 d. 1. a J^ ^3^\ b \^^
.!*Aj oJi ^ q1uj>, attaquez, cavaliers: ils ont été (les chevaux)
répandus par (ou de) la main d'im semeur.
696
xJbo, houlette d'une chose mangeable, 1760; Frov. et Dict.
Gl. sv., cf. iCoo vhv.
id^b, pi. o'^jb, a skin of coffee, Stace p. 32.
xJ^o ou id^o, houlette, 794; Prov. et Dict. Gl. sv., diminutif
de icLo (obs. xJl«). Voir LA XIII p. 249. Un élargissement
de l/^Joo est J^o, vhv., LA sv.
^^L> aôn en roseaux pour le petit bétail 651, classique.
*Jjo<iiLo, 1760, vhv.
^•'^
bo, u, trottiner, 369 n., Tlemcen; Marçais, Ulâd p. 87; mar-
cher comme un homme malade, selon Doutté TAC p. 23. —
Cf. v"^, ^o, vhv. et sub ^i)oo.
j_^JÔ, a, tanner, fouler, 63, 16; 64, 21; 1110; 1111; < ^^
< t^o vhv.
^_^>3, to?i?ze?', /bze/er, intens. de(^^o, d'oîi l'infinitif iÇoAj', 1110.
ioLo, action de tanjier, de fouler, 65, 1.
xjG.^, tanneuse, fouleuse, 63, 15.
^^l\x) < ^c^Ax, towne, foulé, 1111,8, 10 = ^y-^.
sLXx, pierre de foulure, 64, 25 < ïoulXx) < xibuX^, vhv. aussi
prononcé matba^ah 64,25 et n. 9; 219 n.
^o, i, ramper, enfant, insectes, reptiles, 1110, courant dans
le Sud, Arabica V Gl. sv. RO p. 403 N° 64; ^^ 'I^' j^ j^
'iyLi\ L^ (jr?^^' ^-^') iout ce qui tombe de sa mère (= de sa
6ÎJ7
place) les fourmis {= » Aj't) rampent dessus, et ib. la note j^^o
,_yCii> Jc>b (_^l\J! ^^, ^es abeilles se sorit jetées sur ma figure
en masse, selon la traduction de Reinhardt, où ^^o est = ^L
vhv. Lane d'après TA. Cf. ^^o vhv. — Terrasser. ^p)\ j. ^[iC>,
il m'a terrassé et il est sur moi 1110. — Cf. v_jl>, v^'-^-
^_^j, petites sauterelles avant qu'elles volent 1110 n.; aLo n.
unit., ib. — Aussi appelées J^y^^ Dt. et class. ^^xi^=>, Schaade
Uhud p. 5.
^^o en "Oman, abeilles, iLoo n. unit., RO pp. 52, 12; 78,4;
174, 12 et 388, 13: ii-^o^ syoL> U-S' L^yoL=>, sa tozY/e était
comme celle d\me abeille. Cf. yo et j>3 vhv. En Dt., ^_^jo est
petites sauterelles, comme dans la lurah. Laqît b. Ya'^mar éd.
Nôldeke p. 110.
i^bo ou tbo, 20, 18; 609 et ss. — J'aurais peut-être dû placer
ce mot sub ^c>, vhv., comme le fait aussi Lane et Belot.
Dans le Nord, on dit debâ^ qui est n. gen. et n. unit.
ù 5
Mo, calebasse 612. Selon Stace p. 197: churning vessel, c'est
à dire une calebasse ad hoc; voir sub >-jo.
^i;^, i, pleuviner, pleuvoir fin et menu, 885. c:jA_j ^-kJS, la
pluie tombe fin, pioviggina, Habbân. I es-Sikkît K. el-Matar,
éd. Cheikho, t. à. p. p. 7: icà-vài^i a^pLjt g*^ iLiJJ!, et ib. :
ïLS^jlX-» (j:û.! JULj5 e^'jLXJ!^ ê^cXJt^. I. el-Qût. p. 287,4: .^c>
jLil JJix ^LfvJt. De môme, nous lisons I Sîdah IX p. 111, 4
d'en bas: lï'o olXj" [jc^\ i,i>jo «wà^j^às Ioa oAJSet ib.: iCàjjÀ:> _^l
698
LÎj» {jopi\ >^"0 1AJ5 c:j'jl> %^», i>^-»*-a^ «JaJî iLiJj!; cf. ib. p.
118,4 d'en bas. Figh ellurah p. 281. LA sv.: ojAJI, ^3^\
quelques exemples à l'appui.
Nous voyons donc que I. Sîdah porte ^^^^l c>oo, tandis
que son prédécesseur I. es-Sikkît donne iCJ^'iAxi ijc \, ce qui
implique la construction ij^J^\ o^o d^!, comme aussi dans
LA et dans notre dialecte. On observera en outre la diffé-
rence entre L es-Sikkît et L Sîdah concernant le pluriel
ojj); LA a o'jO aussi bien comme inf. (cf. sub 'jo et (j/.t,o)
que comme pi. de 00. TA ne fait que copier LA, et le
Qâm. ne connaît pas un pluriel ojo. Faut-il supposer que
les Arabes du Nord n'aient pas bien connu l'exacte nuance
sémantique de ce verbe, qui paraît avoir été plus employé
dans le Sud que dans le Nord. Tout ce thème pourrait être
une variation de ujo, voir LA XI p. 3, 7, 9, 10 et 12 d'en
bas, et alors congénère de io, x.iô, etc. vhvs., mais le sens
de ces verbes ne s'y prête pas bien, et il est plus probable
que c'est = l/~N'^"i, Ges.-Buhl sv. Cf. jj> vhv. et ii-oo vhv.
Aussi en Mésopotamie: oAj* LoAi! = o^^ J^^ y.L/j), il tombe
une pluie fi?ie, Weissbach L'ak-arab. p. 198 N° 20.
■ • Il est curieux de comparer le norvégien dysja (dosa), suédois
d2isk et le bavarois Diisel, d'une racine indogerm. *dves,
*dhus, de même sens, Falk-Torp WB sv. duskregn, Kluge
sv. Dust.
Boucher, Dt. Est-ce pour ^io? Cf. LA II p. 452,4 d'en
bas: w^vlP- oc)u!5 o^iL Mais voir ici sub 30 et ^j-j.
^o 1247, V. les dict, >yLco; Arâgîz el-^Arab p. 5, où se
699
trouvent les deux formes. Nos dialectes connaissent aussi le
sens classique: être effacé, oblitéré = ^y:> , vhv. yjb v^j^JI,
la route est effacée Dt. ^Lio »^' ^y^\*) b^LaJli xl^a! ^^bCl!,
V endroit appartenant à l'origine aux S. . .., mais à présent
il est en ruine, RO p. 322, 10 d'en bas. — ^So, 503 n. 1. —
^■3), ib., Nôldeke-Schwally Geschichte des Qorâns I p. 86 et
n. 2. — vL>^o est un autre verbe, et e^^^o n'est pas" une
métathèse de ce yico, Ruzicka o. 1. p. 231. Cf. ^J>^J>.
^yi'o est en Dt. = qJo, enterrer, enfouir, comme oi-io et
o«u>, V. les dict. et TA VI p. 341. On sait que le nom du
pays indépendant de Datînah est aussi prononcé Dafînah,
Arabica IV p. 9, Hafifner AL p. 24. Naswân o. 1. p. 35 a
x^ujjo = ^^♦JIj ^y>' L'ethnique est dans le pays même ^à^^■,
comme ^c^^ ^^ i:>uJ^« et Js^. de kJl^, mais dans le Târîlj
Tarr ^Adan d'Abu Mahrama, mon ms., sub Jw^JLo ^^ l\4.=>!,
c'est i5'4^'o. — i4>oo, petite, quantité d'eau. Qâm. seul.
Ijo, IjAj, en Dt. pleuvoir fin et menu, pleuviner, bruiner;
cf. ciuo vhv. — Glaser Skizze II p. 295 dit qu'une des quatre
époques de récolte s'appelle ditha, c'est à dire ^'j^, mais
voyez Arabica V p. 76. En shaurî, dùti, pi. detèta =
soqot. dote, est pluie de printemps, S.AE VII p. 122,5
d'en bas, Bittner St. sh. I p. 26. On trouve ce thème dans
deux inscriptions safâtiques. Littmann Entzifferung der Safâ-
Inschriften p. 47 : \jof>*, 'jl>5 et ib. p. 53 en bas : o^y^ IjOj =
Dussaud Les Arabes p. 109, où ily aaussi ^t\^ Ijo. Littmann
et Dussaud, o.l. p. 149, traduisent Ijj> par il a passé l'été. Si cette
traduction est bonne, il faut que tlo soit la II» forme du
verbe, en analogie avec ^à^^>^_ju.o, ^Lx-ii > ^_^;cJi, mais
700
classiquement on dit aussi bui, u. Avec ,A^ jj> on pourra
comparer Littmann o. l. p. 45 = Dussaud o. 1. p. 111: JJb.^
oo est en sabéen j}?*z?i/ewij9.s, ZDMG 46 p. 322 et pluie;
c'est aussi un nom de 77iois, Sab. Denkmâler p. 51. En
lihyânî, on trouve jo et U>^.f>, noms de saisons, D.H. Mûller
EDA p. 76 N° 27,2 et 3, comme en arabe ^^ est prin-
temps et nom de mois, vhv.
Or, nous pouvons constater dans les dictionnaires indi-
gènes que ^ji-^^ est pour ^jli^, d'après el-Asraa% Haffner
AL p. 34,11, Sîhâh I p. 11, 9, LA I p. 70,6 d'en bas,
Qâm. sv. et Lane sv.; cf. Ges.-Buhl sv. Nï'l. D'après moi,
^^•o doit être primaire, si l'on veut l'identifier à K~N'^l .
Une métathèse de j^ est le classique lXLS = (^jG, LA sv.
,^^3 est la pluie après l'entrée des fortes chaleurs ou la
pluie après le printemps et avant l'été. C'est une scnson de
l'agriculture arabe, qu'on appelle aussi ^o, K. el-Matar d'I
es-Sikkît p. 4, 7, 8 et p. 5, 4 et note 3, où ^ô est ^U.^! ^^ =
t^jr. Cependant, si 'jO est = lio, il faut aussi que ou>vhv.,
qui a un sens analogue, soit aussi une variation de oo, ce qui
me paraît pourtant douteux. Ayant constaté c:j ^ o , sur-
tout dans le Sud, très rarement dans le Nord, je suis tenté
d'attribuer aux deux verbes oo et L-io, pleuvoir fin, une
provenance méridionale, d'autant plus que jj> s'est encore con-
servé dans les dialectes actuels du Sud. cf. iCoo, vhv. JLc! iJJî^.
lo, i, faire du bruit en général, taper. — Taper des pieds
en marchant, piétiner, 369 = _^ vhv. I es-Sikkit (t 244),
?01
Haffner AL p. 64, porte: ^y^. bj^ '^^ ^.^[jLXiîj ^_^Ui] JULi
L5^A>o ,jV>'-\? '^y^ l^'-> o^"^ '^Z* Là-ot>to LliLo, reproduit par
I Sîdah (t 4 58) III p. 102 en haut et LA sv., où ^o et >_;j,
vhv. sont synonymes. I el-Qùt. p. 286 en bas: . . . J/ ^y, (jS^Ui -o
AiU^ ^^ylj UÏ' lA^yj -o ^^yCj "^ v;f«*j JIÏ5 ujj. I Sîdah dit
de même: Ijt^^ !>i>^ ij^^ o^^^ '-^'^ "^î' parce que la ic>o
est alors plus perceptible; il y a alors le bruit qui est in-
hérent à ce thème.
^ _^, terrasser qn., 369 = v_; ^ . 1195. — Pz'fer, broyer.
^^y^\ „o OU 3^-^î , piler le café, 369 = ^o et do vhvs. —
Frapper. iL.jxI:s^|j ic>o, z7 le frappa avec le poignard, 9, 13. —
Dégoutter, classique, onomatopée, 608 n. — Cf. ^o, 671,
vhv., ,.cs=>o, 369 vhv., e^o et ^Jk:>j> vhvs.
-b, lutter avec qn 369 = r-^b, ^oL et ^S^ vhvs.
_bl, /w/f^er ensemble corps à corps = - ,b!, ^^f et ^^L*.^" vhvs.
iL>o, 6n«'^ d6s p^'ecZs en marchant, tapotement, 23 n. 5 =
iCxAÏ vhv.
_JJ, cow^) donné. „lL« «'Ai!, 27 ^m2 domia un coup de façon
à le terrasser., 369. •
5c>ÏJwo, inf. de -,b, lutte corps à corps, 369.
Il y a, dans tout le Sud, un autre verbe -o, qui, d'après moi,
n'a rien à faire à celui qui précède. JJJ! UJLc „o , la nuit nous
survint, expliqué par UJic ^o, = Nord w^-co p. 684, 3 d'en bas, ou
UJLc J^>.^, Hdr. p. 194. -^ et ^Lo vhv. sont synonymes, LA sv.
cUvJ! c>^o ou i,:^:>\:>j, /e ciel s'est couvert de nuages, il est
702
devenu sombre, comme Naswân o. 1. p. 36, 1 : ^U-
c>.4^" ÎJi. Ce sont là des expressions courantes dans notre
dialecte. Il me semble que -o s'explique mieux par couvrir,
.jc-%^i ^J=>J, Qâm. sv., voiler, que par _o = ujj, qui sont
bien synonymes, mais par une voie différente, et alors J-JJI ^
peut aussi devenir synonyme de JsJ-f! v_jo. En tout cas, -^,
= «j;o et é^, vhvs, n'a pu donner lieu à un _o, voiler, cou-
vnV, qui a des dérivés nombreux: J:>o ^ j^^-Li:, LA sv., >
tromjjer, mentir, rùXl, et cacher la vérité, I. el-Qût. p. 288, 6;
j«^o = jjL^!, LA sv., accouplement de V~^o et V~^, voir
sub (j^o; Qq>o, être assombri (ciel) par des nuages, vhv., LA.
sv., L el-Qût. 1.1., L>o, u, vhv. Cf. ici sub J^o. Cette racine
^ dg se trouve peut-être aussi dans (rréyco, couvrir, tegere,
couvrir, comme je me le suis noté, il y a déjà trente ans,
dans mon M. et M. et sur laquelle voyez à présent H. Môller
Sem. u. Indog. p. 76 n. 2, Boisacq DEL G p. 905, Walde
EWL sv. tego, Falk-Torp EWBND sv. tag. Bien avant la
publication du savant danois, j'avais constaté l'affinité des
vocabulaires sémitique et indogermanique, fait qu'on a gran-
dement tort de vouloir ignorer.
ic>j>, obscurité de la nuit, aussi J^'i ic>o, Dt., Hdr. Gl. sv.,
= b>jJI vhv. Beaucoup de mots de sens analogue sont sur le
Oî Oî 0>û> 03 03 û)
paradigme Joù ou icbé, tels que ^yo >— J:>, »^>A=>, iiU.>o; ^o,
iC;j>0, ,c^^ ^^^'-^j ^■^1 '^-^F^'^^} àLwJo, Kjlb, a,(Ac, ïwlXc, etc.
C
,Jc>o, intens. de -,o, tapoter. „lX>j>ù" iLcLJî, ^a moyitre ou
G • ' G ' " t.
- o
?a pendule fait tic-tac, Dt. = ^f^ ou «^uUJ vhv. o-o_j L«
703
Jûilwî Lo (vhv.) J.>! ^J^ L^xJL. ^XJui! vi:A.:>t\>v>5 b.uXjtl! ^^ OM^biî,
je w'a2 pas î;2f la route à cause de Vobscurité et j'ai tapoté
avec le bâton sur le sol pour ne pas tomber Dt. RO § 398:
klopfen. On voit que ce sens de V~^'^ n'est pas limité à
notre dialecte.
_lX:>^, orgelet à la paupière. (jytJ! j. -Aj _iA>L>Jt, V orgelet
6a^ cZa'ws TodZ, 369. On le perce, y^, avec une s^xxi ou avec
un v_3yi;s^u«, peiiY éclat de roseaux du b.LXi! -b^ . Cf. J^.?^,
ioo, oL^ui et H.AX.i; vhvs.
^•A=>u> est d'après Yahuda ZA 26 p. 351 une selle chamarrée
d'or et de pierres précieuses pour la monture d'un prince.
Il cite le proverbe yémanite: .L*.=> ^_j-s -.uXj>o, mie selle
dugdug sur un âne. Cf. „o et ,:?oo, couvrir,
^q>o, 2;î5'?za sinensis. Nihâyah II p. 13 : ..=>o>, ^j> et ^o
avec ségolation, haricots.
^o, e7re assombri (ciel) ^^ar rtes nuages, LA sv., I. el-Qùt.
p. 288,6; voir ici sub Z.o. Diw. Qays b. el-Hatîm N° 3 v. 4,
ù , o _ or
oiï qL=>oî, pi. de (^>o, = v_jL5^...vJI ^JuS\. Dans notre dialecte,
je ne connais que J^t iCL^o = J^f ^ul/L (iulli').
V. r;^' — err''^, passer la nuit hors de la maison, découcher,
courant chez les Bédouins d'el-IIogarîeh, Yéman. J'ai entendu
la phrase suivante d'un Bédouin de Belâd Màwiyah, dans
el-LIogarieh: an a hantàrtuhum sa ru min ""andena
u enta bihi^ibrùthum. Eyna rallàsta-1-ley la u ùyna
704
daggèyta, je les ai vus partir de chez nous, et tu étais
dans leur compagnie. Oïl es-tu allé ce soir et oîï as-tu passé
la nuit? ').
(^^so, obscurité, Dt., on écrit aussi b>o. I Sîdah IX p. 37;
cf. l3o, vhv. = xjLj', ib. p. 40; sur- la forme Jsjù, voir ici
p. 702 en bas. On l'emploie aussi sans JvJJî, Hdr. p. 569 n.
^,_^jJî^j^, Dalman PD p. 226 N° 10 v. 1 et p. 227,3,
n'est pas la pleine lune de l'obscurité (qui est un non sens),
mais (comme) la pleine lune dans une nuit obscure, ce qui
est aussi une métaphore assez orientale, comme Diw. Hodeyl.
Wellh. N° 152 V. 2: ,=vw * ^^!, l^xxJ ,wv...l*_> Je Ui , ii
...i^,_j>jJ) j ^j^î jy^"^ Ja « ->, ... si ce n' est quelques filets
rayonnant comme la lumière dans la sombre nuit, et comme
le dit (janûb el-Hodalîeh; Marâtî Sawâ^ir el-^Arab I p. 84, à
propos de la mort de son frère:
£'i ^e jour tu étais son soleil (= le soleil de ce jour). Et tu
étais, dans l'obscurité de la 7iuit, une nouvelle lune (qui
l'éclairé). L'image dans ces deux passages est la même, elle est
fort belle pour les Arabes. ZDMG 60 p. 7 (Farazdaq). (I)lak
waghe kalmisbâh yudauwi fid-duga, -), tu as un
visage comme la lampe qui éclaire dans l'obscurité, Musil 0. 1.
III p. 249, 14 d'en bas. Socin Diw. III p. 71 veut que
diga < ^^r^ ne s'emploie que dans la poésie, mais ce mot
') Oa observera ici w-jyxjj>, vhv., o^.wJ_c vhv. et ^y^} • Vu les
innombrables exemples que j'ai réunis des restes de l'ancien l'râb,
je suis absolument persuadé que l'arabe a vraiment été une fois ainsi
parlé dans toute l'extension de son /lafeiius classique. Voir ma LA p. 6 ss.
2) Le poète a sans doute écrit et chanté: lak waghe kal-mis-
bâhe yidwi fid-duga, car le mètre ne lui était pas chose inconnue,
comme à Musil, professeur d'arabe.
705
est très courant dans les parlers de toute l'Arabie. ,y>b est
employé dans le Sud, où l'on dit ^_^b J-aJLJ), le nuit est
obscure. Les Bédouins ne peuvent l'avoir des savants ha(^ra-
mites, avec lesquels ils n'ont point de relations. Un Bédouin
de Dt. me dit: '^àrrëna nisri tàu wem-lêl dâgi ahsan
ma nintëfiq qôm hasîm, allons partir tout de suite, la
nuit étant obscure, afin que nous ne rencontrions pas des
gens ennemis. Comme dans ce vers
Et blanc de la bla?icheur de l'eau du fer, à l'instar
D'une flamme brillante dans la nuit profonde
Hiz. el-Arab III p. 485, 16 Howell I p. 1701, Streitfragen éd.
Weil p. 70, et cf. sur les derniers mots L A VI p. 243 en bas.
V --0, 1333 n. -o, taper j choquer, pousser. Métathèse de
1/~>A>, vhv. Cf. lo, Jo, u, -.U=, j-^j, ^û, ^>o, ^y,
*.Aj>o, oL:>o, Aj>c>, |«j>o, ^^^, '^^^, vhvs.; nm et nni,
Ges.-Buhl sv., ,^o vhv.; mais aussi g_3, I Sîdah VI p. 112, 12:
t|^ww co JJoo ^o; voir sub tj> et Ji^. -o, cacher, propr. m-
troduire en poussant, est de la même racine; cf. (Jij>ô.
...^^o, a, battre, frapper, rosser, ^y^ |9-^=>'->, ^'^ ^es frappa
avec une tige de calotropis. procera, 41,7 et ib. 1. 12; 974;
1545. Synonyme de ^, 974, vhv. Pour le Nord, voir 974.
I. el-Qût. p. 289, 3: ♦jo'il e)jjo U/ ^/jX !ot \.s^lXj «Jn^J
,ix*asî _^3 t3''->^L. jLfijj . C'est donc racler qn.
Je fais ici observer que le nom des Madhig, subdivision
do la confédération dos Ma^n, Arabica IV p. 39, n'est jamais
45
706
prononcé «is^Âx, avec d. Mais Naswân o. 1. p. 38 porte:
jUij^ (iOCiiAj) i>XJo !oî s-^c^ j^jp'^î ^N=>3 JJLj iOCii _^j ^jo"^!
Ho^_^î uU£ ^j ,:^^. \3\ L^jJ^ "p^l c>^:^\^3. Et ib. p. 38 il dit
que ,iOtX-^ est x*:^ijw ^^ ^Uj^tjw JLvILi ^s=>Js-< j. icij. Les
deux formes sont donc bonnes, quoique „%:>l\x> soit naturel-
lement primaire. I. Kaysân, Comm. de la Mo'all. d'Imrul-
Qeys, ZA 29 p. 10, a ^-oxAaî que l'auteur a corrigé en .^i^ô^.
L'auteur de Turfat el-Ashâb, Index Dt. 1873 sv., écrit:
'iU^\jt^\ JÎJJL ^s^lX^. 'Abd er-Eahmân el'Irâqî (t 805), dans
son v«ytit iLj^ J. ujaj! (Bombay 1313), écrit partout -;s:>uXx,
de même que Abu Mahramak dans mes deux excellents
manuscrits de son ^Ac yo ;?o^Lj'. Yâqût sv. o^*j donne la
même étymologie que Naswân : ^s>Àx), une colline de ce nom.
On voit donc que l'étymologie de ce nom est assez obscure ').
y>j>, a, pousser, repousser, chasser, Dt. 1333 n. 1. L Sîdah
VI p. 111,6 d'en bas = ^>i->o et ^o. Stace p. 133 : J~j>Jo" "b,
doti't push against 7ne = j^J:,.s>ô^ '^. Une métathèse clas-
sique en est _^o, Qâm. sv. Mehri dahâr, donner des coups
de cornes, selon Jahn SAE III p. 172, Bittner St. mehri II
p. 10, 12 d'en bas (où dahâr, f. d'impr.) = sh. dahâr, id.
St. sh. II p. 61 en bas; définition de Jahn trop restreinte.
^ y>o, accuser qn. de qc. chose par un faux témoignage
ou lorsque les apparences sont contre lui, Dt. Cf. ;y>^ vhv.
1) Ai-abica IV sera plus ôlabon'' dans ma GcograpJtic de V Arabie
du Sud qui paraîtra plus tard.
707
^>vAjî, se mouvoir, bouger^ en sa^hî, BBRAS 1902 p. 267.
^j:>L>, rouler; faire des tours, se prome?ier, aller par ci, par
là, herumgehen, 975; < _. .o avec contamination de K~_o,
Il y a aussi -^^, marcher vite, LA sv. ou le » est ou un
affaiblissement du - ou bien en vertu d'une contamination
avec V~^j> = V~j^c>.
iC=>jS>j, pelote. Nord, 975; pi. _^L>l>.
(j*^:>j>, a, écorcher, enlever la peau; déchar ner; écorcer avec
le couteau, Hdr. Gl. sv. De même en shaurî, SAE III p. 133
§8. Cf. ^j=>. En "^Omân, dissoudre, détruire rendre nul, vain,
RO § 235 et § 259. Le sens primaire paraît être pousser
dedans, LA sv. 1. 12. ^J^J ^:>-v^=>j', I scraped my foot, Stace
p. 149; aussi en Dt.
ù
y*^:>t\i!, être écorché, s'ecorcher. ^çJ^ u:aamj>aj!, 7ny foot ivas
scraped, ib., aussi en Dt.
^jij>>j', a, heurter, choquer; repousser Dt., = ^=>o, whv.; presser
en poussant, serrer, Hdr. p. 350, ma Festgabe Gl. sv. oi^o. —
En Syrie, fourrer dans, cacher : o>J?vXl! c^^' auiooî , fourre-le
sous le lit, = j)^; la 3^ radicale est motivée par V^^Ji^^; voir
sub -,o. (J^:>o n'offre donc pas une variation morphologique,
comme le pense Feghali p. 38 n. 3, mais une trilitéralisation
-- Cl ,
d'une racine primaire bilitère. En Syrie, ij^y>^, fourrer
dedans. Au fig., faire l'amour avec impétuosité, Hdr. p. 430.
ijix=>L>, foule, cohue, Dt.
7ôg
ii^o, cancell, abolish, selon Stace, p. 196. Je ne le connais
pas. C'est en tout cas pour ''^<^:>^, car dans le Sud on rend
le (jo le plus souvent par
Jb,
* ^
vJJj>L>, a, fy'apper des pieds, piétiner^ heurter, stossen; fouler^
> marcher; s'en aller; ma Festgabe Gl. sv. C'est chez les
Bédouins du Sud le mot le plus courant pour marcher ou
aller à pied; ^^.^ n'y est pas employé, 85, 4; 92, 8; exemple
SUb ,j^cO. ,_o' oi^Aj "^3 ^UJ) OÏ^lXj ^ . . . ^jds> Ji^ , H.
Jura . . . quHl ne marcherait ni à (ne se rendrait pas) à el-M.,
ni à /t., 137, 10; obs. l'accusatif après oi:>o; propr. : il ne
foulera pas le sol de. 0)5 j^ ^Ji:=>J^^ Ixs^XLa ^jis>L>J ...vi^ujCIib,
comte, tu 'marches clans nos villages etc., 156, 2, propr. tu
foules, c ,Jî ^i ^^pOi:>iA-j, le bétail marche dans le champ de
verdure, 617,11; 1154; = ^.Jt^ vhv. 1181 = ^o; 1268 = ^U;
1321 d. 1.: [J}J^^\ ^}s. oi^J»!, marche par le pays des Eanas.
Un rimeur des 'Awâliq a dit (commencement de la poésie
467,5):
(^lXXJî J^ oIs.lXj .IjUcJî «^ ^'O iCi Jt^î J^ ,jr^ Ui\-A l\«a« b
0 Sa d! je n'ai pas peu de connaissances,
Certes, je passerai avec les poètes au pays d'el-Kadâ
(v. Index sv. Kadâ).
Dô'an a dit dans une poésie: ^ J^JÎ vW^' cj^ vji^oî, marche
sur les dents des serpe^its (v. sub jjjp').
s^'-j^, 'ijs:>ô tj%j^'^i »jJ-lw vJij-Iai! ïlLJî, es-sinnah est la
roide (pie les anciens ont tracée; ils y ont marché, ou l'ont
foidée, et ils l'ont défrichée, 890,8. oi^-kJî \^jS^, expliqué
709
par: ^L^î J.3 J^î J. (i^jx^ko ^xj îyi>o, 892, 5. ^j^^V^ Jv?^
iAaxj (^ L^;cJi:>o |5-,-wJ^ vJMjIaJi J^, ^es chevaux marclient sur
la route^ ou piétinent, et tu entends leur piétinement de loiji,
Dt. Comparer cette phrase datîaois avec la suivante du
Sihâh II p. 472 en bas: 'j! eUJ»^ |^>ô >>«Aj ^ (j/v^sJJ ^3LiLJ
î^,-y:r lP;"^' q^ sJyj.*v *s,j "^ L^. ^Jc\xJ ^j", Cela a été traduit
par Lane en expliquant j.:>l\j yo p. 857, par: he went along
throioing out his fore legs without raising his hoofs much
from the ground. C'est donc marcher un légeY trot, comme le
rend bien Kazimirski. On voit ici la parenté de uA>oet'L>u>.
Un datînois me dit: L^JLc ^,i>Ji=i>o Uj> joJ:^\ iL*,ixi> c>jtf-w,
j'ai entendu le craquement du cigare lorsque tu as marché
dessus. Aussi mehri dahâq, treten, zu Fuss gehen, Bittner
Studien I p. 23,6; II pp. 19 et 12.4, = sh. dahâq.
El-Asma^î apud Haffner AL p. 72 d. 1. dit: oi=>j> ^l> J^
= I Sîdah VIT p. 17, 2= LA XI p. 3S3, 2 d'en bas et ib.
p. 384,8: jyki! v_a>l)Jî. Le classique he droio him aivay
n'est pas incompatible avec le sens de Sud: ]/~ o = I/~oo,
pousser. En tigrina, selon Littmann, DLZ 1909 N° 49 p.
3097, de kêdâ, battre des pieds, fouler, s'est développé le
sens d'aller, marcher. L'analogie est parfaite. \J^c> est sans
doute un accouplement de -o et 00, si ce n'est une pro-
nonciation pour oico, vhv., qui est classique et dialectal,
chez les 'Awâliq, 890 n., mais 1^~^^ = ^~ç^ vhv. I Sîdah
enregistre, III p. 106, aussi ïLoUj ^^i iicy^ ^-Jl^i, et LA
sv. ajoute après cela: î^^cj. La métathèse de oi^ est iiÏP,
marche rapide, Yéman, Qâm. et TA sv.
') Sur ce sens, voir p. 82.
710
Sur oi-^o et liL^o, voir ma Festgabe p. 71. A Sabwah,
marcher est «io'et *J50, vhvs.
La racine simple -o, 1333 n., qui est proche parent des
variations çc>, ^o, oo et Jo, ma Festgabe p. 72, a reçu
beaucoup d'élargissements, voir sub -o, pl> et ^ô. Cf. pm,
Ges.-Buhl sv. Les racines qui ont pour sens fondamental
pousser se sont tellement enchevêtrées et fondues les unes
dans les autres, qu'il est difficile de dire où en est la base.
Cf. ;?'3, v_jo, tjo, oi£l> et oi^o vhvs.
Les significations dans les dictionnaires de la lurah de
où>L> représentent une diramation sémasiologique, tandis que
celles des dialectes du Sud en représentent une autre, mais toutes
les deux proviennent de V~^^ + ^) qui est motivé, ainsi
que je l'ai dit plus haut, par une contamination avec ijjo.
Nous avons aussi S^ et iA.5=o = s!^!, 'jop)\ iA-?':>, Qâm.
seul, fouler le sol, mulierem comprimerez mais je ne crois
pas que oij>o ait fait directement i^LP^, quoiqu'ils soient
proches parents.
v_*=>o, en Mésopotamie, regarder, fixer attentivement^ observer,
Weissbach Irak-Arab. p. 38, 8 : c>->h> J^ oi.=o v,l>jLJI _^I j^ls
^-jjjJî, le père de la fille se suit à regarder la tente d'el-D.;
autres exemples ib. pp. 61,14; 62, 14; 88,6 et passim dans
ces textes fort importants pour la lexicographie dialectale.
Ce verbe est une métathèse du classique et dialectal oiA:>,
intens. de oA>, v. les dict., Dozy S. et Fleischer Kl. Schr. II
p. 497. Il correspond, comme sens, au nordarabique bédouin
j^, vhs. Cf. yc> vhv.
vJl=>L>o! se dit du ventre proéminent, q^^^î vJi:>L>o!, cité par
Lammens Berceau p. 243 n. 3: ^^j-^^-J! oL>l\J!, embonpoint,
d'après K. el-'Uyûn d'I. Qot. p. 269, 15. Il se rencontre aussi
711
dans une Tradition, Nihàyah sv., ce qui est reproduit par
TA sv. Dans ce sens, c'est un élargissement de K~-o,
qui a donné S^>^, vhv. et les autres verbes dérivés de même
sens; cf. J^o, p. 712, et l=>c>, KJiL>o = i^^^^-J! .iU-xi!, LA sv.
est un accouplement de J^o et 'ji=>^. Ces mots sont très
rares, et à ce titre je les fais figurer ici.
vJL>L>, piétinement, l'action de marcher. J-^j^t Ui^o, le pic-
tinement des chevaux, 1215 n. 1. vji=>^t o^^j 673 = 'ik^.^ vhv.
dU:>L\j ^_cx=>, salut et bonne arrivée! 1579, 13.
iLij:>j>, piétinement^ pas. ^^-à^Lj ...j.^>ciii ji?.! J. Lj_^ "bJ ^^js^'o
G , oc ^ ^
cUii! ^5 LL;cfi:>L> y) j_yuj ^ Uj^^^., rwws autres, lorsque nous
marchons dans le pays des enyiemis, nous retournons nos
sandales afin que l'empreinte de notre pied, ou de fiotre pas,
ne reste pas sur le sol, 1272, 8. — J^-j^' Oi>L>, le talon =
j4-y' »^^) vhv.
Snouck ZA 26 p. 238 et n. 3 explique ce que c'est que
o -
AJbx-xJ! J^^t. C'est la haute classe des santons qui, par la
grâce d'Allah, ii-xt^y, sont à même de se transporter, d'un
seul pas, K_2=>j>, d'un endroit quelconque jusqu'à Mekka. C'est
ainsi que le Prophète se transporta à Jérusalem. Les traces de
leurs pieds se trouvent encore par ci, par là dans le Sud,
oîi les oL>!LX/<i des saints hommes, les endroits où. ils ont
posé leurs pieds, jouent un si grand rôle dans la superstition
des croyants. Les chrétiens ne sont point en arrière sur les
musulmans, et je n'ai qu'à rappeler le Quo vadis de la
légende chrétienne. On trouve même près du Caire le sanc-
tuaire de ^Jr^^ x'^'> ce qui n'est autre chose qu'un ancien
sanctuaire de Hator nûb, le Hator d'or. — iui>!j, pi. oi:>!^o,
712
soulier, 348 n., chez les Rassâs; cf. ce qui suit. — oj^lLi
= endhaq est en sh. pantoufle, Bittner St. sh. I p. 33 =
l'arabe u*^£l\-< vhv. — ^y>A-^, se dit de la route: oijr-kj!
o^cUî, la route battue, 890,7; 893,5.
jj>o = ^^o, être corpulent (ventre), 1760; I Sîdah II p. 28;
XIII p. 283; cf. oi>u\jS, vhv. ^^ ^Joi est en Dt. ventre
gonflé, ballonné, < ^<Xa , à cause du -.
O 3
J^L>, lézard noir au ventre blanc et vert; venimeux, Dt.
i)r^^, qui a le ventre ballonné, Dt.
J«j>o!, se dit du ventre qui est gros ou ballonné, Dt. Sihâh,
Qâm. et LA sv. portent J«.=>o = ^Ja^\ j> .« la r , avec le sub-
stantif Jc>o, embonpoint; cf. les dict. sub x;l2j -b, his belly
was or became îoide or distented, Lane, et ^^ t-r * lî L>o, ^z's
6e% became sioollen or inflated, Lane. Cf. ,^ î-r * H ^L=>AJÎ,
vhv. Le l^^p-'^ a ici un autre sens que celui donné sv.
Cette V~^c> a en outre donné ^^, être gross, corpulent,
p. 71 1, et aussi, probablement comme suite de cet état, avoir la
peau flasque LA, Qâm. et TA sv., synonyme de ^o, ib.
Ruzicka o. 1. p. 226, selon sa théorie, appliquée à presque
tous les verbes quadrilitères, a J^o < J.=>o, mais J.=>^ serait
tout au plus le transitif de J.:>3, tandis que J^o et ^d
seraient intransitifs, mais nous ne connaissons ces verbes
que dans leurs dérivés adjectifs, qui indiquent bien un verbe
intransitif. L'infixé me provient de K~Jw«j.
^o, démolir, ruiner, Dt. = J>>-5' et ^1^. Dégémination de
yÂô, et le „ est motivé par une contamination avec j*:>o>
713
vhv. en analogie avec r*.^^, sauter sur, vhv. <^, sauter,
vhv. ou bien le _ est par contamination avec V~ ^ vhv.
affaiblissement de V _o. On dit aussi, avec affaiblissement
de la gutturale, J?o, vhv., comme Socin Diw. Gl. sv. qui a
entendu — *-f-b. Cf ^^^j vhv. Par l'interchangeabilité des
sonores, ^r^ a fait J^r^, vhv. et, avec l'affaiblissement de la
gutturale, ^ù vhv. On trouve aussi ^c> en sabéen, D. H.
Mûller EDA p. 38.
J.v>o, faire rouler par terre; démolir, ruiner, Dt. = J^/;
voir jé.^=o, .y>j et JJ?^. Classiquement, c'est aussi rouler,
tr., = -.,>o, I Sîdah VI p. 112, 1, LA, Qâm. et TA sv., >
Jw^o, synonymes de -y>o, I Sîdah 1.1. et TA sv., avec la
seconde métathèse (Jb>v>, rouler ou jeter de haut eyi bas, tr.,
précipiter, LA sv. = ^^j>, j^^^^, ^î'^, vhvs. Le point de
départ de ces verbes est sans doute V -,>-> pousser, car en
roulant ou pousse, comme aussi en démolissant. Si l'on
pouvait admettre une l/~-,o, e7re ro?zd, bombé, ou pourrait
ramener les sens si différents de Jw=>o, J^o, >)^o, JJi:>j>,
e7re gonflé (ventre) LA et Qâm. sv., ^r^, remplir V outre =
la gonfler, et ^^J^^ oi=>Aj!, vhv. au même point d'origine
que les autres verbes où entre la V~r''^ et qui veulent dire
roider, tels que J.ro, J^o, jJb>o, -j>o, etc. Mais ici je n'ose
me prononcer. Je suppose que jr^ a donné J^o, r > 1, les
deux employés en Dt. et alors J^^o, rouler, pourrait tout au
plus être parent éloigné de J-r^, démolir.
Q=>L>, a, pousser avec ou sans force, wegstossen, refouler,
heurter, choquer, 1333 note. — Donner une poussée avec le
brc.s ou l'épaule, etc., empêcher, 1606. — Ecarter, éloigner,
faire place, mettre de côté, et alors = ^-=>^ ; voir q-^'-> • —
714
^^Ji^ Jsc j^^fiU . . . ^^ vi^x> ^^ ^o gv«U ^ ^1^ ^\ ^css^ Le
JiLJl q:>iAj" iCA/oj^i qUJ', ye îie me laisserai pas repousser
(de mon pays), à moins que la haute montagne (où je suis\
ne soit repoussée de sa place .... je ferai sur ma tète un
abri de fusils roûmis gui repoussent le mal, 143 N° 70 (où
dahàn = ^^o). (j>_LI! ^y, ^L! ^=>^. ^yc^^, la palissade
refoule l'eau loin du champ, 1333, = -^Ju vhy. Les diction-
naires ne donnent pour ,jj>o, a, que le sens ^' avoir le ventre
gros et pendant, synonyme de J^-=>o, vhv. et ses dérivés.
Mais Sams eruiûm p. 36: j^y>jJt U^ ^-oiàJL. Jot«j Joù ^^o
^^j^! ^\ iLib ^saJ!. C'est une amplification de K ^.J), qui
a donné tant de dérivés. Dans le Nord, on se sert de son
synonyme ,*-:>o, repousser, I. el-Qût. p. 287, 19, et *_=>b
y a un sens obscène; Socin Diw. Gl. sv.
,^^_=>iA_iî, être repoussé, écarté, s'ôter, s'éloigner; se laisser
repousser, écarter, ôter, 600 n. 1; voir ex. ici 1. 1. ,.:^"
j.ylJ! ^j^ iLit ^j=>^>J^. w^A« (Jvc iUwJî ^j^ X^^^ r?^^5 i^^ tasses
les arbres avec des pierres placées dessus, en haut, afin que
Veau soit repoussée de la levée de terre, 87,20; 1606.=
^^oî, s'écarter un peu, se 'ranger de côté, 153, 5 et n. 4. <
^^'ol. Do^an dit dans une longue qasîdah:
Cece est ce que dit Do an dont la demeure sait se défendre;
Il sort le matin et rentre le soir avec les troupes des Himyarites.
^^o, inf. iwyo^yt Q=''->> ^« poussée des fusils, les coups des
fusils, voir p. 263, 3. Un ragaz porte:
715
sy>^^3 Lj^! Qtv> (^ (jr?^ L. L i^y^y' cr^^ Js.=>UJ! (^^j>JtJ L.
Aujourd'hui, ô Allah, ô '^Obeyd le NâflHte,
Et les porteurs de fusils qui dissipent les soucis!
Nous allons passer au littoral yar (avec) la poussée de
nos fusils roûmî:
(Car) nous ne voulons être (pris) entre les Pléiades et les
étoiles (= être envahis).
^_^\^\ cr^^) même sens, 545,3.
L>o, i, u, = L-:^^, 1190 n. 2, pousser; jeter. Etendre; ce
dernier sens est probablement secondaire, le sens primaire étant
pousser, taper, voir -o. Sa métathèse et Sl\:>, vhv. I el-Qût.
p. 291, 15; I Sîdah VI p. 112, 3, ib. IX p. 115, 5; LA XVIII
p. 275 et p. 276,1; ib. XIX p. 327, d'en bas: JJl^ kS^^^
xjj>o. Lorsque el-Kisâ^î rapporte la forme 1 g .*."^, ib. d. L,
ce n'est que la prononciation dialectale ^_^_s^_Ij ou ^j-:s\l3, à
cause de l'aoriste ,_^_^5Lkj, processus que j'ai exposé Prov,
et Dict. p. 60 et s.; cf. sub J>j>o, Ce verbe s'est conservé
dans les deux sens de pousser, jeter et ^'étend^'e. ^_j-=>^
^Ls^^! Jy-wJt, le torrent a rejeté les pierres (du lit du fleuve),
Dt, comme Qor. 79,30: L^L^j) dUo Ck-x^ ^^\*, = l Sîdah
IX p. 115,6, où aussi ±lLA\ j.:>l\Jî et Lâmîyat d'es-Sanfarâ
V. 43: «-'-e:"^ L^L:>j> v'— *-^) des dés qu'un joueur jette. LA
XVIII p. 275/6,= ^^, et ib. p. 276,3. Meissner NAGI
p. 121: daha, stossen. Beaussier sv.; cf. vJi:>o.
') Pron. 1 i "^ b i r = granini. j^*J , comme aussi 1 i g i = ^^^
716
^^b, étendre, Rôssler M S OS III p. 22,3.
,_y>ô est une danse chez Musil o. 1. p. 198, 13 = ^Lw, vhv.
j^^=>S, petits cailloux en sahhî, BBR AS 1902 p. 267 et ib. p.
268, sable mêlé de cailloux dans une vallée. Sur la provenance
de ce sens, on lira ce que dit LA XVII p. 276 et el-Fâ^^iq
I p. 351 = Tab. Gl. sv. L=>u>, de v^^'' y^^ ^t de ,^^'a!< =
.L^S, au jeu- de billes (qui ont chez nous remplacé les pierres).
jC*>o, coll. ,^c=*^5 est chez les Béd. de la Tripolitaine et du
désert lybique, oeuf, Hartmann L L W p. 45, 2 ; Stumme
MGT Gl. sv., où s^-=>J', coll. y=><>, oeuf d'autruche^ selon
Wotzstein, et Stumme TTBL Gl. sv. ^y>o>jy>o, 7iid de
Vautruche; cf. Marçais RM TA p. 430 sur la forme étrange
que donne Beaussier ^^^^ pi. -'^=>^, couvée d'oeufs d'autru-
che. Cf. LA XVIII p. 275 sur ^^^o], '^L^p-M, «\.=>o! = (jiaxyi
*1jlJî, expliqué par bi^y y>Aj" iCxiLxjJt ^^^. Dans ces milieux
primitifs, on ne paraît donc pas avoir connu l'oeuf de poule
ou bien le mot ij^ ne faisait point partie de leur parler;
Hartmann dit, o et 1.1., que 'x^^ est connu, mais non employé.
.^=>j, roider, tr., Dt. = .y^o, vhv. = -y>^, vhv.; ma Fest-
gabe p. 34; Stace p. 145 sub rolled. Accouplement de -o
et ^^o, plutôt (ju'une dégémination de y>o, mais, dans ce
cas, le 3 est motivé par contamination avec V~pc>. Une
métathèse de ^y>^ est j^o>.=>, vhv., comme V~0o l'est de
V~„o. Cf. ^^o, J»^ et ^*A:>. vhvs. Voir sub jO^=>.
717
^»
y>j>, être petit et chétif^ > ^o, 763.
JJ>o, u, entrer. J^ J^^, 772, aussi avec ^lî et V) expliqués
773. L^JLc Jc>l\j3 L^ dU*j iiUJ> l)uL£, alors il l'épouse et con-
somme le mariage, 865, 11. Jk J^^ est aussi chercher pro-
tection qu'on entre ou non dans la demeure de la personne
dont on demande la protection, 1479. C'est pour i^\ ^}s. Jci-o,
1262, 9 d'en bas; 1479, 9 et ss., 1790, 1791, 1. Sur la portée
de ce (j^ J^^, voir Musil o. 1. p. 844 ss. J'ai aussi écrit
un mémoire sur la '»i=>c> du nord que je tâcherai de publier.
Voyez ici l'article sur Asiles et protection p. 1781 et ss.
J^ Jc>>3 aussi ejitrer chez quelqu'un, RD Gl. sv. ^^ Sà>^,
s'entremettre pour quelqu'un qui cherche protection, &_i_c,
auprès d'une tierce personne, 1790 n. Dans une inscription
safâtique, Dussaud Les Arabes en Syrie p. 137, nous lisons:
brn î i<pb) ikSD mn rbriD i'p'?^ ddî^dt ^^id = î^ Uw^^ ^ji
JJ>o ^3 ^^3 !j-ïLw -3.3 o^, ce que Dussaud traduit par:
a^ors 27 s'est éloigné tandis qu'ils ont séjourné parmi les wasm.
0 Allah, protège celui qui se met en marche et accueille celui
qui entre. Il s'agit sans doute de quelqu'un qui avait pris
la fuite J5 et qui est entré au Safâ pour se soustraire à
un mauvais traitement oiJ à une punition, ^a J^o, conclure
un pact avec qn., Nord, Musil 0. 1. p. 26 en bas = ^ ^J^ vhv.
jJ>o, faire entrer le nouveau ^narié clans sa demeure auprès
de sa femme, 37, 16; aussi faire entrer les nouveaux mariés,
28, 1. — Offrir l'hospitalité < faire entrer qn. à cet effet,
Hdr. p. 53.
Jci>o!, faire entrer, 773,9 d'en bas; 822,17: .^iJi>o! K^t
\Jl£, ^A. fut cnnenée chez lui.
718
^b, clans, dedans, prépos. partout dans le Sud, RD Gl.
sv.; Carbou p. 80.
J^o, protection, propr. l' entrée de qn. chezqn. pour demander
protection, 306,3 d'en bas: jJ>j> ':^ 3 ic^s^ aJ L vJ-v^'j ^'6^-
pwZse c?e to société n'a ni nourriture ni protection, ni feu ni
lieu. Ce mot est devenu, dans les milieux hadar du Levant,
une formule de prière: dU~>j> ou é^Ls>j>, Je te prie, de grâce.
Les Bédouins du Nord ont la même formule, 664, 7 d'en bas;
703, 1. 2, mais elle n'est pas là devenue aussi banale. J3o
OjlXo ij£ Lo o^'Jt, expliqué 1791. L'article de Bergstrâsser,
Sprachatlas p. 50, est en partie erroné et insuffisant.
idL>j>, protection. Musil 0. 1. p. 344, 18. — Hospitalité = 'iLil^ ,
Yéman et Nord.
idLi>o, invitation au mariage ou au régal qu'on donne alors,
195 n.; 772, = i3L>to. iJi=>jJt idlJ, le soir du mariage lors-
qu'on offre un repas, 772. Snouck a si bien exposé, Mekka II
p. 168 et ss., la duhlah pour Mekka qu'il n'y a rien à y
ajouter. «^L^o! iJLi>o, expliqué 28,3,4 et 195 n.
idL>j>, cérémonie nuptiale 37, 10. — Chez RD Gl. sv., pro-
tection, comme aussi chez Musil 0. 1. p. 364,4 d'en bas et
p. 391,9 (dahâlah), mais non pas dans notre dialecte,
j^o, prononcé partout dans le Sud, à la manière mehrite,
dahèyl (non dahêl; ce J^Jù < Js-où aussi en dofarî RD
II § 13 p. 92), hôte, visiteur, 20,20,26; 331 et n. 2.; 1633
n.; 1791; pi. J^, 39,11, ou ^^LÎ.o, Hdr. Gl. sv.. Brockel-
mann 0. 1. I p. 197 en haut, qui me cite, mais oîi il faut
lire „Gast", au lieu de „Gatte" et où il confond teyn et
tîn, qui sont deux mots différents, vhv. Mais J^3, ])ron.
719
dahîl, est associé, 331 n. 2. ^ù et ses dérivés ne se
rapportent jamais dans notre dialecte à la protection qu'on
demande ou qu'on accorde, 331 n. 2; 1791. Musil, qui passe
en Autriche pour être le plus grand connaisseur des Bé-
douins de Syrie et de leurs parlers, traduit souvent dans
AP III .y^p-o par: der um Schutz ersuchte, p. e. pp. 345, 21;
364 d. 1,, mais p. 422, 7 d'en bas, correctement Schutzhe-
fohlener. Cf. 1479 et 1791. Jwp>o est dans le Nord, comme
le sait tout arabisant, celui qui demande protection^ jjrotégé
= vvy^; Wetzstein Haurân p. 148 n.; v. Oppenheim Reise II
p. 95 (bien expliqué), et ce mot n'a vraiment pas besoin
d'élucidation. Marçais Gr. tl. p. 306. En revanche, son syno-
nyme du Sud ^ , vhv., s'applique aussi bien à celui qui
demande qu'à celui qui accorde la protection, Nôldeke Bei-
tràge II p. 74.
Sur J^_53, voir p. 725, 3.
^J=>^, fumer le tabac^ Syrie, se dit par plaisanterie, 1285; cf.
j^b, u; dans ce sens dénominatif de QLi>o, tabac à fumer.
L'expression courante pour fumer est au Maroc ^^, i, ce
qui peut originairemont signifier cacher, couvrir et nous
reporte au temps qu'on fumait en cachette, Fischer M SOS II
p. 232 en bas, Kampffmeyer, Marokk.-arab. Gesprâche p. 15,
mais il se peut aussi que ce soit le même verbe que l'hébreu
i^QJ, absorber, avaler vite, Hi. faire boire, donner à boire;
V. ici p. 289. — Encenser; fumiger, 1102, aussi classique,
I Sîdah XI p. 199; 8 d'en bas, = ^; c'est là le seul sens
dans les dialectes bédouins entre le Yéman et 'Oman; voir
ce qui suit. — Produire de la fumée, fumer, intr.
^L.=>o, fumée, 1284 et n. 2;>^^Li>o, 1285 n.; 1637,5 d'en
bas, Qûm. sv. et TA sv., mais ce sens n'est pas connu
720
dans les dialectes entre le Yéman et "^Omân, où il n'y a que
celui de tabac à fumer ^ ] 285 n. Ceux qui ont fréquenté Aden
et 'Oman disent bien ^^Li>jJî >w^^, bateau à vapeur, par
synecdoque, RO p. 222, et aussi ^^L=>^i! tout court, 1637,5
d'en bas.
Le mehri a la métathèse nidôh, ou nidâh et le sh.
endôh, fumée, Bittner St. mehri I p. 47, IV p. 65 et sh.
I § 24.
Je n'ai jamais entendu le pluriel de qI-=>^, mais dialect.
on a un pi. ^jyi>l3-o, qui se trouve dans l'égypt. dahàhni,
marchand de tabac, et l'on peut dire aussi o'jl-=>^, diffé-
rentes parties ou sortes de tabac. Les dictionnaires donnent
bien les pluriels \j^.=>^»,c>, q.^-IîO, ioL=>j!, mais I Sîdah XI p.
4 dit que ^^y>■\^)C> (Zoheyr, mon édit. p. 184, 14) est le pi de
Kj.i>b, de même que q^^ l'est de :\J-ilc, contr. à Brockel-
mann o.l. I p. 391. Tout l'article ad hoc de I Sîdah porte
le titre ^^[jôJI. Le pluriel régulier serait ^cj-^-jî, et (jv^i^o
me paraît être dialectal et par analogie; il figure aussi chez
Brockelmann o.l. p. 76 comme exemple de ^^\*,c>>f^'^\^c>,
si je le comprends bien, cf. ib. p. 391, oii il fait venir ^^ù
d'un med. w, c'est à dire q1.=>î'-> > qI-^*^ de Jc> , u, vhv.
Les mots se rapportant à la fumée, à la poussière, etc.
affectent volontiers le paradigme JL«, tels que .L^.j, v'/»'?
j.Li^*« > |.L^*w (Egypte), Jà]^, qI^, v'^> ^LjCè, X^, ^Ljuï
("Ilî3^):5), (_,wL:^i, d'après I Sîdah XI p. 40. Comme dans quel-
ques-uns de ces mots on a enregistré la permutation avec
i, on pourrait aussi supposer que pL], fumée, o.l. VIII p.
721
182 et IX p. 40 est pour J^l '). ^L^ fait exception, mais
j'ai souvent entendu Js^ dans le Nord.
La forme qLÎ>o, K. el-Fasîh éd. Barth Gl. sv., est peut-être
née sous l'influence de ^o = ^^L>j, I Sîdah XI p. 40, d'après
el-'Ayn d'el-Halîl. On y constate la voyelle u, comme dans les
mots susmentionnés, ^j^, poussière, cf. ^Ic 20,10; 1308, a
aussi la seconde radicale géminée: uj^^Ljy'lc, LA, sv., comme
aussi ^l^^^, charbon. Je ne suis nullement persuadé que le
verbe ^^J-=>^ soit dénominatif de q1-==-^, comme le pensent
Vollers ZDMG 49 p. 507 et Brockelmann o.l. I p. 76, qui
avance, ib. § 213 anm., de même que Vollers, que ^^}~=^'^
provient d'une K^^^o, vhv. L'étymologie philosopho-poé-
tique de de Lagarde, Bildung der Nomina p. 51,7, n'en est
pas une.
• Le verbe ^^j» se dit aussi bien du feu 'jL=>o.LLil ^i>j.=>j> =
L^L>o ^y, I. el-Qût. p. 129, I Sîdah XI p. 40,5, que de
la fumée et de la poussière: L*«J.t ljj.i>o \^^*) ^L^jJ! ^z>o
UfjL=>o -Lj» \jJ>c> U=>l>j, I. el-Qût. p. 290. La V~^o a bien
pu être élargie en ^>^, dont le sens primaire serait tour-
ner, plmier dans l'air, tourbillomier ou quelque chose d'ana-
logue, mais il pourrait aussi se rapporter à la couleur noire;
cf. ;?ob, sombre (nuit), seulement dans le Qâm. et TA. La
5
forme JLr-s est en analogie avec les autres mots, dont les
verbes correspondants ne sont pas des dénominatifs. On a
1) I Sîdah VIII p. 186, 3 dit que |»ijl est seulement la fumée pour
faire sortir les abeilles, ij^^sUJ! »>-ij>j et il ajoute (V* ^'^ ^^. "^^
^>!^iAJ!. Effectivement, LA XIV p. 307, 8 d'en bas dit, d'après I
Barrî, que ^[>.i < [«y = o'^'^' ^^' P' ^04, G d'en bas.
46
722
la parallèle (^\-=>^' o^^ = ^^^^: j.LiA*«, chose noire; cf. le
libanais ^ahhâr, suie; terre noir'âtre, <C syriaque s uhhkrâ,
noirceur, charboti > dénigration, Anschwârzung ; avec le verbe
syrien et syriaque yS^, Pr. et Dict. p. 93>sahbar, noircir
> ib. dénigrer = ^j^ , v. Gl. sv. et ma LB^A Gl. sv. ').
Torczyner o. 1. p. 247 fait entrer qL=>^ dans la sphère de
sa théorie sur la provenance de la désinence a m > an. Il veut
que QLi>o vienne de i_j:-=>^, obscurité de la nuit, LA sv., =
^J:=^^, LA sv., et que la nounation, = désinence adverbiale,
soit ensuite allongée en-ân: q^-^--^- Les V~^c> vhv. et ^i3
ont certainement des points de contact, ainsi qu'on pourra
facilement le constater en lisant LA II p. 89 et III p. 491,
être noir (toute chose), et QLi>o peut aussi venir d'une telle
conception, mais la structure du mot, ainsi que ses analogies
sémasiologiques, ne me paraît pas expliquée par l'ingénieuse
théorie du savant hongrois.
On dit p,b J-aJ = ^b, vhv., et -U^o idLJ; L=>jJS est =
oLilJ! L>^ j ■^Jk\ d'après I Sîdah IX p. 40, 9. LA XA'III
p. 277 a ^>3, = i::>oJ!, I Sîdah ib., vhv. Le verbe (_y>o n'a
') C'est l'hébreu inii^, devenir ou être noir, d'où vient r^^-^, magie
noire, Schwarzkunst, ce qui est sans doute une traduction du sémi-
tique. Le verbe arabe r^j r=*^ me paraît originairement aussi avoir
le sens d'être noir, même là oîi il se rapporte à Vaube de jour, ce qui
est confirmé par la sémantique des thèmes l<^'^» ^'^ et -;-b, vhvs.
Je crois que le inïï^ H de Ges.-Buhl ne doit pas être séparé de "iplï' I
qui, d'après moi, ont le même point de départ; de même, l'arabe
j^\Mi et '^j^\m (v. le &i« des couleurs ici p. X cf. aussi ,iN^ et »y^) est
l'équivalent phonétique et sémantique de l'hébreu inti' désignant le
moment oii la noirceur de la nuit commence à se dissiper, le com-
mencement du Crépuscule, mais non pas encore une aîirore complète;
l'allemand Morgengrauen est donc plus exact que Morgenrôte.
723
pas été noté dans les dictionnaires, LA sv., mais il a dû
exister puisque sa variation L<ib, u, y figure LA XIX p.
229 = JyJJt jjLbt, avec le substantif i^v^I^ et iL^js^ = K_Jlb,
obscurité (de la nuit); ^Ui^b idJ, ?2?a^ obscure = î^Lç>o icLJ.
Ed-Da^gâ'' dit dans sa complainte sur la mort de son père,
vyii! y^|>^ i^y, éd. Cheykho p. 123,4:
(Il était) une lourde pierre de guerres '), une flamme à
laquelle on s'éclaire,
Comme la lune éclaire la noirceur de V obscurité (= la nuit
obscure).
Cf. LA sv. Li^. D'autres, plus savants que moi dans les
langues sémitiques, décideront si l'origine de qL:==o doit être
cherchée dans V~j.^t tourner, ou être noir, car les deux
sens s'y prêtent.
Carter, BBRAS 1845 p. 200, dans sa Notes on the
Gharah tribe, donne une description fort intéressante de la
manière de fumer de ce peuple. Le volume étant difficile à
trouver, je reproduis ici cette note. „They are much addicted
to smoking tobacco, and every one carries a short pipe about
three inches in length, made out of a pièce of soft limestone
rock. This is kept in a little leathern pouch, together with
their supply of tobacco, a pièce of flint, some tinder, the
blade of razor and sometimes a penknife. Their manner of
smoking is peculiar; it seldom consists of more than one
inhalation; the tobacco being well lit, they make a forced
expiration, ^nd then inhale as much as possible, allowing
the smoke to issue gradually through their mouth and
') Pour comprendre cela, voir ici sub j^j (*^>J' '^'^J *^* l.'^J'
2) Hiz. el-Adab I p. 91 porte le synonyme A-JIiiJ! C>\_yM.
724
nostrils, while they pass the pipe on the next person ;
seldora more than five minutes are allowed to elapse, before
a fresh pipe is prepared, and it almost appears to form part
of ceremony of greeting, when they meet each other on a
journey; should there be no pipe présent, they make use of
the hole which is in the pommel of their sword, by flxing
in a little stone • on one side and filhng up the remaining
part of the cavity with tobacco through the other, then
scraping a few shavings with their sword, from off the
surface of their pointed stick, they envelope a hghted portion
of tinder within them, and rolling the whole up into a bail,
apply it to the tobacco in the pommel of their sword, for-
cibly drawing the air at the same time through that side
in which the stone is". J'ai vu moi-même pratiquer ce
dernier mode de famer plus d'une fois pendant mon long
séjour dans l'Arabie méridionale. Les Bédouins du Nord ont
aussi leur ;v>;.j d'à peu près la même forme, Prov. et Dict.
p. 69 s. et ici sub ;jjj.
,^!o, chez Socin Diw. N° 92 v. 1, fumée de la poudre. Ce
sens n'est pas incertain, comme le pense Socin, Gl. sv., et
il renvoie inutilement au § 102 c, carie Js^'i est très employé
comme substantif< participe dans ces sortes de mots, 590,5,
et ss. De même, nous avons ^\-^ vhv., l^Le = v_j^<-e et
^_^, poussière, p. 721, LA sv. '), ^j^^^ fumée vhv.
^^3, encens, 1102; v. d. Berg Hdr. p. 102,6 d'en bas. Cf.
l'allemand Weihrauch et le suédois rôkelse, même sens qu'en
arabe, de rj=>^, rauchen, suéd. rôka, fumer. Plusieurs mots se
rapportant à ce sujet sont sur le paradigme Jyè, tels que ^^.,
•) Naswâu 0.1. p. 74: J^ îo! wOCi ^^^î ^^ tj^x^ ïJc j. J'Jb
■ 725
umee.
c
'hys>, o>Jl>, jy'^, -r-^, ISîdah XI p. 199 ss.; cf. Ilt3p, /î
'2Uà>J^, encensoir, dans le Sud, et cuisine en Syrie, L. v.
Amasia p. 62, 3 d'en bas. — Ici je place ij^^o, faire tourner
la tête, donner^ le vertige, Dt. C'est sans doute une variation
de Q==-V> 6t je crois à présent que Vollers avait raison de
le comparer avec -b et ry=>^, 1285. Sans cela, on ne saurait
l'expliquer. J^q>5^ < d^^ < q=>^7 selon Hdr. p. 578, ou bien
le w est motivé par l/^^^o . C'est alors = -r-^o vhv.; cf. le
_ û -
classique p-^^»^ LA sv. Le ''omânais ^^c>, RO p. 4, 7 d'en
bas et p. 250, 5, être hors de soi à force de boire, c'est à dire,
avoir la tête qui tourne, est pour J^-jSî, qui dans notre
dialecte est avoir le vertige, synonyme de aIo.
^j-=>^, millet, Holcus dochna Forskâl, 13, 25. RD Gl. sv.
Akkad. d u h nu, même sens, Zimmern Akk. F W p. 55 en bas.
ob, pi. ^pîjo, est appelé un melon, une pastèque, une
courge lorsque ces fruits sont encore petits, 612. Ma LA
p. 56,9.
>^.
.o, i, couler. qJJLi o,>-> ii-^-Lx ^U u;a-o. , Je t'ai élevé une
brebis qui donnait beaucoup de lait, 653, 10. Imer em-
r à h i 1 e h min g à 1 t e d i r r , frotte le pis de la chamelle aflîi
qu'elle donne du lait. ,^[> jXi, elle donne du lait, et non
seulement donne du lait en abondance. Cf. .3 et ^ vhv. I
w O
Sîdah VII pp. 39 et 43. — by bâtoyi, 1747. — J.C>^ bâtonnet
avec lequel on brasse la 3>Ajy^ji£, v. A^^u;.
726
^}>£. \jC>, survenir à l' improviste ^= ^ î^j 1221 n. = ^o. Cf.
^^^ù, (CjO et ^.L> vhvs.
L_j.L>, /aïVe des boulettes, ^Jr>^^^ vhv., 30,16; 794, = jJo vhv.
Cf. Jo^o, vhv., et '^}jjS vhv.
v_j.j>, entourer d'un mur, Vj^^» vhv. — Assiéger = entourer.
/b?'^ de Q. b. ^A. qui est entouré d'une muraille et ynuni de
O 5 Cl
trente-cinq meurtrières, 11 et 12. ^Liî ijcS J, q-^^^ ^c*^ ':'
L;^AJ s>-jji.>-J Ij^, nous allons construire un husn dans le
pays des M. et nous allons l'entourer d'un mur tout autour,
me dit un Datînois avec qui je causais de ce projet. o^Lj
xj.lXx = 8,^n^ o^lj, ville entourée d'une muraille, mais aussi
ville assiégée, parce que l'ennemi l'entoure, 440. Es-Sâdilî
est appelé iL:^_«J! ^_j.o, muraille d'el-Mohâ", expliqué par
iuLotyG L^^iAj, z7 l'entoure et la défend par les grâces divines
dont il est doué, 1071, 5, Arabica V pp. 160, 161 et 286.
Celui qui s'y réfugie est en sûreté, 1069, 7. ^ o^-j j-^
^\ -x_*/ y?^->^ V-J;"-^' ^^ht^ uT^ ^>j'^ ^}>-^^ iCï^iLo ^ J^ V*^
£îr Barhût est situé à côté de la montagne (ou plutôt) sur
le versant de la montagne qui Ventoure et il est muni tout
autour d'un mur en grosses pierres rouges, Hdr. p. 435, 5
d'en bas. Cela pourrait, il me semble, expliquer le w^a_j
employé par Abu Bekr: ^\ Î5.L0 Ij'i ^^Ji\ qv^j^' o^'j-J' '^
yj- ^i^N-ft-sj ^j^lXjcj), ils ne cessèrent de mettre en déroute les
RoiXm, mais lorsqu'ils arriver eyit au tadrîb, la guerre s'ar-
, rêta, el-Fâ'iq I p. 196, Nihàyah II p. 18, LA 1 p. 371,3.
727
Tab. Gl. sv. vy. Les lexicographes n'ont pas bien su expli- vy
quer ce mot, qui veut dire ici, sans doute, la frontière forti-
fiée, les .yLj avec leur v^j^ » rnurs. Dans Tab. II p. 1955,
11, nous lisons: ^^*^^.3 ^Àxs^ o"*^^ Tt^' o' i*^"**^ ->^' t^'-î
^_j"juj, et A. M. ordoyma de réparer la forteresse de S,, de
la fortifier et de l'entourer d'une muraille. C'est certaine-
ment le dénorainatif de v;^> P^- v^y? Tab. Gl. sv., mais
dans le sens de mur. Tab. II p. 642, 11 porte: ^1^^' ^-^^^^j
ujLiij ■■é^\j' JJo u>ô.o * UJj.> -ii)"^!, où il faudrait ou voyeller
v.i>j.L> et enregistrer ûj^, barrer, car Vj--^ serait contre le
mètre, mais ^\o dans ce sens n'a probablement jamais
existé, et la leçon proposée par de Goeje, ^^^^-^ me paraît
être la seule bonne.
oXJ! v_j^o, fermer les portes du quartier , en Espagne, Dozy
S., oià il y a d'autres exemples très instructifs, les deux
derniers surtout, où l'on voit la différence entre ;«f-^, la
grande muraille d'enceinte, et ^_j,o, ^s^^-^'j voir plus loin.—
Barricader, Dt., comme aussi en Espagne, Dozy S. sv. Une
ville est aussi appelée 'i^jX-A lorsqu'elle! est close par les
maisons qui y forment un mur étant adossées les unes aux
autres de façon à constituer un pourtour continué, et s'il y
a des interstices, on relie les maisons par des murs, V3;^>
pour empêcher l'ennemi d'entrer. C'est aussi cela que signi-
fient les deux exemples de Freytag Locm. et de Hayan,
cités par Dozy.
uj^o est en Syrie indiquer la route, mettre qn. sur la route;
instruire, 1478, où exemples et d'autres sens pour le Sud.
RO p. 162, 11: f. mdarrbilli egi ma'ak, un tel m'a
déterminé à venir avec toi. Si les classiques v_j.Ô et uj;^
728
uj.o sont aussi des dénominatifs de i_jjO, il faut admettre que
V;'^, chemin, est très ancien dans ce sens, mais les savants
arabes ne sont pas de cet avis, ce qui n'est pas précisément
une preuve contraire. Son synonyme ^^ semble militer en
faveur d'une relation entre v;^ ^t ^'j*-''» 1478 et s. Dans le
Sud, le sens de v;*^> V;*^ st V;^-^'? ^^'^'^ accoutumé^ accou-
tumer et s'accoutumer, sont inconnus, (mais dans le Nord
et en Algérie ce sens ne manque pas); dans le Sud, on dit
^^fo, ^^ et i^,-c2j", 1477, vhv., et c'est justement ce thème
par lequel LA I p. 360 et 361, 10 explique l'autre, mais je
ne sais s'il y a une affinité radicale entre ces deux thèmes,
1477.
Cependant, il y a un emploi de ^^ô qui paraît appuyer
une relation radicale et sémasiologique entre ^.^ et les ver-
bes ^p, vjL>. Je l'ai donné 1479 en haut, oià iL-^LIl ^-jj.o
(= >nJ! wi^.lXJî) est les us et coutumes en cours, manières
d'agir. Le curieux est que l'hébreu T]"l , route, et niN*, route,
ont le même sens figuré, Ges.-Buhl svs., de même que l'assyr.
alaktu, route, Del. H WB sv., Torczyner o. 1. p. 53 et ss., pour
5 5 - O _
ne pas oublier l'arabe iAL«, ^i).jL« et eU.w>o, l'allemand wandeln,
Wandel, conduite, et notre routine < route. Toute cette com-
munauté sémantique nous fait bien incliner à considérer les
verbes v;^? '^y^ 6t ^.o comme étant intimement liés avec
uj^o, route. L'avis contraire des savants arabes ne doit pas
nous impressionner. — RO p. 367: c]i d-darb tinhtùfsi
rêr bu medrûb terâhe soqfe, cette route ne peut être
pratiquée (ne se laisse pas pratiquer) que par celui qui est intré-
pide,{?) car elle est escarpée. Souvent ^j^, route, est du fém.
729
o ,
à l'instar de oij^, aussi ici p. 377 en bas, p. 732,2, RO v_j.o
§ 86 et ib. p. 227, 13, en analogie avec iLX^, mais y.^»
mur, ne l'est jamais.
V;'^, ynur, muraille, rempart en pierres ou en bois, parapet,
dans toute l'Arabie du Sud, même chez les Mahrah, 1477,
Bittner St. mehri I p. 54, 7 oii Strasse est à biffer, mais
non pas en "Oman, 104, 16; 1475. J'avais cru que, après mes
articles Arabica V Gl. sv. et Dt. 1475 et ss., j'avais tout
dit sur ce mot, mais constatant que ces deux articles sont
demeurés inconnus à la plupart de mes confrères, je vais ici
reprendre la question avec plus de détails.
Le mur d'enceinte ou l'enclos des propriétés du Sud est
appelé >-jjO, ^30 ou -LjL^, Hdr. p. 396,9 d'en bas; p. 406;
Arabica V pp. 31 n. 1; 47; 187; 194; 216 d. 1. Les habi-
tants mâles de Beyhân montent, à la fête de ''Arafah, au
^^tAj iotli, Arabica V p. 48, oîi ils passent quelques jours
et ^.Sl> oy^^' ^^'^ ^^ metteyit à l'abri du soleil derrière la
muraille, ib. p. 49. Sur les Darb en Harîb, voir Arabica
V Gl. sv. L^^o !3l\.5>5 J^->p> '^^A^, ils attaquèreïit Heyhar et
en démolirent la muraille, 338, 10. .lUlJî v_j.3 est dans le
Sud le nom des ouvrages en pierres antiques, soit des murs,
soit des barrages, 1140=^,Là^! ^^, 1141, 1142,2; le verset
1210 d. 1.: ujî^ajSj oi.ù,!^i! v^^s^' ^^ sUÀi*, 7ious l'avons pris
en bas des meurtrières et des remparts, est bien clair, com-
paré à 12, 1. dUijî ^^o, chez RD I p. 87, 22, Toriveg, avec
l'explication originale = „un chemin flanqué de tours unies
par une chaîne, oi^i il existe un défilé ou quelque chose de
pareil", montre bien comment v^o a pu prendre le sens de
730
*_j^ô chemin^ si toutefois on doit ici traduire <^y:> par cheyiiinx
voir ici sub eV-jLc qui est un mot yémanite: v^-*-^' liUcî =
'wA-Ld!, Naswân o. 1. p. 78. Snouck OS Festschrift Nôldeke
I p. 103 V. 11 rend Mansûr darb el-harb par M. ist
die Burg des Kampfes, mais il ajoute n. 1 que cela est
trop libre, car „darb signifie véritablement le parapet en
terre qui entoure une ville hadramite", ce qui est juste. On
comparera tL:è\l( >_j.o ^^^j^Lijî, Arabica V p. 286, ici p. 726.
Carter o. 1. p. 360 donne pour le mehri: toioer (round) drab
et ib. p. 361: wall darab = arabe .y.^. Le turc et le laze,
daraba, mur angulaire^ J. As. Mars- Avril 1911 p. 368.
Pour la langue littéraire, j'ai déjà cité quelques passages
dans Arabica V Gl. sv. et 1475, mais je vais ici y en
ajouter d'autres. Nous lisons 1003 dans Turfat el-Ashâb, à
propos de l'architecte Sinimmàr: ^\ \*JLLt UpLo ^j^ ^^ LjLi
Ux/o «Jyi ^i)U^ ^^ >j ^jù\<^ V;^' LT'')» ^^ lorsQu'U eut terminé
leur construction^ le roi le fit monter en haut de la muraille,
ou du parapet, sur le toit, et le fit jeter de là, et S. tomba mort.
Yâqût sv. ^J^j<^ porte : X\ yaaJ' ^^! ^j^ \^C>,^ x-j ^\ Je
^Lfi-iLî xLiL^!; ici V;*-^^ LT-I; correspond à ^^-a^jUI JLcL I. el-
Mogâwir, mon ms. p. 287 et ss. '), dit, en parlant de la ville
yémanite de SaMah: é%f>\*) ^^^*, o^îj ^-ulXxi t^>Lo j«^>5! ojiJo
V;^3 Oi*>Jtiï V_J.LXit ^^^^^<^ '^y (^LàJD *^^ 'î;'^' ^^ [5 K L-*J^
.y*Jî j_^5 iA:>!3 *_j.O v^j"-^' ^j^' «'^^ L5>^t5 • • • ^^ ^^Lsi!
l\JL.JI ^j^ v*-:?jÏ '^tf-^ ^IxILè?. ; ici les v^;'-^ sont évidemment
les murs qui séparaient les différents quartiers de la ville, qui
') J'ai tâché de rétablir le texte aussi bien que possible.
731
fut ensuite entourée d'une seule muraille^ ^^, à laquelle v^o
on fit des portes d'entrée conduisant aux quartiers respec-
tifs. En parlant de la destruction de la digue de Mârib, il
dit: ^^-aJLw ^^yjAi:oy^ Ji^ 0«ï:^^ o.bî «jyi^^ tlll -ii Jtj LJLi
JyiaâJî c .Li aI JUb PjLii, e^ lorsque le fléau de l'eau et ses
dégâts eurent cessée les gens entoiorrent deux endroits, restés
intacts, de murs dont l'un s'appelait la muraille supérieure^
ou plutôt le quartier haut^ et Vautre la muraille inférieure, ou
le quartier bas; dans le p)remier il y avait une rue appelée
sâri^ el-fudûl. Dans ces deux passages d'I. el-M., ^.o ne
peut signifier chemin, rue, mais il est possible de le traduire
par quartier, comme nous allons le voir dans la suite. En
parlant de l'arbrisseau ^Ô[.S^\, pandanus odorantissimus L.,
Schweinfurth Arab. Pflanzenn. p. 103, Dozy S. sv., I. el-M. dit:
_ o )
^5 F y~?. S-^^^^ *~^-«^^ J^-l-r' i-T^ i3L*^ ''^■'tP''^ i3 ^^^^. T-^-^ J-^3
3 3 3 3
l-j^i^lXJI p-^cLw ^ yjji! J, CsSj^\*) ^t^xjî. Je ne sais comment
rendre exactement les derniers mots, si ce n'est par dans
des endroits sur les plates-formes des murailles, car on ne les
plantait évidemment pas sur les routes. Sur les bordures
des routes irait bien, mais chez I. el-M. y.^ o'^ jamais ce
sens. El-Hazragî dit, dans son Histoire de la dynastie rasoû-
lide de Yéman (Gibb Mémorial) vol. IV 92,5: ^^^^o L^ ^^
i^^y! ^}£. ^'S^ avec lesquels tu aurais attaqué les deux murailles
de Ta^izz en toute hâtei?) {ou malgré la hâte). Redhouse traduit
ici ^^^L> par the double banquette, ce qui n'est pas probable,
car l'auteur ne parle pas seulement des banquettes, mais des
murailles. Ib. p. 285, en parlant de la prise de ""Aden par el-
Melek el-Asraf I-, l'auteur de la ^l^^\ 'x^^ (Dl. 1873) il dit:
■"J
732
>3 ^^ ^JLavj J^i*- (3y> (j3'->L^2>^. Q.jÀi! qjoLo^I ^^ !j>L<j*fii ^;,JlLi5
yCas "b j»! QiAc i_,'lj il' i^c-^isftj' Oijj^ *^ J^3 • • • *^j^ rr^J J>-^?-
dirigea -vers "Aden et Vexami^ia; il vit cdors dans l'un des
côtés un mur faible et délabré etc. Redhouse traduit ici: a
dilapidated^ but skilfully constructed rampart. Mais v£>Jt-ciJixi
ne veut pas dire skilfidly constructed. Je ne sais si l'auteur
veut ici parler de Gebal Sîrah, Dt. 1424, ou de l'autre
montagne au Sud d'Aden où l'accès est aussi difficile et
qui était également- fortifié et où se trouvait une vigie, Dt.
1324 et ss. Ib. p. 289: ^J^1\^ ^L^\ ci^b>Î5 ...^JjJI ^î ^f
iL^Lj Ji j^, il retourna alors à l'enceinte . . . et les soldats
cernèrent l'enceinte de tous côtés. Redhouse traduit ici v;^'
par high road et highway, ce qui est évidemment erroné.
Ib. p. 88: . L?.t^-w! 'i^\,=>^ L^kâ^-j iCjLjLXii vî>^' o'I^cIj iù'yoîj
v_j^LXil ^}si ^y^^^' ^j>-, elle lui ordonna de fermer les portes
de la ville (de Zebîd) et de les garder et de surveiller ses
murailles. Il posta alors des combattants sur le parapet des
murailles. Redhouse traduit on the banquette of the ramparts,
et cela me paraît juste, le chemin de ronde se trouvait der-
rière ce darb qui le protégeait. Ib. p. 184: ùÇ) .lo^ ^ ^i^
L^^o s^U-Jtj ^^[j, il resta plusieurs jours à D, et ordonna
d'en reconstruire la muraille.
Le plus ancien passage où se rencontre ce mot se trouve
dans un vers d'Irarul-Qays, souvent cité:
Mon ami pleura lorsqu'il vit la Muraille derrière lui
') On voit que oMj^ est ici du féminin; voir ici p. 729 en haut.
733
Et il sut alors que nous deux allions nous rencontrer avec •^^
VEmpereur (de Byzance) ')
Six Diw. p. 130 V. 43, L Qot. Tabaqât, éd. de Goeje p. 46, 1.
Le commentaire d'el-Batalyùsî (t 494) éd. Caire 1307 p. 90
dit: ...S.ô_^ ^*,^\ ^\ JJ>l\-x! J^3 «-wt^î iLK-*Ji ujL> y^jO!
^t ^! 3^ £Î^3 (^Ij Ui Jyb. Mais on ne saurait préciser
si v;iAi! a ici „un sens teclinique", c'est à dire la Muraille
par excellence ou bien le nom de la ville de Derbe dans le
Sud de l'ancienne Lycaonie, ce qui est pourtant moins plausible.
Il y avait donc alors' déjà une „zone militaire" fortifiée, ce
que les Arabes appelaient plus tard j*.>oLxit, I HordAdbeh p.
253, 14, 15. I Fadl Allah el-'Omârî, et-Ta'rîf p. 183 en bas,
dit: jJciWj) jwo^! o^LJ U-JoVï bU-vU! ct^j"^' '-^^' 0^ traduit
V;^ V^iY passe, défilé. Selon Lammens, Mo'âwiya p. 15 n. 4,
v_;.«aJî serait les Pyles Tauriques, „qui menaient à la ville
de Derbe, qui nous fournit peut-être l'étymologie du mot
darb, difficile à rattacher à une racine arabe, dans le sens
de porte'". Lane sv. dit que vj^^' ^-^ i^^^ arabic name of the
') Avec ce vei's on pourra comparer ce que dit "^Abid b. el-Abras
à l'adresse du son ami Imrul-Qays, éd. Lyall N° IV v. 18 et 19:
Lorsque ta vis les masses des Kindah se détourner
De nous — et les Kindah ne sont pas bien généreux! —
Avais-tu l'idée que tu irais chez VEmpereur (de Byzance)
Pour périr assurément ensuite, en ta qualité de Syrie?
Je traduis un peu autrement que Lyall. Le Qaysar est ici celui de
Byzance. L'épithète de Syrien se rapporte à la domination de Rome
sur la Syrie, où Imrul-Qays serait assurément tué par les Romains,
par vengeance. Ce verset me paraît indiquer que le prince kinditc était
déjà mort et que 'Abîd lui a par conséquent survécu. Telle n'est
cependant pas l'opinion du savant éditeur p. 8.
734
o ,
5O ancient Derbe, étymologie bizarre, que R. Hartmann, En-
cyclop. de l'Islam I p. 946 (éd. fr.), semble aussi vouloir
défendre. J'ai de la peine à croire que le mot arabe si ré-
pandu, surtout dans le Sud, puisse provenir d'une telle
source exotique. Cette ville a dû exister bien avant l'arrivée
des Arabes dans ces contrées. Si les Arabes l'ont nommé
y..Ai!, c'est que la similitude des deux mots s'y prétait à
merveille, le fait de l'existence d'un ^.o, muraille, aidant.
Aépl3>) , Strabo 535, 569 c, {.sj? , est peut être un mot grec, peut-
être aussi indigène de l'endroit, mais j'ignore de quelle époque.
Actae apost. cap. 14 v. '6 et 20 est rendu dans la traduc-
tion arabe de Beyrouth par io.o, ce qui n'explique rien.
Derbe renferme peut-être le mot persan ,0, porte {=:Bvpoi,
tûr, ddrr, door, etc.) que nous trouvons également dans le
nom de la ville de Derbend, de l'autre côté, sur la Mer
Caspienne. Est-ce le persan L^^o, 7iécessitéj «.^y^, < .0, porte,
et i_cLj pied ou bas? v.o est en persan vallée, défilé entre
deux montagnes. En tout cas, je crois que Derbe et Derbend
n'ont rien à faire, comme étymologie, l'un avec l'autre. Les
durùb ne doivent pas non plus nous faire penser à un
rapprochement avec le persan Derbend, contrairement à l'idée
de R. Hartmann dans l'Encyclopédie de l'Islam sv. Darb.
Si les Durûb correspondent au grec y.xsi(Jovp7A, cela prouve
que la première appellation ne renferme pas l'idée de chemin,
route, mais celle de clôture avec un darb, muraille.
^^jOî tout court est chez I. Hordâçlbeh p. 99, 4 les Pylae
-05 ù ,
Ciliciae, selon la traduction p. 72: Liyjt/o v;^'^) ^^ ^^ ^^^^
qui est en travers, qui entrecoupe la route; c'était donc
une muraille. Yâgoût sv. v_j.l\jî dit: v;^' h ^ 1 c>^-a-Lb' Î^Iî
735
:?Jt y*^jJiIf, et il cite ensuite le vers d'Imml-Qeys. Les Phyles Vj^
ciliciennes commencent à peu près là où se trouve Sunrurlu
(Sindjirli) = Borâz Kiôi, où jLij = o^^iw. La route a dû
passer par là déjà au temps qu'il y avait là la capitale des
Hettites. Le Sihâh et LA portent oLy^is^ xLo! <J*,jX-^ V;*-^'
Joii- ij.. Ils veulent par là dire que le sens de route est bien
connu mais que, originairement, ce mot signifie défilé, passage
étroit „dans la montagne". Ils ajoutent J^x^ ^ parce que la
provenance du mot leur était inconnue, uj.o = o^-j^ ne
figure point chez I Sîdah XII p. 40 et ss. dans ses longs
chapitres sur le ouJ^. L'éclectique Zamahsarî, Asâs, n'a pas
du tout ce mot, mais l'on y trouve seulement: lj^.o \ylj>c>
L*A*<ij ^^1^ loi ^_;lj _^3 yCwJI >_j o Î3l\-w^ r^j^''- -'■'^^ Vî^ n'est pas
chemin, mais défilé ou entrée du défilé, comme on appelle
encore aujourd'hui Ventrée d'un défilé o^! ljL, Baedeker Pa-
lestina p. 18, ou (^^yi *s. De ce >-jjO' on a fait le dénomi-
natif V;"^^ à l'instar de tant d'autres Joël de mouvement,
I Sîdah XII p. 50 et ss., entrer par un lj.o, défilé ou place
fortifiée^ sur le territoire de l'ennemi, qui était le Rùm.
I Hisâm éd. Wûstenfeld p. 564 a V;'-^? ^^^^^^ 5^^^ ^^ ^^^^
le v_;.o ou ^65 vjj^ V'^''-^'^ prendre part à la guerre contre les
Byzantins.
Les défilés des montagnes étaient des v3^o dans le rayon
militaire, nous dirions la zone militaire, les ^A w à s i m , pro-
tégée par des murailles et des forteresses. I Hordâd. p. 253,
7 dit que le montant des revenus, cL_s_jy, des frontières
syriennes, ^yLi, est de . . . et que cette somme est dépensée
^•!^l5 (_,wj^ol3 ^i\p U-JLail) ^^ L^U ^_^^3 yLw^ U^-Lo/i ^
736
jjL> t>)J3 y*-t^ ^y^»^ (j:^Ls^IL, ^»^pÔo (ij^jLS^Îj iOtoLÏ'Ju,; voir
traduction, ib. II p. 198, qui n'est pas d'une exactitude
absolue.
J'ai dit Arabica V p. 290, cf. ici p. 734, que le nom de la ville
de Berbend n'a rien à voir avec notre «-j.o, car ce nom est persan
<^j>, porte^ et lX-o, lien, c'est à dire porte fermée. Son nom
arabe est ^^^-Si\ ^[, ou ^\~^^ tout court, Masoûdî II p. 21
et p. 196, Yâqoût sv., Belâd. p. 194: \-jiJi> Lî^î ^>,_JJ« Uî
y^ J. otjy^ J.E ^x4 = I Hordâd. p. 259 d. 1.; Belâd. y
énumère plusieurs .v'l^-f' construits par AnûsirwRn, entre
autres iL-Lï^i^LAi! , dont il dit p. 195: U^ ji LL yi>£ LLit ^3
»j^ cr ^ k^, et ib. 1. 3: ^\^^ o^b ^5 ^^^\ ^ Û-* ^co^
^) jLiij !,A^3 iCJsJii i_jLi aj JuJu 'j..a^î5 oLï-jj-ç »_;1j aÎ JLsj LaoÏ
g.it iLï^L. ^L. Et Yâqoût I p. 439, 7: ^Uo o^^ o^>^
^'uJî &I JLib (^o\Jî JaJL^ ^-jt^p^i^î, où il est question de la
ynuraille de Derhend; v. l'Encycl. de l'Islam sv. Derbend.
Une autre muraille contre les Turcs est aussi appelée j3jL=>
chez I Hordâd. p. 261 en bas, tandis que la muraille ,,qui
s'étendait depuis la mer de Syrie jus(îu'à la mer des Hazar"
est appelée ^^, ib. p. 257, 5. C'est là le sudarabique v;^-
Tous ces vl^-^' étaient donc des châteaux forts, r-*^i '^^
des murailles J2-JL>, probablement situés à un oî^î ^_j1j, à
un défilé dans les montagnes. Ce ^_jL. n'est, il me semble,
que la traduction arabe du persan uUj-^o et du grec^J/.;i/,
car les Grecs appelaient aussi xi i:-j>,xi l'accès, Ventrée d'une
ville, d'un défilé, d'un détroit ou d'un canal, comme les
Latins disaient aussi dans le même sens porta, resté dans
') Le texte i)orte incorrectement (jU/^I!.
737
o .-
le nom des Portes de fer du Danube, où le pluriel correspond V;^
au pluriel grec ttùkxi, Boisacq. Dict. étym. de la langue
grecque p. 827.
Ces >-'!^-:'' '^"^ l'sst de l'Empire arabe correspondent donc
aux v^xO de l'ouest; y-v^^^kî ^y^, le défilr conduisant à T,
I Hord. p. 258,9. xo^ vî;'-^' J^-*'^ '<"%-^-r!i — ^s^*^ J-^^
4?Jt ^^•r>^^ Q^, ib. p. 108, 6 et s., incorrectement traduit p.
80 par Je gouverneur de cette province est chargé de la sur-
veillance des défilés (Pylae Ciliciae)".
Comme une muraille a forcément une porte qui donne
accès à une galerie étroite dans la muraille même, ainsi
qu'on peut le voir dans toutes les forteresses, comme p. e. à la
porte de Yâfa, JyJlii '^[> à Jérusalem, y;^ ^^t appliqué, par
synecdoche, à la porte même. I Sîdah V p. 131: ^\j V;'-^'
_>.J"ii! v'-^-^' 1--^^J >-^»i Vî^ Mt-^' ^^' J:>u\^ J53 *^\j}\ iijCwJi,
c'est à dire la porte principale où il fallait passer par une
galerie. Zamahsarî, Lex. arab.-pers., éd. Wetzstein, traduit
l'arabe ^.o par sjtj.o, _gui .0 et u^ ^'hy^t porta urbis. J'ai
ù _ o -
avancé, sub 0^0 p. 759, que <-jy^, porte, pourrait aussi être
une variation de 0,0, qui serait une dégémination de 00;
l'arabe espagnol iLso, porte, voir plus loin p. 739, 9. Selon
Yâqoût sv. v;"-^') un v_j.o doit être étroit, un oLy^ii-o. Les
différents uj.o qu'il énumère sont des endroits, des quartiers
de ville, et non des chemins. Si >«j.l> est iC.jC_wJt ^L., il faut
y voir un reflet du sens sudarabique dans les parlers du
Nord, où, comme nous venons de constater, ^\j a aussi le
û -
sens de muraille. Mais je ne connais aucun passage où v»^
soit = iiJCvJ! l_jIj. Cf. OjO vhv., et ici p. 746.
■47
738
Belâdorî p. 189, 10, en parlant de oA-jï^Jf ^.o, Tylœ Ci-
liciœ, autrement appelé {j^j->^j^ v^^, dit: J^ ,^ ^1\^ LpL-o
b^Ii^j .-., et ib. i. 2 d'en bas il l'appelle oaJ. ^^j^^-^-^; et
ib. p. 190,2: ^"'JLî v^iJî J^ oÂ> j.^li: ^^/.-JLw^' ^^^ ^o ^3^
ouX^!" v_j.o JwJiJ \jL^! j., oii V;^^'' (i-^ lie peut signifier
5?^r Za route. Les Omayyades, selon el-Belad. ib. p. 190
donnèrent à ce darb le nom de iuX^'! V;"-^; I Hordâd. p.
100 l'appelle déjà ainsi, mais R. Hartmann, l'Encyclopédie
sv. Darb, a tort lorsqu'il avance que tous ces passages con-
duisant au pays des Roûm étaient ainsi appelés, par euphé-
mie, Darb es Sala m ah.
wi^iAiî *_,»j>Lo ou v!);^' ^^7 ^'oi des de' filés, était le roi des
pays de l'Asie Mineure qui voisinaient le pays des Roûm,
I (^obeyr éd. de Goeje, pp. 182,21; 230,7; 338,14. Encore
au temps d'Ibn Fadl Allah el-^Omarî (t 748), le pays au
delà du érâhân était appelé vi);^' ^^j et-Ta'rîf p. 183.
Chez Lammens iotllî Juis p. 119, on lira la définition des
différents mots qai signifient chemin, route, rue, où pour
uj.iAi! il y a la même définition que celle que je viens de
donner selon les dictionnaires. El-Ya^qùbî, dans sa description
de Bardâd et d'er-Rosàfah, énumère les ^,1^, les ^^j^ et
les AJ^-^ pp. 240,13; 242,10,11; 246,4,13,19; 247,18;
248,12,13,15; 250,8; 254,15; 259 d. 1. Ici il paraît que
les artères principales sont appelées ^Jy-^, ib. p. 259 d. 1.;
260, 2, 3, et que les rues qui en partent sont des ^3;^ et
des i^Cw. Il nomme toujours les >A^ après les ^^.c».
Notre v-j,o sudarabique mur, muraille, > nordarabique
défilé, a suivi les Arabes en Espagne. Il y avait là aussi des
^3.0 que Dozy traduit par ports, mais qu'il faut rendre
par portes, car c'est ainsi que je comprends Macc. p. 223, 9 :
739
o ■>
\::jjjiJ\ ^c-*-^ 'S-^^ V3;^'- C'est donc l'équivalent de vIh"'
dont je viens de parler plus haut. Les Pyrénées étaient
appelées v_j3.JvJ!, les murailles. Dozy a aussi un exemple,
tiré d'Abu 1-Wahîd, qui montre à l'évidence que ^^o avait
aussi en Espagne le sens de mur^ muraille: ^*jJi> iajL> Jw^xaâJt
v_j.L> IJLXix .... jUb^ vaJ! j^3l> q^^, c'est donc un parapet.
Sur Jv^vaj V. Dozy sv. et Vocabulista, éd. Schiaparelli p. 529
sv. porticus. Le Vocabulista porte p. 98: v^5 porta,, et p.
529 il donne pour porta: o^jj^ îLïo * uj!^! ^_jIj, avec la note:
quatido una porta claudit totum hostium, et V3;^ V;^
li) Vj^j s-vec la note: qua?ido claudit vicum, ce que Dozy
rend bien par fermer les portes du quartier^ de façon que
le quartier forme un ensemble clôturé. Les Espagnols en ont
fait adarve, Arabica V p. 288. Le \j^jC> était en Espagne
celui qui gardait le ^j<j>, le quartier clos. Dozy dit gardien
des portes, mais il aurait alors dû enregister *_j.o, porte.
Le syrien moderne ioî^o, les deux battants, l'un superposé à
l'autre, qui ferment la boutique, Dozy sv., est le seul mot
syrien où se soit conservé le sens primaire du sudarabique
■K~y;'->- Le sudarabique lJ^S et le syro-égypt. iCs^j», vhvs.,
me paraissent provepir de 1/"~^^l> > 1/~Ojl>. Mais le syrien
;j/o.o ou jj^o, verrouiller, barrer, est persan.
D'après la liste de Kampffmeyer, M S OS II, Materialien
etc. p. 152, porte se dit en Sôa darb, en Waddây, sidàde,
en Âdirar, magalâru, = o^iixi, et en Bêrâh, tabega,=
A-alb, V. Dozy sv., tandis que doorway est en Adirar bâbu,
= v^' 6t en Bêrân, fum, pi. fàm. D'après Carbou p. 180,
c>.*-*J! V;^) ^^ porte de la maison = '.::y^\ (•--i^j mais Vj*^
o -
740
o -
)'^ et iù.o y est aussi chemin, route, voie, pp. 49,7; 65; 208,
en même temps que habitude, coutume; ce dernier sens
classique est inconnu dans le Sud de l'Arabie.
Chez RD, ^.j> est chemin, route, comme en ''Oman, mais
I p. 33,4 il doit avoir un autre sens: en kànt (= kân
ent) t)û Nasar ta^rif darbak, si tu es Abu N., tu
confiais ton chemin, selon E-hodokanakis, mais ici >^^o fut
expliqué par j^^. Cela correspond au dat. et au hadr. ^f^
lAcyi vhv.
Vollers ZDMG 51 p. 296 admet deux *_j.l>: 1° y^o passe,
défilé, = ^éploy,; il cite el-Gawâl. p. 69 et el-Hafâgî p. 95,
mais celui-ci dit seulement que c'est = ^l et oLy^ J^A^ ;
2° porte étroite qui s'est conservé en Egypte et dans l'Afrique
du Nord, soit comme quartier fermé, soit comme barricade,
abattis, dans les révolutions du Caire. Il ajoute que de ^.o,
porte étroite, passage, a pu découler le sens, à présent géné-
ralement courant en Syrie, de sentier, chemin, route, qui se
trouve déjà dans Yaqoût II p. 562, 2. Il croit même que le
sens de Brill, Ûbung ait pu se développer du service des
armes pendant les ^[s>jjLi. Il n'ose se prononcer sur ^^o,
mur, dans l'Arabie du Sud et en Espagne s'il est indépen-
dant ou dérivé. Pour ma part, je ne sais si le classique et
dialectal ^.<j et ^.o, est parent de sudarabique wj^ ^t ^.o,
et je laisse à d'autres le soin de faire les investigations
nécessaires.
En néohébr., il y a ]y)1, porte, entrée large, d'après Levy
NHChWB sv., qui le rapproche de l'arabe ^^o: DlDn pii,
la porte du vignoble, mais je ne sais comment expliquer le
désinence an, si ce n'est d'après la théorie de Torczyner!
Je crois que ]D"n est l'arabo-persan q^o, portier, LA XXII
p. 11, 1, et qu'il faut traduire le mot hébreu par gardien.
741
Cl - c
Quant à l'étymologie de notre v_;^o, je suis un peu em- ^j^
barrasse. R. Hartmann, dans l'Encyclopédie de l'Islam, sv.
Darb, dit que V;^ d® P^^* être expliqué par l'arabe et qu'on
en fait remonter l'étymologie au nom de la ville de Derbe
ou plutôt, comme il le propose, à celui de la ville de Der-
heyid, ou bien ^jS^\ doit être ramené à quelque langue indi-
gène de l'Asie mineure. Cela avait déjà été dit avant lui.
L'étymologie de Derbend n'est pas douteuse, mais bien connue,
voir ici p. 736. Il s'aperçoit lui-même de l'extravagance d'un
rapprochement de l'arabe ^_j.o avec Derbend en constatant
que „al Darb est à l'origine un nom propre, mais, selon la
forme, un appellatif, et à cause de cela avec l'article, et que
peu à peu il a acquis droit de cité en arabe avec le sens
de porte, chemin, route" '). D'après lui, cet al-Darb, par
excellence, cet appellatif aurait donné les sens si répandus •
dans le Nord et les dialectes hadar du Levant. Cela me
paraît impossible. Ce mot séparé de son article, aurait donc,
émigré au Sud, oii il aurait pris un tout autre sens qui y
est fort répandu. D'après mes faibles lumières, c'est le cas
tout contraire qui s'est produit. C'est le Sud qui a fourni
tant de mots au Nord et à l'Afrique. Beaussier donne ^^p
pi. ^Jj> (sic), impasse ordinairement fermée par une porte,
passage étroit^ allée; palais (Est)". Ce sens de palais rappelle
singulièrement le io.t\/o o^L = 3^^' du Sud, voir ici p. 726.
Je crois que ^^.^^ mur, pourrait bien provenir d'un thème
arabe v;--^ ^t qui serait, à son tour, un élargissement de
V~j*)^ < V~j^ = ^"j*' ^^^-i tourner, entourer, qu'on trouve
également dans „ .o, vhv. et l'algérien ^^j^-, Beaussier sv.
Peut-être aussi pourra-t-on considérer V~^jO comme un
composé de V~j'^ et V^^^, vhv., comme -.^o l'est de
') Traduction de l'original allemand.
742
ù _
V;^ K .o et |/ -^o vhv.; J..O, é^re rond, vhv., est sans doute
aussi un élargissement de T/~^o. Je fais observer que tij.o
est aussi mur dans le Sud Yhv., mais ici le sens primaire
paraît être soutien, soutènement. L'akkad. a dûru, mur, et
l'arabe ,b et b.b, vhvs., parce que, à l'origine, entouré d'un
mur ou formant un enclos, comme la 'ijoy^ vhv.; voir Fleischer
dans Levy NHChWB I p. 440. I el-Mogâwir cite un vers
de 'Abd en-Nebî b. 'Alî el-Mahdî ') Sy^ ^J^s. ujol
A>L>: w*.AA.i:s^!, 710US avons entouré la muraille d'el-E. d'un
•.o\
fossé^ où il y a la juxtaposition des deux thèmes ^^oetv^j.j»,
comme dans le passage cité p. 731, 4: ^^.^y^ ■ ..^i^Jî o,b'.
A peu près la même tournure chez Jahn SAE III p. 59,3:
abra abni dârb ''alal-bilâd douwâri = mehri hôm
lâbné darb làrahbêt dêr medêr,je veux construire
une muraille tout autour du pays. Jahn le traduit incorrecte-
ment par chemin, Weg, cf. ma MJM p. 19. Mais ib. p. 61, 1
il rend bien le mehri darâb par mur, Mauer. Cela fait dire
à Bittner, St. mehri I p. 54,7: darb, Strasse, Mauer, où
seulement le secorid mot est juste pour le mehri. Au Waddây,
il y a j3'^j,^ "), pl- j?.^K^, mur, Carbou p. 288, qui dit que
durdên désigne aussi une forteresse, de même que les mots
karnak et birni, qui ne sont pas arabes, mais vieil
égyptien.
Les différentes localités v;^-^' ou y.j> suivi d'un génitif
dans le Sud sont ainsi appelées parce qu'elles forment un
') Sur lequel voyez 'Omârah, éd. Kay, p. 129 et ss.
5Ci 5
2) Yâqoût II p. 566: (jyJ vJL^/« ^L^ ^. ^]y^ J, ^J^ i^'^f'
3 >
Q-à^î CT» jLi>^! xxL*o ^^-nJ-o», c'est donc un -^-J^ ou j-^.t voir
p. 749 n.
743
ensemble plus ou moins clôturé, ^^jXa. Ce nom correspond v;^
à celui de iLJ3^>, vhv., nom de localité également fort ré-
pandu à l'est de Harîb, v. Index p. 1812 et Arabica V Index
p. 257 et ici sv. Le Darb âl 'Alî b. Tâlib, capitale de
Harîb, Arabica V p. 98, est habité par un grand nombre
d'asrâf: c'est la Hautah de ce pays-là, comme celle des
'Abd el-Mâni' dans le W. Mayfa'ah, v. Index p. 1812.
La sémantique est la même pour les deux mots. Le même
processus sémantique se rencontre dans le vieux nordique
garâr, haie, enclos^ pièce de terre clôturée, endroit fortifié,
cour; goth. garda, clôture; suéd. et norv. gàrd, enclos,
enceinte, cour, habitation, terre ferme, manoir, hameau, fonds
de terre; de là le français jardin, < allem. Garten, Falk-Torp
p. 292 sv. Gaard; voir aussi Walde sub hortus et cohors,
et finalement %éproç, enceinte d'une cour; v. slav. grade,
enceinte, ville, que nous retrouvons dans Pétro-grad, Boisacq
Dict. étym. de la langue grecque p. 1067. Partout ici le
développement sémantique est la même qui celui de ^.o
D'après tout ce qui a été exposé, je crois pouvoir dresser
pour notre ^.o le schéma de filiation sémantique suivant:
1° mur circulaire, muraille clôturant uti endroit; étymologie
probable de V~jC>= V~p^ élargie;
2° mur, muraille, en général; dénominatif uj.o-,
3° mur, muraille servant de protection contre l'ennemi; >
le classique Vj^'5
4° mur, muraille flanquant un chemin;
5° endroit plus ou moins clôturé formant un ensemble, soit
hameçiu, soit village ou ville = 'S>Joy=>, S<j>, a.b, ou bien
quartier;
6° passage entre deux murs, > défilé dans les montagnes, >
chemin de ynontagne;
7° chemin qui passe entre les deux uj^.^) latéraux.
744
■>y^ 8° Ghemi7i, route en général, surtout dans le Nord et en
^Omân, où l'on a même le dénominatif vo^j trotter, RO
p. 320,12, et le dim. k>-j.o, drêbe, ruelle ib. p. 197,8.
V. Arabica \^ p. 290.
En- élaborant cet article, un doute est surgi en moi con-
cernant la communauté de ces deux mots k_j o, mur et v;^»
cheynin. Il se peut qu'il y ait en arabe deux thèmes homo-
nymes v;0, de sens différent: 1° l_j,o<1/"~.o, ^^o = V^/j
jyi, vhv., > j^, j^, être rond, +V) Qui est motivé par
contamination avec V~~^ù, vhv. Cela aurait donné v;"-^»
mur, = akk. dùru, mur; avec les élargissements de K"~,o,
p. e. _ .L>, vhv. j.^o, êt)'e rond, vhv., par contamination avec
V~^^, J.3O vhv.; v'-^'-^' 'bouler, Dozy sv., Marçais TAT p.
w - Û -
295, et qui est sans doute un composé de V;^ ^t ^j>; ^0.0,
danse des Nègres, Dozy sv. et Marçais ib., mais qui peut
aussi provenir du thème suivant; cf. ioCjj, danse des Eau-
râniens, vhv. On en trouve beaucoup d'autres dans ce Glos-
saire. Cf. p. 750.
2° uj.o < V~j^ = j-j", fouler, piétiner avec hruit, -|- v»
qui est motivé par contamination avec K~^_jo vhv. = V~^^
w^_L> et i2_j vhvs.; avec les élargissements de V~jC>: u^j^,
Z'ii, "1"!" et bien d'autres dont une partie figure ici; cf.
é^o > 'AijO, S^j'^, i)^j<->, J-i;'^, Marçais, 0. 1. p. 279 et vhvs.
S'il faut vraiment séparer les deux thèmes, il s'ensuit que
v^'^, chemin, appartient au Nord, car dans nos dialectes
bédouins de Dt., de Hçlr. et de tous les autres pays entre
le Yéman et ""Oman ^.o n'a pas ce sens, qui y est rem-
placé par oijjb, s>3b>. vhv., e^Llx. Le nordarabique et clas-
sique ^_j.o, chemin, serait donc, étymologiquement, compa-
745
o -
rable avec om-^, lto^, vhv., "^l'H et l'akkad. daragu, durgii, v;^
cJiemin; la sémantique est la même. Mais daragu, durgu
peut aussi s'identifier avec -^o, rotfZer; sa sémantique aboutit
cependant au même résultat final. Il y a beaucoup de Vi);*^
dans la linguistique sémitique, et je ne suis nullement sûr
d'être sur la bonne voie. Tout a une origine, et toub mot a
une étymologie, qu'il est cependant souvent difficile, voire
impossible de trouver. En tout cas, i_j^o n'a rien à faire
avec le nom de Berhe et de Berhend.
H. Môller, Sem. u. Indog. §§ 64 et 173 identifie „le thème
sémitique dr, frotter, à l'indog. tr, frotter, y' fouler, treten
et à ses élargissements drs: arabe u^j^, dépiquer le blé,
étudier, hébr. ^~\l, "|1~, ^ ,o, akk. daragu, durgu, chemin",
Del. HVVB sv., et d'autres, aussi bien dans les langues sémi- .
tiques que dans les langues indogermaniques. Je ne crois pas
que le sens primaire de V~ô. r soit frotter, mais foider, treten.
En Syrie, en Palestine et en ^Omân, ^.o, chemin, est du
féminin, Prov. et Dict. Gl. sv. ^ Brockelmann o. 1. I p. 424;
Hartmann Sprachfûhrer- p. 126, 8; Harfouch Drogman p. 286;
Spoer Manuel § 157 et p. 102, 15; Bauer Palest. Arab. §46,
6; RO § 86 et p. 367,6, 11, dërêbe, sentier, ib. p. 367, 5
Cl _-
d'en bas. Mais à Damas on dit cependant ,«-_x_ij_;c_.«-_I! ^_j.o,
Baedeker Syrien^ p. 318. En Egypte, y.o est toujours du
masculin. En Syrie, oi-j-^ est souvent aussi du féminin,
Harfouch o. 1. p. 286, comme en 'Oman RO § 86, voir exem-
ples dans el-Hazragî pp. 52, 10; 285 (= ici p. 732, 3) et p.
210, 5 d'en bas et passim dans cet ouvrage-là, mais en dat.
du masculin, p. 708,3 d'en bas et p. 712,4. I Sîdah XVII
p. 17 assigne à J-x-^-w, Jbt^ et oi._j„I:> les deux genres;
Donat Vernier Gramm. Arabe I p. 362, Wright Gramm-'
§ 292 D. En hébreu "^'i";!, route, est aussi des deux genres;
Kônig Syntax I p. 167.
746
Pour finir ce long exposé, je me demande s'il y a quel-
que rapport radical et sémasiologique entre v.^? porte^ et
(^^L>, vhv., et ici p. 737 en bas.
'ssijù, im mm\ une muraille^ 1426, 11 d'en bas, est le mehri
derbèt, même sens.
iL«o^o, pi. ,^jr-^^y^i boulette de quelque chose de mangeable,
30, 16; 793. Cf. Joo et joy, Prov. et Dict. p. 127. Sur cette
manière de manger, voir Musil o. 1. p. 156.
.^^j'^, menacer, Stace p. 172. Je ne le connais que dans le
sens de marcher très lentement, comme dans la lurah; cf.
^o vhv. RO § 396 donne -i-jjO, remuer la la?igue ou les
ily
■J
• pieds > mentir), ce qui pourrait expliquer le sens rapporté
par Stace.
^'^j^, rouler, et i^^^o, danse des Nègres, voir p. 744, 14.
.^o, plier le dos, 176S; voir ^o. I Sîdah XIII p. 277,4
Q\x^= i;s-^.c>. Le sens de courir effrayé, Belot, est par cela
expliqué. Cf. aussi ^)ù vhv.
J^j,o, faire des houlettes 794; accouplement de Joj> et ^^o.
xJ^.Ô, houlette de quelque chose de mangeable 798 et s. Pr.
et Dict. p. 127 Le prononciation avec \jo est possible à cause
du ^ voisin.
„ .j», u, rouler; faire des tours, se ^iromener, aller par a
par là, herumgehen, 975. Cf. .-J>->. ic>l> ^^U=> ^y, v'-r- i_ç-5
747
ii3js L^.lXj^i Uuij sAc L^ e5'->ÀJ, et celui de ses contribules
qui apporte im mouton^ comme sacrifice d'amitié, soulève la
bête et la tourne en rond sur la tête du fiancé, 27, 10.
^^lXJÎj yj\jti\ j. - ,Aj -i^ L, sapristi, il ne courrait pas les
pressoirs d huile et les villes, 170,5; cf. 1734; 678,7 d'en
bas. — Arriver à, avec ^. Uba''ad bâhàbbirak ''alad-
dârîge di dirget ^aleyna, et ensuite je te raconterai le
grave événeinent qui nous est arrivé (à propos de iju^ ^b
du I vol.), Dt , = ^i^ L5;=r»- ^^ p. 321, 3 d'en bas a une phrase
analogue: uhabbarhum bma dereg 'alîh, il les informa
de ce qui lui était arrivé. — Entrer. Stace p. 56 sv. entered.—
Sur l'étymologie, cf. sub v;^ P- 741 en bas. Cf. éjC> vhv. —
^^o, int, d. la lère, rouler, aussi class. J, idab J^ L_;-j ^j-*-j
l^xc Js-= - ,iA..^ '— à-v^ er "^^-^ M-^> Ziyâd passa près de
nous sur une mide qui avait une corde roulée autour de
son cou, L. des Avaras p. 222, 14. — Aller par ci par là,
de porte à porte, pour donner des nouvelles ou pour pro-
clamer quelque chose, 402,8 d'en bas. En Haurân, -^o
'^,:s\:<:^M^\ , arranger la danse de la Saligah, en se plaçant en
cercle autour de la ^^.iiL>. ^laL» ^:>.o, le nommer sidtan,
le faire sultan, Carbou p. 188; la phrase est probablement
i^iyjo (i«j.>^o, on le nomma sultan.
_ ,b, lutter avec an., 369, 11 =^ «joî, et „b vhvs.
„ .c\_j' > -, .u>!, roider. iA_xJl ^J^ S-*^ - y^^ l^ chameau a
dégringolé, est tombé de la montagne Dt.
„ .IlXj > -^b!, lutter ensemble corps ci corps, 369 = ^^^ et
*) On no dit nulle pai-t QLLiL«, mais toujours ^LiiLo, avec s.
748
Joî vhvs., mais le point de vue sémantique est différent.
^,L>,po2ilaillerDt. = „^ vhv., obs. la voyelle.
ii-:>,o, marche de l'escalier^ pi. oL^,'^ Dt. — Degré, couche,
487,5: 'i^y^ iL:>.0 J»c O ^y b ,..i:=>_b ic>J^ wJL<Ji t-j^î
e^/e me^ le gâchis couche par couche . . . l'une sur Vautre,
degré par degré 50, 8 s., 1037* — Evénement important,
486, 7 d'en bas ; 487, 5".
-^b, sa&Ze du rivage, en sahhi, BBRAS 1902 p. 268; propr.
ce' qui roule.
iL>.b, grave événement, voir ex. plus bas; secoM?'5 d'une tribu
à l'autre, voir p. 578, 11. — Chose grande et lourde qu'on ne
peut soulever. Gros bloc (qu'il faut roider). Au fig., gra?id
personnage courageux; grayid malheur, événement funeste;
cf. i^>,^ vhv. et le classique ^ .o v. les dict. ^jX^\ oLc
aA*Axi _ I^Aiî^. celui qui proclame la guerre et les événements
funestes sont encore loin, 402 v. 2.
Farîd b. Nâsir el-'^Aulaqî, p. 784 en bas, a dit, en réponse
au sultan Fadl b. Muhsin el-'Abdalî, 1699:
4- - - ^-
o^j^! (2 j.Lci.:^! J. ^J^y (^O ^^ LJL.fiii> Y.h"^^^ -._^Î3Aiî U:>!
(^?fe D^m fasse vivre celui qui nous dit: vive!
Autant que le now.bre des montagnes d'el-Kaur aux hauts
plateaux.
Nous sommes les gros blocs (= hommes courageux) et
d'autres pareils sont derrière nous
') a'^-dâd où la derrière sj'llabe i^b est assez rare dans la poésie
populaire.
2) Cela me fut dicté fi lihsârn, mais c'est contre le mètre, et je
suis persuadé que le poète a lui-même fredonné fil-ljisâm en com-
posant, et alors le mètre est juste.
749
Qui font baisser les pics des montagnes. —
Troupe de gens, voir p. 573 d. 1.
-Lo (pli va et vient partout, de porte à porte GO, mais .î^o
qui voyage dans le monde, qui roule sa bosse partout, Dt.
En français, rouler et en italien girare offrent le même
emploi figuré que Tarabe ^.o, ^.o et ^t.o.
ti^)^
„o.o, pendiller, Dt. r>^;^>-^ «-x.^, les cheveux lui descendent
sur les épaules.
o^o, 7narc de café, 1080. — ^o.o, lie, 1080; les deux du
persan «o.o ou (^o^o.
^Oji, pl.yoKjO, wwr, Carbon p. 238, v. ici p. 742 et n. 2.
yp^o, sandfly, Stace p. 67. De l/~ OjO, tourner, tournoyer,
< 1/ .30. Cf. j^j^, Dozy S. sv., et le syr. 8,^0.0, à cause
de sa forme ronde, ib. sv. Le mehri derdîr. puce, Jahn
SAE III p. 174, Bittner St. mehri I p. 23, que Nôldeke Bei-
tràge I p. 120 écrit derdîr, et dont il ne sait expliquer
l'étymologie, vient de l/~,o.o vhv., et d à cause de r.
^jiij^o, faire ^semblant d'être ivre en festonnant et en bavar-
dant, mais ce n'est ni bavarder ni extravaguer, Dozy sv.,
Ruzicka p. 190, si ce n'est de cette façon. De iji^o, radoter,
variation de (j^.o vhv., avec répétition de la première radi-
cale. Cf. ^^1.
Jj'ô, 1668, 12, V. L A sv.
750
»^
(Cj.o, tailleur, à Aden. ^.j>, u, coudre n'est pas usité.
C'est le persan ij^-^.^, tailleur, Cher, Alfâz p. 62. Voyez
l'article de Marçais TAT p. 296; âifâ' p. 98.
(_^v..->, > (_w,o, a, é^re souillé, impur, sale, Dt. et Hdr.; Ara-
bica V Gl. sv. La différence entre (j/..o et .^^^ est que le
premier dénote la souillure telle que l'urine, le sperme ou,
au figuré, d'une mauvaise action = ij^, tandis que le second
indique la saleté provenant du n'importe quoi: ioLvj'li! c>-w.o
(jii*.^! ^^, la femme est souillée par ses rmnstrîies, elle est
impure. ^Jolc x*jjJLj! oy^i ^**f^' -^^^^^L) (l^wv.-> >) i_^v..o ^l^ , e^
celui gui est souillé par la chose volée (cachée) doit payer les
honoraires du Mubessf, Arabica Y p. 166,8 d'en bas.
L^wvjj,'i, tr. souiller, term. techn. du mubassi^ ^^ ^^'^ ^.,)
icxio (J«lw5 \-A-wjO! *:vJi^, (ô bis^ah) si un tel est coupable,
souille-le et fais couler son sang, ib. 1. 15 d'en bas — Lorsque
je me promenais à Gênes avec les deux Haçlramites que
j'avais amenés avec moi de leur pays, nous passâmes devant
un ancien couvent et la conversation suivante eut lieu entre
nous. Hadr. : es hâdel-husn, qu'est ce que c'est que ce
husn? — Moi, voulant voir s'il comprenait l'arabe littérale,
de répondre: hâda dêr lir-ruhbân kânu yidrosûn
el-Ingîl fîh, \AJ Jyi^^î o^r'^j^ 1?-^^ o^/ j^^ '^' ^^ ^^
de grands yeux et dit: hâf hôs lilbôs, c'est peut-être un
enclos pour les bestiaux? — Moi: la' fîh ruhbân, non, il
y a des moines. — Lui: ïiasibt ma sî dàrak fi bëlâd
el-Frang, Je croyais qu'il 7i'y avait pas de danger au pays
des Européens. — Moi: la^ belâdna mirattab, non, notre
751
pays est ordonné. L'autre lui fit alors comprendre que c'était
une caseryie pour les soldats ^^ o-*-^^? v. Hdr. Gl. sv. ^s^
et ici sv. Je me tordais de rire tout le temps. Or, ma phrase,
qui en bon arabe veut dire: Ceci est un couvent où les moines
étudiaient VEvangile (et je disais exprès yp pour savoir s'ils
le comprenderaient), signifie dans les dialectes de Dt. et de
Hdr.: „cec^■(= celle-ci) est une chamelle qui a quitté so7i petite
ou femme qui a quitté son mari (et appartient) aux ayant
peur qui y souillent le chiendent., ou la machine à vapeur, ma
LA p. 42 et s. Aucun des mots yo, ^^, qL«.5>^, ^^o et ,}^\
n'ont chez eux le sens que nous connaissons bien, vhvs. La
raison en est bien simple. Il n'y a jamais eu dans le Sud
ni couvent, ni moines, ni Evangile, peut-être pendant le temps
de la domination abj^ssine et au Negrân, je n'en sais rien,
en tout cas, jamais en Dt. et en Hdr.
(j/,'o, u, est aussi chercher, mais avec un certain zèle; c'est
presque fureter. Un datînois avait perdu quelque chose qu'il
cherchait sur le sol. in autre lui demande: es tôdros?
que cherches-tu? L'autre: mëdûwir ^ala em-marda''
haqqi, dârsinneh min em-subëh, je tourne pour
trouver ma bague, je l'ai cherchée depuis ce matin. En en-
tendant ce dialogue entre les deux datînois, je me suis tout
de suite dit: voilà le ^'n hébreu, sur lequel voir plus loin.
(j^:o, u, est, en Dt. et en Hdr., aussi faire perdre le pre-
mier lustre à un vêtemetit, tr. On dit aussi (j«^b ^y^^'i, le
vêtement est usagé, mais non encore usé. La lurah a aussi
dans ce sens y^-^o comme tr. et intr.
Le sens primaire de l/..o est fouler, treten, calcare > broyer,
piler et de là, dépiquer le blé; mais non pas battre de blé,
comme c'est traduit dans nos lexiques européens, car ce sont les
bêtes qui dépiquent le blé en marchant dessus. Lane traduit
bien -LxlsJI (j/-.o par he trod or thrashed thewheat, mais il aurait
752
dû commencer son article par ce sens au lieu de le déclarer
métaphorique, probablement sur la foi d'ez-Zamahsarî, Asâs
sv., qui dit que j.ljtLiî (_^y.^o est jL^". LA VII p. 382,1 dit
que c'est yémanite et = (_^-.b, u, vhv. ; il ajoute (j/^LlXJÎj
j^^t ^s>\ ijtJb ^[iôJil '). Nos dialectes de Dt. et de Hdr. ne
connaissent pas ce sens, qui y est remplacé par (j/.b, u, vhv.
et j.b, u, vhv., mais en Egypte il est courant, Spiro sv., en
Syrie, Jaussen Coutumes p. 253, et en Algérie, Marçais Gr. Tl.,
p. 307 : inf. ,j*.j^o, dépiquage Dt. et ib. p. 283 et p. 284 n. 2. C'est
le mot technique pour détriter, piler, broyer les olives, Pr. et Dict.
Gl. sv.; tj^jXA, détritoir. Nous lisons dans Mîka 6, 15: nnx,
^1 ""ilO» tu pressures des olives, rendu par les Américains
de Beyrouth par Ij^.; {j^»,OJ ^i>oî, mais le syrien (j^,i-Xj" aurait
été tout aussi bon, voire plus exact; de mêm.e Job 24, 11.
Les Bédouins du Nord disent oo vhv., qui est proprem.
battre le blé. I Sîdah XI p. 54, 11 d'en bas: îi'o l'xJu^j^ ^)
(j/.Ll)oÎ5 (j^bAJÎj oJJ) J-4-*Jt liUiAi J^ 6;^' Lr-rî^' LA VII
p. 382, 1. En Espagne, (_^wO , f otder, éta.it encore vivant, Dozy
sv., qui corrige inutilement y^^o en (j^,o. Métathèse y^ù vhv.
Les Bédouins du Sud ne connaissent point 'u*jO, étudier,
sens qui n'est courant que parmi les lettrés de Hdr. et de
yéman. Je suppose que le sens est un emprunt aux Hébreux,
qui dans les v^'Hiç n^3 étudiaient WT\ les Saintes Ecritures.
Voilà pourquoi les Bédouins du Sud, qui n'ont aucune accoin-
1) ijLjti pour les travaux du champ et du jardin; oLûJî Nas-wîin
O , ù ^
0.1. p. 87 = u^[^L> Uilj^'^ ciOj; Masoûdî I p. 380,2 d'en bas et ib. 1
d'en bas: j~>^-*r^^ J. Ji^i! u*5y. V. Vollers A' S p. 20. Cf kS^--} inf.
labourage.
753
tance avec le ^y^ des lettrés de Hçlr. (en Dt. il n'y eu a
pas), ni avec les Juifs, ne peuvent connaître le sens ^'étudier,
qui pourtant est aussi tincien que la littérature arabe à nous
transmise. Voilà aussi pourquoi mes deux Hadramites igno-
rants ne comprenaient pas la phrase susmentionnée oii figure
ce verbe dans le sens ^'étudier.
Nôldeke Beitrâge II p. 38 n. 4 veut séparer l'hébr. tt'ni,
chercher > rechercher, étudier, de DIT , j^ ^, , battre le blé,
dreschen, et même de l'arabe ^^^o, fouler, calcare. Il pense
même, si je le comprends bien, que (j^p, dépiquer le blé,
est aussi un emprunt, et alors, bien entendu, auxAraméens!
Pourtant, de (j^-.o, fouler, découle naturellement dépiquer,
puisque c'est là justement la manière de dépiquer avec les
bêtes, Déjà^Gesenius, dans son Thésaurus sv., avait étabU
cette étymologie lorsqu'il dit, à propos de ^"n, quaesivit:
„Origo tamen est in terendo sive manibus, sive pedibus et
quaerendi notio ducta est a palpando et circumeundo, ut in
syn. îi'pa; syr. ^f,, est: trivit, ealcavit viam, trituravit et
metaph. inquisivit, studuit, disputavit, arab. (_^v.^o, trevit v.
c. vestem, metaph. trivit libres, studuit, didicit et tr. docuit. ,
Media radicali r in vocalem emollita a nostra radiée orta
est "^M, quae primariam notionem servavit : utraraque for-
mam habes in linguis germanicis: dreschen, belg. dôrschen,
etc. Vicinas radd. commémora vi sv. "Hii". C'est sans doute
' -T
cet exposé de Gesenius que Nôldeke a en vue. Cf. ÛL,
1215 > iaj vhv. qui, d'après moi, offre la même évolution
sémantique.
Ges.-Buhl n'a pas accepté cette distinction de Nôldeke.
Levy NChWB sv. a aussi congme sens primaire de ce
thème hébreu, treten, fouler.
Mon opinion personnelle n'est pas bien fixée sur la
communauté sémasiologique de u^y^, fouler, et (j^,o, étudier.
48
754
Nous avons vu qu'en datînois ^j^jO est aussi chercher, comme
également '^"ii, et cela donne à réfléchir. Je laisse la question
étymologique en suspens pour le moment laissant à d'autres
de la trancher.
L'intensif (j/-«uî, Sifâ d'el-Hafâgî p. 65, est étudier superficiel-
lement, contr. de 02^; c'est sans doute une application de '^11,
qui ne paraissait pas bien sérieux aux savants arabes, mais
oîi transpire cependant le sens primaire de fouler, dreschen
> durchdreschen, en admettant toutefois que ^J^^o, étudier,
provient du même thème. Nous disons en français potasser
un livre, expression des étudiants. Autrement, (_^w:o est le
tr. de u^j^'
Siegfried-Stade H W B donne à '^~\l pour racine première
"2^1. On pourrait alors comparer l/~;ji.j> et ijiij=>, mais cela
est moins probable. C'est plutôt un élargissement de V~j'^
>(j«.L>, où la troisième radicale est motivée par une conta-
mination avec son synonyme ^^wvb, u, comme K~~i"! > ^~n
par contamination avec son synonyme îi'n, et ""il par con-
tamination avec ses parents ~jD"i, i<Dl, riDi et ""n. Si (j/.;>3,
chercher, est vraiment un élargissement de V .0, tourner,
cela pourrait expliquer la transition sémantique ayant donné
(j*.o, chercher > étudier, mais alors il faut aussi admettre
que (_!*rO, foider, est un sens secondaire, à moins qu'on préfère
avec Nôldeke d'y voir deux thèmes homonymes. jJLci ^JJîj.
H. Môller 0. 1. p. 79 dit du „thème d-r, frotter"'. En sémi-
tique, élargi de plusieurs façons: d-r- s, arab. d ara sa, he
trad or thrashed (the wheat) (Lane) etc., au figuré, read
repeatedly, studied (un livre comme le lat. lihros terere, ein
Buch dreschen), intr. it hecame cffaced, crased; old and loorn
ont; syr. de ras, calcavit, patefecit (viam) '); hébr. betreten,
') Qui se trouve dans le cl. ij^j'^ (ou yémanite?) = (jr*^ ^— ^y^JÎ,
S. et Q., route effacée, Lane ; v. ici p. 757.
755
entrer dans, passer, fouler le sol (et alors principalement au
sens figuré), etc.; voir ici sub v;0 p. 745 et ^^o. En
suédois, nous disons également trôska igenom un bok, potasser
un livre, y étant obligé et avec quelque peine. L'allemand
dreschen = suédois trôska, et suéd. traska, trottiner, vn.
pryskva, etc., norv. terske, angl. thrasli, battre le blé, viennent
d'une racine qui veut dire pedibus calcare > dépiquer, abso-
lument comme l'arabe u^y^, comme sens et procédure, voir sub
(J/-ÎO, u, et (.b, u, sens qui apparaît encore dans l'italien trescare
= sa] tare pei campi lavorati, dans le substantif trescone = ballo
assai agitato, rimasto oggi alla gente del contado, Voc. Rigutini-
Fanfani shv. et dans le vfr. treschier < goth. firiskan, dreschen.
Quant à (j.^.^ p. 750, nous retrouvons peut-être un indice
de ce sens dans la lurah, oîi il y a i-^vj.o »î^! c>^o = ui-^^sb»,
LA VII p. 383,10, et le ^f est à cause de cela appelé
(J/.LO jr-^\, ib., Qâm. sv. Ce sens ne pourra provenir de
y/^y, trivit, calcavit. Mais Kj.Lil ;_,w_jO, comprimere puellam,
= 1 ^ r ^L>, est un emploi figuré de ^^jO, foider. Dans
le Sud, on dit aussi pour cela 'v,J.\ y^^o, car (j«^o = (j^b,
LA VII p. 382, 6, comme on y dit aussi û^ ^rb = o^jO.
Nous avons aussi dans la Inrah, d'après Nadr b. Sumayl
(t 203), LA VI p. 361 sv.: ^Wt b! î^^'o ^io oVï^ :^^^ ^3^\
et ib. (^A/^ bl .,j>.j^\ y,o, ce qui est reproduit par le Qâm.
et TA. Il y a aussi ôb := ^j<^jo et q.^, être sale. Est-ce
que notre (j^>^, est, dans ce sens de souiller, salir, une
métathèse de yjo, avec o < u*, permutation assez fréquente,
voir sub o et I Sîdah XIII p. 280 en haut, Haffner AL p. 39,
ici p. 756 n., ou bien une variation consonantique de ^^c>, être
sale, avec permutation des sonnantes? Mais ce dernier verbe
756
est intransitif. Le (j*jO "^omânais, vhv., semble indiquer que
(j*.o souiller^ salir, est aussi connu dans ce dialecte. Je ne
sais si le classique ^y^\ ^j^jO = vjiii>î . peut provenir en pre-
mier lieu de notre sudarabique (j^j-^, souiller. Ce n'est pas
impossible. vjji=> vhv. est bien, dans l'Afrique équatoriale,
vêtement, et le sens arabe classique me paraît ici secondaire,
voir ici sub (j^,b.
Est-ce que le sens classique si connu et dialectal du Nord,
u^^o, effacer '), ne pourrait aussi être secondaire et avoir
son point de départ de [j^y^-, trivit, calcavit? Je le croirais.
Je fais ici observer que u^.^, effacer et être effacé, a fait le
classique (_/y^, i, effacer, tr., o> t>t, à cause de r voisin,
comme V'~jJi> jh vhvs. Cf. aussi le synonyme u*'-i-^, i,
effacer, tr. et intr.
(_,wv.o, souiller, salir Dt. 'x^.lSa vW^S vêtements sales, souillés.
u*,Jù", se salir, se souiller Dt.
(j^.lXjÎ, perdre le premier lustre, "bêtement, Dt. v'-:y^' ci^^^^'j
les vêtements ont déjà été portés et n'ont plus leur premier
lustre.
(j«.b, sale, (wjb i_jo, vêtement sale, mais,j«.j,oou (_v»5.l\xi >«jyi',
vêtement qu'on a déjà porté, sans qu'il soit pour cela râpé
ni vieux, J030, ni troué, ^»^^. Cf. le syr. ^o < syriaque.
Voir les Nawâdir d'Abu Zeyd p. 217,6: ^yù\ _^», cr;*^^
oLLi^Jt, pi. qL_w.o, mais dans notre dialecte la V [yy^ est
seulement être sale; I es-Sikkît Tahdîb p. 561, Kâmil p. 469, 14.
1) Cf. y-> \\\\.=y^^, être efjacé, et (j*^, h effacer.
757
(j*jO, souillure, saleté, Dt.
(j^y en 'Oman, fumier, RO p. 402 N° 52: c^^lj u-J^L. jUi
(j/..v11j, /e fumier est à la plantation (ce que) le loai's est à
la fille. = Hdr. et Dt. ^,Lc>:> vhv. — Stable, vacherie, ib. p. 61,
4. Est-ce à cause de la saleté, produite par la bouse? Jayakar
RAS 1889 p. 660: a fold (of goats, sheep etc.).
Cl -
Je fais ici observer que la lurali connaît le mot y/-^ =
J^ài^t oJJriaJI, LA VII p. 381, route délaissée ou peu pra-
tiquée, ce qui s'explique par I Sîdah XII p. 45, 9: oi^^j-ki!
tikJLw Ijî Lo^r.^ u*;^ L?' 'î^f '^' ^>r.5 mais je n'oserais dire
si ce mot vient de fouler ou ^effacer ^ le second sens décou-
lant, en tout cas, du premier. Cf. ici p. 754 n.; cf. aussi
"Ti.l, route.
ij«^j,o, souillé, impur Dt. oA^ ^ ^\ J.i»iAj3 ^^^ (^ '^-^ ^^
J3.b ^j^ ^j^o.jJt, ensuite, il exécute l'ordalie en faisant entrer
Vaiguille dans la joue, en dedans, de Vimpur (= l'inculpé)
Arabica V p. 166, 10 d'en bas.
v_j c^ ,o, se précipiter sur, fondre sur, 693, 2 et 6 d'en bas,
"^Anazeh: v. Socin Diw. Gl. sv.; cf. le class. J^c iy, même
sens. Quelle parenté y a-t-il entre les verbes Lo, a.o, c .o
et o^?
c .o^ pl. Pij^, co^^e de mailles, n'est connu que dans le Nord,
où les cottes de mailles datent probablement du temps des
Croisades. Il y en a encore plusieurs chez les Bédouins. On
1) Il disait aussi ba'^duh = cl. i-^'*J, vhv.; ma LB^A GI. sv.
758
m'a assuré que les Rouwalah seuls en possèdent plus de
trois cents. La plus jolie se trouve chez I Halîl, petit chef
bédouin (jt .y. )j ♦ -^ J_£ (j^^y^) des Wuld 'AIL II y a aussi
beaucoup d'armures anciennes au Negd. Les plus anciennes
sont appelées i:_jo»3b ;;^,j>, par allusion au Qor. XXI, 80;
XXXIV, 10; I Sîdah vï p. 71, 7, 8 d'en bas.
i4_c!^o, pi. j-J;';<->j se dit dans notre dialecte :<_£Lo vhv. En
mehri, il y a derâ^t, derâ^at, der'aat, derâ't, derât,
chemise, selon les différentes graphies de D. H. Mùller, apud
Bittner St. mehri I § 83, ce qui prouve que ce mot classique
iL^Lo, n'est pas du domaine de la langue raehrite, mais
adventice, ou bien que D. H. Mûller a mal entendu, ce qui
est moins probable. Peut-être faut-il séparer iCcLo de iCcUô,
le premier pouvant se rapporter à ^.j> et le second à ^Lo,
avec contamination sémasiologique entre les deux?
c .lX_/« ou ;=^u\_x!, pi. ^j L\_^, hotmne portant une cotte de
mailles^ 308, 4 et n. 2.
lJvO, i, jouei' du chalumeau ou de la flûte, 1653; Hdr. p.
139 n. 1 = lJ;^ ib. p. 138 d. 1. En Dt., on dit s.o, vhv. Je
ne sais d'où vient ce verbe. On observera le tigriûa dârfi,
chanson, 1653. C'est à peine que j'ose proposer ^^ > lJ,o;
le fait est qu'on dit l_î).iA_1! v-jj-'^ ou »LiA-i!, vhvs., comme
aussi Uyi\ Vj-^) jouer de la flûte. Dans les dialectes, oii le
'^ a bien conservé le son emphatique superdental, le .pas-
sage du ij^ à o, surtout au voisinage d'un r, me paraît
discutable, mais nullement impossible. Par contre, le passage
du o à (ji3 devant le r est assez fréquent dans tous les dia-
lectes. La lurah offre bien assez d'exemples de d > d dans
759
les contrées .du Sud, où l'emphacité peut disparaître tout à
fait, voir ici sub o, o, ijo et -b, voir aussi 704 en haut;
1281 n.; 1398, 1399. L'exemple classique en est co^, et
^*,, vhvs.
O- 5 5
Oj'3, pi. Li^rO, ventail de la porte; volet de la fenêtre^ Dt., et
Hogarîeh. Stace p. 200: door. V. p. 739. Lorsqu'on ouvre le o^o,
on passe par la porte. Ce n'est pas l'ouverture, pratiquée
dans le mur pour la porte et la fenêtre. Nous appelons
couramment les deux porte et fenêtre. C'est le syro-égyptien
iOjO, pi. oli.o, = class. \„Aft>o, battant d'une porte. Chez les
Hogarites, j'ai aussi constaté v^o avec le même sens, p. 737.
Dozy S. veut que le syro-égypt. iLi.o soit une altération de
iLi>->, mais alors il faut que le sudarabique lJ .o soit- aussi <
^«îo, et le hog. cj,^ ferait alors bande à part, à moins
o - 5 5 O _
que le hogarite ^.j-^o, pi. viîj^j soit une variation de OjO,
5 5
pl. uiJ^^, avec permutation des deux labiales spirantes; le
sens est le même. Le classique >_j;>^> porte., vhv., pourrait
alors avoir la même provenance et n'aurait rien à faire à
y.o, chemin., voir p. 744. Nous avons l'akk. „duppu,
tuppu, plaque., table (< soum. dub), dont dappu, planche,
n'est probablement qu'une variante: > aram. dappâ, planche,
table., page, aussi égypt.-aram. tp, planche (> probablement
arabe daff et taff), planche., côté'-)., daffat, couverture
d'un livre), sudarab. tf, table. En outre, > vieux pers. dipi,
inscription (avec peut-être le néo-persan debîr, écrivain^),
dîwân, livre ^), élam. tuppi, i7iscriptio7i, ind. dipi (lipi)
1) ^3^3, côté., planche ou battant d'une porte, etc. \ «wS-b, bord, marge.
2) Voir ici sub lJ^, côté.
3) Qui est plutôt l'arabe y^<> vhv. *) Cela est douteux.
760
écriture", tout cela selon l'exposé deZimmern Akkad. FWp. 19.
Quant a ^i^^ et ii_s^o < ^^ et iC-so, on pourra comparer,
en sens inverse, '-éyf^^ > »j>, vhv. Je crois donc que l'éty-
mologie proposée par Dozy est juste, mais je croirais aussi
qu'il faut en séparer le sudarabique v^i. o, pourtant je n'en
suis point très sûr. Se prononcer catégoriquement sur une
étymologie est encore assez risqué, vu nos connaissances
encore imparfaites des dialectes ').
G
lJî^lXx), chahimeau, Hdr. p. 138 d. 1.; Arabica III p. 21,9 =
Dt. st^Aws, vhv. En Dt., on dit aussi \_J3^^A_xi, chalumeau^
comme dans certains parlers du Levant j^-^j^, flûte. Mais le
verbe ^^ô n'est pas employé en Dt.; voir sub «.o.
V~^j<^, 1643. — ciy, porter im bouclier [2), 1641; sans doute
dénominatif. — uj^o, être caché; disparaître, 1642; cf. (C^o,
vhv. — <j5^o, tourner le clos à, 1642. — Cacher; abriter, pro-
téger, 1642. Lûderitz Sprichw. aus Marokko M S OS II p. 31
ISI° LXIV porte: Ja_jL>: »JijCK{i) Ja-^: lAï^o .^, traduit par
qui veut se cacher devant toi par (derrière) un fil, cache-toi
devant lui par (derrière) un 7nur. KM G p. 10,9 donne
dirrig ^alîya zlâftik, cache-moi ton kaêkûl, expliqué ib.
note i; ib. 1. 13: ma dirrigna sai ^alêk, 7ious ne Vavons
rien cac^e = expliqué par habba^na <ljLli>, = p. 27,3; ib.
p. 133,1: ma kâin f.eyn ndérregu, il n'y a pas (un
endroit) oïi nous mettre d l'abri, paraphrasé par fëin yi-
derrâq Iwâhed. Nous voyons par les exemples que ^.o
') Feghali p. G9 n. 2 identifie aussi darfe, battant d'une porte,
d'une fenêtre, au cl. ^3i3 et il y donne également le verbe syi'ien i_5 ,>-> ,
repousser, chasser, renvoyer.
761
est transitif, et dans le dernier exemple nderregu doit
être pour nedderregu, car selon Marçais TAT p. 297, o"l\j
est chercher à s' abriter. Dans l'explication yiderraq, comme
dans le proverbe de Lùderitz, la traduction doit sans doute
être : qui te protège ou V abrite par un fil, protège-le ou abrite-le
par un mur, pour te montrer reconnaissant. La traduction et
l'explication de Lùderitz ne sont certainement pas bonnes. Si
Marçais, Doutté, Bel, Kampffmeyer ou A. Fischer, qui sont des
arabisants de premier ordre, avaient interprêté ces phrases, on
pourrait s'y fier, mais le Dr. Vassel et Lùderitz ne connaissent
que la langue parlée et qu'ils ne savent pas analyser. — Armer
d'un bouclier, 1641 n. 2. Avec le réfléchi o^Jù', 1642. —
^^b, armé d'un bouclier, 1641, 4, où le singulier („le pluriel"
est un lapsus calami) est u^/JL^^df. A propos de ce participe,
Marçais m'écrit (8 Nov. 1913) ceci: ,jJe puis vous assurer que
ii)*f>5 ôj^ est bien o.o, cacher, et non pas une variante de
„ .L>. Je suis persuadé que ce <j5\o, se cacher, est très ancien.
Mais je ne puis vous suivre lorsque vous dites p. 1641 que
le participe ^^b prouve que les Hudeyl avaient un verbe
o,^ „avoir un bouclier"; dans le vers cité, ovb, comme
Jo'j, est non pas un J^clà j»-w!, mais une 'x.j^ (cf. Sibav^aïhi
au chapitre de la iL*-Aso), tout comme ^y-i^, ayant du lait,
^^ 2wssédant des chiens, jÀi, ayant des dattes, ^b', porte-
couronne (un verbe _lj', u, avoir une couronyie, est complète-
ment inconnu et pour cause, puisque le mot est étranger".
Je sais bien, mais, malgré ces exemples, qui figurent aussi
dans I Sîdah XV p. 68 et ss., el-Mufassal p. 92, Ibn Ya'îs I
p. 776/7, corroborés par LA XVil p. 257, 14, 15 et 19, ce
participe est cependant dénominatif. Il y a un grand nombre
de J^l3, J^*s et J^ pour lesquels le verbe n'est pas tout
762
à fait employé dans ce sens, I Sîdah XIV p. 222 et XV
p. 71, C'est par analogie, iL«.A«UJ] ou ^-^^l ^, comme le
disent les grammairiens arabes, un peu vaguement, et non
pas &.^Avj, qui est autre chose, qu'ils ont pris le sens inhé-
rent au thème verbal, à l'instar des Jlxs. I Sîdah, XV p. 68
et ss., a deux chapitres sur ce sujet, où l'on constate qu'il
y a aussi des S^\b qui proviennent d'un j-xjî. Souvent le
verbe existe aussi, comme sLiJî ^^^wLo = ^^L. o.j£ et dont
le participe régulier est ^i^. Un homme est ^'^. qui donne
du lait à qn., L A XVII p. 257, 7, de ^; c'est aussi un
homme qui a beaucoup de lait, de q->-!, ib. p. 257, 7 et 12
d'en bas. Il n'est donc pas absolument nécessaire de voir ici
un <^'^\ J^, comme l'envisagent I Sîdah XV p. 69, LA
ib. p. 257, ,10 d'en bas et Marçais.
Les J^lî en question peuvent être dénominatifs lorsque le
verbe n'existe pas, tels que -<ij et i^Jlj■, mais lorsque le verbe
existe, renfermant le sens fondamental du substantif, qui a
donné lieu à ce verbe, tels que « .o, ^, .J^-o, w^^, je ne
saurais voir en ^^'j>, ^^'^, Joli, wUilj autre chose qu'un ^o
régulier qu'on pourrait appeler (_,w.jJ' ^, si l'on veut. .
Si le verbe ^.o est vieux, et je le crois avec Marçais,
0;b serait, dans le sens à.'armê d'un bouclier, un J^'i déno-
minatif, I Sîdah XII p. 260, ou, comme l'appelle moins bien
S. de Sacy Gr. I p. 341, „adjectif relatif" et Lane, „posses-
sive epithet" sub ^û" et p ,b. Et ce ^.o a pu donner oV,
boucliers, d'après ce que je dis 1642.
Jj3, boucliers, 151,20; 1639. iLiy, n. unit., 1639; ZA 26
763
p. 221 en bas; Carbou p. 185. Cf. son synonyme v.Jj^tj>,
n. unit. icà:s^j>. II est bizarre que trois mots désignant, à
peu près, le même objet soient des collectifs, avec le n. unit,
en s-, tels que v_à^=>, «js" o et w^b, I Sîdah VI p. 75; peut-
être parce que le bouclier était fait de plusieurs pièces de
cuir. Mais alors OjO a dû précéder comme formation le nom.
unit. iLi^o, ce qui offre quelque difficulté. Cf. oLb = (j/._j,
I Sîdah VI p. 75 et LA XII p. 89 ,'parce qu'il est composé de
plusieurs morceaux de cuir superposés; v. ici sub j-,r-^.
Lammens Mots français p. 236 à propos de targe. La bizar-
rerie augmente lorsqu'on sait que ^ est aussi un collectif,
I Sîdah VI p. 52 en bas, LA XIV p. 165 en haut, dont le
Gû _
n. unit, serait ^, mais plus tard on en a fait les pluriels
JL*J, ,jLo! et ^Ixi (I Sîdah ^^), v. ici sub J^; de même
v^lixj est un collectif, I Sîdah V p. 53, v. ici sv.. I Sîdah VI
p. 52 en bas dit: x^y^ i^i c>Jl=='0 CsJii ^JUi JoJ! «^ :^ ]ô\^
VjfJi^^. Ib. VI p. 74,8 d'en bas; :^^Jî u^^Lo .iLï^j^J! g^
^\.sé\^ idii j.LXjti oy ^4^ vJjl^O^Î :^}.c .^Î^O^b^Sj ^jSl\ J^ ^^L^T.
^y^ ^j L'^^ O-^' U^^^ ^y^ :^y ^^-j' .3^«-»[5 J-*5 »7^3;
suit le vers cité 1641; LA sv.
VoUers donne à OjO une étymologie persane, adoptée
aussi par Kazimirski sv., et, avec quelque doute, aussi par
S. Fraenkel FW p. 240 s., 1640. Le Vocabulista de Schia-
parelli p. 99 a io^o et 'dS'^o, scutum; voir Schwarzlose Die
Waflfen der Araber p. 351 et ss. sur les boucliers.
Si le verbe OjO a existé en arabe, on n'a pas besoin de
recourir au persan, et l'on peut se demander si «js^o n'est
pas primitivement OjO, voir sub (j:^o. L'étymologie des
764
autres mots, ^^ et iiài^>, renferme le même sens de
couvrir, protéger; v. sub jS\:> et ,_<h?^^-
Les armes principales des anciens Arabes étaient le u*yj,
vhv., avec .les flèches, le •wà-tv-*- et le 'f^A^, sur lesquelles
I Sîdah a de longs chapitres.
*J^o
t>)^o, le sens fondamental en est fouler, calcavit, trivit, comme
aussi u^jO, vhv. et "il. Ce sens a cependant disparu des
parlers de l'Arabie; il n'est conservé que dans l'Algérien éj'^,
bourrer; fouler p. e. de la terre meuble, de la laine en mar-
chant dessus, Beaussier sv., qui donne aussi o^3^ J. tiKo,
faire résonner la terre sous ses pas, ce qui n'est que fouler
la terre, qui, par la lourdeur des pas, résonne; piétiner,
Cela a déjà été relevé par Buhl dans Ges.-Buhl sv. "l"!"!. Cf.
^ .o, V. Landesdorfer SS. p. 90. Les auti'es sens, connus par
les dictionnaires et ceux qui suivent ici, peuvent aussi, en
partie du moins, venir de ce sens primaire au figuré.
<èy3, i, u, Hdr. p. 74 et ib. Gl. sv., atteindre, rejoindre, Hdr.
p. 178, L Aussi Nord: ^LU ^y^yX^. ^ ^, il se peut qu'ils
gagnent Teaz^, 1649,1 = ma LB^A p. 58,6,— ^toî/er,50z<femy, Dt.
liKo, aider, RD Gl. sv.; propr. faire atteindre, v. Hdr. p.
178 n. 1 et ma LB 'A p. 60 v. 8.
liKoi, être à même de faire; obtenir, Dt. Zoheyr, mon édition
p. 83, 2 d'en bas. Autre sens chez Socin Diw. Gl. sv.
Nôldeke dit Beitrâge I p. 36 en haut que „presque tous
les dialectes ont aujourd'hui tout à fait, ou presque, perdu
la IV classe du verbe". Cela n'est pas vrai, car il y a dans
les dialectes bédouins, surtout dans le Sud, une foule de
verbe joèî et dont j'ai réuni un assez grand nombre. Voir
765
ma Festgabe pp. 13, 15= 14, 11; 14, 19; 14, 33 et la critique
de Littmann DLZ 1909 N° 49 col. 3099, ainsi que ma
LB'A Gl. sv. y^dî.
éjCsj, s'engager à = lX^jO', Hdr. p. 178, n. 1. Musil o. 1. p.
389, 8 d'en bas:ié)^:0 liJ^JsJu ^:^' ^^\ ,Lp, le jour du combat,
nous avons recours à toi pour nous couvrir. Cf. o.'^ et
(_cJl\j, vhvs.
éj\o^, se donner réciproquement des garanties, Dt. Même sens
dans Zoheyr, mon édit. p. 83,5 et p. 100,8; cf. Nôldeke
Fùnf Mo'all p. 27.
^jO, pi. ép, mur pour étayer la terrasse et le (.^-w, vhv., des
champs, chez les Banyar, = Di. ^jô; cf. ici p. 742, 2. Est-ce
que le turco-persan tij.o, poutre, est en rapport étymolo-
gique avec ce mot et un emprunt à l'arabe?
ii).L>, danger, Dt., = Jai> du Nord, où vil^o a aussi le sens
de grand danger, comme la faim, la mort ou le ^J>, GO
d'un ^Anazî. eKo A-As. ^36\J> J.^ ^.^.j" 'i, ne marche pas
dans cette route, il y a grand danger pour toi, ''Anazî = Dt.
liLo liU)^ ov,Jai! ÎAP (J^ -^/*.j "i. Un malade est Ac^^ xSL=> ^,
au chapitre de la mort, ou eKi-Xi! >,i>.:sr', il aura bientôt atteifit
la fin de sa vie et il est ew danger de mort. Musil o. 1. p.
390, 11 porte: Wallâh ma uhalli sâhebi*law ad-
darak yilliaq hfili, mais oia il faut lire: umâ uhalli
sâhebi *la wad-darak yilhaq hali (= ^p>) vhv., mètre
__w_ I __w_ I comme la plupart de ces poésies), et je n'aban-
donnerai pas mon ami, qiiand même la mort atteindrait ma
famille. Musil traduit: und sollte der Tod 7nich ereile7i, mais
après la mort il faut bien se séparer! La confusion provient
de ce qu'il croit avoir entendu, ou qu'on lui a écrit, ^L>
766
au lieu de ^ > ^_^î, vhv. C'est ainsi qu'il faut à chaque
pas corriger les textes de ce „professeur d'arabe". Littmann
NAVP p. 83 d.l. a une phrase analogue: wallâhi ma
bfût swaihibi * lû-d-darak yilhâgani, par Dieu, je
n'abandonnerai pas ma petite amie, quand même le malheur
7n' atteindrait, mais il faut lire, à cause du mètre, --^- \ --^-,
wallâhi màb-fût-sàliibi * la ') wad-daràk yil-hàq
hali et traduire: je 7i' abandonnerai pas mon ami, quand
même le malheur atteindrait les miens, où hali<(i.5iî rime
avec ""Alî; e)^o y fut expliqué par u-^La^-^i. Rôssler M SOS
III p. 19 d.l.: xJOj. oj-^! c:;yiî i;î).jJt i^l_i;, il vit V épuise-
ment (ou plutôt le danger) au point que son cou se cour-
bait; ma LB'A p. 9, 4. Ce sont là des expressions des ELadar
et des Bedou de toute la Péninsule.
éj^, pressant, urgent, Dt., où apparaît le sens primaire.
li) o Jsl.ii, pressing work, Stace p. 210; cf. Hdr. p. 74/5. —
') Il n'est pas du tout rare dans les poésies anciennes de constater
cette dissolution de j-, = "^ vulg., eu -_jJ. Je cite: Hodeyl. Koseg.
N° 2 V. 14; N° 41 v. 8; ib. Wellh. N° 228 v. 2; N° 242 v. 37; N° 266
V. 13,23,28 et 29 (mais aussi ^^î ^ N°14S v. 15; N° 275 v. 18). I Qot-
p. 527, 14 et p. 545, 8. Ahlw. Samml. 1 N° 46 v. 4 et 7; ib. N° 49 v. 1.
Delectus Nôldeke p. 110 où aussi ^^ y>; id. Beitrâge z. Arab. Poésie
p. 62 et id. Z. Gr. p. 63. Haffner AL p. 86. I Sa'd III, ii p. 136. Su'arâ'
en-N. I p. 234. ZDMG 59 p. 639 = Gawîilîqî Hata^ p. 133,1. Ôazîrah
p. 184,5 où D. H. MuUer a mis à tort j.j!,et beaucoup d'autres endroits
que je pourrais citer, v. p. 89. La poésie populaire procède de même. 3Î est
aussi traité de la même façon: Hodeyl. Koseg. p. 185 v. 27: ^^^ 3!;
^0-2
Sîrâfî, Comment. I Yâis, Jahn 1, 11 p. 45: ^>*-j^*o\ 3!. En cherchant
bien, on trouvera dans la littérature classique la plupart des „licences"
qui distingue la poésie populaire et par conséquent, la langue parlée.
767
Dangereux, fém. 'i^'o. li) o oLj.yî, la route est dangereuse.
'^ p ti)o".y> J, ^_c3 JwcLÔJt, les furoncles qu'il y a dans ta
nuque sont dangereux, Dt.
dvO, ^ow^ de suite, ça presse, Bédouins du Yéman. Stace sv.
once p. 114, = ^^:s:il! idlli" ou _^" vhvs. en Dt.; même adverbe
en Algérie.
dVj.ô, le gros des troupes, 1491, 3 d'en bas. Troupe de réserve.
De ^iLo, rejoindre.
„^ _
J..5, a, é;!re fou, Dt. j.^o, rendre fou (Dieu) Dt.
*.o, e7re rond (pierre et toute chose à forme arrondie); être
potelée, rondelette; (femme) Dt., 694 n.; Marçais Gr. Tl. p.
307. Cf. sub Ljy p. 742, 1. — j.Jo en 'Oman, imposer, mettre
un impôt vexatoire, RO p. 290, 6 d'en bas; avec le substantif
&XJ.O, ib. Nous disons aussi roider qn.
j.'o1, fém. iLo^ô, rond, arrondi, se dit aussi bien d'une forme
humaine, p. e. le bras, la poitrine, etc., que des objets. Hodeyl.
Wellh. ]Sΰ 264 v. 15: Lfi-iî^.^ ^Jo. ^U^o j^^->, une pierre
lisse et arrondie par les eaux; pi. j.^o ^L:fi-.=>. ^p\ -r_5'->b,
petite courge arrondie, vhv. Ce sens est aussi classique. Le
sh. a efidrîm, talo7i, Bittner sh. I p. 32. Le premier sens
n'a aucune attache dans la lurah, et je n'en connais pas la
provenance à moins que ce soit un dénom. de qj^^ vhv. <
*j.o, renard, vhv. et sub ^-^j^ et k^.
^^j\a, fou, = ^_jyw Dt. — Le classique ^Jo, i, courir à petits
pas, I Sîdah VIII p. 77, n'existe pas dans nos dialectes,
mais j'ai entendu ,.^^0 dans ce sens, vhv. et dans le Nord
^y vhv.
768
^^.o, marcher à petits pas, à pas lourds, comme un vieil-
lard. C'est un accouplement de - ,0 et ^^o vhv. Ruzicka
0.1. p. 32 > ^0.0 ib. p. 81. Cf. les classiques ..^^ô, iiL-»j> et
dUy, I Sîdah VIII p. 77.
,-va o, raser la tête, Dâhir, Hdr. p. 495 en bas. Ruzicka, o.l.
p. 84, y voit une dissimilation de rs^ô^ LA sv., synonyme
de ^jo, de --00, de .^xj.o et de ^j>, LA III p. 260 en bas.
C'est donc propr. baisser la tête ou le dos, selon la remarque
très juste de Ruzicka. Toujours faut-il expliquer le pourquoi
des lettres intercalées v_j, . et o; voir ici sub ^^.
^)^
j^.u>, être sali, n'est pas connu dans le Sud, qui dit (j/^.o, vhv.
*J.o, pi. Q^o > ^^.o, tas de blé non dépiqué, 1695. Cf. j..ovliv.
^^j.L>, renard, Yeman; Stace p. 69 écrit ^^.y>, fox; cf. Jwoti
vhv. .J'ai entendu drîn. C'est le drîm de Manzoni, 694.
La lurah connaît q'^o, I Sîdah VIII p. 76,2; Qâm. sv. et
T A. Dozy a ^j^o de l'Algérie.
^ o£ 0.5 o >
j^.oî, pi. ^L; o et Q^o, qui entend dur. C'est moins que
/i, vhv.
Tisô
«.O, a, j?OMer du chalumeau ou de ?a flûte, Dt. = l-î, >3 en Hdr.,
Hdr. p. 139 n. — ».o classique = Ko, 1221 note; I Sîdah XIII
p. 274, 5 d'en bas.
a.b, pi. 5L0, joueur de chalumeau ou de flilte.
»!.i.X-<, chalumeau, -flûte. En annexion, ^\.~\-a, ma flûte.
769
8.ît\-»J! J, s'lX-j s.LvJ!, le joueur joue du chalumeau = B.(\r.
oî.jvlî j. û.io, Hdr. p. 138 en bas, Arabica III p. 21. On
dit aussi sLjU! ^^, mais toujours st^iAil j. »^j. Le »!^Joo
est d'un seul roseau, tandis que le J^y> est un chalumeau
double à cinq ^rows, y^, à chaque phalange^ *^^^j du roseau.
Je ne sais d'oia vient ce sens. Il y a peut-être affinité
radicale entre ^jC> et s.o. Ce » o est-il dénorainatif le «t^vA.*,
qui serait au fig. comme j.yîJ! x^lX-^ = ^U-xix>5 p^r*-'' [*~^
^u^ ^li^\^ et ^yiJ! ^^LvJ, LA sv. et I Sîdah XIII p. 274
en bas. Kazimirski donne même pour a^o parler, mais je ne
sais d'où il a pris cela, et l^o, savoir, ce qui est pour ,^^o vhv.
j^P.o, marcher à pas précipités; c'est marcher vite, mais non
courir. Verbe inconnu dans le Sud, mais courant dans le
Nord. Il se rencontre souvent dans mon recueil de poésies d'el-
Qasîm, ma Langue des Bédouins "Anazeh Gl. sv, Socin Diw. I
p. 206 n. 11 le traduit par trotter et note ad 1.: -fj^. J>^^î
» Lxj! ^^Oj ^^\ ^J^ j*p>\ ,.lJ5 vAJ! . C'est absolument la même
définition que m'en ont donnée les Negdites. Outre c^-^y,
qui est lïnfinitif, il y a aussi le substantif iU^^o, marche
un peu vive, petit trot. Musil o.l. p. 354,8: q-^^;^ U» .aï (Jj:
^^^j^ Jyy^^' (*"^y-5 * li"-;^'' <^ui(^'^^i QM^ trottinent les cha-
mélons et que V avare fait la moue ... tu es le bienvenu !
Traduction de Musil, peu exacte. C'est un élaigissement de
J..O, vhv., mais je ne trouve pas la provenance de la lettre
épenthétique «.
Le classique ^ju^\ vi>.?.o, les feuilles de la guimauve
49
770
sont devenues rondes, déjà dans LA XV p. 90 en haut, TA
et Lane, et qu'on explique par fj^^^ JL<^! J^ j.*^ o^'a:^!,
me paraît plutôt venir de p.o vhv. et non de ^^o, drachme,
ce qui est une étyraologie populaire, acceptée par les grosses
légumes de la philologie arabe.
- « ■^ ■>
jCjO: J-Lo (ji.î, est-ce que je le sais, moi! 731 n. =; Syr. ^J-sf^ _^ ,
Pr. et Dict. p. 411 = dLo L>, qu'est-ce que tu (en) sais, toi!
Dans tout le Sud. Comme à Bagdad: jiU ^c^wV-Jl ^fj^jt^ u^î
cUxJî, qu'est-ce qui a fait comprendre au bédouin ce que
c'est que de manger de la m.enthe, Yahuda, 0. S. Nôldeke I
p. 403; voir 731 n. — Dans le Lieb. v. Amasia p. 16:
û
^ JL>o j^ («>^^ xi^U: iXL> ^àJUi ne veut pas dire : ich bin
heute, ich loeiss nicht loarum, verdriesslich, mais^'e me sens
fâchée, et qui sait ce qui va m'arriver; bien traduit ib. p.
94, 4. On pourra comparer l'hébr. i^liç, pourquoi"? Feghali
p. 5 en bas dit bien que le syrien medri (môdre), je ne
sais, provient de m â + 'â d r I, je ne sais pas, mais je prétends
que ce n'est pas toujours cela, car dans es medrîk, es
m e d r î n u le verbe doit être (^.o! . Avec le temps medri,
< ^oî L, est devenu une simple particule, comme dans la
phrase rapportée par Feghali p. 5 n. Ti: môdre man ')
kân "énna, je ne sais pas qui était chez nous, pour désigner
qqc. d'incertain. Emta bëyîgi abùk? Rép. : medri bë
yîgi el-yôm wila bukra, qui sait, arrivera-t-il aujour-
') Obs. ici man, que l'auteur dit, ib. p. Tli, être prononcé à Kfar
'^Abîda mon, man, în. Mais man existe encore chez les "^Anazeh,
ma LB'A pp. 58,8, 27; 59,25.
771
cVhui ou demain, Syrie, = Dt. weés darafini, ba yigî'
el-yôm wila (willa) bâkir. ^y! dans <Sy^\ Le, 731 n.
liLj lLj L, ib.; .5-L;J^ ui-l, 731,3. De Goeje dans BGA IV
Gloss. sv., (j:.o- — ^.b: xJLj.b = *.xJb, jf'e l'ai cajolé, 1768;
I SIdah XII p. 158 y ajoute iOix^b. RO p. 123,6 d'en bas:
d à r ê t m i n n 0 , je me sens gêné devait lui. Sur le mehri
hederû, voir sub t_cj>3, où aussi ,^^0, vanner.
"j^
30, i, u ; sens primaire, pousser dans, fourrer, glisser dedans,
= (j«o et J'!'^^, vhv. Ce thème apportant aux parlers du Nord,
du Levant et de l'Afrique. Socin Div. Gl. sv. En Dt., je ne con-
nais que sa variation phonétique jj', intriguer en cachette. y:>
_..^iL) isjt>./o!, il fourra son doigt dans la plaie. J, vL^i ^jr^ j^
aJcs^t, flcJie la huche de bois dans l'âtre, fais entrer. yjJ! jo
^ JJb, penem in vulvam adegit, presque même phrase dans
el-QlEâ"" p. 81: L^.w/ ^ yj! (j^l^ u*L>. i^-oaxJ ..^jjCIî jj>, serre
les livres, les uns aux autres. = j-î. Ce sont là des exemples
de Syrie. Le verbe renferme l'idée de force. Musil 0. 1. p.
407 V. 35: ^jy>^^ ^j d^^^^ ,>j"^î '5]^ ^I^i ^50' les B. 'A.
poussèrent devant eux les chameaux, lau point que les cha-
melles avortèrent (toute cette qasîdah est fort mal transmise
et notée, mais je renonce à la corriger ici).
Envoyer secrètement, 819, 6 d'en bas, = ^^o, vhv. J^^
(j^LbyJ UJ, to lettre arriva et l'envoyé la remit entre les mains
du éêh. Or, celui-ci ne savait pas lire et il fit 7na?ider les
772
notables qui arrivèrent et demandèrent: ,, Qu'est-ce quHl y a?
Tu as envoyé nous chercher (hast nach uns gesandt)". Le
pacha répondit: ,,Le séh nous a envoyé une lettre'", et la
suite se trouve sub icïî^ p. 521, récit de Haurân. MSOS V p.
100, 6 (Meissner) : sU c>^ ^\J^ j^^J ^-^J^^ *^ows allons donc
lui envoyer sa cousine; ib. p. 100, 17: *j î^jo^ ^j^-a-j^-^Jî ^'Jait
vj! J K/«y> oi, ï7 leur donna l anneau qu ils envoyèrent par
une femme à, etc. MSOS VI p. 92 N° 4 v. 2 oîi jo = 0,5,
envoyer; ib. p. 106 N° 28 v. 1 oîi jo = jJij, vhv. envoyer.
Meissner NAGJ Gl. sv.. Festschrift Hommel II p. 240 v.
5, 4 : 30, envoyer. Les Bédouins de Syrie disent ^, envoyer .,
vhv. et ;o est plutôt du parler haurânien et de la Méso.
potamie, Weissbach Irak-Arab. p. 207, N° 176. — Sachau
AYLM p. 23 N° XVII v. 2 et p. 41, qui y dit que J.o,
envoyer^ est courant en Mésopotamie, mais il croit avoir
entendu jo, dont il donne des exemples. Musil 0. 1. p. 406
• V. 8. Stumme Gr. Tun. Gl. sv. dit que jj> est à Tunis le
mot ordinaire pour pousser [stossen] et envoyer; id. TTBL
Gl. sv., envoyer et attaquer, > ^jC>, envoyer, Dalman PD p.
346, 7, 8 = socin Diw. I p. 64 v. 13 qui porte h ad et.
Un élargissement de V~j^ est ^jj> . LA V p. 370 : ^^^-^^
= «.-0 et »Mù. Vollers ZDMG 50 p. 333 doute de l'origine
arabe de ce verbe ^jo, mais I el-A'^râbî dit que .yJÔ) est =
,<iÂit, LAsv. oîi: A:>[5 j^»^ »Mù*) s^oj s.jo jLfij. Vollers a
tort de rejeter l'identité de 30 et (j«j, ib., déjà établie par
Stumme, 0. 1. Gl. sv. Dans les dialectes, 30 est = ^^<>, et
alors aussi ,jO = ^o, pousser. Ces deux verbes me furent tou-
jours expliqués l'un par l'autre. Voir Beaussier. Dans le dialecte
773
de la Sâvvia, au Maroc, il y a jb, passer, vJjyJI ^}s^ o;o,
f ai passé par le marché, KMGr p. 40 d. 1., o^i'jb, le temps
a passé, ib. p. 116,3 d'en bas, ib. p. 46, 2 d'en bas, et j^o,
faire passer, laisser passer; approuver, ib. pp. 68, 4 et 8
d'en bas; 67,4; 107,5 d'en bas. Mais c'est là pour jL^ avec
passage fréquent de „ à o, comme fj^:> et y^o, voir sub ^.
Cl' Cl/
jo ne figure pas dans les dictionnaires de la lurah, mais ce
thème est fort répandu dans les dialectes, comme nous
venons de le voir. Un "dérivé, outre les verbes j.o et :b,
u, déjà cités, sont, dans le lurah j=>j> et jco = «o dans le
sens spécial de j-<b», coïter, avec sa métathèse ojc > j^^^sj^,
même sens, v. LA shvs.
(J/.JI, i, u, est très bien et largement illustré par Dozy, ="3-3
vhv. Nôldeke ZDMG 54 p. 156. Il y a deux nuances qui se sont
développées de la racine ^J^o, qui originairement veut dire
he put it in, inserted it, with force, he thrust
it in, Lane sv., pousser dedans, faire glisser dedans, fourrer
dedans. Ce sens est encore vivant dans tous les dialectes.
Cela a donné la seconde nuance de cacher, envoyer en ca-
chette, faire parvenir quelque chose, communication ou objet,
secrètement.
V~,j^o a donné ^j-^o, vhv., et ^-^'^-, vhv., pousser, comme
son synonyme. K~v_jj> a donné, yo et wo, pousser. Autres
exemples de l/~^s + r sub (j«aj. Pourra-t-on ranger ^^ (j/.3^
i^^\=:^^, LA sv., sous cette racine? C'est sans doute
une métathèse de V tj^*)C>, vhv. — tj^>.jsU! ^3, J-^:22 |^o, ils
flanquèrent Fa<ll en prison, Dt. p^y*^^ à> liW^ l'*'-^> fourre
ton doigt dans la bague, Dt. ^^j^\ ^ L-f^^^ pj"^- ^r^; ^^
774
vola l'argent et le fourra {cacha) dans la terre, Dt., ce qui
rappelle le Qor. 16,61: v^r^' i- ^^- I el-Qût. p. 287:
Lj-o *-A_^ lP;"^' i5 ^(^c^^ u*'^- ï^abah p. 29: o.lXjOoj! |^b>
JUÎ c>vJ j- ^y^^f on apporta les bagages {? = la caisse), on
les plaça dans le trésor. Au Waddây, c'est le verbe courant
pour placer, mettre, introduire, selon Carbou pp. 90 et 197.
sûUljlXj' j, ^j'A:>!j uWc v.l:^>uwj> 'j) Î3 J^', avayit cela, j'ai mis
quelques captifs en prison, ib. p. 102. J. byji-Ls^'l c;,..-.j-w>-> ij)
iJLP et y, ye ^?a' «z mis les fers aux pieds, ib. p. 104, 2. (j/.o
_jj>L:^î j., enchaîner, ib. p. 244. ïc^aIJ! J. l>3I-^ (_/.^, charger
le fusil, ib, p. 239.
Fourrer dans, cacher. Cf. ^^î|, cacher. ^yj>^ -Ljè^it ;,i:ax.wo
(j^Lbii!, tu as fourré la lettre parmi les papiers Dt. xJC-^-o
(j^AolI! ^, Je ra2 cac/ze à l'abri des voleurs RO p. 105, 16
d'en bas. Comme Boh. VII p. 69 (^ jro- J^î ^y^ ^_,.1j) c>^yi>S
(3;o c>^' »'^^^^ ^^*^^i*^ i*.:5^J! ^i:/^ 'ui ] its> : c>o>r=>t ^' . . . LotJJt
ce que Hondas traduit III p. 656 un peu librement par „elle
attacha ces pains sous mon vêtement", tandis qu'el-Qastallânî
VIII p. 213 explique Ki^c> par s^Lj iOLJL>o!; c'est là aussi
l'idée dans (j^o, cacher, et en cela il diffère de \-*-=> C^^^^).
Jayakar RAS XXI p. 678: to hide.
Envoyer secrètement. iJi^Xlo el c:aa>.«'3, je lui ai envoyé secrè-
tement un messager Dt. Dans le Sud, ce n'est pas simple-
ment envoyer, ni chez les ""Anazeh non plus, oii ce verbe est
très courant: envoyer en cachette, ^j-j^isl) |^-AvAi .ww-^J! ,^^
c;/j-Jt i-^-jj:» (jr^i '^j^ [J^j le 7natin, les hôtes envoyèrent un
message au jeune homme qui voidait avoir la fille, 31, 6;
775
cf. 197 n. 4. Hamâsah p. 219 v. 2: ^ ÙJé i^o, 27s
envoyèrent secrètement un de leurs cavaliers, ce qui n'est
nullement un démoninatif de (j«j.*wto, comme le dit le com-
mentateur. K. el-Ar. V p. 35, 2 d'en bas: iC*a< »s*.a U)oL=> ^^^! (j*,j,
il m'envoya secrètement un valet 'porteur d'un billet. En Mé-
sopotamie, c'est envoyer en général, à ce qu'il paraît, sans
l'idée de cacher., d'après Sachau AVLM p. 41.
Le qorânque L^lIo, S. 91,9,10, est par Schulthess, ZA
26 p. 148 et ss., expliqué comme étant pour L^o, à cause
de la rime avec le précédent L^LSj, et traduit par qui la
cache. Un verbe ^u^^y existe bien dans la lurah, tromper, =
(j^o, ou cacher ce qu'on possède, voirLane, mais il me paraît plus
juste d'y voir une variation de ij^c>, employée par l'archange
Gabriel pour faire la rime, à l'instar de ^'s > ^_J'^^,\'^ > ^h,
et jJi> > ^Jlh > ^Jûto vhvs. On aurait tort, selon moi, de ne pas
admettre que ^Iju &U) n'employât pas souvent le dialecte vul-
gaire, qui figure si abondamment dans le Livre qu'il a fait
descendre du Ciel et mis dans la bouche de son halîfah!
Donner en cachette, fourrer dans la main. Béd, Syrie;
Hdr. p. 126 n.
Toucher, tâter, = (j*>.->, Pr. et Dict. p. 248. Musil o. 1. p.
289, 12 d'en bas et p. 288, 18, oià il y a son synonyme
;j-.w>, qui paraît être la forme primaire. Cf. Arabica V p.
124, où il y a ^j/^.^ et (j/.o qu'il faut traduire par toucher.
Cf. LA VII p. 386, 1: ;j.-Jl:5^lj \.a_^ ^j*>.x*«jOI et ^j*wl_m.o>,
fj^_yJc:> = ,j,^^M,ô , (j«^b, espion, ZA 26 p. 156 n. 3.
Espio7mer, intriguer, faire des ^j^Lwo, intrigues, partout
776
courant en Arabie. Cf. jJ et ;o, vhvs. Je ne saurais décider
si l'origine sémasiologique doit être attribuée à fourrer
dans^ cacher, ou bien à tàter. Nous disons également au
figuré fourrer son nez dans et tâter le terrain.
,j«wwo, intens. de la I", intriguer en cachette. RD I p. 55
N° 18 rapporte une petite poésie qu'il faut reconstituer,
ainsi chantée:
dis-sâ-se-la'-gam fo-dâ3''eh (fadîhah?)
min kal "alar-bî'^eh raë-lûma
Cacher les noyaux de dattes est une ignominie:
Celui qui mange (= nuit) au détriment de son ami {allié,
prochain)., encourt le blâme.
Rhodokanakis écrit disâs qu'il considère, Gl. sv., comme
infinitif de la première, tandis que c'est l'infinitif JLij, de
la II", ce qui ressort clairement du mètre ragaz (irrégulier),
cf. 535 ss. Cf. le classique ^ç^J>, tromper p. 775, 11.
(j^lXjî, être fourré dans; être caché, Dt. RO p. 103, 18 d'en
bas: ^,^^[5 (j*l\j^ ^^^l^ L-ii, derrière la porte quelqu'un est
caché. Ib. p. 272,5: (_y.C>JJS c>Jl=^<->, elle entra et se cacha.
Ib. p. 315,3: U-aJLc ^s^ L05 (j/,L\.jt .^Lij' v^^o!, tu te blottiras
et cache-toi et ne te montre pas devant nous. Ib. p. 321 d. 1.:
j.^. (j^-I/ ti)LL^ î^-wl\J!, ils y étaient cachés quelques jours.
Rôssler M S OS I p. 70,3 d'en bas; ib. p. 71,12: oo^
^^IXa ^ (,:>ouwu\j|5 , fai pris la fuite et je me suis tenu caché
dans un endroit. Ce sont là des expressions courantes en Dt.
(j«j>, un recoin obscur dans la maison, HB p. 286.
,j.«.j^<3, espion, partout courant. — Screivdriver, Stace p. 150.
o_A«o, grand chaudron en cuivre, 749 et n. 2 = u;.^-v«o,
777
749. Sur l'étymologie, voir Cher el-Alfàz el-fârisîyah p. 63.
yMtÙ
y^j>, u, heurter, frapper avec force^ plus fort que ^ vhv. —
Donner un coup, un heurt avec n'importe quoi, 1714. —
Jeter, avec v Cf. ,30 = «o p. 401, 11 d'en bas, (j^et ^*vO,
vhvs. ; LA sv. EI-Araâlî d'el-Qâlî p. 23: ^-io _^-^o, et ib.
y<uJi »,»v.L> i^ji: jj> f^^U l'ambre gris est ime chose que la
mer rejette = 'Qoh. II p. 129 {y^\ ^^ rr^"^- ^ ^'^^ ^^^^
l'explication marginale: ^o ^^^3 wéj» ^5!, 1714. ""Aggâg, éd.
Bittner p. 12: î^_^o ïl—wlX-j .^i^^Jlj 8^.«.j> JUijj ,i;^a^\ -^<Js]\.
Cela est aussi bon en datînois. KSy*,c> bî, ^î^aJ! ^_^ l_jJ> jP
iyaîiL. , il m'a chipé l'argent, mais je l'ai rossé avec le bâto7i,
1714. Métathèse: {j^jà, sus obscène.
^_^fo=^b, dràngen, schieheji, presser, pousser, RO § 293
en bas. — ^cy^^o, chameau grand et fort = J3L. J^4.=>, 1600;
1714; pi. ^\^o 158 v. 12; 1714. Hafifner AL p. 119,7. I
Sîdah XVI p. 165, 13, oià l'on trouvera d'autres mots sur
^y> se rapportant à la îLïli. Etymologie persane chez Cher
0.1. p. 64, mais I Sîdah VII p. 57,11 dit d'après el-Fârisî:
«-wo, repousser, mais ce sens n'est pas généralement connu
en Dt., oii c'est déborder, = cl. Ji-M,^. V~ij^^ > ^o par
contamination avec son synonyme V~ç.^>; voir sub cJ», u**.£0,
^:> et ^o. En ''Oman, j-*«o, a, est tousser RO pp. 144,3;
325,9 d'en bas, inf, j-**-^, ib. p. 46,8, et class. vomir, cf.
l'allem. aufstossen. Comparer lL> > «-^io et LL:p" roter >
vulg. (_5'i:A:)">^LXi', ro^er, comme V~^J^:>- a donné l/'^tjù.o vhvs.
778
^j, = o^^ boucher, fermer, Dt. C'est bien un élargissement
de V'~^^, mais ce ^j^j> est une raétathèse de V~^-^,
Nous avons donc: V~,j^c> < V~c>^ + r "^ r'-^^ ^^^' -^ (*^^'
la troisième lettre peut provenir de V~^^, boucher, comme
tant de ^ > j«jc, tels que ^ et j.j:>; j=> et ^j:>; ^o et *ïj>;
é^ et jj'o; j^ et ^jy, J^ et j.yi, cf. Jyi vhv., u^^ et jwo^;
^ et j.y; l\5> et -u>^? et quantité d'autres, 317 n. 2, 1387 et
n. 1 et ici shvs. et sub j*^=o. Une variation classique de
J.LX-VW est |*lu«, boucher, fermer, que je ne connais dialectale-
ment dans le Nord que comme jJîaj., à cause du h, 1221 n.
S'effacer (trace, chemin) 1221 n., = ^J*w*L. ib. — ^Csjs et
\_jt, se frotter avec un onguent, Dt. Cf. sa métathèse
classique et synonyme (j^^J^J".
Une autre métathèse pourrait bien être u\_f*, fumer la
terre, vhv. qui est encore courant en ''Oman, RO § 262 et
p. 402 N° 52, car la ]/~c\_f^ veut dire tout autre chose.
Nous disons aussi engraisser la terre, < graisse, et engrais,
oLt-vw = jJLjmC) et ,..k/CL>.
^j>, graisse, 1470 en bas. *
j.L;wL>, fumier, Dt. — ^L-wJ', bouchon, tampon Dt. = oîA-a^;
LA XV p. 90, 17,23.
JUa«o, pièce d'étoffe dont on fait le turban, 156,3"; 804, qui
est pour les sultans en soie bariolée des Indes. Arabica V
Gl. sv.; RO § 81 N° 2: fichu de tête pour les femmes,^
JojCL. V. d. Berg Le Hadhr. p. 99. RD Gl. sv. A Tripoh,
on dit JU-Lw.j, voile pour le visage, Stumrae MGT p. 256
779
§ 105, ce qui est plus proche de son origine persane: JUllS,
mouchoir = fichu. Avec le ^Lé-wi3 on fait le turban, iC«Uc (iciUs
des noms d'instrument et JU-wO est sans doute sous l'influence
du paradigme JL*s) . Souvent jU-wO est, par métonymie, =
iC^Uc. Cf. le persan .Ulo, turban. Soqot: di'smal. Au Wad-
dày, on l'appelle J^-<iAJ, Carbou p. 199. Dans le Sud, on
laisse toujours le bout tomber sur l'épaule gauche ou derrière
l'épaule. Ce bout pendant s'appelle en Dt. et dans ed-Dâhir
Xjl\c, chez les Madhig et à Habbân, iC:^o:£, vhvs. On laisse
également tomber le bout du JL^aï, >JL2i, courroie en cuir
tressé avec laquelle on lie les cheveux pour faire la coiffure
dite icJLAiJj ou ^Jl^^jj, Dt. Dâhir, Banyar, = iCâjCc, Hârib et
Wâhidi, ainsi qu'on pourra le voir sur la planche 1310 et
sur le portrait ci-jointe du seyyid Habib Mo h. el-Had-
diid d'AnsÂb. On pourra aussi y constater comment est
habillé dans le Sud un notable indigène.
Cette manière de laisser tomber le bout, muni de franges,
Joo, du dis mal doit remonter à une haute antiquité. Le
Prophète portait ainsi souvent son turban. Dans le 3oL*.vJ! Jo^
de l'auteur du Qâmoûs, Caire 1295, p. 87 d. 1., nous Hsons:
wlXc ^ ^.vvvJj. TA I p. 369 en bas: JJca« Lo iLxUjtJ! ^^3
LpL^ ,^^-^.àJcXJî Q-*-j, cf. Lane p. 1982 b; avec le dénominatif
v_j^;ccî = L^.a>L> ^J^ ^^yjL^jKc iwoL*-*)] Jy.A«j" ^^!; Qâm. sv.Les
hommes sur la planche dans les Merveilles de l'Inde, éd.
') LA II p. 74,7 d'en bas: m^ ^i^ ^ '^^j vhv.
780
V. d. Lith p. 167, portent aussi cette iuj^ qui descend der-
rière l'épaule. Dans le Nord, et dans le Levant, j'ai plus
rarement constaté cette pratique aussi strictement observée
que dans le Sud, où elle est généralement suivie. W. Max
Mûllêr OLZ 1910 N° 10 p. 426 parle des bouts qui tom-
bent du fichu que les rois d'Abyssinie portaient sur la tête
et il y voit l'ancien insigne de la dignité royale. Il compare
cette coiffure ou ce bandeau royal avec celui que portent les
rois du royaume de Napata et de Meroë sur les monuments
de la Nubie et de l'Egypte. Les deux bouts pendants cor-
respondent exactement au costume royal axumite. Cette
pratique serait originaire de la Nubie. Le Prophète l'aurait-il
imitée ou bien était-elle déjà préislamique? Un autre, plus
jeune que moi, se donnera bien la peine de recherher l'ori-
gine de cette ioJs^ arabe, qui doit être un reste des coiffures
anciennes d'après ce que j'ai pu entrevoir.
J^o! < J^4-wlXj1 < J^.«-w3j", se mettre ou porter le d i s m â 1 ,
685,6. Comme ce dismûl joue un grand rôle dans le Sud,
où tout homme tient à honneur de porter un dismâl plus
ou moins joli, à l'exception, bien entendu, des vrais Bédouins
qui ne portent que leur icJUks, avec le JL^, vhvs., je vais
ici décrire le vJjJjytJ! ^LLLo A^c = ^,.*^, le couronnement des
sultans des "Awâliq Supérieurs à Ansâb, Index sv.
Les 'Awâliq Supérieurs se composent de deux grandes
fractions de tribus, les ^yw et les ^=>L:^, formant ensemble
une confédération, sur lesquelles j'ai parlé Arabica IV, où il
faut hre p. 41 j->l-^ au lieu de ^>L^. Le sultan de ces
deux fractions doit toujours être de la famille de ^Awad
b. 'Abd Allah el-'Aulaqî, Index p. 1829. C'est un
sultanat d'élection, mais toujours dans la même famille.
Le 'âqil des Ma'n, de la famille d'Ibn Roweys, nom
781
dynastique, est le premier personnage du pays, après le
sultan et les sâdah. La famille prétend être himyarite;
d'autres disent qoreychite. Les L Roweys se distinguent par
leur bravoure. Le ""âqi! est le commandant, le généralissime
de toutes les troupes 'aulaqites en temps de guerre. Il y a
environ quarante-cinq ans, les Ma'^n envahirent Datînah, c'est
à dire la partie où habitent les ahl um-Sa'îdî, Index
p. 1819, Arabica IV p. 12. Les 'Abâdil et les Fadli, Index
p. 1830, payaient anciennement tribut au sultan d'Ansâb,
mais depuis que les Anglais soutiennent beaucoup les sultans
de Lahig et de âuqrah, capitale des Fadli, afin que ceux-ci
tiennent en échec les turbulentes tribus de l'Intérieur, le
pouvoir des ""Awâliq Supérieurs a beaucoup diminué. C'est
pourtant l'état le plus puissant et le mieux organisé de
l'Intérieur.
Si les principaux négociants d'Ansâb, qui sont, en grande
partie, haclramites, et les gros propriétaires, les agrariens,
ne sont pas contents du sultan, soit parce qu'il est trop
vieux, comme c'était le cas du sultan "Awad b. "Abdallah,
grand père du sultan actuel (1899), ou qu'il soit injuste ou
même désagréable aux gros bonnets d'Ansâb, les mécontents,
disons les conspirateurs, s'entendent en cachette avec I. Roweys
de Yesbom et les principaux ""uqqâl des Ma'n. Il faut tou-
jours s'assurer l'adhésion d'Ibn Roweys, car s'il ne se prête
pas à la manoeuvre, le sultan ne sera pas nommé.
Les plus considérés des négociants et des propriétaires
hadramites, avec d'autres notables d'Ansâb, désignent, avec
I. Roweys, le futur sultan. On donne à I. R. l'argent
collecté à cet effet pour qu'il le distribue aux qabâil. On
leur promet de leur fournir la poudre et le plomb nécessaires
en cas de résistance de la part de quelques irréductibles.
ù ,
Les Ma'n et les Mahagir se donnent rendez-vous lXc^ au
village de Moseyna'ah, ij^L^wox j. ^^^AjoLj dans le W.
782
^Abadân. On y fixe le jour pour la proclamation du nou-
veau sultan afin que les Ma'n et les Mahâglr aient le temps
voulu d'accourir. Mais les Ma'^n étant dominants, les Mohâgir
n'ont qu'à accepter ce que ceux-là ont décidé. Le militarisme
joue ici aussi le premier rôle. Au jour fixé, le sultan désigné
se trouve dans la maison d'un Hadramite. Les Ma'n accou-
rent de tous côtés. Aussitôt que tous les Ma^n sont arrivés,
on conduit le nouveau sultan au „ Châtemi du gouvernement",
nous dirions au Château royal, xJ^lXJî iCjRj-A.i-<, qui est la
résidence officielle du sultan. On y fait dire à tous les fajni-
liares, esclaves, mâles et femelles, et qui sont la propriété
du gouvernement et passent aux mains d'un sultan à l'autre
qui peut s'en servir à son gré: voilà votre nouveau sultan
l\j.^ iS^=> ^LIsIclIî issjt^. Le sultan offre un repas, ^^-^^j
à tout le monde.
Le lendemain, on se rend au Champ de Mars, ^^lA-^,
devant le Masna'ah dans W. 'Abadân, Index 1824 sv., où
les Ma^n, à l'exclusion du Mahâgir, se rangent en grand cercle.
Au milieu se trouve un oL>:, couverture de lai7ie, vhv., sur
laquelle on a mis trois ou quatre ^.Uaï, carpettes '). Le
sultan se place là. Il est entouré de tous les chefs des Ma'^n,
des sâdah de la famille d'el-Haddàd, des sâdah de
dehors, des m a sa i h de Yesbom, en signe de '^^ji, et
d'autres notables, mais les Hadramites n'y sont pas pré-
sents, car ils ne font véritablement pas partie de la popu-
lation indigène. Debout, sur les carpettes, le sultan change,
devant tous les assistants, sa chemise teinte d'indigo, iicî^o,
vhv. -), et se met une autre, plus précieuse, brodée d'or.
') Le mot aJ>u:ti^ est ici inconnu. On appelle tout tapis^ couverture^
etc. '^^. , vhv.
2) Et non iicLo avec d.
783
_ o _ ^ o -
Sur son pagne ordinaire, \yx^ ou v_à-Lj^^ vhvs., il met un
autre plus important et n'ôte le vieux seulement à la maison,
car il serait impudique, dans un milieu aussi orthodoxe, de
montrer son s. y;. Il s'entoure la taille d'une ceinture bariolée
en soie des Indes, f>^ vhv. C'est là le J^^, qui faisait
partie de la iLxJLi> classique, laquelle correspond à la 'ijr-^
actuelle du Sud, vhv. et sub J3. C'est le principal person-
nage d'Al 'Abd Allah b. Dahl.iah, subdivision d'Âl 'Alî
des Ma'^n, qui reçoit les habits que le sultan quitte, parce
que, anciennement, cette fahîdah était la plus grande et
la plus puissante des Ma'^n. Cette cérémonie de se dépouiller
du vieil homme finie, le sultan s'accroupit sur la carpette.
I. Roweys ôte le dis mal que le sultan a porté jusqu'ici;
il le passe à 'Abd Allah b. Dahhah qui le dépose par terre.
Le sultan a apporté un autre dismâl plus digne de sa
nouvelle situation. • I. Roweys le déploie, en saisit le bout,
icAc, tandis que les ^uqqâl des Ma'^n et le chef des sâdah
d'el-Haddâd tiennent le reste du dismâl. I. Roweys
l'enroule alors autour de la tête du sultan. Ensuite , le
susdit chef, JJsîc, de Âl "Abd Allah b. Dahhah roule la mèche,
idujo, d'un fusil autour du turban; le sultan la porte quel-
ques heures seulement; c'est le symbole de la guerre et du
pouvoir militaire. Après cela, on exécute une grande fantasia^
'S^ P-441, oiï il y a la description de ce raahaff. Le
sultan est à présent officiellement consacré: il a reçu Vin-
vestiture officielle.
C'est tout comme chez nous, avec les habits royaux de
couronnement, fabriqués ad hoc, le glaive, le sceptre, qui
est la iijj^j vhv. que le sultan porte à la main, et la couronne
royale, ici le dismâl, et le ta g, vhv., de l'ancien temps
784
hirayarite, pour pas oublier le primat de l'Eglise, l'arche-
vêque de Suède '), qui met la couronne sur la tête du roi,
jjl'oint du Seigneur", fonction qui est ici remplie en présence
des sâdah, descendants du Prophète!
Les principaux chefs restent quelque temps auprès du
sultan, jusqu'à ce que son pouvoir soit bien assuré, o^" UJ
- G -
iCjLLsjî, voir sub oj. L'ancien sultan n'a qu'à se tenir col,
ce qui est la conduite la plus sage, car les xJjtXJ! -i'Lw^c,
dans le W. 'Abadân, Arabica IV p. 50, Index sv. 1824, où
ils ont leurs terres de père en fils, forment une organisation
gouvernementale, à peu près comme Vindelta de la Suède (jus-
qu'à il y a une trentaine d'années). Voir sur cette organisation
'awlaqite, qui date de loin, Hçlr. p. 224. Quelque temps après,
le sultan doit se rendre en pèlerinage à Sùq Yesbonâ, où
se trouve le ^_c-^J, sanctuaire, du seyh ''Obeyd b. ""Abd
el-Màlek bâ Nâfi". Celui ci était l'ami intime du seyh
Bû Bekr b. Sâlim à ^Aynât, Index 1806. Il ne laissa
pas de descendants directs. Ceux qui se trouvent à présent
à Yesbom sont de son frère. Ce seyh '^Obeyd est le plus
grand santon des ^Awâliq Supérieurs, et le pèlerinage à sa
tombe est un devoir sacré pour le sultan.
Les choses se passèrent un peu autrement pour l'investiture
du sultan 'Abd Allah b. ""Awad, qui fut destitué à cause
de son grand âge, b. 'Abdallah b. Farîd b. Nâsir b.
Salâh b. Munassar el-'Awlaqî dont l'autre fils Nâsir
devint le fondateur de la ligne des ""Awâliq Inférieurs à
Hawar. Ce sultan ^Abdallah est le père du sultan Sâleh
actuel, (1900). Les deux membres principaux de la famille
el-Haddâd, descendants d'el-Hoseyn, 'Alwi b. bù Bakr
1) Le roi actuel de Suède, Gustave V, dans sa simplicité démocra-
tique, ne s'est pas fait couronner. Il a eu raison de faire fi de toutes
ces simagrées d'un autre temps. Il n'en est pas moins notre roi que
tout le peuple suédois, si démocratique, aime sincèrement.
785
et M oh. b. M oh. b. bû Bakr, celui-là étant le ^^j^koJ^'^),
vhv., d'Ansâb, se rendirent à Sûq Yesbom pour arranger
les différends existant entre les Ma^n, ^>v^j f^^'^. ou p ^Lij
fJ".^. Les tribus des Ma^n étaient en désaccord entre elles,
ij^\jCJ) à propos du sultan à choisir. Après avoir gagné le
puissant et vénéré Farîd b. Roweys à la cause du jeune
prince \iulaqite ''Abdallah, fils du vieux, mais prolifique
""Awad"-^), ils se retirèrent dans la maison d'un seyyid,
tandis que les Ma'^n s'étaient assemblés dans la ville. Les
deux seyyid d'Ansâb mirent alors sur la tête de leur can-
didat Abdallah, en présence de Farîd b. Roweys, le dismâl
et la (la b lia h, mèche, et, à partir de ce moment, celui-ci
était devenu „sultan régnant". Mais ne voulant encore le
faire connaître aux tribus, on lui couvrit la tête d'un chcde,
^_50^ vhv. On fit venir le ''âqil de la subdivision d'âl Ab-
dallah b. Dahhah, nommé Salfûh, encore en fonctions (1889),
et on lui promit une certaine somme s'il mettait la seconde
dabîlah nécessaire sur la tête du nouveau sultan. Il se
déclara prêt à le faire. Le râdi fut alors ôté de la tête du
sultan, et Salfûh exécuta la cérémonie d'investiture devant
les tribus, qui ne firent aucune résistance, surtout après
l'accord établi avec leur chef, Farîd b. Roweys. On se rendit
ensuite au sanctuaire du seyh 'Obeyd b. ''Abd el-Mâlik bâ
Nâfi", où l'on fit quelques prières.. Ensuite, on exécuta le
mahaff, avec force ta'sîràt^), selon la coutume. Le sul-
') Ainsi prononcé: mansih.
-) Il avait treize enfants.
3) Sur le »^x/ii>*J", voir 456 en haut, 817,7 d'en bas; Arabica V p.
101 fl. 1. et note 3; Hilr. p. 057 note. Ayant vu, lors de mon séjour à
'Azzân, chez le sultan canaillo Muhsin, les tribus venir, l'une après
l'autre, devant la mama'^ah, oii elles tiraient toujours en arrivant des
salves de fusil, o'ja.^*J", j'ai compris que le veil)e ^--w>_c: n'est qu'un
50
786
tan est maintenant le souverain de toutes ces tribus et de
tout le pays des "Awâliq Supérieurs. Les Mahâgir doivent
se régler sur la conduite des Ma'^n, qui sont plus forts, mais
les Mahâgir sont les plus nombreux. Tout le monde est
ensuite' rentré à Ansâb où l'on donna des festins en tuant
force chameaux et bêtes à corne, jb. Ce récit assez détaillé
m'a été fourni par le seyyid Moh. el-Haddàd, de la famille dont
j'ai déjà parlé, qui vint me voir à Aden (1897). C'çtait un jeune
homme d'une grande beauté; voir portrait. Ayant entendu
parler de moi par le sultan Sâleh, fils de ''Abdallah b. ''Awad,
avec qui j'étais en correspondance assez suivie, il voulait faire
ma connaissance personnelle. Le but de son voyage était de
se faire donner du poison pour tuer le sultan des ^Av^dillah ')
dont il voulait épouser la femme, mais le mari était un
obstacle sérieux. Je lui donnai une boîte de pilules d'aloès
et de jalap dont je me servais moi-même pour un certain
usage. J'ai ensuite appris que le sultan Qâsim b. Ahmed
el-Heytamî, qui réside à el-Kobeydah, Index 1832, et
qui avait alors (1897) vingt-huit ans, fut pris de violentes
tranchées de ventre accompagnées de diarrhée qui dura trois
jours. J'avais purgé le sultan — et ma conscience. Le sultan
vit encore, mais Habib Moh. n'a pas eu sa belle.
Dans la confédération des Banyar d'ed-Dâhir c'est le "âqil
principal qui a le privilège de couronner avec le dismâl
le sultan des er-Rassâs à el-Miswara. Il est de la
subdivision de h al ''Alî b. ''Omar. Il habite dans son
^^.^r?vxi.j! Q-^>» au village d'ez-Zâhir, dans le W. el-
Raul, au pays de Na'wah, Gazîrah p. 90,25. C'est lui
qui est le iJû^J ^^y^^^ ^6 chef de la tribu.
dénominatif de Sj—fc-'^-c. On annonce ainsi l'arrivée d'une "s^-a. <:^X_c
Ensuite, le ver})e a pris le sens général île tirer des coups de fusil à
n'importe quelle occasion.
') Arabica IV p. 54; Index 1828 sv.
787
Le „couronnement" est pratiqué de la même façon en
Afghanistan. La jour de l'enterrement du feu l'Emîr, Abd
er-Rahmân, t 190J , le grand' Qâçlî fit une allocution au
peuple, convoqué par le fils de l'Emîr, Habib Allah, en faisant
observer que le défunt Emîr ne pouvait être enterré avant
que son successeur eût pris en main les rênes du gouver-
nement. Le grand Qâdî roula alors un turban autour de la
tête de Habib Allah et le proclama Emîr. Son fils prêta alors
foi et hommage, et les chefs présents suivirent l'exemple.
Tout comme dans l'Arabie du Sud.
Sur la iCoUx, voir shv. Les Kindah du Yéman avaient
la Ji et la i:*^ = 'S^If, Su^arà^ en — Nas. I p. 16. LA XV
p. 320, 3 : J^ Uks ^L,rJ! ^^^.i! ^,L:^?u:,- J3 S^L J^ j! Jl
^ V;*^' â- d^ ^y (*^?^' J-; ib. ^_>^ !oî Jc>JJ Jyii- ^^xj\^
^\,tj:> iCîUc }y*A£- bb>^ ]^j>j.^ ]J>\ [j.jli5 ^♦i (Aï. C'est donc Une
vieille pratique chez les Arabes. La couleur du dis mal ac-
tuel n'est pas toute rouge, mais le rouge y domine. Le père
destitué du sultan de Suqrah portait toujours un turban
tout rouge.
J'ai cru bien faire en rapportant ce récit fort intéressant
et authentique pour illustrer les mots kLoo et JLf^j».
Lr<>
(ji-o, démolir. ^^*û^I |^o, ils ont démoli le h. Dt. RO p.
180,7 d'en bas: ^\ô^ oblJ! |^o, ils ont démoli le pays
avec des canons. Pour d'autres significations en Syrie, voir
Prov. et Dict. Gl. sv. et ma Festgabe p. 38. — Blaguer, en
Egypte, Voir sub .-i^o — iUco>, en mehri dissêt, corps,
tronc, B M I p. 53 = arabe &,cio- et i-i=> ^ i:L>, vhvs. Ce
n'est donc pas un mot „caractéristique du mehri", comme
le présente BM IV p. 65.
788
iiJi!L\-ii>3, pi. yi;.jjU;o, chemise avec manches. Stace p. 154.
RO pp. 31,5 d'en bas; 185,8 d'en bas.
^o, laisser, lâcher, quitter, abandonner; laisser partir, Syrie,
408 n; Arabica V p. 135 n. 1, Prov. et Dict. GJ. sv. =
v_jLw, i, ou v^y-/, qui est aussi égyptien. Dans la Haute-
Egypte, on dit iicj, comme aussi au Yéman et quelquefois
aussi en Dt, vhv., où cependant oS est le verbe courant
pour chasser, éloigner, 670.
yio < ^'iKq>, comme (jio < j^, palper vhvs. LA sv. (jij,
Dozy sv. L'on constatera la même évolution pour y^, LA
sv. et pour w^>^, envoyer au pâturage, laisser en liberté (les
bestiaux). L'étymologie turque que donne Sachau AVLM p.
95 est à écarter. Comme J^:>- a fait J^^ (jio a fait yio.
Dozy donne, d'après M et M, la première forme, que je n'ai
jamais entendue en Syrie'). Le Qâm. a un verbe (Ji-o = .Lw
(la variation (jio, Qàra. me paraît douteuse) qui servirait bien
à éclaircir l'étymologie de „xio qui serait alors = ^->wa« , faire
partir, mais alors yio- serait secondaire. Cf. ,ji.j > ,^ ; (j^j
> y^ ; j»o et ^^ et j.Ax!0 ; {j^s. > ^^ac ; j,j >• ,-^o et j.t>L^>3 ;
J.J et ^j et ^j-Ay, Â^ > ys..w 317 vhvs., et tant d'autres;
voir sub ^. Cf. Brockelmann o. 1. I p. 235/6.
(^^o, voir sub iju-jo.
Le thème co a deux sens différents 1° pousser^ stossen, avec
1) Mais à présent, je vois que Feghali, dans son Kfar ^Abîda p. 40, 2,
donne aussi la première forme dasiir, il fut ahondonné à lui-même,
et il doit bien le savoir, lui qui est Libanais.
789
uno foule de dérivés; voir ici sub ^^^>->; il est quelquefois
affaibli en b. 2° renferme un bruit '> appeler par un cri,
voir sub _^o; également avec l'affaiblissement b. Une va-
riation en est LtoUis, ou ^l^yo, bruit, tapage = L,-.Ui! o^^^j
LA sv. Je ne sais si ces deux sens ont quelque rapport
entre eux. Si cela est le cas, celui de bruit serait primaire.
Nous disons aussi pousser un cri, einen Schrei ausstossen;
la sémantique est la même. Si, d'après Nôldeke ZDMG 66
o - û -
p. 736, l'interjection cOpj est l'origine du dénominatif _^o,
appeler par un cri, vhv., on pourrait aussi supposer que
V~co, pousser, stossen, a pour origine le bruit, produit lors-
qu'on pousse ou heurte, et pAco, démolir, serait alors aussi
un dénominatif du même phonème p3^b. Le verbe ^cs,s>,
< 3^ , offre la même sémantique, vhvs.
<^..^ù, jouer, 2^^ci'^santery classique, 1192 n. 1; 1453. Cf. ^^
vhv. — Inviter, ^ou-J^ ? U>.£b q^, un tel nous a invités à
son repas, RO p. 90, 2 mais c'est pour ^ ^^o, formé comme
>_jL> < v_j iL:>. — Piquer, être mordant, insulter, Yéman et
Aden, ma MJM p. 10 et Jahn SAE III p. 23 n. 7. Le cl.
w^o, pousser devant soi, est composé de V~^, et v_jo, et
affaibli en ^-jb ^ i_jb, même sens, comme ^ù > [.b, v^co,
mourir, > i^b et oSlXj!, mourir, w*.£Àj', effrayer > ujb,
même sens, voir sub ^j> et ^^o.
.-■<^^, germes d'herbes; 710 n.
^j'^.^j>, to look for, fumble^ gi'ope, feel about in the dark,
790
1264,2 d'en bas; 1380 n. 6. Spiro sv. et Dozy sv.; < u*^o,
qui est un accouplement de l/~(j«o et V^"^..^. Seulement
en Egypte. Le b peut provenir d'une contamination avec (j^^c.
J^xcu>, arrondir, former en houlette^ Belot sv.; élargissement
de Jol>, vhv. Ce n'est pas pour cM'o, vhv. comme le pense
Feghali p. 22, mais J^^o et J^o sont deux élargissements
3 0? O -
séparés de J^o. Cf. J^->-^o vhv. — iLl^_j„co ou iCjy^o, houle,
houlette^ 1163, <kJ^j>, vhv.
Jic,^, ruiner^ détruire, = ^c>^ ^ LA sv. Dégémination de yo,
1247, vhv. oili le ;: est motivé par la contamination avec
V~^, LA 1:L p. 441,7. Ruzicka o. 1. p. 231 dit que yico
est une métathèse de .£>-c.j, mais ce verbe est une dégé-
mination de e^co, qui est, à son tour, une variation de
^y^vco, vhv. qui est une variation de T/^^y^jO, vhv. — Ré-
pandre, éparpiller =jj>^3. RD p. 410 N° 135.— î^icot < .i^Aj"',
trébucher, faire un faux pas et tomber sur les genoux, buter,
Dt. et Hdr. ce qui est le ^ccoî de Dozy, d'après Bc. Dans le
Nord, yjtj'. Le quadrilittère dialectal yico, trébucher, chopper,
= "^Omân J>-^, provient sans doute de yicco!, = Jistj", oîi le
sentiment populaire a cru trouver la V^- Vollers ZDMG
50 p. 328 fait bien venir J^ù, ^jLcc> de JLc, mais il omet
d'expliquer la provenance du o initial. — En "Omâo, jXs^o\,
s'écrouler, RO p. 258, 14.
^ ,is£0, a, être large {et noir?) avec cette explication d'un
'Anazî: ^^co x,-*i o^S^j-^, (jSi Ji'', toute chose qui s'allonge ou
s'étend est appelée ..i^co. Voir LAsv. . . c>«-:^o Ai\, Veau s'est
791
répandue, ""Anazî. Probablement un accouplement de co et de _o.
^i^^ est aussi être très noir et se dit de l'oeil, chez les
'^Anazeh. q-*-*-^' ic^^j»; aussi en ^Oraân: RO p. 332, 6 d'en
bas: ""ôyilnhe da'^agât, ses yeux grands et noirs, et ib.
p. 388,4-: ''alîhe ''en dd^ge, elle avait un grand oeil noir;
c'est ici l'adjectif ,i^o>^sco = ,i;sco', voir plus bas. I. el-Qût.
p. 290, 6 : ê^ôS J-^^\ J.-o JJiîj is>o\y^ J\;Liit j^^î ^^^3
'c>yJ Jw>J!5. 1 es-Sîkkît Tahdîb p. 231 : o^;wî ^^c>\ J,:>j et ^-^^l J^.
On comparera -j, être fin et allongé (sourcil), qui est une
variation de V~'-c>^ et qui ferait croire que ^scJ», = ^>cj , pour-
rait être primaire. Ma L B ""A Gl. sv.; Amalî d'elQàlî p. 61 ; L A
sv. Probablement le même accouplement que le premier, et
l'on peut aussi penser au sens bédouin rapporté plus haut.
Chez les ''Anazeh, ce verbe a aussi un tout autre sens:
pousser^ stimider à la course. C'est là, il me semble, une
variation de oix'-> dont il est synonyme. eU^io _-^co! (id a g),
(i.
- O O 3
expliqué par (éUjJô oixo! et LgiL«; de 1/ co et K _o = K oo.
Cf. ^3 = JuJuJf ^Âit, I Sîdah VI p. 111,6 = -n*L, ib.
Ou bien faut-il considérer ici ^^co comme ayant également
le sens bédouin rapporté plus haut de jL*Jt et y voir le sens,
secondaire en tout cas, de faire allonger le pas? Mais, quoi-
qu'il en soit, la racine première est co. Or, la lurah a aussi
,*^o, repousser avec force, et c'est peut-être le même verbe,
mais le passage de o à ^ est cependant étrange, ce qui fait
croire que ,iscj> et ^co proviennent de deux racines diffé-
rentes, mais pourtant congénères. " -^co se retrouve dans sa
variation „ncj, car o>j est une permutation assez fréquente,
voir sub yo, y>3 et y; et ^y
Un développement de ^^o est le classique ,rfN.**scj = ^yJi
792
LA sv. propr. allonger le pas, où le s semble motivé par
contamination avec u«.£0 ou, si l'on préfère ainsi, un accou-
plement de ^co et de m*^^. Dans le Sud, tout cela n'existe
pas, à l'exception de oico = 'Ji=>^, vhvs.
J'ai constaté chez les Bédouins de Syrie un .«^ro, couler
ou faille couler, mais je n'en ai pas d'exemples. C'est peut-
être pour ,iNc3, comme Musil ol. p. 8, 16: halli seyâlha
yid'^eg, laisse ses torrents couler avec force, cf. ici sub io,
et l'on pourra comparer w^cÀiS, couler (eau) < v'*-^' 5 cf. ^\c>,
u, pousser presser. < ^\j> = ^^cj», et le mehri dehêb, couler,
et les abéen dhb, torrent, d'après Rhodokanakis Studien z.
Lexicographie II p. 113; voir cependant ici sub ^^3. LA I
p. 371: xi^Àit = s^kjî, pi. v^J.
Le développement de la sémantique dans la langue arabe,
avec sa richesse inouie de racines, qui chevauchent les unes
sur les autres, en formant de nouvelles racines, de nouveaux
élargissements, est une des choses les plus remarquables
de cette langue, qu'on ne connaîtra jamais bien avant
d'avoir collecté tout le vocabulaire des dialectes, du mehri
et du sabéen. Dans ce Glossaire, je fais une première ten-
tative dans ce sens, mais je suis persuadé que bien souvent
je n'ai pu éviter les écueils qui se présentent.
^co: LaJ^-ou J^.5:\5Jt u>^>£^, elle a rtendu le ko! il dans ses
yeux, elle a passé le mil le long de l'oeil, "Anazî. Tout
arabisant connaît bien cette manière des femmes orientales
de se peindre sous les yeux pour qu'ils paraissent plus grands
{y>-^ Bédouins = 05^ Hauran) ; cf. bîLxy' J^ L^ytii vi>.:^o,
elle laisse ses cheveux tomber déliés sur ses épaules, ^Anazî.
-0£ o- 0505
,a^c>\y épithète des yeux, u^iîî ^^^ac ^^ ^^^ ^^co Q-kw^j^ ^^
') Les Bédouins du Nord ne disent ^^c-*^ que dans la »>-^j vhv,
793
un tel a les yeux grands et noirs, brunâtres comme ceux du
guépard, ^Anazî. JJi! J«."^o ,.Ncot syt^, ses cheveux sont noirs
. comme la nuit, ''Anazî. Diw. Rûbah, Ahlwardt, N° XIII v.
19: -,!cv>] = Schwàrze, Dunkel, Vol. III p. 1. Une strophe de
la Qasîdat es-Sahgah porte:
"Ôyûnha dô'ôg ticjbah debh u mitël 'ôyûn el-kûfîyât
Ses yeux sont grands et noirs qui vous égorgent, et ils
sont comrne les yeux des antilopes.
cAco, démolir, ruiner; casser, 362 n 1, Dt. Intensif del/~co,
vhv. = «io, pousser, LA sv. J.>, cJs.cl>, il m'a démoli, cassé
le pied, Dt.
oAclXjî, se ruiner ; se casser, Dt.
Cette V~^ a donné de nombreux dérivés qu'on trouvera
dans les dictionnaires et en partie dans ce Glossaire. La lurah
a aussi ^j-éo = ^Ss> , démolir, où le J-cli indique le travail
commun de démolition ou la démolition des différentes parties,
l'une après l'autre, de l'objet à démolir, etj^^cÎJG' = ^Apî, être
démoli, Naswan o. 1. p. 36; <l/~-o, pousser, stossen. Cf.
c s:
les verbes ^-^co > ^_jb, ci^co = e>.co > o'3, vi/^o < cj> +
viJO, *is£L>, ^O, jcO, ^_/^C'-> > P-^^) ^^'-^j ti)>.£0, jxh, cô. <^ L>. +
co; ^50 < o-^ + ^o, I Sîdah VI p. 111; la variation conso-
nautique de V ^ est l3'o ^ tiJo; voir sub j^o, et ici sub
les thèmes respectifs et sub jo.
■ ^co, a, piquer, donner une poussée, surtout à une bête, Dt.
Ce sens ne se trouve pas dans les dictionnaires, ni rien qui
s'approche. Mais en Syrie j'ai entendu ^o, pousser, frapper,
le syriaque a j^^, pupugit, increpuit, vexavit, etc. et l'arabe
j^j> , repousser, ^o vient de V^ + j , comme son syno-
nyme ^o de l/^o->+^ vhv., mais j'ignore l'origine de la
794
troisième lettre. On pourra comparer^, LAsv., et sa mé-
tathèse %1^ , = -,\5o L A s v.
'■ — ^ c
3^0, ôz^s/i, Stace p. 25.
;j*^co, a, fouler, marcher sur, calcare, piétiner, stampfen,
1264; 1284. Stace p. 175: tread. Usité en datînois, où l'on
dit plutôt ■^Jo^ et ^uJ. wb>Aj *i^ï ^-b--j i^w^lXj lX:>[5 ..^1^ ^^t,
si quelqu'un foule un autre avec le pied, il lui marche dessus,
Hdr. p. 275 n. — J^i j*^^, expliqué 1264:— Marcher l'argile,
t. de potier, Syrie, 355 n. 8 = (_,wb, ib. 1. 7; cf. 1284,8.
Cf. (j«'o, u, vhv. C'est un accouplement de îo et (_^«.b (t_>«o).
Voir sub gAco , y/.L> et ^so. Une variation dialectale est sans
doute le classique aju^ = AjA^Î i-b^î L A sv., fouler aux
pieds qqc avec force. — Une métathèse en est (j^lXc > (j*A:>
et probablement oJ^ = cAa:?, heurter. L A sv. Apparentés sont
e^cj» , fouler, l\jl>wccJî ur-^' LA sv. ; (c^cj> = ;c>^c3, pousser
avec force, I Sîdah VI p. 111, 5; >i>.Po, ib. ; <J'J), foider, ^J^^r'^
L\jA.;iJl LA sv. qui dit que c'est une prononciation yémanite
(voir ici sub o<(_w), ^.^ repousser. Cf. K~oo, 1/~;^wJ>, V~^
et V~^J> vhvs. ; ;cj»= «o, I Sîdah VI p. 111 = ;*Ij ib.
G -
iL^EO, piétinement; Stace p. 160: souiid of footsteps, =^ àt.
iC:^.0 ou iCft=>0 .
ij^ciAx, pi. (j^^cLVo, soulier, 348 n.; Hçlr. p. 267, U d'en bas;
Stace p. 155.
^Jic^, = Ji=>j>, chez les 'Awâliq Supérieurs, 890 n. 1.; 1388
n. 1. I et Qût. p. 288 d. 1. : U-^s o3 [j^J^^ Ç>LjJî ^^Jis^
U^3, sÂi^j, de même que dans LA sv. ; I. es-Sikkît Tahdîb
795
p. 472, 9. Chez les ^Anazah, c'est pousser, stimuler d la marche.
liU^-io Uicot, pousse ton dalûl d marcher vite, =^co, vhv.
paraphrasé par oi-w. — En Syrie, c'est aussi faire entrer
de force, fourrer dedans, pousser dedans. Une métathèse
classique en est sans doute o>A£, fourrer la main dans le
puits. LA dit, à propos de oic^j, que, selon quelque faible
autorité «Jico est= Jio, avec sAjU (j^*^!, et il ajoute ^^■t^*,
,.?sxj<\-<:îj . Pourtant, ces iCillî ^^\ 'sUlsuo n'avaient tout à fait
tort qu'en supposant que le ^ était »w>jrj , car Jks^ù est un
accouplement de V~ç~> et V~^^, comme >Ji=>L> l'est de
l/~„j>, =l/~co, et de V~^j>.
dUj, a. frotter; nettoyer, Dt. C'est le mehri dôk, frotter,
Bittner St. mehri II r. 69 et IV p. 57; cf. aussi é\^, u,
broyer, ^iLJ>o, briser, broyer; fouler, et l'hébr. li^l. Stace
p. 146 sv. rubbing. RO p. 129 § 235: abwischen, oter en
essuyant. RD I p. 125, U traduit ^_c^ilj (ékco par se souiller
par ses propres excréments, ce qui n'est pas trop élégant. —
ê^<XA , objet avec lequel on frotte ou nettoie. RO § 61. C'est
un accouplement de ^ et e)o, synonymes de „o et ^o.
Pour la sémantique, cf. ^:^j .
*£j> , choquer, heurter, Dt. — Etayer, Dt. > class. j.b , même
sens. En sahhî, il y a sa métathèse ^:> , collide, intr. 791,
Jayakar BBRAS 1902 p. 262.
*.£:o, étayer, est probablement une métathèse de iA,= , vhv.,
lOV , car iajlJ- oA,= est = ^i>^.,so , selon I Sîdah V, p. 129,4
d'en bas.
x^o, colonne du milieu, pilier de soutènement, Arabica V p. 22.
iCoico, < iuico, appui, étai, pi. *jico. .^Jt ii^lcj», margelle en
bois du puits, 92, 11; 497,6. I Sîdah V p. 129.
796
(^3, que RD Gl. sv. traduit par Wûste, Feld n'est pas tout
à fait cela, mais il correspond à i^L>, vhv. et à s^li ou au
£y du' Nord. L'homme de D. H. Mûller, SAE VII p. 117,4,
expliqua aussi le shaurî da^an par ^L> qLJ^, et on peut le
traduire par camjMgne, Feld, mais Wiiste, désert est ici de trop.
Bittner St. sh. I p. 22,5 d'en bas rend le sh. dâ^an plus
exactement par Feld, Land. De là vient le nom du ^^*,c> ,^^[5
en Hdr., qu'on écrit Do'^ân dans l'Encyclop, de l'Islam sv.,
sans avoir consulté mes publications sur l'Arabie du Sud. Je
û ^ _ 0 -
me demande si ce mot n'est pas le même que tlj^o, ou (j^^o,
selon l'accent: >< < „ < c ? — Stacea p. 1 sv. abided: ^^o
oLxjuj! nyl-^' (j^^^ '^^^ Lf^ à^'^ , obéir, se soumettre «, se
conformer ci, ce qui est ^'->.
^js^ù, i, < !co, u, appeler qn. avec ace. ou J ou ,j^, Hdr. p.
133. id^'eb, appelle-le, Dt. — J^ lc^^j cner d qn. J<Ji! j.
j, le soir, les Easanah
crièrent d ceux qui se trouvaient da?is le hnsn, 12, 5. Mais
- û -
(j:v£j>, proférer des imprécations contre, injurier, le contr.
de J (j^^j prier pour qn. J j^^^ peut donc en datînois
signifier appeler qn. (par un cri) et pjrier pour qn.
Comme l'arabe Ico, u, n'a pas été trouvé dans les autres
langues sémitiques, Nôldeke, ZDMG 66 p. 736, suppose que
c'est un dénominatif de l'interjection ^ co ou ^b ib, Mu-
faddal N° 7 v. 23, Euting Tagebuch I p. 24, 1, et, selon lui,
apparenté à lAj, ^SS. Je connais bien cette interjection. Les
chameliers l'emploient pour faire marcher les bêtes lentement
et avec précaution, cf. les Lex. sv. La V~\^ est =V ^
791
et désigne originairement un bruit. Je me demande, sub ^,
vhv. si l'on peut ramener les deux sens de V~^ ^ b au
même point de départ; cela n'est pas impossible. Il faut
alors que îJ^o, démolir, soit aussi dénominatif, vhv., de
même que les autres verbes dérivés de V~çc> = b. Cf. «bb,
qui indique également un bruit, pouf. Etant donné le grand
rôle que les onomatopées jouent dans la formation des thèmes,
je trouve l'étymologie de Nôldeke tout à fait juste et accep-
table. 11 y a longtemps que j'ai la même idée concernant le
verbe !co, u, et je suis heureux de me trouver d'accord avec
le savant maître de Strasbourg. ^ . . •
i^ji < ^bî, a donné en datînois ^Ajî, jirétendre, soutenir,
341, et c'est bien aussi ainsi qu'il faut expliquer le méso-
potamien "^lAJt, Meissner NAGJ p. 121.
i^^b, tous ensemble, la totalité. ^^ Lm.J! ^j^ *r;v^'^ 'îj^j ^^^^'^
s'enfouirent du village (ou de la localité) 9, 19. .^Jlj ^Uj ^
'l^' '^<:o ^^b J., B. Y. y lève tout le contingent des JDannah,
Hdr. p. 434,6 d'en bas et p. 470. j^^y^. ^^ j^^ o^ (J''^^'
et tous ceux qui font partie des Béni Ketjr doivent venir,
RD I p. 61,3 d'en bas. Sy^^. ^^ t^ç*-^:^ ^'^ 6h ••-d^jj
il envoya ... et dit : Tous ceux qui font partie des (reneybe
doivent venir auprès de moi, ib. p. 88, 12. Classiquement,
on dirait ici ^U:> ou KtU:>, I SaM V p. 384, 1 avec la note
de de Goeje ZDMG 61 p. 468. RI) Gl. sv. C'est sans aucun
doute le participe ,^^b, celui qui appelle à la guerre tous
ceux qui se rallient à la tribu principale et qui ont le même
cri de ralliement et la même s^o; voir Arabica IV p. 17 et ss.
^ei^, pl. ^c^îAx), expliqué 1786 et Arabica V Gl. sv.
798
^co, a, i, laisser, laisser faire, laisser devenir. Forme se-
condaire de çoj, 1516 n. 2, vhv-, comme ^j^, i, < w^^, et
^^>«ï;, vhvs. Cette forme n'existe que dans le Nord, en
""Oman et en Algérie, selon Beaussier sv. : Jaisser, mettre
de co^e (Est)". Eu Dt. et en I.Idr., on dit ^j^; en Hdr. aussi
Ji>, qui n'est pas courant en Dt. ZDMG XXII p. 117;
Sachau AVLM p. 76; Socin Diw. Gl. sv. Musil o.l. p. 300,4:
Qâl ma ad^âni zamâni (lisez: qâle mad-^âni), il dit:
le temps ne m'a pas laissé faire. Iw Allah ed^a batnak
râwi, par Dieu, laisse ton ventre plein d'eau, se remplir
d'eau, ib. p. 352,4 d'en bas, = dt.: iiiLâ dULû ^. Mais ib.
p. 448,14: hâtû lo-s-sikket el-kebîre * yid'i biha-
d-dîre demâr est traduit par Reichet ihm die grosse
Pflugschar* zerackern loird er damit das ganze Land zu Stauh:
.L^j ijjAiî 1 i } ^c^^, ce qui prouve que l'auteur n'a pas
compris la dernière partie. Autre exemple chez Musil o. 1.
p. 194, rapporté ici sub ^L=> p. 518 et qu'il n'a pas non
plus compris. éJ^=>*) iX*JLj" dUc-v-co, je t'ai laisse rester seid,
Haurân. q*«*^ UwK ^^^o U-^-'y 'l^Joas, il lui fendit (= oi^)
la tête qu'il laissa ou réduit eti deux moitiés, Haurân, et
ensuite: a.Li-jLc Li^^^ Lleo, jious allons la traîner a la
grotte. C'est sans doute cet impératif très courant qui a
engendré cette forme secondaire, é^ Jyc JLi> LJ «Ilij Li£j>
aLsjJI, allo7is envoyer un cavalier sur cette colline-là, ^Anazî,
46& n. 1. Ici co est employé comme les impératifs ^_J1=> dans
le Nord et en Hdr. et f. en Dt. oLo. p'I-^o, nous les rédui-
rons en cendre, Socin Diw. I p. 298 BB. Socin traduit ^^o par
„zu Etioas machen", Diw. III § 125, comme je le traduis aussi
799
par réduire à, mais le sens fondamental est toujours laisser.
RO § 342 p. 210, 12 d'en bas: ^irîo, iL^_4>-iî vi-^-« o^
L^t\:>5 KjL) J^, un tel a réparti les parts et laissé chaque part
à part. Ib. p. 269, 18 : s s ô h h d â ""i n n o k i d s w â h i , il a
laissé clés dattes dans un seul tas, il en a fait un seul tas.
Ib. p. 297,6 d'en bas: ede^îk mekânek, ^e te laisserai
là où tu es. Ib. p. 304, 1: da'^êto ykiss keinno hanît,
je le laissais avoir l'air de pédéraste. Ib. p. 320, 6 d'en bas :
nauwljo rkâbhum u hadro (vhv.) 1 fur s "anhin
uda'^yûhin fsèblit ssêh Yahye, ils firent agenouiller
leurs rtiontures (= se reposer) et leur enlevèrent les couver-
tures qu'ils laissèrent dans le vestibide du Sêh Y. Ib. p.
330, 10: ^^*i! iJu^ J. L^-j^CsJi Llou, 7ious voidions les (les
bâtons) laisser parmi les autres hâtons. . Ib. p. 354, 5 : m â
ydô\yûh batte sê'^a fîh, on ne l'y laisse pas même une
heure. Ib. p. 367,9: ;^\ iL*JLc ^ lA>-^-Î[î J^ Ij^^j» (^l Us
laissèrent les chevaux et les chameaux ci la colline de etc.
Ib. p. 368, 11: kesar el-feleg uda'âh ysîr fil-wâdi,
il détruisit la rivière et la laissa aller dans le loâdi. Ib. p.
426 N°XXVI1 V. 4: tid'î 1 'aduw mutâyehîn, où l'on
a certainement chanté ce criant de guerre, ;U_i: = dt. Jwc'- :
tid-^il-'a-dû-wim-tâ-ye-hîn (--^'- I --v^-), eiî/î/i (=û. L)
laisseras l'ennemi jeté là par terre. Stace p. 57 sv. escape:
Q^:s=\-o p£.ôJ^ ^, we will not let them escape, mais Stace a
ici mal rendu la traduction fournie sans doute par 'Abd
el-Qâdir el-Mekkâwî. ^j^-^^î c>^>-^j ijt«.:^î Ojs' '^ c>v^ij, et
je devins tel que je ne distinguais plus le vendredi du
samedi et du jeudi, Meissner MSOS VI, ii p. 94,8 d'en bas,
glosé par o^aj; il faut probablement lire ici
800
On sait que les grammairiens arabes enseignent que le
parfait co, n'est, pas usité dans le sens de laisser, et qu'on
le remplace par <èf\ Ta'^lab, Fasîh p. 24 et p. 40; Sihâh sv. ;
Tabrîzî dans Hâm. p. 304; Zamah., Asâs, sv.; Qâm. et TA
sv. ; Suyûtî, Muzhir II p. 98 et ib. p. 25 qui cite la même
opinion de I. Doreyd et I. Durustaweih, parce que le w
initial de co^ et de .3^ est un JJ^ix^v»^ <Jf>\ Mais le Prophète
a lui-même employé le parfait, selon en-Nihâyah, sv. qui
défend aussi le parfait puisque le Prophète est vr*-^' ^.^^xaiî.
L A X p. 264, 7 reproduit cela, et Ton y trouvera des exem-
ples de cj>3 = liL), de même que de ç^»> et de ^oi^, ^ T A.
Je renvoie à mon article ici sur ^o^, oià il y a des exemples
de l'emploi du parfait, = ^iLj■, et même de ^o^î dans les dia-
lectes du Nord, ^ù*^ a du reste tous les sens que comporte
le français laisser. cOj, faire ses adieux, est aussi laisser qn.,
le quitter; déposer est aussi laisser là; cf. ^^.
;^^
±^ , être petit et chétif,^J>ô, 763. — Pousser, stossen, et
alors <y:j = yîo vhv. RO p. 259,10: sort bêt el-ker-
râni udarart ''alîhum yitqahwyo, ^e suis allé à la
maison du scrihî {secrétaire) et je suis toyyihé sur eux qui
étaient en train de boire le café, =^ dt. *.^-Jlc v^^^.^-^I:' . Cf. aussi
Jj^o, J.C et jLc vhvs. El-Fâhir, éd. Storey p. 47, 4.
jàj^\ , se fourrer dans. j«^j ^lXJî^ io.b^î icJU=> ^ ^-«-^3^)
et il se tenait là debout avec les autres gardes et se fourra
parmi eux, Bâsim p. 106, 20 =j^z^o^i\. Cf. ysj».
j^o , a, ne figure pas du tout chez Lane. L A VIII p. 191, 4 :
iLoL;. *.^s> |*.^JLc J^àj>, et le Qâm, id. sans ajouter que c'est
801
yémanite. Dans les parlers du Nord, il y a deux sens bien
distincts: 1° faire quelque chose de bonne heure le matin,
Béd. du Nord et Syrie, > ^ar^zr le matin pour la maraude,
^jc, attaquer le matin; cf. ^c^^, |^>, .^n^.*^ et ,*:s^, ici pp. 303;
806. Un ""Anazî me dit : *.^Jlc 'lIAéj , nous les avons attaqués a
l'aube, ce qu'il expliqua par Lu.i^^. Son synonyme de Sud est
Jji j^£ , vh V. ; Wetzstein apud Hartmann L L W p. 238, oii =
(^-w, i, faire une 35^, maraude nocturne. M. el-M. donne
pour la Syrie LaJaJî c>./ii.c>j>! = v^t*^' '-^^■*-^ s::^*)^?!. Chez les
Bédouins du Nord, ce verbe se rapporte de préférence à l'ob-
scurité avant l'aube ou à la première pointe du jour. Sanfarâ
se sert de ce verbe dans sa Lâmîyah éd. de G. Jacob, Schan-
farà-Studien I p. f v. 55 et p. 87, ib. II p. 35: ^^ c^^^c^
;iJt (jiJbj lA-^, j& suis parti à l'approche du matbi maigre
ou dans l'obscurité et la bruine, où Jacob a raison d'adopter
cette leçon, au lieu de y^^ro . — 2° Prendre une poignée de
quelque chose, = ^jJ> vhv., de K~^^ , presser. \Ji^<\^. ;J:yC»*^*JI
^^LLiLali ^^i-^ ^^! 3jLè ^y, '^J^àj>, le soldat pre7id du sac de
café mie poignée (la mesure d'environ deux ocqes), ce qui
est Vociroi pour le sultan^ ''Awlaqî. Je ne l'ai constaté que
dans les contrées 'awlaqites. Dans le W. Mayfa'^ah, un '^Aw-
laqite parmi mes gens vint me dire que iCo^ ^^ ^__çi^ ^ Lo
Ù - V. ù -
L^ oUisX'^ i^^iixo jv^ -é^Ji , il 7Le reste plus rien dans le
sac de dattes: tous en ont pris des poignées.
^Ji.£c> et iU:^co, l'heure après le coucher du soleil et 1 heure
avant le lever, le crépuscule, ou, comme on dit partout en
Arabie: ^^\1\ ^y, ^A^\ J^ Le ij^ Dt. 1646. Le Qàm. seul
a J^l'^ -= -:USL , tandis que LA n'a ((ue les formes verbales
51
8Ô2
dénorainatives. Dans nos dialectes du Sud, on dit ^jixlî et
xxi.^. Ces mots, ainsi que les autres analogues désignant
un point du jour ou de la nuit, n'ont jamais l'article. On
peut bien dire iCvCio^JJI ^ [•>-t-*-J^ U4.:s\P, Nord, ou, Sud, j
ioi:^^! , dans le courant de la pointe du jour^ mais non pas
iLcis_Éj J. ,*-f^J^ '\-^-'*-^ , ni *^^ ^5, car alors il faut dire
X-i.co j».^jj£ Ll«.:s^ ou &-c^c, sans J, et sans l'article. C'est
sans doute parce que ces mots, usités comme adverbes tem-
poraux, représentent un ancien accusatif adverbial temporal,
Liio, 'sJ^ù , et U^^, &.ciwj£, et ils étaient alors par eux-
mêmes déterminés, Cf. 1185 et Brockelmann VGSS I p.
467; ib. II p. 701 en bas, où il me cite Dt. 76,11, mais
là il y a al a 'a bas et non 'a la "a bas, comme l'écrit B.,
malgré mon explication 1185.
iccisco, poignée de qc.^ voir exemple plus haut; seulement
dans le Sud. Un développement de (jixio est jio.Uo, que
je ne connais qu'au pluriel, à l'instar des mots traités 1414
et sub r*^Lo- Ahad el-âyyâm fagâm darârîs ed-çlàu"*
u^àhad el-gedàh (on mahlaba) biyeddu urâh la en-
nâga ugadab dùyûdha usâr yehlib, un certain jour
il se leva à la -première lueur du matin, prit le bol à la
main et alla d la chamelle dont il saisit les tétines et se mit
à traire, récit d'un Bédouins du Haurân. Ici le hadarî dirait
'iJ^S . La langue littéraire a ^Jr^^^ ^"3]^ = ,^^Jal\ o!^ ou
^^JaJî ^, LA IV p. 149, V p. 470, Abu Zeyd Nawâdir p. 128,
oi^i c'est expliqué par kJ!yb ^^^.^ajj ,j*^4-^'î Ja^*.*^" L« L>jtj, Asâs
sv. et L A XIV p. 5, oîi sont reproduits les mêmes vers que
dans Abu Zeyd, Sihâh et QAm. sv. ; Lane p. 2256 col. b
n'a pas bien compris cette locution, malgré le S. et le Qâm.
qu'il cite.
803
Wetzstein, apud . Hartmann LLW p. 238, donne- cAyîiJsi^j
brave guerrier, \.;,>JJa!)\ u*,Uit. Je ne connais ce participe que
dans son sens véritable d'attaque le matin.
Un autre développement de V~^iJ:^o est le syrien ^^3,
p. e. ^_^î ij^^o ou ^Ly^î , la pointe du jour apparaît, comme
^ '. ■ -. o , ■ ' '
(ji -bi: < iji^iac LA sv., de même que l'égyptien yi^-cijio, io
6e c?m ; iC-ix.ioi:iAx> LôjJ! , f^ zs dar/c ; KxiJijij., dimness, obscu-
rité, Spiro sv. ; Dozy d'après Bc, éblouir. — LA donne le
thème ^v^jJ> , VII p. 388 = ^j^J^Cka , et I Sîdah IX p. 39
en bas: jJl^! J>-*J^' u*-*-^'^» = LA sv. Le Qam. a ^j-w^o,
;j«.*co, ;j.A*i>o et ,j«^4^o, de même que LA svs. et qui tous
paraissent avoir le sens de yo«. TA ne fait que reproduire
LA. Le thème J^c^ est donc = ,j*«.£0 , comme ^jJ^ est =
^j^, I Sîdah IX p. 38, 5 d'en bas et p. 48; Jiil^J:- et y-^I^c,
ib. p. 41,6 d'en bas.
Les verbes. ,j«.^o et ij^^o pourront donc être un accou-
plement de u-.'*^, être très obscure (nuit), I Sîdah IX p. 39
en bas, et de ^j^^ et ^j^î^^ = \J^^'i et (j*^r^, I Sîdah ib.,
= y*.*>o et (j«^->, de (j*^^, avec contamination de K~j*:>,
être noir, de ^^=>j> et de |?o pour expliquer la troisième lettre
épenthétique, qui a toujours sa raison d'être et n'a pas été
intercalée au hasard de l'alphabet. Mais u«^o, Ruzicka o. 1. ,
p. 225, n'y a que faire. L'algérien ^jiuèo, ne pas éclairer
(lampe), Beaussier, est assurément composé de J^^ et ^Jiuc.
La V~^^^J^^> s'est aussi conservé dans l'algérien jj^lLcÂ-^,
sombre, couvert (temps), aussi au flg., comme le sont aussi
les verbes susdits. Le verbe classique ^êo, être sombre, <
^^ , L A, Qâm. et T A sv. = ^Ji>*s^o fait aussi partie de la
_û-t
Y , tj> = V ?o, et tji«.*i.o, qui est aussi = c^! , peut être
804
un accouplement de (ji-oo, être agité, et de iji.£o<l/ ^,
presse^', comme nous disons p7'esser les pas, s'empresser,
et par conséquent d'une racine homonyme, mais de sens
différent.
Il y a aussi les verbes 0^:0 = y:^, d'après Ta'lab, chez
I Sîdah IX p. 39 en bas, et sa métathèse OS^y^ dans ojo^
'ujîycw isUt, ib. et LA sv., et les substantifs iiJs^v^ = iLiOj_c,
ib., LA XI p. 387: ^^^ >' J^Ji! lt-LJ] i) et ib. p. 160, même
^ ^ ù -
définition. Ruzicka 0. 1. p. 162 donne o^^è comme une dis-
similation de oAi, qui pourrait bien exister, mais le sens
de jjAji, a, est être en abondance (eau, pluie ou rosée) =
jJi, LA XI p. 156, et n'a rien à voir avec oo^. Un déve-
loppement de ^Aji est sans doute oLaJ:j, verser, répandre
en grande quantité, accouplé à oJio, LA sv.: îot ^li! oiâèo
iiJi-îj. Il n'est pas non plus probable, comme le pense Ruzicka,
que ^o-c soit apparenté à ^Ac = Tii7, malgré j^î ^ô^\
Buhl sv. T1V. 00^ et ^cXi peuvent être apparentés séma-
siologiquement, mais ils ne le sont pas étymologiquement.
La l/~oAc me paraît renfermer deux sens, être noir, d'oii
5 3 w
vient le nom du corbeau oiAc = >_j!^, le syrien o^Xc,
blasphémer, propr. noircir, comme ^^^^^ et Oj-^, vhvs. I. Sîdah
XI p. 183 et le classique et dialectal ^ic>, même sens et
couvrir, comme ^^iJ> < q=>^, être sombre, noir.
Jit^ n'existant pas en ai-abe, il faut bien considérer 00^
comme primaire et y voir peut-être un accouplement de
') Ruzicka p. 1G2, incorrectemont — "^^ l'*^-^'» en citant cela
o
805
^f. et la V~C'. pour expliquer la raison d'être du d'épen-
thétique.
Je ne vois pas bien l'origine du verbe J^^:). Faut-il penser
à une variation du (J^S^tJ^-, être sombre, I Sîdah IX p. 41,
Qor. 79, v. 29: jyJJi J^î^^', Sanfarâ, éd. Jacob v. 55? Mais
ce dernier thème me paraît être un accouplement de K^Jac,
vhv., et de K~jijL, être sombre^ être couvert, ce qui n'em-
pêche que J^c> ne puisse être de même, avec désempha-
tisation du -b et métathèse.
Il y a également le classique (jiiL-iob, qui est probablement
pour (jiL^, eu égard à uill2£ = J^JJ! 'U\^, LA sv. et à la voyelle
u des autres mots indiquant l'obscurité, voir p. 720 en bas.
I Sîdah explique j:iLii>£, IX p. 25, 6, par >-vj^ y*^xiJî jio,
d'après Abu Hanîfah, et ib. p. 44, 9, d'après Qutrub, par
L^L/ixc iJoJiJ :'\J>j>)^ AjliJ! J^!, ce qui est copié par LA. C'est
là absolument notre (j-^éo et i;-cix:o, Nous trouvons ce (j^L^i^i
chez Sanfarâ, Lâmîyah v. 41, où. le suivant „%^î ^ indique
que ui-Uxi est ici l'aube. Nôldeke, apud G. Jacob Sanfarâ-
Studien II p. 29, doute de ce sens, mais il faut alors mécon-
naître la valeur des dictionnaires arabes. Les lexicographes
n'ont point inventé les mots qu'ils donnent. L'enregistrement
d'un mot dans les dictionnaires arabes me suffit pour prouver
son existence, même sans exemples à l'appui.
Malgré tout ce qui précède, je suis dans la iUxco pour
expliquer l'étymologie du verbe (ji^îo. G. Jacob dit, Sanfarâ
II p. 35, que l'idée d'obscurité n'est pas renfermée dans le
mot même et que iJiJ^ est originairement presser, tomber
sur. Mais cette idée ^'obscurité gît bien dans ce verbe, qui
est assurément senti comme ayant ce sens. Jacob veut
probablement dire que du tout premier sens fondamental
806
s'est développé celui à' être obscur. La V^-^ = i-^ a certai-
nement le sens primaire de presser, serrer (tomber sur est
secondaire), avec plusieurs élargissements qui ont -la même
sémantique, mais j'ai quelque doute sur la possibilité de la
transition sémasiologique d'une V~^ô, presser, > ij^^o,
presser et être obscur. Jacob a vu dans les dictionnaires
J^ (ji^o, fondre sur, et ^J^^o, se presser autour de l'eau, et
de là il conclut que ;ji^cj>, être obscur, doit aussi provenir d'un
thème J^~^, presser. Or, J^ ji.£oest secondaire et s'explique
comme ^}£. ^, .Js: ^J;^^, o>v^, r^^? ^t*^' "^^'^^ P- ^^3 en bas et
p. 817. iU! J^ ij:^b, s'il ne s'explique pas par le fait qu'on mène
le troupeau à l'eau de bonne heure le matin, il peut découler
du sens de presser qu'à incontestablement la V~j:^c> aussi
et qu'on retrouve dans sa variation V~p^ = ^o, fouler, qui
a donné u*^co, \Ji>o, etc., vhvs. D'après moi, ^ji^-èo, être
obscur, n'a rien à voir avec ce sens-là, et je crois qu'il
provient plutôt d'une racine homonyme ^ = ^o ^^ ^j> qui
veut dire yu« ou quelque chose d'analogue. fJ^\ ^JJîj.
Juio, a, expliqué Hdr. p. 365,5 s.; même sens en Dt.
LA sv. dit que c'est le synonyme de Jwi>o. J^o est
donner un coup avec une arme dans le côté, mais JU, u,
est assassiner dans un guet-apens; I Sîdah XI p. 43 en bas
et p. 45 sur J-s-£. Cher, Alfûz, le fait venir du persan J^J
= ^A ou xLp. = -éo vhv. dans quelques acceptions, comme
aussi Vollers ZDMG- 50 p. 640. Je crois que J^o vient de
V~ç^, voir sub ^J^^^, et K^J^J; > . JLd , i; cf. ^j> et j*-£o.
En Syrie, il y a le verbe J^j, falsifier, frelater, Nôldeke,
Doctor und Garkoch p. 27, avec l'intensif jJ^jj, tricher au
jeu (Belot), que Feghali, Emprunts pp. 42 et 79, dérive du
syriaque de gai, fefellit, decepit, et le compare avec l'arabe
807
J^o, mentir, tromper. Voir ici sub _,o p. 701 en bas. Le
syrien dialectal derel, s'envenimer, se corrompre (plaie), est cer-
tainement le même verbe que notre Jsco en question et non
pas l'arabe S^^, enduire de goudron, comme le pense Feghali
0. 1. p. 42, car ce verbe est un élargissement de V _.o (L>o),
être noir, vhv.
Le verbe '^omânais j.^j J^Âj;, nager dans son sang, RO
p. 255, 12, pourrait bien être le même verbe par conta-
mination avec J.O, sang. — iUL-vio, 366, est dans le Nord
l'action de rôder furtivement, ZDUG XXII p. 124. En^Omân,
quet-apens, Rôssler MSOS I p. 83,2: j^L^li- «-V^^ cr ^^
vjb.k!l ^5 iJlxio LlI ,^cy*o, 710US craignons que Hammoûd el-
éahlpàfî ne nous tende un guet-apens sur la route; ib. p.
84,6 d'en bas.
Jo, pousser, 1180 d. 1.; 1595; lidr. p. 475; Stumme MGT
Gl. sv. Cf. ^o,^j-, (jiio, ^L> etv««o, vhvs. et sub léUo. La
remarque de Feghali p. 20 n. 5 est parfaitement juste. Voir
ol> sub ^_^L>.
&jj, entreprise, tâche 496,2 d'en bas = 1182 d. 1. et note,
mais aussi joug. Ce verset me fut différemment expliqué à
plusieurs reprises. Je crois que la traduction 497 est la
meilleure, mais le premier hémistiche est plus littéral, 1183;
le sens est le même. — Quote-part, Dt. — Côté. RD Gl. sv.
^o, pousser avec force, repousser; donner un coup, frapper
Dt. 1180 n. 5; 1595 en bas, expliqué Hdr. p. 475; = ^à^j,
vhv. et ^vj, vhv. ^ iL^L^î ^o Q^^aJ', l'ouragan poussa
808
le hâteau sur la terre Dt. Elargissement de l/~v_îO. Cf. ^o,
ijijo, ^o, vjisj et peut-être aussi yo, voir ici p. 812 et p.
816 en bas.
y. ■
^L>, u, pousser avec force, repousser, 1180 n. 5. Dans toute
1 Arabie et le Levant, avec l'intensif syrien iJ», voir sub io,o.
(îZ-a. es^ du sable fin comme celui que rejettent les flots de la
mer, expliqué Hçlr. p. 475. En Dt., on dit ^l\_j J^.a_wJ! le
torre?it est impétueux et pousse tout devant lui. Stace p. 133:
;^o!^t ^o, push or rush of torrent. RO p. 103, 17 d'en bas:
ta^âllo min warâh u dufro "^aqiddâm, approche de
lui de derrière et pousse-le en avant. Ib. p. 838 d. 1. : v_jLJî jo,
il poussa la porte. RD Gl. sv. Jahn M S p. 172: defôr en
meliri, stossen, schleudern = Bittner Studien II p. 124, qui
paraît ne pas avoir observé l'arabe ^ô. Meissner NAGJ
p. 121. Sâr heydâk el-^âgel yidfôrha yamm gurs
el-magnûn u tamm yidfôrha hatta da^aset bil-
gurs, l'homme sensé se mit à la repousser (la femme) vejs
la miche du toqué et il continuait de la repousser^ au point
qu'elle mit le pied datis la miche, récit de Haurân. Prov. et
Dict. Gl. sv.
Il est bizarre que ni el-Gauharî ni Lane n'aient ce sens,
. qui est pourtant assez courant dans la lurah. I el-Qût. p.
289: «.vXo J, *jt50 tyo syo = Asâs sv.. I Sîdah VI p. 12, 8:
SV. Cette restriction, comme sens et pays, est inexacte.
Nihâyah sv. : Lâ^ \j6o *jéo \S\ aLàï J, » io , oîi est expliqué
Qor. 52,13: Lco ^.J^^ yj ^\ ^y^^j j.^, le jour où ils sont
violemment repoussés dans le feu de la Géhenne, par ^^f^.
809
j*^:oiï! j , copié par L A sv. et T A sv. El-Beydâwî l'explique
par son synonyme ^^f^^. , et ez-Zamahsarî avait déjà glosé
ce Qy^'Aj par ^J_5^lAJ, Fà'iq sv. Le Qâm. sv. : ^ ^JJ! ^Ai!
JuJî . El-Bistânî dans son M. et M. ajoute que ^ô est vul-
gairement = «J» en général, ce que est reproduit par Dozy S.
Cf. p. 793 d. L
L'autre sens de ^i dont le parfait figure seulement dans
le Sîhâh et dans Lane, puer, n'est qu'une variation de ^o ,
sentir bon ou mauvais, I es-Sikkît, Tahdîb p. 494 et s. où
il dit que jo (non ^o, comme ^^3) est seulement = ^^i ;
et I Sîdah, XI p. 207 en bas, ^ô est odeur bonne ou mau-
vaise, cité par LA V p. 394, qui porte le voyelleraent plus
exact: ^l>. I el-Arâbî prétendait que ^o ne se dirait pas
des aromates, à l'exception du musc. 'A. er. R, al-Anbârî dans
son j^Uàxl)^ »L.ii^î ^Làiî p. 59: 'iL^.K JliLj oÎL\/i3"^î ^J^ /^^[î
ilJJo (^î s jo '!^}j*, iJJCJLfl (^! 3 jJ . Voir aussi K. al-addâd p.
56; Lammens Farâ^id N°36L On voit donc que les savants
arabes n'étaient pas bien d'accord sur le sens précis de ce verbe.
Nous avons ici un exemple ancien intéressant, probable-
ment préislamique et dialectal, du passage de 3 à o, car
^o que les lexiques indigènes et Lane ont enregistré est
primaire. Aussi les dialectes mésopot., syrien, égyptien et
maghribin ont-il jJ>, a, sentir mauvais, de même que le
syriaque zaprâ, Dozy s v., Prov. et Dict. sv.. Arabica II p.
48 (=: Ousâma p. 138), Meissner NAGI p. 125: ij, puant.
El (aawâlîqî, elMo'^arrab p. 127, dans le Morgendl. Forschungen
Festschrift Fleischer, dit : « jjt Lo &^ \yJ>^ iot ^^_^:-^ ^^
810
Bittner, St. sh. I § 56, cite difer (defer) fém. difrît,
mauvais, et ib. II p. 60 il compare cet adjectif au verbe
defôr = mehri defôr, stossen, schleudern.- Cette comparaison
est impossible, d'après ce que je viens d'exposer. Dans les
dialectes de Dt. et de Hdr., j.L> < j.L> est le mot usuel pour
mauvais, participe de ^=> , sentir mauvais, vhv. C'est ainsi
qu'il faut aussi expliquer le shaurî difer, dont l'évolution
sémantique est la même que dans les mots sémitiques
cités par Bittner o. 1. I § 56. Je ne crois pas que ^ù, puer,
puisse être identifié à ^j>, i, pousser, à cause de son syno-
nyme ^i > j^, qui me paraît primaire; car le passage de
o à o rend une telle identification difficile.
^j*, tirer des coups de fusil, Dt. = ,-ci^, vhv. Inf. ^j-olXJ',
fusillade = ^fJ^'S , p. 785 n. 8.
^b, pousser, presser, 1T14. RO p. 1.65, a d'en bas;=y-b.
jJù', se traîner en marchant, RO p. 255, 7 = o^AjAj. Rôssler
MSOS III p. 10, 11: .5jiLi iAj u^, il se mit à se traîner
malgré lui. Ib. p. 25,7 d'en bas: ico^Uo j, jiô^, l?-:^. > *^
me suit en marchant avec peine; le texte a yiddefar, ce
qui est fautif.
^L>;=Jw^*w, surtout chez les Yémanites. On dit: ^j tL=>,
lorsque le sêl vient à Abyan. En Dt., on se sert aussi du
pluriel .cso. On y avait fait ce mauvais ^\\ à l'adresse du
Datînois Fadl que j'avais avec moi en Europe (mètre en
désordre) :
811
s»^àiS\ J>J>^ ii/OLJij! ;f.M.\j j^^' tiVXj. 5^*'^' ^'•-^r*^! t_?^r! '"^ i3^*^ li r»'^^
Salut, 0 FadU autant que le ciel donne de la pluie et les
torrents nous arrivent^ •
(le dernier hémistiche n'est pas bien clair et me fut mal
expliqué par Fadl), où le pi. j^ôù\ fut paraphrasé par J^JJ!.
Exemple analogue 1505, où ^yo est aussi un pluriel.
bjj en Dt. = sjô en Beyhân et en Hdr., fois^ 1030; Hdr.
p. 476, ma Festgabe Gl. sv. — i:*sj. ailleurs; dans les Mer-
veilles de l'Inde 5>-î^ «J^ ^ ^^> ce pluriel n'est pas du
sing. iûùo , mais de ^io . iCi^lS % izj^^f^ ^i-^/. > ^^ Icc pose
deux ou trois fois, 47, 6. Employé comme adverbe, ensemble,
à la fois, 12,4; cf. o^-w vhv, bjo «L^ Ijt Ij-w, wozes allâmes,
moi et lui, ensemble, 39, 23. jLj^^wLII J. s^-io *.J5Ju, elle le pile
ensemble dans le mortier, 56, 12. ^jv^'^S »^^ U^'» ^é;5 cZewo;
lions se re?icontrèrent etisemble, 83, 22. ii^j'j a^j>, ïme seconde
fois, 88, 19 Dt. = iLo'j »^o, Beyhân, ib. 1. 16. »^>3 Lî'Lw, z7 le fit,
le mit ensemble > il les amassa, amoncella, 636 n. 2. tj>ïl=> ^-^L^t
^y (^j!3 ^3 iyo, /es M. habitent ensemble dans le W.Marrân,
1782. PI. ^ô, jiô, Ji^>ji3, 47,16. Ma'gar dit dans sa
longue Urgûzah, souvent citée, à l'adresse du sultan des
"^Awâliq Inférieurs à el-Magâbî:
—SJ> \j"L> "^ ^Xsuxall j.j}o ;^3 \^!aMjt) lj^-^àj _ijX5[5 (ji?j..5^jL)
^^ /e ifaMç/ (?^ le Kaufar, il y boit au milieu d'eux,
Il honore les hôtes lorsqu'ils lui vie^ment (même) à plusieurs
reprises, ou ensemble, ou inopinément.
ijijo, u, pousser en avant, repousser, 1180 n. 5; Expliqué
812
Hdr. p. 475. C'est un élargissement de la V~^o, comme
le (jiJaï syrien l'est de la V~Jai, et la remarque de Fighali
0. 1. p. 20 n. 5 est parfaitement justifiée, car la chuintante
n'a pas ici remplacé la faucale. Je suppose que ^o est son
accouplement de ^o et ijij», la troisième radicale des trili-
tères ayant sans doute une origine et n'a pas été ajoutée au
hasard ; mais l'éloignement du temps où cet élargissement a
eu lieu nous empêche le plus souvent de constater la pro-
venance de cette troisième lettre.
J^^, intens de la l^. Lieb. v. Amasia p. 88, 14. Prov. et
Dict. p. 306, 1 : ,ji-îu> sj.xiiAj , on le pousse vigoureusement
en avant. Peut-on le rallier à t^DD, DDH, saisir? Une telle
déviation d'un sens primaire n'est pas rare, cf. tL.
♦
^îo, pousser, repousser, Dt. V ^j>, vhv.; la dernière lettre
est motivée par V~^, synonyme de l/~^o , 1 180 et n. 5 et ici
sub ^j>. «>> a pu donner ,^"0, p. 794, = LXjcX-iJî (^%^'j LA sv.,
qui dit que c'est yémanite; c'est aussi dans le Sud qu'on
peut constater le plus souvent cette permutation de o<o.
Mais on peut finalement aussi penser à **«o, vhv., parce que
le u* est souvent, dans le Sud, prononcé cy, 669 n. 3; 698
n. 1. Comme sa métathèse est e^^ = AjA-^^J! ,^3-^', LA
sv., il est peut-être plus juste de considérer ^'o < ^o; je
dis „peut-être", car jJLcl ^d!!,. Cf. les parents oiso, vhv., yo
ou ^j^j>, vhvs., iio et oiPo, vhv., pDi, pousser^ frapper (à
la porte). Sur les thèmes correspondants indo-germ., voir
H. Môller 0. 1. p. 43. V. sub ^j-^o.
Remettre; offrir^ payer, Dt. et Hdr., Hdr. p. 476 et dans
toute l'Arabie et les dialectes hadarî. En datînois et en hadr.,
^j>, payer, est beaucoup plus rarement employé que jJL*«,
81S
vhv., mais en mehri dûfa ou dôfâ est payer, BM II § 67
en haut Bslj. II p. 32 = sh. defa^ payer et donner, Bsh. II
p. 32 en haut, avec le subst. defâH, don, cadeau, Béh. I
§ 6. — En Beyhan-Harîb, pa^jer l'impôt, et partout dans le
Sud payer la dot, avec la même conception que dans son
synonyme ^i.! O'I-*-, vhv.
«o, int. ou itérât, de ^o, tirer avec des balles ondes boulets.
'iU:> jj^ 'iiM,.t^. I^jtjj» ^j^\ ^ 'u>, à la première lueur du
matin, ils tirèrent 15 boulets, 12, 10 et ib. ]. 14; cf. ^3 vhv.
«Ajî, s'éloigner, se retirer, 1664,8; classique.
^3, dot, Sud, = oLyw Nord, Hdr. p. 476.
^jCfl, canon, 11,16,20,23; pi. ^î!jJ, 1658, 4 (sens incertain).
Personne ne dit ^i<>^; sl> efidfa^ Bsh. I p. 33 en haut.
vjiso, répandre, verser, partout usité. — Vomir, éjaculer, au
Wadday, Carbou p. 171. Cf. p. 808 en haut.
oisjCfl, débouchure d'un fleuve, Beyhan ; aussi classique; Naswân
0.1. p. 186.
i^o, i, enfouir; combler. icUL. »sio^ r*^' J^ (u^y^^) *^> ^^ l^
retourne sur la braise et Venfcîice dans la cendre chaude,
53. 5; cf. Brockelmann VGSS II p. 129. ^Is ^ bLi^ms JLil
iLJ^Jcfl _xj 1 i « •. , ^es ^. eZ-l/. sow^ wwe plaine où il y a un
puits comblé, 68, 19. v'y *^ o''^-^ '"^^ cc-^3 ;^» ^^ ?/ ^^^'^'>
c/îza sous elle (se. »_caxi!) et, couvrit le caca avec de la terre,
RD I p. 44,29. by_snJ! ^so, 27 combla le creux, le trou, ib,
p. 49, 16; ib. p. 40, 22: ^.ouLaû q^S'Aj, ils enfouissent leurs
caisses. Tout cela est aussi courant en datînois. Mehri
814
defôn, enterrer. — ^^'o dans (^uXJ! Jlo,' expliqué ,1790; cf.
Musil 0. 1. p. 396, 7 d'en bas.
o _
'iJià^ enfouissement; enterrement^ 1606 d. 1.
xiLjo, éboulis; RO p. 260, 1.
iCuio, trésor enfoui dans la terre, Dt.; pi. Q^Lio. Stace p.
175. — En Algérie et en Tunisie, enterrement, Begrâhniss,
Beaussier sv., Stumme TGr. Gl. sv. — C'est aussi le nom
du pays de Datînah, mais personnellement je ne l'ai jamais
entendu pendant les douze ans que j'ai parlé et étudié ce
dialecte. A. Deflers écrit Daflna sur la carte qui accompagne
son voyage en Arabie 1889—1894. Cette forme est cepen-
dant connue dans le pays. On m'a dit que ce nom .provient
des ^^]è>^> qu'on y trouve. Je crois que c'est là une étymo-
logie populaire: ^o vhv. <^^^- Les Sabéens disaient dtnt,
Glaser N° 1000 dans sa Skizze II p. 89, oii il écrit Datnat
sans se douter que c'est notre Datînah, d'autant plus que
tous les autres noms de l'inscription se retrouvent dans
cette contrée; cf. id. Die Abess. p. 14, mais 0. Weber Stu-
dien II p. 24 écrit correctement Datîna. Si i^oo eût été
le nom ancien, les Sabéens l'eussent bien écrit dtnt puisqu'il
avaient la lettre î =t. La prononciation datînah est pour-
tant très ancienne, sans cela la variation d afin ah serait
inexplicable. Voir Arabica IV p. 9, dont une seconde édition
est déjà préparée. Voir sub ^Jic>.
- o -
^^J>-«, siloy réservoir creusé dans le sol pour y conserver les
céréales et la durah, Hdr. p. 66 v. 16; expliqué ib. p. 87 et s.
Ma MJM p. 53, 12 d'en bas. Un homme d'el-Qasàb, Arabica V
p. 305, me dit, à propos du pays très fertile des el-Malâgim,
Gez. p. 98,18, ceci: a^pJ-^U ^^LvJ) (yifqa'ôn) ^^_*JLi_>
(les Malâgim) creusent, avec le pic et le marteau, des silos
815
dans les montagnes et ils les remplissent de grains qui ne
se gâtent ni ne deviennent amers, mais restent toujours neufs
(frais). Nous lisons dans la (jazîrah p. 108, 1 : J^xs^ c>oî
5 _ & _
^ l^\ ^y^_ L S^ o_^l J. ^3jx^- ^3 ]l:> ^ j. -îî ^.^yC-
^Jdî ^^ ^yîA/0 J. Cr^^^" -5 ^J^' ^ '-^•^ /^- CT^-5 ^1-*^'
^.li^ L*j. (jS:> 1-^*^ iAj»«vo_5 JJs! j.iî> Lo il! ;Aâ]î ^^^î iLw^*^ L^
jaxj rr-J^i ijL^\sJJ ^^ -.«-xJ! (*:^" ^ l5;*^' r^^-*^' o!>X*Ji Joi
;?Ji 1. ; ♦ Thj iOL<ijL. Ibn el-Mogâwir raconte la même chose.
On procède de la même façon partout dans les pays
montagneux du Sud. ^Alî Pacha Moubarak dit dans son
Hitat VIII p. 44, à propos de la ville de Liot en Egypte:
a.^pja/) iwXiii) [^15*^1 ^}^ '\Mj ouIaJ ^ji^AàJ' ^^: ^_^ ij- '-^j «Aï
L^y« \-JÎ y>! ^i^ (^^■î k^'-'^ k-*^ J^-^ *-J' Jl-^ 'l,5T.*Ï stp.4-<
(j^pJLjoî o'o obL*.]! bo!c ! JoCP_5 . LicL. L>uJt>w ,.y>jiî J^ ^^^-«"ï ^r
v_jî^! ^j-, yC^ >^^ '■fi^^*:^ J^i*j! Qji> rAxlJa/i 1 g «.3 [î-à^. ,.J
^^^5v^x, Hogarîeh = ^^lXxi ailleurs. Sur le mdfn ^Juj sabéeu,
voir Rhodokanakis o. 1. p. 74.
^J-sô > j^j> > ^^^, a, avoir chaud; se chauffer ,> se couvrir;
Dozy donne ^c> d'après Bc, mais celui-ci n'a pas de voyelles.
Inf. tliô, 1726, 5. Mais j^^û, i, chauffer < couvrir. ^^ L^o^
(j*..*^!, nous nous sommes chauffes au soleil, 3G8, 3, propr.
nous avo7is eu chaud par le soleil. *jîliu\j *_j^ ^^x^ ^i^, et je
816
n*ai pas de châle pour me chauffer avec ou couvrir avec, 43, 13.
jjtliJu o-j ^ ^, s'il fait- froidj il se couvre avec, 364, 13.
Dans ces deux exemples, le hamza n'est pas celui de ^o,
mais il est motivé par l'accent. — ^j:>, devenir tiède, 368, 1;
voir (jj^^.
On raconte une jolie histoire à propos de lio > ^io . On
la trouve dans el-Fâ^'iq d'ez-Zamahsarî I p. 199, Nihâyati II p.
26, LA I p. 70 et Bihâr el-Anwâr I p. 414; la voici : c^.u>JI s
jLjLs jyJ) ^j^ ^X£_j _^P5 Lr,;j! ^1 ^lj [^^L^ iC-s^^ ^ l^ ^!
\_y^<JSi) j.^LJi_5 3X.2J! «Jlc iCxJ ^_5 £olXJÎ t\j j «^jLs io î^ol ^
&)Ji Jyw sîojJ o-J! ^^ sJjo! o\J UJîj s^LLjii w . Ez-Zam. et
en-Nihâyah ajoutent ^^y^^^ J^t ïJ^ ^ ^^^'^ j<*^. s'6j>^i 8^*...^=.^.
i)es hommes des Groheijnah amenèrent chez le Prophète un
prisonnier qui tremblait de froid. Il leur dit alors: Emme7iez-le
avec vous et donnez lui quelque chose (un vêtement) pour se
chauffer; LA I p. 69, 10 d'en bas: *IiL\j ^ «-«-t-i' »lj^'- Le
Prophète prononçait s^of au lieu de »^o), selon la manière
des Qoreysites. Il ressort de ce malentendu ou que les hommes
qui amenèrent le prisonnier n'étaient pas Qoreysites ou bien
qu'ils faisaient semblant d'avoir mal compris pour le plaisir de
tuer l'homme, car la V ^io est de bonne heure devenu ^o^
LA I p. 69, 10 d'en bas et XVII p. 289, 7, 8 d'en bas, etyo =
j^o est un développement de l/~^o et veut dire, = lib, ^b
et oisb, Nih. sv., donner le coup de grâce à un blessé., Vache-
ver. Cette histoire est aussi instructive d'un autre côté, puis-
qu'elle prouve la malice de ces hommes. Dans les textes, le
3 ûS 03 s
voyellement est ^o!, = iu5LAj L ^y^\, mais pour qu'il y eût
3 &
une vraie confusion, le Prophète aurait bien dit s^oî, car le
817
verbe sur lequel se basèrent les hommes est lio, i et u, et
dont l'impératif est par conséquent \jsS) . Donc, ou le Prophète
a dit ^jsj>\, selon le parler dialectal encore courant, ou bien il
a vraiment dit «yoî, et alors le malentendu était intentionnel
de la part des hommes. Le Prophète a voulu réparer la bévue
en payant la die h. Je fais ici observer que l_î3 = 'w«î3, veut
aussi dire achever un blessé = lio, u, ^\<^ et ^Jp^^• C'est
proprement se précipiter sur lui. Les V~~^^i^ et V v_3J> sont
donc synonymes, mais je ne crois pas que V ljo > V oo,
ce qui serait contraire au mécanisme de la langue, mais que
ce sont deux racines différentes, car V ^^ a donné V 03
ou vice versa.
^o, chauffer < couvrir, 368 = oi*i> vhv.
^^0^, se chauffer, se couvrir, > ^J, 868 = oU^^" vhv. et
ijiJlrf'" vhv. >*_«— c Jjj^j} c*^^"^ f^^-^*-^ ^=="[5) ^'^^^ deux s'était
couvert jusqu'au milieu du corps, 9, 8. (jv^iAxi oLs\Jt ^ j.Lo (?,
ils étaient endormis, enveloppés dans une couverture de laine,
9,7; cf. sub cL^.. Stace p. 40: cover myself. RD Gl. sv.
^ôj^\, se chauffer, mais aussi se couvrir et se mettre à
couvert et alors = ^A:à^\ et ^j^J> , vhvs. L Sîdah V p. 118, 7
d'en bas: a^ j^^jJlIJ ^Jj^^ hUiÂjL Je ne crois pas que ce
thème ^'io veuille originairement dire avoir chaud, ce qui
me paraît être un sens secondaire. Le sens primaire doit
être couvrir.
^b, tiède, 368, 2 où expHcation.
ilîj>, est souvent prononcé ^bo, mais c'est un JUs, comme
62
818
oL^o, iUaJ:, oL^^J, etc., couverture, 368; 1197,15; 1681,4
d'en bas.
*ij^
o^, heurter, taper, frapper, battre; pousser, 1180, 1182; Cf.
liio, OlL et pi. ^^! ^j>, pî7er ^e ca/e', 369, = „j> ib.. Rabah
p. 39: battre. o^L. vjjo, 6a'^/!re at/ec Ze ^i7o?i, piler, 1596.
v_^ Uîo est chez les Bédouins du Nord battre le blé, voir
p. 752. — ^ Jjo, informer qqn., 640, 4 d'en bas. Arabica
V p. 249 n. 3, mais aussi tomber sur, 1221 = Js^ olb vhv.
Cf. l'italien abbattersi et imbattersi in. »^j-oUj! c_r^^ l-^^v-*'^>
WOMS arows tapé sur les troupes nombreuses, 147, 18. Mehri
duqq, stampfe7i, klop feu, piétiner, piler, broyer, = éh. deqq
Bsh. II p. 25 en bas. — Cf. -o et ses dérivés, ^o, ^o, u>ic>
et JJso, vhvs. 1182, j»i>3, do, vjil^ et pi.
oiïo, aplatir la pâte pour la rendre plus mince, 625, 15.
Inf. olîo, 626, 4.
xio, encens c07icassé et émietté, 1074 n. 3, < iiJo ^^LJ ou
^^LJ iLïo, 1465 et n. 2; cf. pT, Ges.-Buhl sv., |a£9i pulvis;
babyl. duqququ, aromate en poudre. Snouck M S N° 29
rapporte le proverbe mekkois: oLo oLiJI ioo, kandispulver
ist auch kandis, le sucre catidi en poudre est aussi du candi.
Cf. ZÀ 53 p. 87.
Glaser, Skizze II pp. 197; 305 et n., 306, suppose que
.ib oo ou Jj>j>, p. 197, ce qui devient ib. p. 305 Du-akh
et p. 306 Duakh, est la même chose que le ^cvxy.x du
Périple. Mais, n'ayant point compris le mot du Périple, ainsi
819
que j'ai prouvé 1465, sa conjecture du plantation d'encens
est à écarter.
On appelle en Dt. icio ^^-^^ un homme cassé d'âge ') ou
de maladie, décrépit, rendu de fatigiie, épuisé, =^ ^=>\j\ fém.
&io iLiUit, 362 n. 2; cf. p. 826 sub. ^o.
iLsL5j>, l'endroit sur la face dorsale entre les omoplates^ 107,
19; 1485.
^Js^, pilon, 1596, <^J^ > oAxi qui est la prononciation la
plus courante, 438 n. 3, I Sîdah XIV p. 199, même au centre
de l'Afrique, Carbou p. 182, oii = i>:-suU, comme I Sîdah X
p. 99: ïolX.o. — En Egypte, oljJi est setitier dans les champs;
cf. le sudarabique ^Ji=>o, oJ-co et ,«ij>, Jio, etc., j*jo, vhvs.
^J^, billot du boucher, Hdr. p. 378; Socin Gl. sv.
iLïiAx, grand mortier. XJjJdt J, [je M ^O^, elle pile le qarad
dans le grand mortier, 64, 14. On aurait pu dire 's3Cs^. C'est
l'akkad. madakku, mortier, l'hébr. mëdôkâ, Taram. më-
dôkta, le syr. mëdâktâ et l'arabe, Scka ou é*)Cs^, pierre
à broyer les aromates, selon Zimmern, Akk. FW p. 36.
1/~Ol> = (Î)j = ti)b, u, vhvs.
yjo, i, sens fondamental heurter, butter, stossén, 1182. Ce
verbe n'est pas employé en datînois, mais on le comprendrait
tout de suite en pensant au sens de ^o. Mais en Syrie,
c'est piquer, toucher légèrement > offenser. C'est l'hébreu "ipl
et l'aram. ^5, feriit, pupugit, transfixit, Ges.-Buhl sv., et
') On observera la même sémantique en français.
820
l'anc égypt. dgr, to hurt, press, toiich, ZÀ 53 p. 87. Les
sens donnés par Belot, Hava et Wahrmund sont secondaires
et figurés, offrant la même transition sémasiologique que
Ç^-L» vhv.; cf. .co vhv. Tallqvist Sprichwôrter p. 128 d. 1.:
(jr y:^! î^-ïo, ils heurtèrent (contre) le sol, mieux que de7i
Boden anrûhren". ^\s> ^j^^ jî ou o^^^o, ich habe mich ge-
stossen, Lôhr Dial. v. Jerus. § 18 et ib. note: ,J^^ cyo W,
ich habe mir den Fiiss gestosseni = ^j^ij> ou o.-ci^o. — En
Palestine, fermer avec un verrou e7i bois, Bauer Pal. Arab.
p. 214 D 2, ce qui en Syrie se dit ^ïo. Hartmann LLW
p. 112 N° 39,2 d'en bas, rosser, expliqué par ioLixiLi ^^j^.
Elargissement de V^^^, comme lJo et ySj> et d'autres,
voir sub .. Cf. *ïo, vhv.
jij>, fermer avec un verrou en bois, .»r^\c> ou sJso, Syrie.—
Battre, frapper, au Maroc, Socin Houwâra p. 24, 10, et p.
25 n. aq: klopfen. — Les dictionnaires indigènes n'ont pas
ce sens, et Laue n'a pas même celui qu'ils donnent: être
plein, être repu, ^Lx^] ^^ ^bLx)) et aussi qI-^î rJso = <^Lo
»£^U^ t_5*-^[5 ^u! b>J:5" £L:2i> ^Î-ÏJ ^j:^.! tj:JîiAi' J.^ ^LLaw^Î;
LA sv. ; L el-Qùt. p. 290, 14: yif î^ïô oL^^' yj-^; c'est donc
être plein de végétation; la prairie verdoyante; l'herbe luxu-
riante. Ce thème, dans ces sens, n'ayant pas d'attache dans
les langues sémitiques, il faut en chercher l'origine dans
l'égyptien ancien dqr, fruit, ZÂ 53 p. 87; voir aussi sub^ô.
(j^-ïo, pi. (_,wj_su>, proue d'un bateau. Ahmed 'Ali eçl-Diyêbî,
répondant à un zâmil d'un certain es-Sâhimî qui avait fait
821
une incursion sur le territoire des Diyêb, commence sa qasîdah
en s, souvent citée, de la façon suivante:
^;^
w _ ^ _ o 3
3 3 ." -
(j^AjÎj i^^UL ojUj (c-'**-*^'.
+ 0- w , _ù
Tz* woî^s «5 /azY parvenir le message et tu veux démolir
notre valeur^
Le traître, le rusé (je ne comprends pas les mots suivants)
Tu es encore là à troubler une mer qui ne se laisse pas
troubler
Et qui ballotte les bateaux et les proues.
k3l>, faire entrer en poussant, hineinstossen, 1180 d. 1. =
t*«o de (j*u>, comme ^so de o^. Arabica V Gl. sv. — Ee-
pousser, écarter avec force, refouler. Ma^gar, V. Index sv. a dit :
+ 4- + +
^/î ?zoMS sommes sortis ce matin avec Vaide de Dieu et de
son Prophète.
Et le sel et le soufre (la poudre) repoussent tout mal (guerre).
Soutenir, étayer, Hdr. et Dt., — En Harîb, et à Sabwah,
c'est marcher vite, 1183; cf. Jè^c> et oLco vhv. Les dic-
tionnaires indigènes n'offrent rien de tout cela, si ce n'est
que le Qâm porte ^slXJ! = p j.^^^ "-r^J-é^ • Voyez sur ce verbe
Hdr. Gl. sv. C'est un accouplement de oo et ^. El-Fâljir p. 98.
^îj, heurter, frapper, 1182,2^.5^ ijnJlàJîo, la pierre m'a
heurté, Aden, Hdr. p. 101. Mais aussi ^:?t^L. u:^^, j'ai heurté
contre une pierre. C'est un accouplement de oo et oo Cf.
les élargissement analogues de V~é^.
822
yij>, i, u, piler fi)i, broyer fin et metiu. Je demandai à un
Datînois : J^so^ ^^o yvj -b'iJ! ^ii , quelle est la differe?ice entre
daqq et daqal? Rép. : JwJli J^Jli *-j^> »>ï^, ^'^s le pilent
ou Ze broient en moreaux tout petits. Cela indique clairement
que J^o est un composé de l/~oo et de K~J^. Un zâmil
des Bâ Kâzim dit:
iVb^re poudre, nous en pilons fin les grains (= (joyu) :
C'es^ ?m aliment pour les fûts jaunes (à cause du cuivre)
des fusils.
Les dictionnaires de la lurah n'offrent que ^^^ ^^^li ^^
j^tj ^i-^î ^5 (^^^3, LA XIII p. 262; voir le Qàm. et TA
sv. Le sens primaire s'est donc ici spécialisé. En tout cas,
Jwïo, comme j^o et d'autres, est un développement de
Jsjsj», petit, fin, menu, expliqué Hçlr. p. 205.
i}io, mât, pi. Jiîoî, Hçlr. Gl. sv. ; Stace p. 104: mast, RO
§30; Dozy sv., Gloss. Geogr. Gl. sv. ; en persan ^o, dégel.
Dô'an dit 691:
0 ^oe g?^z tieîis le go2ivernail, largue les voiles
Et fais attention aux mâts dans la mer des ténèbres.
Et dans une autre qasîdah, citée 1461 en haut, il dit:
f^yo*) ij. ^^j«>»i2À^ xxjtj p,î^^ y^. J. JJAiî Jjkis v^r^' y^ Lf"^ '^^'
Ces^ ^0? qui fais ava?icer le bateau au long 7nàt
Dans une mer agitée, mais tu garantis aussi son arrivée au port.
823
Mètre: --- | -^- i ---- | -v^_ y _-v.- | -w_ | __w_ ] -^ —
Sur oo', -^, et ^xjî. --, voir sub c>^i!.
On trouve la description d'un bateau, ^y^, chez el-'Aggâg
éd. Ahlwardt N° 15 v. 66 et ss. = Arâgîz el-'Arab p. 89,
oiî figure aussi le mot ^ô, mât. Farazdaq, Hell ZDMG 59
p. 598, où traduction peu exacte. Il faut savoir que dans le
Sud le capitaine se tient toujours à côté du grand mât,
Hdr. Gl. sv.
Ce mot est très employé dans le Sud, où l'on dit également
i_5.Uo vhv. Balàdorî p. 437, 2 : ^ô ^olc ^jàs^ lXj J^j^L» ^^5
i^!_».> 'iJ\. ^ô^]\ ^j^cj J«J*ri^> et il y avait à ed-D. un temple
bouddhique grandiose sur lequel il y avait un long mât et sur
le mât un drapeau rouge. LA sv.: idj^ iCxAi> Jsï^LKiS^ ijjfjjl
ctyiJ! UAc 3^j 'xX^Jo^] ii-w^ ^ lX^j; Nihâyah sv.
Le sens primaire est palmier où plutôt le fût du palmier^
>mât, déjà ainsi chez (jawharî et LA. Dans le Sud, où il
n'y a pas d'arbres assez droits pour en faire un mât, on a
dû se servir du tronc de palmier à cet effet. Dans le Nord,
ce mot n'est point connu; on n'y a que son synonyme
j^.Lo. Cela ne milite pas précisément en faveur d'une éty-
mologie araméenne, avancée par Fraenkel F W p. 223. Les
Araméens n'étaient pas navigateurs. Je crois qu'il faut cher-
cher l'origine de l'emploi de ce mot dans le Sud, où les
habitants de tout temps couraient la mer. Les anciens lexi-
cographes ne savaient pas bien définir ce mot: mât on vergue.
Mais il est bien évident que les marins n'ont pas confondu
ces deux choses. Cette confusion prouve que le mot sudara-
bique n'était pas familier aux savants du Nord. Aujourd'hui,
sur la côte méridionale, y:éô n'est que mât, Merveilles de
l'Inde p. 94, 2 d'en bas, et vergue se dit q^o^, Hdr. p. 140;
824
j'ai aussi entendu iJûjî = mebri formel, Jahu SAE III p.
228 et p. 178, où il dit que le dialecte de Hdr. a turmâl
(que je ne connais pas) et que cela fait penser à un primaire
turmâl, mais t > f , aussi bien t < f . Jahn SAE III p.
269 écrit à tort daql, = mehri daqâl, ib. p. 173, mais
B sh I p. 27 : mehri daqêl = sh dqèl; ma critique M J M
p. 39, et Bittner St. mehri St. I p. 17 a. 3; SAE IV p. 79
§§ 49, 50: d-i'qal, arabe, = soq. dâqal.
Les lexicocraphes arabes ne sont pas non plus d'accord
sur le sens de J^o, si c'est le nom d'une espèce de palmier
ou le fruit, I Sîdah XI p. 132, LA sv., Lane et Dozy sv.
Mais les autres langues sémitiques prouvent que JJJJ» est
véritablement palmier, Ges.-Buhl sv. De Lagarde, J. Levy,
NHCh. WB I p. 419, et H. Levy FW p. 20 ont identifié
b\n à. Ixkt'jXoç , ce qui figure aussi dans Ges.-Buhl sv., mais
Fleischer apud J. Levy o.l. p. 443 a refuté cela. \à,x.TvXoq n'est
pas palmier, mais une espèce de datte, à cause de sa ressem-
blance avec un doigt, Boisacq D E L G- p. 164, et n'a par con-
séquent rien à voir avec ^pi, Jwïo. L'étymologie de J-i^,
palmier > mât, n'est pas pour cela éclaircie.
Hommel A A p. 333 n. 1 et id. Grundriss G GO I p. 83
n. 5 avait déjà proposé l'égyptien dgr, fruit, qui peut aussi
être l'origine de l'arabe yso , dans le sens rapporté ici p. 820,
et qui, avec la permutation des sonores, aurait pu donner jio .
Le mot proviendrait donc de l'ancienne Egypte. On sait que
nulle part le dattier n'est plus répandu ni plus prospère
qu'en Egypte, à l'exception des Sott algériens et tunisiens.
Les dattes ont dû être pour les Egyptiens le „fruit" par
excellence. Une évolution sémasiologique similaire se trouve
en arabe, oîi ^, fruit, a sans doute donné -*j', dattes, déjà
à une époque éloignée, puisque les autres langues sémitiques
ont aussi le même mot pour datte et dattier^ Les -^j étaient
825
aussi pour les autres peuples sémitiques le ^Jruit" par ex-
cellence. Guidi Délia Sedle p. 20 et sv. L'étyraologie de
Hommel, A A p. 333 n. 1 et Grundriss p. 83 n. 4 et 5:
JJio < j»Jso < oS"*^, babyl., avoir le goût doux^ ne me paraît
pas bien heureuse. Ce oi^o babyl. a peut-être donné l'arabe
oi-W et isjiL/o, vhvs.
L'éthiop. 04'^'^', dattier, qui doit bien avoir quelque rap-
port avec JJb, est le mehri baglât (pi.), dattiers, Hein
SAE IX p. 93 § 11, où l'arabe a aussi beglah, mais les
textes de Hein sont si mauvais et la traduction si incer-
taine et fautive qu'on ne saurait faire grand cas de ce qu'il
dit. Malgré cela, Bittner a une confiance absolue en l'ouvrage
de Hein. Praetorius pense Z D M G 53 p. 24 que le mot n^pD
de l'inscription de la digue de Mârib doit avoir quelque rap-
port avec le mot éthiop. — by"},, drapeau, est d'une autre
provenance, voir Delitzsch Proleg. p. 59 n.. Halévy, 0. S.
Nôldeke II p. 1021, le croit emprunté à l'araméen N^^^i,
perche fourchue, mais voyez ce que j'en dis 460 et 1431
et Zimmern Akk. F W p. 12 et p. 70.
le ...
i*JîO, frapper, stossen, particulièrement frapper des pieds en
marchant, 1181. A Sabwah, marcher, = ol^o ailleurs. En
Syrie, donner %in coup de poi7ig à, comme chez Dozy et I
Sîdah XIII p. 277: njX^ «o !jl ^4^c>^ x*Jso, mais aussi ^.i>.4io
Js=>., je me suis heurte le pied, Syrie. Cf jic> vhv. I el-Qût. p.
288,3: wiîj> ^i^c-^if^ ^y^ («à!! j^io = oi^eo, I el-Qùt. p. 130,
et jJ'o vhv.; sL>lji« }ijjé^ ^Lf-^-' '.ly^C), I Sîdaii VI p. 111,5
d'en bas. LA sv. - Lane n'a pas du tout ce thème, mais il
se trouve dans Sihâh: y^ ^\ (.JLiiJî J«_c ^ji-AO yjj» «li ^^
iiJLk^\, et dans Zam. Asâs. Il est très courant dans les
dialectes. De V~^^, comme u>o>(*^, .LO j^bi vhv. et
826 ■ •
bien d'autres, 317, n. 2; 1387 et n. 1 ; voir sub ^c> et sub
f^o. Socin Diw. Gl. sv. Cf. ^o.
*ij pi. Jèb! et *y>ô, crête de montagne, 76,8; 157,6; 485,3
d'en bas; 1181.
j*ij>, pi. j.'5o!, poing fermé T)t.=^^y>o\, Dt. — Levée de terre
gz«' entoure le terrain cultivé, pi. j^o, Hdr. seulement, Hdr.
Gl. sv. = j.^-^ vhv. — Gros bloc de pierre, gros roc, Hogarîeh.
'Cf. Marçais T A T p. 300. - Barbe, en 'Oman R D p. 296, 9 ;
cf. ^J<^3.
> j^^o, voir 1/5 appuyer, et ^jr^>3Î, s'appuyer, > ^Sô^':>\, RO
p. 95, 14 d'en bas.
^^, iriler, broyer; tasser; stossen, 1180 d.l.: 1182,3,= tiJb,
u, vhv., I. el-Qùt. p. 291,5, et Jo, LA sv. p. 309,8: =
»l^^5 »..>^ . 'sJ^^*) wJ-ôJi i^o Jj_j jo ":i plf^ lo7'sque leur
torrent descend, il démolit la terre en jachère et en culture,
148 d. 1., 1628. - Démolir de fond en comble. ^^^^a^^J! ty'o
- -^ J^ _^ Jb Lo, y7s démolirent le hum de façon qu'il ne
resta ims inerre sur pierre, Dt., comme LA sv. — Frotter,
Stace p. 146 sv. rubbed; voir ïlÎlXxi vhv. Ce thème é^'â
donné de nombreux dérivés, de même que sa variation
■consonantique 00. Cf. ^o, éh, u, "11, broyer fin, S^j>
et le babyl. dâku, casser, broyer, briser. Sh. ÛQkk, losgehen
et einen hart mitnehmen (maladie) Bsh. II p. 25, avec la même
sémantique que dans 'iLiô ^Lw.i!, p. 819.
(53, pi. é^c>, à Damas, le mii/r en boue séchée au soleil qui
flanque la route, Arabica V p. 288 = ^^3 dans le Sud. Ibn
el-Mogâwir, après avoir parlé de qabr Hûd et qabr di
827
el-Qarneyn, Hdr. p. 432 et ss., arrive dans son itinéraire
jusqu'à Mârib et il raconte: «^U'iJI ^b J. L^! ^y, J^>^ LoA>
8l\^ J, (.^J^Loit^i ti)'i'iAJ! sl\-P ^^a>o 'i>4Jt _i>) Jjj (1 j.^^:>_sJ>Lj
^^j^. ^yiJt ^bCs J^î _^^5 ^JsJI ^ &)Jî iJL U ■:î! ^1^1
i^jLjCwj ilr^L^Lj î^>/>5 ^^^î lîr^-^ ^-^^-Vp-^ 'iAjA^ UJ) liU^J
lX*-^j :^ ^ijl^jjt j^ o'r^^' !>^^^ j^' N^ r^ '^♦^ ^^^
jiii[5 '^]^\;, ^b>yT |l^jb llLJls ^Ljù- m j'ï u.s' ^j^ii ^t
^^LojJt J^ ^^ L^JL> ^ij. ^ÏJ.Ji ^^5l ^^3 (Qor. 7 v. 130) :^\
C^^^
o^o
c^l^o
lS'I^jJI ^JJî
Vient une page qui ne va pas avec la note. Ensuite l'auteur
1) Sprenger, Post- nnd lioiseroiiten : (jy>ÀJo ,
828
dit: j^'w^! ,^'« ,-.L^ kLïLxxi ^i ^l! oyyi2> JL^! ^^/s i^J'^'Ail iA=>5,
Je ne crois pas avoir besoin de traduire ce texte assez facile,
d'autant plus qu'il a été reproduit et traduit par Sprenger,
Post- und Reiserouten p. 142 s. Celui-ci rend S^^ par ter-
rasses, et wa-LLao/i n'est pas du tout traduit.
Avant de préciser ces deux mots, je vais exposer que j'ai
appris des nombreux Bédouins que j'ai interrogés dans le
Sud à propos de ces dikâk. Il y a dans toute l'Arabie du
Sud de petites maisonnettes qu'on trouve presque toujours
dans les plus hautes .montagnes, dans des endroits plus ou
moins accessibles. Il est souvent impossible d'y arriver sans
corde ou escalier. Elles sont construites en grandes pierres
lisses. Le toit est formé de une ou de deux grandes pierres,
sur lesquelles on a mis de la terre. Ces pierres ont environ
deux mètres de haut sur un mètre de large. L'ouverture de
la porte a une coudée de carré. Les pierres ont la surface
lisse en dedans; le côté de dehors est moins soigné. Le sol
en dedans est souvent le roc vif lissé, mais souvent il est
aussi dallé. 11 serait à présent impossible, selon mes hommes,
de faire ces pierres et encore plus impossible de les y trans-
porter. On nomme ces maisonnettes ysJ^\ ^^j construction
des Infidèles, aussi bien chez les Beyhânites que chez les
Madhig et les Bâ Kâzim. Elles sont fort nombreuses dans
le pays de Beyhân et celui des Ma^n, sur el-Kaur et les
montagnes de Hadramoût, c'est à dire dans la regio thurifera.
Je demandais souvent aux habitants de ces contrées à quoi
ce bina'' pouvait bien servir, et ils répondaient toujours
que c'était là des iÙL>lc^x=>Li^.. .1^-. signifie simplement magasin,
vhv,, et c'est là une réminiscence du temps du grand com-
merce de (^LJj yt, vhv., fait par les ^Adites et leurs succes-
seurs, voir sub o(c.
Je crois que les é^^ et les ;-,*_LLa.2^ d'Ibn el-Mogâwir ne
829
sont que des magasins pour l'encens et la myrrhe qu'on
cueillait dans les montagnes et qu'on y gardait soigneuse-
ment à l'abr; des voleurs, qui ont dû être aussi audacieux
au temps des ^Âd qu'à présent; voir sub v'j^- ^--^ dessin
donné par I. el^M. ne nous dit pas grand' chose. Le pluriel
liJl^o, qui se trouve dans chaque carré semble indiquer un
certain nombre de é^, entourés peut-être d'une muraille.
Si ces d i k â k étaient tout bonnement des plate-formes
destinées à l'usage dont parle I. el-M., on ne comprend pas
bien pourquoi elles étaient placées tantôt sur les sommets
des montagnes^ jL*il (j/.^., tantôt dans les vallées, 'i^.^^'^\ q42j,
où il fait très chaud en été et oii elles étaient exposées au
torrent des pluies équinoxiales. Peut-être n'ont-elles rien à faire
aux „constructions 'âdites" dont je viens de parler. I. el-M.,
ne les connaissait certainement pas par autopsie, pas plus
que moi-même. Il raconte seulement ce qu'on lui avait appris.
On pourra comparer ce que de Goeje dit, Gl. Tab.. à propos
de ^o; el-Gazîrah p. 79, 5, oii les codd. ont ûo, et de même
les codd. d'Istahrî pp. 73 et 76 portent ic.^'o ou ^jo. De
Goeje le traduit par tour, le faisant venir de babyl. z i k-
kurat. Mais alors y"o, ^J>, et 'do sont deux mots diffé-
rents. D'après de Goeje, .icfo est plate- for me = '».j1u^, Gloss.
Geogr. Arab., où beaucoup de renvois; voir SiMh sv. = LA
XII p. 308, 5 d'en bas; I. Sîdah XVI p. 181, 12: i^TjJî^ 2S}\
é^o U^x*^^ j4r5 <y^^^ cr» ^f^^. 1-« = LA XII p. 308,3 d'en
bas. éj>, pi. &X^o = iaixJ! ^/! i^^ U-xi ^Jd ^a iLjyi^ ^.jL,
LA XII p. 308, et ^L^o, pi. oîjû'^ = erv^' o-^ '^-^^j^ '^^•
L'auteur d'el-Misbàh dit que c'est ^_j^_x_xi. Le syriaque a
dukkâ, locus; = Liban dùkâ, avec le dim. daykûne,
830
'petit endroit, cahute où l'on met les ustensiles de cuisine
(Liban), selon Feghali Emprunts p. 82. Cela prouverait que,
si liïo et ^^l/o ne sont pas' de l'arabe pur, ils sont du moins
des mots sémitiques communs.
'iS^ est dans tout le Sud le quai oîi les bateaux accostent
et où les marchandises sont déchargées, Hdr. p. 448, = iiS^o,.
ib. p. 244; v. Kremer Beitràge z. arab. Lexic. sv.: 'iSo,
tribune, échafaud. A présent, 'dSo est en Egypte le batic
devant la boutique, Bâsim pp. 86, 15 et 87, 19, rarement
employé en Syrie ; = raehri d e k k î t , banc, = sh. d i k k é t.
j^.jl/o, boutique, partout courant; mehri dikkôn. Ce mot
est au Caire du masculin, mais à Alexandrie, du féminin.
Arabica III p. 124. Dans l'Afrique du Nord, 'xAÎû, traité
par Marçais TAT p. 300; quelques acceptions y rapportées
pourraient aussi convenir aux d'i'o de l'Arabie de Sud. Sur
le iC^SAO/o de texte d'Ibn el-M., voir shv.
ii?3J>, une miche de pain Sivec laquelle la femme frotte, JÎAj"
ou (jiwXi", la melahha, vhv., avant de s'en servir, 1042,
= K:<?>vw>.^, vhv.
^Jc<, boutiquier, Hdr. et Dt., = litt. ^^J^^-
Les renseignements que j'ai recueillis sur les ^îÙ ^Lo de
différentes personnes de l'Intérieur de l'Arabie méridionale,
sont très précis. Il serait extrêment important d'explorer à
fond ces pays encore si peu connus, et j'espère que mainte-
nant que le paix doit régner sur le monde, sous l'égide de
la très puissante Albion, les savants anglais se mettront à
l'oeuvre et qu'on permettra aussi à d'autres savants non
anglais de rivaliser avec leurs confrères anglais dans l'ex-
ploration de la regio thurifera.
831
(_^wS'o, donner une tape sur la figure, Dt. V~é':>, comme jS'o,
Dozy sv. Le maghribin ^ô, Bel La Djâzya p. 128 (t. a. p.),
provient d'une autre racine composée, car cf. y^^o, vhv.,
Hdr. p. 314 = syr. ;Joo, baisser la ^é^e, = cl. \a«L LLLL, et
u^^; cf. Socin Div. Gl. sv. ^«Jj , vhv. et Hartmann LLW
p. 97, 13 ss. Mais »>-^^j o^l, oix l/~o^ est synonyme
de >^~e)o.
ij^c>, choquer, heurter, butter, stossen. <V é^ = V oo.
o
Aussi en Palestine, Lôhr Dial. Jerusal. p. 15 n. : (i.=>^ u>..cii'L>,
je me suis heurté le pied v. p. 820, 8. — Donner une chiquenaude.
Cf. ^û , , perfodit, transverberavit = ^^xb . Feghali, Emprunts
p. 27, dit „qu'on n'a pas ici le contrôle de l'arabe"; au con-
traire, cf. sub Ji<j>, ji^îo, ti)o, ,j^c>, j^o et fSo vhvs.
^o, choquer, heurter, butter, stosseit, Hdr. p. 101. Elargis-
sement de V~'è^> avec contamination de V^ç^-, soit un
composé de ces deux thèmes, comme ,«o de l/"oo + V~^-
Les dictionnaires de la lurah n'offrent rien de pareil au sens
susmentionné! Cf. e^o.
i*/o, choquer, heurter, stossevi, 1182; Hdr. p. 101. I el-Qût.
p. 289 : »^lXa5 j. \«o i^o, = I Sîdah XHI p. 277, 12 : !^4S'ô^ k^^
8 lXao J, kxs^ Soi, restriction trop étroite. Développement de
"l/~~vi]j), comme ^-> et |»r->, - ^ et (*-<-; , lA et ^., o^ et
j.lX-«.w et (*i2*«, w>..;i et a-^^, oi-^ et <JJ^, ^j^^^ et (*>^c, ,3^ et
JLc, (jls et ^, jJ et j.jJ, -Li et jjil, ^5> et f,-:^, J^ et
832
j.J>^ et tant d'autres, 317; 1387 n. et Hdr. Gl. shvs. et ici
Gl. shvs. ; voir aussi sub ^j> .
■^ô "^50, doucement, lentement, partout courant dans le Sud,
aussi au Yéman; Stace p. 72: gently. On prononce dàla
dàla ou dalà' dalâ^ L'étymologie que j'en donne 1288 n'est
pas à l'abri de tout soupçon. On pourrait aussi penser à
^o, u; I el-Qùt. p. 132, 11: oisyL. \j^^ y-ii\ ^^^j faire
marcher doucement devant soi; LA XVIII p. 292,2 d'en
bas: Î'Aj^, Ia^; ^j-^ L^xa*- yo Jj'^Îj iiïLiiî o^>-> = ib. p. 291, 7,
• et ib. p. 293,6: oLoy! o>-vj! ^ ^ÀJ! _PJJ! et ib. 1. 8: ^t
-x^" iol ^^L>5 kJI^ !oî i^^'o: ^^Ijc"^!, mais ^_^j> = vjjLw doit être
une erreur, voir TA et Lane sv. En tout cas, cet adverbe
me paraît renfermer un reste de nounation, ce qui est on
ne peut plus rare dans les dialectes de Dt, et de Hdr., ainsi
que je l'ai déjà exposé dans Arabica V p. 115 et ma LA
p. 27 et ss. et ici sub iJoi- On trouve sidda, 72,5, et eyda,
Arabica III p. 38 = eydan en sahhî BBRAS 1902 p. 258,
marhaba et abadan, vhv. Voir aussi ma LB.'^A Gl. sv.
Nounation. Mon savant confrère autrichien dans son RD II
p. XII n'a pas fait la même constation pour le dialecte de
Dofâr, mais j'ai déjà dit Datînah II p. VIII et ici sub IcNj!
ce que je pense de ce dialecte.
o Û ^ )
Le synonyme de d al a d al a est lXj^., vhv., qui n'a pas
non plus conservé la nounation classique. Il y a aussi le
verbe classique Jîo = Jb, voir les dict. — Une expression
analogue, quant à la forme, est le nordbédouin hàla h à la
et l'algérien dùga dûga, directement, et gâda gâda,
dâga dâga, Marçais TAT-p. 303. Outre l'étymologie y
proposée, on pourrait penser à tAï vhv.
833
jo, u, laisser tombe?' les bras aux côtés, 785, Bédouins du
Nord. Au Waddây, enlever, décharger, Carbou p. 216 et p.
2S4; mettre pied à terre, descendre du cheval, camper, ib.
p. 217. Cf. ^ù, u, vhv.
xlô, cafetière, 20, 17; 56, 14, 18; 57, 11; 60, 4, 12, 18; 881, 5
d'en bas; 1087; 1088; pi. jJo, J«.b, o"5j, Hdr., et J^o, Nord,
468,3; 1094,2. Stace p. 92. -KO pp. 58,3; 70,4. d'en bas.
ED Gl. sv. Musil o. 1. p. 128 écrit délie (délie), forme que
je ne connais pas. Socin Diw. Gl. sv. Dans ed-Çâhir, on dit
icljo, vhv., comme à Damas, pi. ^%c>, Hdr. p. 575 n. C'est
peut-être là la forme primaire: kJjlXJî ^^y3L\_i = ^^^Aj, ils
font circuler la cafetière, Dâhir. Mehri dillît ou dellêt,
cafetière.
c
^wJo, jMer le dos, 1768. En Dt., on dit ^_JLj' = ^^^o, Cf.
,.;^J0 et ,^j,o, vliv.
c
4o, 1768, expliqué 1680. Cf. J.S vhv. Hein SAE IX p. 1G2
N° 12 1. 2: Kôs yôm tâdlahtesîr makân ad-dîg,
ce qu'il traduit par: Bèim Treiben kommt der Wind an
einen engen Ort, et ib. p. 165 N° 16 v. 15: v^a tedlah
kôs min wasât (1. wasât) el-bahr, U7id es treibt der
Wind, wenn er [kommt) von Meere. Dans la note 12 p. 162,
Hein dit, à propos du mehri d allia du texte: dalah du
vent, il souffle doucement. Je crois que c'est le même verbe
que le sudarabique io, 1678 et ss. et on doit traduire par
lorsque la mousson d'est, voir sub v. (_,y^, se déclanche ou
se déverse, etc. Cf. sub ,-X«o . Le classique ^o = xU^. .^lXj y»
^i/î'io y> îo!, LAsv., Qays b. el-Hatîm p. 8 (commentOvOe
53
834
m'est pas connu dans les dialectes; voir sub io. L'assyr. a
dalâhu, se dépêcher, Amarna Gl. sv. Nous trouvons dans
le Diw. de Abîd b. el-Abras, éd. Lyall p. 14: ^o, „dowds
bearing heavy burdens (of rain)": N° XXIII, 2 et ib. N°
XXVIII, 14: ^"^ô iUJ) ^ss,v-_j ^j^ j^\, nuages pliant sons le
fardeau de Veau. Diw. Hodeyl. Wellh. N° 275 v. 21: ^jJi
^o y^=> ^ ^yt iC^!A>, V ornent des branches touffues des
palmiers de H. LA sv. j.A>, oii à tort ;^j>. Ici iLyoÎL>c>
» 3
doit être un pluriel à cause du ^o suivant. Je ne sais si le
classique i^ est le même verbe que le sudarabique io<iJ>,
expliqués en haut: images qui déversent leur eau: ^ULi ^o,
Hodeyl. N° XXIII v. 2, car alors i3 serait primaire.
'^\
jjo, couvrir; tromper, frauder, 1404; Proy. et Dict. p. 193.
Syrie.
;j^o, i, u, expliqué 1401 et ss., oiî l'étymologie < '^iy.o: est
discutée. >ijJIj, comme \^ et Ci vhv. Cf. ^-JL vhv. — Polir
le mur après l'avoir blanchi, Syrie, = u^io, vhv.
y-Jji, tromper, 1401, 1402 et n. 2; Gl. Gloss. Tab. sv.
^b, 1402. o-^Jo-, 1402 et n. 1.
yJjoS, 1402.
^3, 1403. —^JJo, yJÔ, 1403. -^_^Jô = 2ui^,I.SîdahIII p.76.
iCwJS, astuce, 1402 n. 1. Sur la désinence grecque -c-r, voir
1188, 1403.
(j^o, u, polir un mur après Vavoir blanchi, Syrie, 1403 n. 3
= y*.b vhv. — Tromper, falsifier, 1404, Prov. et Dict. p. 193.—
835
(j^j>, intens. de u^o, polir un mur, etc., Syrie. I. Sîdah III
p. 112, à propos de JL>, u, = v3^=>, dit: Jj^ JlXJj' &-jLa^ ^^
v^j>, 1, j/e^er, lancer, Dt. et Hdr.; aussi en mehri. — Dégoutter
(delef), 590; Prov. et Dict. p. 36; Lieb. v. Amasia p. 102, 2,
comme l'hébr. f^^l, Ges.-Buhl sv., et le syriaque . gV,^. stillavit.
Ce sens provient de K^Jo, être bas, que nous trouvons dans
le classique v«àJo, dit d'un arbre ou d'une branche qui se
plient sous le poids des fruits ou sous la violence du vent,
p. e. dans Qays b. el-Hatîm IS[° 5 v. 27 = ici sub ^jô. C'est
donc un autre verbe que le premier olJl>, jeter, et vjiJj
qui suit ici. - Jahn SAE III pp. 26,6; 27, 15, 17, 21; 269
a pour le hadramî le verbe s.jib, qu'il traduit par hinaufei-
len, hinaufspringen et le mehri delôf, par hinaufspringen,
Mnaufhilpfeyi; hûpfen, springen, p. 173. Il se base sur le
classique v«âb qu'il rend par rasch einherschreiten, mais on
n'a qu'à consulter I. el-Qût. p. 288, 9, LA sv., Fiqh el-lurah
(Beyrouth) p. 186 et Lane pour constater que le sens est
plutôt tout le contraire: marcher à pas lents, lourdement et
à petits pas, sens que renferme déjà la racine Jo et ses
élargissements (Jb, _^b, ^o, ^o, Jèlc>, t^Uo, vhvs.. LA XI
p. 5, 5 d'en bas: ^ÎÀJt _^ v^î^l, qui porte un fardeau
lourd et marche, à cause de cela, à petits pas. Dans l'ex-
plication do otJÂJ! = pLXiijJl, LA, la vitesse n'est pas impli-
quée; voir plus loin ^o p. 837. Cf. oJ-s^o, \Jéj^ et olàj^vi!,
LA XI p. 388 et p. 398 = c^!, oîi il y a accouplement de
L-5,'3 < o»o et de sjéù = oiÀlo.
Examinons un peu le texte de Jahn. A la p. 26, 6 : \jai
836
J^ J, *jU_£ \_i v^o^i iil2Ai> i!oo ;^v^ ^^-*^ ^^'j = mehri
delôf beh, il lui coupa la tête avec le sabre, il mit une
ficelle à la tête et la lança (car il avait lié la ficelle pour
cela), et la tête s'accrocha sur la ynontagyie, propr. il la fit
par cela accrocher. Jahn traduit: und eilte damit deti Berg
hi7ian, wo er es anband. P. 27, 13 et ss.: galet lu h:
bukra gamî" en-nâs yahrugûn lâ'^ând el ma u râs
el-hanas rau^allag filgibal (raehrisme!). Kull mân
dâlâfluh u nâzzâlluh, hu dâk li gâtai el-hanas.
U dâlâfu kullhem u ma had gâ beh. Elle lui dit:
demain tout le monde sortira pour se rendre à l'eau {d'où
l'on verra que) la tête du serpent est accrochée à la montagne.
Celui qui lui jettera sur la tête (des pierres, v. p. 358/9) et la
descendra, c'est lui qui aura tué le serpent. Et tous jetèrent,
mais aucun ne la décrocha. A la fin on dit à un derviche:
dilif ala-r-râs, jette sur la tête! et celui-ci dâlaf luh,
nâzzâleh '), lui jeta (des pierres) et la décrocha. C'est à
dire, il la fit rouler en bas, car on ne l'avait pu jeter bien
loin avec une ficelle. Partout ici, Jahn traduit le mehri
delûf, delôf par eilen, courir. Auparavant, Moh. le Brave
avait tenté de tuer le serpent en lui jetant sept pierres et
sept lances (voir sub *^J), et le texte porte ici, p. 25, 11 et
passim, les verbes v_îÀ> et oVj , jeter, lancer, vhvs., qui ont
le complément ^, comme tous les verbes signifiant jeter,
lancer, de même que ^ ^--^ o. 1. p. 26, 6, ainsi qu'en mehri
delôf beh. Ces deux verbes uiÀ> et oVj sont justement
synonymes dOv^ÀÎo. Si ^c> est hinaufeilen, on ne comprend
pas bien que tout ce monde, qui aurait couru jusqu'en haut,
n'ait pu apporter, v *l->j la tête du serpent == Tiâmah.
v«Àij> a peut-être en mehri le sens de eilen, accourir, puisque
Jahn le dit, mais Bittner Mehri I p. 26 et II p. 16 ne fait
que suivre Jahn. Le même verbe est chez D. H. Mûller
') = Mehri hakafdeh, 792 n.; 1279 et ici sub J^.
837
traduit en arabe par L\_à_£, qui ne rend pas tout à fait la
même idée.
L'homme de Jahn s'est servi du même verbe ^b pour
le hadramî. J'ai déjà refuté, dans ma brochure MJM p. 11,
la traduction et le rapprochement sémasiologique de Jahn.
Mais si le nègre swahili, "Abd el-Hfidî, qui a fourni à Jahn
ce récit, du reste fort intéressant, au point de vue mytholo-
gique, s'est servi pour le hadramî du verbe >^ij>, voulant
rendre par là le mehri delûf, c'est qu'il a confondu o^b et
oiiJ», vhv. qui a à peu près le sens que Jahn donne à ^Jib.
D. H. Mûller, SAE IV pp. 75, 3, 19; 77, 22, 24; 79, 23, 24,
27; 88,24, a le même verbe mehrite delûf, mais là le
texte arabe porte comme contrevaleur efed, ce qui est
l'arabe l\sc, vhv. Ce delûf est donc pour le hadr. ^ô,
sauter. On constate que chez Jahn delûf n'a pas le même
sens que chez D. H. Mùller, car celui-là, le rend par s'en
aller ett courant = ù.â.1 'à f bih, tandis que celui-ci le traduit
par sauter = ]\cL(ÏY. ^efed, o\.s£. Bittner Studien Mehri V p.
17 traduit bien delôf par hûpfen, mais il suit aveuglément
Jahn lorsqu'il ajoute: „cf. l'arabe v^lJ, rasch einherschreiten,
donc laufeyi^ courir (comme le suédois lôpa^ ne signifie pas lau-
fen, courir, mais springen, sauter". Ayant le bonheur d'être
suédois, je peux assurer qu'en suédois lôpa est = l'allem. laufen
la même chose que le suédois springa, qui en suédois est
autre chose que l'allemand springen, sauter. Bittner n'a
donc pas été heureux dans sa leçon de suédois. Ib. IV p. 66,
il énumère delôf, sauter, parmi les mots caractéristiques
du mehri. Nous venons de voir que ce mot est aussi arabe
dialectal du Sud.
Il faut donc dans notre dialecte distinguer ^^^, jeter,
lancer, de oJo, sauter, vhv.
Une variation de ^^ est le classique ^<^. I Sîdah XIII p.
286, 9 d'en bas: \Jux^ C^ , ^J:^ loi ^a^lXj» olSJo i^^^lr- LA
838
mm'cher à petits pas, mais aussi marcher vite, LA sv., ce
qui est aussi le sens de son élargissement v^^lJ, courir vite,
et sa métathèse c>JL^l>, L A. Cette permutation se trouve
également dans ^ô, sauter,'^ ^^, RD I p. 42 n. 4 et II
p. 82, o\x l'auteur est dans le doute si c'est v^3, sauter, ou
vjiio. C'est oiij vhv., tandis que v^j> est jeter, lancer.
v^o, u, glisser hors du fourreau (sabre) 880, 10. LA sv.;
Socin Diw. Gl. sv. ^o. Cf. \J>^y Stace p. 133: push. Effec-
tivement, oiio a dans notre dialecte aussi le sens de pousser.
J'ai entendu enDt. : ^^\ UJlr: ^^iJiiAjî, l'ennemi a poussé de
l'avant eyi nous attaquant, a fondu sur nous ; LlJLc oiJAJt
J.*AvJî, le sêl s'est répandu avec force sur nous, comme LA sv.
vJLÎJ», rendre poijitu, 583, 5, < oiJ3 vhv. On comparera
^kJI ^J5^5t\ji = c^lXjî, embonpoint, I Sîdah II p. 28 = vjjL^Jot,
vhv.; iJLii=>L> = ^LJt j,Uxi!, embonpoint, I Sîdah ib. p. 28,5
d'en bas. Kjjf*^^ = o^<->, qui a un gros ventre, ib. p. 29, 2
d'en bas.
vjOo, colomie en bois, Meissner NAGI p. 122.
ê^ù, u, frotter, 631,8 d'en bas; cf. I SaM IV, I p. 137,25.
Métathèse probable J^o, LA sv.
iiÛJo-, se frotter, 632,1.
tiU^xil: ,j/..-4-ciJ! ui^jCiAi!, = e:AjLÈ, le soleil vient de se coucher,
Dt. La lurah a ^j*.,*^! c>J^^, que je n'ai pas relevé dans
nos dialectes, mais voir ici lil^o. I el-Qût. p. 287, 15: c^oJo
(i>s_jL£ UsjIj iU-wJî Ja-w.^ ^J-£: o-iLo (j*..*-^!. LA sv. porte
,j<v-«^! c>jCIl> = c>«.j^, oii d'autres détails ; = ié)^.«L> , LA sv.
et ib. sub ii)^b p. 311, 7 d'en bas.
839
En Dt.; on dit aussi j^-^-^t ^Sj\ ou ci^o! ou ^^^Jot de l/"~"j.b
vhv. L'origine de cette expression avec liUo serait, d'après el-
Fâ'iq sv., parce qu'on met les mains sur les yeux pour voir
si le soleil s'est couché et, d'après el-Beydâwî I p. 548, 4 ,
parce qu'on se frotte l'œil contre les rayons solaires; LA
et TA et Lane disent de même. Cela n'est pas sérieux.
Dans cette acception, »i)^b doit provenir d'une autre racine
homonyme. C'est une variation de oJJo ou bien un déve-
loppement de V~j^^, qui a aussi donné le classique (jJAit,
tomber, glisser de la main. La Nihâyah dit que le sens
primaire de liUo est JL, i, et el-Beydâwî 1.1. fait observer
On pourrait alors aussi ajouter ^\o, u, et sa variation Jc>,
u, de même que 1/~^^l>, ^jo, etc.
^_^J, 629 n. 1.; v. les dict.
3 > 3 3
^iJ^o dans ^/..^-ciJ! ^^^^o, /e coucher du soleil, est connu en
Datînah, et je ne crois pas que ce soit là une influence du
Qor. XVII V. 80 et des Traditions, Nihâyat sv. C'est le
û , 3 0-
synonyme de y*^4->iJî JL« ou j».A^j ou j^^^vù" Hdr. Gl. sv. Si
téUo dans ce sens est une variation pour l/~^io, la séman-
tique serait la même; cf. ici sub ^.
f^o, être ou devenir sombre, obscur, jour, à cause des nuages
noirs, ou nuit, Dt. JwJU! *.^o, la 7iuit tombe, Dt. = l\£ et
y/JLc vhvs., == Eg. JwS^o, Prov. et Dict. p. 193, vhv. et ib.
p. 372.
C'est un accouplement de ^3 et ^^j>, vhv. Fraenkel Mehrl.
Bild. im Arab. p. 36. LA sv. . Muzhir II p. 135: ioXoî ^].
840
Ruzicka Iv D p. 224 veut que j*Jo soit une dissimilation de
(•PO, forme qui n'existe pas; il en est de même de beaucoup
de ces dissimilations de Ruzicka et qui sont, au contraire,
des accouplements de deux racines. Cf. jji».
jvfSAj", être obscur, jour ou ciel, à cause des nuages noirs;
RO § 397.
iUJj>, obscurité, qui ne provient pas uniquement de la nuit,
Hdr. p. 103 V. 9 b; ib. p. 110.
xîj» > x!o, expliqué dans ma LA p. 75 n. 2. I Sa^d I p. 98,
ib. VIII p. 101, 14, 011 il faut lire i:^j>- Cf. le classique ^^o,
LA XVIII p. ^93, 8.
_^o, outi^e ou seau en peau du puits, 608; pi. ^^o, 68, 20.
Vollers VS p. 37 en bas. Musil o.l. p. 133. I Doreyd, dans son
Gamharah, mon ms., dit: ijj^'^», ^^^3 ij^ail^^^Ai! vt*^' ^_5-*•^■
sLi vi^-ç> ^)■.:> iow «ÀP ■c^oii' Q^ J^ ^"^ O^Ls^J! "^^^3 j'^^i LT^'î?
ce qui est reproduit par ï. Sîdah XII p. 51, 10 d'en bas et par
LA XIII p. 175, 11 d'en bas, qui a aussi (_y>Jî et il ajoute
s: w > w
encore: slXP (jiusj ^.^ «o^^^. u^Ui' j^^- q' ^^ ^i uXj ^Is "bSÎ^
sL.oo'i!. Il est intéressant de constater que tous ces mots sont
du sémitique commun, vhvs. Ces ustensiles du ménage primitif
des Sémites remontent donc à une époque bien éloignée, et
la langue en a conservé les noms avec une remarquable
persistance. Qays b. el-Hatîm N° 1 v. 3; voir sub i'ui .
_^o est aussi akkad., Del. HWB sv.; Streck ZA XIX p.
251; Fraenkel FW p. 63 et p. 73; Cher Alfàz p. 66. Zim-
mern, Akkad. FW p. 34 dit: „akk. *dnlu, pi. dûlâti,
seau pour puiser l'eau (de dalû, puiser Teaw) :> peut-être
841
aram. daulâ, seau pour puiser l'eau. Par contre, akk.
daln, hébr. dëlî, arabe dalu, seaic pour puiser l'eau, sont
sans doute d'une parenté primordiale". Gf. l'hébr. bn, puiser
l'eau, i<b)i , seau , ,et ^bl , ahl ; Levy W B I p. 382/3, où il
dit que b^l est véritablement Wasser in die Hôhe bringen,
mais, d'après mes faibles lumières, c'est plutôt laisser le
seau descendre dans le puits; voir sub ^d^o. Dans la lurah,
_^o est du maso, et du fém., I Sîdah XVII p. 18, mais LA
sv. dit que le fém. est meilleur et plus répandu.
b>b, petit seau, petite outre, 76, 9; 1182. En Syrie, pe^z^ seau en
bois. Sur la forme diminutive, voir sub "-uJj) p. 851, comme le
syrien ,J^ï, marmite, et b.Ji, petite marmite en terre cuite.
I Sîdah XVII p. 17 dit _^J^Î ^ iLiJ J^tXJi, mais je ne
saurais, malgré cela, affirmer que les deux mots proviennent
de la même racine, pas plus que *Jl>, cafetière = 'i^^o, vhvs.,
à moins que V^jlo soit une métathèse de V~d;,^. Mais
V'~y>c> est descendre, ici descendre dans le puits (seau) et
le verbe ne peut . pas être un dénominatif de y^, vu les
nombreux dérivés de ce thème qui tous proviennent de
l'idée primaire de descendre. Le sh. die n'est pas exactement
tirer le seau du puits, comme le rend Bsh II p. 39, mais
cela se rapporte à l'actio?i de puiser l'eau, car le seau doit
aussi être tiré en haut après la descente. Le mot classique
pour tirer le seau en haut est „ji, ^o:x>, (< ^U^t v. sub ^.,
-j et li^-Xs), Jo\j et -y vhv., 1345/6. iuib, pi. Jî^j, I Qot.
''Uyûn el-Ahbar p. 64, renferme également l'idée de descendre,
tandis que iCJil-w, ïUiLw, ^J.^^^, 'âxj^ partent de l'idée d'être
haut, 7nonter, élever, Hdr. p. 514, vhvs. Cf. LA XVIII p.
291, 4 d'en bas.
^o, i, atteindre, y arriver. RD Gl. sv. ; = Jj" = Jij' u vhv.
842
Dans le Nord, faire descendre le _^o dans le puits. Sa'^dùn
el-'^Awâgî regarda derrière lui, et voilà que le cavalier w ^\c>
.xJL jJiAit ^_^Aj Lo JJl» „-v<J!, baissa sur lui la lance, comme
tu fais descendre le seau dans le puits, selon l'explication dans
ma LB'A p. 80, 21.
j^^b ^ chez Hartmann LLW p. 168, avec la glose origi-
nale: p-j>j< ^y^- ^5 ^* ^^^ ^^^' ^' Cf. K^^o > J.O et ^^^J>.
Ce n'est pas un dénominatif de j.b vhv.
(_^o, faire descetidre, 1288. Qor. 7, 21 = jJl>. Laisser pendre ou
laisser tomber^ expliqué 1680^=^^^) vhv.; cf. Marçais TAT p.
^{)l. — Laisser les bras tomber aux côtés en saluant. j»^lXjj V'Aj
(pr. yidùllu par attraction vocalique), 785, 4. — Commencer;
cf. ^^o et j,o, vhvs. ^,Jio ^o, il commença à pleurer, 84,
12, 16. [jSjXj e;V^^3 uv-^^' ^— '"^ (jv^'î ^^'S de?<a; (lions) se
rencontrèrent et commencèrent à s'attaquer, à lutter, 88, 22 ;
1287, 1288, oià explication et exemples, 1398. — Continuer,
durer. Sl^Sl y^o^ U .j^^^. ^_Jj , il co?itinua à marcher jusqu'à
ce qu'on arrivât au pays, 86, 10, 14. j.j-J! Jya Lf=y. J^ ^^,
la pluie continuait à tomber totite la journée, 1535 n. — <
J^, 1287, 1288; 1398. Ma LB'A p. 59,19,
iuJb='NXj^b, 1768; LA XVIII p. 293,2 et 8.
j_^L>) < ^uNJ", se dégonfler. ^jS^ c^^i^î, mon testicule s' est dé-
gonflé, la gonflure est tombée, 1288.
^o, bas > vil; fém. iiJ>3. ^j> J^^aï Li! L, je ne suis pas un
vil qabtlî, 104, 15; 1466. Cf. ^_^j> et ^^JJ vhv. — Uni, égal,
facile, 1466, 1467; 1483, = 0"^, contr. de J^, difficile, vhv.
j.L>, c/^a^ = -♦t'Pj les deux formes dans le Hogarîeh; pi. f^S\
843
>*jçi8oï; fém. iL^j>, chatte, pi. oUyioï, Hogarîeh. Yahuda ZA
26 p. 351 dit que (To, pi. ^ô\ est au Yéman le mot ordinaire
pour chat et il donne le proverbe i^L=> ^-,.-^. j.JJ!, /e c^a^
aime so?i étrangleur. El-Mukaddasî p. 31, 7 dit que s^, iUo,
.Jlw, iiLi sont des synonymes. C'est l'akkad. dumâmu,
chat sauvage, et l'éthiop. ^^^ , felis, catus, Dillm. Lex;
Hommel Sâugeth. p. 119; Dozy S. sv. La plupart des noms
des chats sont des onomotopées, 1133 et 5. La V~^ est
imitative, comme aussi j.J>, vhv., et son parent ^j, vhv. Cf.
l'hébr. DQl , parler doucement, être plaintif, p. e. dans Job
IV, 16: b')\>) riççi, un suono soave e una voce (Scerbo), et
l'akkad. dama mu, loeep, lament, Muss-Arnolt p. 253. ^i\aic>
marmotter, vhv., Qor. 91,14 et Tab. I p, 3096 d. 1., =
^.jJuo. Cf. sub ^j>. J.0, couvrir, est un autre verbe.
Le sh. a le verbe dumm, enduire, salir, ce qui est la
classique ^^0 = ^11», enduire, Bittner St. sh, II p. 26. Ce sens
est inconnu en datînois.
iL^o < iLLxo, vhv., e7iclos dcs moutons, 433, d'après LA et
el-Fâ^iq I p. 205. Sur ^o et mo, voir sub ic«jj>.
Dans le dialecte arabe de Dofâr, relevé avec tant de talent
par Rhodokanakis, se rencontre une particule j.o, de m m, à
laquelle on ajoute les suffixes, peut-être, RD II p. 128. Le
savant auteur la fait venir de dUlot, »^c>\, etc., mais dont
le sens n'est point expliqué. Le comparant avec DÇi, com-
parer, se figurer, s'imaginer, il admet un verbe arabe ana-
logue, qui pourtant n'existe pas. Cette étymologie est à
écarter. Or, cette particule est sans doute la même que ^c> , vhv.,
844
dont j'ai parlé 482 et s., peut-être; probablement: n> m, et
cf. el-Fâ^iq I p. 205 sv. i->o.
,isxio, u, arriver inopiném.e^it, surprendre, ^'introduire furti-
vement, frapper, Dt.; Cf. LA sv. et Dozy sv. I. Sîdah VIII p.
77, 12: ijj^pi^ ^ |*j|^! V;'^' '^r^j^i ^N^i-\j" ^3^ ^^^ = ti)w«o.
Enrouler, roider autour, umbinden, seulement dans le Nord;
5 5 5
exemple sub ^o; ma LB^A p. 80, 3,4. Jûy.j^\ ^ôJî '-àp
ù 5
L^x^^ J>£, la femme roide les fils sur son ge^iou, ""Anazî, =
Sud M^ vhv. Cf. The Fâhir of al-Mufaddal p. 255. Cf. .^o
vhv. - ^'^j1 = „ ,ol = ^ , I. Sîdah IX p. 175,10; LA sv.
p. 100, 9. — l/~~^xio a donné ,al^j> vhy., LA sv.; Cf. &:>LoAf
= iixiL^, LA sv.
,i;^^oî, chauve sur tout le haut de la tête Dt. Ce sens découle
sans doute de ce que les cheveux plus bas entourent le vertex
chauve. ^Loî vhv. est chauve par devant seulement.
t , ,,
f^^, pardomier à, J, qqn. A^ ^^i^^s^^^ô, je fai pardonne,
Béd. Nord.
^^, incliner la tête ou le dos, 1768.
^<\^\, être pardonné, ib.
,^^o, a counterfeit preparatioyi resembling atitimony, Stace
p. 194.
_ O _ 5 O 5
a^^Xa, antimonyholder =^'sX^<^, ib.; cl. ^.
-nO, a, perzV, e7re décimés, exterminés par la guerre, la peste
ou autre chose; être complètement usé, ruitié, = ^z>^j, 974,
= cl. :âj>, u. Mehri demôr, tr. anéantir. Cher le fait venir
du persan o. 1. p. 66.
845
y>^, 11, effacer, en ^Omân, 975, 1 . Cf. j.o > y«o et ^^Xaû, où V^j»
est certainement une onomatopée, Fâhir d'el-Mufad. p, 205, 4,
comme ^>yi3 et j.Àxii; ^j^ f) et j.j^j; t\5'>^0^, j.lXS'
et iA^lXP, vhvs.
-^j», /rtz?'e périr, détruire, exterminer, anéantir, achever, 975
= -»jl, courant dans le Sud. Cf. ^o vhv. o!J! ^}^ b^^iAi!
s'jJôoj, ?J0M5 îio?^s sommes 'précipités sur le manger et nous
l'avons complètement achevé, 975. RO p. 426 N° XXVII
porte: heiyén bérab'en demâro 1 h elle * bâkor
de ha wel bëraq bensëllo, où certainement l'auteur de
cette selle a dit: heyyen berab^en demmaro-1-helle
* bâkor de ha wel-bèra-qen-sello, vive les contribules
qui ont détruit le quartier de la ville! * demain matin nous
allons sortir le drapea.u.
yOLU!, se précipiter, se jeter, 974, 975; voir l'exemple précé-
dent, ^oy! ^ v^*ii ^^3 L^^c j^^^ ^->^'3 'L>, un homme
est venu et il est tombé sur nous brusquement pendant que
nous jouions da^is le loâdi, 41,8. Oj.^Jotj «Jij^Iai! J. cj^j-^ ^^^
LyJlc owAJt "^îj J.V5 L^j pendant que nous marchions sur la
route, des ge^is survinrent précipitamment Dt., = Uà-^^Xii.
LA V p. 377: ^^ô^ l.yso ./ï^Xj -^^ ^3 (j^^i y*^ ^^^^ çf' f'^
l3^j>3 Ul^îÔ, c'est-à-dire le même que notre datînois ^AJî,
. expliqué par oJ-«Ajt et ^:^ par mes Datînois! I. el-Qût. p.
288,8: ^^o] ^ J^o ^iJLc^ \^ ^fl\ f^.
^/ib, ruiné, 974. - Usé, 1123: a^b i^^j, cor(?^' wsee.
t^o < ^xJ», se heurter, en sahhî, 791.
^ao, u, raétathèse de ^^, qui est primaire, vhv. Abu Zeyd
846
Nawâdir p. 197: xjLLw* ôy^i" !o! x»! c>^^ = I el-Qût. p. 130.
LA sv. Cf. ,iîvsu> vhv. — Jk£ vJLolXjî, se précipiter sur, survenir
précipitamme7it, Dt. correspondant comme sémantique à
l'italien imbattersi in;= ^Ai', vhv.; Abu Zeyd, ib. p. 197.
liLcu^ voir sub é^^ et sub .^^j.
ii)'wcJc», 7WMr, muraille, parapet, Hogarîeh. Qâm. sv. et TA sv.
Jwoj, u, mettre la pâte dans la m a lia h, Haurân, 1144.
J^^o = Q^j, fumer la terre, l'engraisser, 1760. Ruzicka o. 1.
p. 97 et p. 104.
^ô, clou, furoncle, pi. J^Loo. Stace p. 21 sub hoil. = Dt. ^^o
709, pi. Jw^'-oo. ^JL«c>J! jo,:^ijlJ, Ze furoncle m'a brûlé, Dt.
ii^.o iiLj.y> vi (j:0 J.xLei3u!, Zes furoncles qu'il y a clans ta
nuque sont dangereux, Dt. — Cher fait venir ce mot du
persan J^o, ce que Vollers avait déjà dit avant lui, ZDMG
50 p. 641. En persan, on dit aussi dumbul. — Jaussen o. 1.
p. 271, 4 donne JwojO, petit trot, qui vient de ^i^o < Jwcj
LA sv.; V. ici -«o.
.^L>, rouler qc. p. e. dans la main pour faire une boulette,
Dt. Elargissement de ^svco, vhv., avec contamination de ^<:>
= ^L>,vhv. LA sv. Cf. ^Ju«>^ = „y>j>, Qâm. sv. et V oiJUo
dans ses dérivés. Ruzicka o. 1. p. 49 veut que ^JUo soit une
dissimilation de io, ce qui n'est pas probable. — ^sJLoo ou
_JLflj>, bracelet, encore courant en Haurân, voir ,iv<o, vhv.
Vollers, ZDMG 51 p. 294, veut que ce soit un motaraméen.
847
ry«<^, i, ftcmer le champ^ engraisser la terre, 701, = ^c>, et en
'Oman iA.*-w; V. sub ^o. > J^^o, même sens, 1760. = pi
Ges.-Buhl sv. — Demander asile et protection, Haurân et Béd.
du Nord, 702. LA XVII p. 16,6 donne: ^^^Ls sUi ^^^U ^o
i<A•^^ \A.cix: \ù>\, avec un sâhid de Ka^b b. Zoheyr, et ib. 1. 9:
aJ u^i>j j^>y! Q^o. Il se peut que ce sens soit dénominatif
de )Li^c>, 703/4. LA ib. dit bien que ^\^\ ^^^oî ') et ^^ot
u^Lxiil ^> (d'après Ta'lab), := j.bî, ^.^b et ^p^ provient de
jtJ! Q^S, Mais j'ai peine à admettre cette transition sema-
siologique pour ^^o! et je crois qu'il faut attribuer au bédouin
Q-.0, (j^o, ^b, Q-,^', etc., voir plus loin, qui peuvent être
dénominatifs de \i^o, une autre étymologie qu'à ^y,o\. J'avais
un moment l'idée que ce verbe pût provenir de 1/~j.^l>, avec
passage de j. à 3, comme ij^y> = ■yj^4s>', ^y> = yr vhvs.,
J.-»..i;! = Jyi!,853, ^yi=^, Musil o.l. p. 438; namar (assyr.)
luire, = j^i^ 1002 ^), où j.> ^^, mais je ne sais si cela peut-
être acceptable. ^^ ,j^o! est expliqué L A. par m\o\ et x^^b,
ce qui indique une qualité habituelle. De même, il faut peut-
être voir en ^}£. ^^o, nourrir une haine longue et invétérée,
et 'djj>c> = vAfl>, haine invétérée., non pas des dérivés de Ki^o,
fumier, détritus, mais la V j.^^ > ^j^o, ce qui semble cor-
roboré par la définition de L A : Jy^^ yX^ ^j^lXJ! lXa^! ^j^lXJî
(sl^jJS xJLc j_^'b. '->^ L?'^ ^^"^ '-^ oV^- ^" "^^ "^^ pense pas
1) Exemple ici sub i^y^-
-) N'ayant pas ici en Suisse la VGSS de Bi'ockelmann, je dois me
contenter de ces exemples.
■■') LA porto j^cXjÎ, ce qui me paraît fautif.
848
que les Arabes aient pu établir une sémantique aussi peu
esthétique. Mais il est bien difficile de suivre la marche
sémasiologique d'un mot, car les conceptions sont souvent
bien différentes chez les divers peuples. La l/~^y>j> paraît
avoir le sens primordial d'être noir ou obscur, comme aussi
,j/.woo > y.^-.*-:>o, I. Sîdah IX p. 39; cf. ^<^i, nuUlum vel
obscurum. fieri, et ^<^^ll, obscurus^ wt<6ï7Ms, Dillmann Lexsv..
H. Môller Sem. u. Indog. p. 79 : d m , obscur^ e7re épaU > d m n ;
voir sub -o. L'on peut se demander s'il y a un rapport entre
iuL«o = LXa=> et ce sens primaire ? alors 'ssXaù fumier^ et ssi^o
(Aijs> proviendraient du même point de départ. Mais, en tout
cas, il faut en séparer ^^ ^S). — jjc! aHIj.
,^u>, dormer asile et protection^ 702.
^^b, chercher asile chez qn, 703, 1 et 13 = ma LB'^A p. 8, 17.
^^l\j', demayider asile et protection, 702.
^Uj = J,Jo-, 702, 703. Etymologie discutée 703/4.
^j, manure, expliqué 702. I Sîdah V p. 121,2.
iu^j-, pi. Q^J>, est l'endroit délaissé et ruiné oîi il y avait
une habitation, un campement et oii l'on voit encore les
détritus qu'y ont laissés les hommes et les animaux, 701.
'Abîd b. el-Abras N° XI v. 4. I Sîdah V p. 121, 3. Ce sens
n'est pas connu en Dt. où l'on a cependant ^^LJ> vhv. Mais
on y dit iUxAJl ^^" et iOxAJî j.L.io, 701, voulant par là in-
diquer que ces villes sont très anciennes. Snouck Z A 26 p.
221 dit que Sibâm est appelé 'dJ.Aô^\ tout court et il le tra-
duit par Wohnort, ce qui n'est pas ici exact. On dit même
dans le Sud: un tel est xixuXJ! ^s>\ ^^p, d'une très ancienne
famille, 701. — Stace p. 95: iOxo, a pièce of land, 702, qui.
849
d'après Dozy serait aussi courant dans le Maghrib, ib. —
Territoire^ d'après Dozy, 703 en bas, mais c'est au figuré.
Le mot classique iUv>, = 3JtJ!, cro^^m, > *-ot!î (jojyi, e^iclos
pour le petit bétail^ est une contraction de iwj^ , L A XV p.
97, 3 et 6 d'en bas, el-Fâ'iq I p. 205 sv. iwo, avec conta-
mination de J.O, comme le pense LA 1.1.
^^Loo, détritus, résidu de toutes sortes qu'on jette sur la
^ïColX/, vhv., ou la 'i^j-A, vhv., 701; 1104 n. 1. ^::^\ qLco,
balayures de la maison, 1047 n. = Aden \^\3sS vhv. =
'»jA^. vhv. — Crotte, excréments des animaux, 24, 22 ; 636
n. 2; 701. - Fumier Dt. > JUj, 1760, = 'Oman y^^o vhv.
I Sîdah XIII p. 282, 2.- — On lui donne quelquefois le sens
de aLo, vhv. mais c'est parce que, la plupart du temps, la
'iL> consiste en ^^U^, fumier, Lammens Farâid N° 1350. —
io'-oo .b, 703, doit être iuUo, d'après un renseignement de
Marçais. — 'iJj\CKA, exphqué 703.
^ù, i, produire un sony retentir, bourdomier, Dt. ; inf. (jyo
avec son intensif ^,L\io = |^^^l2>Lb LA XVII p. 17, 10, aussi sh
Bsh. II p. 43; cf. l'interjection française din din'J Voir sub ^b
Onomatopée, comme ^o, vhv. Cette onomatopée n'a pas donné
^^lXJ», comme le pense Mez, OS Festschrift Nôldeke I p. 251 ;
V. sub qvA^. — Le verbe suivant est d'une autre provenance
non onomatoépique.
(jO, u, se baisser sur, s'apj^rocher de, Ho^arîeh. j*J! JU: ^^
J^lj', approche de la table pour manger, Hogarîeh. Le verbe
^_^o a le même sens. Un hadît porte: s^\ !^-fwJ (*jJL5't b!
54
850
yC^», î^ôj, lorsque vous mmigez (= avant de manger) dites
bism al là h, approchez-vous (de la table) et (lorsque vous
aurez. fini) cZ2Ïes el-hamdu lillâh, L A IIp. 351, 6 d'en bas;
ib. XVIII p. 297, 3 d'en bas, Nihâyah sv. '). — S'approcher =
se mettre à faire qc. ^}j^. RD Gl. sv. ^o. — LA n'enregistre
pas ce verbe, mais il s'y trouve dans des dérivés: ^^L\Jî
^^Lk)3 _^Lkj;5 _^o ...^^^î 0 -lX^\, avoir le dos coîirbé ^ Q,kïn.
sv.. ^^o est donc = 13^, u, vhv. ; = ^^o, LA sv., et qJ-^ =
Lio = v_jl\=>, ib. p. 71, 14.
^^JO, i, u, avec ^Ij ou ^^L, commencer à verdir, le Ué monte
en épis, GO., Dt. ^L. ^b ^, iaZ/z^ commence à verdir
et à avoir une bonne récolte. Salim as-Sâliimî (v. Index sv.)
a dit en entrant à Haurah:
(j.v^4-cijLi ,,i>JLfiA>w! L*^ ^*) U-o- -*Jt o'^f^ \J>x^ UJjj U_=>!
Nous autres sommes descendus en compagnie des petits
des guépards.
Nous sommes venus, lorsque Eaurah
Nous sommes venus lorsque Haurah était verdoyant de
céréales:
Il y avait (ou il y a) des qummur, des ga^^dan, et des sus.
Sur les noms de ces arbres, vhvs.
qJo, se dit du champ qui se couvre de verdure. ^A^o ioj>,
573 n. 1 = J^oî et ^^^ vhv. Cf. sub jOoo et J,j>.
^^c>, gobelet pour boire, bol, 1855. Ul:^ ioyL'i Jw«L=» ^'j-^-
(jiiXj sUivw iLj.^ ^^JLL q^ ^t) »l)uo qÂJ'j, Ze puiseur d'eau
') Un musulman observe toujours ce précepte. Même avant de boire
de l'eau il dit bismillah!
851
porte l'outre sur l'épaule ayant le bol à la main; il donne a
boire gratuitement à qui demande à boire un coup, Hdr. p.
329,13. I. SaM VI p. -124, 11: sXLJ! ^.UlJî . . . J^ 3y^
kLo vj-^^i 'V i)^^ ^ '^^^"^ *-*-< l5^^ ^—lUali, ^Alî donna aux
gens du jus de raisin cuit, et mon maître en eut une petite
jarre; nous m.angeâmes avec cela et nous en humes. Le pro-
fesseur Zetterstéen croit, ib. p. 82, à cause de cette forme di-
minutive, que ,^^0 est du féminin. Cela n'est point le cas.
ioLoo est un double diminutif à désinence féminine, selon
Prov. et Dict. p. 128, Datînâh 606 et 1456 n. 2 et ici sub
»^o, Brockelmann VGSS p. 425, où il y a des erreurs, I. Sîdah V
p. 180, 4 et p. 186. Marçais m'écrit qu'il a réuni, pour cette
sorte de diminutifs en a- plus de trente exemples maghribins:
Oji» et iisjw, M*^^ ^t iixijOlî, ry**^ et 'iLL^a , Ja-CCwo et idi«ii./«,
etc. En Hogarîeh, iu^^p est bol en cuivre jaune, dim. de ^^^,
assiette; cf. ioAi" vhv. Ce n'est pas ici ij^^j^:^] ^-^3, Brockel-
mann 0.1. p. 420.
Anciennement, ^o, pi. ^^Ljo, était une jarre à vin, = %^
vhv. ; el-Fâhir p. 65, 2, Naswân 0. 1. p. 80, 14, comme dans
le passage précédent, à présent appelé »^, > jarre, ou chez
les Bédouins aussi ioy>, vhv.. ou i_.a:>, vhv., mais alors ce
n'est pas pour le vin, bien entendu. 1. Sîdah XI p. 83,11
d'en bas: lX-oI,^! ^^ ^> h r L« ^SJi\ :ij^) v^:>Lo. C'est le
â[j(.(pop£Ùç des Grecs, Vamphora des Romains, amphore. 1. Sîdah
dit XI p. 88 que c'est le plus grand des Os^^i^j, grandes
jarres, qui restent toujours en place, mais Abu Hanîfah dit,
ib., que le <--aj> est plus grand que le ^o. LA donne à peu
près la même chose ; il cite I. Doreyd, qui considère ^^ comme
un mot arabe pur, mais il ne pouvait en savoir plus long.
La différence dans la définition se rapporte aux diverses
852
formes de ^^; Lane sv. C'est plutôt un mot sémitique
commun que nous trouvons également en babylonien, 1355.
Zimmern Akkad. F W p. 33 dit: „ Dan nu, tonneau, spécia-
lement tonneau pour la bière; > dannà (> arabe dann).
Il est très problématique si Tonne (français tonne, angl.
tun, vieil-allem. tunna) peut avoir quelque rapport avec le
mot akkad., ainsi qu'on l'admet en général". Voir ce qui
suit ici. Chez Torczyner o. 1. p. 92, il y a plusieurs renvois
aux textes babyloniens où figure ce mot qu'il traduit par
Fass, tonneau. Fraenkel FW p. 169 lui assigne inutilement
une origine araméenne. D'après lui, le mot se trouve aussi
dans le Talmoud Nil et en syriaque jj^ . L'hébr. N\2l3 , panier,
serait d'origine égyptienne, Bauer-Leander o. 1. p. 25, mais
Holma ZA 32 p. 47 identifie justement l'égyptien dn/,
panier, vase, au babyl. dannu, et je crois avec raison. Les
Arabes, qui habitaient avec lec Akkadiens en Mésopotamie,
l'ont bien appris alors, et la médiation araméenne n'était
point nécessaire. Fraenkel ajoute qu'il n'est guère permis de
rattacher ce mot araméen à tina. Il veut dire le latin tîna.
Je crois qu'il a tort. Walde LEWB p. 780 fait venir tina,
jarre à vin, du grec Ihc:, vase à boire, Boisacq Dict. étym.
de la langue grecque p. 189, ou vase à boire rond, selon
Passe w HWB sv., mais tous les vases à boire sont ronds.
Ce 'Blvoi; ne me paraît pas pouvoir se rattacher au verbe Im-joi,
^ïvécc ou S/vw, éol. Ibvsyj, comme lir/i fait en éol. S/ws. D'après
une règle linguistique générale, 'èlv-oc peut très bien remonter
au dannu babylonien par l'allongement de la voyelle, amené
par le raccourcissement de la consonne double finale. J'aime
à croire que dannu est l'origine non seulement de llv-oç,
mais aussi de tina et de tous les mots analogues d'à peu
près le même sens dans les langues européennes modernes,
qu'on trouvera chez Falk-Torp NDEWB sv. tonde, mais
ces auteurs ont oublié l'italien tino, tinello, tinella, sotfino,
tinozza, etc., probablement parce que Hehn, Kulturpflanzen''
853
p. 557, prétend que le prov.-fr. tona, tomie manque en italien.
Nous voyons partout que le mot s'écrit avec un ou deux n;
dans le premier cas, la première voyelle est longue, p. e. le
lat. tma et l'ital. tïno, dans le second cas, la première voyelle
est brève, mais porte toujours l'accent, p. e. le lat. médioéval
tîinna, jarre à vin (depuis le IX^ siècle), et le suédois tunna^
l'allem. Totme, le fr. fo7ine, tonneau. Un grand nombre de
nom. vasis et instr. en grec, et ensuite dans nos langues
européennes, proviennent de l'Orient sémitique; j'en ai donné
une petite liste 1355. Notre civilisation vient de l'Orient, et
il n'est pas trop osé de dire a priori que la nomenclature
des objets généralement employés par les Sémites a suivi
le courant civilisateur. Dans le cas spécial qui nous occupe,
il y une difficulté. Si le mot' original est damiiu), pourquoi
les dérivés supposés ont-ils tous la voyelle i ou u? Je ne
suis pas à même de répondre à cette objection très sérieuse.
Ce changement a-t-il des analogies? On pourra tout au plus
discuter la question si qO et ses parents sémitiques vien-
nent de l'égyptien dn'i, ou vice versa, question qu'il est
bien difficile de résoudre.
^^o particule, le plus souvent avec les suffixes: ^c>, lAÎo, xio
peut-être, probablement, expliqué 483, 484. Wallah ma la
dennak min ''Ôlah = ma la bennak = kinnak, est-ce
que tu ne serais pas des "ÙMif 482. Un proverbe datînois
dit: Bolâd tëhûn bèha la tokûn bèha âla dann bâ'
tezrà'^lak em-burr u el-yâqût u ed-dàhabi, pays où
tu es mal à ton aise, n'y reste pas, quand même tu y sème-
rais le seigle, le rubis et l'or. AI a dann est ici = ^^o ^,
expliqué par % =y^' ^L> i^y=> q^ q' «^J^Iî, pci'^ Dieu, mon
frère est peut-être venu, 483. C'est sans doute la même par-
ticule que J.O dont j'ai parlé shv. Sur la permutation de m
et n, voir el-Fâ'iq I p. 205 sv. iixo.
854
Il y a un autre ^c> = ^^, d'un tout autre sens, qui ne
se trouve qu'en Syrie et en Egypte et dont j'ai parlé Hdr.
p. 276 et s., ainsi que des verbes p" et ^_^" vhv. Mais je
ne suis pas absolument sûr qu'il faille considérer ^^ comme
provenant de p', quoique Brockelmann o. 1. II p. 39, en me
citant, ait accepté cette étymologie. ^o peut aussi provenir
de V~^J> > l^~p > qJ' et alors = V~^*j> vhv. Je fais ob-
server que p et ^♦i' sont synonymes de 3>^ < J-:?, j^ et ^_^4^
Hdr. p. 277.
ioo, Vactmi de se pencher sur, un penchement, Hogarîeh. —
Sur ^^Joo voir sub ^^b.
JÂjj, balancer; laisser pendiller, dandiner, Dt., et partout en
Arabie et en Syrie, oià c'est suspendre, laisser pendiller =\^î,
même sens, = ^^o ou J^-w î . Il n'est donc pas nécessaire de
faire venir ce thème du syriaque dandel, Feghali p. 79, id.
Emprunts syriaques p. 60, puisqu'il se trouve dans tous les
dialectes arabes et dans l'hébr. bH. ékj'îtAj! JajlXxi é^la., pour-
quoi halances-tu les bras'? (propr. tes mains). ^ Le d\joJL«
o ) ù -
\ôS ^^ JlXjlXj" liUi j:^l i^^-*-^, ta manière de marcher n'est
pas belle, parce que tu dandines le corps comme ça, D^.,
aussi classique. C'est sans doute une onomatopée, comme le
français dandiner, que Stappers fait venir de l'anglais to
da?idle, bercer, Dict. étym. fr. N° 3698 et Brachet du nom
propre Dandin, ce qui est une étymologie à rebours. Skeat
E D E L sv. est plus juste en disant : prob. of imitative
origin. Falk-Torp sv. dangle et ditiglé, qui n'ont cependant
pas relevé sa nature onomatopéique. Cf. dodiner, dodeliner
et l'italien dondolare, de même origine imitative.
855
JlXjo est sans doute une dissimilation des sonores pour le
primaire jAio, avec contamination cependant du quasi-syno-
nyme 1/~^L>, voir ^J^i^^, Marçais TAT p. 302. Hamâsah
p. 801, 10: jJLiJoJf ^ xx^ ^^ = Ta'lab Fasîh éd. Barth
p. 42; Aus b. tiagar p. 32,7; I. Sîdah III p. 105,2: ^^\
J,aJu> = LA XIII p. 265,9 011 J JjL\i" = ^L>^L>û' avec permu-
tation des sonores. Réduplication de la simple V~^o, qui a
donné beaucoup de dérivés dans les langues sémitiques et
dans les langues indogermaniques. Pour l'arabe, on en trouvera
ici un certain nombre. iJjAJo , petit pénis pendant, Syrie, voir
Prov. et Diet. p. 127. Cf. b*?!, pendiller, Ruzicka o.l. p.
48, mais l'autre /'^'l, êti'e faible, Ges.-Buhl. sv., est l'arabe
Joj vhv. Cf. JiÂ_55, i, laisser pendre, et JA-P, pendre, pen-
diller, = JÂ^' , avec application spéciale.
jAj^', se balancer, pendiller, = ^J;^OJ, vhv., aussi en Syrie.
Je ne crois pas que V^ô'^ ait affaire à V~6^, car la racine
Jo est identique à K^Jj, mais dans plusieurs acceptions les
phonèmes Jo, JJ> et ^o se rencontrent là oij ils renferment
l'idée d'être bas et pendiller. ^ô>^ôkj, pendiller, L A sv., branler,
chanceler, et ôj^y, trembler, vhv., offrent une permutation
de ô^j, mais |/~Joo vhv. renferme l'idée de petidiller ou
être en bas et s'identifie à 3^ vhv., qui n'est enregistré
qu'avec le sens secondaire figuré d'être bas = être vil, comme
en français. Il y a donc en arabe une certaine contamination
sémasiologique entre Jj» et Jo, sans que, originairement, ces
deux thèmes soient identiques.
yijo, baisser la tête, »^y, s'entend quelquefois en Dt. pour
856
,j*Xjo, vhv. Hartmann LLW p. 97. Socin Diw. Gl. sv. : se
baisser; il cite ys^o.
Jijj>, ]galais de la bouche, Dt. = ^l>, vhv. = Hdr. Jix^.
^J^c>, baisser la tête, ^^U, ou avec l'accus., Dt. Le barbier
dit à son client: ê^\, ^j^^ô, baisse ta tête, Hdr. p. 314,4.
En Syrie, on dit «-^L jjGo, il baissa la tête et les yeux de
honte, Dozy sv. = cl. ;J*^iijL>, baisser la tête ou les yeux, LA
sv. En Algérie, ^j^^, chagriner, faire de la peine. Bel,
Djâzya p. 128 = ^j^o, vhv. ^^jol}» est un accouplement de
;j^o et ^j*Sj, vhv., avec contamination de V~~^^^ > V~S'^
vhvs. Le sens classique de ^j^^c> (pas dans L A), rester à la
maison, être casanier, est secondaire et s'explique facilement
par le sens primaire sudarabique.
^ol, engueuler qn., ^ Dt. J-c ^«Aiï ^, ne m'engueule pas,
ne te fiche pas de moi. Dénominatif du suivant.
5 0 3 -O J JO 3 .G-
«jijo ou ^o, palais de la bouche Dt. = yiio = Hdr. ^àXi.
j^o, cf. ^o, vhv., et 1581,9 ^Ic t_c^^ • <^'^ ^^) c.a*JLL'î3
o'ixjt ^ si (ou lorsque) tu montes sur le sommet, tu as un
coup d'oeil sur le pays, 69, 17. Même verbe chez RD Gl. oii
c'est enregistré sub ^^o, i. ^j J^o, 537, 8, v. sub ^^o p. 850.-
a^U ^o, baisser la tête, 1103, 10 — Préparer, 1382, 2 d'en
bas, Béd. Nord ; Socin Diw. Gl. sv. : holen, bringen, ce qui
est peut-être juste, mais ce verbe m'a toujours été para-
phrasé chez les ^Anazeh par ^, o^ij ou ^J^, 1382 n. 3. —
857
w^ ci^j> Loj (y>.' to j^j-^it j.^, sa^2(^ aujourd'hui autant
que les gouttes de pluie qui tombent, 148, 7 ; cf. 1626/7. Cf.
T/~Jo, _^o = Ao ^ l/^^^o, _^j> = ^^o dont les dérivés se
touchent aussi au point de vue sémantique. Le mehri, dînl,
être enceinte, BM II pp. 103 et 107 et hedenii, rendre
enceinte, ib. p. 111, avec le participe medenî, pleine (bête)
ib. I p. 29 et II p. 103, que Bittner ib. IV p. 66 énumère
parmi les verbes caractéristiques du mehri, est sans doute
le dialectal sudarabique ^<Jo > ^à = ^T^o vhv., et l'on peut
y voir l'idée d'être près d'eyifanter ou de mettre bas. J'ai
entendu cette phrase: C^i^yoJ» 'iX=>\^\, la chamelle est proche
de mettre bas = elle est pleine, ce qui correspond au mehri
diniôt, elle est enceinte, BM II p. 107. La lurah et les
dialectes ont iC-^JA/* a-ïIj (Dt. ^Jj^>^, comme la lurah ^o^),
la chamelle est près de mettre bas, LA XVIII p. 301,7. Je
crois que le mehri medenî est ou le participe passé ou
bien l'arabe ^t>^. — ^o, prononcé ^c>, dini, au flg. bas,
vil, = (^3 prononcé ^o , d i 1 i , vhv. ; pi. ^Lo-^! , à d n i y a ;
LA XVIII p. 300, 1. ^^ JLJv, ^^Lo Li!, moi, je ne suis point
un homme bas, vil, = ^^*)0 i3L>, , v. sub q^o. Le français
bas offre la même 'feémantique, de même que le mot corres-
pondant des langues scandinavo-germaniques : lâg (suédois),
bas et vil = l'allem. niedrig.
LoAi!, ce bas monde, partout courant. L'auteur de 1 article
Dunya dans l'Encyclop. de l'Islam dit que „ce mot appar-
tient à la racine ^J^^, être vil". Il croit peut-être que „ce
bas monde" a ici le sens figuré de „ce vil monde", mais
cela n'est pas le cas, quand même en français on y attri-
1) Sur cette forme, voir Dt. p. 319 et ss.
858
buerait ce sens par pessimisme exagéré. Le mot arabe vient
) ù 5
de la racine lio, u, = v_j„s, être près^ être proche. Loo est
le fém.- de ^^oî, LA XVIII p. 299,8 d'en bas, qui est ici
très clair. Il y a aussi le verbe ^ù, a, être bas, vil, LA
ib. p. 300, 2 et 14, au sens abstrait et figuré, mais toujours
de la même racine concrète, =yj> <_^o . C'est une formation
secondaire: un '^ pour marquer une qualité physiologique.
g ■ ri >
L A a bien un verbe Lio , a, == _yo , être bas, vil, = ^-y^ et
?
o _
xUs J, JÂ*«, il a fait une bassesse, avec la même sémantique
figurée, mais bo, u, et l3o, a, et _^o sont au fond le même
verbe, dont le sens primaire est être près > être bas, au sens
concret. Seulement, Lk> et ses dérivés ont pris un sens ab-
strait et figuré, ZDMG 73 p. 103. Ce hamzah me paraît
cependant remonter au loin' c'est à dire au temps où l'on
parlait encore avec désinences vocaliques. DanaX danâ^'a-
tun, dan i^ un, adna^u, voir LAsv., offrent la rencontre
de deux voyelles, et alors le hamzah, par une simple loi
phonético-physiologique , est indispensable, voir sub J.l'UCwt;
c'est même une fine observation de la part des Arabes.
C'est aussi pour moi une des nombreuses preuves que l'arabe
a été parlé jadis avec toutes les désinences de ITrâb clas-
sique. Peut-être avons-nous ici une preuve de l'accentuation
de la pénultième des verbes, comme on peut encore souvent
le constater dans les parlers bédouins, et alors le hamza est
de rigueur dans ces sortes de verbes. Le cas est le même
dans nabî^ prophète, mais non dans nàbi, voir 610 et sv.,
1429 s., vhv., et je crois que dans le thème Lo < V~^,
qui a donné beaucoup de dérivés, vhv., c'est l'accent qui a
motivé le hamzah.
859
^s^ù
t
,i^Po, errer par-ci, par-là, Hammam — Battre, a, Dt. Ce
thème ne figure point dans les dictionnaires indigènes, si
ce n'est que le Qâm. sv. a ^oî = ic.^\xj parce qu'on l'appelle
par âs>S) pour être traite. Mais ce verbe paraît se trouver
dans „^o et ^o, contaminations de _ ,o et ,-nxio, vhv. avec
^'ù. Dans ces quadrilitères, que Ruzicka a passés en revue,
la lettre épentéthique n'est pas par hasard. Elle doit provenir
d'une contamination qui, cependant, n'est pas toujours facile
à découvrir. ^c> fait l'effet d'être un accouplement de _o
t. (z,
vhv. et de ^s> vhv.
.^ô, nomadic, Stace p. 112 = 1^:3^. Personnellement, je ne
connais pas ce mot, mais le livre de Stace, ayant été fait
avec 'Abd el-Qâdir el-Mekkâwî à Aden, qui connaît bien
l'arabe et l'anglais, me paraît, à cause de cela, digne de
confiance.
j4^Ô, pi. JoL5>o, est une tribu, Index p. 1815 sv., mentionnée
dans el-(jazîrah p. 91 et 96 et dans la Turfah (s. Index p.
1873 sv.). Elle existe toujours. Le classique ^^ est un
élargissement de Joj, vhv. qui a aussi été élargi en J-j^o, vhv.
^Â^J, enrouler^ rouler, 1522, 13 d'en bas. Cf. ^o, l\p et
^5>o, LA XV p. 102, vhvs.
j>c><Jj>, u, 850 n.; 128L Attiser le feu, ^r. tour ?ier, remuer ;
RD Gl. sv. Cf. j^fS vhv.
^Jot filer vite, se dépécher Dt. ; RO § 397; cf. ib. ^lX^lNJ",
Brockelmann VGSSI p. 516. - Cf. ><J^->, les lex. - L'hébr.
bibl., Nâhùm 3 v. 2 : iril DID doit appartenir à ce thème, =
860
..^" ,js-ç> dans la traduction américaine de Beyrouth. Stade et
KônigWB traduisent "inîî par trotter, comme ' l'avait déjà
fait Gesenius Thésaurus.
& - • 5 5
^o, pi. jy^'^1 affliction, épreuve. Dô^an dans sa qasîdah en
-ùr souvent citée, à l'adresse de Moh. b. (jabrân, qui est
venu chez moi à Aden:
Aujourd'hui, il se souvient de moi et il se souvient de
Bir Sanad,
S'il ose se coller à nous dans ces épreuves. — i>j> ^^J,
expliqué 824,
(jX^o, être ahuri, perplexe, Dt., = ^j^ô^Ji, Dt. et "Oman.
Voir LJ^j^, ijiij-b et ^ji^ vhvs.
v_À^L>, pousser, repousser, stossen, expliqué 1594. — oi^o, a,
se hâter = J^js^Ua^-î (qui n'est pas employé en datînois).
C'est un composé des V~nc> = ^ô, et ^j>, qui signifient
pousser, stossen. Métathèses : o^x^, vhv., et ^ir\ , stossen, et
nm, avec renforcement de la gutturale. Il est difficile de
dire laquelle des racines est primaire ici; elles sont sans
doute collatérales dès le commencement. Voir ici sub »j, _o
et ujo et leur dérivés; Ges.-Buhl shvs- Voir aussi pour les
thèmes analogues indogermaniques H. Môller o. 1. p. 43. Cf.
également ^^ ^t ses dérivés, et oi^o < ,«->, vhv., et les
autres énumérés 1595 en bas. — Tomber, tr. et intr.; dégrin-
goler, Hogarîeh. — Chez Jahn SAE III p. 269, c'est aussi
schleudern, lancer avec la fronde. Cf. RD II Gl. sv. v»juj>
et voir lJA^ vhv.
oi^cXJi, s'empresser, 1594.
861
s_àPl\;o^!, ,ltre pressé, Dt.
v«ÀPo, empressement^ hâte; impétuosité, 1594, 1595.
•^.Jt^o, pressé; impétueux, 1 594. "^Arreni, ana dihif, laisse-
moi, je suis pressé Dt. = v>^.5'LXJO*^-* Dt. ^.s>ô^\ J>jy^î,
185,5; 1595. — lj^Jc-o, 1460,4 d'en bas me fut expliqué
par la santé est revenue rapidement, de ^^à^o, se hâter, mais
j'avoue en douter. Une variation de ^_à^o est vi^j> = «OjL A sv.
vjl?*3, a, 1026 n., me "paraît être à l'origine un composé de
V~^j> (que nous trouvons dans oî^o, ^ziAS>j>, pousser, stossen, et
^3l\?j>, casser) et V~~^^ vhv., et dont le proche parent est
vJi=>o, vhv. Cela expliquerait le Â^ de ce thème, LA sv.,
vider ou remplir avec force. I el-Qùt. p. 130, 10 a seulement
L^'Xo ^J*UlSi ui'Ji^o!. Ou bien c'est une variation phonétique
de oU-i" > vJiJo > oi-5>o, en analogie avec les verbes cités
850 n. C'est ainsi que je l'ai analysé 1026 n. jJLc! àJJîj. Sur
bVjU\il c>i^Ô! V. LA et Rûbah, éd. Ahlwardt N° 40 v. 80 et
sa traduction, qui me paraît bien libre. Dans Arâgîz el-^Arab,
p. 30, le éêh Ahmed es-Ôinqîtî (car c'est lui qui en est le
vrai auteur) l'explique par *,»jioy>.
vji^Aj!, tomber sur, se presser sur, 401,8 d'en bas. J'ai trois
copies de -cette qasîdah; l'une porte Jè^J<}\, une deuxième,
vji.PÀjt et une troisième vji^LXJt i*^^- Je ne sais quelle est
la vraie forme. Kazimirski sub ^Jè^3 renvoie à <Jis>c>, mais
je ne trouve nulle part ailleurs oi^o.
(éV5>o, stossen, broyer, piler. Cf. Jo, >i)ij>, u, et ^^, même
sens, LAsv. On peut aussi comparer- vJi::>o vhv., dont l'affai-
blissement est As>o, piétiner, Musil o. 1. p. 199,1.
862
^o, a, être habitué à, Joi, 91, 14, 15; Hdr. p. 77 n. 1. 6
d'en bas. C'est, je suppose, un développement de Jb, u, et la
sémantique est la même que dans J^b, manier fréquemment
une chose, 1375, vhv.
^o, expliqué 1598, 1599; 1647, 9. — Etayer est, dans ce sens,
une variation phonétique de (.b et de j^o, vhv.
iU^o, expliqué 1598, mais iU^o, obscurité, Naswân o. 1. p.
37, est d'une autre racine homonyme.
^uLpo, 1647 = iwU:>, vhv. - ^S, 139,13, expliqué 1598;
le fém. iU^o, masc. ^o\, ib. Cf. J^o, rm'wer, vhv. = J^L\^;
vi^ > pA^-, Arabica V p. 38 et n.
^o, ruiner, démolir, abbrechen, 975, = ^s>o vhv. Variante
de ^o , vhv. Cf. J-^lXsî' vhv. et .yo vhv.
J^^o, rui?ier, démolir, abbreche7i, 71,7; 975, Arabica V Gl.
sv., =y^o, vhv., et g^^, (j^^ et j*^^', 362 n. 1. Variante
de J«,^o, vhv. Cf. J-*J^ vhv., ZDMG 57, p. 275.
^>.>, a, i, graisser, et au figuré graisser la patte à qn. Stace
p. 196: j;^-^! aJ ct^'-^' ^^ 6?76ed /?.m. L'identité sémasiolo-
gique est intéressante à constater ; locution exphquée par R 0
p. 408 N° 122.
^^o, intens. de la le. ^RQ p. 293, voir sub é<l=>.
^^l\jî, se graisser, s'oindre, 7, 11.
863
^jS>j> (dèhen) ou ,^0, graisse, 65,17; 1395; huile, 1738, ou
• -
beurre cuit, 029 n. 2; 832. RD Gl. sv. Carbou p. 201 : ^^^
beurre.
■!LjSj>, beurre, 20, 17; 39,27; 61, 13; 62, 11;629, n. 2; 1497,7.
Sur le procédé de frotter les pieds et les mollets de l'hôte
avec du beurre, on lira Glaser Mitteil. Petermann 1884
Heft 5 p. 180.
iU^Ô dahncV>dàhna U^o, 610 et 611 v. ici p. 796.
^jJ>, vase pour le ^s>o, 438 n. 3. I. Sîdah XIV p. 199.
Les noms y énumérés, et LA sv., sont encore partout pro-
noncés J.*!^, et LA dit justement que c'est pour JoiL. Le i
est devenu u par la permutation constante de ces deux
voyelles, ce qui a amené l'harmonie vocalique dans la seconde
syllabe. On est un peu étonné de constater que les philolo-
gues arabes ont approuvé ces formes vulgaires, même à
l'exclusion des Jœà/d. Ils n'ont pas toujours procédé ainsi.
Mais dans ïcj^lXxi, outre pour le beurre, Musil 0. 1. p. 137
d. 1., la vraie forme est restée.
.fc5>o, rouler, Dt. sAxj jj! j^^? ^'^ roula le riz dans sa main
pour en faire une boulette Dt. = .^o, exactement comme
LA V p. 381, 1. K. el-Addâd p. 231: J^l lot Jo-^î ^y^o JLiL,
ol\:>! !3! ^y^î- Ce n'est pas là un csj^, mais deux appli-
cations sémasiologiques de la même conception. — Tourner
autour, se promener, en tripol., 975; ma Festgabe p. 34;
Doutté TAO p. 31. - Démolir en salihî, 975. I. Sîdah VI
p. 112, 2: iaiÏA^o jc=> »jjtic> iaJL^ o,^^o: e;>Jt!î ^^>Lo = LA
V p. 381, 6: Jaiiwi wtîj -LuLU ."^o; cf. jy>^, vhv. — En Syrie,
864
escamoter. En Egypte, faire rouler en bas, précipiter en bas,
lancer avec force, = ,^^ et ,veo, to hurt, throio, cause to roll
down, Spiro sv.
^^la1'> .ye\j1> .^j>!, marcher à pas lents^ traîner les pieds,
comme lorsqu'on est malade ou fatigué Dt., 1185 n. =,>sU§j,
vhv.; V. Kremer Beitrâge p. 60: sich ungestûm benehmen.
.y>o me paraît être un dégémination de j^ô, où le » est
motivé par une contamination avec l/"~^^, vhv., ou bien
un accouplement de »o, — _o, et ,30. jy=>^, rouler, vhv., doit
être un accouplement avec „c>, variation cependant de «o.
Cf. J^o vhv.
Jy>o, être préoccupé d'une chose, Arabica V p. 7 n. 2, <(35o;
cf. JJïo.
^^^j>, i, donner le change à qn , Dt. Aussi RO p. 223, 11.
Lpo, subtlety, Stace p. 166 sv. — ;^\J>o ou ^=5!^^, artful, ib.
p. 12 sv.
30, négation himyarite = ^5, 417,11 et n. 5; 1193, = b ib.
b se trouve dans la grande inscription de Mârib, Glaser N°
554, Dammbruch p. 10 1. 66 et N° 618 p. 32 1. 12, avec
les observations de Praetorius, ZDMG 53 pp. 13, 1; 16, 11;
20,20; 23,5. Si 30 est = b, celui-ci ne peut-il être une
variation de "bJ?
v-jjo, pr. dôb, avec les pronoms suffixes, est un adverbe,
toujours. .jXoG! ^JLc (Dt. ^cL^ =) ^V^ i^3>->, tu es toujours
penché sur les livres, Dt. et Hdr. C'est le ^omânais ^^o, vhv.
aves les suffixes, R 0 p. 115. On peut aussi dire j.50 j^.b,
^
ù
865
constamment. Tout dialectologue connaît l'adverbe vulgaire
V5^ b, à peine, dont Tantavy a parlé le premier dans son
Traité de la langue arabe vulgaire, Leipsic 1848, p. 84;
Spitta Gr. p. 178. Tantavy écrit ^*,o\>, et Spitta l'a suivi,
mais Vollers Gr. p. 130 et p. 199 a y a dôb, de même que
Spiro sv. Dozy, d'après Mehren, n'a pas de voyelle, sub v'^>
et Littmann NAVP p. 16 écrit dûb et dôb. ^Abd Allah
en-Nadîm, dans son Sulâfat en-Nadîm I p. 87, 2, 3, dans
un dialogue du Caire : - j.1^ ^yio 'Sli\ (j^ Q-Jr-i^-c Jw^ : r^Lxî'
«AS' v^*^. '• tJj^'^ ' ^^ ^^ ^^^^ traduire V3"-^^ P^^' ^'^-^^ <^^ P^^<
jorès ce^rt '). A Tripoli d'Afrique, dûb ma est appena che^
Farina Gramm. araba p. 362; donc, conjonction. Snouck, dans
ses M S p. 14 s. a un bon article sur ce mot; il dit qu'à
Mekka on emploie aussi dûb, ou dôb (ib. p. 13, 17 d'en bas)
sans ya, mais alors avec les suffixes, absolument comme dôb
et dôm, dans le Sud, et cela est aussi le cas en Syrie. J'ai
moi-même, Arabica I p. 62 s., parlé de cette particule un
peu énigmatique et j'y relève qu'en Egypte on dit seulement
dôb, non dûb. La graphie ^^ est employée par les Arabes
lorsque la diphthongue aw est devenue ô. Spitta prétend que
v_j30 L se rapporte seulement à une expression de nombres,
ce qui est trop limité, et qu'il doit toujours être au début
ou à la fin de la phrase, mais cela est aussi trop restreint.
En Syrie, il y a ^^o, dôb, avec les suffixes. Àa^^î kLj ^
') "^Abd Allîih en-Nadîm, que j'ai bien connu, passait pour être le plus
grand écrivain de son temps. Son Sulâfat contient quelques dialo-
gues en dialecte du Caire. Il écrivait presque toujours en ^f^- De
cette façon, une bonne langue littéraire no pourra jamais s'établir. On
veut imiter le Kâhin et le Prophète pour faire étalage d'une érudition
que le peuple ne comprend pas.
55
866
J,Là^" Lfj.o L^j"^ Kxxo L^ t^j^^ lo t^lii '^'^st l<^ gourde de
vin, mais c'est que je ne vous en donnerai pas une larme
parce qu'elle me suffit à peine, Bâsim p. 57, 18, et ib. p.
72, 19: J-'^à^j ^j»^ W^ ^y^ o"^ er^ ^iî'^'^' "^j ^^^ m'embêtez
en rien, car nia place ici me suffit à peine, ^^j-ij-^ ^-^!î
q:>.lXj '^^yj-i^o qIjj-*^! -^jS i)^ (^LaCj iAjiA> oUJLs^, et les
chamelles noires vierment toutes de mettre bas, et leurs petits
sont comme les poussins des corbeaux et marchent à peine,
ma LB'A p. 14, 21. Littraann NAVP p. 16 N°20: 'âdôbna
gîûa, nous sommes à peine arrivés = nous venons d'arriver,
paraphrasé par halqêt = Bauer p. 89: edôb, mais p. 92,
dôb. Fourrière, MSOS IV,ii p. 213 n. 9, écrit aussi adôb
pour la Palestine. Littmann se demande d'où vient le a',,
qu'il compare, avec un signe d'interrogation, avec l'égyptien
yâ. Nous trouvons ce yâ dans yâ tara, yâ rêt, où c'est
une exclamation, ainsi que dans le Sud, ma Festgabe Gl. sv.
Ce qui pourrait appuyer mon soupçon que ce dôb n'est
qu'une prononciation pour dôm, avec permutation des labiales,
c'est son emploi en Mésopotamie, où kam dôb est combien
longtemps, MSOS VI, ii p. 100 N° 14,3 (où 6em dûb),
cité par Brockelmann o. 1. II p. 36 en bas, qui n'y a cepen-
dant pas relevé ce sens particulier de dôb = dôm. On com-
parera également le hadramite dôm = duwên, vhv.
On a beaucoup conjecturé sur l'origine de ce dôb, dûb,
yâ dôb, yâ dûb, ainsi qu'on peut le lire dans les ouvrages
susmentionnés, chez Marçais RMTA p. 422, qui rejette
l'étymologie de Fleischer Kl. Schriften II p. 507/8, et chez
Schulthess HW p. 18 n., qui considère ^*i^,à p)eine,<^^c>
comme un fait généralement connu, étymologie qui doit
sans doute être écartée. J'avoue mon incapacité de résoudre
définitivement l'étymologie du dôb, dûb du Nord et du
Levant. Mais j'ose avancer encore une conjecture aux autres.
867
Nous avons vu précédemment que dans le Sud d ô b est =
dôm, vhv., et je me demande si cela n'est pas l'origine du
dôb du Levant et des Bédouins du Nord. Cette particule
serait alors venue, comme tant d'autres mots, avec les tribus
méridionales, mais dont le sens primitif aurait été modifié
en route. On doit aussi remarquer que U est bien plus em-
ployé dans les dialectes du Sud que dans ceux du Nord;
voir les renvois plus haut. En tout cas, dôb < ujb me
paraît impossible.
Un adverbe, de sens analogue, se trouve dans le Sud.
C'est c>y^ ou Oj-5', vhv., dont j'ai longuement parlé Hdr. p.
464 et ss. < ol^, u, > olXSL. à peme, Syrie,
_^o, _i5iAj, verser, 1333, oii exemples. ^Jt ^^ ^l» \X „^oî,
puire-moi de Veau du puits, Hog.. C'est l'hébr. nn, dont le
hiph. est ahsinilen, laver, rincer, Ges.-Buhl sv. ; Levy N H Ch
WB sv.
Jj», u, faire du bruit, expliqué 1333 et n. Cf. j-b, u, et ,^30, i,
vhvs. Un autre Jô, u, battre, rosser, = "o, vhv., se trouve dans
le Nord, ma L B'^A p. 5, 30 et 31, voir le Gloss. du dit ouvrage.
_3iiAJt, descendre d'en haut, 1333, oii exemples.
_3L>, bruit d'une chose qui casse, craqueme?it, Dt. — Prairie
verdoya7ite, avec ou sans arbres, Haurân. Sachau AVLM
3
p. 57 N° VI et p. 81, oià „*,c> qLx.vvj, a certainement le sens
de jardin verdoyant. — ic=>b, dim. du précédent, Haurân.
Dans la Qasîdat es-Sahgah, il y a ce verset:
Uqta'^li t'ôb ëdwêhi * minsân yizîd en-naqéAt
où ^,;j5^3l> ^yi me fut expliqué par -^ÂJ' ^JiJii JJixî ^J:^à^ ^y,
^yt j.^^^!, étoffe bariolée comme le bariolage de la prairie
au printemps. C'est plus exactement une étoffe de soie, yi,
couleur café, couverte de petits cercles rouges dans lesquels
868
il y a des points jaunes, Ces mots ^^o et !L>»)3 sont inconnus
dans le Sud.
t''^
^b, u, avoir le vertige, 1285 n.; cf. ^jib, u,. et (JiLL, vhvs.
G
„v^' cr ^*>-t^^'' i5 LlÏ>o, ?i02<s avo7is eu le mal de mer, la
tête 710US tournait dans le bateau à cause des vagues, Dt. —
Fumer le tabac. On le dit par plaisanterie dans le Sud, 1284
et n., et c'est ainsi qu'il faut comprendre RO § 168: gâ^lek
du ht, as-tu déjà fumé? et ib. p. 205, 14 d'en bas: libâdîye
ma ydûljo teten, les Ibâclites ne fument pas le tabac, et
d'autres exemples 1285 note. C'est une application populaire
de p-b, avoir le vertige, comme notre fumer l'est aussi. RD
Gl. sv. y voit l'origine de q1-=>^, de même que Vollers ZA
XXII p. 229 = ZDMG 49 p. 507. Voir sub ^^, où je
suppose que le sens primaire de V~ ^o est tourner, "planer
dans Vair, tourbillon?ier ou quelque chose de pareil; I. SaM
i p. 55,9: .ib!. Cela expliquerait le classique S^ù] ^b, tour-
ner par ci, par là dans mi pays pour V explorer, I. el-Qût.
p. 291, 8 qui le glose par l^^ et LA sv. explique ,.Ki! ^^o
par xas JL> et o^Lj! ^^j, par ^ji^' J^ L^^c j:j> 1 ? * i Lw loî
Ipjs \J.£; Grâhiz Tria Opuscula p. 45 d. 1.; Magânî I p. 277.
— Jj> est aussi, dans la lurah, = j3, 1. el-Qût. p. 291, 9,
mais cela me paraît être un sens secondaire. Mehri dûyah,
avoir le vertige > être ivre, B M II p. 98 anm.
^^o, donner le vertige, faire tourner la tête, Dt. LA sv.
porte ^^\j ^y] ^30 — ^b!, et Zamah. Asâs sv. : ^ ^jr^^^
i^,jÀx/toi, ce qui chez lui est au figuré, mais cela n'est pas
bien sûr malgré cette autorité. Verbe partout courant. Bâsim
869
p. 11, 7 d'en bas: s~>^j>'i j;::> y^ sxa J*^î, je lui ferai quelque
chose qui lui fera tourner la tête, -;,50 est aussi intransitil"
= ^b, dont il est l'intensif. cjX.*^-, -^^Aj L», la tête te tournera^
682, 12; Stace p. 72: he became giddij (sea-sick), / got gicl-
diness. RO p. 211, 11: ^J^^L\.J ^^^.f la tête me tourne. Mais
j'avoue qu'ici ^^^ô peut aussi être tr. de -!o>. — Fumotter^
Muràd, 1285 n.. Cf. J.Î.30 vhv.
-i^o est dans le lurah parcourir un pays, Naswân 0. 1. p.
37, 17: L^5 .L-w \j>\ o^LJî ^^o, et S2ibjuger, el-Fâhir p. 182, où
^J^^,■, J-Jo et j^f ^=^ JJJ> et jp, ib. p. 8, 15, où est cité un
vers de As'^ad Tobba*" à propos de Bilqîs:
Elle y a vécu 90 ans; elle a subjugué
Le pays cVeVIrciq jusqu'au désert de Sayhad
et ib. p. 37, 19 par le même:
i^i quel pays n'a pas eu ses rois subjugués (ou humiliés)
Et quel seigneur puissant n'a pas été conduit en chaînes!
En tout cas, les deux sens : parcourir un paijs et subjuguer
humilier sont secondaires, avec application sémasiologique
spéciale de la V'~^*>c>. Autre ex. (jamharat d'I. Abn el-
Hattâb p. 22, 5 d'en bas.
,iob, qui a le vertige; qui a la tête qui tourne, étourdi; qui
a le mal de mer, des naussées, Dt. Ce n'est pas précisément
') L'édition porte j.^l\Jj" et lAJLj", ce qui est peut-être la bonne
leçon si cela se rapporte à Bilqîs, ce que je ne puis vérifiei' en ce
moment, mais alors il faut l^_^.
870
ivre^ comme le traduit v. d. Berg, Le Hadhr. p. 127 n. 1.,
mais lorsqu'on est ivre, la tête tourne. Stace p. 72 = ^31X0,
giddy from sea-sickness or sun, etc.
Le classique ^b, sombre (nuit), qui se trouve dans le
Qâm. et, par conséquent, dans TA, cité par Brockelmann
0. 1. 1 p. 76, semble appuyer l'étymolôgie de i^,L=>o, vhv., chose
noire, mais il provient d'une autre racine homonyme et n'a
certainement rien à voir avec ^b, fumer, ni avec ^^o,
rendre vertigiîieiix, comme le pense Brockelmann. Et le sens
de ;?.jb, étourdi, = irréfléchi = J^Ud , est aussi peu vulgaire
que ne l'est celui du verbe ^b, u, voir Belot svs.
^^Vj vertige; courant dans toute l'Arabie, = class. ^îjo. Stace
p. 72: giddiness; v. d. Berg 0. 1. p. 127: ivresse, mehri:
daht on doht, BM II p. 98.
(^Li»^o, qui est en état de vertige^ qui a des vertiges, étourdi, Dt.
^^Li>30 ou ^(^o en sahhî, drunkard, BBRAS 1902 p. 263.
^J^.ô, ivre, v. d. Berg 0. 1. p. 127.
^^^, pipe, narghilet Dt,
J'ai dit que ^b, -^^Aj, /wwer /e teJac, n'est employé qu'en
guise de plaisanterie et par rapprochement populaire de ^b,
o
u, avoir le vertige, de même que le Syrien ne dit ^=>j> que
par la même raison, en pensant à qL=>o, tahac à fumer.
L'étymolôgie de Vollers, 1285, adoptée par Brockelmann et
Rhodokanakis, est suspecte. On sait que les Arabes disent
^^L>u>ul v/^> ^^ ^0^^ ^'^ fumée, ou le tahac, puisque Qi-=>^ >
tahac. Or, on disait cela aussi en Europe lorsque le tabac y
fut introduit, de l'Amérique ou de l'Orient, on ne le sait,
1871/2 sv. tahac, Hdr. p. 208 n.. I. el-Wardî t 1349 dans
son Lâmîyat, p. 36, j)arle du tabac.
Un arrêté municipal de Ydre en Suède, de l'an 1658,
871
décrète que ,jCeux qu'on trouvera à hoire du tabac pendant
le sermon seront soumis à une amende d'un demi mark en
argent". Je ne suis pas à même de constater si cette locu-
tion existait dans d'autres langues européennes. Est-ce une
traduction de l'arabe ou de la langue du pays d'où venait
le mot tabac? On sait qu'en Amérique, aussi bien qu'en
Orient, on avale la fumée, qui, en Orient, passe par une
noix de coco remplie d'eau (d'où le nom narghilet, Lammens
Mots français p. 179), encore en usage dans le Sud et chez
les Sômâl. On boit donc pour ainsi dire la fumée. Notre
fumer, smoke, rauchen^ rôka, n'est que le verbe courant ap-
pliqué métonymiquement à cette action; on le dirait pres-
que dénominatif, en tout cas détourné de son sens primitif.
Si donc on veut dériver qLs-o, fumée, de p,L^, u, fumer,
moderne et nullement courant dans ce sens, si ce n'est par
plaisanterie, on peut, avec autant de droit, dire que notre
„fumer le tabac" vient de fumée, QLi>j>,
On sait que Collingwood Bruce a le premier trouvé des
pipes à côté d'un mur romain du temps de Hadrien. Ensuite,
d'autres pipes ont été découvertes en Angleterre, en France,
en Allemagne et en Hollande, dans des ruines romaines.
En. 1912, un savant espagnol trouva des pipes dans les
provinces d'Alicante, de Valencia et de Sevilla. On peu les
voir à présent dans les Musées d'Espagne, et le musée de
Madrid en possède deux. On a même trouvé des pipes pro-
venant de peuples d'une culture plus basse. Un pierre tom-
bale dans l'église de Hubeville, du onzième siècle, et une
statue à Cormumare en Irlande réprésentent deux hommes
de l'époque carolingienne avec de courtes pipes à la bouche.
On ne sait pas au juste ce qu'on fumait, mais des indices
donnent à supposer que c'était la lavande, arabe ^^^f>, n-
unit. »Uîji>, LA XV, p. 66 = Asraa'î K. en-Nabât, éd. Haff-
ner p. 19. Jaime Fober dit dans une poésie sur la prise de
872
Valence en 1276: „0n dit de la lavande qu'elle chasse le
sommeil et donne la force à celui qui la fume, parce qu'elle
sèche l'humidité du cerveau et fait de cette façon naître de
grandes forces". Un archéologue espagnol a trouvé une pipe
en terre cuite, ornée du relief d'une plante qu'on croit être
la lavande. Il n'est donc pas exclu que les Romains fumaient
la lavande, peut-être aussi l'opium.
.'j», u, faire le tour de, aller autour^ contourner. ^^^ •j^i>
j*^" j? bj LXcLijJ! Vj*^'j ^6 (^^^^f s'approcha des Bédouins et
les contourna tous, 505,6 d'en bas = ma LB'A p. 2,21.
d^^^ o;b 1) = dU c>^"^, as-tu compris? 1532. ^J^J^, chercher,
R P Gl. sv., ou J ou J>£ . Mehri d ô r = sh. d e r, aller autour,
umhergehen, avec la forme collatérale d e b f r ou d b e r =
J., .Lw, Bsh. II p. 34- et p. 64. Dans Bâsim, .b, se pro-
mener, faire un tour, 72, 10; parcourir 3, 21 ; 17, 21 ; 19, 22;
54, 5; (ji^xii o.o, 15, 14; 21, 19; courir chercher ; rôder b,^.
En Egypte, on préfère J^ ^^l^, et l'on ajoute le verbe ^_wJ:-5.
y^UJî o^ (|c ,b, courir les maisons, Sjt. et Eg., ib. 48, 9;
Hafâgî, Sifâ" p. 103. En Datînah, il y a les même locutions,
si ce n'est que l'intensif .^o est plus employé.
En Dt , .b < ,b, est le terme technique pour exprimer le
peu de souci qu'a la chamelle pour son petit qu'elle quitte
pour un jour peu après la '■àSà»^, partiirition. ^.\ô J^!^^!
^Li (^, les chamelles se détournent de leurs petits, Dt.
Toutes ne le font pas. C'est pour ^j < ^b, vhv.
Nous avons une étymologie sémantique analogue dans le
') Le levantin tiULi ,jJ>, fais ultenlion, <yb' < y^^t n'est pas usité
dans le Sud, où l'on dit ôbah, v. p. 9. Cf. animadverterc, observer.
873
français chercher (vfr. cercher) et l'italien cercare, qui vien-
nent du latin circare, propr. circumcursare, circumire, courir
autour^ ça et là; aller autour^ visiter, et qui se trouve
dans Properce avec le sens de aller ça et là, absolument
comme notre b et .30, herumgehen: iji^. oUo j^Aj ^^^l2
ou ,3t\j, Dt.
Devenir, = J^, surtout dans le Nord et le Levant. Jc>
|JL^, = |JL*va .Lo, il s'est converti à Vislâm, Syrie, p, ^b,
il est devenu grec orthodoxe^ = l-JJs, Syrie. Obs. convertir^
même idée que dans ^b, et en français (se) tourner a aussi
un sens analogue, p. e. : la chance tourne belle (P. Ferney) ;
la manifestation se tourne en révolution (Fr. Sarcey). .b
jJlI?! = jjli?l .Laû, il se fit noir, Hartmann LLW p. 90; ib.
p. 195 N° 176: ,^^ ^b = ^L^^Lo. oij^î ^b ^Li! )i ^
^y>, à force de pleuvoir, la route est devenue toute boue, Dt.
Cf. en babyl. le verbe congénère .Ij' : a n a t i 1 1 i t â r u , devenir
poussière, Del. HWB p. 702, cf. sub ^jd^.
Dans l'Afrique équatoriale, ,b, u, est vouloir, chercher,
aimer; être près de, Carbou pp. 27, 10 d'en bas; 29,3 d'en
bas; 93,6 d'en bas. ^_^4J ,30 lit, ib. p. 88, 10, = dt. jtv^L. li!,
Je veux m'en aller. _^^ J..^' ^jg', ib. p. 88, 13, = dt. ^^.^ L. (ji!
ou ^,~M^Ji L_A_j', qu'est-ce que tu veux faire? >-a,jJ5 ^>ao ,»|iAj,
ib. p. 124, 11 d'en bas, = dt. vs^^s -:^>*o L., il s'eti ira bientôt.
ji-jij iJÎ ^»J^ L, ib. p. 125, 13, = dt. J^i>o! ^J^\ L U ou U
JwJ>o! ^Jb, il ne veut pas que j'entre. (c>jl> ou) 0,3^ Lj!
j^^jî j^ j^KJ J^>lXj^, ib. p. 125, 17, = dt. .^aj bl (ou s^ =
^ccaj IJdr. ou ^_^! o^s' ou 1jc>-^) w^Jli ^^ iJ->^V '"^1 (> v^
874
> ^'i),je voulais qu'il entrât, mais il a refusé, o^- ,3^-j,
il agonise, ib. p. 234, = dt. o^:. L. . iùîjjffJî ^^*^îî L;^ '<^*,
^ ji^y^, ib. p. 83, 5 d'en bas, = dt. Ijjasj (ou ^) Lo ^^^
,<tiLj L y«..4.xiJt o^-A^^ quand nous aperçûmes les cases, le
soleil allait se coucher, était près de se coucher. Ici ^ et oLL
aussi bien dans la lurah, voir plus haut p. 873, que dans tous
les dialectes, peuvent avoir le même sens ^' être près de, p. 1 1 d.l.
cf. sub L) p. 16 et ici sub ol,, u, RO §428, et ici sub ^^o.
— Dans Rabah et les Arabes de Chari, par Decorse et Gau-
defroy-Demombynes, je trouve ces phrases p. 56: te dur
chiunu, que veux-tu? et ana dur bakul, ^e veux man-
ger, où l'on observera bakul, voir sub L Marçais, C B.
p. 95: dâr, i, faire, mais dâr, u, tourner. Aussi Bauer
Palest. p. 202, 10, 11, 12 d'en bas.
En "omânais.^b est verbe auxiliaire, RO § 338, où exemples;
ib. p. 298 et p. 306, 7 et 1. 3 d'en bas; ib. p. 312 d. 1. avec
un imparfait suivant. Je le traduis par se mettre d, com-
mencer. Il correspond au nord- et sudarabique j.lî, vhv., au
nordarabique et au levantin j^, vhv., et au sudarabique
i^yo.w!. î^-j^-ci^ b;3'-^-:i pyJ.i loTsquHls boivent (du vin), RO p.
229, 4 d'en bas = dt. \^jJ^. L> ^^. Ib. p. 230, 6 d'en bas:
\jXs- ..?s*>.aj ^toj Calô), et il se mit à crier allo!=^dt.: j-lï,
_^Ji -,>y^ (allô!) Ib. p. 325, 10 d'en bas: hîye dârit tûkil,
elle se mit à manger, = dt. hî^ qâmet tôkol; ib. p.
329,1: dôrne nùkil, nous nous mîmes à manger; ib. p.
347,5: j«.5'LLJiL3 b.j>, nous nous criâmes mutuellement; ib. p.
359,9: dâro y i t'^addrûlné, ils commencèrent à s'excuser
vis avis de nous; ih.'Çi.MS),!: dâro yitnâqe^o btefaq,z7s
commencèrent de lui tirer dessus avec des fusils. Dans plusieurs
de ces exemples, le Bédouin du Nord aurait dit o!^, vouloir,
vhv. comme le datînois dirait aussi L, vouloir. 'E,t nous
venons de voir qu'au Waddây ^b est aussi voidoir. Cela
875
prouve également qu'entre ^b et o\j il y a communanté
radicale et sémantique. J'ose ici faire une conjecture que
j'ai trouvée, indépendamment de JSIôldeke, Beitràge I p. 45,
et de Deriiombynes, Rabah p. 35, et qi^e j'ai déjà formulée
sub 1=> p. 529. Ce .b soudanais est certainement une meta-
thèse de oî^, u, vhv., qui dans la IV^ forme est vouloir et
comme telle désigne la direction où l'on se rend^ ici la
direction de la pensée, à l'instar des verbes énumérés dans
I. Sîdah XII p. 50 et 51, et du mehri Jjù^ = J.«î, exemples
chez Bittner St. mehri II § 104. La première forme existe
du reste aussi dans les parlers bédouins de la Syrie, voir
sub oL, u. Cela est d'autant plus plausible que .b et ot^
sont certainement le même thème, signifiant tourner cà et
là, chercher. Le ' mehri j.L:>, vhv., joue le même rôle que
l'africain .b, et la sémantique est la même dans les deux
verbes. Mais on pourra ici faire cette objection que ^l=>, qui
veut aussi dire à l'origine tourner, planer, correspond ici à
^b, de sens analogue, et que, par conséquent, ^b n'a pas
besoin précisément d'être une métathèse de ^\^, u. Cette
objection est sérieuse. Mais il n'en reste pas moins que ^b,
u, et o^j, u, sont des synonymes.
jL = .b se serait donc ici conservé dans la I^ forme avec
le sens de vouloir, ce qui est, du reste, le cas dans les
parlers bédouins de le Syrie, comme je viens de le dire.
C'est ainsi que les dialectes ont conservé ^>^j, envoyer, vhv.,
là où la lurah n'a que ^J et f^, vhv. =^L«. La question
est de savoir lequel des deux .b ou S)^ est primaire. Pour
ma part, je crois que ^b, u, a précédé oL, u, mais on ne
saurait rien dire de précis à cet égard.
Sur les thèmes dr, tr, dwr et twr dans les langues
sémitiques et indogermaniques, voir H. Môller Sem. und In-
dog. I p. 24 et p. 80 et sur sa métathèse rd, rt, Walde
876
LEWB sv. rota, Kluge EWB sv. Rad et Stappers Dict.
synopt. d'Etymol. fr. N° 1525.
Cf. f^ <yo, 987; 1281, et^y?o p. 863; ^Vo =^0 1768, vhv.;
.b > ^l\:> 1254 et ici p. 377; cf. aussi .s et .ij', u, vhvs.; .Lb,
u, ^Lb, i, vhvs., primitivement tourner, vo/î!/^er, mais dont les
significations se sont spécialisées; X^, I. Sîdah II p. 10 en bas.
ô j*iJ>, tourner, chercher, être en quête de, 170,6 et 7; 895,4.
Dûwarnâleh uma laqînahsi, ya obèyni ''alêh, ?20ms
l'avons cherché (nach ihm gesucht), mais 7ious ne l'avons pas
trouvé, d mon grand regret Dt. = Jsc .^o ou q^ ^b, RE)
Gl. sv.. Bâsim pp. 15, 18; 16,21; 20,16; 29,2; 40,5; 81,5
(Proverbes): J^ 50. — J oïjjb ^o, trouver le moyen de, une
issue, einen Ausweg suchen, 1362, 2. R 0 p. 361 d. 1. : i-X> î^^.kj
Ijj.jlXj, ils envoieyit quelque' un pour aller à notre recherche. —
^b, maison, partout courant. iCsL/wAi^Jî b est à Aden la
maison d'hospitalité que les Anglais ont affectée aux notables
indigènes qui s'y rendent, 163,8. BH p. 253. Sur le .b
arabe, il y a à présent un mémoire de Kasdorfî, Haus und
Hauswesen im Alten Arabien [bis zur Zeit des Chalifeyi Othman),
Halle a/S 1914 '). C'est l'hébreu "ill, habitation. Landesdorfer
S S p. 42 veut que ce mot n'ait rien à faire à la racine 111,
et il le considère comme un emprunt à l'akkad. dû m, haie,
enclos, mur, château, Zimmern AFW p. 14, Muss-Arnolt
p. 267, mais jamais habitation; il lui assigne une origine
soumérienne: dur, habiter. Je crois qu'il a complètement
tort, car V~j^ ^j^^^ ^st du sémitique commun et le sou m.
dur doit alors à l'origine avoir le même sens que le sémitique
correspondant. Dans les premiers tem^^ de l'histoire orien-
') Je regrette ([ue l'auteui' ne connaisse point mes ouvrages dia-
lectologiques.
877
taie, on a dû disposer le ^b de la même façon que plus tard:
il était entouré d'une haie ou d'un mur. Le campement
était disposé en rond, de façon à former un circuit de pro-
tection pour le bétail, placé au milieu, ainsi qu'on peut lire
Dt. p. 19: winnekom tehôttu el-hiyàm dâr ma dur
"a la el-baowfe, etc. Le verbe bibl.-aram. in, habiter, est
sans doute dénominatif de l1l =^b < K'^^o, apparenté à
y>', .^j yj, etc. vhvs. Cf. Fleischer apud J. Levy I p. 440. Sur
^îo en safatique, voir Dussaud, Les Arabes p. 104.
^b, tour, pourtour. jjjAiî U JJLxi Vjj-^' cr* k-H^^ ^-^rKp'?
nous faisons Venclos en broussailles épineuses^ comme un mur
circulaire, 23, 2. Au Yéman, muraille d'une ville, Glaser
■y
Mitteil. p. 46. ^jb .y«, mur d'enceinte, de Goeje Gl. Bibl. Geogr.
arab. p. 240. — 'iJ'^, pi, r-jîjo, circonspection, clairvoyance;
savoir faire, Dt. Es-Sâhimî dit dans sa longue qasîdah :
Àsl]*, yjj^i J-^î" Ij '^T^^-y^
prenez vos mesures, vous qui avez l'intelligence et les idées,
{provideant consules), où le mot fut expliqué par le subst.
,j^. yJ*)OJ>\ ^\ est le terme technique pour ce que nous
appelons les gouvernants, 1719, 4 d'en bas.
j-^3, village, en Tihâmah, Glaser Peterm. Mitteil. 1886
Heft I p. 7, = yp p. 878, 7.
»_jo, territoire, contrée, pi. >jo, 550,2 et n. 3, = «^jp, 302
n. 1; 490,8; 550 n. 3; 1093 n. 2; 1220,1, avec le pi. o!;JO.
Wetzstein ZDMG XXII p. 75 et p. 115,10. Socin Diw.
Gl. sy. qui dit que le syô de Belot Suppl. p. 987 est erroné.
Ce n'est pas le voyellement qui y est erroné, mais le sens
y donné: banlieue, alentours; arrondissement. Dozy, d'après
Bc, est, comme étymologie analogue, bonne, mais trop mo-
derne. Ce mot a disparu de l'édition anglaise de Hava, et à
878
/
tort. j?^j-b5 ^uJLc \yt^:s\s> LLjyp, 7Î0S contrihules les attaquèrent
et les mirent en fuite, récit ""anazite, propr. les gens de la
même localité que nous = LLjyjo J-5>t, comme le qorânique
iûj5 = iij Jiit J^L î^iAi! L^ Sj.yJcj Ujy.o j.b L, pendant que 7ios
contrihides lâchent la poudre sur eux, 1719, 9. RD II § 3 d
et Gl. sv. b^jo, Land, Heimat, où il faut ajouter 84, 2; 94, 3;
110, 12; ib. Il p. 75; il y a aussi une seule fois^o, 47, 16; cf.yJ,
village p. 877. Ce mot, si courant dans le Nord, n'est point
employé dans notre dialecte. — C'est «yb > »y.o > «yo, selon
Arabica III p. 39; Hdr. p. 386 et Dt. 302 et 550 n. 3.
Cette prononciation »^.u> doit être fort ancienne, comme
elle l'est aussi dans son correspondant 'Syp- vhv., et dans
l'hébreu biblique HTîp, campement de tentes, village des no-
mades, mur d'e7îceinte, Gen. XXV vs. 16, oià les fils d'Ismaïl
habiteTit dans leurs nn^^VD» =_jj'-*i2==- ou yiii^- vhv., cf. Jesaïa
XLII, II, et dans leurs niTi: '), de V~iy^=J^^ vhv., ^.
Ces deux mots sont traduits dans la Bible américaine de
Beyrouth par: ^j^.>oj>5 ^Joj>. Sur jy.b, cf. ^!, y»", ^b', u,
JJd, u, i, Jj>, u, vhvs.; o et o > Js à cause du ^. On voit
donc que ce mot »^o, a une haute lignée : il remonte au plus
ancien temps des Arabes et il est resté presque tel quel, à
l'exception de l'emphaticité de la dentale, jusqu'à nos jours.
Le dialecte de Ma'lûlâ a aussi tîrca < syo, ZA XXXI p.
218, 11 d'en bas et p. 221. Voir Additions.
1) Bauer-Leander o. 1. p. 452 compare nTî3 avec l'arabe J^] en-
clos^ mais yy^ n'est pas enclos v. LA sv., ce qui n'exclut pas la
>
parenté de ces deux mots, cf. J^^ < yi'^'
879
Boussole. V. d. Berg: Le Haçlhr. p. 254. RO p. 115,6
d'en bas. Stace p. 35. PI. oî^^ — Service à café, 1088, v.
d. Berg o. 1. p. 66 n. — s,b, plusieurs 'arwàs, vhv., en-
tourés d'une haie, Glaser Peterm. Mitteil. 1886 p. 7. Lam-
mens, Berceau p. 33.
iCj.b, chemise de femme, 820, 4.
.30, parapet, mur d'enceinte, Hdr. Gl. sv.; pi. J^o\. Rempart,
V. d. Berg 0. 1. p. 62. Cf. le babyl. dûru, haie, enclos, mur,
château. — Subdivision d'une tribu, pi. ^'30!, Arabica V p.
231, 3. — Au Waddây, p^J^., pi. y.'^t;'^, ou ^0^0, mur, Carbou
p. 238 et n. Cf. le class. ,,50^, tourbillon, Mas. I p. 240,
ZDMG 70 p. 452. - Rang. Hartmann LLW p. 95. -
Tour, Reihe, dans ^^^Ij, à tour de rôle, Nord; connu en Dt.,
mais on y dit plutôt '^^i^JJL, et léX^jS, to7i tour, vhv. = syr.
ti)o" 3Ô. Chez les Bédouins de Nord, «^^o est le tour de rôle
pour recevoir les hôtes, ce qui incombe à toute famille du
campement.
y^ô > ^Ço, à cause du ^ suivant, 167 N° 95; 168 v. 5, va-
gabond, fainéant, qui va de pays en pays, sans demeure fixe;
c'est une injure; pi. _,^ô, 168 v. 5; voir sub J^ô. Le y^o,
campement des Bédouins du Nord est aussi pour^i^o, qu'on
ne dit pas. Cf. s^î^o et 'iiJ>Ç:>, vhv. pour lesquels la pronon-
ciation vulgaire a été enregistrée! De Goeje Gloss. Bibl. Geogr.
Arab. p. 239 «.l^o: tourbillon d'eau,> '^J*>c>.
J^ Lc^b, tout autour, 19, 10, 12 =^b U^^J, 204, =^0 U ^o
(< Jb), ma MJM p. 19; RD Gl. sv.; cf. ^!J^, tout autour,
Meissner NAGJ p. 122 = ZDMG 58 p. 938.
£j^30 dans la locution ï^j^j^ÂiL. , à tour de rôle, l'un après l'autre,
32,25; Wetzstein ZDMG XXII p. 157;= Dt. id^JJL, vhv.
880
^^3J> Dt. 1010, 10 d'en bas^^^'I^ Hdr. Gl. sv. C'est en Dt.
un taillis de hautes broussailles et d'arbustes dans la plaine,
tandis, que J*-£ ( > JvJi Dt ) est un taillis de broussailles
dans le woti:, vallon. Les Datînois que j'avais amenés avec moi
en Europe appelaient une fo7'êt ou un bois chez nous j^^.
Le mot ne me paraît pas être de l'arabe pur, et je suis tenté
d'y voir l'hébr. "iBip, désert et steppe, qui peut aussi être
couverte de végétation après les pluies. H. Winckler, KAT^
191, dit que ce mot canaanéen désigne aussi bien en hébr.
qu'en assyrien la steppe qui s'étend entre la Syrie et la vallée
de l'Euphrate, à présent appelée oLr vhv. C'est l'akkad.
madbaru, mudbaru, mudabiru, d'après Zimmern Akk.
FW p. 43 ')• — Anneau pour le doigt, Dt. = i^*:^, vhv. où
la sémantique est la même; en Tunisie, collier, Stumme
Gr.-tun.' p. 58 et p. 74. Cf. le grec yJ?'/.o:, anneau, et le
germano-scandinave Bing, où l'étymologie est aussi la même.
;''^
jb, u, passer, et j^j», faire passer, laisser passer, voir sub
\ù, p. 773; dans la Sâwia du Maroc. C'est pour jL>.
lt;^
(j/.b, u, fouler avec les pieds, piétiner, treten, trample upon,
1264; 1265. LA sv. < ^..co, vhv. 1264; 1284, ^-^o, 1264,
vhv. et ,j^s>^. V. Kremer Beitr. z. arab. Lexik. sv. mit den
Filssen treten, et Spiro to tread over, crush, courant en
Egypte. RO p. 274, 15: f. dâs lufrâs, un tel foula les tapis
avec ses pieds. Cf. ^M , zertreten, dreschen, = ïï'lN , I. Sîdah
XI p. 54, V. sub (_^v- o p. 752. — Dans le Sud, c'est aussi
dépiquer, et l'on n'a nullement besoin d'y voir un araraéisme
1) Cf. l'éthiop. dëbër. Cecchi, Da Zeila aile frontière di Caffa HT p. 478.
881
avec Fraenkel FW p. 133. - Pour le Hdr. Snouck 0. S.
Nôldeke I p. 103; 104 n. 7, donne ^j^\^, reiben, scheiiern,
frotter, et ce sens vient de la manière de faire cette mani-
pulation avec les pieds, ainsi que je l'ai vu dans le Sud de
l'Algérie, et comme font nos valets qui frottent le parquet
avec le pied, mais y^-b n'est pas frotter; v. ici p. 884 sub éh.
Marcher Vargile, t. de potier, Syrie 355, 3 : ^jx^\ S^^lX-j
(j-OIj jjLio jj^ LWV33 , on marche le morceau cV argile à façonner
afin qu'il devienne souple, potier de Rasâyat el-Fohhâr. Voir Der
Islam IX p. 135: ic^»ô. RD Gl. sv. : treiben, voriodrtstreiben^
est dans, ce sens probablement une variation de V l^v.l>,
pousser, vhv. — Dans l'Afrique centrale, c'est le verbe or-
dinaire pour se disputer, se battre; faire la guerre à, atta-
f, 5 5
quer, Carbon p. 240 = (^-.^o . Ib. p. 240 : |^^3«Aj \*,j*,C^. ou
I^a«3l\j , ils veulent se battre. -- Chez Dozy, d'après Bc, violer
un territoire, n'est que le figuré de ^/^b, /bw^er, comme notre
empiéter et piétiner. Dans L A VII p. 393, 2 d'en bas, nous
lisons: ^^^^ ^^^ ^^ J^ i- o^' l5^ ^^Axi! Jjj JUb
*ix3 ejlcj j^.Lo JJ.ii'j j*-&^^ bi.
(j4^) f'^^ii^^ fouler, 1311,3. — Faire la guerre à, attaquer,
Carbon p. 240. [jy.v-30, ils nous battirent, ib., Rabah p. 26
et p. 47.
^^^o, récolte, 1265. RO p. 417. — Pierre servant de cible,
197 n. 5: 362 n. 1; 1143,7; 1501,13; pi. (jJ.*,S^ o\x (j^S^o,
817, 12; 1501 n. 1. Class. ,^v.Lbjï et en Haurân s^U. - Pierre
servant d délimiter un territoire réservé, Arabica V p. 209.
^_^A«50, épithôte de Vargile marchée par le potier, 355 n. 3.
ij^\»)3, combat, lutte, Carbou p. 240, <t_r«'5'^- u^'^^ Lf^^, se
disputer, se battre, ib. p. 46, 3 et p. 240.
56
882
L>#.L^, brave, courageux, Carbou p. 240.
(j/-Ijo, dépiquage des céréales, voir sub(j/.^o p. 752,5 et n.= iLM-L;o.
Naswân o.]. p. 97: iCv-LA^î iA*j -iy^ \3\ j,LxLi! _j-xi. Mais je
crois pouvoir faire cette distinction entre ces deux mots que
y/^ljo est l'action des bêtes qui j^avjlXj et iL*vlj^, l'action ou
le métier de l'homme, en analogie avec d'autres ^Jbé.
(^-.iuû, soulier pour femyne, en sahhî BBRAS 1902 p. 269.
Dans d'autres contrées, c'est sandale, pi. (_^k.A/3.
(Jib, faire du bruit, faire du tapage, Dt. = (ji'L>, u, vhv.
Hdr. p. 194. Je crois que (jiib, u, être étourdi, et que nous
trouvons dans iLic^o, étourdissement ou la sensation que donne
le vin, Dt., est un sens secondaire et je me demande si
^b, u, vhv. ne provient pas d'un thème primaire analogue. —
En Egypte, [J^*,ô, (jx^Ju (non iJ-^S), casser la tête ci qîi., em-
bêter, étourdir, abasourdir. ,jr^^^ o-ii^^, tu m'as cassé la
tête, tu m'as étourdi, Bâsim p. 43,22= cl. p-^^- Cf. J^^c>,
être ahuri, perplexe = ^j>J>ô^\, vhv., Dt, et 'Oman, Jj^^ et
iji-xL» vhv.
(jù-^o, faire d%i tapage, = J^-ff^. l">^^■^ ^j-^jO ^^^p^-iit^iA-JI, les
dausân nous ont fait du tapage = nous ont abasourdis
avec leur tapage, Hdr. et Dt.
(j^iiot, avoir la tête cassée, être étourdi, abasourdi, Egypte.
(jijo, pi. uitjo!, vin de palmier, toddij. Cf. 91 et 1852 s.
xii30, tapage, Dt. et Hdr. = 'i^y:> vhv. iL^uVJl ^ c>'^' (en
Hdr. JJ>), tais-toi, laisselà le tapage. Au fig. en Egypte,
883
cassemetit de tête, abasourdissement^ Bâsim p. 25, 7. Ce
n'est plus en Egypte tapage, comme le dit Bc (Dozy sv.),
mais la sensation désagréable que donne le tapage. On voit
que les dialectes du Sud ont mieux conservé le sens concret.—
j^Lii^o, pi. j^^p^tjo, est la même chose que evj>Li:, vhv., si
ce n'est qu'il fait plus de bruit avec son ^h que le ^i^:>Lii,
qui n'en a pas. On trouvera au commencement du I vol. le
Datîuah une planche représentant le dawsân ''Alî b. "Omar'
er-Râ''ibî de la ville d'el-Qasâb (et non du pays des
''Awâliq). On observera sa peau rougeâtre, bien rendue par
l'artiste que j'avais amené avec moi à Aden. Ce mot est
particulier du Yéman. On y dit, selon Glaser qL^c^, que je
ne connais pas, mais qui est très probable, vu la parenté
des thèmes (jii^o et J^j^, vhv. Il écrit Peterm. Mitteil. 1884
Heft 5 p. 170 en bas TauschAn et il y dit que les dausân
font partie des ahl el-hums, vhv., ce qui est une grosse
erreur.
Les thèmes (jiib>, ,jix_^^, [J^^^ et j^.->^, \J^-^^i dh-^i
\Ji^ et (jo.fb sont proches parents, renfermant, à l'origine,
le même sens fondamental, mais je ne saurais décider si
pour les premiers c'est _ > o ou o > „ , car nous avons
V _50 dans -30, ^b, u, et (j:3J>, vhvs. Ensuite, o > -b.
Brockelmann 0. 1. I p. 235 en bas, où il faut lire tadassa.
De ^^jL^.j» on a fait le dénominatif ^J^ ^^^^ criailler,
blasphémer^ Aden et Yéman.
^'^
C30, descendre, tr. et intr., = ^j vhv. et ^^^xit, Arabica V
p. 206 n., oi^i exemples. La première forme cb, c^Aj n'est
pas employée; cf. p. 8l)4, 12 (j:^o, Nord.— ^^o!, bête^ imbécile, ib.
884
L?;'^
^b, u, se dit en '^Omân de la mer qui est calme plat.
ojJu j^!, das Meer ist windstill, RO p. 268,4. Dans la lurah,
c'est == oi*=>, = >i)b, mais le Qâm. donne sv. Oi:S'j vjiib ^Lxx»
= bUv/j Lli> ^' ^^•J ^, comme nous disons ?e marché est
très calme. Dans notre dialecte, ce verbe a un sens tout à
fait contraire: 1° criailler, faire du vacarme en parlant.
C'est peut-être là un sens primaire et celui de la lurah, être
insensé, imbécile^ offrirait la même sémantique que son syno-
nyme vulgaire iJ^oUd, étourdi, d^3^^ étourdir < faire du bruit,
voir sub ji^o et Jj^yh. C'est sans doute ici un composé de
V~^^ et V~^J>, vhvs. 2° faire un tour, faire une prome-
nade; cf. .b, u.
^^c>, calme plat, RO p. 41, 3 d'en bas.
iCJjjO, criaillerie, vacarme, Dt., = ii-J^, vhv.; loudtalking,
Stace p. 102 et p. 170; cf. ic^^o, vhv. — To2ir, promenade,
pi. o'ïjo, Stace p. 216.
Sa, u, en mehri, frotter, BM II p. 69, IV p. 57; cf. dUo,
A^c>, briser, co, oo, iîjo, (j/.b, u, p. 881, 6, i^»,o vhvs., et
l'akkad. dâku, casser, broyer; tuer, et "11, broyer fin.
mehri dâk, mourir, Hein SAE IX p. 27,9, oîi le mehri
. d é k est rendu en arabe par d à k ; l'assyr. dâku, tuer. Cf.
l'argot claquer = mourir.
^3!o, u, devenir ou être vieux, hommes et choses, 1022; 1374,
= y^, 1373, 10. LA XIII p. 267,5 d'en bas: v:»JJt j^
i^Jb (^1. Ce sens est donc classique, mais un ^j^ pour être
JwjjO n'a pas pour cela besoin ù.'être déchiré et usé, ^J^-
RD Gl. sv. Cf. J-^o, vhv., et o^ vhv. ^kJ\ L^yi iL*.-^'!
885
J.30V. o^A«"b5!5 v_^l2iL;u J^lXj (j:2xj"b5! ^^^ u^^î^j'^, l(^ couleur de la
tente est noire et blmiche, mais la couleur hlmiche devient
vieille (= l'étoffe blanche) et se déchire, tandis que la couleur
noire dure, 20, 5. «y^XJ! c>Jb "^j, lorsque le toit plat de la
tente devient vieux et râpé, 583 en bas. J^Aj ^<jsj^\ ^\^ "^
^^-j: ,<._a_j, lorsque le fusil devient vieux, il devient bon,
Hdr. Gl. sv.
Jb=yo, 1132 n. 1; 1768.
^^^, intens. de Jb, devenir vieux, vieillir, 1022; cf. Oj^ vhv. —
Faire circuler la cafetière. id^iAit ^J^^. = q» ,3«-\j , ecl-Dàhir, v, p.
838. J^o,to?tr, Belhe. ^•iC>,mon tour, 1631, = 3;^, vhv., et en
Syrie i^j;>^. L SaM II, 11 p. 50, 17 et 20 a ^c-^-^v J» là où
Tab. I p. 1814, 15 a (^,30, pendant ma vie. ^^o ^}^, à ma
place, pour moi, Dt. = class. ^^ -^W»* ZA 2,6 p. 228 n. 1
= Rhodokanakis Studien II p. 86 et n. 3; la disposition des
jardins et des champs pour l'arrosage y décrite, d'après
Glaser, est partout la même. Chaque champ a son J^o, son
tour d'arrosage, que l'eau provienne d'un J-<£, vhv., ou d'un
i^,j-v.^.<, noria. C'est ainsi aussi à Saydà en Syrie. L'homme
qui surveille l'arrosage est Job ou J^b, mais le Jo»o est
celui qui alterne avec un autre dans ce travail, = i>.A-^Ji.c.
ZA 26 p. 224 n. 2. — ici^o, expliqué Arabica III pp. 62 et
97 et Arabica V p. 51 et note. Sur l'évolution sémantique
du mot, voir Mez Abul-Kàsim p. VII n. 2 et Bittner St.
mehri I p. 40 et 41. Bittner ib. IV p. 65 énumère le mehri
doûlet, sultan, parmi les mots caractéristiques de cette langue ;
je ne vois pas trop pourquoi. — Guerre chez RO p. 66, 4,
mais ib p. 330. 13: (jii=>lj y^ l_ja1! ii)>-^ [>-^'^ ...o^^J> ^^aj
886
V-^ <^i j> *^3'^ r^ i>^y- ~) > ^^^" ^-U' étaient les rois des
Arabes, mais à présent on lève chez eux^ en temps de guerre, un
contingent de troupes. — Cafetière, pi. o"^j>->, = 'iio, vhv, ; on le
dit dans ed-Dàhir, v. Index p. 1823, et à Damas. iJ.o n'a
point besoin d'être un emprunt araméen, comme le croit
Vollers ZDMG 51 p. 325; J^ô est =>o selon I. Sîdah
XVII p. 17: _^jOI J, iCjLi J^JJî, mais je crois pourtant que
l/^J^o n'a pas donné K~~_^jo , soit une métathèse, car ]/~_^o
est descendre, voir ici p. 840. — iLi^ÂJLj, à tour de rôle,
Dt. = é^îôvilj vhv. = Nord ^^JOL, vhv.
«i)^J[5L> et les autres mots analogues, 383.
JjjO, vieux, se dit surtout des choses, mais quelquefois aussi
des hommes, 1374. Jo^o ^_^", vêtement vieux. Arabica V p.
168, qui est alors souvent ^^{J, usé et réipé. Un J.J30 ^J^
est seulement un fusil ancien et de beaucoup de valeur, p. 885,5.
J^.^jJ! Q^j^îj ^6 vieux temps, Arabica V p. 239, = J^"b5! j.5jJî
1106, 2. PI. Jîjo. Jt^jO! J\, le temps des Anciens, des ancêtres^
157, lO = OjÀ^i ^Uj. RD Gl. sv.. Jahn donne pour le mehri
dewîl, pi. duwôl, diwôl, et p. 113,7 (SAE III) nous
lisons: siyôr u lîbis halôweq diwôl, qu'il traduit par;
er ging hin und zog scliàbige Kleider an, et au Gl. il le rend
par abgenutzt, repété, bien entendu, par BM I p. 79: dewîl,
abgeniitzt, ait, mais c'est ait > ahgeniltzt; id. sh. I p. 57. Je
le traduis par de vieux habits. D. H. Mûller SAE IV p.
64,3 et 66,7 porte incorrectement pour le mehri duwwîl,
mais ib. p. 64,9 duwîl, ce qui est devenu tuwîl dans
la. bouche de 'Abd el-Hâdi; ma MJM p. 34. Déjà Carter
BBRAS July 1847 p. 356 donne: old (cloth = arabe j^j^xï =
887
mehri Jj^b, dàweel (lisez J^-j^o, dawîl). Cf. sub oJ-i-i>,
vêtement, p. 635.
icJj_IJ, 133,11; 1592; 1720: iJ^_jAiî uo!^; 147,17: lùds L
XJ^.^! o>-a15 UaxJl; 556,5: i^i^.jJ! j.Loj; 890,1: iJ^AJ' ]'f;
1481, 10 d'en bas: ici^LXi! oy>. Expliqué Hdr. p. 577. Snouck
OS Festschrift N(31deke considère iJj.jo comme un pluriel de
idjj» et il le traduit par die Herrscher, die Herrschaften. Je
ne suis point de cet avis et je m'en tiens à ce que j'ai dit
Hdr. p. 577, car le pluriel de ici^o, dans le sens de goiwer-
nement, chef du gouvernement, sulta?i, est J50. Rhodokanakis
Zur Formenlehre des Mehri p. 18. — En mehri, tedwilêt
est dignité de sultcm, BM III p. 19, 14 = Dt. ^.'->.
RP II p. 160 § 60 j parle de ces id^o et icJL^ dont il
analyse la forme. Il compare horwir, siimwil et bilwid,
vhv., qui sont des pluriels de y.^;>, J^^/i et o^L, comme
''àrwis, 'ôrwis, 'àrwas et ''arwâs, do J^.^, vhv., et
qui me font l'effet de provenir du dialecte himyarite, de
même que ^J^A ''^^y^ et '^J^i. Les noms propres de ^:>,
- o - - o -
^, v^j^c, l.Idr. p. 578, Index Dt. sv., Maryab, Arabica
V p. 22 '), en plein pays himyarite, selon les Hamyar mo-
dernes, prouvent que J-oé a dû être courant dans ces pays.
— Cf. '1^^^ et ifJ^Ai vhv.
•) Arabica V p. 140:
oii l'on cliaiitait iiiarèyb, mais io nom actiiol est Wadi Marîl).
Mon texte porti; lAxS chanti» geydin, mais plus tard on chantait
geydèyn, car «autrement il n'y a pas de mesnre", me dit-on.
^_^3, Hdr. p. 577, 3 d'en bas, est la nisbah de iJ^o.
J^jjsj', avec J^, procéder arbitrairement^ Hdr. ib. J'ai dit
Hdr. p. 578, 3 que la forme Joçj ou J^ < Job n'est fré-
quente que dans le Sud. Cela est une erreur à laquelle je
donne moi-même un démenti dans la note 2 ib. Les ^%^
et J^y se trouvent également en éthiop., en hébr. et en
araméen. V. Hdr. p. 374. (_^w_A_fj', devenir pratique Dt. ;
J^i.j", accorder des bienfaits à, RO § 851, où d'autres
exemples; Jo^ = ;}>t-b; ^s; u"^>>5 regarder; ^yf = v^î
v_j'yo =^ Hdr. p. 496, oîi d'autres exemples; J.^^^*, blaguer,
DU; tixL? = jlb, Syrie; ^^\^ = (j*^, Dozy sv. et Ruzicka
■ 0.1. p. 44; vJJl^, couper le oîJ^, Musil o. 1. p. 445, < os-b»;
■Jil^, dire des blagues, Syrie, < ojîi ; ^^^^ piquer, briller,
Syrie, <pi^, cf. ^o\i. RO §389 et §390 donne d'autres exem-
ples de JjtAî et J.»:^', qu'il considère à tort comme des formes
collatérales de ^}^Ai. Brockelmann o. 1. I p. 514 traite de ces
verbes qu'il envisage comme provenant d'un nom à voyelle
longue dans la première syllabe. Ce serait donc des dénomi-
natifs d'après lui. Il y en a certainement des dénominatifs,
mais non pas tous. Ce sont pour la plupart, d'après moi,
des ^ > J.cy et Jjt^. Le savant linguiste reconnaît lui-
même ib. p. 512 n. 1, à propos de c^ot^, J^.o et ^L que
je pourrais bien avoir raison. Rhodokanakis, à ce que j'ai
pu comprendre, s'occupe de cette question.
iJ^uX.^, gouverne, gouvernement, Dt. 1592, 8 d'en bas.
j.b, u, dépiquer le blé avec les baqar, 1695 u. Le verbe
s'applique aussi bien à l'homme qu'aux bêtes, 1780,9. Je
889
demandai pourquoi ou appelle ce travail ^o, et l'on me
répondit: r-^^^ 3. o^53*-V. '^■^^' ^^^^^i pni^ce que les baqar
tournent sur raire; d'aucuns disaient (^^•l\j, yidùwirùyn,
pour désigner la pluralité ou l'itération.
J.50, Vactmi de dépiquer, et aussi le blé ainsi dépiqué^ 1695 n.
iC-<'_jO, dépiquage, 1695 n. ; 1780,10; prononcé dtiwâmah
ou d ù ^ a m ah et d a w a m a h en Dt.
pl^o, > j.!50, dûwâm, d'après 343, comme en babyl, Del.
Gr. § 40, dépiqueur, batteur de blé, 1695, 2 et note, et
aussi la bête qui dépique, alors au pluriel oU)'^-^, 1695 note,
= Syrie oL-t^o.
On dépique avec des bêtes, liées ensemble, qu'on fait mar-
cher en cercle sur le blé et qui le piétinent pour en faire sortir
les grains. Ce verbe est, dans ce sens, d'un grand intérêt.
Durer, rester, se conserver. oi-=?>^! ^ (jv-*-*- n"^-^- rr*-^-^'
^j^ ^.. L«, le beurre cuit reste ou se conserve des années dans
la calebasse et tie se gâte pas, 63, 2 = ^^^Lj!, 65, 12 vhv. ,
^b a donc deux sens contraires, touryier et durer, voilà
pourquoi Abu Bakr el-Anbârî, dans son K. el-Addâd p. 53,
= LA XV p. 105,6 d'en bas, dit que c'est un 3^^ et, dans
le premier sens, il l'explique par ^ilj^" et .b. Notre verbe
datînois a effectivement le sens primaire de .b, u, dont il
n'est qu'une variation consonantique, mais je suppose que
c'est en passant par Jb, u: ^^o > J^o > j.jO, car le passage
direct du r à m me paraît moins probable. — On n'a qu'à
lire LA et Lane pour se persuader que j.b, u, est origi-
nairement to^</-wer, surtout son intensif -«o =.30, comme
aussi j.L=>, u, vhv.. Une tpupie est iuS^o; le vin fait tourner
la tête ^Jy.l\ j.3l\.j, 'Alqamah XIII v. 39 = Lammens Ber-
890
ceau p. 84, où la traduction est erronée; le buveur en
.^Ju et a des vertiges^ j.Uo = y.j>, LA XV p. 107,4; le
soleil ^^Aj" = .^^\-j', tourne; un oiseau j.^l\j = .^A-j, voltige
dans l'air, I. Qot. p. 340, 17: on bL*'w»rJî j.^^a_j = Jv==- LJ'^A.j
Lj-îJî, ^e roide autour de la tête; Nihâyah sv., etc. La pre-
mière forme j.b est rare, à en juger d'après les dictionnaires
arabes, mais les dialectes l'ont conservée. Cf. (j:^^, LA XV
p. 105, 11 et p. 106, 2: ib. XVIII p. 308, 3 ss., où il y a la
différence entre ^*ô et (j:^o, copié par TAX p. 134 en haut.
Le sens de durer se retrouve peut-être dans le néo-hébreu
DD"l, cf. DU, se taire^ se tenir tranquille, et l'araméen |"n, conti-
mter,que Socin compare à l'égyptien (^b, ^^^x^,, faire quelque
chose sans cesse, sur lesquels voyez Ges.-Buhl svs. îlletûf^l.
Je crois qu'on pourra facilement ramener le sens à -b, tourner.
Le temps évolue et roide en avant. A l'origine, on se sera
figuré la durée comme une rotcdion continuelle, conception
naturelle dans un temps où les observations astrales jouaient
un si grand rôle. C'est ainsi que ]/~J.;^, = V~^y>', a donné
J-o-, ^^3 génération, laps de temps, proprem. cercle, qui 7'oide
toujours et continue, évolution, ^ous aurions donc dans notre
dialectal j.b, tourner, le sens primordial. jJLcl iJJîj.
J.30, coll. prononcé dûm et dôm, rendu par les Arabes par
la graphie j.o, qui n'est jamais prononcé daum, avec diph-
tongue, qu'en Egypte, Hdr. p. 280, fruit du jujubier, uJlc,
o o - ,
Zizyphus Spina Chrisii, vhv., = ,l\-w = J^w^i vhvs., 1284, 10
d'en bas; 1749, 11. Ce n'est pas dans le Sud le palmier
dûm, Hijphaene thebaïca, qui se trouve sur tout le littoral
du pays des Fadli, jusqu'au delà de ôebal el-'Areys, à l'état
spontané, mais qui n"y fructifie pas. Le fruit de Hyphaene
891
thebaïca s'appelle ^3^i-i, LA XV p. 108, 10, tandis que j.^>3,
coll., n. unit. :<.^^3, est l'arbre même dans la lurah; Nihâyah
Il p. 36 sv.; LA 1.1., ib. XIV p. 150,4; Hdr. p. 279 et n.
1 et p. 344. En mehri, d admet, d où m et, dômît, n.
unit., qui est traduit par palmier dôm, Jahn SAE III p.
178, Bittner St. mehri I p. 32 n. et p. 119. Si c'est là un
emprunt à l'arabe, le nom a été appliqué à Hypliaene The-
baïca. Forskâl donne dû m, Borassus flabellifonnis L..
Schweinfurth Arab. Pflanzennamen p 93, et ib. p. 166,
dûm est Hypiiaetie T/j. = De fiers Voyage au Yéman p. 224.
^*,ô, toujours, encore, sans le tanwîn dans les dialectes
de Dt. et de Hdr., mais dans le Nord dôm in, Socin Diw.
Gl. sv., où renvois. RO p. 26,16 d'en bas; ib. p, 115,8
d'en bas: dômo yùkdub ""alîy, il me trompe iouj ours par
des mensonges, ce que les Hadr. et les Datînois rendaient
par dôbuh, dt. dôbah, vhv.; ib. § 178: dômo mitkeb-
bor "ayi, il est toujours Jiautain envers moi = Mr. et dt. :
dôbuh(-ah) mitkebbir 'ali'. On dit aussi en Dt. et en Hdr.
j*jb, également sans le tanwîn, = Nord L^jb, mais là aussi
j.jj> jv-jb, constamment, = Afrique Up, Hartmann LLW p.
170. Le Ub devant un verbe, Bâsim p. 102, 11.
-b L, tant que, 1200; cf. JU L, vhv.
iwflÇo, toupie, Dt. = b.i^j> Dt. RO p. 6 n° 17 écrit duwâme;
les Datînois prononcent plus correctement dùwâmeh. Il
est fort intéressant de constater que les dictionnaires de la
lurah ont ici enregistré la prononciation courante du peu-
ple qui dit dùwâmah et dùwârah,< m\^^ et 'àj*,^, par
l'attraction du w: Mutalammis p. 53 v. 4. Voir môme pro-
nonciation sub ^uj> et j.[50. Elle est ainsi appelée parce
qu'elle j.5c\i" = ^J»^'. Cf. Almkvist Kleino Beitrâge p. 433,
où il faut lire ^y., et Marçais TAT p. 371.
892
Q^o, peut-être, 478; 483 et avec les pronoms suffixes ib.,
précédé de la, ib., qui ne me paraît pas être la négation,
mais le 1 à m affirraatif dans une demande rhétorique néga-
tive à laquelle on s'attend à une affirmation. Cf. ^^o p. 853.
Daunah Marzaq à g a, M. serait-il venu? T){. .x^J L -yJ!
l\_:> A.;yoJLj (LjJjJi ^) 'j*^ Js^IàJI qI— Co, aujoitrd'Jmi nous
irons à un endroit, peut-être attraperons-nous quelqu'un,
1515,2 d'en bas. On dit dauna, au lieu de daunena,
par haplologie, 483 n. 1. Jamais on ne prononce dùn avec
lequel daun doit bien avoir une communauté étymologique.
Q»>->, et son diminutif q-j_5^, vhv., presque, être près de,
Hdr., Dt. et ^Omân, les deux avec un parfait suivant. D û n
kunt erraq fil-mâ'' j'allais presque me noyer dans Veau,
Dt. Duwên istàwet bàla beynena, to guerre était bien
près d'éclater entre nous, Dt. Cf. RO § 428. La V~f^^^^ est
sans doute une métathèse de V~jjc>, être près de, vhv.
En mehri, il y a une particule m déni, mdénï, mdêni,
madéni ou mdôni, ecce, aussi avec les suffixes, Bittner
St. mehri IV p. 37, dont l'étymologie m'échappe, mais qui
paraît correspondre au Ja^ dofàrite, voir p. 951.
j^3->, avec les pronoms suffixes, ^coî ^_^wj eU^o, voilà (i toi la
jument de mon père, 533, 10 d'en bas. Très courant dans ce
sens de voilà chez les Bédouins de la Syrie. — qjV) duwên,
voir plus haut, est aussi en Dt. et en Hdr, presque, être
sur le point de. RO § 428, où les mêmes phrases sont aussi
bonnes dans les dialectes de Dt. et de Hdr., et on lira ce
que je dis de dùb et dôm, vhvs. — «yo v^y '-*-J u^.3^)
viens donc ici afin que nous montions ensemble, Dt., ma Fest-
898
gabe p. 14, 15. Partout courant dans le Sud. iA-i^*ô, ed-
Dâhir, me fut expliqué par i'-^-J'? mot qui n'est pas très
employé dans le Sud.
(_C5J>, i, faire un bruit sourd, 1333 =:„b, u, vhv, ^.^.vjf ib>
3 O
j»>5ruvj^ l55^ > ^e torrent vint bruissant et murmurmit^ 39,
5,6; 761,3 = 881,1; expliqué 879 et ss., oîi de nombreux
exemples. Onomatopée, 881, 4 d'en bas. — ^^o^. s^^î, les
abeilles bourdonnent, 1462, n. 1 = ^y vhv. ^^yi^^^. (J^aaoU!,
mes intestins grouillent^ Dt. =^j^!l)u, Dt. 881, 4. j^j^Ju ^ISol,
Zes oreilles me tititent, Dt., comme la phrase chez Lane sv. (j:^3 .
, (J>|iAj j:s^î, la mer fait du bruit, elle bruit, comme chez
RD I p. 31, 16: el-bahryidwi wâna mitilah duwéyt,
d'après la juste correction de l'auteur Gl. sv. ; le chant don-
nerait: el-bahrë yid-wi wâ-nâ-mit-lah dû-weyt
(__w_ I __w_ I ^^ ^^ mer gronde, et moi, j'ai grondé comme
elle; avec la périphrase: (j:jl\j = „Uj et la variante yi-
dùyyi = ^=3l\j; cf. J^! Jc3, Dt. 880, 4; duweyt me pa-
raît ici être d û w e y t < o^j^o > o^j^o . Meissner N A G I
p. 122: (^5<3, (j:5l\j, tônen (von allen Geràuschen z. B. vom
Summen der Insekten, wie Getôse des Donners), donc bour-
donner, gronder. C'est ainsi dans toute l'Arabie, au Levant
et ep Afrique. LojJî c^Jl^ ^] y'Ls _^ % j*_jLi ^\j^ b ^
(^*,OsX^ "i]^ i^yi*^ > (out ceci se passait pendant que Bâsiyyi
dormait; il yie se souciait pas, lui, si Vunivers s'écroulait ou
bien grondait, Basim p. 23,8; ib. p. 79,12: (j=3)iA-j. Jj-j Ji
LjJx , et ne cessa, de tempêter contre elle. Spiro Vocab. sv. :
(^►o , (js^lXj, to buzz, resound. Dozy sv.. Beaussier sv., ba-
894
varder, babiller, caqueter, causer, etc. A Casablanca, i^»,'^,
i, est le verbe courant pour parler, K M G pp. 32, 2 ; 38, 4
d'en bas et passim. Tous les mots se rapportant au parler
ou au chant proviennent d'une onomatopée. En ^Omân,
battre, RO § 372 et p. 241, 10: sûf el-habît gâni mog-
fi udewâni, voir le gredin, il me vint par derrière et me
battit (où ^jS>^ ne vient pas de UJî ^ , mais du verbe ^jsii\
vhv.). Les lexiques indigènes n'ont que la Ile forme dans ce
sens de faire un bruit sourd, 801, mais (^î^, qui est l'in-
finitif régulier, Jyjé , des verbes se rapportant au son, prouve
que la le forme a dû exister.
Dans le Nord, (jr^o est fier, = s'en aller vite; descendre en bas
= c^o, Nord, V. p. 883; faire irruption sur l'ennemi, selon Socin
Diw.Gl.sv., ce qui est presque le sens donné par les dictionnaires
à la Ile forme du verbe, = j^j», et qui coïncide avec l'algérien
fuir, Beaussier sv. ; cf. aussi i^^^^ vhv. Lorsqu'on sait que
tout se fait en criaillant, avec force vacarme, en Orient, on
comprend que ^^o ait pu prendre ce sens secondaire ; cf. sub
^, Ji^j, %^, et Diw. Qays b. el-Hatîm N° 17 d.l.
(^^o, intens. de t^-^, avec les sens ci-dessus, 881. Sibâhsv. ;
Nihâyah sv. ; LA XVIII p. 307 en bas ; I Sîdah VII p. 78, 9,
d'en bas: C^o s-jA-J >.l>x,-* ioi J^^^àJ! (jz^j» = Qàm. sv. —
Dans la lurah, il a aussi un autre sens, tourner autour, to go
round about, rôder, voltiger, I. Qot., p. 340, 18; Sihâh, Asâs,
el-Fâ=iq I p. 205 et LA. Le Sihâh dit: U/ o^Ji^ ^ .^Ji>Jf^5J
xitjlb j. J^ b! ^U.*Ji J. yU2.\\ J.30 JLflj; cf. I. Qot. 1.1., = Asâs sv.
et L A p. 308, 5, qui cite el-(jiauharî, d'après lequel ^^0 et j.»^
sont synonymes avec lesensde JL>, u; voir subj.b, u. Nous
avons donc dans les verbes synonymes Jo , vhv., ^b , u, j.b,
u, et ^cjo, i, la racine 3J vhv. qui a pris deux sens: faire du
895
bruit et tourner ; le premier me paraît précéder le second. Le
vent en tournant siffle. ,a^J'^ ^cjo est le biiiit que fait le vent
lorsqu'il tourne, ^.'=•-5'^-' ^^"^ ^'^^^'* ^j^' Lf3^ Gst une mur-
mure, comme le y<^j..\\ ^*,c>, le bourde nnemetit des abeilles.
On comprend pourquoi le désert a reçu le nom de 31ÂJ!,
,j:^tXJ!, Xj^ÎiAJI et iu^ÎLXit, le bruissant, Lyall ^Abîd p. 14, à cause
des bruits qu'on y entend ou croyaity entendre; cf. subv.ÀXS'.
^jb, grouiller, intestins, = ij:30 , 881,5.
^jlX3!, tomber, RO § 377 = ^LL.
^^b, qui fait du bruit (mer, plage), 409,7 d'en bas. ,^\jS\
(^^ÎlXJI, das brausende Meer, 881,3. — Désert, 881 n. =
io^b, ib. — ^cjo, bruit, 880 = ^cJ ib. I. Sîdah II, 132, 2.—
Bourdonnement, 879,4 d'en bas. — Tumulte, 1261,7.
'i>J.*,S^ détonation, 880,5; aussi 'Oman RO p. 42,5: dauye.
tjO ou iîjo , poudre à fusil, à canon, 437 n. 2 et 438 n.;
468,7; 1719, 10 = Dt. et lîdr. o^^L. vhv. ^Omân daue RO
p. 277,13 d'en bas; ib. p. 423 N° XY ; ib. p. 382,2 mais
ib. 1. 6 03JL.. Socin Diw. Gl. sv.; Vollers, ZDMG 49 p. 511
y voit la même transition sémasiologique que dans notre
poudre. 11 veut probablement dire poudre = médicament,
i!jo = ,^jj', 1461, 3. C'est là un jeu de mots que les Bédouins
font aussi, mais je crois que î^o, ^î^o, poudre, est à com-
liiner avec (ji^ô, faire un bruit, une détonation, io^o vhv.—
aîjo, encrier, se dit à Aden > syr. iut^i^, mais notre dialecte
- o -
a pour cela 3^:5^ vhv. Le mot b'^j doit Otre le même que l'hébreu
t^l, eywre, qui est d'origine égyptienne, d'après les savants,
de même que npp. , encrier.
896
jjî^tiA-*, médecin, 1461,2; Hdr. Gl. sv., = ■,.;,<*Jj vhv. = o, !c,
"Olah et Beyhân, vhv.
850, coUect., effets, objets, ustensiles de la maison, 1694, 11
Dt. = ijiJJ vhv. a^-fû-Sî a^^, les ustensiles pour faire le café,
57, 10. ^i>^xi! 53O, les effets et ustensiles de la maiso7i, 833
= Mésop. u>>.A_J' 3,''^', Meissner NAGI p. 122. L'étymologie
de ce mot, très courant dans le Sud, me fut longtemps
obscure, mais à présent j'en propose deux. C'est ou une
variation phonétique du classique s>i, qui veut dire la même
chose. LA XVIII p. 137, 12: ^y^] j±à ^c^ii! : Sf-^^ o^'
^_^3 »j.^3 l5>^3 '^^ ^V^ 'i^ Lij'^^'i; Qâm., TA et Lane sv.
Le t aurait alors passé à t, comme ^cy > ^«y, selon TA
X p. 64,23, et ensuite s^o; ou bien la racine est 30!, qui
a donné «loS, même sens que notre «jo, et qui serait devenu
s^b), Lane shv., et ensuite 55o!>b;jO, avec chute de l'u
initial, comme 5>ji et 8j.i>î, vhv. Cf. ^J, LA XIII p. 68, 11
que Lane, sv. sbt^ a mal expliqué, et le nordarabique (^o^,
2)etit mortier pour piler les .^jr-^ vhv. On ne saurait pro-
poser comme origine ^J», car dans notre dialecte o est pres-
que toujours prononcé d.
Jo>^, mamelle d'une femme mariée 950 n. 2; 1224,4 d'^n
bas: Jo3JI ^^y^ .Li^aJ! o'b3'^î, 1024,4 d'en bas, = lat. ?»a»?--
mam sugere. Hdr. p. 110. Carbon p, 164. Rabah p. 52: de t.
Musil 0.1. p. 159, 14: dîde, dyûd, Warzen, tetins.Fl. 0^0,
950 n. 2. Chez Kampffmeyer, Materialien etc. p. 152 N'' 69,
I
897
d i û d a pour le Choa = Rabah p. 52 d y u d a. — Pis d'une
bête, tétine, trayon. L^Joo ^^ ^LiUi! v^-J^>, il traya la tétine
de la chamelle, 564,9; voir ici p. 802, 11 d'en bas. Hçlr. p.
29, 11: ijyiJî iAjo, la tétine de la vache. Musil o. 1. p. 141, 11.
Fleischer apud Levy HWB I p. 489. Arabica I p. 86.
Ges.-Buhl sv. il et 1^. Nôldeke Beitrâge II p. 121 et s.
Torczyner o. 1. I pp. 168, 292 et n. 8, dont l'approche-
ment avec ,^Ai me paraît juste, mais l'étymologie, de !jo,
^^LX_J;, humecter, arroser, est bien risquée. ,^cu\j = Juj» ; le y
médial est devenu final. Nôldeke paraît séparer ,^A_i, <
G ^
*Ai, de cXjp > oo, ici p. 700, quoiqu'il les compare dans la note.
Je crois à tort. Son argumentation n'est point claire. Les ono-
matopées enfantines ba, da, dad, tad, tat, ma, pa sont
les plus anciennes de toutes et fort répandues dans toutes
les langues du monde. Le français teter, teton, tétine; l'italien
tettare, tetta, zizza; l'allem. Zitze; l'angl. ti.t; le suédois datta,
teter, et dadda, nourrice, dada, etc. proviennent tous de la
même origine au début du langage humain et ils n'ont cer-
tainement pas besoin d'être un emprunt à l'allemand, cf.
Kluge EWB sv. Zitze, ce que avance encore Stappers Dict.
étymol. fr. N° 3492. Holma, Namen der Kôrperteile p. 47,
donne pour le babyl. dîdâ (duel), poitrine de la femme,
forme collatérale de zîzu, et il admet également ici l'ori-
gine onomatoépique. 11 rapporte aussi les onomatopées cor-
respondantes des langues indogermaniques.
L'onomatopée latine mamma, maynilla, mamelle, ne doit
pas non plus être sépafée de mamma, ixxi^f/.>i, f/,xpLf/.x, mère,
maman, comme le fait Walde EWB sv. parce que, selon
lui, le caritatif (mieux onomatopée primordiale) mamma,
mère, maman, (mamma en suédois) n'aurait pu être employé
pour les tétines des cochons et des chiens. Mais iA_jo est
est bien employé pour les femmes et les bêtes, de même
que "W; voir ici en haut.
57
S98
c!l>, i, descendre, q^^j^ S ^.'^. ^3 ^-^ woti, J, c^Jtjo, tu
descends alors dans le ravin de Habâ, qui descend dans le
W. éardân, Arabica V p. 237, 7. -
5jj, intens. de la I^ et plus usitée, descendre, = Jj, Hdr. et
Dt., Arabica V, p. 206 d. 1. et n. 3: J^ ^J^ ^,ô>^,^ il descend
du chameau; ib. p. 237, 8: j,^UJI oji ^^^ ^_>o L. Llî, je veux
descendre d'en haut de l'escalier, Dt. Ouçs^J! ^^ ^j, z7 des-
cewdzY de la montagne, Dt. Ahmed ^Ali ed-Dîyêbî a dit:
Xai embrassé le éêh, et je veux descendre avec lui;
S'il veut venir entre les balles de plomb et la poudre
(V. ^f^)
^^\j ^jj/juji v_jLx^":iî, les ravins ont amené le torrent, propr.
sont descendus avec, Arabica V p. 207 n. = 0^3^. ■ — Ce
thème ne se trouve, dans ce sens, dans aucun dictionnaire.
tiUp, coq, son rôle tératologique, 1808; pi. i^bo, 1469 n. 1;
RO §131: pi. >i)bo, = mehri dikk, pi. hadekôh, Bittner St.
mehri I p. 63 ; cf. ji = J^, vhv.; Hdr. Gl. p. 678; mehrisme?
j»jo, chat, Hogarîeh, = J.O vhv. — |*-jo, _pea?^, < j*jo! vhv.
iU-jo, maisonnette, 986,9; maisonnette du nouveau marié,
_^_^ iU-jp, 27, 27; 1042, 7 d'en bas, = ^J/ vhv.; pi. ^Uo
et en Hogarîeh ^ù, comme iC-*-^, pi. cW?-=> 6t |*-v^ vhv.
En Dt , iUjo est une petite maisonnette basse, construite soit
■ 899
en pierres, soit en boue séchée au soleil, Arabica V p. 70 n.,
oii habitent les ra'îeh, les sujets pauvres et les laboureurs
des qabâil, lesquels résident dans des husûn vhv. Chez les
"Awâliq, ces ^o sont appelées v^JL:?-, pi. vj-^^^ vhv. Mais
dans 'ii>=>yi (_o.f, Arabica IV p. 53, ce mot prend un sens
plus important. Il y a là un gros bourg, habité par les
sâdah avec leurs ra^îeh, appelé ^UjÂ'I', et le château du
""âqil des Nisîîn, o. 1. p. 53, ^Alî b. (jaradân, a le nom
de iUjiAiî ^^'^=>. Dans les pays limitrophes à l'est du Yéman,
il y a plusieurs villages portant le nom de Dêmah, Ara-
bica V pp. 70 et 71 (= 102). RD I p. 133,7 porte: wa'an-
dah dîma sîgra mdiyyem "alêha, que je comprends
ainsi : il avait une dîma qui était formée par un arbre sur
lequel il avait étendu des nattes; il avait de cette façon con-
struit son dîma. C'est là le sens, je crois, de ^^jAxi. Ici k^jo
fut paraphrasé par iUxi>. Souvent, on dit aussi en Dt. dîma:
ê > î, comme on dit h ê m a > h î m a. On peut aussi traduire
x*jo par tente^ RD 1.1. 14, car les huttes faites en branchage
et nattes des pauvres sont aussi appelées ii-^-jo ou, tout
bonnement, avec Rhodokanakis , dans ce sens spécial, par
Schattendach, abri contre le soleil: c'est là la dêma du
pauvre, dans un pays oîi il ne fait jamais froid. RO § 181
donne la phrase: Ibêt wâquf ^attemme, das Haus ist
beinahe fertiggestellt, la maison est ijresque finie, et ib. § 258
la même phrase est: ^âd Ibêt wâquf ^addemme, oLc
iC«L\Jt "Ji oisîj c>«.^^Jî , das Haus ist schon an der Bedachung
{= soweit fertig). Ib. p. 270,6, il y a: ba^ado ma dumm
Ibêt, das Haus ist noch nicht bedacht, n'a pas encore son
toit. Vollers considère ce *o, mettre le toit^ ZDMG 49, p.
515,7, comme araméen, v. ici p. 843,14. On serait donc
tenté de rapprocher ic^jj> de ^j> et de iuo. Mais je crois que
900
dans les exemples de RO iUJ" = bLxij est la vraie leçon, du
verbe ^ qui est devenu dans la dernière phrase du mm à
cause de p", i, avec une forme passive.
En Mésopotamie, on appelle une cabane en pisé iwb, pi,
o'^^b, Sachau Aus Euphrat und Tigris p. 94. C'est évidem-
ment le même mot prononcé d a m a < d ô m a. Dans les pays
équatoriaux, j*jo est très courant, ainsi qu'il appert de l'ou-
vrage de Decorce et Gaudefroy-Demombynes, Rabah et les
Arabes du Chari. Ce mot y est écrit dem et dîm, = ^3
et j*jo; le texte arabe a j*jo. C'est sans doute le masculin
de iU-jJ», mais il doit là-bas indiquer une bâtisse plus im-
portante, puisque Rabah établit sa résidence tantôt dans
un (*j>3, tantôt dans un autre. Grand nombre de localités
dans ce pays de Rabah sont précédées du mot de m. Ces
dêm étaient sans doute des postes militaires. Carbon p. 209.
donne damm et metemma pour camp. Est-ce le même
mot que j»jj>? Notre x*jo sudarabique pourrait être un dimi-
nutif, cf. sub qO p. 851. L'étymologie de ce mot m'échappe,
mais j'en vais en proposer une, au risque de donner un coup
en l'air. Nous avons vu que j.b, u, vhv., est = ^b, u, et |*jo
pourrait alors provenir de la même conception qui a donné
.b, ^o < Jb, b.b et 8 jb et signifierait à l'origine la même
chose que ^o, sens conservé encore dans le Waddây pour
une construction plus importante que le iU-jo de l'Arabie
Méridionale. La forme primaire de j«jj>, iL»jj> pourrait être
i*jb, iUjb, d'après de nombreuses analogies, voir sub »^-^
K. ♦ * -^ < 'iul\j> vhv. et -jo, »^o; cf. :£.*.^ < ^^njUo i), vhv. et
1) Qui d'aprôs moi i)OuiTait bien avoir une tout autre étymologie
que ceUe admise jusqu'il présent. Dans le Sud, .fUi, u, est dominer,
prendre le dessus ^ coïnmandor.
901
J^a5 > Joli", vhv. — L'oasis actuelle d'el-Gauf, décrite par
J. Euting Inner-Arabien I p. 123 et ss., était anciennement
appelée Jjs.^^! iwo^o. On prononçait aussi 'i^»o, d'après en-
Nihâyah II p. 36, 5 et Yâqùt sv., mais cela était reprouvé par
I. Doreyd, ce qui confirme la dite prononciation. L'étymo-
logie des Arabes, Yàqùt sv., doit être écartée. Les auteurs
grecs et latins l'ont aussi avec u: Aovf/,ûii^ix,, AoÙ{jlx^x, Do-
matha, Euting o. 1. p. 123 n. 3, comme Kxijo. Il y a aussi
dans le Le^â un m\j> avec l'épithète LJL*i!, < L>JUit, pour le
distinguer d'un autre iL<b, Wetzstein Haurân p. 25, et qui
paraît avoir été la capitale du Legâ. Il y a des ruines im-
portantes, Dussaud, Les Arabes en Syrie p. 128. Est-ce qu'on
ne pourrait donc faire état de cette similitude de noms pour
établir une proche parenté entre J^çn, K^b, iU-Ju> et j*-jo,
désignant à l'origine une habitation dose, un endroit entouré
d'une muraille, correspondant à ii%>, vhv., prononcé hôtah
ou hûtah, Euting o. 1. p. 109 n. 1, à l'instar de 5^30 =
3.5O, Musil 0.1. I Gl. sv. «^viaiî 8^30? Notre '»^.o sudarabique
aurait alors dégringolé de sa portée primitive. i-V>, mon-
tagne, vhv., a fait la même dégringolade, jusqu'à signifier
pierre, et^ vhv. est, en sens inverse, devenu montagne
dans l'Afrique équatoriale. Cf. Ruzicka KD p. 74, qui donne
l'assyrien dadmu, au pluriel dadmë, Muss-Arnolt sv.,
demeures, eyidroit, localité, d'une racine *dam>DOl et j,b,
u, mais je crois que c'est là une autre direction de la racine
j,30, et je préfère j.b, u, =^b, u.
Si *j3 et iU-jo sont d'origine persane, ce qui me paraît
peu propable, on pourra faire de jolis rapprochements d'après
Walde, LE WB sub domus, et Môller Sem. u. Indogerm. § 173.
Il y a aussi le mot démotique time, village, qui se prête
à une bonne étymologie, Fr. Preisigke und W. SpiegeJberg:
Die Prinz Joachim-Ostraka p. 25 1. 3.
902
^^jo, prêter à; courant. RO p. 101, 10 d'en bas.
j^.lXj" > Q-j^r, emprunter, 1022, 2 d'en bas = ^ÎA-x^!, RO
p. 407 N° 110.
^j, dette; courant. Voir I Sîdah XVII p. 155 sur ce thème.
iLoo, dette qu'on doit à une seule personne.
^^c> est aussi, dans toute l'Arabie et les dialectes du Levant,
o _
genre, espèce, qualité, = JXii. Un homme de Teymâ me dit,
en parlant d'une chose: \-Ljo (es) iji-jj ^j-^, Dieu sait ce
que c'est! Même emploi en Syrie et en Palestine.
Qays b. el-Hatîm, Diw. N° III v. 13, dit:
Et si ce n'était Vaversion pour l'effusion du sang,
L'ancien état des choses retournerait bien à Yatrïb.
Le commentaire explique ^,^\ ainsi: ^\ ^^a^] ^Ji ^jo ^^
Nôldeke soutient, Beitrâge I p. 41 et n. 1 et II p. 39 n. 1,
que c'est là de l'arabe pur dans ce sens; cf. ici sub ^^^!y^.
Dans la récente publication de Zimmern, Akkad. Frerad-
wôrter, p. 23, nous lisons: ,.Akk. dênu, dînu, justice,
droit, cause judiciaire, d â n u , juger, d a y y â n u , juge (< peut-
être soum. di): > probablement, mais alors déjà ancienne-
ment, hébr. et aram. dîn, dîna, tribunal, justice, cause judi-
ciaire, d â n , juger ^ dayyân, dayyâna, juge, m ë d î n t a '),
ville (propr. arrondissement judiciaire); de l'aram. > arabe
dîn, éth. ùaiB, jugement, arabe dayyân, ^w^e, madînat'),
1) Je ne crois pas que rarabe-néo-hébr. ma dîn ah vienne de dîna,
qJJ>; c'est un i^*5 régulier, comme ceux énumérés 650 et n. et 'dS3Jy>
903
ville, comme le néo-hébr. m ë dîna, — Mais aussi le pers.
daena, dên, dîn, foi, religion (> arabe dîn, religion) est
peut-être d'abord < akk. dë(T)nu". Cela ne concorde pas
précisément avec ce que Nôldeke dit o. et 1.1. ni avec l'ar-
ticle de Macdonald dans l'Encyclop. de l'Islam sv. dîn. —
Oj^ ^o, la religion de Hild, 1785.
icjljj», dette, 744,2 d'en bas; 745 n. 1. — Créance, 1213,7.
Moh. b. (jubrân, des (ja^dineh, dit dans une qasîdah à
l'adresse du célèbre poète Dô'an:
»\^0 Ià^O L4 T-y^ ( LotAMj ^-^^^ ^-^V"^ 8iA-À^ UlJoLjO »iA.a.c
Chez lui (Dô'^an) est notre créance (qu'il nous fera bien
recouvrer) et chez lui ,sont nos blessures (re'^ues pour les-
qiielles il fera payer le talion),
Et nous saurons attendre avec patience tant que nous
resterons en vie.
X-jL-jLXJt J~^î, 1616, 13, doit plutôt être les getis de bonne
religion,
^^
< ^_5J comme marque du génitif de la possession, voir sub \Jis>,
p. 450. - Cf. S AE VI (Soqotrî) p. 15, 1; p. 29, 19; p. 53, 24.
Bittner St. mhr. III § 43 et § 53 et ss.; id. St. sh. II § 26
et § 28. C'est aussi pronom relatif en soqotrî, ib. p. 80, 14;
p. 104,11; p. 110,18 et passim. JLjo dont j'ai parlé sub
\Ju> p. 452 existe aussi en soqotrî, mais là il est préposition,
à (direction), vers, chez.
en Algérie, Doutté Magie p. 423. Le pluriel q»-^ a son analogie dans
iCLw-o pi. Jw>Jî, byjli* pi. Ji-3, iLftxilw pi. v^ftilw, vhvs. A moins que
i^.iAx ait été formé en analogie avec ces *J^^.
904
n'est pas tombé dans - J-^ < - Jî-Lp, 407, mais L^ est le
même démonstratif que dans !3Lp. Déjà dans une inscription
thamoudite, on trouve ^[xSJ3, ce livre, Littmann Zur Ent-
ziff. der thara. Inschr. p. 17. Voir sub ^i et ^^J). Nôldeke
Beitrâge I p. 13 dit que „la provenance de S^ Ls>, comme
l'avait analysé Socin Diw. III p. 93, est invraisemblable à cause
de hâk, haik, hêk, eu Syrie et en Mésopotamie, à côté de
l'original, é^j>[J>, é^-^A'^, aussi employé". Je suis étonné de
constater une telle argumentation de la part d'un si grand
maître. Dans hâk > hêk > heyk, il y a les deux démon-
stratifs 1_5> et i^, vhv., ainsi accouplés dans les dialectes,
tandis que dans le classique et dialectal ^^S\-S>, il y a le
démonstratif 13 en plus. En parlant de la chute de ô dans
I3Lp, Nôldeke aurait au moins dû dire que b est tombé. Il
pourrait, avec autant de raison, dire que !o est tombé dans
le démonstratif IoLp, mais ici il ne le dirait pas, vu l'emploi
de !ô = 'oLp, 447, et l'analogie dalhîn > delhîn avec
has-sâ^ah.
o n'est pas non plus „tombé" dans^_CLx3!, dont j'ai déjà parlé,
p. 104. Feghali, p. 54 en haut, prétend encore, probablement
sur la foi de Nôldeke, que „les classiques alladî et hâdâ ont
perdu à Kfar 'Abîda leur d et sont devenus "elle (ou "él) et
ha-". Je crois avoir prouvé que cette „perte" est imaginaire.
> o, voir sub y^,
>0^, 1399. RO p. 10 et p. 189: ôd> > ^j:.2=> < ôd>] , pren-
dre; j.J^>|*>c2Ï, V. les dict.; Xto<i'o, MSOS VI,ii p. 120
N° 26 et n. 6, mais le hadr. ^, que Brockelmann, o. 1. I
p. 128,3, a trouvé 0. S. Nôldeke I p. 102 n. 1 est dakar,
car Snouck transcrit ô par d.
> L>, ce qui est plutôt rare dans notre dialecte: delhîn, à
présent.
905
^iji: cjo = cLi;, voir ici shvs.. El-Asbâh wan-nazâ''îr de
'Abd er-Rahmân el-Anbârî, Cstpl 1302 pp. 32 et 33. Lyall,
Diw. *Abîd b. el-Abras Gl. sv. ^3\. ^^ J!o, i, = v J^» i»
LA XIII p. 276, 11 d'en bas.
< Jà, dans iLàJo, vhv., <iLàib, 562 (dessin), mais je suppose
que J> est ici primaire.
ô ne devient pas J, et \ô\ n'a pu donner "îil, vhv., 466 et ss.;
1192.
pronom relatif, 418. Démonstratif, 447; 449 n. 2. b jy^^
dans une inscript, aram. -arabe, Lidzbarski ZA XXII p. 194.
Voir *,ô, ^^3, ^o et L^, vhvs. .
démonstratif, 447. Le mehri possède également dâ, dî et
dâk') (dêk), dîk, où le k n'est pas le suffixe pronominal
de la Ile personne du singulier, comme l'enseigne Bittner
St. mehri III p. 61, probablement sur la foi de Brockelmann
0. 1. I p. 318 et II p. 389 et id. Arab. Gramm. Socin* p. 26.
On lira LA XX p. 339. Voir ici sub e). Avec la même
raison, ou pourra alors dire que le <^ dans dVJo, i^^^lX-S' et
ti)!<Àf, RO p. 307, 1, est aussi le pronom personnel suffixe,
ce qui n'empêche pas que ce pronom ne soit aussi à l'ori-
gine le même adverbe démonstratif kà, là-bas, >mI), nD3,
que nous retrouvons dans ii)L>L_^ et, avec un autre démon-
stratif, dUUP, voir sub J. Dans le Nord et quelques dialectes
hadar, é^S est devenu par l'imâlah dâk, (dVji. Muzhir I p.
100 donne sys^t e^i ^ ^U! é^ô ^\J>; cf. le mehri.
Ce thème est représenté dans le Sud par le substantif
1) comme le syrien heydak > ^bL^, avec imûlali.
906
<_^j5 , d e y b > d ê b, loup, 24, 1 1 ; 691 et s. ; Stace p. 189 : icolf.
< ^S > hors de Dt. v9P, Arabica IV p. 19 n. 1 ; RO § 28:
dîb, loup. PI. vi^i, 120, 2; 401, 9 d'en bas; iobo, 1469 n. 1, et
i^Lo3<class. qLi^o, I. Sîdah VIII p. 65 en bas, ou ^L^o LA sv.
w 7 7
p. 364,2; V. ici sub c^^xj. Mais le pi. ^^jS désigne la tribu des
Diyâb, 692, Arabica IV p. 22 et V p. 282, sur lesquels
voyez l'intéressant article de Miles et Munzinger dans JRGS
vol. XLI p. 229; comme j.^j^', les Bâ Kâzim. ^y3t v^o,
le loup d'el-Kaur, cri de ralliement des ''Awâliq, 152,8, et
d'autres tribus himyarites du Sud, Arabica IV p. 18 et ss. ;
Arabica V p. 239 s., voir ici sub îij;c. Ce mot est devenu
tellement le a^;c caractéristique de ces tribus du Sud, qu'on
demande à un qabîlî: ui^î w«-j>3 ^^ iji!, ou ^-*.jo oG' cr»,
de quel «_^.o es-tu.'' — .j.y*s> l_^.lJ, 1635, 11 d'en bas. jdc ^.jIjJ»,
1605, 1. — *«ajJ> L. est un clan de négociants à Ansâb. Le
frère du sultan Mulisin de "^Azzân s'appelle M oh. ed-Dêb,
nom que cette canaille mérite bien. Sur l^ô comme nom
propre, voir Nôldeke Beitrâge I p. 79. s_^3 était aussi un
nom de femme, Diw. Hodeyl. Wellh. p. 49, 4.
Nôldeke, Fùnf Mo'all. II p. 78, croit que le ^^ô de l'Arabie est
le loup-chacal, canis lupaster, ce qui a été adopté par G. Jacob
Sanfarâ St. I p. 38. Il y dit que le loup ne se trouve pas en
Arabie. Hommel l'avait déjà avancé, 693. Je crois qu'il y existe,
d'après ce que j'ai exposé 693. Le père Jaussen, Coutumes
des Arabes p. 283, raconte qu'il a vu un loup déchirer sa
proie, et Jaussen sait, je suppose, distinguer un loup d'un
chien et d'un chacal. Klunzinger, Bilder aus Ober-Aegypten
p. 144, dit que dans la Haute-Egypte le chacal est appelé
dîb. Sur le rôle que le loup joue dans la superstition popu-
laire-en Palestine, on lira le livre si intéressant de T. Canaan,
907
Aherglauhe und Volksmedisiîi im Lande der Bibel pp. 31 et
55/6. On croit que c'est le seul animal que les démons
craignent. Si dans certaines contrées on applique ce mot au
loup et au chacal, il ne s'ensuit point que le loup ne se
rencontre pas en Arabie.
En mehri, loup est koub, BM I § 71, oi^i le J a été voca-
lisé, processus que connaît aussi le français, Nyrop Gr. fr.
I p. 327; en shaurî (= qarawî) kob, Carter p. 361, BM I
p. 43 n. oîi kob,<'w^ sn sh., est chien et loup; cf. ib. IV
p. 54; id. St. sh. I p. 17,- 1: kob, loup. Mais chienne est en
mehri kelbît, et il y a aussi le sobriquet ber hakelêb,/5/s
de chiens, id. St. mehri I p. 36 ; aussi arabe. Cette distinction est
assez bizarre. Pour les autres langues sémitiques, voir Ges.-
Buhl sv. DiSiT, = vieil égypt. sab, chacal, Z AS 53 p. 84 n. 4.
Maqrîzî a écrit une curieuse brochure intitulée iLjj-kJt
iL»-«j:$\3tJ! oy!yi2=> (^oU LpA ^^ ^^-j.yii!, publiée par Noskoiji
en 1864 sous le titre De valle Hadramaut. Comme elle
ne doit pas être à la portée de la jeune génération d'ara-
bisants, je vais reproduire ce que Maqrîzî dit des Sey^ar, sur
lesquels voyez Arabica V Index sv., Hdr. Index sv., ma LA
p. 31, Dt. p. 161; éams el-^'Ulûm p. 61. (j^v^Js ^ f-^-'^ (*-*^JiJt
tiUoj ^;l-»i3 L-jIj-^ i»;.»JULàj '^À^ ^^Lit lÀi-L)'», Jw-L-ywJ' v^jujS^J iLï J
Sois o!c A.ij£ ^j^ L^ tj^b jyj" ^^ bj^ «lX;^ ^à^ iA:>yi ^.^t
^i! jUiiî ^ ^u ^jsàj U5 j.o! (jrU ^ sA=>3 ^ U^;^J5 ô^^^--' <?-^'
et il ajoute oC-o "il^ oy«j*i2> S-^\ %^^ iA>Lc j«rf^ y»^ '^^^
iubJt iLiyLl! iu ^^ytl UvLx) OoL De Goojo a traduit ce pas-
sage dans son opuscule Hadhramaut p. 15 et s. Il attribue
l'origine de cette croyance populaire à la fréquence des loups
en Ha(Jraraaût, Arabica IV p. 21. Les Sey'ar sont redoutés
908
dans le Sud, et le trop fameux sultan Muhsin de 'Azzân
m'en a raconté des belles, 161. Mais je crois que le nom
des Diyêb, Index sv. p. 1815, si répandu dans le Sud et le
cri de ralliemerd, 'i^y^, 'i-*,-f- ou "a^^, de presque toutes les
tribus himyarites, Arabica IV p. 18 et ss., ont aussi con-
tribué à développer cette croyance. Ce nom, qui est aussi
un sobriquet assez commun dans le Sud, prouve aussi que
les loups étaient fréquents en Arabie, du moins dans l'anti-
quité, comme ils l'étaient aussi en Europe et encore aujourd'hui
en Russie et en Hongrie. Les paisibles et aisés pèlerins de
Hdr. qui ont fourni à Maqrîzî en 1435 ad D., à Mekka, les
données de son opuscule ont probablement eu à souffrir de
la part de toutes ces tribus si sauvages, en traversant leurs
pays, les (jûwân, vhv., et ils ont raconté ces choses extra-
vagantes afin de faire paraître leur pèlerinage très périlleux
aux halDitants de la Ville Sainte, déprédateurs eux aussi,
et partant plus méritoire. Les vv*-''' vl^^ étaient passés en
proverbe, 907 n.. El-Amâlî d'el-Qâlî, Çêl p. 33 porte -i:ijp>\ ^[5
1 i r\ ...^ vr*-^' o^-î^' ^^ ^^^ ^' ^^'^^ ^^^ loups des Arabes et
leurs bêtes fauves. Cf. n^J? ''3NÎ Ges.-Buhl sv.. Qays b. el-
Hâtîra, éd. Kowalski N° 14 v. 10, dit:
^ (io^Jb>5 05L-! (_^wLJ SyiJLj (_v.^^' Jl>^ |^' ^
Lorsque vous rencotitrez les hommes d'el-A'us, vous trouverez
(en eux)
Un habillement de serpents noirs et des peaux de guépards.
Nôldeke Fûnf Mo'all. I p. 4 anm. 8: ^^ll't ^^\^^, expliqué
par ils devieyment sauvages (dans la mêlée). Aus b. Hagar,
éd. Geyer XVI, 4 et ,Hidâs b. Zoheyr, éamh. M. b. el-
Hattâb p. 108: ,-*->LJt^ o^L-'^i ^\Jb- 'ui Lu^J. Cela ne doit
33
') Il vaut mieux lire *->^-i-> (se (_,v.LaJ) et traduire de peaux de
guépards.
909
pas, bien entendu, être pris à la lettre, puisque plusieurs
noms de, bêtes, d'oiseaux de proie et de serpents s'emploient,
dans un sens tropique, pour désigner un brave guerrier,
1239, 1240, tels que ^J«^■, ^Jj^j, jy, v'-^? \J^i /» -^j
J^-cj et ^Li-jt», yiu^., yfr^, y^, etc., voir Gl. shvs. et cf.
aussi sub ^>Iu, x»^, j^^.et s^. Les citadins arabes se ser-
vaient également de ces expressions de bravoure ou plutôt
de bravade. Ils étaient, en outre, en contact avec les tri-
bus bédouines qui portaient des noms d'animaux. Il n'est
donc pas étonnant que ces noms aient donné lieu à des
légendes dont les pèlerins se sont emparés, les croyant
vraies ou fausses. Cf. J^y 1 >-^>3 = ^ JJI ^j^ ^^. LA sv.
Cette croyance aux hommes se convertissant en loups
était du reste courante un peu partout dans l'ancien temps
de „rignorance"' européenne. En Scandinavie, ou croyait que
les Berserker, guerriers du Nord, étaient, pendant la bataille,
pris d'une fureur sauvage, exactement comme l'arabe ilyâma
o
gètu el-hôse ebrâsu, ^*s.!y 'i^j,^\ iuiL> li, 904 et n. 4,
= ma LB'A p. 80,9 et cela sans avoir été enivrés d'alcool
comme" dans la boucherie actuelle! Le nom des Berserker
vient de ce qu'ils portaient un peau d'ours, heri^ Bar, Falk-
Torp NDEWB p. 70. Ils étaient aussi appelés XJlfheânar.
Plus tard, on croyait qu'ils avaient le pouvoir de se changer
en ours. Le mot varulv, allem. Werwolf, si courant encore
dans les pays germano-scandinaves, a la même origine,
Falk-Torp p. 1355, E. H. Meyer Mythol. der Germanen p.
83 et p. 479. Il est devenu le français tautologique loup-
garou. Les Grecs connaissent une maladie mentale spéciale
de KujcxyôpcoTrix, la hjcanthropie, qui faisait croire au malade
qu'il était changé 'en loup. Les Bédouins du Nord disent
d'une personne enrouée jusq'à extinction de voix ou de qui
a la coqueluche, qu'elle est v^jÀxi, enlouvée, avec lequel on
comparera le sens du verbe ^^, vhv. Cette bête était
910
probablement bien plus commun dans l'antiquité orientale
et européenne et partant la plus redoutée, et de là sont
nées les innombrables légendes qui y ont trait.
Le mot dîb est donné, comme nous venons de voir, éga-
lement aux personnes, soit comme sobriquet, soit comme
nom de tribu ou de famille. En Europe, il entre dans les
noms propres, tels que Wolfram, Rudolphe = ^^-^! v*^^'?
Adolphe < Atha-ulf ou Adal-olf = ^.yiJ! w*JJJ'. Toute une
foule de familles portent encore, dans les pays germaniques
et Scandinaves le nom de Wolf, Wulf, qui était sans doute,
à l'origine, un sobriquet.- En Hongrie, farkas. loup, est un
nom de famille très répandu et aussi, plus rarement, un prénom.
La locution arabe ^^.Ài[5 wJiJC^î ^-vj se trouve également
en français: entre chien et loup et en anglais: hetwixt the
dog and the wolf, 1646 et n. 1. Elle tire son origine de ce
que „le loup fait ses attaques de préférence un peu avant
le lever du soleil, au moment oii le chien et le berger sont
fatigués de veiller", comme il est dit dans l'Encyclop. de
rislâm sv. dhi'b, d'après ed-Damîrî, Hayât sv.
Bittner St. mehri I p. 42 dérive ^^o du verbe v'^>
presser, chasser, effaroucher, effrayer, et v-*j>3 serait, selon lui,
sur la foi de Gesenius, Thésaurus sv., 2{<l proprement l'effa.
rouché. v_jb étant aussi hurler, crier, LA sv., Bittner ib. paraît
aussi trouver ce sens bon pour expliquer l'étymologie de w^j.
Jj est une variation de ^ô, repousser, chasser, défendre,
vhv.,et signifie également, pousser, chasser, =^c>J^ et j.!J» LA sv.,
et = ._,^£o, ^;,^£lXj', épouvanter, (^^m.. et TA=^_jL\j LA sv., TA,
[ > ^, d'après de nombreuses analogies, p. e. ^'o vhv. > J\S,
i, et ^-c3, vhv., j.b et ^o, vhv., uio et ^Jlj^^, mourir
^x.i: > v_>x.;:;, v. sub ,!3, etc.; cf. j:3 et Jico, effrayer par
911
un cri, et Uicj , crier. Je crois donc que 1/^îJ :^ ^ > ^,
pousser, et b, ainsi que la variation V^~pj> peuvent se
ramener au sens primaire de repousser par un cri, weg-
scheuchen, effrayer, ^ô aurait donc le même sens primaire,
repousser par un cri, ce qui expliquerait la 3^ rad. de ^\ô, de
même que sa variation labiale ^3, ^\j> et j.!3, propr. l'onoma-
topée j.J>, vhv., crier, gueuler, > blâmer.- ^Uc3, louveteau, Qâm.,
<^^Loo < qLoo, à cause de la permutation constante de ces
voyelles, et sur la désinence an des animaux, voir p. 115,
mais il y a aussi le pi. ^^3^ M^AR p. 74: v'— *-^' o'^-^'^
^iLixi>, de v_^ô, qui, comme forme, n'a rien à faire avec ce
singulier qLî^^- Malgré ces rapprochements des racines, je
ne suis pas bien persuadé qu'il faille expliquer wJ3 par une
étymologie purement arabe, comme le fait Bittner. En tout
cas woo ne peut guère être un participe, effarouché, mais
plutôt un substantif transitif, l'épouvante ou quelque chose
de pareil. On comparera ce que j'expose sub ^-^<-^ et ^->--w,
qui offre, à peu près, la même sémantique, et qui n'a rien
à faire avec le nombre 7.
Ce mot étant commun à presque toutes les langues sémi-
tiques, Ges.-Buhl sv. DNî , et se trouvant même en vieil
égyptien, voir plus haut p. 907, ne peut avoir une étymologie
purement arabe, à moins que la même racine, avec le même
sens, se rencontre dans les autres langues sémitiques, " ou
bien que les loups arabes aient envahi les autres pays où
la langue arabe n'était pas courante et oîi le mot arabe
aurait suivi cette invasion des loups de la Péninsule. Il se
peut aussi que les v^*^' o^i'^t 970 n., les hrigands arabes,
aient contribués à répandre le nom de l'animal dans le monde
912
sémitique, même en Egypte. En tout cas, l'application si
variée de ce nom aux tribus et aux individus et la frayeur
que cet animal causait à tout le monde sont la meilleure
preuve de l'extension des loups de par toute l'Arabie dans
l'antiquité. Le chacal a un autre nom, v. sub %^.
;li
La lurah a JJ» = a^s. oy^îj -s^j^, avoir de l'aversion pour,
fuir, éviter par dégoût, c jî. Diw. 'Abîd b. el-Abras p. 16, 2 : îj y3
îyijj^ !3/^->- Notre dialecte dit ^to. i, et cela s'applique prin-
cipalement à la chamelle qui fuit son petit et ne le laisse plus
teter, v. p. 751. L^jo^ ^^c Oj'i iiJL>!Jl, la chamelle se détourne
ou fuit son petit Dt.; cf. sub ^p. Ce thème a aussi donné le
nordarabique .13, i, effrayer, Socin Diw. I N° 29 v. 6, oîi il
y a aussi ^b, s'effrayer, comme ib. N° 12 v. 7, correspondant
à —£0 et à ^o > ._co, vhv., <— j3, comme son synonyme
^JuJ;^ > .JutÀ vhv. = ^>^:-x.j! et ^j-î, LA XI p. 69 et p. 79
en bas = ou2i ib. p. 85, et tant d'autres, v. p. 910 en bas. C'est
le même verbe que "ilî III Ges.-Buhl sv., déjà constaté par
Gesenius, Thésaurus I p. 412, 24. Dans la lurah, sî^l o^o
L^Jbtj (i.c se dit aussi d'une femme qui est rebelle à son marij
= ;^ et ^j^>axx^\, LA sv.. Haupt ZA XXX p. 95 retrouve
ce verbe dans le Codex Hammurapi: zâru, se soustraire
aux désirs du mari et quitter, ne pas se soucier. Je n'en
suis pas bien sûr, et cet izîr, inf. zâru, pourrait aussi être
en rapport avec sëru ou sîru = ^, dos. En tout cas, la racine
n'est pas .o, comme le pense Haupt, o. 1. p. 94, mais )3
^îo, vhv.. '^jô, vhv., qu'il cite est un élargissement de ^i
et n'a rien à faire avec Jj, ni comme étymologie ni comme sens.
913
jo, effaroucher^ effrayer, Negd du Nord, trans. de ^b, i, =
^3, Socin Diw. I N° 32 v. 10: s^.lXj J^j »,.xJyA> J. 5iL> Lo
z7 w'es^ jjas we^m dans son pâturage un être qui l'effarouche,
et Socin a tort d'en douter, ib. IS;° 12 v. 7, ^b, intr., est
expliqué par ^ji', qui peut être une prononciation pour y.Jû"
et non pas < rJj-J'j mettre à l'étroit, ib. III Gl. sv., qui me
paraît plutôt être une variation de V^jj = i"iî II et "ilî I
Ges.-Buhl sv. Chez R D I p. 93, 6, nous trouvons le même
yp que l'auteur traduit par effrayer, mais, le verbe, s'appli-
quant ici à la iLïlj, chamelle^ veut plutôt dire qu'elle n'a pas
encore délaissé son petit, ^*Jo^\ oyj et que, à cause de cela,
elle ne peut prendre part à une h.U. Ce n'est donc que dans
ce sens particulier que effrayer peut être bon. Sur^I^là, ib., vhv.
.jj, souvent prononcé jj, se dit de la chamelle qui ne se
soucie plus de son petit, expliqué par ioLc ^^lA'ij sJ^ o^iL^i,
ayant de l'aversion pour lui et se détourne de lui, voir sub
^J^.^ p. 750 et oi^. On dirait que le Datînois pensait k Jù,
u, vhv. qui n'a cependant rien à voir avec V Jj>. Em-
i;âhilah dôrinneh., la chamelle ne se soucie plus de son
petit, 721,4 d'en bas et n. 3. Le pi. en est oi^o y=>^»,j.
Ce mot ne prend pas a au fém., à l'instar des adjectifs et
participes traités chez I Sîdah XVI p. 128 et ss. et Wright
Gr. I p. ]87 B. y.J> est une contraction de jO — ^l^à, y^,
LA V p. 387 en bas, selon Hdr. p. 386 et s. et ici 519 et ss.
JÎÔ
Ji3, expliqué 1288. I el-Qût. p. 285, 23: iob^ ^^\ wlj Jto
^yi=>5 o^ "^iJ. I. Sîdah III p. 98, 4 d'en bas : ^^\ésS\ rJ^vt^ _j.jî
914
icilî'^ ^lXJ! ^^^ i^ v-A^ L5^' o^' ^^^^^ ^'^^ P- 99,12 la
définition est un peu différente. Cf. ':io *^o, p. 832, dont l'éty-
molpgie ne m'est pas bien claire.
^o i, u, chiper quelque chose à quelqu\m, J.c, 1714, 6 d'en
bas, V. sub ^^o. Expliqué 1372; 70-5. Gf.J>\6 = o^, LA I p.
366. Chez Musil III p. 397,5: woÀi! J,Àj ioty^ L, il faut
traduire une hyène ne repousse pas le loup, c'est à dire
que ces deux bêtes fauves sont d'accord pour attaquer leur
proie. En Mésop., rejeter, wegwerfen. — v-'V^? int. de v^»
repousser, comme Labîd N° 40 v. 89. Nôldeke Beitr. I p. 120.
^^à, mouclie, pi. ^bo, 709. — ^^^13, ô'wép^, n. unit, de 'J^^,
709. — ^Lo n. unit, et n. gen. ib., mouche; RO p. 10,7:
u-j'u/;^ < ^Lo, mouches ; v. d. Berg, Le Hadhr. pp. 82 n. 3,
254, 7, pi. ^^1jl3, ib. p. 82 n. 3, comme aussi Bel Djâzya p.
80; pi. io3] < iù3), Hess Bemerk. zu Doughty's Travels p. 6.
Kibi, 2^26 mouche, du coll. ^^bJ>, Abu Hilâl el-'Askarî, MSOS
XVIII, II p. 13, Stumme Tun. Gr. § 65, § 91 p. 73 et §84.
Le diminut. dibbînâyi à Bagdad, petite mouche, OS Fest-
schrift Nôldeke I p. 404. I. Sldah VIII p. 182 d. 1. : ^lXj\
^Ço ^4^3 '-^^'j, comme Qor. 22 v. 72, et ib. p. 183 aussi
L_)0, qui est rare.
L'étymologie de Fleischer apud Levy, ChWB I p. 438,
n'est pas la vraie, car v_jo est dans le sens y cité dénominatif et
secondaire. C'est plutôt une onomatopée, p. 921, qui n'est pas
db, comme le pense Schulthess, Zuruf an Tiere p. 57, mais db,
qui est devenu db dans les langues sémitiques qui n'ont pas
la lettre S, Cela est prouvé par les onomatopées analogues
*
\
915
Ljj, (.3 et pj vhvs. provenant d'une perception un peu dif-
férente du son produit : 3137 , mouches, v. sub yo, comme
l'onomatopée égypt. *^aff, mouche. Mais il y a aussi l'onoma-
topée db dont a parlé Schulthess ol. p. 56. On ne saurait
ramener à cette onomatopée db le mot ^Li, pointe du
sabre^), =^ ^IjJo, 179,9 d'en bas, comme le fait Nôldeke,
Beitr;lge I p. 120, tout en exprimant un doute. Ce mot
n'est qu'une variation consonantique de V~^\ avec le sens
d'être levé, pointu, se dresser, être saillant, voir sub l_j;,
et qui a plusieurs dérivés. ^^ià>, pénis, que cite également
'Noldeke provient, selon LA I p. 380, de v'-^'^j pendiller =
(j^Lj, u, vhv., Sams el- Ulûm p. 106 = ooy. 'iL^^Cs^ô, touffe qui
pjendille à la lance. Nord.
^cka, eiitonnoir, 91,5; 1353; expliqué 1372; 537,9 il y a
ujStXj! (ainsi dans l'original), que je traduis par moules, mais
je n'en suis pas bien sûr.
ujj.jAx = J^^, pressé, dans ed-Dâhir, 1372.
^j3, a, couper la gorge à l'animal qu'on tue, égorger, 1775,
6, 19 et passim; partout courant. Description dans Wrede
Reise p. 93 comparée à Hdr. p. 380 et ss; et selon les
préceptes de l'Islam, Bohârî VII p. 93. On fait toujours la
tasmiyah en mettant le couteau à la gorge, ce qui est
rituel, Boh. VII p. 90. On peat manger d'une bote tuée par
un chrétien pourvu qu'on n'ait pas entendu qu'il invoque
autre chose que Allah, Boh. VII p. 92 en bas, mais en
général on préfère le boucher musulman ou juif. Mais la
1) S\mir b. ct-Tofeyl XXI v. 9.
916
viande d'une bête tuée par un Magûs et le mariage avec
une fille magûs sont défendus, Tab. I p. 1600, 15.
^J> est aussi tuer, égorger un homme ou à la guerre, comme
nous disons que la guerre actuelle est une boucherie oi^i l'on
s'égorge mutuellement. C'est ainsi qu'il faut comprendre la
définition de Vollers, M S OS VI, m p. 6 d'en bas: ^3, tuer
avec des armes émoulues, et JjcJs, tuer en frappant. RD Gl. sv.
^o égorger, pluralité de ^\iJ>; 70, 6 = ici p. 29,5.
t^ ^j'3, combattre aux côtes de qqn, en vertu d'un pacte,
1249,4,5 d'en bas.
^uXjî, être égorgé, être tué, surtout des hommes, 311 n. 1.
Les "Anazeh disent: &1P- J^î ^^^^ r^-^r* ^' [;-5 *^^ lP''-
celui qui est tué en défendant les chameaux est bienheureux
et pa7'mi les gens du Paradis. La description de Littmann
ZA XIX p. 148 s. est en tout point aussi applicable à
Datînah.
iLs^vxiJ, bête égorgée; victime; bête de sacrifice; pi. ^^, 325,
13. Sur les ^jLjô en Dt., voir 1775 et ss; Arabica V p.
48 et n. 2, et pour le Nord, Jaussen Coutumes des Arabes
p. 337 et ss. G. Jacob, Sanfarâ I p. 63, dit que ii^s^joi ne
s'applique qu'au petit bétail, j^t -v-L--^, expliqué 325 n. 2.
dV^.ijJ j^xil'u:> Jb>yL. y^\ ^csjs. L* Lj, quelle quantité d'hom-
mes tu as! Les hommes (que j'ai) sont et toi! Nous nous
ferons égorger pour toi aujourdhui *^Anazeh, voir ma LB^A.
pp. 9, 29; 57, 6 et ici, p. 171 en bas. Un b^* chez les "Anazeh
est p. e. : li^^^rLô U=> j.j-J! Cs.^ U ^^, nous voici devant tes
yeux, MoJi.', aujourd'hui nous sommes tes victimes = nous
nous fero7is égorger pour toi (morituri te salutamus), récit
^anazite. Mais l'ennemi tué est aussi une ji^s^o, RO p. 424.
Dans la guerre, tous les combattants sont des -^j^-j'—?'^ de
917
l'ennemi: iCst^ ^_j.:> J. '«^'Jj^.o *^jLj3 Lo y, (7?«e de victimes
710US avons faites dans la guerre de Sam^ah, Dt. Nte sâi-
rilhom (Jebîha, tu vas être une victime pour eux, tu
seras tué par eux, RO p. 424 N° XIX n. 2. à^Jo: 'i^^o,
expliqué 311 et n. 1, voir sub ij^Ac.
On peut distribuer la viande d'une iCi=v-?3, victime de sacri-
fice, à d'autres et en manger, Tab. I p. 1751, 12 ss.
^iÂ><, la partie creuse sous l'orteil et la crevasse qui s'y forme
souvent, Dt. En suédois, on dit dans ce cas que l'orteil est
décapité.
jo, i, regarder attentivement, fixer; class., écrire; lire, com-
prendre = ,-i\ , 1297, LA sv. Ce dernier sens est inconnu
dans le Sud. Cf. ^>..w vhv., comme ^3 et cLxi, répandre.
yo est, dans le Sud, terrain en général et ensuite un terrain
arrosé par la noria, ^^ç_j._av^_^ , ou la pluie; champ, Hdr. p.
189,5; ib. pp. 190, 191;>^jÔ, Hdr. p. 122, 9; pi. ^^-?i, 444
n. 2; 1143 n. 1. Un hadramite me dit: i^^-Ib j.P Lo io^il yo,
le terrain du champ n'est pas bon, Hdr. p. 191, ce qui prouve
que yô et io^=>ne peuvent être absolument identiques. Vollers
ZA IX p. 188 dit que .jo, champ, est yémanite, mais je ne
trouve cette forme, qui est cependant bonne, nulle part dans
mes livres. V. d. Berg, Le Hadhr. p. 276, 4 d'en bas: oÂi>l ^^
Si-i*, ^Li>, 710US avons pris la fortune de l'oncle "0., tout ce
qui lui appartient en fait de champs 7ion arrosés, vhv., de
terrains, de dattiers et de maisons rurales et tirbaines. j-iô
serait n. gen. avec le n. unit, s^jj, = \_>l.^ b;_àJLL, comme
918
disent les grammairiens, v. d. Berg ib., Brockelmann o. 1. I
p. 419. Moritz Zanzibar p. 30: s-j3, pi. j-i^, terrain culti-
vable, ce qui coïncide avec le dire de mon hadramite ci-
dessus. Je n'ai pu constater si yo est vraiment un n. gen.;
ù 3 3
je ne connais que le sing. ^ô, pi. ^yjc>. Snouck ZA 26 p.
223 d. 1. porte debr, Acker,et p. 225, 18: debr, pi. dëbûr,
Felder.
Le savant hollandais dit, 1.1. qu'il traitera à une autre
occasion de l'agriculture en Hadr. parce que „ce qu'on a
jusqu'à présent dans la littérature européenne se distingue
aussi 'peu par son exactitude que par son insuffisance. On
n'y observe même pas la différence importante entre, d'un
côté, la culture des champs arrosés par un travail régulier
des hommes (dèbr, pi. dëbûr) et, de l'autre côté, l'ense-
mencement de terrains (s erg, pi. sërug), qui sont irrégu-
lièrement fertilisés par l'eau collectée des torrents de pluie,
avec des céréales qui poussent vite ou d'autres plantes utiles".
Si Snouck avait lu mes ouvrages, il aurait pu se convaincre
que je connais parfaitement la différence entre ^j> et -^r^,
vhv. Mais je n'ai jamais eu l'intention de traiter cette
question qui ne m'intéresse qu'au point de vue linguistique.
Voir aussi sub «->o,.
Nous trouvons le même mot en mehri. Jahn S AE III p. 249
donne pour champ dêbr da dâra^, mais dans le glossaire
p. 174 c'est dêber dâ dâra^ pi. debûr. Il a pu entendre
j-K^ à cause de r suivant, où le 3 est prononcé emphati-
quement, voir sur ^ plus bas. Carter p. 353 donne: garden
^\S dahabar. Jahn SAE III p. 174 a le mehri dâreb,
pi. dïrôb, cour, Hof, mais j'ignore si c'est le même mot
avec métathèse; il le compare avec y,:, enclos; possible.
Nous avons donc le mot classique et dialectal yo, champ,
p, 692/3, mais qui se dit en Dt., en Hdr., en "Oman et en
919 '
mehri j-^3. Or, <_1 > d est commun, mais non d > ij. "i3i,
V. sub — jo, = \f.^hj n6 Mt pas de difficulté, mais le sud-
arabique ^jj ne s'explique que si l'on admet que le ô est
primaire et que dans le Nord ce mot est devenu ,jo. Le ô
peut aussi devenir j, que nous trouvons dans nnisî, 7nau-
vais champ pierreux, mais que J. Levy VVB sv. rapproche de
l'arabe ^jj, qui pourtant est dénominatif de ^-jj, pierres.
VoUers o.l. p. 188 l'identifie carrément à 131, mais Barth
ESt. p. 32 le rapproche de l'arabe ^^y Lorsqu'on a vu les
champs en Palestine tout parsemés de petites pierres, on
est plutôt de l'avis de Levy. Cf. ce que je dit de "IDK^J
p. 693.
^o ne doit pas être confondu avec ^->..ào, aiigle, coin, vhv.
De même que Jahn a entendu y^^ champ, < ^j, j'ai aussi
entendu ^3<^_^Ai3, angle^ sans l'emphaticité de la spirante
postdentale, 1104 n. 1. Nous savons que l'emphase est dans
les dialectes du Sud bien moins forte que dans le Nord et
souvent elle disparaît totalement. Ce qui prouve que ^3 et
yj^o sont deux mots différents, c'est que les Bâ Kâzim pro-
noncent îibr, où le (j:^ a passé à i, 1189 et s., ce qui serait
impossible si ^_p < J>. En revanche, ^3, champ, peut devenir
yj^, comme nous l'avons vu. Si _jo, champ^ était originai-
rement le mot mehrite dêbr, adopté par les Arabes, ceux-ci
auraient quitté l'emphaticité de la spirante, mais alors on
observerait aussi quelquefois la prononciation iabr, ce qui
n'est jamais le cas. Jahn est pour moi une autorité trop
faible pour que je table sur son dêbr, dêber en concluant
de là à un mehrisme de notre ^3 arabe.
Le ,jo classique et dialectal, p. 693, doit certainement être
920
à l'origine y3, car j'ai de la peine à croire que ce ^i, d'un
âge cependant respectable dans la lurah, ait pu faire dans
le Sud —iô. Dans les dialectes de Dt. et de Hdr., le ô con-
serve en général, dans les parlers bédouins, sa postdentalité
et cela rend difficile le passage de o, dans le mot classique
et dialectal du Nord, à J> dans le même mot dans le Sud.
ô devient souvent o, aussi bien dans la lurah que dans les
dialectes, mais je ne crois pas que le cas contraire ait lieu.
Le même processus se présente pour le mot suivant, y3.
yj>, coll., guêpes, Dt. et Hdr.; je ne sais si le nom. unit.
s^jo est employé, je ne l'ai jamais entendu; on dit ici 'A^.
V. d. Berg Le Hadlir. p. 82 n. 3. > jo p. 691 en bas.
Nous avons donc ^j3, champ, >j^^ vhv.; ^^3, abeilles ou
guêpes, et ^-j3, montagne, y .iJ>, LA V p. 389,2. Dans les
deux premiers mots, la forme sudarabe doit être primaire,
mais ^j3, montagne, s'explique difficilement, voilà pourquoi
on pourrait être incliné à rattacher j>^ p. 691, g^ra^ide /bWmîe,
comme dans la tradition, LA V p. 389 en haut, Nihâyah sv.:
SL_> ^_c! u^.s>3 ^^ !yj> ou 1jj3 ^l ^! w*..:>î 1^, à jJO, essaim
d'abeilles ou de guêpes^ mais l'explication formelle des savants
arabes est un obstacle sérieux, quoique nullement absolu,
à une telle argumentation.
Ce qui prouve la primordialité du 3 dans ^3 > ^o , c'est
que le 3 est devenu \ dans jv-jj, ï^v-jj ou x^j, guêpes, LA
V p. 419, 9 d'en bas, oîi = ^:>; le mandéen î^'''iDj"'î, abeilles, =
{^-j-is-tj =: néo-hébr. J^lû"»!, abeille, guêpe. Brockelmann o. 1. I
p. 134 identifie les judéo-aram. zibbûrâ, syr. debbôra,
hébr. dëbôrâ, à l'arabe dabr, pi. dubûr, et dans une
note ib. il dit: „où bien l'arabe zunbûr, l'éthiop. zanâbîr,
921
est-il le mot original pour guêpe, qui on aram. se serait
contaminé avec dbr?" A présent, il connaît le ^-jo sud-
arabe, et sa demande a par là reçu sa réponse. Avec ^o,
seule forme enregistrée par les dictionnaires, cette demande
n'était nullement éclaircie. Si le o était primaire, ce passage
à 3 n'aurait pu avoir lieu, malgré les exemples du mandéen
que cite Brockelmann, o. 1. I p. 134,8: zma, sang <. ^^^
ziklâ<digla, dattier.
On pourrait donner toute une liste de mots, oîi J» est partout
primaire. Il y a un autre mot sudarabe pour guêpe, itbir,
voir sub ^x_i, où le J» > o, ce qui avec un ^o primaire
aurait été impossible. Cf. aussi yo, champ, > ^j>, vhvs.
On ne saurait séparer la V~^J>, vhv. de 1/~~j3, qui en
est un élargissement, comme J.J, vhv. et ^o, rougir (lion),
j,j, bourdonner, murmurer^ et ^\ et J.^;, vhvs., onomatopées
analogues. Levy NHChWB I p. 375 fait venir nniD"! de
~iD"l, conduire, parce que c'est la reine des abeilles qui co?ic^MzY
les autres ! Etymologie bizarre. Voir ib. p. 508 sur 31 = ^ô et
ici p. 689. Il donne également le correspondant „arabe jo, coll.
essaim d'abeilles". rnlDl, hébr. bibl., abeille, guêpe = néo-hébr.
NllD"»"! ont bien le même point de départ que DHl = v'^o,
vhv. coll., Ges.-Buhl sv., soit < V"^^, et le dialectal .y^,
freloji, sing., est le dim. de yj» < j?3.
Le mehri a haydebbir, guêpe, Jahn GI. sv. et Bittner
St. mehri I p. 28, qui émet l'opinion étrange qu'il faut
séparer l'arabe dialectal .yo de .y^\ , qu'il déclare être persan
en s'appuyant sur Vullers Lex. sv.. Palmer Dict. col. 323
donne „^ljj, loasps, pi. of. j^^^jj, zambi'ir", comme un mot
arabe, tandis que Berge l'enregistre comme mot persan,
922
probablement sur la foi de Vullers. Je crois que le persan
l'a emprunté à l'arabe. L'archevêque Cher n'en parle pas,
et il a la manie des étymologies persanes. Les dictionnaires
arabes ne mentionnent pas non plus une telle étymologie,
LA V p. 419, ni Siddiqi PFW non plus.
Cf. r-^'!, guêpes, vhv. et le soqot. îdbohor, abeilles, <c.
adbôr, Bittner Soqot. Sprache I p. 6 note.
50 > J o- w
Il y a aussi ^^xjj ou ^vHj, pénis ou clitoris, <ij^\, clim. de
yj < Vj> Hçlr. Gl. p. 596, mais ce mot est d'une tout autre
provenance, voir sub vjjyj et l_;.:. Sur ^j >^, v. p. 690/1.
Joo, franges, coll., 318,5 d'en bas;n. unit. iJLj^, Hdr. Gl.
sv.; voir sub jU-^-o p. 779.
idjo = iUjo, 1760 d. 1.
JL.O, mèches, coll.; n. unit. ioLi, 1445 n. 3; 1446, LA XIV
p. 29 d. 1. — Franges, v. d. Berg Le Hadhr. p. 99, 3 d'en
bas: JLii. En Dt., iJuô, mèche de la lampe, „U«, pi. J^L>>3,
et en Hdr., mèche du fusil, Hdr. p. 580; cf. io'jj, tresse.
Partout dans le Sud, iJLoi est mèche du fusil, Arabica V Gl. sv.,
ici p. 785, ^ is^i^, vhv. et aussi, excepté en Dt., 7nèche de la
lampe, 1446 n., en analogie avec les synonymes sur '^1^,
tels que kJLjA.>, 'i^.^c>, tresse, vhv,, iUL.*.io, mèche allumée,
LA XIII p. 376,6 d'en bas, U-^^Jo, LA XIV p. 29 d. 1.,
partout courant, icJL^, mèche, LA XIV p. 184,9; cf. iiijA>,
3^xà.to. iOwiJù:, s^.Ac, is^*3ï, tresse, voir LA shvs. PL JoLo
> dabèyl > dabêl, comme au verset 522,9, qu'il faut
corriger ainsi: JwÔ3J! q^-âj ^^ o^' '-^^^•
Il y a peu de mots qu'on entend aussi souvent que icLoo
923
chez ces tribus sauvages et guerrières du Sud. La raùche du
fusil joue mOme un rôle dans le couronnement du Sultan
des ^Awâliq Supérieurs j^LUi^J! pLlc, ainsi qu'on pourra lire
sub jU.-^o. On fait les JoLJ» du (j^ J.i>, = *-a.^ , vlivs., Ficus
Sycomorus L.
La V~^c> doit être un composé de ^S et Jô (JjJ>), vhvs.
Dans les textes de D. H. Mûller se rencontre un mot diblit,
pi. di bile ta ou dibél, protégée, compagne, = 3.b>, selon
Bittner St. sh. I p. 61, ce qui est probableiflent l'arabe
icLô, frange, se rapportant à la pratique sudarabique décrite
Hdr. p. 579 sv. ^Lo. Bittner St. sh. I p. 13, et avant lui
D. H. Muller, a rapproché le sh. cl é b e 1 , côté, > d o 1 ou d o 1 ,
côté, lisière, du sh. dabl provenant de J~.jp, selon la phoné-
tique du shaurî: b>y, et Bittner ajoute, ib. p. 61, qu'en
arabe J.jj vhv. veut aussi dire protection. En arabe classique,
je ne connais pas ce sens, mais dans le Sud on dit qu'un
tel voyage j,^) u^A.i>Lit o^p. JjJvj ou ïJijÀj, avec la fratige
d'un tel. Ici Bittner ni D. H. Millier n'ont su cela.
^J^3, espace entre les deux premiers doigts écartés, 1634, 8
d'en bas.
^oo<iJbJ, 1760 d. 1.
^"^
^jLoi, 23,4, Mimosa unguis cati, 657. Nom d'une tribu, ib. ;
Arabica IV p. Il; ZA 19 p. 405; D. H. Mûller Sudarab. St.
p. 127; Hartmann Arab. Frage p. 324. Il y a encore dans
ed-Dàhir une Ahl Dubyan, 657, Arabica IV p. 11.
r
^>=>Jui, nom de tribu, voir sub ^s:>lX^
924
Jj>>3, a, se rouiller, synonyme de i^A^a, a.
ji>3, couvrir de poussière. ^c\-^ J^^? se -vJ!, ?e vewi m'a
couvert de poussière, Dt. Couvrir de rouille; 'Stace p. 147.
jj>3: Q-:^^'' J^>3, /e soulèvement de la terre, de la poussière.
JJ>J, rouille. Stace p. 147: rust.
J^!3, rouillé, ib. — JL>J, rouille, Dt. et Hrlr.
(3y>!J>, tourbillon de poussière, 592. Je De trouve dans les
dictionnaire rien qui approche du sens de 'ce verbe. Le
Jol/ij de Ru'ba, éd. Ahlwardt N° 49 v. 5, est traduit par
Dunst, vapeur légère.
».>ç>ô, amorce servant à amorcer le bassinet, (.yi-o, du fusil,
qu'on porte dans le ^-îo^-<«, petite corne à poudre, Hdr. pp.
219 et 222. Prononcé au pluriel dahèyr > dahêr, <yL=>3,
d'où le dénominatif .=>c>, charger le fusil, Arabica V Gl. sv.
En mehrî et sh., deheyrt, secret, pi. dljâer, > dhay r,
Bsh. I § 52, avec la même contraction de â''i>ay<ê qu'en
arabe dialectal du Sud. Bittner St. mehri III p. 83 note
donne au thème y>3 une étymologie bizarre. D'après lui, il
provient de ^! + 3, où 3 est le relatif, donc proprement :
ce qui a été mis de coté et conservé. Il compare l'éthiop.
J^T'îC , pars poslerior, ^"hù , pone, post, ^A'SÙ , tardus fuit,
moratus est, qui me paraissent représenter l'arabe -=>Lj',
contracté en ,i^', voir sub ..=>), et ,~:^, < ,.=-Lj < -i>^. Un'
tel processus serait unique en arabe et impliquerait que cette
forme hybride serait originaire du Sud de l'Arabie d'un dialecte
non arabe. Mais V~j>ô se rencontre dans les plus anciennes
poésies arabes, p. e. Hodeyl, Wellh. N° 215 v. 3: ^.^^^À-j ^
y:a=>\ j*^!'!, et l'on ferait peut-être mieux d'y voir une très
925
ancienne forme collatérale de Jc> ? Cf. ^j , vhv. Bittner
donne à oiJui la même étymologie bizarre, v. ici p. 953.
,o, a, u, répandre, éparpiller, 465 n.; 1245, 10(=y et ^j);
1310,2; 1341 en bas, oij se trouvent les autres verbes congé-
nères. RD Gl. sv. 451 , 1 . ^s. j^y » lAj^ ^j^^^I^ ^iO^\ (j^-L^ï u-v^j
elle prend environ une poig^iée de farine qu'elle répand sur la
pierre, 62, 13. ^^.oJ)) ^^ ^^! ^js_j", elle épand le sel sur la
peau, 63, 18. - Vanyieri ^= i^^'^ , vhv. o^, bruiner, pleuviner,
Schaade Uhud p. 8, et ÎJ, class. LA sv.,- est peut-être une
mrtathèse de^J>, mais cf. J^^. vhv.; cf. _^3, gsJo, !^3 et ^J^,J>, vhvs.,
peut-être aussi "^, Schaade Uhud p. 12, ^xi^xi et yixi, vhvs.
^^ô, répandre, épajidre, intens. ou pluralité. ^^^^lXj Lu^^i ^
^\^si J. j,o!^^l y^-^^c. J.£ sv^^'j cZans ?20^re ^^a^s, o?2 répand
de Vencens sur les têtes des personnes dans la 7ioce Dt.
C'est là une réminicence du temps du ^^LJ^ yt>. Les Eglises
catholique et orthodoxe ont conservé cet encensement des
ouailles.
' ? - , . <^ - .
j*)j<J^, éparpillé. s.^.l\/« o^^^ ^ "^^ o'^'^'^ ^' '^^^ village de
Sêtnân (aux h al Dayyfm en Dt.), il y a 10 liusùn épar-
pillés par ci par là, J)t.— A.Jka, expliqué 606.
* I \
voir (^^3. — Cf. j/oÂJî î^oî, /VaVe couler les larmes, LA sv.
voir sub <Jj3.
Ù^ù
o.ô intens. de ,o, répandre, éparpiller, A(^^^w.; RO p. 410, 5;
J^
926
Stumme Tun. Gr. p. 37, ll;>yy, qui en Syrie est tr. et
intr. {jaSs' J.C jô.o ojLx:, il s'est de 7iouveau mis à flâner
sur cette terre, Syrie. Cf. yVji .
jôjXJi, s'éparpiller^ se détacher en petites parcelles. RO
p. 259, 14.
uj^.lX/s, pi. wo.tÀx!, gourdin. C'est ainsi que l'écrivent Hess
Der Islam IV p. 316, 2 et Musil o. 1. p. 284, 15 d'en bas.
Je connais lj^-ais-*, 1748, et ^-j^^uX^ ib., mais je crois que
v_j5.^ est la bonne forme à cause de la pointe en fer, de
Çj'o = y^^j ((f filer, voir LA I p. 371 et Lane sub ^^o et
ib. p. 959 col. 2. Ahlwardt, Halef el-Ahmar p. 84: v^.lX-*,
geschàrft. Mais le classique ^ù'lXx/* ^-^^^j^j LA sv., et i<àj! v_j.ô,
his nose dripped, est pour le classique et dialectal v_j,ô,
- ù - _ o ,
vhv. et v^j) vhv. Le "^omânais a vy.^^' > Vj^^' ^^ montrer
fort, RO p. 13 d.l. avec le substantif, iù^ji, force, RO p. 108
d. 1. Chez les 'Anazeh, ^ ^.j> est empêcher de, Jaussen
Coutumes p. 191,1 n. 1, mais ici v^o = iA.wi.
^ ,0, a, vanner le blé, = ^J^Ô, Je demandai à un Hammâmî (v.
Index 1842): es màhratak fi ardak? quel est ton métier
dans ton pays? Il me répondit : nidrah em-durah âyyâm
e m-h ey r, je vanne le blé aux jours de la récolte. Ce verbe est
très classique, LA sv. d'après Qurâ', t310, Qâmoûs sv., TA
sv.: .^J' j- ', r^' -"-i-^ = ^K^' Les autres acceptions spéciales
données dans LA, Asâs, sv., Qâmoûs, sv., et TA sv. reviennent
à la même idée primaire. Nous avons donc ici trois thèmes
pour vanner _jj, ^jô = ^JJ>, p. 771,7, etio, qui sont des
développements de ]/~"^<3 > ]/ J3.
927
1— j
^j6, tomber sur, Béd. du Nord. j*IiJL. c^lXj vs^AJt, le loup
tombe sur les moutons et en fait carnage^ ma LB'^A p. 15,11.
La lurah a è^ '^'^ 6t ^ »,o, môme sens. ^^3 est donc sans
doute la forme primaire.
uj ^.3, oyfn'r quelque chose eyi vente, Dt., surtout une étoffe
qu'on peut mesurer avec le bras, cî^o. Cf. ^L, i, avec à peu
près la même sémantique. — Mesurer, courant; Rabah p. 49. —
Couvrir d'une peau la caisse du tambouriu. Voici comment
s'exprimait le Dawsân ''Alî b. 'Omar er-Râ'^ibî de la ville
d'el-Qasâb en Beyhân, voir planche vol. I: ^y, j^-kJi q^^-^j
L^j L5>l\^' fwo^ £-5;^' O^^T^-5 ^^^^" cr^3 o^ cr'* J*^^'
uiXLe p A-* J-!-^ '^^3? ow fait le tambourin d'une pièce de
bois évasée et Von met un rond de peau de mouton (ou de
chèvre) dont on a rasé le poil, en haut et en bas (des deux
cotés, voir la planche vol. I) et o?i lie les ronds de peau avec
des ficelles qui batidetit les peaux. C'est là notre tambourin
midarra^ tMl^r-J eX^j^ ^^*:^^ ^Lsa^aIJ! ^^, c'est que tous
les S. soîit armés de carabines, 163, 12.
^.3, pi. ^3,3, rond de cuir pour les deux côtés du tam-
bourin; voir plus haut.
^.S, manche de V arbre de la charrue, 1447, 2 d'en bas;
propr. bras, = jLxà des instruments. — Montagne isolée. Ara-
bica V p. 46, Naswân o. 1. p. 38 dit: ^^cfw.j ^^.J! ^\ tj-^su*,
iwct o, pi. 5~J;';>3 OU oicî^ô, chemise courte qu'on porte sous
la jaquette, voir la planche de Habib Moh. el-l.laddâd et sub
928
i3L_fwO p. 782; elle est souvent teinte d'indigo; Hdr. p. 10.
On prononce durrâ^ah, avec ô cl. Je connais trop bien ce
mot pour avoir mal entendu. Or, la langue littéraire a
iCcLj», avec o d, sur lequel voyez Dozy Vêtements p. 177 ss.
et son Supplem. sv., LA IX p. 436,4, Lane sv., et v.
Kremer Culturgeschichte I p. 389. Je ne m'explique pas
bien pourquoi on prononce ce mot avec ô, à moins que ce
soit à cause d'une contamination avec V~^.S^ voir Lane
sub ^!.o, pi. c !a.x. Est-ce que notre ^i^^Lo» serait la forme
primaire, et alors iL-^Lo, chemise, n'aurait rien à faire avec
la 1/ ^^o qui a donné ^c^o, cuirasse? On pourra comparer
Û - ù , ù o
^i > ^_:o et ^3>^o, vhvs. Le J> peut bien devenir o,
mais o > o est plus difficile. Dans les milieux purement
bédouins du Sud, le inot \j^ n'est pas employé; vhv. •
k_r,>3, i, couler (larmes), comme Musil o. 1. p. 221, 9. Cf. v_j^o,
et ^,o, couler, vhvs.; cf. ,«-^iAiî Loi, faire couler les larmes,
LA sv.
*-ij>3, pi. ^3,3, grande outre à heurre en peau de ranam
ou de wa'l, Dt. 608. Cf. <S^,
Ojô, u, couler, glisser en bas, à terre, ahgleiten, 472, 2; cf.
Oji, i, couler, vhv. — Avoir la diarrhée, homme et bête,
682, 14, et non pas seulement des oiseaux, car cela se dit
en Dt. ^\JLw, fienter; cf. 1341,3 d'en bas. — Fienter, = Ji^ô;
Tabaqât d'el-(jumahî éd. Hell p. 25,5. Cf. o^j, LA sv., et
vj5À=> LA sv.; cf. sub ^^jô, — OjO, inf. de OjJ, fienter. —
'sJiô, fiente, 472, 3.
I
929
ol.o, diarrhée, homme et bête, Dt.
j/~)'3>y vhv.; K~tj:y, 1643; 1341 en bas. El-Qâlî, AmAlî
p. 204, 13: ^\ l\j>I5 (jNJt.,'. o-J^^3 c:^^^^ 03^0 :^_^^L*Jot Jiï
.i^Jt j. ^xJjJ. I el Qût. p. 128,15: \^.à ^^-j.Ôj ?|^^xcJI o^^^
^-oJi w c>Jli>li" Lj;'3j, où la dernière partie ne désigne que la
manière de se placer en faisant ce travail. I. Sîdah XI
p. 55,11 et s.: i,i:A_),3 J^-^i *aj àj' ^i iÀi>î^ \a«<l> q, èi 13î
j«jwî ij:.i3Ji^, »i.NjJ! ^.<^ :OjjtAw<i j^! !ys»| t»| i3 !>^»)p^ ^.^'^^ JLJtLJî
s^.iAj" Lo, c'est à dire vanner. Nous voyons donc que le verbe
est ^.o et (C^ô, mais à présent tous les verbes_j.« sont devenus
^_^«, à l'exception de _^> et_^j'^, p. 343, vhvs., en Algérie.
Mais 3.0 est confirmé par le substantif 83 <3, p. 939. Le sens
primaire est dans ce que rapporte el-Qâli, Amâli p. 204,8:
aJsjLs^O! (jrtUJ! L?;"^ lS"'* *^3 ^^)'^ ^*,-,<J\'S v_;'_aJ| ^n-Jj-^^ '^;'-^5 ^^
comme le traduit bien Lane the loind raised it or made it
to fly and dispersed it, ce qui est aussi le sens de .0 yhv.;
ce sens est encore très courant partout en Arabie. Socin
Diw. I N° 73 v. 27: ^^L^Jî k^\j J.^ u^^. _>-^3 M^-' ^^^^
lui ('chappe et il répand la poussière sur sa tête; sur ^jri^
vhv.; cf. sub (Cjj. Mais ,cjJ> n'est pas seulement vanner,
c'est aussi semer, ensemencer, a, i, 141, 1; 1341; 1398, v. sub
oULw; TIdr. p. 189 et s., = wà-j, vhv. Le sens primaire est
jeter les semences en l'air, voir plus haut la définition de
^jô chez el-Qâli, de façon qu'elles se répandent sur le sol ou
directement planter, en semant les grains dans la terre, comme
SAE IV p. 147: en-nâs en-nahal yedrû'hen, les
hommes plantent les noyaux des palmiers, cf. ma MJM p. 52.
59
930
Eparpiller: RO p. 410 N° 135 où = ^^^^ et yj^o. La lurah a
aussi ^j}>, ensemencer, = \jô, u, Lane, mais le dernier verbe
est selon LA vanner^ ce qui est aussi courant dans le Nord.
Socin Diw. I N° 14 v. 7 note d:
»L(ÀJ iuvjJu Qr^L. .«diUJ ;? ,;j^ lXa^^', ?zoms fauchons le hlé.,
nous le transportons sur l'aire, nous le dépiquons et nous
le vannoyis. On dit aussi dans le Nord, comme dans lurah,
^<À_j, u, qui me paraît être un composé de l\_j et ^o. La
première racine se trouve dans dVj3liÀj dWpîiA^ lt^^-^^ expliqué
par Q^ï"-»-^ et dans 3ô ^ = ^Jlj<ji>; sa variation consonan-
tique est .^_j = ^j-*- Cf. aussi .Jv-j = ^j-?» i» répandre la
semence. Le classique oii^ a^^ Kà, a, cn'er, Amâlî p. 204, 4,
est secondaire et métonymique; KJ> = l^o, ensemencer, est
primaire. ^Abîd b. el-Abras, éd. Lyall N° IX v. 14 dit, en
parlant d'une chamelle rousse i-L*!^ vhv.:
^ /«67wp she lias, towering up, that opens loide the icood
of the saddle,
Joined to loithcrs that are firmly set, compact with her
back-bone.
Selon la traduction de l'éditeur. Je le comprends autrement.
Le poète veut ici peindre la difficulté de monter une chamelle
ayant une bosse très haute et grosse, et à cause de cela le bât
glisse sur le éjo, garrot. Mais la phrase n'est pourtant pas
très claire. D'après le commentaire, ^^i est le pluriel de '^Jui,
L Sîdah VII p. 51, et LA X p. 168, 5 d'en bas dit: jTî -xiC^]
Jô' (^Q^L» '^^\ tiUj^5 ^♦i l.\T.,»r>^ KJsUJ!^ ^->H^! ^y. pL-L^Î
') ^-«i = ^'»-*, cire haut, vhvs.
931
LiÀJt ^ ^y, *:<^iJ! QMJtki |?5 y^L^', avec un verset où il
y a ijt*îi! j*js^^. Il ressort de cela que ^-^ est un pluriel.
jyCSt xj L?;'-^" est expliqué par: ^.j ^^<-xiy. ^yCit L^Ua« J^j, où
^-j se rapporte au bât, v. sub ^ ^j, tandis que i^j^ se
réfère à la chamelle, mais alors le ^o suivant ne peut se rapporter
au pluriel «-♦.s ni ^•,[j non plus. Si ^-4~i était un singulier,
la difficulté disparaîtrait, et *.j s'expliquerait alors. Le chameau
arabe n'a qu'une bosse, I. Sîdah VII p. 68, 1, et l'on ne saurait
parler ici de sommets de bosses au pluriel. ef^Lj ne peut non plus
se rapporter ni à la chamelle ni au bât, .yS' étant du mas-
culin en arabe. Je crois donc qu'il faut lire: L^ l5;>À-j", si
^ est vraiment un pluriel ce qui me paraît bien difficile,
et (Jî^Lj se rapportant au jy-^^ qui de cette façon vient à
glisser sur le éj~:>, dont la signification exacte n'était pas
bien connue des lexicographes '). Le bât prend donc une
position un peu inclinée, ^j.*-^^, ou en avant ou en arrière
de la bosse, selon le sens qu'il faut donner au mot ii]^L>.
Je crois que le dernier cas est plus probable, à cause de ^JL^J! ^!.
La traduction de Lyall ne peut être bonne surtout dans le
second hémistiche qui ne dit rien de pareil. Ceux qui ont
montés à chameau savent bien que souvent le bât glisse
en avant ou en arrière, si la bosse est trop grosse.
Il y a en shaurî un verbe dre = drey, monter, îiinmif-
steigen, Bittner St. slj. II p. 39, 9 que nous trouvons en
') Expliqua LA XII p. 292, 3: ^iî ^\ ^^Jt-i! J-ot o*^' ^j^
•S. ti3! (_^w.LâJî xj iAi>lj (^Ài), niais aussi (^c-î-^l-r' ^y^ \^ .^a *.-2£
932
mehri hederû, arriver en haut, hmaufgélangen, Jioch aiif
den Berg hinaufsteigen, Jahn SAE III p. 173, Bittner St.
mehri II p. 111. D. H. Mùller faisait venir ce dre de ,^^o,
savoir, en le comparant avec l'arabe ^JJo et ji-I^î, Bittner
St. sh. II p. 39, qui paraît avoir adopté cette opinion. Or,
dre' est l'arabe ko, u, dans le sens de 3^à_j ^^"^Li ',■3=^
L*j.^ !_-x .-A, LA XVIII p. 310, 10 d'en bas et que nous
retrouvons dans le substantif «j.o: «"iLcî ^^sJ^ ^ avo, ib. p.
311,3. Umâmah b. Dî el-Isba' dit de son peuple ^Adwân,
Marâtî p. 71 v. 1 : (j:<Ài! J. -iJ^j^ Ls'_^ l^ï, ils étaient des
rois et seigneurs sur les hauteurs (du pouvoir); var. ^^^) Ji.
Un poète yémanite: UIj'îJo j: ^ ^j^ ^^<^' , jioiis sommes des
Himyarites et nous sommes les plus hauts parmi eux, Naswân
0.1. p. 40.
Le verbe s».lX-jÎ c^^-Jv^aj", ou j.LLwJ) = kJ^ = ^olc^î, voir
sub |*->L«., Llw et çj_5, qui sont synonymes, n'est pas préci-
sément un dénominatif de Bj^ô, puisque la racine ^jô ren-
ferme déjà l'idée de hauteur, sowmet.
^j^i pl- 'K>3 ou iî,o et oîyjJ», o>5,ô ou o'^j^j est encore
chez les ""Anazeh le sommet de la bosse du chameau, = Sud
j.L_Lv«, qui offre la même sémantique d'être haut, voir sub
j»>_;_Av, j^-^ et_^«. A^oir Socin Diw. Gl. sub Hj^ô et Hess
Islam IV p. 315. Une locution proverbiale dans le Nord est:
z7 n'oubliera 'pas cette journée (de secours qu'il a promise),
quand même les chameaux marcheraient sur leurs bosses et
les piétons sur leurs barbes, ma L B 'A p. 54, 3 d'en bas.
Un bédouin de Syrie m'a fourni une "atâba oîi se trouve
ce verset, Arabica III p. 30 n. (corrigée ici):
933
iJ^ ,ye we trahis pas l'ami en le trompant
Je conduis les chameaux qui marchent sur leurs bosses.
^j-^yo"^! o^vjJ» sont les chameaux (non pas les chevaux) qui
partent pour une expédition de l'émîr de Hâil. Diw. Hodeyl.
Wellhausen N° 215 v. 4:
LJij.iJ! .^lA-ai! ,*^\/iJLj |^^j«pj3 (^.lÀJt Jsc (1 ^j:ûL5A4.iî iM»r-îJ^J '-«jj^
(Ce sont) des hrros qu/i, renversent les chajnelles, prêtes à
mettre bas '), su?' les bosses (pour les égorger)
Et qui donnent à profusion la graisse dans les marmites
bouillantes.
Labîd, N° XXXIX v. 87, dit:
Ivrogne (v. p. 847, 7 d'en bas) il efface sur les sommets des bosses^
la souillure (provenant) des jambes (coupées) avec le sabre
tranchant et ébrécJté.
J'ai observé, à la fête d'el-'^Imâd près Aden, le même
procédé de nettoyer le sabre avec lequel on avait coupé les
jarrets de la 5j^«-c, Hdr. p. 459 ss., Sanfarà Stud. I p. 63,
sur la bosse de la victime. Le sabre est ébréché J_s!, vhv.,
à force d'avoir tant servi à cet effet. L'épithète renferme ici
un louange de générosité. On voit donc que non seulement
les mots sont restés, mais aussi les coutumes. Hodeyl.
Wellh. N° 105 V. 7:
!.L^_*J! ^^^J-.*.:s\j j-L/i^JI v'^^j "'j^ ci^ C)^ r^7*^ ^O^^^ ls^)
(Qu'er-Ralnnàn arrose) par un orage (dont le roulement
est tel qu'on dirait qu'il y a) sur ses hauteurs (= les
hauteurs du jF-xi)
Le convoi de la Syrie portant la cargaison.
>) Gâhi? Muhâsin ji. 1:34; pi. (ji^jL^, Miirâti p. 07 v. 5.
934
LA V p. 151. Wellhausen traduit h\.ô Js^ par sur les hau-
teurs de Hazm (nom. loci), mais le pronom se rapporte ici
à j^y>- [•L'i^^' v'^ Gst rendu par voitures syriennes, ce qui
est aussi impossible, v'^. est un collectif et doit se rendre
par convoi ou caravane. LA I p. 414,6 d'en bas. U^y^\
j^^LsJ! est le terme techique pour le convoi ou la caravane
d'un sultan ou d'un prince régnant et se rencontre souvent
chez el-Hazragî dans son Histoire de la dynastie rnsoûlide
du Yéman, p. e. I pp. 319, 1 et 360, 7 d'en bas, que Red-
house traduit par ^^the suprême cavalcade"; nous dirions
aujourd'hui le train royal, Hofzug. Diw. Qays b. el-Hatîm
N° V V. 27: _
Nous avons avec tios châteaux et nos propriétés environnantes,
Entre leurs hauteurs (où sont situés les (.L->T), des pal-
meraies pliant sous leurs fruits.
Kowalski traduit ici (C^o par Schutzwdllen, re^nparts, ce qui
ne me paraît pas exact, car les (.L>!, = o^^^' ^^"^^ situés
sur des hauteurs, et ils n'ont alors pas besoin de remparts. Les
("o^Li^ (= *.-^ ^f^. à^^i comment.), qui exigent beau-
coup d'eau, ne peuvent être situées en dedans d'un rem-
part, mais en bas des (C^o des châteaux. Voilà pourquoi
■35.0 a ici le sens que je viens de lui donner.
_ 3
Js^^uJ! i_c^ô, les sommets des palmiers, Ka'b b. Zoheyr N° 10
') Ayant attentivement étudié le Diw. des Hodeylites, j'ai constaté
que Wellhausen, très souvent, n'a pas compris le texte et qu'il faut
toujours contrôler sa traduction.
- o ^
-) Malgré ce comment., on peut aussi penser h Oj-^s^^^*, terre
labourée, de uîj-^, i, labourer la terre, Hdr. Gl. sv., ce qui n'est pas
contredit par l'épithète oiio.
935
V. 14. (Cjo\j est monter sur un '^f pour guetter rennemi.
Nous voyons donc que dre, md)itei\ < ,^^3 < ^^o, a de
profondes racines dans l'arabe même. Ce sens de monter^
être haut, s'élever en haut ou quelque chose d'analogue s'est
conservé non seulement dans les dialectes du Nord, mais
aussi en mehri, où hederu, B sh. II p. 39, est un J-*-a-5^,
correspondant à l'arabe J^*î! des verbes de direction, comme
ceux que rapporte I Sîdah XII pp. 50 et 51; cf. ici sub
b, u, p. 875. L'on peut se demander quel rapport sémanti-
que il y a entre Lo, i, u, soulever la poussière et se sou-
lever, LA XIII p. 309, 13, =J^, ^ et p.
Le verbe classique i^o, pousser, se 'précipiter sur, est une
variation de ^.o, vhv., mais ce thème renferme aussi un
sens qui coïncide avec celui de ^jô, dans ses dérivés, ^rro-
téger, chercher un abri, demander protectio?i; voir sub l^o. —
(fijj, semer, ensemencer, 528, 3. — Vanner, Bédouins du
Nord, Hauran, Syr. et Palest. Musil o. 1. p. 303,1. Amâlî
p. 204, voir p. 929, 4. Livre des Avares p. 140, 2. La qasîdah
d'es-Sahgah de Qâsim el-Hinn de Haurân porte ces versets
(mètre: ^-1 i- I i- 1^):
Qiim-nan-hàtt-ed-dàrâyàt (voir shv.)
Dàrreynàha '"al-rarbî"
Wèl-magàtif mawgûdàt
Nous avons posé les pierres de protectio7i
Nous avons vanné par le vent de l'ouest '),
Et les grands tamis se trouvent lé(.
Dans cette qasîdah, senier est (j=^o et ^^j; vanner y est
aussi ,sj3. LA XVIII p. 310 en haut: ^y>, u, et ^jù, van-
') Le vent de l'ouest étunt plus luimide enipéclie les grains de
tomber en dehors des oLjÎ^o.
936
ner. — Abriter, 1341,8; 1643. Cf. c^o dans quelques accep-
tions aualogues, et o^o, abriter quelqu'un de; dérober quel-
qu'un à la vue de et s'abriter de, etc. Marçais TAT p. 297 sv. -
^,!J», > (Cjb, abriter; protéger, défendre, avec J^, Dt. Spiro sv.-
i^j^i chercher un abri, se mettre à couvert, 332 n.; 1399, 7;
1604; 1643 = ^^ÀJL>wS, et ^yCo*^ vhv., comme LA XVIII
p. 310,11 d'en bas; I. Wallàd, éd. Brônnle p. 50. - Cher-
cher 7'efuge ou protection auprès de quelqu'un, 332 n. =
Js£ d-=>^, Nord, vhv. A. Tanger, dderroq est chercher à
s'abriter, Marçais o.l. p. 297. Mais (^,à,3 est aussi monter:
à^^ i3 <sp^i ''monter dans la montagyie, Nord, voir ce qui
précède.
(^ L\j' > (£jîA-j > (^,'^>^"' > i^J'^^i être ou se mettre à l'abri,
être caché, Dt.; Spiro sv.. ^^j> >>^jL>: ;_cjtiAj oS^t^, et il vou-
lait se mettre à Vabri sous une (à côté de) boutique, Bâsim
p. 4, 12.
^.Ax-I, chercher un abri, se mettre à couvert; chercher pro-
tection, se réfugier auprès de, = ^j^ et ^^Ji^J^\ vhvs.. Ijj^
2jO (J^ J-^-w_J! é3 î.o j. ,j:.l\-x_wj (^àrréna), allons 7ious
mettre à l'abri de la pluie sous ce hangar-là, Dt.; cf. J.lNj^J p. 817.
Beaussier sv. é^y}> ^S ^.Jkj.^, nous nous réfugions auprès
de toi en nous mettant sous ta protectio7i, Tab. III p. 348, 7,
qui est aussi une bonne expression datînoise, = j^yCo^. On
dit en Dt.: lilLÎ j. U!, je suis sous ta protection, comme
Amâlî p. 204, 5 d'en bas: ^-^ j^^j J, q*^ JL2j = \IIj3i \^o J.,
et ib. ï-js^^! -ijwj JcLw! = U^o j ^. Ce sont là des
expressions courantes dans notre dialecte.
937
(j:.ô>;^3, dàri, souvent aussi prononcé diri, semence, 141, 1,
mehri dêrî. Au ûg.descendant,descendance, progéniture, rejeton,
457; 1579 d. 1.; \605, = £^ô. RO p. 241, 9 d'en bas: ê^^ô
(OÙ faute d'impression). On peut traduire Genèse XVII v. 7:
^"•inN ^i;^i 1^51 ^:^n) 1^5 ^n^l? hn^ \"lOi?ni par j.^^ ^a^ ^ij
liJcXju (j^ eV.j^J> ^J^_)J ^i^:^-J^- De même Lev. XXI v. 17: ïï'^*
^^llP; par ti)^j^ô (j^ ^La^jL Torczyner o. 1. I p. 122 le rend
fort bien par Samen, semen virile.- -Mais ^j-J serait aussi
bon = ,_y-« et ^Ajj, LA X p. 4,3. Du reste, Aj a le même
sens figuré; HD p. 9,21: ubràt 'ayàl béder bu Zeyd,
elle désirait avoir des enfants, progéniture d'Abu Zeyd, =
Dans leur s^jc, = s^^, plusieurs tribus du Sud se servent
de ce mot, là où d'autres tribus disent v*-:^P' 1^- ©• cr;^ ^'
^^^!, j?e suis la progéniture des S.; les 8uhùr font partie
des ^Ui2j! Jj.L^j Index p. 1822. Les *JL£ J.»?!, du pays indé-
pendant de AJt^JI, V. Index p. 1821, disent: jjU J^î i^.J Ijî.
La parole de ralliement des descendants du seyh vénéré
^Omar b. Sa^îd est ^^ (j:.o Ljî, 457. Autres exemples, 1579
d. 1. et sub vr^- Cf. I. Wallàd ^=! _^3> ]^jOt J^ ^^S\ U JULj
s.o, ;/?///e^, pa.ssim. Ilehn Kulturpflanzen p. 492. Nôldeke
Beitrâge II p. 164 dit: „ao se trouve déjà dans I. Hisàm
575, 11; c'est pour »i.3 et appartient à i,o, HCA , répandre,
semer, qui doit être séparé de Viî, ^i, p .; mais, bien en-
tendu, proche parent de rnî, -i:,,, ^_=^j, H<J.<d". Les lexico-
938
graphes arabes disent que s^ô provient de V~ijô ou ^jô >
ij^o avec le » remplaçant la lettre élidée, et la forme ^omâ-
naise drau, RO § 21 (d à cause du r), semble confirmer
cela, mais Nôldeke peut bien avoir raison, vu l'analogie des
autres mots similaires. En revanche, je ne suis pas bien
persuade} qu'il faille séparer ces thèmes. Je crois que tous
ces vérités proviennent d'un thème sémitique commun, qui
varie selon les différents parlers: > .i, ,^, j^j ;jj 1341 en
bas, et qui ont été élargis ensuite en trilittères. La thèse
de Nôldeke est probablement motivée par mon exposé Hdr.
p. 189 et s. Je n'ai pas changé d'avis depuis sur l'étroite
parenté de ces verbes, qui, par leur similitude dans toutes
les langues . sémitiques, sont d'un grand intérêt historique.
La permutation de 3 et ; est commune, et ^ , ; s'expliquerait
comme L\j, (^u\j et co\j vhv.
Brockelmann o. 1. I p. 134 n. dit: „sur d^raq, répandre
(streuen) et d^ra^ semer, formés par dissimilation, voyez
§ 85 d", où, à son tour, ib. p. 237, il donne le jud. aram.
d^raq à côté de zëraq, répandre, et d^ra^ à côté de
zera^ semer, comme exemples d'une dissimilation, en hébr.
et en aram., du z en d. Il aurait aussi bien pu citer, il me
semble ^=y et ^^y Fraenkel ZDMG 59 p. 252: „J?"n et pil,
contre -^^i et .^-^i, peuvent provenir d'une véritable permu-
tation". Je crois que cela est juste.
La a^j est donc la semence par excellence, et sa culture est
très répandue dans le Sud. Elle est aussi appelée ,.L*_j,
vhv., la nourriture par excellence, comme ^ciy^, pain, l'est
aussi et comme la viande pour nous, < viv-ande < vivenda,
vivres, yiourriture, < vivere, vivre.
Ko ou ^j3 d'après I. Wallâd p. 50, abri, protection, Dt., 1603
= ^^jJS vhv., comme L Sîdah V p. 117,4 d'en bas: ^^jXJt
t_c.3JL Ce mot a presque le même sens que le classique 2^0.
939
Diw. Hodey]. Wellh. N° 232 v. 4: ^30 .^o "^ j^}^ LIJ,
lorsque je les vis et qu'il n'y avait aucune défense contre eux.
Je crois que c'est le même mot que LJ» et que les thèmes
1^0 et (j^jO sont au fond identiques, mais alors i^.ô est i)ri-
maire, et le o a perdu dans le Nord son interdentalité, > o.
notre château est <Hevé au dessus du Wâdi^ et lorsque le
torrent vient, nous sommes à l'abri de son atteinte, -Awlaqî.
Cf. Zoheyr, mon édit., p. 178, où J.aaJ! ,^ 3>^'^> LA XVIII
p. 310,11. RD Gl. sv.; Meissner MSOS VI, 11 p. 78 N°3:
ya bu Fadel, ya derâna ô père de F, ô notre refuge
(mètre en désordre). Socin Diw. Gl. sv.. Amâli p. 204, 5 d'en
bas. En Egypte, dire, < ^5;^? ©st ime clôture des champs,
O O
= »5;^) pl- o'^^'-^ chez Spiro, shelter, parapet, entrenchment, ce
qui est devenu hangar chez Bc, Dozy sv. et S5.0, écran,
Dozy I p. 438. ' ,
L3j'^^ Pl- ^Ji^, chez Meissner MSOS VI, 11 p. 87, 4: gafra
felâ rêr ed-duwâri wil-higâr, désert, campagne soli-
taire, où il n'y a que tourbillons de poussière et pierres, où
dira fut expliqué par hauwa elladi bîh ^agâg; voir
Lane sv. ^.3.
iot^o, van7iage. Nord, Musil o.l. p. 303, 9 d'en bas= pal. S3L0.
85^0, ensemencement, Dt J^pf (vhv.) o^:s\àit L*:> j:^^ ^^:,^^ ^j^i
ï^.lXJ! ^yLjii "bJ i^^jjc/) Lj jcJ^\, je te donnerai cent talleris
lorsque les propriétaires auront fini les semences, c'est-d-dire
lorsqu'on aura fini la derûwah. On voit que la K^^vO
reparaît ici. Snouck ZA 26 p. 223 donne «3.0 ou b^o, ense-
mencement. Voir p. 929, 4 sur <^*,jC> .
940
J'ai cité p. 937 en bas l'opinion de Nôldeke qu'il faut séparer
V' ^y» ^fy' ~^''' i'?' "'^®' ^^ CJj' ^"^^' x'V '^^ ^^ ^^^'
prends pas qu'il ait pu soutenir une telle thèse. Au contraire,
je vois une étroite parenté dans tous ces thèmes. p"iT et les
formes correspondantes araraéennes, Ges.-Buhl sv. et Brockel-
mann o. 1. I p. 237, répandre, streuen, > semer, ne sont
que des variations consonantiques d'un même thème. Akkad.
zarâqu, épandre, verser (eau, huile dans le culte), Zimmern
Akkad. FW p. 66, qui y dit: > peut-être hébr. zâraq,
même sens cultique. Akkad. salâhli, éjmndre, arroser
d'eau etc.: > peut-être aram. zëlah, même sens". Même
l'égypt. sa-ra-'^a, disperser, rparpiller. Dans Hos. 7,9 D^
13 np"iî nD''t^, nous avons l'équivalent arabe S^j^^ ij^^j t^jS
{jJ.^ (^î s'_jô iol-i:: u\ï5 t.o LlXj, Amâlî p. 203 d. 1., d'après
el-Asma'î, et 3f.3 = <^-*-i, LA I p. 73/4, ou comme nous
disons la tête est parsemée de sel et de poivre. Ges.-Buhl
rapproche p~iî de o'i, se glisser furtivement, couler, en citant
mes Prov. et Dict. p. 379. Voir 1769/70. En Dt. c'est
repousser = :^ô . Mais je ne sais si l'on pourra identifier
o^j et ^y, jeter, vhvs.; cf. <J^Ô et ^^j, dans un sens spécial.
Il y a deux thèmes homonymes ^ô. Le premier a donné
î.o, 3.0, ^^.3, semer, vanner, et ^J, répandre (du grain etc.),
.0.3 son intensif; métathèse à>^=^j^j, comme ^>o et ^, et
la variation .i vhv. Le sens primaire est ici épandre- épar-
piller. Le second thème ji a donné !^ô, 3^v3, qui doit avoir
le sens ^'être haut, monter, voir p. 932, avec les dérivés
S3;^j p. 932, le mehri = slj. dre, monter, p. 931 en bas, et qui
pourrait bien être parent (?) de ]/ ^^ , > ^^ et k^^^ , vhvs., >
^^, L Sîdah XIV p. 241: v>^' "7^ = ty^ ^^ jr^"' i^^^^
941
aussi de _^^ et sa variation y-w, être haut, vhvs. Cf. ^'J\ i,
= cUi , u, voir p. 905, répandre > divulguer. Ou bien est-ce
le même thème qui a pris deux directions sémasiologiques?
Lorsqu'on épand ou éparpille une chose, on la jette plus ou
moins en l'air. Cf. AS vhv.
Or, quel est le rapport entre Loj^^ô, ^^ô, semer, vanner,
et (jîvO, (^xO, L?;^') Lfi^^-^^-K abriter, s'abriter? Pour le
moment, je m'abstiens de toute conjecture. On est en droit
de se demander si le thème OjO, vhv., n'est pas primitive-
ment us.o et apparenté à (C^^ , les deux ayant le même sens.
H. Môller Sem. u. Indogërm. § 198 et § 224 veut égale-
ment séparer le serait, primordial l/~(l-r, répandre, de
l/~z-r, semer, mais je ne l'accepte que pour quelques cas,
nullement pour Lo, 3.0, gi.o, sem.er, va,nner, et ^y^, semer.
Son identification du sémit. d-r à l'indogerm. s ter (stv)
me paraît -bien risquée.
—ci, a, faire peur, effrayer =^ £;-*• Naswân 0. 1. p. 38:
cjIS! y:jJ!, = LA sv. De la même K"~p3 proviennent v^co
et v^.Ai', p. 910, effrayer. Peu usité pour ^3.
^J>, a, >^£:J», craindre, s'effrayer, 1272, 8; 1501 n. 3. —
S'effaroucher, aller à la débandade, 1561 et n. 3.- Ce n'est
pas pour le classique ^ô. Le classique J3, vhv., = ^ji, LA
sv., n'en est qu'une variation et cela rend la vocalisation du
~EJ classique douteuse pour le -co dialectal; elle m'a tou-
jours parue suspecte.
.c3, faire peur, effrayer, effaroucher, ■= .cot, 1501 n. 3; Cf.
^ô vhv.
942
O 3 w O 3.
j:3, frayeur. ^^,Lwj"b5l i^j^.. ^Aiî, /a frai/eur fait chler l'homme,
Dt., aussi dans la lurah, LA sv.
/'
^'ô et ^J^\ comme terme de grammaire pour le masculin et
le fémini7i, 660 n., où il y a une observation extraordinaire
de la part de mes Datînois. Une autre fois je demandai à
un Bédouin datînois; iuis'^ j.^!/ fj-^^ é^XJ^ Jd^\ ijil, quelle
différence fais-tu entre k a 1 à m et k i 1 m e h ? Il répondit
(1 ^! iLjiS'j -S 3 j.'^L5', kalâm est mâle, et kilmeh, femelle.
Il ne savait, pas plus que les autres, lire ni écrire et n'avait
aucune notion de grammaire. Ce n'est pas là l'unique occasion
où l'on m'ait fait la même différence entre S S et , Jot . Plus
d'une fois, j'ai reçu la même réponse par les ""Anazeh et les
Qasîmites dans le Nord de l'Arabie. On ne prétendra pas
que ce soient là des traductions des termes grec et latin.
Partant du fait, pour moi indéniable, que la genèse de la
terminologie grammaticale primitive, qui est d'une grande
simplicité encore tâtonnante, est née sur le sol et dans le sein
des Arabes, ma LA p. 39 en bas, j'attribue la dénomination
de J'J et |_<r-^' à la structure morphologique même de la
langue arabe. On ne sera pas d'avis de Schwally, à propos
de l'étymologie de y'ô, homme, qui se trouve dans presque
toutes les langues sémitiques, Ges.-Buhl sv., répétée par
I. Guidi, Riv. St. orientali Vol. VII p. 905. La plus an-
cienne étape de ce mot est l'akkad. zikaru, zikru. On ne
saurait prouver que ce soit le même mot que le verbe sérai-
') Prononcé iinta = cl. (jr-*-^'; sur le paradigrno fihniiiin j^^-L*^,
quant à la forme, mais ^Jr*-^^ provient fFune racine j-wwJ / j_a_j =
h'^N < ins:'!, où la voyelle initiale est prosthétique. Cf. ^c*^-^^-
943
tique commun /ô,se souvenir, réfléchir, et en akkad. zakâru,
sakâru, saqâru, nommer, parler, etc. On pourrait dans ce
ces comparer l'allemand Mensch, ind. igerm. man, penser {?)
En arabe et en hébr., le féminin est marqué par la dési-
nence ah>a, provenant d'un at primaire, qui reparaît au
5^. cstr. et devant les suffixes. La finale a t est encore vivante
dans les lettres d'Amârna: humitu, nçin, i:_^j._:>, vhv.,
labitu, "in'p, icjj ou i<^i, vhv.; elle n'est pas seulement
(a)t<*-at, comme le pensent Bauer-Leander, Hist. Or. der
hebr. Sprache p. 229, car on ne saurait séparer l'a du t,
qui s'est conservé dans ^kxî et dans a-ba-da-at, Amârna,
ib., niDi^ = ooLi = oiAxjt. Dans cette désinence ah > a, on
entend souvent le h. Elle n'est pas non plus uniquement h,
comme le dit Schaade, Encyclop. de l'Islam I p. 400 b, mais
a h , et si l'on trouve, dans les plus anciens ms. du Qorân,
un h final dans les mots à désinence féminine, même au
cas construit, cela ne prouve pas qu'on ait prononcé -ah au
lieu de -at. Plus tard, lorsque la graphie se fut plus affermie
d'après la prononciation, on a exprimé la finale ah, par - », pour
indiquer cette double prononciation de la finale féminine avec
ou sans annexion. D'abord, elle est donnée aux êtres vivants
du sexe féminin, p. e. s!„xi > »^_x et, avec prothèse, a'j-*',
femme, iLLi>L, chamelle, = 'iLi[i, iLJl5', chienne, etc. Ensuite,
elle fut étendu à des noms ne se rapportant pas cà des êtres
vivants, tels que s,_àj>, fosse, iLiJ, langue, vhv., avec con-
servation de l'u de la racine, <syài, vhv., i^-xï, vhv., etc.,
tandis que les épithètes se rapportant uniquement à un être
féminin n'ont pas cette désinence féminine. Les Arabes
savent donc fort bien que la finale ah>a est le signe du
f(''minin. Alors, rien d'étonnant qu'ils appellent iUb', > '\*.)S,
944
un mot an ta, féyyiinin, et j.^iy, qui n'a pas cette désinence,
dakar, masculin. Le terme, devenu grammatical sous la
forme ^j^ et vi/._j^,'est donc surgi naturellement de la
structure morphologique de la langue même. On n'a vrai-
ment pas besoin d'avoir recours à une terminologie corres-
pondante des peuples plus raffinés non arabes pour élucider
la genèse de la grammaire arabe. On pourrait alors, avec'
autant de raison, dire que ^^-s-a et j--»— > ne sont que des
traductions de singularis et de pluralis, mais je suppose
que les Arabes ont toujours pu distinguer s'il y avait un
oAa wJl5' ou des ^> >_j^l/. Je dis la genèse, 660 n. 1, car
l'influence étrangère n'est venue que plus tard lorsque les
savants de Koùfa et de Basra se sont mis à l'oeuvre.
Cette terminaison féminine a'e s'est encore conservée
dans plusieurs langues européennes modernes, p. e. belle,
schône = vackra (suédois, avec l'article précédent). Les adjec-
tifs fém. grecs et latins finissent le plus souvent, en ^ et a:
y,x>.y,, formosa, pulchra, mais gracilis, etc. Il est donc tout
naturel qu'on appelle un mot, à désinence féminine a, féminin
et les autres, masculins, à l'exemple des Grecs et des Latins.
Il y a des exceptions dans toutes les langues. Les mots
qui n'ont pas cette terminaison féminine sont assez marqués
comme féminins par leur sens intrinsèque, p. e. mulier.
Domus, = vIo, fém. dans la lurah, fait exception. En arabe,
il y en a de 30 à 40 qui figurent chez I. Sîdah, et qui,
malgré l'absence de cette désinence, sont du féminin. Mais
dans les dialectes, ces mots sont le plus souvent du genre
masculin, ^j*^^-^ est dans la lurah féminin parce que, à
l'origine, c'était une divinité féminine; en allemand et en
suédois, les mots Soime et sol sont restés féminins. Mais si
vous demandez à un Bédouin si ^J^.4-^ est jS'ô ou (_c-^'> il
vous répondra /i, parce que le mot n'a pas la terminaison
945
féminine, et il ne connaît pas la vieille cosmogonie sémi-
tique. La plupart des mots qui chez les grammairiens figu-
rent comme étant des deux genres sont à présent du mas-
culin chez les Bédouins du Nord et du Sud. Il y a ici aussi
des exceptions, ou plutôt des différences locales; ainsi i_j^o
et vjij^.L), vhvs., p. 728/9, sont dans certains dialectes du fém.,
probablement par analogie avec 3ob> et KX-w,_vhvs.
Il n'est pas superflu de faire observer ici que le t du
féminin existe également dans les langues germano-scandi-
naves; p. e. Flucht, fuite < fliehen^ fuir^ Zucht, élevage, <
ziehen, etc.; flygt Csuédois) < /?//pa, voler, etc. Je ne suis pas
à môme d'expliquer cette désinence, qui correspond cepen-
dant à la même désinence sémitique a t > a h.
Nous savons que l'akkadien avait l'i'râb, absolument comme
en arabe. On a même trouvé des syllabaires dans cette
langue. Il a donc dû y avoir des noms pour le mascuhn
et le féminin, de même que pour les autres formes de la
morphologie, sans quoi l'enseignement scolaire aurait été
impossible. Du moment que les Arabes ont si religieusement,
dans leurs poésies, conservé l'i^râb, jadis commun à toutes
les langues sémitiques — et les restes en sont encore là pour
le prouver —, on est en droit de supposer qu'ils ont aussi
pu conserver une partie de la terminologie grammaticale
depuis le temps qu'ils étaient sous la domination et l'influence
de la Babylonie. La concordance du grec ovofx.iX avec l'arabe
jv-jwî, comme terme grammatical, ne prouve pas que les
Arabes l'aient emprunté aux Grecs, ainsi que le pense Nul-
deke ZDMG 59 p. 414 dans sa critique de ma LA. Qui
sait si nous n'allons pas un jour constater que le fond de
la terminologie grammaticale grecque vient de l'Orient sémi-
tique, comme tant d'autres choses dans la cosmogonie, la
mythologie et même le vocabulaire, des Grecs?
' Je n'admets pas que la terminologie arabe primitive ait
co
946
été influencée ni par les Grecs (Aristote), pour la grammaire,
ni par les Hindous, pour la phonétique, comme le dicte
Brockelmann, G AL I p. 97, et le répète Schaade, Encyclop.
de rislâm 1. 1. La chose principale est de savoir où el-Halîl,
le maître de Sîbawaih, avait puisé sa science. Ce n'est cer-
tainement pas chez les Grecs et les Hindous, mais chez les
Bédouins, qui ont dû parler, encore au temps d'el-Halîl, la
langue plus ou moins pure. Un Bédouin ^Anazî me dit une
fois, lorsque je discutais avec lui sur la langue des Bédouins :
Hana el-'Arab nèlri el-lura el-hâlisa u hiya à'^gad
min lurat ahl el-mudun, nous autres Bédouins, nous
parlons la langue pu7'e, et elle est plus correcte que celle des
habitants des villes. Plus tard, les grammairiens étrangers
auront peut être excercé une certaine influence sur ceux des
Arabes. L'arabe était sans aucun doute parlé en Babjdonie
déjà au comment de la l^ dynastie — le cas contraire serait
fort étonnant — et il n'est pas impossible que ce soit la
grammaire akkadienne si développée qui a influencé celle
des Arabes. Cf. 660 n. 1 et ma LA p. 39.
Hommel, dans son livre AU-israelit. tjberlieferungen p. 276,
a voulu prouver que les Hébreux et les Moabites parlaient
l'arabe tout en se servant de l'alphabet minéen avant d'adopter
la langue de Cana'^ân. Si cela est vrai, on s'expliquerait
pourquoi l'hébreu biblique est rempli de formes vulgaires
arabes, ce qui est un fait indéniable. Mais il faut alors aussi
admettre que l'arabe parlé d'alors avait déjà subi des chan-
gements qui le distinguaient de la langue classique, et cette
preuve est bien difficile à faire.
Weiss, dans la ZDMG 64 p. 349 ss., a bien exposé ce qu'il
faut penser de cette prétendue influence étrangère sur la
terminologie grammaticale arabe, et Nôldeke qui, dans sa
critique susmentionnée, m'avait décroché plus d'une boutade,
a, à présent, par le dit exposé, fait amende honorable. Il
y dit même p. 414: „Chez Landberg, il semble presque que
947
la grammaire eût poussé à l'état spontané dans le désert".
Je n'ai jamais prétendu une chose aussi bête. Dans l'ancienne
Arabie, il y avait bien autres choses que désert et Bédouins.
Il rejette „comme étant sans aucune valeur les anecdotes
concernant l'origine de la science grammaticale des Arabes".
Là il n'a raison qu'en partie.
Pans la seconde édition de ma LA, déjà préparée, „aug-
mentée et améliorée", j'espère contribuer davantage à la
connaissance de^ la langue arabe et de ses dialectes. J'y tâche
aussi de réfuter plusieurs assertions de Nôldeke et d'autres,
qui, d'après moi, sont erronées.
i/^
^/ô, i, = ^/o = goo, égorger un animal de la façon rituelle
en coupant à la fois le j.^.iil:>, trachée-artère, et le ^^.'^, oeso-
phage, pour que la bête ne crève pas, 328 et n. 2; 404, 2
d'en bas. Wellh. Reste- p. 114 et n. 4. On dit ici aussi ^^ô
dans le Sud et partout. Les musulmans mangent la viande
d'une bête tuée par un juif, mais non par un chrétien parce-
que celui-ci ne prononce pas le iL^.^j en égorgeant. Schul-
thess, ZA 26 p. 151, identifie ^o à NOT), HDî, i^, et à
l'akk. zakû, être immune, être libre de. Il veut que la
seconde forme ^^^ô, Qor. V, 4, soit d'origine juive et que
1^3 en soit seulement une variante collatérale. Dans notre
dialecte, ^/^, a, < l^j, u, est prospérer, grandir, se développer,
etc., comme chez Noldeke Beitrâge II p. 25 et Schulthess
0.1. p. 151 n. 4, Au point de vue linguistique, ^3 peut bien
être = ^j, mais au point de vue sémantique, l'identité ne
me paraît i»as trop prouvée. Qays b. el-Hatîm N° III v. 12:
Lfit^ dJû-, leurs feux sont vifs, forts.
') i;iu!br. }^3-[ est un élargissement tle -jDl = éJ> vlis.
948
3i, i, avoir peur de, ^^, 797,5. — Être lâche, > fuir. RD
Gl. sv. (ji^J! ^^ V'-V., z7s craignent le combat, ^Anazî, voir sub
Ji^y> p. 515. eUx! c>y^^, j'ai peur de toi, ^Anazî, = A^ oiAi*.
Dalman PD p. 352:
willi yedill-el-yôme minna
ya bîde la tibkin 'alêh,
et celui cjui aujourd'hui est lâche .... *
ô vous, femmes blanches, ne pleurez pas sur lui.
Minna contient une syllabe de trop. Dalman le traduit, inex-
actement par: iver heute von uns elend loird. [.yiSl q^ y*^ L^->
LlajLJs ^Jll\, nous avons eu grand' peur de l'ennemi (ou des
gens) qui était devant nous, ^Anazî. q^ 3^^^ ^ 5'-^^' U.=>^
ojl', et nous autres Bédouins nous ne craignons pas la jnort,
ne sommes pas lâches devant la mort, "Anazî, comme dans
KD I p. 76,15: dellu men el-mowt*la gîhem (e)mrâr,
ils craignent la mort * si ou lorsque l'attaque leur arrive. La
traduction de Rhodokanakis a été en partie corrigée; mrâr
est un infinitif, comme misdàr, ib. 1. 14, Hçlr. p. 209, ici p. 513,
et aussi en mehri, Bittner St. mh. I § 21. Musil o. 1. p. 410,
17: ent dalleyt el-yôm, tu as eu peur aujourd'hui,
mais ib. p. 423,6 tadellhom est ^Ix-i', avilir. Beaussier,
se décourager, perdre courage, etc. ; Stumme T M G p. 95
N° 49 V. 5; id. TTBL Gl. sv. Autre exemple p. 542,1.
En datînois, ce verbe est être lâche, vil, comme chez RD
Gl. sv. Au yéman, Ji, i, être sur ses gardes, être prudent,
avec le substantif 3^, prudence, d'après Yahuda Z A 26 p. 352.
L'exclamation 3àxi avec les suffixes, RD II § 40c, n'existe
949
pas en datînois, v. p. 951. 3^> = l'hébreu et le phénic. bl, l'as-
syr. dalâlu, Ges.-Buhl sv., où jo est une faute d'irapr. pour
33. Le mehri hedelêl, hilflos sein, SAE IH p. 173 est =
J3, non Jo, comme le dit Jahn. Cf. ^_c^Àj■, < ^^1 et ,^^_>îo!,
filer en cachette, LA XVIII p. 318, qui est probablement
un composé de V~^o et V~^^^.
(JJo, avilir, partout' courant, même en Dt.
JJÀJ", être humble; être avili, s'avilir = ^^-^^j, comme L A
XVIII p. 316.
Jjsjl , être ou devenir avili. Qâl: ya Fôsal, wus ^ulmak
ëmgà^ad (lAxiu vhv.)? èl-bill gàmat tintif u tâkel
min wabr ba'^dëhom el-ba^J uhànna insallèyna
windalley na: il dit: à Fèscd! poitrqnoi restes-tu là les bras
croises? Les chameaux se sont mis à arracher et à mayiger
le poil les uns des antres, d nous autres sommes retranchés
du monde et nous sommes avilis, récit ''Anazî.
iiio, peur, expliqué par o^i>. xÎJJI UJic o..a£, expliqué par
\Jiy<^\ UJic (jxL>, la peter nous envahit, ^Anazi.
J.^o, chamelle pour monter, 676, 2, est aussi par les
'Anazeh prononcé J^îi, comme 05,l~=>, 593. RD Gl. sv.,
mais dans notre dialecte JJo n'est pas employé. — Ce mot
est du féminin chez les 'Anazeh, parce que le JjJo est le
plus souvent une chamelle, ex. sub uj'-^? P-329, 8 d'en bas.
Jaussen, Coutumes des Arabes pp. 270 et 272, dit que J^i
est le mâle et la femelle.
Nôldeke Fûnf Mo'all. II p. 47 et III p. 41; Lyall Ane.
arab. Poems p. 75 v. 77. J^i est un adjectif = J^3 J^^.:>,
I. Sîdah VII p. 121, 9, devenu substantif par catachrèse,
950
iCxJLi: iC-a-Ajj, contr. de ^.«.-jt^, vhv., Naswàn o. 1. p. 61,10.
Comme substantif je ne l'ai jamais rencontré dans la litté-
rature classique, mais voyez J^JuXi! v'^^^'j Tab. III p. 505, 5,
à propos de quoi de Goeje, ib. Gl. sv., donne J^o, hene
institutus ad carsum, equus, ce qui n'est pas exact ici. —
Apprivoisé, en sahhî, BBRAS 1902 p. 270. I Sîdah VII p.
120 et p. 121,8 (d'après Sîbaw.) et LA IX p. 41, 7, d'en
bas: ^''y^^ l^-JLJ! (112.^! J^oVi' 's^_.^j!Ù\\ chez I. Sîdah,
c'est là la définition- de ^c'^-c, ainsi appelé sans doute parce
qu'on lui a mis la iL^^, sangle, vhv., pour le dresser,
&_j^Àj, et non pas comme l'explique LA. Le pi. en est
JJl) ou ^oî chez les "Anazeh, et en ^Omân Jj"^>3, RO p. 366
n. 2. De Goeje Encyclop. de l'Islam I p. 377a 1. 30: „les
montures (dhalûl), c'est à dire proprement domestique",
(1. domestiqué). L'origine sémantique de J^i ressort claire-
ment dans ce vers de ASsâ Hamdân'-):
\_JlJJ ^£.A.Ia^ l_jL_x-o ^^\_^j" IjuVjL-w iAÏ (_AJiÀJi ^5 (^ l5^^^
Je les vis la dernière fois dans le défile lorsqu'ils montè-
rent dans la montagne
et que leurs chameaux dressés conduisaient leurs montures
(encore) rétives
et dans ce vers de Mo'all. 'Antarah v. 74^):
_ o 3 o£ 5 5 OC „ 3 ) 5 ^ 3 O 5 >_
(•r-«— « Q j-«L-j »j_a_?»!5 ^__c-^-J t^^*jl-^'« (^ c:/Jui c>«.x^ ^^^'i^ JJl>
') LA. IX p. 41,6 d'en l)as j)orte Ja_/.wj_Ji, ce qui a été copié tel
quel par l'i-diteur d'I. Sidah. C'est sans doute le chameau à demi dressé.
■-) Mo'all 'Antarali. Comm. d'Abu Bakr el-Anbâri, éd. Rescher,
llivista degli Studi orient, p. 51.
■>
•■') Ib. p. 92/3 et ZA XXIX p. 17. *) LA X p. 5(;,4: o^-^'.
5) LA ib.: l?'^- ^^'^ •''*■ ^'"S'^i ^-^XAix y«Lj, M'AR v. 27.
951
Mes montures sont dressées, où que faille m' accompagne
Mon esprit^ et je le pousse en avant clans une ferme décision.
Dans les textes de RD, on rencontre souvent le mot 3^?
mdéll avec les suffixes. L'emploi est le môme qu'avec
le datînois j^ et le hacjr. c^ et uj J3\ ou uj "^! ou >_j ^\*),
v. p. 117, ou V %^ V. p. 103. Vollers ZA 22 p. 227 y voit
la formule admirative: J-*.si L-«, ce qui est approuvé par
RD II p. 134, et 3>3 aurait ici le sens de craindre, s'effrayer.
RD écrit partout mdédl, parce que, pour lui, le m est ici
syllabique, et ce serait donc pour ma de 11. L'homme a
certainement prononcé medéll ou emdell, car en arabe
il n'y a pas de consonne syllabique. Il faut observer que
mdell ne figure jamais avec la I^ personne suffixe: mdelli,
mais toujours avec la III^ personne, masc. ou fera. J'écarte
absolument l'explication de Vollers, mais j'accepte le verbe
3>3 pour un moment. Il y a dans la lurah une construction
analogue avec ^y u, toujours dans une phrase négative,
précédée de L et le verbe au parfait, ou de ^, oiï l'imparfait
a le sens de parfait, et suivi de '^\. K. el-Ar. X p. 522 d'en
bas: '^j>*^3Jj\ J.C L^L/o "^l ^j^\, L ^Ul^i, et, par Dieu, son départ
subit au bois m'effraya. Nôldeke, Zur Grammatik p. 78,
traite de cette construction. Il y traduit tous les exemples
par : da sah . . . plôtzlich, da erblickte plôtzlich. On dirait
presque qu'il y trouve le verbe ^^^, vhv. = ^1,. cS^, u, est
ici = î js, et î j "^5 = oii^' ^, L A IX p. 496 en haut. Sur
é^-*^ ^! ^-*~^K ^j V. LA ib. p. 497,5= Lane sv., où ^j
est uj "^f oytxi Lo = éUi "^S iç^3)) v'-^' ^) ^t iiU3 xcl. = \cj5t.
On voit donc que ^^ a le sens d'effrayer, agiter, comme
aussi dans les exemples que donne Nôldeke, qui considère
952
cî comme un verbe impersonnel. On serait donc tentû avec
Vollers de voir en mdell la même construction. Pourtant,
il n'en est rien, car mdell + suffixes n'est qu'une con-
traction de mâ-de (dt')-illa,, sur laquelle construction voir
ici pp. 101; 103 et 109; 110 sub % et ma LB'A Gl. sub
'^\. Elle est du reste trop connue pour que j'ais besoin de
m'y arrêter. D'après RD, mdell est suivi des suffixes, II
p. 134, 4:. Dans tous les exemples, à l'exception de mdell ah
p. 23, 29, et p. 49, 5, il y a les pronoms personnels séparés
qui suivent ce mot. Nous devons donc l'analyser comme
étant composée de ■^i — o — Lo+ pronom séparé, oîi illa>ella
a perdu sa voyelle finale. Je ne puis me défendre du soupçon
que le brave „Mliammed" a écorché une locution qu'il a dû
entendre quelque part, à l'est ou à l'ouest, et qui est devenue
dans sa bouche une 'ï^C^, comme on dit en Syrie.
J'ai p. 892 parlé de la particule mehrite m déni et ses
variations. Elle ne se rencontre que dans les textes de Hein
S A E IX, et quelques fois avec le suffixe, p. e. p. 35, 22
m d ê n i h e m , ce qui n'est pas traduit dans le texte hadra-
mite; p. 80,26: mdénî-him ar 1; a g a g î n = l'arabe azân-
n u h 'i n d a h u m h a g g a g i^ (?) ce qui n'est pas correspondant
au texte mehrite, et ib. p. 143,23 madéni; c'est partout
traduit par siehe. Bittner était tenté de le dériver de jc;^,
avis, Mehri IV p. 37, probablement parce que le Mehrite de
Hein l'a traduit librement par a z a n n u h '). Je croyais que
ce m dé ni, madêni, mdôni. Hein 30.19-}, etc., pourrait
être un écorchement du dofârite mdell, mais la seconde
voyelle longue, ê et ô, est contraire à cette étymologie, et
') La lettre z Ji> n'existe' dans le Sud que comme graphie pour
■^, comme aussi souvent dans le Nord.
'-) mdôni hàbïï, oti traduit par liassalu n:'is, ce qui n'est pas
une traduction.
*
I
953
il faut plutôt penser à un composé avec ^^o, comme le
""omânais dô + les suffixes, RO p. 31 en bas, qui dit que
• les I et III pers. n'y sont pas suffixées. Je crois que Jayakar,
a raison d'y voir ^^.o et non pas !o, ce qui est l'explication
de RO. La voyelle finale est également difficile à expliquer. On
comparera l'emploi des particules ^^L>, p. 853, et ^^J', p. 892,
mais leur sens ne se prête pas à une pareille dérivation.
Bergstrasse, dans son Sprachatlas p. 44, rapporte une
interjection a de n no, qui signifie probablement le voilà.
L'emploi en est localisé sur la Tafel L à un petit milieu
bédouin à l'est de St. Jean d'Arc. Mais B. ne dit pas s'il
l'a constatée in loco ou s'il l'a trouvée dans un ouvrage
dialectal. Elle me parait intéressante et provient, je pense,
de a, interjection, comme dans ahû = ha hû, le voilà^-\-
d + enn = inn-|- pronom. Ne l'ayant jamais entendue
moi-même, je n'en sais pas plus long.
„\}ô, 'd, jeter; verser, expliqué 1678 ss. ; de là, vanner, Ara-
bica V p. 153, 3. V. ici sub ^^.3 et _^j>. Au fig., df.baller,
déverser, 1679, 7. - Inf. ^^ii ib., RD I p, 98, 8 = Dt. 1678
en bas. > ^ù, 1680.
^03, a, se jeter, se verser; couler, expliqué 1678. RD Gl. sv. Cf.
^y; Lf^N -*^-^> ^j^J ^-N ^;^> ^jj) ^, 0À=>, ^jX^; Vhvs.
-îJj, intens. de „-J3. ij.vo>Uî Jlô, déverser sa veine poétique,
1679, 15 et 21, propr. jeter ou. verser son sentiment.
.^Àj!, être vanné, 1213, 11. — Tomber, dégringoler, 1679. —
Courir sus, ^c-^-c; se glisser sur, 10, 13; 404,6 d'en bas;
152, 10.
J^3, 1558, 10= 1678, 11. Escarpement de la montagne; cas-
cade, 1679; pi. ^"^i, voir ici p. 531, 8.
954
-Sôj lait mêlé d'eau, class., 1680. Voir Additions.
_JÀ», vamié, 1228, 14.
JÀJj = ^^uX._j3, bordure inférieure de la chemise, 1761; cf.
sub J^jJ et sub y:>.
^Ji, i, sauter, sauter sur, passer sur quelque chose en
sautant, ilherspringen, courir, ^i. »^ ^•t ^a^ij^J! ^_^ ^^ oiio,
il sauta de la terrasse du husn et se cassa la tête, Dt.,
•expliqué par ^L, ^-t-^^h et ^3, vhvs. RD p. 15,6: dléf
abûh min râs elbeyt umât, so7i père sauta du haut
de la maison et mourut. C'est aussi jeter, rejeter, wegwerfen,
expliqué par vjjo\_J, vhv., ma MJM p. 11. j^^^Ij wàJ3, il
lança la pierre, Dt., et alors == ^o vhv. D. H. Mûller écrit
delôf, sauter, Bittner St. sh. Il p. 11, 11. Chez RÇ, oiii
se rencontre souvent dans le sens de sauter, v. Gl. sv. A
la p. 32,25, le texte porte diléf el-ha ws u dilfét urâha
bintha, ce que Rhodokanakis traduit par: da sprang er
(zu Ross) ilher den Hof, und Muter dem (Rosse) her sprang
das Fohlen, mais je traduis: il sauta en selle dans la cour,
et le 2)0ulain suivit sa mère en sautant. Abu Nâsar devait
faire trois fois le tour de la cour: oU< iU^i (Ji^ ^ ^^^5
p. 37,8; 33, 15.
D. H. Mûller, S A E p. IV pp. 75, 3, 19; 77, 23, 24; 79, 23,
24, 27; 88, 24, a le verbe mehri delùf, mais le texte hadra-
mite le rend par éfed, ce qui est le sudarabe lAiic, se lever
d'un bond, vhv. Sur oiJo, i, jeter, lancer, vhv. Cf. o^j,
marcher vite, sauter, mais aussi marcher lentement, L A et
Qâm.; cf. aussi ^sS et Ojj, fienter.
_àJJ>, faille sauter, faire courir. RD p. 33, 5: dilléfha
955
el-hayl ctta wôg'et fil-haws, il lançi la jument de
façon qu'elle (ou jusqu'à ce que) se trouva {trouvât) dans la
cour; la traduction de Rhodokanakis n'est pas tout à fait^
exacte dans la dernière partie: so dass sic in den Hof fiel,
à moins qu'il ait voulu dire par „in den Hof fiel", in den
Hof hineinfiel = hineinsprang; ici 03 est = .L>o et non pas
tomber. Ib. 1. 15: déllif el-ferâs el-haws étta Ihég
el-gowm élli hdôw bâ'^érah, il fit courir la jument à
travers la cour jusqu'à ce qu'il eût rejoint les gens qui avaient
pris ses- chameaux. Rhodokanakis rend oiJo, dans ces deux
phrases, par faire sauter, ce qui est juste. Ib. p. 54, 17:
sell 'âmmah "ala dâherah u déllif 'ammah fi dâhar
delûlah, il prit son oncle sur son dos et le fit sauter (en
selle) sur sa chamelle. Ici R. traduit: „wîzd warf ihn auf
den Rficken seiner Kamelin". C'est que le bédouin shaurî
de Rhodokanakis a dû connaître le mehri ùelùf, jeter, qu'il
a confondu avec ^j>, sauter, dans son explication qui était
probablement accompagnée d'un geste pouvant indiquer aussi
bien jeter que faire sauter. Pour être absolument impar-
tial, je dois dire qu'il se peut, en fin de compte, que le
mehri d e 1 ù f et les sudarabes olSo et o^Jo soient le même
verbe ayant pris les nuances de signifi'cations que je viens
d'exposer sub ouo et oiio. Cf. „J>3.
'Udô, arron du bât, 572 (planche) < iCàJib LA sv., mais ce
peut aussi être de V~^j>.
oJJÔ, être pointu, effilé, Dt. — ^':>j>, rendre pointu, effile, Dt.
vJÛlX:)", être fait pointu, effilé, Dt. - '»JsùSJ^ ij^i^ii, le javelot
est pointu, = ^f:^S, Dt. Comme Hodeyl. Wellhausen N° 270 v. 3 :
oiJoUlT ^jJ. lir 'sLi
une pointe, comme Vemhout pointu du javelot.
956
\JiJj, pointe^ 47, 8 = iuiio, Dt.
ojA>, pointu, Dt. Au fig. : ^J^.c oï-ajo tiU^ls', tes paroles me
2nque?it, me pénètrent, Dt. ; voir Lane sv.
Le verbe classique vJiLi, flatter, cajoler, est sans doute
un accouplement de UrJo et oO-o. Bittner, Sh. III p. 83 note,
veut que le 3 soit le relatif, et ^J1a3, flatteur, serait donc
celui qui flatte. 11 a pensé au mehri où de tels adjectifs
sont fréquents avec le relatif d, III § 57, sh. II § 28. Mais
alors il faut que le verbe ojjuj soit dénorainatif, ce qui n'est
point probable. Cf. ici sub J>3.
^\
^J3 < ^J^ < ^^^, 145, 16. JjtiJI L;LJ.£ ^suoiï ^^J3, our work
is going on, nous travaiUo?is sa?is désemparer, 361, n. 5,
Js>^l!! L\^ ^ ^_.i_^ L;^>3, 710US sommes restés blottis dans
cette montagne, Dt. byixjl J^ (jH'^o '^'^ ''"^^^^ toujours sur la
matîrah = -J! ^y ^^i ^^j, vhv., ZA 26 p. 224 n. 2.
Cf. sub ,Jj:o et ^b?.
r^
jli, blâmer, 817, = (.îô, LA sv., et j.!i, i, LA sv. On pourra
comparer l'akkad. dama mu, être plaintif, Ges.-Buhl sv.
DDl et le syrien ^Cs^ô, bourdotmer, fredonyier, . bougotmer.
La K~j.3, > .AJ> et pÂxiJ, doit être imitative, onomatopéique,
apparentée à pj, > _<:, j.jx: et J-<ij, vhvs., et à j.j> > ^oj et
j.l\x)0, vhvs. Cf. sub (^^b et ,^o- Cf. le mehri narâm, être
en colère, développement de l'onomatopée ^~;^, voir sub
^,_xJ, ainsi que ma LB'A Gl. sub iojLj et mon mémoire
Ragaz et mètre au sujet de &-»ju. V. Additions.
957
^3, avoir honte, se blâmer. RO p. 103, 16, < Dt. ^Jô', à
moins qu'il faille y sousentendre ^_^,wàj.
MJ, kC's^ô, protection, responsabilitr, très courant. RO p. 99, 13.
KxiJJî ^\ sont dans le Sud les Juifs, car il n'y a pas de
chrétiens. Fatl.i el-Bârî XII p. 147.
^J^^ est juif dans tout le Sud, comme aussi au Maroc.
^3, gronder, tonner; insister, 317. C'est un développement
de l'onomatopée -J», = ^ô, vhv., ce qui ressort de ^3, rugir
(lion), et apparenté à j.j, vhv. Cf. J-^, a, i, rugir (lion), LA
V p. 400, 5 d'en bas, ety^j, tempêter coiitre qq7i.,<i^ô^ ji-y
Comme ^':>, f<^ et j.uUl>; cJ)>cj;' et ^j, J-<j vhv., l\^, A^
et piAP vhv., oii le bruit provenant, soit d'un être vivant,
soit d'une chose inerte est le sens fondamental, avec ensuite
des applications spéciales. Nôldeke Funf Mo'all. II p. 45, où
renvois, (jrâhiz Mahâsin p. 114,6.
ykô, envoyer, surtout chez les 'A.wâliq Supérieurs, les Ham-
mam et aux pays à l'est de là, en Hdr. et en 'Oman,
expliqué par ^^j, envoyer, vhv.. Dammàrtana lam-sûq
istërilak sî^ tu m'as envoyé au marché V acheter quelque
chose, Hammâmî, (L.>Lj_x)3 = Li! ^yAÔ = ^.j_x3, comme en
Hdr.). — Rassembler, réunir = 'U^-LsJ . On dit [«yi-Jf jJiô =
j.yL!! oiisJ, réunir les gens, faire la levée des soldats. Peu
employé en dt. Brode MSQS V, ii p. 21,11: ndimmer
el-gês, nous réunirons les troupes. Il traduit das Heer
bereit zu halten, ce qui n'est pas d'une absolue exactitude ').
Ib. 1. 11 d'en bas : q û m y d o m ni e r el-gês, il se mit à
') J'ai déjà fuit icmarquei' 721 n. I que lo to\te de lîrode est
fort mauvais.
958
réunir les troupes; Brode: hildete das Heer, et ib. p. 22 d.l.:
de m mer el-gês, er sammelte das Heer, ce qui est bon.
Est-ce une application sémasiologique du sens classique
pousse?' vers, inciter? Cf. son sjmonyme datînois J^"^ vhv.
On peut aussi penser à .ixi, LA sv., mais, en fait de per-
mutation de ô et (ji, je ne connais dans la lurah que ^13,
i, = ^U, i, LA shvs, et v J'^ = v à^^ ^oi^ i<^i sub ô
p. 905, et il faut bien chercher l'étymologie de yo3, en-
voijer, ailleurs. Je propose, faute de mieux, ^^o< J.^3, cdler à
un petit trot doux (chameau) Haffner TAL p. 147; Musil
0.1. p. 241, 16 d'en bas, LA sv., dont il serait la 11^ forme;
J-x)3 > ^3, et cf. son quasi synonyme ^xj, vhv. et Béd.
Nord Jw«;3, vhv., et ^^ vhv.
'yoô\, avoir de la fortune; part, yojs^, 895,9 d'en bas, mais
voyez 1715 et sub ^^.
JdÔ^, être prêt. RO p. 168, 2. Inconnu dans les dialectes de
Dt. et de Hdr., dans ce sens, mais il y a Jj; y>^', bou-
gonner, comme dans L A V p. 400, 9, oii l'origine onoma-
topéique est claire.
yotJù' est un terme technique de la guerre, s'exciter yym-
tuellement par des cris, criailler, car les Orientaux crient
beaucoup en se battant; ils crient même beaucoup sans cela.
Chez les 'Anazeh, ce verbe est encore vivant. Ce sens est
également fort classique, LA V p. 400,4, 'Àntarah N° 21
V. 72 = Lyall Ten anc. Poems p. 105 v. 7 = Johnson The
seven Poems p. 194, Nôldeke Funf Mo'all. II p. 45. M'AR
p. 88 l'explique ainsi: fr-y.;) L*^=*? |^*^ u^f^. '^-^^^ o-î/*'^-
rLf\J^\ Js:>jJl -«L>J|5 \>C2> Î3( !^3 yiL>u 5^3 Jlfij L:a*j ^;|U2*j
X-^S) <._4_^». Un ,.AJ>, .^j, -*3 ou ,juo3 = cLsn.^ est donc
959
véritablement celui qui crie beaucoup, un criard, un gueu-
lard; cf. ma LB'A Gl. sv; , ^<iaa«! et ici sub X^, L'ono-
matopée est ici également patente. Cf. Diw. Hodeyl, Wellh.
N° 250 V. 49: o^^i, expliqué dans les Scholien, ZDMG 39
p. 457, par o!;./oî, et ensuite: ^l\-;-=^ ^o! ^La-jj ^^j -^«3,
mais on n'y apprend pas le sens de cette dernière phrase ;
c'est sans doute ici = ^3^ ou i>2=>.
^Loo, 1715, Dt. = JLc. Amfdî Dêl. p. 134, 5 d'en bas. Voir sub
^L^ et cf. LA V p. 176, 5. Diw, Hâtim Tfiy N° LXXI, v, 2.
Zoheyr mon éd. p. 147.
>-^3, queue, 867 n. 3 = 1jj, vhv. Torczyner 0. 1. p. 290 et
n. 8, où étymologie proposée.
" H ^
x*jiÀ/o, sangle du bât, 562 (planche).
) o 3 .'01
qÀjJ>, bordure inférieure de la chemise, = JlXJJ». 1761.
u^^3, ynesure de capacité, 1815. Arabica V Gl. sv., Hdr. Gl.
sv. Naswfm 0. 1. p. 89 dit: ^.♦..i^S^ q-h^-!' ^^^ 3^?^'^ V^^JJ!
^♦11 54^ '^^\ô\^ L_jlJ^o!, LAI p. 381,9 d'en bas. — Champ,
1816 s.. ElHamdanî (Wirah p. 199,20: Jl:^.*^. ...v^^JJ'^
1) Sur ^'i, voir 88,3; 2.32 n.; 1.339 et ss , et ici sv. ; 1320,3 il y a
la même expi-cssion ^i-iA-ii ^kJ , lu y armes le millet. Sur Oi->i'' ,
voii- Aial)ica V p. 213 n. 3; Uilv. Gl. sv.; Naswâii o. 1. p. (>G.
9G0
et le champ ...se remplit de (l'eau) du sêl et lorsqu'il est (bien)
rempli, le tahaf et le millet y sont semés, (et lorsque) l'emi
est absorbé, sa verdure se lève. D'après la Gazîrah p. 199, 20,
^^^3, ioy> et ^3 sont synonymes dans la langue des habi-
tants de Tihâmah, 1315, mais ib. p. 200,22: v}^' cr '-r?3
j-^à-i «w-àit c'^^'-i' eUiio i^J» ^) ^.y^»^ ^Li" jd! .Li3i , 1315.
C'était donc, au temps d'el-Hamdânî, aussi une mesure de
capacité et champ, 1316. Rhodokanakis, Studien II p. 113, l,cf.
ib. p. 121 n. 10, cite le passage ci-dessus d'el-Hamdânî pour
illustrer le mot sabéen dhb, qui, d'après lui, est torrent
de pluie et le terrain arrosé par le sêl. Mais l'un exclut
l'autre, il me semble. Rhodokanakis s'exprime mieux lorsque,
ib. p. 114 n. 2, il rend dhb par le territoire arrosé avec les
arrangements d'arrosage. Si d h b est = J-^a«, il faut le dériver
de v^^'^î *couler ou pleuvoir, = mQ\iY\ dehêb, couler, BM II
pp. 10 et 19; voir ici sub „-s£0 p. 792. LA I p. 381,10
donne K-A-S^ÀJi = s^^!, pi. i_jLp3 ^ LL>..«! , pluie, avec des
sawâhid. Ce mot est donc en rapport avec le mehri
dehêb, couler. Je crois que le sab. dhb est uniquement
champ ou terrai^i arrosé par le sêl = ^^, peut-être aussi
= y>3, vhv., comme le traduit correctement 0. Weber St. z.
sûd-arab. Altert. II p. 24,3 et 5 d'en bas et p. 25, 12, d'en
bas; 1315. Une autre question est de savoir d'où vient ^^3,
champ, ^ mesure de capacité. Si l'on peut définitivement
prouver que dhb est=J-^^, provenant de dehêb, couler,
on est en droit d'assigner à ce mot le sens primaire de
torrent^ terrain arrosé par le sêl et puis champ, sens qui
est encore vivant justement dans les contrées jadis sabéennes,
de même que, partout dans le Sud, *.-j^-> et ^^ù»,, vhv..
Lorsqu'on aura mon Glossaire complet, on pourra mieux
961
interpréter les inscriptions méridionales. Jusqu'à présent, on
n'a pu bien se dépêtrer dans ce fatras de mots et de ren-
seignements dont, j'ose le dire, mes ouvrages sont remplis. —
Or, 1317 et ss., où il y a un essai d'étymologie. Nôldeke Beitr. II
p. 31 ne se prononce pas. Si le mot est arabe, il ne peut venir
que w^5>J, couler, variation de V~^*)ô, et il serait aloi's en
relation radicale avec dhb, traité plus haut. ^Jlct xlîj. — Sur
l'or dans l'antiquité sémitique, voir Arno Poebel, OLZ 1914
N° 6 p. 241 et ss.. V. Additions.
v^^'» dans l'expression courante : ^^Jd! J^Ji ^.l^j! ou ^jujeJ^
wc?Àiî, tu es un malotru, de peu de foi, un mal élevé, ma
LB^A p. 15,23. 'Arr Marzûq, ma "andu si madhab,
laisse-là M.; il n'a pas une bonne conduite, Dt. Fëlan ^andu
madhab, un tel a de la dignité. RO § 188: f. fîh medheb
=^ s e m t , un tel a des manières tranquilles, comme il faut.
- 9 --
w*.?'À.* est propr. l'infinitif de w*.^i, passer, > manière d'agir
et de se comporter ^). Ce n'est pas ici le sens technique du
Fiqh. Le ^..^S^ du Fiqh n'est pas précisément direction,
Bichtung, comme le traduit Juynboll, Handbuch des islam.
Gesetzes p. 24, mais chemin, > manièî'e d'agir, appliqué à
un cas spécial du Fiqh et offrant la même sémantique que
ii)JLw./o, aJLw, 'xJijJo, vhvs. V. LA sv.
jj)j,=:^^o, 1761. - Dans le Sud, J^3, >(]ihil, est oublier.
RO p. 185.
^^j>dihin, a, s'apercevoir de, v -"^' ^ o^^ '-^ ^ ^j^L
I
1) Les dialectes ont l'infinitif JLx-à.^ des verbes de mouvement;
Hdr. p. 209; mu LB^\ Gl. sv. Jj^; aussi en niehri, J3M I §21 et II § 22.
61
962
marche sur la pointe des pieds; si quelqu'un fa ohsQxvé, etc.
76, 13. Sârat wa ma dîhnet, elle partit et ne s'en aperçait
pas, Hein SAE IX p. 63 § 7. — Etre éveillé; se réveiller.
*jcit c>-^3 LU :,.::.a^, j'ai dormi jusqu'à ce que tu te fusses
réveillé, toi, Dt. — Faire attention à, se garder de, Hclr. p. 377, 3
et n. 3. Wantôn idhinên, et vous autres femmes vous
ferez attention^ Hein SAE IX p. 11,33. — ^9j>^=iys>3, 1761.
(^3, réveiller. El-Ahmadî, poète populaire de Dt., dit dans
une qasîdah: \-;-Po ^3 L:>5 lAïL ^'i' A-ï, il était endormi, et
il vint quelqu'un qui le réveilla.
(^b, qui veille, ne pouvant dormir, Hçlr. Gl. sv., =iuLj, j^L^
ou ;j~>L>o, vhvs.; Stace p. 158: sleepless ; pi. ^^»^'^.
jô = ^Âit, 415 et ss. I. Sîdah XIV p. 102 en bas a un article
sur ce mot. Naswân o. 1. p. 39: ^^^h iLaLb i^SJi ^à.x4^ ^o^,
et il cite le verset que je rapporte ici p. 85. Diw. Hâtim
Tâyyi N° XI v. 4 et ib. p. 21 n. 1. Diw. 'Arair b. et-Tofeyl
N° XXI, avec plusieurs exemples. Brockelmann o. 1. I p. 325,
ib. Il p. 564. Cf. sub \ô et ^^i. 3'3_.«,oLo, 675. Naswân
0. 1. p. 39. Bittner considère ce 50 comme un relatif à l'ori-
gine, OLZ 1914 ]S[° 1 p. 28, et la raison qu'il en donne me
paraît bonne. ZDMG 70 p. 456 n. 1. ^ô dans les noms de
lieu se rencontre quelquefois: dum-Hasab ou dim-, wâdi
au pays des B. ^Âmir, Index p, 1827.
uj!3, u, fondre, 1372. — v^o: J^^JL^- V3^? ^^ sésame moulu,
65, 4. L^ili.^ ^^JJ\ ^iJ ^jS, Hodeyl. Wellh. N° 251 v. 16.
'^.•,0, tresse, pi. «-^'30, 1309 n.. Sur ce iJLotj, voir sub kJLoj p.
922. Socin Diw. Gl. sub J]j>, Musilo.l. III p. 160,4: dwêbe.
I
963
pi. (jwâyeb; ib. p. 259,4 d'en bas, où a bu dawâyeb
n'est pas ici appliqué à une femme, Trdgerin der Schlàfen-
zôpfe, mais à un homme; ib. p. 375,9, oîi il faut lire:
h e 1 1 i - c] • d e w à y e b h e 1 - 1 e - h e n * w a b d i n e h ù d i k
kullehen, --x^_|-_w-|, car c'est ainsi sans aucun
doute qu'on a chanté. Musil a puisé ces chants de seconde
. main; il ne» les a pas recueillis lui-même directement de la
bouche des Bédouins.
ujtuXxî, moule pour fondre les halles, 537,9.
vlî^'*, chez Hartmann LLW p. 235 v. 2 = 237,7 d'en
bas, lance^ doit provenir d'un autre thème; cf. sub ^3.
ic>î3, montagne escarpée où l'on ne peut monter, Hogarîeh,
1528 et note, pi. JjÔ.
Ce thème devient dans notre dialecte o^J> par assimilation,
562 en bas, Brockelmann o. 1. I p. 156.
JtJ, mener les chameaux au pâturage, Dt., expliqué paroLw,
comme dans les dictionnaires. 'Âmir b. et-Tofeyl N° XXVII v. 8 :
lojd ^yt LoUvoi ^ ^^o^uVi iùLoc — ci^=>rJ to,.où expliqué
par %J^A = repousser; MZR p. 190. — Garder les chameaux^
563, 5. ^y^\ ^Xt ^UvJ! y^ ^j^y^_ J^y 3^'Àj JÎjlXJ!, le gardien
pousse devant lui, = il les conduit {er treibt sie), le matin les
chamelles du campement (ou l'habitation) au pâturage, 563, 6,
expliqué par ^^^.^_. Voir exemple classique sub j.L> p. 673,9. —
^yt^\ oîi, 563, n.
053, conduire les chameaux ou faire paître les chameaux,
Dt., comme yb et j*:>, conduire les baqar et les hamir^ vhvs.
ôjj, coll., c'est le plus souvent les chamelles qu'on désigne
par ce mot, 563. Musîil 0. 1. p. 179,6 d'en bas: erga'' y a
964
(Jowd est incorrectement traduit par rentre, ô petite cha-
melle, au lieu de rentrez, ô chamelles; ib. p. 246 v. 6: ma
darragat ma'' au walad-dôd ë libni (car c'est ainsi
qu'il faut lire; toutes ces poésies sont fort mal transmises
et notées), où o^JJî (jjt «^ est rendu par avec le premier
petit tétant, ce qui est inexact. D'après K. el-Farq d'elAsma'^î,
éd. D. H. Mûller, p. 250 : y^\ Ai o-JUi! ^ 'ui Jo^! ^J. ^^S
= Naqâ^id p, 52. Hod. Wellh. N^212 v. 3 ; Boh. IV p. 89,2
d'en bas. Tabaqât d'el-(jumahî, éd. Hell, p. 24, 6: '^-XJa^ „3.
<J^ &î Ojj» Jsc sjLflij. »xoS ,r^ . Le sens de ob , u, est oLJ!
«lXJIj ^iailî, repousser, éloigner, selon L A sv., mais I. el-Qût.
p. 128,7: ^o^L ^^^ J. ^'u:?-^'^ 1. ; t »:> bbi xLj! ob; c'est la
manière diftérente d'appliquer le vjj^.
ôî^jJ», gardien ou jjâiîre des chameaux. J-.*J' j. oS^o, 75, 16;
93, 16. J.:>Î3Jt «^j^-j ^[î^î, (e gardien pousse devant lui les
chamelles, 563,6. PI. »3I^Ô, 19,8; 562. Comme^Laj, ^u^, etc.
vjî^X pL, 1668, 12 que Ahlwardt traduit par friands.
i^ijo, 7iouvelle pousse sur la hra^iche, jeune branche de Vannée,
709. o^.-L_3 ^^^J^î, to petite branche brandille, 1282, 4; pi.
Jî^^î, 64,4.
Dô'an a dit dans une qasîdah souvent citée, s'adressant
à sa '^1A=> vhv. :
Je veux que tu (fém.) me donnes de tes te^idres poésies;
0 Zéphyr, envoie-moi de tes souffles de la mer profojide
(de tes pensées).
965
y^'<yjc<yji:, vhv. Une grande branche s'appelle slX^ls vhv.
Cf. le syrien s^^o, branche, Littmann NAVP p. 25 N° 114.
pronom démonstratif, 37, 10. Voir sub fiiloLP.
^^
pron. relatif dans ille di, 91, 9, 11, 12, 14; 407 et s.; di 91
passim; 399; 414; 417; 418; Arabica V Gl. sv.; ^5^ _^
celui qui^ 11, 4 = _^ (j:J>, 91, 12, 13. ^6 Ij!, moi qui, = mehr
hu da. — Sur 30 et ,^0, voir LA XX pp. 346 et 348
Naswàn 0. 1. p. 39; cf. ici sub 13 et 30. ''l dans les inscript
nabat., voir Euting Nab. Inschr. p. 77. ^^^> devant les noms
de lieu, 597 et n. 1; voir 30. — ^3 comme circonlocution
du génitif de possession, voir ici p. 450 et ib. aussi sur
bo et JLii, ici shvs.
»bi, toi! Arabica IV p. 43: sLjo L J^, viens ici, toi un telt
Hammâmî.
Le relatif ^omânais indéclinable bû serait d'après RO
§§17 et 438, Nôldeke WZKM IX p. 10 et Brockelmann
0.1. II p. 325 une aphérèse pour_^jî. Je ne le crois pas. Une
telle déviation sémasiologique serait fort étrange et sans
analogie, à moins de lui comparer le relatif hébreu itt^N<
akk. asru, endroit, = arabe jî! vhv. Ce bû est plutôt une
variation phonétique de mu<mâ hû>mhû, qui est cepen-
dant interrogatif se rapportant à des choses, mais s'emploie
aussi dans le sens de ce que: hum "ârfîn-si mhu yistûwi,
ils ne savent pas ce qui va se passer, ib. § 437. Avec le
temps ce mû, en devenant relatif, a été converti en bû,
par l'interchangeabilité des deux labiales et pour différencier
les deux pronoms dans leur emploi. C'est ainsi que ^?? et nç
966
inteiTogatifs sont souvent usités comme pronoms relatifs
généraux {quisquis, quodcunque), Bauer-Leander o. 1. § 32 f.
.!j, i, <.I3, vhv. et les significations y données. RD sv. yj.
Juo, en Hogarîeh, pénis. Cf. qiieue et Schwanz. Mais queue,
cauda, 1492 n. 2, du chameau ou du cheval se dit woj,
vliv. (qui est aussi = vj)j ou oix^, vhv.; la queue de Vâne
est (j/.UX«.
Dans le récit N° 34, la Murqusîeh dit 77, 14, 15: û:> ^
xljô ^l ^-i>i A:>Î5 Lo ^i>JiJL=>, qu'il faut traduire: depuis que Je
suis creée^ personne n'a découvert sa queue devant moi. Ce n'est
pas ici 'àLô. xIjiAj y^, 1492 n. 2.
Jjj, ^l'ame de Za 7'obe ou de /a chemise. Ce mot a joué et
joue encore un grand rôle chez les Arabes, ce que je n'ai
pas besoin de relever ici. Hein SAE IX p. XVII nous
raconte que les femmes d'el-Qisn (c'est là le nom arabe
de la ville) portent une chemise bleue ou rouge qui, par
devant, n'arrive qu'un peu au-dessus du genou, tandis que
par derrière, elle finit par une longue traîne qu'on laisse
traîner sur le sable profond. Cette queue traînante a été
fort répandue en Europe jusqu'à il y a peu d'années. Elle
est encore de rigueur dans les grandes cérémonies de cour
et dans les mariages. Elle remonte, ainsi que le voile de la
mariée et la couronne, à la plus haute antiquité. La femme
de Hârùn er-Rasîd, Zobeydah, avait une traîne formidable,
encore légendaire. Voir sur le J«^j3 v. Kremer Culturge-
schichte v. II p. 213 et s.. Mu'all d'Amrul-Qeys, v. 29 dit:
967
C^f J^^ Jj>.3\ Uy^l ^ L^st^j ^' ^^î L^ ,ly^i
Et je me suis levé avec elle (je l'ai fait sortir de là) et je
marchais tandis qu'elle traîne derrière elle,
Sur l'empreinte de tios pas, les franges d'un pagne brodé
(pour effacer les traces). Naswân o. 1. p. 41, 1.
Jjo doit aussi être en relation radicale avec J.jJ>, franges,
et les autres dérivés de ce thème, vhv., ainsi qu'avec ^Osjô,
hrandiller, et lj^^Xj, être agitée çà et là, pendiller (objet
suspendu), comme en sh. yindibdib, er baumelt, Bittner
St. sh. II p. 43. Le sh. a aussi dibfl, protégé ou ^-:^,,
fera, diblit, Bittner sh. I p. 61. Un santon donne une
frange de son ràdi à celui qu'il met sous sa protection,
comme me le fit le saint raansib de Gôl es- Se h, dans
le W. Meyfa'ah, lors de mon expédition là-bas. Cette prati-
que pourrait bien être l'origine de la locution rapportée sub
icLi. Mais un Jjo, protection, ne figure pas dans la lurah,
comme le pense Bittner St. sh. I p. 61.
L'étymologie de ce mot ^3 doit avoir un rapport avec
(j.,aA.«JiJf Ji"b5o, du Sing. ^CsJiô, = idJJo, iClAi j = (^>ax.*iiîî jjLwt,
LA XIII p. 275 en haut, et le thème J3 doit signifier être
bas ou pejidiller ou quelque chose d'analogue. Si V~^3 est
hinuntergehen, descendre, comme le dit Nôldeke Beitràge I
p. 32 n. 3, elle est parente de _^l>, ^o et alors V~^c> serait
primaire en arabe. Je crois aussi que les deux racines sont
1) Le comment. d'I. Kaysân (f 299 ou 320), Z A 29 p. 28 porte :
^^ Jd^i yJi U_j^1 ^ * Ijst^^. Sur J^^xi Jpyfi, voir LA XIII
p. 295 en bas et ici sub J.^^. Mais pourquoi y brodait-on justement
des bats? LA dit: sL^L/to L3 J.:> ..j^Laoj" ^j^ *-^J-^ Ui; il y avait
donc d'autres fij^ures biodées.
968
originairement apparentées, mais, avec le temps, elles ont
pris «ne direction séraasiologique spéciale.
J^.^j < J l5>^j comme paraphrase de la possession, voir ici
p. 452.
Jbj.. Sur les différentes graphies, voir ici p. 452. A. Fischer
a publié, dans la ZDMG 61 p. 178 ss., Eine intéressante
algierisch-marokkanische Genetivumschreibung, où il écrit
„d i â 1 , d i â 1 = Juo ". Kampffmeyer, Marokk. arab. Gesprache
(Casablanca), a partout dyàl, fém. dyâlt (une fois diàlt
p. 16, 14). A. Fischer veut, o. 1. p. 181, que cette paraphrase
du génitif soit due à une influence berbère, mais je ne com-
prends pas bien s'il limite cette influence seulement au
génitif des noms de parenté ou en général, ou aussi pour
les autres paraphrases avec ntâ'', etc. Pour ces derniers,
l'influence berbère doit être absolument exclue, et pour le
premier cas, j'ai également des doutes.
ADDITIONS PRELIMINAIRES.
971
I
P. 3. On trouve le tanwîn quelquefois dans les textes de
RD, outre les exemples déjà cités, p. e. nâsin tuqa, gens
de confiance, 'arbin qille, quelques Arabes^ seyin ''agîb
RO p. 306,6 d'en bas, ce qui peut être une réminiscence
du Qor. 38 V. 4. Nôldeke, Beitrage I p. 6, cite aussi sinhû,
sinhï; je crois que ce n'est pas ici la nounation, mais s est
ici l'interrogatif s, vhv. 400 n. 1; 733 et 734. Sur le tanwîn
dans le Nord, voir ma LB'A sv. ÎlXjI. El-Harîrî, Durrah
Cspl. p. 8, prétend que ÎlXj! ne se rapporte qu'au temps
futur; grosse erreur.
Feghali K'A p. 3 dit que le syr. JpL., aisselle^ bras, ne pro-
vient pas de Jaj|, comme je l'ai expliqué Pr. et Dict. p. 266,
mais du pluriel JjÇL Le pluriel à K'A est oLI^Ij, ib. p. 211.
Marçais UBr. p. 69 donne J^L., aisselle, comme en Syrie, et
Canaan, ZDMGr 70 p. 174, a xL4^> ^« quantité qu'on porte
avec les deux bras, ce qui est le datînois Ja^c.
o^^
El-(aumahî, Tabaqât, éd. Hell p. 72, attribue cette poésie a
Su'^bah b. Rarîd, avec i^^^s^y, au lieu de (_c^y- Le verbe
est encore- vivant en Syrie. Feghali K'A p. 164: ^abben,
il a fait l'éloge d'un mort. Fr. Delitzsch, OLZ 1916 p, 167,
statue que ^3N* n'est pas klagen,jammern, msiis „rien d'autre
972
que trauer7i". Je suppose qu'il ne connaît pas comment on
exprime sa douleur en Orient à propos d'un mort.
P. 10. Brockelmann dit, avec beaucoup de sens philologique,
Précis de linguistique sémitique p. 124/5, que les noms de
parenté: ab, père, ah, frère, et ha m, beau-2)ère, doivent
être considérés comme empruntés au langage enfantin. Cela
ne paraît pas être l'avis de Noldeke, Beitràge II p. 112.
p. 11. Oj, 609, est aussi employé en Hogarîeh, où l'on dit
budduh, il veut. Feghah K'^A p. 139: bôddu yèktob,
il veut écrire, = dt. bâ yiktib.
P. 33. A Casablanca, (^olc est aussi un futur périphrastique,
KM G- p. 90 et passim. A. Fischer, Marokk. Sprichwôrter
MSOS I p. 202 n. 2, = Tanger ^^L«= Syrie ^r,. En sh.,
rad est le verbe courant pour aller, Bittner St. sh. III
passim; cf. ^^j l\j^ £L>, 0. S. Noldeke I p. 405, il se mit
à chanter (Bagdad). Quant au syro-égypt. ""amm, 42 n. 6,
qui donne à l'imparfait le sens du présent, Feghah, K'^A
p. 78, veut que ce soit originairement la préposition ^^
>^am, parce que dans son dialecte on dit ""an: "^anyâkol,
il est en train de manger, mais "ambâkol, je suis etc. Je
crois que cela n'est pas le cas. Son "an est simplement
une variation pour jȣ,< JUx, et cet "a m est dans ce dialecte
quelquefois remplacé par m an lorsque l'imparfait n'est pas
précédé de b: manyâkol = 'anyâkol. Ce man n'est
pas la préposition ^, comme le pense Feghah, mais c'est le
même phonème que dans mnâkol, nous mangeons; on aura
détaché ce m n de la I p. pi. et on l'a ajouté erronément
aux autres personnes. En tout cas, la préposition ^j^ serait
ici impossible. Du reste, ""ammâl se trouve aussi à Ma^lûla,
973
où aussi raccourci en ''a m m a, ""am, ''a, Noldeke ZA 31
p. 209. Bauer. Palest., pp. 76; 146; 250.
P. 45 n. 2. Sur le batt de Ma'lùla, voir Nôldeke ZA 31
p. 209.
P. 46. Sur l'ancienneté de ce b, voir Noldeke Beitrâge II
p. 240 = 0. S. Nôldeke I p. 360, 18: dU:cJb L3. Brockelraann
0.1. II p. 543 g.
P. 49. La conjugaison de bâ, pi. bù, figure aussi chez Farina,
Gramm. Araba p. 359 pour Tripoli.
P. 50. Sur o^^>_^^>i^« futural, voir Streitfragen, éd. G.
Weil p. 267. Conservé en Hogarîeh. Un Hogarite me dit:
o jçuw *:^|j i^U! \j^ ti)Aj ^jl^' "^ , 7ie laisse pas ta main en
contact avec l'eau et la viande (ensemble), elle sentira mau-
vais, V. SUb OrC.
o
^>], à propos de cette forme, Feghali K'^A p. 3 n. 5 établit
cette série: riglun>*rigr>^*rgr>''egr, ce qui est douteux.
Sur j«j>(, on comparera ce que le Sihâh, LA et le Qâm.
disent de j*^^, pi. j.L>5t, qui sont probablement des dolmens.
Ceux-ci sont nombreux en Arabie et de l'autre côté de la
Mer morte et du Jourdain, ainsi qu'on peut le lire dans
l'excellent ouvrage de Paul Karge, Rephaim. Cf. aussi Lidz-
barski Ephera. II p. 347/8 et ici p. 427. Sur (»>f, château, voir
p. 427 et Additions p. 994. ,
Hadan dans le dialecte chrétien de Beyrouth, Nôldeke Bei-
trâge I p. 7, 4.
Qor. 19, 62, il y a LjU »Acj ,^^ iu], qui est expliqué comme
974
un Jotsx = J.Elii: Lj'î. Cette explication me paraît douteuse,
Durrat el-Rauvvâs, Csple p. 124, et je me demande si le
Prophète n'a pas dit ûfLo en se servant d'une forme dialectale.
^'
Une pareille contraction dans le verbe ^\ se trouve dans le
marocain muhhar, retardé^ KMG p. 45 en bas.
P. 75. Christian OLZ 1919 N^^ 9/10 p. 207 cite ^J, cueillir
du miel y- préparer du miel, mais un tel sens ne peut se
Ç- oc O - -
rapporter qu'aux abeilles, et ^Ji = J^.«j: ne doit pas être un
mot arabe. En sanscrit, a 11 est a&ezYZe. V. Additions p. 1021.
dVJLoL. ^\ aussi en Syrie. Feghali K'A p. 6, 1.
Sur ce verbe en hébr. et en babyl., voir OLZ 1914 N°4 p. 185.
^'
Sur le ^Jiy> des Arabes et le pain y cuit, on lira Krauss,
Talmudische Nachrichten ûber Arabien, ZDMG 70 p. 332.
Le verbe existe aussi à Ma'lûla, Nôldeke Z A XXXI p. 225.
P. 82. Ex. de Joa.-:!: Hdr. p. 83,5; 119,5; Arabica III p.
80. Ex. de JjtàJÎ: RO p. 306 d. 1.: oVjLkJ! ^y^-*--^ L.., 07i
ne pouvait enteyidre les marteaux. ^ ^^àkiè^-o Lo Oyt^^ J|; ^
o^k!!, tant que durent les torrents, les routes ne sont pas
praticables, p. 617 en bas; Arabica III p. 80. En "Oman,
d'autres formes hybrides se sont développées dont parle
Nôldeke WZKM IX p. 18 sans pourtant faire ressortir le
975
sens àe pouvoir être, se laisser faire. Le oranais JJCuî, pouvoir
être matige': (jri JXLij L \ô>s>, ceci ne se mange pas, est aussi
une forme hybride, Bel Djfizya p. 73 = 'Oman, ici p. 84, 2. =
Nord J^ûl et Dt. ^li'bcwî p. 83/4; cf. ^\Ju. On prononce en
Syrie yi-tfi-kal. Fleischer, Kl. Schriften I p. 78 ss., parle
de ce sens de Joui! et de Jjt^oî, mais non pas de JJtàJ". En
Syrie, JjLaJ" a également ce sens. v_â-Ujc_j U lA-j^it iJcP, cet
enfant ne se laisse pas cajoler. J->1^ U j-LIJ!, on ne peut
pas recouvrer cette somme. -îaj^ Lo -a^\ Wj>, cette affaire
ne se laisse pas arranger. Ainsi tous les verbes Jju.j pro-
venant d'un transitif Jots. Mais ici Jjtaj! est le refléchi dej^^s.
J'aurais ici dû ajouter J^Uj qui, en Syrie, s'emploie dé la
mê'me façon.
JoLs^ Le \ôs.'S> ^A, i^Lwoî, on ne
peut pas discuter avec
^Lsiù
5J 55 5J J 11 11
55
„ causer, communiquer avec
j^jA.^iji_
11 11 11 1 11 11
55
„ se quereller avec
a^'r^
V » 5t 55 J 55 55
55
,, gager avec
i^jXjLiJo
5' 55 55 5 55 55
55
„ se mêler à
liJ.UiJu
55 55 55 ; '5 55
55
„ s'associer avec
^_c:»Lx;ô
55 55 55 5 55 ;5
55
,, être l'ennemi d'
55 1) 55 5 55 55
55
„ fréquenter
v„S.:>'^iLo
55 55 55 7 75 55
55
„ attraper
(lv_5JO^Lù
55 55 55 5 55 5?
55
„ s'attacher à
^jL»^
Le
^LJ!, la porte 7ie se laisse pas arranger.
Jw^Ujù Le JjLciJt L\P, cei^g c/ïose W6
se laisse pas différer.
ir^
1) Ici on dit aussi vulg. v_iJUj en Syrie.
976
Dans cette forme, presque toujours avec la négation, la
réciprocité est aussi impliquée. Je ne l'ai pas constatée dans
notre dialecte. Le ^J<XJ de Mo'all. de Zoheyr, mon éd. p. 83, 5:
j^LoJ5 Lav^c Ujc^ Jjg" et ib. p. 100,8: o^^i It-xSJj^ doit
bien être envisagé de la même façon. Nôldeke, Fûnf Mo'all. III
p. 27 trouve ,J'emploi causatif de la forme réciproque cu-
rieux". Mais voyez LA XII p. 304,10 et ss. d'en bas, qui
rapporte ce verset, et Lane sv.. La phrase signifie vous avez
soutenu ou vous vous êtes chargés de. Les exégètes ne savaient
pas bien la portée de ce verbe dans le Qorân. Boh. VI p. 58,4
d'en bas : \j^JS) = t^jux>! .
Jt
P. 84. L'article est dans le Sud el, quelquefois même al, pour
ne pas parler de em, um et en. Brockelmann o.l. II § 380a,
en citant Dt. 157, 12, transcrit ^Ls-iJ! par il qifâl et id.
ib. p. 628 anm. 2 il rend Dt. 467, 5 ^î Liyi par il-matar,
mais ma notation o signifie seulement qu'il faut prononcer
fel-. Dans le même §, il explique U dans Lo J-o = ^ J.-o
comme négation, ce qui est erroné, d'après ce que j'ai dit
466/7; 472; 474.
P. 89. Ajoutez c>»-w.^1 3cî, LA III p. 429,5 d'en bas.
P. 92 en bas et p. 98. Cette anaptyxe du Joti n'est plus
nécessaire lorsque le mot est suivi d'un suffixe à initiale
vocalique, habli, qafli, higli, hablah, etc., ou lorsqu'il est
lié à un mot suivant à initiale vocalique, hab-lel-faras,
qaf-lel-bêt, hig-lel-mara, mais hàbëlna, qàfël-
kum, higëlhin, etc. Littmann NAVP p. 9 trouve cela
très remarquable, „sehr beachtenswert". C'est qu'alors le
mot peut reprendre sa structure syllabique sémitique. Dans
les mots cités p. 94/5, les sonores médiales ne sont pas tou-
jours „sy]labiques"; avec l'm médial presque jamais. Kalb,
allem. veau, et wlf kalb ou kelb, chien, ont le même
977
son, parce que l'arabe peut prononcer ainsi lorsque la der-
nière lettre est une explosive, une spirante ou une nasale
précédée d'une liquide, mais on ne dira pas ici que cette
liquide soit syllabique. J'ai souvent soutenu que la théorie
de Sievers n'est pas applicable à l'arabe. Vollers, ZDMG 49
p. 499, a très bien relevé cette anaptyxe pour le dialecte
"omfinais, oii la voyelle de remplissage est a, e, i, o, u,
ainsi que pour les dialectes du Levant. Il y donne aussi
plusieurs exemples de la langue littéraire. Pour la langue
des Bédouins, on lira le Gl. de ma LB^A sub Anaptyxe.
Le cas est absolument le même dans nos dialectes méri-
dionaux, et la chose n'en peut être autrement, car la struc-
ture syllabique conserve encore toute sa force. Il n'y pas
en sémitique de lettres syllabiques; 1, m, n, r sont pour
nous syllabiques, nullement pour les Arabes. Sur l'anaptyxe,
on lira Streitfragen, éd. Weil, p. 307 et s., où l'on trouvera
plusieurs exemples de la poésie, comme J>-5^^ et Jc> . Voir
aussi Marçais ÛBr. p. 57.
Môme anaptyxe et mômes exceptions dans les mots turcs
empruntés de l'arabe, Der Islam IX p. 257. Marçais UBr.
pp. 62 et 65. La règle établie p. 95 n'est pas absolue, car
on dit même en Mésopotamie sa mis, soleil, ZDMG 58 p.
940; Addit. sub y p. 1023.
^JJ! p. 104. Feghah K'A p. 273 dit du dialectal elle:
„Ce peut être simplement la forme prise par le pronom clas-
sique alladî après chute de la voyelle a (l'accent étant
transporté sur l'initiale, car on accentue ^élle) et assimi-
lation de la dentale à 1, soit: alladî >*éll de ')>''*ellle>
^elle, forme actuelle connue d'un grand nombre de dialectes
') Nous avons vu que lé dialecte datînois a illodi, illidi, 407
et s, > el dr, il àW
62
97S
arabes modernes (111 se réduit naturellement à 11)". Cette
argumentation est inacceptable. Je crois avoir suffisamment
prouvé que illi est un relatif indépendant. Déjà dans mes
Prov. et Dictons, cités par Feghali p. 273 n. 3, j'ai dit que
^) et ^J>s^ „ne sont pas du tout des corruptions des formes
correspondantes de l'arabe classique, mais d'anciens mots
sémitiques d'un grand intérêt", et je n'ai pas changé
d'avis depuis.
P. 105. ^_c^'^ au lieu de q' ou o], est fort répandu partout.
En voici quelques exemples. Mlîh illi ma sâbo aktar
min hêk, c'est bon qu'il ne lui soit arrivé plus que cela,
Bauer Pal. Arab. p. 144,3 d'en bas. El-hamdilla illi
sufnâk bhêr, grâce à Dieu de vous voir en bonne santé,
ib. p. 225, 2. Mabsût illi waqtak bismâhlak tqaddi
es-sahra mâ^na., Je suis content que ton temps te permette
de passer la soirée avec nous, ib. p. 251, 19 (oià tqaddi est
une erreur). Ya hsâra illil-ard mus mazrû'^a, quel
dommage que la, terre ne soit pas ensemencée, ib. p. 245, 15
d'en bas. Hsâra 11 i ma sihtinls, c'est dommage que tu ne
m'aies pas trouvé, Kampffmeyer Marokk. Arab. Gesprâche p. 5.
Ferhna Ui gîti ^ala hêr, nous nous réjouissons que tu
sois arrivé en bonne santé, ib. p. 9. Y^azz bîya Ihâl 11 i
n h a s s i r 1 i k h â t r i k , ça me fait de la peine de te contrarier,
ib. p. 28. H as ma n min gihtik 11 i t'àbtik, je suis
honteux à ton égard de l'avoir fatigué, ib. 31. Ma lum
(= Ihum) 11 i ma brâu si igîu, qu'ont-ils qu'ils ne veu-
lent pas venir? ib. p. 58 d. 1. As kân hâsrik ''aie ha lli
ma tmsahha si, qu'est-ce qui t'a empêché de me les net-
toyer (la bilra, bottines)^ ib. p. 79,1. El-Harîrî, dans son
Durrat el-Rauwâs, Csple p. 100 N° 157, dit:
_,! ioLx LVS3 ]j^ ^^ o! *iî lXJI jLiLj ^î vly^'j • • • *^'' r^'
979
;^t xjyu ^! xftMj Ui"^ ÎJJ' ^li ^JJI idJ cuH JUù. Mais el-
Hafâgî, ib. p. 209, autorise cet emploi.
Chez Dalman P. D. p. 104, 11 d'en bas on lit:
radd elbagar elyantasar sOb misna
qu'il faut lire:
rad-del-ba-gar el-yan-ta-sar sô-be-masnâh
et non pas el y an, etc., car el n'est pas ici le relatif; voir
Socin Diw. I p. 63 dont le texte est métriquement plus
correct. Sur LJ! < ^, voir p. 109 et sub ^.
P. 110. Si hîn il est = "^^ (J^:=> ou loij^, lorsque, waqt il =
"i^ o^^ ou U v.i>Js5 ou ^^i vJi.s5, il ne peut être ici le relatif
elli, li ,^l3J!, comme le propose Nôldeke ZA 31 p. 210 à
propos du ma'^lùlien waqcil, lorsque. Les autres exemples
qu'il y cite n'ont rien à faire à cet il, car c'est là le relatif.
Embala, mbéle, mais si, est fort répandu, Feghali K'A
p. 64: m bal a, oii est expliqué cette prononciation, m bal il
ou imbâlâ, mais si, Bauer Pal. p. 94. LA XVI p. 177 en bas.
Le y^\ J-«.=>, Bittner 'Aggâg p. 30: L^_^ iuC*^ ^] J^*^
iîJt Jis'! 3! jLs! y^o Q^^' = Ahlwardt Sammlungen II p. 18
V. 98, est peut-être le ^^liù, cachalot ou la baleine.
Un synonyme de (Jl*Jt J. ,sa>Jj", approfondir la science, est
jjl*iî ^ k^, I. Hallikân I p. 570. LA V p. 140, 7 d'en bas,
oiï la sémantique est expliquée.
980
Synonyme du syro-égypt. osJL:^. est le syr. oiJir, vhv., ouvrir
de grands yeux, avec la métathèse vJLs:Jb.
En dt., on dit aussi icI^L.» P- 334 en bas. '
Cf. la métathèse syrienne Jacy , s'agiter, frétiller, et le syrien
Ja*j , s'agiter en tous sens, se dissiper (enfant), Feghali Iv ^A
p. 196. Il y entre le verbe ^^ vhv. Le i^xj datînois a un
autre sens, vhv.
'i^ji, espèce de danse, Hirsch Reisen p. 113/4 où description.
Il écrit à tort „berra (^y)"-
Jws^o est l'assyr. basalu, bail, coo/i:, Muss-Arnolt sv.; baslu,
mûr (fruit), ZDMG 58 p. 952. Hein SAE IX p. 106 donne
fsê, dîner, v. Préface ici p. VI et pp. 170 et 1003 n. 1.
Li, Li, battre, RO § 303. ^
Au Maroc, J-bL, bâtil, est bateau =^ f lu k a,, KMG pp. 49;
50 et 51.
>Axj, ôter les habits, peut-être la même expression avec "i^D,
Cantique IV, i, selon le glosateur dans Krauss, Talmud.
Nachr. uber Arabien, ZDMG 70 p. 839, car blVJ^r2 ne me
paraît pas donner un sens satisfaisant. La traduction amé-
ricaine de Beyrouth porte ^'laJ >.i>o^' ^j^ (lisez tiUuJ),
981
LL> pour ^gS^ se trouve dans une poésie dans le Tabaqât
d'el-(jumahî, éd. Hell p. 12, 11, où c'est attribué au dialecte
tayyite, comme aussi ^^^j pour ^_^^ et ^.^^ pour ^<^,
Zoheyr, mon édition p. 155.
Sur ^ = Di?D, voir de Lagarde Mitteil. I p. 68; OLZ 1917
p. 297 et p. 350.
Feghali, Emprunts p. 34, donne pour le syriaque baise,
malheur, difficulté, chose désagréable, du syr. bêlas, laesus
est. Il le compare avec le classique jAi\ = ojC*- et j^Jj, .
C'est possible. Mais le sens du syro-liaur. ^Jili s'écarte trop
de ce sens.
P. 211. I. Sîdah XIII p. 118 parle aussi de ce passage qorà-
nique: ^JLlj ^y>^ q! J^ oi;'^^ ^ ^^'^^ explique par L^Jjcp
^^ dUo _^3 iLcLuaJSj bjî^j^!^ iCjLiLKJtj iiLL^l^ iUxMI JU='^L>
«^Lm5% L^Jlc ^^L*:^.^. (JvJI JL^"^! vjukS. On voit donc que c'est
la même explication erronée que chez tous les autres.
A propos de |*.pL, Feghali p. 208 et n. 3 veut que bâhem,
pouce, représente le pi. abâhimu. On ne sera pas de son
o
avis. j.L^t < ck:' encore employé, avec prothèse déjà ancienne,
comme aussi k^\ (avec ses variations vocaliques), p. 91. —
982
Sur iulj, courage à la guerre, on pourra citer Diw. Qays b.
el-llatîm N° 17 v. 1:
5f îme troupe veut nous faire du tort,
il y a alors parmi les Montagnards de Mekka des gens
de secours d'un courage sauvage.
Comme étymologie de ^^y, j'ose proposer le soum. bur >
akkad. bùru ou pûru {^tQm-)Schaale, Zimmern AFW
p. 33; Muss-Arnolt p. 187: stone jug.
o>-l-v« est un homme frappé d'interdit. Jaussen, Coutumes
p. 263.
Sur le Jj et les oi-,.=> nous lisons dans le Kàmil d'el-Mo-
barrad p. 441: ^\yJ> &î c:^!^^ Jr jXi \ô> ^J^ ^^ so^ qI^^
^^ iOLÎLvi Jlï Q-*r4j' (MW^^jy-^' v,L:^ji' Uj! Jais (jsAxx ^v^' L< 3^*
AÎ j*.kLj ol3y> o-j^ '^^ Je. Ce collier de perles sur le turban
est encore porté par les souverains indigènes des Indes.
Voir sub JU-^o.
Sur t\:s^■, voir un exemple- Streitfragen, éd. Weil, p. 305, 12.
988
JjCj1 a donné par dissimilation jXcjl, KMG p. 26, 6, > JXi'
J^, ib. n. 2.
Sur .lLj = y.J, voir à présent Siddiqi, Pers. F W p. 13 n. 3.
?
Intens. r-^r-^, bavarder, onomatopée. Le Prophète n'aimait
pas les ^yi^xft-xJl Q^Jjy'j les bavards brayards, LA sv.., H.
Bauer, Die Ehe p. 57. Le Tartarin de Daudet était un vrai
KMG p. 71,7, donne ^-j>a«, réparer ^ ^^ >^Lo^ qui pourrait bien
être le sudarabique v^i, même sens, mais le tangérois ujy^,
ib. n. 3, rend ce rapprochement douteux.
La lurah a Jj, u, et 3yi', Jy-^'-J, avoir le vertigo, LA sv., ce
qui s'applique d'abord aux animaux. J^i, fém. ^'^S, qui a la
maladie J^î ou jyiî!. Le thème est aussi IL'^ y; Nihàyah sv.
et LA sv. disent ^ j. iCii ^3^i, comme le dat. ■^yii = ^AS.
Feghah, Emprunts p. 35, donne pour son dialecte sewel,
plus souvent tewel, étourdir, faire perdre la tête. Ce thème
n'a pas besoin d'être un emprunt syriaque, puisqu'il se trouve
aussi dans l'Arabie du Sud.
„ > y. Un bon exemple do cette prononciation se trouve chez
984
Rescher, Stndien iiber I Ginnî t. à p. p. 50 cJ^^i^àJ! _^! jLï
jo c>J^ >_j!-E:' '5l\x£. i3ws:aaiî JvÀr: LlS' Jyïj lXj- L! i^^Jtfv* Lf^br^'
P. 260. Haupt, dans la Festschrift Wellhausen p. 210, com-
met la même erreur en disant qu'on ne fait pas de beurre
du lait de chamelle. Musil en a mangé, o. 1. I p. 232.
^'c^ est au Yéman = ^^j du Nord p. 346, 9.
EO p. 96,2 porte cette phrase: gahhênâh ^a ma^ne,
wir zogen ihn zu uns herûber, qui pourrait bien être la
Ile forme de ^_^^^, avec une application sémantique modifiée.
Ajoutez j.LXi>, couper, p. 622, 5.
>_j/>- Il faut lire p. 275,2. Li:oJ=>, comme p. 147,12 d'en
bas et p. 572, 3 et note; mon ms. porte bien dans cet endroit
1 ^ y r 7-^ qui peut aussi être bon. Ce ^r^ est d'une autre
racine que le yémanite v-^j labourer le champ, Dt. III Pré-
face p. XI, vhs.
Avec *)j>- on pourra comparer sa métathèse 11:1, lionceau.
Prov. et Dict. Gl. sv. ^^.
7*=^
Hirsch, Reisen p. 120, donne .L*:>, coll., espèce de grosses
fourmies; en Dt. Qyt>, pluriel.
985
Yâqût sv. ^^IjlXj^ dit: J'o xji' J. qL*^.^. U-Lï ^^^ ^J^-ii!
J ^lîj .LJ!3 ^^î^ ^^Uî ^ ^1 o^**^- ^ r^' UJ^' ^3-^
..;sa£» „%*/«► wot>ip, ^Jx« ^-Jli: lioiii JàLâJî xw.4j> /o. Il aurait
pu ajouter ,is^ >ys^4i:.
^L>, = tU^ oS->^, se trouve I. Sîdah II pp. 132, 10 d'en
bas, 133,7 d'en bas = ^.^ et ^^, vhv., et wJ:>, u, i, ib.
p. 135, 2 d'en bas. v^I> et ^Ji>, ib. p. 135, 1 et 5 d'en bas;
p. 136,3 d'en bas = ic.^^. C'est une métathèse de v^,
ib. p. 137, 4, 5;<^i; et. (J^> vhv. = Z-s^ vhv.; — voir ici
sub j^.
P. 296. La forme jl*s est aussi algérienne, Bel Djâzya p. 83.
Elle est également très courante en ^Omân, mais là, le plus
souvent, sans attraction vocalique de la première syllabe, p. e.
kellîm, qui s'entretient avec vous, haffîr, gardien; hal-
lîf, allié. En Egypte, gammî% compositeur, rassîm, des-
sinateur. Vollers y voit ZDMG 49 p. 513 pour l'Egypte,
des formes analogiques de u-^i^^ prêtre, ce qui est étrange.
P. 305. iU.iî-=> est en Dt. et Hçlr. un gros scarabée noir à
longues jambes. Hirsch Reisen p. 120: djehme, mais entre
parenthèses x*^, ce qui est la vraie forme. — Dans les mon-
tagnes du Yéman, sUi^ est femme mariée; kàhmete, ma
femme, pi. pL^, 1528, Hogarîeh.
^-*.f>, d'autres mots sur ces paradigmes se trouvent p. 702
en bas; p. 999.
986
iob-] > x^l = iùb^, voir Nôldeke Beitrâge I p. 36 n. 3, où
renvois. Il n'est point sûr que iùL> soit une „corruption" de
XjL>]. Et pourquoi pas? Elle est ancienne.
>^
^b- a donné 3Î0, u, au Maroc, voir sub jo, Addit. sv.
P. 322. Le soleil s'appelait aussi i-iSj-è, témoin un vers de
Dû er-Rummah chez I. es-Sikkît, Tahdîb p. 389: 'ii:}\ri}\ q^ =
y./.*^') ^y>. Cela s'appliquerait à partir du moment de son
lever. Le nom viendrait du Jyb, filer. El-Batalyûsî l'explique
par i3j*il^ L^l^ôô, el-Hafâgî sur la Durrah d'el-Harîrî, Csple
p. 28, et l'on appelle aussi les rayons du soleil Jj^^L=> et
iJL>-:>, ib. . La forme serait avec cette étymologie insolite.
Voilà pourquoi el-Mo^arrî dit, ib. p. 28:
Il veut donc que 'i^^jà soit pour idîji, car il avait le senti-
ment de l'impossibilité de cette forme icHji, en acceptant
l'étyraologie courante des savants. Le mot a dû être assez
employé anciennement. On disait ^c^-^' ^'^^jà, comme les
mots énumérés p. 414. Or, je ne crois pas que les savants
arabes aient raison. x!!ji ne doit être autre chose que gazelle.
La forme féminine s'explique par le fait que ^v.-*^ est aussi du
féminin, mais ce peut aussi indiquer la gazelle par excel-
lence, car le fém. de J';-è est plutôt i»w^-^. Aujourd'hui on
. appelle bien la femelle '^^~^, mais cela ne compte pas ici.
Déjà D. H. Mûller et J. H. Mordtmann, dans leur Sab. Denkra.
pp. 10 et 66, ont émis l'opinion que la gazelle était consacrée
à "^Attar. On la voit souvent représentée sur les monuments
1387
sabéennes, A. Grohmann, Gôttersymbole und Symboltiere
p. 64. On trouva deux gazelles en or, ^3 q'^'jc, lorsque
^Abd el-Muttalib fit écurer le puits de Zemzem; les (jorhom,
originaires de l'Arabie du Sud, les y avaient jetées en
quittant Mekka, I. Hisâm p. 94 = éd. Caire p. 50 = Jàqût
Mo^gara sub ^y>^, et ""Abd el-Muttalib les fit mettre sur la
porte de la Ka'bah. La gazelle est un animal symbolique
solaire, ou plutôt, dans l'Arabie du Sud, lunaire. Beaucoup
d'animaux étaient solaires, Siecke Die Sonne im Mythes p.
50 et ss. Le bouquetin ^«.cj a dû aussi être symbolique et
se rapporter au culte, 1239 en bas, 1467 ss.; 1500; 1611
et Gl. sv., et o. 1. p. 56 ss. L'antilope était l'animal de
Mar-tu = Amurru, un dieu des Sémites occidentaux =
Eammân, Prinz Altoriental. Symbolik p. 129s. La gazelle,
pu l'antilope, représentait donc un symbol astral. Il n'est
pas trop osé de voir dans le nom du soleil en question,
iLlIj-É, une réminiscence du vieux culte astral des anciens
Sémites, ici celui du Soleil. Elle est encore entourés d'une
certaine vénération dans toute l'Arabie. E,0 p. 284 en bas
porte cette phrase : ^Ij (J^ =) j^L <\->r^ (^î (^^c-^ =) i^rt^
K^ ^j^ ;îr^' ' ^^ gazelle est une venaison qui est mangée, et
on la vénère beaucoup. La nuit ses yeux ont l'air {se voient)
comme la foudre et lorsqu'elle grince des dents, des étincelles
jaillissent de sa bouche. Dans la qasîdah de ""Omar Bâ ""Atwah,
publiée par Snouck Hurgronje, 0. S. Festschrift Nôldeke I
p. 103, on ht à la fin: ^^j^ xJÛ-i/ ^J^ Jk V^, ce qui est
expliqué par Snouck H. d'après la version dans Damîrî
Hayât el-Hayav7ân II p. 126/7. Grohmann o. 1. p. 65 n. 3
renvoie à RD I p. 99 N° LXX pour prouver que la gazelle
est encore aujourd'hui un animal sacré, probablement parce
que les trois dbô qu'on avait appelées du désert (dâ^an)
988
entrèrent dans la mosquée. Elle est pour les Arabes l'animal
le plus rapide, et dans la chasse qu'on lui fait les chiens
ne peuvent l'attraper que si le sol est mouillé.
P. 323. Hommel, Altisraelit. Ûberlieferung p. 113 et ss.,
montre, d'après Pinches, que dans les noms propres assyriens
il y a une divinité mâle Aï ou Y a, qui serait d'origine
arabe et autre que Aï, le nom de la reine céleste babylo-
nienne, d'origine soumérienne. Il se peut donc que ce nom
se soit perpétué chez les Arabes, à travers les siècles, sous
la forme de ^U, M et auî, ici p. 323, et que ce soit le même
que le plus ancien nom de Dieu Y ah ou Yahu, etc., et
l'arabe -^, ici p. 323, soit le nom du Soleil.
^^
Le verbe l^_^. du verset de Q. b. el-Hatîm se traduit plus
correctement par: il nous honorera.
C5^
-.y.;>, baisotter ; avec l'inf. <J^, 535, 14.
P. 343, 11. fSelon Marçais UBr. p. 87, il faut ajouter L.^, u.
P. 348, 9. Sur ce proverbe, voir el-Cxumahî, éd. Hell p. 83, 2.
^jis> p. 350; je vois à présent que Bittner juge le mehri
ta (te) de la même façon que moi, OLZ 1914 N° p. 28.
p. 352. L'histoire d'el-Muhtâr se trouve Tab. II p. 702 et ss.
989
Son histoire et celle de sa religion ont été traitées par I.
Friedlaender, ZA 24 p. 33 ss., dans son intéressant article
„^Abd Allah b. Sabâ, der Begrùnder der Sî'a, und sein jû-
discher Ursprung". Le tàbût y est appelé ^c*^^ ■, mais Tab.
II p. 705. 1, aussi o^jIj', autour duquel les partisans d'el-Muhtar
dansaient: »oî^! 3^ '^^ ^y^- Je ne crois pas qu'on puisse
le traduire ici par Gottesstuhl, Friedlaender o. 1. p. 19 n. 2, car
el-Muljtâr lui-même l'identifie avec le tâbût des Juifs, Tab. II
p. 703,15.
Le ^omânais Jw^u>, RO p. 321,10: dàro yhaglûhum
mhâgle, ils se mirent à les retenir^ est une variation de
^=>L=>. Cf. ^ et ^_^, même sens.
P. 358. ^ est aussi du fém. 62, 5; mon Arabica II p. 33.
C'est aussi un n. gen. désignant la matière, Hdr. p. 435, 5
d'en bas = ici p. 726, 9 d'en bas, comme son correspondant
hébreu ]3N\
P. 362, n. ^\ ^'l^. Voir Additions sub Joo> p. 999 s.
P. 368. Hirsch, Reisen p. 5, mentionne ces „Subyân qui
labourent la terre à el-Makalla et dans l'Intérieur de Hadra-
mût. On me dit à propos d'eux qu'ils ont toujours été les
serviteurs (hadiraîn) des Bédouins". Il les considère comme
une race sudarabique primordiale au même degré que les
Mahrah. Et ib. p. 256 il dit: „Toute la nuit les Sibyân
voisins, qu'on appelle ici aussi Hogûr, chantent des Sebwâni ')
avec accompagnement obligatoire des timbales".
P. 366. A propos de cette manière de construire, on lit dans
Burgen und Schlôsser de D. H. Mûller I p. 53 sur Rumdân
ce verset d'une poésie d'el-Hamdânî:
1) Voir mon Arahica III p. 57, où cette danse est di-crite par le
compagnon même de Hirsch.
990
5 5 ù
Les blocs sont scellés avec du cuivre (ou fer) fondu, et etitre
ses tours ') il y a des pierres précieuses et du marbre.
A propos des châteaux de Mârib, el-Hamdânî dit, ib. II p.
87/88: Ûjo5 ida^î (~'^] J \JÛ=il\ ^ a] |^>JiJ Uxa o^*£ J ^"^
,j.,yJiJu ,xi5 ^,-f*5 -.L-flJl \-i-xj, parce qu'ils creusèrent pour
chacun de ses colonnes un trou dans le roc; ensuite la partie
basse y fut fixée, et du cuivre fondu y fut coulé etc. C'est à
peu près ainsi que les indigènes du Sud m'ont décrit le
A*« de Libna.
Feghali donne K'^A p. 46 haleg, maneher à cloche-pied, ce qui
est la métathèse de J.5:^, comme aussi le classique ,.^1:>,
marcher vite, mais aussi marcher à petits pas, LA sv. Je
ne comprends pas bien Feghali lorsqu'il dit que „ce n'est
pas du tout un phénomène phonétique".
P. 370. Sur J.^> J.:^\>, voir Streitfragen, éd. Weil p. 307/8.
J. J. Hess, Der Islam IV p. 316, corrige Euting, O.S. Fest-
schrift Nôldeke I p. 396, 6 d'en bas, lorsque celui-ci appelle
le bâton bédouin q^?^, mahgan. Hess n'approuve que
mihgân, qui est la forme des "Ôtêbe-Gahtân, qu'il a fré-
') Je ne crois pas que _,3_ao soit ici justo, et je propose j^^y-ii,
joints, p. 306.
2) D. H. Miiller traduit (*^i! par : „darin die untere Spitze der Siiule
steckte". Un tel sens ne se trouve pas dans les dictionnaires, à moins
qu'on y voie une application spéciale de »ii (•«" avec le sens de bouclier
la bouche. 'J^.J^^ ^ = x*s iAa« LA sv.
991
quentés. Lorsqu'on s'occupe de dialectes, on doit être prudent
en corrigeant les autres. Ce qui se dit dans un milieu ne
se dit pas dans un autre. Euting a parfaitement raison.
De même qu'on dit «lX-^^ oLv, on dit «Aaaoï Îl\:>, comme
chez Abu Du^eyb apud Nôldeke, Zur Grammatik p. 42:
sAxxjii ^A=>! (Aftjt "^ vi^^'l-s , fcti Juré que je ne cesserai pas
de composer une qasîdah, où ^ est la négation.
P. 383: 'odin, voir p. 684.
P. 391. Sur cette syllabe cvc, voir aussi p. 685 et A. Fischer
ZDMG 61 p. 926 ss. et Streitfragen pp. 272 et 276. Une telle
syllabe trop longue était évitée dans l'ancienne poésie; elle
n'est pas du génie de la langue arabe. Cependant elle se
rencontre quelquefois. Er-Râ'^î, contemporain de (jarîr, Tabaqût
d'el-Gumahî, éd. Hell, p. 120,20 dit:
Le second hémistiche n'ofifre ainsi rédigé aucun sens accep-
table. D'abord il faut lire ^^i = ^X;. et ^^y^, et puis (^vooit
doit être (_5y^!, comme dans le verset suivant d'el-Hamâsah
p. 661, oîi il y a aussi la variante (=5->^!, qui ne figure
pas chez Hell. ^'yjil\ ^^^yo^) est expliqué dans la Hamâsah
1) LA XIX p. 200,8 d'en bas et p. 207,13 donne cj=y^j nu lieu de
(j:«fA^; son synonyme est (3^, LA XIX p. 190,7,10 d"en bas, mais
ici cette variante est luoiiis bonne. Sur c5y^) a, voir 723 n. et Schul-
thess HW p. 57.
992
ib. et se rapporte à l'absence de lait de la i^s--- parce qu'elle
est grosse et alors aussi plus grasse, et on ne la trait pas,
JJij>. LA XIX p. 207, que Hell n'a pas consulté, croyant
que i^y^'i était bon, porte dans le second hémistiche: é),ttXJ
(j:l^Î5 ^^!c ^J^ U^. Rûckert, Hamâsa II p. 197, a traduit
ce verset tel qu'il se trouve dans la Hamâsah:
Um zu erspâhn ein Fettes, kniff ich die Augen ein;
Wol musst ich mich bequemen, gastfrei auf Borg zu seiti.
Nous voyons donc que Ham. et LA ont q^£, car ^^'a ne
veut ici rien dire du tout. ,j^c doit se rapporter aux deux
saisons, hiver et été, = 10 mois, que dure la gestation de
la chamelle, qui pendant ce temps devient grasse n'étant
pas alors traite.
P. 398. v'r^ pourrait aussi être une métathèse pour ^^f-
^•^^j attendre^ aussi RO p. 325,9.
(jiiys^'j provoquer, p. 614, 11 d'en bas.
Avec OjL^", on comparera l'hébr. ^in, schmdhen, làstern,
vituperare, oUraggiare, ingiuriare. Abul-Walîd b. (janâh, éd.
Neubauer p. 249, le rend par ^j^^^w, ^ et »ji^, et Pi, scher-
nire,sprezsare. '»ij> est l'hébreu "Din, vituperio, onta, Schmach,
Schande, Schmàhung. &-àjy>, coépouse, est, il me semble, le
misna "cnn = (_^«.3^c . La traduction arabe de Beyrouth porte
J^y__ -d^^ Lî g^. Abul-Walîd 1.1. dit: J! 3. ^^^ éUo ^^^
i
993
nonn u^^ytJî niiTD, J. Levy WB I p. 114. L'on pensera
aussi à Leviticus XIX v. 20: ^'^^b nonra nriDîi' m, et si
elle est esclave et mariée à U7i homme, que Gesenius Thésaurus
rend par ancilla despo7isata viro, et c'est de là que Nôldeke
a tiré son explication apud Stade sv.: einem Matin verbun-
de7i, zum Eigentume gegeben sein. Abul-Walîd 1. 1. l'explique
par *J ri Sô^ ^! a- ^. La sémantique ne m'est pas bien claire,
ni en arabe ni en hébreu, et l'étymologie de J. Levy I p.
114 de Oj>, mutare, n'explique rien.
Le Jot-aJ' hébr. ne se trouve que dans le dictionnaire de
Stade. Ce savant paraît confondre les deux thèmes homo-
nymes ^"in = o^ et ^^, puisqu'il dit „im AT, vei'bis
carpere, schmdhen". Gesenius Thésaurus avait du reste
commis la même erreur. La sémantique de ^^T\ = j*-:^,
avancée par Kônig, piquieti, verletzt sein. > le transit, spitz
behandehi> schmàhen, ne me paraît pas dédaignable, et j'ai
eu la même idée pour le thème nordarabique : piquer par
des înots, faire des Spitzfindigkeiten, comme le font mu-
tuellement le vendeur et l'acheteur en traitant une affaire,
^^^'L^., et se font des '^j^. Mais si n^n se rapporte à un
soi-disant mariage lévitique, encore pratiqué parmi les Juifs
de Galicie, le verbe a dû prendre un sens plus honnête,
puisque noTin est devenu plus tard = o-^^/^- Selon la tra-
duction de Kautzsch, Die Heilige Schrift p. 124, il s'agirait
ici du commerce charnel illicite d'une esclave avec un homme
autre que son maître, ce qui est en contradiction avec l'opi-
nion de Nôldeke. J'ai oublié de demander pourquoi on appelle
une coépouse ii-àjj>, mais c'est probablement parce qu'elle
rouspette avec le monde. Dans la qasîdah de 'Omar bâ
""Atwah que Snouck Hurgronje a publiée dans 0. S. Festschrift
Nôldeke I p. 103 v. 5, on lit :
Won-nôm ma gcî.nâ won- nom râlî
Bî dûs râbî mitil dôs èl-harîfèh
63
994
Le mètre est --w_|__w_|_>-__^ et l'on aura chanté:
Won-nôme ma gâna u en-nôme râli
Bi" dose râbi mitle dOsel-harîfeh
Je traduis le second hémistiche par:
// // a en 7noi un tumulte caché comme le tumulte de
la coépouse.
cf. sub (j*b, u, p. 880 s. Je ne saurais approuver la tra-
duction de Snouck. Il me paraît donc admissible que, pour
l'arabe du moins, ii-àj^ et ^J^' peuvent renfermer l'idée
de chamaillerie.
^Avo, raser, trouve son analogie dans le syrien ^4^, raser,
parer, <^y4^., barbier, < turc ^c4^, maître, seigneur. Mes
Pr. et Dict. Gl. sv.; ma Festgabe, Jeder tut etc. p. 76.
Jj.svoî, pouvoir, est aussi courant' en Syrie. Fourrière (Alep)
M SOS IV, II p. 216: ^^\ ^^:^. L<_^ Lj, mon cher, je ne
jmis venir.
P. 427. ^1 et ^î, château, I. Sîdah V p. 126, 7 d'en bas
dit: :Jo;0 ^jî .^îj jv>î L^lX>Î5 ^^^a^H ^\S^)^ ^b^f :cUx£ _^t
^Li^^t^ ^L>^! g^. D. H. Mûller, Burgen und Schlôsser I p. 52.
C'est l'akkad. atmânu selon J. Barth ZA XXIV p. 150,
et selon Landsberger, ib. XXV p. 384, > du verbe ]nN, bauen.
Le mot est donc avec t ou t, et ce serait originairement
> l/~pi = ^y^. L'étymologie de Barth, o. et 1. 1. de ^\,
eine7igen, est rejetée par Landsberger et Zimmern, Ges.-Buhl
p. 27. Cette étymologie serait donc, d'après Barth, toute
arabe, et le singulier serait aussi iubî selon L A. En lisant
l'exposé de Barth, je pensais tout de suite à o^à^, château,.
995
vhv., qui doit aussi venir de V~àJi=> et qui dans le Sud
signifie être étroit, 442. Mais j'avoue que l'étymologie babyl.
me sourit davantage. La forme j.L.:>l et ^LL] que rapporte
I. Sîdah me font l'effet d'un singulier JL« à l'instar des JLxj
p. 1016 en bas.
yA^S-
P. 434. Les Hadramites s'appellent eux-mêmes ^f^^^=> ^c^-
Le poète hadramite Sfdeh bfi Suweyd, domicile à Ansâb, dit
dans une qasîdah (basît):
Vous avez 7iié l'approche de la guerre, mais nous sommes
les fils de Eadram;
Mon aïeul est "AU qui la
,A^
i5J, couver les oeufs, se dit aussi dans le ]S[ord,Socin Diw. Gl.sv.
P. 449. A propos de liUic \J^*>, pourquoi? = é^^ , RD II
p. 133 n. 1 donne à ce dernier mot l'étymologie c;aj! Lo JU,
probablement d'après Socin Diw. III § 195 a, mais je crois
que les deux savants sont ici dans l'erreur.
Je n'ai jamais constaté un verbe Jjc> dans le Sud. Mais
iJl<> = idLi y est connu. Je saisis l'occasion ici de dire quel-
ques mots sur la langue „ehkili". Ce nom est dû à F. Fresnel,
J. As. IV série vol. VI, qui appelait ainsi le mehri. Carter
BBRAS 1847 p. 345 dit: „Besides Gara, they are also
called Haklee, and at the présent time the two terms are
used synonymously though the flrst is by far the most
gênerai appellative". Carter n'avait probablement pas con-
naissance du mémoire de F. Fresnel. Il les appelle ib. p. 344:
„Beni Gara or Hakii JjC> \f ^i'. Il n'a certainement pas
996
inventé ce nom. Les Qara prétendent que Qara et Qoreys
sont synonymes, ib. p. 345. C'est là une prétention qu'on
entend souvent dans le Sud, mais qui n'a aucun fondement.
Mais Maltzan, ZDMG 27 p. 225, dit avec raison que c'est
là le nom que les Mahrah donnent au dialecte soeur de
Mirbât, ou le qarawî, qui selon lui, ib. p. 253, est =
Hakili; il y écrit „Qarâwi '), vulgo Grauwi". Un ^^-i est =
j^^><j^JbC=>, ib. p. 282. D'après les renseigements que j'ai
recueillis de la bouche de mon professeur de mehri, le sarîf sîd
Sâlim b. Sâleh d'el-Qisn, la langue des Qara a seule le nom de
hakili, et le pays s'appelle tj=iJt o^b ou JjG^"^! o^b. Un pêcheur
de Sêhût me répondit à ma demande quelle langue on parle
chez lui: nehri haklîeh, noîis parlons le haklîeh. Sêhût
est dans le Rahbêt de Mehrê! C'est ce dialecte que D. H.
Mùller appelle shaurî. L'homme de Mûller était d'une
localité où l'on prononce shâuri au lieu de shauri, si
toutefois c'est le même mot, voir plus loin, = ,^f^^ , =
qarâuwi, SAE VII p. 120 n. 2, Bittner Mehri I p. 34,8
et p. 64. Jahn, SAE III Einleitung p. V, appelle aussi la
langue de Dofâr „Grâwï-Sprache". Je ne vois donc pas la
nécessité d'adopter cette forme shauri, mais je la conserve
à cause du titre des ouvrages de D. H. Muller et de ses
mérites pour la connaissance du dialecte qarawi. Il dit lui-
même, SAE VII Vorwort p. VII n. 1, que le nom de la
langue varie et qu'on l'appelle aussi qarawi (grauwi),
mais que dans la langue même c'est shâri. Je ne suis pas
absolament persuadé que shaurî et sharî soient le même
mot. En qarawi, sehr est âge, et sâher est vieux, vieil-
lard, Bittner St. sh. I p. 23. Shauri < sahri est formé
comme le qarawi figri, bédouin, ib. I pp. 34,5; 38,10
') Ou qaràuwi, comme bedîiuwi et (^^'iAj, vhv. ; 679 en haut; 1179.
997
d'en bas '). Sahâuri, = sahri, signifierait donc vieux et
pourrait se rapporter à l'ancienneté de ce peuple dans le pays.
D après une glose chez Bittner, St. sh. I p. 64, shâri ou
shôri signifierait ou*>:o u^^^*^, ce c^ui n'est qu'une épithète
peignant la misère de ces gens. — Hirsch, Reisen p. 52, dit
que „le nom d'Elil^ili que les savants européens donnent à
cette langue (= à la langue d'el-Qisn) est tout à fait inconnu
in loco" et que „le mot veut seulement dire barbare, incom-
préhensible". Jahn, SAE III p. 210, dit aussi que le nom
d'ehkili est tout à fait inconnu et il ne peut comprendre d'où
Hirsch a tiré cette explication. Jahn est resté tout le temps
à bord du bateau suédois et il n'en savait pas plus long. Il
ne s'occupait que du dialecte mehri, qui certainement n'est
pas appelé hakili. La langue d'el-Qisn a le nom de mehrîet,
comme c'est aussi chez Jahn o. 1. p. 210, et celle de Mirbât
et de Dofâr, sehrîet ou tahrîet ou tahrûg. Le dernier
nom prouve que nous avons ici affaire au verbe ^^ < -^
parler, sur lequel j'ai dit tout le nécessaire dans ma Pest-
gabe, Jecler tut etc. p. 27 et ss. .
Glaser, Skizze II p. 96, dit que le Ehkili de Fresnel est
une forme mutilée. Mutilée, non, mais seulement avec pro-
thèse. Cela ne lui empêche pas d'écrire lui-même, ib. p. 96, 7:
„ hakili ou hakkili; la dernière forme est aussi employée",
ib. p. 178. Dans Bie Abessinier pp. 97; 98 et ib. p. 185, il
dit même : „la tribu de Gara de Bent me fut toujours appelée
Krâ ou Kerâ (= Hakkili)". C'est moi qui lui ai donné
ce renseignement, car auparavant il n'avait jamais entendu
ce nom de Qara, mais il voulait paraître le plus grand
connaisseur de l'Arabie. Hakkili, avec deux k, est vraiment
') Bittner dérive ce nom de féger, désert, qui, d'après lui, sh. I
pp. 24, 3 d'eu bas et 34,5, serait une uiétathèse de j^> mot incounu
dans tout le Sud dans ce sens, tandis que je le lais venir de yi-s j pauvreté.
998
surprenant. La forme ehkili, avec prothèse, exclut tout à
fait hakkili ').
Le verbe JoC=> se trouve dans tous les dictionnaires ara-
bes. C'est sans doute un élargissement de V~é^, qui, d'après
Fleischer, apud Delitzsch Jes. p. 132, aurait aussi donné ron,
^J^, Uc>, S^, t!)L>, jjC>, J^, f^JG>, voyez ici cependant
sub ji>. Hakili se rapporte donc à une manière de parler
défectueuse ou même incompréhensible, et la même idée de
parler se trouve dans les noms de me h ri et de qarawî,
comme on va le voir plus loin. JjC:> a fait JoGi, LA sv., et
xl^ est = -sjkk; voir 528 en bas ^. L Sîdah II p. 122,
OÙ le même vers du Rûbah; et ib. iJuc> = ioO.^. Voir aussi-
Arâgîz el-'Arab p. 130 = Rûbah, éd. Ahlwardt, p. 13 v. 134:
JXj^'J! 'As. osJaj^î (^oî jl, quand même il m'aurait été donné
de connaître les choses incompréhensibles, ou comprendre ceux
qui ne savent pas parler. Les oiseaux sont JjC:> parce qu'on
ne comprend pas leur langage; voir plus bas.
Ce nom de Jk^S > hakîli > ehkili n'est donc pas de
pure fantaisie. Mais la question se pose ici : est-ce les Arabes
qui appellent ainsi ce dialecte ou bien les Qara eux-mêmes?
Cette dernière alternative me paraît exclue, car on n'appelle
pas sa propre langue „incompi-éhensible, barbare". Lorsqu'un
Qarawî ou même un Sehrî vous dit qu'il parle le hakili,
c'est qu'il adopte une expression arabe employée à l'égard
de sa langue, comme le pêôheur de Sêhût qui me répondit
qu'il parlait el-haklîet. Il est aussi fort curieux que cette
appellation ne s'applique qu'au dialecte qarawî (shaurî).
Quantité de mots indiquant un défaut de prononciation ou
un baragouin dans une langue étrangère, incompréhensible
>) Mais lorsqu'il écrit Skizze II p. 94,15 Nebbi Alh'ih Hùd, il
fait vraiment preuve d'une grande ignorance.
999
o >
aux Arabes, ou un sou aff'ectent le paradigme xixs, tels que
iLi*.Aa, 'X4^, bAfiÊ, iJuic, ic^jcjb, iCJi:, iCJXI sur lesquols voyez
I. Sîdah II, chapitre des ^\y^\. On trouve également cette
voyelle dans les mots de son tels que ^tjo, v. ici p. 381,
> itA=>, p-Î^A^, ^1-^ > ^L^, même pour indiquer l'absence de
son, tels que oLX*v, I. Sîdah II pp. 146,2 d'en bas; 147,5;
oUjo, ib. 147, 14. On dirait qu'un sens péjoratif est attaché
à cette voyelle, que nous trouvons également dans les mots
qui signifient obscurité et dont je donne des exemples ici p. 702
en bas. Les mots désignant maladie sont aussi sur le para-
digme JLxî, de même que ceux qui ont le sens de rebut, de
détritus sont sur la forme iciL*s. La langue arabe est toute
paradigmatique, voir ce que j'ai dit 1159, 1160. Le relevé
de ces paradigmes est encore à faire, et ce serait là un
ouvrage fort important et méritoire pour un jeune arabisant,
à l'instar de ce que Weissenbach a fait pour le paradigme
Jy:li et ii^_>£i3, 590. La voyelle u doit bien avoir sa raison
d'autre et celle-ci ne peut être que de nature psychologique.
Voilà pourquoi le dialectal iiJLL, me paraît plus juste que
sa variation vocalique classique kjLIjj, vhv.
Toute langue que les Arabes ,ne comprennent pas est
appelée jy-^^ qI-^) v. ici p. 362 n. Cette expression est
très ancienne, car Hérodote, Livre II ch. LVII (trad. de
Giguet p. 107), dit que les femmes-colombes, venues d'Egypte
en Grèce, parlaient une langue barbare qu'on trouvait sembable
à celle des oiseaux. Elle a donné lieu à beaucoup de confusion
parmi ceux qui ont écrit sur l'Orient. Déjà Carter, BBRAS
1847 p. 341/2 dit: „The mahrah dialect, as spoken by the
Mahrahs themselves, is the softest and sweetest language I
1000 ,
hâve ever heard ; • indeed, they appear to be so sensible of
it, that they liken their Kalam d'Mhari (^^l^ô f^), as
they term it, to the conversation of birds (^^^S^JI ^'if ^y\
Les gens d'es-Sihr disaient à Hirsch, Reisen p. 52, lorsqu'il
leur exprimait, le désir d'apprendre le mehri: „Que veux-tu
en faire? C'est la langue des oiseaux". Hirsch ne trouve pas
du tout que le mehri soit „the softest and sweetest language",
ib. p. 52,' et je suis parfaitement de son avis. Palgrave,
'Central and Eastern Arabia v. II p. 315, raconte que son
compagnon de voyage (que j'ai bien connu) disait de la
langue de Rûs el-Gebal, en ^Omân, que c'était „lisân ot-
teyyoor", birds speak, and declared that he hardly under-
stood on Word in ten". — Wetzstein, ZDPV XIV p. 1, dit
qu'on appelle la langue des Tsiganes de Syrie (^y) „la langue
de moineau, lisân el-^Asfûra". De Goeje, Mémoire sur
les Migrations ■ des Tsiganes p. 72, qui cite cela, ajoute que
Ely Smith prétendait que les Tsiganes semblent avoir adopté
cette expression, car dans leur langue ^asfûri signifie langue.
Si cela est vrai, ce que je ne puis contrôler, les Tsiganes
auraient, par infatuité, continué à appeler leur langue ""asfùri,
en entendant les Arabes lui donner ce nom. De Goeje cite
aussi (jrâhiz, Bayân I, p. 18 vers la fin, qui rapporte un
vers d'el-Asma^î à propos de la langue des Zott: „Le langage
des Zott, si vous y prêtez l'oreille, est comme si l'on entend
le bruit de petites sauterelles, sautant dans les buissons entre-
lacés de ""arfag". Mais el-Asma''î ne fait ici qu'une compa-
raison. — Et que dirons-nous de Glaser, le plus grand con-
naisseur de l'Arabie, selon lui-même, qui, Die Abessinier p.
78, parle de „Thair- oder Sehrât-dialekt von Tafâr" et
ib. p. 87: „ Aujourd'hui il y a trois divisions de tribus mehj-
rites: l'orientale se nomme Sehrât (probablement identique
au Sahra d'I. el-Mogâwir) ou Thair". Il repète cela en
partie dans Punt und die sûdarab. Reiche p. 44. Seulement,
il n'y dit plus Thair,' car je lui avais exposé ce qu'une
1001
telle assertion avait de ridicule, mais ne voulant jamais
reconnaître son tort, il le remplace par autre chose. Ici il
appelle la langue de Dofâr „la langue des Âl Schhair ou
Schhèr (dim. de schehr, lune)". Lisân et-Thair était
probablement mal écrit dans ses notes, et il a cru, après mon
observation, y déchiffrer son Al Schhair. Or, Sëhêr ') est
un petit patelin à l'ouest d'es-Sehr. On l'aperçait même de
là; et je l'ai vu du bateau en passant le long de la côte. Il
y a des ruines qu'on m'a dit importantes. Sehêr, sans
l'article, est donc bien distinct d'es-Sehr, ce qui n'a pas em-
pêché Glaser de dire, en réfutant Sprenger AGA § 119:
„Sprenger se trompe lorsqu'il croit que Sara ne se rencontre
pas comme nom de peuple chez les anciens, car Stéphane
de Byzance connaît (d'après Uranias) un peuple sérique dans
la région de l'encens et qu'il dit être éthiopien. Cela est,
bien entendu, le peuple sehrite ou shêrite". Le nom d'es-
Sehr est appliqué à tout ce pays depuis el-Makalla jusqu'à la
frontière de ^Omàn -). Un homme de ce pays est appelé j^^L:$ui,
comme ^J^, montagnard, vhv,; on nomme même ainsi un
homme d'el-Makalla. Sëhêr est le diminutif de ^i.^, lune,
et c'est peut-être un souvenir du culte de la lune dans ces
pays. Il y a des locahtés dans le Sud qui s'appellent ^iJ5 ,
Index 1831 sv. Husn el-Qamar, et ^^t J^x:> est la mon-
tagne à l'ouest de Dofàr, aussi appelé ^/iJî J^x>, Carter apud
Sprenger o. 1. § 119. Le golfe y s'appelle aussi ^! x>.c, 394,
') Marqué sur la carte de v. d. Berg. Le Hadhr., où incorrectement
ach-Uhohair, mais correctement Sheher sur celle du War Office de
Londre (1893).
-) Sur le nom d'es-Sihr, voir Hdr. p. 157. L'c'dition de Sams el-
'Ulîim de 'Azimuddîn Ahmed |i. 49 porte aussi à tort L*.w"^L
1002
(jazirah p. 51,17: —^-aJI v*-^ ')• Glaser a donc confondu
Cl ,7
ys^/ixji et -f^. On se croirait encore au temps de Hammer-
Purgstail.
I. el-i^ogâwir, mon ras. p. 340, dit des Mahrah: ^j^ ^Ls?
') G. Ferrand a publié dans le J. As. 1919 un long mémoire puis-
samment intéressant, intitulé Le K'ouen-Louen et les anc. navigations
interocéaniques dans les mers du Sud^ où il prouve qu'un peuple r«JiJi)
venu en dernier lieu de l'Insulide occidentale, les Malgaches actuels,
avaient envahi Aden et la côte. Ils donne des extraits d'I. el-Mogâwir,
qui. parle au long de ces j+i. On j)Ourra ici penser à un peuple habi-
tant autour de j*Jijt V^^j mais la route qu'indique I. el-Mogâwir
.exclut une telle supposition. Il dit, mon ms. p. 143: r-*^r* L5f?" ^3
LJLL ^^t>3 ^! ^A ^Lït :626 i.j^ ^^i\ îJUj ^A£ ^! ^\ ^
„Un navire de Al-Qomr s'était rendu à Aden (directement) par cet
itinéraire en l'année 626 (= 1228/9). On mit à la voile au départ de .
Al-Qomr à destination de Kilwa et on mouilla (au contraire) à Aden",
selon la traduction exacte de Ferrand, seulement „au contraire" n'y
est pas. D'après les documents fournis par le savant auteur français,
on ne saurait douter de l'envahissement de l'Arabie méridionale d'un
peuple malgache. Il veut même que _-♦— fiJ! v-^ soit véritablement
r-*— ii-it ^r^-^ en souvenir du passage de ce peuple, JA Mai-Juin 1919
p. 480 n. Je n'en suis pas bien. persuadé. La Gazîrah parle d'un peuple
— 4-2-!!, p. 51, 25, dont les B. Riyâm étaient une subdivision q-^>
ib. p. 52, 5. Les bateaux „à ailes", ne sont pas des pirogues à
balancier de haute mer dont on use encore aujourd'hui à Madagascar.
La remarque d'I. el-Mogâwir ^! L5\L>; oJ-fc*i2J est inexacte, comme
le relève aussi Ferrand o. 1. p. 481 ; je crois que cette phrase fait partie
o £
d'une autre feuille. Les ii>^Â>!, sont encore employés sur les bateaux
arabes; j'en ai souvent vu à Aden. C'est exactement la même chose
qui est pratiquée pour les bateaux hollandais, les Kuff avec leurs
Zwaarden; c'est en Hollande peut-être une imitation des bateaux de
la Mer des Indes.
1003
^_5 tijjy^! »rJi>3 L5r^**^ V^X^-5 5^-*"^ i3W==- |^>Xwi [«vJi-î' i'^P
^y^^ j? "Si L^-«4-àj ^5 ^3 ^ iLiJ ^ ^L*^ Jî^ j.ys
^i. Quoique mon manuscrit soit assez défectueux, je ne
crois pas qu'il faille lire ici sy^^v^î, pi. de t^y^^, habitant
cVeé-Éihr, Mais I. el-M. est bien capable d'une telle étymo-
logie. Je parle des Mahrah ici sub ^^.
Je suis obligé de mentionner ici un mot mehrite que je
crois avoir du rapport avec le nom de Qara.
Parler est en mehri ratri, et rarûy, langue, parler, ^=
sh. rarô ')<K~rry, qui est commune aux trois dialectes
mehrites: mehri, qarawi et soqotri, où ^arho est voix,
Bittner, St. mehri I p. 122; ib. II p. 104 et ib. IV p. 56.
Dans sa Vorstud. z. Gramm. u. z. Wôrterb. der Soqotri-
Sprache p. 6* note, il mentionne l'étymologie proposée par
Torczyner, qui y voit un parent du talmoudique ''"1N% parler,
demander, en citant Levy qui l'identifie à ilpcc, dire, parler.
Le verbe grec vient de *T£pico, Boisacq, DEL G p. 229, et le
verbe talmoudique serait donc un emprunt grec ou vice versa.
H. Levy, SFW im Griech., n'en parle pas. Je crois que nous
pouvons tranquillement laisser de côté l'étymologie de J. Levy
et de Torczyner, car les Mehrites ne sont pas allés si loin
pour trouver un nom pour leur langage. Ratri est un JotJol
de V~\'Yy, qui à son* tour correspond à l'arabe ,_cJ5< !^ -).
') Bittner St. sh. I p. 28 anm. 1 présente raro, Rede, et fso-fsê,
dîner, comme n'ayant pas de trace d'une troisième radicale. Sur fso,
fsé, voir pp. 170etQ80. Une disparition analogue se présente aussi en
arabe dans les mots ultimae ^î; voir Additions sub '^^P* ]i. 1017.
2) Le hamza des L.*-j, provient sans doute de l'accent, et jo crois
1004
On sait que dans les dialectes méridionaux, surtout le datînois,
le o devient souvent un ^ légèrement „gargarisé"; ce n'est
ni un o arabe ni un ^, mais entre les deux ^). Le mehri
offre le même passage de o > ^, p. e. radôf, jeter le filet
pour prendre des poissons, que Jahn Gl. sv. compare avec
l'arabe classique oAè!, baisser la voile, tandis que c'est le
dat.-hadr. oyj, u, avec le même sens; cf. ^»iÀï. Le mehri
rarâb, bateau, n'est pas, d'après Jahn, ib., l'arabe v'r^>
mais le sudarabique ^Ji vhv., et le mehri raser, paille, est
l'arabe ^As, vhv.'En cherchant, on trouvera beaucoup d'autres
mots mehri tes oiî le ^ correspond à l'arabe ^.
qu'il n'y a pus en arabe de vrais L*s. En tout cas, tous les L« devien-
nent dans les dialectes (jr**5 voii' Additions p. 1017.
') Voir Hdr. Gl. p. 680 et Dt. 556; 640 n.: 746 n.; 1189; 1204; RD
I p. 36 n. 2; ib. Il § 5 g et mon exposé ici sub o^P^ pour tous les
pays arabes. Chez D. H. Mûller, SAE Vil p. 4,22; 5,29; 6,26; 7,20,
il y a baqayt et ib. 4,23, baqaynàk, selon le texte de Hein, ce que
Mùllei- a corrigé en barayt et baraynâk, mais dans le môme texte
de Hein SAE IX p. 3, publié plus tard, Mûller a changé toutes ces
graphies en l)arayt, baraynâk, oubliant que le texte de Hein, pré-
cédemment publié, avait justement le mot avec q. Mais dans le texte
de Hein SAE IV p. 4,26, il a laissé la graphie de celui-ci: baqayt
qu'il corrige dans une note en barayt. Le q de Hein est parfaitement
juste. Je marque cette prononciation par q. Elle est aussi fort commune
en datînois. Lorsqu'on n'a pas l'ouie exercée, on ne distingue que le
son O. SAE VII p. 10, 19, 30 = IX p. 8,4: marrôm, Tôlpel, est
^^•,^, vhv. Jahn, Gl. sv., et Bittner, St. mehri II pp. 7; 42; 49 et 134,
donnent aussi letôr, tuer, = soq, letah, SAE IV p. 79,10, comme
métathèse de J^^^ , oii O serait devenu ^- Cela est faux, comme je
l'ai prouvé 792 n., et cela provient de Maltzan, ZD MG 27 p. 262, qui écrit
lotaq. C'est le sudarabique ^ '^Ji^J, v\\\., jeter une j^ierre, une pique.
Mais le classique c^s = tiUP, i, Amâlî Dél p. 51, LA sv., me paraît
être une vraie métathèse de J^ï- Millier et Jahn sont tout le temps
restés à bord du bateau, excepté à Soqotra, oîi il n'y avait rien à
craindre et où l'on ne savait pas que Millier voulait toujours faire étalage
de son judaïsme. Leur expérience des dialectes méridionaux était nulle.
1005
Carter qui, à deux reprises, a été chez les Qara, appelle
ceux-ci, 0. 1. 1845 p. 195 „Ghàrah, ^Jl£, or Béni Quorrah, as
theraselves pronounce the word", mais plus tard, ib. 1847
p. 340, Béni Gara, ce qui devient chez lui alors la graphie
constante, et ib. 343 il dit : „ ^ and ^ hâve their peculiar
aounds, and sometimes the latter has the sound of q in qui
F (== français), as in ^.nxc, man, pronounced qaij". Ib. p. 347,
il ajoute une note „for s.Li read Gara !yi. It is also written
»^". Nous voyons donc que Carter a entendu o > ^ dans
le nom de ce peuple. Ce nom vient donc de V~i^ji,y en
mehri ratirï, Jahn Gl. sv., oii il faut ajouter 59,16: ratiri
= tâkâllam. Christian, WZKM 29 p. 444, dérive le verbe
raehrite de ^yi < V~~f- onomatopée, que nous trouvons dans
^^, gargariser^ mais son ^J^, être froid, qu'il a trouvé dans
Lane, qui l'a du Qâm., provient d'une racine yî>p, être
frais, '> ij^^ y geler. Je crois que !^, i^"ip est originairement
aussi une onomatopée, à l'instar de tous les verbes qui se
rapportent au parler, et alors en rapport phonétique avec
V/^ et au même titre que loquor et ?,xk£tv ; cf. V~^l et
dU en arabe.
Le nom des Gara se rapporterait donc à !^ > ^^, et signi-
fierait les parleurs ou le parler. On trouve la même conception
dans les noms^^<=>et ^j:^. Il n'est pas fortuit que les trois
noms proviennent de trois racines différentes qui se rappor-
tent au parler. La prononciation Gara que donnent aussi
Carter et Jahn (Grâwl-Sprache Einleit p. V) est celle des
Arabes : o := g. Je croyais d'abord que le nom provenait
du pi. (j:^, villages, mais il n'y a pas de villages dans ces
pays misérables, oii les habitants habitent dans des huttes en
branchages ou dans des grottes, ^Àii:>, vhv., par ci, par là.
1006
wJi:>, u, traire, est aussi courant dans tout le Sud, 24,18,19:
la gâ"^ er-râM yehlùbleh laban uyisràbah, fa îla
• âgâk gê^â fil-habt hlôblah (ou ehlôblah) laban, si
le pâtre a faim, il se trait du lait qu'il boit. ,,Et si un
affamé (lui dit le propriétaire) arrive dans la lande, trais-
lui du lait".
Nous observons ici l'impératif hlôblah = ehlôblah,
mais, pour être exacte, il aurait fallu écrire hôlôbleh; obs.
aussi yehlîib^e/i, mais hXbhlah. Je relève cela, à cause de
la critique de Littmann, DLZ 13 Dez. 1919 N° 49/50, de
ma LB'^A, à propos de la variation des suffixes de la III
p. m. s.: -ah, -e h, -u h, -o h -u. Cette variation peut se constater
chez la même personne dans le même récit, et l'on se gardera
de donner des règles générales et surtout d'avoir une „mé
thode" dans la fixation d'une dictée. Ce serait là une falsi-
fication. La femme ne trait pas en général; c'est un v*^?
selon LA XVII p. 441,4.
Feghali K'A p. 42 compare uiJi>, faucher (les monues
céréales), avec le cl. -^Ji>, carder, monder le coton.
Ce serment dont je parle ici figure chez Rôssler et chez
Jahn, SAE III p. 18,14. Le premier écrit aiy wil 'azztên,
ce qui correspondrait au ^Ut^ ^l des musulmans; le texte du
second porte: dahâl, ta'ân elgiirbe birriimh. Sta'âg-
get ') elgârbe, fârret nâtase fi tùmeh ugâl: 'az-
zetéyn! dâmhâ 'âsal, il entra, donna un coup d foutre
') oU:o«l doit être «-iiJl_iiî, vhv., et iLxiOLJ, de ^-i^-j , schizzare,
gicler, est l'ital. schizzo, voir ma critique MJM p. 9.
1007
avec la pique, une goutte s'égara dans sa bouche {gicla dans)
et il dit: Sapristi! So7i sang est du miel! Le texte mehrite
porte également azzetéyn, ce qui fait dire à Jahn que
c'est un mot emprunté à l'arabe et qu'il traduit par deux
raretés, ce qui est accepté par Bittner, St. mehri IV p. 38.
Les textes de Rôssler m'inspirent beaucoup de confiance, et
son (jôjJtJîj (^! me paraît hors de doute, tandis que l'homme
mehrite ne dit que ""azzetéyn. Si c'est véritablement les
deux ^Uzza (= o^Ij (^jjtJt), comme le suppose Rôssler, ce
serait vraiment fort curieux. Torczyner, Entstehung, parle
pp. 184 et 191 de cette interjection; il rejette cependant
le sens de „deux raretés" de Jahn et adopte l'explication de
Rôssler: par la "Uzza; il n'y voit pas un duel, selon sa
théorie, mais originairement une désinence accusative adver-
biale. Cela me paraît difficile à accepter.
Or, nous trouvons chez I. Sîdah XIII p. 118 en bas l'in-
ù w O G Ê
dication suivante: \ô^ ^ J^.ai (^^ o^^- y^"^^ ^^'^ ^^^3
è^i ^c^-li.J ^ JyLi US djjtj^ \ô^^. L A VII p. 243, 7
ajoute après Kjls' l'épithète i-\jùjj^, ce qui a été copié par son
plagiateur TA IV p. 58, mais omis chez Lane sv. jç. LA
y voyait probablement une „self-magniflcation" dans ce „gros
mot", parce que le je ne devrait s'appliquer qu'à ^Uj S.
Lane le traduit par hy my might. I. Sîdah a-t-il entendu
cette expression 'azzatéyn des Arabes du Sud ou même
des Mehrites? Il ne l'aurait pas bien comprise ou bien
aurait-il oublié la vraie formule qu'il a rendue simplement
par e53-*-j? Il est en tout cas bien extraordinaire qu'il
l'attribue aux habitants d'es-Sihr, où nous trouvons encore
aujourd'hui, de même qu'en 'Oman, une formule presque
identique. C'est tout ce que je peux dire sur ce sujet d'un
grand intérêt.
1008
.U.>. Je n'ai jamais entendu ^'j' = b^Lj', qui était cependant
courant avant l'Islam et figure dans les inscriptions tamou-
dites et satâtiquès, Littmann Tham. Ins. p. 19, id. Saf. Ins. p. 2.
P. 487. i_àJL.w ^j .!jo. Les historiens et les lexicographes
arabes donnent J<\^, ce qui est aussi la prononciation ac-
tuelle'). Il est appelé o^' ^\, LA VI p. 389,9, mais dans
TA c'est j>^^ '-*-^^- On l'appelait aussi iLiLJ! Je, parce
qu'il aurait coupé les jarrets à la chamelle du Prophète Sâleh.
En mémoire de cela, les Arabes ont donné le nom de ^ÎlXï,
LA sv., au boucher, j"j^, vhv.. Cela prouve qu'on avait
encore conservé le souvenir d'un fait pareil, dont le fond
vrai nous échappe. Sur la chamelle de Sâleh, voir Qor. 7.
' Dans ma LA p. 75 ss., j'ai montré que le chameau est aussi
appelé yahûdî et la chamelle yahùdîeh. Cette croyance
d'un rapport entre les chameaux et les Juifs est fort répandue
dans le Nord. Musil o. 1. p. 254/5 a recueilli la même légende,
courante dans le Negd.
Les Qedâr seraient les descendants d'Ismâil, donc, des
■ Arabes, Gen. 25, 13. Les TiP ^?2 sont les Qidri, Qadri ou
Qidarri des inscript, cunéiformes, où nous voyons que la
voyelle .de la première syllabe correspond à celle de l'arabe,
car u et i sont promiscue l'un pour l'autre. Ce sont les
Cedrei de Plinius HN V, 12. Je crois que le nom y a été
mutilé et que Phnius a entendu Qedêr ou Qedâr, avec
imâlation, mais cela ne pouvait alors provenir d'une bouche
arabe, vu qu'en arabe l'r ne comporte pas bien l'imâla de
la voyelle voisine. Le thème qdr signifie en hébr. être noir,
') Le texte de Mas. Prairies d'or III p. 98, 3 porte ;''-\^, de môme
que Sprenger AGA p. 292.
1009
d'où viendrait le mot .l\js, marmite, parce qu'elle est noire,
mais voyez ici p. 317 en bas. Si ^L\i vient de ce verbe, je
ne comprends pas bien qu'il soit aussi appelé c>jr*^ y^.
A moins qu'on confonde les deux couleurs. La langue française
transporte à volonté l'idée de rouge au mot noir, et vin
rouge correspond à vino nero en italien, Remy de Gourmont
Esthétique de la 1. fr. p. 115. Les Qedâr sont mentionnés
à côté des K usités, et l'on en a déduit que les Qedâr
étaient noirs comme les Kûâites. Krauss ZDMG 70 p. 323
dit même que „le Kùsite ou l'Ethiopien est décidément le
représentant des hommes à teint noir foncé". Cela n'est
pas exact pour ce qui concerne les Abyssins d'aujourd'hui,
qui ne sont nullement d'un teint noir foncé, mais de noir
clair tirant sur le bronzé. De même que les Maures d'Afri-
que et de l'Espagne n'étaient point noirs. Kûs est encore
aujourd'hui le nom d'une partie du Yéman, 868 n. 1 et 1860
sv., Glaser Skizze II p. 387, H. Winckler KAT^^ p. 144, id.
Ber alte Orient und Geschichtsforschung pp. 47 et 106. Les
Qedar étaient probablement les Bédouins actuels et les ^Aribi,
les Arabes sédentaires et plus civilisés, tous appelés plus tard
par les Rabbins V^'^, où le y représente le hamza final dans
1^^, qui était alors prononcé ainsi. Les Qedâr étaient donc
des Arabes, mais nullement noirs, pas plus que les Kûsites
qui habitent aujourd'hui dans la province de Zebîd.
Selon les Prairies d'or III p. 87, Qudàr b. Sâlif était
tamoûdite, c'est à dire Arabe, mais un tel homme n'a pro-
bablement jamais existé, et Qudàr est sans doute un nom
patronymiques. Sàlif veut dire simplement qui précède,
antérieur; il trouve son pendant dans le nom de '^Ad,
1847 '). Les Tamoûdites étaient, selon les Arabes, venus du
') Sur i->tc, V. éams el-'^Ulûm p. 2. Sur Tanioiid et 'Ad, v. Moritz
Dev Sinaikiilt p. 55 et ss.
Cl
1010
Sud de l'Arabie, et je vois dans les inscriptions plusieurs
traits qui indiquent un langage sudarabique. Il est à remar-
quer que la légende de Qudâr b. Sâlif est bien plus répandue
dans le Sud que dans le Nord, de même que celle des Benî
Hilâl est plus connue, ou du moins tout aussi connue, dans
le Sud que dans le Nord. Les Halîfah d'el-Hâdinah,
Arabica IV p. 57, se disent descendants des Benî Hilâl.
Ceux-ci étaient déjà au commencement du VI^ siècle au
Nord de Rub' el-Halî, «u'arâ' en-Nas. I p. 273.
P. 489. Lepsius, Denkmâler II p. 150, a publié une in-
scription de Hamamat dans laquelle un fonctionnaire raconte
qu'il avait reçu l'ordre d'apporter du pays de Pun de l'en-
cens (ana) que les princes y font cueillir dans le pays Rouge.
Cela serait le ^Ophir de la Bible. Dans la lurah, 8_L£ est la
couleur rougeâtre de la gazelle, et ^\ est rouge du sol. Chez
les ^Anazeh, ^^f>-^, pi. ^^Là-c, est une petite gazelle à poil
gris clair.
Carter, BBRAS v. 11 (1844-47) p. 385, en parlant du
sol de la regio thurifera dit: „The soil was sub-argillaceous,
sandy, and of red colour inclining to white". Cette couleur
rougeâtre du sol provient de l'oxyde de fer. Elle se trouve
un peu partout autour du bassin méditerranéen, à Nice par
ci, par là et dans la Campagne romaine. Ce n'est pas cette
couleur qui a pu donner aux Himyar leur nom, ainsi que
semble le croire Sprenger o. 1. p. 298 n. 1.
P. 492, 6. D'après Hirsch, Reisen p. 12, on dit aujourd'hui
en Hdr. Hamîr et Hamyar. Dans le pays ^U=> S±i, au Yéman,
de même qu'à Màwiyah, Sohbân, Sar^ab, Sifàl et
el-QâMdah '), on parle un dialecte himyarite: p. e. qa
akàlku = Jy^\ l\ï, fai déjà mangé, ana qulku lak =
') Sprenger AGA § 82.
1011
(Ai c^Jli Liî, je t'ai dit. L'article est ici partout j.'. Ce n'est
pas ici ^U=>, âne^ qui se dit dans ces pays ^U:>, ici p. 483,2,
et le mot me fut expliqué par ,j^.w> Si^.
Au pays à l'ouest de Yerîm, il y a un Wâdi Saba et
un W. Himyar (pas Hamj^ar), qui prend naissance à La-
kàmt el-Awtâli. Il se verse dans le W. Ban a, à l'endroit
appelé el-^Askarîeh. A L. el-A. habite 'Abd el-Môla I.
'^Awad, 'âqil de la tribu de Hamyar, et au village el-
Hassâs, dans le W. Saba, habite le ""âqil Bin Sigâ\ de
la tribu de Saba. On voit donc que les noms de Saba et
de Himyar sont encore vivants et localisés dans le Yéman.
1 _ _
P. 497. JyiL=» est encore courant en Syrie. Jw«^=>, être débor-
da7it, impétueux (torrent), Syrie.
Cf. ui^. vhv.
^_y=>, J. J. Hess, Der Islam IV p. 319, donne pour le Nord
^awâyig, même sens.
l}y>. Musil 0.1. p. 316, 18 d'en bas: hawwattak bal la h
min ''a y n u m m a k, ^e ^e protège par Dieu de l'oeil de ta mère.
RO p. 119,10: f. ke 'âd hatta ma hâf 'amyemne ')
ginso l.uiluf yhûfsi ""a bêtne in hâf si, etc, un tel ne
s'est pas même présenté à notre seuil, c'est comme s'il avait juré
de ne plus mettre le pied dans notre maison; s'il y entre, etc.
') Mais ib. p. 109,14 d'en bas il écrit ma hâf '^agemmne ici =
p. 517, où c'est corrigé.
1012
P. 523: murr ma haulek si, se trouve également SAE
IX p. 18,24: murr ma haulek si = mehri: giré sî
hâulek là". L'expression est donc la même dans les deux
dialectes.
P. 524: ^)^^d! J^S ou^. A^oir Hirsch Reisen p. 166.
p. 533: o^-fP', motitagney pierre. Dans une inscription sâfàti-
que, Littmann Entz. d. Safâ-Inschriften p. 61, nous lisons:
lAxJ^^ Jjtxi >ytj lÀi .^ = lA-^ JjvC Q-, ^y*-J i^^ >vc, où lX-ç>
est sans doute pierre. Il y a beaucoup de sudarabique dans
les Inscriptions sâfâtiques et tamoûdites.
P. 546. vy^-t^ chez Socin Diw. I N° 49 v. 6 est selon lui
ib. III p. 192 pour ^.suài», ce qui est erroné. Il ne paraît pas
avoir connu le verbe w^3>.
Sur -*3>, connaître par le flair, flairer, cf. ^ et ^ vhvs.
P. 560, 11 d'en bas, ajoutez (j-^Jli».
^(Xi
^J^. Nuldeke, ZDMG 41 p. 708 n. 2, a relevé la forme
jJtî = J.x«s = J^Ux et il en donne des exemples. A. Fischer
a augmenté dans la WZKM 29 p. 429 n. cette liste, qu'on
pourra encore élargir d'après I. Sîdah XV; ^S p. 956, 14.
1013
L'onomatopée .=> s'est élargie en yë^ Qt^, cf. ici p. IX, où il y
a môme deux onomatopées; cf. in:i. A propos du vers cité ici
et ma note 1, je renvois à Abu Zeyd Nawâdir p. 253 d. 1.:
c>A*Jt 3jLf« ^J^ Jy^" u*^3 >^^^^' '^•f^ ijy^' (-^ '^.j _^?' J^'
Cf. également ij^f> et ^jûJl> vhs.
€^
P. 578. Pour J?.ys^ù«t, cf. le vieil égypt. sdy, herausnehmen
et ^656?*, ZÀ 53 p. 87 et n. 2. D'après Ember, ce sdy, lire,
serait l'arabe tiXii = «^ê ^î ^'uij sl\/î iuy^ !lX^, mais ce ÎJs»^
est une métathèse de oUi, i, être haut, se dresser, Hdr. Gl.
sv. et Socin Diw. I N° 64 v. 20. \c^ est donc = o>>^Ij ^j,
élever la voix.
jMpXo^> ne peut provenir de la contamination du cl. ^y^'^^^
avec la forme syriaque ha r su m a, hec, trompe, Feghali K'A
p. 69, car ^y^f> est aussi courant dans le Sud. La lettre
épenthétique r doit venir d'une contamination avec l'ono-
matopée J>, vhv. et cf. j<^ et ^, vhvs.
j»_J3 ^j*s>, V impaire et paire, se trouve aussi en soqotrî, où
il est emprunté à l'arabe, ZDMG 58 p. 784 ss. C'est notre
paire ou impaire, et cette locution n'a nullement besoin d'être
empruntée à un terme arabe se rapportant aux flèches.
P. 599. J^ *-ci>j> a son pendant dans le la^tin promuntUrium,
d'après Walde p. 494.
lOU
P. 600. Avec j:;._yi:Jj>, cf. l'égyptien naljsùs, Dozy sv. et
Spiro sv.
ijûj^-vcs^ est en mehri jouer, Bittner Mehri II p. 119.
P. 609, 2. Cette épithète de la lance est encore connue dans
le Nord, mais on ne sait plus ce que c'est véritablement.
Littmann NAVP p. 62 v. 17:
Saba" ban fit yrannù lo * hal-hilû rimh ir-rdaini
Sept filles lui chantent; * cette douce lance roudeynite.
Littmann le traduit par dièse liebliche, schlanke Lanze^ car
son informatrice n'en savait pas plus long. Le mètre, qui doit
être un ragaz, est en désordre, comme c'est souvent, très
souvent le cas dans toutes ces poésies, qui, chantées, auraient
sans doute donné un mètre plus exact.
Une variation consonantique de ^k> est le cl. ^ai, LA sv.
P. 613. D'après Siddiqi, Pers. FW p. 91/2, yî^-f, y:^- serait
un dénominatif du persan Baljtâr, le nom du pays de la
Bactriane.
P. 621 en bas. Avec ce dénominatif éventuel, on pourra
comparer .:^', se diriger vers, 1217,2 d'en bas; ma LB^A
pp. 3,3; 8,18; 14,8; 72,9,11. Socin Diw. Gl. sv. C'est
véritablement tourner le y^ , potrall, de l'animal vers une
direction.
P. 638. (^s^i3. j. a son pendant sémasiologique dans l'hébreu
P^"i et Dpn, qui a le même sens.
1U15
P. 640. ^\J>> f^. La môme sémantique se trouve dans le
sh. di'fer (de fer), mauvais, Bittner sh. I p. 58, qui com-
pare l'arabe jj>, puer, et &î îjio, 2^ fui Hher ihn. Mais ^.io est
une variante dialectale pour ^so, même sens, et qui a fait
dialectaleraent dans le Nord ^j, Dozy S. sv.; Meissner NAGJ
p. 125. ^t, puant j en mand. TiôkSî, même sens, Nôldeke
Mand. Gr. §§ 107 et 140, comme en syriaque, ^j est
aujourd'hui la seule forme dans les dialectes du Nord, mon
Arabica II p. 48, où je montre que le ms. d'Ousâma porte
»^j, au lieu du b^j de l'éditeur. Prov. et Dict. Gl. sv. ^^y
ji^y puer, n'a donc rien à faire avec *i îjio, qui est l'arabe
jo, pousser, vhv., et le mehri defôr. Bittner, sh. II p. 60,
y voit, malgré cela, l'étymologie de difer, mauvais, car les
dialectes lui étaient inconnus. En revanche, lorsqu'il compare
son difer, mauvais, avec l'hébreu ^N:3, puer, et le syriaque
^ .^. mauvais, et l'arabe ^j^, il est dans le vrai, comme
comparaison sémasiologique. Dans le Sud, _50, ^3 et ^-sj
n'existe pas dans ce sens; on y dit p=>.
El-Fàhir, éd. Storey p. 41 dit: v^i-^Àj^!, 8^j_.*^XaJ '\Jlj^ ^^.-^
J^^Lc^jS j^jî; LA sv. Cette étymologie n'est pas acceptable.
Comme cette pratique est vieille en Orient, 937 ss., il faut
chercher l'origine de ce verbe dans l'Orient même. D'après
Noldeke '), ^-^^^ serait contracté de ^j^^ y>0)- Cela est
très acceptable, et le verbe ^i:^x=> en serait alors le dénomi-
natif. o>>-of = c>.>^ L A sv. Voir ici p. 942 n.
') Beitrage, mais je ne trouve plus lendroit.
1016
Hirsch, Reisen p. 261, parle d'un W. Hâniq Béni Didû
en Hdr.
P. 658. A propos de ëi^, mon savant ami, le prof. Zetter-
stéen d'Upsala, m'écrit: „Dans un son final après voyelle et
entre voyelles dans l'intérieur d'un mot, on prononçait et
l'on écrivait le persan d anciennement comme ô. Le »3y>
arabisé a, par conséquent, été emprunté au 'persan à une
époque où cette règle subsistait encore et représente alors
un stade plus ancien que le persan o^ moderne". Voir ici
le même cas sub ^'^3,.
p. 673. Abu Darr, dans son comm. sur I. Hisâm, éd. Brônnle,
. p. 428 porte : qIj^Jv. ^ !>*>■; l?' Ir*^ '• l>^ ^5 }y^ ^ ^3
P. 674,5 d'en bas. Est-ce que bnk, tente des Nomades^ ne
serait pas originairement la même chose que le jT des Arabes
= les ot^î ou q'^\^ de la tente, I. Sîdah V p. 136,5, LA
Xin p. 39, 3, d'où se seraient plus tard développés les
autres sens?
D'après moi et malgré d'autres opinions, le J.PÎ arabe n'en
doit pas être séparé.
P. 675. iU=>, nom aujourd'hui inusité, est un JUs des noms de
construction. P. e. ^Uo, o^Lj,^iJS:>, ^Ui>, ^IL> = o^b» ^y, onv?.
Mo'all. Tarafa, (jamh. de Moh. b. Abu al-Hattâb p. 89, ^Us,
^JJS vhv. LA IX p. 466,5 d'en bas: ^Iju^! c^-ro JUy :l\j^ _^\
') Voir 580 ss.. Aujourd'hui, '^^^.^ n'est pas=L\i£.
1017
iLsjJa o^ JS3 Jc>y! jU*J! ^^^3) u>yo_>^. Chez el-(jrumaliî,
éd. Hell p. 24, 19, £L=> et icii sont synonymes. Chez el-Mas.,
Pr. d'or III p. 229, on lit à propos de Nizâr et ses fils:
JULs -ot Q^ cîjT ^J xxi xl>ol5 ycs/o lX-u t\i>! ^' liUi ilLo ^^ *-c^'
^iUà ,..iùiii sJ^. Ici iL3> et i:.^ sont donc différents quant
à la forme. Ce passage prouve que iUs ne peut être emprunté
à un peuple non sémitique, ni comme mot ni comme forme
de tente. LA sub La3> dit que »-o Lo:^. \J"^ j-^^î cuii ^\
et sub L-i> il dit que les Arabes ont quitté le hamza dans
LI=>, à cause de l'emploi fréquent et de la lourdeur de la pro-
s:
nonciation. Je crois plutôt que le hamza dans Lp> provient
de l'accent: habà", car pour moi il n'y a pas de vrais Lxj i)
et tous proviennent de cette prononciation haba^ et le
hamza est alors d'une nécessité phonétique. Un 1*5 peut
aussi venir d'un ^Jti, comme p. e. IlX-j > ^tA-j et pAj vhv.
!ÀJ> et ^^^123- et d'autres; Arabica III pp. 72 et 80. tL_A_~>
serait donc véritablement selon les Arabes couverture, Bedeck-
ung ^). Le hamza est ici à cause de l'accent. C'est le même
cas dans tous les mots ultimœ u ou y. La troisième radicale
disparaît tout à fait, car le hamza est la suite nécessaire
de l'accent précédent dans une syllabe finale.
J'ai dit 676 que je ne crois pas que 'X^=> vienne d'un
') Voir Additions p. 1003 et n. 2.
2) D'après Walde sv., casa viendrait d'uno racine *kat-, bcrgen,
decken, offrant ainsi la même sémantique.
1018
verbe Ls>>(j,=>, mais d'une racine _^, ib., qui a donné_^,
voûte, cave, et le dim. -^i^, 606. _^ est une métathèse de
1/""^^, Hdr. Gl. sv., Fleischer apud J. Levy I p. 421 et II
p. 203, et ^lJJ, = tLx=>, voir plus haut, est un emprunt à
l'aramée ]A£sa.s , Fraenkel F W p. 288, et non pas le persan
gunbed, selon Vollers ZDMG 50 p. 646. Les tentes des
nomades de l'Asie centrale ont encore la forme d'une voûte
ronde, d'une coupole, d'un dôme ').
P. 680. A/fl. et J^. donne à penser, dit Wellhausen GGA
1906 N° VII p. 565, mais je crois que c'est là plutôt une
trilitération de la V~^j qui désigne probablement une cou-
leur grisâtre ou gris foncé et qui a aussi donné V ^j > '^j,
eV^.i, etc., LA sv., — S^j-i est ^ ^^ id^ AJ\ j*.^î A-*^
oLoJL) ■i.ô^l lXï t|^j ulj)^ xj^uavLj', LA sv.,' et J^j-i est ^^
iJUj t^V> ^'^^ er» *^*^^^:? ^3 WeJLo X:^»22AJ- yàj ^XcLàao \y**^- ^ [•L*i2j! .
La première lettre t est causative et me paraît être une
prononciation pour le causatif s = ^ dont le son se confond,
surtout dans le Sud, avec t, voir 669 n. 3; 698 n. 1 etGloss.
sub oet p. 1022,3. Le préflx causatif n'est pas rare dans la
lurah et dans les dialectes, voir ici sub ^, cf. ^j*j^ù > vi>£0 vhv.
Mez, 0. S. Nôldeke I p. 254 et p. 250, en donne des exemples,
mais qui sont, ainsi que la plupart des autres dans ce mé-
moire, souvent fort erronés -). On est donc vraiment tenté, avec
') Sur la iilï préislamique, voir Goldziher Diw. al-Hutey'a j). 195.
Le Prophète avait une '^^ ^ '^--^r^i T^ib. I p. 1468,4, loisqu'on fit la
tranchée i^AÀi» en l'an 5. Cette épithète n'est pas, bien entendu, de
ce temps-lh.
2) ^^i aurait donné v*^*^) ^^^c le s causatif. selon Mez, mais
c'est un accouplement de dV~w, > dU*o, et de ^ , vhvs., et e^lw ib.
1019
Wellhausen, o. et 1. 1., de voir ici une permutation de d et 1,
mais je ne le crois pas. En tout cas, l\-*^' est salir avec du
oLo., cendre^ et Jwo^-, salir avec du ^^, sable. La question
est de savoir si ces deux tlièmes o^j et }^j sont un élar-
gissement d'une K"",., ou bien une permutation de o>^. Il
faut observer que iali est 'iU>^\ J, Xjst !J! (jy^xiiji JïAiyî y^Iai!,
LA sv., et qui a donné le substantif idwy ou Kk<y =='-^j'î u^',
avec l'infixé du r, et o^^ aurait pu donner ia^yii, à cause
du r précédent, devenu aussi iLk-U-i et JjJ-S ^jUj, LA sv.,
mais il faut plutôt considérer Ja/i^' > Ja-*-Li > iaL+i" comme
provenant de J^ dont j'ignore l'étymologie.
^:,l^
Stumme, dans ses Tripol.-Tun. Beduinenlieder, donne un
certain nombre de poésies appelées Zindâli, qui sont sur
le mètre ragaz, ayant le dernier pied ^ — Il ne sait d'où
vient ce mot, qui, selon lui, peut désigner aussi bien la
chanson qu'un vers isoléf ce qui revient au même. Pourtant,
l'étymologie est bien claire. C'est un écorchement de ^i,b ^j^,
011 ^j3 est prononcé uzin; la première syllabe brève est
tombée, et il reste zin. Ensuite, ^\o est devenu j.b, par
permutation des sonores. Dozy Suppl. donne S^'^)^ rhytme
guerrier. Les différents noms que Stumme donne à ces poésies,
d'après les indigènes, bien entendu, doivent se rapporter à la
mélodie, car les Zindàli et les Qsîm, les Mûqef, les Bittehdîl
pourrait être une très ancienne prononciation pour d^^ <CdUl, ah'iku,
ce dont cei)endant je ne suis i>as bien persuadé.
1020
sont le plus souvent sur le même mètre ragazant. La recon-
stitution du mètre que fait Stumme en intercalant des voyelles
ne lui a pas réussi; elle est souvent, fort souvent fautive,
car il ne s'est pas fait chanter les poésies, ce qui lui aurait
pris trop de temps, et il fallait ramasser beaucoup de maté-
riaux en peu de temps. Dans mon mémoire Raf/az et mètre,
j'élucide cette reconstitution de Stumme, avec lequel je suis
en désaccord.
Dalman PD p. 297,13 d'en bas:
Hottu bregbatha tarûs * dibbûha fil-qabr dabb ')
Mettez-lui au cou une corde, * poussez-la dans la tombe.
P. 685. J'ai déjà exposé 381 et ici sub .:> p. 991 comment
les Arabes évitent le groupe syllabique cvc.
P. 689, 13. Je ne puis ici discuter les étymologies onoma-
topéiques que donne Christian. Il est tout à fait dans le
vrai, quoique les exemples clochent quelquefois.
P. 691. En Palestine, on entend aussi dabbar, ^, où le
ijp est la prononciation des Hadar du Levant; c'est un d
emphatique, à cause du r, mais ici sans la superdentalité
du (jiT bédouin et sudarabique. Cela n'infirme nullement ma
thèse que yi doit être primaire.
P. 691. yo < Sud yi, guêpe. Dans le J. As. Nov. Dec. 1919
p. 504 on lit: „M. Casanova propose de voir dans le nom
de l'abeille en sémitique (hébr. debôrah, arabe daboûr
et zounboùr) un composé de *dabb, mouche^ (hébr. ze-
boûb, arabe dhabâb, assyr. zumbu) et d'*oûr, miel
(arabe arî). Ce composé serait l'origine de la racine dabbara,
1) Mètre en désordre. Le texte poite târûs, Stfohseil, que je ne
connais pas.
1021
organiser, administrer, la première forme dabara de cette
racine ayant un tout autre sens".
D'abord, on dit en arabe classique v^»^? mouche, LA sv.,
et puis dabbùr, frelon, et non pas dabûr, est dialectal,
pp. 692 et 921; en outre ^y, miel, p. 74 s., et p. 692 est
peut-être le sanscrit ali, abeille. Le dialectal dabbûr vient
de V jj3, p. 920, et le class. et dialectal ^iù, coll., p. 691
provient de ]/~^o, p. 919/20. Cette racine ^J> me paraît
être un élargissement de V v^, comme v-^» ramper, >yo,
p. 687, elle est ici onomatopéique, pp. 914 et 921, mais où
d'autres verbes homonymes non onomatopéiques se sont
fondus. Sa variation phonétique est j.o, ^6, j.j, ^j et Jwsj,
p. 921. Dtjjà dans la lurah. 1/~^_jo a donné ^o, LA I p.
358, et cette racine v_jj se trouve naturellement dans les
langues sémitiques qui n'ont pas le o. Autrement, les deux
racines arabes ^^^ < ^3 et ^o, ramper., > ^o p. 696, sont
différentes. Le ""omânais ^o, abeilles, p. 697, doit venir de
l'onomatopée l_j3 > ^ù, tandis que le classique et dialectal
^g{c>, petites sauterelles, vient de l/~^o<^o, ramper, p. 696.
Quant à l'étymologie de yo, proposée par Casanova, je
crois qu'il faut se contenter de celle que je propose éventuel-
lement p. 688, en laissant de côté le bourdonnement des abeilles.
P. 692 ji jÔ . Les Mandéens avaient aussi v^iD"»! , champ, Nôl-
deke M G p. 100 en bas.
P. 700, 14. Noldeke, Beitrage II p. 122, dérive tXii de V~C<1,
qui a aussi donné ^sXi<*^; voir p. 897. LA 18 p. 118, 13
d'en bas: [jcp)\ ^^^olXÎ > ^l>o, = ^^-jA^, selon Ya'qûb, ce
1022
qui est refuté par I. Sîdah. MaislVqûb a pu entendre c>o«A^,
vu que les deux lettres se confondent souvent, voir sub
o < u-^ P- 244 et p. 1018.
El-Fâhir, éd. Storey, p. 31, 7: ^^^ ^^^o ^J^ J^' ^3J '
Un bon exemple se trouve dans une poésie de Musammim
b. ""Uweymir el-Asadî apud Nôldeke Beitr. zur Kenntniss
der Poésie etc. p. 194:
.jLwt L^il:>0 v_îÎL\i s.L:S\=> Ui'^ JW^ Lf;*-"' ^ ^i^^V"''
Je prononçai le serment (au point) qu'il fendit les 7non-
tagnes, comme si elles
Etaient des pierres d'un lance-pierres que des cavaliers
persans ont lancées.
V. ici sub j«^.
lt;'^
y/.^j>, être souillé^ etc. Abu Zeyd Nawâdir p. 217: £L=> jUb^
Oj.q>! qLw^l>5 o'^j'^ (^--Î '^ u*^^^ à- o^ ^^ »_;*^- V- LA sv.
\^^C>
p. 767: lSVjO, tout de suite. C'est sans doute le même mot
que le marocain durk, KMG pp. 26 et 135, jetzt, = dâba,
< druk à Tanger ib. p. 26 n. 5; ib. p. 78 d. 1. : hatta
ndrôk, jusqu'à présent, ne-pas encore, où l'n initial doit
faire partie de hatta = hatt an. J'ignore l'origine de cette
particule; v. p. 1025.
■f
Une ^atâbah de Mésopotamie, Der Islam X p. 128, porte.
1023
Hada' bed r-el-ka wâkib weg-gedi lèh
Dizzu "as-sems ec-caus rfiba ')
La pleine lune des étoiles et l'Etoile -polaire s'inclinèrent
devant elle.
Envoyez dire au soleil que son (du soleil) (jawîs a disparu.
Ce verbe s'est élargie en ,^jo, p. 772, 10 d'en bas, envoyer,
faire parvenir. Nimr b. "Adwàn, t 1238, dit dans une
qasîdah publiée par Spoer, ZDMG 66 p. 191 N° III v. 1:
Attends-moi^ ô toi qui te rends à une contrée de l'ouest,
Prends pour moi la réponse à la lettre de Joseph et
fais-la parvenir à destination.
Le mètre est --^- \ --v^- | ----. Spoer porte li reidin,
ce qui est impossible, à cause du mètre, voir ici sub \jal.y
Spoer y voit un impérat. energ., mais un tel impératif
n'existe pas dans les dialectes. N i < ^^j est ici bref, ce qui
arrive souvent dans les poésies populaires, ma LB'A p. 12,25
et n. 4; Musil o. 1. p. 361 d. 1. Dans le comment, Spoer
donne ^cto = to hring, mais il faut ^;o à cause du mètre ;
ce n'est pas ici le fém. de l'impér. de jo, car alors Nimr
aurait dit (^l\=>, ce qui aurait brisé le mètre, (^^^^li n'est
pas du tout traduit; voir sur ce verbe ^^, se diriger à,
1213 n.; 1383 n.; Socin Gl. sv., RO pp. 346,9, 368,6. Spoer
prétend, ib. p. 190, que „the arable text is given as noted
from the lips of the singer". J'en doute, et Spoer n'a pas
fait attention aux voyelles intercalées par le chanteur, ou bien
le chanteur était un hadari qui ne savait pas chanter. J'aurais
ailleurs l'occasion de m'occuper de ces poésies mal notées.
') Le mètre e«t ici en désordre. On aui'a chanté» wa dizzu "^as-
semes ec-cau-se râba. En Mésopotamie, on prononce siamïs <->-,
voir ici p. 977.
1024
^Icj» est en datînois il V appela, mais &î (j:0, il l'appela par
un cri = J^ ^j.
P. 797. Sur la provenance des verbes dénominatifs d'une
onomatopée ou d'une interjection, voir I. Sîdah II p. 134 en bas.
j.L>, chat, fém. 'mc> est, je crois, un mot yémanite. Si les
Akkadiens appellaient déjà le chat- sauvage du ma mu (où
la première voyelle u est devenue sa congénère i en arabe),
je ne vois pas trop que mù ait besoin d'être emprunté à
l'éthiopien ^^^, châtie, comme le pense Nôldeke, Beitrâge II
p. 58. D'après lui, le même mot se trouve en amharique,
en tigré, en tigriiia et les langues hamitiques : d u m m u ,
d û m m 0 , etc. Déjà Friedr. Delitzsch, dans ses Proleg. p. 64
n. 2, le considère comme une onomatopée, qu'on retrouve
aussi dans l'hébreu D0~, hurler '), qu'il faudrait alors séparer
de ac"l, restare, arrestarsiy stupire, tacere,= ^\j>, u, vhv.
L'arabe j.o, boucher, aplanir le sol, enduire de qc, Ges.-
Buhl p. 165, LA XV p. 99 en haut, n'a rien à faire à Di^l,
hurler, et *o, anéantir, exterminer, -) se retrouve dans son
développement ^^o, se perdre, se ruiner, v. sub ^oo, et dans
*lX_^, vhv., < lX_^ + -o. Ges.-Buhl a ici confondu plusieurs
thèmes homonymes.
P. 847, 7 d'en bas. Un exemple de y*^ ^! se trouve ici
1) = *lX/«ù), f/i'onder, ^-^-n^^c, et *lX^3. )/ -o = k j»(3 — V *jj
]> yc3 vliv. ; voir ici sub j»0 (>t Additions p. 1027.
•■i) Qâmoûs sv.: ^ô^l>S ^s^\*) ^'^i^h ^.yii! j.o; pas dans LA.
1025
p. 933, 13. Je vois maintenant que Haupt compare le y-ar.
pi, continuer, avec (.b, avec la même assimilation de w et
m, Ges.-Buhl p. 158. Notre ^j^ol est encore plus près; je
crois qu'il faut écarter le rapprochement de Socin de ^b,
j^ÎiAj, ib.
A propos de dôbhen p. 866 = ma LB^A p. 14,20, mon
ami Marçais m'écrit: „ dôbhen (et non dùbhen) ruine
définitivement l'explication proposée par M. Hartmann de
cette expression par le verbe v'^> fondre; jamais avec o,
pas plus en Syrie qu'en Tunisie, où elle apparaît sous la
forme d ô b ma g â , il vient d'arriver, et d ô b e 1 1 a s , à
peine. Je commence à croire que le dâba marocain, y ?^s^6?,
maintena7it, a du rapport avec cette expression". Mais ce
dâba marocain est véritablement dâba, = durk, v.p. 1022,
KMG pp. 67 d.l. et 135,17, et son identité avec dôb me
paraît douteuse.
Sur dâb, voyez Dozy S. qui a dâb sub >_)!o, et Fleischer Kl.
Schriften II p. 507/8 le fait venir < de tJ + J préfixe de l'im-
parfait. De ^.-<u !o, on aurait fait, d'après lui, ^^. v'^-
Mais on n'a jamais dit, je crois, ^^j^ îo, mais bîgî. Et
subv'«^ Dozy rapporte les expressions du Vocabulista: ^'^ cri
etc. et il dit, apud Fleischer 1. 1., que ce ^\ô est ancien.
KMG pp. 5 d. 1.; 17, 10; 50, 6 d'en bas; 67, 2 d'en bas écrit
effectivement dâbâ, sofort. Mais à Tanger on dit dâba,
ib. p. 26 n. 5 = durk ou driik; v. p. 1022. 11 paraît
donc que dâba est la vraie forme > d â b a. L'étymologie
de Fleischer me paraît inacceptable.
P. 878. A propos de jy^ == ny'ip, il est curieux de constater
fia
1026
ce que dit LA IX p. 131, 7 sv. i^*?: ^li! ^1^1 qc iUl*- (j:;^^
-, - es >
D'autres exemples de cette permutation chez Hafifner TAL
p. 47. Elle se rencontre aussi en mebri, Bittner St. mehri III
p. 82 n. 4.
P. 897. Sur AS- > ^Sè, voir ici p. 700 et p. 1021.
Brockelraann o. 1. p. 132 dit que ô est rejeté dans illadi
et hâdâk, comme aussi dans hâdal>hal, et ib. p. 318
il prétend que h â d â fusionne dans presque tous les dialectes
avec l'article: h al. Il cite K. el-Ar. IX p. 93, 1, mais c'est
là une citation erronée, et le Sawâhid el-Murni d'es-Suyûtî
p. 304, 5 est le verset 60 de la Lâmiyah d'es-Sanfarâ, éd.
G. Jacob, qui est ainsi conçu:
Expliqué dans Hiz. el-Adab IV p. 544 en haut, où le dernier
hémistiche est paraphrasé par : -a.*^!^ l^ ^'^\ Jotâj' U» ^_ct
idL*àil slXP JJoo ^wwÔ^! Jjtâj' Lo (j:! j.Lii;î ^j^ («^^^ à' '-^■^ ^j*'*^'^
») Lisez ^~.^î et ^> ^ rî, LA III p. 235 en haut. Moh. es-Sinqîtî,
%jy*^\ oLiiAjtl!, Caire 1319, itorte r- j^^^ ce qui est moias bon.
1027
Or, le savant confrère a cru que Ls>, étant aJ^^_^ avec
l'article suivant, était le démonstratif lJ> = !À-5> et il cite
cela comme un exemple ancien de cette fusion, avec la chute
du ô. Une variante en est é^ôS. Y. G. Jacob o. 1. II p. 38
et ici sub é.
P. 909 d. 1. En français, on dit aussi „il a vu le loup" := il
est aguerri.
P. 915. LjL.3, pointe de n'importe quoi. I. Sîdah VI p. 19, 10:
il « )
»lX^> ^^J~ù^ ^ vl^^- C'est particulièrement la pointe du sabre et
de la lance == *-Sr-b, Schwarzlose, Die Waffen p. 163. Quel-
quefois aussi, le tranchant du sabre, ib., Noldeke Beitrâge II
p. 160 avec renvois. Ce mot, qui n'est plus employé sous
cette forme, ne me paraît pas venir du verbe ^ô, dans le
sens usuel, vhv., mais d'un ^3 = vj» P- 91^» ^^^"^ '^^^^ ou
pointu. Je n'en suis pourtant pas bien sur. Il se peut aussi
que l'étymologie se trouve dans le verbe ^^ p. 914/5 =
tj>3, o^L? et ^->^, LA sv., = v_jîJ>, p. 910, LA I p. 866,9
d'en bas, avec l'intensif ^ô^c> = j^I^, LA I p. 370, 16. Si
c'est de ^o = vj? P- ^15, on pourra comparer ^0130., LA I
p. 365 en bas: v'^^ ^*^ »^' 'l5^ ^ ^'5^- Comparez aussi
son synonyme oi-^-^î aL^-ui; ou „^.J! ou de n'importe quoi,
Arabica III p. 89 ss., I^dr. Gl. sv., Schwarzlose 0. 1. pp. 163
et 231 avec renvois. Ce mot v^3 est dans les dialectes
devenu U^Jo, pointe du sabre, m, 9 d'en bas, Dozy sv.,=
^^^, qui se rencontre aussi chez les poètes postclassiques,
1028
Schwarzlose pp. 161 et 163. Dans le Sud, iL^ est goujon
de la canne, Hdr. p. 361,2 d'en bas. Uu^^J! ^>r^ figure
dans une Tradition, Bob. V p. 92, 10 (^r, ^\ y^ v^)»
Nihâyah III p. 53, copié par L A K p. 57, 5 et XIX p. 247, 5
d'en bas. Kôldeke, o. 1. p. 160, paraît douter de l'exactitude
du texte, mais dans en-Nihûyah il est dit: v*-:^ o.-jtxoj-j
Ce n'est donc pas qu'on doutât de cette leçon, comme le
suppose Nôldeke, mais on y substitua le mot plus classique
'iLJb voulant écarter dans les Traditions un mot non „classi-
que", mais qui était déjà courant dans le parler, ce qui
ressort également de la remarque de la Nihâyaii, copiée par
LA XIX p. 247, 5 d'en bas, après la phrase que je viens de
citer: *à!! q-, i»^^ ^%:^^ ou^JL ^v^yi^ 1-oL On prononçait donc
i_^A>^ pour vv^j ces deux lettres n'étant plus différenciées
chez les Bédouins. L'édition du Caire d'el-Bohârî (1214) porte
ici les variantes vv?^ et vv^i clim., approuvées par Abu
Darr el-Harawî. Le ^ arabe, si rare dans la lurah, n'est
qu'un graphie pour le tjo emphatique et superdental, comme
il l'est encore aujourd'hui, surtout dans le Sud. ^-^^ corres-
pond donc à vv^*»to, qui dans les dialectes hadar du Levant
est prononcé sans la superdentalité, soit un d emphatique,
contrairement à la prononciation des Bédouins de toute la
Péninsule ').
1) Si dans Amâli, Dél p. 14:^,14, on raconte qu'un homme demanda
à 'Omar b. el-Hattàb: ^^ *a i ^^.ai^jI, a quoi le halîfa répondit:
ç^Iiu vjjjls _jJ dV-<-ic L5, cela j)rouve seulement qu'alors déjà la pro-
nonciation (le -^ s'était confondue avec celle de (jr, si toutefois une
1029
Or, je demande si le classique 'x^lo, dont Nôldeke Beitrilge
II p. 160 donne beaucoup de Sawâhid, n'est pas originaire-
ment le même mot. Déjà el-Mubarrad, "Kâmil p. 61, 17, dit
à propos de c^LJàit t\:> que wftA«*i! 'i-^ iOoLo! JUu s.^3u <\^ iukîi.
Le l)o est donc une qualité de la 'sJo, la pointe du sabre est
tranchante. Mais souvent l\=> est mis pour iui?, Schwarzlose
0.1. p. 231. I. Sîdah VI p. 18,9 donne la même définition
pour 'iLjJô que pour ^\j^, ib. p. 19, 10: »Aj> t^ci J^ i^-^ 6t
sJo i^_çci J»" v_jIj3. Ta'lab a dit, Kâmil p. 599 n. r: ^ju^^J! io.^
>i_b Jiiij^ «lL>, d'oîi il ressort aussi que x*^ et il=> ne sont
pas originairement la même chose. A propos de st-Jài! S.=>,
Hamâsah p. 47,17, et-Tabrîzî dit: v^à^mJ! v_j^ ^ * tïH J»-*-ïî
Kj.! ,!Aa,'. iiwjLiL> ...^o y^ju**iî ïsLa^ ...t ;jr*y /^^ i^J^ <^=> sLyi^Jîj
5c\> ...^JL*v^ii 'iJ^ liUAJ'^ «A=> L^oj! ^Xxbj »jjAi2/fl j^3i -tjLot. On
n'était donc pas bien d'accord sur la portée de ce mot. Si
^ju.^l\ 'fiJis peut être = v»>am^JI ^.,:nA, l'endroit du sabre qui
frappe l'objet frappé, cela ne peut être en même temps le
ujj-oM de la lance, qui ne frappe pas, mais perce par sa pointe.
A_*J3 est une épave de l'époque de la bilitéralité. Le mot a
ensuite été trilitéralisé en iU/i3, l- A-^y^ v^!>^ v^ ^^ vsy-^*
Un singulier ^jJ^ que cite Nôldeke o. 1. p. 160 n'existe pas.
différence a jamais existé. Le Bédouin répliqua que (''('tait là une
ii*J, une piononciation aussi courante. Muzhir, on reproduisant cela,
porte ^^c.^•*.^^'■'■^^^•} {^c^^'^^i ^0 qui est sans doute une faute de l'éditeur.
Nôldeke, Beitriige II p. 1(51 n. 2, ne voit dans cette histoire qu'un
|»roduit scholastique; elle est en tout cas caractéristique pour cette
prononciation de -»•
1030
C'est un pluriel qui se rencontre chez des auteurs postérieurs
et modernes, Schwarzlose o. 1. p. 163. Nôldeke propose, avec
précaution, il est vrai, comme étymologie, le verbe v^^j
voulant par là le ramener à une trilitôre primaire. Cela me
paraît impossible. LA a ici la note exacte lorsqu'il dit :
Les dialectes n'ont plus, que je sache, la forme v_)lji, qu
est remplacée, comme je viens de le montrer, par v'^-^
etc., mais le dialecte égyptien a iCj^Jo-^, pointe aiguë, Prov
et Dict. p. 127. Boqtôr donne le dénominatif woj>, aiguiser
et w*_jl>w/9, aigu, Dozy sv,, qui rapporte aussi pour l'Anda
lousie v':'^ < v^^j l'action d'aiguiser un couteau, mais je
doute de cet infinitif. Le classique U^^ a la même voyelle
initiale que le classique ^L^-b, ce qui n'est pas fortuit, et le
dialectal v^ ^ probablement conservé la superdentale em-
phatique sous l'influence de ce vieux mot bilitère, sans quoi
le passage de o à ^ji? s'explique difficilement. Je ne me rap-
pelle pour le moment que les mots énumérés 1398/9 (où
oUjw est une faute d'impression pour oLow). En revanche,
le passage de J3 à (j;^ est fort commun, il est même permis
par les grammairiens dans tous les mots où il y a un -b,
et I. el-A^'râbî dit: «À^» ^y> J. ^^ Jj;^. ^^ t_ç^- ^^ Les
exemples sont fort nombreux, mais je ne puis ici donner la
liste que j'en ai dressée. Avec o ce passage n'est point rare;
je cite de mémoire: ^^ô et p^lb > J.^U2, dialectal, 1287; p.
839; J^Li et (j^L-J, combattre, Bohârî II p. 15, etc.; v. 1399.
Il me semble donc que ^\jj> soit d'une formation postérieure
à v^j v^:v^^> 6tc., < '»Jû, avec perte de l'emphaticité, mais
1031
avec conservation de la superdentalité. Nous ne savons
pas ce que signifiait originairement la racine bilitère v*-^» ^t
il n'est pas impossible que ^IjÔ ait subi l'influence séman-
tique de v^, dans le sens susmentionné, tout en conservant
la première voyelle de iub. jjlc! ^JJî^. — Faut-il rapprocher ce
v_jIjo du verbe v_j.l>, être pointu, au propre et au figuré, vhv.?
^^3 == ^^ô, p. 926, I. el-Qût. p. 285, 12, LA sv., affiler =
Osj=>\, qui a donné v'j^j ^ot figuré pour poismi. De là, le
nom d'un gourdin vjj^î vhv., et probablement aussi p"}!
ou IDii, aiguillon, malgré l'avis contraire de Fleischer apud
Levy NHWB I p. 444.
J6
P. 950. J^o se rencontre déjà dans les inscriptions safâtiques,
Dussaud, Les Arabes en Syrie p. 113.
Ce thème ne se trouve que dans le Qâmoûs, où son seul
représentant est ^"^3. C'est probablement une prononciation
pour _ .0, Qàm. seul, = -^o, qui est la forme verbale la
plus usitée. Lane porte j.Lsik!l _ 6, = _ ;ô, dans un sens spécial,
et .^^î ^ '^c'^' -^o = ^_c.6, d'après le Qâm. Mais le S, LA
et Asàs ont -.^o U.S^ c^j^Ij). LA III p. 266: J. ^ijiJ! ^y
^j^l d'après Kurà,'= TA sv.. Le ms. de LA, étant celui de
l'auteur, est vocalisé, et - .3 doit provenir de l'original et
non pas des savants éditeurs caïriotes. I. elQût. n'a pas ce
verbe. -,^3 est un élargissement de V~jà> vhv., et la troi-
sième radicale peut être un renforcement de celle de î^j>
vj5j3, fienter, vhv.. Le sens est proprement répandre, sau-
1032
poudrer. Les dictionnaires arabes donnent à „y> un sens
trop spécial.
J^6. Le Qàm. dit que c'est prononcé comme qI^j, donc avec
deux J. LA donne ce mot sub _ ,3, en disant: ^^aj bî _ ,o
-"i^Àiîj r'K'^lî p-j^^'j fV^*^[5 oij^>^' ^'-V^ y' '/^ ^^ *^ (5
ilILi -.j^ !ol ,^t ^yi xls' o,a1'^. Ici c'est écrit -"bJJ, qui peut
être une faute d'impression pour „"iS^ car il était inutile de
mettre \m fatha sur J, qui est en tout cas prononcé là,
vu l'a suivant. Mais son synonyme J.ô^ Qâm. sv., donne à
3 3
penser. On sait que ^\jé a un sens péjoratif, et JiiS peut
aussi être la bonne forme, malgré le Qàm. Nous venons de
w , 3
voir que o.lX/! est aussi une épithète du lait baptisé d'eau.
Les deux finales ^ et o peuvent donc provenir de l'endur-
o
cissement de la troisième de (^^à^, sans qu'il y ait besoin
d'y voir une troisième lettre empruntée à une autre racine.
TA II p. ]39 d. 1. aujoute aussi le synonyme oûÀ/î, qu'il
a pris de LA XI p. 399,3 d'en bas; ce n'est là qu'une
permutation des sonores, et ne me paraît avoir rien à
■>
faire à oiii, vhv. J^3 ne figure pas chez I. Sîdah V p. 45 s.
o
f"
pO a donné j.o, v. Additions sub j,o, p. 1024, qui doit être se-
condaire. De ce J.O, murmurer, grotider, s'est développé le sens
de blâmer, reprocher = gronder et qui est sans doute aussi
l'hébr. DDl, proprem. marmotter entre les dents > réfléchir,
méditer, mais non pas ^j, Ges.-Buhl p. 200. iC-«i est donc
originairement une murmure > une chose pour laquelle on
est grondé, blâmé si l'on n'observe pas son devoir. On com-
1033
parera la même sémantique dans j.y, 117; 521; 558; p^, 117;
j.^", 982, et j.^Ua«!, 347, vhv. m3 est un pacte, une garantie,
une protection dont la stricte observation vous incombe,
mais tout cela est une application du sens primaire. Voilà
pourquoi el-Beyçlâwî explique Sourah IX, 8 iC_-<3 par Ji.:>
xJLài:! J^ v'-*-:'., iàe neglect of lohich one is to be blaynecl.
Mais il ne faut pas oublier que c'est toujours l'onomatopée
J.O = pj qui en est le point de départ. V~^^ s'est élargie
en plo = j.i, _ft=» et v'^^j LA sv., d'après el-Ahfas, et en j.iô,
i, = ^!c. Lorsqu'on blâme, on crie ou gronde, surtout en
Orient, où tout se fait à cor et à cris. Voir Glossaire sub ^^L>. .
P. 955,6 d'en bas. Sur J^J, i, voir Haffner TAL p. 147,8.
Musil 0.1. p. 241, 16 d'en bas, où il faut lire dam île.
Le v^_p3 des Inscriptions sabéennes, Glaser Dammbruch
p. 14 n. 2; ib. p. 36 N° 112, est par Glaser traduit p. 51
par Wasserbecken {Irrigationskanâle, Regenrinnsale), et ib.
note 2 il dit: „Pihba heisst sonst wie (jirba, Saatfeld,
vermutlich vom Regenwasser (dihba, pi. dihâb, = „leichter,
weicher und milder Regen"), durch welches das Feld befruchtet
wird. DIT! in diesen Inschriften wird also bisweilen „Saatfeld",
bisweilen „Regen", bezw. „ Wasserbecken, Kanâle, Wasserlauf ",
oder dergl. bedeutçn, letzteres etwa synonym mit DXÏD ') „Was-
serbecken", aber auch „Rinnsal". On ne sait s'il a trouvé ce
') Voir ici p. 960 lj'Ax.
1034
o o
's^j> ^ io^ dans le dialecte yémanite, ou bien s'il le déduit
de LA I p, 381, 10: ^L>io, v. ici p. 957/8. Mais il est évi-
dent que le même mot ne peut signifier en même temps
mesure de capacité, champ, pluie et réservoir d'eau. Il faut
donc les séparer. ^^3, champ, a pu donner le sens démesure
de capacité, ou peut-être aussi vice versa, 1316; j'en ignore
Tétymologie. Les autres sens doivent provenir d'une racine
dhb, comme j'ai dit ici p. 957.
1035
FAUTES D'IMPRESSION.
Les premières quatorze feuilles ont été corrigées, après le
tirage, par mon savant ami, le professeur Zetterstéen à Up-
sala. Mais, vu la lenteur des communications postales, j'ai
dû renoncer à cette précieuse assistance pour ne pas re-
tarder outre mesure la publication de ce Glossaire, dont l'im-
pression a pris deux ans. Du reste, les fautes d'impression
ne sont pas de nature bien grave. Le mauvais état de mes
yeux ne më permet pas de bien corriger. Dans le texte
français, je n'ai pas relevé une faute ou une omission d'ac-
cent. Je prie donc mes confrères d'être indulgents et de
m'envoyer leurs corrections, que je publierai dans le prochain
volume. M. le professeur Schulthess a eu la bonté de lire
les six dernières feuilles. Je l'en remercie sincèrement.
Page 2 lisez: haci, hav. et h(\^
„ 2, 12 d'en bas lisez: 467.
„ 7, 1 lisez : b2^r\^)_ et 1. 4 b3N\
„ 15, 4 „ Beaussier.
„ 16, d.l. „ vim.
„ 21, 7 d'en bas biffez en araméen.
„ 24,7 et 9 d'en bas lisez: Knudtzon.
„ 30, 15 lisez: guerre.
„ 34, 1 „ psycliologique.
„ 34, 7 „ prouve.
„ 35, 4 d'en bas lisez: ^l>^.
„ 37 note lisez: Les nombreux.
1036
Page 39, 2 lisez : donne-t-il.
„ 42 n. 1 „ un faqîh.
„ 45, 8 „ dis-lui.
„ 45 n. 3 d'en bas lisez: Arabica.
„ 46,11 „ „ „ Sumûl.
,; 47, 9 lisez : mutilations.
„ 48, 6 d'en bas biffez fau-
„ 56, 3 lisez : observera.
„ 57, 11 „ Salemann-Shukovski.
„ 65.8 „ ^oiir
5 Cl
„ 67, 14 „ x*,Àv
„ 71, 16 „ mutuelle-
„ 75,4 et 24 lisez: ali, abeille.
„ 76, 1 1 lisez : lîNnn
„ 81,11 d'en bas lisez: s->pcc.
„ 91,7 lisez: VI^I
„ 91,10 „ asbâ't.
„ 94, 8 d'en bas lisez : |tî<
„ 96, 16, „ „ „ p. 213.
„ 96,6,9 „ „ „ qâtâlt.
„ 107,13 „ „ „ T2^N
. 107,7 „ „ „ t'??'
„ 108, 11 „ „ „ •J-pt7T0; et Z£VÇ
„ 115,4 „ „ ,, Doughtv's.
„ 126, 7 „ „ „ votre frère
„ 130, 14 „ „ ^ „ roter.
„ 134, 3 lisez : ^_^A:>
?5
153, 5 „ la lurah.
153,11 „ -tndfi
155,2 d'en bas lisez: Haurân.
160, 6 lisez: ■4^v?.^x.
162, 2 „ ufy ■^\J^\
1037
Page 162,4 d'en bas lisez: uX*ï
„ 162, 1 „ „ „ viens.
„ 163, 9 „ „ „ V^. . de même que 164, 3.
„ 166, 7 lisez: !y
„ 166,13 d'en bas lisez: jj
„ 169, 11 lisez: négligence.
))
172,6
))
t^^Xisjt^
))
172,8
))
sa
nouvelle.
»
174, 10
d'en
bas
lisez :
: le lecteur.
»
178,11
))
V
)î
côte.
))
183, 11
» ■
»
»
.▲1^2
H
183,7
?î
))
77
pourrait.
»
185,13
17
7)
77
serait.
n
187,3
»
H
77
ou presque,
ji
189,9
);
»
77
fi
t>
191,13
H
n
77
tamîniiite.
n
194,3
n
n
77
:î
195, 13
;i
»
77
El-Azharî.
197,9 lisez: ^:>
200, 1 „ were
200, 11 „ pas.
204, 14 d'en bas lisez: Charakteristisches.
207,4 lisez: > -JOb et 1. 14, wer.
o
209, 1 1 d'en bas lisez : épouvantable.
213.11 lisez: transversales.
216.12 d'en bas lisez: yebehel.
217, d. 2 lisez: vieren.
223, 14 d'en bas lisez : toujours.
223.6 „ „ „ tûpiî^nD;
320,12 lisez: assyriologues.
383.7 „ =odin.
522,6 „ rëbah.
1038
Page 590, 8 d'en bas lisez : oliji t
699,4 „ „ „ ^o' •
705, 12 lisez: Adab.
713, 10 „ y^o
718,6 d'en bas lisez: dahèyl.
722 note, 5 d'en bas lisez: 702.
773, 1 lisez: éâwia.
ABBREVIATIONS.
Outre celles publiées dans le III« volume de Datînah, il
faut ajouter les suivantes:
BM = Maximilian Bittner, Studien zur Formenlehre der
Mehri-Sprache in Siidarabien I, II,. III, IV et V.
Bsh = id. Studien zur Shauri-Sprache.
HB = V. den Berg, Le Hadhraraout.
K'A = Feghali, Le dialecte de Kfar 'Abîda.
KMG = Kampffmeyer, Marokkanisch-arabische Gesprache
im Dialekte von Casablanca.
M M = Miles and W. Munzinger, Account of an Excursion
into the Interior of Southern Arabia. JRGS vol.
XLI p. 210 ss.
M'AR = Mo'allaqah de 'Antarah, comment. d'Abu Bakr el-
Anbàrî, publiée par Rescher, t. à p.
MZR = Mo'allaqah de Zoheyr, éd. Rescher, Le Monde
Oriental 1913.
SS = Landesdorfer, Sumerisches Sprachgut.
Un * devant le thème renvoie au Gl. de Hdr.
Lu cerne, Hôtel Carlton, le 2 Juillet 1920.